d’Hautel, 1808 : Bredouillement, langage précipité, obscur et corrompu, très-difficile à comprendre.
On dit aussi par sobriquet d’un homme qui se hâte trop en parlant, ou dont les idées et les paroles sont confuses et obscures que C’est un vrai baragouin.
Baragouin
Baragouinage
d’Hautel, 1808 : Manière de parier vicieuse, qui rend inintelligible tout ce que l’on dit ; superlatif de Baragouin.
Delvau, 1866 : s. m. Langage incohérent, confus, incompréhensible. — dans l’argot du peuple, qui dit cela surtout à propos des langues étrangères. On dit aussi Baragouin.
Baragouiner
d’Hautel, 1808 : Bégayer, bredouiller, chercher de mauvaises excuses pour se dispenser de faire quelque chose.
Delvau, 1866 : v. n. et a. Parler bas ; murmurer ; marmotter.
Baragouineur
d’Hautel, 1808 : Barbouilleur, bégayeur, bredouilleur ; celui qui parle avec trop de précipitation et d’une manière inintelligible.
Bredouiller
d’Hautel, 1808 : Baragouiner, bégayer, prononcer confusément, et d’une façon peu distincte,
Cheval
d’Hautel, 1808 : Il se tient à cheval comme une pincette sur le dos d’un âne. Se dit par dérision d’un mauvais écuyer ; d’un homme à qui l’art du manège est absolument inconnu.
Monter sur ses grands chevaux. Se fâcher ; prendre un ton menaçant, colère, et quelquefois injurieux.
Faire voir à quelqu’un que son cheval n’est qu’une bête. Convaincre un sot, un présomptueux de son ignorance et de son inhabileté.
C’est un bon cheval de trompette. Se dit d’un homme que les cris et les emportemens ne peuvent émouvoir.
Changer son cheval borgne pour un aveugle. Voy. Aveugle.
Il fait bon tenir son cheval par la bride. C’est à-dire, gouverner son bien par ses propres mains.
Il est aisé d’aller à pied, quand on tient son cheval par la bride. Pour dire qu’on endure bien de petites incommodités, quand on peut s’en délivrer à volonté.
N’avoir ni cheval ni mule. Être dans une condition médiocre ; être contraint d’aller à pied.
C’est un cheval échappé. Se dit d’un jeune homme fougueux qui se laisse aller à de grands déportemens.
L’œil du maître engraisse le cheval. Pour dire que la vigilance du maître ajoute à la valeur de son bien.
À cheval hargneux, étable à part. Signifie qu’il faut écarter les gens querelleurs de la bonne société.
Parler cheval. Pour dire, baragouiner ; s’exprimer d’une manière inintelligible.
Un coup de pied de jument ne fait point de mal au cheval. Pour dire qu’il faut prendre gracieusement tout ce que disent les femmes, quelque piquant que cela soit.
Un cheval de bât. Voy. Bât.
Des hommes et des chevaux, il n’en est point sans défauts. Proverbe que l’expérience n’a point encore démenti.
À jeune cheval vieux cavalier. C’est-à-dire, qu’il faut un cavalier expérimenté pour monter un cheval mutin et indompté.
On dit d’un parasite qui ne sait pas monter à cheval, qu’Il se tient mieux à table qu’à cheval.
Qui a de beaux chevaux, si ce n’est le roi ? Se dit quand on voit des choses de grand prix dans les mains d’un homme très-opulent.
Une selle à tous chevaux. Chose qui peut servir à plusieurs usages ; remède que les empiriques emploient pour toutes sortes de maladies.
C’est l’ambassade de Viarron, trois chevaux et une mule. Se dit par dérision d’un train en désordre.
Une médecine de cheval. Se dit d’une médecine dont les effets sont très-violens.
Un travail de cheval. C’est-à-dire, très-pénible, très-fatigant, et souvent peu lucratif.
Il est bien temps de fermer l’écurie, quand le cheval est échappé. Se dit à quelqu’un dont la négligence a entraîné quelque malheur, et qui prend des précautions quand il n’y a plus de remède.
Écrire à quelqu’un une lettre à cheval. Lui écrire d’une manière menaçante et injurieuse.
Une fièvre de cheval. Une fièvre dévorante. Voy. Bataille.
Les enfans appellent un cheval un Dada. Voy. Broncher, brider.
Larchey, 1865 : Homme brusque, grossier.
Rigaud, 1881 : Les figures et les dix au jeu de baccarat. — Il n’y a donc que des chevaux au tirage.
France, 1907 : Rustre, brutal, grossier.
France, 1907 : Terme de joueurs de roulette. Un cheval est une mise placée sur deux numéros : l’enjeu est par le fait à cheval c’est-à-dire au milieu de la ligne qui sépare les deux cases Pour un cheval gagnant, la banque paye dix-sept fois la mise.
Crever la faim
France, 1907 : Expression bizarre autant que ridicule qui n’est ni de l’argot ni du français, mais du simple baragouin et dont abusent certains écrivains des plus à la mode. On crève de faim, on ne crève pas la faim.
Autour du billard et à travers la fumée de cent fourneaux de pipes, on distinguait, grouillant, braillant et gesticulant, un tas de fainéants, de crève-la-faim, et aussi de petits bourgeois venant régulièrement là chaque soir pour y tenter la chance.
(Louis Davyl)
Nous croyons que le monde est mal fait, qui permet à tel fils de raffineur d’avoir 3000 fr. à dépenser par jour ; qui permettait à feu le général Maltzeff de posséder vingt-neuf mines, d’occuper cinquante-cinq mille ouvriers — alors que les peuples crèvent la faim.
Nous ne sommes pas cruels… puisque, même devant ces contrastes, nous ne souhaitons pas la réciproque, mais seulement une plus juste répartition des biens.
(Séverine)
Gnirgou-gnargou
France, 1907 : Baragouinage. On appelle ainsi, dans le Midi, une sorte de « javanais » qui consiste à défigurer les mots en les faisant suivre d’une ou plusieurs syllabes de convention.
Hacher de la paille
Delvau, 1866 : v. a. Parler allemand, — dans l’argot des ouvriers.
Rigaud, 1881 : Parler français avec l’accent allemand. Se dit d’un Allemand qui baragouine le français.
La Rue, 1894 : Prononcer mal le français, comme le font les Allemands.
Kaiserlik
France, 1907 : Autrichien ; germanisme, Kaiserlich, en allemand, signifie impérial.
Il se forgea un baragouin semi-tudesque, semi-français, que l’on entendait à merveille.
L’illusion était si complète, que la veuve ne soupçonnait pas le moins du monde que le soi-disant kaiserlik était un de ses amis d’enfance.
(Marc Mario et Louis Launay, Vidocq)
Œil (s’en battre l’)
Rigaud, 1881 : S’en moquer. Voir une chose, entendre une proposition avec indifférence. — Je m’en bats l’œil, ça m’est bien égal. On dit aussi : s’en battre la paupière.
France, 1907 : S’en moquer. On dit aussi dans le même sens : s’en battre les fesses.
Le roi dit : Je m’en bats les fesses.
(Scarron, Virgile travesti)
Or, puisque le populo parisien en vient à oublier les horreurs de la semaine sanglante, — qui pourtant le touchent de près ! — y a rien d’épatant à ce qu’on se batte l’œil de l’écharpement des cent mille chrétiens d’Arménie… Des types qu’on a jamais vus, qui se frusquaient autrement que nous, et baragouinaient une langue incompréhensible !
Leur plus grand tort a été de se lasser écharper.
Dans l’histoire, — aussi bien dans l’histoire d’hier que dans celle d’il y a deux ou trois mille ans, les vaincus ont toujours été mal vus et peu considérés.
(Le Père Peinard, 1897)
Rothwælsch
France, 1907 : Argot, en allemand ; corruption de Kauderwelsch, baragouin.
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