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Camelot

d’Hautel, 1808 : Il est comme le camelot, il a pris son pli. Signifie qu’une personne a contracté des vices ou de mauvaises inclinations dont il ne peut se corriger.

Ansiaume, 1821 : Marchand.

Le camelot est marloux, et puis il a deux gros cabots.

Vidocq, 1837 : s. m. — Marchand.

M.D., 1844 : Marchands des rues.

un détenu, 1846 : Marchand ambulant ou marchand de contre-marques.

Larchey, 1865 : « C’est-à-dire marchand de bimbeloteries dans les foires et fêtes publiques. »

(Privat d’Anglemont)

Delvau, 1866 : s. m. Marchand ambulant, — dans l’argot des faubouriens, qui s’aperçoivent qu’on ne vend plus aujourd’hui que de la camelotte.

Rigaud, 1881 : Marchand ambulant, porte-balle, étalagiste sur la voie publique. Le soir, le camelot ouvre les portières, ramasse les bouts de cigares, mendie des contre-marques, donne du feu, fait le mouchoir et même la montre s’il a de la chance.

La Rue, 1894 : Petit marchand dans les rues. Crieur de journaux. Signifie aussi voleur.

France, 1907 : Marchand d’objets de peu de valeur qui vend dans les villages ou expose sur la voie publique. Le terme vient du grec camelos, chameau, par allusion au sac qu’il porte sur le dos et qui contient sa camelotte.

Depuis quelque temps, une véritable révolution s’accomplit dans les mœurs publiques. Dans les luttes politiques, un facteur nouveau s’est introduit et les procédés de polémique, les moyens de propagande et de conviction sont transformés du tout au tout.
Le camelot a pris dans l’ordre social qui lui est sinon due, au moins payée. L’ère du camelot est venue et les temps sont proches où le revolver sera l’agent le plus actif d’une propagande bien menée.
Le camelot n’a qu’un inconvénient ; il coûte cher. Dans les premiers temps de son accession à la vie publique, c’était à six francs par soirée qu’il débordait d’enthousiasme et fabriquait de la manifestation. Depuis les prix ont un peu baissé, vu l’abondance des sujets. Lors du dernier banquet, c’était à quatre francs la soirée mais on fournissait le revolver.

(La Lanterne, 1888)

Au-dessus de tout le bruit, du roulement des voitures, des grincements des essieux, des galopades des beaux chevaux rués dans le travail comme des ouvriers courageux, — au-dessus de tout, retentissaient les cris des camelots du crépuscule, l’annonce vociférée des crimes de la basse pègre, des vols de la haute, l’essor des derniers scandales.

(Gustave Geffroy)

Le camelot, c’est le Parisien pur sang… c’est lui qui vend les questions, les jouets nouveaux, les drapeaux aux jours de fête, les immortelles aux jours de deuil, les verres noircis aux jours d’éclipse… des cartes obscènes transparentes sur le boulevard et des images pieuses sur la place du Panthéon.

(Jean Richepin, Le Pavé)

Il faisait un peu de tout… c’était un camelot, bricolant aujourd’hui des journaux illustrés, demain des plans de Paris, un autre jour offrant aux amateurs des cartes qualifiées de transparentes, débitant ensuite, coiffé d’un fez, des confiseries dites arabes ou des olives dans les cafés…

(Ed. Lepelletier, Les Secrets de Paris)

Drôlichon, drôlichonne

France, 1907 : Amusant, drôle.

— Ah ! vous voulez parler de la petite Adèle ? Elle était si gentille, toute rose, toute blonde, toute gaie, toute drôlichonne ; toujours les yeux ensoleillés de joie, elle riait et chantait de l’aube au crépuscule… Mais il y a deux ans de cela. Maintenant, elle ne rit ni ne chante plus.

(Les Propos du Commandeur)

Entre

d’Hautel, 1808 : Entre chien et loup. Signifie sur la brune ; au crépuscule du soir.
Entre bond et volée. Tant d’une façon que de l’autre.

Entre chien et loup

France, 1907 : Expression fort ancienne qui désire ce moment du crépuscule qui n’est plus le jour et pas encore la nuit, mais où il serait impossible de distinguer un chien d’un loup.

Lorsqu’il n’est ni jour ni nuit, quand le vaillant berger,
Si c’est un chien ou loup, ne peut au vrai juger.

Les Arabes appellent cet instant El acheur, le moment précis, disent-ils, où l’on ne peut reconnaître un fil blanc d’un fil noir.

Foucade

Delvau, 1866 : s. f. Lubie, envie subite, fougue d’un moment, coup de tête. Travailler par foucades. Irrégulièrement. On prétend qu’il faut dire fougade, et même fougasse. Je le crois aussi, mais le peuple dit foucade, — comme l’écrivait Agrippa d’Aubigné.

Rigaud, 1881 : Caprice amoureux.

France, 1907 : Lubie, caprice ; évidemment de fougue.

Le maréchal Pélissier, ce bourru bienfaisant, que ses coups de boutoir, ses foucades de caractère rendaient si insupportable aux gens qui ne le jugeaient qu’à la surface, possédait l’esprit le plus prime-sautier, le plus original, le plus pittoresque même qui fût. Il avait des traits à l’emporte-pièce, des reparties hautes en couleur qui faisaient la joie ou le désespoir de ses familiers. Épris de poésie badine, l’intrépide soldat taquinait volontiers la Muse et rimait des madrigaux ou des épigrammes. De temps à autre même, il se lançait dans la chanson, et je vous prie de croire qu’alors il ne travaillait pas précisément pour les pensionnats de demoiselles.

(Santillane, Gil Blas)

— J’ai eu la sottise de croire qu’elle s’amendait, qu’elle me revenait guérie de cette foucade avortée, qu’elle m’aimait à nouveau passionnément, je me suis laissé prendre à ses baisers, à ses cajoleries, à son air inquiet et troublé et pour un peu, parce qu’elle avait retrouvé le chemin de notre amour, parce qu’elle m’accordait des miettes de sa vie, parce qu’elle ne m’abandonnait plus, parce qu’elle était venue quatre jours de suite, j’eusse embrassé ses genoux avec une contrition parfaite.

(Champaubert, Crépuscule d’amour)

Travailler par foucade.

Nid d’amour

France, 1907 : Échancrure au dos du corsage des femmes ; expression bretonne.

La femme était une brunette, au teint de pêche et aux cheveux crépus. Je lui connus deux toilettes, qui, l’une et l’autre, étaient décolletées par devant de matière à découvrir la naissance d’une gorge dont on pouvait apprécier qu’elle venait très bien au monde ; et, par derrière, le corsage avait, sous la nuque, cette échancrure que l’on nomme en Bretagne : « Nid d’amour. »

(Paul Hervieu)

Nymphe de Guinée

Delvau, 1866 : s. f. Négresse, — dans l’argot des faubouriens.

France, 1907 : Négresse. On dit en anglais dans le même sens : morceau d’ébène.

C’était une fort belle fille dont la croupe énorme faisait loucher Arabes et colons. Ses cheveux crépus et courts se cachaient sous un madras jaune, et à ses chevilles nues cliquetaient des anneaux d’argent. Sa peau reluisait au soleil comme un bronze florentin. Elle était sage, disait-on, n’ayant encore eu, malgré ses dix-huit ans passés, qu’une demi-douzaine d’amants à qui elle restait fidèle jusqu’au lâchage fatal. Un soir, je devins possesseur de ses charmes. Mais je me lassai après une semaine à cause de l’odeur pénétrante de cette nymphe de Guinée.

(Les Propos du Commandeur)

Rigouillard

Virmaître, 1894 : Chose drôle, c’est plus fort que rigolo. C’est tellement rigouillard qu’il y a de quoi s’en tamponner le coquillard, c’est à se tordre, c’est crevant (Argot du peuple). N.

France, 1907 : Amusant, folichon.

Ce n’est pas qu’elle fût extraordinairement jolie, mais ses yeux noirs, où, des fois, se pailletait de l’or, avec, au fond, l’Énigme accroupie ; ses cheveux crépus encombrant son jeune front ; son petit nez rigouillard et bon bougre ; sa bouche trop grande, mais si somptueusement meublée, lui faisaient un si drôle d’air !

(Alphonse Allais)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique