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Monter une femme

Delvau, 1864 : La baiser, — ce qui est une façon, cavalière de s’exprimer. — La femme est une monture.

Pute ne tient conte
Qui sur son cul monte,
Toz il sont éguals.

(Anciens Fabliaux)

Le vin si fort le surmonta
Que sur ses deux filles monta.

(Recueil de poésies françaises)

Disant qu’il ne voulait laisser si aisément une si belle monture, qu’il avait si curieusement élevée, que premièrement il n’eût monté dessus, et su ce qu’elle saurait faire à l’avenir.

(Brantôme)

Vous serez le premier qui monterez sur elle,
J’en jure par ma foi, c’est une demoiselle.

(Théophile)

Mais ça était un pauvre monteur que ce monsieur le Dauphin.

(Tallemant des Réaux)

Mais quand je fis de ma bourse ouverture,
Je ne vis onc plus paisible monture.

(Cl. Marot)

Or, allons donc, et je m’assure
Que vaut trouverez la monture
Aussi gaillarde et bien en point.

(J. Grévin)

Il n’y a si vieille monture, si elle a le désir d’aller et veuille être piquée, qui ne trouve quelque chevaucheur malotru.

(Brantôme)

De qui les femmes aux courtisans
Servent bien souvent de monture

(Recueil de poésies françaises)

Notre rustre n’eut pas sur sa monture douce
Fait trois voyages seulement,
Qu’il sentit du soulagement.

(La Fontaine)

Un aumônier n’est pas si difficile
Il va piquant sa monture indocile,
Sans s’informer si le jeune tendron
Sous son empire a du plaisir ou non,

(Voltaire)

Monsieur, je vous entends bien ; vous voulez monter sur moi.

(Noël du Fail)

France, 1907 : Avoir avec elle un commerce charnel. « Qui monte la mule la ferre », qui se sert d’une femme ou d’un objet doit en payer l’entretien.

Pallas (faire)

Vidocq, 1837 : v. a. — Faire le grand seigneur, de l’embarras avec peu de chose. Terme des Camelots et saltimbanques.

Larchey, 1865 : Faire des façons, des embarras. — L’argot paraît s’être piqué là de certaines connaissances mythologiques, car Minerve faisait parfois la renchérie.

Au pré finira ton histoire, et là l’on n’y fait plus pallas.

(Vidocq)

Rigaud, 1881 : Faire des embarras, prendre de grands airs comme en prennent les saltimbanques en débitant leurs boniments.

France, 1907 : Faire des manières ; c’est-à-dire, par ampliation, vouloir imiter Minerve, déesse de la sagesse, par conséquent de la pruderie.

— Au pré finira ton histoire et là l’on n’y fait plus pallus.

(Mémoires de Vidocq)

Faut que j’te d’mande encor quèqu’chose,
Ça s’rait qu’t’aill’s voir un peu mes vieux,
Vas-y, dis, j’t’en pri’, ma p’tit’ Rose,
Malgré qu’t’es pas ben avec eux,
Je n’sais rien de c’qui leur arrive…
Vrai, c’est pas pour fair’ du pallas,
Mais j’voudrais ben qu’moman m’écrive
À Mazas.

(Aristide Bruant)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique