Entrez le mot à rechercher :
  Mots-clés Rechercher partout 


Bagnole

Delvau, 1866 : s. f. Chapeau de femme, de forme ridicule, — dans l’argot du peuple, qui ne se doute pas que les bagnoles, avant de mériter son mépris, avaient mérité l’admiration des dames de Paris en 1722.

Rigaud, 1881 : Petite chambre malpropre.

La Rue, 1894 : Mauvaise voiture. Chambre malpropre.

Virmaître, 1894 : Bouge, masure. Se dit également d’une vieille voiture qui gémit sur ses ressorts rouillés et cahote le voyageur (Argot du peuple). N.

Hayard, 1907 : Vieille voiture.

France, 1907 : Diminutif de bagne ; petite chambre malpropre, taudis. Se dit aussi pour voiture à bras.

La maigre salade que les bonnes femmes poussent devant elles dans leur bagnole à bras.

(Jean Richepin)

On appelait, au siècle dernier, bagnole un chapeau de femme qui fut très en mode en 1722.

Baigneuse

anon., 1827 / Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Tête.

Vidocq, 1837 : s. f. — Chapeau de femme.

Halbert, 1849 : Tête.

Larchey, 1865 : Chapeau de femme (Vidocq). — Du nom d’une coiffure à la mode vers la fin du siècle dernier.

Delvau, 1866 : s. f. Chapeau de femme, — dans le même argot [des voleurs] qui a conservé des reflets de l’argot de la mode au XVIIIe siècle. Baigneuse ou bagnole, c’était tout un.

Delvau, 1866 : s. f. La tête, — dans l’argot des voleurs, qui se lavent et à qui on lave plus souvent la tête que le reste du corps.

France, 1907 : Chapeau de femme.

Bouge

Virmaître, 1894 : Endroit infect. Bouge vient certainement de bauge où les cochons se vautrent dans la boue et dans leurs excréments. C’est dans les bouges que se réunissent les voleurs de bas étage (Argot des voleurs). V. Bagnole.

Pochards (le signe de la croix des)

Rigaud, 1881 : « Il consiste à prononcer « Montparnasse » sur la tête, à l’épaule droite « Ménilmonte », à l’épaule gauche « La Courtille », au milieu du ventre « Bagnolet », et dans le creux de l’estomac, trois fois « Lapin sauté. » »

(Le Sublime)

Quinze joies du mariage (les)

France, 1907 : Expression employée ironiquement pour désigner les déceptions, les contrariétés inhérentes à l’état conjugal. Un livre attribué à l’auteur du Petit Jehan de Saintré, Antoine la Sale, paru vers le milieu du XVe siècle, a sans doute donné naissance à cette antiphrase. Il y est dit dans la préface : « Celles quinze joyes de mariage sont les plus graves malheuretés qui soient sur terre, auxquelles nulles autres peines, sans incision de membres, ne sont pareilles à continuer. »

Ma mère, qu’est-ce que se marier ?
— Ma fille, c’est filer, enfanter et pleurer.

(Dicton provençal)

Les dictons français de même genre sont nombreux. Citons-en quelques-uns :

Le jour où l’on se marie est le lendemain du bon temps.
Qui se marie fait bien et qui ne se marie pas fait mieux.
Qu’on se marie ou non, l’on a toujours à s’en repentir.
Qui se marie se met la corde au cou.
Qui se marie s’achemine à faire pénitence.
Nul ne se marie qui ne s’en repente.
Un bon mariage se fait d’un mari sourd et d’une femme aveugle.
Mariage et pénitence ne font qu’un.
En mariage trompe qui peut.
Mariage, tombeau de l’amour.
Le mariage est un enfer où le sacrement nous mène sans péché mortel.
Mariage et pendaison vont au gré de la destinée.
Mariage et malheur tout en un jour.
Aujourd’hui marié, demain marri.
Homme marié, oiseau en cage.
Le mariage est comme le figuier de Bagnolet, dont les premières figues sont bonnes, mais les autres ne valent rien.

Tous ces dictons émanent évidemment de gens mal mariés ou de cocus.

Rasibus (le père)

France, 1907 : Le bourreau.

Et le coup de la bagnole au père Rasibus, quand il fouette les cadors au galop et que les cognes font un blaire.

(Jean Richepin)

Signe de la croix des pochards

France, 1907 : Émile Zola, dans l’Assommoir, donne l’explication de cette singulière expression :

Coupeau se leva pour faire le signe de la croix des pochards. Sur la tête il prononça Montparnasse, à l’épaule droite Ménilmontant, à l’épaule gauche la Courtille, au milieu du ventre Bagnolet et dans le creux de l’estomac trois fois Lapin sauté.

Tiquer

Vidocq, 1837 : v. a. — Voler à la carre. Terme des voleurs italiens et provençaux. (Voir Carreur.)

France, 1907 : Faire un signe de tête pour avertir ; hocher la tête ; argot des voleurs.

France, 1907 : Rencontrer ; tomber sur quelqu’un.

Après avoir fait quelques pas, elle s’est aperçue qu’elle était filée ; elle a tiqué sur Painchaud, moi elle ne m’avait pas vu. Alors elle a sauté dans une voiture et moi j’ai couru derrière la bagnole…

(Maurice Donnay)

France, 1907 : Voler à la care.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique