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Defflourer la picouze

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Voler le linge étendu sur les haies.

Défleurir la picouse

Vidocq, 1837 : v. a. — Voler le linge étendu sur les haies.

Larchey, 1865 : Voler du linge qui sèche sur une haie. — Allusion à la couleur tranchante des objets étendus et aux épines de la haie.

Delvau, 1866 : v. a. Voler le linge étendu dans les prés ou sur les haies. Argot des prisons.

France, 1907 : Voler du linge qui sèche au dehors des maisons. On dit aussi : déflouer la picouse.

Défleurir ou déflouer la picouse

Virmaître, 1894 : Voler le linge qui sèche dans les campagnes, sur des haies (Argot des voleurs). V. Batousier.

Déflouer la picouse

Halbert, 1849 : Voler chez un blanchisseur le linge étendu.

Déflourer la picouze

anon., 1827 : Prendre le linge qui est étendu sur des perches dans les prés.

Frais

d’Hautel, 1808 : On emploie fréquemment ce mot par ironie, et dans un sens opposé à celui qui lui est propre. Ainsi, pour faire entendre que quelqu’un s’est mis dans un mauvais état ; qu’il s’est enivrer ; qu’il est mal vêtu, ou misérable, on dit qu’il est frais.
Et pour diminuer la valeur d’une chose quel conque, qu’elle est fraîche.
Elle est fraîche.
Se dit aussi d’une femme qui est tombée dans la débauche et l’avilissement, ou à qui il est arrivé quelque grand malheur.
Je serois frais, si je comptois sur lui. Pour dire, je serois mal à mon aise, si je me fiois à ses promesses.
Il est frais, comme l’œil à Picolet. Se dit par dérision d’une personne qui a perdu tous les charmes de la jeunesse.
Frais émoulu. Tout neuf ; homme qui n’a point encore vu le monde ; qui sort des bancs de l’école.
Il s’est mis en frais. Pour dire, qu’un parcimonieux, qu’un avare s’est mis en dépense.

Marigot

France, 1907 : Rivière aux bords escarpés ; terme militaire employé au Sénégal.

Le marigot avait des bords à pic, et à peine à 200 mètres au delà on voyait flamber les feux de bivouac ; ces feux étaient répartis en une série de grands groupes échelonnés sur plus d’un kilomètre, et par leur nombre on juge de l’exactitude des renseignements qui portaient à sept ou huit mille hommes l’armée de Malinka-mory. Huit mille hommes, et l’on était trois cents ; si on ne les surprenait pas, on était perdu. Et pas moyen de passer le marigot. Toute tentative pour entailler les berges n’eût pas manqué de faire du bruit et de donner l’éveil. Il y eut là un de ces moments d’émotion terrible comme on n’en éprouve qu’à la guerre.

(Le Temps)

Pic (à)

Delvau, 1866 : adv. A point nommé, à propos, heureusement. Venir ou Tomber à pic. Arriver au moment le plus opportun.

France, 1907 : À point nommé, au moment opportun.

— J’étais en train de m’étirer dans mon lit et de bayer aux corneilles lorsque la petite Séraphine, la fille de la concierge, est montée. On peut dire qu’elle arrivait à pic.

(Les Propos du Commandeur)

Picoure

Halbert, 1849 : Haie ou épine.

Delvau, 1866 : s. f. Haie, — dans l’argot des voleurs, qui, en leur qualité de vagabonds, ont eu de fréquentes occasions de constater que les oiseaux y viennent picorer. Déflotter la picoure. Voler le linge qui flotte sur les haies. La picoure est fleurie. Le linge sèche sur les haies. On dit aussi Picouse.

France, 1907 : Haie. Défleurir da picoure, voler sur les haies le linge que les paysannes y mettent sécher. La picoure est fleurie, il y du linge sur la haie. Argot des voleurs. On dit aussi picouse.

Picouse

Larchey, 1865 : Haie d’épines. V. Défleurir.

Rigaud, 1881 : Haie. — Défleurir la picouse, voler du linge qui sèche en plein air.

Picouse, picoure

La Rue, 1894 : Haie. Défleurir la picoure, voler du linge sur les haies.

Picter, pictonner

Rigaud, 1881 : Boire. — La picter à la douce et la flancher au frotin, boire, sans se presser, une bouteille de vin et la jouer au billard.

Sain

d’Hautel, 1808 : Sain comme l’œil à Picolet. Se dit par raillerie d’un homme qui est rempli d’humeurs et d’infirmités.
Cette année, les maladies ne sont pas saines. Se dit pour se moquer de ceux qui s’efforcent de prouver une chose évidente, et que l’on ne leur conteste pas.

Tomber

d’Hautel, 1808 : Cela n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Pour dire qu’on a relevé une parole piquante, qu’on y a vivement riposté.
Cela n’est point tombé à terre. Pour dire, sera relevé quand les circonstances le permettront.
Tomber de son haut. Être très-étonné ; ne pouvoir revenir de sa surprise.

Ansiaume, 1821 : Être arrêté.

C’est un lofin, il est tombé deux fois cette année.

Larchey, 1865 : Terrasser, faire tomber. — Tombeur : Lutteur invincible. — Se prend ironiquement au figuré.

Eugène P., le tombeur de Renan, y vient de temps en temps mépriser l’humanité.

(Les Cocottes, 1864)

Delvau, 1866 : v. a. Écraser sous le poids de son éloquence ou de ses injures, — dans l’argot des gens de lettres.

Delvau, 1866 : v. a. Faire tomber ; terrasser ; — dans l’argot des amis du pugilat.

Rigaud, 1881 : Apparaître sur le tapis vert, — dans l’argot des joueurs. — Quand un joueur dit : un louis qui tombe, il annonce qu’il fait un louis au jeu et qu’il va le mettre sur le tableau.

Vingt-cinq louis qui tombent ! cria Servet en quittant le gérant, et en se précipitant à table.

(Vast-Ricouard, Le Tripot)

Rigaud, 1881 : Retourner en prison. — Tombé malade, repris.

Rigaud, 1881 : Séduire ; obtenir les faveurs d’une femme.

Pour lui faire la cour, pour arriver à la tomber, il faut, etc… On tombe sans grand’peine une brune.

(Mémoires de Rigolboche)

Rigaud, 1881 : Vaincre moralement, terrasser moralement son contradicteur ; terme que les journalistes ont emprunté à l’argot des lutteurs.

La Rue, 1894 : Séduire une femme. Vaincre, terrasser. Retourner en prison. Tomber en litharge, être au secret. Tomber en figure, faire une rencontre désagréable. Entrer en scène. Tomber à pic. Bien tomber.

France, 1907 : Vaincre, renverser ; argot des lutteurs.

Son industrie consistait à faire disparaître les gens qui en gênaient d’autres. De là lui était venu son nom. De même que le mot tomber est synonyme de renverser en terme de lutte et qu’on dit : tomber son adversaire, tomber l’ours, on l’avait surnommée la tombeuse d’hommes…

(Félix Remo, La Tombeuse)

Tomber à pic

Delvau, 1866 : v. n. Arriver à propos, — dans l’argot du peuple, qui emploie cette expression aussi bien à propos des gens que des choses.

Virmaître, 1894 : On va se mettre à table, vous tombez à pic. Mot à mot : Vous arrivez bien.
— J’étais dans la purée, ma tante vient de claquer à pic (Argot du peuple).

France, 1907 : Arriver au moment opportun ; expression familière.

Trique à larder, trique à picoter

Rigaud, 1881 : Canne à épée. — Faire flamber la trique à larder, jouer de la canne à épée, porter un coup de canne à épée.

Vilains de Beauvaisis

France, 1907 : C’est le nom que l’on donna d’abord aux jacques, car c’est en Beauvaisis que commença la Jacquerie, après la bataille de Poitiers. Tous les châteaux des rives de l’Oise furent mis au pillage, puis incendiés. Ce fut un des plus effroyables drames de l’histoire de France. Les Jacques n’épargnaient ni l’âge ni le sexe, torturant les prisonniers avant de les mettre à mort, violant les filles et les femmes, brûlant jusqu’aux petits enfants, ne laissant sur leur passage que cendres et ruines. Dans la Champagne et la Picardie, ils étaient plus de cent mille. Les nobles, un instant surpris, s’assemblèrent et, usant de représailles, commencèrent une guerre atroce, sans merci. En quelques semaines, les Jacques, traqués, furent tous massacrés. Le lugubre souvenir de ces abominations a traversé les siècles, et le nom de vilains de Beauvaisis fut longtemps une grave injure. Un poète du XIVe siècle, Eustache Deschamps, bailli de Senlis, a conservé le souvenir de cette guerre dans ses poésies historiques.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique