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Avoir son plaisir

Delvau, 1864 : Employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.

Et sachez bien que je mourusse
Si mon plaisir de lui n’eusse.

(Anciens Fabliaux)

Mais Marguerite eut de moi son plaisir.

(Maroy)

Polyxène, sans être vue de personne, tira le prêtre en sa maison pour en avoir son plaisir.

(P. De Larivey)

Biche

Larchey, 1865 : Lorette. — Abréviation de biche d’Alger, synonyme populaire de chameau.

Une biche, — il faut bien se servir de cette désignation, puisqu’elle a conquis son droit de cité dans le dictionnaire de la vie parisienne, — se trouvait cet été à Bade.

(Figaro, 1858)

Forte biche : Lorette élégante.
Bicherie : Monde galant.

Mme Marguerite V., de la haute bicherie du quartier d’Antin.

(Les Cocottes, 1864)

Delvau, 1866 : s. f. Demoiselle de petite vertu, comme l’encre de Guyot ; variété de fille entretenue. Le mot a été créé en 1857 par Nestor Roqueplan.

Rigaud, 1881 : Une des nombreuses appellations des coryphées de la prostitution élégante et élevée… comme tarif. Ainsi nommées parce qu’on les rencontre généralement au Bois où elles courent le daim.

Les biches sont des demoiselles plus que douteuses.

(L. Gozlan)

(En 1869) à l’époque de l’Exposition universelle, on l’appelait le guide de l’étranger dans Paris.

(Jules de Vernay)

Rossignol, 1901 : Quand un pêcheur prend du poisson, c’est que ça biche (ça mord). Lorsqu’un individu cherche à faire une dupe et que la dupe mord à l’hameçon, ça biche.

France, 1907 : Petite dame, féminin de daim, qui est le nom donné à l’amant de ces demoiselles. Il était autrefois fort en usage et semble tombé en désuétude.

Parmi les femmes que l’on désigne sous la dénomination générale de lorettes, il y a trois classes bien distinctes : la femme entretenue, la lorette et la biche… La biche est une apprentie lorette ; ses amants de la veille ne sont jamais ceux du lendemain. On les rencontre un peu partout ; elles ont soin de se placer sous vos pas et viennent au-devant de toutes vos tentations. Le moindre louis, un succulent dîner, ont toujours raison des blondes comme des brunes, voir même des rouges, car il en faut pour tous les goûts.

(Ces Dames)

Assez rares dans les sentiers des bois, les biches pullullent sur les trottoirs des grandes villes.

(Dr Grégoire)

Dame aux camélias

Delvau, 1864 : Femme entretenue, qui joue quelquefois à la ville le rôle de Marguerite Gautier (Marie Duplessis) avec un coiffeur de son quartier, qu’elle aime ou fait semblant d’aimer, dans un accès de vertu — heureusement très court.

Quand la lorette arrive à la prospérité, elle change de nom et s’appelle Dame aux Camélias.

(Edmond Texier)

Donner le plaisir à une femme

Delvau, 1864 : Besogner du membre dans son vagin.

Témoin son père, qui a donné le plaisir à Marguerite, la servante que vous avez chassée.

(Mililot)

Franquette (à la bonne)

d’Hautel, 1808 : Ingénûment ; et non à la bonne flanquette, comme on le dit par corruption.

France, 1907 : Franchement, avec simplicité. Cette locution, qui vient évidemment de l’adjectif franc, était déjà employée au XVIe siècle. On disait aussi : à la franche Marguerite.

Vivant à la bonn’ franquette,
Moi, je veux avoir pour lot
Du pain blanc sur la planchette,
Au grenier plus d’un fagot,
Et pour not’ premier marmot
Une solide layette.

Gibraltar

France, 1907 : Gros pâté de foie gras ; sobriquet donné aux Anglais après qu ils se furent emparés par surprise du fameux rocher qui commande l’entrée de la Méditerranée.

Vraiment, vraiment, Marguerite, il y a de quoi rire
De voir dans c’monde toutes ces figures tartares,
Des drôles d’habits, des poches comme une tirelire,
S’cachant du col comme des vrais Gibraltars.

(Vadé)

Manger de la chair crue

Delvau, 1864 : Faire l’acte vénérien.

Si elles savaient ce que c’était de manger de la chair crue la nuit.

(Marguerite de Navarre)

Margot

d’Hautel, 1808 : Nom fort injurieux que l’on donne à une courtisane, à une femme de mauvaise vie ; synonyme de gaupe, putain, raccrocheuse.
Margot la Résolue. Sobriquet insultant que l’on donne à une femme hardie et sans pudeur, dont on entend continuellement le caquet, et qui se mêle de toutes les affaires.

Delvau, 1866 : s. f. Fille ou femme qui a jeté son bonnet et sa pudeur par-dessus les moulins. On dit aussi Margoton.

Delvau, 1866 : s. f. Maîtresse, concubine, — dans l’argot des bourgeois. Vivre avec des margots. Vivre avec des filles ; passer le meilleur de son temps à filer le plus imparfait amour aux pieds d’Omphales d’occasion, sans avoir l’excuse du fils d’Alcmène, — qui du moins était un hercule.

Delvau, 1866 : s. f. Pie, — dans l’argot du peuple.

Virmaître, 1894 : Femme de peu.
— Tu n’es qu’une sale Margot.
Pourquoi chercher dans Margot le diminutif de Marguerite ?
Toutes les Marguerites ne sont pas de Bourgogne.
Il y en a qu’on aimerait à effeuiller.
On dit aussi Margoton (Argot du peuple). N.

Rossignol, 1901 : Femme de mœurs légères.

France, 1907 : Pie.

Et la portière,
Sous la gouttière,
Pend la volière
De dame Margot.

(Désaugiers)

Marguerites

Delvau, 1866 : s. f. pl. Poils blancs de la barbe, — dans l’argot du peuple, qui a parfois des images aussi poétiques que justes. Il dit aussi Marguerites de cimetière.

Marguerites de cimetière

France, 1907 : Poils blancs dans les cheveux ou la barbe.

Olibrius (faire l’)

France, 1907 : Faire le méchant, se poser en homme terrible et n’être que ridicule. C’est un souvenir du rôle effrayant que l’on faisait jouer dans quelques mystères, notamment dans celui de Sainte Reine, à Anicius Olibrius, époux de Placidie, fille de Valentinien III, et qui fut gouverneur des Gaules vers 472, sous Léon III. Suivant la légende, devenu amoureux de sainte Reine et ne pouvant arriver à ses fins, il la fit mettre à mort, sous prétexte qu’elle refusait de sacrifier aux dieux. On la suspendit à un chevalet, on la fouetta de verges et on lui déchira les chairs avec des griffes de fer. « Et, raconte Anatole France, qui redit cette légende semblable à toutes les légendes de saints et de martyrs, le sang coula du corps de la vierge comme d’une source pure. » Les assistants pleuraient et Olibrius, pour ne pas voir ce sang, se couvrit le visage de son manteau. Le martyre de sainte Reine, d’autres disent sainte Marguerite, fut le sujet de grand nombre de mystères et de chansons où Olibrius était représenté comme un fanfaron, un glorieux, un faux brave, un occiseur d’innocents.
Dans l’Étourdi Molière fait dire à Mascarille :

Courage, mon garçon, tout heur nous accompagne,
Mettons flamberge au vent et bravoure en campagne ;
Faisons l’olibrius, l’occiseur d’innocents.

On trouve dans un conte de Bonaventure Desperriers : « Mon mary, passez votre colère, et au lieu de faire ainsy l’olibrius, remerciez maître Itace. »
L’histoire cite un autre Olibrius, sénateur romain, proclamé empereur par surprise en 462 et que son incapacité fit, après trois mois, descendre du trône ; mais, comme l’a fort biem remarqué Ed. Thierry, « quand un nom se répand parmi les bonnes gens, ce n’est pas de l’histoire qu’il vient, c’est du théâtre ». C’est donc plutôt du gouverneur des Gaules que de l’empereur éphémère que nous vient le dicton.

Rigolbochade

Delvau, 1866 : s. f. Drôlerie dite ou faite, écrite ou peinte, — dans l’argot des faubouriens. Ici encore se pose l’éternelle question : Quel est le premier né de l’œuf ou de la poule ? Est-ce mademoiselle Marguerite la Huguenote — plus généralement oubliée aujourd’hui sous le nom de Rigolboche — qui a donné naissance à ce substantif, ou est-ce ce substantif qu’on a décerné comme un brevet à cette aimable bastringueuse ? J’inclinerais volontiers à admettre cette dernière hypothèse. La foule se laisse parfois imposer certains noms, mais elle a pour habitude d’en inventer. Quant aux Mémoires de mademoiselle Marguerite, où elle prétend que c’est elle qui a créé le mot en question, il me suffit que ce soient des Mémoires pour que je ne leur accorde pas la moindre créance.

Rigaud, 1881 : Action de s’amuser, de rire, de danser, d’après la méthode Rigolboche, danseuse célèbre de bals publics, il y a une douzaine d’années. Elle aimait beaucoup à rigoler ; d’où son surnom.

France, 1907 : Amusement bruyant ; danse excentrique.

Rigolboche

Larchey, 1865 : Amusant drôle. — Diminutif de rigollot.

C’était au Prado… La querelle allait son train… Les agents s’approchèrent… Laissez-les donc ! m’écriai-je, sans doute inspirée, c’est bien plus rigolboche ! — Le mot fut sur-le-champ acclamé. — Marguerite, me dit C., tu viens de créer un mot qui fera fortune.

(1860, Mémoires de Rigolboche)

Rigaud, 1881 : Partie de plaisir, partie fine, et, en général, toute partie où l’on rigole, — dans le jargon du peuple.

On va trimbaler sa blonde, mon vieux ; nous irons lichoter un rigolboche à la place Pinel.

(Huysmans, les Sœurs Vatard)

La Rue, 1894 : Très amusant, drôle.

Virmaître, 1894 : Quelque chose de supérieurement amusant, beaucoup plus fort que rigolo. Rigolboche était connue à Bullier sous le nom de Marie la Huguenote ; ce nom lui venait de ce qu’elle protestait sans cesse quand le municipal la rappelait à l’ordre ou plutôt à la décence. Elle débuta aux Délassements-Comiques en 1860 sous le nom de Rigolboche. On la nommait aussi Boboche. Ce n’est pas elle l’inventeur de ce mot ; il était connu dans les ateliers depuis 1840. On dit également, pour affirmer que l’on s’est bien amusé :
— Nous avons rudement rigolboché (Argot du peuple).

France, 1907 : Amusant, drôle. C’est le sobriquet donné à une danseuse de bal public qui, par sa gaité et ses entrechats, obtint une célébrité de bastringue sous le second empire.

Rigolboche était une Aspasie de cinquantième ordre, laide comme le péché mortel, sans grâce, sans esprit, puisant ses inspirations fantaisistes dans l’absinthe ; tout son talent consistait à lever la jambe et à chahuter. Ce n’était pas du nouveau ; dans le plus ignoble des bals de barrière, on pouvait en voir autant pour deux sous. Pendant une année Bo-boche, pour les dames, eut un succès fou ; elle publia ses mémoires, fabriqués par un homme de lettres aujourd’hui chevalier de la Légion d’honneur, et rédacteur, depuis quinze ans, d’un journal radical. Rigolboche, tant l’imbécillité de certaines gens est grande, était assaillie de déclarations ; plusieurs fils de famille faillirent se brûler la cervelle pour elle, plusieurs parlaient de l’épouser, pas à la fois, ce qui ne l’aurait pas effrayée, mais sérieusement devant le maire. Je vois d’ici Rigolboche en toilette de mariée, la fleur d’oranger au côté, pinçant un cavalier seul en allant à l’église !

(Ch. Virmaître, Paris oublié)

Sac

d’Hautel, 1808 : Il a pris son sac et ses quilles. Pour dire, il s’en est allé ; il n’a pas demandé son reste ; il a décampé au plus vite.
On dit aussi d’un homme que l’on a congédié, qu’on lui a donné son sac.
Il ne peut rien sortir de bon d’un sac à charbon.
Pour dire que d’un rustre, d’un butor, d’un grossier personnage, il ne faut attendre ni politesse, ni civilité.
Votre affaire est dans le sac. Pour dire, est faite, a réussi, est bâclée.
Un sac à vin. Un ivrogne de profession, un homme qui se laisse abrutir par le vin.
Voir le fond du sac. Pénétrer le secret d’une affaire.
C’est un sac percé. Pour dire, un dissipateur, un dépensier, un prodigue.
Autant pêche celui qui tient le sac que celui qui met dedans. Signifie que les receleurs méritent le même châtiment que les voleurs.

Delvau, 1864 : Le ventre. — On dit d’une femme enceinte : Elle en a plein son sac.

La jeune garce en eut plein son sac.

(Marguerite de Navarre)

Delvau, 1866 : s. m. Argent, — dans l’argot des faubouriens, qui prennent le contenant pour le contenu. Avoir le sac. Être riche, ou seulement avoir de l’argent. Homme au sac. Homme qui vient d’hériter.

Delvau, 1866 : s. m. Renvoi, congé, — dans l’argot des ouvriers. Avoir son sac. Être renvoyé d’un atelier. Donner son sac. Remercier un patron.

Rigaud, 1881 : Ventre. — Avoir le sac plein, avoir le ventre plein.

La Rue, 1894 : Argent. Congre. Éternuer dans le sac, être guillotiné. Avoir son sac, être ivre.

Virmaître, 1894 : L’affaire est dans le sac, elle est conclue. Être pris en flagrant délit de vol, c’est avoir son affaire dans le sac. Être laide ou jolie, c’est être ou n’être pas dans le sac. Il y a une vieille chanson là-dessus :

Ell’ n’est pas mal
Pour foutre dans l’canal.
Elle est encore mieux
Pour foutr’ dans les lieux. (Argot du peuple).

France, 1907 : Cent francs.

Soulasse

Ansiaume, 1821 : Joueur, escroc.

Il ne fait que soulasser, picter et tortiller.

Vidocq, 1837 : Ce mot, beaucoup plus usité dans les départemens qu’à Paris, n’est guère employé que par les voleurs de la Haute Pègre, et signifie : se lier avec une personne pour la tromper ensuite d’une manière quelconque. Tous les membres de la grande famille des trompeurs peuvent donc être nommés Soulasses.
Un assassin, exécuté à Rouen il y a plusieurs années, avait donné à ce mot une autre signification. Voici dans quelle occasion.
« Eh bien, père Cornu, comment vous portez-vous ? Que faites-vous maintenant ? lui disait un jour un voleur qu’il venait de rencontrer. — Toujours la Grande Soulasse, mon enfant, répondit le père Cornu. » Et ces mots toujours la Grande Soulasse, dans la bouche du père Cornu, ne pouvaient être traduits que par ceux-ci : Toujours l’assassinat !
[ Le père Cornu, dont j’ai parlé dans mes Mémoires, avait trois garçons et deux filles : les garçons sont morts tous les trois sur l’échafaud, et les deux filles en prison. Le caractère de l’une d’elles, nommée Marguerite, était si cruel, qu’un jour, après avoir de complicité avec toute sa famille commis un triple assassinat, elle porta la tête de l’une des victimes dans son tablier pendant tout le temps qu’elle mit à faire plusieurs lieues.]

La Rue, 1894 : Traître, trompeur. Jeu. La grande soulasse, l’assassinat.

France, 1907 : Traître.

Souvent femme varie, bien fol est que s’y fie

France, 1907 : Proverbe qu’en vers de mirliton François Ier écrivit un jour avec le diamant de sa bague sur une fenêtre du château de Chambord. Sa sœur, la reine Marguerite de Navarre, qui entrait au même instant, protesta, et le roi se laissant convaincre, cassa, dit-on, le carreau. Le dicton n’en courut pas moins, bien qu’il fût loin d’être neuf, car sans parler des adages des Grecs et des Romains sur la tromperie et l’inconstance féminine, les vieux dictons français abondaient. En voici quelques-uns :

Cœur de femme trompe le monde,
Car en luy malice abonde ;
Femme rit quand elle peut,
Et pleure quand elle veut.

 

Femme se plaint,
Femme se deult,
Est malade quand elle veut,
Et par sainte Marie,
Quand elle veut,
Elle est guérie.

 

Pleur femme, crocodille semble ;
Qui femme croit est asne même,
Son corps ne sera jà sans peine.

Inutile d’ajouter que chez tous les peuples on retrouve contre la femme les mêmes épigrammes.

Zut !

Delvau, 1866 : Exclamation qui est une formule de refus ou de congé. Depuis 1865, on dit : Ah ! zut alors si ta sœur est malade ! C’est plus long, mais c’est plus canaille — et, à cause de cela, préférable.

La Rue, 1894 : Non. Allez au diable. Vous m’ennuyez.

France, 1907 : Cette exclamation employée si fréquemment aujourd’hui dans le langage familier, pour exprimer le dépit, l’ennui, l’incrédulité, se prononçait autrefois zot, diminution de Diablezot, qui avait la même signification. Suivante Furetière, la locution complète était au diable zot : « Vous imaginez que je vous crois, au diable zot ! » Zot me semble être la corruption de soit. Au diable, soit ! D’un autre côté, certains étymologistes, entre autre le comte Jaubert, prétendent que zut n’est autre que le vieux mot ut, corruption de l’anglais out, hors d’ici, qui s’est naturalisé dans le Bas-Berry lors des ravages qu’y exercèrent les envahisseurs. On lit dans le Roman de Rou de Wace :

Normanz escrient : Dex aïe !
La gent Englesche : Ut ! s’escrie.

Le z euphonique se serait joint au monosyllabe ut. Voir ce mot. Burnouf, au contraire, le fait venir du sanscrit suth, dédaigner. Au lecteur de choisir.

Le critique. — Ah ! cher ami, quelle joie vous me faites !…zut !… le joli mot si court, si prestement national, comme il résonne, délicieusement, à mes oreilles françaises !… Zut !… Comme je vous retrouve enfin dans ce mot bref et vibrant, tel un coup de clairon !… Zut !… Comme je m’y retrouve moi-même !… Zut ! Zut ! Zut !… Chercher ailleurs, dans de fabuleux pays, sur des terres mortes, de soi-disant émotions littéraires, alors que nous avons, chez, ce zut ! si joyeux et si clair, et si sublime, ce zut ! divin qui dit nos âmes, notre esprit, notre bravoure, notre gaité, nos croyances !… quelle aberration ! quelle folie ! quel crime !… Ah ! redites-le, redisons-le ensemble, ce mot lustral, et qu’il se répande de nos lèvres, dans toute cette salle, pour en laver les boues étrangères… et qu’il aille, tout droit, comme le défi de notre génie, frapper la face obscure, la face des ténèbres des Ibsen et des Bjornson !… Zut ! Zut ! Zut ! Ah ! ce zut ! cliquetis de nos épées, baiser de nos amantes, rire vengeur et triomphant de notre Paris !… Zut !
L’abonné. — Zut ! Zut !…

(Octave Mirbeau)

— Marguerite ?
— Père…
— Viens un peu !
Mais Margot ne vint point. Jamais elle n’avait vu, à ce point, la pleutrerie du vieux. Elle se révoltait enfin et gueulait de toutes ses forces :
— Zut ! T’avais ma mère pour ça ; cours après !… J’en ai plein le dos, moi aussi, d’être ta femme…

(Montjoyeux)

Zut, pour le qu’en-dira-t-on ;
Ici-bas nous sommes libres.
Les gosiers sont bons calibres
Si le crâne est de carton.

(Alfred Marquiset)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique