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Agater

Delvau, 1866 : v. n. Recevoir des coups, être pris, — étrenner de n’importe quelle façon. Argot des faubouriens.

Rossignol, 1901 : Plaisanter, blaguer quelqu’un.

France, 1907 : Recevoir des coups, être pincé. Même sens qu’écoper dans l’argot populaire.

Avoir l’étrenne

Delvau, 1866 : Être le premier à faire ou à recevoir une chose.

Virmaître, 1894 : S’offrir une chose neuve.

Elle me dit : Mon vieux,
Pâme-toi si tu veux,
Tu n’en auras pas l’étrenne.

Faire étrenner un camarade : lui flanquer une bonne volée (Argot du peuple). N.

Rossignol, 1901 : Être le premier à profiter d’une chose.

Baiser

d’Hautel, 1808 : Baiser le cul de la vieille. Signifie en terme de jeu, ne pas prendre un point dans toute la partie ; et en terme de commerce, ne pas étrenner de la journée.
Il devroit baiser les pas par où elle passe. Se dit d’un homme ingrat, qui cherche à dénigrer une personne à laquelle il a de grandes obligations.
Baiser à la pincette. C’est pincer avec les doigts les deux joues de la personne que l’on veut embrasser sur la bouche ; ce que les enfans appellent Baiser à la godinette.

Delvau, 1864 : Verbe excessivement actif, que l’humanité passa son temps à conjuguer depuis le premier jour du monde, et qu’Adam et Ève savaient dans tous ses modes avant les conseils libertins du serpent. C’est le to leacher des Anglais, le far l’atto venereo des Italiens et le basiare des latins. — Quant à son étymologie, elle est d’une clarté éblouissante même pour un aveugle. Agnès la devinerait. Baiser, verbe, vient de Baiser, substantif, car la conjonction d’en haut précède toujours la conjonction d’en bas, et il est impossible à une femme dont les petites lèvres ont été touchées par une bouche, de ne pas laisser toucher ses grandes lèvres par une pine. De ceci vient cela, dirait Hugo.

…Et l’homme marié
Baise tout simplement, quand il peut, sa moitié.

(Protat)

…Le galant, en effet,
Crut que par là baiserait la commère.

(La Fontaine)

Parbleu, qu’un autre la baise.
J’aime mieux baiser mes sœurs.

(Collé)

Chaud de boisson, certain docteur en droit,
Voulant un jour baiser sa chambrière,
Fourbit très bien d’abord le bon endroit.

(Piron)

Étrenner

Delvau, 1864 : Faire un miché ; raccrocher un homme dans la rue.

Voilà mon tour de bitume arrivé… Il faut qu’on m’étrenne !

(Lemercier de Neuville)

Delvau, 1866 : v. n. Recevoir un soufflet, un coup quelconque. Argot des faubouriens.

Rigaud, 1881 : Mal commencer la journée ; recevoir une réprimande en arrivant à l’atelier, — dans le jargon des ouvriers. — Recevoir une correction, — dans le jargon des mères de famille : Si tu n’es pas sage, tu vas étrenner.

Hayard, 1907 : Recevoir des coups.

France, 1907 : Expression que les marchands emploient lorsqu’ils vendent à un premier client.

Et rôdant autour des tables
À la porte des cafés,
Elle dit des mots aimables
Aux messieurs bien attifés.
— La coquine est déjà belle !
— Ça ne peut que mal tourner !
— Bons messieurs, murmure-t-elle,
Vous devriez m’étrenner.

(Clovis Hugues, La Petite Boutiquière)

France, 1907 : Recevoir ou donner des coups.

Stuc

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Part du butin.

Delvau, 1866 : s. m. Part d’un vol, — dans l’argot des voleurs, qui doivent s’estimer heureux de ne plus vivre au XVIIIe siècle, à une époque où un arrêt de la Cour du Parlement (22 juillet 1722) condamnait à être rompu vif un sieur Cochois, pour avoir recelé des vols, en avoir eu le stuc et acheté le stuc des autres. J’ai vu écrit Lestuc sur feuillet de garde du Langage de l’argot réformé, avec mention du sens dans lequel stuc est employé.

Virmaître, 1894 : Part de vol. Synonyme de fade, comme stuquer (partager) l’est de fader. Stuquer est encore pris dans le sens d’étrenner : recevoir des coups.
— La gosse a stuqué (Argot du peuple). N.

France, 1907 : Part de butin volé ; vieux mot.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique