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Au plan

Halbert, 1849 : En prison.

Judas

d’Hautel, 1808 : Traître comme Judas. Se dit d’un hypocrite, d’un homme perfide, qui vous trahit en secret.
Un baiser de Judas. Fausses caresses, trahisons.
Bran de Judas. Pour, taches de rousseur qui viennent au visage.
Avoir un poil de Judas. Pour, avoir le poil roux ardent.

Delvau, 1866 : s. m. Petite ouverture au plancher d’une chambre située au-dessus d’une boutique, et qui trahit ainsi la présence d’un étranger dans celle-ci. Les judas parisiens sont les cousins germains des espions belges et suisses.

Delvau, 1866 : s. m. Traître ; homme dont il faut se méfier, — dans l’argot du peuple, chez qui est toujours vivante la tradition de l’infamie d’Iscariote. Baiser de Judas. Baiser qui manque de sincérité. Barbe de Judas. Barbe rouge. Bran de Judas. Taches de rousseur. Le point de Judas. Le nombre 13.

Manger le morceau

Ansiaume, 1821 : Révéler un crime.

S’il mange le morceau, je serai butté.

Bras-de-Fer, 1829 : Dénoncer.

Vidocq, 1837 : v. a. — Révéler un crime ou un délit.

Delvau, 1866 : v. a. Faire des révélations, nommer ses complices, — dans l’argot des voleurs. On dit aussi Casser le morceau.

Delvau, 1866 : v. a. Trahir un secret ; ébruiter trop tôt une affaire, — dans l’argot du peuple.

Virmaître, 1894 : Dénoncer ses complices, ou avouer ses méfaits (Argot des voleurs). V. Mouton.

Rossignol, 1901 : Aveux faits par un voleur qui fait connaître ses complices. Il a mangé le morceau.

Hayard, 1907 : Dénoncer ses complices.

France, 1907 : Dénoncer, faire des révélations ; argot des voleurs.

Le morceau tu ne mangeras
De crainte de tomber au plan.

(Commandements des voleurs)

— Comment ! s’écria la femme, voudras-tu manger le morceau ? Ah ! Joseph, quelle réputation tu vas laisser à nos enfants !

(Marc Mario et Louis Launay, Vidocq)

À la sollicitude dont le Parquet l’entoure, il est bien évident qu’on essaie de la récompenser du service qu’elle lui a rendu en mangeant le morceau.

(Henri Rochefort)

On dit aussi manger du lard.

Manger, manger le morceau

Larchey, 1865 : Dénoncer, avouer.

Le morceau tu ne mangeras de crainte de tomber au plan… — Paumé tu ne mangeras dans le taffe du gerbement.

(Vidocq)

Morceau (manger, casser, avaler le)

France, 1907 : Dénoncer.

Il n’y a pas à s’illusionner, la rousse trouve toujours moyen de se faufiler dans les conciliabules les plus secrets, ou, à son défaut, il se trouve un sale cochon pour casser le morceau.

(La Sociale)

De morceau tu ne mangeras
De crainte de tomber au plan.

(Vidocq)

Plan

d’Hautel, 1808 : Mettre quelque chose en plan. Pour dire mettre un habit, un bijou, un effet quelconque en gage, lorsqu’on a fait de la dépense en un lieu et que l’on n’a pas de quoi payer.

Clémens, 1840 : Étui à l’usage des voleurs.

un détenu, 1846 : Prison. Être au plan : emprisonné ; cachette, Mont-de-Piété.

Halbert, 1849 : Prison, cachot.

Delvau, 1866 : s. m. Arrêts, — dans l’argot des soldats. Être au plan. Être consigné.

Delvau, 1866 : s. m. Le Mont-de-Piété, — dans l’argot des faubouriens. Être en plan. Rester comme otage chez un restaurateur, pendant qu’un ami est à la recherche de l’argent nécessaire à l’acquit de la note. Laisser en plan. Abandonner, quitter brusquement quelqu’un, l’oublier, après lui avoir promis de revenir. Laisser tout en plan. Interrompre toutes ses occupations pour s’occuper d’autre chose.

Delvau, 1866 : s. m. Moyen, imagination, ficelle, — dans l’argot des faubouriens. Tirer un plan. Imaginer quelque chose pour sortir d’embarras. Il n’y a pas plan. Il n’y a pas moyen de faire telle chose.

Delvau, 1866 : s. m. Prison, — dans l’argot des voleurs. Être au plan. Être en prison. Tomber au plan. Se faire arrêter.

Quoi tu voudrais que je grinchisse
Sans traquer de tomber au plan ?

dit une chanson publiée par le National de 1835.

Rigaud, 1881 : Mont-de-Piété. Mot à mot : la planche où sont les objets laissés en nantissement. — Mettre au plan, engager au Mont-de-Piété ou ailleurs.

M’man, j’ai mis ma veste au plan hier soir.

(Gavarni)

Rigaud, 1881 : Moyen. Il y a plan, il n’y a pas plan ; expression dont se servent beaucoup d’ouvriers lorsqu’ils vont demander de l’ouvrage. — Patron, est-ce qu’il y a plan ? Mot à mot : est-ce qu’il y a moyen de travailler chez vous ?

Oui, il n’y a pas plan, murmurait Céline.

(Huysmans, les Sœurs Vatard)

Rigaud, 1881 : Prison. — Hospice des Enfants-Trouvés.

La Rue, 1894 : Le Mont-de piété. Prison. Abandon. Moyen : il n’y a pas plan. Étui à l’usage des voleurs.

Virmaître, 1894 : Le Mont-de-Piété. Allusion à la planche sur laquelle on emmagasine les effets engagés (Argot du peuple).

Virmaître, 1894 : Prison.
— Je tire dix berges de plan.
Tomber en plan :
se faire arrêter.
Être en plan : rester en gage pour un écot.
Laisser sa femme en plan c’est synonyme de la lâcher (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Mont-de-piété.

Rossignol, 1901 : Prison.

France, 1907 : Étui ou les voleurs mettent leurs pinces, limes et autres outils d’effraction.

France, 1907 : Mont-de-piété ; maison de prêteur sur gage. Mettre sa montre en plan.

Antoinette n’avait que deux partis à prendre si elle ne voulait pas souper en dansant devant le buffet : courir chez le gros major ou mettre sa bague ou plan. Elle préféra courir chez le gros major.

(Les Propos du Commandeur)

France, 1907 : Possibilité. « Peut-on arriver au cœur de Jeannette ? — Oui, il y a plan… en casquant. » Tirer des plans, imaginer quelque chose, chercher un biais.

France, 1907 : Prison. Plan de couillé, temps de prison fait pour un autre ; mot à mot : prison de niais, de couillon ; argot des voleurs. Être mis au plan, être emprisonné.

Plan (se mettre au)

Ansiaume, 1821 : Se cacher.

Je me mettois au plan le reluis et je décarrois à la sorgue.

Sauter

d’Hautel, 1808 : Faire sauter les miettes. Manger avec un grand appétit, avec avidité, mettre les morceaux doubles.
Reculer pour mieux sauter. Temporiser, éviter momentanément un malheur qu’on ne peut fuir, et dont tôt ou tard on doit être victime.
Cela le fera sauter au plancher, le fera sauter comme un crapaud. Pour exprimer le mécontentement que quelqu’un manifestera, en apprenant une nouvelle.
Faire sauter quelqu’un. Pour dire le supplanter, lui ravir son emploi, ou le bénéfice qu’il attendoit ; son salaire.

anon., 1827 : v. a. Voler.

anon., 1827 : v. n. Puer.

Bras-de-Fer, 1829 : v. a. Voler.

Bras-de-Fer, 1829 : v. n. Puer.

Vidocq, 1837 : v. a. — Cacher à ses camarades une partie du vol qui vient d’être commis. Lorsque les voleurs se disposent à commettre un vol d’une certaine importance, ceux d’entre eux qui doivent rester en gafe, c’est-à-dire veiller, afin que ceux qui opèrent ne soient pas inquiétés, doivent craindre que ceux qui entolent (qui entrent), ne gardent pour eux la plus grande partie des objets précieux ; aussi ils se fouillent mutuellement après la consommation du vol, quelquefois cependant des billets de banque, des pierres précieuses, cachés dans le collet d’un habit ou dans quelqu’autre lieu secret, échappent aux plus minutieuses recherches ; c’est ce que les voleurs appellent faire le Saut.
Un vol, indiqué par la femme de chambre, devait être commis dans une maison sise place des Italiens. ; les voleurs convinrent entre eux que pour que l’esgard ne fût pas fait, les vêtemens de tous les opérateurs seraient brûlés aussitôt après la consommation du vol, ce qui fut exécuté ; cependant un individu nommé Dubois, ancien marinier, esgara vingt billets de 1,000 francs, en les cachant dans sa queue.
On a vu souvent des Tireurs voler une montre d’or et ne passer au Coqueur qu’une montre de crisocal.

Halbert, 1849 : v. a. Voler.

Halbert, 1849 : v. n. Puer.

Larchey, 1865 : Cacher un produit de vol à ses complices. — Sauter à la capahut : Assassiner un complice pour enlever sa part (Vidocq). V. Capahuter, Pas.
Sauterelle : Puce (id.). — Ses sauts sont connus.

Delvau, 1866 : v. n. Cacher le produit d’un vol à ses complices, — dans l’argot des prisons. Sauter à la capahut. Assassiner un complice pour lui enlever son fade.

Rigaud, 1881 : Sentir mauvais.

France, 1907 : Coïter.

France, 1907 : Sentir mauvais, augmentatif de danser.

Talonnière

France, 1907 : Morceau de bois, petit banc ou bûche que, dans les ateliers de peinture, l’on place sous le pied du modèle.

S’il pose assis, il se trouve mal à l’aise sur son fauteuil et fait de son coussin le sujet d’une enquête de commodo et incommodo ; si son bras est soutenu en l’air par une corde qu’un anneau retient au plancher, il se plaint qu’elle lui meurtrit outrageusement le poignet ; si l’on a placé sous son pied une bûche appelée talonnière pour lui tenir la jambe en raccourci, il gémit du contact de l’écorce raboteuse avec son orteil. Ficelles !

(É. de La Bédollière, Le Modèle)

Tomber au plan

Larchey, 1865 : Être mis en prison.

Tu voudrais que je grinchisse sans tracquer de tomber au plan.

(Vidocq)

V. Manger.

Tracquer

Delvau, 1866 : v. n. Avoir peur.

France, 1907 : Avoir peur, avoir le trac ; argot des voleurs.

Quoi ! tu voudrais que je grinchisse
Sans tracquer de tomber au plan,
J’doute qu’à grincher on s’enrichisse,
J’aime mieux gouéper, c’est du flan,
Viens donc remoucher nos domaines,
De nos fours goûter la chaleur,
Crois-moi, balance tes alènes ;
Fais-toi gouêpeur !

(Vidocq)

Vague (coup de)

Larchey, 1865 : Vol à la flan. Son auteur est dans le vague sur le butin qu’il en pourra tirer.

Un soir que j’étais dans la débine. Un coup de vague il me fallut donner. Pour travailler j’mis au plan ma rondine, Et mes outils nous fûmes les déplanquer.

(Bailly)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique