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Araigne

Rigaud, 1881 : Crochet en fer dont se servent les bouchers pour accrocher la viande. Primitivement ces crocs à plusieurs branches avaient la forme de pattes d’araignées.

Araignée

d’Hautel, 1808 : Main d’araignée ; Pate d’araignée ; Doigts d’araignée. Main sèche, étique et décharnée ; doigts longs, fluets et maigres.

Delvau, 1864 : Faire patte d’araignée. Action de prendre les couilles et le vit de l’homme de manière à chatouiller le tout à la fois en allant de la tête du vit au périnée et au trou du cul, de haut en bas, à droite et à gauche et retour, en y joignant des coups de langue au filet du vit décalotté, le tout jusqu’à jouissance complète. — Voir patte d’araignée.

Rigaud, 1881 : Voiture montée sur roues très-hautes et pourvue seulement d’un siège. Elle a des airs de faucheux ; d’où son nom. Elle sert spécialement aux maquignons pour essayer les chevaux.

Fustier, 1889 : Vélocipède à deux roues dont l’une, celle de devant, est très grande, et l’autre, celle de derrière, d’un diamètre très petit.

France, 1907 : Femme maigre et mal bâtie, Araignée de comptoir. Signifie aussi prostituée, Araignée de bastringue, de trottoir :

Elle attend les flâneurs qui passent, l’Araignée ;
Qu’il fasse ou non soleil, qu’il fasse chaud ou froid,
Elle est à la fenêtre ; en regardant, on voit
Aux rideaux entr’ouverts sa tête mal peignée.

(Jérôme Monti, Le Traquenard)

Avoir une araignée dans le plafond, avoir une idée fixe, ou un grain de folie.

Araignée dans le plafond

Rossignol, 1901 : Une personne détraquée a une araignée dans le plafond.

Araignée dans le plafond (avoir une)

Larchey, 1865 : Être fou. Le cerveau serait ici le plafond et la monomanie y tendrait ses toiles.

Rigaud, 1881 : Extravaguer par instant. Le plafond figure le crâne ; l’araignée y file sa toile et empêche les idées de sortir claires et nettes.

Virmaître, 1894 : Synonyme de loufoque. Avoir la cervelle détraquée (Argot du peuple).

Araignée de bastringue

Rigaud, 1881 : Fille qui tend ses toiles dans les bals publics ; (Riche-en-gueule ou le nouveau Vadé, 1824) Les voyous d’aujourd’hui appellent les filles qui raccrochent : des araignées de pissotière. Quœrens quem devoret.

Araignée de comptoir

Rigaud, 1881 : Mercier, — dans le jargon des couturières. Le mercier est toujours blotti derrière son comptoir comme l’araignée derrière sa toile. Envoyer le rouffion chez l’araignée de comptoir.

Araignée de trottoir

Fustier, 1889 : Boutiquier en plein vent, camelot.

Il (le promeneur) a fait aux araignées de trottoir une rente qui, suivant la position, varie de 10 sous à 10 francs par jour.

(Estafette, 1881)

Araignée du matin

France, 1907 : L’araignée donne le moyen de pronostiquer le temps ; jamais on ne voit une araignée par les matinées de rosée abondante, ce qui est signe de beau temps ; par les matinées sèches et sans rosée, on l’aperçoit dans sa toile ; signe de pluie certaine : « Araignée du matin, chagrin. »
Dans les soirées chaudes, l’araignée sort volontiers de sa toile pour saisir les insectes qui, dans ces conditions atmosphériques, voltigent en grand nombre, présage d’un beau lendemain : « Araignée du soir, espoir ! »
Nous ne parlerons pas ici de l’araignée dans le plafond, qui est du ressort du médecin aliéniste, et qui hante nombre de politiciens.

Avoir un bon doigté

Delvau, 1864 : Savoir peloter habilement les couilles d’un homme ; faire à merveille la patte d’araignée.

Avoir une araignée dans le plafond

Delvau, 1866 : v. a. Être fou, maniaque, distrait. Argot de Breda-Street.

Cafard (avoir un)

France, 1907 : Avoir des idées décousues ; même sens que : avoir une araignée dans le plafond.

Capote

Delvau, 1864 : Autrement dit, redingote anglaise. Préservatif en baudruche ou en caoutchouc historié, dont on habille le membre viril, toutes les fois qu’on le conduit au bonheur, — ce qui ne le préserve pas du tout de la chaude-pisse ou de la vérole, d’après l’opinion du docteur Ricord, autorité compétente en cette matière, qui a dit : « La capote est une cuirasse contre le plaisir et une toile d’araignée contre la vérole. » Les frères Millan, gros et petits, sont seuls intéressés à soutenir le contraire.

Il fuyait me laissant une capote au cul.

(Louis Protat)

Les capotes mélancoliques
Qui pendent chez le gros Millan,
S’enflent d’elles-mêmes, lubriques,
Et déchargent en se gonflant.

(Parnasse satyrique)

Cochonneries

Delvau, 1864 : Exercices amoureux : gamahuchage, branlage, suçage, postillon, feuille de rose, patte d’araignée, — en un mot, tout ce qu’ignorent les femmes honnêtes et que savent si bien les femmes galantes. — Le libertinage a emprunté beaucoup de termes à la charcuterie (V. langue fourrée, boudin, andouille, saucisse, vessie, etc.), et cela se comprend de reste, χοίρος signifiant à la fois cochon et con.

Coloquinte (avoir une araignée dans la)

Boutmy, 1883 : v. Avoir le cerveau fêlé. V. Hanneton.

Concubin

Rigaud, 1881 : Celui qui vit avec une femme sans être marié avec elle.

France, 1907 : Homme qui vit en concubinage.

Gandolin était homme, hélas ! et bien que, par sage calcul, il eût, jusqu’aux marges de ses cinquante ans, prudemment évité les embûches des amours mondaines et même de ces amours extra-mondaines où, sous prétexte de rester libres, finissent par s’engluer, en des toiles d’araignées pires, tant d’infortunés concubins…

(Paul Arène)

Érontole

France, 1907 : Toile d’araignée.

Faucheux

d’Hautel, 1808 : Espèce d’araignée qui a le corps petit et les jambes fort grandes.
Beaucoup de personnes croyent bien parler, en appelant cet insecte faucheur, mais c’est à tort ; il faut dire faucheux.
Un faucheur
est l’ouvrier qui fauche, qui coupe les foins.

Vidocq, 1837 : s. m. — Ciseaux.

Delvau, 1866 : s. m. Homme à jambes longues et grêles comme les pattes du Phalangium, — dans l’argot du peuple, qui ne laisse passer devant lui aucune infirmité grave ou légère, sans la saluer d’une injure ou tout au moins d’une épigramme.

Gamin (faire le)

Delvau, 1864 : Quand une femme a bien fait la patte d’araignée, collé un joli bécot sus le bout du vit d’un homme, quand, enfin, elle a usé de toutes les gamineries capables de le faire bander, elle n’a plus qu’à s’enfourcher sur la glorieux priape façonné par elle, — pour elle. — Alors : Hue ! dada !… notre gamin allant au trot, puis au galop : patatrot, patatrot ! — comme s’il sautait sur les genoux de son grand-père, — se bourre le vagin à sa fantaisie, jusqu’à ce que plaisir s’ensuivant, le cavalier tombe épuisé sur sa monture. — C’est du nanan ! — Voir le Tire-bouchon américain.

Hanneton

d’Hautel, 1808 : (l’h s’aspire).
Ils se tiennent par le cul comme des hannetons. Se dit des gens qui font clique et coterie ; qui sont toujours ensemble.
Il est étourdi comme un hanneton. Se dit d’un jeune écervelé, d’un homme qui agit inconsidérément.
Le peuple n’aspire point l’h, et dit au pluriel, des zannetons.

Delvau, 1866 : s. m. Manie quelconque, idée fixe, — dans l’argot de Breda-Street, où les hannetons hommes viennent d’eux-mêmes s’attacher le fil à la patte. Avoir un hanneton dans le plafond. Être fou de quelqu’un ou de quelque chose. Les voyous anglais ont une expression analogue : To have a bee in his bonnet (avoir une abeille dans son chapeau), disent-ils.

Rigaud, 1881 : Monomanie, idée fixe. On dit de quelqu’un qui est tourmenté d’une idée aussi fixe que saugrenue : « Encore son hanneton qui le travaille ». Celui qui a un hanneton dans le plafond est hannetonné, c’est-à-dire qu’il a la tête fêlée.

Boutmy, 1883 : s. m. Idée fixe et quelquefois saugrenue. Avoir un hanneton dans le plafond, c’est avoir le cerveau un peu détraqué. On dit aussi, mais plus rarement Avoir une sauterelle dans la guitare et une araignée dans la coloquinte. Le hanneton le plus répandu parmi les typographes c’est, nous l’avons déjà dit, la passion de l’art dramatique. Dans chaque compositeur il y a un acteur. Ce hanneton-là, il ne faut ni le blâmer ni même plaisanter à son sujet ; car il tourne au profit de l’humanité. Combien de veuves, combien d’orphelins, combien de pauvres vieillards ou d’infirmes doivent au hanneton dramatique quelque bien-être et un adoucissement à leurs maux ! Mais il en est d’autres dont il est permis de rire. Ils sont si nombreux et si variés, qu’il serait impossible de les décrire ou même de les énumérer ; comme la fantaisie, ils échappent à toute analyse. On peut seulement en prendre quelques-uns sur le fait. Citons, par exemple, celui-ci : Un bon typographe, connu de tout Paris, d’humeur égale, de mœurs douces, avait le hanneton de l’improvisation. Quand il était pris d’un coup de feu, sa manie le talonnant, il improvisait des vers de toute mesure, de rimes plus ou moins riches, et quels vers ! Mais la pièce était toujours pathétique et l’aventure tragique ; il ne manquait jamais de terminer par un coup de poignard, à la suite duquel il s’étendait lourdement sur le parquet. Un jour qu’il avait improvisé de cette façon et qu’il était tombé mort au milieu de la galerie de composition, un frère, peu touché, se saisit d’une bouteille pleine d’eau et en versa le contenu sur la tête du pseudo Pradel. Le pauvre poète se releva tout ruisselant et prétendit à juste raison que « la sorte était mauvaise ». C’est le hanneton le plus corsé que nous ayons rencontré et on avouera qu’il frise le coup de marteau. Un autre a le hanneton de l’agriculture : tout en composant, il rêve qu’il vit au milieu des champs ; il soigne ses vergers, échenille ses arbres, émonde, sarcle, arrache, bêche, plante, récolte. Le O rus, quando ego te aspiciam ? d’Horace est sa devise. Parmi les livres, ceux qu’il préfère sont la Maison rustique et le Parfait Jardinier. Il a d’ailleurs réalisé en partie ses désirs. Sa conduite rangée lui a permis de faire quelques économies, et il a acquis, en dehors des fortifications, un terrain qu’il cultive ; malheureusement ce terrain, soumis à la servitude militaire, a été saccagé par le génie à l’approche du siège de Paris. Vous voyez d’ici la chèvre ! Un troisième a une singulière manie. Quand il se trouve un peu en barbe, il s’en va, et, s’arrêtant à un endroit convenable, se parangonne à l’angle d’un mur ; puis, d’une voix caverneuse, il se contente de répéter de minute en minute : « Une voiture ! une voiture ! » jusqu’à ce qu’un passant charitable, comprenant son désir, ait fait approcher le véhicule demandé. Autre hanneton. Celui-ci se croit malade, consulte les ouvrages de médecine et expérimente in anima sua les méthodes qu’il croit applicables à son affection. Nous l’avons vu se promener en plein soleil, au mois de juillet, la tête nue, et s’exposer à une insolation pour guérir des rhumatismes imaginaires. — Actuellement, son rêve est de devenir… cocher. Un de nos confrères, un correcteur celui-là, a le hanneton de la pêche à la ligne. Pour lui, le dimanche n’a été inventé qu’en vue de ce passe-temps innocent, et on le voit dès le matin de ce jour se diriger vers la Seine, muni de ses engins. Il passe là de longues heures, surveillant le bouchon indicateur. On ne dit pas qu’il ait jamais pris un poisson. En revanche, il a gagné, sur les humides bords des royaumes du Vent, de nombreux rhumes de cerveau.

France, 1907 : Idée baroque, saugrenue on simplement idée fixe, dans l’argot des typographes. Le hanneton est ce que, dans l’argot de tout le monde, on appelle le dada.

À la suite de l’exposé de ce hanneton qui a produit le plus grand effet, une discussion bruyante, raisonnée, mais peu raisonnable, s’engage entre les diverses parties de l’atelier.

(Décembre-Alonnier, Typographes et gens de lettres)

France, 1907 : Personne étourdie, qui va donner tête baissée et sans réfléchir dans tous les potins et toutes les aventures. Maladroit sans réflexion.

Nous disons volontiers de certaines personnes dont les façons étourdies ne nous agréent pas : « C’est un hanneton ! Ce n’est qu’un hanneton ! » En politique, cette espèce de hanneton est très répandue. Les moins mauvais parmi les boulangistes étaient des hannetons. Que de fois on a dit, en parlant de MM. Turquet et Laur : « Pas méchants, mais quels hannetons ! »

(Léon Bernard-Derosne, Gil Blas)

Avoir un hanneton dans le plafond, être un peu timbré.

Patte d’araignée (faire la)

Delvau, 1864 : Passer doucement et habilement les quatre doigts et le pouce sur le membre d’un homme, et ses tenants et aboutissants, afin de provoquer une érection qui ne viendrait pas sans cette précaution.

J’avais beau patiner sa couille renfrognée,
Lui faire avec cinq doigts la patte d’araignée,
Sa pine, peu sensible à mes soins superflue.
Demeurait flasque et molle et ne rebandait plus.

(Louis Protat)

Pique (as de)

France, 1907 : Les parties incongrues.

— N’avais pas fini d’transfumer ces paroles, que j’perçois un sale capucin qui accourait vers nous en gesticulant comme une araignée.
Veut ouvrir la bouche, j’la lui ferme d’un coup d’poing sur la tirelire. S’fout les quat’e fers en l’air, sa robe se r’trousse, nous montre son as de pique, l’cochon.

(Gustave Frison, Aventures du colonel Ronchounot)

Plafond

Delvau, 1866 : s. m. Crâne, cerveau, — dans l’argot des faubouriens. Se crever le plafond. Se brûler la cervelle.

La Rue, 1894 : Tête. Front.

France, 1907 : La tête, plus spécialement l’intérieur du crâne. Ne s’emploie guère que dans cette expression : Avoir une araignée dans le plafond, être excentrique, toqué, un peu fou.

— Voilà encore un de nos jolis toqués, disait l’un d’eux à demi-voix.
— Il a une belle araignée dans le plafond, murmurait un autre.

(Philippe Audebrand)

On dit aussi avoir des trichines dans le plafond.

Plafond (avoir une araignée dans le)

Rigaud, 1881 : Dire, faire des extravagances.

Rougeaud

d’Hautel, 1808 : Un gros rougeaud, une grosse rougeaude. Homme et femme qui ont le teint vermeil et fort animé.

France, 1907 : Sorte de petite araignée presque imperceptible, de couleur rouge et du genre des acarus, qui s’attache à la peau et cause de vives démangeaisons.

Rusée au jeu (être)

Delvau, 1864 : Savoir ce qu’il faut faire pour amuser les hommes et leur procurer de vives jouissances, comme le casse-noisette, la patte d’araignée, la feuille de rose, etc.

Tu me portes la mine d’être un jour bien fine et rusée à ce jeu.

(Mililot)

Sauterelle dans la guitare (avoir une)

France, 1907 : Même sens qu’avoir une araignée dans le plafond, être un peu toqué.

Tendeuse

France, 1907 : Araignée.

Tracasser les couilles d’un homme

Delvau, 1864 : Lui faire patte d’araignée, afin de le faire bander lorsqu’il est réfractaire.

De l’autre main tracasse-moi les couilles… la… là… tout du long.

(La Popelinière)

Vagabonde

France, 1907 : Araignée.

Vieillisseuse

Fustier, 1889 : « J’ai fait la connaissance d’une vieille femme qui exerce aujourd’hui la profession de vieillisseuse… nos boulevards, vous le savez, sont sillonnés de petites marchandes d’amour que leur extrême jeunesse expose souvent aux indiscrétions de la police… A l’aide de certains onguents, elle (la vieillisseuse) parvient à donner aux traits trop tendres des gamines l’expression d’un visage de 18 à 25 ans. »

(Figaro)

France, 1907 : Proxénète qui attire et maquille les jeunes filles mineures de façon à les faire paraître majeures, à cause non des clients, mais de la police.

— Tante Pascaline a pris la suite des affaires et les recettes d’une vieille amie à elle qui lui voulait du bien. Elle est vieillisseuse. Ça ne vous dit rien, cette profession-là ? Je vais vous l’expliquer… Grâce à elle, à ses drogues, à ses maquillages, les petites précoces et vicieuses, les premières communiantes d’amour que les vieux prudents renvoient si souvent à l’école, peuvent tenter le coup, se lancer, trouver chaussure à leur pied… Elle les métamorphose en un mois, éteint le rose trop violent de leurs joues, cerne leurs yeux, leur donne une apparence de lassitude, pétrit si bien leurs doux visages de fillettes qu’on leur donnerait au moins dix-sept ans… Et les libertins qu’affriande a chair à peine nubile, mais qui redoutent comme la peste les chantages, les descentes de police, les surprises, les toiles d’araignées d’où l’on ne sait comment s’évader, s’y laissent piper, se figurent que ces bouquetières qui leur épinglent un œillet à la boutonnière en se haussant sur la pointe des bottines, que ces faux trottins dont ils emboitent le pas dans les rues désertes, le soir, et dans les passages lointains ; que ces primeurs que leur vendent les proxénètes ont presque l’âge réglementaire, ne sauraient leur attirer aucun désagrément.
— Et cela lui rapporte, ce métier bizarre ?
— Dans les quinze mille par an…

(Champaubert)

Vol-au-vent

La Rue, 1894 : Girouette. Plume.

France, 1907 : Tête. Avoir une écrevisse dans de vol-au-vent, être timbré ; même sens qu’avoir une araignée dans de plafond.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique