Vidocq, 1837 : s. m. ab. — Acharnement.
France, 1907 : Voir Autor.
Arriviste
France, 1907 : Jeune ambitieux sans scrupule qui veut arriver à tout prix, dût-il marcher sur le corps de son père.
Ah ! le joli mot : Arriviste ! Il peint un temps, il caractérise une époque. J’envie M. Alcanter de Brahm qui l’a trouvé. La lettre A de la nouvelle édition du Dictionnaire est achevée ; je le regrette : j’aurais combattu pour l’entrée officielle de ce mot nouveau dans la langue. L’Arriviste, c’est le mot-type. Sarcey parlait avec acharnement de la scène à faire : la comédie à faire, la comédie moderne, c’est l’Arriviste.
(J. Claretie)
Autor et achar (d’)
Hayard, 1907 : D’autorité, avec acharnement.
Autor et d’achar (d’)
Delvau, 1866 : Apocope d’Autorité et d’Acharnement, qu’on emploie, — dans l’argot des faubouriens, — pour signifier : Vivement, sans répliquer, en grande hâte.
Rigaud, 1881 : D’autorité et avec acharnement. Terme employé par les joueurs d’écarté, lorsqu’ils jouent sans aller aux cartes. Jouer d’autor et d’achar. — Faire de l’autor. Prendre des airs autoritaires.
France, 1907 : Achar est l’acopoque d’acharnement. Travailler d’autor et d’achar, se mettre énergiquement à l’œuvre.
Et d’autor et d’achar
Enfonce le jobard.
(Xavier de Montépin)
Autor et d’achard (d’)
Virmaître, 1894 : Abréviation d’autorité et d’acharnement. Lorsque deux joueurs font une partie d’écarté et que l’un demande des cartes à son adversaires, l’autre lui répond : Non, j’y vais d’autor et d’achard (Argot du peuple).
Bucher
Virmaître, 1894 : Frapper fort, allusion au bûcheron. Bucher (se) : Se battre avec acharnement. Bucher le bouleau : attaquer avec énergie une pièce de bois (Argot des sculpteurs). N.
Virmaître, 1894 : Travailler.
— Je suis dans mon dur, je buche ferme. (Argot du peuple).
Costière ou côtière
France, 1907 : Poche secrète dont se servent les grecs, ouverte sur le côté du gilet.
Aussi se promit-il de faire agir avec plus d’adresse, plus d’acharnement, les rois, les atouts et les as qu’il tenait en réserve dans sa côtière.
(Mémoires de M. Claude)
Dachar
Rossignol, 1901 : Acharnement.
Homme de paille
Larchey, 1865 : Homme couvrant de son nom des actes, des écrits qui n’émanent pas de lui. Le journalisme et la finance emploient fréquemment l’homme de paille.
Ce Claparon fut pendant six ou sept ans l’homme de paille, le bouc émissaire de deux de nos amis.
(Balzac)
Quoi qu’il arrive, M. Bitterlin aurait été… son homme de paille, son gérant, son compère.
(About)
Larchey, 1865 : Homme étranger aux choses accomplies sous la responsabilité de son nom.
Delvau, 1866 : s. m. Bonhomme, pauvre homme et homme pauvre, — dans l’argot du peuple, qui emploie cette expression depuis quelque trois cents ans, comme le témoigne cette épigramme du Seigneur des Accords :
Jean qui estoit homme de paille,
N’ayant que mettre sous la dent,
Prit une vieille et de l’argent :
Maintenant il vit et travaille.
Delvau, 1866 : s. m. Gérant responsable, machine à signatures, — dans l’argot des bourgeois. Les Anglais, qui ont inventé les sociétés en commandite, devaient inventer le man of straw, — et l’homme de paille fut.
France, 1907 : Gérant responsable, homme qui figure seulement sur le papier, qui reste étranger à ce que l’on fait sous son nom.
Et, à ce propos, les courses de taureaux antiques nous donnent le mot d’une expression passée dans le langage moderne courant, sans que beaucoup de personnes en connaissent l’origine. Pour sauver l’homme que le taureau poursuivait avec acharnement, on jetait dans l’arène un mannequin rempli de paille et de foin, habillé comme les coureurs. La bête furieuse se précipite sur ce mannequin et le lançait en l’air en le transperçant, ce qui donnait à l’homme le temps d’échapper. De là l’expression homme de paille employée pour caractériser l’individu mis aux lieu et place d’un autre et qui reçoit les coups destinés à ce dernier.
(Paul Fresnays)
L’absinthe ne vaut rien après déjeuner
Boutmy, 1883 : Locution peu usitée, que l’on peut traduire : Il est désagréable, en revenant de prendre son repas, de trouver sur sa casse de la correction à exécuter. Dans cette locution, on joue sur l’absinthe, considérée comme breuvage et comme plante. La plante possède une saveur amère. Avec quelle amertume le compagnon restauré, bien dispos, se voit obligé de se coller sur le marbre pour faire un travail non payé, au moment où il se proposait de pomper avec acharnement. Déjà, comme Perrette, il avait escompté cet après-dîner productif.
Manger le nez (se)
Delvau, 1866 : Se battre avec acharnement, — dans l’argot des faubouriens, qui jouent parfois des dents d’une manière cruelle. Par bonheur, ils jouent plus souvent de la langue, et, dans leurs « engueulements », — qui rappellent beaucoup ceux des héros d’Homère, — s’il leur arrive de dire, en manière de début : « Je vais te manger le nez ! » ils se contentent de se moucher.
France, 1907 : Se battre. Cette expression n’est pas seulement symbolique, elle exprime une réalité, et, dans les disputes et les batailles des souteneurs et des voyous de barrière, il arrive souvent que l’un des adversaires coupe d’un coup de dents le nez de l’autre.
Puisque ce rêve de paix universelle est traité d’utopie par ceux-là mêmes qui auraient le plus d’intérêt à le propager : puisque, à les en croire, l’humanité se mangera le nez et les tripes jusqu’à la consommation des siècles, pourquoi laisser place à la confusion, pourquoi ne pas préciser le mode de meurtre qui conciliera à son auteur le plus d’indulgence — et, parfois, de sympathie ?
(Séverine)
Ne vaut rien après déjeuner ! (l’absinthe)
France, 1907 : Cette locution des typographes, qui n’est plus guère usitée, peut se traduire ainsi : Il est désagréable, en revenant de prendre son repas, de trouver sur sa casse de la correction à exécuter. Dans cette locution, on joue sur l’absinthe considérée comme breuvage et comme plante. La plante possède une saveur amère. Avec quelle amertume le compagnon restauré, bien dispos, se voit obligé de se coller sur le marbre pour faire un travail non payé au moment où il se proposait de pomper avec acharnement ! (Argot des typographes)
Pétroleur
Rigaud, 1881 : Marchand de vin, — dans le jargon des ouvriers qui ont à se plaindre des consommations ou à qui le marchand de vin réclame avec acharnement de l’argent.
Pile
d’Hautel, 1808 : N’avoir ni croix ni pile. Être dépourvu, dénué d’argent.
Delvau, 1866 : s. f. Correction méritée ou non, — dans l’argot des faubouriens.
Rigaud, 1881 : Volée de coups de poing et de coups de pied. — Pile sterling, forte pile, tout ce qu’il y a de mieux en fait de pile. — Flanquer une pile que le diable en prendrait les armes, battre avec acharnement.
La Rue, 1894 : Correction, volée de coups. Valeur de 100 francs.
France, 1907 : Cent francs ; allusion au rouleau d’écus.
France, 1907 : Volée de coups. Flanquer une pile à sa femme.
— Après la pose de la première pierre du pont-Alexandre III par le tsar, pose de la première pierre du pont Troïtsky par le président de la République…
— Et l’on peut dire des piles de ces ponts-là que ce sont les seules que deux grandes nations devrait jamais échanger !
(Est républicain)
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