Delvau, 1864 : Se dit des femmes légères — comme chausson — qui, par leurs regards incendiaires, provoquent les hommes à la fouterie.
Elle ! elle n’allumerait pas même un homme en amadou.
(Lemercier)
Allumer un homme
Delvau, 1864 : Se dit des femmes légères — comme chausson — qui, par leurs regards incendiaires, provoquent les hommes à la fouterie.
Elle ! elle n’allumerait pas même un homme en amadou.
(Lemercier)
Amadou
Vidocq, 1837 : s. m. — Les argotiers du temps passé nommaient ainsi une drogue dont ils se frottaient pour devenir jaunes et paraître malades.
(Le Jargon, ou Langage de l’Argot moderne)
Delvau, 1866 : s. et adj. Homme qui prend aisément feu — afin d’être aimé, amatus. Argot du peuple.
Delvau, 1866 : s. m. « C’est dequoy les argotiers se frottent pour se faire devenir jaunes et paraistre malades, » — c’est-à-dire pour amadouer et tromper les bonnes âmes.
France, 1907 : Substance avec laquelle les mendiants et les vagabonds enduisent leur face pour se donner une apparence maladive.
Les anciens argotiers, ceux du moins qui avaient établi leurs pénates dans la Cour des Miracles, et dont la profession était de vivre d’aumônes, en simulant des infirmités, exprimaient la substance particulière au moyen de laquelle ils se faisaient paraitre jaunes et malades par le mot amadou.
(Charles Nisard, Curiosités de l’Étymologie française)
Amadouage
Halbert, 1849 : Mariage.
Delvau, 1866 : s. m. Mariage — dans l’argot des voleurs.
Rigaud, 1881 : Mariage, — dans le jargon des voleurs.
La Rue, 1894 : Mariage.
Amadoue
Halbert, 1849 : Se grimer.
Amadoué
Halbert, 1849 : Marié.
Delvau, 1866 : s. m. Homme marié.
Amadouer (s’)
Delvau, 1866 : v. réfl. Se grimer pour tromper. Même argot [des voleurs].
Basane
Delvau, 1866 : s. f. Amadou, — dans l’argot des voleurs.
Delvau, 1866 : s. f. Peau du corps humain, — dans l’argot des faubouriens. Tanner la basane. Battre quelqu’un.
La Rue, 1894 : Peau du corps humain. Amadou. Faire une basane. Défier du geste.
Virmaître, 1894 : Peau. Les tabliers des forgerons se nomment basane (Argot du peuple).
Rossignol, 1901 : Taper sa cuisse en faisant avec la main un geste significatif et dire : « Tiens, voilà pour toi, ou va porter ça à ton capitaine », est tailler une basane.
France, 1907 : La peau. Tanner la basane à quelqu’un, le battre ; tailler une basane, « Geste grossier qu’explique d’une manière assez pittoresque le libellé de punition suivant, dont on nous garantit l’authenticité : Untel, quatre jours de salle de police, ordre du sous-officier X…, a répondu à ce sous-officier en lui taillant une basane : la main appliquée sur la braguette du pantalon, et lui faisant décrire une conversion à gauche, avec le pouce pour pivot et le petit doigt pour aile marchante. » (Léon Merlin, La langue verte du troupier)
On dit aussi basane pour amadou.
Bazenne
Halbert, 1849 : Amadou.
France, 1907 : Mèche ou amorce ; argot des voleurs.
Bois pourri
Vidocq, 1837 : s. m. — Amadou.
Delvau, 1866 : s. m. Amadou, dans l’argot des voyous.
France, 1907 : Amadou ; bois tortu, vigne.
Aussi le jus du bois tortu
Sera mon but toute ma vie.
(Ballard)
Bonneter
d’Hautel, 1808 : Avoir toujours le bonnet ou le chapeau à la main ; faire des révérences à ne plus finir ; des soumissions sans nombre à quelqu’un, pour s’en attirer les faveurs et les bonnes graces.
France, 1907 : Amadouer.
Bonneteur
Vidocq, 1837 : s. m. — Celui qui tient dans les campagnes des jeux de cartes auxquels on ne gagne jamais.
Larchey, 1865 : Industriel tenant aux foires de campagne un de ces jeux de cartes auxquels on ne gagne jamais. — Vidocq.
Delvau, 1866 : s. m. Filou qui, dans les fêtes des environs de Paris, tient des jeux de cartes où l’on ne gagne jamais.
Rigaud, 1881 : Industriel, doublé d’un filou, tenant un jeu de bonneteau.
La Rue, 1894 : Escroc tenant un jeu de bonneteau. Annonceur ; il amadoue (bonnette) le public.
Boute-feu, boute-joie
Delvau, 1864 : Le membre viril, parce qu’il met à feu et à flamme l’amadou féminin.
Cependant, je ne laissais pas de redouter l’instant où mon nouvel enfileur m’incrusterait son formidable boute-joie, mais je m’armai de courage.
(Mon noviciat)
Cinq centimados
France, 1907 : Cigare d’un sou. Allusion ironique aux cigares de la Havane, On dit aussi : crapulos, infectados.
Cinq centimados, cinq centimadorès
Rigaud, 1881 : Cigare de cinq centimes.
Un cinq centimados ! c’est bien la peine de le suivre une demi-heure !… Filou, va… et ça fait le gentilhomme !
(Denoue et Damoureite, Croquis parisiens)
Cinq-centimados
Delvau, 1866 : s. m. Cigare d’un sou, — dans l’argot des faubouriens, qui ont voulu parodier à leur façon les trabucos, les cazadores, etc.
Cœur d’amadou
Rigaud, 1881 : « Prompt à prendre feu au moindre contact, cœur impressionnable que la plus légère étincelle embrase. » (J. Dufiot, Dict. d’amour, 1846)
Décimadorès
Fustier, 1889 : Cigare de dix centimes.
— Cochon de cigare ! — En voulez-vous un autre ? — Volontiers. Les miens sont pourtant d’une bonne marque ; des décimadorès de choix !
(Charivari, juillet 1884)
Empaumer
d’Hautel, 1808 : Enjôler, emboiser, amadouer quelqu’un ; se rendre maître absolu de son esprit ; abuser subtilement de sa bonne foi.
Empaumer une affaire. En saisir tous les détails avec adresse et habileté.
Empaumer la parole. S’en emparer d’autorité.
Delvau, 1866 : v. a. Circonvenir ; tromper, — dans l’argot du peuple, qui a eu l’honneur de prêter ce verbe à Corneille.
France, 1907 : Tromper.
— Tu vas te mettre un chapeau… Ta robe est très bien, t’as l’air d’une petite ouvrière endimanchée, c’est tout ce qu’il faut et tu feras le boulevard Beaumarchais, depuis la place jusqu’au Cirque d’Hiver, côté droit. Y a que celui-là de bon… Tu ne diras rien à personne. Mais t’es sûre de te faire raccrocher par un bourgeois du Marais… Plus il sera vieux, mieux ça vaudra. Aves ces gens-là, faut avoir l’air timide… Tu raconteras que tu t’es sauvée de chez toi parce que ton père te battait… que c’est la première fois que tu sors… pour une fois, tu ne mentiras pas et tu verras l’effet… Ces gens-là, ça paye toujours bien, parce que ça a peur de se faire remarquer et c’est trop bête pour être exigeant… Tu seras tout de suite à l’aise avec ces clients-là… Ne te laisse pas empaumer par un jeune, ça serait un lapin, il n’y a que des calicots par là…
(Oscar Méténier, Madame La Boule)
Engueuser
La Rue, 1894 : Caresser.
France, 1907 : Caresser, enjôler, amadouer.
Épatement
Delvau, 1866 : s. m. Étonnement.
Rigaud, 1881 : Stupéfaction. Étonnement prolongé.
France, 1907 : Étonnement.
L’épatement du bourgeois est, en France, la condition sine qua non de réussite d’une évolution artistique. Or, pendant quelque temps (le temps voulu, car on se range ensuite), notre brave Tiers en eut son compte. Chaque matin, on lui servait un divin nouveau, grillé d’un côté par le feu d’enfer et, de l’autre, tout frais des baisers rédempteurs du Christ. Il en surgit dont Vénus Callipyge et la Vierge Marie se disputaient la possession : Vénus prenait le corps, la Madone gardait l’âme, et la langue restait à la Belgique. L’épalement du bourgeois confinait à l’écarquillement.
(Émile Bergerat, Les Divins)
Faire un malheur
France, 1907 : Tuer quelqu’un.
— Voyez-vous ces bois et ces mâquis, dit-il à Orso au moment de se séparer : un homme qui aurait fait un malheur y vivrait dix ans en paix sans que gendarmes ou voltigeurs vinssent le chercher. Ces bois touchent à la forêt de Vizzavona ; et, lorsqu’on a des amis à Bocognano ou aux environs, on n’y manque de rien. Vous avez là un beau fusil, il doit porter loin. Sang de la Madone ! quel calibre ! On peut tuer avec cela mieux que des sangliers.
(Prosper Mérimée, Colomba)
Jeter de la pommade
Rossignol, 1901 : Flatter.
France, 1907 : Amadouer.
Madone
Ansiaume, 1821 : Femme.
La madone est girofle, elle me fait tourner la boussole.
Pains (faire des petits)
La Rue, 1894 : Amadouer.
Palabre
Delvau, 1866 : s. m. Discours ennuyeux, prudhommesque, — dans l’argot du peuple, qui a emprunté ce mot aux marins, qui l’avaient emprunté à la langue espagnole, où, en effet, palabra signifie parole.
Virmaître, 1894 : Discours ennuyeux, prudhommesque. Palabra, en langue espagnole, signifie parole, il est vrai, mais ce n’est pas le sens dans le langage populaire. Palabre trembleuse : figure de bourgeois qui tremble à propos de rien, qui a peur de son ombre, qui se cache au moindre bruit. Palabre signifie figure :
— Le biffard a tellement la frousse que sa palabre défargue (Argot du peuple). N.
Hayard, 1907 : Discours ennuyeux.
France, 1907 : Paroles oiseuses, discours longs, pompeux, inutile ; de l’espagnol palabra, parole. On appelle palabre une conférence avec un roi nègre où l’on dépense inutilement beaucoup de paroles. C’est aussi les présents que les commerçants offrent à ces chefs de villages que nous appelons rois, pour les amadouer et se maintenir en bonne intelligence avec eux.
Écoutez-les : les mots sont changés, mais foutre, grattez l’écorce des palabres et, au-dessous, vous dégotterez la substance léthargique et vénéneuse que, de tous temps, ont utilisé les prêtres et les gouvernants de tout poil.
(Le Père Peinard)
Peloter
d’Hautel, 1808 : Peloter en attendant partie. S’amuser, s’essayer à quelque chose, que l’on doit par la suite embrasser sérieusement.
Se peloter. Pour dire, se battre, se prendre aux cheveux.
Larchey, 1865 : Caresser des charmes arrondis en pelote. — Pelotteur : Flatteur.
Se montrer rampant, pelotteur et bêta.
(Wado, Chansons)
Delvau, 1866 : v. a. Manquer de respect à une femme honnête en se livrant de la main, sur sa personne, aux mêmes investigations que Tartufe sur la personne d’Elmire. Par extension, Amadouer par promesses quelqu’un dont on attend quelque chose.
Rigaud, 1881 : C’est l’équivalent de patiner, mais avec plus de délicatesse de touche. — Flatter quelqu’un pour obtenir un service. — Peloter le carton, peloter la dame de pique, jouer aux cartes. — Peloter le carme, faire les yeux doux aux sébiles des changeurs, — dans le jargon des voleurs.
La Rue, 1894 : Flatter. Courtiser une femme avec la main.
France, 1907 : Flatter, flagorner.
Il ne blaguait plus le sergent de ville en l’appelant Badingue, allait jusqu’à lui concéder que l’empereur était un bon garçon… C’était visible, il le pelotait.
(Émile Zola, L’Assommoir)
France, 1907 : Palper, caresser les formes d’une femme.
— Laissez-moi vous caresser, vous aimer, vous dorloter, vous peloter, petite Vanina !
— Ici ?
— Oui, ici. Tandis que le peuple chante, danse, rit ; tandis qu’il est tout à la joie, au son des marches guerrières, enfilons la cadence d’amour. Nos soupirs battront la mesure…
(Fin de Siècle)
Albertine, qui savait ce que peloter veut dire, ne se scandalisait pas pour si peu. En gloussant de plaisir comme une poule, elle ne trouva que cette protestation assez vague : — Vous me chatouillez.
(Jean Deslilas, Fin de Siècle)
Au flambe il faut voir la bergère
Sans lui peloter le derrière.
Ce distique, tiré de Pigeons et Vautours d’Hogier-Grison, ne renferme aucune idée indécente, il signifie simplement en argot des grecs :
Au jeu il faut voir la dernière carte
Sans être obligé de la toucher.
Pommader
Delvau, 1866 : v. a. Amadouer, peloter.
Delvau, 1866 : v. a. Battre quelqu’un, — dans l’argot des faubouriens, qui peignent ainsi les gens.
Rigaud, 1881 : Masquer les crevasses d’un vieux meuble au moyen d’un enduit fait de cire et de gomme laque.
La Rue, 1894 : Battre. Flatter, amadouer.
France, 1907 : Flatter.
Rebonneter
Ansiaume, 1821 : Se raccommoder d’une querelle.
Il m’a rebonneté, ma foi, je mangerai pas le morceau.
Vidocq, 1837 : v. a. — Aduler, flatter.
Delvau, 1866 : v. a. Aduler, flatter, — dans l’argot des voleurs. Rebonneter pour l’af. Flatter ironiquement.
Rigaud, 1881 : Flatter, courtiser.
Virmaître, 1894 : Amadouer un individu pour le fourrer dans une affaire. Cacher ses griffes sous un gant de velours, faire le patelin pour mieux tromper.
— As-tu rebonneté le pante pour l’aff ?
— Oui, il est bon !
Rebonneter dans le peuple veut dire raccommoder (Argot du peuple). N.
Rossignol, 1901 : Voir rabibocher.
France, 1907 : Flatter, se réconcilier. Rebonneter pour l’af, faire d’ironiques éloges ; l’af est en ce sens une abréviation de la frime. Argot des voleurs.
S’amadouer
Halbert, 1849 : Se marier.
Velours (faire du)
Rigaud, 1881 : Jouer le bon apôtre, chercher à amadouer, — dans le jargon des voleurs. Mot à mot : faire patte de velours.
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