Entrez le mot à rechercher :
  Mots-clés Rechercher partout 


Dent (avoir de la)

Delvau, 1866 : Être encore beau cavalier ou jolie femme, — dans l’argot de Breda-Street. Les petites dames de ce pays cythéréen qui veulent donner a rêver aux hommes disent aussi : Seize ans, toutes ses dents et pas de corset.
Mal de dents.
Mal d’amour. N’avoir plus mal aux dents. Être mort.

Foutu (être)

Delvau, 1866 : Être ruiné, ou sur le point de mourir.

France, 1907 : Être dans de mauvais draps ; littéralement, être mort. Foutu pris dans ce sens vient non pas de futeere, mais de falutus, défunt, dont nous avons fait feu.

— Mon cher, dit un vieux richard à l’un de ses amis, si jamais je suis malade et que mon neveu s’approche de mon lit…
Et il fait un geste désespéré.
— Quelle idée !
— Pensez donc, il est mon héritier.
— Ce n’est pas une raison.
— Et même mon médecin.
— Ah ! foutu, alors !

Se dit aussi d’une affaire manquée, d’une entreprise qu’il faut abandonner.

Comme Bébert n’était pas admis à ces parties, et qu’il recevait une bourrade dès qu’il voulait tâter de Lydie, il restait gêné, travaillé de colère et de malaise, quand les deux autres s’amusaient, ce dont ils ne se gênaient nullement en sa présence. Aussi n’avait-il qu’une idée, les effrayer, les déranger, en leur criant qu’on les voyait.
— C’est foutu, v’là un homme qui regarde !

(Émile Zola, Germinal)

Lame

d’Hautel, 1808 : Une bonne lame ; une fine lame. Pour dire une femme adroite, fine et rusée.
On dit aussi d’un bon tireur d’armes, d’un soldat vaillant et courageux, que c’est une bonne lame.

Delvau, 1866 : s. f. Tombeau, — dans l’argot des romantiques, qui avaient ressuscité les vieux mots des poètes du XVIe siècle. Être couché sous la lame. Être mort.

Hayard, 1907 : Couteau.

Manger des pissenlits par la racine

Delvau, 1866 : v. a. Être mort.

Manger les pissenlits par la racine

France, 1907 : Être mort et enterré.

Manger, manger le morceau, Manger sur, Manger du lard

Rigaud, 1881 : Dénoncer un complice, révéler un secret. — Manger dans la main, être très familier, ne pas observer les distances sociales. — Manger de la misère, manger de la prison, subir la misère, la prison. — Manger de la vache enragée, être misérable. — Manger de la merde, être dans le dénûment le plus profond, être abreuvé de souffrances physiques et morales. — Manger sur le pouce, manger à la hâte. — Manger du drap, jouer au billard. — Manger du pavé, chercher en vain de l’ouvrage. — Manger la laine sur le dos de quelqu’un, vivre aux dépens de quelqu’un, le ruiner sans le faire crier. — Manger du pain rouge, dépenser l’argent provenant d’un assassinat. — Manger à tous les râteliers, accepter de tous les côtés, sans scrupules. — Manger le Bon Dieu, communier. — Manger du sucre, être applaudi au théâtre. — Manger le poulet, partager un pot de vin, partager un bénéfice illicite. — Manger le gibier, faire sauter l’anse du panier de la prostitution, — dans le jargon des souteneurs qui n’entendent pas la plaisanterie sur ce chapitre. — Manger le pain hardi, être domestique. — Manger son pain blanc le premier, dépenser sans compter avec la misère à venir. — Manger l’herbe par la racine, être mort depuis longtemps. — Manger ses mots, parler vite et d’une manière incompréhensible. — Manger la consigne, oublier un ordre qu’on vous a donné. — Avoir mangé la bouillie avec un sabre, avoir une très, grande bouche. — Se manger, se manger le nez, se disputer vivement de très près, se menacer d’en venir aux mains. — Se manger les sangs, s’inquiéter. — Se manger les pouces, s’impatienter.

Mort (à)

France, 1907 : Beaucoup, considérablement, en quantité. « Il y a eu du blé à mort cette année. Il y avait du monde à mort à cette assemblée. »

« C’est un bon ouvrier, il travaille à mort », à mort (usque ad mortem), jusqu’à extinction de la force agissante ou productive.
Avoir la mort dans le dos, être mort dans le dos, locution pour exprimer l’état d’exténuation d’un animal.

(Cte Jaubert, Glossaire du Centre)

Pêcher une friture dans le Styx

Delvau, 1866 : Être mort, — dans l’argot des faubouriens qui ont lu M. de Chompré. Aller pêcher une friture dans le Styx. Mourir.

France, 1907 : Mourir. Le Styx est, on le sait, le fleuve qui, d’après la mythologie des Grecs et des Romains, tournait sept fois autour de l’enfer.

Pissenlits par la racine (manger des)

La Rue, 1894 : Être mort.

Pissenlits par la racine (manger les)

Rigaud, 1881 : Être mort.

France, 1907 : Être mort et enterré.

J’achevais une délicieuse salade de pissenlits.
Après m’avoir serré la main, la larme à l’œil, telle fut sa première parole, à ce gracieux vieillard :
— Allons, je suis content ! (Montrant les pissenlits) je vois avec plaisir que vous ne les mangez pas encore par la racine.

(Léon Rossignol, Lettres d’un Mauvais Jeune homme à sa Nini)

Plomb

d’Hautel, 1808 : La calotte de plomb. Pour dire, l’expérience que donnent le temps et un âge mûr.
Il lui faudroit un peu de plomb dans la tête. Se dit d’une tête légère ; d’un étourdi.
Fondre du plomb. Se croiser les bras ; paresser ; passer la journée à ne rien faire.
N’avoir ni poudre ni plomb. Être sans argent, sans moyens ; être dénué de ressources.
Jeter son plomb sur quelque chose. Former un dessein pour y parvenir.
Être en plomb. Pour dire, être mort ; être dans un cercueil de plomb.
Un cul de plomb. On appelle ainsi un homme qui ne prend pas d’exercice ; qui n’a pas d’activité. On le dit aussi d’un homme très-assidu, qui ne bronche pas quand il est à l’ouvrage.
Le plomb. Maladie honteuse et secrète qu’engendrent le vice et la débauche.

Vidocq, 1837 : s. m. — Mal vénérien.

Delvau, 1864 : La vérole — avec laquelle on blesse, et quelquefois on tue la personne à qui on la communique.

Le plus marlou peut attraper le plomb.

(Dumoulin)

Larchey, 1865 : « Gaz caché dans les fentes des pierres, et qui tue comme la foudre le vidangeur qui en est atteint. » — Berthaud. — Plomb : Vérole. — Plomber : Infecter, donner la vérole.

Delvau, 1866 : s. m. Gorge, gosier, — dans l’argot des faubouriens. L’expression est juste, surtout prise ironiquement, le plomb (pour Cuvette en plomb) étant habitué, comme la gorge, à recevoir des liquides de toutes sortes, et la gorge, comme le plomb, s’habituant parfois à renvoyer de mauvaises odeurs. Jeter dans le plomb. Avaler.

Delvau, 1866 : s. m. Hydrogène sulfuré qui se dégage des fosses d’aisances, — dans l’argot du peuple.

Delvau, 1866 : s. m. Sagette empoisonnée décochée par le « divin archerot. »

Rigaud, 1881 : Chambre de domestique ; chambre sous les plombs du toit.

Rigaud, 1881 : Gaz délétère ; gaz hydrogène sulfuré qui se dégage des fosses d’aisances.

Rigaud, 1881 : Gosier. — Est-ce que c’est ton plomb ou tes pieds qui schelinguent comme ça ? — C’est les deux.

Rigaud, 1881 : Syphilis. — Être au plomb, avoir gagné la syphilis, — dans le jargon des voyous. — Manger du plomb, être blessé, tué par une arme à feu. (L. Larchey)

La Rue, 1894 : Gosier. Gaz délétère des fosses d’aisances. Syphilis.

Rossignol, 1901 : La gorge.

Hayard, 1907 : Estomac, gosier.

France, 1907 : La bouche, le gosier. « Ferme ton plomb », tais-toi. Avoir une carotte dans le plomb, avoir mauvaise haleine.

— D’où sert-elle donc celle-là… elle ferait bien mieux de clouer son bec.
— Celle-là !… Celle-là vaut bien Madame de la Queue-Rousse. Ferme ton plomb toi-même.

(Hector France, Le Péché de Sœur Cunégonde)

Qui qu’a soif ? Qui qui veut boire à la fraîche ?
Sur mon dos, au soleil, la glace fond.
De crier ça me fait la gorge sèche,
J’ai le plomb tout en plomb. Buvons mon fond !

(Jean Richepin, La Chanson des gueux)

Voici les synonymes argotiques de plomb : avaloir, bavarde, babouine, bécot, boîte, égout, entonnoir, cassolette, gaffe, gargoine, gaviot, goulot, mouloir.

France, 1907 : Maladie vénérienne ; quand on l’attrape, on est plombé.

Redresseur

d’Hautel, 1808 : Fripon, escroc, filou ; homme fin et rusé, auquel il faut soigneusement éviter d’avoir affaire ; on dit aussi d’un rigoriste, d’un homme qui exerce une sévère critique sur les fautes d’autrui ; c’est un redresseur de torts.

France, 1907 : Industriel de lettres qui corrige, redresse les œuvres de confrères.

Un homme nait qui serait peut-être mort de faim dans tous les métiers ; un jour, il met la plume à la main, il écrit, il se sent la facilité qu’on éprouve à la garde-robe. Apportez vingt moules à feuilletons, il les remplira jusqu’aux bords, il ne retient rien dans sa vessie : son robinet, ci 50,000 francs par an et les honneurs — la gloire en gros sous. Est-ce vrai ?
Un autre n’a ni fond, ni forme, pas plus de style que de pensée ; mais il possède une faculté hors ligne — celle de redresseur. Orthopédiste merveilleux, il corrige les drames mal faits et d’un enfant mal venu fait une œuvre superbe.

(A. Dubrujeaud)

Refroidi

Vidocq, 1837 : s. f. — Mort.

Halbert, 1849 : Mort.

Delvau, 1866 : s. m. Noyé, pendu ; cadavre, — dans l’argot des voleurs.

Rigaud, 1881 : Mort. — Assassiné.

La Rue, 1894 : Mort. Assassiné.

Rossignol, 1901 : Être mort.

France, 1907 : Cadavre. Parc à refroidis, cimetière. Roulante à refroidis, corbillard.

Tous les matins, avant midi,
Dans une immense fosse,
On apport’ra les refroidis
Qu’on empil’ra par grosse.

(Aristide Bruant, Dans la Rue)

Roupiller dans le grand

Rigaud, 1881 : Être mort.

Sap

Delvau, 1866 : s. m. Apocope de Sapin, cercueil, — dans l’argot des voyous. Taper dans le sap. Être mort et enterré, — dormir du dernier somme. M. Louis Festeau, qui a chanté tout, a naturellement consacré quelques loisirs de sa muse au Sap :

Avant d’être mis dans le sap,
Vous voulez, orné de lunettes,
Me décalquer de pied en cap.

France, 1907 : Cercueil ; abréviation de sapin. Taper dans le sapin, être mort.

Sèche (la)

Rigaud, 1881 : La mort, — dans le jargon des voleurs. — Être sec, être mort.

France, 1907 : La mort.


Argot classique, le livre • Telegram

Dictionnaire d’argot classique