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Chaud

d’Hautel, 1808 : Plâtre-chaud. Sobriquet injurieux que l’on donne à un maçon qui ne sait pas son métier ; à un architecte ignorant.
Jouer à la main chaude. Au propre, mettre une main derrière son dos, comme au jeu de la main chaude. Le peuple, dans les temps orageux de la révolution, disoit, en parlant des nombreuses victimes que l’on conduisoit à la guillotine, les mains liées derrière le dos, ils vont jouer à la main chaude, etc.
C’est tout chaud tout bouillant. Pour dire que quelque chose qui doit être mangé chaud est bon à prendre. On dit aussi d’un homme qui est venu d’un air empressé et triomphant annoncer quelque mauvaise nouvelle, qu’Il est venu tout chaud tout bouillant annoncer cet évènement.
Chaud comme braise.
Ardent, bouillant, fougueux et passionné.
Tomber de fièvre en chaud mal. C’est-à-dire, d’un évènement malheureux dans un plus malheureux encore.
Avoir la tête chaude. Être impétueux, et sujet à se laisser emporter à la colère.
On dit, par exagération, d’une chambre ou la chaleur est excessive, qu’Il y fait chaud comme dans un four.
Il fait bon et chaud.
Pour dire que la chaleur est très-forte. Voy. Bon.
Il faut battre le fer pendant qu’il est chaud. C’est-à-dire, pousser vivement une affaire quand l’occasion est favorable.
À la chaude. Dans le premier transport.
Cela ne fait ni chaud ni froid. C’est-à-dire, n’influe en rien, n’importe nullement.
La donner bien chaude. Exagérer un malheur, donner l’alarme pour une un événement de peu d’importance, faire une fausse peur.
Si vous n’avez rien de plus chaud, vous n’avez que faire de souffler. Se dit à quelqu’un qui se flatte de vaines espérances, qui se nourrit d’idées chimériques.
Il n’a rien eu de plus chaud que de venir m’apprendre cet accident. Pour, il est venu avec empressement, d’un air moqueur et joyeux m’annoncer cet accident.

Larchey, 1865 : Coureur de belles, homme ardent et résolu. — Autrefois on disait chaud lancier :

Le chaud lancier a repris Son Altesse royale.

(Courrier burlesque, 2e p., 1650)

Delvau, 1866 : adj. et s. Rusé, habile, — dans l’argot du peuple, assez cautus. Être chaud. Se défier. Il l’a chaud. C’est un malin qui entend bien ses intérêts.

Delvau, 1866 : adj. Cher, d’un prix élevé.

La Rue, 1894 : Dangereux. Passionné. Se tenir chaud, être sur ses gardes.

France, 1907 : Rusé, malin. Se dit aussi pour un homme porté à l’amour ; on ajoute alors souvent : de la pince. Henri IV était très chaud de la pince. Ce n’est jamais un mal, si c’est parfois un danger. Dans le même sens, chaud lancier.

Pallas

Delvau, 1866 : s. m. Discours, bavardage, — dans l’argot des typographes et des voleurs. Faire pallas. Faire beaucoup d’embarras à propos de peu de chose.

Rigaud, 1881 : Beau, joli, — dans l’argot des barrières. Déformation de « pas laid ».

Rigaud, 1881 : Harangue de banquiste.

Ensuite il commence tout à coup son pallas d’une voix sourde et vibrante à la fois.

(V. Fournel, Ce qu’on voit dans les rues de Paris)

Boutmy, 1883 : s. m. Discours emphatique ou plutôt amphigourique. C’est sans doute par une réminiscence classique qu’on a emprunté ironiquement pour désigner ce genre de discours l’un des noms de la sage Minerve, déesse de l’éloquence. Que de pallas finissent par des mastics !

La Rue, 1894 : Beau, joli. Boniment du banquiste. Faire pallas, faire des manières.

Virmaître, 1894 : Discours.
— Tu ne vas pas bientôt nous lâcher le coude avec ton pallas à dormir debout.
— Viens-tu entendre le bénisseur, il va pallasser sur la tombe de son ami (Argot des voleurs).

Hayard, 1907 : Ce mot à deux significations : comme substantif il veut dire : discours, boniment ; comme adjectif il signifie : beau superbe.

France, 1907 : Discours, boniment. Dans l’argot des typographes, c’est un discours embrouillé. « Pousser son pallas », parler. « Terme des camelots et des saltimbanques, dit F. Michel, emprunté à l’ancienne germania espagnole, où « hacer pala » se disait quand un voleur se plaçait devant la personne qu’il s’agissait de voler, dans le but d’occuper ses yeux. »

Son pallas ne variait jamais : Voulez-vous, disait-il, vous amuser en société ? achetez ma poudre ; c’est un secret que m’a légué un de mes aïeux. Marin, son navire fit naufrage ; il échoua dans une île sauvage, la fille du roi devint amoureuse de lui et elle lui proposa de choisir entre l’épouser ou être mangé à une sauce quelconque. Il épousa.

(Ch. Virmaître, Paris oublié)

En opposition à l’explication de F. Michel, Boutmy donne comme origine l’un des noms de la sage Minerve, déesse de l’éloquence. Mais nous adopterions plutôt l’opinion de Lorédan Larchey qui fait de ce mot une abréviation de parlasser.

Pendule à plumes

Delvau, 1866 : s. f. Coq, — dans l’argot des gens de lettres, qui ont lu la Vie de Bohème.

Virmaître, 1894 : Le coq qui chante chaque matin à heures fixes. On dit également réveil-matin. C’en est un très économique qui n’a pas besoin d’être remonté et qui a l’avantage de pouvoir être mangé quand il a cessé de plaire (Argot du peuple).

France, 1907 : Coq.

Struggleforlifeur

France, 1907 : Barbare civilisé, suivant l’expression de Paul Bourget, capable de toutes les atrocités morales et même matérielles pour arriver à la fortune, pour jouir.

Il fallait bien vivre. L’Anglais, l’Italien et l’Allemand étaient des partisans sincères de la théorie très actuelle de la lutte pour la vie. Dans ce système, les plus faibles doivent être mangés par les plus forts. C’est la loi rationnelle de l’existence. Les struggleforlifeurs sont des gens tout à fait fin de siècle.

(Yveling Rambaud, Haine à mort)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique