Entrez le mot à rechercher :
  Mots-clés Rechercher partout 


Pognon

M.D., 1844 : De l’argent.

Delvau, 1866 : s. m. Argent, monnaie qu’on remue à poignée, — dans l’argot des faubouriens.

Rigaud, 1881 : Argent de poche. — Pognon secret, économies, argent, caché, argent mignon.

La Rue, 1894 : Argent.

Virmaître, 1894 : Argent, monnaie. Allusion à l’argent mis à même la poche et que l’on prend à poignée. Une poignée d’argent ; de là, pognon (Argot des souteneurs).

Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Argent.

France, 1907 : Argent ; pour poignon, argot des faubouriens.

— Tu te figures que je l’aime ? Ça ne serait pas à faire, par exemple ! Seulement, je le ménage, rapport au pognon. Si tu me voyais… je suis gentille tout plein.

(L.-V. Meunier, Chair à plaisir)

Égalité, c’est beau à dire,
C’est mêm’ beau sur les monuments.
Tous égaux. Hé ! y a rien à r’dire,
Il est chouett’ not’ gouvernement.
D’vant la loi faut qu’tout l’mond’ s’incline,
Seul’ment v’là, ceux qu’a du pognon
Y s’tir’ d’affair’ ! L’pauvr’ qui turbine,
C’est lui qui garnit les prisons.

(Le Père Peinard)

Pognon être (au)

France, 1907 : Avoir de l’argent, être riche.

Quand la pauvrette eut fait ses couches, le mufle avait soupé d’elle et il la plaqua.
Un moment, il avait eu envie de « régulariser sa situation », mais sa famille, qui était au pognon, n’eut pas de peine à faire comprendre au bourgeoisillon qu’on prend une ouvrière pour s’amuser, — histoire de jeter sa gourme — mais non pour le conjugo.

Pour le mariage, c’est pas le caractère et les sympathies qu’il faut assortir : c’est les sacs d’écus !

(Le Père Peinard)

Quand viendra le jour ousque les anarchisses
Auront pris le pognon des capitalisses,
Les capitalisses deviendront anarchos
Et les anarchiss’s auront des capitaux.

(Jules Jouy)

Soliceur, soliceuse

France, 1907 : Marchand, marchande. Soliceur à la goure, marchand voleur. Soliceur de lacets, gendarme. Soliceur de lofitudes, journaliste. Soliceur à la pogne, camelot qui vend des objets qu’il tient à la main sur la voie publique. Soliceur au pognon, banquier. Soliceur de tif, escroc qui se fait donner un compte sur une marchandise fictive.

Taper au pognon

France, 1907 : Demander de l’argent.

Et pis là, tu tap’ au pognon,
Ceux qui s’laiss’ empiler sans s’cousse,
On les appell’ mon p’tit mignon,
On les dégringole à la douce.

(Aristide Bruant)


Argot classique, le livre • Telegram

Dictionnaire d’argot classique