Entrez le mot à rechercher :
  Mots-clés Rechercher partout 


Abéquer

Larchey, 1865 : Nourrir. — Abéqueuse : Nourrice (Vidocq). — De l’ancien mot abêcher : donner la becquée. V. Roquefort.

Delvau, 1866 : v. a. Nourrir quelqu’un, lui donner la béquée, — dans l’argot du peuple, qui prend l’homme pour un oiseau.

La Rue, 1894 : Nourrir. Abéqueuse, nourrice.

France, 1907 : Nourrir quelqu’un, dans l’argot du peuple. Donner la béquée. Nous avons les vieux mots béquiller, becqueter, pour manger, d’où Tortiller du bec.

Abéqueuse

Delvau, 1866 : s. f. Nourrice ou maîtresse d’hôtel.

Virmaître, 1894 : Maîtresse d’hôtel ou nourrice : elles donnent la becquée. Cette expression s’applique depuis peu aux voleuses qui dévalisent les magasins de nouveautés en se servant d’un enfant. Ce vol nécessite trois personnages : la mère, la nourrice et le momignard. Tous trois entrent dans un magasin. La mère se fait montrer les étoffes. Elle détourne l’attention du commis par un manège quelconque. Profilant de ce moment, elle fait tomber à terre une pièce d’étoffe. La nourrice se baisse, comme pour y déposer l’enfant un instant, et cache prestement l’objet sous la pelisse du petit. Aussitôt elle le pince fortement. L’enfant crie comme un possédé. Elle fait semblant d’essayer de le calmer, mais elle le pince encore plus fort. Ses cris redoublent. Alors la mère témoigne d’une impatience très vive.
— Te tairas-tu, lui dit-elle ; allez-vous en, nourrice. Nous reviendrons une autre fois.
Leur manière d’opérer se nomme le vol à la nourrice (Argot des voleurs). N.

France, 1907 : Nourrice ou maîtresse d’hôtel.

Abèqueuse

Vidocq, 1837 : s. f. — Nourrice.

Détourneuse au momignard

Virmaître, 1894 : V. Abéqueuse.

France, 1907 : Variété des voleuses de magasins. « Ce vol, dit Ch. Virmaître, nécessite trois personnes : la mère, la nourrice et le momignard. Tous trois entrent dans un magasin. La mère se fait montrer les étoffes. Elle détourne l’attention du commis par un manège quelconque. Profitant de ce moment, elle fait tomber à terre une pièce d’étoffe. La nourrice se baisse, comme pour y déposer l’enfant un instant, et cache prestement l’objet sous la pelisse du petit. Aussitôt elle le pince fortement. L’enfant crie comme un possédé. Elle fait semblant d’essayer de le calmer, mais elle le pince encore plus fort. Ses cris redoublent. Alors la mère témoigne une impatience très vive : — Te tairas-tu ? lui dit-elle ; allez-vous-en, nourrice. Nous reviendrons une autre fois. »
On dit aussi dans le même sens : détourneuse à la nourrice.

Momignard

Delvau, 1866 : s. m. Petit garçon, plus petit encore que le môme. On dit au féminin Momignarde.

Virmaître, 1894 : Diminutif de môme. Petit enfant (Argot des voleurs). V. Abéqueuse.

Rossignol, 1901 : Petit enfant.

France, 1907 : Diminutif de môme.

Pauvre momignarde ! à l’âge où tous les gosses devraient jouer, courir, sauter, offrir aux baisers du soleil leur front en liberté, être déjà maman ; remplacer, qui sait ! la mère partie, peut-être pour le tombeau.
… Aussi nul enjouement, nulle gaieté, un sourire grave, un regard lent, comme en ont les vieux. Déjà « grande personne », déjà expérimentée, déjà mère de famille, l’aspect connu de la femme « qui à souffert » — à huit ans !

(Montfermeil, La Nation)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique