Rossignol, 1901 : On raconte que les fakirs Indiens s’y passent en signe de chasteté, un gros anneau en fer.
Bogue ou polard ?
Cascader
Rigaud, 1881 : Faire des folies, se livrer à des bouffonneries. Dire de grosses plaisanteries. — En style de théâtre, charger un rôle, ajouter au rôle des facéties d’un goût souvent douteux ; improviser des bouffonneries.
La Rue, 1894 : Mener une vie déréglée. Cascadeur, cascadeuse, homme, femme menant une vie déréglée.
France, 1907 : Mener joyeuse vie. Se dit aussi d’un acteur qui fait des interpolations dans son rôle.
Dis-moi, Vénus, quel plaisir trouves-tu
À faire ainsi cascades la vertu ?
(La Belle Hélène)
Coupolard
Rigaud, 1881 : Membre de l’Institut ; allusion à la coupole du Palais-Mazarin.
On n’est pas plus athénien que le bon vieux coupolard N.
(Tam-Tam du 2 juin 1878)
France, 1907 : Académicien, appelé ainsi à cause de la coupole de l’Institut.
Nos discussions académiques
Attirent les regards sur nous ;
Les coupolards en sont jaloux…
(Victor Meusy)
Écraser une perle
Rossignol, 1901 : Produire un bruit sourd qui ne vient pas de la gorge. Dans une chambrée, lorsqu’un semblable bruit se produit (ce qui n’est pas rare), on entend aussitôt un compagnon dire :
Quelle est cette jolie voix qui appelle mon polard.
Escarpolette
Delvau, 1866 : s. f. Charge de bon ou de mauvais goût, interpolation bête ou spirituelle, — dans l’argot des comédiens.
France, 1907 : Interpolation dans le rôle d’un acteur ; argot des coulisses.
Fieu
d’Hautel, 1808 : Pour fils ; ce mot du vieux langage s’est conservé dans les campagnes.
C’est un bon fieu. Pour un bon enfant.
Delvau, 1866 : s. m. Enfant, — dans l’argot des nourrices.
France, 1907 : Fils, enfant.
Quand ils s’ront grands, ils d’viendront rosses
Ils commettront des crim’s atroces,
Ils surin’ront les beaux messieurs,
Les pauv’ p’tits fieux.
(Eugène Héros)
Quand leurs bateaux quittent la rive,
Le curé leur dit : « Mes bons fieux,
Priez souvent le grand saint Yve,
Qui vous voit des cieux toujours bleus. »
Et le pauvre gas
Fredonne tout bas :
« Le ciel est moins bleu, n’en déplaise
À saint Yvon
Notre patron,
Que les yeux de la Paimpolaise
Qui m’attend au pays breton ! »
(Théodore Botrel)
Froufroutement
France, 1907 : Même sens que frou-frou. Inutile interpolation introduite à tort par quelques écrivains modernes, puisque frou-frou, onomatopée, n’avait pas besoin d’un substantif faisant double emploi.
Une sonnette se fit entendre, et la porte communiquant avec la chambre du conseil s’ouvrit. L’huissier d’audience clama, d’une voix aiguë :
— Messieurs, la Cour !
Alors tous les assistants se levèrent, et un grand silence succéda dans la salle au brouhaha des conversations, au remuement des pieds, au froufroutement des jupes.
(Félicien Champsaur, Le Mandarin)
Galupe
Rigaud, 1881 : Femme, — dans le jargon des voyous ; c’est-à-dire peau à gale.
Fustier, 1889 : Femme, fille de mauvaise vie.
Les galup’s qu’a des ducatons
Nous rincent la dent.
(Richepin)
France, 1907 : Bateau plat servant au chargement et au déchargement des navires, dans le port de Bayonne.
France, 1907 : Fille de mauvaise vie ; corruption de gaupe, par l’interpolation de l.
— V’là qu’en plein mitant de l’hiver, cette galupe se ramène avec une grossesse. Comprenez-vous ça, vous ? À son âge, s’faire faire un éfant ! On l’avait mise femme de chambre chez de grosses gens, à la ville. Une fille, quand c’est gentil et que ça va sur ses dix-neuf, ça fait son chemin, qu’on s’était dit. Ah ! sûrement quelle a fait du chemin, c’te salope-là ! Si seulement elle savait d’qui c’est, l’éfant. Mais y a l’vieux monsieur, y a l’fils, y a les domestiques, tout un tremblement dans cette fichue maison-là. Ah ! ben non, vrai, les gens ne sont pas délicats au jour d’aujourd’hui.
(Camille Lemonnier)
Les galup’s qu’a des ducatons
Nous rinc’nt la dent, nous les battons.
(Jean Richepin)
Moussaillon
France, 1907 : Diminutif de mousse. Sobriquet donné aux aspirants de marine.
Tout le temps où il ne dormait pas, où il n’était pas à table, où il ne courait pas derrière les jupes d’une gamine, s’écoulait à dresser ainsi ses oiseaux, à leur enfoncer dans le cerveau des exclamations de caserne, des brailleries de beuglant. Cet élevage difficile lui servait à payer ses frais d’amour, à acquitter ses dettes dans les alcôves nombreuses où il s’attardait de ci de là, comme s’il avait eu encore des reins souples de moussaillon.
(Mora, Gil Blas)
Pour combattre la flotte anglaise
Comme il faut plus d’un moussaillon,
J’en f’rons deux à ma Paimpolaise
En rentrant au pays breton !
(Théodore Botrel, La Paimpolaise)
Nippard
France, 1907 : Élégant, bien mis ; littéralement, bien nippé ; argot du Borda.
— Hé, comme te voilà nippard ! Où vas-tu donc, matelot ?
— On va faire risette à sa petite Paimpolaise.
— Bon. T’as pas besoin pour ça de coller ton trente et un : le costume d’Adam suffit.
Paquets (faire des)
Larchey, 1865 : Médire, Tricher en interpolant des cartes préparées dans son jeu.
La Rue, 1894 : Commérer, médire.
France, 1907 : Commérer, médire, faire marcher sa langue, comme les commères groupées sur le pas de leurs portes et qui habillent de belle sorte toutes les femmes qui passent.
Polacre
d’Hautel, 1808 : Terme de mépris, pour dire, homme d’une très-basse condition ; un grossier personnage, un manant, un vaurien.
Polard (?)
Rossignol, 1901 : « Mon homme, il ne faut pas discuter sur les goûts des femmes. Les unes aiment le boudin blanc, les autres le vinaigre, et moi j’aime mieux Tombouctou. »
Punaise
d’Hautel, 1808 : Plat comme une punaise. Se dit de celui qui a le ventre creux ; et d’un lâche, d’un poltron, d’un homme bas, flatteur et rampant.
Vidocq, 1837 : s. f. — Femme de mauvais ton, fille publique du dernier rang.
Delvau, 1864 : Femme de mauvaise vie. — J’aurais cru ce mot moderne dans cette acception : je l’ai retrouvé dans une épigramme de Sygognes :
Lise, cette insigne punaise,
Me fait montre de ses ducats,
Et c’est afin que je là baise :
Mais qu’elle ne l’espère pas.
Une cocotte arrête une voiture, monte dedans, et dit au cocher d’une voix de duchesse : « Cocher, au bois ! » — « Au bois de lit, punaise ! » crie un voyou !
(A. Delvau)
Delvau, 1866 : s. f. Femme hargneuse, acariâtre, puante de méchanceté, — dans l’argot du peuple, qui ne se doute pas qu’il se sert là de l’expression même employée par le prince des poètes latins : Cimex, dit Horace.
Delvau, 1866 : s. f. Fille ou femme de mauvaises mœurs, — dans l’argot des gens de lettres. Encore une punaise dans le beurre ! Encore une drôlesse qui du trottoir passe sur les planches d’un petit théâtre pour y faire des hommes plus respectables, — comme argent.
Cette expression sort du théâtre du Petit Lazari. On jouait une pièce à poudre (une pièce à poudre à Lazari !). La soubrette entre en scène, va droit à une armoire, l’ouvre et recule en s’écriant : « Madame la marquise ! encore une punaise dans le beurre ! » L’auteur de la pièce, qui n’avait pas écrit cette phrase, fut très étonné ; mais le public, habitué aux choses abracadabrantes, ne fut pas étonné du tout. C’était une interpolation soufflée dans la coulisse par Pelletier, un acteur affectionné des titis.
Delvau, 1866 : s. f. Fleur de lit, — dans l’argot des voyous, qui ne sont pas précisément légitimistes.
Rigaud, 1881 : Sale femme ; sale fille publique.
La Rue, 1894 : Femme acariâtre. Basse prostituée. Lentille.
Virmaître, 1894 : Cette expression date de 1862 ; elle est due à un voyou. Sur le boulevard Montmartre, une fille hèle un cocher.
— Au Bois, lui dit-elle.
— Au bois de lit, punaise, fait le gamin.
Le mot est resté (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : Méchante femme.
Hayard, 1907 : Femme publique.
France, 1907 : Femme hargneuse, sale et méchante ; argot populaire.
France, 1907 : Fille ou femme de mauvaise vie. « Punaise dans le beurre. » Se dit d’une fille qui de l’asphalte monte sur les planches.
Cette expression, dit Alfred Delvau, sort du théâtre du Petit Lazari. On jouait une pièce à poudre ; la soubrette entre en scène, va droit à une armoire, l’ouvre et recule en s’écriant : « Madame la marquise ! encore une punaise dans le beurre ! » L’auteur de la pièce, qui n’avait pas écrit cette phrase, fut très étonné : mais de public, habituée aux choses abracadabrantes, ne fut pas étonné du tout. C’était une interpolation soufflée dans la coulisse par Pelletier, un acteur affectionné des titis.
France, 1907 : Nom que les républicains et bonapartistes donnaient à fleur de lis emblème royaliste et que le roi Louis XVIII avait rapportée de Gand avec la charte et mise partout jusque sur les boutons des collégiens.
Rétipoler
France, 1907 : Hésiter.
Lors, à monseigneur l’évêque,
Curé de Saint-Vit-le-Vecque,
Il alla parler ainsi :
« Mariez ma mère avecque
Les trois tronches que voici. »
Et comme au vieux tire-laine
Il offrait bourse bien pleine
En serrant sa trique au poing,
L’autre dit oui d’une haleine
Et ne rétipola point.
(Jean Richepin)
Snowboots
France, 1907 : Chaussures d’hiver contre la neige et le froid. Produit et mot d’importation anglaise.
C’est loin, les polaires palais !
Malgré les snowboots chauds et laids,
Ses pieds roses sont violets.
(Catulle Mendès)
Taquer
Halbert, 1849 : Hausser.
Delvau, 1866 : v. a. Hausser, — dans l’argot des voleurs.
Boutmy, 1883 : v. intr. Frapper avec le marteau sur un morceau de bois nommé taquoir, pour égaliser le niveau des lettres d’une forme en baissant celles qui pourraient remonter. Par ext. et au fig., frapper quelques coups légers avec le composteur sur le bord de la casse, quand un compositeur conte une piau. C’est une façon de protester contre ce qu’il dit ; c’est un diminutif de roulance.
France, 1907 : Hausser.
France, 1907 : Interrompre par un roulement le composteurs le récit d’un bavard ; argot des typographes.
— Ne dis pas de mal du théâtre Montmartre, interrompit le père Polastron ; de très grands artistes y ont débuté. Moi qui vous parle, j’y ai vu jouer M. Mélingue ; c’était en 1883. Figurez-vous que ce jour-là…
À ce moment un roulement sec, mais bien nourri, retentit dans l’atelier. Tous les typos frappaient de leur composteur sur leur casier avec un entrain et un ensemble des plus remarquables.
Ce petit exercice est de tradition dans les ateliers de compositions cela s’appelle taquer et sert de protestation, souvent préventive, contre un récit trop long, une redite, où quelque mensonge évident.
Nul n’y échappe, Gutenberg lui-même reviendrait en ce monde qu’on le taquerait s’il menaçait de devenir raseur.
(Simon Boubée, Le Testament d’un martyr)
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