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Campo

Delvau, 1866 : s. m. Congé, — dans l’argot des écoliers et des employés, qui ne sont pas fâchés d’aller ad campos et de n’aller ni à leur école ni à leur bureau. Avoir campo. Être libre.

France, 1907 : Congé, argot des employés, de ad campos, aller aux champs.

Les jours où j’avais campo, j’allais, en bon père, promener mes deux mioches aux Champs-Élysées… Je ne dépensais pas un sou…

(Hogier-Grison, Le Monde où l’on triche)

Partant de Saint-Malo,
Je file à Chicago ;
L’Europe est rococo
Et dure au populo !
Tandis qu’on a campo,
Détalons subito
Vers cet Eldorado
Où fleurit le coco !

(Paul Ferrier)

Étalon

Delvau, 1864 : Beau fouteur, homme de qui les femmes, — même les plus bêtes, aiment les saillies.

Dans nos haras en Turquie,
Femme un peu jolie
Veut au gré de son envie,
Se voir bien servie,
L’être par onze ou douze étalons
Grands, gros, gras, beaux, blancs, noirs ou blonds.

(Collé)

J’ai un étalon d’ordinaire, et encore d’autres amoureux.

(P. De Larivey)

Delvau, 1866 : s. m. Homme de galante humeur, — dans l’argot du peuple.

France, 1907 : Gaillard à poils, homme fort estimé des dames. Henri IV était un vaillant étalon.

Étalon (royal)

Rigaud, 1881 : Le mari de la reine, le prince-époux dans les pays qui n’ont pas l’équivalent de notre loi salique, — dans l’argot des cours.

Étalon ténor

France, 1907 : Principal étalon d’un haras ; celui dont les produits sont le plus réputés et dont la monte est payée fort cher.

Performance

France, 1907 : Représentation, exhibition, exécution d’une chose. Vieux mot, du latin performare, tombé en désuétude et passé dans la langue anglaise, d’où il nous est revenu par l’argot des théâtres.

Ah ! jeunes gens, vos paroles, vos manifestes, quand nous vous connaissons si bien par les performances de vos pères ! C’est au point que, pour vous évoquer radieux de rêves, pétris d’amour, nous devrions vous supposer bâtards. Hypothèse doublement folle : trop peu de bourgeoises étant dignes des joies de l’adultère, et le nombre des étalons de vertu n’étant pas moins restreint.

(Joseph Caraguel)

Se dit aussi pour la tenue, l’extérieur d’une personne.

— Que cherchez-vous comme ça ? leur demanda la blonde ?
— Une femme, répliqua John.
— Une femme honnête ?
— Non. Nous serions vraiment trop volés.
— Insolent !… Quelle femme alors ?
— Oh ! une perle, un diamant, une femme belle, élégante, spirituelle, de la tenue la plus distinguée, d’une performance parfaite et au besoin d’un entrain endiablé. Nous ne voyons pas ici cet article de luxe. Nous irons le chercher ailleurs.

(Yveling Rambaud, Haine à mort)

Au pluriel. C’est l’ensemble des résultats obtenus par un cheval de course sur le turf.

Quatre sous

Delvau, 1866 : Étalon à l’aide duquel le peuple apprécie la valeur des choses — qui n’en ont pas pour lui. Fichu ou Foutu comme quatre sous. Mal habillé.

France, 1907 : Seins de femme ; expression lorraine. « La v’là sur ses treize ans, les quatre sous commencent à pousser. »

Robin

d’Hautel, 1808 : Il en revient toujours à Robin ses flûtes. Pour dire à ce qui l’intéresse, à ses anciennes habitudes.
Un robin. Terme de mépris dont on qualifioit autrefois les gens de robe.
C’est un plaisant robin. Se dit d’un homme dont on fait peu de cas.

Delvau, 1866 : s. m. Taureau communal, — dans l’argot des paysans de Paris.

France, 1907 : Nom donné aux moutons. D’après Le Duchat, les robinets de fontaine furent ainsi appelés parce qu’on leur donnait généralement la forme d’une tête de mouton. Dans certaines campagnes de l’Est, un robinet est appelé robin.

France, 1907 : Taureau étalon.

Soret

France, 1907 : Sans oreilles. Chien soret, chien à qui l’on a coupé les oreilles. On donne aussi, dans les campagnes du Centre, le nom de soret à un homme auquel on conteste les qualités viriles : oreilles dans ce cas a le sens de testicules. Par antiphrase, soret signifie lascif, dissolu.

— Le curé de chez nous était un fameux soret. Je me suis laissé dire qu’il a mis dans l’embarras plus de dix filles du village. Ah ! Le mâtin ! Un étalon, quoi !

(René de Nancy)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique