Fustier, 1889 : Grec de race femelle.
Le grec de la classe moyenne, autrement dit le grec nomade,… travaille rarement seul ; il s’adjoint des compères appelés comtois et des auxiliaires féminins appelés amazones.
(Le Baccarat, 1881)
Amazone
Fustier, 1889 : Grec de race femelle.
Le grec de la classe moyenne, autrement dit le grec nomade,… travaille rarement seul ; il s’adjoint des compères appelés comtois et des auxiliaires féminins appelés amazones.
(Le Baccarat, 1881)
Dada (à)
Larchey, 1865 : À cheval.
V’là z’une belle amazone à dada.
(1810, Désaugiers)
Faire fi
France, 1907 : Dédaigner, Dom Carpentier, cité par Charles Nisard, croit que l’expression fi, fi, par laquelle on exprime le dégoût ou le mépris qu’inspire une personne, vient de ficus ou figue. C’est très probable, ajoute l’auteur des Curiosités de l’étymologie française : mais ce qui est certain, c’est que les expressions je m’en fiche, pour je m’en moque, va te faire fiche, en viennent également. Voir Faire la figue.
Le programme des revendications me semble formel ! Plus d’ostracisme ! Étant assujetties au devoir envers les hommes, les dames réclament tous les droits.
Autrefois nous avions l’habitude de récompenser leurs complaisances et leurs gentillesses eu petits cadeaux et en sacrifices de toutes sortes, mais ce n’est plus de cette façon qu’elles l’entendent. Elles dédaigneront les diamants, mépriseront les toilettes et feront fi des chapeaux neufs. Ce qu’elles exigeront à partir du 1er janvier prochain est de devenir sénateurs, receveurs d’enregistrement, payeurs généraux et même plénipotentiaires… près la tribu des Amazones ou chargés d’affaires à Mytilène.
(Louis Davyl)
Hussarde
La Rue, 1894 : Absinthe faite en versant l’eau goutte à goutte. On la nomme purée quand elle est noyée tout d’un coup ; amazone, mélangée à la gomme ; Suissesse, à l’orgeât ; bourgeoise, à l’anisette.
Lionne
Larchey, 1865 : « C’étaient de petits êtres féminins, richement mariés, coquets, jolis, qui maniaient parfaitement le pistolet et la cravache, montaient à cheval comme des lanciers, prisaient fort la cigarette, et ne dédaignaient pas le champagne frappé. »
(F. Deriège)
Delvau, 1866 : s. f. Femme à la mode — il y a trente ans. C’était « un petit être coquet, joli, qui maniait parfaitement le pistolet et la cravache, montait à cheval comme un lancier, prisait fort la cigarette et ne dédaignait point le Champagne frappé. » Aujourd’hui, mariée ou non, grande dame ou petite dame, la lionne se confond souvent avec celle qu’on appelle drôlesse.
France, 1907 : Femme, fille, sœur où maîtresse du lion. « C’étaient, dit Deriège, cité par Lorédan Larchey, de petits êtres féminins, richement mariés, coquets, jolis, qui maniaient parfaitement le pistolet et la cravache, montaient à cheval, prisaient la cigarette. » Si le type n’est pas complètement disparu, le mot est dors d’usage.
Lancée par l’hymen dans une carrière brillante, elle fut bientôt citée parmi les divinités de la mode parisienne, et aujourd’hui elle figure avec avantage dans cette élite de merveilleuses que l’on rencontre à toutes les solennités élégantes ; infatigables amazones, dédaignant les paisibles récréations de leur sexe et abdiquant le doux empire des grâces discrètes pour suivre nos dandys à la course et se mêler aux grandes et aux petites manœuvres du Jockey-Club ; reines du monde cavalier, que l’on a surnommées les Lionnes, pour rendre hommage à la force, à l’intrépidité et à l’inépuisable ardeur dont elles donnent chaque jour tant de preuves.
(Eugène Guinot)
Milord l’arsouille
France, 1907 : Sobriquet donné à lord Seymour qui, vers la fin de la Restauration et au commencement du règne de Louis-Philippe, se rendit célèbre à Paris par ses excentricités. C’était un homme accompli, jeune, gai, d’une force herculéenne, spirituel et immensément riche, écrasant tons les jeunes gens qui voulaient rivaliser avec lui par son luxe inouï et ses excentricités colossales. Il purgea par la seule force de son poing la Courtille de tous ses batailleurs, de ses terreurs, de ses mangeurs de nez.
Lorsque sa voiture, attelée de six chevaux, accompagnée de piqueurs donnant de la trompe et de courriers enrubannés, montait le boulevard, c’était un grand hourra, comme aux jours de feu d’artifice, quand part des Tuileries la fusée signal. On s’arrêtait, on se pressait, on se bousculait pour voir passer la mascarade modèle. Tous les gens de la suite, les cavaliers, les amazones, les cavalcades et les voitures de masques lui faisaient cortège : ils étaient glorieux de faire croire au bon public massé sur les trottoirs, aux femmes qui paradaient dans les calèches des deux files, et même aux municipaux, qu’ils faisaient partie de cette aristocratique saturnale. Et lui, calme et tranquille comme un dieu antique, il inondait de bonbons et de dragées tous ses obscurs admirateurs…
— C’est Milord l’arsouille ! Vive Milord l’arsouille ! exclamaient les gamins… Les excentricités de Milord l’arsouille n’ont pas duré plus de trois ou quatre ans.
(A. Privat d’Anglemont)
Oranges
France, 1907 : Coups de poing. « Payer des oranges », donner des coups de poing.
France, 1907 : Les seins d’une jeune fille ou d’une femme, quand ils sont petits et durs. On dit aussi des oranges sur l’étagère.
Les sœurs Souris, dont l’aînée avait été surnommée la Reine des Amazones, en égard à certaine opération chirurgicale qui lui avait enlevé une des oranges de son étagère.
(Paul Mahalin)
La marchande braille à la ronde,
Son visage dur et grognon
Ne fait pas songer à Mignon,
Mais sa gorge est petite et ronde :
Elle a des luisants de métal
Et je laisserais, ô mégère,
Les oranges de ton étal
Pour celles de ton étagère !
(Rimes bruxelloises)
Paper-hunt
France, 1907 : Chasse au papier. Anglicisme et de nom et de chose. C’est une sorte de steeple-chase (course au clocher), où un cavalier part en avant, muni d’un sac plein de petits morceaux de papier qu’il sème sur sa route en franchissant tous les obstacles qu’il rencontre, murs, haies, fosses. Les autres, cavaliers et amazones, qui partent dix ou quinze minutes après lui, doivent suivre ses traces.
Piler du poivre
Larchey, 1865 : Marcher avec la plante des pieds écorchées, en souffrant à chaque pas comme si du poivre pilé brûlait la chair.
Delvau, 1866 : Avoir des ampoules et marcher sur la pointe des pieds, par suite d’une très longue marche, — dans l’argot du peuple. Se dit également des cavaliers ou amazones novices, par suite d’exercices équestres trop prolongés. S’emploie aussi pour signifier Médire de quelqu’un en son absence, et S’ennuyer à attendre. Faire piler du poivre à quelqu’un. Le jeter plusieurs fois par terre, en le maniant avec aussi peu de précaution qu’un pilon.
Rigaud, 1881 : Ne pas se tenir d’aplomb à cheval, suivre, à contre-temps, le mouvement du trot, de façon à ce que le postérieur s’enlève de la selle et y retombe avec force, mouvement qui rappelle l’action de piler du poivre dans les mortiers des droguistes.
Merlin, 1888 : Marquer le pas, ou monter une faction. En cavalerie, enfourcher sans étriers un cheval à réactions dures.
Virmaître, 1894 : Individu qui a des chaussures neuves qui lui font mal ; il marche sur la pointe des pieds. Il pile du poivre. On dit également :
— Il est dans la prison de Saint-Crépin.
Quand une personne est absente et que l’on médit d’elle, on pile du poivre sur son compte.
On connaît cette anecdote de Tortoni :
Il y avait une vingtaine de journalistes réunis. Chaque fois que l’un s’en allait, aussitôt il était arrangé de belle façon, et ainsi de suite jusqu’au dernier.
Celui-là, en partant, se dit : au moins on ne pilera pas de poivre sur mon compte ; je reste seul.
Le garçon l’accompagna et dit en fermant la porte : — Quel crétin que ce coco-là, il se croit l’égal de Victor Hugo et il est plus bête que trente-six cochons.
Le garçon pilait du poivre.
Faire piler du poivre à quelqu’un : lui casser la tête sur le pavé (Argot du peuple). N.
France, 1907 : Être monté sur un cheval qui trotte sec ; argot militaire.
On use une culotte en trois séances, mais on y gagne un appétit qui ne peut être assouvi par la cantine de l’École que si le bienheureux propriétaire a des revenus princiers. Ajoutez que cet exercice vous fait marcher large, parce qu’il détériore d’une façon très sensible ce qui, dans votre individu, se montre rarement à visage découvert. On appelle cet piler du poivre.
(Théo-Critt, Nos farces à Saumur)
France, 1907 : Marcher difficilement, soit par suite de fatigue ou de blessure aux pieds.
France, 1907 : Médire derrière quelqu’un, synonyme de casser du sucre, c’est l’habitude des journalistes et des gens de lettres de piler du poivre en l’absence d’un camarade.
On connait cette anecdote de Tortoni :
Il y avait une vingtaine de journalistes réunis. Chaque fois que l’un s’en allait, aussitôt il était arrangé de belle façon, et ainsi de suite jusqu’au dernier.
Celui-là, en partant, se dit : Au moins on ne pilera pas de poivre sur mon compte ; je reste seul.
Le garçon l’accompagna et dit en fermant la porte :
— Quel crétin que ce coco-là ; il se croit l’égal de Victor Hugo et il est plus bête que trente-six cochons !
Le garçon pilait du poivre.
(Ch. Virmaître)
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