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Anguille

d’Hautel, 1808 : Écorcher l’anguille par la queue. C’est faire quelque chose à rebours ; commencer par où l’on doit finir.
Anguille sous roche. Entreprise qui se trame sous main ; mauvais desseins, perfidie concertée en cachette.
Il est comme l’anguille de Melun, il crie avant qu’on l’écorche. Se dit d’un homme qui, étant sur le point de subir une opération, crie avant qu’on l’ait touché ; ou d’une personne qui se plaint d’un mal avant qu’il soit arrivé. Il y a plusieurs versions sur l’origine de ce proverbe ; une des plus accréditée est celle-ci, donnée par Barbazan.
« On représentoit à Melun les mystères de Saint-Barthélemi, qui, suivant la tradition de l’église, fut écorché ; et comme toutes les actions se passoient sur le théâtre, un nommé Languille qui faisoit le personnage du saint, fut attaché à une croix, pour être, en apparence, écorché ; celui qui le lioit, lui ayant fait mal, il se mit à pousser un grand cri ; et aussitôt quelques-uns des spectateurs se mirent à dire : Languille crie avant qu’on l’écorche. »

Vidocq, 1837 : s. f. — Ceinture.

Larchey, 1865 : Ceinture (Vidocq). — Une ceinture de cuir noir gonflée d’argent ressemble assez à une anguille.

Delvau, 1866 : s. f. Ceinture, — dans l’argot des voleurs.

Delvau, 1866 : s. f. Fouet à sabot, — dans l’argot des enfants.

Fustier, 1889 : Mouchoir roulé en façon de fouet et dont se servent les enfants au jeu de l’anguille.

Virmaître, 1894 : Ceinture. Allusion à sa souplesse (Argot des voleurs).

Hayard, 1907 : Ceinture.

France, 1907 : Ceinture ; argot des voleurs.

France, 1907 : Jeune voleur, mince et agile, qui s’introduit dans les immeubles par l’imposte. Voir Vol à la venterne et Venternier.

Asticot

Vidocq, 1837 : s. m. — Vermicelle.

Delvau, 1864 : Le membre viril, qui grouille dans la nature de la femme comme un ver blanc dans la viande.

Tu écorches mon asticot, salope !

(Lemercier)

Larchey, 1865 : Vermicelle (Vidocq). Calembour. Le vermicelli italien s’applique à un asticot, à un vermisseau, comme à une pâte alimentaire.

Delvau, 1866 : s. m. Vermicelle, — dans l’argot des faubouriens.

Rigaud, 1881 : Maîtresse d’un souteneur.

Rigaud, 1881 : Vermicelle, — dans le jargon des voleurs.

La Rue, 1894 : La femme du souteneur.

Virmaître, 1894 : Fille publique. Asticot : personne mince comme un fil (Argot du peuple).

Virmaître, 1894 : Vermicelle (Argot des voleurs). N.

France, 1907 : Vermicelle ; argot des faubouriens. Se dit aussi de la maîtresse d’un souteneur ou d’un voleur. « Jeu de mot, dit Lorédan Larchey : l’asticot sert d’amorce aux poissons (souteneurs). »

Chat

d’Hautel, 1808 : Ce n’est pas lui qui a fait cela ; non, c’est le chat. Locution bouffonne et adversative qui a été long-temps en vogue parmi le peuple de Paris, et dont on se sert encore maintenant pour exprimer qu’une personne est réellement l’auteur d’un ouvrage qu’on ne veut pas lui attribuer ; ou pour affirmer que quelqu’un a commis une faute que l’on s’obstine à mettre sur le compte d’un autre.
Il a autant de caprices qu’un chat a de puces. Se dit d’un enfant fantasque, inconstant et capricieux, comme le sont tous les enfans gâtés et mal élevés.
J’ai bien d’autres chats à fouetter. Pour, j’ai bien d’autres choses à faire que de m’occuper de ce que vous dites.
Il a de la patience comme un chat qui s’étrangle. Se dit par plaisanterie d’une personne vive, impatiente, d’une pétulance extrême, et qui se laisse aller facilement à la colère et à l’emportement.
Il trotte comme un chat maigre. Se dit d’une personne qui marche rapidement et avec légèreté ; qui fait beaucoup de chemin en peu de temps.
Mon chat. Nom d’amitié et de bienveillance que les gens de qualités donnent à leurs protégés, et notamment aux petits enfans.
Il a un chat dans le gosier. Se dit d’un homme de temps qui avale sans cesse sa salive, et qui fait des efforts pour cracher.
Il le guette comme le chat fait la souris. Pour, il épie, il observe soigneusement jusqu’à ses moindres actions.
Acheter chat en poche. Faire une acquisition, sans avoir préalablement examiné l’objet que l’on achette.
Il a emporté le chat. Se dit d’un homme incivil et grossier qui sort d’un lieu sans dire adieu à la société.
Chat échaudé craint l’eau froide. Signifie que quand on a été une fois trompé sur quelque chose, on devient méfiant pour tout ce qui peut y avoir la moindre ressemblance.
Traître comme un chat. Faussaire, hypocrite au dernier degré.
Elles s’aiment comme chiens et chats. Se dit de deux personnes qui ne peuvent s’accorder en semble ; qui se portent réciproquement une haine implacable.
À bon chat bon rat. Pour, à trompeur, trompeur et demi ; bien attaqué, bien éludé.
À mauvais rat faut mauvais chat. Pour, il faut être méchant avec les méchans.
À vieux chat jeune souris. Signifie qu’il faut aux vieillards de jeunes femmes pour les ranimer.
Jeter le chat aux jambes. Accuser, reprocher, rejeter tout le blâme et le mauvais succès d’une affaire sur quelqu’un.
À lanuit, tous chats sont gris. Pour dire que la nuit voile tous les défauts.
Il a joué avec les chats. Se dit de quelqu’un qui a le visage écorché, égratigné.
Il est propre comme une écuelle à chat. Se dit par dérision d’un homme peu soigneux de sa personne, et fort malpropre.
Bailler le chat par les pattes. Exposer une affaire par les points les plus difficiles.
Il entend bien chat, sans qu’on dise minon. Se dit d’un homme rusé et subtil, qui entend le demi-mot.
Il a payé en chats et en rats. Se dit d’un mauvais payeur ; d’un homme qui s’acquitte ric à ric, et en mauvais effets.
Une voix de chats. Voix sans étendue, grêle et délicate.
Une musique de chat. Concert exécuté par des voix aigres et discordantes.
Elle a laissé aller le chat au fromage. Se dit d’une fille qui s’est laissé séduire, et qui porte les marques de son déshonneur.

Bras-de-Fer, 1829 : Geôlier.

Vidocq, 1837 : s. m. — Concierge de prison.

Larchey, 1865 : Guichetier (Vidocq). — Allusion au guichet, véritable chatière derrière laquelle les prisonniers voient briller ses yeux.

Larchey, 1865 : Nom d’amitié.

Les petits noms les plus fréquemment employés par les femmes sont mon chien ou mon chat.

(Ces Dames, 1860)

Delvau, 1866 : s. m. Enrouement subit qui empêche les chanteurs de bien chanter, et même leur fait faire des couacs.

Delvau, 1866 : s. m. Geôlier, — dans le même argot [des voleurs]. Chat fourré. Juge ; greffier.

Delvau, 1866 : s. m. Lapin, — dans l’argot du peuple qui s’obstine à croire que les chats coûtent moins cher que les lapins et que ceux-ci n’entrent que par exception dans la confection des gibelottes.

Rigaud, 1881 : Pudenda mulierum.

Rigaud, 1881 : Couvreur. Comme le chat, il passe la moitié de sa vie sur les toits.

Rigaud, 1881 : Enrouement subit éprouvé par un chanteur.

Rigaud, 1881 : Greffier, employé aux écritures, — dans le jargon du régiment. Et admirez les chassez-croisez du langage argotique : les truands appelaient un chat un greffier et les troupiers appellent un greffier un chat. Tout est dans tout, comme disait Jacotot.

Rigaud, 1881 : Guichetier, — dans l’ancien argot.

La Rue, 1894 : Guichetier. Couvreur. Enrouement subit. Pudenda mulierum.

France, 1907 : Couvreur. Comme les chats, il se tient sur les toits.

France, 1907 : Enrouement. Avoir un chat dans le gosier ou dans la gouttière, être enroué.

France, 1907 : Guichetier d’une geôle.

France, 1907 : Nature de la femme. Au moment où le fameux Jack l’Éventreur terrifiait à Londres le quartier de Whitechapel, le Diable Amoureux du Gil Blas racontait cette lourde plaisanterie :
« — Tond les chiens ! coupe les chats !
Un Anglais se précipite sur le malheureux tondeur en criant :
— Enfin, je te tiens, Jack ! »
Ce quatrain du Diable Boiteux est plus spirituel :

 Prix de beauté de Spa, brune, bon caractère !
 Au harem aurait fait le bonheur d’un pacha ;
 Aime les animaux félins, tigre ou panthère,
 Et possède, dit-on, un fort beau petit chat !

Chez lui, revenant après fête,
Un pochard rond comme un portier,
Faible de jambe et lourd de tête,
Cherchait le lit de sa moitié.

Mais il se glissa près de Laure,
La jeune femme du couvreur…
Et ce n’est qu’en voyant l’aurore
Qu’il s’aperçut de son erreur.

— Que va me dire mon épouse ?
Pensa-t-il. Zut ! Pas vu, pas pris !
Elle ne peut être jalouse,
Car la nuit tous les chats sont gris !

(Gil Blas)

Chat, employé pour le sexe de la femme, n’a aucun sens. Le mot primitif est chas, ouverture, fente, dont on a fait châssis. Les Anglais ont le substantif puss, pussy, pour désigner la même chose, mais ils n’ont fait que traduire notre mot chat.

Chausson

d’Hautel, 1808 : Tout son équipage tiendroit dans un chausson. Se dit par raillerie de quelqu’un dont le trousseau, le bagage est fort mince, et la bourse bien plus modique encore.

Delvau, 1864 : Fille de la dernière catégorie, qui chausse tout le monde et se fait chausser par tout le monde.

Joséphine ! elle a chausse le cothurne à la salle de la Tour d’Auvergne, chez Ricourt… — C’est pour cela que je l’appelle chausson… qu’elle est.

(Lemercier de Neuville)

Delvau, 1866 : s. m. Boxe populaire où le pied joue le rôle principal, chaussé ou non.

Delvau, 1866 : s. m. Femme ou fille qu’une vie déréglée a avachie, éculée. Putain comme chausson. Extrêmement débauchée. Aurélien Scholl a spirituellement remplacé cette expression populaire, impossible à citer, par cette autre, qui n’écorche pas la bouche et qui rend la même pensée : Légère comme chausson.

Delvau, 1866 : s. m. Pâtisserie grossière garnie de marmelade de pommes et de raisiné. Les enfants en raffolent parce qu’il y a beaucoup à manger et que cela ne coûte qu’un sou.

Virmaître, 1894 : Putain. Femme pour qui tout homme est bon. On dit putain comme chausson, parce que le chausson prête beaucoup et va à tous les pieds (Argot du peuple).

France, 1907 : Art de la lutte à coups de pieds également appelé savate.

France, 1907 : Prostituée. On dit généralement : putain comme chausson.

Cul

d’Hautel, 1808 : Vos raisons n’ont ni cul ni tête. Pour dire sont pitoyables ; n’ont pas le sens commun.
Un petit bas-du-cul. Se dit par ironie d’un bambin, d’un homme extrêmement petit, qui se carre et fait le fanfaron
Pour vivre long-temps, il faut donner à son cul vent. Dicton facétieux et populaire, qui se dit en plaisantant, et par manière d’excuse, lorsqu’il est échappé quelqu’incongruité.
Avoir le cul nu et les manches de même. Phrase triviale et bouffonne qui signifie être à peine vêtu ; être dans l’indigence la plus honteuse.
Retirer son cul de la presse. Se retirer d’une mauvaise affaire ; d’un embarras où l’on étoit engagé.
Il perdroit son cul s’il ne tenoit. Se dit d’un étourdi ; d’un homme peu soigneux de ses affaires ; d’un joueur malheureux.
On dit d’un peureux, d’un poltron, qu’on lui boucheroit le cul d’un grain de millet ; et bassement d’une personne pour laquelle on n’a aucune considération, aucun respect, qu’On l’a dans le cul.
Être à cul. Être interdit ; confus ; n’avoir plus de ressource ; avoir dissipé tout ce qu’on possédoit.
Elles ne font plus qu’un cul et qu’une chemise. Se dit de deux personnes qui sont devenues intimes et familières ; qui sont continuellement en semble.
Tirer le cul en arrière. Avoir de la peine à se résoudre à quelque chose.
Il est demeuré entre deux selles le cul par terre. Se dit d’une personne qui, faute d’opter entre plusieurs affaires avantageuses qui se présentoient, les a toutes manquées ; de quelqu’un qui se trouve sans emploi.
Brûler le cul. Se retirer sans mot dire, d’une compagnie ; se sauver furtivement d’un endroit où l’on étoit retenu malgré soi.
Montrer le cul dans une affaire. S’en retirer avant de l’avoir achevée ; faire le poltron ; abandonner une affaire que l’on avoit entreprise avec éclat, et avant qu’elle soit achevée.
Elle est laide comme un cul. Manière excessivement grossière de dire qu’une personne est laide à faire peur ; qu’elle est hideuse.
Cul rompu. Nom injurieux que les jeunes soldats entr’eux, donnent aux vieux invalides qui s’immiscent aux plaisirs de la jeunesse.
Péter plus haut que le cul. S’élever au-dessus de sa condition ; entreprendre plus qu’on ne peut exécuter.
Baiser le cul à quelqu’un. Voyez Baiser.
Faire quelque chose à écorche cul. Le faire à contre-sens, en rechignant.
Faire le cul de poule. Pousser la lippe ; être grimaud et boudeur.
Arrêter quelqu’un par le cul. L’arrêter tout court ; déjouer ses projets ; ruiner ses espérances.
Donner sur le cul. Corriger, châtier un enfant, en lui donnant le fouet.
Cul-de-jatte. Au propre, estropié, perclu de ses jambes ; impotent. Au figuré, homme inhabile et sans capacité.
Cul-de-plomb. Homme sédentaire et peu alerte ; on donne aussi ce nom à un homme fort laborieux qui travaille avec une grande assiduité, qui ne remue pas de dessus sa chaise.
Se lever le cul devant. Être maussade, grondeur en se levant.
Être crotté jusqu’au cul. Être plein de boue et de crotte.
Renverser cul par-dessus tête. Bouleverser tout ; mettre tout en désordre.
Ils se tiennent tous par le cul, comme des hannetons. Se dit d’une coterie, d’une assemblée de marchands qui s’entendent ensemble pour ne pas rabattre du prix de leurs marchandises.
Baiser le cul de la vieille. Voyez Baiser.
Charger à cul. Se dit d’un porteur ou d’un cheval que ton charge trop en arrière.
Donner du pied au cul. Chasser quelqu’un ; le renvoyer d’une manière ignominieuse.
Il y va de cul et de tête comme une corneille qui abat des noix. Voyez Abattre.
On lui verra bientôt le cul. Se dit d’un homme déguenillé ; vêtu misérablement ; ou qui est fort négligent pour son habillement.
Tenir quelqu’un au cul et aux chausses. Le tenir étroitement, de manière qu’il ne puisse échapper.

Larchey, 1865 : Homme bête et grossier. — Cul goudronné : Matelot — Cul de plomb : Homme sédentaire, peu alerte (d’Hautel, 1808). — Cul rouge : Soldat porteur du pantalon rouge qui compose l’uniforme de presque toute l’armée. — Autre temps, autres culottes. Au dix-huitième siècle, on disait culblanc, témoin ce passage des Mémoires de Bachaumont : « Le 27 janvier 1774. Il est encore arrivé à Marseille à la Comédie une catastrophe sanglante. Un officier du régiment d’Angoulême était dans une première loge ; il s’était retourné pour parler à quelqu’un. Le parterre, piqué de cette indécence, a crié à bas, cul blanc ! (le blanc est le fond de l’uniforme de l’infanterie), » etc., etc.

Rigaud, 1881 : Homme stupide. Tournure de femme au dix-huitième siècle. Aujourd’hui on dit faux-cul.

En entrant dans la première salle, chaque femme était obligée de quitter son cul, sa bouffante, ses soutiens, son corps, son faux chignon, et de vêtir une lévite blanche avec une ceinture de couleur.

(Lettre d’un garde du roi, pour servir de suite aux Mémoires de Cagliostro, 1786.)

France, 1907 : Imbécile. Garçon stupide et grossier.

Dépiauter

Delvau, 1866 : v. a. Enlever la peau, l’écorce, — dans le même argot [du peuple]. Se dépiauter. S’écorcher. Signifie aussi Se déshabiller.

Rigaud, 1881 : Battre fortement. Mot à mot : enlever la peau comme à un lapin ; faute de mieux, se contenter d’enlever les vêtements.

Virmaître, 1894 : Synonyme de dépouiller. Terme commun.
— Je me déshabille, je me dépiaute.
Quand les voleurs s’en veulent pour un motif quelconque, ils tentent de s’arracher la peau. Mot à mot : se dépiauter comme un lapin (Argot des souteneurs).

Déshabillé

France, 1907 : Terme de boucherie, synonyme d’écorcher, dépouiller. On déshabille un mouton ou un bœuf en lui enlevant la peau.

Les aides mettaient la main au couteau. En une seconde, la gorge était ouverte, la robe fendue du mufle aux mamelles, la bête déshabillée ; et sur le sol où ruisselait le sang, la peau traînait à terre, comme, après un bain, un peignoir foulé. Puis par les deux pieds de derrière, un treuil élevait le bœuf au-dessus du sol, la tête en bas.

(Hugues Le Roux, Les Larrons)

Douiller

Rossignol, 1901 : Payer.

Je n’ai pas d’argent, douille pour moi, je te rembourserai.

Un individu qui a déjà été condamne a douillé (payé).

France, 1907 : Donner de l’argent. Douiller du carme, payer.

Le prodigue douille, la dupe casque, l’homme qui veut imposer la confiance éclaire, l’économe s’allonge, l’avare se fend jusqu’à s’écorcher.

(Lorédan Larchey)

Écorche-cul (à)

Delvau, 1866 : loc. adv. En glissant, en se traînant sur le derrière, — dans l’argot du peuple. Signifie aussi À contre-cœur.

Écorcher

d’Hautel, 1808 : Être écorché. Être rançonné ; payer trop cher ce que l’on achète.
On dit d’un traiteur chez lequel il faut donner beaucoup d’argent pour dîner, qu’on est écorché quand on va chez lui.
Beau parler n’écorche point la langue.
Signifie qu’il ne coûte pas plus de parler civilement qu’avec arrogance.
Écorcher un auteur. L’entendre mal, ou le traduire à contre-sens.
Il est brave comme un lapin écorché. Se dit d’un poltron ; d’un homme pusillanime et lâche.
Écorcher le renard. Pour dire, vomir, dégobiller, regorger.
Écorcher les oreilles. Prononcer mal ; parler mal devant quelqu’un qui est instruit.
Autant fait celui qui tient que celui qui écorche. Signifie que le recéleur est aussi coupable que le voleur même.
Il crie comme si on l’écorchoit. Se dit d’une personne délicate, et aimant à crier ; qui fait beaucoup de bruit pour rien.
Faire quelque chose à écorche cul. En rechignant ; de mauvaise grace.
Il faut tondre les brebis, mais non pas les écorcher. Il faut plumer la poule, etc. Voyez Crier.

Delvau, 1866 : v. a. Surfaire un prix, exagérer le quantum d’une addition, de façon à faire crier les consommateurs et à les empêcher de revenir.

Rigaud, 1881 : Faire payer un objet deux ou trois fois sa valeur ; c’est la qualité dominante chez la plupart des boutiquiers de Paris dont les boutiques sont placées, sans doute, sous le patronage de Saint Barthélémy.

France, 1907 : Surfaire un prix ; présenter un compte d’apothicaire. Écorcher une langue, la mal parler. Écorcher les auteurs, les mal traduire.

Pour signer la paix, la Prusse a exigé de la France une indemnité de guerre de cinq milliards.
Ce n’est pas seulement en parlant que les Allemands écorchent le français.

On dit aussi écorcher un rôle.

À cette époque aussi, Albert Glatigny, dégingandé, si long qu’il était sans fin, si souple qu’il était sans consistance, Glatigny écrivait ses poèmes archi-lyriques ; mais il était, en même temps, acteur à un petit théâtre de banlieue, ce qui lui dont à manger à peu près chaque jour. Or, un matin, Théodore de Banville surpris ledit Glatigny en train de répéter le rôle d’Achille dans l’Iphigénie de Racine.
— Eh quoi ! sécria-t-il, tu vas jouer une pièce de ce… monsieur ?
— Parbleu ! répondit Glatigny ; et c’est précisément parce que je l’exècre que je le joue. Car personne, songes-y bien, personne ne lui fit plus de tort que je ne lui en prépare à ce moment.
Alors comme Banville demeurait soupçonneux :
— Théodore, ajouta Glatigny, viens seulement, ce soir, au théâtre de Montmartre : et tu verras comment je le joue, ce polisson, tu verras comment je l’écorche !

Écorcher l’anguille par la queue

France, 1907 : Faire une chose à rebours.

Écorcher le renard

France, 1907 : Vomir.

Tous les matins écorchoit le renard.

(Rabelais)

Écorcherie

France, 1907 : Hôtellerie.

Écorcheur

d’Hautel, 1808 : C’est un écorcheur. Nom que l’on donne à un aubergiste, à un marchand qui vendent trop cher ; et, par extension, à tout homme qui met un trop haut prix à ses services.

Érafler

d’Hautel, 1808 : Écorcher légèrement, égratigner.

Étriller

d’Hautel, 1808 : Il été a bien étrillé. Pour dire vivement réprimandée, corrigé avec rudesse. On entend aussi par cette locution, que quelqu’un a essuyé une grosse perte, a fait une forte maladie.
On y est bien étrille. Se dit d’un traiteur qui écorche ses hôtes.

Delvau, 1866 : v. a. Donner des coups, — dans l’argot du peuple. Signifie aussi : Voler, surfaire un prix, surcharger une addition.

France, 1907 : Donner des coups.

France, 1907 : Voler, surfaire un prix.

Fendre (se)

Larchey, 1865 : Commettre une prodigalité peu habituelle.

Descends huit bouteilles. — Puisque vous vous fendez, dit le peintre, je paie un cent de marrons. — Oh ! oh !

(Balzac)

Le mot indique bien un jour de largesses inaccoutumées. Ce n’est pas la bourse de l’avare qui se fend, ce sont ses propres entrailles.

Delvau, 1866 : v. réfl. Montrer de la générosité, dépenser beaucoup d’argent, s’ouvrir, — dans l’argot des faubouriens. Signifie aussi : Se dévouer. Se fendre à s’écorcher. Pousser à l’excès la prodigalité.

Rigaud, 1881 : Faire de la dépense en dehors de ses habitudes ; se livrer à une prodigalité inusitée. Les avares se fendent lorsqu’ils offrent quelque chose.

Je vous paye un exemplaire de ce groupe mille écus. Oh ! oui, sapristi ! mille écus, je me fends.

(Balzac)

Rossignol, 1901 : Offrir.

Joseph a fait des largesses, il s’est fendu d’un cigare.

France, 1907 : Donner, mais donner avec un certain effort, comme celui qu’on fait en se fendant à la salle d’armes.

Elle s’était enfuie comme une nymphe farouche surprise derrière les saules. criant en un tumulte de portes refermées : « Dites à monseigneur de m’attendre, je ne suis pas encore habillée. » Et elle avait reparu aussitôt, radieuse, les cheveux relevés en poignée au-dessus de la nuque, souriant, avec, autour de ses cuisses fuselées, blanches autant que des fruits savoureux où l’on voudrait mordre et étancher sa soif, des jarretières de valenciennes. Et l’Altesse avait été si sensible à cette marque de déférence qu’elle se fendit, le lendemain, d’un triple collier de merveilleuses perles dans les cent cinquante mille.

(René Maizeroy)

— Oui, monte, monte.
— Pas chez elle ! Chez moi.
— Non, chez moi.
— J’suis la plus gosse.
— J’suis la plus cochonne.
— J’me fends d’deux louis.
— Moi aussi.
— Moi, ce que tu voudras.

(Jean Richepin, Gil Blas illustré)

Philippe VII, notre Roy,
Qu’une gêne par trop grande
Met en complet désarroi,
Sollicite votre offrande,
Des sous !
Qu’à son désir on se rende,
Des sous !
Royalistes, fendez-vous !

(Blédort, Chansons de faubourg)

Y en a qui dépens’nt des prix fous
Pour des chos’s qu’a pas tant d’mérites ;
Moi, pour dîner je m’fends d’deux sous.
C’est rien bon des pomm’s de terr’ frites.

(Ch. de Saint-Héaut)

Fendre à s’écorcher (se)

Virmaître, 1894 : Dépenser tout son argent sans profit.
— Allons fends toi d’une tournée (Argot du peuple).

Gradaille

France, 1907 : Les gradés ; tout ce qui dans l’armée porte soutache ou galons.

Pour que le « libérateur » vienne vite, cette gradaille qui s’abstient même de prononcer le mot « république », crainte de s’écorcher la gueule, récite des chiées d’oremus et, en attendant que vienne le moment des grandes boucheries humaines, s’entretient les tripes en état en les bondant d’alcool.

(Le Père Peinard)

Parler français comme une vache espagnole

France, 1907 : Telle qu’elle est écrite et répétée, cette expression n’a aucun sens. C’est parler le français comme un Basque l’espagnol qu’il faut dire. L’erreur vient de la confusion que font les Espagnols entre le b et le v. De basque, en latin vasco (gascon), on a fait vache. Et le proverbe est resté ainsi. La langue basque, langue celtique, n’a aucune similitude avec l’espagnol, pas plus qu’avec le français. Aussi dit-on d’un personne qui écorche notre langue qu’elle la parle aussi mal qu’un Basque parle l’espagnol.

Piler du poivre

Larchey, 1865 : Marcher avec la plante des pieds écorchées, en souffrant à chaque pas comme si du poivre pilé brûlait la chair.

Delvau, 1866 : Avoir des ampoules et marcher sur la pointe des pieds, par suite d’une très longue marche, — dans l’argot du peuple. Se dit également des cavaliers ou amazones novices, par suite d’exercices équestres trop prolongés. S’emploie aussi pour signifier Médire de quelqu’un en son absence, et S’ennuyer à attendre. Faire piler du poivre à quelqu’un. Le jeter plusieurs fois par terre, en le maniant avec aussi peu de précaution qu’un pilon.

Rigaud, 1881 : Ne pas se tenir d’aplomb à cheval, suivre, à contre-temps, le mouvement du trot, de façon à ce que le postérieur s’enlève de la selle et y retombe avec force, mouvement qui rappelle l’action de piler du poivre dans les mortiers des droguistes.

Merlin, 1888 : Marquer le pas, ou monter une faction. En cavalerie, enfourcher sans étriers un cheval à réactions dures.

Virmaître, 1894 : Individu qui a des chaussures neuves qui lui font mal ; il marche sur la pointe des pieds. Il pile du poivre. On dit également :
— Il est dans la prison de Saint-Crépin.
Quand une personne est absente et que l’on médit d’elle, on pile du poivre sur son compte.
On connaît cette anecdote de Tortoni :
Il y avait une vingtaine de journalistes réunis. Chaque fois que l’un s’en allait, aussitôt il était arrangé de belle façon, et ainsi de suite jusqu’au dernier.
Celui-là, en partant, se dit : au moins on ne pilera pas de poivre sur mon compte ; je reste seul.
Le garçon l’accompagna et dit en fermant la porte : — Quel crétin que ce coco-là, il se croit l’égal de Victor Hugo et il est plus bête que trente-six cochons.
Le garçon pilait du poivre.
Faire piler du poivre à quelqu’un :
lui casser la tête sur le pavé (Argot du peuple). N.

France, 1907 : Être monté sur un cheval qui trotte sec ; argot militaire.

On use une culotte en trois séances, mais on y gagne un appétit qui ne peut être assouvi par la cantine de l’École que si le bienheureux propriétaire a des revenus princiers. Ajoutez que cet exercice vous fait marcher large, parce qu’il détériore d’une façon très sensible ce qui, dans votre individu, se montre rarement à visage découvert. On appelle cet piler du poivre.

(Théo-Critt, Nos farces à Saumur)

France, 1907 : Marcher difficilement, soit par suite de fatigue ou de blessure aux pieds.

France, 1907 : Médire derrière quelqu’un, synonyme de casser du sucre, c’est l’habitude des journalistes et des gens de lettres de piler du poivre en l’absence d’un camarade.
On connait cette anecdote de Tortoni :

Il y avait une vingtaine de journalistes réunis. Chaque fois que l’un s’en allait, aussitôt il était arrangé de belle façon, et ainsi de suite jusqu’au dernier.
Celui-là, en partant, se dit : Au moins on ne pilera pas de poivre sur mon compte ; je reste seul.
Le garçon l’accompagna et dit en fermant la porte :
— Quel crétin que ce coco-là ; il se croit l’égal de Victor Hugo et il est plus bête que trente-six cochons !
Le garçon pilait du poivre.

(Ch. Virmaître)

Pou

d’Hautel, 1808 : Chercher des poux à la tête de quelqu’un. Lui faire une méchante querelle ; lui chanter pouille, lui chercher chicane à propos de rien, et dans le dessein de s’en débarrasser.
Il écorcheroit un pou pour en avoir la peau. Se dit d’un avare ; d’un homme fort parcimonieux.
Laid comme un pou. Pour dire laid à faire peur ; qui a un visage rebutant.
Se laisser manger aux poux. Se complaire dans la vilenie, la malpropreté.

Râper

Rigaud, 1881 : Chanter. (L. Larchey) Et, principalement, chanter d’une manière monotone, ou chanter une chanson idiote, une chanson qui rappelle le bruit de la râpe.

France, 1907 : Chanter d’une voix rude et gutturale, écorcher les oreilles de ses auditeurs.

Renard

d’Hautel, 1808 : Un vieux renard. Pour dire un homme adroit, fin, rusé.
Se confesser au renard. Découvrir son secret à quelqu’un qui en tire avantage, qui en fait son profit, et qui est intéressé à empêcher l’affaire dont il s’agit.
Écorcher le renard. Pour dire vomir, rendre les alimens, ou le vin qu’on a pris immodérément.
Le renard cache sa queue. Pour dire que les gens adroits cachent leurs finesses, leurs ruses.
Le renard prêche aux poules. Se dit d’un imposteur, qui cherche à attrapper, par ses discours, des gens simples et crédules.
Le renard a pissé dessus. Se dit en parlant du raisin, que l’ardeur du soleil a rendu roux, et qui est très-mûr.

Larchey, 1865 : « Pour être compagnon, tu seras lapin ou apprenti, plus tard tu passeras renard ou aspirant. » — Biéville. — V. Chien.

Delvau, 1866 : s. m. Aspirant compagnon, — dans l’argot des ouvriers.

Delvau, 1866 : s. m. Pourboire, — dans l’argot des marbriers de cimetière, forcés d’employer toutes les ruses de leur imagination pour en obtenir un des familles inconsolables, mais « dures à la détente ».

Delvau, 1866 : s. m. Résultat d’une indigestion, — dans l’argot du peuple. Piquer un renard. Vomir. Du temps de Rabelais et d’Agrippa d’Aubigné, on disait Écorcher le renard. Les Anglais ont une expression analogue : to shoot the cat (décharger le chat).

Rigaud, 1881 : Aspirant au compagnonnage.

Rigaud, 1881 : Pourboire, — dans l’argot des marbriers de cimetière. (A. Delvau) C’est le résultat prévu du pourboire.

La Rue, 1894 : Pourboire. Vomissement. Trahison. Espion de bagne.

France, 1907 : « Livre rare et curieux déterré par un amateur dans l’étalage d’un brocanteur qui en ignorait le prix. »

(Gustave Fustier)

France, 1907 : Mouchard, espion ; argot des forçats.

Sur ce fond de boue et de sang se détache une troisième physionomie, la physionomie du forçat mouchard ou du renard.

(A. Dauvin)

France, 1907 : Postulant compagnon au temps où les ouvriers faisaient leur tour de France.

— Nous étions dix ou douze renards qui s’étaient donné le mot pour se faire initier. On avait déjà passé une nuit dans la cave de la Mère, à boire et à chanter. Eux nous avaient fait « piquer » et « battre le cordeau », pour vérifier notre savoir.

(Hugues Le Roux)

France, 1907 : Résultat d’une absorption trop copieuse. Voir Renarder.

Renard (piquer un)

Larchey, 1865 : Vomir. — On a commencé par dire écorcher le renard. — Le renard est une bête si puante qu’on s’expose à vomir de dégoût en voulant l’écorcher. V. Gaz.

Et tous ces bonnes gens rendoient leurs gorges devant tout le monde, comme s’ils eussent escorché le regnard.

(Rabelais)

Le voyageur Jacques Lesaige dit en faisant allusion aux effets du mal de mer :

Loué soit Dieu ! Javons bon apétit car je n’avois fait que escorchier le regnart. (1518)

Renarder

d’Hautel, 1808 : Pour dire vomir, rendre le superflu des alimens.

Larchey, 1865 : Vomir.

Je suis gris… Vous me permettrez de renarder dans le kiosque.

(Balzac)

On disait autrefois renauder. V. Roquefort.

Delvau, 1866 : v. n. Rendre le vin bu ou la nourriture ingérée avec excès ou dans de mauvaises dispositions d’estomac.

France, 1907 : Vomir. On dit aussi piquer un renard, écorcher de renard, dégobiller. Sur l’origine de ces expressions, Le Duchat s’exprime ainsi : « Pour retourner la peau d’un renard, il faudrait que la queue lui passât par la gueule. Or, comme les fusées que fait un ivrogne qui vomit ont quelque rapport avec la grosse et longue queue d’un renard, de là est venu qu’on a appelé renarder et écorcher le renard le vomir des ivrognes… Peut-être que, comme de vulpes nous avons fait goupil, de goupil sera venu dégobiller qui est la même chose qu’écorcher le renard. »

Se fendre jusqu’à s’écorcher

Larchey, 1865 : Pousser la prodigalité jusqu’au regret.

Cadet, tu te fends ; ça me flatte. Tu vas t’écorcher.

(Cabassol)

Socialard

France, 1907 : Socialiste.

On ne serait pas libres, et on ne nagerait pas dans le bien-être, le jour où on serait sous la coupe d’un gouvernement socialard.
Pas plus qu’on n’aurait cesse d’être écorchés vifs, le jour où on ne serait exploités que par des singes crétins !

(Le Père Peinard)

Sucer les pissenlits par la racine

France, 1907 : Être enterré.

Il y a beau temps que le fameux Machiavel suce des pissenlits par la racine. Mais, l’animal n’est pas mort tout entier ! Il a laissé un cochon d’héritage que les gouvernants italiens se transmettent précieusement et dont ils usent avec un sacré culot : sa roublardise crapuleuse et ses manigances scélérates, grâce auxquelles ils ont, jusqu’ici, réussi à écorcher le malheureux populo italien.

(Le Père Peinard, 1898)

Tibi

France, 1907 : Bouton de col.

L’imagination très féconde des hommes a créé bien des instruments de torture. Quoique les meurs se soient adoucies, il en existe encore quelques-uns : les fers à bord des navires de guerre, les corsets de femme, les bottines étroites, les banquettes d’antichambre des gens en place, et surtout le tibi.
Le tibi est, tout le monde ne le sait pas, le petit bouton de nacre qui sert à attacher le col de chemise. Jamais, au grand jamais, une boutonnière n’a trouvé un tibi à sa taille. Le moment où l’on boutonne son col est l’instant fatal de la toilette. L’empois résiste. La boulounière se ferme, se tord, glisse sur la nacre, on se casse les ongles, on s’écorche l’index, on se meurtrit le pouce. C’est le tibi.

(Georges Price)

Yeux de carpe

France, 1907 : Yeux pâmés, yeux vides de pensée, comme on en voit sur les images de saints ou de saintes fondus dans l’amour divin.

J’avais vu à Paris des peintures italiennes fort agréables : mais je crois que le signor Bussofanti a fait la gageure de réunir toutes les horreurs inspirées aux peintres ultramontains par le fanatisme religieux le plus féroce. Ce ne sont que supplices raffinés et épouvantables ; saints mis sur le gril, crucifiés la tête en bas, écorchés vifs, hachés comme chair à pâté, brûlés à petit feu ou tirés à quatre chevaux ; ce ne sont que solitaires maigres comme des coucous et roulant devant des têtes de mort leurs gros yeux de carpes pâmées ; ce ne sont que nonnains en prières, moinillons en convulsions, Père Éternel à grande barbe blanche et Saint-Esprit prêts à se mettre à la casserole. Pouah !… il me tardait de sortir de cette galerie, tant tout cela me causait d’horreur…

(Simon Boubée, La Jeunesse de Tartufe)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique