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Chapaut

France, 1907 : Bavard, celui dont la parole va comme le « clapotage de l’eau. » (V. Lespy et P. Raymond)

Délinquement

France, 1907 : Délit, faute : vieux français.

Blanquine de Laborde ayant été séduite par Jean du Ganser, le sénéchal d’Oloron condamna ce dernier à payer à sa victime pour son délinquement et récompense de la défloration cinquante écus petits et une vache pleine ou avec son veau.

(V. Lespy et P. Raymond)

Fadrine

France, 1907 : Fille ou femme de mauvaise vie.

C’est le nom donné par l’un des personnages des Églogues de Fondeville à la femme que prit Calvin, laquelle faisait profession « de ha l’homi cornart per gran devotion », de cocufier son mari par grande dévotion. Dans la commune de Lée, il y avait, en 1835, une maison désignée ainsi : L’ostau de la fadrine.

(Paul Raymond)

Farambole

France, 1907 : Farandole.

Dans notre farambole, les derniers jours de carnaval, des personnes se tenant par la main en longue file se mettent en mouvement et vont s’enroulant et se déroulant à plusieurs reprises. Elles chantent :

À la farandole qui ba,
Qui bien, qui bole ;
À la farandole
Qui bien, qui bole, qui ba !

À la farandole qui va, qui vient, qui vole ; à la farandole qui vient, qui vole, qui va.

(V. Lespy et P. Raymond)

Humanitaire

Larchey, 1865 : « L’humanitaire est le zélateur d’une secte récente née du dégoût de nos troubles politiques… L’humanitaire est le radical par excellence. Petites ou grandes, à ses yeux, toutes les réformes se tiennent. » — M. Raymond.

Lécassine

France, 1907 : Espèce de champignon, la mérule chanterelle. Lorsqu’on en fait un mets, il ne faut pas ménager la graisse ; aussi dit-on proverbialement : « Gourmand comme une lécassine. »

(V. Lespy et P. Raymond)

Lime-sourde

France, 1907 : Sournois. Le mot est vieux : on le trouve dans Rabelais :

… les oultrageaient grandement, les appelant trops-diteux, bresche-dents, plaisants rousseaulx, galliers, chie-en-licts, averlans, limes sourdes.

Lime-sourde ne viendrait-il pas du béarnais limassourd, sournois, c’est-à-dire faire le sourd comme une limace, ainsi que l’écrivait Houre :

Voltaire a dit au sujet de l’escargot et de la limace : Je crois une et l’autre espèce sourdes, car, quelque bruit qu’on fasse autour d’elles, rien ne les alarme… Il n’est pas le premier qui ait observé cette surdité ; les Béarnais ont une certaine expression qui le prouve. Ils appellent limachourd un homme rusé qui feint de ne pas entendre. Le colimaçon se nomme limac dans leur idiome, et limac-sourd veut dire colimaçon sourd ; de manière que l’on compare, en Béarn, la surdité apparente de cet homme à la surdité réelle du colimaçon. Il fait le limassourd, prononcent les Béarnais, pour dire : Il feint la surdité du limaçon, parce qu’il ne veut pas entendre.

(Aventures de Messire Anselme, 1796)

Lime-sourde se rapporterait donc plutôt au limaçon qu’à la lime. Dans ce cas, font observer V. Lespy et P. Raymond, l’expression faire la fine sourde aurait une autre signification que celle qui lui a été donnée dans la Petite Encyclopédie des Proverbes : « Chercher par des menées secrètes à nuire à quelqu’un. »

Loup (tuer le)

France, 1907 : Faire ripaille sans bourse délier. L’origine de cette expression méridionale mérite d’être citée. Elle montre qu’autrefois comme aujourd’hui Messieurs des municipalités savaient dauber les bons contribuables : « Les jurats, les conseillers municipaux d’Ossau ne se réunissaient jamais, pour traiter des affaires communales, sans se livrer, avant, pendant ou après la session, à quelque réjouissante inter pocula. La frairie était d’autant plus copieuse qu’aucun d’eux n’avait à se préoccuper de ce que lui coûterait son écot. Tout se payait sur les fonds de la communauté. Mais ces dépenses n’étant pas au nombre de celles qui pussent être autorisées par les règlements et les lois, on les consignait au budget sous la rubrique fallacieuse « d’indemnités accordées pour la destruction des loups ». Selon que la ripaille avait été plus ou moins forte, on inscrivait que l’indemnité avait été « accordée pour la destruction d’un loup, d’un ours ou d’une ourse ». De là les expressions graduées tuer le loup, faire ripaille ; tuer l’ours, faire grande ripaille ; tuer l’ourse, faire une ripaille pantagruélique. »

(V. Lespy et P. Raymond)

Notaire

d’Hautel, 1808 : C’est autant que si les notaires y avoient passé. Se dit d’un homme qui observe exactement la parole.

Delvau, 1866 : s. m. Comptoir du marchand de vin, — dans l’argot des faubouriens, qui y font beaucoup de transactions, honnêtes ou malhonnêtes, et un certain nombre de mariages à la détrempe.

France, 1907 : Boutiquier qui fait crédit. Il inscrit, note les achats.

France, 1907 : C’est, pour les gens de la campagne, le synonyme d’homme d’esprit, de savant par excellence et aussi celui de l’homme menant une existence heureuse, confortable, bien au-dessus de celle du vulgaire. Savant comme un notaire, écrire comme un notaire, vivre comme un notaire sont des expressions courantes chez la plupart des paysans.
Il paraitrait cependant qu’il n’en a pas toujours été ainsi, du moins relativement au savoir des notaires qui, à une certaine époque, devait être bien médiocre, ainsi que le font observer MM. V. Lespy et P. Raymond, si l’on en juge par cette expression proverbiale usitée dans la vallée d’Ossau pour signifier qu’un jeune homme n’apprend pas grand’chose : Qu’en sabera prou ta sta noutari, il en saura assez pour être notaire. « Son père l’ayant fait instruire à écrire dans quelque ville voisine, en rendit enfin un beau notaire de village. »

(Montaigne, Essais)

Le notaire y a passé, il n’y a plus à y voir, on ne peut plus s’en dédire.

France, 1907 : Comptoir des marchands de vin : il reçoit l’argent ; et par ampliation, marchand de vin.

Picahou !

France, 1907 : Cri que poussent les enfants la veille de Noël, à Orthez.

Ils s’en vont par les rues, criant : Picahou ! hou ! hou ! et s’arrêtent particulièrement devant les maisons où ils savent qu’il y a des nouveaux-nés. On leur jette des pommes, des châtaignes et des noix.

(V. Lespy et P. Raymond)

Repouti

France, 1907 : « Mentir itérativement. On dit au menteur fieffé : Qu’en habetz mentit, poutit, repoutit. Vous en avez menti, doublement menti, triplement menti. » Idiome béarnais.

(V. Lespy et P. Raymond)

Saint-Joseph (mariage de la)

France, 1907 : La sotte avec le sot. Dicton du Béarn. « On marie ordinairement à la Saint-Joseph les filles qui ont eu la faiblesse de céder aux douces séductions de l’amour ; de là vient naturellement un préjugé défavorable contre toutes les femmes, même les plus vertueuses, qui se marient à une époque si redoutable pour leur réputation. » (V. Lespy et P. Raymond) On sait que le digne époux de la vierge Marie est le patron des cocus.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique