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Bazof

France, 1907 : Sous-officier, argot de Saint-Cyr ; de l’ancien mot dont on les désignait avant la Révolution : bas officiers.

Et les méchants tours tant de fois joués aux bazofs, ces bêtes noires, les omelettes topographiques arrosées de vin blanc dans les auberges de Bouviers et de Fontenay-le-Fleury, les sorties sans permission, le dimanche, où l’on se défilait au retour, le cœur battant, devant le « ringard » appuyé sur sa canne.

(René Maizeroy)

Col (se pousser du)

Larchey, 1865 : Se faire valoir. Passer la main sous le menton en renversant la tête est un geste de présomptueux.

Toi qui te poussais tant du col, Nous t’avons pris Sébastopol.

(Remy, Chanson, 1856)

Rigaud, 1881 : Porter un col de chemise haut, bien blanc et bien empesé. — Au figuré, c’est énumérer les qualités qu’on croit avoir, c’est les faire ressortir comme si on les exhibait du col de la chemise que la main tire en haut.

France, 1907 : Se faire valoir, se vanter.

Officier de tango, de topo

La Rue, 1894 : Tricheur au jeu, grec.

Officier de topo

Delvau, 1866 : s. m. Homme qui triche au jeu de la bassette, — dans l’argot des joueurs. On dit aussi Officier de tango.

Polonais

Delvau, 1866 : s. m. Épouvantail dont on menace les perturbateurs dans les maisons suspectes, mais tolérées. Quand la dame du lieu, à bout de prières, parle de faire descendre le Polonais, le tapage s’apaise comme par enchantement. « Et le plus souvent, dit l’auteur anonyme moderne auquel j’emprunte cette expression, le Polonais n’est autre qu’un pauvre diable sans feu ni lieu, recueilli par charité et logé dans les combles de la maison. »

Delvau, 1866 : s. m. Ivrogne, dans l’argot du peuple. L’expression, quoique injurieuse pour une nation héroïque, mérite d’être conservée, d’abord parce qu’elle est passée dans le sang de la langue parisienne, qui s’en guérira difficilement ; ensuite parce qu’elle est, à ce qu’il me semble, une date, une indication historique et topographique. Ne sort-elle pas, en effet, de l’ancienne rue d’Errancis, — depuis rue du Rocher, — au haut de laquelle était le fameux cabaret-guinguette dit de la Petite-Pologne, et ce cabaret n’avait-il pas été fondé vers l’époque du démembrement de la Pologne ?

Rigaud, 1881 : Petit fer à repasser les dentelles, — dans le jargon des blanchisseuses.

Fustier, 1889 : Souteneur. — Sorte de fer à repasser. Argot des blanchisseuses.

La Rue, 1894 : Souteneur.

France, 1907 : lvrogne ; argot populaire. D’après Alfred Delvau, cette expression viendrait non du vice d’ivrognerie attribué à tort à une nation malheureuse, mais d’un cabaret guinguette appelé la petite Pologne, ouvert dans la rue des Errancis, aujourd’hui rue du Rocher, et fort achalandé vers le milieu du XIXe siècle.

France, 1907 : Personnage imaginaire chargé de maintenir le bon ordre dans les lupanars. Cette expression n’eut cours qu’après le démembrement de la Pologne, où nombre de pauvres Polonais expulsés en étaient réduits à tous les expédients pour vivre.

Quand la dame du lieu, à bout de prières, parle de faire descendre le Polonais, le tapage s’apaise comme par enchantement.

(Alfred Delvau)

France, 1907 : Petit fer dont se servent les dames.

Elle promenait doucement, dans le fond de la coiffe, le polonais, un petit fer arrondi des deux bouts.

(Émile Zola, L’Assommoir)

Sébasto

Rossignol, 1901 : Synonyme de balloches ; c’est un diminutif de Sébastopol, et lorsque l’on dit boulevard Sébasto, c’est pour faire un jeu de mots en faisant allusion aux bastos à lui.

Topard

France, 1907 : Officier d’état-major ; allusion aux travaux topographiques. Argot militaire.

Topo

Larchey, 1865 : Officier d’état-major, plan topographique.

Delvau, 1866 : s. m. Plan topographique, — dans l’argot des officiers d’état-major. Se dit aussi pour Officier d’état-major.

Rigaud, 1881 : État-major. — Officier d’état-major.

Rigaud, 1881 : Remontrance de professeur à élève, — dans le jargon des collégiens ; du grec topos, lieu commun, discours banal.

Rigaud, 1881 : Topographie, par apocope.

Merlin, 1888 : Apocope de plan topographique.

Fustier, 1889 : Circulaire ; proposition, motion. Argot des élèves de l’École polytechnique.

France, 1907 : Discours.

Le président s’était levé, agitant son grelot avec une impatience feinte pour réclamer le silence, et il débitait un topo sans prétention, remerciant les « petits amis » d’avoir répondu avec tant d’empressement à son invitation…

(André Desroches, L’Éternelle illusion)

France, 1907 : Officier d’état-major.

France, 1907 : Plan topographique ; abréviation de topographie ; argot militaire et des écoles.

Celui qui, par hasard, n’est pas pris par un service, reste du coin du feu, relit pour la vingtième fois un vieux journal de l’avant-dernier courrier, met son carnet à jour, dessine quelque topo des environs.

(Dick de Lonlay, Au Tonkin)

À l’École polytechnique, on donne le nom de topo non seulement à tout dessin qui représente le plan d’un terrain, mais à toute feuille imprimée ou manuscrite que les élèves se communiquent entre eux, soit dans un but sérieux, soit pour servir d’amusement.

(A. Lévy et G. Pinet)

Topo torsif est dans le même argot la feuille de papier que les élèves font circuler dans les salles, pour dissiper l’ennui et la fatigue des trop longues études et sur laquelle s’agitent les propositions les plus saugrenues, les idées les plus baroques.

Typo

Larchey, 1865 : Ouvrier topographe.

Delvau, 1866 : s. m. Apocope de Typographe, — dans l’argot des compositeurs d’imprimerie.

Rigaud, 1881 : Typographie. — Ouvrier typographe.

Boutmy, 1883 : s. m. Typographe, dont il est l’abréviation. Il signifie exclusivement compositeur, et a remplacé la vieille dénomination de singe. Par imitation, les compositrices se qualifient de Typotes.

France, 1907 : Abréviation populaire de typographe.
Portrait d’un typo, dédié à ceux du Dictionnaire d’Argot :

Il me fit une agréable impression. Joyeux comme un bourdon, il sortait le matin de sa coquille, tuait le ver, et s’écriait : Redoublons ! Bref, un vrai caractère. Le soir, il se payait une féérie, et, parmi les figurantes, il gobait de préférence celles mises en pages.

Voyage (le)

Delvau, 1866 : Le tour de France, — dans l’argot des saltimbanques. Se connaître sur le voyage. Pendant la tournée départementale.

Rigaud, 1881 : Le tour de France, — dans le jargon des saltimbanques.

Virmaître, 1894 : Les saltimbanques qui font le tour de France dans leur roulotte voyagent constamment. On dit de ceux qui connaissent parfaitement leur topographie :
— Ils se connaissent en voyage. (Argot des saltimbanques).


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique