France, 1907 : Inintelligent, illettré, ignorant dans les choses de l’art, bourgeois enfin. Dans l’ancienne Grèce, les habitants de la Béotie passaient pour être lourds et grossiers. C’est Louis Desnoyers, auteur des Béotiens de Paris, qui a popularisé ce mot.
Béotien
Mar
Larchey, 1865 : Désinence arbitraire. V. Rama.
Quant au reste de la langue, on se bornait (en 1830) à retrancher la dernière consonnance pour y substituer la syllabe mar. On disait Épicemar pour épicier, Boulangemar pour boulanger, Cafemar pour café, et ainsi de suite. C’était de l’esprit dans ce temps-là. Il est vrai que nos pères ont tous ri à se tordre en mettant le mot turlurette la fin de chaque couplet de chanson. Que signifiait mar ? Que voulait dire turlurette ? Absolument la même chose. Personne n’a jamais pu le savoir.
(Privat d’Anglemont)
Méfie-toi… Le jeune épicemar est très-fort au billard et au piquet.
(Champfleury)
Delvau, 1866 : Désinence fort à la mode vers 1830, — comme les Osages. On retranchait la dernière syllabe des mots et on y substituait ces trois lettres qui donnaient un « cachet » au langage des gens d’esprit de ce temps-là. On disait Boulangemar pour Boulanger, Épicemar pour Épicier, etc. C’était une sorte de javanais mis à la portée de tout le monde. Il en est resté malheureusement quelques éclaboussures sur notre langue. (Lire les Béotiens de Louis Desnoyers.)
Rigaud, 1881 : Désinence argotique. Perruquemar, perruquier, policemar, agent de police ; boutiquemar, boutiquier. La plupart des mots de la langue régulière qui n’ont pas d’équivalents en argot, se forment au moyen de la désinence mar, les autres au moyen des désinences much ou mince.
France, 1907 : « Désinence fort à la mode vers 1830 — comme les Osages. On retranchait la dernière syllabe des mots et on y substituait ces trois lettres, qui donnaient un « cachet » au langage des gens d’esprit de ce temps-là. On disait : boulangemar pour boulanger, épicemar pour épicier. C’était une sorte de javanais mis à la portée de tout le monde. Il en est resté malheureusement quelques éclaboussures sur notre langue. »
(Alfred Delvau)
Philistin
Larchey, 1865 : « À propos, qu’est-ce qu’un Philistin ? — Autrefois, en Grèce, il s’appelait béotien ; on le nomme cokney en Angleterre ; épicier ou Joseph Prud’homme à Paris, et les étudiants d’Allemagne lui ont conféré l’appellation de Philistin. » — Neuville.
Delvau, 1866 : s. m. Bourgeois, — dans l’argot des romantiques.
Delvau, 1866 : s. m. Vieil ouvrier abruti, — dans l’argot des tailleurs.
Rigaud, 1881 : Ouvrier abruti par la boisson, — dans le jargon des tailleurs.
Fustier, 1889 : Ouvrier tailleur.
Les ouvriers aux pièces, les plus gais, ont la qualification de philistins.
(Henri IV, 1882)
La Rue, 1894 : Bourgeois n’aimant ni les arts, ni les lettres.
France, 1907 : Terme de mépris par lequel les étudiants allemands désignent les gens étrangers aux universités, principalement les marchands, et qui est passé chez nous avec le sens d’ignorant, de bourgeois, d’étranger aux choses de l’art.
À propos, qu’est-ce qu’un philistin ? Autrefois, en Grèce, il s’appelait Béotien ; on le nomme cockney en Angleterre, épicier ou Joseph Prudhomme à Paris, et les étudiants d’Allemagne lui ont conféré l’appellation de philistin.
(L. de Neuville)
À tout prix, on ne veut pas être confondu avec un philistin ou — comme dit énergiquement l’argot moderne — aves un « mufle ». Le moindre bourgeois prétend désormais au titre de dilettante. Mais, comme il n’a pas, en ces matières difficiles, de goût spécial, de préférence personnelle, il accepte avec obéissances le dernier caprice de la mode, il répond passivement à l’appel du dernier cri, il s’embarque, sans dire « ouf » sur le dernier bateau. Bien vite, le plus ordinairement, la mode change, le cri s’éteint, le bateau fait naufrage. Qu’importe ! Le faux artiste, le snob, en est quitte pour changer d’avis, pour demander le nouveau mot d’ordre et se conformer à la consigne la plus récente.
(François Coppée)
France, 1907 : Vieil ouvrier abruti ; argot des tailleurs.
On dit, par plaisanterie, de quelqu’un qui s’appuie la mâchoire sur sa main : « Il se prépare à faire la guerre aux philistins », c’est-à-dire « Il est un âne » ; allusion à la fameuse mâchoire dont se servit Samson contre ces ennemis du peuple d’Israël et avec laquelle il en tua mille !
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