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Charrier à la mécanique

Rigaud, 1881 : Avoir la précaution d’étrangler un peu et même tout à fait le patient, tandis qu’un camarade le dépouille.

Cherrer

Rossignol, 1901 : Frapper fort.

Tape dessus, et il faut le cherrer, il l’a mérité.

Hayard, 1907 : Serrer, étrangler.

Coco

d’Hautel, 1808 : Nom d’amitié que l’on donne aux petits garçons.
C’est aussi un terme mignard et cajoleur dont les femmes gratifient leurs maris ou leurs bien aimés, pour en obtenir ce qu’elles désirent.

d’Hautel, 1808 : Tisanne rafraîchissante, faite de chiendent, de réglisse et de citron, que l’on vend à Paris dans les promenades publiques. Boire un verre de coco.
Coco
signifie aussi eau-de-vie, rogome, brande-vin.
Boire le coco. C’est boire l’eau-de-vie le matin à jeun, suivant l’usage des journaliers de Paris.

Larchey, 1865 : Cheval.

Ce grossier animal qu’on nomme vulgairement coco.

(Aubryet)

Larchey, 1865 : Homme peu digne de considération.

Joli Coco pour vouloir me faire aller.

(Balzac)

Larchey, 1865 : Nom d’amitié.

J’vais te donner un petit becquau. Viens, mon coco.

(Dialogue entre Zuzon et Eustache, chanson, 1836)

Delvau, 1866 : s. m. Boisson rafraîchissante composée d’un peu de bois de réglisse et de beaucoup d’eau. Cela ne coûtait autrefois qu’un liard le verre et les verres étaient grands ; aujourd’hui cela coûte deux centimes, mais les verres sont plus petits. O progrès !

Delvau, 1866 : s. m. Cheval, — dans l’argot du peuple. Il a graissé la patte à coco. Se dit ironiquement d’un homme qui s’est mal tiré d’une affaire, qui a mal rempli une commission.

Delvau, 1866 : s. m. Eau-de-vie, — dans l’argot des faubouriens.

Delvau, 1866 : s. m. Gorge, gosier, — dans le même argot [des faubouriens]. Se passer par le coco. Avaler, boire, manger.

Delvau, 1866 : s. m. Homme singulier, original, — dans le même argot [des faubouriens]. Joli coco. Se dit ironiquement de quelqu’un qui se trouve dans une position ennuyeuse, ou qui fait une farce, désagréable. Drôle de coco. Homme qui ne fait rien comme un autre.

Delvau, 1866 : s. m. Œuf, — dans l’argot des enfants, pour qui les poules sont des cocottes.

Delvau, 1866 : s. m. Tête, — dans l’argot des faubouriens, qui prennent l’homme pour un Coco nucifera. Coco déplumé. Tête sans cheveux. Redresser le coco. Porter la tête haute. Monter le coco. Exciter le désir, échauffer l’imagination.

Rigaud, 1881 : Gosier. — Se passer quelque chose par le coco, manger, boire.

Rigaud, 1881 : Individu, particulier. Ne s’emploie guère qu’accolé au mot joli, dans un sens ironique : C’est un joli coco.

Rigaud, 1881 : Pour eau-de-vie, avait déjà cours au siècle dernier.

Elle lui fit payer du coco.

(Cabinet satirique)

Aujourd’hui on entend par coco, de la mauvaise eau-de-vie, de l’eau-de-vie fortement additionnée d’eau. — Marchand de coco, marchand de vin. Allusion à l’eau que le débitant met dans le vin et les liqueurs.

Rigaud, 1881 : Tête ; allusion de forme. Se monter le coco, s’illusionner, se monter la tête.

France, 1907 : Cheval. Ce mot est employé surtout dans la langue du troupier.

Pour faire un vrai soldat, et devenir par la suite un bon officier, il faut avoir tiré toutes les ficelles du métier et savoir : balayer la chambrée ; cirer la planche à pain ; bichonner Coco…

(Hector France, L’Homme qui tue)

France, 1907 : Gosier ; argot populaire. Colle-toi ça ou passe-toi ça dans le coco.

France, 1907 : Mauvais vin on mauvaise eau-de-vie. Allusion à la fade boisson que vendent les marchands de coco.

France, 1907 : Tête. Avoir de coco déplumé, être chauve ; avoir le coco fêlé, être fou. Dévisser le coco, étrangler. Se monter de coco, s’exciter.
Jean Richepin, dans ses compliments de nouvelle année, souhaite, entre autres :

À Barbier, de trouver l’écho
De la voix qui cria les lambes,
Et, pour lui monter le coco,
Du poil à gratter dans les jambes.

Graisser la patte à Coco, gagner quelqu’un en lui donnant de l’argent. S’emploie aussi dans un mauvais sens, précédé de vilain ou de joli : Vilain coco ! joli chien ! ou bien il signifie simplement un individu.

Parmi les socialos politicards, il peut y avoir des cocos qui ont de l’honnêteté, mais qué que ça prouve ? Rien, sinon qu’ils manquent de flair.

(Almanach du Père Peinard, 1894)

France, 1907 : Triste sire, homme méprisable ou, tout simplement, dont on n’est pas satisfait. Le mot est généralement précédé des adjectifs joli, fameux, ou vilain.

— Ah ! vous êtes un fameux gaillard ! un joli coco ! Vous arrivez comme le marquis de Chose-verte, trois heures après la bataille. Vous pouvez bien tourner les talons, et remporter votre lard pourri. Avez-vous du liquide, au moins ?

(Hector France, Sous le Burnous)

— Et v’là qu’elle est lâchée salement par un vilain coco Il est vrai que des filles qui n’ont pas le sou et qui ne savent même pas éplucher une salade, ne sont pas d’un placement avantageux, ni facile, par conséquent !

(Albert Cim, Demoiselles à marier)

C’est aussi un nom d’amitié :

J’vais te donner un p’tit bécot,
Viens, mon coco !

Collier, coulant

Larchey, 1865 : Cravate (Vidocq). — Mots expressifs et bien dus aux voleurs qui voient dans la cravate un moyen de vous étrangler.

Coup de pouce (donner le)

France, 1907 : Étrangler quelqu’un.

Coup du père François

Virmaître, 1894 : Ce coup est très ancien. Autrefois les détenus l’employaient pour se débarrasser d’un personnage qui moutonnait. Il consiste simplement à l’étrangler en passant à l’aide d’un foulard de soie. Louis le Bull-Dogue, élève du père François explique ainsi la manière d’opérer :

Pour faire le coup du Père François,
Vous prenez un foulard de soie ;
Près du client en tapinois
Vous vous glissez sans qu’il vous voie
Et crac ! vous lui coupez la voix.
Sitôt qu’il est devenu de bois
Vous lui prenez son os, ses noix.
Et c’est ainsi qu’un Pantinois
Peut faire fortune avec ses doigts.

France, 1907 : Strangulation à l’aide d’un foulard, appelé ainsi du nom d’un célèbre coquin qui le pratiquait avec succès. Charles Virmaître cite la manière d’opérer tirée de Louis le Bull-dogue :

  Pour faire le coup du Père François,
  Vous prenez un foulard de soie ;
  Près du client en tapinois
  Vous vous glissez sans qu’il vous voie
  Et crac ! vous lui coupez la voix.
  Sitôt qu’il est devenu de bois
  Vous lui prenez son os, ses noix.
  Et c’est ainsi qu’un Pantinois
  Peut faire fortune avec ses doigts.

Le coup du père François serait l’idéal du gredin professionnel si quelques petits incidents désagréables me l’accompagnaient parfois. Il arrive, quand l’opération se prolonge un peu trop, ou que l’opéré a la respiration un peu courte, que ce dernier ne se réveille pas de son évanouissement. C’est ce qui s’est produit pour Ollivier, l’usurier qui resta entre les mains de la bande de Neuilly. En ce cas, les jurés ne plaisantent point. Mais, tout compte fait, ces hasards sont rares et, jusqu’à ce qu’on ait trouvé mieux, le coup du père François sera enseigné avec respect de la Glacière à Ménilmontant.

(Guy Tomel)

On l’appelle aussi le coup du père Martin.

Rien de plus désagréable, par exemple, que le coup du père Martin, sur les deux ou trois heures du matin. Quand il est bien fait, vous en êtes quitte pour un fort torticolis et la perte de votre porte-monnaie ; mais on cite des gens qui en sont morts.

(Berty, La Nation)

Dévisser le coco

Rigaud, 1881 : Tordre le cou, étrangler.

France, 1907 : Étrangler. On dit aussi : dévisser le trognon.

Donner le coup de pouce

Larchey, 1865 : Étrangler.

Douleur (étrangler la)

La Rue, 1894 : Boire un verre d’eau-de-vie.

France, 1907 : Boire un verre d’eau-de-vie. La consolation est, en effet, au fond du verre.

Estrangouillade

Delvau, 1866 : s. f. Action d’étrangler, strangulare, — dans l’argot du peuple.

Rigaud, 1881 : Étranglement. Mot importé par MM. les Auvergnats, porteurs d’eau.

Estrangouillade, estrangouillement

France, 1907 : Acte d’étrangler.

— Tu as exploité jusqu’à plus soif les pauvres diables ; le moment est venu de dégorger une petiote part de ce que tu leur as barboté… Les conditions suivaient l’estrangouillement des deux morceaux de salé, si le papa ne carmait pas.

(Almanach du Père Peinard, 1894)

Estrangouiller

Vidocq, 1837 : v. a. — Étrangler.

Larchey, 1865 : Étrangler (Vidocq). — À peu de chose près, c’est le latin strangulare.

Delvau, 1866 : v. a. et n. Étrangler quelqu’un, étouffer.

Rigaud, 1881 : Étrangler ; du catalan estrangolar. — Estrangouiller un litre, boire un litre de vin. Mot à mot : étrangler un litre.

La Rue, 1894 : Étrangler.

France, 1907 : Étrangler, du latin strangulare.

Il est de la famille de cet autre (qu’on a nommé député depuis)… un jour on le pince en train de bouffer un rat ; la queue lui sortait de la gueule, longue d’une aune : « T’as bouffé le rat, qu’on lui fait. — Moi, un rat ? pas vrai, menteurs ! » qu’il braille, à moitié estrangouillé.

(Père Peinard)

Étouffer, étrangler

Rigaud, 1881 : Avaler. — Étouffer un perroquet, étrangler un perroquet, avaler un verre d’absinthe.

Étrangler

d’Hautel, 1808 : Il a de la patience comme un chat qui s’étrangle. Se dit d’une personne impatiente, vive, pétulante, et sujette à la colère et aux emportemens.
On dit d’un bâtiment dont les ailes sont trop serrées, qu’il est trop étranglé.
Étrangler la soif.
Avoir une soif ardente. Avoir le gosier sec et enflammé

France, 1907 : Boire.

Étrangler la chandelle

Rigaud, 1881 : Renifler fortement pour finir par expectorer.

Étrangler la douleur

France, 1907 : Boire un verre d’eau-de-vie.

Étrangler la gueuse

France, 1907 : Tuer la République ; argot des monarchistes.

Étrangler un perroquet

Rossignol, 1901 : Boire une absinthe pure.

Hayard, 1907 : Boire une absinthe.

France, 1907 : Boire un verre d’absinthe. On dit aussi : étouffer un perroquet.

Le docteur Garnier n’est qu’un farceur. Il était parti en grand attirail à destination du Congo avec une cage en fer pour y passer quarante jours et quarante nuits, en pleine forêt vierge. De ce poste d’observation il devait engager des pourparlers avec ses élèves, en leur donnant du sucre, dont il avait fait ample provision. Aussitôt arrivé, il mit sa cage au garde-meubles et il trouva l’emploi de son sucre dans de nombreuses absinthes. Drôle de façon d’étudier les singes que d’étrangler des perroquets !

(La Nation)

Étrangler une dette

Delvau, 1866 : v. a. L’acquitter, pour s’en débarrasser lorsqu’elle est trop criarde, — dans l’argot des bohèmes.

France, 1907 : L’acquitter.

Fille, grande fille

Rigaud, 1881 : Bouteille de vin.

Allons étrangler une grande fille, ce qui signifie : Allons boire une bouteille.

(Petit Parisien, du 16 août 1877)

Gaviot

Delvau, 1866 : s. m. Gorge, gosier. Serrer le gaviot à quelqu’un. L’étrangler, l’étouffer. Autrefois on disait Gavion.

Rigaud, 1881 : Gosier ; d’où gavé. — Avoir le gaviot à sec, être altéré.

Virmaître, 1894 : Le gosier. Serrer le gaviot : faire passer le goût du pain. Mot à mot : étrangler un individu (Argot du peuple). V. Qui-Qui.

Hayard, 1907 : Gosier.

France, 1907 : Gorge, gosier.

Giries

Delvau, 1866 : s. f. pl. Fausse modestie, refus des lèvres et non du cœur, — dans l’argot du peuple, qui a horreur de l’hypocrisie. Faire des giries. Faire semblant de pleurer quand on n’en a pas envie ; refuser ce qu’on meurt d’envie d’accepter. Faiseuse de giries. Fausse Agnès, fausse prude, — et vraie femme.

Rigaud, 1881 : Manières, embarras. — Faire des giries.

La Rue, 1894 : Manières, fausse modestie.

France, 1907 : Manières, fausse modestie, refus courtois d’une chose qu’on brûle d’accepter.

Elle ne le lâchait plus, lui reparlait continuellement de cet argent, lui promettant de prier pour lui, s’il voulait seulement lui dire où il avait caché… Lui cependant, la laissait dire, grommelant sourdement des jurons et par moments, quand elle se baissait, tâchant de lui saisir le cou pour l’étrangler ; mais elle se reculait, rabattait sa main inerte vers les draps, puis recommençait ses giries, têtue et bonasse. À la fin, las de lutter coutre la harpie, plus acharnée qu’un taon, il se mit à pousser des hurlements doux, pleurant et vagissant d’une voix d’enfant.

(Camille Lemonnier, Happe-Chair)

— Pas tant de manières donc ! Râlait-il, pendant que ses mains impatientes et brutales faisaient leur office. Finissez toutes ces giries, ça ne sert à rien ! Voyons… Aline, voyons ! Et Thérèse qui m’assurait que vous étiez si bonne fille ! Je vous dis que je vous veux, là ! Et je vous aurai, je vous aurai, tonnerre de Dieu !

(Albert Cim, Demoiselles à marier)

Grain de brune

France, 1907 : Foulard dont se servent les rôdeurs de nuit pour étrangler leur victime.

Grain de brune, saute-cou, terre-à-terre

La Rue, 1894 : Foulard. Il sert au voleur, le soir, pour étrangler et terrasser sa victime.

Juste

d’Hautel, 1808 : Comme de juste. Pour, c’est naturel : c’est de toute justice.
Juste comme de l’or. Pour dire parfaitement.
Juste et carré comme une flûte. Se dit en riant d’une chose quelconque qui ne remplit pas le but que l’on désire, mais dont, néanmoins, on se sert faute d’autre.

Delvau, 1866 : s. f. La Cour d’assises, — dans l’argot des voleurs, qui s’étrangleraient sans doute à prononcer le mot tout entier, qui est Justice.

Kiki

France, 1907 : Cou ; argot populaire.

Tous les jours ils condamnent des pauvres gars qui n’ont pas su comprendre les lois de notre dégoûtante société. Ils écument le trop-plein, les marchands d’injustice : par leur truc journalier, ils serrent le kiki aux types qui réclament, ou prennent leur place au soleil !

(Le Père Peinard)

Cette fois, le gros a changé de tactique, il ne châtrera pas son adversaire : il l’étranglera, l’étouffera en douceur. Carrément, il lui introduit deux doigts de son énorme patte gauche dans les narines, tandis que, de sa droite, il lui serre le Kifi.

(La Sociale)

— Vous comprenez que c’te prétention de me faire payer ses dettes m’a semblé un peu violente. Je l’ai chipée délicatement par le kiki et j’y ai demandé :
— Dis donc, est-ce que par hasard tu m’aurais pris pour un pante ?

(Oscar Méténier)

Mariage

d’Hautel, 1808 : Faire un mariage. Mêler chacun le peu d’argent qu’on a ; en composer une petite somme pour se divertir. En terme d’imprimerie, c’est boire bouteille, avant de se mettre en train à l’ouvrage, avec le compagnon que l’on s’est choisi.
Un mariage de Jean de vignes. Un concubinage, que l’on appelle plus communément, mariage à la détrempe. Voyez ce mot.

Delvau, 1864 : Collage légitime de l’homme et de la femme, qui a le vit pour trait d’union, plus les enfants qui peuvent résulter dudit collage. Selon Balzac :

Le mariage est une association de mauvaise humeur, pendant le jour, et de mauvaise odeur pendant la nuit.

Rigaud, 1881 : Corde de justice, corde à étrangler, — dans le jargon des cordiers des XVIIe et XVIIIe siècles. C’est cette corde que l’exécuteur des hautes-œuvres appelait « tourtouse ». — Tourtouse par extension signifiait encore gibet, potence. (Hurtaut, Dict. des homonymes, 1775)

Passer le goût du pain

Virmaître, 1894 : Étrangler un individu, lui faire passer le goût du pain (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Étrangler sa femme est lui faire passer le goût du pain.

Perroquet

d’Hautel, 1808 : Un perroquet. On appelle ainsi un homme qui répète, sans comprendre, ce qu’il a entendu.
De la soupe à perroquet. Pour dire, du pain trempé dans du vin.

Delvau, 1864 : Le membre viril, qui répète toujours la même chose — sans parvenir à ennuyer les femmes.

Elle m’a prêté sa cage
Pour loger mon perroquet.

(Gautier-Garguille)

Delvau, 1866 : s. m. Homme qui ne sait que ce qu’il a appris par cœur. Argot du peuple.

Delvau, 1866 : s. m. Verre d’absinthe, — dans l’argot des troupiers et des rapins, qui font ainsi allusion à la couleur de cette boisson, que l’on devrait prononcer à l’allemande : poison. Étouffer un perroquet. Boire un verre d’absinthe. L’expression a été employée pour la première fois en littérature par Charles Monselet.

La Rue, 1894 : Verre d’absinthe. L’étrangler, le boire.

Virmaître, 1894 : Absinthe. Allusion à la couleur verte de la liqueur, qui ressemble à celle du perroquet (Argot du peuple). V. Poileuse.

Rossignol, 1901 : Verre d’absinthe pure.

Hayard, 1907 : Absinthe.

France, 1907 : Bavard, parlementaire, rabâcheur de vieilles théories ressassées, comme les orateurs de mastroquets en rabâchent dans les réunions publiques.

Le comble de l’ironie,
Quand tu crèv’s de faim,
C’est d’entendr’ la Bourgeoisie
T’app’ler Souverain.
Celui qui veut ton suffrage
T’prend pour un jobard,
Fous-lui ton poing su’l’visage,
Te dit l’pèr’ Peinard.
Ah ! nom de Dieu ! faut qu’ça change,
Assez d’perroquets !
Y faut sortir de c’tte fange,
Ouvrons les quinquets !
Gouvernant, patron, jésuite,
Tout ça sent l’mouchard ;
Faut leur foutr’ d’la dynamite !
Te dit l’pèr’ Peinard.

(François Brumel)

France, 1907 : Douanier, à cause de l’uniforme vert.

France, 1907 : Verre d’absinthe. Étouffer, étrangler ou plumer un perroquet, boire un verre d’absinthe ; allusion à la couleur verte qui est celle de beaucoup de perroquets. On dit aussi perruche.

— Tu réclames tes deux béquilles, sale boiteux, dit-il en débouchant à nouveau la bouteille, et, coup sur coup, les perroquets se suivent.
Il appelle le quatrième « l’adjudant de semaine ». Les derniers sont les « trainards », le « gibier d’arrière-garde », les « vieux carottiers. »

(René Maizeroy, Portraits parisiens)

Perroquet (étouffer un)

Larchey, 1865 : « Cette locution signifie, dans le langage des ateliers, prendre un verre d’absinthe. » — M. Bayeux. — Allusion à la couleur verte du verre à pattes dont la main du buveur semble en effet étrangler le cou.

Pertuis aux légumes

Delvau, 1866 : s. m. La gorge, — dans l’argot des ouvriers qui ont servi dans l’infanterie de marine. D’où : Faire tour-mort et demi-clef sur le pertuis aux légumes, pour : Étrangler quelqu’un.

France, 1907 : Le gosier. « Faire tour mort et demi-clef sur le pertuis aux légumes » étrangler.

Pouce (et le) !

La Rue, 1894 : Davantage, plus qu’on ne croit. Donner le coup de pouce, étrangler. Le coup de pouce du détaillant fait pencher le plateau de la balance avant que le poids exact s’y trouve.

Poucer

La Rue, 1894 : Assommer ou étrangler (donner le coup de pouce).

France, 1907 : Assommer.

Ruette

France, 1907 : Bouche ; argot populaire. Ruette au pain, gosier, gorge. Serrer la ruette au pain, étrangler.

Serrer la gargamelle

Rigaud, 1881 : Étrangler. Variante : Serrer la vis.

Serre-lui la vis, je me charge de le refroidir.

(G. Marot, L’Enfant de la Morgue)

France, 1907 : Étrangler.

Serrer la vis

Delvau, 1866 : Achever une affaire, presser un travail. Étrangler quelqu’un. Argot du peuple.

Rigaud, 1881 : Serrer le frein, — dans l’argot des mécaniciens des chemins de fer.

Virmaître, 1894 : Étrangler quelqu’un (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Serrer le cou.

France, 1907 : Étrangler.

Ah ! maudite routine, on n’a plus la foi, comme ci-dessus je le dégoise, mais par veulerie on laisse encore l’Église, qui s’en accommode, nous fiche le grappin dessus à notre naissance, à notre accouplement, à notre crevaison.
On lui laisse farcir la caboche de nos loupiots de fariboles nigaudes et criminelles ; notre copine n’ayant d’autre lieu de rassemblement, d’autre récréation que la sacrée turne du bon dieu, s’y laisse obscurcir la comprenette, ne peut se dépêtrer des gourderies religieuses.
Épatez-vous donc ensuite que capitalos et gouvernants continuent à nous serrer la vis.

(Le Père Peinard)

Serrer le quiqui

France, 1907 : Étrangler.

Soupape (serrer la)

Rigaud, 1881 : Cherchez à étrangler son adversaire, — dans le jargon des ouvriers du fer.

France, 1907 : Étrangler ou chercher à étrangler ; argot populaire. Faire cracher ses soupapes, s’enivrer ; argot des mécaniciens.

Strangouiller

France, 1907 : Déformation de stranguler, étrangler.

Stranguler un ara

France, 1907 : Néologisme argotique introduit vers 1882, pour boire un verre d’absinthe ; littéralement, étrangler un perroquet.

Tortiller la vis

Fustier, 1889 : Étrangler.

Je l’avais prévenu que s’il faisait un mouvement, j’allais lui tortiller la vis.

(Gazette des Tribunaux, 1864)

France, 1907 : Étrangler.

Tour de cravate (donner un)

Rigaud, 1881 : Étrangler.

Tourner la vis

Delvau, 1866 : v. a. Tordre le cou à quelqu’un.

France, 1907 : Étrangler.

Vis

La Rue, 1894 : Cou.

Virmaître, 1894 : Serrer la vis à quelqu’un, c’est l’étrangler. Opération qui n’a rien d’agréable à subir au point de vue physique. Au point de vue moral non plus, car serrer la vis à un individu, c’est l’étrangler au point de vue de l’existence. Être dur, injuste, ne rien jamais trouver de bien de ce que fait un individu, c’est lui serrer la vis (Argot du peuple).

France, 1907 : Cou, gorge. Serrer la vis, traiter sévèrement, étrangler.

— Rien ne me dit qu’il ne me serrera pas un jour la vis pour sa largue.

(Mémoires de M. Claude)


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