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Faire tunnel

France, 1907 : Passer la nuit à jouer aux cartes ; argot ecclésiastique.

— Toi, mon cher, reprend l’abbé, tu n’as pas eu besoin de passer au collège romain pour être docteur ès cartes. Et si j’avais autant de milliers de francs que de fois tu as fait tunnel, je serais aussi riche que notre vieux Crésus d’aumônier, et je pourrais tranquillement me retirer sur mes terres et cultiver mes choux.

(Charles Romain, Le Prêtre Ambroise)

Monseigneuriser

Delvau, 1866 : v. a. Crocheter une porte.

France, 1907 : Forcer une porte ; argot des voleurs.

France, 1907 : Honorer quelqu’un du titre de monseigneur, donner du monseigneur.

Irai-je, adulteur sordide,
Encenser un sot dans l’éclat,
Amuser un Crésus stupide,
Et monseigneuriser un fat ?

(Gresset)

Riche

d’Hautel, 1808 : Il est d’une riche taille. Se dit par ironie d’un homme qui est d’une très-petite stature.
On est assez riche quand on ne doit rien. On vit du moins sans tourment et sans inquiétude.
Riche comme un Crésus. Pour dire excessivement riche.

Delvau, 1866 : adj. Bon, agréable, amusant. S’emploie ordinairement en mauvaise part et avec la négative. Ce n’est pas riche ! Ce n’est pas honnête, ce n’est pas bien.
C’est, me semble-t-il, le luculentus des Latins : hæreditas luculenta, riche succession, dit Plaute ; luculentus scriptor, excellent écrivain, dit Cicéron.

Rigaud, 1881 : Beau, de bonne qualité, — dans le jargon des marchands. Voilà un riche poulet. — Vous aurez là, la petite mère, de riches asperges.

Transvaalique

France, 1907 : Qui appartient au Transvaal.

Un autre personnage, transvaalique et formidable, ayant l’habitude de la médianoche, dégoûté de tout ce que le génie de vingt maîtres-queux inventait pour réveiller son goût emoussé et blasé, flanquait régulièrement à la porte, entre minuit et deux heures du matin, ses officiers de bouche éminents et désemparés. Une nuit, une pauvre maritorne, employée à la vaisselle, lui confectionne une soupe, mais quelle soupe, la soupe aux poireaux et aux pommes de terre ! Le milliardaire la dévore, mugit de joie et en redemande. Mais la maritorne était partie, congédiée par le Carême indigné, et jamais plus, ni pour or, ni pour argent, ni par douceur, ni par violence, l’infortuné Crésus n’a mangé une autre soupe comme celle-là. Il n’est pas assez riche, ou il l’est trop. C’est ce que Banville voulait dire.

(Émile Bergerat)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique