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Baite

Vidocq, 1837 : s. f. — Maison.

France, 1907 : Maison ; argot des voleurs.

Un seul sentiment t’animera,
Celui de grinchir gourdement ;
Jorne et sorgue tu poisseras,
Boucart et baite chenument.

(Commandements des voleurs)

Baïté

Larchey, 1865 : Maison, équivalent de boîte (?).

Jorne et sorgue, tu poisseras boucart et baïte chenument.

(Vidocq)

Boucard, boutogue

Larchey, 1865 : Boutique. — Le premier mot paraît une forme de boc ; le second est une corruption de Boutique. V. Baïte, Esquinteur.
Boucarniers : « Voleurs dévalisant les boutiques à l’aide d’un pégriot ou gamin voleur, qui s’y cache à l’heure de la fermeture, et qui vient leur ouvrir. » — Canler. — Vidocq les appelle Boucardiers.

Jorne

Vidocq, 1837 : s. m. — Jour.

Larchey, 1865 : Jour. — Vieux mot de langue d’oc. ; V. Roquefort. V. Baite, Poisser.

Delvau, 1866 : s. m. Jour, — dans l’argot des voleurs, qui d’ordinaire ne travaillent pas a giorno.

Rigaud, 1881 / La Rue, 1894 : Jour.

Virmaître, 1894 : Le jour (Argot des voleurs). N.

France, 1907 : Jour ; argot des voleurs, corruption de l’italien giorno. Refaite de jorne, déjeuner.

Poisser

Vidocq, 1837 : v. a. — Voler.

M.D., 1844 : Vole.

Larchey, 1865 : Voler. — Allusion aux propriétés de la poix. — Une main poissée garde volontiers ce qu’elle touche, — V. Baite, Billon, Philippe.

Delvau, 1866 : v. a. Voler. Poisser des philippes. Dérober des pièces de cinq francs.

Rigaud, 1881 : Voler. — Rattraper, prendre sa revanche, — dans le jargon des voyous. — Тoi, je t’poisserai !

La Rue, 1894 : Voler. Prendre une revanche. Être poissé, être pris.

Rossignol, 1901 : Voler, prendre. Se faire poisser est se faire arrêter.

France, 1907 : Arrêter ; voler, prendre et tenir comme avec de la poix.

— Patron, il est au clou… La rousse l’a poissé. Dans un moment le panier à salade viendra le prendre. Encore un de foutu.

(Michel Morphy)

Il fait nuit, le ciel s’opaque,
Viens-tu ? j’vas poisser l’auber…
Au bagne j’aurai une casaque !
C’est pas rigolo, l’hiver.

(Jean Richepin)

Se faire poisser, c’est se faire arrêter, se faire prendre par la police ou la gendarmerie.

I’va r’venir ; on nous l’ramène,
I’s’est fait poisser à Lyon,
On va r’constituer la scène.
Et dans la rue Champollion
On expos’ leur photographie
De fac’, de profil et d’trois quarts,
Et demain, sur les grands boul’vards,
On vendra leur biographie.

(Aristide Bruant)

Sorgue

Ansiaume, 1821 : Nuit.

Il ne faut suivre le grand trimard que de sorgue.

Raban et Saint-Hilaire, 1829 / Bras-de-Fer, 1829 : Nuit.

Vidocq, 1837 : s. — Nuit.

Clémens, 1840 : Nuit.

M.D., 1844 / M.D., 1844 : La nuit.

un détenu, 1846 : Nuit.

Halbert, 1849 : La rue.

Larchey, 1865 : Soirée, nuit. — Roquefort donne sorne avec la même signification. V. Baïte, Chenu, Billon.
Sorguer : Passer la nuit.

Content de sorguer sur la dure, va, de la bride (chaîne) je n’ai pas peur.

(Vidocq)

Delvau, 1866 : s. f. Nuit, — dans l’argot des voleurs. Les Maurice La Châtre de Poissy prétendent qu’il faut écrire Sorgne.

Rigaud, 1881 : Nuit, soir. — Sorgabon, bonsoir, bonne nuit ; qui ne vient pas du tout du basque gabon, bonsoir, comme l’a avancé V. Hugo. Sorgabon, c’est bon sorgue retourné.

La Rue, 1894 : Nuit. Sorguer, dormir.

Virmaître, 1894 : La nuit (Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 : La nuit.

Hayard, 1907 : Nuit.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique