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Bayafe

Vidocq, 1837 : s. m. — Pistolet. Terme des voleurs de grande route du midi de la France.

Larchey, 1865 : Pistolet.

On peut remoucher les bayafes. Alors le taffetas les fera dévider et tortiller la planque où est le carle.

(Vidocq)

France, 1907 : Pistolet ; vieux mot languedocien.

Émoucher

d’Hautel, 1808 : Chasser les mouches. Émoucher un cheval, et non émoucheter, comme le disent habituellement les Parisiens sans instruction.

Émoustiller

d’Hautel, 1808 : Émoucher, chasser les mouches.
S’émoustiller. S’agiter, se remuer, sauter, danser ; se jeter à corps perdu dans les plaisirs ; rappeler en soi les idées de bravoure, de fermeté et de courage.

Delvau, 1866 : adj. Aiguillonné, égayé, éveillé, — dans l’argot du peuple, qui connaît l’effet du vin doux, du moût (mustum).

Faucher le grand pré

France, 1907 : Subir sa peine au bagne. Cette expression vient des anciens forçats qui ramaient sur les galères de l’État ; leurs rames étaient comparées à une faux et la mer à un pré.
On trouve dans le Gil Blas de Lesage : « émoucher la mer avec un éventail de vingt pieds ».

Montparno

France, 1907 : Montparnasse.

J’ai flasqué du poivre à la rousse,
Elle ira de turne en garno.
De Ménilmuche à Montparno,
Sans pouvoir remoucher mon gniasse.

(Jean Richepin)

Moucher du pied (ne pas se)

Delvau, 1866 : Avoir le geste prompt et le soufflet facile. Signifie aussi Avoir des allures de bourgeois, et même de grand seigneur. On dit dans le même sens : Ne pas se moucher du coude.

France, 1907 : Expression populaire employée à l’égard de quelqu’un qui a de la fortune, des rentes, qui se donne du genre, ou qui a simplement une bonne éducation. « Il ne se mouche pas du pied », dit-on.
Elle viendrait de ce qu’autrefois l’un des tours les plus familiers aux paillasses et aux pitres était de se passer rapidement le pied sous le nez. Les polissons et les voyous s’amusaient à imiter ce tour grotesque et ridicule, le contraire des bonnes manières et de la gravité.
On emploie aussi cette expression pour désigner un homme instruit et habile, et c’est dans ce sens qu’on trouve au premier acte de Tartuffe :

Certes, Monsieur, Tartuffe, à bien prendre la chose,
N’est pas ou homme, non, qui se mouche du pied.

Les Grecs disaient : se moucher du coude, allusion à un mouvement bien connu des pauvres gens qui, n’ayant pas de mouchoir, se servent de leur avant-bras pour s’essuyer le nez. « Je suis fils d’un homme qui se mouchait du coude », répondit Antisthènes le cynique à quelqu’un qui le questionnait sur sa famille.
Dans son Dictionnaire des Curieux, Ch. Ferrand donne une autre explication de cette expression : « Le verbe réfléchi se moucher n’a rien à voir dans cette locution… Le texte primitif était : ne pas s’émoucher du pied.
Émoucher veut dire encore chasser les mouches, abigere muscas.
Émouchette, émouchoir désignent des objets, des instruments qui servent à chasser les mouches, et émoucheur désigne une personne dont la fonction consiste à empêcher les mouches d’approcher d’une autre personne…
Du temps de Rabelais, on disait émoucheteur. À Rome, il y avait des émoucheurs de profession, ou plutôt des esclaves uniquement chargés de chasser les mouches des maisons… Soit parce que les mouches sont chez nous moins importunes et moins nombreuses qu’à Rome, soit parce que nous sommes moins sybarites, chacun se charge de faire soi-même la police sur son visage. Donc, l’homme s’émouche avec la main… toutes les bêtes, même celles pourvues d’un appendice, s’émouchent avec le pied. Voilà pourquoi nos pères disaient ne pas s’émoucher du pied, en parlant d’un homme qui n’était pas une bête. »

— Deux ans, rien que deux ans et vous serez convaincues l’une et l’autre, que si je ne me mouche pas du pied, ainsi que vous me l’avez quelquefois reproché, je n’ai pas besoin de mes pouces ni d’aucun de mes doigts pour m’essuyer les narines.

(Léon Cladel, Juive errante)

Pègre

Ansiaume, 1821 : Voleur.

C’est un bon pègre, mais il n’est pas franc.

M.D., 1844 : Voleur.

un détenu, 1846 : Petit voleur.

Larchey, 1865 : Voleur.

Un jour à la Croix-Rouge, nous étions dix à douze, tous pègres de renom.

(Vidocq)

Pégrenne : Faim, misère. — Pégrenner : Faire maigre chère. V. Bachasse.

Delvau, 1866 : s. f. Le monde des voleurs. Haute pègre. Voleurs de haute futaie, bien mis et reçus presque partout. Basse pègre. Petits voleurs en blouse, qui n’exercent que sur une petite échelle et qui ne sont reçus nulle part — qu’aux Madelonnettes ou à la Roquette.

Delvau, 1866 : s. m. Voleur. Ce mot est fils du précédent, comme le vice est fils de la misère — et surtout de la fainéantise (pigritia, — piger). Pègre à marteau. Voleur de petits objets ou d’objets de peu de valeur.

Rigaud, 1881 : Voleur, de l’italien pegro, pigro, fainéant.

La Rue, 1894 : Voleur. La pègre, le monde des malfaiteurs. Pègre ou peigne à marteau, voleur sans notoriété. Pegriot, jeune voleur. Pègre de la grande vergne, voleur de Paris.

France, 1907 : Faussaire, filou, escroc et voleur, et aussi le monde des voleurs. Du mot latin pigrilia, paresse, mère de tous les vices et de tous les crimes.

Les pègres se divisent en deux classes principales : la haute et la basse pègre.
La haute pègre comprend les escrocs raffinés et de bonne compagnie, les beaux voleurs, qui savent mettre leurs mains dans nos poches pour les soulager de leur contenu, avec grâce et sous les formes les plus exquises.
La basse pègre réunit tous les prolétaires de la profession, ceux qui pratiquent le vol ordinaire et banal, souvent sans spécialité définie, vivant, comme les filles, de la rencontre et du hasard…
La haute et la basse pègre travaillent quelquefois de concert, mais alors c’est la basse qui est l’instrument, la main-d’œuvre, tandis que la haute se borne à l’initiative et à la direction ; elle ordonne et on lui obéit. Le travail fait, on partage le gain, puis on se sépare et l’on ne fraie pas ensemble.

(G. Macé, Un Joli Monde)

Pègres traqueurs, qui voulez tous du fade,
Prêtez l’esgourde à mon due boniment :
Vous commencez par tirer en valade,
Puis au grand truc vous marchez en taffant,
Le pante aboule,
On perd la boule,
Puis de la toile on se crampe en rompant,
On vous roussine
Et puis la tine
Vient remoucher la butte en rigolant.

(Lacenaire)

Reluquer, rembroquer, remoucher, remouquer

Larchey, 1865 : Remarquer, examiner. V. Chasse, Temps, Moucharde, Bonne, Abadis, Béquille, Bayafe. — Rembrocage de parrains : Confrontation.

Remoucher

Vidocq, 1837 : v. a. — Regarder.

Clémens, 1840 : Reconnaître.

M.D., 1844 : Faire attention.

M.D., 1844 : Regarder.

un détenu, 1846 : Regarder en surveillant.

Delvau, 1866 : v. a. Apercevoir, remarquer, admirer, — dans l’argot des faubouriens. Les Italiens disent rimorchiare, donner des regards pour allécher.

Rigaud, 1881 : Observer. — Se venger.

La Rue, 1894 : Observer, remarquer. Reconnaître. Admirer. Se venger.

Virmaître, 1894 : Regarder.
— Remouche moi cette petite gueule-là, elle ferait relever un mort.
On dit aussi :
— Je vais te remoucher pour : te battre (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Voir reluquer.

Hayard, 1907 : Même sens — regarder.

France, 1907 : Rabrouer, gronder.

France, 1907 : Regarder, voir.

R’mouchez-moi un peu c’larbin
Sous sa fourrure ed’cosaque,
Comme i’pu’ bon l’eau d’Lubin !
I’s’gour dans son col qui craque
Comme un’areng dans sa caque.

(Jean Richepin)

Roussiner

Larchey, 1865 : Péter sans façon, comme un rouchin.

Delvau, 1866 : v. n. Faire de fréquents sacrifices au dieu Crépitus, sans plus de façon qu’un baudet.

Virmaître, 1894 : Faire arrêter par la police. L. L. Roussiner veut dire péter mollement et puer fortement.
— Il roussine à faire roter un vidangeur (Argot du peuple). N.

France, 1907 : Agir en mouchard, faire arrêter.

On vous roussine
Et puis la tine
Vient remoucher la butte en rigolant.

(Lacenaire, guillotiné en 1836)

France, 1907 : Péter.

Tracquer

Delvau, 1866 : v. n. Avoir peur.

France, 1907 : Avoir peur, avoir le trac ; argot des voleurs.

Quoi ! tu voudrais que je grinchisse
Sans tracquer de tomber au plan,
J’doute qu’à grincher on s’enrichisse,
J’aime mieux gouéper, c’est du flan,
Viens donc remoucher nos domaines,
De nos fours goûter la chaleur,
Crois-moi, balance tes alènes ;
Fais-toi gouêpeur !

(Vidocq)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique