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Avoir rôti le balai

Delvau, 1864 : Avoir eu de nombreux amants, savoir ce que la pine en vaut l’aune, avoir fait une vie de chienne, — par allusion aux sorcières qui chevauchaient le balai pour aller au sabbat et qui le rôtissaient à la chaleur de leur cul.

C’est une fille qui a rôti le balai.

(Lemercier)

Chaude-lance

Delvau, 1864 : Le faux-nez de la chaude-pisse.

Le soldat de Lobau,
Dit-on, n’eut pas de chance,
Car une chaude-lance
Lui corda le bayou.

(Joachim Duflot)

Larchey, 1865 : Gonorrhée (Vidocq) — Allusion à la chaleur et aux élancements du canal de l’urètre.

France, 1907 : Gonorrhée, autrement dit : chaude-pisse.

Enfourner

d’Hautel, 1808 : À mal enfourner on fait les pains cornus. Voyez Cornu.

Delvau, 1864 : Introduire son membre dans le vagin d’une femme, — véritable four à la chaleur duquel il ne tarde pas à se fondre.

Il résolut d’aller dans la maison pour enfourner la femme.

(D’Ouville)

Et prends garde après
Comme on les enfourne.

(Collé)

France, 1907 : Même sens que enfourailler.

Fondant

Ansiaume, 1821 : Beurre.

Il nous faudroit de la crignole, voilà du fondant.

Vidocq, 1837 : s. m. — Beurre.

(Le Jargon, ou Langage de l’Argot moderne)

Halbert, 1849 : Du beurre.

Delvau, 1866 : s. m. Beurre, — dans l’argot des voyous.

Rigaud, 1881 : Beurre, — dans l’ancien argot.

La Rue, 1894 : Beurre.

France, 1907 : Beurre. Il est comme la vertu, il fond à la chaleur.

Fournil

Delvau, 1866 : s. m. Lit, — dans l’argot des faubouriens, par allusion à la chaleur qu’on y trouve ordinairement.

Rigaud, 1881 : Lit, — dans le jargon des voleurs.

La Rue, 1894 : Lit.

France, 1907 : Lit, hangar.

Gloria

Larchey, 1865 : Demi-demi-tasse.

Ne fût-ce qu’une absinthe ou un gloria.

(About)

Larchey, 1865 : Petit verre d’eau-de-vie versé dans une tasse de café.

À la chaleur d’une demi-tasse de café bénie par un gloria quelconque.

(Balzac)

De même que le gloria patri se dit à la fin des psaumes, ce gloria d’un autre genre est la fin obligée d’un régal populaire.

(Encyclopédiana)

Delvau, 1866 : s. m. Tasse de café noir avec un petit verre d’eau-de-vie. Argot des limonadiers.

France, 1907 : Tasse de café noir mélangé d’eau-de vie. Pris dans un verre, c’est un champoreau.

— Ce qui m’a dégoûté de la religion, disait un pur, dans une réunion publique, c’est le cynisme des prêtres. Je ne suis entré qu’une fois dans une église, et, devant l’autel, ils demandaient tous un gloria et un domino !

Tourne-broche

France, 1907 : Machine à vapeur des petits bâtiments de commerce.

Mais allez donc dormir dans une boîte de dix pieds carrés séparée de la machine par une simple cloison en tôle mince, qui ne sert de rempart ni au bruit du tourne-broche, ni même à la chaleur ! Mieux valait rester sur le pont…

(A. Verchin, Sept jours en torpilleur)


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique