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Sunt verba et voces

France, 1907 : Ce ne sont que des mots et des voix. Cette expression latine est tirée d’un pentamètre d’Horace que voici au complet :

Sunt verba et voces prætereaque nihil.

Des mots et des paroles et rien de plus ; on peut ajouter : « Autant en emporte le vent. » C’est, hélas ! le résultat de toutes les belles phrases, des redondants discours, des superbes promesses de nos législateurs à la tribune et des candidats à la législation : Du vent ! du vent !

La presse, de tous les partis, a crié haro. On parle d’une interpellation à la Chambre. Mais nous sommes de tels bavards, croyant avoir tout fait, quand nous avons tout dit. Sunt verba et voces. Beaucoup d’encre et beaucoup de salive, qui, probablement, une fois de plus, tourneront en eau de boudin et en brouet d’andouilles !

(Jean Richepin, Le Journal)

Vent

d’Hautel, 1808 : Reprendre son vent. Pour dire, reprendre haleine.
Lâcher un vent, un vent coulis. Pour commettre une incongruité ; lâcher un mauvais vent.
Autant en emporte le vent. Se dit de quelque chose dont on fait peu de cas.
Jeter la plume au vent. Aller, marcher au hasard.
Cela lui ressemble comme un moulin à vent. Se dit pour ridiculiser une comparaison qui n’est pas vraisemblable.
Il s’en est allé plus vite que le vent. Manière hyperbolique de dire, qu’un homme s’est sauvé à toutes jambes.
Mettre flamberge au vent. Ferrailler, tirer l’épée.
Il vend du vent et de la fumée. Se dit d’un charlatan qui n’a d’autre science que ses discours, et dont les remèdes sont sans efficacité.
Humer le vent. Croire indistinctement à toutes les nouvelles.

Delvau, 1866 : s. m. Ventris flatus male olens. Moulin à vents. Podex.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique