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Boulotage

Vidocq, 1837 : s. f. — Assistance.

Brigadier de l’amour (le)

Delvau, 1864 : Le doigt médium, — à cause de l’assistance qu’il prête aux amants dans les jeux libertins, puisque c’est avec lui qu’on branle une femme.

Quand amour perd de sa flamme,
Ce doigt la réveille en vous ;
Lorsqu’aussi près d’une dame
Le dieu cueille un beau laurier
Ce doigt est son brigadier.

(Chansons anonymes modernes)

Contre-temps

Delvau, 1864 : Fiasco amoureux.

À l’amant vieux et blême
Que tourmente Vénus,
Qui dit encor qu’il aime
Et ne le prouve plus.
Tu promets assistance
Contre les contre-temps.

(Collé)

Dépot

France, 1907 : Prison située sous le Palais de Justice, enclavée derrière les tourelles de la Conciergerie, dans le massif d’édifices qui comporte la cour d’appel, le tribunal, les greffes, le parquet, la cour de cassation, la cour d’assises, et les services annexes de l’instruction, du petit parquet, de la préfecture de police, de la souricière, des archives, de l’assistance judiciaire, du bureau des amendes et des criées ; enfin, occupant tout le vaste quadrilatère du boulevard du Palais, du quai des Orfèvres, de la place Dauphine, du quai de l’Horloge, qu’on nommait jadis le quai des Morfondus.
On y conduit par le panier à salade toutes les personnes arrêtées par les agents. « C’est, dit Charles Virmaître, un lieu infect, indigne de notre époque, en raison de la promiscuité des détenus et de l’absence d’air et de lumière. Ce n’est pas dépôt que l’on devrait dire, mais dépotoir, car il y passe annuellement 67,000 individus, environ 13.000 vagabonds et 22,000 filles publiques. »

Faire la belle

France, 1907 : Jouer la dernière partie, la décisive.
Cette expression date du temps de la chevalerie. Dans un tournoi, deux chevaliers vainqueurs dans plusieurs rencontres devaient lutter l’un contre l’autre. Cette épreuve se nommait la belle, parce que le vainqueur définitif recevait le prix de la main d’une dame désignée comme la plus belle de l’assistance.

Faire le diable à quatre

France, 1907 : Faire beaucoup de bruit.
Cette locution nous vient des mystères, pièces à dévotion et à effet que l’on représentait au moyen âge pendant certaines fêtes de l’année, surtout à Noël, à Pâques et à l’Épiphanie. Dieu le père et le fils, la Vierge, les apôtres, les saints paraissaient successivement sur la scène et naturellement les diables aussi. Afin d’impressionner davantage l’assistance et d’effrayer les pécheurs endurcis, ils faisaient un bruit affreux, poussaient des hurlements, en brandissant des torches enflammées et courant dans tous les sens. Mais comme cela exigeait une certaine dépense de soufre, d’étoupe et de masques, on les ménageait, c’est-à-dire que d’ordinaire il ne paraissait qu’un diable ou deux au plus sur la scène ; mais aux jours de grandes représentations on poussait le luxe jusqu’à quatre diables. C’était la grande diablerie et le tumulte et le tapage étaient tels que la chose devint proverbiale. On disait : Il fait du bruit comme dans une pièce à quatre diables, une diablerie à quatre, puis enfin diable à quatre.

Mariage à la détrempe

Delvau, 1866 : s. m. Union morganatique, — dans l’argot des ouvriers. « Nos bons amis nos ennemis » ont une expression de la même famille : Wife in water colours (femme à l’aquarelle, en détrempe), disent-ils à propos d’une concubine.

Virmaître, 1894 : Mariage à la colle. Quand elle est trop détrempée, le papier ne tient pas. Autrefois, avant l’annexion de la banlieue à Paris, on disait :
— Ils sont mariés au treizième arrondissement.
Parce qu’il n’y en avait que douze.
Aujourd’hui on dit au vingt et unième, parce qu’il n’y en a que vingt (Argot du peuple). N.

France, 1907 : Faux mariage. Cohabitation sans l’assistance du maire ou du curé. Cette expression est venue sans nul doute du manque de consistance de ces sortes d’union. Les Anglais ont la même expression : Femme à l’aquarelle (Wife in water-colours).
On dit aussi pour indiquer un mariage sans curé ou maire : Passer devant — ou derrière — la mairie.

Mistouflier

France, 1907 : Malheureux, misérable.

Cette garce d’Assistance publique a été remise sur le tapis…
On lui en a envoyé de toutes les couleurs : on lui a seriné qu’en fait de secours elle n’en aboule qu’aux amis recommandés — et qui n’en ont pas besoin — et, qu’à bien voir, les seuls types réellement assistés sont les gratte-papiers et toute la kyrielle d’employés de son administration ; on lui a prouvé qu’au lieu d’empêcher les mistoufliers de crever la faim et au lieu de soigner les malades elle prend plaisir à voir pâtir et crampser les uns et les autres.

(Le Père Peinard)

Si nous sommes mistoufliers en diable, c’est que nous turbinons de trop : on s’abrutit et on n’a plus la force de foutre un pain aux salopiots de la haute qui vous manquent de respect.

(Le Père Peinard)

Ouvrir son robinet

France, 1907 : Commencer à parler. Se dit d’une personne à l’intarissable bagout, dont les paroles coulent de la bouche comme l’eau d’une fontaine.

— Bon, la voilà qui ouvre son robinet ! Nous n’avons pas fini, nous allons entendre l’assistance ronfler !

(Les propos du Commandeur)

Pagne

Vidocq, 1837 : s. m. — Assistance que les voleurs reçoivent de leurs camarades lorsqu’ils sont prisonniers.

un détenu, 1846 : Assistance, secours que se portent les voleurs entre eux.

Larchey, 1865 : Secours envoyé à un détenu par un ami. (Vidocq).

Delvau, 1866 : s. m. Provisions que le malade ou le prisonnier reçoit du dehors et qu’on lui porte ordinairement dans un panier. Argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Don en argent ou en nature fait à un détenu.

Rigaud, 1881 : Lit, — dans le jargon des voyous.

La Rue, 1894 : Lit. Don fait à un détenu, argent ou provisions.

Virmaître, 1894 : Lit. Allusion au pagne qui entoure la taille des sauvages ; les draps cachent également la nudité de l’homme et de la femme (Argot du peuple). N.

Virmaître, 1894 : Provision.

On n’les but’plus, car c’est un mauvais flanche,
Y en a toujours qui sont paumés marrons,
Mais sans r’niffler, pour eux on fait la manche,
On leur envoie le pagne au violon.
(Argot des voleurs).

Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Lit.

France, 1907 : Lit. Abréviation de panier ; le pagne à puces. Voir Paillot.

Pendant qu’t’étais à la campagne
En train d’te fair’ cautériser,
Au lieur ed’ rester dans mon pagne,
Moi, j’m’ai mis à dévaliser ;
Mais un jour, dans la rue d’Provence,
J’me suis fait fair’ marron su l’tas,
Et maint’nant j’tir’ de la prévence ME
À Mazas.

(Aristide Bruant, Dans la Rue)

France, 1907 : Provisions ; de l’italien pagnotta, pain.

— J’ai un bon cœur ; tu l’as vu lorsque je lui portais le pagne à la Force.

(Mémoires de Vidocq)

C’est aussi, par extension, un prêt d’argent à un voleur arrêté.

Parigot

Fustier, 1889 : « C’est le surnom qu’on donne à la campagne au malheureux enfant de Paris, placé par l’Assistance publique. »

(Bibliothèque universelle, novembre 1887)

Mme de Pressensé a écrit une nouvelle qui a pour titre : Parigot.

La Rue, 1894 : Parisien, dans l’argot des paysans.

Passe

Bras-de-Fer, 1829 : Peine de mort.

Delvau, 1864 : Passade intéressée, côté des dames. Faire une passe. Amener un homme galant dans une maison qui reçoit aussi les filles — galantes.

Larchey, 1865 : Guillotine. V. Gerber. — Allusion à la passe de la fatale lunette. — Passe-crick : Passe-port (Vidocq).Passe-lance : Bateau (id.) V. Lance. — Passe-singe : Roué (id.), homme dépassant un singe en malice.

Delvau, 1866 : s. f. « Échange de deux fantaisies », dont l’une intéressée. Argot des filles. Maison de passe. Prostibulum d’un numéro moins gros que les autres. M. Béraud en parle à propos de la fille à parties : « Si elle se fait suivre, dit-il, par sa tournure élégante ou par un coup d’œil furtif, on la voit suivant son chemin, les yeux baissés, le maintien modeste ; rien ne décèle sa vie déréglée. Elle s’arrête à la porte d’une maison ordinairement de belle apparence ; là elle attend son monsieur, elle s’explique ouvertement avec lui, et, s’il entre dans ses vues, il est introduit dans un appartement élégant ou même riche, où l’on ne rencontre ordinairement que la dame de la maison ». Faire une passe. Amener un noble inconnu dans cette maison « de belle apparence ».

Delvau, 1866 : s. f. Guillotine, — dans l’argot des voleurs. Être gerbé à la passe. Être condamné à mort.

Delvau, 1866 : s. f. Situation bonne ou mauvaise, — dans l’argot du peuple.

Rigaud, 1881 : Guillotine, — dans l’ancien argot. — Gerber à la passe, guillotiner ; c’est le passage de la vie à la mort.

Rigaud, 1881 : Secours, assistance, — dans le jargon des voleurs. Donner la passe, faire la passe, secourir.

Rigaud, 1881 : Série de coups heureux, — dans le jargon des joueurs. J’ai eu une passe de dix.

La Rue, 1894 : Secours. Assistance. Guillotine.

France, 1907 : Condamnation à mort ; argot des voleurs ; de passe, situation pénible.

France, 1907 : Court passage.

La vie d’Henri Rochefort est assez connue. Il est homme public, comme on est femme publique, c’est-à-dire que, sans avoir fait jamais partie fixement d’aucun monde gouvernemental — rien que des passes — il est de tous les mondes gouvernementaux. Une de ses stupeurs doit être d’avoir été un instant on vrai membre du gouvernement de la Défense nationale.

(Paul Buguet, Le Parti ouvrier)

France, 1907 : Moment qu’un monsieur passe avec une racoleuse ou dame de maison démesurément numérotée. Le prix de la passe varie suivant les établissements.

Non… vrai… ces chos’s-là, ça m’dépasse !
Faut-i’ qu’eun’ gouzess soy’ paquet
D’prendre un france cinquant’ pour eun’ passe,
Quand a’ peut d’mander larant’quet… !
Ah ! faut vraiment qu’a soy’ pas fière !…
Moi, quand ej’vois des tas d’homm’s saouls
Qui veul’nt pas donner plus d’trent’ sous,
Ej’les envoye à la barrière.

(Aristide Bruant, Dans la Rue)

Chez la vicomtesse de Santa-Grua, la conversation, fort animée, roule sur l’hypnotisme.
Un jeune avocat, hypnotiseur fameux à ses moments perdus, dit qu’il lui a suffit de deux passes pour endormir une demoiselle.
— Juste ce qu’il faut pour réveiller la vicomtesse, réplique Taupin, toujours galant.

France, 1907 : Permis de passage gratuit.

Passer devant la mairie

Delvau, 1866 : v. n. Se marier sans l’assistance du maire et du curé, — dans l’argot du peuple.

France, 1907 : Se marier sans l’assistance du maire ni du curé. « Que de couples à Paris passent devant la mairie, et ça ne fait pas les plus mauvais ménages ! » On disait, avant adjonction de la banlieue, se marier au treizième arrondissement, Paris n’en ayant alors que douze.

Romanichels

Larchey, 1865 : « Voleurs exploitant l’Europe entière sous les allures de marchands forains. Ils se marient entre eux, voyagent constamment et se prêtent assistance en cas d’arrestation. » — Canler.

Scientiste

France, 1907 : Membre d’une secte religieuse de la Grande-Bretagne qui refuse, en cas de maladie, toute assistance médicale.
Les scientistes se placent au point de vue de la religion pure, du respect absolu de la volonté divine, et soutiennent que c’est un péché de se servir de médicaments pour guérir les maux dont notre pauvre humanité est accablée ; ils ont fondé de nombreuses associations dans toutes les villes, et les adeptes, hommes et femmes, moyennant une guinée par semaine, s’installent au chevet des malades pour les garder de l’approche des médecins.
Comme bien on le pense, ceux-ci ne sont pas satisfaits de la guerre acharnée que leur font les scientistes.
On appelle aussi les scientistes, en anglais, « peculiar people », singulières gens.

Tournée

Larchey, 1865 : Pile, correction faisant tourner et retourner la victime.

Après, je donne une tournée à la Chouette. Je tiens à ca.

(E. Sue)

Danse et Walse offrent la même image.

Larchey, 1865 : Rasade offerte à l’assistance devant le comptoir du marchand de vins. — La tournée est une rasade qui fait le tour de la compagnie assemblée. On a voulu y voir une allusion à la petite roue qui offre aux buveurs le moyen de jouer leur consommation sans quitter le comptoir du marchand de vins. mais alors le terme offrir ou payer une prochaine tournée, qui est fort usité, serait un non sens. ce qui se joue ne peut s’offrir.

il offre une tournée au café Robert.

(Monselet)

Delvau, 1866 : s. f. Coups reçus ou donnés. Payer une tournée. Battre.

Delvau, 1866 : s. f. Rasade offerte sur le comptoir du marchand de vin, — dans l’argot du peuple. Offrir une tournée. Payer à boire.

Rigaud, 1881 : Politesse à coups de canon sur le comptoir du marchand de vin. Chaque camarade offre, à son tour, à la société, la consommation ; c’est ce qui constitue le tour ou tournée ; puis la tournée recommence. D’autres fois elle se joue au tourniquet. Certaines tournées du lundi, inaugurées à neuf heures du matin, ne sont pas terminées à une heure. — Tournée du mastroquet, le moment où le mastroquet s’exécute à son tour.

France, 1907 : Consommation offerte à plusieurs.

Oui… elle attend tout le monde : aux arrivants elle sourit, avec l’espoir qu’on lui offrira une tournée de la liqueur dorée qui miroite dans les flacons étagés au-dessus du comptoir. Si on lui parle, elle essaie de fixer son regard hébété sur son interlocuteur : ses lèvres ébauchent un sourire qu’elle veut rendre gracieux, et de sa voix trainante, enrouée et presque éteinte, elle murmure la même phrase stéréotypée dans sa bouche : « T’es bien gentil, paie-moi un verre de cognac. »

(G. Macé, Un Joli Monde)

France, 1907 : Raclée.

Un jour, exaspéré, Jean, voyant que le calme et la douceur n’amenaient aucun résultat, flanqua très carrément une gifle à sa femme, puis, comme elle s’obstinait, il réédita et, finalement, lui servit ce qu’en langage vulgaire on nomme une tournée.

(Henri Germain)

Trouducuisme

France, 1907 : Sottise, préjugés.

Mais s’il fallait poursuivre tous ceux qui nous charcutent et nous tuent, parce que les opérations leur sont cher payées, que de gloires de la médecine s’en iraient au bagne !… M. Troimaux voulait une condamnation. Il n’ignore pas que les jurés, cerveaux bourrés de trouducuisme bourgeois, lisent les quotidiens, leur demandent la lumière qui ne jaillit point en leurs crânes ténébreuxs : il a suggéré à ces inconscients le verdict qui fit hurler l’assistance.

(Le Don Juan)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique