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Abloquir

anon., 1827 / Bras-de-Fer, 1829 : Acheter.

Vidocq, 1837 : v. a. — Acheter à prix d’argent ; se dit aussi pour acquérir.

Clémens, 1840 / Halbert, 1849 : Acheter.

Larchey, 1865 : Acheter en bloc (Vidocq).Bazarder a, au point de vue de la vente, le même sens. — Du vieux mot bloquer : arrêter un marché. V. Lacombe.

Bahut

d’Hautel, 1808 : Un petit bahut. Nom que l’on donne par raillerie à un homme court et trapu ; à un bambin.

Delvau, 1864 : La nature de la femme, dans laquelle l’homme serre — pour un instant — sa pine, comme chose précieuse.

Dans son bahut je flottais bien au large.

(Chanson anonyme moderne)

Larchey, 1865 : Institution académique.

Je te croyais au bahut Rabourdon. Jamais j’aurais pensé qu’t’étais devenu potache. Et Furet, as-tu de ses nouvelles ? en v’là un bahuteur. Il a fait la moitié des bahuts au Marais et une douzaine au moins dans la banlieue.

(Les Institutions de Paris, 1858)

Quelques fils de famille disent, par extension : le bahut paternel, en parlant du logis de leurs auteurs. Bahut spécial : École de Saint-Cyr.

L’École de Saint-Cyr ! j’ai le bonheur d’être admis à ce bahut spécial.

(La Cassagne)

Bahuter : Faire tapage. Terme propre aux élèves de Saint-Cyr. Pour eux, « ceci est bahuté » veut dire aussi : « Ceci a le chic troupier. » Bahuteur : Tapageur.

Cette écorce rude et sauvage qui allait au bahuteur de Saint-Cyr.

(La Barre)

Vient du vieux mot bahutier.

Quand un homme fait plus de bruit que de besogne, on dit qu’il fait comme les bahutiers. Car en effet les bahutiers, après avoir cogné un clou, donnent plusieurs coups de marteau inutiles avant que d’en cogner un autre.

Delvau, 1866 : s. m. Collège, — dans l’argot des collégiens. Se dit aussi de la maison du préparateur au baccalauréat, et, par extension de toute maison où il est désagréable d’aller. Bahut spécial. Saint-Cyr.

Delvau, 1866 : s. m. Les meubles en général. Argot des ouvriers.

Rigaud, 1881 : École, pensionnat, — dans le jargon des écoliers. — École de Saint-Cyr.

On est heureux en sortant du bahut d’avoir sa chambre, son ordonnance, son cheval.

(Vte Richard, Les Femmes des autres, 1880)

Rigaud, 1881 : Mobilier. — Bazarder tout le bahut, vendre tout le mobilier.

La Rue, 1894 : École. Mobilier.

France, 1907 : Pension, collège.

J’ai gardé bien des souvenirs du bahut, quelques-uns agréables et joyeux, un plus grand nombre, je ne dirai pas mauvais, mais mêlés d’amertume et souvent d’un certain étonnement sur la façon dont on entendait — je parle, hélas ! de plus d’une demi-douzaine de lustres — l’éducation de la jeunesse militaire.

(Hector France, Souvenirs du Prytanée)

Bazar

Delvau, 1864 : Bordel, — qui est en effet un endroit où l’on expose la femme comme marchandise.

Je suis la patronne de ce bazar, la mère de dix-huit petites dames.

(Lemercier de Neuville)

Larchey, 1865 : Maison chétive, ou mal distribuée.

Petit bazar entre cour et jardin.

(Labiche)

Bazar : Mobilier.

J’ai vendu la moitié de mon bazar pour payer le médecin.

(E. Sue)

Mot contemporain de notre entrée en Afrique. Bazarder : Vendre.

J’ai bazardé mon pantalon.

(Les Tribunaux)

Delvau, 1866 : s. m. Ensemble d’effets mobiliers, — dans l’argot de Breda-Street.

Delvau, 1866 : s. m. Maison où les maîtres sont exigeants, — dans l’argot des domestiques paresseux ; maison quelconque, — dans l’argot des faubouriens ; maison de filles, — dans l’argot des troupiers.

Rigaud, 1881 : Maison de tolérance. Terme de mépris pour désigner une maison, un établissement quelconque. Envoyer promener tout le bazar, envoyer promener toute la maison.

Rigaud, 1881 : Mobilier, vêtements. — Laver tout le bazar, vendre tout le mobilier.

Rigaud, 1881 : Or étranger, or à bas titre, — dans le jargon des bijoutiers.

Fustier, 1889 : Lycée, pension.

Les jeunes citoyens de l’avenir, vulgo les potaches, ont réintégré avant-hier leurs prisons respectives. Ils se sont acheminés vers le bazar.

(Événement, 1881)

France, 1907 : Maison de tolérance, bordel, terme militaire ; précédé de sale, appellation que donne les domestiques à la maison de leurs maîtres. Se dit aussi des menus objets que possèdent dans leurs pupitres les écoliers. Bazar signifie aussi lycée et pension, dans l’argot des potaches.

Bazardement

France, 1907 : Enlèvement, destruction, vente.

Sans être un puits de science, je ne suis pas pourtant l’ignorant passionné que tout homme a le droit d’être par ces temps de doute historique et de bazardement général des traditions.

(Émile Bergerat, Écho de Paris)

Bazarder

Delvau, 1866 : v. a. Vendre, trafiquer. Bazarder son mobilier. S’en défaire, l’échanger contre un autre.

Rigaud, 1881 : Se défaire d’un objet. — Bazarder son mobilier, vendre son mobilier. — Dans l’argot du régiment, bazarder c’est vendre ses effets de linge et de chaussures.

Au bataillon d’Afrique, la fréquence de ce délit en fait une vertu de corps. Tout conscrit doit, au moins, vider une fois son havre-sac.

(A. Camus, Les Bohèmes du drapeau)

France, 1907 : Vendre.

Elle vendit, bazarda d’urgence, sans pitié, fermes et domaines, y compris le rustique castel où elle était née, le pigeonnier de ses ancêtres, comme elle l’appelait en ricanant.

(Albert Cim, Institution de Demoiselles)

Démarqueur de linge

Rigaud, 1881 : Journaliste qui s’approprie l’article d’un confrère en changeant quelquefois un peu la rédaction. Par laconisme on dit démarqueur.

M. de P. est ce qu’on peut appeler un de nos bons démarqueurs.

(H. de Villemessant, Figaro du 6 août 1877)

Dans une autre acception, démarqueur sert à désigner celui qui ôte les marques d’un objet dans un but de tromperie ou de vol. (Littré, Supplément au Dict. franc.)

Virmaître, 1894 : Homme de lettres qui pille ses confrères sans façon. Démarquer un article de journal : changer simplement les phrases. Allusion aux voleurs qui démarquent le linge avant de le bazarder au fourgat (Argot du peuple).

France, 1907 : Plagiaire.

Nippé

Virmaître, 1894 : Bien habillé.
— J’avais plus rien, les requins m’avaient bazardée pour payer mon probloque j’ai dégotté un miché qui m’a renippée, à présent je suis rupine je peux trimarder (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Habillé. Celui qui est bien habillé est bien nippé.

Peau de tambour (faire)

France, 1907 : Ne rien faire ; même sens que peau de balle et balai de crin.

Première femme. — C’est pas tout cela ; il faut payer. Què’que t’as fait, toi, ce soir ?
Seconde femme. — Moi ? peau de tambour.
Troisième femme. — C’est que c’est vrai. On ne f… plus rien. Si on n’avait pas des amis à passion, il faudrait tout bazarder.

(Le Gil Blas)

Quatrième du trois

France, 1907 : Sobriquet donné par les cavaliers aux fantassins à cause de la réponse que ceux-ci font généralement quand on les interroge sur le corps auquel ils appartiennent : « Je suis de la première du deux ; … de la cinquième du quatre ; …. de la quatrième du trois… » Sous-entendus compagnie et bataillon.

Que dira cette chère petite Mme Étienne, du café des sous-officiers, lorsqu’elle nous verra revenu les mains vides ? Et ces dames de la rue de l’Échelle ? Allons-nous être obligés de rester, comme les fantassins de la quatrième du trois, en extase devant les étalages de chair fraîche de leur vestibule ? Serons-nous réduits à bazarder notre burnous blanc dans la rue des Juifs pour faire une honnêteté à notre amie ? Et passerons-nous nos soirées à errer par les rues, les mains dans les poches, le sabre battant tristement l’éperon, cherchant d’un œil en détresse le camarade du jour d’infortune qui offre chez Le Maltais du coin l’absinthe à quatre sous le verre ou le champoreau de l’amitié ?

(Hector France, L’Homme qui tue)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique