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Barbaudier, barbotier

Rigaud, 1881 : Guichetier. — Barbaudier de castu, concierge d’hôpital. Il est chargé de fouiller, barboter les visiteurs.

Barboter

Vidocq, 1837 : v. a. — Fouiller.

Clémens, 1840 : Fouiller.

Delvau, 1866 : v. a. Fouiller ; voler. Argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Fouiller dans les poches du voisin ou de la voisine. Les voleurs barbotent beaucoup dans les omnibus. Ils fouillent dans la poche d’autrui comme les canards dans les ruisseaux.

Boutmy, 1883 : v. a. Voler des sortes dans la casse de ses camarades. Se dit souvent à la place de fricoter et de piller.

Merlin, 1888 : Fouiller dans les affaires d’autrui ; voler : pêcher en eau trouble.

Fustier, 1889 : Parler sans savoir ce que l’on dit.

Rossignol, 1901 : Fouiller, prendre.

On m’a barboté mon blavin.

France, 1907 : Fouiller, voler. Barboter la caisse, s’approprier le contenu d’un secrétaire ou d’un coffre-fort.

L’un de ces visiteurs occultes, l’abbé X…, avait même profité de la circonstance pour barboter deux livres obscènes, illustrés de galantes images inspirées par le péché peu mortel dont il aime tant à absoudre ses clientes de prédilection.

(Maxime Boucheron)

Bonbonnière à filous

Delvau, 1866 : s. f. Omnibus, — dans l’argot des voyous, qui savent mieux que personne avec quelle facilité on peut barboter dans ces voitures publiques.

Rigaud, 1881 : Omnibus. (Colombey)

Virmaître, 1894 : Omnibus. Les voyageurs sont serrés, le vol à la tire est facile ; il y a des voleurs qui n’ont que la spécialité de voler les morlingues en bonbonnière (Argot des voleurs). N.

France, 1907 : Omnibus. (Charles Virmaître)

Eaux grasses (barboter dans les)

France, 1907 : Occuper de hautes fonctions où l’on tripote à son aise.

Patouiller

Delvau, 1866 : v. a. Manier, peloter. Argot du peuple.

Delvau, 1866 : v. n. Barboter, patauger. On dit aussi Patrouiller. Ce verbe est dans Rabelais.

Rigaud, 1881 : Tourner et retourner une marchandise comestible, la manier grossièrement, de manière à la défraîchir.

Virmaître, 1894 : Manier.
— Vous n’avez pas bientôt fini de me patouiller avec vos sales pattes ?
On patouille dans un coffre-fort.
On dit également patrifouiller.
— Ce cochon de quart d’œil a passé deux heures à patrifouiller dans mes frusques pour trouver de quoi me faire sapé, mais il est grinchi. C’était au moulin.
Patrifouiller
est le superlatif de fouiller (Argot des voleurs). N.

Rossignol, 1901 : Palper, toucher, manier. Faire des attouchements à une personne est la patouiller.

France, 1907 : Manier, tourner et retourner un objet, tripoter.

Poivrier (faire le, barboter le)

Rigaud, 1881 : Voler un ivrogne. Et la variante plus usitée aujourd’hui : Cueillir un poivrot, ou, encore, canarder un poivre, allusion au canard barboteur.

À nous trois, nous avons barboté pas mal de poivriers.

(Petit Journal, du 22 juillet 1880)

Poivrot (vol au)

Rigaud, 1881 : Vol commis sur la personne d’un ivrogne. — Barboter le poivrot, fouiller un ivrogne pour le voler. — Les barboteurs de poivrots sont des voleurs qui ont la spécialité de dépouiller les ivrognes. — Canler donne poivrier dans le même sens.

Ultra

Larchey, 1865 : Homme voulant au-delà (ultrà) de ce que désire son parti.

Ces royalistes surnommés ultras par l’opposition.

(Balzac)

Je crois qu’il faut user d’indulgence pour les ultras.

(C. Desmoulins, 1790)

Ultrà est souvent une abréviation de Ultra montain et signifie dévoué au parti papal, dont le siège est hors de la France, au-delà des Apennins ultrà montes.

Delvau, 1866 : s. m. Royaliste, — dans l’argot des libéraux. Libéral, — dans l’argot des royalistes. Bonapartiste, — dans l’argot des conservateurs.

France, 1907 : Royaliste.

On se rencontre tous les jours à la Régence au Procope : une demi-tasse, on bavarde. Et nous nous payons une promenade la semaine avec un ultra, manière de la couler plus douce, de barboter dans un peu de sang : le sang, ça se fait de plus en plus rare.

(Georges d’Esparbès)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique