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Armoire à glace

Rigaud, 1881 : Quatre d’un jeu de cartes.

Virmaître, 1894 : Sac du troupier (Argot du troupier). V. As de carreau.

As de carreau

Larchey, 1865 : Havre-sac d’infanterie. — Allusion à sa forme carrée.

Troquer mon carnier culotté contre l’as de carreau ou l’azor du troupier.

(La Cassagne)

Delvau, 1866 : s. m. Le ruban de la Légion d’honneur, — dans l’argot des voleurs, qui font allusion à la couleur de cette décoration.

Delvau, 1866 : s. m. Le sac du troupier, à cause de sa forme. On l’appelle aussi Azor, — à cause de la peau de chien qui le recouvre.

Rigaud, 1881 : Ruban de la Légion d’honneur. — Sac de soldat d’infanterie.

Merlin, 1888 : Havresac ; placé dans un certain sens, il affecte la forme d’un losange, qui est aussi celle de l’as de carreau. Il en avait également jadis la couleur, alors qu’il était fait d’une peau de veau garnie de son poil.

Virmaître, 1894 : Sac du fantassin (Argot du troupier). V. Armoire à glace.

Hayard, 1907 : Sac de soldat.

France, 1907 : Le sac du troupier, à cause de sa forme carrée et de sa couleur. On dit aussi Azor, parce qu’il est en peau de chien. Le ruban de la Légion d’honneur, qu’on appelait aussi autrefois tablette de chocolat.

As de carreau dans le dos (avoir l’)

Rigaud, 1881 : Être bossu, — dans l’argot du régiment.

Azor

Larchey, 1865 : Sac d’infanterie. Son pelage lui a fait donner ce nom de chien. — Un fantassin en route dit qu’il part à cheval sur Azor.

Le mauvais drôle avait vendu son havre-sac, qu’il appelait son Azor.

(Vidal, 1833)

Appeler Azor : Siffler un acteur comme un chien.

Dites donc, mame Saint-Phar, il me semble qu’on appelle Azor.

(Couailhac)

Delvau, 1866 : s. m. Nom de chien qui est devenu celui de tous les chiens, — dans le même argot [du peuple]. V. Appeler Azor.

Merlin, 1888 : Autre dénomination du havresac, fait de peau et assimilé plaisamment à un chien. Lorsqu’un troupier recevait son congé de libération, il n’était pas rare autrefois de le voir sortir de la caserne, tenant Azor en laisse, c’est-à-dire traînant à terre son sac attaché à la grande courroie, en signe de parfaite indépendance.

Virmaître, 1894 : V. As de carreau.

Rossignol, 1901 : Havresac de militaire.

France, 1907 : Chien, nommé ainsi, dit Lorédan Larchey, depuis le succès d’un opéra de Grétry : Zémire et Azor. Appeler Azor, siffler un acteur.

France, 1907 : Sac des troupiers, appelé ainsi parce qu’il est en peau de chien.

Je tendis la main au vieillard avec effusion reconnaissante, et je lui dis : « Vous avez été soldat ? — Pendant vingt-cinq ans, mon lieutenant, fit-il, en Afrique, au huitième de l’arme, et malgré ma soixantaine, si je n’étais pas perclus de rhumatismes, croyez bien que j’aurais repris Azor et le flingot pour cogner sur les Prussiens… Je les hais… Je voudrais pouvoir les détruire, comme la vermine, les uns après les autres… »

(René Maizeroy)

À cheval sur Azor, sac au dos. Tenir Azor en laisse, tenir son sac par la courroie.

Poils (armoire à)

France, 1907 : Sac des soldats d’infanterie, appelé aussi as de carreau à cause de sa forme, azor à cause de sa peau. Les servants d’artillerie portent aussi l’armoire à poils.

Le servant, qui est à pied, est chargé spécialement du service des pièces. Outre cela, on l’emploie au travail du polygone et à la corvée de quartier. Il est armé de la carabine Chassepot transformée et du sabre-baïonnette et porte l’armoire comme un fantassin. Sa paye est de dix sous.

(A. Foubert, Le 39e d’artillerie)

Rouleur

Larchey, 1865 : « Ses fonctions consistent à présenter les ouvriers aux maîtres qui veulent les embaucher et à consacrer leur engagement. C’est lui qui accompagne les partants jusqu’à la sortie des villes. »

(G. Sand)

De rouler : voyager.

Larchey, 1865 : Trompeur.

Cela ne serait pas bien : nos courtiers passeraient pour des rouleurs.

(Lynol)

De rouler : vaincre.

Delvau, 1866 : s. m. Chiffonnier.

Delvau, 1866 : s. m. Compagnon du tour de France chargé de présenter les ouvriers aux maîtres et de consacrer leur engagement.

Delvau, 1866 : s. m. Vagabond, homme suspect.

Rigaud, 1881 : Vagabond doublé d’un filou. — Parasite effronté. — Individu de mauvaise mine et étranger à la localité, — dans le jargon des paysans de la banlieue de Paris. Le mot a été emprunté au jargon des pâtissiers.

En terme de métier, celui qui ne reste pas longtemps dans la même maison s’appelle rouleur.

(P. Vinçard, Les Ouvriers de Paris)

Boutmy, 1883 : s. m. Ouvrier typographe qui roule d’imprimerie en imprimerie sans rester dans aucune, et qui, par suite de son inconduite et de sa paresse, est plutôt un mendiant qu’un ouvrier. Aucune corporation, croyons-nous, ne possède un type aussi fertile en singularités que celui dont nous allons essayer d’esquisser les principaux traits. Les rouleurs sont les juifs errants de la typographie, ou plutôt ils constituent cet ordre mendiant qui, ennemi juré de tout travail, trouve que vivre aux crochets d’autrui est la chose la plus naturelle du monde. Il en est même qui considèrent comme leur étant due la caristade que leur alloue la commisération. Nous ne leur assimilons pas, bien entendu, les camarades besogneux dont le dénuement ne peut être attribué à leur faute : à ceux-ci, chacun a le devoir de venir en aide, dignes qu’ils sont du plus grand intérêt. Les rouleurs peuvent se diviser en deux catégories : ceux qui travaillent rarement, et ceux qui ne travaillent jamais. Des premiers nous dirons peu de chose : leur tempérament ne saurait leur permettre un long séjour dans la même maison ; mais enfin ils ne cherchent pas de préférence, pour offrir leurs services, les imprimeries où ils sont certains de ne pas être embauchés. Si l’on a besoin de monde là où ils se présentent, c’est une déveine, mais ils subissent la malchance sans trop récriminer. De plus, détail caractéristique, ils ont un saint-jean, ils sont possesseurs d’un peu de linge et comptent jusqu’à deux ou trois mouchoirs de rechange. Afin que leur bagage ne soit pour eux un trop grand embarras dans leurs pérégrinations réitérées, ils le portent sur le dos au moyen de ficelles, quelquefois renfermée dans ce sac de soldat qui, en style imagé, s’appelle azor ou as de carreau. Un des plus industrieux avait imaginé de se servir d’un tabouret qui, retenu aux reins par des bretelles, lui permettait d’accomplir allègrement les itinéraires qu’il s’imposait. Ce tabouret, s’il ne portait pas César, portait du moins sa fortune. Mais passons à la seconde catégorie. Ceux-là ont une horreur telle du travail que les imprimeries où ils soupçonnent qu’ils en trouveront peu ou prou leur font l’effet d’établissements pestilentiels ; aussi s’en éloignent-ils avec effroi, bien à tort souvent ; car le dehors de quelques-uns est de nature à préserver les protes de toute velléité d’embauchage à leur endroit. D’ailleurs, si les premiers ne se présentent pas souvent en toilette de cérémonie, les seconds, en revanche, exposent aux regards l’accoutrement le plus fantaisiste. C’est principalement l’article chaussure qui atteste l’inépuisable fécondité de leur imagination. L’anecdote suivante, qui est de la plus scrupuleuse exactitude, pourra en donner une idée : deux individus, venant s’assurer dans une maison de banlieue que l’ouvrage manquait complètement et toucher l’allocation qu’on accordait aux passagers, étaient, l’un chaussé d’une botte et d’un soulier napolitain, l’autre porteur de souliers de bal dont le satin jadis blanc avait dû contenir les doigts de quelque Berthe aux grands pieds. Des vestiges de rosette s’apercevaient encore sur ces débris souillés d’une élégance disparue. Au physique, le rouleur n’a rien d’absolument rassurant. La paresse perpétuelle dans laquelle il vit l’a stigmatisé. Il pourrait poser pour le lazzarone napolitain, si poser n’était pas une occupation. Sa physionomie offre une particularité remarquable, due à la conversion en spiritueux d’une grande partie des collectes faites en sa faveur : c’est son nez rouge et boursouflé. Lorsque, contre son attente, le rouleur est embauché, il n’est sorte de moyens qu’il n’emploie pour sortir de la souricière dans laquelle il s’est si malencontreusement fourvoyé : le plus souvent, il prétexte une grande fatigue et se retire en promettant de revenir le lendemain. Il serait superflu de dire qu’on ne le revoit plus. Il est un de ces personnages qu’on avait surnommé le roi des rouleurs, et que connaissaient tous les compositeurs de France et de Navarre. Celui-là n’y allait pas par trente-six chemins. Au lieu de perdre son temps à de fastidieuses demandes d’occupation, il s’avançait carrément au milieu de la galerie, et, d’une voix qui ne trahissait aucune émotion, il prononçait ces paroles dignes d’être burinées sur l’airain : « Voyons ! y-a-t-il mèche ici de faire quelque chose pour un confrère nécessiteux ? » Souvent une collecte au chapeau venait récompenser de sa hardiesse ce roi fainéant ; souvent aussi ce cynisme était accueilli par des huées et des injures capables d’exaspérer tout autre qu’un rouleur. Mais cette espèce est peu sensible aux mortifications et n’a jamais fait montre d’un amour-propre exagéré. Pour terminer, disons que le rouleur tend à disparaître et que le typo laborieux, si prompt à soulager les infortunes imméritées, réserve pour elles les deniers de ses caisses de secours, et se détourne avec dégoût du parasite sans pudeur, dont l’existence se passe à mendier quand il devrait produire. (Ul. Delestre.)

France, 1907 : Cheminot, vagabond.

Un vagabond passait par là, mangeant à petites pincées le pain sec qu’il portait sous le bras. Le froid mordait, la forêt était profonde, et le village prochain, avec ses chiens de chasse hargneux et ses paysans avares, accueillait mal, d’habitude, les maraudeurs. Un charbonnier, de bonne humeur, le héla d’une voix engageante :
— Hé ! le rouleur ! si tu vas à la fontaine, l’eau te glacera le sang. Viens donc boire un coup avec nous.
Le vagabond, sans une parole, lui répondit d’un regard en dessous, et poursuivit sa route à travers bois. On entendit son pas indécis qui traînait dans les feuilles sèches. Il ne se retourna plus, n’envoya ni salut, ni merci, et disparut au détour d’un sentier.

(Aug. Marin)

France, 1907 : Trompeur, escroc.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique