France, 1907 : Se parer. Vieux français.
Servantes, pastourelles
C’est le mois d’mai,
Le mois d’aimer ;
Affutez-vous, les belles,
De biaux rubans
Pour vos galants.
Affuter (s’)
France, 1907 : Se parer. Vieux français.
Servantes, pastourelles
C’est le mois d’mai,
Le mois d’aimer ;
Affutez-vous, les belles,
De biaux rubans
Pour vos galants.
Caboche
d’Hautel, 1808 : Pour la tête, le chef de l’homme.
Rien ne peut entrer dans sa maudite caboche. Se dit de quelqu’un qui a la tête dure et l’intelligence très-bornée.
Il se fera donner sur la caboche. Pour il se fera corriger.
Quand il a mis quelque chose dans sa caboche, le diable ne lui ôteroit pas. Se dit d’un opiniâtre, d’un sot, d’un homme extrêmement entêté.
Une grosse caboche. Une grosse tête.
Une bonne caboche. Une tête bien organisée, pleine de sens et de jugement.
Halbert, 1849 : Tête.
Delvau, 1866 : s. f. Tête, — dans l’argot du peuple, qui s’éloigne bien du χεφαλέ, grec et du caput latin, mais ne s’éloigne pas du tout de la tradition : « D’autant plus qu’il n’avoit pas beaucoup de cervelle en sa caboche, » — disent les Nuits de Straparole.
Biau sire, laissiés me caboche,
Par la char Dieu, c’est villenie !
disent les poésies d’Eustache Deschamps. On dit aussi Cabosse.
Virmaître, 1894 : Tête (Argot des voleurs).
Rossignol, 1901 : Tête.
Diable au corps (avoir le)
France, 1907 : Être comme un enragé.
Il tua tout ce qui lui tomba sous la main. Sa dextérité dans l’égorgement, son brio dans le massacre furent merveilleux et demeurent proverbiaux. Depuis, pas un général ne les dépassa et même ne les atteignit. Écoutez n’importe quel officier parler de M. de Galliffet. Avec enthousiasme il vous dira que nul ne sut, comme lui, communiquer à ses troupes ce que les honnêtes gens appellent le diable au corps. En cette bienheureuse époque de la guerre civile où Paris se transforma en un véritable et horrible charnier, l’armée de Galliffet, grâce à son chef, poussa l’héroïsme et la pratique des vertus militaires jusqu’à se faire le bourreau de toute une ville. Dans certains quartiers, on montre encore des places commémoratives, qui restèrent longtemps poisseuses de tout le sang qui y fut versé. « Deux mois après, malgré les lavages, rapporte un historien, cela collait encore aux pieds. »
(Octave Mirbeau, Le Journal)
Godailler
d’Hautel, 1808 : Boire et manger avec excès à plusieurs reprises, riboter, faire ripaille.
Delvau, 1866 : v. n. Courir les cabarets. Ce verbe est un souvenir de l’occupation de Paris par les Anglais, amateurs de good ale.
Virmaître, 1894 : Courir les cabarets. Ce verbe est un souvenir de l’occupation de Paris par les Anglais, amateurs de good ale. A. D. Godailler est synonyme d’être en patrouille et aussi de flâner. Manquer un travail, c’est le godailler. Godailler, c’est ne jamais se trouver bien nulle part.
— On n’en fera jamais rien, c’est un mauvais ouvrier, il godaille sans cesse (Argot du peuple). N.
Rossignol, 1901 : Flâner.
France, 1907 : Boire ; du vieux mot godale ou goudale, corruption de l’anglais good ale, bonne biére, ou de l’allemand goad ael, même signification.
On trouve godale dans le Roman de Berthe aux grands pieds :
Une rivière treuve qui d’un pendant avale ;
Volontiers en beust, mais trouble est cour godale.
Dans le roman d’Eustache Le Moine (XIIIe siècle), on lit goudale :
Por Diez ! biau Sire, passés nos
Je viens devers Nolrubellande (1),
Cinq ans ai esté en Irlande,
Tant ai beu de la goudale
Tout ai le vis et taint et pâle,
Or m’en revois boire des vins
À Argentuel ou à Prouvins.
(1) Le Northumberland, comté d’Angleterre.
Navière
France, 1907 : Petit navire, bateau ; du latin navis.
Biau monsieur, pour vous passer l’iau
Mettez l’pied dedans mon batiau ;
Dans mon batiau, dans ma gente navière
J’vous pass’rai l’iau, eh ! l’iau de la rivière !
(Chanson de la Batelière, à Bengy-sur-Craon)
Rabiau
Delvau, 1866 : s. m. Malade qui, dans certains hôpitaux, rend certains services à ses camarades de salle, comme de faire leurs lits, de brosser leurs effets, etc. On lui donne quelquefois de l’argent et, le plus souvent, des restes de soupe.
Delvau, 1866 : s. m. Résidu ; reste de portion, — dans l’argot des faubouriens, qui ont emprunté ce mot à l’argot des marins. On dit aussi Rabiautage.
Delvau, 1866 : s. m. Temps qui reste à faire, — dans l’argot des troupiers. On dit aussi Surcroît de punition.
Rigaud, 1881 : Convalescent qui se plaît à donner ses soins à des camarades d’hôpital, comme M. Jourdain donnait des étoiles à ses amis.
Merlin, 1888 : Voyez fourbi (1re acception). — Rabiau signifie également le temps que peut être encore retenu sous les drapeaux le militaire dont l’heure de la libération est venue.
Fustier, 1889 : Bénéfice.
Les pourboires cachés ;… les rabiaus sur le fourrage…
(Huysmans, les Sœurs Vatard)
La Rue, 1894 : Convalescent qui rend des services à ses camarades d’hôpital. Résidu, reste de portion. Prolongation du service militaire. Supplément, excédent. Les petits bénéfices.
France, 1907 : Voir Rabiot.
Rabiau, rabiot
Rigaud, 1881 : Résidu, restes de vin ou de soupe, — dans le jargon des troupiers. — Prolongation de service militaire ; durée d’une condamnation dans une compagnie de discipline. — Faire du rabiau. Ce mot, qui, aujourd’hui, s’applique à tout ce qui comporte l’idée de « supplément, excédant », a servi primitivement à désigner la distribution du second quart de café faite aux soldats, distribution de faveur.
Rabiauter
Delvau, 1866 : v. n. Boire ce qui reste dans le bidon. Je ne sais pas d’où vient rabiau, mais rabiauter vient certainement de rebibere (boire de nouveau).
Rigaud, 1881 : Manger et boire les restes des autres, — dans le jargon des troupiers.
France, 1907 : Faire du rabiau.
France, 1907 : Manger et boire des restes.
Raboter, rabioter
La Rue, 1894 : Voler, filouter. Faire du rabiau.
Rateau (faire son, faire du)
Rigaud, 1881 : Faire, comme punition, un service supplémentaire à l’expiration des vingt-huit jours que, chaque année, les réservistes doivent à l’État, — dans le jargon des soldats de la réserve. C’est la variante de faire du rabiau.
Rogneurs (les)
Merlin, 1888 : Les fourriers que l’on accuse, à tort ou à raison, de faire du fourbi, du rabiau. De là, les sobriquets de rogneurs de centimes, rogneurs de rations.
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