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Avaleur

d’Hautel, 1808 : Terme injurieux. On appelle ainsi celui qui prend plus d’ouvrage qu’il ne peut en faire ; qui montre une ardeur, un intérêt démesurés.
Avaleur de charrettes ferrées. Nom qu’on donne par raillerie, à un bretteur, et généralement, à ces sortes de gens qui font les redoutables et qui menacent continuellement de l’épée ceux qu’ils savent n’être pas habiles à manier cette arme.
Avaleur de pois gris. Parasite écornifleur de dîner ; pique-assiette.

Avaleur de cuivre

Merlin, 1888 : Musicien qui joue du trombone à coulisse.

Casserole

d’Hautel, 1808 : Récurer la casserole. Pour dire se purger après une maladie.

Larchey, 1865 : Personne dénonçant à la police. Il est à noter que le dénonciateur s’appelle aussi cuisinier.

Delvau, 1866 : s. f. L’hôpital du Midi, — dans l’argot des faubouriens. Passer à la casserolle. Se faire soigner par le docteur Ricord : être soumis à un traitement dépuratif énergique.

Delvau, 1866 : s. f. Mouchard, — dans le même argot [des voleurs].

Rigaud, 1881 : Étudiant de dixième année, qui n’a jamais étudié que l’absinthe et la pipe, qui a pris ses inscriptions dans tous les caboulots, qui a soutenu des thèses d’amour avec toutes les filles du quartier latin, — dans le jargon des étudiantes de 1860.

Rigaud, 1881 : Tout dénonciateur auprès de la police, homme ou femme, est une « casserole », — dans le jargon des voleurs qui prononcent de préférence caste-rôle. — C’est également le nom donné aux agents de police. Passer à casserole, se voir dénoncer.

Fustier, 1889 : Prostituée.

La casserole en argent est celle qui constitue à son amant de cœur un revenu quotidien de vingt à cinquante francs.

(Réveil, juin 1882)

La Rue, 1894 : Dénonciateur. Agent de police. L’hôpital du Midi. Prostituée.

Rossignol, 1901 : Indicateur de la police. Tout individu qui donne des indications à la police pour faire arrêter un voleur est une casserole. Dans le public, il y a une fausse légende qui dit que les marchands de vin ou de quatre saisons sont de la police et touchent deux francs par jour. Cela n’est pas ; aucune casserole n’est attachée officiellement à la police, elle est payée par l’agent (sur le visa de son chef) à qui elle a donne une indication ayant amené l’arrestation d’un voleur ; la somme varie selon l’importance de l’affaire indiquée, généralement de cinq à dix francs (plutôt cinq francs par tête). La préfecture de police n’a absolument aucun rapport avec les casseroles qui sont en général des repris de justice. La casserole des brigades politiques est certainement plus canaille que les précédentes, parce que cette casserole est souvent un ami que vous recevez à votre table et qui vous trahit ; aussi est-il appointé suivant l’importance des services qu’il peut rendre et mieux que les agents officiels ; il n’est connu que du chef de brigade avec qui il correspond et son nom est un numéro. Il touche au mois ou à la semaine sur les fonds secrets alloués ; il y en a partout, dans les salons, les ateliers et même la presse ; leurs services ne valent certes pas la dépense.

Hayard, 1907 : Mouchard.

France, 1907 : L’hôpital du Midi, à Paris : spécialement destiné aux vénériens, que l’on passe à la casserole. Passer à la casserole, c’est subir un traitement sudorifique très énergique, qu’on appelait autrefois : passer sur les réchauds de Saint-Côme.

France, 1907 : Mouchard. Se dit aussi pour prostituée. Coup de casserole, dénonciation. Oscar Méténier est l’auteur d’un drame joué en 1889, sur le Théâtre-Libre, intitulé : La Casserole. C’est aussi le nom que les escarpes donnent à une femme qui dénonce ses amants à la police.

Soudain, du tas des dormeurs, sort une brunette adorable, dix-sept ans à peine. — Voilà le type de la Casserole ! s’écrie Méténier. Approche, petite. La fille approche et se laisse retourner de tous les côtés…

(Lucien Puech)

France, 1907 : Poids creux dont se servent certains hercules forains ou ambulants.

Pauvres avaleurs de sabre, combien est ingrate leur profession ! Elle est une de celles qu’on prend le moins au sérieux et cependant elle est peut-être la seule qui ne permette pas le truquage. Le lutteur s’entend avec son adversaire qui lui prête ses épaules, le faiseur de poids travaille avec des poids creux que, dans sa langue spéciale, il appelle des poids moches, des casseroles. À l’avaleur de sabre, contrairement à l’opinion commune, toute supercherie est interdite. Le sabre à lame articulée n’existe que dans l’imagination des spectateurs, Tous ceux qu’il emploie sont d’une authenticité absolue, et il en est sûrement plus d’un parmi eux qui, avant de pénétrer dans un gosier d’une façon si inoffensive, a traversé la poitrine d’un soldat ennemi.

(Thomas Grimm, Le Petit Journal)

Cavaleur

Rossignol, 1901 : Si tous les hommes étaient comme (d’après l’histoire) a été Salomon, qui avait sept cents femmes et trois cents concubines, ils ne seraient pas des cavaleurs : ils auraient suffisamment de travail chez eux.

Charrette

d’Hautel, 1808 : Avaleur de charrettes ferrées. Matamor, gascon, hâbleur, fier-à-bras.

Ferrer

d’Hautel, 1808 : Il a la gueule ferrée. Se dit de quelqu’un qui mange très-chaud, sans en être incommodé.
Il est ferré à glace sur cette matière. Pour dire il y est extrêmement versé.
Avaleur de charettes ferrées. Voyez Avaleur.

Pois

d’Hautel, 1808 : Cela fait pousser les petits pois. Se dit des pluies bienfaisantes qui tombent dans les commencemens de mai, après quelques jours de sécheresse.
Cela n’empêche pas les petits pois de pousser. Se dit par manière d’excuse, quand on s’est permis quelque gaillardise, quelque propos badin.
Est-ce que je vous ai vendu des pois qui ne vouloient pas cuire ? Se dit à quelqu’un qui fait mauvaise mine ; qui vous traite avec humeur.
Il se remue comme trois pois dans une marmite. Se dit d’un homme qui affecte de la vivacité ; qui se donne beaucoup de mouvemens pour de très, petites choses.
On dit aussi dans le même sens, il va et vient comme pois en pot.
Un avaleur de pois gris.
Un goulu, un friand, un gros mangeur ; un fanfaron, un charlatan.
Donner un pois pour avoir une fève. Voy. Fève.

Pois gris (avaleur de)

France, 1907 : Personne de bon appétit ; expression populaire qui tire probablement son origine des charlatans qui étaient dans l’usage d’avaler avec dextérité, devant le publie, une grande quantité de ces pois.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique