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Baluchon

Ansiaume, 1821 : Paquet.

J’ai porté au fourga un bon baluchon de pigousse.

Vidocq, 1837 : s. m. — Paquet.

M.D., 1844 / M.D., 1844 : Paquet.

Larchey, 1865 : Paquet (Vidocq). — Diminutif de Ballot.

Delvau, 1866 : s. m. Paquet, petit ballot. Argot des ouvriers.

Rigaud, 1881 : Petit paquet. — Enlever le baluchon.

Voyons, laisse là ton baluchon.

(Huysmans, Marthe)

Virmaître, 1894 : Petit paquet que les compagnons portaient jadis au bout d’un bâton sur l’épaule, en faisant leur tour de France. Ce baluchon contenait leurs vêtements. La coutume s’est perpétuée dans le peuple : des outils et la blouse de travail en paquet composent un baluchon (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Paquet de hardes.

Prends ton baluchon et décanille d’ici.

Hayard, 1907 : Paquet de peu d’importance.

France, 1907 : Petit paquet ; argot des ouvriers. Se dit aussi pour derrière. Je vais vous enlever le baluchon.

Baluchoner

Rossignol, 1901 : Faire des paquets.

Le voleur gui ne trouve pas d’argent dans une maison ou il s’est introduit fait des paquets de linge et vêtements, baluchone.

Baluchonneur

Fustier, 1889 : Voleur. Ainsi que son nom l’indique, ce malfaiteur vole de préférence les objets faciles à cacher, les petits paquets, par exemple (en argot baluchon est synonyme de paquet). C’est aussi lui qui travaille aux étalages des magasins et qui pratique parfois le vol dit à la bousculade.

La nuit seulement, un certain nombre de baluchonneurs s’y donnent rendez-vous (dans un cabaret) pour faire réchange ou la vente du produit de leur vol.

(Nation, juillet 1885)

Embaluchonner

Vidocq, 1837 : v. a. — Empaqueter.

Delvau, 1866 : v. a. Empaqueter, faire un baluchon.

France, 1907 : Empaqueter.

Farguer

Ansiaume, 1821 : Charger.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Devenir rouge.

Vidocq, 1837 : v. a. — Charger.

un détenu, 1846 : Rougir, rouge qui monte au front.

Halbert, 1849 : Rougir.

Delvau, 1866 : v. a. Charger. Signifie aussi Rougir.

Rigaud, 1881 : Rougir. — Charger devant la justice. Fargueur, témoin à charge.

La Rue, 1894 : Rougir. Charger devant la justice. Avouer.

Virmaître, 1894 : Rougir (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Charger. Un témoin à charge qui dépose contre un voleur le fargue. Un voleur est fargué par son complice lorsque celui-ci l’accuse. Le ministère public fargue un accusé, et l’accusé fargue (rougit) en entendant ce dont en l’accuse.

Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Rougir.

France, 1907 : Charger.

— Comme tu as l’air effrayé  !
— On le serait à moins, je viens de manquer d’être enflaqué sur le boulevard du Temple.
— Enflaqué ! et pourquoi ?
— Pourquoi ? tiens, avance, vois-tu les amis et les baluchons ?
— Tu m’en diras tant ! si vous êtes fargués de camelotte grinchie…

(Marc Mario et Louis Launay)

France, 1907 : Faire des aveux.

Goujon (lâcher son)

Rigaud, 1881 : Vomir.

T’as lâché ton goujon
Sur mon baluchon.

(Chans. pop.)

Moileux

Ansiaume, 1821 : Coton.

Nous avons fait chacun un baluchon de moileux dans le boucard.

Monter le baluchon (se)

Fustier, 1889 : (V. Delvau.) Se monter le coup.

Monter le coup (se)

Delvau, 1864 : Être crédule, s’imaginer que toutes les femmes sont vertueuses, ou que l’on peut les baiser sans les payer.

Si tu croit que je suis novice, tu t’ monte le coup.

(Lemercier de Neuville)

Delvau, 1866 : v. réfl. Se faire des illusions à propos de quelqu’un ou de quelque chose ; s’attendre à une félicité improbable ou à une fortune impossible. On dit aussi se monter le baluchon.

France, 1907 : S’illusionner, se créer des chimères.

— Instruisez les gens de fabrique et d’usine, faites-en des petits avocats, des raisonneurs, des blagueurs, qu’est-ce qu’il adviendra ? C’est qu’à force de s’monter de coup, ils se croiront les messieurs, ne voudront plus travailler, et, dans tous les cas, feront du fichu ouvrage.

(Camille Lemonnier, Happe-Chair)

Bref, on n’est pas de bois. On ne sait pas ce que l’on espère. On attend sans savoir quoi. On se monte le coup.

(Paul Hervieu)

Œil (faire l’)

Rigaud, 1881 : Vendre à crédit.

Elle préférerait faire crier par les rues toutes ses cuites à sa fille que de faire deux sous d’œil.

(Privat d’Anglemont)

Virmaître, 1894 : Avoir à crédit chez les fournisseurs. Dans le peuple, quand on oublie de payer, le fournisseur refuse crédit ; alors on dit que l’œil est crevé (Argot du peuple).

France, 1907 : Faire crédit. Refuser le crédit se dit crever l’œil. On dit d’un marchand qui fait crédit pour une certaine somme, qu’il ouvre l’œil de tant. « Mon mastroquet m’a ouvert l’œil de dix francs. » « Baluchon a un œil ouvert chez le bistrot du coin. »

Quoique M. Charles Nisard — dit Alfred Delvau — s’en aille chercher jusqu’au premier siècle de notre ère un mot grec « forgé par saint Paul »… j’oserai croire que l’expression à l’œil… est tout à fait moderne. Elle peut avoir des racines dans le passé, mais elle est née sous sa forme actuelle, il n’y a pas quarante ans. Les consommateurs ont commencé par faire de l’œil aux dames de comptoir qui ont fini par leur faire l’œil : une galanterie vaut bien un diner…

(1883)

Faire de l’œil, regarder une personne de façon à lui faire comprendre qu’on se livrerait volontiers avec elle à une joute amoureuse. « Souvent, à force de faire de l’œil à une femme, on finit par lui taper dans l’œil. »

Entre femmes du monde, à la messe d’une heure à la Madeleine :
— N’est-ce pas, chère, que le nouveau chapeau de la comtesse est diantrement toc ?
— Oh ! oui. Il est tout à fait fin du demi-monde. Dites donc, mignonne, avez-vous remarqué comme le vicaire m’a fait de d’œil à la quête ?

Paquecin

Larchey, 1865 : « Ne faut-il pas que baluchons et pacquecins (paquets) disparaissent subitement comme dans une féerie ? Personne n’égale le cambrioleur dans l’art de déménager sans bruit. » — A. Monnier.

Tirans

Ansiaume, 1821 : Des bas.

J’ai eu 12 paires de tirans dans le baluchon.

anon., 1827 / Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Clémens, 1840 / Halbert, 1849 : Bas.

Trémousser le baluchon

France, 1907 : Agiter, porter au cerveau. Se dit d’une boisson capiteuse. Du vin à faire trémousser le baluchon.

Trente-deux-hommes-six-chevaux

France, 1907 : Wagon destiné au transport des troupes à pied et à cheval, appelé ainsi à cause de la rubrique inscrite sur les parois.

Ils descendaient du chemin de fer, tout blancs de la poussière du trente-deux-hommes-six-chevaux, avec des chapeaux de charbonniers, des blouses brodées, des cravates à fleur… des pains sous le bras, des baluchons jetés sur l’épaule, des bouteilles dont les goulots ressortaient hors des poches.

(Georges Courteline, Les Gaités de l’escadron)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique