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Bécane

Rigaud, 1881 : Machine à vapeur. Locomotive, — dans le jargon des ouvriers du fer.

La Rue, 1894 : Machine. Locomotive. Bicycle.

Virmaître, 1894 : Mauvaise machine à vapeur rafistolée par les Auvergnats de la rue de Lappe, qui marche comme une montre réparée par un charron (Argot du peuple). V. Seringue.

Rossignol, 1901 : Bicyclette.

Hayard, 1907 : Machine.

France, 1907 : Machine à vapeur.

Dernier bateau (être du)

France, 1907 : Être dans le mouvement, suivre la mode.

Je sais bien que l’employé de bureau n’a plus les manches de lustrine et le toquet de velours des romans de Paul de Kock. Je le veux aussi du dernier bateau, jeunet, habillé aux laissés pour compte des grands tailleurs, cachant même Bourget dans le fond de son pupitre, ce qui indique, ce me semble, une jolie culture intellectuelle. Pris individuellement, il est charmant, spirituel même, sachant joliment tourner une lettre agressive.

(Mentor, Le Journal)

Un membre du Jockey, tout à fait dernier bateau et converti au sport moderne, sollicite la concession d’une grande piste pour bicyclettes. Je le sais par la veuve d’un officier supérieur, qui postule elle-même la location des chaises sur la piste. Les chances de cette dame respectable étaient, jusqu’ici, à peu près nulles. Elle n’avait dans sa manche qu’une douzaine de sénateurs et de députés, personnages de second plan, sans grande influence, pas même compromis dans le Panama. Mais je viens d’apprendre avec plaisir qu’elle est sérieusement recommandée par le concierge de la maîtresse du beau-frère du fameux Terront.

(François Coppée)

Match

France, 1907 : Pari, compétition, principalement aux jeux athlétiques. Cet anglicisme ne s’employait autrefois que pour les paris sur le turf. Le pluriel est matches.

Notre aristocratie s’effondre. Voyez à quel résultat nous aboutissons, nous : Robert ne fait rien, il ne rêve que matches à bicyclette ou à l’escrime ; Isabelle est une petite folle et Jacqueline presque une révoltée.

(Pierre Salles, Miracle d’amour)

Pédaler

France, 1907 : Monter en vélocipède, bicycle, bicyclette, tricycle, etc. Néologisme. Ce fut un serrurier-charron de Paris, Pierre Michaux, qui, en 1855, eut l’idée d’adapter des pédales à une sorte de vélocipède primitif appelé draisienne ou célérifère, incommode et lourd, qu’on lui avait donné à réparer et qui apporta par cette adaptation une révolution dans la vélocipédie.

— D’ailleurs, au Point-du-Jour, plus rien à faire depuis que les barbeaux de Montmartre et de Batignolles y descendent le lundi y faire leur poussière en bicyclettes, crevant de santé dans des maillots chiffrés, des maillots de soie comme des copailles, les mollets nus (as-tu fini !), et sans leurs biceps, l’air de ronds-de-cuir des ministères, parole ! de sales bourgeois, de ceusse qui, tous les dimanches, pédalent et suent sur leurs machines, entre Saint-Cloud et la Grande-Jatte, ou bien de Neuilly à Bougival. D’abord, y en a plus que pour eux et leurs sales poires ; le moyen d’aborder une menesse ? ils jouent les michés, parole ! plus moyen d’engailler, d’embarquer une bergère, plus de place pour un chopin.

(Jean Lorrain)

Chacun voudrait s’en aller
Avec sa compagne,
C’est si bon de pédaler
En pleine campagne !

(Victor Leca, Écho de la Pédale)

Pelle (ramasser une)

Merlin, 1888 : Faire un impair.

Rossignol, 1901 : Faire une chute, tomber. Ce mot veut aussi dire ne pas réussir une entreprise, une chose, y perdre de l’argent.

France, 1907 : Tomber, faire une chute, mais plus particulièrement pour le cas où le corps est projeté obliquement sur le sol, comme si l’on voulait s’y enfoncer, les bras en avant, et en soulever une partie, en somme, faire œuvre de pelle. « Et de même que, dit M. T. Pavot dans l’Intermédiaire des chercheurs et curieux, dans : boire un verre de vin, verre est mis pour verrée, le contenant pour le contenu, de même aussi ramasser une pelle devra s’entendre, non de l’outil lui-même, mais de la pelletée. Bien des gens en effet, par vice de langage, emploient un mot pour l’autre, disant : une pelle de terre, une pelle de charbon. »

Toto n’a aucun soin de ses affaires. Il a égaré les objets qui lui servaient à confectionner des pâtés de sable, et il demande au cousin de sa maman, qui revient, en boitant, d’une excursion à bicyclette :
— Tu n’as pas trouvé, par hasard, ma pelle et mon seau ?
— Je n’ai pas vu de seau, répond le cousin, l’oreille basse, mais je suis sûr d’avoir ramassé une pelle.

(Le Journal)

Starter

Fustier, 1889 : Argot de courses. Celui qui donne aux jockeys le signal du départ.

France, 1907 : Employé des courses qui donne le signal du départ. Anglicisme, du verbe to start, partir.

— Une place ? Quelle place ? Je n’ose pas le dire. Faut-il vous l’avouer, Monsieur ? Je suis starter dans les courses de bicyclettes. C’est moi qui donne le signal du départ. Quelquefois c’est en tirant un coup de pistolet — pan ! — d’autres fois c’est en criant : « Allez ! » de cette belle voix que jalousait M. Beauvallet et qui est demeurée superbe. « Allez ! »… Starter, moi ! starter de vélodromes. Voilà où j’en suis. Quelquefois, je ferme les yeux, quand je dis : Allez ! et il me semble que je donne le signal non pas d’une course, mais d’un duel.

(Jules Clarétie, Brichanteau, comédien)

Tandem

France, 1907 : Bicyclette pour deux personnes placées l’une derrière l’autre. Bi-tandem, tandem à deux sièges, nom emprunté au cabriolet découvert avec deux chevaux en flèche.

Une dame se présente dans un magasin pour y acheter un de ces objets de toilette intime qui ont quatre pieds, comme l’animal dont ils portent le nom.
— Alors, fait la dame, étonnée qu’on lui montre un modèle unique, vous n’avez que cet article-là ?…
Et l’employé, avec son plus gracieux sourire :
— Hélas ! oui, Madame ; nous ne fabriquons pas le tandem !

(Le Journal)

La femme dont la jambe est
Bien faite, bien ronde,
Par coquetterie irait
Jusqu’au bout du monde.
Et la femme laide, idem,
Car, c’est une rage,
Seule ou bien sur un tandem,
Elle a le courage
D’exhiber de fins mollets
Qu’on prend pour des manches
De pelles ou de balais,
Et ses maigres hanches.

(Victor Leca, L’Écho de la Pédale)

Atteler en tandem, atteler deux chevaux l’un devant l’autre.

Teuf-teuf

France, 1907 : Automobile ; onomatopée.

On court en wagon les mêmes dangers qu’en automobile. Les chemins de fer font en une seule fois, en gros, les victimes que le teuf-teuf, la bicyclette et les chevaux emportés font pendant toute l’année en détail.
— Soyez sûr que des gens ont condamné les chemins de fer après les premiers accidents qu’ils occasionnèrent, celui de la ligne de Versailles, notamment, où trouva la mort Dumont d’Urville, en 1842. Est-ce que cela a empêché la France de se couvrir de voies ferrées ? Il en sera de même pour l’automobilisme, dont l’avenir n’est pas compromis par des accidents auxquels on accorde une importance exagérée.
Et mon interlocuteur s’étant rassuré, en même temps qu’il rassurait sa famille, sauta dans son teuf-teuf qui s’ébroua un instant et disparut dans un nuage de poussière dont la suave odeur de pétrole corrigeait l’âcreté.

(Lucien Descaves)

Vélo

Larchey, 1865 : Postillon. — Vélose : Poste aux chevaux. (Vidocq). — Du vieux mot Véloce : Vite. V. Roquefort.

Delvau, 1866 : s. m. Postillon, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Postillon. Abréviation de véloce.

Virmaître, 1894 : Postillon. Vient de véloce, poste aux chevaux. Nos vélocipédistes modernes qui portent une cravache et des éperons pour ressembler à quelqu’un, ignorent certainement ce vocable ancien (Argot des voleurs).

France, 1907 : Abréviation de vélocipède.

Commerçant ou magistrat,
Poète ou trombonne,
Au vélo, plaisir extra,
Joyeux, on s’adonne.

(Victor Leca, L’Écho de la Pédale)

Doit-on dire monter en vélo ou à vélo ?
Trois maitres de la langue française, MM. Gréard, Sarcey et Zola, consultés sur la question, auraient répondu : S’il s’agit d’une bicyclette, dites : « monter à vélo » ; s’il s’agit d’un tricycle, dites : « monter en vélo. »

France, 1907 : Postillon du temps de la poste aux chevaux, qu’on appelait véloce.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique