Virmaître, 1894 : Profit, bénéfice.
— J’ai mon fade d’affure (part de vol ou d’une opération quelconque) (Argot des voleurs).
Affur ou affure
Affur, affure
France, 1907 : Profits, bénéfices ; argot des voleurs. Avoir de l’affur, avoir de l’argent.
Quand je vois mon affure
Je suis toujours paré,
Du plus grand cœur du monde
Je vais à la profonde
Pour vous donner du frais.
(Vidocq)
Ce mot vient évidemment du latin ad furem, qui vient lui-même de fur, larron de nuit. Se dit aussi d’une avance faite à un ouvrier.
Affurage, affure
Larchey, 1865 : Profit. — Affurer : Gagner (Vidocq). — De l’ancien mot furer : dépouiller. V. Du Cange.
Eh vite ! ma culbute, quand je vois mon affure, je suis toujours paré.
(Vidocq)
Rigaud, 1881 : Bénéfice, — dans le jargon des voleurs.
Affure
Ansiaume, 1821 : bénéfice.
Je n’ai eu que 12 balles d’affure sur la camelotte de Guillaume.
Rigaud, 1881 : Avance d’argent sur un ouvrage, — dans le jargon des ouvriers. — La variante est : Avoir du poulet.
Rossignol, 1901 : Gain, bénéfice. Dans une partie de cartes, celui qui gagne affure.
Hayard, 1907 : Profit, bénéfice, gain, licite ou non.
anon., 1907 : Bénéfice. Affurer sur Tési : avoir du bénéfice sur toi.
Affurer
anon., 1827 : Triompher, tromper.
Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Triompher, tromper, amasser. Il affure d’auber, il amasse de l’argent.
Bras-de-Fer, 1829 : Attraper, tromper.
Vidocq, 1837 : v. a. — Gagner. (Vient probablement de fur, voleur.)
Halbert, 1849 : Triompher, tromper.
Delvau, 1866 : v. a. Tromper, faire un profit illicite.
Rigaud, 1881 : Voler, réaliser un bénéfice, — dans l’ancien argot. Du latin fur, voleur.
Virmaître, 1894 : Tromper, faire un profit illicite. A. D. Cette expression signifie : gagner. L’argent que les croupiers étouffent sur la cagnotte, les sous que l’enfant détourne d’une commission ; le conducteur d’omnibus qui oublie de sonner un voyageur, c’est de l’affure (Argot des voleurs).
Rossignol, 1901 : Le bénéfice que l’on a dans une affaire est affurer.
France, 1907 : Tromper, faire des profits. Affurer de l’auber, gagner de l’argent.
En goupinant comme ça on n’affure pas d’auber.
(Vidocq)
Affûter, affurer
La Rue, 1894 : Tromper. Gagner. Prendre.
Batteur
d’Hautel, 1808 : Terme de mépris ; bretteur, spadassin ; homme hargneux et querelleur ; vaurien qui cherche continuellement noise à ceux qui lui sont inférieurs en force.
Batteur de pavé. Vagabond, qui passe son temps et sa vie à rôder.
un détenu, 1846 : Un désœuvré, fainéant, tapageur, coureur des rues.
Halbert, 1849 : Menteur.
Delvau, 1866 : s. m. Menteur ; fourbe. C’est plus spécialement le tiers qui bat comtois pour lever le pante.
Boutmy, 1883 : s. m. Qui fait des mensonges, des battages.
La Rue, 1894 : Menteur. Escroc. Normand.
France, 1907 : Enjôleur.
France, 1907 : Menteur ; argot des voleurs.
— Parbleu ! tu dois faire tes chopins à la sourdine.
— Pas du tout.
— Tu n’affures rien ?
— Ma solde me suffit.
— Batteur !
— Je suis nourri, habillé, blanchi ; je ne manque de rien.
— Pourtant, il y a ici des grinches.
— N’y en a-t-il pas partout ?
(Marc Mario et Louis Launay, Vidocq)
Batteur d’antif, voleur qui amorce les pantes par son bagout ; argot des prisons. Batteur de flanche, fainéant.
Même aux yeux du peuple qui l’aime,
Il passe un peu pour une flemme,
Gouapeur moins homme que gamin,
Artisse, quoi ! batteur de flanche,
Cheveux trop bouclés, peau trop blanche,
Main trop propre, et poil dans la main.
(Jean Richepin)
Culbute
d’Hautel, 1808 : Au bout du fossé la culbute. Dicton joyeux et gaillard qui signifie qu’il faut faire vie qui dure, et ne point s’embarrasser des événemens futurs ; qu’il arrivera ce qui pourra.
anon., 1827 : Culotte.
Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Culotte. Esbigner le chopin dans sa culbute, cacher l’objet volé dans sa culotte.
Bras-de-Fer, 1829 : Culotte.
Vidocq, 1837 : s. f. — Culotte.
Clémens, 1840 / Halbert, 1849 : Culotte.
Larchey, 1865 : Culotte (Vidocq). — Jeu de mots. C’est dans la culotte qu’on butecul. (Buter : Pousser. V. Du Cange.) — V. Affure.
Delvau, 1866 : s. f. Faillite, — dans l’argot des bourgeois. Faire la culbute. Faire banqueroute.
Delvau, 1866 : s. f. Pantalon, — dans l’argot des voleurs.
Rigaud, 1881 : Culotte, — en terme de tailleur.
Rigaud, 1881 : Faillite. Faire la culbute, suspendre ses paiements.
Rossignol, 1901 : Faire faillite. Le camelot qui vend un objet le double du prix d’achat est un article qui fait la culbute.
Rossignol, 1901 : Synonyme de culbutant.
France, 1907 : Pantalon.
Ah ! mince, on prend des airs de flûte,
On s’régal’ d’un p’tit quant à soi…
Va, mon vieux, pêt’ dans ta culbute,
T’es dans la ru’, va ! t’es chez toi.
(Aristide Bruant)
Esbigner le chopin dans sa culbute, cacher un objet volé dans son pantalon.
Passer à l’as
Rossignol, 1901 : Si dans une affaire ou partage on n’a rien pour soi, on passe à l’as.
France, 1907 : Être pris.
Rameneur, donne de ton claque
Au pigeon une contremarque,
Fais-le nettoyer chiquement
Pour affurer ton cinq pour cent.
Si par hasard le grec qui l’fauche
Voulait te fair’ passer à gauche,
Dis : « Si tu m’fais passer à l’as,
J’te bidonn’, tu poiss’ras Mazas. »
(Hogier-Grison, Pigeons et Vautours)
Paumer
Vidocq, 1837 : v. a. — Perdre.
un détenu, 1846 : Prendre, saisir, empoigner.
Larchey, 1865 : Empoigner. V. Du Cange. — Du vieux mot paumoier. — V. Cigogne.
Rends-moi la bourse, ou sinon je te paume.
(le Rapatriage, parade, dix-huitième siècle)
Larchey, 1865 : Perdre.
Je ne roupille que poitou ; je paumerai la sorbonne si ton palpitant ne fade pas les sentiments du mien.
(Vidocq)
Delvau, 1866 : v. a. Empoigner, prendre — avec la paume de la main. S’emploie au propre et au figuré. Être paumé. Être arrêté. Être paumé marron. Être pris en flagrant délit de tricherie, de vol ou de meurtre.
Delvau, 1866 : v. a. Perdre, — dans l’argot des voleurs. Paumer la sorbonne. Devenir fou, perdre la tête.
Rigaud, 1881 : Arrêter, appréhender au corps. Se faire paumer ; mot à mot : se faire mettre la paume de la main au collet.
Rigaud, 1881 : Dépenser, — dans le jargon des ouvriers. Paumer son fade, dépenser l’argent de sa paye.
Rigaud, 1881 : Perdre, — dans le jargon des voleurs. — Paumer l’atout, perdre courage.
La Rue, 1894 : Perdre. Dépenser. Empoigner. Arrêter. Se paumer, s’égarer.
Virmaître, 1894 : Perdre.
— Tu fais une drôle de gueule.
— J’avais deux sigues d’affure et j’en paume quatre, y a de quoi.
— Fallait pas jouer (Argot des voleurs). N.
Rossignol, 1901 : Perdu. — « J’ai paumé ma bourse. » — « J’ai paumé au jeu. » — Celui qui a de la perte a de la paume.
Rossignol, 1901 : Prendre, surprendre, arrêter. — « J’ai été paumé par ma mère au moment où je fouillais dans sa bourse. » — « Le môme Bidoche a été paumé en volant à l’étalage. »
Hayard, 1907 : Perdre.
France, 1907 : Dérober, détourner adroitement quelque chose, mettre la paume de la main sur un objet.
France, 1907 : Donner, lancer. « Paumer la gueule à un roussin », donner un coup de poing sur la figure d’un agent. Argot des voyous.
France, 1907 : Manger avec avidité.
France, 1907 : Prendre, arrêter, saisir ; littéralement, tenir dans la paume de la main, Argot populaire.
Il y a trois ans, les enjuponnés cherchaient les assassins d’un paysan et de sa femme ; ils en avaient déjà deux dans les griffes, il leur manquait un troisième.
Au hasard, ils paumèrent un pauvre bougre qui n’était pour rien dans l’affaire.
(Le Père Peinard)
Paumer sur le tas, arrêter en flagrant délit. Paumé dans le dos, flambé, perdu.
— Faut gicler, les gonzesses, on va vous paumer su’l’tas.
(A. Bruant, Les Bas-fonds de Paris)
Pavois
Larchey, 1865 : « Être pavois, c’est être dans la vigne du Seigneur, dans toute la joie de Bacchus, atteindre le parfait bonheur, c’est enfin être au pavois. » — Ch. Coligny.
Delvau, 1866 : adj. et s. En état d’ivresse. Être pavois. Être gris, déraisonner à faire croire que l’on est gris.
France, 1907 : Timbré ou ivre ; agité de mille pensées confuses et diverses comme les pavillons multiples et multicolores dont se pavoise un navire à certaines fêtes. Ces jours-là, il y a généralement ripaille à bord et les matelots sont pavoisés comme leur vaisseau.
Ne flanche pas si t’es pavois,
Tu n’affurerais que la poix.
(Hogier-Grison)
Pétard
Vidocq, 1837 : s. m. — Haricot.
Clémens, 1840 : Éveil, se faire de la bile.
un détenu, 1846 : Un sou.
Delvau, 1866 : s. m. Bruit, esclandre.
N’bats pas l’quart,
Crains l’pétard,
J’suis Bertrand l’pochard !
dit une chanson populaire.
Delvau, 1866 : s. m. Derrière de l’homme ou de la femme. Se dit aussi pour Coup de pied appliqué au derrière.
Rigaud, 1881 : Derrière. — Haricot. Le haricot est tantôt un musicien, tantôt un pétard, tantôt exécutant, tantôt musique. Allusion compréhensible, même pour les enfants.
Fustier, 1889 : Argot des artistes et des gens de lettres. Succès bruyant.
Pourquoi ce qui n’avait pas réussi jusqu’alors, a-t-il été, cette fois, un événement de librairie ? ce qu’on appelle, en argot artistique, un pétard.
(Gazette des Tribunaux, 1882. )
Fustier, 1889 : Sou.
À droite, un comptoir en étain
Qu’on astique chaque matin.
C’est la qu’on verse
Le rhum, les cognacs et les marcs
À qui veut mettre trois pétards
Dans le commerce.
(Gaulois, 1882)
La Rue, 1894 : Un sou. Soumet. Haricot. Postérieur. Bagarre.
Virmaître, 1894 : Le derrière.
— Crois-tu qu’elle est bien en viande ? Quel riche pétard ! On en mangerait une tranche.
L’allusion se devine ; souvent il tire des feux d’artifice (Argot du peuple). N.
Virmaître, 1894 : Sou. C’est une corruption du mot patard, expression employée par François Villon. En Suisse, il y a des siècles, patard était une monnaie divisionnaire ; en terme de mépris, on disait : un patard de vache (Argot du peuple). N.
Rossignol, 1901 : Le derrière.
Rossignol, 1901 : Sou.
Rossignol, 1901 : Tapage, bruit.
Avez-vous fini de faire du pétard, on n’entend que vous.
France, 1907 : Bruit, tapage.
Comment, v’là d’jà ménuit qui sonne !
Ej’ croyais pas qu’l’était si tard,
C’est vrai qu’on rencont’ pus personne
Et qu’on n’entend pus grand pétard.
Vrai, si j’étais propriétaire,
J’irais ben m’coucher un moment…
Mais je n’suis mêm’ pas locataire…
(Aristide Bruant)
Faire du pétard, faire du bruit, récriminer, protester vigoureusement, causer du désordre.
Autrefois, elle était fantasque,
Capricieuse, et f’sait du pétard,
Ne r’gardant pas à faire un’ frasque,
Encor moins à faire un cornard.
Mais maintenant on peut sur elle
Se reposer de tout souci,
Comme un pigeon dessous une aile…
(Henri Bachmann, La Femme mûre)
Faire un pétard est, en terme littéraire et artistique, produire une œuvre sensationnelle, qui heurte les idées courantes, choque les préjugés bourgeois, et l’on ne se doute pas du nombre de bourgeois que contient le monde artistique et littéraire. En littérature, Nana, d’Émile Zola, fut un pétard ; en peinture, la Salomée de Henri Regnault en fut un également.
Si je fais du théâtre, ce sera pour être joué, et, tout en le faisant comme je comprends qu’il doit être, — l’image de la vie. Je ne casserai aucune vitre, ne lancerai aucun pétard.
(Émile Zola)
France, 1907 : Le derrière, maître Luc, ce que l’intellectuel Armand Silvestre admire le plus chez la femme.
Le timbré s’est fait une théorie bien à lui sur les différents types de femmes. Il prétend qu’il faut être, et il est, lui, gourmand avec les brunes, gourmet avec les blondes, glouton avec les rousses, et goinfre avec les châtaines bien capitonnées, aux tétons fermes et abondants, aux croupes plantureuses et charnues, car l’adjudant apprécie la quantité au même titre que la qualité.
— J’aurais dû rentrer dans l’artillerie ou le génie, dit-il quelquefois, car j’adore les pétards, moi !
(Le Régiment)
Je les ai vus égayant
La foules ivre d’allégresse :
Chacun d’eux, certe, est bruyant
Étincelant, flamboyant,
Mais, je le confesse,
Rentré chez moi sur le tard,
Je me suis dit à moi-même :
« Ces pétards, nom d’un pétard !
Ne valent pas le pétard
De celle que j’aime ! »
(Gil Blas)
France, 1907 : Pièce d’un sou ; corruption du vieux français patard.
— J’aimerais mieux encore turbiner d’achar du matois à la sorgue pour affurer cinquante pétards par luisant que de goupiner.
(Mémoires de Vidocq)
À droite un comptoir en étain
Qu’on astique chaque matin :
C’est là qu’on verse
Les rhums, les cognacs et les marcs
À qui veut mettre trois pétards
Dans le commerce.
(Chanson du Père Lunette)
France, 1907 : Soufflet. Ça claque.
Pèze
Vidocq, 1837 : s. m. — Argent monnoyé.
Larchey, 1865 : Argent (Vidocq). — De pesos, monnaie espagnole.
Rossignol, 1901 / Hayard, 1907 : Argent.
France, 1907 : Argent. Voir Pèse.
Les chouettes zigues qui m’ont fait affurer du pèze…
(Mémoires de Vidocq)
Poix (affurer la)
La Rue, 1894 / France, 1907 : Se faire arrêter.
Quibus
d’Hautel, 1808 : Du quibus. Pour dire des espèces, de l’argent monnoyé.
Larchey, 1865 : « Il a du quibus, c’est à dire des écus, de quibus fiunt omnia. »
(Le Duchat, 1738)
Delvau, 1866 : s. m. Argent, — dans l’argot du peuple.
Rigaud, 1881 : Argent.
Vlà qu’un jour que le quibus répondait à l’appel, je dis à Manon la noceuse…
(Charrin, Une nuit bachique, chans.)
La Rue, 1894 : Argent.
France, 1907 : Argent. D’après Ch. Nisard, quibus serait une corruption du bas latin cuignus, type auquel on frappait la monnaie.
Qui a de quoy tousjours est honoré
De toute gent en chascune saison ;
Car devant tous il sera préféré ;
Sans de quibus, il va à reculon.
(Le Débat de l’homme et de l’argent)
Voici les différentes expressions argotiques pour désigner le « vil métal » : des achetoires, de l’affure, de l’artiche, de l’as, de l’atout, de l’auber, — du bath, du beurre, des billes, de la bougie, de da braise, — du carle, du carme, du cé, de ce qui se pousse, du cercle, — de la dole, de la douille, — des faces, du foin, — de la galette, du gallos, de la galtouze, du gras, du graissage, de la graisse, — de l’huile, de l’huile de main, — des jaunets — du métal, de la miche de profondes, du michon, des monacos, des monnerons, de la mornifle, des mouscaillons, — du nerf, des noyaux, — de l’oignon, de l’oignon pèse, de l’onguent, de l’os, de l’oseille, — des patards, de la pécune, des pépettes, des pépins, du pèze, des pedzoles, des picaillons, des piestos, du plâtre, des plombes, des pimpoins, du pognon, du pouiffe, du poussier, — du quantum, du de quoi, — du radin, des radis, des rouscaillons, — du sable, de la sauvette, du sine qua non, du sit nomen, des soldats, des sonnettes, des sous, — de la vaisselle de poche, — du zing, des zozottes.
Raffurer
Vidocq, 1837 : v. a. — Regagner.
Delvau, 1866 : v. a. Regagner, — dans l’argot des voleurs.
Rigaud, 1881 : Regagner, — dans le jargon des voleurs.
La Rue, 1894 : Regagner.
Virmaître, 1894 : Regagner. C’est le redoublement d’affure (gagner).
— J’ai raffuré du terrain sur les pescailles qui voulaient me paumer (Argot des voleurs).
France, 1907 : Regagner ; argot des voleurs.
Réaffurer
France, 1907 : Regagner ; argot des voleur.
Tailler à la mouillade
France, 1907 : Tailler sur le marbre ; argot des joueurs.
Ne taille pas à la mouillade,
On n’y affure pas civade.
(Hogier-Grison, Maximes des tricheurs)
Tiche
Delvau, 1866 : s. f. Bénéfices plus ou moins réguliers, — dans l’argot des commis de nouveautés.
Rigaud, 1881 : Profit, — dans le jargon des commis de la nouveauté.
La Rue, 1894 : Profit, Aubaine.
Virmaître, 1894 : Bénéfices. Synonyme de guelte. Prime que les directeurs de magasins de nouveautés donnent aux commis qui parviennent à vendre de la marchandise avariée ou des rossignols. Tiche, en ce cas, est de la même famille qu’affure (part de vol) (Argot des calicots).
France, 1907 : Bénéfice, profit ; argot des commis de nouveauté.
Tresser des chaussons de lisières
Virmaître, 1894 : Occupation des prisonniers dans les maisons centrales.
— À tresser des chaussons de lisières pendant dix berges, j’ai affuré quatre sigues ! (Argot des voleurs).
Zinc
Delvau, 1866 : s. m. Chic, — dans le même argot [des faubouriens]. Avoir du zinc. Avoir une brillante désinvolture.
Delvau, 1866 : s. m. Maladie vénérienne, — dans l’argot des faubouriens.
Delvau, 1866 : s. m. Voix métallique et solide, — dans l’argot des coulisses. Avoir du zinc. Avoir une voix sonore. On dit aussi Être zingué.
Rigaud, 1881 : Argent. — Comptoir de marchand de vin. — Prendre un canon sur zinc.
Des poivrots, le coude sur le zinc, riaient au nez des petites.
(Huysmans, les Sœurs Vatard)
La Rue, 1894 : Argent. Comptoir de marchand de vin. Syphilis.
Virmaître, 1894 : Argent monnayé.
— J’ai du zinc dans ma profonde, nous pouvons aller de l’avant (Argot du peuple).
Virmaître, 1894 : Le comptoir du mastroquet. Allusion au plomb qui couvre le comptoir. Boire sur le zinc, c’est boire debout.
— Viens-tu licher un glacis sur le zinc, j’ai dix ronds d’affure (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : Comptoir de marchand de vins.
Je n’ai pas le temps, je veux bien accepter quelque chose, mais nous prendrons ça sur le zinc.
Hayard, 1907 : Comptoir de marchand de vin.
France, 1907 : Argent, monnaie.
France, 1907 : Comptoir de marchand de vin.
Près des Halles centrales, dans un sous-sol, aux faibles lueurs des becs de gaz, entre le zinc du tenancier et un orchestre composé d’un piano, d’un violon et d’une basse, on voit des enfants s’agiter, polker, valser, et autour d’eux rôde une immonde clientèle d’érotomanes et de gagas. Les mères ou leurs remplaçantes absorbent des saladiers de vin chaud, de punch au rhum, et, le long du Marché-aux-Anges, on heurte des mégères ivres, titubantes ou étendues sur le plancher, cuvant leur vin.
Mignonnes ouvrières, trottins, petits abandonnés des deux sexes, vagabonds et vagabondes, tous les oiseaux sans nid, autant de numéros de parisiens ; et les matrones des départements et de l’étranger y amènent de la marchandise, comme d’autres des animaux sur le marché de la Villette.
(Dubut de Laforest, La Traite des blanches)
Le comptoir, à l’intérieur, donnait le sentiment de la proximité des faubourgs. C’était le zinc traditionnel, avec sa fontaine à eau couverte, ses bouteilles multicolores alignées derrière le patron qui, debout dès l’aube, en gilet à manches, hiver comme été, versait le marc, l’absinthe et le vin blanc aux ouvriers se rendant au travail.
(É. Zola, La Conquête de Plassans)
Zinc des ratichons, Maître autel.
France, 1907 : Costume de gymnastique à l’École polytechnique, appelé ainsi dans l’argot des élèves parce que la toile en est de couleur grisâtre.
France, 1907 : Élégance, chic.
— Je joue le rôle d’un pigeon du Jockey-Club qui se croit aimé pour lui-même… Il faut que j’aie du zinc ce soir.
(Philippe Auderbrand)
France, 1907 : Uniforme chamarré de haut fonctionnaire.
La soirée du ministre était fort brillante et les ambassadeurs, les ministres plénipotentiaires, les attachés militaires étaient là dans leurs costumes chamarrés. Les préfets mêmes avaient sorti leur frac, avec joie, car le préfet de la Seine s’était pavané depuis le matin dans le sien et on l’avait entendu s’écrier plusieurs fois :
— Enfin, j’ai donc sorti mon zinc ! Il ne sera pas dit que mes administrés ne m’auront pas admiré dans mon zinc.
(Edgar Monteil, Le Monde officiel)
France, 1907 : Voix métallique dans l’argot des chanteurs. Avoir du zinc, c’est avoir un organe vocal bien timbré.
Peut-être a-t-on choisi le zinc de préférence à tout autre métal, à cause de son rapprochement avec les verbe anglais to sing, chanter.
(Émile Gouget, L’Argot musical)
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