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Accessoires

Delvau, 1866 : s. m. pl. Matériel servant à meubler la scène ; tous les objets dont l’usage est nécessaire à l’action d’une pièce de théâtre, depuis la berline jusqu’à la croix de ma mère. Les acteurs emploient volontiers ce mot dans un sens péjoratif et comme point de comparaison. Ainsi, du vin d’accessoires, un poulet d’accessoires, etc., sont du mauvais vin, un poulet artificiel, etc.

Virmaître, 1894 : Objets de théâtre. Dans le peuple, on donne à ce mot un tout autre sens : accessoires, les testicules (Argot du peuple). N.

Assoce

Rigaud, 1881 : Associée, — dans le jargon des couturières. Dans les grands ateliers de couture, les ouvrières travaillent deux à deux, et elles s’appellent « associées. » La première associée fait les garnitures des corsages et la seconde associée les accessoires : boutonnières, doublures, etc.

Chicard

Halbert, 1849 : Pas mal.

Larchey, 1865 : Le héros du carnaval de 1830 a 1850. Son costume, bizarre assemblage d’objets hétéroclites, se composait le plus souvent d’un casque à plumet colossal, d’une blouse de flanelle et de bottes fortes. Ses bras à moitié nus s’enfonçaient dans des gants à manchette de buffle. Tel était le fond de la tenue ; quant aux accessoires, ils variaient à l’infini. Celui qui le premier mit ce costume à la mode était un marchand de cuirs ; son chic le fit nommer Chicard. Il donna des bals et inventa un pas nouveau.

Et puis après est venu Chicard, espèce de Masaniello qui a détrôné l’aristocratie pailletée des marquis, des sultans et a montré le premier un manteau royal en haillons.

(M. Alhoy)

L’homme de génie qui s’est fait appeler Chicard a modifié complètement la chorégraphie française.

(T. Delord)

La sage partie du peuple français a su bon gré à maître Chicard d’avoir institué son règne de mardi-gras.

(J. Janin)

Mais qu’aperçois-je au bal du Vieux Chêne ? Paméla dansant le pas chicard.

(Chauvel)

Delvau, 1866 : adj. et s. Superlatif de Chic. Ce mot a lui-même d’autres superlatifs, qui sont Chicandard et Chicocandard.

Delvau, 1866 : s. m. Type de carnaval, qui a été imaginé par un honorable commerçant en cuirs, M. Levesque, et qui est maintenant dans la circulation générale comme synonyme de Farceur, de Roger-Bontemps, de Mauvais sujet.

Rigaud, 1881 : Costume carnavalesque mis à la mode, pendant la période de 1830 à 1850, par une célébrité chorégraphique qui lui donna son nom ou plutôt son surnom. Les chicards ont révolutionné les bals publics et, pendant vingt ans, ils ont imprimé une grande vogue à la descente de la Courtille. — La danse de Chicard, leur maître, n’a jamais été ni bruyante, ni extravagante. Il procédait à pas serrés, mimant, grimaçant, roulant ses gros yeux en boule de loto. Grande fut sa gloire. On a dit le « pas chicard » pour rappeler sa manière, chicarder, danser comme Chicard. On a créé les vocables chicandar, chicocan-dar, pour désigner quelque chose de très chic comme l’inventeur du fameux pas qui, lui-même, a dû son sobriquet au chic qui le caractérisait. Chicard a passé, son pas n’est plus, seul le mot chic, le radical, a survécu.

France, 1907 : Superlatif de chic.

Vrai, c’en était un’ joli fête :
Y avait du punch et du pomard,
On s’piquait l’nez dans son assiette,
C’était un’ noce un peu chicard !
Vrai, c’était chicard !
Ma bell’ mère était tés aimable,
Parait qu’elle ador’ le bon vin,
C’est p’t’êtr’ ben pour ça qu’à la fin
On l’a retrouvé’ sous la table !

(Aristide Bruant)

On dit aussi chicandard et chicocandard.

France, 1907 : Type de carnaval, inventé vers 1830 par un honnête commerçant de Paris. Le costume se composait d’un casque à plumet, d’une blouse, de bottes de gendarme et de gants de grosse cavalerie. Il est tombé en désuétude, après avoir été fort illustré dans les caricatures de Gavarni. Il y avait le pas chicard, qu’on appelle aussi chicarder.

Chicard était un gringalet passionné, silencieux, et dévoré de la manie de la danse obscène. Sa méthode consistait à se trémousser sur place, avec force gestes indécents et une physionomie immuable. Le pince-sans-rire de la polissonnerie. Il ne parlait à personne : au pied d’un arbre d’un jardin public, se tenait son sérail, composé des plus jolies filles, toutes gloires futures de la Cuisse en l’air et de la Jambe en cerceau. Quand le quadrille préludait, ce Vestris de la braguette désignait une d’elles, et, sans mot dire, se rendait à son ouvrage. C’est alors que froidement, l’œil atone et le visage immobile, le danseur commençait ses petites cochonneries devant un public idolâtre formant galerie et plus tard lui faisant cortège.
Pétit, court de jambes, une tête avec des cheveux blancs coupés ras, il portait un veston, un pantalon flottant, des chaussettes en filoselle et des escarpins. Ce Chicard s’appelait de son vrai nom M. Levêque. Notable commerçant de Paris, marchand en gros de cuir brut, sa signature était cotée premier crédit à la Banque.

(Gil Blas)

Filer une

Rigaud, 1881 : Repousser, culbuter, — dans le jargon des voyous. — Y veut m’coller un coup de sorlot dans les accessoires, je l’y file une pousse et l’envoie dinguer sur le trime où il prend un potage à la julienne.

Garçon d’accessoires

Delvau, 1866 : s. m. Employé chargé de la garde du magasin où sont renfermés les accessoires. Argot des coulisses. On dit aussi Accessoiriste.

Montant

Vidocq, 1837 : s. m. — Pantalon.

Clémens, 1840 / M.D., 1844 / un détenu, 1846 / Halbert, 1849 : Pantalon.

Larchey, 1865 : Pantalon. — Le mot a été fait pour les anciennes culottes qui montaient assez haut. — V. Tirant.

Delvau, 1866 : s. m. Forte saveur ; relief bien accusé. Se dit à propos des choses et des personnes. Une phrase a du montant quand elle est énergique. Une femme a du montant quand elle a du cynisme.

Delvau, 1866 : s. m. Pantalon, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Bas.

Quoi que ça veut dire ? criait une autre, des montants de soie dans de vieux ripatons !

(Huysmans, les Sœurs Vatard)

Rigaud, 1881 : Mur. — Pantalon ; c’est le mur de la décence.

La Rue, 1894 : Mur. Pantalon. Pas.

Virmaître, 1894 : Pantalon. Il monte en effet le long des jambes. Le montant à pattes d’éléphant est, depuis des années, le signe distinctif des citoyens à trois ponts (Argot des souteneurs). V. Falzar. N.

Rossignol, 1901 / France, 1907 : Pantalon.

France, 1907 : Saveur au physique ou au moral ; excitant. Un vin qui a du montant, une femme qui a du montant.

Lorsqu’une blonde se mêle d’être piquante… elle a encore plus de bouquet, plus de montant qu’une brune.

(Eugène Sue)

L’amour charnel, qui n’est fait que de sensualité, est inspiré soit par la beauté, soit par l’élégance, soit par le montant, soit par l’étrangeté. La beauté, l’élégance et l’étrangeté sont trois accessoires de l’amour dont l’importance mérite une étude spéciale… Au montant peut suffire l’honneur d’un paragraphe.
Le montant — qui est une expression à la fois mondaine et argotique — consiste dans le mélange impressionnant de la laideur et de l’élégance ou de l’étrangeté jointe à la simplicité. Une femme a du montant quand, sans avoir rien de régulier et d’habituel en elle-même, elle se distingue par quelque particularité qui parle aux sens. Cette femme-là n’est point invoquée par les chercheurs de sensations, mais, quand elle se présent, elle fouette impérieusement le désir.

(Machecoul, Don Juan)

Savonnette à vilains

France, 1907 : On appelait ainsi par dérision certaines charges qui, sous l’ancien régime, octroyaient la noblesse à celui qui les achetait et qui, de cette façon peu glorieuse, se décrassait de la roture.

Dans les pays d’aristocratie, le lit est la meilleure savonnette à vilains. Partager le sommeil d’un fils d’empereur équivaut à la plus haute action d’éclat et Blanche des Tilleuls, à son tour, aurait pu écarteler son blason récent d’accessoires de toilette rivaux du pal et de l’écu de ceux-là qui opposèrent la croix de leurs épées au cimeterre des compagnons de Saladin.

(Ed. Lepelletier)

On dit aussi quelque fois que la femme est une savonnette à vilains, en ce sens qu’en nombre de cas elle décrasse son mari, le dégrossit, lui enlève ses manières de rustre.

Smala

Delvau, 1866 : s. f. Famille, ménage, — dans l’argot des troupiers qui ont fait les campagnes d’Afrique. Se dit depuis la prise de la smala d’Abd-el-Kader par le duc d’Aumale.

France, 1907 : Ménage complet, femme, enfants et accessoires. Le mot vient d’Afrique. La smala ou smalah est le campement arabe, tentes, famille, troupeaux.

Ustensilier

Rigaud, 1881 : Employé chargé, dans un théâtre, de la disposition et de l’enlèvement des accessoires de petite dimension. (A. Bouchard)

France, 1907 : Chef d’accessoires, argot théâtral.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique