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Affilé

d’Hautel, 1808 : Elle a le bec bien affilé. Manière de dire qu’une femme est caqueteuse et babillarde, quelle aime beaucoup à jaser. Le peuple de Paris dit Elle a le bec bien effilé.

Babillard

d’Hautel, 1808 : Un babillard. Pour dire un livre, une lettre, un papier manuscrit ; en un mot, tout ce qui peut fournir à la lecture.

Ansiaume, 1821 : Livre de lecture.

J’ai passé la soirée avec un babillard qui est bien brodé.

anon., 1827 / Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Bras-de-Fer, 1829 : Livre.

Vidocq, 1837 : s. m. — Confesseur.

Vidocq, 1837 : s. m. — Livre.

Clémens, 1840 : Livre.

M.D., 1844 : Du papier.

Halbert, 1849 : Livre.

Delvau, 1866 : s. m. Confesseur, — dans l’argot des voleurs. Ils donnent aussi ce nom à tout livre imprimé.

Rigaud, 1881 : Journal. — Griffonneur de babillards, journaliste.

La Rue, 1894 : Journal, Livre, Confesseur. Avocat. Placet. Lettre délibération. Griffonneur de babillards, journaliste.

Virmaître, 1894 : Aumônier de prison. Allusion à ce qu’il babillarde sans cesse sans que son interloculeur lui réponde (Argot des voleurs). N.

Virmaître, 1894 : Livre imprimé. On dit aussi : bavard (Argot des voleurs).

Hayard, 1907 : Papier (à écrire).

France, 1907 : Confesseur, avocat ; argot des voleurs. Livre, journal, placet.

Ma largue part pour Versailles ;
Aux pieds de sa Majesté,
Ell’ lui fonce un babillard
Pour me faire défourailler.

(Victor Hugo)

Aumonier de prison.

La maçonnerie était épaisse ; il ne pouvait saisir aucun bruit. Mais il ne parlait plus jamais de ses deux amis ; et une fois que Sautreuil les avait nommés devant lui, il répondait d’un air gêné : — Le babillard veut que je leur pardonne… ne me causez plus d’eux.

(Hugues Le Roux, Les Larrons)

Griffonneur de babillard, journaliste.

Babillard, babillarde

Larchey, 1865 : Livre, lettre — Babiller : Lire. — Comparaison d’une lecture au babillage d’une personne qui cause sans s’arrêter.

Ma largue part pour Versailles aux pieds de Sa Majesté ; elle lui fonce un babillard pour me faire défourailler.

(Vidocq)

Babillard : Confesseur (Vidocq). — Allusion aux efforts persuasifs des aumôniers de prison vis-à-vis de leur troupeau.

anon., 1907 : Lettre, mot d’écrit.

Babillarde

Ansiaume, 1821 : Lettre.

J’ai fait broder une babillarde à mon daron pour lui demander du carle.

anon., 1827 / Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Lettre, épître.

Bras-de-Fer, 1829 / Clémens, 1840 : Lettre.

Halbert, 1849 : Lettre, épître.

Delvau, 1866 : s. f. Montre.

Rigaud, 1881 : Lettre.

Rigaud, 1881 : Montre, pendule.

La Rue, 1894 : Lettre. Montre.

Virmaître, 1894 : Lettre.
— T’en fais du chi-chi dans la menteuse de babillarde (Argot des voleurs).

Virmaître, 1894 : Montre. Allusion à son tic-tac qui malgré sa monotonie babille et égaie la solitude (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Lettre.

Dans le courrier de ce matin, j’avais douze babillardes.

Hayard, 1907 : Lettre.

France, 1907 : Lettre, montre. Babillarde volante, télégramme.

Il y a à craindre que la petite ne s’y prenne maladroitement en trouvant la babillarde… qu’elle n’ai attiré l’attention soit des surveillantes, soit de ses voisines en déployant le fafiot.

(E. Lepelletier, Les Secrets de Paris)

Babillarde, babille

Vidocq, 1837 : s. f. — Lettre.

Babillarder

Virmaître, 1894 : Écrire (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : Écrire une lettre.

France, 1907 : Écrire.

Babillardes (porteur de)

France, 1907 : Facteur.

Babillardeur, babillardeuse

France, 1907 : Écrivain, écrivaine.

Babillards

Delvau, 1866 : s. f. Lettre. On dit aussi Babille.

Babillaudier

Halbert, 1849 : Libraire.

Delvau, 1866 : s. m. Libraire, vendeur de babillards.

France, 1907 : Libraire.

Babilleuse (la)

Virmaître, 1894 : Bibliothèque. Allusion aux livres babillards qu’elle contient (Argot des voleurs).

Bibles

France, 1907 : Papiers en général, notes, lettres ; argot des voleurs.

Il palpa un portefeuille de cuir usé, le tira, l’ouvrit et en examina le contenu rapidement :
— Des babillardes ! des bibles ! fit il dépité, en ne trouvant dans la poche du portefeuille que des quittances, des notes, des lettres.

(Ed. Lepelletier, Les Secrets de Paris)

Bobino

Vidocq, 1837 : s. m. — Montre. Terme des Tireurs parisiens.

Delvau, 1866 : s. m. Montre, — dans l’argot des voleurs. Ils disent aussi Bobine.

Delvau, 1866 : Le théâtre du Luxembourg, qui a disparu. Argot des étudiants. On disait aussi Bobinche et Bobinski.

Virmaître, 1894 : Montre (Argot des voleurs). V. Babillarde.

Campagne (être à la)

France, 1907 : Être en prison ; argot des voleurs. Dans l’argot des filles, c’est passer quelques mois dans une maison de prostitution de province. Barbotteur de campagne, voleur de nuit. Garçon de campagne, voleur de grand chemin.

— Pauvre sinve ! par suite de circonstances qu’il est inutile de te dégoiser, ton a patron a non seulement de l’argent, mais des papiers à nous… S’il est poursuivi pour sa banque, la police va venir ici fourrer son museau… elle chauffera les babillards et poissera l’aubert… Nous serons donc refaits… sans compter qu’on pourrait trouver là peut-être de quoi envoyer quelques-uns de vous à la campagne…

(Ed. Lepelletier, Les Secrets de Paris)

Caquet bon bec

d’Hautel, 1808 : Sobriquet que l’on donne à une babillarde, à une commère.

Chopin

anon., 1827 : Objet volés.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Vol, objet volé.

Bras-de-Fer, 1829 : Coup.

Vidocq, 1837 : s. m. — Vol.

M.D., 1844 : Sac d’argent.

Halbert, 1849 : Objet volé.

Larchey, 1865 : Vol.

Quand un voleur fait de la dépense, c’est qu’il a fait un chopin.

(Canler)

Delvau, 1866 : s. m. Objet volé ; coup ; affaire. Bon chopin. Vol heureux et considérable. Mauvais chopin. Vol de peu d’importance, qui ne vaut pas qu’on risque la prison.

Rigaud, 1881 : Profit, réussite, bonne aubaine, — dans le jargon des voleurs.

La Rue, 1894 : Profit, bonne aubaine. Petit vol. Coup, affaire.

Rossignol, 1901 : Bonne affaire.

France, 1907 : Objet volé, vol. Faire un chopin, commettre un vol.

Travaillant d’ordinaire
La sorgue de Pantin,
Dans mainte et mainte affaire,
Faisant très bon chopin.

(Winter)

— Rarement le pante met sa bougie dans son pardessus… Non ! il y a autre chose… des fois on trouve des papiers, des babillardes, et c’est là le meilleur chopin.

(Ed. Lepelletier, Les Secrets de Paris)

J’pourrais m’frusquiner en rupin,
Mais j’ai l’air baluch’ sans patente,
Et pis, va donc faire un chopin
Quand tu veux êt’ pris pour eun’ pante !

(Blédort)

Claquet

d’Hautel, 1808 : La langue lui bat comme un claquet à moulin. Se dit d’un babillard, d’un homme qui parle continuellement à tort et à travers.

Coque

d’Hautel, 1808 : Marie la Coque. Terme injurieux ; femme indiscrète et de mauvaises mœurs ; babillarde, causeuse qui néglige les affaires de son ménage.
Ce sont des contes à Marie la Coque. C’est-à dire des bavardages qui ne méritent aucune confiance.
À peine est-il sorti de la coque. Se dit par reproche à un jeune homme qui prend des airs qui ne lui conviennent pas, pour l’avertir qu’il n’est encore qu’un enfant.
Avoir un œil à la coque. Pour dire avoir l’œil meurtri, poché.

Couler

d’Hautel, 1808 : Il est coulé. Se dit d’un marchand, d’un négociant qui a mal fait ses affaires et qui a été obligé de fermer boutique.
Cela coule de source. Pour cela s’entend, c’est naturel.
Couler une chose à fond. La conclure, la terminer.
Je lui ai coulé ce mot. Pour, je lui ai glissé adroitement ce mot sans avoir l’air d’y penser.
On empêcheroit plutôt la rivière de couler, que cet homme de parler. Se dit d’un grand babillard, d’un parleur éternel.
Il nous en a coulé. Pour, il nous a dit des gasconnades, des menteries.

Delvau, 1864 : Avoir une coulante, une gonorrhée gagnée au service de la femme, parce qu’en effet le membre viril, à l’instar du suif qui coule d’une chandelle, filtre alors une chaude-pisse dans la culotte.

Ma pine encore vierge
Coula,
Ni plus ni moins qu’un cierge.
Voilà.

(Eugène Vachette)

La Rue, 1894 : Ruiner. Faire du coulage, faire perdre de l’argent au patron en travaillant mal.

France, 1907 : Faire du coulage, faire perdre de l’argent à ses maîtres ou à ses patrons.

Coureuse

d’Hautel, 1808 : Nom injurieux que l’on donne à une prostituée, à une femme qui cherche les aventures galantes.

Ansiaume, 1821 : Plume à écrire.

Prêtes-moi ta coureuse pour broder ma babillarde.

Delvau, 1864 : Femme libertine qui court volontiers après les porte-queue, soit parce qu’elle y trouve son plaisir, soit parce qu’elle y trouve son intérêt.

Une fille inconnue, qui fait le métier de coureuse.

(Molière)

Delvau, 1866 : s. f. Fille ou femme qui a plus souci de son plaisir que de sa réputation et qui hante plus les bals que les églises.

Delvau, 1866 : s. f. Plume à écrire, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Machine à coudre, — dans le jargon des voleurs.

France, 1907 : Fille ou femme de mauvaise vie.

France, 1907 : Machine à coudre.

France, 1907 : Plume à écrire. Elle court sur le papier.

Défourailler

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Tomber.

Vidocq, 1837 : v. a. — S’enfuir, s’évader.

Halbert, 1849 : Courir.

Larchey, 1865 : Sortir de prison. — Du vieux mot defors : dehors. V. Babillard.

Delvau, 1866 : v. n. Courir, — dans l’argot des voyous.

Rigaud, 1881 : Courir. — Tomber. — Sortir de prison.

La Rue, 1894 : Courir. Sortir de prison. Tomber.

France, 1907 : Courir. Sortir de prison ; du vieux mot defors, dehors.

Ah ! si j’en défouraille,
Ma largue j’entiferai ;
J’li f’rai porter fontange
Et souliers galuchés.

(Chanson de l’argot)

Du croquant fais une lessive,
Choppe-lui cornauts, douille et sive ;
Mais si tu rebouissais l’arnac,
Défouraille, t’irais dans l’lac !

(Hogier-Grison)

Discret

d’Hautel, 1808 : Il est discret comme un boulet de canon. Se dit d’un homme imprudent, babillard et léger, qui va divulguer à chacun les secrets qu’on lui a confiés.

Foncer

d’Hautel, 1808 : Il est foncé. Pour dire, il a beaucoup d’argent, il est fortune ; il peut faire face à cette entreprise.

Bras-de-Fer, 1829 / M.D., 1844 : Donner.

Larchey, 1865 : Se précipiter. — Abrév. d’enfoncer.

Trois coquins de railles sur mesigue ont foncé.

(Vidocq)

Foncer, foncer à l’appointement : Payer. — Foncer : Donner. V. Dardant. — Foncer un babillard : Adresser une pétition. V. Babillard.

Delvau, 1866 : v. n. Courir, s’abattre, se précipiter, — dans l’argot des écoliers.

Delvau, 1866 : v. n. Donner de l’argent, fournir des fonds.

S’il plaist, s’il est beau, il suffit.
S’il est prodigue de ses biens,
Que pour le plaisir et déduit
Il fonce et qu’il n’espargne rien.

trouve-t-on dans G. Coquillard, poète du XVe siècle. Les bourgeois disent, eux : Foncer à l’appointement.

Rigaud, 1881 : Payer, compter. On disait autrefois pour exprimer la même idée : Foncer à l’appointement.

C’est une coutume fort établie à Paris, où la plupart des femmes coquettes font foncer leurs maris vieux et goutteux à l’appointement, pour entretenir de jeunes godelureaux qui leur repassent le bufle.

(Le Roux, Dict. comique, 1750.)

La Rue, 1894 : Payer. Donner.

France, 1907 : Courir, se précipiter, secouer.

Et si tezig tient à sa boule,
Fonce ta largue et qu’elle aboule…

(Jean Richepin)

France, 1907 : Donner de l’argent, payer. Foncer à l’appointement est une vieille expression signifiant fournir aux dépenses de quelqu’un, subvenir à ses besoins, à son entretien. « C’est une coutume fort établie à Paris, dit Pierre J. Leroux, où la plupart des femmes coquettes font foncer leurs maris vieux et goutteux à l’appointement, pour entretenir de jeunes godelureaux qui leur repassent le buffle ; une maîtresse en fait souvent autant de son amant, qui quelquefois achète de petites faveurs fort cher. Aimez-vous une personne de quelque rang qu’elle puisse être, si vous ne foncez à l’appointement pour acheter des robes à la mode ou des bijoux, votre maîtresse vous casse net comme un verre. »
Je crois qu’il en est encore aujourd’hui comme au temps dont parle le bon Leroux.

Geler

d’Hautel, 1808 : Il gèle à pierre fendre. Pour dire il gèle fortement.
Il n’a pas le bec gelé. Se dit d’un homme qui parle continuellement ; d’un grand babillard.

Itrer

Halbert, 1849 : Avoir.

Delvau, 1866 : v. a. Avoir, — dans le même argot. C’est un verbe irrégulier. Ainsi : Ire-tu picté ce luisant ? (As-tu bu aujourd’hui ?).

Rigaud, 1881 : Avoir, posséder, — dans l’ancien argot.

La Rue, 1894 : Avoir. Posséder. Itres-tu picté, ce luisant ? As-tu bu aujourd’hui ? V. Gitrer.

France, 1907 : Avoir. Abréviation de litrer.

J’itre mouchaillé le babillard.

(Le Jargon de l’argot)

Itre-tu picté ce luisant ? (As-tu bu aujourd’hui ?)

(Idem)

Jaboteur

d’Hautel, 1808 : Babillard, parleur éternel. Terme de mépris qui se dit d’un homme léger et indiscret qui divulgue les choses les plus importantes.

Delvau, 1866 : s. m. Bavard.

France, 1907 : Bavard ; merle.

Jacasse

d’Hautel, 1808 : Une Marie jacasse. Petite fille très-babillarde, qui fait l’entendue dans tout ; une commère.

Delvau, 1866 : s. f. Femme bavarde. Se dit aussi d’un Homme bavard ou indiscret.

France, 1907 : Bavard, bavarde.

Languard

d’Hautel, 1808 : Pour, babillard, hâbleur, qui a plus de langue que d’effet.

France, 1907 : Bavard ; vieux mot.

Langue

d’Hautel, 1808 : C’est une belle chose que la langue. Se dit par mépris en parlant d’un fanfaron, d’un pédant qui, à dessein de rabaisser les autres, se vante de faire ce dont il n’est pas capable.
S’il en avoit autant sur le bout de la langue, il ne parleroit si à son aise. Voy. Bout.
Marie quatre langues. Sobriquet offensant que l’on donne à une commère, à une femme qui s’occupe sans cesse de divulguer les secrets des autres.
Il n’a pas sa langue dans sa poche. Se dit d’un homme loquace et babillard, qui manie bien l’instrument de la parole.
Une méchante langue, une langue de vipère. Celui qui dit du mal de tout le monde.
Tirer la langue d’un pied de long. Être dans la nécessité, dans l’extrême besoin.
Avoir la langue longue. Ne pouvoir garder un secret.
Mince comme la langue d’un chat. Se dit par mépris d’une chose de peu de valeur.
Il n’aura jamais assez de langue pour le restant de ses jours. Se dit d’un parleur éternel, qui babille à tort et à travers.
Avoir la langue grasse. Au figuré, tenir des propos obscènes.
Avoir la langue bien pendue. S’exprimer avec précision et facilité.
Il lui a donné du plat de la langue. Pour, il l’a enjôlé par ses beaux discours.
La langue lui a fourché. Pour, il a dit quelque chose contre son intention.
Qui langue a, à Rome va. Signifie qu’avec le don de la parole, on peut se frayer les chemins les plus difficiles.
Il a la langue bien affilée. Se dit d’un diseur de riens, d’un homme fort indiscret.
Un coup de langue est pire qu’un coup de lance. L’un est du moins souvent aussi dangereux que l’autre.
Voilà une langue qui n’a jamais menti. Plaisanterie usitée lorsqu’on sert sur table la langue de quelqu’animal.

Marie

d’Hautel, 1808 : Nom de femme auquel on ajoute souvent une épithète injurieuse.
Marie chiffon. Se dit d’une femme ou d’une fille, qui se mêle de tout ce qui ne la regarde pas ; qui fait des caquets.
Marie grognon. Se dit d’une femme ou d’une fille qui a l’humeur inégale ; qui est toujours à bouder, à grimauder.
Marie quatre langues. Bavarde, caqueteuses, mauvaise langue.
Marie bon bec. Babillarde ; commère hardie et éveillée.
Marie à la coque. Voyez Coque.
Marie mouvette. Petite fille turbulente, d’une pétulance extraordinaire, qui est toujours en mouvement.

Muet

d’Hautel, 1808 : Il n’est pas muet. Pour dire, il parle hardiment ; c’est un babillard un grand parleur.

France, 1907 : Sobriquet que l’on donnait à l’adjoint qui assistait l’examinateur aux examens de sortie de l’École polytechnique et avec lequel il s’entendait pour fixer la note de l’élève. « On avait cru trouver dans ce système, disent MM. Albert Lévy et G. Pinet, une garantie d’impartialité et de plus grande justice ; vers l’année 1870 on y renonça. » On l’appelait muet parce qu’il n’avait pas le droit de questions.

Navette

d’Hautel, 1808 : Cela fait la navette. Pour dire va et vient.
La langue lui va comme la navette d’un tisserand. Se dit d’un babillard, d’un grand parleur.

Delvau, 1864 : Le membre viril, que les femmes font aller et venir entre leurs doigts, et qui sert à filer la trame de la vie humaine.

D’un vieux je tenais la navette,
La sonde en main et la cuvette.

(Chanson)

France, 1907 : Colporteur ; argot des voleurs. Il va et vient comme une navette. Faire la navette, c’est aller et venir d’un endroit à un autre, retourner au lieu d’où on est parti.

Sera-t-il dieu, table ou cuvette ?
Pour l’empereur ou pour le roi ?
En ce moment, c’est bien son droit,
Entre les deux il fait navette.

(Gringoire)

Ognon

d’Hautel, 1808 : Pérette à l’ognon. Petite fille babillarde et inconséquente, qui fait la bégueule et la mijaurée.
Il y a de l’ognon. Locution basse et triviale, tirée d’une chanson populaire, pour, il y a quelque chose là dessous ; on trame quelque mauvaise affaire.
Il croît à la façon des ognons. Pour dire que quelqu’un épaissit et ne grandit pas.
Être vêtu comme un ognon. Se dit de quelqu’un qui porte un grand nombre d’habits les uns sur les autres.
Se mettre en rangs d’ognons. Se placer en un rang ou il y a des personnes plus considérables que soi.
Il s’est frotté les yeux avec un ognon. Se dit par ironie d’une personne peu sensible, et qui affecte de verser des larmes pour un évènement qui ne l’intéresse que faiblement.

Delvau, 1866 : s. m. Grosse montre, de forme renflée comme un bulbe, — dans l’argot du peuple, ami des mots-images. On remarquera que, contrairement à l’orthographe officielle, j’ai écrit ognon et non oignon. Pour deux raisons : la première, parce que le peuple prononce ainsi ; la seconde, parce qu’il a raison, oignon venant du latin unio. J’ai même souvent entendu prononcer union.

Parlement

d’Hautel, 1808 : C’est un parlement sans vacances. Se dit par mépris d’un homme qui ne décesse de parler, d’un grand babillard, d’un par leur éternel.

Rigaud, 1881 : Langue. — Ouvrir le parlement, faire l’ouverture du parlement, parler.

France, 1907 : Bavardage. Parlement sans vacances, bavard insupportable. Ouvrir le parlement, commencer à bavarder. « Dès que la vieille ouvre le parlement, elle n’en finit plus. »

Pépie

d’Hautel, 1808 : Petite peau blanche qui vient sur la langue des oiseaux, et qui les empêche de boire.
Avoir la pépie. Manière bachique qui signifie avoir soif de vin.
Il n’aura pas la pépie. Se dit en plaisantant d’un bon buveur, d’un homme qui boit dur et sec.
On dit aussi d’une petite babillarde, qu’Elle n’a pas la pépie.
Vulgairement, et par corruption, on prononce pipi.

France, 1907 : Soif ; argot populaire.

Perette

d’Hautel, 1808 : Perette à l’ognon. Nom que l’on donne à une petite fille indiscrète et babillarde ; ou qui s’en fait trop accroire.

Platine

d’Hautel, 1808 : Pour dire une bonne langue, une voix forte, un gosier rustique.
Il a une bonne platine. Se dit d’un grand babillard, d’un homme qui parle avec une grande volubilité et pendant long-temps ; d’un crieur public qui fait de grands efforts de voix.

Larchey, 1865 : « Il a une bonne platine, se dit d’un grand babillard. » — 1808, d’Hautel.

Delvau, 1866 : s. f. Faconde, éloquence gasconne, — dans le même argot. Avoir une fière platine. Parler longtemps ; mentir avec assurance.

Merlin, 1888 : Verve, faconde, — de l’argot parisien.

La Rue, 1894 : Faconde, bavardage.

Rossignol, 1901 : Voir grelot.

France, 1907 : Verve, facilité de parole ; argot populaire.

— Ah ! nom de Dieu ! nom de Dieu ! quelle platine… Comme c’est ça, comme c’est ça… Tu étais née pour être actrice, tu gagnerais ce que tu voudrais sur les planches… Nom de Dieu ! comme c’est bien ça, laisse-moi me déboutonner.

(René Maizeroy, Portraits parisiens)

Quartier

d’Hautel, 1808 : La gazette du quartier. Nom injurieux que l’en donne à une femme babillarde qui se mêle de toutes les affaires, qui sait toutes les nouvelles de son quartier, et qui s’amuse à les débiter aux uns et aux autres.
Il se mettroit en quatre quartiers pour le service de cet homme. Pour dire, il n’y a rien qu’il ne voulût faire pour l’obliger.
Mettre l’alarme dans tout un quartier. Y débiter de fausses nouvelles, faire courir de mauvais bruits.
Tirer quelqu’un à quartier. Pour dire à l’écart, à part.

Delvau, 1866 : s. m. Logement de trois ou quatre pièces, — dans l’argot des ouvriers qui ont été travailler en Belgique.

Rigaud, 1881 : Quartier Latin, quartier des Écoles, — dans le jargon des étudiants. — Aller au quartier. — Femme du quartier, femme qui habite le quartier Latin pour y étudier, sur le vif, l’étudiant ; ce qui lui permet d’être restaurée chez Petiau, désaltérée à la Source, amusée chez Bullier et couchée un peu partout.

France, 1907 : Logement composé de plusieurs pièces : expression importée par les ouvriers belges. En Belgique, un appartement est appelé quartier.

Question

d’Hautel, 1808 : Ce n’est pas là la question. Pour, ce n’est pas ce qui pourroit empêcher cette affaire ; cela n’y feroit rien, etc.
Il ne faut pas le mettre à la question pour savoir ses secrets. Se dit par raillerie d’un homme qui se confie avec trop de facilité, d’un babillard, d’un indiscret.

Rebabillarder

France, 1907 : Récrire, faire une nouvelle babillarde. Voir ce mot.

Robinet

d’Hautel, 1808 : On dit populairement d’un homme qui parle abondamment, d’un babillard, d’un bavard éternel, que quand une fois le robinet est lâché, il a de la peine à finir.

Toile

d’Hautel, 1808 : Il en fait comme de la toile. Pour dire, il est expéditif, très-habile à l’ouvrage ; il travaille avec ardeur ; il en fait considérablement.
Aller se mettre dans les toiles. Pour dire aller se coucher, se mettre au lit.
Il a trop de caquet, il n’aura pas ma toile. Se dit d’un babillard auquel on ne veut point avoir affaire, et par allusion, avec un conte de vieille fort connu.

Triturer une babillarde

France, 1907 : Écrire une lettre ; argot des voleurs.

Vioque

Clémens, 1840 : Vie.

Larchey, 1865 : Vieux. — Corruption de mot. — V. Flacul. Vioque : Vie.

Quelle vioque je ferais avec mon fade de carle.

(Balzac)

France, 1907 : La vie ; argot des voleurs.

France, 1907 : Vieux ; argot des voleurs.

— Il a passe une babillarde à un vioque richard de son patelin… un loufoque qui s’amène à Paris pour faire la noce et courir les mômes… il l’a connu dans le temps, en Russie ; l’ayant filé aux environs de Paris, dans le tram qui le brouettait, il a fait remettre au pantre un mot d’écrit par un homme du chemin de fer… Le vioque est à nous…

(Edmond Lepelletier, Les Secrets de Paris)

Les objets mêm’ les pus moraux
Les pus vioques, n’ont quèqu’chose qui jase
Et gn’a pas jusqu’aux becs de gaz
Qui n’ont envie d’finir poireaux !

(Jehan Rictus, Les Soliloques du Pauvre)

Voir vioc.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique