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Mettre à table (se)

Delvau, 1866 : Être disposé à dénoncer ses complices ; être sur le point de faire des révélations, — dans l’argot des voleurs qui veulent manger le morceau.

Rigaud, 1881 : Trahir, dénoncer, — dans le jargon des voleurs.

La Rue, 1894 : Dénoncer. Trahir. Mettre à table. Donner une part.

France, 1907 : Commencer à avouer, dénoncer. Voir Moutonner. C’est généralement à table, au dessert, que ce font les coïncidences, les aveux.

Toute l’habileté de l’agent est de se montrer avec le malfaiteur un copain qui comprend très bien la situation et qui est à cent lieues de s’indigner des crimes commis par son convive.
Il n’inspirerait qu’une confiance relative à celui qu’il veut faire avouer, l’homme de police appartenant à l’armée du Salut, qui commencerait par dire :
« Malheureux, le crime que vous avez commis est infâme ! Demandez pardon à Dieu et aux hommes ! »
L’agent, tout au contraire, doit procéder avec un mépris complet de la morale.
— Eh bien, mon vieux, dit-il, pourquoi que tu ne dis pas la vérité ? C’est toi qui as fait le coup ! tout le monde le sait, et puis, tu n’en mourras pas ! Avoue donc, c’est bien plus malin ; il n’y a rien de meilleur pour les circonstances atténuantes. Allons, un peu de courage, mets-toi à table.

(Mémoires de M. Goron)

Salutiste

France, 1907 : Sectaire appartenant à l’armée du Salut, fondée à Londres en 1860 par un ancien ouvrier tailleur, William Booth, qui s’intitule le « général ». L’effectif de l’armée en Angleterre, en avril 1899, comprenait 200 000 soldats, 40 000 sous-officiers, 13 000 officiers, le tout dirigé par le fameux général Booth qui a donné à son épouse le titre de maréchale.

Donnez des maris à vos salutistes,
Anges de maigreur vendant des journaux
Qui, sous leurs chapeaux informes, sont tristes
Et leurs yeux luiront de bonheurs nouveaux.

(Gringoire)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique