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Bande noire

France, 1907 : On désignait de ce nom une association de spéculateurs, composée généralement de capitalistes qui achetaient en bloc les grandes propriétés foncières, pour les revendre au détail Maintenant ce nom est donné plus spécialement à une vaste association de filous qui, spéculant le plus souvent à l’étranger, se font expédier, sous de faux noms et à l’aide de fausses références, des marchandises qu’ils ne payent jamais et revendent à vil prix. C’est à Londres, surtout, et dans quelques autres villes de l’Angleterre et du continent, que fleurit cette bande de coquins.

Elle ne douta plus un instant qu’il ne fit partie de la fameuse bande noire qui a son centre spécial dans un café du voisinage de Leicester Square, et des ramifications dans une douzaine de tavernes mal famées de la métropole, où l’on met systématiquement à rançon les maisons de commerce du continent, assez confiantes pour envoyer sur d’illusoires garanties leurs marchandises à ces forbans.

(Hector France, La Taverne de l’Éventreur)

Briseurs

Rigaud, 1881 : Mot à mot : voleurs qui se la brisent. Ce sont des faiseurs d’affaires qui disparaissent avec la marchandise que des négociants imprudents leur ont confiée.

Virmaître, 1894 : Bande noire. Cette bande est composée de plusieurs Auvergnats qui achètent des marchandises neuves et qui les brisent pour les revendre ensuite à la feraille comme marchandises d’occasion (Argot des voleurs).

Caler l’avaloir (se)

France, 1907 : Manger, s’emplir la bouche.

Disciple de la bande noire,
Pour bien te caler l’avaloire,
Dans la complouse de Poissy
J’en tressais, t’en tressais aussi.

(Chanson d’un voleur, recueillie par Hogier-Grison)

On dit aussi dans le même sens : se caler les joues.

— Dis donc, hé ! Larfouillat, écoute un peu voir que je te raconte quelque chose.
Larfouillat, qui était en train de se caler les joues avec une briffe de pain, — pour n’en pas perdre l’habitude — s’interrompit pour répondre à Couchobloc :
— Tu vas encore me faire une cochonne farce ! Merci, j’en ai assez !

(La Baïonnette)

Chevalier de la bande noire

France, 1907 : Escroc qui, à l’aide de fausses références et sous le titre d’un établissement fictif, se fait envoyer des marchandises qu’il ne paye jamais et revend à bas prix. Voir Coup de fusil.

Elle ne douta plus un instant qu’il ne fit partie de la fameuse bande noire qui a son centre spécial dans un café du voisinage de « Leicester Square » et des ramifications chez Tom Dick et une demi-douzaine de tavernes mal famées de la métropole, où l’on met systématiquement à rançon les maisons du continent assez confiantes pour envoyer sur d’illusoires garanties leurs marchandises à ces forbans.

(Hector France, La Taverne de l’Éventreur)

Coup de fusil

Virmaître, 1894 : Vendre à n’importe quel prix (Argot des camelots).

Rossignol, 1901 : Acheter à très bon compte des marchandises escroquées. Voir Fusilleur.

Hayard, 1907 : Voler.

France, 1907 : Mauvais diner, On dit aussi fusiller.

France, 1907 : Vente à bas prix d’objets volés.

La bande noire possède dans le neuvième et dans le dixième arrondissement deux maisons spécialement affectées aux coups de fusil. Dans ces entrepôts de la flibuste on trouve tout : bas de soie, chronomètres, vases de nuit, éventail, galoches, ombrelles, pianos, raisiné, photographies obscènes, clysopompes, diamants et bonnets de coton… c’est un capharnaüm indescriptible.

(Hogier-Grison, Le Monde où l’on flibuste)

Faisanderie

Rossignol, 1901 : Escroquer de la marchandise est faire de la faisanderie.

France, 1907 : La faisanderie ou bande noire comprend quatre catégories de fripons nécessaires à son confectionnement. C’est d’abord le courtier qui, au moyen de faux certificats, se donne comme agent d’une maison de commerce importante, négociant en vins, joaillier, négociant en denrées, facteur de la Halle. Il s’adresse à de petits marchands, appelés petits faisans ou frères de la côte et leur offre à bas prix des marchandises dont il prétend disposer.

— Il voulait faire mon éducation… il m’a engagé à chauffer des lettres que ma patronne écrivait un ancien étalier de chez nous… elle les mettait à la poste restante, et puis elle venait rechercher la réponse… j’ai pu mettre la main dessus… Ah ! ce qu’il a fait reluire le singe avec celle monnaie-là, je n’te dis qu’ça… V’là ce qui m’a donné le goût de la faisanderie…

(Edmond Lepelletier, Les Secrets de Paris)

Mode (concierge à la mode)

France, 1907 : Concierge associé ou complice d’escrocs de la fameuse bande noire.

La bande noire était — et est encore, car le dixième à peine des membres sont arrêtés — une formidable association ayant pour spécialité d’exploiter le commerce des vins de Paris, de la Bourgogne et du Bordelais… Pour chaque affaire, le courtier recevait dix francs. Le concierge, désigné sous le nom bizarre de concierge à la mode, n’était pas moins bien rétribué. Il touchait dix francs également.

(Le Voltaire, 1886)

Noire (bande)

France, 1907 : Voici quelques détails complémentaires à ajouter à ceux déjà donnés au mot Bande noire.
Les membres de cette vaste association d’escrocs se divisaient en quatre catégories : les faisans, les courtiers à la mode, les concierges dans le mouvement et les fusilleurs.
Les faisans, par l’intermédiaire des courtiers et avec la complaisance des concierges, se faisaient envoyer par leurs dupes des pièces de vin, soit en gare, soit à domicile.
Les courtiers à la mode étaient les agents qui, munis de fausses lettres de recommandation, se faisaient agréer comme représentants par des maisons en gros.
Les concierges servaient de complices en recevant et emmagasinant les marchandises ou en donnant de fausses références sur les faisans.
Les fusilleurs achetaient ces pièces de vin à vil prix et les revendaient de leur mieux.

Revidage

Delvau, 1866 : s. m. Opération qui consiste à se partager, entre brocanteurs, les lots achetés trop cher à l’hôtel Drouot, mais achetés par eux pour les enlever aux bourgeois.

Rigaud, 1881 : Nouvelles enchères faites entre marchands, d’un objet adjugé à l’un d’eux, à l’hôtel des ventes. Le revidage ou revision tombe sous le coup de la loi.

Virmaître, 1894 : Revision des marchandises achetées par les brocanteurs dans les ventes publiques. La revision consiste en ceci :
— Pour ne pas faire monter les enchères et acheter bon marché, un ou deux de la bande noire pousse les enchères. Les objets en vente sont, par ce système, généralement adjugés à vil prix.
La vente terminée, ils se réunissent dans le cabinet d’un marchand de vin voisin et ils procèdent au revidage, c’est-à-dire à de nouvelles enchères.
Chacun prend alors le lot de marchandises qu’il peut écouler dans sa boutique, et la différence entre le total de la vente publique et l’opération du revidage est partagée également.
Cette opération illicite est défendue, c’est pourquoi elle se pratique au grand jour (Argot des brocanteurs).

France, 1907 : Association de brocanteurs qui, dans les salles de vente, s’entendent d’une part pour empêcher les particuliers d’acheter un objet ou pour le lui faire payer bien au-dessus de sa valeur, d’autre part pour faire adjuger à l’un d’eux un objet de prix bien au-dessous de sa valeur. La vente terminée, ils procèdent au revidage ou revision, c’est-à-dire qu’ils partagent la différence en plus ou en moins.


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Dictionnaire d’argot classique