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Chevalier du lansquenet

Delvau, 1866 : s. m. Homme qui fait volontiers le pont, à n’importe quel jeu de cartes, — dans l’argot des bourgeois, qui ne sont pas fâchés de mettre au rancart certaines autres expressions sœurs aînées de celle-ci, comme Chevalier d’industrie, etc.

France, 1907 : Tricheur au jeu.

Mettre au rancart

France, 1907 : Mettre de côté.

C’est le vice capital de notre théâtre, de notre littérature romanesque, de faire consister l’existence dans un événement aussi mesquin que l’adultère. Non ! l’humanité n’est pas enserrée dans les jambes illicitement offertes d’une femme mariée et les êtres ne sont pas hypnotisés par la contemplation d’un organe placé au-dessous d’un nombril.
Il y a autre chose dans nos préoccupations que le rapport des sexes. Regardez autour de vous, interrogez-vous, lecteur, et demandez-vous si les questions du salaire, du pain quotidien, si le souci de l’avenir, l’éducation des enfants, si la santé, si même le jeu, la spéculation, l’ambition, et encore la politique, le patriotisme, la religion, si, pour quelques-uns, la littérature, l’art, si, pour le plus grand nombre, les affaires, le métier, la profession, le « business », ne tiennent pas plus de place dans l’existence, ne sont pas la « vie » cent fois plus que le déraillement conjugal dont cent auteurs, à côté de l’observation vraie et de l’humanité surprise dans sa sincérité, ont fait le pivot de toute action dramatique, le moule de toute action humaine, le ressort vital ? Quand mettrons-nous au rancart cette trop vieille catachrèse ?

(Jean de Montmartre)

Mettez au rancart, Miss, les évangiles,
Pour un idéal moins marmoréen,
Prenez pour appui des bras moins fragiles
Que les bras troués du Nazaréen.

(Gringoire)

Politicaillerie

France, 1907 : La politique.

N’est-il pas temps que le populo foute au rancart les politicailleries et s’occupe de la vraie question : du boulottage et de tout le fourbi qui s’en suit ?

(Le Père Peinard)

Poseur de lapins

France, 1907 : Individu sans scrupules qui se procure gratis ce que certaines femmes ont coutume de vendre.

Le poseur de lapins se distingue du commun des hommes en ce que, né vertueux, il aime à voir lever l’aurore. Imiter à la perfection le rude accent des princes valaques, faire sonner l’or en ses goussets exclusivement garnis de frêles cuivreries chipées soit à des garçons de bains, soit à des croupiers de tripots, exceller à enjamber, plus léger que le zéphyr lui-même, un jeune corps endormi qui lui barre le chemin : tels sont les talents de société qui le recommandent à l’attention du philosophe maquereaulogiste.

(Georges Courteline)

Lé mot s’emploie aussi dans le sens de fumiste, hâbleur, faiseur de dupes.

Pour faire un candidat potable, il faut foutre les scrupules au rancart ; il faut être hâbleur, épateur, esbrouffeur, posticheur, cajoleur, hypocrite, metteur, poseur de lapins, monteur de bateaux, marchand d’orviétan… Il faut avoir tous les cynismes, nom de dieu !

(Le Père Peinard)

Et ceci démontre à gogo
À quelle blague un Lamartine
Peut en venir quand il tartine
Et quel poseur de lapins fut Hugo !

(Émile Bergerat)

Rancart

Delvau, 1866 : v. Rencart.

Fustier, 1889 : Objet de peu de valeur.

La plupart des volumes entassés dans les caisses étaient des rancarts de librairie, des rossignols sans valeur ; des romans mort-nés…

(Huysmans, À vau l’eau)

Mettre au rancart, abandonner, jeter dans un coin. C’est le synonyme de mettre au cabinet, d’Alceste.

Rancart (mettre au)

Hayard, 1907 : Jeter ce qu’on ne veut plus, un renseignement.

France, 1907 : Mettre de côté, au rebut.

Le vieux dieu stupide et méchant de la mythologie judaïque était mis au rancart avec ses cousins, frères et pères, aussi malfaisants mais moins imbéciles, des mythologies païennes.

(Hector France, L’Avenir)

Mais, ce n’est fichtre pas une raison pour rapapilloter les bons bougres avec la séquelle des marchands d’injustice : ce n’est pas parce qu’un homme — de plus dure trempe que le plus dur acier — a su se conserver chouette dans cette pourriture, qu’il faudrait foutre au rancart la haine féconde qu’ont pour les jugeurs tous les gas l’attaque.

(Le Père Peinard)

Remise

France, 1907 : Vieille coquette bonne à mettre au rancart, en remise.

— Quel âge, la chatte ?
— Une remise. Quarante ans tapés.

(Marni, La Haute)

Vieux meuble

Delvau, 1866 : s. m. Vieillard, personne impotente, bonne à mettre au rancart de la vie.

France, 1907 : Vieillard impotent.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique