AccueilA B C D E F G H I J K L M N O ΠP Q R S T U V W X Y ZLiens

courriel

un mot au hasard

Dictionnaire d’argot classique
Argot classique
le livre

Facebook


Share


Russe-français
Russisch-Deutsch
Rusianeg-Brezhoneg
Russian-English
Ρώσικα-Ελληνικά
Russo-italiano
Ruso-español
Rus-român
Orosz-Magyar
Ruso-aragonés
Rusice-Latine
Французско-русский
Немецко-русский
Бретонско-русский
Französisch-Deutsch
Allemand-français
Блатной жаргон
Soldatensprachführer
Военные разговорники

T

Tabac

s. m. Vieil étudiant, — culotté comme une pipe qui a beaucoup servi.

Tabac

s. m. Ennui, misère, — dans l’argot des faubouriens. Être dans le tabac. Être dans une position critique. Foutre du tabac à quelqu’un. Le battre — de façon à lui faire éternuer du sang. Fourrer dans le tabac. Mettre dans l’embarras. Manufacture de tabac. Caserne.

Tabac

Ennui, misère ; être dans le tabac. Coups : Passer à tabac, brutaliser, bourrer de coups. V. Passer.

Tabac

Misère.
— Je suis dans le tabac mistoufle (Argot du peuple).

Tabac

Applaudissements, succès. Un artiste qui a des applaudissements, du succès, a du tabac.

Tabac (donner du, coller du)

Battre — Réprimander fortement.

Tabac (être dans le)

Être dans une position critique. — Mot à mot : Être dans le à bas. — Jeu de mots.

Tabac (il y aura du)

Il se fera du bruit. On aura du mal. Équivalent de : Ça chauffera.

Tabac (manufacture de)

Caserne.

Tabac (passage à)

Voies de faits auxquelles se livraient, encore au commencement de 1879, les agents de police envers certains prisonniers.

Tabac (passer au)

Maltraiter, brutaliser, bourrer de coups, — dans le jargon de la police.

Quand je suis arrivé au service de sûreté, j’ai demandé aux anciens la cause des cris que poussaient des prisonniers, et ils m’ont répondu : Ce sont des individus qu’on ligote fortement en leur demandant s’ils veulent casser du sucre. On appelle cela passer au tabac.

(La Lanterne, compte-rendu du procès de la Lanterne, déposition de M. Cousin, inspect. de police, 23 janv. 1879.)

M. Tard, inspecteur de police, déclare qu’en décembre 1876, il a vu amener un jeune homme de dix-huit à vingt ans qui refusait de donner son nom ; on lui a lié les mains si fortement que le sang a coulé, et comme il persistait à garder le silence, on l’a menacé de chauffer une barre de fer et de la lui passer sous la plante des pieds.

(Idem, idem.)

Tabac (un vieux)

Un vieux soldat.

Tabac à deux sous la brouette

Tabac de cantine, à prix réduit et de qualité inférieure.

Tabac à trois sous la brouette

Tabac de cantine, — dans le jargon des soldats.

Tabac de démoc

s. m. Tabac fait avec les détritus de cigares ramassés par les voyous jeunes et vieux, dont c’est la spécialité.

Tabar

Manteau.

Tabar

Manteau (Vidocq).

Tabar

s. m. Manteau, — dans l’argot des voleurs. Ils disaient autrefois Volant.

Tabar

Manteau.

Tabar

Manteau. Cette expression est connue depuis le XVe siècle (Argot des voleurs).

Tabar

Manteau.

Tabar ou Tabarin

Manteau.

Tabar, tabarin

Manteau.

Tabar, tabarin

Manteau.

Tabatière

s. f. Le podex, — dans l’argot du peuple. Ouvrir sa tabatière. Faire un sacrifice muet, mais odore, au dieu Crépitus. D’où : Quelle frise !

Tabatière

Postérieur.

Tabatière (ouvrir la)

Sacrifier à crepitus ventris.

Tabe

Roi.

Tabernacle

La nature de la femme, où l’on serre précieusement le dieu — des jardins.

Elle est belle, ma Joséphine ! elle a un chouette maître-autel !… un rude tabernacle !…

Tisserand.

Tabernacle

Derrière, — dans le jargon des voyous. — Je te vas défoncer le tabernacle. — Ouvrir le tabernacle, sacrifier à crepitus.

Table (faire le tour de la)

En style de gastronome, c’est manger de tous les plats qui sont servis dans un dîner.

Table (se mettre à)

Dénoncer un complice.

Table rase

Faire un nettoyage complet dans une maison, liquider un arriéré, renouveler un personnel après avoir fait table rase (Argot du peuple).

Tableau !

Exclamation par laquelle on exprime la surprise ou la joie maligne que l’on éprouve à la vue d’un accident risible arrivé à un ou à plusieurs de ses confrères.

Tableau d’avancement

Liste des hommes punis, déposée au corps de garde.

Tableau des idiots (être sur le)

Être pourvu d’un conseil judiciaire. Jargon des clercs de notaire. On sait que dans chaque étude se trouve à la disposition du public, un tableau ou un livre sur lequel figurent les interdits, les prodigues, tous ceux enfin qui ne jouissent pas de la plénitude de leurs droits.

Tableau-radis

s. m. Toile qui revient, invendue, du Salon ou de la boutique du marchand. Argot des artistes et des gens de lettres. On dit de même Livre-radis.

Tableau-radis

Toile que le marchand n’a pu vendre. Quand il revient à l’atelier on dit : mon tableau-radis. On en dit autant d’un livre : un livre-radis. Allusion au radis rose ou noir qui occasionne des renvois (Argot d’atelier).

Tableautier

s. m. Compositeur qui fait spécialement les tableaux, les ouvrages à filets et à chiffres.

Tableautin

s. m. Tableau sans valeur.

Tablette

s. f. Brique, — dans l’argot des voleurs.

Tablette

Brique.

Tablier (droit de)

s. m. Bienvenue payée par les apprentis à leur entrée dans l’atelier. Cette coutume est tombée en désuétude à Paris ; mais elle est encore pratiquée, dit-on, en province, et particulièrement dans le nord de la France.

Tablier blanc

Bonne d’enfants. La dame aux Camélias du troupier.

Tablier de cuir

s. m. Cabriolet, — dans l’argot des faubouriens.

Tablier de cuir

Cabriolet.

Tablier de cuir

Cabriolet.

Tablier de sapeur

Motte bien garnie de poils, noirs, blonds ou rouges, longs ou frisés… On dit aussi ; Barbe au con.

Clara, elle, avait une gorge superbe, des fesses splendides, et un adorable petit con, protégé par un formidable tablier de sapeur.

J. Le Vaixois.

Tablier lève (le)

Se dit — dans l’argot des bourgeois — d’une fille qui ne peut plus dissimuler sa grossesse. Intumescit alvus. Faire lever le tablier. Engrosser une fille ou une femme.

Tablier lève (son)

Se dit d’une fille qui s’est laissé faire un enfant et qui ne peut plus dissimuler sa grossesse.

Tablotte, tablette

Brique.

Tabourets dans la salle à manger

Celui qui n’a plus de dents n’a plus de tabourets dans la salle à manger.

Tac

Un emplâtre.

Tac

Supériorité.

Tache d’huile

s. f. Accroc à une robe, déchirure d’habit, — dans l’argot du peuple.

Tache d’huile

s. f. Mauvais tour, — crasse impardonnable, ineffaçable, faite par un ami à son ami.

Tacher une femme

Répandre à son intention — et quelquefois à son profit — un peu de liqueur séminale, en se branlant devant elle ou en la baisant en robe.

Mais d’là que j’ vous tache, mam’selle,
C’est la faute de vot’ bretelle :
Plus qu’ mon amour elle tenait.

Béranger.

Taconner

v. intr. Hausser une lettre ou un filet en frappant le pied à petits coups de marteau.

Taf

Peur. Avoir le taf, avoir peur.

Taf

Peur.

Taf

s. m. Peur, — dans l’argot des voleurs. Avoir le taf. Avoir peur. Coller le taf. Faire peur. On dit aussi Tafferie. Il n’y a pas à douter que ce mot ne vienne d’une expression proverbiale ainsi rapportée par Oudin : «  Les fesses luy font taf taf, ou le cul lui fait tif taf, c’est-à-dire : Il a grand peur, il tremble de peur. » On dit aussi Taffetas. Avoir le taffetas du vert. Être frileux, avoir peur du froid.

Taf

Individu qui a peur de son ombre. Qui a le trac, qui serre les fesses à la moindre alerte (Argot du peuple).

Taf

Peur.

Je n’ose sortir la nuit, j’ai le taf, je suis tafeur.

Taf

Peur.

Taf, taffetas

Peur. Frisson.

Tafe

Peur. — De l’ancienne locution les fesses lui font tif taf : Il a peur (Oudin, seizième siècle). — V. Chenu, Bayafe.

Ce n’est pas toi ni tes paysans qui nous f… le tafe.

Vidal, 1833.

Ce mot a pour diminutifs tafferie et taffetas. — Taffeur : Poltron.

Tafe, Taffe, Taftaf, Taftas

Peur ; fuite.

Le taf est cette impression étrange qu’éprouve le lièvre devant le chasseur, le soldat au premier coup de canon, et l’acteur au moment d’entrer en scène… Un soir qu’Harel le voyait (Frédérick Lemaître) vider une bouteille dans la coulisse : — Que diable faites-vous ? lui demanda-t-il ? — Je noie le taf, répondit Frédérick.

(Paris-Comédien.)

Un exemple de ce mot a été relevé par M. Fr. Michel dans les bigarrures et touches du seigneur des Accords, 1008. — À la Cour des Miracles (XIIe siècle), on appelait thafurs, les vagabonds. Les vagabonds n’ont jamais précisément brillé par le courage. Pourquoi thafur n’aurait-il pas fait taf, peur, et taffeur, poltron ?

Taffé

Avoir peur.

Taffer

v. n. Avoir peur, — dans l’argot des faubouriens.

Taffer

Avoir peur. — Taffeur, tafeuse, poltron, poltronne.

Taffeur

s. m. Poltron. Le Royal Taffeur. Régiment aux cadres élastiques, où l’on incorpore à leur insu tous les gens qui ont donné des preuves de couardise.

Taffeur

Poltron.
— Il est tellement taffeur que l’on ne lui fourrerait pas une feuille de papier à cigarette entre les fesses (Argot du peuple). N.

Taffouilleux

« Chiffonnier de la Seine, écumant ses bords, ramassant les épaves et volant au besoin. » (F. du Boisgobey.) Ce sont les anciens ravageurs d’E. Sue. Mot à mot : qui fouillent dans les tas.

Taffouilleux

Chiffonnier des bords de la Seine.

Tafouilleux

Chiffonnier.

Tailbin

Billet de complaisance (Vidocq).

Taillage

Désertion momentanée de l’atelier, fugue d’un jour ou deux, — dans le jargon des apprentis. — Mot emprunté aux collégiens.

Taille

Terme de maisons de jeu.

Mais comme il (le croupier) ne peut tenir tout ce paquet de jeux à la main, il le taille ensuite avec de petits cartons en parties à peu près égales, prenant successivement, ensuite, dans le cours du jeu, les paquets partiels séparés par ces cartons.

(Les Joueuses, 1868.)

Tailler

Tenir la banque au baccarat.

Avoir une veine pareille et ne pas tailler !

(Vast-Ricouard, Le Tripot.)

Bien tailler, gagner à la banque ; mal tailler, y perdre, mal connaître le jeu.

Tailler des bavettes

v. a. Bavarder comme font les commères à la veillée, — dans l’argot du peuple, qui sait que les femmes déchirent plus de réputations à coups de langue qu’elles ne cousent de robes à coups d’aiguille.

Tailler des croupières

v. a. Donner de l’inquiétude à son ennemi, le harceler sans cesse.

Tailler l’école, le collège

Faire l’école buissonnière ; aller galopiner, aller jouer aux billes au lieu d’aller en classe.

Tailler les morceaux à quelqu’un

v. a. Limiter ce qu’il doit manger ou dépenser ; lui prescrire ce qu’il doit faire.

Tailler une basane

Exécuter le geste familier aux voyous, geste qui consiste à s’administrer une claque sur la cuisse et à relever vivement jusqu’au bas ventre la main, paume ouverte, les quatre derniers doigts battant l’air. L’expression appartient aux soldats de cavalerie qui ne craignent pas d’exécuter ce geste sur la basane de leur culotte.

Tailler une croupière

Surpasser, distancer moralement ou physiquement, — dans le jargon des soldats de cavalerie.

Tailler une plume

Il est des employés qui se servent encore de plumes d’oie ; à la fin du mois, ils vont s’en faire tailler chez des spécialistes (Argot du peuple). N.

Tailler une plume

Les filles publiques n’ont pas besoin de canif pour tailler une plume d’oie.

Tailleuse

s. f. Nom générique de la corporation des tailleurs.

Tailleuse de plumes

Fille qui boit de l’eau-de-vie à même la bouteille.

Taire son bec

v. a. Se taire, — dans l’argot du peuple.

Tal

Derrière. — Tapeuse du tal, fille publique qui en remontrerait à la femme de Loth. Taper dans le tal, faire rétrograder Eros.

Tal

Le postérieur.

Tal

Voir troufignon.

Tal

Postérieur.

Tala

Elève de l’École normale ayant des principes religieux et pratiquant.

Talbin

Billet de banque.

Talbin

Portefeuille, billets de banque.

Talbin

Huissier.

Talbin

s. m. Billet de complaisance, — dans l’argot des voleurs. Talbin d’altèque. Billet de banque. Talbin d’encarade. Billet d’entrée dans un théâtre.

Talbin

s. m. Huissier, — dans le même argot [des voleurs].

Talbin

Huissier, — dans le jargon des voleurs.

Talbin

Huissier. Billet à ordre. Billet de banque. Portefeuille.

Talbin

Billet. Talbin d’altèque, billet de banque. Un billet de faveur pour un théâtre quelconque, se nomme un talbin d’encarade. Mot à mot : billet d’entrée. Los voleurs disent aussi de l’ordre du Parquet, de l’ordre de les écrouer à Mazas ou au Dépôt :
— Mince de biffeton d’encarade (Argot des voleurs). N.

Talbin

Huissier. Allusion ce à qu’il talbine un prévenu ou un témoin pour l’assigner en police correctionnelle. Talbiner, synonyme d’assigner (Argot des voleurs) N.

Talbin

Billet de banque.

Talbin

Billet.

Talbin, Tailbin

Billet à ordre, — dans le même jargon. Talbin de la carre, billet de banque. — Talbin d’encarade, billet de théâtre ; mot à mot : billet d’entrée. — Talbin de la sèche, billet mortuaire.

Talbine

Halle.

Talbine

Halle.

Talbiner

Assigner.

Talbiner

v. a. Assigner devant le tribunal.

Talbiner

Assigner.

Talbinier

Hallier.

Taloche

s. f. Soufflet ou coup de poing, — dans l’argot du peuple, qui a eu l’honneur de prêter ce mot à Molière.

Talocher

v. a. Donner des soufflets.

Talochon

s. m. Petite taloche.

Talon rouge

Aristocrate. Le droit de porter des talons rouges était un signe de noblesse.

Tous les talons rouges de l’ancien régime qui trahissent le peuple.

1793, Hébert.

Talon rouge

s. m. Aristocrate. Être talon rouge. Avoir la suprême impertinence.

Talonner

v. a. Presser, tourmenter ; poursuivre.

Talons courts (avoir les)

Se dit de toute femme ou fille qui ne sait pas défendre assez vigoureusement son honneur, et qui succombe trop aisément.

Talons courts (avoir les)

Se dit d’une femme que le moindre souffle de l’amour renverse dans la position horizontale.

Talons courts (avoir les)

Fille ou femme qui succombe sans résistance. L’image n’est pas exacte ; ce fait ne se produit généralement que lorsqu’une lemme porte des talons hauts ; elle perd alors l’équilibre facilement (Argot du peuple).

Tam-tam

Vacarme ; dispute. Faire du tam-tam.

Tambouille

s. f. Ragoût, fricot, — dans l’argot des faubouriens. Faire sa tambouille. Faire sa cuisine.

Tambouille

Ragoût de ménage ; cuisine sans prétention.

Tambouille

Delvau donne à ce mot le sens de ragoût, de fricot, ce qui est exact ; tambouille s’emploie aussi chez les soldats d’Afrique qui appellent ainsi leur gamelle.

Tambouille

Ragoût, fricot. La gamelle.

Tambouille

Ragoût, fricot. Faire la tambouille, faire sa cuisine. A. D. Tambouille : battre.
— Je vais te foutre une tambouille que le tonnerre de Dieu en prendra les armes (Argot du peuple). N.

Tambouille

Soupe, ragoût, portion.

Tambour

Chien (Vidocq). — Allusion à son grondement.

Tambour

s. m. Chien, — dans l’argot des voleurs. Roulement de tambour. Aboiement.

Tambour

Brigadier-fourrier, dans l’argot des dragons.

Tambour

Chien. — Battre du tambour, aboyer.

Tambour

Brigadier fourrier.

Tambour

Chien.

Tambour

Chien. Quand un étranger pénètre dans une maison, les aboiements réitérés du chien imitent le roulemeut du tambour. L’expression alarmiste, citée plus haut, est plus juste (Argot des voleurs).

Tambour (f… au clou comme un)

Punir quelqu’un, le coller au bloc sans aucun égard, sans aucune indulgence. — V. Clique.

Tambouriner

Jouir d’une femme, en frappant son ventre à coups de cette baguette qu’on appelle le membre viril.

Ma foi, s’il te perd sous ma jupe,
Nous le feront tambouriner.

(Chanson anonyme moderne.)

Tampon

Poing.

Tampon

Poing.

Je lui ai envoyé un coup de tampon sur le mufle.

Th. Gautier, 1845.

Tampon

s. m. Poing, — dans l’argot du peuple.

Tampon

Poing.

Tampon (coup de)

Coup de poing.

Tamponner

Donner un coup de poing.

Tamponner

Rudoyer.

Ah ! tu me tamponnes, s’écrie-t-il, je te reconnaîtrai à la prochaine.

(Figaro, 1880.)

Tamponner

Rudoyer, frapper.

Tamponner

Donner ou recevoir un coup de tampon — un coup de poing. Allusion au choc de deux trains qui se tamponnent (Argot du peuple). N.

Tamponner

Battue.

Tamponner (se)

v. réfl. Se battre à coups de poing. On dit aussi Se foutre des coups de tampon.

Tamponner (se)

Se battre.

Tamponner le coquillard (se)

Se moquer de.

Tangente

s. f. Épée, — dans l’argot des Polytechniciens. Ils l’appellent aussi : La tangente au point Q.

Tangente

Épée, — dans l’argot des polytechniciens.

Tangente (une)

Épée du génie.

Tangente, tangente au point q

Épée. — Jeu de mots.

Le conscrit de l’École polytechnique est souvent absorbé avant d’avoir endossé l’uniforme et senti battre sur sa cuisse gauche l’arme que les élèves nomment une tangente au point q.

La Bédollière.

Tannant

Assommant, ennuyeux. À Corbeil, on devait un dimanche jouer les Mousquetaires ; la troupe y donnait des représentations depuis environ un mois. L’actrice chargée des grands premiers rôles, était mauvaise à faire ronfler un bec de gaz. Au moment du lever du rideau, le régisseur dut faire une annonce. L’actrice avait dû partir précipitamment pour enterrer son père. Il annonça son départ ainsi : Madame X…, ne pourra jouer ce soir, elle est à Nantes, pour les obsèques de son père. Un loustic du parterre s’écria :
— Il y a longtemps qu’elle est tannante.
Ouf ! (Argot du peuple). N.

Tannant

Assommant, ennuyant.

Tannant, e

adj. Ennuyeux, assommant, — dans l’argot des faubouriens.

Tanner

Ennuyer, assommer. — On sait combien il faut fatiguer une peau pour la tanner. — Un poète du treizième siècle, Rutebeuf, dit déjà : « Quar le resveil Me tanne assez quand je m’esveil. »

Les communes de Flandre, qui déjà commençaient à tanner, et désiraient fort de retourner en leur pays, lui demandèrent congé.

1411, Monstrelet.

C’est insupportable. — Hein ! est-ce tannant.

E. Sue.

Tanner

v. n. Ennuyer.

Tanner

Ennuyer par des redites. — Tanner le cuir, battre.

Tanner le cuir

Rosser.

Si vous vous permettez, je connais une personne qui vous tannera le cuir.

Gavarni.

Tanner le cuir

v. a. Battre quelqu’un à coups redoublés. Au XVIIe siècle on disait : Faire péter le maroquin.

Tanner le cuir

Battre quelqu’un. Allusion au tanneur qui bat la peau pour la rendre souple (Argot du peuple).

Tant que terre

adv. En abondance, beaucoup.

Tante

Homme qui sert de femme aux pédérastes actifs.

Enfants, on les appelle mômes ou gosselins ; adolescents, ce sont des cousines ; plus âgés, ce sont des tantes.

Christophe.

Tante

« Tous mes bijoux sont chez ma tante, comme disent mes camarades lorsqu’elles parlent du Mont de Piété. » — Achard. — C’est, comme oncle, un terme ironique à l’adresse de ceux qui croient déguiser la source d’un emprunt en disant qu’ils ont eu recours à leur famille.

Tante

« Homme qui a des goûts de femmes, la femme des prisons d’hommes. »

1837, Vidocq.

Pour donner une vague idée du personnage qu’on appelle une tante, il suffira de rapporter ce mot magnifique du directeur d’une maison centrale a feu lord Durham qui visita toutes les prisons pendant son séjour à Paris. Le directeur, après avoir montré toute la prison, désigne du doigt un local en faisant un geste de dégoût : Je ne mène pas là Votre Seigneurie, dit-il, car c’est le quartier des tantes. — Hao ! fit lord Durham, et qu’est-ce ? — C’est le troisième sexe, milord.

Balzac.

Enfants, on les appelle mômes ou gosselins ; adolescents, ce sont des cousines ; plus âgés, ce sont des tantes.

Moreau Christophe.

Dans le chapitre détaillé qu’il a consacré à cette espèce de gens, M. Canler reconnaît quatre catégories appartenant à diverses classes sociales : persilleuses, honteuses, travailleuses et rivettes. Cette dernière est seule exploitée par les chanteurs.

Tante

s. f. Individu du troisième sexe, — dans l’argot des faubouriens. On dit aussi Tapette.

Tante

Être hybride que Balzac a nommé le troisième sexe, et Vidocq la femme des prisons d’hommes. — Toutes les tantes ne sont pas des assassins, mais tous les assassins sont des tantes.

Homme ou femme ? On ne sait. Ça rôde, chaque soir,
En tous lieux où le gaz épargne un peu de noir,
Et ça répond au nom de : La Belle Guguste.

(J. Dementhe.)

Tante

Individu ignoble. Le troisième sexe. Signifie aussi dénonciateur.

Tante

Pédéraste, homme à double face qui retourne volontiers la tête du côté du mur (Argot du peuple). N.

Tante

Le Mont-de-Piété
— Je porte ma toquante chez ma tante, mon oncle en aura soin (Argot du peuple).

Tante

Voir chatte.

Tante

Pédéraste.

Tanté

Sodomiste pour son compte.

Tante (ma)

Mont-de-piété.

Tante (ma)

Mont-de-Piété.

Tante (ma)

Mont-de-piété.

Tante (ma)

Mont-de-piété.

Tante (ma)

Mont-de-Piété, — dans l’argot des petites dames et des bohèmes qui croient avoir inventé la une expression bien ingénieuse, et qui se sont contentés de contrefaire une expression belge : car au XIIe siècle, dans le pays wallon, on appelait un usurier mon oncle. On dit aussi Casino.

Tante (ma)

Nom donné, plus particulièrement, par les étudiants et les commis, au Mont-de-Piété. Comme l’argent qu’ils retirent d’un gage est presque toujours destiné à une partie de plaisir, c’est ma tante, la femme à mon oncle, qui est censée l’avoir fourni. Les ouvriers qui ne s’adressent à cet établissement que pour pouvoir subvenir aux besoins les plus impérieux, lui ont donné le sombre nom de « clou ».

Tante (ma)

Le Mont-de-Piété.

Tante (une)

Homme à vile passion.

Tantinet

adv. Un peu, — dans l’argot du peuple qui emploie ce mot depuis quelques siècles. On dit aussi Tantet.

Tap

Se disait autrefois des condamnés à être exposés publiquement et marqués au fer rouge. Travaux forcés à temps, T. F. T. Travaux forcés à perpétuité T. F. P. Faire le tapin c’était être exposé (Argot des voleurs). N.

Tap ou Tapin

s. m. Poteau du pilori, — dans l’argot des voleurs. Faire le tapin. Être exposé. On dit aussi Faire le singe.

Tapage

s. m. Amour, — dans l’argot des typographes.

Tapage

Séduction exercée sur une femme. Est d’un degré plus relevé que le levage, en ce sens que la femme tapée songe moins à ses intérêts qu’au plaisir qu’elle aura.

Tapage

Emprunt. — Fort tapage, emprunt d’une forte somme.

Tapage

Amour, séduction. Emprunt.

Tapageur, euse

adj. Éclatant, voyant, criard, — dans l’argot des gens de lettres et des artistes. Couleurs tapageuses. Couleurs trop vives qui tirent l’œil et l’agacent. Toilette tapageuse. Toilette d’un luxe de mauvais goût, dressée pour faire retourner les hommes et « crever de jalousie » les femmes.

Tapamort

s. m. Tambour, — dans l’argot des voyous.

Tapance

s. f. Maîtresse ou femme légitime, — dans l’argot des typographes. La tapance du meg. La femme du patron.

Tapance

Maîtresse ou femme légitime. Les typographes nomment ainsi la femme parce qu’elle tape souvent à la poche ou… autrement. La tapance du mec, c’est la femme du patron.
— Elle est rien râleuse la tapance du mec, elle boufferait des cadratins à la sauce blanche (Argot d’imprimerie). N.

Tape

Marque sur l’épaule. Avoir la tape, être marqué.

Tape

Exposition.

Tape

s. f. Coup de la main, à plat ou fermée. Argot du peuple.

Tape

Le contraire de tabac. Une pièce qui n’a pas de succès est une tape. Au concert, une chanson qui ne porte pas est une tape. L’artiste qui sort de scène sans applaudissements ramasse une tape.

Tapé

adj. Réussi, émouvant, éloquent, — c’est-à-dire bourré de grosses phrases sonores et d’hyperboles de mauvais goût, comme le peuple les aime dans les discours de ses orateurs, dans les livres de ses romanciers et dans les pièces de ses dramaturges. Tapé dans le nœud. Excessivement beau, ou extrêmement remarquable.

Tapé

L’expression si populaire de « c’est tapé », pour « c’est réussi », nous la trouvons déjà en 1823 dans le Voyage à Sainte-Pélagie, d’Émile Debraux. — « En voilà un (un vers) : il m’a donné bien du mal, c’est vrai ; mais aussi comme c’est tapé ! »

Jupiter avait une bonne tête, Mars était tapé.

(Zola, Nana).

Un travail tapé, un discours tapé.

Tapé

Réussi.

Tapé

Bien, joli, beau : c’est tapé.

Tape (en recevoir une)

Recevoir un coup ou le donner. Voir ses espérances s’effondrer. Recevoir une tape moralement (Argot du peuple).

Tapé à l’as

Tout ce qu’il y a de plus soigné.

Je vais vous fricoter un dîner, là… tapé à l’as.

(Auvier, Auguste Manette.)

Tape à l’œil

V. Œil au beurre noir.

Tape-à-l’œil

s. m. Homme qui a une pétéchie sur l’œil ; chien blanc qui a du poil noir sur les yeux.

Tape-à-l’œil

Chapeau mou, — dans le jargon du peuple.

Ils avaient des tape-à-l’œil flambant neufs, des pantalons à raies avec des pièces entre les cuisses.

(Huysmans, les Sœurs Vatard.)

Tape-cul

Voiture non suspendue.

Font-ils des embarras avec leur mauvais tape-cul !

Ricard.

Tape-cul

s. m. Planche en équilibre sur laquelle on se balance à deux. Argot des gamins.

Tape-cul

Argot militaire. Manœuvre sans étriers.

Tapé, retapé, tapé dans le nœud

Émouvant, frappant, réussi.

Aussi a-t-on fait plusieurs couplets sur tous les ministres dont le portrait est bien tapé.

1742, Journal de Barbier.

C’est un peu tapé dans le nœud.

La Bédollière.

Une manière de sentiment bien r’tapé.

Vadé, 1755.

Tapecul

s. m. Voiture mal suspendue qui secoue les voyageurs.

Tapedur

Serrurier (Vidocq).

Tapedur

s. m. Serrurier, — dans l’argot des voleurs.

Tapée

Grosse réunion. — Usité dès 1808.

Tapée

s. f. Foule, grande réunion de personnes, — dans l’argot des faubouriens.

Tapée

Foule. Une tapée, un tas. — Nous avons boulotté une jolie tapée de moules.

Tapée

Foule, grande réunion de personnes. A. D. Tapée veut dire beaucoup, il est vrai, mais ce n’est pas le sens que lui donne le peuple. Tapée se dit d’une jolie femme :
— Elle est tapée.
Une phrase bien écrite ou bien dite :
— C’est tapé (Argot du peuple). N.

Tapée

Abondance, affluence.

Taper

Fermer, frapper. Taper le chasse : fermer l’œil, c’est-à dire dormir.

Taper

v. a. Frapper, battre.

Taper

v. a. et n. Permolere uxorem, quamlibet aliam, — dans l’argot des typographes.

Taper

v. a. Demander de l’argent, — dans l’argot des ouvriers. Taper son patron de vingt francs. Lui demander une avance d’un louis.

Taper

v. n. Prendre sans choisir, — dans l’argot des faubouriens. Taper dans le tas. Prendre au hasard dans une collection de choses ou de femmes. Taper sur les vivres. Se jeter avec avidité sur les plats d’une table ; manger gloutonnement. Taper sur le liquide. S’empresser de boire.

Taper

Séduire à première vue une femme. — Elle est tapée, elle en tient. C’est une abréviation de taper dans l’œil, mais applicable seulement a une femme.

Taper

Étourdir, porter au cerveau. — Le vin tape sur la coloquinte.

Taper

Emprunter. Pour certaines gens, une demande d’argent à laquelle ils ne peuvent se soustraire équivaut à un coup qui les frappe… d’épouvante ; de là taper.

Il songea un instant à taper Théophile, mais il était déjà son débiteur de dix louis.

(Vast-Ricouard, Le Tripot.)

Taper

Séduire. Étourdir. Emprunter.

Taper

Taper quelqu’un, lui emprunter de l’argent. On lui refuse en lui disant également :
— Tu peux te taper.
Synonyme de : Tu peux te fouiller (Argot du peuple).

Taper

Emprunter.

Je n’ai pas d’argent, je vais taper mon ami pour qu’il m’en prête.

Taper (s’en)

Boire énormément.

Allons-nous nous en taper !… je vous donnerai l’exemple.

(Scribe, l’Honneur de ma fille, 1836.)

Taper (se)

Se voir refuser quelque chose ; s’en passer. — Se masturber.

Taper (se)

Se voir refuser un objet ou ne pouvoir se le procurer.

Taper à tour de bras

Cogner vigoureusement.
— J’ai beau taper ma femme à tour de bras, quand elle me fait un impair, elle me gobe tout de même (Argot du peuple).

Taper dans l’œil

Commencer à plaire à quelqu’un — ou à quelqu’une ; — séduire par la grâce, l’esprit, la parole ou le geste.

Ma petite poulette.
Dans la rue Montorgueil,
Ton p’tit nez en trompette,
Il m’a tapé dans l’œil.
Laïtoit, ete.

Al. Dalbs.

Taper dans l’œil

v. a. Séduire, — en parlant des choses et des femmes.

Taper dans l’œil

Fasciner, produire une vive impression. — Cette femme m’a tapé dans l’œil.

Taper dans le mille

Réussir. Donner du pied au derrière. — Bing ! en plein dans le mille. Allusion au jeu de Siam, au tir à la cible.

Taper dans le tas

Étant donné que : — le théâtre représente un atelier de brocheuses, de modistes ou de couturières. En vrai bandeur, vous faites votre choix ; mais ne voulant pas faire four, vous tapez d’abord la plus facile, qui a bientôt une confidente que vous tapez aussi. La deuxième excite la curiosité d’une troisième, d’une quatrième, et… vous arrivez a réaliser le proverbe : Qui en a vu une, les connaît toutes.

Taper dans le tas

Avoir de la rondeur dans les allures, de la franchise dans le caractère.

Taper dans le tas

Prendre au hasard. — Frapper au hasard.

Taper dans le tas

Prendre une femme au hasard. Taper dans le tas : attaquer un ouvrage avec vigueur. Taper dans le tas : frapper dans le tas d’une bande de rôdeurs qui vous attaquent (Argot du peuple).

Taper de l’œil

Dormir.

Il y avait plus d’une heure que je tapais de l’œil quand je m’entends réveiller.

œuvres badines de Caylus, 1750.

Taper dans l’œil : Séduire.

Taper de l’œil

v. n. Dormir. L’expression est plus vieille qu’on ne serait tenté de le croire, car on la trouve dans les Œuvres du comte de Caylus (Histoire de Guillaume Cocher).

Taper de l’œil

Dormir.

Taper de la patte (?)

Voir ripper. Les lapins tapent de la patte.

Taper quelqu’un

Lui emprunter de l’argent.

Taper sur la boule

Enivrer, battre.

Dans l’gosier comme ça coule, Comme ça tape sur la boule.

J. Moinaux, Ch.

Ce scélérat de vin de champagne avait joliment tapé ces messieurs.

Festeau.

Taper sur la boule

v. a. Griser, étourdir, à propos d’un liquide.

Taper sur la giberne

Taper sur le derrière. — Allusion à la place ordinaire de la giberne.

Je lui détache un coup de pinceau sur la giberne.

Monselet.

Taper sur le ventre, sur la baraque (se)

Sacrifier au jeune Onan.

Taper sur les vivres, sur la bitture

Manger avec voracité. Taper sur la boisson, boire avec avidité.

Taper sur les vivres, sur la boisson

Manger et boire avidement.

D’avoir trop tapé sur l’pichet, Qu’en avaient plein la gargamelle.

Chansonnier, 1836.

Tapette

Fer rouge avec lequel le bourreau marque les condamnés.

Tapette

s. f. Verve, entrain, platine. Avoir une fière tapette. Être grand parleur, — ou plutôt grand bavard.

Tapette

s. f. Individu faisant partie du troisième sexe.

Tapette

Faux poinçon servant à marquer les objets d’or et d’argent. (Fr. Michel.)

Tapette

Bavard. — Jeune tante. De quatorze à vingt ans c’est une tapette, de vingt à… c’est une tante.

Tapette

Voyez Platine.

Tapette

Bavard. Signifie aussi tante. V. ce mot.

Tapette

Pédéraste passif, il se fait taper dans le tas (Argot du peuple). N.

Tapette

Homme qui parle sans cesse.
— Il en a une rude tapette.
On dit aussi : forte platine (Argot du peuple).

Tapette

Celui qui parle sans cesse a une bonne tapette.

Tapette

Celui qui prend n’importe quelle cuiller pour mettre dans son pot à moutarde, est une tapette. Voir Chatte.

Tapette

Pédéraste.

Tapette

Langue, homme de mœurs douteuses.

Tapeur, tapeuse

Emprunteur, emprunteuse de profession. Il y a des gens qui n’ont pas d’autre moyen d’existence. Longtemps le passage Jouffroy et la partie du boulevard comprise entre les rues du faubourg Montmartre et Drouot ont été de préférence fréquentés par les tapeurs. (V. les Soupeurs de mon temps, par Roger de Beauvoir, Portrait du marquis de Saint-Cricq.)

Tapeuse

Prostituée qui, sans faire payer ses services, emprunte aux clients des sommes plus ou moins élevées qu’elle ne rend bien entendu jamais. (Réveil.)

Tapeuse du tal

Prostituée.

Tapez-moi ça

Le tapez-moi ça, désigne dans le langage plus que familier cet objet de toilette qu’on nomme une tournure.

Voici que nous sommes toutes contraintes de porter la tournure, l’ajustement qu’on a appelé irrévérencieusement le tapez-moi ça.

(Gil Blas, octobre 1885.) On dit aujourd’hui nuage, v. Supra.

Tapin

Tambour. — Mot à mot : petit tapeur (de caisse). — Usité dès 1808.

Le tapin qui tambourinait en tête de l’escouade.

La Bédollière.

Tapin

s. m. Tambour, — dans l’argot des troupiers. Le mot a au moins cent ans de bouteille.

Tapin

Tambour. — Celui qui en bat.

Tapin

Tambour.

Tapin

Celui qui bat du tambour.

Tapin, Tape-à-mort

Tambour.

Tapiquer

v. n. Habiter, — dans l’argot des voleurs.

Tapiquer

Habiter.

Tapiquer

Habiter (Argot des voleurs).

Tapis

Café.

Tapis

s. m. Conversation, causerie, — dans l’argot des bourgeois. Être sur le tapis. Être l’objet d’une causerie, le sujet d’une conversation. Amuser le tapis. Distraire d’une préoccupation sérieuse par une causerie agréable.

Tapis

s. m. Cabaret, auberge, hôtel, — dans l’argot des voleurs, qui se servent là d’un vieux mot de la langue romane, tapinet (lieu secret), dont on a fait tapinois. Ils disent aussi Tapis franc, c’est-à dire Cabaret d’affranchis. Tapis de grives. Cantine de caserne. Tapis de malades. Cantine de prison. Tapis de refaite. Table d’hôte.

Tapis

Auberge, cabaret. — Tapis vert, table de jeu. — Tapis de grives, cantine militaire. Tapis de dégelés, la Morgue. Tapis de refaite, table d’hôte. Tapis bleu, le ciel.

Tapis

Cabaret. Tapissier, cabaretier.

Tapis

Débit où se réunissent les malfaiteurs.

Tapis (être au)

Ne plus avoir le sou pour jouer, regarder les autres jouer, — dans l’argot des vieux joueurs.

Quand nous voyons un homme au-dessous de toutes affaires, nous le disons estre réduit au tapis, manière de parler que nous empruntons aux joueurs.

(Pasquier, Recherches, liv. VIII, ch. 47.)

L’on en voit qui, de pauvres qu’ils ont esté, ou par procès, voyages ou guerres, sont au tapis.

(Brantôme, Vie des dames galantes.)

Tapis bleu

s. m. Paradis, — dans l’argot des faubouriens, qui voient par avance le dedans du ciel semblable au dehors.

Tapis brûle (le)

Expression de l’argot des joueurs, pour exciter quelqu’un à se mettre au jeu.

Tapis brûle (le)

Terme des joueurs lorsqu’ils ont hâte de commencer une partie.

Tapis de malades

Cantines des prisons (Argot des voleurs). V. Cargots.

Tapis de pied

s. m. Courtisan, — dans l’argot énergique du peuple, qui sait que les gens qui veulent parvenir essuient sans murmurer, de la part des gens parvenus, toutes les humiliations et toutes les mortifications. Il dit aussi Lèche-tout.

Tapis du commandant de place

Les fortifications.

Tapis franc

Maison de receleur.

Tapis franc

Maison rendez-vous des gens de mauvaise vie.

Tapis franc

Cabaret. — Franc fait allusion à la clientèle qui est composée d’affranchis ou voleurs. — Tapis est une abréviation du vieux mot tapinet : lieu caché. V. Roquefort. — V. Empoivrer, Crosser. — Tapis de refaite : Table d’hôte. — Tapis de malades : Cantine de prison. — Tapis de grives : Cantine de caserne. — Tapis vert : Prairie. — Tapissier : Cabaretier. V. Baptême, Ogre.

Tapis vert

s. m. Tripot, — dans l’argot des voleurs et des bourgeois. Jardiner sur le tapis vert. Jouer dans un tripot.

Tapis-franc

Cabaret du plus bas étage.

Tapis-vert

Café où se réunissent les voleurs.

Tapis, tapis d’endosse

Châle, dans le jargon des voleurs ; mot à mot : tapis pour le dos.

Tapissage

Arrestation.

Tapisserie

s. f. Femmes laides ou vieilles qu’on n’invite pas à danser, — dans l’argot des bourgeois. Faire tapisserie. Regarder faire, ou écouter parler les autres.

Tapisserie

Figurante du grand monde. — Femme que l’on invite pour faire nombre, femme que l’on n’invite jamais à danser. — Faire tapisserie.

Tapisserie

Femme que, dans un bal, personne n’invite à danser.

Tapisserie (avoir de la)

Avoir beaucoup de figures en main, — dans l’argot des joueurs.

Tapisserie (faire)

« Se dit par raillerie des femmes âgées qui au bal ne font plus que regarder danser. » — d’Hautel. — Rangées sur la banquette, le long du mur, elles font corps avec la tapisserie.

Tapissier

s. m. Cabaretier.

Tapissier, Orgue tapissier

Aubergiste, cabaretier, logeur. Tapissière, cabaretière, logeuse en garni.

Tapon

s. m. Amas de choses, — et spécialement d’étoffes, de chiffons. Argot du peuple. Mettre sa cravate en tapon. La chiffonner, la mettre sans goût, comme si c’était un chiffon. L’expression sort évidemment du vocabulaire des marins, qui appellent Tapon une pièce de liège avec laquelle on bouche l’âme des canons pour empêcher l’eau d’y entrer.

Tapoter du piano

Toucher médiocrement du piano. Argot des bourgeois.

Tapoteur de piano

s. m. Pianiste médiocre.

Tapoteur, tapoteuse de piano

Joueur, joueuse de piano qui martyrise et l’instrument et l’auditoire.

Tapoteuse de piano

Femme qui fait des gammes.

Tapotoir

Piano, — dans le jargon des soupeuses.

Garçon, donnez-nous le cabinet du tapotoir.

(Ces dames du Casino, 1862.)

Tappe

Échafaud où l’on expose.

Tappe

s. f. La marque qu’on appliquait avant 1830 sur l’épaule des condamnés aux travaux forcés.

Tappe (la)

La fleur-de-lis.

Tappe (la)

La fleur de lis.

Tappe (la)

La marque.

Taq

Haut.

Taque

Haute.

Taquer

Hausser.

Taquer

v. a. Hausser, — dans l’argot des voleurs.

Taquer

v. intr. Frapper avec le marteau sur un morceau de bois nommé taquoir, pour égaliser le niveau des lettres d’une forme en baissant celles qui pourraient remonter. Par ext. et au fig., frapper quelques coups légers avec le composteur sur le bord de la casse, quand un compositeur conte une piau. C’est une façon de protester contre ce qu’il dit ; c’est un diminutif de roulance.

Taqueté

Terme chorégraphique.

C’est la vivacité, la rapidité, ce sont les petits temps sur les pointes : c’est Essler.

(Ch. de Boigne.)

Taquine

Hauteur.

Taquiner le bouton

Soit de la gorge, soit du clitoris. Promener habilement l’index sur l’extrémité du sein ou du clitoris d’une femme afin de la faire bander et jouir.

La gauche, autour du cou bien doucement passée,
Taquine le bouton de la gorge agacée.

L. Protat.

Taquiner le carton

Jouer aux cartes. Je ne sais pas si les cartes sont taquinées d’être battues, mais le joueur l’est rudement quand il perd (Argot du peuple). N.

Taquiner le goujon

Le pêcheur à la ligne taquine le goujon. Il est en effet taquiné d’être pris à l’hameçon (Argot du peuple).

Taquiner le hanneton

Branlailler un homme, dont le membre ne sait pas trop ce qu’il veut, à ce point qu’il donnerait de la-tête aussi bien dans un con que dans un cul.

… Le Suédois, dit-on, Aime qu’on lui taquine un peu le hanneton.

L. Protat.

Taraudée

En mécanique, tarauder un écrou ou un boulon, c’est faire un pas de vis. On a appliqué cette expression pour dire que l’on bat quelqu’un.
— Je lui ai foutu une rude taraudée.
— Je vais te tarauder les côtes (Argot du peuple). N.

Tarauder

Frapper, donner des coups.

Tarauder

v. n. Faire un bruit agaçant en remuant mal à propos des meubles, en secouant des tiroirs, etc. Argot du peuple.

Tarauder

v. a. Battre, donner des coups, — dans l’argot des faubouriens.

Tarauder

Battre, se disputer.

Tarauder (se)

Se disputer.

Tard-à-la-soupe

s. m. Convive qui se fait attendre, — dans l’argot du peuple.

Tardif (le)

Le soir.

Tarenne, brisés

Échelle de voleur.

Targette

Nez.

Taroquage

Piquer les cartes d’un signe imperceptible. Ce truc fut employé pour la première fois, par le fameux grec Garcia (Argot des grecs).

Taroque

Marque. V. Détaroquer.

Taroque

s. f. Marque du linge, — dans l’argot des voleurs.

Taroque

Marque du linge.

Taroque

Marque du linge.

Taroque

La marque du linge. Quand les voleurs ont dévalisé la voilure d’un papillon, ils détaroquent le linge pour le revendre aux meuniers (Argot des voleurs). N.

Taroquer

Marquer.

Taroquer

v. a. Marquer.

Taroquer

Marquer du linge.

Taroquer son santre

Signer fon nom.

Tarre

Pour tire. — Vol à la tarre. (L. Larchey)

Tartare

s. m. Apprenti ; médiocre ouvrier, — dans l’argot des tailleurs. On dit aussi Chasseur.

Tartare

s. m. Fausse nouvelle, canard politique, — dans l’argot des journalistes et des boursiers. Se dit depuis la dernière guerre de Crimée. Un peu avant que le résultat de la bataille de l’Alma fût connu, le bruit courut, — et ce furent évidemment des spéculateurs qui le firent courir — qu’un cavalier tartare était arrivé à franc étrier au camp d’Omer-Pacha, annonçant la victoire des armées alliées contre les Russes. On le crut à Paris, et les fonds montèrent. Quelques jours après, la nouvelle apocryphe devenait officielle.

Tartare

Garçon de salle chargé d’empêcher de sortir, entre deux classes, les élèves externes qu’une pension envoie au collège.

Tartare

Second ouvrier tailleur, ouvrier qui aide le bœuf.

Tarte

Qualité bonne ou mauvaise (Vidocq).

Tarte

adj. Qualité bonne ou mauvaise d’une chose, — dans l’argot des voleurs.

Tarte

Mauvais, faux.

Tarte

Chose de mauvaise qualité. Les faux-monnayeurs sont des mornifleurs-tarte. Ils écoulent de mauvais argent. Allusion aux tartes faites avec de la vieille graisse et de la farine avariée que l’on vend dans les têtes foraines (Argot des voleurs). N.

Tarte

Gifle.

Tarte

Coup.

Tarte bourbonnaise

s. f. Résultat du verbe alvum deponere, — dans l’argot du peuple, qui a la plaisanterie fécale. Il a pour excuse l’exemple de Rabelais (Pantagruel, liv. II, chap. XVI).

Tarte, Tartelette

Mauvais, faux, — dans le jargon des voleurs.

Tarter

Gifler.

Tartine

Elle avait le défaut d’employer de ces immenses phrases lardées de mots emphatiques, si ingénieusement nommées des tartines dans l’argot du journalisme.

Balzac.

Pardonne-moi la longue tartine que je viens de te faire avaler, et sur laquelle j’étale depuis une heure les confitures de mon éloquence.

Th. Gautier.

Tartine

s. f. Article bon ou mauvais, mais surtout mauvais. Argot des journalistes. Signifie aussi Long discours, homélie ennuyeuse. Débiter des tartines. Parler longtemps.

Tartine

Long couplet de prose ou de vers, — dans le jargon des comédiens. — Long, filandreux et soporifique article politique, — dans le jargon des journalistes. Allusion à la longue tranche de pain enduite de confiture.

Tartine

Chaussures.

Tartiner

Tu n’as pas assez de style pour tartiner des brochures.

Balzac.

Tartiner

v. n. et a. Écrire des articles. Tartiner une brochure. La rédiger.

Tartiner

Écrire un long article pour ne rien dire.

Tartiner

Écrire.

Tartines

Souliers.

Tartines

s. f. pl. Souliers éculés, pantoufles, — dans l’argot des voyous.

Tartines

Vieux souliers.

Tartines

Vieux souliers.

Tartines

Souliers avachis et éculés.
— Ah ! mon vieux, quelles sales tartines (Argot du peuple).

Tartines

Longue lettre, long rapport.

Il y en a une tartine !

Tartinier

Rédacteur qui fait la tartine dans un journal.

Tartir

Chier.

Tartir

Chier.

Tartir

v. n. Levare ventris onus, — dans l’argot des voleurs.

Tartir

Aller à la selle.

Tartir

Vider ses intestins. Quand la marchandise est molle, elle s’aplatit en rond, comme une tarte, dont, d’ailleurs, elle a la couleur. Dans le peuple, on dit :
— Je viens de faire une tarte bourbonnaise.
Encore un emprunt à Rabelais (Argot des voleurs).

Tartir, tarter

Aller à la selle.

Tartire

Poser culotte.

Tartouffes

Menottes.

Tartouffes, tourtoure

Menottes.

Tas

Personne sans énergie.

Tas

Personne sans énergie.

Tas (être sur le)

Être à l’ouvrage.
— Nous avons un tas de besogne pour beaucoup.
— J’ai un tas de choses à vous écrire, pour quantité.
— Ma marmite est sur le tas.
Pour indiquer qu’elle est couchée avec un miché (Argot du peuple et des souteneurs). N.

Tas (faire un)

Aller copieusement à la selle.

Tas (prendre sur le)

Prendre en flagrant délit de vol.

Tas de pierres

s. m. Prison, — dans l’argot des faubouriens. On dit aussi Boîte aux cailloux.

Tas de pierres

Prison.

Tas-de-pierres

Prison.

Tasse

s. f. Verre, demi-setier. Allons prendre une tasse, allons boire un verre.

Tasse

Verre de vin, — dans le jargon des typographes. — Le temps d’aller boire une tasse.

Tasse

Pot-de-chambre, — dans le jargon du peuple.

Passez-leur-z’y une tasse !

(Huysmans, les Sœurs Vatard.)

Tasse

Nez.

Tasse (la grande)

La mer.

C’est vrai qu’un peu plus vous buviez à la grande tasse.

Ricard.

Tasse (la grande)

La mer. — Boire à la grande tasse, faire naufrage, se noyer.

Tasse (la grande)

La rivière. La mer.

Tasseau

Nez.

Tasseau, Tube

Nez, — dans le jargon des voyous. — Se sécher le tasseau, se vider le tube, se moucher. — Se piquer le tasseau, se coiffer le tube, se soûler.

Tasso

Nez.
— Je vais te bouffer le tasso (Argot du peuple). V. Blaire.

Tasso

Nez.

Tata

s. f. Tante, — dans l’argot des enfants. C’est également le mot qu’ils répètent le plus souvent pour appeler leur père. On le retrouve jusque dans les épigrammes de Martial.

Tata

s. f. Femme plus bavarde que ne le permet son sexe ; belle diseuse de riens ; précieuse ; mijaurée. Faire sa tata. Se donner de l’importance ; être une commère écoutée.

Tata

Les enfants, les petites filles disent de l’une d’elles qui fait des manières :
— Elle fait sa tata.
Dans le mondes des équivoques une tata, c’est le passif.
Il existe un chanson sur ce sujet :
C’est nous qui sommes les tatas (Argot du peuple).

Tata

Voir chatte.

Tate-minette

Sage-femme.

Tate-minette

Sage-femme (Argot du peuple).

Tâte-minette

Sage-femme. (L. Larchey)

Tate-poule

s. m. Innocent, et même imbécile. Se dit aussi d’un Homme qui s’amuse aux menus soins du ménage.

Tâter

v. a. et n. Peloter.

Tateur

Fausse clef.

Tateur

Fausse clé.

Tâteur

s. m. Peloteur.

Tateuse

Fausse clé. Ce nom indique bien l’action ; avec une fausse clé, si bien faite soit elle, il faut que le voleur tâte la serrure avant de l’ouvrir (Argot des voleurs).

Tâtez-y

s. m. Croix à la Jeannette, ou petit cœur d’or qui pend sur la gorge des demoiselles et même des dames.

Tâtez-y

Petit bijou en forme de cœur que les jeunes personnes portent sur la poitrine, à la naissance de la gorge.

Tatillon

s. et adj. Homme méticuleux à l’excès, s’occupant de riens comme s’ils étaient importants et négligeant les choses importantes pour des riens. Argot du peuple. On dit aussi Tatillonneur. L’expression a une centaine d’années de bouteille.

Tatillonner

v. n. S’occuper de choses qui n’ont pas d’importance ; faire la mouche du coche.

Tatouille

s. f. Coups donnés ou reçus, — dans l’argot des faubouriens.

Tatouille

Grêle de coups.

Tatouiller

v. a. Battre, donner des coups.

Taude

s. f. Apocope de Taudion, — dans l’argot des voyous.

Taude rupine

Maison bourgeoise.

Taudion

Petit logement.

J’ai vendu ce que j’avais pour payer le taudion où nous couchons.

Lynol.

Taudion

s. m. Endroit quelconque ; logement malpropre, taudis. Argot des faubouriens.

Taudion

Pour taudis ; méchante petite chambre, sale cabinet meublé.

J’ai tout mis au clou pour becqueter et payer le taudion où nous couchons moi et Jenny.

(Encore une industrie inconnue.)

Puis il l’appela et la fit monter dans sa chambre, un taudion formé de lattis et plâtre.

(Huysmans, Marthe.)

Taudion

Taudis, mauvais logis.

Taudion

Chambre malpropre, infecte.
— N’entrez pas dans mon taudion, un chat n’y trouverait pas ses petits.
— Sa chambre est un taudis.
On dit aussi un chenil (Argot du peuple).

Taule

Bourreau.

Taule

s. m. Le bourreau, — d’après Victor Hugo, à qui j’en laisse la responsabilité.

Taule

Bourreau. Maison.

Taule

Demeure, domicile, chambre.

Taule (le)

Le bourreau.

Taule ou tole

La maison. Les maîtres de maisons de tolérance sont appelés des tôliers. C’est une allusion à la tôle qui barde les portes de ces maisons dans quelques villes de province, pour les défendre contre les tapageurs. C’est tôle qui est le vrai mot (Argot des souteneurs).

Taule ou Tôle

s. f. Maison, — dans l’argot des voleurs et des voyous. C’est la piaule, moins les enfants.

Taule, Toile, Tollart

Bourreau, — dans l’ancien argot. — Charlot, sous la Révolution. — Béquillard, après la Révolution. — Le Mecque de la camarde, de nos jours.

Taule, tôle

Maison.

Dans une tôle enquille en brave, fais-toi voleur.

Vidocq.

Au moyen âge, taule signifiait table. — V. Pavillonner.

Taupage

Égoïsme. — Tauper : Travailler. — Taupier : Égoïste (Vidocq). — Allusion à la nature active et solitaire de la taupe. — Le travail des malfaiteurs n’est-il pas un vrai travail de taupe ?

Taupage

s. m. Égoïsme, existence cachée, — dans le même argot [des voleurs et des voyous].

Taupage

Égoïsme. (Fr. Michel.)

Taupe

s. f. Fille de mauvaises mœurs, — dans l’argot peu chrétien des bourgeois. On dit aussi gaupe.

Taupe

Maîtresse d’un souteneur. Terme méprisant à l’adresse d’une femme.

Tauper

v. a. et n. Battre, Accabler de coups, — dans l’argot des ouvriers. On dit aussi Tauper dessus.

Tauper

v. n. Travailler, — dans l’argot des faubouriens.

Tauper

Travailler.

Tauper

Travailler. Taupiner, assassiner.

Tauper

Travailler. L. L. Tauper veut dire accoster. Quand les compagnons faisaient le tour de France, et que deux marchaient en sens inverse sur la grande route, ils s’interpellaient :
— Tope, pays, quelle vocation ?
— Serrurier.
— Passe au large.
S’ils étaient du même métier, ou de la même société, ils fraternisaient, autrement ils se battaient.
Cela s’écrit toper et non tauper. Toper veut aussi dire : conclure.
— Affaire faite, tope-là (Argot du peuple).

Taupes de rempart

Expression ingénieuse désignant les soldats du génie, chargés de creuser les tranchées et surtout les mines.

Taupier

s. m. Égoïste.

Taupin

« Le simple taupin, le candidat qui se présente à la colle d’admission à l’École polytechnique, possède déjà des connaissances supérieures. » — La Bédollière.

Taupin

s. m. Candidat à l’École polytechnique, — peutêtre parce qu’on a remarqué que la plupart des jeunes gens qui se destinent à cette école, travailleurs plus acharnés que les autres avaient de bonne heure la vue aussi faible que celle des taupes. Taupin carré. Taupin de 2e année. Taupin cube. Taupin de 3e année.

Taupin

Élève du cours des mathématiques spéciales. Les taupins se divisent en trois classes : le Bizut, élève de première année ; le Carré, élève de deuxième année, et le Cube, élève de troisième année. Le Carré passe pour être quatre fois plus abruti que le Bizut et le Cube neuf fois plus, — dans le jargon des élèves de mathématiques spéciales.

Taupin

Nom donné à l’artilleur, — dans le jargon du régiment. Allusion à la taupe qui passe pour avoir la vue basse. Nombre d’officiers d’artillerie sont dans ce cas et portent lunettes. M. L. Larchey donne encore ce nom de taupin au soldat du génie.

Taupin

Soldat du génie.

Taupin vaut Marotte

Se dit ironiquement — dans l’argot du peuple — de deux personnes qui ont les mêmes vices ou la même laideur physique. On dit aussi Taupin vaut Taupine.

Taupiner

Assassiner.

Taupinière

Cours de mathématiques spéciales, — cours préparatoire pour l’admission à l’École Polytechnique.

Taze

Nez. La prison Mazas.

Te deum raboteux

Scène de ménage avec accompagnement de coups de poing. — Faire chante ? Un te deum raboteux à la bourgeoise, battre sa femme jusqu’à ce qu’elle crie.

Teigne

s. f. Fille ou femme acariâtre, hargneuse dont on ne peut pas se débarrasser. On dit aussi Gale.

Teigne

Méchant, taquin et, vulgairement, méchante teigne.

Teigne

Méchant.

Teinté

Enluminé par l’ivresse.

Teinté (être)

Commencer à être gris, — dans l’argot des ouvriers.

Teinturier

« Tous les hommes politiques ont besoin d’avoir auprès d’eux des sous-hommes politiques ou des supérieurs qu’ils consultent, qu’ils laissent écrire ou qu’ils s’assimilent… Dans le style des affaires publiques, ceux qui exercent cette influence s’appellent des teinturiers, parce qu’en effet ils se chargent de donner de l’étoffe à des hommes d’État des couleurs différentes. » — Roqueplan. Il y a aussi des teinturiers littéraires. On lit dans les mémoires secrets (25 sept. 1775) :

La comtesse de Beauharnais a fait présenter une comédie. Elle a été reçue : on ne doute pas que le sieur Dorat ne soit son teinturier.

Teinturier

s. m. Homme de lettres qui met en français un travail littéraire fait par un illettré, et lui donne du style, de la poésie, de la couleur. Il y a aussi les teinturiers politiques, c’est-à-dire des gens supérieurs que les hommes d’État inférieurs s’attachent par tous les moyens pour profiter de leurs lumières et s’assimiler leurs talents. Voltaire a employé ce mot, très clair, très significatif.

Teinturier

Manœuvre de lettres, chargé de corriger, de faire même l’œuvre d’un autre et qu’un autre signera. Voltaire a été le teinturier de Frédéric le Grand.

Une espèce de petit-collet, teinturier, chargé de soumettre le génie de madame aux règles de la syntaxe.

(Jouy, Guillaume le franc-parleur.)

Teinturier

Avocat. Homme de lettres qui revoit, corrige et met en français le travail d’un autre avant sa composition.

Télégraphe

Signes convenus entre malfaiteurs. Signes entre grecs pour indiquer le jeu de l’adversaire.

Télégraphe (faire le)

« À cette énumération il faut ajouter le truc du télégraphe qui s’emploie pour tous les jeux de cartes. Faire le télégraphe, envoyer le duss ou le sert (V. Delvau, Sert), c’est faire connaître au complice qui tient les cartes, le jeu de la victime derrière laquelle on se tient à cet effet en paraissant prendre un grand intérêt à sa partie. »

(Henri IV, 1881.)

Télégraphe sous-marin

Langage des pieds en omnibus, au théâtre, à table.

Témoins à décharge

Les deux roustons, qui, lorsque le vit est en cause, ont de quoi le faire décharger. Suivant les témoins à décharge, Le vol doit être récusé. — Les imposteurs ! répond Glycère, N’écoutes pas leurs faucs rapports, Ils n’ont rien vu, c’est bien sincere, Car tous les deux étaient dehors… L’abbé… avoit en ses jeunes, ans perdu ses deux témoins instrumentaires… en descendant d’un bellooief : c’est un prunier sauvage… (Contes d’Eutrapel.) Les dames rirent assez de Castor, qui était resté sans témoins.

P. de Larivet.

Tempérament

Ardeur amoureuse.

Qui sait, hélas ! si ton, tempérament
Ne trahit pas ton malheureux amant.

Voltaire.

Né avec un tempérament de feu, je contras a peine ce que c’était qu’une belle femme que je l’aimai.

Diderot.

Pine-moi plutôt un de ces grands drôles
Qui crevant de tempérament,
Larges des reins et des épaules :
C’est dit nanan.

E. Debraux.

Tempérament (à)

Payement par fraction de mois en mois. — Acheter à tempérament, acheter avec la faculté de payer tant par mois. Ce genre d’opération est très usité entre filles galantes et marchandes à la toilette. Ces dames, qui ont le petit mot pour rire, appellent encore ce mode de payement : « À tant par amant ».

Elle leur avance les sommes nécessaires, qu’elles remboursent à tempérament.

(F. d’Urville, Les Ordures de Paris.)

Temple

s. m. Salle de réunion, — dans l’argot des francs-maçons.

Temple

s. m. Manteau, — dans l’argot des faubouriens.

Temple

Vêtement d’occasion c’est-à-dire acheté au Temple.

Temple de cypris

La nature de la femme, où nous faisons tous nos dévotions à genoux, de la langue et de la queue.

Lors il n’y a tétons ni fesse rebondie,
Cuisse, ventre, nombril, ni temple cyprien.
Que je ne baise, et tâte, ou retâte au manie.

Temps (voir le coup de)

Prévoir à temps pour parer. — Terme d’escrime. — V. d’Hautel, 1808.

Temps de bûche

s. m. Époque qui précède les examens, — dans l’argot des étudiants.

Temps de chien

Mauvais temps, pluie ou neige, — temps à ne pas mettre un chien dehors. Argot du peuple.

Temps de demoiselle

s. m. Quand il ne fait ni pluie ni soleil, ni poussière ni vent.

Temps salé

s. m. Temps chaud, qui fait boire.

Tenante

Chopine, bouteille.

Tenante

Chopine ; et particulièrement, chopine d’eau-de-vie.

Tenante, tezière, tezignard

Toi.

Tenante, tezière, tezignard, tezingand

Toi.

Tendeur

Homme qui est toujours prêt à satisfaire une femme gourmande et passionnée (Argot du peuple).

Tendeur

Voir rippeur.

Tendre (?)

Il faut tendre pour ripper.

Tendre la perche

v. a. Venir en aide à quelqu’un qui se trouble dans une conversation ou dans un discours.

Tendre sa rosette

Se laisser enculer par un homme.

Tendron

s. m. Grisette, jeune fille à laquelle il est permis de manquer de respect, — dans l’argot des bourgeois.

Tenir

Argot théâtral. Tenir l’affiche, se dit d’un auteur qui a du succès et dont les pièces reparaissent souvent sur l’affiche.

Voici maintenant dix-sept ans bien comptés qu’il (M. V. Sardou) tient l’affiche, comme on dit dans le familier langage des coulisses.

(Revue des Deux Mondes, 1er mars 1877.)

Tenir (en)

Aimer d’amour.

Est-ce de l’amour ? Alors, il faut qu’elle en tienne furieusement, puisqu’elle fait de tels sacrifices.

Ricard.

Tenir (en)

Avoir de l’amour pour quelqu’un, — dans l’argot des bourgeois.

Tenir (en)

Être amoureux. — Je crois qu’elle en tient pour lui. — Être trompé par sa femme. Mot à mot : tenir des cornes. — Et vous dites que sa femme l’aurait… Il y a beau jour qu’il en tient.

Tenir à 40 sous avec son croque-mort (se)

Se débattre dans l’agonie, ne pas vouloir mourir. Cette expression, aussi cynique que sinistre, est du pur argot de voyou. Si je ne l’avais entendue de mes oreilles, je l’aurais crue inventée.

Tenir à quatre (se)

Se contenir tout en enrageant ; ne pas oser éclater. Argot du peuple. On dit aussi Être à genoux devant sa patience.

Tenir bien sur ses ancres

v. n. Être en bonne santé, — dans l’argot des marins.

Tenir la chandelle

Avoir des complaisances honteuses pour un commerce de galanterie ; se faire maquereau.

Quand vous venez, à Fabrice dit-elle,
Me faire tenir la chandelle
Pour vos plaisirs jusque dans ma maison.

La Fontaine.

À son destin j’abandonne la belle,
M me voilà ; des esprits comme nous
Ne sont pas faits pour tenir la chandelle.

Parny.

Tu m’as pris pour un imbécile… Comment ! moi j’irais tenir la chandelle !

Jaime fils.

Tenir la chandelle

v. a. Être témoin du bonheur des autres, sans en avoir sa part ; servir, sans le savoir, ou le sachant, une intrigue quelconque. Argot du peuple.

Tenir la chandelle

Manger son pain sec au fumet du bonheur d’un couple. Variante : Marquer les points.

Tenir la chandelle

Servir une intrigue. Être témoin du bonheur d’un autre.

Tenir la chandelle

Mari complaisant qui sait que sa femme le trompe et qui accepte ça très tranquillement. L’amant de cœur d’une fille entretenue. Ils tiennent la chandelle (Argot du peuple).

Tenir la corde

v. a. Être le succès, le héros du jour, — dans l’argot des gens de lettres, qui ont emprunte cette expression aux sportsmen.

Tenir sur les fonts

Déposer comme témoin contre un accusé, — dans l’argot des voleurs. (V. Parrain.)

Tenir une maison

Avoir un bordel, qu’on autorise seulement les femmes à tenir, a leurs risques et périls : seul commerce qui aille bien ! Tu connais pas Morin, qu’est de la police ?… qui vit à Rouen, rue Ricardière, cont’ la rue aux Ours, avec eune femme qui tient eune maison.

H. Monnier.

Ténor

Argot de journaliste. Écrivain qui rédige habituellement l’article de tête du journal.

Tenue

s. f. Assemblée, réunion, — dans l’argot des francs-maçons. Ils disent aussi Convent, — mais surtout à propos de réunions d’un caractère particulier, plus solennel que les tenues. Tenue d’obligation. Jour fixé pour les assemblées de la loge. Tenue extraordinaire. Réunion pour une fête d’adoption, pour une réception d’urgence, etc.

Tenue (rentrer en grande)

Avec son pompon, gris.

Ternaux

Châle de la fabrique Ternaux.

Elle prit un schal de coton ; — le ternaux était au… Mont de Piété.

Ricard.

Ternaux

s. m. Cachemire français, — dans l’argot des lorettes, qui ne savaient pas que ce nom de choses est un nom d’homme, celui d’un industriel qui le premier en France entreprit de fabriquer des châles avec la laine d’un troupeau de chèvres du Thibet amenées en 1818 à ses frais.

Ternaux

Cachemire qui n’a rien à voir avec son frère des Indes. Châle français ; le rêve des portières, la cauchemar des élégantes.

Terrasse

La partie du trottoir envahie par les tables et les chaises de MM. les cafetiers.

Terre-Neuve (banc de)

Partie du boulevard comprise entre la Porte Saint-Denis et la Madeleine, — dans le jargon des souteneurs.

Les macs disent par abréviation : Aller au banc ; c’est aller à la recherche d’une femme. Le soir il viendra voir le défilé du banc de Terre-Neuve ; il trouvera là son affaire dans les prix doux.

(Le Sublime.)

Le poisson s’est fait pêcheur. Il va à Terre-Neuve pêcher une morue.

Les mœurs des maquereaux sont assez connues pour qu’il ne soit pas besoin de vous apprendre qu’ils fraient de préférence avec les morues.

(Tam-Tam du 6 juin 1880.)

Terreau

s. m. Tabac à priser, — dans l’argot des marbriers de cimetière. Se flanquer du terreau dans le tube. Priser.

Terreau

Tabac à priser.

Terrer

Tuer. — Mot à mot : enterrer.

Dans dix ans je reviendrai pour te terrer, dussé-je être fauché.

Balzac.

Terrer

v. a. Tuer, — dans l’argot des voleurs, pour qui c’est une façon de mettre en terre les gens qui les gênent. Le patois normand a Terrage pour Enterrement.

Terrer

Guillotiner.

Terrer

Tuer. Guillotiner.

Terrer

Tuer. Mot à mot : préparer les gens pour la terre. C’est cette expression qui a donné naissance au mot enfouissage pour les libre-penseurs qui ne passent pas par l’église (Argot des voleurs et du peuple). N.

Terreur

Nom donné aux maquereaux dans les anciennes banlieues de Paris ; il y a généralement une terreur par quartier (Argot des souteneurs).

Terreur (la)

C’est le surnom que donnent au plus fort d’entre eux les souteneurs d’un même quartier. Il y a la Terreur de Montrouge. et la Terreur de Vincennes, la Terreur de Belleville et la Terreur de Grenoble, etc..

Terreuse

Bouteille. On dit aussi rouille, rouillarde.

Terrière

Raccrocheuse qui pousse son persil dans les terrains vagues (Argot des souteneurs).

Terrinière

Fille publique qui fouille dans les poches et qui vole ses amants.

Terrinière

Fille publique et voleuse.

Terrion

s. m. Habitant du continent, — dans l’argot des marins. On dit aussi Terrien.

Tesière

Toi. Et les variantes : Tésigo, tésigue, tésingard.

Tesière

Toi. Il y a plusieurs variantes de ce mot : tesigue, tesigo et tésingard. Tesière est l’expression la plus usitée.
— La Môme-Livarot a un béguin carabiné pour tesière (Argot des souteneurs).

Tésière

pron. pers. Toi, — dans l’argot des voleurs. On dit aussi Tésigue, Tésigo et Tésingard.

Tésière, tèsigo, tézignères

Toi.

Tesson

s. m. La tête, — dans l’argot des voyous. Nib de douilles sur le tesson. Pas de cheveux sur la tête.

Tesson

Tête. — Mauvaise tête. Faire son tesson, n’en faire qu’à sa tête.

Testicules

Les témoins du duel amoureux. Voir Témoins à décharge.

Tétais

s. m. pl. Seins, — dans l’argot des enfants, qui conservent longtemps aux lèvres, avec les premières gouttes de lait bues, les premiers mots bégayés. Ils disent Tettes.

Têtard

Homme de tête.

Têtard

s. et adj. Entêté, — dans l’argot des faubouriens.

Têtard

Têtu, entêté.

Tétasse

Mot grossier signifiant une mamelle pendante. Les tétons deviennent tétasses.

G. Coquillart.

Cette mère des gueux, cette vieille carcasse
D’un linge sale et noir resserra sa tétasse.

Théophile.

Tétasses

s. f. pl. Seins de fâcheuse apparence, — dans l’argot irrévérencieux du peuple, qui dit cela depuis longtemps comme en témoigne cette épigramme de Tabourot des Accords :

Jeannette à la grand’ tétasse
Aux bains voulut une fois
Enarrher pour deux la place :
On luy fit payer pour trois.

On dit aussi Calebasses.

Tétasses

Seins de la Vénus Hottentote ; grands pendards, selon l’expression de Voltaire.

Tétasses

Seins qui pendent jusque dans les bas de celles qui les possèdent (Argot du peuple). V. Calebasse.

Tétassière

s. f. Femme dont la gorge n’a aucun rapport avec celle de la Vénus de Milo. L’expression se trouve aussi dans Tabourot.

Tête

s. f. Air, physionomie. Avoir une tête. Avoir de la physionomie, de l’originalité dans le visage.

Tête

s. f. Air rogue, orgueilleux, prétentieux, de mauvaise humeur. Faire sa tête. Faire le dédaigneux ; se donner des airs de grand seigneur ou de grande dame.

Tête (faire sa)

Prendre de grands airs.

Tu y gagnes d’avoir l’exercice une fois de plus par jour pour apprendre à faire ta tête.

Vidal, 1833.

Tête (faire sa)

Faire des embarras ; prendre des airs importants.

Ça veut faire sa tête et ça ne sait pas seulement lire.

(V. Rozier, Les Bals publics à Paris.)

Tête (forte)

Soldat indiscipliné.

Tête (se faire une)

Se grimer ; prendre la physionomie particulière au personnage que l’acteur représente. Les mouchards et les comédiens habiles excellent dans l’art de se faire une tète.

Tête à corvées

Imbécile, tête d’idiot, — dans le jargon du régiment.

Tête à l’huile

Chef de la figuration dans un théâtre.

Tête carrée

s. f. Allemand ou Alsacien. On dit aussi Tête de choucroute.

Tête carrée

Allemand.

Tête carrée

V. Alboche.

Tête carrée

Tous individus nés où l’on parle l’allemand.

Tête carrée, tête de choucroute

Allemand.

Tête d’acajou

s. f. Nègre.

Tête de bois

Visage peu expressif. Dans le peuple, on dit aussi : il a été sculpté dans un marron d’Inde, quand l’individu à qui cette expression s’adresse est laid à faire peur (Argot du peuple).

Tête de buis

s. f. Crâne complètement chauve.

Tête de buis

Crâne dénudé.

Tête de carton

Visage sans expression. Allusion à la poupée (Joséphine) des modistes (Argot du peuple).

Tête de choucroute

V. Alboche.

Tête de holz

s. f. Allemand, — dans l’argot des marbriers de cimetière, qui croient que les braves Teutons ont la tête dure comme du bois.

Tête de patère

Variété de souteneur.

Tête de patère

Souteneur.

Tête de pioche

Individu à la tête dure qui ne veut rien apprendre. Allusion à la dureté de l’acier trempé de la pioche (Argot du peuple). N.

Tête de pioche

Voir tête carrée.

Tête de pipe

Idiot. La variante est : moule à chenets.

Tête de pipe

Visage laid ou contrefait.

Tête de Turc

s. f. Homme connu par ses mœurs timides et par son courage de lièvre, sur lequel on s’exerce à l’épigramme, à l’ironie, à l’impertinence, — et même à l’injure, — assuré qu’on est qu’il ne protestera pas, ne réclamera pas, ne regimbera pas, et ne vous cassera pas les reins d’un coup de canne ou la tête d’un coup de pistolet. C’est une expression de l’argot des gens de lettres, qui l’ont empruntée aux saltimbanques.

Tête de Turc

Dynamomètre vivant, souffre-douleur, mystifié, bouc émissaire.

Tête de veau

Individu chauve. — Figure pâle et grasse ; et, encore, tête de veau lavée, par allusion aux têtes de veau trempant dans les baquets des bouchers.

Tête de veau

Celui qui n’a plus ou peu de cheveux.

Tête mobile

Officier de tir, — par allusion à la pièce du fusil qui porte ce nom.

Tête qui dépasse les cheveux (avoir la)

Être chauve.

Tête-à-tête

Conversation à deux, qui a lieu n’importe où, dans une chambre, dans un fiacre, sur l’herbe, sur une chaise, — et la plus éloquente, puisqu’on n’y parle pas, ou qu’on y parle peu, et qu’en revanche on y agit beaucoup. J’eus pourtant malgré tout cela quelque tête-à-tête impromptu avec Sa Grandeur. Il est si doux d’escamoter de temps en temps quelque chose d’une rivale qui en fait autant.

Tête-bêche (faire)

Se placer de façon que la tête de l’homme soit entre les cuisses de la femme, a la hauteur de son con, qu’il gamahuche, et que la tête de la femme soit entre les cuisses de l’homme, à la hauteur de sa pine, qu’elle suce.

Mais quand parfois il trouvé une motte bien fraîche,
Ce qu’il aime avant tout, c’est faire tête-bêche.

L. Protat.

Téter

v. n. Vider une bouteille, dans l’argot du peuple, qui prétend que le vin est « le lait des vieillards ». Oui, des vieillards — et surtout des adultes.

Téter

Boire. — Donnez-y donc à téter à ce soulot et qu’il ne gueule plus !

Téter une goutte

Faire téter une goutte, à quelqu’un : le battre. Boire une goutte : se noyer. Au régiment quand un soldat est atteint de la nostalgie, les camarades lui disent :
— Tu voudrais bien aller téter une goutte.
Téter une goutte, boire un verre sur le zinc (Argot du peuple). N.

Têtes de clou

s. f. pl. Caractères déformés par un long usage. Argot des typographes.

Têtes de clou

s. f. pl. Vieux caractère usé, bon à mettre à la fonte.

Têtes de clous

Caractères usés, qui n’en peuvent plus.
— Il est rien dégueulbif, le canard que nous composons avec des têtes de clous (Argot d’imprimerie).

Têtes de veau

Les militaires condamnés à une peine de travaux publics, à la suite d’un conseil de guerre. Tête de veau, parce qu’on leur laisse toute la barbe et qu’on leur rase la tête.

Tétines

s. f. pl. Gorge avachie, — sumen plutôt qu’uber. Argot des faubouriens. Nous sommes loin du

Tétin, qui fait honte à la rose,
Tétin, plus beau que nulle chose,

de Clément Marot.

Téton de satin blanc tout neuf

Sein de jeune fille. L’expression est de Marot. Elle est encore usitée de nos jours.

Des nichons lui étaient venus, une paire de nichons de satin blanc tout neufs.

(E. Zola, L’Assommoir.)

Tetonnière

s. f. Femme ou fille que la Nature a richement avantagée, — dans l’argot du peuple, fidèle à sa langue nourricière.

Tétonnière

Femme amplement pourvue de mamelles.

Dans le cabaret où ils soupaient servait une grosse tétonnière d’Andalousie.

Pigault-Lebrun.

Tétonnière

Femme aux puissantes mamelles. Femme digne de jouer les Junons à la ville, au théâtre et aux champs.

Tétons

La gorge d’une femme.

Sur un col blanc, qui fait honte à l’albâtre,
Sont deux tétons, séparés, faits au tour,
Allant, venant, arrondis par l’amour.

Voltaire.

Donne-moi tes tétons.

La Popelinière.

Comme le gland d’un vieux qui baise
Flotte son téton ravagé.

(Parnasse satyrique.)

Si son cœur est de roche.
Ses tétons n’en sont pas.

J. Duflot.

Tétons

s. m. pl. La gorge de la femme. Tétons de satin blanc tout neufs. Virgo pulchro pectore. C’est un vers de Marot resté dans la circulation.

Tettes

s. f. pl. Seins, — dans l’argot des enfants. Ce sont autant les mamillæ que les papillæ.

Têtue

Épingle.

Têtue

s. f. Épingle, — dans l’argot des voleurs.

Têtue

Épingle.

Têtue, Tiquante

Épingle.

Teurtousses

Toiles.

Tezière

Toi.

Tezière, tezingand

Toi.

Tezigue

Toi. V. Bonne, Coquer.

Tézigue

Toi.

Thé de la mère Gibou

s. m. Mélange insensé de choses et de mots ; discours incohérent ; pièce invraisemblable. Argot des coulisses.

Théâtre de la nature

Le con, où le vit a ses entrées comme acteur ou protecteur, en payant soit de son argent, soit de sa bonne mine. Ce théâtre a pour avant-scènes deux colonnes de marbre blanc ; il ne possède qu’un seul décor, lequel représente un buisson avec une fontaine au milieu. Le trou du souffleur est par derrière, ainsi que l’orchestre, composé d’un seul musicien qui exécute avec un instrument à vent une ouverture sur les motifs de : sentir avec ardeur. Quand l’acteur principal entre en scène, il a toujours l’aspect dur et imposant ; il a avec lui deux confidents, deux amis inséparables qui l’attendent dans la coulisse. Quand l’acteur quitte la scène, il est triste et abattu… il pleure. La directrice est libre de donner plusieurs représentations de suite, et, pour peu que l’acteur principal la trouve aimable, et à son gré, plein de verve et d’éloquence, il rentre en scène avec un nouveau transport, — à moins de raisons majeures. — Tous les mois, le théâtre fait relâche. Il l’annonce par une affiche rouge sur laquelle tort applique une bande blanche. Pendant ce temps, l’acteur est libre de donner des représentations en ville, mais, gare à lui… Souvent il se fatigue, revient malade… Alors la directrice se plaint et l’administration coule ! Nota ; La directrice accorde quelquefois des entrées de faveur.

Théâtre rouge

s. m. La guillotine, — dans l’argot des révolutionnaires un peu trop avancés. « Demain, relâche au Théâtre rouge, » écrivait à Lebon Duhaut-Pas, un de ses émissaires.

Théière

Urinoir.

Thémis

s. f. La Justice, — dans l’argot des Académiciens.

Théorie dans les coins (savoir sa)

Savoir parfaitement sa théorie, — dans le jargon des soldats.

Thêta X

s. m. Élève de seconde année, — dans l’argot des Polytechniciens. On l’appelle aussi Ancien.

Thomain

s. m. Mauvais rôle, — dans l’argot des coulisses, où l’on a trouvé sans doute panne bien usée.

Thomain

Rôle effacé, bout de rôle, — dans le jargon des comédiens.

Thomas

Pot de chambre. V. Goguenot.

Parmi les consignés occupés à passer la jambe à Thomas (vider les baquets d’urine).

La Bédollière.

Équivoque sur les mots vide Thoma de l’hymne populaire de Pâques.

Thomas

s. m. « Pot qu’en chambre on demande », — dans l’argot du peuple. Passer la jambe à Thomas. Vider le goguenot. La veuve Thomas. La chaise percée.

Thomas

Nom générique sous lequel on désigne, dans quelques imprimeries de province, l’ouvrier typographe et spécialement le pressier. Il existe une pièce de théâtre qui a pour titre Thomas l’Imprimeur.

Thomas

Pot-de-chambre haute forme. Allusion au verset de l’hymne de Pâques : Vide Thomas, vide pedes, vide manus. — La mère Thomas, la veuve Thomas, chaise percée. — Avoir avalé Thomas, avoir l’haleine fétide.

Thomas

Voyez Jules.

Thomas

Tinette. Vase de nuit. On dit aussi Jules.

Thune

L’aumône.

Thune

Aumône.

Thune

Pièce de cinq francs.

Thune

Argent. V. Bille.

Thune

s.f. Pièce de cinq francs, — dans l’argot des voleurs. On dit aussi Thune de cinq balles.

Thune

Pièce. — Thune de cinq balles, pièce de cinq francs. Thune de camelotte, pièce d’étoffe.

Thune

Pièce de 5 francs.

Thune

Pièce de cinq francs.

Tic

s. m. Manie, toquade, — dans l’argot du peuple. L’expression a des cheveux blancs.

Tiche

s. f. Bénéfices plus ou moins réguliers, — dans l’argot des commis de nouveautés.

Tiche

Profit, — dans le jargon des commis de la nouveauté.

Tiche

Profit, Aubaine.

Tiche

Bénéfices. Synonyme de guelte. Prime que les directeurs de magasins de nouveautés donnent aux commis qui parviennent à vendre de la marchandise avariée ou des rossignols. Tiche, en ce cas, est de la même famille qu’affure (part de vol) (Argot des calicots).

Ticket

s. m. Billet de chemin de fer, — dans l’argot des gandins, anglomanes par genre. Pourquoi alors ne disent-ils pas aussi single ticket (billet simple) et return ticket (billet d’aller et de retour) ?

Ticquage

Mouvement de haut en bas exécuté avec la main qui tient les cartes et aussitôt réprimé. — Le ticquage indique aux autres joueurs que celui qui l’a fait a pris le point sept au baccarat pour le point de huit.

Ticquer, Ticker

Faire le mouvement, aussitôt réprimé, d’abattre ses cartes, — dans le jargon des joueurs.

Une émotion violente leur contractait le cœur, lorsque, tickant par distraction, il faisait le geste d’abattre.

(Vast-Ricouard, Le Tripot.)

Tierce

Agents de police en nombre, — dans le jargon des voleurs. — Caletons, il y a de la tierce, sauvons-nous, il y a beaucoup d’agents de police.

Tierce

Argot de bagne. Bande d’individus.

Tierce

Bande d’individus. Clique. Se dit aussi en bonne part : la tierce élégante. Il y a de la tierce, la police est en nombre.

Tierce

Bande, association.

Tierce (la)

Association de faux monnayeurs ; comme ils sont généralement trois : le fabricateur, l’émetteur et un complice de réserve, de ce nombre, la tierce (Argot des voleurs).

Tierce Major

Tierce majeure, au jeu de piquet.

Tiers et le quart (le)

Celui-ci et celui-là, les premiers venus, — unusquisque. Argot des bourgeois. Médire du tiers et du quart. Médire de son prochain.

Tiffes

Cheveux.

Tiffes

Les cheveux. Tiffe est une corruption de tignasse (Argot des voleurs). N.

Tiffes

Les cheveux.

Tiffes

Les cheveux.

Tignasse

s. f. Chevelure abondante, épaisse, bien ou mal peignée, — dans l’argot du peuple, pour qui ces chevelures-là sont autant de nids à teigne. A signifié au début Perruque. On dit aussi Tignon.

Tigne

s. f. Foule, — dans l’argot des voleurs. S’ébattre dans la tigne. Chercher à voler dans la foule. Signifie aussi Réunion, Cénacle. Quelques Vaugelas de la Roquette veulent qu’on écrive Tine.

Tigne

Foule. Tigner d’esbrouffe, voler dans un rassemblement.

Tigne, tignasse

Chevelure en désordre. — Du vieux mot tigne : teigne. V. Aplomb.

Tigne, Tine

Rassemblement, foule, — dans le jargon des voleurs.

Tigner d’esbrouffe

Voler à la faveur d’un rassemblement.

Tigner d’esbrouffe

V. Riffe.

Tigre

Groom.

Leur chapeau à cocarde noire, leurs bottes à retroussis, leur veste bleue et leur gilet bariolé, couvrent des gamins arrachés au plaisir de la pipoche.

A. Deriège.

Tigre :

Le rat débute et danse un pas seul ; son nom a été sur l’affiche en toutes lettres ; il passe tigre et devient premier, second, troisième sujet.

Th. Gautier.

Tigre

s. m. Groom, petit gamin en livrée, — dans l’argot des fashionables.

Tigre

s. m. Rat, qui commence à sortir de la foule et devient troisième, puis second, puis premier sujet de la danse. Argot des coulisses.

Tigre

Élève de la danse à l’Opéra, qui a eu la chance d’être remarquée sous plus d’un rapport. Le tigre est la seconde incarnation du rat ; c’est un rat qui a fait son chemin.

Tigre

Urinoir des étages dans les casernes. — Pourquoi tigre ? Est-ce parce que ce récipient est altéré… d’urine comme le tigre est altéré de sang ; ou encore parce que les parois en sont tachetées.

Tigre

Groom. Élève de la danse, à l’Opéra, un degré plus haut que le rat.

Tigre à cinq griffes

Pièce de cinq francs.

Quand le café était pris, un de la bande se détachait pour aller à la chasse du tigre à cinq griffes.

(Paris-Bohême, 1854.)

Timbale (décrocher la)

Surpasser, remporter un avantage sur ses rivaux, sur ses concurrents.

Celui qui a décroché la timbale lyonnaise ne vaut pas mieux comme opinion que l’ex-pensionnaire de Clairvaux.

(Le Triboulet, du 13 juin 1880.)

Timballe (la)

Dîner mensuel des artistes du théâtre de l’Opéra-Comique. Il a lieu le troisième jeudi de chaque mois.

Timbré

adj. et s. Fou, maniaque, excentrique, — dans l’argot des bourgeois. Grand timbré. Extravagant aimable, fou plaisant. À l’origine, cette expression signifiait juste le contraire de ce qu’elle signifie aujourd’hui : un homme timbré était un sage, un homme ayant bonne tête.

Timbré

À moitié fou. Avoir reçu un coup de marteau (Argot du peuple). V. Mailloche.

Timbré

Fou.

Timbre (salle du)

Salle voisine de la cuisine où la viande et le poisson reposent sur des dalles maintenues fraîches par de la glace.

Dans les grands établissements, le timbre consomme en moyenne trois cents livres de glace par jour.

(Eug. Chavette, Restaurateurs et restaurés, 1867.)

Timbre-poste

s. m. Cartouche, — dans l’argot des chasseurs. Est-ce parce que chaque cartouche revient à vingt centimes environ, ou parce qu’elle sert à marquer le gibier ?

Tine

Spectateur.

Tine

Foule.

Tine

La foule. Réunion de souteneurs et de voleurs. Delvau dit dédaigneusement que cette expression est due à « quelques Vaugelas de la Roquette », que le vrai mot est ligne. Pas le moins du monde ; dans le peuple on dit : Tigne-le, pour : le prendre par les cheveux. Tigner est également synonyme de rechigner (Argot des voleurs). N.

Tine

Foule.

Tinette

s. f. Hotte en bois qui sert aux vidangeurs pour monter les matières solides d’une fosse. Chevalier de la tinette. Vidangeur.

Tinette

s. f. Bouche à l’haleine déplorable, sœur de celle à propos de laquelle Martial dit (Lit. I, ep. 51) :

Os et labra tibi lingit, Manuella, catellus,
Nil mirum merdas si libet esse cani.

Tinette

Bouche, — dans le jargon des voyous. — Couvre ta tinette, mets un liège à ta tinette, tais-toi.

Tinette

Botte. (L. Larchey)

Tinettes

Bottes.

Tingo

Fou.

Tinteur

Jeune tante, — dans l’ancien argot.

Tintouin

s. m. Souci, tracas d’esprit ; embarras d’argent ou d’affaire, — dans l’argot du peuple, qui a eu l’honneur de prêter ce mot à Rabelais.

Tintouin du renaud

Querelle.

Tintouiner (se)

v. réfl. Se mettre martel en tête ; se chagriner à propos de rien ou de quelque chose.

Tiolée

Plusieurs.

Tiolée (en avoir une)

Se dit dans le peuple d’une famille qui a de nombreux enfants : Ils sont toute une tiolée. C’est une corruption du mot tôle qui veut dire maison. Il y en a plein la tôle (Argot du peuple). N.

Tique (la)

La terre.

Tique (soûl comme une)

Soûl à ne plus pouvoir bouger.

Ils étaient déjà soûls comme des tiques.

(E. Zola.)

Allusion à la tique, petit insecte qui s’attache aux oreilles des chiens, des bœufs et qui se soûle de sang.

Tirade

Travaux forcés.

Tirage

s. m. Difficulté, obstacle, rémora. Il y aura du tirage dans cette affaire. On ne la mènera pas à bonne fin sans peine.

Tirage

s. m. Action de tirer, d’imprimer. Les éditeurs donnent souvent le nom de nouvelle édition à ce qui n’est qu’un nouveau tirage, et particulièrement quand l’ouvrage est cliché.

Tirage

Difficulté.

Il y aura du tirage.

(E. Augier, les Fourchambault, 1878.)

Tirage

Action de tirer une carte, terme de joueurs de baccarat.

Le tirage à cinq est un des points les plus controversés de baccarat.

(Vast-Ricouard, Le Tripot.)

Un beau tirage, prendre une carte qui constitue un beau point.

Tirage

Difficultés.

Tirage (il y a du)

C’est long, c’est difficile. — Terme de cocher. Plus le chemin est rude, plus le cheval tire.

Tiraillon

Apprenti voleur à la tire.

Vêtus très mesquinement, souvent même en blouse, ils se bornent à fouiller les poches des habits et des paletots, et exploitent ordinairement les curieux qu’un événement fortuit rassemble dans les rues ou qui forment cercle autour des chanteurs ou des saltimbanques.

(Mémoires de Canler, 1862.)

Tiran

Des bas.

Tirans

Bas.

Tirans

Bas.

Tirans

Bas.

Tirans

Bas.

Tirant

Lacet.

Tirant

Bas. — On le tire pour le mettre.

Ses tirans et sa montante et son combre galuché, son frusque, aussi sa lisette.

Vidocq.

Tirant

Bas.

Tirante

Jarretière.

Tirante

Jarretière. — Cordon de sonnette.

Tirantes

s. f. pl. Jarretières, — dans l’argot des voleurs.

Tirantes

Jarretières.

Tirantes

Jarretières. A. D. Le mot est impropre ; c’est serrantes. En effet, la jarretière serre la jambe ou la cuisse suivant la façon dont elle est placée. Il est vrai qu’elle tire le bas, mais c’est en le serrant (Argot des voleurs).

Tirants

Bas.

Tirants

s. m. pl. Bas, — dans le même argot [des voleurs]. Tirants radoucis. Bas de soie. Tirants de trimilet. Bas de fil. Tirants de filsangue. Bas de filoselle.

Tirants

Bas. — Tirants de trimilets, bas de fil. — Tirants de filsange, bas de filoselle. — Tirants doux, tirants radoucis, bas de soie.

Tirants

Bas. Lacets. Tirant radouci, bas de soie.

Tirants

Bas. Tirants radoucis : bas de soie. Tirants de tremilet : bas de fil. Tirants de filsangue : bas de filoselle. Tirants à la manque : bas déchirés. Allusion aux mailles qui manquent (Argot des voleurs).

Tire

Voler.

Tire

Vol exécuté dans la poche des autres.

Tire (ça se)

Cela tire à sa fin, — dans le jargon des troupiers.

Tire (la)

Le vol exécuté dans les poches par le pick-pocket.

Tire à la chicane

Vol pratiqué en affectant une pose napoléonienne, les mains derrière le dos. — Vol commis en tournant le dos à celui dont on allège les poches. C’est le summum de l’art du vol à la tire.

Tiré à quatre épingles (être)

Être vêtu avec un soin et une recherche remarquables, — dans l’argot des bourgeois, pour qui « avoir l’air de sortir d’une botte » est le dernier mot du dandysme.

Tire-bogue

s. m. Voleur qui a la spécialité des montres.

Tire-bogue

Filou qui a un faible pour les montres.

Tire-bogue

Voleur à la tire qui a la spécialité de faire les montres (Argot des voleurs).

Tire-bouchon américain

C’est la tocade de toutes les grisettes, Elles font asseoir l’homme sur une chaise, mettent son bouchon au vent ; puis, s’asseyant à cheval sur lui et s’appuyant sur le dos de la chaise, elles se font entrer le dit bouchon dans le con tant qu’elles peuvent, le tirent, se renfoncent dessus, jouissent comme des carpes pâmées, et s’en donnent ainsi jusqu’à ce qu’elles soient tout à fait échinées.

Quoique Cornélie soit partie, le plaisir n’est pas parti avec elle ; monte chez moi, je serai bien aimable, et je te ferai le tire-bouchon américain.

(Fantaisiste, I, 179.)

Tire-fiacre

Viande aussi coriace que de la viande de cheval.

Tire-fiacre

Viande de cheval.

N’allons pas chez ce gargotier, c’est du tire-fiacre qu’il vend pour du bœuf.

Tire-gosse, Tire-môme

Sage-femme.

Tire-jus

Mouchoir. — Mot imagé. Usité dès 1808.

Tire-jus

s. m. Mouchoir de poche, — dans l’argot des faubouriens. On dit aussi Tire-mœlle.

Tire-jus

Mouchoir, — Tire-juter, se moucher.

Tire-jus

Mouchoir, — de l’argot parisien.

Tire-jus

Mouchoir.

Tire-jus

Mouchoir. Le mot n’est pas ragoûtant, mais il exprime bien le fait de tirer le jus des narines (Argot du peuple).

Tire-jus

Mouchoir.

Tire-jus

Mouchoir.

Tire-larigot (à)

adv. Abondamment, beaucoup, — dans l’argot du peuple, qui a eu l’honneur de prêter cette expression à Rabelais. Si j’étymologisais un peu ?
Larigot était jadis pris, tantôt pour le gosier, tantôt pour une petite flûte, Arigot ; d’autant plus une flûte que souvent on employait ce mot au figuré dans un sens excessivement gaillard. (V. Saint-Amant). Donc, Boire à tire-larigot, c’était, c’est encore Boire de grands verres de vin hauts comme de petites flûtes. On a étendu le sens de cette expression : on ne boit pas seulement à tire-larigot, on chante, on joue, on frappe à tire -larigot.

Tire-liard

s. m. Avare.

Tire-lire

Le postérieur. La tête. L’estomac. La prison. Le gagne-pain des prostituées.

Tire-moelle

Mouchoir.

Tire-molard

s. m. Mouchoir, — dans l’argot des voyous.

Tire-môme, momière

Sage-femme.

Tire-monde (madame)

V. Guette au trou.

Tirejuter (se)

Se moucher.

Tirelire

s. f. Le podex, — dans l’argot ironique des ouvriers.

Tirelire

s. f. La tête, — où se mettent les économies de l’Étude et de l’Expérience. Argot des faubouriens.

Tirelire

Derrière.

S’il a envie de se faire coller un atout dans la tirelire.

(Tam-Tam du 6 juin 1880.)

Tirelire

Gagne-pain des filles de joie.

Tirelire

La tête. Allusion à la bouche qui représente exactement l’ouverture par laquelle on introduit les pièces de monnaies dans une tirelire. Tirelire veut aussi dire le contraire de la tête, mais celle-là ne contient que de la monnaie pour la compagnie Richer (Argot du peuple). N.

Tirelire

Toutes les filles publiques mettent l’argent que les michés leur donnent pour leurs gants, dans leurs bas. Leurs bas sont des tirelires (Argot des souteneurs). N.

Tirelire

Visage.

Tirelire

Tête.

Tirelire (briser sa)

Perdre son pucelage, — ce trésor que les mères veulent forcer les filles à garder pendant seize ou dix-huit ans.

Maman, apprenez qu’un voleur
M’a pris la pièce qu’on admire ;
Mais ce qui me met en fureur,
C’est qu’en brisant ma tirelire,
Tout haut chantait le sacripant,
Zi zi pan pan

L. Festhau.

Tiremirettes

Bazar.

Tirer

Baiser une femme.

Et dans les bois, je savait la tirer.

E. Debraux.

Aimes tu mieux en gamine
Tirer le coup du macaron ?

Saunière.

Montrez à ma mère
Tout votre savoir,
Elle va vous faire
Tirer dans le noir.

(Les Archers de l’amour.)

À ce prix-là, dans toute la boutique
De faire un choix j’eus la permission,
Et je montai pour tirer une chique…

(Chanson anonyme moderne.)

— Je vais tirer mon coup, ma crampe, ou bien ma chiqué,
Dit un futur Gerbier.

L. Protat.

Réclamant aux vieillards libidineux ses gants,
Et tirant tous les jours des coups extravagants.

A. Glatigny.

J’ vois que vous y prenez goût.
Mais je n’ tir’ jamais qu’un coup.

F. De Calonne.

Tirer

v. a. Peindre, spécialement le portrait, — dans l’argot du peuple.

Tirer

v. intr. Mettre sous presse, imprimer. Ce mot, en ce sens, vient sans doute de l’opération nécessitée par l’impression au moyen des presses manuelles, opération dans laquelle l’imprimeur tire, en effet, le barreau.

Tirer

Voler à la tire.

Tirer

Avoir peu de temps à rester au régiment. Mot à mot : tirer à la fin du service militaire.

Tirer

Tirer à la conscription, — dans le jargon du peuple.

Tirer

Tirer une carte ou demander une carte au jeu de baccarat.

Tirer

Subir une condamnation. — Combien que tu tires ? par abréviation pour : combien tires-tu de longes ?

Tirer

Faire, (se) partir.

Tirer (ça s’ tire !)

Se dit de tout ce qui touche à sa fin. Une garde, une punition, le congé militaire se tirent.

Tirer (se la)

v. réfl. Fuir.

Tirer à boulets rouges sur quelqu’un

v. n. Le poursuivre inexorablement, lui envoyer des monceaux de papier timbré, — dans l’argot des bourgeois, qui deviennent corsaires avec les flibustiers. On dit aussi Poursuivre à boulets rouges.

Tirer à la ligne

v. n. Écrire des phrases inutiles, abuser du dialogue pour allonger un article ou un roman payé à tant la ligne, — dans l’argot des gens de lettres, qui n’y tireront jamais avec autant d’art, d’esprit et d’aplomb qu’Alexandre Dumas, le roi du genre.

Tirer à la ligne

Délayer un article de journal, l’allonger, non plus avec des alinéas et des blancs comme pour le choufliquage, mais avec des épithètes, des synonymes, des périphrases.

Tirer au c…

Se soustraire à un service.

Tirer au cul

User de prétextes pour ne pas travailler.

Tirer au flanc

Manquer à sa parole, ne pas tenir ce qu’on a promis, — dans le jargon du régiment.

Tirer au grenadier

Laisser sa part de travail retomber sur d’autres.

Tirer au mur

Se passer de, se priver, — dans le jargon des soldats. (L. Larchey)

Tirer au mur

Se passer, se priver.

Tirer au renard

Pour un cheval, c’est lever le nez en l’air, quand on le tient par la bride ou qu’il est attaché au râtelier, — dans le jargon des soldats de cavalerie. — Tirer au vent, c’est quand le cheval portant son cavalier lève la tête. Il n’y a pas moyen d’arrêter un cheval emballé qui tire au vent.

Tirer aux grenadiers

Carroter le service, militairement parlant. Comme les compagnies d’élite sont exemptes de corvées, tirer aux grenadiers, c’est s’attribuer indûment leurs privilèges. — Tirer une dent : Escroquer (Vidocq). — V. Carotte.

Tirer aux grenadiers

v. n. Emprunter de l’argent à quelqu’un en inventant une histoire quelconque, — dans l’argot du peuple.

Tirer aux grenadiers

Forger une histoire pour emprunter de l’argent.

Tirer d’épaisseur (se)

v. réfl. Se tirer d’un mauvais pas, — dans l’argot des ouvriers. Signifie aussi diminuer, — en parlant d’une besogne commencée.

Tirer d’épaisseur (se)

Sortir d’un mauvais pas.

Tirer de longueur (se)

Se dit — dans l’argot des faubouriens — d’une chose qui tarde à venir, d’une affaire qui a de la peine à aboutir, d’une histoire qui n’en finit pas.

Tirer des balladoires (se)

Se sauver ; c’est-à-dire : se tirer des jambes. Les balladoires, ce sont les jambes, qui servent à la ballade.

Tirer des longes

Faire plusieurs années de prison.

Tirer des pieds (se)

v. réfl. S’en aller, s’enfuir.

Tirer l’échelle

Ne pas aller plus loin.

Tirer la bourre

Se battre.

Tirer la droite

v. a. Traîner la jambe droite par habitude de la manicle qu’elle a portée au bagne, — dans l’argot des agents de police, qui se servent de ce diagnostic pour reconnaître un ancien forçat.

Tirer la ficelle

Sacrifier à Onan.

Tirer la langue

v. a. Être extrêmement pauvre, — dans l’argot du peuple. On dit aussi Tirer la langue d’un pied.

Tirer la langue

Courir à en perdre haleine. Faire tirer la langue à un débiteur en lui promettant de l’argent. Tirer la langue : avoir faim, attendre après quelque chose qui ne vient jamais (Argot du peuple). N.

Tirer la langue

Avoir envie ou besoin d’une chose qu’on ne vous donne pas.

Je suis sans argent, mes parents ne m’en envoient pas, ils me font tirer la langue.

Tirer la langue d’une aune

Être très altéré. — Être misérable.

Tirer le canon

v. a. Conjuguer le verbe pedere, — dans le même argot [du peuple]. On dit aussi Tirer le canon d’alarme.

Tirer le chausson

v. a. S’enfuir, — dans l’argot des faubouriens. Signifie aussi se battre.

Tirer le chausson

Décamper.

Tirer le diable par la queue

v. a. Mener une vie besogneuse d’où les billets de banque sont absents, remplacés qu’ils sont par des billets impayés. Argot des bohèmes. On dit aussi Tirer la Ficelle ou la corde.

Tirer le diable par la queue

Il y en a (la moitié de Paris) qui passent leur temps à cette besogne, sans être jamais avancés un jour plus que l’autre. La misère ne les lâche pas. Ce pauvre diable, depuis le temps que l’on la lui tire, n’en devrait plus avoir (Argot du peuple).

Tirer les pattes (se)

v. réfl. S’ennuyer, — dans l’argot des typographes, à qui il répugne probablement de s’étirer les bras.

Tirer les pattes (se)

Bâiller en allongeant les bras au-dessus de la tête.

Tirer sa coupe

S’en aller, s’enfuir, — dans l’argot des faubouriens.

Tirer sa longe

v. a. Marcher avec difficulté par fatigue ou par vieillesse, — dans l’argot des faubouriens.

Tirer sa longe

Traîner la jambe. — Expression primitivement appliquée à la démarche des forçats libérés.

Tirer sa longe

Traîner la jambe.

Tirer ses guêtres

v. a. S’en aller de quelque part, s’enfuir, — dans l’argot du peuple. On disait autrefois Tirer ses grègues.

Tirer ses guêtres, sa coupe, son chausson ; se tirer des flûtes, des pieds

Se sauver.

Tirer ses guêtres, Se la tirer

Se sauver, partir. Variantes : Tirer sa coupe, se tirer des pattes.

Tirer son plan

Faire son temps de prison ou de bagne, — dans l’argot des voleurs.

Tirer son plan

Subir un emprisonnement.

Tirer son plan

Faire son temps de peine.

Tirer un bouchon

Voleur qui fait dix ans du prison (Argot des voleurs).

Tirer une coupe sur le grand fleuche

Aller à la Nouvelle-Calédonie, — dans le jargon des voleurs.

Tirer une coupe sur le grand fleuche

Aller à la Nouvelle Calédonie.

Tirer une d’épaisseur (en)

Mot à mot : tirer une énorme carotte. — En tirer une de longueur, même signification.

Tirer une dent

v. a. Escroquer de l’argent à quelqu’un en lui contant une histoire.

Tirer une dent

Soutirer de l’argent sous un faux prétexte.

Tirer une dent

Escroquer de l’argent.

Tirer une râpée

Sacrifier à Vénus, — dans le jargon du régiment.

Tiretaine, Tireur de campagne

Voleur à la tire qui fait un peu de villégiature. C’est dans les foires de village que le tiretaine fait de bonnes récoltes.

Tireur

Filou.

Tireur

Voleur de bourse.

Tireur

Voleur à la tire, dont la spécialité est de tirer, dans la foule, ce que contiennent les poches des voisins.

Tireur

s. m. Pick-pocket.

Tireur

Voleur à la tire.

Tireur

Voleur à la tire, pick-pocket.

Tireuse de vinaigre

s. f. Femme de mauvaises mœurs ; drôlesse, — dans l’argot du peuple.

Tireuse de vinaigre

Prostituée.

Tirjus

Mouchoir.

Tirliberly

Mot forgé pour désigner le membre viril.

Et retroussé jusqu’au tirliberly.
En laissa voir un tout des plus superbes.

Brécourt.

Tiroir

Suppression d’une ou de plusieurs cartes dans le but d’aider la chance.

Le tiroir se pratique à tous les jeux, notamment au piquet, par l’enlèvement des trois as.

(A. Cavaillé, Les Filouteries du jeu.)

Tiroir (un)

Faire un trou dans le volet d’une boutique.

Tiroir de l’œil

s. m. Celui qui contient le produit de la gratte, — dans l’argot des tailleurs.

Tiroir de l’œil

Économies provenant de la gratte, — dans le jargon des ouvriers et ouvrières à façon.

Tirou

Chemin.

Tirou

Chemin.

Tirou

Route pavée.

Tirou

Petit chemin, chemin de traverse, — dans le jargon des voleurs.

Tisanier

s. m. Infirmier d’hôpital, chargé de distribuer la tisane aux malades.

Titi

Gamin de Paris.

Mousqueton est le titi par excellence, c’est le vrai gamin de Paris avec sa gaîté, sa souplesse, ses bons mots.

M. Alhoy.

Titi

s. m. Gamin, voyou, — dans l’argot des gens de lettres.

Titi

Nom intime du gamin de Paris.

Titi

Typographe.

Titi

Volaille, — dans le jargon des chiffonniers.

Titi

Gamin, voyou. Volaille.

Tiv

Anagramme de vit.

Polidor, amoureux d’une beauté sauvage,
Prit en sa main son tiv rouge comme un tison,
Et dit : Faut-il, hélas ! que je meure en servage,
Ayant dedans ma main la clef de ma prison !

Gombauld.

Toc

Méchant.

Toc

Cuivre, bijou faux. — Onomatopée. — Allusion à la différence de sonorité qui existe entre une pièce de cuivre et une pièce d’or.

Bagues, boutons de manchette et croix de ma mère en toc, 6 fr. 50.

Les Cocottes, 1864.

Toc

s. m. Cuivre, — dans l’argot des faubouriens. Signifie aussi Bijoux faux.

Toc

adj. et s. Laid ; mauvais — en parlant des gens et des choses. Argot des petites dames et des bohèmes. C’est toc. Ce n’est pas spirituel. Femme toc. Qui n’est pas belle.

Toc

Cuivre. Bijoux faux. Laid, mauvais. Signifie aussi amusant et absurde.

Toc

Bijoux de mauvais aloi. Personnage contrefait ; se dit de tout ce qui n’est ni bien ni correct (Argot du peuple).

Toc

Vilain, faux. Quelque chose de vilain est toc. Un objet en faux est en toc.

Toc

Laid, de peu de valeur.

Toc (du)

Du cuivre, bijou en imitation.

Toc-toc

adj. Un peu toqué, hannetonné.

Toc-toc

Un peu toqué.

Toc-toc

Fou.

Toc, tocard, tocasse, tocasson

Laid, mauvais. — C’est toujours du cuivre en supposant que l’or représente la beauté et la bonté.

L’article de Cascaret est toc.

J. Rousseau.

Croiriez-vous qu’en parlant d’une femme laide, on dit : Elle est toc, elle est tocarde… C’est un vieux tocard, c’est un vieux tocasson.

N. Vanecke, Ch. 1855.

Il goûta le pain dont les prisonnières se plaignaient : Chouette ! dit il, j’en ai mangé de plus toc que ça.

Chenu, 1850.

Toc, Togue, Toque

Amusant, amusante. — Rusé, rusée.

Toc, Toque, Tocasson

Laid, désagréable, qui a peu de valeur. — Elle est rien toc cette gonzesse ! cette femme est très laide.

Tocandine

s. f. Femme entretenue ; drôlesse à la mode, — toquée. Le mot date de 1856-57.

Tocanges

Coquilles de noix.

Tocante

Pendule portative.

Tocante

Montre.

Tocard

s. m. Vieux galantin.

Tocard

Méchant, mauvais.

N’approchez pas de ce cheval, il est tout ce qu’il y a de tocard.

Tocard

Laid.

Tocarde

s. f. Vieille coquette.

Tocasse

Méchant, — Tocasserie : Méchanceté (Vidocq).

Tocasse

adj. Méchant, — dans l’argot des voleurs.

Tocasse

Méchant, méchante.

Tocasse

Méchant. On dit également tocasserie pour méchanceté. Tocasserie est assurément une corruption de tracasserie (Argot des voleurs).

Tocasse, tocasserie

Méchanceté. Femme laide, ridicule.

Tocasserie

s. f. Méchanceté.

Tocasserie

Méchanceté.

Tocasson

s. f. Femme laide, ridicule et prétentieuse, — dans l’argot de Breda-Street. On dit aussi Tocassonne.

Tocasson

Femme laide et vieille, ridiculement accoutrée. — Quel tocasson !

Tocasson

Fille qui depuis des années est dans la circulation, qui veut conserver des airs de jeunesse et se refuse à dételer son vieux fiacre.
— Crois-tu que c’est pas dégoûtant, la mère Tocasson qui trime encore à 72 berges (Argot des filles).

Tocasson

Vieux, mauvais. Un mauvais cheval est un tocasson.

Toccange

Coquilles de noix.

Toccange

Coquilles de noix.

Toccanges

Coquilles de noix.

Toccante

Montre.

Toccante

Montre. Toccante d’orient, montre d’or.

Toccante

Montre.

Toccante

Montre.

Toile (déchirer la)

Faire un feu de peloton. — Comparaison du bruit de la fusillade à celui d’une toile qu’on déchire. Elle est assez juste.

Tout à l’heure les feux de deux rangs déchireront la toile, et nous verrons si vos clarinettes ont de la voix.

Ricard.

Toile (faire de la)

Ne pas manger faute d’argent, — dans le jargon des tailleurs.

Toile d’emballage

s. f. Linceul, — dans l’argot des faubouriens, qui font allusion à la serpillière de l’hôpital.

Toile d’emballage

Linceul. Cette expression est toujours en usage, malgré que dans les hôpitaux on n’ensevelisse plus les morts dans des serpillières (Argot du peuple).

Toiles se touchent (les)

Se dit — dans l’argot du peuple — lorsqu’on n’a pas d’argent en poche.

Toilette

s. f. Morceau de serge verte dans lequel les cordonniers enveloppent les souliers qu’ils portent à leurs pratiques : morceau de percaline noire dans lequel les tailleurs enveloppent les vêtements qu’ils portent à leurs clients.

Toilette

s. f. Coupe des cheveux et de la barbe des condamnés à mort, — dans l’argot des prisons. On dit aussi Fatale toilette.

Toilette (faire la)

Couper les cheveux à un condamné à mort pour faciliter la décollation.

Toilette (faire sa)

Vaquer aux soins de propreté tout intimes, — dans le jargon des bourgeoises qui ne craignent pas l’eau.

Toilette (la)

Avant le règne de M. Deibler, la toilette des condamnés à mort durait une grande demi-heure, une éternité ; aujourd’hui, le mot est resté, mais pour la forme seulement, car on ne la leur fait plus. Chaque semaine, les condamnés sont rasés et ont les cheveux coupés : on leur épargne ainsi une torture inutile. Heindrich, l’avant-dernier bourreau, recommandait toujours à ses aides de se dépêcher pour ne pas laisser le condamné vieillir (Argot des voleurs).

Toiser

v. a. Juger des qualités ou des vices de quelqu’un, — dans l’argot du peuple, pour qui un homme toisé est un homme jugé et souvent condamné.

Toison

Les poils qui garnissent l’entrée du con.

Pour garder certaine toison,
On a beau faire sentinelle.
C’est temps perdu lorsqu’une belle
Y sent grande démangeaison.

La Fontaine.

Au soleil tirant sans vergogne
Le drap de la blonde qui dort,
comme Philippe de Bourgogne
Vous trouveriez la toison d’or.

Th. Gautier.

Va sur Acomat au poil raide,
Sur Fatime, à la toison d’or.

H. De Maurice.

Toison

s. f. Chevelure opulente, absalonienne, — dans l’argot du peuple, qui parle comme écrivait Rabelais : « Comme tomba la rousée sus la toison de Gédéon, » dit Panurge effrayé des paroles dégelées qui planent au dessus de sa tête (Liv. IV, ch. LV.). Signifie aussi Pudenda mulieris.

Toit, toiture

Chapeau.

Toiture

s. f. Chapeau, coiffure quelconque, — dans l’argot des faubouriens.

Toiture

Chapeau d’homme.

Tole

Derrière, logement.

Tôle

Derrière.

Tôle

Derrière.

Tôle

Derrière.

Tôle

Exécuteur, maison.

Tôle

Maison à grand numéro.

Tôle

Domicile, maison.

Je rentre me coucher à la tôle.

Tôle

Demeure, domicile.

Tôle, taule

Maison.

Tolède

Excellent, de qualité supérieure. Mot dont on a usé et abusé lors des beaux jours de l’école romantique ; aussi démodé que l’école elle-même. Tout était de Tolède, par allusion aux fameuses lames si exploitées dans les drames du temps. — Parapluie de Tolède, femme de Tolède, montre de Tolède. Le plus souvent on joignait l’adjectif bon, bonne, pour mieux observer la couleur locale.

Tolède (de)

Excellent, de premier choix, — dans l’argot des gens de lettres, qui disent cela à propos de tout, en souvenir ironique des fameuses lames de Tolède des Romantiques.

Tôlier

Tenancier d’une maison de tolérance.

Tollard

Le bourreau.

Tollard

s. m. Bureau, — dans l’argot des voleurs.

Tollard

Bureau. A. D. C’est une grave erreur. Tollard, dans les prisons centrales, veut dire : bourreau. Bureau, c’est burlingue (Argot des voleurs). N.

Tollard, toile

Le bourreau.

Tollard, tolle

Le bourreau (vieux mot).

Tolle

Bourreau (le), la tolle, le couteau de la guillotine.

Tombage

Emprunt fait au jeu et qu’on ne rendra jamais.

Tombage

Critique, éreintement. Mot très familier. V. Tomber dans le corps du Dictionnaire.

On s’attendait à un rapport de M. M… et à un tombage du préfet et l’on s’est perdu dans des broutilles.

(Gil Blas, juillet 1886.)

Tombe dur (ça)

Il pleut à verse.

Tombeau

s. m. Le lit, — dans l’argot des ouvriers, qui s’y enterrent chaque soir avec plaisir, et s’en relèvent chaque matin avec ennui.

Tomber

Terrasser, faire tomber. — Tombeur : Lutteur invincible. — Se prend ironiquement au figuré.

Eugène P., le tombeur de Renan, y vient de temps en temps mépriser l’humanité.

Les Cocottes, 1864.

Tomber

v. a. Faire tomber ; terrasser ; — dans l’argot des amis du pugilat.

Tomber

v. a. Écraser sous le poids de son éloquence ou de ses injures, — dans l’argot des gens de lettres.

Tomber

Séduire ; obtenir les faveurs d’une femme.

Pour lui faire la cour, pour arriver à la tomber, il faut, etc… On tombe sans grand’peine une brune.

(Mémoires de Rigolboche.)

Tomber

Vaincre moralement, terrasser moralement son contradicteur ; terme que les journalistes ont emprunté à l’argot des lutteurs.

Tomber

Retourner en prison. — Tombé malade, repris.

Tomber

Apparaître sur le tapis vert, — dans l’argot des joueurs. — Quand un joueur dit : un louis qui tombe, il annonce qu’il fait un louis au jeu et qu’il va le mettre sur le tableau.

Vingt-cinq louis qui tombent ! cria Servet en quittant le gérant, et en se précipitant à table.

(Vast-Ricouard, Le Tripot.)

Tomber

Séduire une femme. Vaincre, terrasser. Retourner en prison. Tomber en litharge, être au secret. Tomber en figure, faire une rencontre désagréable. Entrer en scène. Tomber à pic. Bien tomber.

Tomber à pic

v. n. Arriver à propos, — dans l’argot du peuple, qui emploie cette expression aussi bien à propos des gens que des choses.

Tomber à pic

On va se mettre à table, vous tombez à pic. Mot à mot : Vous arrivez bien.
— J’étais dans la purée, ma tante vient de claquer à pic (Argot du peuple).

Tomber au plan

Être mis en prison.

Tu voudrais que je grinchisse sans tracquer de tomber au plan.

Vidocq.

V. Manger.

Tomber dans la dèche

V. Delvau au mot Dèche.

Certains naïfs libidineux se laissent duper par les macettes qui ont la spécialité de fournir aux bons jeunes gens tout ce qu’il y a de mieux en fait de femmes du monde tombées dans la dèche.

(Figaro, mars 1887.)

Tomber dans le bœuf

v. n. Devenir pauvre, misérable, — dans l’argot des ouvriers.

Tomber dans le bœuf

Être réduit à la misère.

Tomber de la poêle dans la braise

v. n. N’éviter un petit ennui que pour tomber dans un plus grand ; n’avoir pas de chance. Argot du peuple. C’est l’Incidit in Scyllam, cupiens vitare Charybdim des lettrés.

Tomber dessus

Maltraiter en paroles ou en actions.

Que demain je lâche ma place ! on me tomberait fièrement dessus.

De Goncourt.

Tomber dessus

v. n. Maltraiter en paroles ou en action.

Tomber en figure

Entrer en scène.

Tomber en figure

Se trouver face à face avec un individu qu’on cherche à éviter, ennemi ou créancier.

Tomber en figure

Faire une fâcheuse rencontre, se rencontrer nez à nez avec un importun, avec un créancier, avec une ancienne maîtresse.

Tomber en litharge

Être au secret, par corruption pour : tomber en léthargie.

Tomber malade

v. n. Être arrêté. Argot des voleurs.

Tomber malade

Être arrêté, alors qu’on se croyait en sûreté. Si l’arrestation a lieu à la rencontre, c’est-à-dire si on rencontre fortuitement l’agent qui vous recherchait, on dit : tomber le nez dessus (Argot du peuple). N.

Tomber pile

v. n. Choir sur le dos. Argot du peuple.

Tomber pile

Tomber sur le cul. Les ouvriers typographes disent :
— Il est tombé sur le côté de deux (Argot du peuple).

Tomber sous la coupe de quelqu’un

v. n. Être à sa merci ; vivre sous sa dépendance.

Tomber sur le dos

Se faire baiser.

Tiens ! v’là Victoire qui roule sa bosse.
— Pauvre fille ! si gentille, si sage… car enfin elle ne sort jamais.
— Parbleu ! elle sera tombée dans l’escalier ; c’est là qu’elle aura attrapé ça.

(Souvenirs de carnaval.)

Mais aussi qui ne tombe pas
Au premier mot qu’on lui dise.

Bussy-Rabutin.

Ce sont filets et pièges pour donner le saut et faire tomber à la renverse les femmes et les filles.

Noel Du Fail.

Tomber sur le dos et se casser le nez

Se dit d’un homme à qui rien ne réussit.

Tomber sur le dos et se faire une bosse au ventre

Se dit d’une jeune fille qui, comme Ève, a mordu dans la fatale pomme, et, comme elle, en a eu une indigestion de neuf mois.

Tomber sur le dos et se faire une bosse au ventre

Faire une chute amoureuse qui entraîne une grossesse.

Tomber sur le dos et se faire une bosse au ventre

Cela paraît être un fait extraordinaire ; pourtant rien n’est plus commun. C’est la secousse qui est cause de ce phénomène qui dure neuf mois (Argot du peuple).

Tomber sur un coup de poing

Recevoir un coup de poing sur le visage et mettre les avaries qui en résultent sur le compte d’une chute.

Tomber une bouteille

La vider, la boire.

Tombeur

Acteur trop mauvais pour être accepté nulle part. — Ch. Friès.

Tombeur

s. m. Lutteur ; homme qui tombe ses rivaux.

Tombeur

s. m. Acteur plus que médiocre, et, à cause de cela, habitué à compromettre le succès des pièces dans lesquelles il joue. Argot des coulisses.

Tombeur

s. m. Éreinteur, journaliste hargneux.

Tombeur

Séducteur.

Le grand. Lolo, dit le tombeur des belles, fouilla, du haut de son siège, les deux voyageuses d’un petit coup de fouet d’amitié.

(E. de Goncourt.)

Tombeur

Celui qui vit d’emprunts au jeu.

Tombeur

Critique impitoyable. Polémiste qui l’emporte sur son contradicteur.

Cette fois le tombeur de M. Bûcheron a pleinement raison.

(E. de Girardin, la France du 23 août 1877.)

Tombeur

Mauvais acteur avec lequel la meilleure pièce court le risque de ne pas réussir.

Tombeur

Lutteur qui tombe ses rivaux. Séducteur. Critique sévère. Mauvais acteur.

Tombeur

Homme fort. Lutteur qui tombe tous ses adversaires. Tomber une femme : la séduire, la faire céder. Dans les cercles, le croupier dit : cinq louis qui tombent (Argot du peuple).

Tompin

Tompin qui, en 1882, n’était qu’un adjectif a passé depuis au rang de substantif argotique et est devenu synonyme d’homme élégant, à la mode. Au féminin on dit, ou plutôt on a dit (car le mot n’est plus usité) tompinette.

Le vrai bel air est aujourd’hui de s’étudier à paraître simple et de laisser aux tompins et aux tompinettes les exhibitions de quatre ou cinq toilettes par jour.

(Figaro, août 1885.)

Tondeur d’œuf

Avare.

Tondeur d’œufs

s. m. Homme méticuleux, tracassier, insupportable par ses minuties, par sa recherche continuelle de la petite bête. Argot du peuple.

Tondeur d’œufs

Avare, tracassier.

Tondre

v. a. Tailleries cheveux, les raser, — dans l’argot du peuple, qui prend les hommes pour des chiens et les industriels à sellette du Pont-Neuf pour des Figaros. C’est ainsi que les vieux grognards, par une sorte d’irrévérence amicale, appelaient Napoléon le Petit Tondu…
La Fontaine a employé cette expression dans un de ses Contes :

Incontinent de la main du monarque
Il se sent tondre…

Au fait, pourquoi rougirait-on de dire Tondre, puisque l’on ne rougit pas de dire Tonsure ?

Tondre

Prendre une carte à son adversaire, couper, — dans le jargon des joueurs.

Tondu (le petit)

L’empereur Napoléon.

L’Empereur lui-même, le petit Tondu, comme disait mon père.

L. Reybaud.

Tonissime

pron. pers. Inventé par Nadar, qui ne peut se décider à vostrissimer les gens qu’il connaît.

Tonneau

Degré. V. Bouchon.

Tu lui aurais rendu sa politesse. — Plus souvent ! à un daim de ce tonneau !

Monselet.

Tonneau

s. m. Degré ; qualité d’une chose ou d’une personne, ironiquement. Être d’un bon tonneau. Être ridicule.

Tonneau

Acabit. — Être d’un bon tonneau, être grotesque, ridicule. — Être d’un fort tonneau, être fort bête.

Tonneau diviseur

Fiacre, — dans le jargon des voyous. — Médéme, faut-y faire avancer votre tonneau diviseur ?

Tonner

v. n. Crépitare, — dans l’argot facétieux des petits bourgeois.

Tonnerre de poche

Crepitus ventris. (Scarron.)

Tonton

s. m. Oncle, — dans l’argot des enfants.

Toper

« Chaque fois qu’un dévorant rencontre un autre ouvrier, il doit lui demander de quelle société il est. — Ça s’appelle toper. » — Biéville.

Toper

v. n. Consentir à quelque chose, — dans l’argot du peuple.

Toper

v. n. Questionner un compagnon qu’on rencontre, — dans l’argot des ouvriers qui font leur tour de France.

Toper

S’accoster en se donnant la main ; — terme de compagnon du devoir.

Toper

Mettre la main sur quelqu’un ou sur quelque chose, dans le jargon du régiment. — La patrouille a topé un pochard. Un pochard a topé mon mouchoir. C’est un mot emprunté à l’argot des compagnons du devoir et auquel on a donné un sens plus général.

Toper

Se frapper la main entre compagnons en signe de reconnaissance ou comme conclusion d’une affaire, d’un marché.

Topinambour

Nez rouge.

Topiser

Reconnaître, regarder avec attention, — dans le jargon des grecs.

Topo

Officier d’état-major, plan topographique.

Topo

s. m. Plan topographique, — dans l’argot des officiers d’état-major. Se dit aussi pour Officier d’état-major.

Topo

Remontrance de professeur à élève, — dans le jargon des collégiens ; du grec topos, lieu commun, discours banal.

Topo

Topographie, par apocope.

Topo

État-major. — Officier d’état-major.

Topo

Apocope de plan topographique.

Topo

Circulaire ; proposition, motion. Argot des élèves de l’École polytechnique.

Toquade

Manie.

Prémary a une toquade. On le débine, on le nie, on veut le tuer.

A. Scholl.

Toquade

Inclination assez forte pour en faire négliger d’autres. V. Toqué.

Hortense est sur le chemin de la fortune… Une simple toquade, et elle est perdue.

Les Pieds qui r’muent, 1864.

V. Toqué.

Toquade

s. f. Manie, dada.

Toquade

s. f. Inclination, caprice, — dans l’argot de Breda-Street.

Toquade

s. f. Manie, dada, fantaisie, inclination. Ce mot, généralement usité dans le langage du peuple de Paris, a été introduit dans l’atelier typographique et ne paraît pas y être né.

Toquade

Manie, caprice amoureux, amour passager. — Avoir des toquades, s’éprendre facilement de quelqu’un, avoir fortement envie de quelque chose. — Elle a des toquades pour le premier venu.

Toquade

Manie. Caprice amoureux.

Toquadeuse

s. f. Drôlesse qui s’amuse à la moutarde du sentiment au lieu de songer aux protecteurs sérieux.

Toquante

Montre. Allusion au tic-toc de la montre.

Un monsieur qui me trouva gentille m’offrit un jour une toquante d’or… La montre me tentait.

Rétif, 1778 Contemporains.

V. Billemont.

Toquante

s. f. Montre, — dans l’argot des faubouriens, à qui Vadé a emprunté cette expression :

Il avait la semaine
Deux fois du linge blanc,
Et, comme un capitaine,
La toquante d’argent.

Les voleurs disaient autrefois Toque, une onomatopée — tic-toc.

Toquante

Montre.

Toquante

Montre de peu de valeur. Double sens : elle fait tic-toc et elle est en toc (Argot des voleurs).

Toquante

Montre.

Toquante, Tocante

Montre. Allusion au toc-toc du mouvement.

Toquard

Argot de courses. Cheval sur lequel on a placé son argent, d’inspiration, sans savoir pourquoi.

Il y a trois manières de jouer très en usage. L’inspiration, c’est-à-dire prendre un toquard, parce qu’il porte le nom de la personne aimée, celui de votre chien ou le numéro d’un cabinet particulier…

(Vie parisienne, juin 1884.)

Toquard

A. Delvau et M. Loredan Larchey écrivent tocard. Ces écrivains, pas plus que moi, n’ont inventé l’expression ; pour trouver la véritable orthographe, il était donc inutile de remonter à la source. Je trouve dans une vieille chanson ceci :

Maintenant tu t’toquardes de la frime,
Tes deux oranges tombent dans tes bas.
T’es des mois sans changer de lime,
Va même des mois qu’tu n’en a pas.

C’est donc toquard qui est le vrai mot (Argot du peuple).

Toque

Mauvais.

Toqué

À moitié fou. On dit de même. : Il a reçu un coup de marteau. C’est-à-dire : Son cerveau est bien près de se fêler.

Les collectionneurs sont toqués, disent leurs voisins.

Balzac.

V. Folichonnette.

Toqué

Épris.

Ma chère, les hommes c’est farce ! toujours la même chanson : Une femme à soi seul ! Toqués !

Gavarni.

Toqué

adj. et s. Fou plus ou moins supportable ; maniaque plus ou moins aimable ; original. Argot du peuple. Le patois normand a Toquard pour Têtu.

Toqué

Maniaque, excentrique.

Et cependant Carnavalho n’était pas fou ; il n’était que toqué, mais de quoi ?

(R. de Beauvoir.)

Celui qui est toqué a, comme on dit, la tête près du bonnet, jadis toque, toquet ; c’est-à-dire qu’il est extravagant, un peu fou.

Toquemann

s. m. Excentrique, extravagant, toqué, — dans l’argot des petites dames.

Toquer

v. n. Remplacer momentanément. Ce mot est aujourd’hui à peu près inusité ; on dit maintenant : Faire un bœuf. V. Bœuf.

Toquer

Sonner.

Toquer (se)

v. réfl. S’enthousiasmer pour quelqu’un ou pour quelque chose ; s’éprendre subitement d’amour pour un homme ou pour une femme.

Toquer (se)

Se passionner pour.

On a trouvé un mot très juste pour leurs amours, elles se toquent, elles ont des toquades.

(Jean Rousseay, Paris dansant.)

Je suis toqué de vous.

(Balzac.)

Torche-cul

s. m. Journal, — dans l’argot du peuple, qui ne prise la politique et la littérature que comme aniterges.

Torche-cul

Imprimé sans valeur, journal méprisable, — dans l’argot du peuple. — Comptabilité, écritures d’un chef de train, — dans le jargon des employés du service actif des chemins de fer.

Torchée

Coups. Rixe.

Torchée

Bataille.

Torcher

Tourner avec grâce et facilité un petit travail littéraire ; faire dans les mêmes conditions une œuvre d’art sans importance.

Monselet qui a si galamment torché le si joli sonnet à l’asperge.

(L. Veuillot.)

Torcher

Donner des coups, battre ; d’où l’expression se donner un coup de torchon.

Torcher

Faire vite et mal. — Manger. Torcher les plats. Avoir appétit.

Torcher (se)

v. réfl. Se battre.

Torcher (se)

Se servir d’une aniterge.

Torcher (se)

Se battre.

Torcher de la toile

v. a. Se hâter de faire une chose, aller rapidement vers un but, — dans l’argot des ouvriers qui ont servi dans l’infanterie de marine.

Torcher le cul de (se)

Mépriser profondément quelqu’un ; ne faire nul cas d’une chose.

Torcher le cul de merde (se)

Ce n’est pas le comble de la propreté, mais cette expression caractéristique dit bien le peu de cas que l’on fait de quelqu’un et combien on le méprise (Argot du peuple).

Torcher le cul de… (se)

Faire peu de cas, mépriser profondément, — dans l’argot du peuple, qui, par une hyperbole un peu forte, dit cela à propos des gens comme à propos des choses.

Torcher le nez (s’en)

Se passer d’une chose.

Torcher le nez (se)

Se passer. On dit de même qu’une chose passe devant le nez.

Tout cela vient de Pitt envoyé par les alliés, mais ils s’en sont torchez le nez.

Mauricault, Ch.,179..

Torchon

Sale fille publique. Le torchon est une fille publique placée dans l’échelle de la prostitution bien au-dessous dulinge. — Cuisinière malpropre, souillon de cuisine.

Torchon

Argot de cabotins. La toile, le rideau.

Torchon

Prostituée commune. L’élégante s’appelle linge.

Torchon (coup de)

Fusillade ; coups de fusil, coups de sabre. Se donner un coup de torchon, se battre en duel à l’arme blanche, se battre contre l’ennemi, dans le jargon des troupiers.

Torchon (se donner un coup de), se torcher

Se battre. — Même allusion que dans frotter. — Se dit aussi pour faire toilette.

Allons jusqu’aux chouans, leur donner un coup de torchon.

Henry, Ch. 1836.

Le torchon brûle à la maison se dit pour annoncer une querelle domestique.

Je ne suis plus son jujule, son chou, son rat, son trognon, l’torchon brûle, l’torchon brûle à la maison.

Dalès.

Torchon brûle (le)

Se dit de deux amants qui se boudent, ou de deux amis qui sont sur le point de se fâcher.

Torchon brûle (le)

Ça va mal dans le ménage.

Torchon brûle (le)

Querelle dans le ménage.

Torchon, Torchon littéraire

Journal méprisable, journal dont on ne partage pas l’opinion, — dans l’argot de la petite presse.

Tord boyaux

Mauvaise eau-de-vie. Elle corrode l’estomac et tord littéralement les boyaux des malheureux abrutis qui recherchent cet horrible breuvage (Argot du peuple).

Tord-boyaux

Mauvaise eau-de-vie.

Avaler un verre de tord-boyaux, comme l’appelait notre amphitryon.

Vidal, 1833.

Tord-boyaux

s. m. Eau-de-vie, — dans l’argot des faubouriens.

Tord-boyaux

Eau-de-vie commune.

La riboteuse qui consomme
Plus de spiritueux qu’un homme
Et lampe sans peur le rogomme,
Le sacré-chien, le tord-boyaux.

(A. Pommier, Paris.)

Tord-boyaux

Eau-de-vie.

Tordion

Vieux mot signifiant remuement, employé pour exprimer les mouvements lascifs faits dans l’acte vénérien.

Et inventa la bonne dame
Mille tordions advenants,
Pour culeter à tous venants.

Cl. Marot.

Il semble à ce pauvre homme qu’elle avait appris ces tordions d’un autre maître que lui.

B. Desperriers.

Elle ne se put en garder de faire un petit mobile tordion de remuement non accoutumé de faire aux nouvelles mariées.

Brantôme.

Elle a pour le moins trente-cinq ans sur la tête, ce qui me fait croire qu’elle a oublié tous ces petits tordions et gaillards remuements, qui chatouillent la jeunesse.

P. De Larivet.

Tordre le cou à un lapin

Le manger.

Tordre le cou à un lapin, à une gibelotte

Manger du lapin. Tordre le cou à une négresse, boire une bouteille de vin rouge.

Tordre le cou à une bouteille

La boire, — dans l’argot du peuple.

Tordu

Dupe des mieux exploitées, — dans l’argot des grecs. C’est-à-dire pigeon auquel on a tordu le cou.

Torgnole

s. f. Soufflet ou coup de poing, — dans l’argot du peuple.

Torgnole

Soufflet. Coups. Correction.

Torgnolle

Soufflet. Chiquenaude. — Allonger une torgnolle.

Torniquet

Moulin.

Torniquet

Moulin.

Torniquet

Moulin.

Torniquet

Moulin.

Torniquet

Moulin (Vidocq). — Sa roue tourne.

Toroque

Marque infamante.

Torpiaude

s. f. Femme de mauvaise vie, — dans l’argot des paysans de la banlieue.

Torpille

s. f. Femme galante. Circé parisienne qui ravit les hommes et les change en bêtes. Le mot est de H. De Balzac, qui l’a appliqué à une de ses héroïnes, la courtisane Esther. Torpille d’occasion. Fille de trottoir.

Torpille d’occasion

Fille publique. Ainsi nommée parce qu’elle fait sauter la bourse des pantes (Argot des souteneurs).

Torse

Estomac.

Un verre de fil en quatre… Histoire de se velouter le torse.

Th. Gautier.

Il s’était, outre mesure, bourré le torse ; langage d’atelier.

P. Borel, 1833.

Torse

s. m. Estomac, — dans l’argot des faubouriens. Se rebomber le torse. Manger copieusement. Se velouter le torse. Boire un canon de vin ou d’eau-de-vie.

Torse

s. m. Tournure, élégance, — dans l’argot des artistes et des gens de lettres. Poser pour le torse. Marcher en rejetant la poitrine en avant pour montrer aux hommes, quand on est femme, combien on est avantagée, ou pour montrer aux femmes quand on est homme, quel gaillard solide on est.

Torse (se velouter le)

Ingurgiter un petit verre de liqueur.

Torseur

s. m. Homme qui fait des effets de torse. Expression créée par N. Roqueplan.

Tortillant

Boiteux, qui tortille en marchant (Vidocq).

Tortillante

Vigne, — dans le jargon des voleurs.

Tortillante

Vigne.

Tortillante

Le cep de vigne qui pousse en espalier devant les maisons dans les campagnes. Allusion au bois qui se tortille de mille façons. Claude Tillier a écrit dans un de ses pamphlets :
— Nos pères étaient faits de ce bois noueux et tortillé dont on fait les forts (Argot du peuple).

Tortillard

Fil de fer ou de laiton.

Tortillard

s. m. Fil de fer, — dans l’argot des voleurs.

Tortillard

s. m. Boiteux, — dans l’argot des faubouriens.

Tortillard

Fil de fer, — dans le jargon des voleurs. — Boiteux, contrefait.

Tortillard

Fil de fer. Homme contrefait, bancal.

Tortillard

Fil de fer (Argot des voleurs).

Tortillé

Gauche, maladroit. Espèce de tortillé.

Tortiller

Manger.

Tortiller

Boiter.

Tortiller

Manger.

En trois jours nous aurons tout tortillé.

Vidal, 1833.

Voyez-vous, j’avais tortillé une gibelotte et trois litres.

Ricard.

V. Bec. — Allusion au mouvement des mâchoires.

Tortiller

Faire des façons.

L’ordre est formel. Il n’y a pas à tortiller.

L. Desnoyer.

Tortiller de l’œil : V. œil. — Tortiller : Avouer (Vidocq). V. Bayafe.

Tortiller

v. a. et n. Manger.

Tortiller

v. n. Faire des façons, hésiter, — dans l’argot du peuple, qui n’emploie jamais ce verbe qu’avec la négative. Il n’y a pas à tortiller. Il faut se décider tout de suite. On dit aussi Il n’y a pas à tortiller des fesses ou du cul.

Tortiller

v. n. Avouer, dans l’argot des voleurs.

Tortiller

Déterminer une mort prompte. — Le poison tortille. — Être tortillé, mourir en peu de temps. — Être tortillé par le choléra.

Tortiller

Faire des révélations, — dans le jargon des voleurs.

Tortiller

Manger, manger vite, — dans le jargon du peuple. — Comme tu tortilles !

Tortiller

Manger. Avouer. Mourir. Boiter.

Tortiller

Manger.
— Il te tortille un morceau de lartif en une broquille.
Se tortiller pour ne pas vouloir dire la vérité : chercher des faux-fuyants.
— As-tu vu comme elle tortille des fesses en marchant ?
— Il n’y a pas à tortiller du cul, il faut que tu avoues.
— Il ne faut pas tortiller, faut y passer (Argot du peuple).

Tortiller

Manger.

Tortiller

Manger.

Tortiller de l’œil

v. n. Mourir, — dans l’argot des faubouriens. Ils disent aussi Tourner de l’œil et Être tortille.

Tortiller des fesses

Scander sa démarche, se déhancher en marchant. — Il n’y a pas à tortiller des fesses, il ne faut pas faire tant de façons, il faut prendre un parti ; on ajoute, pour donner plus de force à l’expression : il faut chier dur.

Tortiller du cul ou des fesses

Se trémousser sons l’homme. — Hésiter, faire des manières. — On dit aussi : tortiller de la crinoline, c’est-à-dire : se déhancher, soit en dansant, soit en marchant pour allumer les galants.

Quand on va boire à l’Écu
N’ faut pas tant tortiller du cu.

Vadé.

Quand tout sommeille aux alentours,
Hortense, se tortillant d’aise,
Dit qu’elle veut que je la baise
Toujours, toujours.

A. Privat d’Anglemont.

Au miché je sais battre un ban ;
Je sais tortiller de l’échine.

(Chanson anonyme moderne.)

Tortiller la vis

Étrangler.

Je l’avais prévenu que s’il faisait un mouvement, j’allais lui tortiller la vis.

(Gazette des Tribunaux, 1864.)

Tortiller le carton

Jouer aux cartes.

Parfois deux sociétés font alliance pour tortiller le carton. C’est l’expression consacrée par les joueurs de besigue, de piquet à quatre, ou de rams.

(Réveil, 1882.)

V. Delvau : Carton.

Tortillette

s. f. Bastringueuse, fille qui se déhanche exagérément en dansant. Se dit aussi d’une Petite dame qui tortille de la crinoline en marchant, pour allumer les hommes qui la suivent.

Tortillon

s. m. Petite servante, fillette.

Tortorage

Nourriture.

Tortorage

Nourriture.

Tortorant

Restaurant.

Tortore

Repas. — Passer à la tortore, manger.

Tortorent

Gargote où l’on mange (Argot des souteneurs).

Tortorer

v. a. et n. Manger, — dans l’argot des marbriers de cimetière.

Tortorer

Manger. — Tortorer le pain à cacheter, communier.

Tortorer

Manger (Argot des souteneurs).

Tortorer

Manger.

Tortorer

Même sens — manger.

Tortouse

Corde.

Tortouse

Corde.

Tortouser

Attacher.

Tortu

Vin, — dans l’ancien argot. Allusion au bois tordu de la vigne.

Tortu

Le vin.
— Allons, mastroquet, sers-nous deux cholettes de tortu.
Cholette : chopine, tortu : le vin, en souvenir du bois tortu qui produit le raisin (Argot du peuple).

Tortu (du)

Du vin.

Tortu (le)

s. m. Le vin, — dans l’argot des voleurs, qui, fils de la terre pour la plupart, savent que la vigne est une plante sarmenteuse, contournée, torte, et qui ont voulu donner son nom à son produit.

Tortue

Vin (Vidocq). V. Faire la tortue.

Tortue

Femme, amante.

Touche

Tournure d’individu.

Touche

Physionomie grotesque.

Touche

s. f. Physionomie, façon d’être, allure, — dans l’argot du peuple, qui emploie orinairement ce mot en mauvaise part. Bonne touche. Tête grotesque. Avoir une sacrée touche. Être habillé ridiculement ou pauvrement.

Touche

s. f. Coup de poing ou coup de couteau.

Touche

Tournure ; physionomie. — Avoir une bonne touche, avoir une bonne tournure. Foutue touche, mauvaise tournure.

Touche

Tournure, allure. Coup.

Touché

adj. Réussi, éloquent, — dans l’argot des faubouriens et des gens de lettres. Article toucé. Bien écrit. Parole touchée. Impertinence bien dite.

Touché (c’est)

C’est bien fait, en parlant d’une œuvre d’art. — C’est bien dit, bien répliqué ; c’est très bien.

Touche (sainte)

La paye, le jour de la paye, — dans le jargon des ouvriers. Une sainte en grande vénération, parmi le peuple.

Toucher

Faire l’acte vénérien.

La belle fille qui voulait être touchée au bas du ventre.

(Moyen de parvenir.)

Écoute, mon mignon, contemple
Du bon Joseph les saints exemple
Qui ne toucha a sainte dame.

Jodelle.

Mais si un amoureux la touche,
Elle repartira, du cu,
Encore mieux que de la bouche.

(Cabinet satyrique.)

Où le mari, parce qu’il la touchait quelquefois, pensait avoir part.

Brantôme.

N’ayant touché que vous, je n’en puis rien savoir.

J. de Schelandre.

Mais il ne lui touchait que quand la fantaisie lui en prenait.

Tallemant des Réaux.

Il ne lui touche point, vit dedans l’abstinence.

La Fontaine.

Phébus, au même état où je me suis couchée,
Me trouve le matin sans que l’on m’ait touchée.

(Épigrammes.)

Elle lui dit que s’il la touche, elle criera.

Ch. Sorel

Femme gentille et sage
Est un trésor ; mais il n’y touche point.

Parny.

Toucher

Frapper fort. — Ironie. V. Aplomb.

Toucher (se)

Se livrer à la masturbation., à ce plaisir solitaire que Martial appelle si justement gaudia fœda, £t dont tant de jeunes gens sont morts, — sans compter le compositeur Bellini. Les murs de Paris ont été longtemps couverts de cette légende : Galimard se touche. Serait-ce vrai, Seigneur !

Toucher (se)

Pratiquer l’onanisme. Se dit principalement en parlant des enfants qui ont cette funeste habitude.

Toucher à la marchandise

Palper la marchande… de plaisir, — dans le jargon des soupeuses.

Toucher la grosse corde

Patiner le membre viril et le faire résonner sur le ventre.

Toucher les frises

Obtenir un grand succès, s’élever à une grande hauteur tragique ou comique. Argot des coulisses.

Toucher son prêt

v. a. Être l’amant en titre d’une fille, — dans l’argot des souteneurs, qui ne craignent pas de faire leur soupe avec cette marmite. On dit aussi Aller aux épinards.

Touches de piano

Dents longues et larges.

Touillaud

adj. et s. Gaillard, et même paillard. Argot du peuple.

Touiller

v. a. et n. Remuer, agiter un liquide, — dans l’argot du peuple. C’est une expression provinciale.

Touiller

Remuer.

Touiller

Remuer.
— Touille ton café pour faire fondre le sucre (Argot du peuple). N.

Touiller

Remuer une sauce est la touiller. C’est un mot patois dont on se sert souvent en jouant au loto, pour dire à celui qui appelle les numéros, de les remuer dans le sac : touille.

Touiller, Trouiller

Remuer avec une cuiller, le fond d’un poêlon. — Mêler les dominos, battre les cartes.

Toulabre, Toulmuche

Toulon.

Toupet

Grande effronterie. — Jeu de mots. — Le toupet est supérieur au front.

Et dire qu’avec du toupet et de la mémoire tout le monde en f’rait autant.

H. Monnier.

Se payer de toupet : Payer d’audace. V. Créper.

Que de gens font étalage, S’payant de toupet, N’ont rien dans leur ménage.

Chanson, 1832.

Toupet

s. m. Aplomb, effronterie. Payer de toupet. Ne pas craindre de faire une chose.

Toupet

s. m. La tête. Se foutre dans le toupet. S’imaginer, s’entêtera croire.

Toupet

Aplomb, impudence. — Toupet bœuf, aplomb énorme. Toupet de commissaire, impudence.

Toupet (avoir du)

Avoir la motte bien garnie.

Ce n’est point là le conin que vous aviez au couvert ; il n’y avait que du poil follet, du duvet, et je tiens là un toupet. un vrai toupet.

La Popelinière.

Toupet (avoir du)

Avoir un aplomb formidable. Se payer de toupet pour affronter quelqu’un. On dit dans le peuple :
— Il a plus de toupet que de cheveux (Argot du peuple).

Toupet (se foutre dans le)

Se mettre dans la tête, s’imaginer.

Toupie

Femme sans mœurs.

Toupie

Femme de mauvaise vie, mais de bonne volonté, qu’on fait tourner comme l’on veut — en y mettant le prix.

Misère et corde ! c’est déjà des histoires pour des toupies.

Gavarni.

Toupie

Femme de peu, tournant en toutes mains, comme une toupie. — Usité dès 1808.

L’insolent traite sa grande sœur de toupie.

Colmance.

Toupie

s. f. Fille ou femme de mauvaise vie, qui tourne au gré du premier venu, — dans l’argot du peuple, cruel pour les drôlesses, ses filles. Les voyous anglais emploient la même expression (gig) à propos des mêmes créatures.

Toupie

s. f. La tête, — dans l’argot des faubouriens. Avoir du vice dans la toupie. Être très malin, savoir se tirer d’affaire.

Toupie

Femme de mauvaise vie. — Elle tourne comme une toupie dans les bras de tous les hommes.

Toupie

Dame d’un jeu de cartes.

Toupie

La tête. Femme méchante ou de mauvaises mœurs.

Toupie

Femme.

Toupiller

v. n. Aller et venir, tourner comme une toupie. Beaumarchais l’a employé dans le Barbier de Séville. On dit aussi Toupier.

Toupin

Boisseau.

Toupin

s. m. Boisseau, — dans l’argot des voleurs.

Toupiner

Mesurer au boisseau.

Toupinier

s. m. Boisselier.

Tour

s. m. Farce ; tromperie. Faire voir le tour. Tromper. Connaître le tour. Être habile, malin, ne pas se laisser tromper.

Tour (faire faire demi-)

Faire retourner sur ses pas, ou rentrer à la caserne. — Lorsqu’un soldat passe devant un supérieur sans le saluer, celui-ci lui fait faire demi-tour, afin qu’il repasse devant lui, en le saluant militairement. — Faire demi-tour en principe signifie s’en aller sans répliquer.

Tour (faire voir le)

Tromper.

Pour parvenir dans le commerce, Chacun s’exerce à qui fera voir le tour aux pauvres chalands.

Chansonnier, 1836.

Connaître le tour : Connaître toutes les ruses.

Tour (faire voir le)

Tromper, mentir avec succès.

Tour (la)

La Préfecture de Police.

Tour (la)

La Conciergerie et le Palais de justice. Allusion à la tour de l’horloge. À ce propos, une légende populaire veut que cette horloge ait sonné l’heure du signal pour le massacre de la Saint-Barthélémy (Argot du peuple).

Tour (la)

La préfecture de police.

Tour de Babel

s. f. Chambre des Députés, — dans l’argot des faubouriens.

Tour de bâton

s. m. Profit illicite sur une affaire, ressources secrètes. Argot des bourgeois.

Tour de bête (au)

adv. À l’ancienneté, — dans l’argot des troupiers. Passer capitaine à son tour de bête. Être nommé à ce grade, non à cause des capacités militaires qu’on a montrées, mais seulement parce qu’on a vieilli sous l’uniforme.

Tour de bête (au)

Par rang d’ancienneté, — dans le jargon des troupiers.

Il passa capitaine à l’ancienneté, à son tour de bête, comme il disait en rechignant.

(Ed. About, Trente et quarante.)

Tour de bête (passer à son)

Être promu à l’ancienneté.

Tour de bitume

Promenade des filles sur les boulevards, pour raccrocher des hommes et les ramener, soit au bordel, si elles sont en maison, soit dans leur appartement lorsqu’elles sont chez elles.

Allons ! voilà mon tour de bitume arrivé…
Au persil ! au persil !…

Lemercier de Neuville.

Tour de clef (se donner un)

Se reposer, se refaire, se mettre au vert.

Apollinaris est venu passer cinq ou six semaines à Aix-les-Bains, histoire de se redonner un tour de clef.

(Raoul Nest : Les mains dans mes poches.)

Tour de cravate (donner un)

Étrangler.

Tour de fesse

L’acte vénérien.

Francine, trop chaude du cu,
Pour mieux couvrir ses tours de fesse,
Voulait épouser un cocu.

Théophile.

Tour pointue

Préfecture de police ; et la pointue, par abréviation. — Aller faire un tour à la pointue, aller visiter la pointue, être enfermé au dépôt.

Tour pointue (la)

Préfecture de police (Argot des voyous).

Tour, tour pointue

Palais de justice. Préfecture de police. Le Dépôt.

Tourbe

Misère. — Être rien dans la tourbe, être dans une misère profonde.

Tourbe

Misère. Embarras.

Tourbe

La lie du peuple. Populace, le plus bas qu’il soit possible de l’imaginer (Argot du peuple).

Tourbe

Misère.

Je ne possède plus rien, je suis dans la tourbe jusqu’au cou.

Tourbe (être dans la)

V. Purée.

Touret

Gros goujon. Les pécheurs nomment un gros goujon un touret, pour faire allusion au touret, cheville qui est sur la nage d’un bachot et où l’on met l’anneau de l’aviron lorsqu’on rame.

Tourier

Terme de pâtissier.

Le premier tourier prépare la pâte des gâteaux fins et leur donne la forme primitive.

(P. Vinçard, Les Ouvriers de Paris.)

Tourlade

Les forçats, autrefois, quand le bagne était à Toulon, appelaient cette ville Tourlade. Changement de finale (Argot des voleurs).

Tourloure, Tourlourou

Conscrit.

Tourlourer

v. a. Tuer, assassiner, — dans l’argot des voleurs.

Tourlourou

Soldat du centre. — Forme du vieux mot turelureau, soldat de garnison. V. Du Cange. — Au quatorzième siècle, la turelure (prononcez toureloure) était une porte fortifiée, une sorte de château flanque de tourelles.

Si le tourlourou est solide sur l’école de peloton, il n’est pas moins ferré sur l’école de la séduction.

M. Saint-Hilaire.

Tourlourou

s. m. Soldat d’infanterie, — dans l’argot du peuple. Francisque Michel pousse une pointe jusqu’au XIVe siècle et en rapporte les papiers de famille de ce mot : turlereau, turelure, tureloure, dit-il. Voilà bien de la science étymologique dépensée mal à propos ! Pourquoi ? Tout simplement parce que le mot tourlourou est moderne.

Tourlourou

Conscrit. Fantassin.

Tourlourou

Ce mot qui, en français signifie jeune soldat, a une autre signification peu connue, mais dont on se sert cependant ; il a été importé de la Nouvelle-Calédonie par les déportés et transportés. Tous les Canaques savent que Tourlourou veut dire dauffé.

Tourlousine (administrer une)

Battre, rouer de coups. Argot des rôdeurs.

Les inculpés reconnaissent qu’ils ont été chargés par l’inconnu de frapper M. P…, de lui administrer une tourlousine, dit Zulpha (un des inculpés).

(Autorité, janvier 1888.)

Tourmente

Colique (Vidocq).

Tourmente

s. f. Colique, — dans l’argot des voleurs.

Tourmente

Colique, — dans le jargon des voleurs.

Tourmente

Colique.

Tournant

s. m. Moulin, — dans le même argot [des voleurs].

Tournant

Jeu de baccarat où chaque joueur fait, à son tour, office de banquier. C’est la variante du chemin de fer. Variante particulièrement usitée dans les cercles. — Faire un tournant, un petit tournant.

Tournante

Une clé.

Tournante

Clef.

Tournante

Clé.

Tournante

Une clé.

Tournante

Une clef.

Tournante

Clé (Vidocq). — Elle tourne dans la serrure. — V. Tremblant.

Tournante

s. f. Clé, — dans le même argot [des voleurs].

Tournante

Clé.

Tournante

Montre, — de l’argot parisien.

Tournante

Clé. Elle fait en effet tourner le pène dans la serrure (Argot des voleurs).

Tournante

V. Anguille.

Tournante

Clé.

Tournante

Clef.

Tourné

adj. Mou, — dans le même argot [des voleurs]. Tournée. Molle.

Tourne à gauche

Tailleur inhabile.

Tourne-à-gauche

s. m. Homme sur le caractère duquel on ne peut compter, girouette. Argot du peuple.

Tourne-autour

Tonnelier (Vidocq). — Allusion au mouvement habituel imposé par son métier.

Tourne-autour

s. m. Tonnelier, — dans le même argot [du peuple].

Tourne-autour

Tonnelier.

Tourne-vis

Gendarme. Argot des malfaiteurs.

Le gendarme est naturellement l’obsession du repris de justice ; il le voit partout et l’a baptisé d’un nom caractéristique ; le tourne-vis.

(Figaro, février 1885.)

Tourne-vis

Gendarme. Chapeau à cornes.

Tourne-vis

V. Hirondelle de potence.

Tourne-vis

Chapeau à cornes que portent les gendarmes. Ce terme s’est généralisé, il est employé pour tous les chapeaux quelles que soient leurs formes (Argot du peuple).

Tournée

Pile, correction faisant tourner et retourner la victime.

Après, je donne une tournée à la Chouette. Je tiens à ca.

E. Sue.

Danse et Walse offrent la même image.

Tournée

Rasade offerte à l’assistance devant le comptoir du marchand de vins. — La tournée est une rasade qui fait le tour de la compagnie assemblée. On a voulu y voir une allusion à la petite roue qui offre aux buveurs le moyen de jouer leur consommation sans quitter le comptoir du marchand de vins. mais alors le terme offrir ou payer une prochaine tournée, qui est fort usité, serait un non sens. ce qui se joue ne peut s’offrir.

il offre une tournée au café Robert.

Monselet.

Tournée

s. f. Rasade offerte sur le comptoir du marchand de vin, — dans l’argot du peuple. Offrir une tournée. Payer à boire.

Tournée

s. f. Coups reçus ou donnés. Payer une tournée. Battre.

Tournée

Politesse à coups de canon sur le comptoir du marchand de vin. Chaque camarade offre, à son tour, à la société, la consommation ; c’est ce qui constitue le tour ou tournée ; puis la tournée recommence. D’autres fois elle se joue au tourniquet. Certaines tournées du lundi, inaugurées à neuf heures du matin, ne sont pas terminées à une heure. — Tournée du mastroquet, le moment où le mastroquet s’exécute à son tour.

Tournée de vitriol

Tournée d’eau-de-vie.

Tournée pastorale

Tournée qui a lieu en bande, le soir, après un bon dîner, dans des maisons hospitalières. La tournée pastorale implique ordinairement la flanelle.

Tourner (faire)

Attraper.

Tourner (faire)

Attraper, mystifier.

Tourner (faire)

Attraper.

Tourner (faire)

Attraper.

Tourner (faire)

Mystifier, se moquer.

Tourner autour du pot

v. n. N’oser parler franchement d’une chose ; hésiter avant de demander une grâce, un service.

Tourner de l’œil

Tourner La prunelle, Montrer le blanc des yeux en jouissant.

Tu tournes la prunelle…
Tu vas jouir… ma belle…

Marc Constantin.

Tourner de l’œil

S’assoupir, mourir.

Trois ou quatre méchantes chopines… et ça tourne l’œil.

Gavarni.

Du poison !… Allons, bois… tu vas tourner de l’œil tout de suite.

Chenu.

Tourner de l’œil

Se pâmer, s’évanouir de plaisir.

Tourner de l’œil

S’endormir. Signifie aussi, par extension, Mourir.

Tourner de l’œil

Mourir.

Tourner de l’œil

Dormir. Mourir. Se pâmer de plaisir.

Tourner de l’œil

Mourir (Argot du peuple).

Tourner de l’œil

Mourir.

Tourner en eau de boudin

v. n. Se dit d’une chose sur laquelle on comptait et qui vous échappe, d’une entreprise qui avorte, d’une promesse qu’on ne tient pas. Faire tourner quelqu’un en eau de boudin. Se moquer de lui, le berner par des promesses illusoires.

Tourner l’œil

Avoir envie de dormir.

Tourner la vis

v. a. Tordre le cou à quelqu’un.

Tourner le feuillet

Retourner aux fastes de Sodome.

Tournevis

Chapeau à cornes. (L. Larchey)

Tournigue

V. Blaire.

Tourniquet

s. m. Chirurgien, — dans l’argot des marins.

Tourniquet

s. m. Moulin, — dans l’argot des voleurs.

Tourniquet

Chirurgien militaire. Il tourne autour des lits.

Tourniquet

Moulin.

Tourniquet

Moulin. Chirurgien de marine.

Tourniquet

Correctionnelle, conseil de guerre.

Tourniquet (passer au)

Passer au conseil de guerre. On dit aussi : passer au falot.

Tourte

Tête. — Écrevisse dans la tourte, grain de folie, grande excentricité. Variantes : Obus dans la casemate, chauve-souris dans la mansarde.

Tourte

Vieille femme ridicule. — Chapeau mal fait, grotesque, — dans le jargon des modistes.

Tourte

Vieille ridicule, Imbécile.

Tourte

Bête, imbécile.

Tourtoure

Corde. S’esbigner à la tourtoure, s’évader de prison au moyen d’une corde.

Tourtouse

Corde.

Tourtouse

Corde.

Tourtouse

s. f. Corde, lien, — dans le même argot [des voleurs]. C’était autrefois une expression et une chose officielles, le funis strangulatorius qu’employait M. de Paris pour lancer les criminels dans l’éternité.

Tourtouse

Corde, corde servant à garrotter un prisonnier.

Tourtouse

Corde. Tourtousier, cordier.

Tourtouse

La corde. Tourtouser : lier. Tourtousier : le cordier (Argot des voleurs).

Tourtouse, tortouse

Cordes à menottes. — Tourtouser : Lier, garrotter (Vidocq). — Mot expressif indiquant l’action de lier tout au tour. — V. Criblage, Coltiger.

Tourtouser

v. a. Lier, garrotter.

Tourtouser

Attacher avec des cordes.

Tourtouser

Lier, garrotter.

Tourtouserie

Corderie. — Tourtousier, cordier.

Tourtousier

s. m. Cordier.

Tourtousine

Ficelle.

Tourtousine

La ficelle. Allusion à la torsion du chanvre par le cordier (Argot du peuple).

Touser

Aller à la selle par ordre. Autrefois, pendant le voyage de la chaîne, les argousins intimaient à leurs pensionnaires l’ordre de touser.

Toussaint-Louverture

Double six d’un jeu de dominos. Allusion à la couleur noire.

Tousse (c’est que je)

Formule affirmative, formule ironique. C’est-à-dire : j’ai raison, c’est ainsi, je m’entends bien.

Tousse (non, c’est que je)

Voir mouche.

Tousser

v. n. Ce verbe — de l’argot des faubouriens — ne s’emploie qu’à un seul temps et dans les deux acceptions suivantes : « C’est de l’or comme je tousse, » — c’est-à-dire : Ce n’est pas de l’or. « Elle n’est pas belle, non ! c’est que je tousse !» c’est-à-dire : Elle est très belle.

Tout de cé

Très-bien (Vidocq).

Tout de cé

adv. Très bien, tout de go, — dans l’argot des voleurs.

Tout Paris

Les douze ou quinze cents personnes en vue qu’on rencontre à toutes les solennités artistiques, dramatiques, littéraires, politiques, funèbres et judiciaires. C’est le Paris qui a la primeur de tous les amusements, la virginité de tous les spectacles, la Heur de toutes les émotions.

Toutes fois et quantes

adv. Toutes les fois, — dans l’argot du peuple. Une vieille et très française expression, presque latine (toties quoties), dont se moquent les gens qui s’imaginent bien parler.

Toutime

Tout.

Toutime

Tout.

Toutime

Tout.

Toutime

adj. Tout, — dans l’argot des voleurs.

Toutine

Tout.

Toutou

s. m. Chien, — dans l’argot des enfants, qui disent cela à propos d’un terreneuve aussi bien qu’à propos d’un King’s Charles. Les enfants ont bien le droit d’employer un mot que Mme Deshoulières a consacré :

Bonjour, le plus gras des toutous,
Si par hasard mon amitié vous tente,
Je vous l’offre tendre et constante :
C’est tout ce que je puis pour vous.

Trac

Peur. Avoir le trac : avoir peur.

Trac

Peur. — Onomatopée. — Nos paysans donnent encore le nom de trac à une maladie qui cause un frisson perpétuel. — V. Bœuf.

Bien, voilà mon trac qui me reprend.

Marc Michel.

Tracqueur : Poltron. — Tracquer : Craindre. V. Plan.

Trac

s. m. Peur, — dans l’argot du peuple. Avoir le trac. Avoir peur. Le trac, autrefois, c’étaient les équipages de guerre ; traca, dit Du Cange. « Compagnons, j’entends le trac de nos ennemis, » — dit Gargantua.

Trac

Peur. — Flanquer le trac, faire peur.

Trac

Peur.

Trac

Peur. Tracquer : avoir peur.
— J’ai un trac à tout casser (Argot du peuple). V. Taf.

Trac

Peur.

Trac (avoir le)

Avoir peur.

Trac (avoir le)

Avoir peur.

Tracasser les couilles d’un homme

Lui faire patte d’araignée, afin de le faire bander lorsqu’il est réfractaire.

De l’autre main tracasse-moi les couilles… la… là… tout du long.

La Popelinière.

Tracquer

v. n. Avoir peur.

Tracqueur

s. m. Poltron.

Tractis

Doux (Vidocq). — Mot de langue romane.

Tractis

Doux, — dans le jargon des voleurs.

Tradition

s. f. Effet non indiqué dans la pièce écrite ou imprimée, mais qui, trouvé par un acteur, se transmet à ceux qui jouent le rôle après lui. Se dit aussi pour Addition à un rôle. Les traditions — à la Comédie française, — sont des conventions auxquelles il ne saurait être dérogé sans blesser le goût… des vieux amateurs de l’orchestre.

Train

s. m. Vacarme, rixe de cabaret, — dans l’argot du peuple. Signifie aussi Émeute. Il y aura du train dans Paris. On fera des barricades et l’on se battra.
Originairement le mot signifiait Prostibulum, et, par une métonymie fréquente dans l’Histoire des mots, la cause est devenue l’effet. De même pour Bousin.

Train

Derrière. — Coup de pied dans le train.

Train

Vacarme. Le postérieur. Être en train, être légèrement ivre.

Train (du)

Vite. — Mot à mot : Menez-moi grand train.

Asie prit un fiacre et dit au cocher : Au Temple ! et du train ! il y a gras.

Balzac.

Train (du)

Vite ; c’est-à-dire bon train.

Train (du) !

Vite ! — dans l’argot des petites dames.

Train (en)

Sur la pente de l’ivresse. Mis en train par la gaieté bachique.

Train (être dans le)

Suivre les caprices de la mode ; accepter toutes les innovations. Nous avions déjà dans la langue familière : être dans le mouvement, suivre le mouvement, cela ne suffit plus et, le progrès aidant, il faut être aujourd’hui dans le train !

Je crois devoir avertir Monsieur qu’il n’est plus dans le train. — … ? — Encore un progrès, Monsieur, les voyages n’ont rien à faire ici ; être dans le train veut dire : suivre le progrès.

(National, décembre 1886.)

Train (être dans le)

Ne pas être arriéré.

Train (être en)

Commencer à se griser, — dans l’argot des bourgeois.

Train (manquer le)

Manquer une bonne occasion. — Arriver trop tard.

Train (prendre le)

Se sauver. — À quelqu’un qui vous obsède, on dit : Prends le train.

Train 11 (le)

Les jambes. Celui qui ne peut pas se payer de voiture, fiacre ou omnibus, prend le train 11. Quand on joue au loto, celui qui appelle les numéros, quand il tire le numéro 11, crie :
— 11, les deux jambes à ma tante (Argot du peuple).

Train 11 (le)

Les jambes.

Train d’onze heures (prendre le)

Aller se promener, aller flâner, — dans l’argot des employés du service actif des chemins de fer. Réminiscence du jeu de loto où onze signifie les jambes. Le train d’onze heures c’est donc le train des jambes.

Train de charcuterie

Train omnibus, — dans le jargon des employés des chemins de fer.

Parce que les voyageurs de secondes et de troisièmes en ont toujours dans leurs paniers, soit pour leur consommation en route, soit pour cadeaux apportés à leurs familles.

(Aymar de Flagv, Paris-Journal, du 24 mai 1878.)

Train direct (un)

Un verre d’absinthe ; c’est-à-dire un train direct pour Charenton. On dit encore grande vitesse pour Charenton. (La petite vitesse sert à désigner l’absinthe panachée.) Le peuple n’ignore pas que l’absinthe mène à la folie, mais il en boit tout de même, riant et de l’absinthe et de la folie.

Train direct coupé

Un litre de vin en deux verres, — dans le jargon des bouchers. — Train direct sec, un litre en un verre. Chez les marchands de vin de la Villette, il existe des verres de la capacité d’un demi-litre et même d’un litre. Quand les bouchers viennent de faire un bœuf, il leur arrive souvent d’absorber, d’un trait, un train direct coupé et même un train direct sec. À la fin de la journée certains bouchers ont ainsi donné l’hospitalité à six ou sept litres de vin.

Train jaune

« Elles (les femmes de mœurs faciles) commencent à persiller dans les trains de chemins de fer ; il y en a même qui ne font qu’exploiter les trains jaunes qui emmènent chaque samedi de Paris, pour les ramener le lundi, les commerçants dont les femmes sont aux bains de mer. »

(Figaro, 1882.)

Train-train

s. m. Train ordinaire de la vie ; habitudes. Suivre son petit train-train. Ne pas interrompre ses habitudes. On dit aussi tran-tran.

Train-train, Tran-tran

Train de vie. — Aller son train-train, faire petit à petit son chemi t dans le monde, faire un petit commerce à peu de frais et donnant peu de bénéfices, vivoter.

Traînante

Serpette de plombier.

Trainard

Verre de liquide abandonné sur une table.

Traînards (faire les)

Argot des cercles, des tripots. C’est ramasser les masses, les jetons oubliés sur les tables de jeux.

Traîne

s. f. Queue de robe exagérée mise à la mode, en ces derniers temps, par les traînées, qui s’ingénient à gaspiller les étoffes.

Traîne-guêtres

s. m. Vagabond ; flâneur.

Traîne-paillasse

Fourrier. — Il règle avec l’employé des lits militaires le prix de chaque dégradation. — V. Rogneur.

Traîne-paillasse

s. m. Fourrier, — dans l’argot des troupiers. On dit aussi Gratte-papier et Rogneur de portions.

Traîne-paillasse

Fourrier.

Traîne-paillasse

Fourrier. — Chargé de toucher les fournitures de literie.

Traineau (faire)

Se dit en parlant des chiens qui, après avoir satisfait aux lois de la nature, frottent contre terre leur train de derrière, parce qu’ils n’ont pas l’habitude de se servir de papier comme les faibles humains.

Traînée

Fille de mauvaise vie, qui traîne sa jeunesse quand elle est jeune, sa beauté quand elle en a, dans tous les endroits où vont les hommes et ou elle ne devrait pas aller.

Elle sera heureuse avec lui, si elle ne fait pas la trainée avec lui, par exemple.

Eug. Vachette.

Traînée

s. f. Fille de mauvaise vie, — dans l’argot du peuple.

Traînée

Coureuse, fille des rues. Celle qui traîne ses savates dans tous les mauvais lieux.

Je t’ai vu entrer au Grand Balcon avec cette traînée d’Adèle.

(E. Zola.)

Traînée

Fille publique qui traîne partout à la recherche de clients. Traînée est un gros terme de mépris employé par le peuple vis-à-vis d’une femme. Traînée : synonyme de rouleuse (Argot du peuple).

Traîner la savate

v. a. Être misérable, n’avoir rien à se mettre sous la dent ni aux pieds, — dans l’argot des bourgeois, qui ne manquent ni de bottes, ni de pain. C’est le to shuffle along des Anglais.

Traîner le cheval mort

v. a. Avoir du travail payé d’avance, — dans l’argot des ouvriers. On dit aussi Faire du chien.

Traîner sa savate quelque part

v. a. Aller quelque part, se promener, — dans l’argot du peuple. On dit aussi Traîner ses guêtres.

Traîner ses guêtres

Marcher à l’aventure, flâner bêtement en usant ses souliers et quelquefois les souliers des autres.

Traîner son boulet (ou sa chaîne)

Terme populaire qui signifie ; avoir toujours sa femme légitime au bras, sur le dos, ou sous la pine. — Le mariage étant une chaîne, on en a pour jusqu’à la fin des jours de l’un ou de l’autre.

Traîneur de sabre

s. m. Soldat fanfaron qui croit faire beaucoup d’effet en faisant beaucoup de bruit et qui ne réussit qu’auprès des filles, amies des soudards. Type aussi vieux que le monde, puisque les anciens avaient aussi leur machærophorus…
Mais, eurêka ! me voilà sans le vouloir sur la piste de maquereau. Qu’en pensent messieurs les étymologistes ?…

Traîneuse

Fille qui stationne dans les gares, attendant les trains de voyageurs. La gare du Havre est encombrée de traineuses.

Traîneuse

V. Rôdeuse.

Traîneuse

Robe. Allusion à la traîne de la robe qui balaye les trottoirs. On dit également : une balayeuse (Argot du peuple).

Traisse (être)

Pris en flagrant délit, dans l’argot des juifs.

Trait

Infidélité. — On dit, sans abréger, trait d’inconstance.

Savez-vous ce que c’est qu’un trait ?… Eh bien ! c’est que quand une femme est avec un marlou (souteneur) ; si elle a un caprice pour un autre et le passe, voilà un trait !

Cinquante mille voleurs de plus à Paris, Paris., 1830, in-8.

Son mari lui avait fait tant de traits, qu’elle l’avait quitté.

Champfleury.

Trait

s. m. Caprice amoureux, — dans l’argot des filles et de leurs souteneurs. Avoir un trait pour un miche. Ne rien exiger de lui que son amour, se passer de gants.

Traiter

v. a. et n. Donner à dîner ; régaler, — dans l’argot des bourgeois.

Traiter du haut en bas

Parler à quelqu’un avec colère, — et même avec mépris.

Traits

Infidélités qu’un homme fait a une femme, ou une femme à un homme ; coups tirés illégalement.

Son mari lui avait fait tant de traits qu’elle l’avait quitté.

Champfleury.

Devant monsieur le maire
J’ai solennellement promis de ne pas faire
De traits à mon époux…

L. Protat.

Traits

s. m. pl. Infidélité conjugale, — dans l’argot des bourgeoises. Faire des traits à sa femme. La tromper en faveur d’une autre, la trahir.

Traits

Infidélités conjugales.

Traits (faire des)

Faire des infidélités conjugales.

Trajectoire (perdre la)

Perdre la tramontane.

Tralala

Appareil.

La fougue, l’audace et tout le grand tralala de l’excentricité féminine.

Monselet.

Tralala

s. m. Embarras, cérémonies ; luxe de toilette. — dans l’argot du peuple. Se mettre sur son tralala ou sur son grand tralala. S’habiller coquettement, superbement.

Tralala (grand)

Grande toilette, grand étalage de luxe. — Grande réception.

Tram

Tramway, par apocope.

Tranche

Le visage. Tranche est aussi un terme d’amitié et de familiarité :
— Tiens, comment vas-tu, ma vieille tranche ? (Argot du peuple). N.

Tranche (en avoir une)

Être inintelligent.

Tranche ardent

s. m. Mouchettes, — dans l’argot des voleurs, qui ont emprunté cette expression aux Précieuses.

Tranche de fromage de Brie

Nez long.

Tranche-ardants

Mouchettes.

Tranche-fromage

Sabre-baïonnette, — dans le jargon des troupiers.

Tranche-lard

Couteau. Allusion au couteau du charcutier. On dit aussi : un vingt-deux (Argot du peuple).

Tranquille comme Baptiste

adj. Extrêmement sage, calme, tranquille, — dans l’argot du peuple.

Tranquille comme Baptiste

Très tranquille.

Transparent

Homme maigre.

Transversale

Argot de joueurs. On joue la transversale, quand, à la roulette, on place son enjeu transversalement, c’est-à-dire sur la ligne qui sépare deux numéros entre eux.

Trapillon

s. m. Bande de bois qui bouche les coulisseaux ou rainures dans lesquelles glissent les décors, lorsqu’on enlève ces décors. Argot des machinistes.

Traque

Crainte.

Traquer

Avoir peur.

Traquer

Trembler, avoir peur.

Traqueur

Poltron. — Traqueuse, poltronne.

Traqueur

Peureux. Celui qui a le trac est un traqueur.

Travail

Prostitution ; fouterie intéressée.

Au nom de Dieu, dedans le tête-à-tête,
À ton flâneur donne de l’agrément ;
Dans le travail, rappelle-toi, Jeannette,
Que t’es pas là pour ton amusement.

L. Festeau.

Que tu travailles bien aussi !… fort ! fort !, ma mignonne, tu me ravis !…

La Popelinière.

Tu passes toutes tes soirées
Chez Dautun le marchand, de vin :
Les autres femmes, plus rusées,
Travaillent du soir au matin.

Dumoulin.

Épous’s d’ultras,
Nièc’s de prélats,
Tout ça travaille et n’se numérot’ pas.

Beranger.

O femelle divine,
Crois-moi !
Fais travailler ma pine
Sur toi !

Eug. Vachette.

Travail

s. m. Chose difficile à faire, — dans l’argot des saltimbanques. Beau travail. Tour extraordinaire ou nouveau.

Travail

s. m. Action de manger, — dans l’argot des francs-maçons.

Travail

Vol ; assassinat ; commerce de la prostitution, — dans le jargon des voleurs et des filles.

Travail

Exercices de saltimbanque. — Atelier de modiste.

Travail

Littérature à la vapeur, confection politico-littéraire à l’usage des revues, — dans l’argot des journalistes. Le travail consiste à enlever à la force du poignet quatre ou cinq feuilles de copie dans le même numéro. — Grand travail sur Vextinction du paupérisme ; grand travail sur les caisses d’épargne ; grand travail sur les enfants assistés ; grand travail sur Vinfluence du théâtre, etc., etc.

Travail

Vol. Assassinat. Exercice de saltimbanque. Prostitution.

Travailler

Voler.

Travailler

Voler.

X. était prudent : il travaillait toujours seul, et son discret recéleur était des plus fins.

H. Monnier.

V. Butter.

Travailler

v. n. Voler.

Travailler

v. n. Aller au persil.

Travailler

Voler ; assassiner ; se prostituer, — dans le jargon des voleurs et des filles.

Travailler (se faire)

Être sifflé, — dans le jargon des comédiens.

Travailler dans le bât

Voler dans les maisons. Abréviation de travailler dans le bâtiment.

Travailler dans le bâtiment

Voler avec effraction dans les maisons. L’expression est pittoresque (Argot des voleurs).

Travailler dans le rouge

Assassiner.

Un meurtre !… Travailler dans le rouge !… C’est grave !…

(P. Mahalin, Les Monstres de Paris.)

Travailler des mâchoires

Manger.

Travailler l’argent

Faire des tours d’escamotage à l’aide de pièces de cent sous, — dans le jargon des escamoteurs. Un escamoteur travaille bien l’argent lorsqu’il cueille habilement des pièces de cinq francs sur les paletots, sur les chapeaux, sur le nez des spectateurs.

Travailler le cadavre

v. a. Battre quelqu’un, au propre, ou en médire, au figuré, — dans l’argot des faubouriens. On dit aussi travailler les côtes.

Travailler le succès

v. a. Être chef de claque dans un théâtre. Argot des coulisses.

Travailler les côtes

Médire. — Battre.

Travailler pour Jules

Manger dans l’espoir d’une bonne et fructueuse digestion.

Travailler pour le roi de Prusse

v. n. Faire un travail mal payé, ou pas payé du tout, — dans l’argot du peuple, a qui sans doute on a fait croire que les successeurs du grand Frédéric payaient leurs soldats fort chiche-knout. On dit aussi Travailler pour la gloire et Travailler gratis pro Deo.

Travailler pour le roi de Prusse

Travailler gratis. Variantes : Travailler à l’œil, travailler pour la gloire, travailler gratis pro Deo.

Travailler pour M. Domange

v. n. Manger.

Travailler quelqu’un

v. a. L’obséder d’une chose, insister afin d’obtenir ce qu’on lui demande ; revenir souvent à la charge auprès de lui.

Travailler, tripoter, graisser le carton

Jouer aux cartes. — Maquiller le carton : Faire sauter la coupe.

Travailleur

Tricheur, — dans le jargon des grecs.

Travailleur

Voleur.

Travailleuse

s. f. Giton, — dans l’argot des voleurs.

Traverse

Bagne, — dans l’ancien argot.

Traverse

Bagne. En traverse à perle de vue, condamné au bagne à perpétuité.

Traverse (en)

adv. Travaux forcés à perpétuité, — dans l’argot des voleurs. On dit aussi À perte de vue.

Traversin, Tirebraise

Soldat d’infanterie ; par allusion à la petite taille des fantassins.

Travesti

s. m. Rôle d’homme joué par une femme, amoureux ou page. Argot des coulisses.

Traviata

s. f. Fille perdue, — dans l’argot des élégants qui n’osent pas dire cocotte. Introduit pour la première fois en littérature par l’Événement (1er octobre 1860).

Traviole

Traverse.

Traviole

Traverse.

Traviole (de)

adv. De travers, — dans l’argot du peuple.

Traviole (de)

De travers.

Traviole (de)

De travers.

Travioles

Tracas, peines, tourments, — dans le jargon des voleurs.

Travioles

Avoir des inquiétudes. L. L. Travioles : aller de travers, pochard qui festonne. Celui-là est loin d’avoir des inquiétudes, car il ne pense guère au lendemain. Une jeune fille qui déraille et devient rosière de la Maternité, va de travioles, de travers dans la vie (Argot du peuple). N.

Trayage

Fois.

Chaque trayage que j’ai été arrêté j’ai été condamné.

Treffe

Tabac.

Treffle

Tabac.

Treffle

Tabac.

Treffle

Tabac.

Treffle

Tabac, dos.

Trefflière

Tabatière.

Trefflière

Tabatière.

Tréfflière

Tabatière.

Trefflière, triffoissière ou tréfouine

Tabatière.

Trefle

Tabac.

Trèfle

Tabac. — Allusion à la couleur brune de ce fourrage, quand il est sec.

Trèfle

Anus. — Corruption de trou. — V. Trèpe. — Vise au trèfle : Apothicaire (Vidocq).

Trèfle

s. m. Le podex, — dans l’argot des faubouriens. Vise-au-trèfle. Apothicaire.

Trèfle

Derrière.

Trèfle

Tabac.

Trèfle

Argent monnayé. Argot des gavroches.

Trèfle

Tabac (Argot du peuple).

Trèfle

Tabac.

Trèfle !

Argot des enfants. (V. Pouce.)

Trèfle ou Tref

s. m. Tabac, — dans l’argot des voleurs et des faubouriens. On dit aussi Trèfoin. Longuette de tref. Tabac en carotte.
On dit aussi Trifois, — d’où Trifoissière pour Tabatière.

Trèfle, tréfoin

Tabac. Trefflière, tabatière. Passer au trèfle, battre (passer à tabac). Trèfle signifie aussi argent et trou.

Trèfle, Tréfouin

Tabac à fumer.

Tréfoin

Tabac.

Tréfoin

Tabac. Ce mot est très vieux ; il est employé par Eugène Sue dans les Mystères de Paris.
— Pas de tréfoin à mettre dans ma chiffarde. (Argot des voleurs).

Tréfoin rifaudeur

Tabac à fumer.

Treize

Trésor.

Treizième arrondissement (marié au)

Se disait à Paris de celui qui vivait avec une maîtresse, car, avant 1859, cet arrondissement n’existait point. Lurine a fait un livre sur le Treizième arrondissement.

Jamais elle n’a été ma femme, pas même au treizième arrondissement.

Bertall.

Tremblant

Lit. — On comprend le mot en voyant cet exemple.

J’ai du bon pivois sans lance et du larton savonné, une lourde, une tournante, un tremblant pour rivancher (faire l’amour).

Vidocq.

Tremblant

s. m. Lit de sangle, — dans l’argot des faubouriens.

Tremblant

Lit de sangle, mauvais lit.

Tremblant

Lit de sangle.

Tremblante

Fièvre.

Tremblante

Fièvre, — dans le jargon des voleurs. — Il a la tremblante : v’là huit jours qu’il ne décolle pas du pieu.

Tremblante

La fièvre.

Tremblante pieux

Lit.

Tremblement

Réunion imposante.

À l’union de l’infanterie, de la cavalerie, de tout le tremblement.

La Barre.

Bataille :

Mais la veille du tremblement, fallait voir les feux des postes avancés.

Chansons, 1854.

Tremblement

s. m. Bataille, — dans l’argot des troupiers.

Tremblement

Mélange de vermout, de cassis et d’eau-de-vie.

C’est là (au café des Variétés), entre un bock et un tremblement, — que s’ébauchent les engagements de toute sorte.

(Monselet, Acteurs et actrices.)

Tremblement (et tout le)

adv. Au complet, — dans l’argot du peuple.

Tremblement (tout le)

Le reste. Tout le reste.

Je voudrais, un jour de goguette,
Être Bon Dieu rien qu’un moment,
Pour brouiller comme une omelette,
L’eau, la terre et le tremblement.

(L. Festeau, Le Tapageur.)

Trembler la volaille morte (faire)

Dire une bêtise énorme, affecter des prétentions exorbitantes et déplacées.

Trembleuse

Sonnette électrique.

Tremblote

La fièvre. Avoir la fièvre, c’est avoir la tremblote.

Tremblotte

La fièvre. Allusion au tremblement qu’elle produit. On dit d’un homme qui a peur de la moindre des choses : il a la tremblotte. C’est aussi un truc employé par les mendiants pour exciter la charité publique ; ils font semblant de trembler. Mot à mot : de grelotter (Argot du peuple). N.

Trémousser (se)

Jouer des fesses et des reins. S’agiter sous l’homme, — ou sur la femme, selon le plaisir que l’on ressent et que l’on veut faire partager ; afin d’arriver a la jouissance mutuelle.

Amusez-vous, trémoussez-vous
Amusez-vous, belles ;
Amusez-vous, ne craignez rien,
Trémoussez-vous bien

Désaugiers.

Quoique usé, le vieux Mondor
Pour Lisette soupire
L’âge a rouillé son ressort
Mais il se trémousse encor
Pour rire.

Piton.

Trempage

Ivresse, — dans le jargon des ouvriers imprimeurs. Fort trempage, forte ivresse. Empoigner un fort trempage. Allusion à la tremperie.

Trempe

s. f. Vigoureuse et brutale correction. On dit aussi Trempée.

Trempé (être)

Être mouillé par la pluie.

Trempe, trempée

Volée de coups. Tremper une soupe, battre.

Trempée

Correction.

Si je ne me respectais pas, je vous ficherais une drôle de trempée !

Gavarni.

De Tremper une soupe. V. Soupe.

Trempée, Trempe

Volée de coups.

Madame, si je ne me respectais pas, je vous ficherais une drôle de trempée !

(Gavarni.)

Tremper

v. a. Battre.

Tremper

v. n. Souper, manger, — dans l’argot des ouvriers.

Tremper son pied dans l’encre

v. a. Être consigné, — dans l’argot des vieux troupiers.

Tremper une soupe

Battre quelqu’un.

Il m’a fait des sottises ; lorsque je le rencontrerai, je me charge de lui tremper une soupe.

Tremper une soupe à quelqu’un

v. a. Le maltraiter rudement, par paroles ou par action. Argot du peuple.

Trempette

s. f. Biscuit ou morceau de pain trempé dans un doigt de vin. Faire la trempette. Déjeuner d’un morceau de pain trempé dans un verre de vin.

Trempette

s. f. Pluie, — dans l’argot des faubouriens.

Tremplin

s. m. La scène — dans l’argot des coulisses.

Tremplin

La scène, — dans le jargon des comédiens.

Trente et un, trente-six (se mettre sur son)

Mettre sa plus belle toilette.

Elle s’était mise sur son trente et un, et je puis vous assurer qu’elle était bien ficelée.

Vidal, 1833.

Trente points (les)

Qui constituent la beauté des femmes, sont, — je cite d’après Brantôme ;

Trois choses blanches : la peau, les dents et les mains.
Trois noires : les yeux, les sourcils et les paupières.
Trois rouges : les lèvres, les joues et les ongles.
Trois longues : le corps, les cheveux et les mains.
Trois courtes : les dents, les oreilles et les pieds.
Trois larges : la poitrine, le front et l’entre-sourcils.
Trois étroites : la bouche, la ceinture et le con.
Trois grosses : le bras, la cuisse et le mollet.
Trois déliées : les doigts, les cheveux et les lèvres.
Trois petites : les seins, le nez et la tête.

Trente-et-un

s. m. Dernière élégance, suprême bon ton, — dans l’argot du peuple. Se mettre sur son trente-et-un. Se vêtir de son plus bel habit ou de sa plus belle robe, — l’habit à manger du rôti et la robe à flaflas. On dit aussi Se mettre sur son trente-six et sur son quarante-deux.

Trente-et-un (être sur son)

Avoir mis ses plus beaux habits. Terme emprunté au jeu de cartes appelé « trente-et-un ». Le point de trente-et-un prime tous les autres, c’est le plus beau du jeu.

Trente-six carreaux

Voir Souricière. Trente-six carreaux, parce que c’est le nombre de vitres de la porte de la cellule.

Trente-sixième dessous

s. m. Le troisième dessous des gens amis de l’hyperbole.

Trente-sixième dessous (dans le)

Même sens que Troisième dessous.

Le pauvre vicomte a été enfoncé dans le trente-sixième dessous.

Montépin.

Trente-sixième dessous (être dans le)

Être tombé dans là misère aussi bas que possible. — Avoir échoué complètement, en parlant d’une œuvre dramatique.

Trep

Populace, foule.

Trèpe

Rassemblement.

Trèpe

Foule. — Corruption de Troupe. V. Garçon, Trèfle.

Trèpe

Foule, — dans le jargon des voleurs. — Servir de trèpe, faire ranger la foule. (L. Larchey)

Trèpe

Ne veut pas dire la foule, comme le disent les dictionnaires d’argot ; ce mot veut dire clientèle, d’après Loyssel.

Faut pas blaguer, le trépe est bath
Dans ce taudion, i s’trouve des rupins
Si queuq’s gonciers traînent la savate
J’en ai r’bourré qu’ont d’scarpins. (Argot des voleurs).

Trèpe (du)

Du monde.

Trépeligour

Vagabond, — dans l’ancien argot.

Trépignard

Voleur qui profite d’un rassemblement, qui, au besoin, de complicité avec un ou deux compères, fait naître un rassemblement à la faveur duquel il exercera sa petite industrie. En argot, trèpe veut dire foule, rassemblement.

Trépignée

s. f. Coups donnés ou reçus.

Trépignée

Volée de coups. — Flanquer une trépignée dans le gîte, administrer une volée soignée.

Trépigner

Battre. — Mot à mot : trépigner sur le corps. — Trépignée : Rossée.

Trépigner

v. a. Accabler de coups.

Trépigner

Battre.

Trepp

Rassemblement de monde. À l’arrivée du commandant Marchand, il y avait du trepp à la gare. Dans un café, où il y a beaucoup de clients, il y a du trepp.

Treppe

s. m. Peuple ; foule, — dans l’argot des voleurs. S’esbattre dans le treppe. Se mêler à la foule. J’ai bien envie de faire descendre ce mot du grec τρέπω (tourner, s’agiter en désordre comme fait la foule).

Treppe

Peuple, foule. Troupe.

Treppe

Foule, public.

Trésor (le père)

Le trésorier.

Tresse

Cœur.

Tresser des chaussons de lisières

Occupation des prisonniers dans les maisons centrales.
— À tresser des chaussons de lisières pendant dix berges, j’ai affuré quatre sigues ! (Argot des voleurs).

Triangle

s. m. Chapeau, — dans l’argot des francs-maçons.

Triangle

s. m. La bouche, — dans l’argot des rapins, qui se rappellent leurs principes de dessin, s’ils oublient ceux de la bienséance. Clapoter du triangle. Avoir l’haleine homicide.

Triau

s. m. Ennui, trimage, — dans l’argot des ouvriers.

Tribade

Mot grec (τριβάς) signifiant une femme qui abuse de son sexe avec une autre femme.

Les tribades s’adonnent à d’autres femmes ainsi que les hommes mêmes.

Brantôme.

Tribades, mes amours,
Sacrifions toujours
Dans ce temple où Venus
Garde pour nous ses trésors inconnus.

J. Duflot.

Tribadie : amour d’une femme pour une autre, très répandu dans les pensionnats de jeunes filles et dans les couvents de femmes.

Comtesse De N*.

Dans cette Grèce aujourd’hui qu’on renomme
Que faisiez-vous, vierges du Parthénon ?
Que faisiez-vous, ô vestales de Rome ?
Vous tribadiez en l’honneur d’Apollon.

J. Duflot.

Tribouiller

v. n. Tressaillir, sauter d’aise, remuer de joie. Argot du peuple.

Triboulet

s. m. Homme grotesque, servant de jouet aux autres, — en souvenir du fou de Louis XII et de François Ier.

Tric-trac

Grime.

Tricard

Homme en rupture de ban. Il a cassé sa canne ou sa trique.

Trichard

adj. et s. Tricheur.

Trichard

Tricheur. Voler au jeu (Argot du peuple).

Tricher

Forcer, par un habile coup de cul, le membre de l’homme à se retirer au moment où il va décharger son sperme, pour ne pas s’exposer à faire d’enfants, — ce qui est peut-être prudent, mais, en tout cas, malhonnête, volant qui triche.

Pour nous, femmes sages,
Hors de nos ménages,
Il faut jouir peu
Ou tricher au jeu.
Tricher ! quelle gène !
On conçoit sans peine,
Quand on est expert,
Tout ce qu’on y perd.

Béranger.

Tricher

v. a. Moucher la chandelle, — dans l’argot des bourgeois.

Tricher

Suivre l’école matrimoniale de Malthus.

Tricher

Suivre la doctrine de Malthus.

Tricher

V. Gêné.

Trichine

s. f. Petite dame, naturellement mêlée à toutes les cochonneries sociales, et qui peut empoisonner les imprudents qui la consomment, la trouvant appétissante.

Trichiner (se)

Déjeuner avec de la charcuterie. L’expression est de l’année 1866, qui datera dans les fastes de la peur par l’invention des trichines que certains médecins allemands — ou iroquois — affirment être par milliers dans la viande de porc. Les jambons sont tombés en discrédit !

Tricoter

Battre. — Du vieux mot Tricote : gros bâton. V. Roquefort.

Prends vite un bâton ; Tricote cet homme sans cœur.

Chanson carnavalesque, 1851, impr. Chassaignon.

Tricoter

Danser. — Comparaison du jeu des jambes à celui des aiguilles.

Tricoter

v. a. Battre. On dit aussi Tricoter les côtes.

Tricoter

v. n. Danser.

Tricoter des fesses

Les remuer vivement dans l’acte vénérien, pour mieux, jouir ou pour mieux faire jouir l’homme.

Tricoter des jambes

v. n. Courir.

Tricoter des jambes

Danser ; se sauver.

Tricoter des jambes

Danser. Se sauver.

Tricoter des pincettes

Danser.

Tricoter les côtes

Battre.

Trie

Réunion, — dans l’ancien argot. — Faire le trie, déserter, à un signal donné, l’atelier, pour aller prendre des forces chez le marchand de vin, — dans le jargon des typographes. L’expression date de 1764.

Trifaille

Enfant.

Triffois ou tuffre

Tabac.

Triffonnière

Tabatière.

Trifouillée

Remuer, chercher en bousculant tout. A. D Trifouillée, c’est trois fois fouiller, mais le peuple ne donne pas ce sens à cette expression. Trifouillée veut dire battre.
— Je vais te coller une trifouillée en cinq sec (Argot du peuple). N.

Trifouiller

v. n. Remuer, chercher en bousculant tout.

Trifouiller

Fouiller partout, embrouiller, mettre tout sens dessus dessous en cherchant un objet.

Trifouilleur

Brouillon, sans ordre.

Trimancher

Cheminer, marcher.

Trimancher

Cheminer, marcher.

Trimancher

Cheminer, marcher.

Trimancher

Marcher, courir par la ville. Variante de trimer. (L. Larchey)

Trimancher

Marcher. Même signification que trimarder (Argot du peuple).

Trimancher, trimarder, trimer

Marcher, cheminer.

Trimar

Grand chemin.

Trimar

Grande route, où triment les voyageurs. V. Butter.

Travailler sur le grand trimar, c’est voler sur le grand chemin.

Cinquante mille voleurs de plus à Paris, in-8, 1830.

Trime : Rue. — Trimin : Chemin.

Sur mon trimin rencontre Un pègre de quartier.

Vidocq.

Diminutif de Trimar. Faire son trimar se dit des filles qui se promènent la nuit pour raccrocher. V. paillasson.

Trimar

s. m. Chemin. — dans l’argot des voleurs, qui y triment souvent en attendant leurs victimes. Grand trimar. Grande route. On dit aussi Grande tire.

Trimar

Éventaire ; balle de marchand ambulant, boutique de marchand forain.

Trimar

Chemin, rue. Eventaire. Balle. Grand trimar, grande route.

Trimar (aller au)

Sortir pour voler sur la voie publique, — dans le jargon des voleurs.

Trimar (faire son)

Raccrocher, — dans l’argot des filles.

Trimar (patiner le)

Raccrocher, — dans l’argot des filles.

Trimar, Grand trimar

Route, voie publique, — dans le jargon des voleurs, qui disent également : Trime et grande tire.

Trimard

Chemin.

Trimard

Chemin. Faire suer le chêne sur le grand trimard, assassiner sur la grande route.

Trimard

Chemin.

Trimard

Chemin.

Trimard

Chemin. Grand trimard : grande route (Argot des voleurs).

Trimard

Chemin, route. Un ouvrier qui va de ville en ville chercher du travail, va sur le trimard.

Trimard

Chemin.

Trimarde

Rue.

Trimarde

s. f. Rue. On dit aussi Trime.

Trimarder

Voyager.

Trimarder

Marcher.

Trimarder

Voyager. Quand un apprenti a appris son état, pour se former, il fait son tour de France. Il trimarde, mais en travaillant. Mot à mot : parcourir les grandes routes. Ceux qui trimardent ne sont autre chose que des vagabonds ; ils ont une profession, mais ne travaillent jamais. Cette profession leur sert pour mendier. Le truc est des plus simples : Le trimardeur, supposons le compositeur typographe, entre dans un atelier avec la quasi-certitude qu’il ne sera pas embauché, c’est ce qu’il souhaite. Il demande mèche ; on lui répond qu’il n’y a pas de place vacante, alors il lâche son boniment :
— Il vient de loin, de Paris ; il a été malade en chemin, il est dans la plus affreuse misère, il sollicite la permission de faire la quête. Le patron donne, les compagnons donnent aussi ; il savent bien que c’est un fainéant, mais les typos ont bon cœur, ils préfèrent être volés dix fois que d’en refuser une à une misère véritable.
Avec ce métier, les trimardeurs sont les gens les plus heureux du monde (Argot d’imprimerie). N.

Trimarder

Voyager à pied.

Trimarder, trimancher

Marcher. Voyager.

Trimarder, trimer

Cheminer, marcher.

Trimarder, trimer

Cheminer, marcher.

Trimardeur

Voleur de grand chemin. (V. Delvau : Trimar.)

Trimardeur

Celui qui voyage sur les routes. Celui qui travaille beaucoup est aussi un trimardeur.

Trimardeuse

Fille publique qui fait le trottoir. L’asphalte n’est pas la grande route, on l’appelle néanmoins le trimard parce que la fille y trime (Argot des souteneurs).

Trimart

Chemin.

Trimbaler

Transférer.

Trimbaler

Marcher en portant un fardeau, transporter.

Trimbaler son cadavre

Se promener. — Trimbaler son crampon, promener sa femme ou sa maîtresse légitime. — Trimbaler un pante, promener un provincial !

Trimbaleur

Cocher ; charretier, camionneur.

Trimbaleur d’indigents

Cocher d’omnibus.

Il y a d’abord la grande joie des « trimbaleurs d’indigents », autrement dit les cochers d’omnibus.

(Événement, du 3 octobre 1878.)

Trimbaleur de machabées

Cocher de corbillard. Désigné encore sous les noms de : Trimbaleur de conis, trimbaleur de refroidis, trimbaleur de carne pour la sèche.

Trimbaleur de piliers de boutanche

Filou qui exploite les commis de magasin porteurs de paquets. Après avoir fait une acquisition qu’il doit payer à domicile contre livraison, le trimbaleur de piliers de boutanche se fait accompagner par un commis. Chemin faisant il saura, en usant de ruse, s’approprier la marchandise.

Trimballage

Transport.

Trimballer

Conduire.

Trimballer

Marcher. — Mot à mot : baller sur la trime : se remuer dans la rue. V. Momir. — Trimballeur de coni, de refroidi : Croque-morts (Vidocq).

Trimballer

v. n. Se promener, — dans l’argot des faubouriens.

Trimballer

v. a. Promener quelqu’un, traîner quelque chose.

Trimballer

Conduire. Transférer d’une prison à une autre.

Trimballeur

s. m. Homme qui fait aller son monde.

Trimballeur

s. m. Cocher, — dans l’argot des voleurs. Trimballeur des refroidis. Cocher des pompes funèbres.

Trimballeur de refroidis

Le cocher qui conduit les corbillards.
— Ce qui m’emmerde, quand je serai refroidi, c’est d’être trimballé par l’omnibus à coni (Argot des voleurs).

Trimballeur de rouchies

Souteneur.

Trime, Trimin

Rue.

Trimelet

Fil à coudre.

Trimelet

Fil à coudre.

Trimer

Marcher.

Trimer

v. a. Aller ou venir inutilement ; se morfondre dans l’attente. Argot des faubouriens.

Trimer

Marcher pour placer de la marchandise.

Trimer

Marcher. Se donner de la peine, travailler dur. Raccrocher dans la rue.

Trimer

Aller et venir inutilement, se morfondre. A. D. De trimer on a fait trimard, raccrocher, c’est-à-dire travailler, c’est le vrai sens du mot.
— Je trime d’un bout de l’année à l’autre pour élever mes gosses, et je n’en suis pas plus avancé.
Trimer veut dire travailler péniblement (Argot du peuple). N.

Trimer

Travailler.

Il faut trimer ferme pour élever sa famille.

Trimer

Travailler.

Trimer (faire)

v. a. Se moquer des gens en les faisant poser, — dans l’argot de Breda-Street.

Trimer les mathurins (faire)

Manger ; c’est-à-dire faire travailler les dents.

Trimestre (régler le trimestre à quelqu’un)

Lui flanquer une pile.

Trimmer

v. n. Écrire comme Léo Lespès, — dans l’argot des gens de lettres, jaloux du succès inouï de Timothée Trimm, chroniqueur du Petit Journal. Quelques-uns disent aussi Thimothéetrimmer.

Trimoire

Jambe.

Trimoires

s. f. pl. Les jambes, — dans l’argot des voleurs.

Trimoires

Jambes, — dans le jargon des porte-balles et des marchands ambulants.

Trimoires

Les jambes.

Tringle

Voir bogue.

Tringle

Rien.

Tringle !

adv. Rien, non, zéro, — dans l’argot des voyous.

Tringlo

s. m. Soldat du train, — dans l’argot des troupiers.

Tringlo

Soldat du train des équipages militaires.

O muse ! raconte-nous la grandeur héroïque
De cet humble soldat, qui brandissant sa trique,
Monté sur un mulet, cheminant pas à pas,
Arrose les lauriers… mais ne les cueille pas.

(A. Camus.)

Tringlos

Soldat du train. — Diminutif de train.

Ce que les tringlos, soldats du train des équipages militaires, ne pourront nous apporter.

A. Camus.

Tringlot

Soldat du train.

Trinquer

Ce verbe, qui, dans l’argot, a le sens propre de être battu, s’emploie aussi au figuré comme synonyme de : être malmené, être tancé.

Il faut que M. B… (qui a fortement trinqué dans cette séance) et les actionnaires résilient leurs baux.

(Intransigeant, sept. 1888.)

Trinquer

Recevoir des coups. Être malmené.

Trinquer

Boire en choquant son verre. Trinquer : recevoir une volée (Argot du peuple).

Trinquer

Recevoir des coups ou des réprimandes.

Trinquer

Être battu.

Trinquer (faire)

Battre, maltraiter, — dans le jargon des voleurs. — J’ai rien fait trinquer le gonse. — Je t’vas trinquer le godard à coups de sorlot.

Triomphe

« Le triomphe est une vieille coutume de Saint-Cyr, qui consiste à promener sur une prolonge d’artillerie les vainqueurs du jour (lors de l’inspection) tandis, que les élèves forment dans la cour une immense farandole et chantent le chœur légendaire de la Galette. » (Figaro, du 26 juillet 1877.)

Tripaille

Enfant (Argot des voleurs). V. Loupiau. N.

Tripasse

s. f. Vieille femme, — dans l’argot du peuple, qui emploie cette expression depuis longtemps, comme on peut en juger par les vers suivants :

Si elle estoit dure et poupine,
Voulentiers je la regardasse ;
Mais elle semble une tripasse
Pour quelque varlet de cuysine.

Tripasse

Femme laide et d’un embonpoint excessif.

Tripasse

Femme grosse, vieille et laide.

Tripatouiller

Manier maladroitement quelque chose ; mêler, embrouiller, rendre confus, tripoter. N’en déplaise à M. Bergerat qui a lancé ce verbe au commencement de cette année 1888, ce mot est un barbarisme, barbarisme voulu, je le veux bien, mais enfin barbarisme. Que ne se servait-il pour exprimer sa pensée, du mot touiller, inusité aujourd’hui, sauf dans le centre de la France, où il signifie crotter, salir. Touiller a ses quartiers de noblesse puisqu’au temps de Charles VII, c’est-à-dire au XVe siècle, on l’employait aux sens de salir et brouiller. Il y avait même le substantif touilleur, brouillon, qu’on trouve dans Cotgrave et qui est aujourd’hui remplacé par tripatouilleur. On a même inventé tripatouille et tripatouillage.

Il (M. Bergerat) a accusé M. Porel, directeur du théâtre de l’Odéon, d’avoir voulu tripatouiller dans sa comédie. Notez le verbe, il est pittoresque.

(Illustration, janvier 1888.)

C’est à vous, Caliban, à qui je veux parler.
Vous ayez un défaut que je ne puis céler
Vous créez chaque jour quelque néologisme
Qui n’est, le plus souvent, qu’un affreux barbarisme,
Ainsi tripatouillage est votre enfant nouveau ;
Tripatouille est de mode. On ne sait ce qu’il vaut
Mais on s’en sert
On dit : je tripatouille et nous tripatouillons.
Tripatouiller est donc le vocable à la mode.

(Événement, janvier 1888.)

Tripatrouillage

Tripoter dans les poches de quelqu’un. Tripoter dans une caisse ou un tiroir.
— Vous n’allez pas bientôt finir de me tripatrouiller, vous allez me chiffonner (Argot du peuple). N.

Triper

Donner le sein. (L. Larchey)

Triper

Donner le sein à un enfant.

Tripes

s. f. pl. Gorge mal faite, — ou trop fournie.

Tripes

s. f. pl. Les entrailles de l’homme.

Quand Renaud de la guerre vint,
Tenant ses tripes dans ses mains,

dit une vieille chanson populaire.

Tripes

Seins mous et volumineux.

Tripes

Tétons déformés, élastiques comme un morceau de caoutchouc. Allusion au morceau de tripe que les tripiers nomment le bonnet : c’est la panse (Argot du peuple).

Tripes

Seins pendants.

Tripière

Femme ou fille à la gorge mal faite, — ou trop fournie.

Madame de Bassompierre, qui n’était ni jeune ni belle, et qui n’avait’ pour elle que son embonpoint et ses grands airs, ne manquait pas de galants… Le Plessy-Guénégaud s’amusait à payer cette grosse tripière comme un tendron, parce qu’elle était de qualité.

P. Dufour (Hist. de la prostitution.)

Tripière

adj. et s. Fille ou femme trop avantagée.

Tripière

Femme très avantagée sous le rapport de la poitrine. — Forte tripière, énormément bien avantagée.

Tripoli

s. m. Eau-de-vie, — dans l’argot des faubouriens, qui s’imaginent peut-être qu’ils se nettoient la poitrine avec cela. Coup de tripoli. Verre d’eau-de-vie.

Tripoli

Eau-de-vie de très mauvaise qualité.

Tripoli

Voyez Schnick.

Tripoli

Mauvaise eau-de-vie.

Tripot

Garde de police.

Tripot

Garde municipal. Dérivé, de tripotée.

Tripot

Garde municipal. Maison de jeu de dernier ordre.

Tripotée

Correction. — Du vieux mot tripeter : fouler aux pieds. V. Roquefort.

Oh ! quelle tripotée je vous ficherais, ma poule !

Gavarni.

Tripotée

s. f. Coups donnés ou reçus, — dans l’argot du peuple.

Tripotée

s. f. Grande quantité de choses.

Tripotée

Arrangement à coups de poing ; scène de pugilat domestique.

Tripotée

Pugilat.

Tripotée

(En donner ou en recevoir une).
— Il a reçu une rude tripotée.
On dit aussi tripotée pour beaucoup.
— J’ai une tripotée d’enfants qui me font perdre la tête (Argot du peuple).

Tripoter

v. n. Hanter les tripots, — dans l’argot des faubouriens.

Tripoter

v. a. et n. Toucher à tort et à travers, aux choses et aux gens ; farfouiller. Tripoter une femme. S’assurer, comme Tartufe, que l’étoffe de sa robe — de dessous — est moelleuse.

Tripoter la couleur

v. a. Peindre, — dans l’argot des artistes.

Tripoter le carton

Jouer aux cartes.

Tripoter une femme

Polissonner des mains avec elle, lui prendre le cul et les tétons.

Je tripote,
Je bahote
Près de la cambuse aux crottes.

(Parnasse satyrique.)

Tripoteurs

Individu qui tripote une femme. Boursier qui tripote, à la Bourse, des affaires malpropres et louches. On dit aussi patricoter (Argot du peuple). N.

Tripotier

Individu qui tient un tripot. — Au féminin, tripotiêre, celle qui tient table d’hôte et écarté.

Triquage

s. m. Triage des matières, — dans l’argot des chiffonniers.

Triquage

Triage de chiffons.

Triquard

Celui qui était soumis à la surveillance et qui rompait son ban était en trique, il était triquard, c’est-à-dire : dans le cas de se faire arrêter et condamner. Aujourd’hui le triquard est l’interdit qui se trouve dans une des villes où il lui est défendu de passer. Voir Surbine.

Trique

Cabriolet.

Trique

Dents.

Trique

s. f. Canne, bâton, gourdin, — dans l’argot du peuple. On disait autrefois Tricot ;d’où la loi du Tricot, pour signifier l’Argument brutal, le syllogisme du poignet, non prévu par Aristote.

Trique

Surveillance. Casser sa trique, rompre sa surveillance. Triquer (Être) : être condamné à la surveillance. Allusion ancienne, quand autrefois les condamnés étaient pendant cinq ou dix ans sous la trique des argousins (Argot des voleurs).

Trique

Surveillance de la haute police, remplacée par l’interdiction de séjour.

Trique

Surveillance.

Trique (être en)

Être sous la surveillance de la haute police. — Casser sa trique, rompre son ban.

Trique à gueule

Métaphore réaliste signifiant cuillère. On dit aussi : pelle à gueule.

Trique à gueule

Cuiller à bouche.

Trique à larder, trique à picoter

Canne à épée. — Faire flamber la trique à larder, jouer de la canne à épée, porter un coup de canne à épée.

Trique-poux

Coiffeur.

Triquebilles

Vieux mot employé pour désigner les testicules.

Qu’on me coupe les triquebilles !

(Cabinet satyrique.)

Triquer

v. a. Trier les chiffons.

Triquer

v. a. Donner des coups de canne ou de bâton.

Triquer

Trier le contenu d’une hotte de chiffonnier.

Triquer

Trier des chiffons. Donner des coups de trique.

Triqueur

s. m. Maître chiffonnier, qui trie ce que lui apportent les autres.

Triqueuse

Trieuse de chiffons chez un chiffonnier en gros.

Triste à pattes

Fantassin.

Trognade

Gâteaux, fruits, sucreries, — dans le jargon des collégiens. — Trogner, manger des friandises. — Trognerie, action de trogner. — Trogneur, qui mange beaucoup de friandises.

Trogne

Figure.

Trogne

s. f. Visage, — dans l’argot du peuple, qui le dit surtout de toute tuberosa faciès. Belle trogne. Visage empourpré et embubeletté, comme le sont presque tous les visages d’ivrognes. Le mot a des chevrons :

Il faut être Jean Logne
Pour n’aimer pas le vin ;
Pour moi, dès le matin
J’enlumine ma trogne
De ce jus divin !

a chanté le goinfre Saint-Amand.

Trogne

Le visage. Quand un individu a la trogne couperosée, dans le peuple, on lui lance cette plaisanterie :
— C’est ta femme qui boit, et c’est toi qui a le nez rouge.
Avoir une trogne de vin de Bourgogne, c’est une trogne d’ivrogne (Argot du peuple).

Trognon

Petite femme.

En lorgnant la brunette, j’lui dis : Mon petit trognon

Les Amours de Jeannette, ch., 1813.

Trognon

s. m. Tête, — dans l’argot des faubouriens, moins polis que les gueux anglais, qui eux disent Costard (grosse pomme). Dévisser le trognon. Tordre le coup à quelqu’un.

Trognon

s. f. Petite fille, le cœur d’une femme, — dans l’argot du peuple.

Trognon

Expression de tendresse, comme mon petit chat, mon petit lapin bleu.

Qu’il est joli, qu’il est mignon,
Qu’il est gentil mon p’tit trognon, (Argot du peuple).

Trognon (mon petit)

Terme d’amitié, pour mon petit trognon de chou.

Trois-étoiles

Se dit d’une personne dont on cache le nom.

Le célèbre monsieur Trois-Étoiles.

J. Janin.

La femme légitime de ce peintre est la maîtresse du gros trois-étoiles.

A. Second.

Trois-Étoiles

Nom qu’on donne — dans l’argot des gens de lettres — aux personnes que l’on ne veut pas nommer. On dit aussi Monsieur ou Madame Trois-Étoiles.

Trois-mâts

Brisquard à trois chevrons.

Trois-pont

Casquette en soie assez haute ; à l’usage de MM. les voyous.

Je les (les Alphonses) rencontre encore qui rôdent en bande, les cheveux effilés, en corne de bœuf, sur les tempes obscurcies par le troispont.

(Huysmans : Une goguette.)

Trois-ponts

Casquette de voyou et de souteneur.

Trois-six

Eau-de-vie.

Au moins, moi, j’dis pas que j’aime pas le trois-six !

Gavarni.

Trois-six

s. m. Eau-de-vie de qualité inférieure, âpre au gosier, — dans l’argot des bourgeois.

Trois-sous

s. m. Water-closets. On dit aussi Un quinte-centimes.

Troisième dessous

« Dans le troisième dessous des sociétés, pour emprunter à l’art dramatique une expression vive et saisissante, le monde n’est-il pas un théâtre ? Le troisième dessous est la dernière cave pratiquée sous les planches de l’Opéra, pour en recéler la rampe, les apparitions, les diables bleus que vomit l’enfer. » — Balzac.

Troisième dessous

s. m. La dernière cave pratiquée sous les planches d’un théâtre pour recevoir la rampe, les trucs, les machines, etc. Tomber dans le troisième dessous. Se dit d’une pièce sifflée, dont la chute est irrémédiable.

Troisième dessous

s. m. Le monde des coquins, « la dernière sape, inferi », de la société, « la fosse des ténèbres, la grande caverne du mal », dit Victor Hugo, qui la peint à grands coups de brosse, comme Dante, son Enfer.

Cette cave est au-dessous de toutes et est l’ennemie de toutes. C’est la haine sans exception. Elle a pour but l’effondrement de tout, — de tout, y compris les sapes supérieures, qu’elle exècre. Elle ne mine pas seulement, dans son fourmillement hideux, l’ordre social actuel : elle mine la philosophie, elle mine la science, elle mine le droit, elle mine la pensée humaine, elle mine la civilisation, elle mine le progrès. Elle est ténèbre et elle sent le chaos. Sa voûte est faite d’ignorance. Elle s’appelle tout simplement vol, prostitution, meurtre et assassinat. Détruisez la cave-ignorance, vous détruirez la taupe-crime.

Troisième rêne

s. f. La crinière du cheval, — dans l’argot des maquignons.

Troisième sexe

s. m. Celui qui déshonore les deux autres. « Il suffira de rapporter ce mot magnifique du directeur d’une maison centrale à feu lord Durham, qui visita toutes les prisons pendant son séjour à Paris. Le directeur, après avoir montré toute la prison, désigne du doigt un local en faisant un geste de dégoût : Je ne mène pas là Votre Seigneurie, dit-il, car c’est le quartier des tantes. — Hao ! fit lord Durham, et qu’est-ce? — C’est le troisième sexe, milord. » (H. De Balzac.)

Troisième sexe (le)

Celui auquel appartiennent les pédérastes et les gougnottes.

— Je ne mène pas là votre seigneurie, dit-il, car c’est le quartier des tantes, — Hao ! fit lord Durham, et qu’est-ce ? — C’est le troisième sexe, milord.

H. De Balzac.

Trôler

Rôder.

Trôler

Porter. Rôder. Faire la trôle, aller de magasin en magasin offrir sa marchandise.

Trôler

Vendre en marchant.

Trôleur

Vagabond, rôdeur de barrière. — Marchand de peaux de lapins.

Trôleur

Commissionnaire. Vagabond. Marchand qui fait la trôle. Marchand de peaux de lapin.

Trôleuse

Raccrocheuse.

Trolier

Individu, commissionnaire qui va offrir de porte en porte aux marchands de meubles le travail de l’ouvrier qui est à son compte. Dans l’argot du faubourg Saint-Antoine on appelle cet ouvrier un choutier.

Troller

Porter.

Troller

v. n. Remuer ; aller çà et là, trimer. Argot du peuple.

Troller

v. a. Porter, — dans l’argot des voleurs.

Troller

Porter. A. D. Troller veut dire marcher.
— On te voit troller partout, tu ne travailles donc pas ?
Il existe au faubourg Antoine des ouvriers ébénistes en chambre qui confectionnent des meubles pour leur compte.
Ils trollent pour les vendre depuis la rue de la Muette jusqu’à la Bastille, généralement le samedi ; ce jour-là, le trottoir se nomme la trolle (Argot des ébénistes). N.

Trolleur

Commissionnaire.

Trolleur

s. m. Marchand de peaux de lapin, — chineur quand il achète et trolleur quand il revend.

Trombille

s. f. Bête, — dans l’argot des voleurs.

Trombille

Bête, — dans le jargon des voleurs.

Trombille

Bête.

Trombille

Bête, quelle que soit sa race (Argot des voleurs).

Trombine

Physionomie ridicule.

Trombine

s. f. Tête, visage, — dans l’argot des faubouriens.

Trombine

Figure, — Trombine en déche, mauvaise mine.

Trombine

Figure, visage.

Trombine, trompette

Tête, physionomie ridicule.

Tromboler

Voir rouscailler.

Tromboler les gonzesses

v. a. Aimer les filles, — dans l’argot des maquignons.

Tromboller

Aimer, — dans le jargon des voyous. — Tromboller les gonzesses, aimer les femmes.

Tromboller

Aimer.

Tromboller

Aimer autrement que platoniquement.
— Je vais tromboller ma gonzesse (Argot des souteneurs).

Trombone (faire)

Mettre la main au gousset et la retirer à plusieurs reprises sans en sortir de l’argent. Faire semblant d’avoir envie de payer. Les doigts qui vont et viennent dans la poche du gilet simulent le mouvement du trombone, — dans le jargon des troupiers.

Trompe

s. f. Nez, — dans l’argot des faubouriens, qui prennent l’homme pour un proboscidien.

Trompe

Nez. Avocat.

Trompe-chasse

Art (Vidocq). — L’art trompe l’œil.

Trompe-chasses

s. m. Peinture, tableau quelconque, — dans l’argot des voleurs.

Trompe-l’œil

s. m. Accessoire d’un tableau, tel que clou, déchirure, etc., si bien peint, qu’on le croirait naturel. Argot des artistes.

Trompe-la-mort

Individu condamné par les médecins, qui n’en meurt pas plus vite pour cela.
— Il trompe la mort qui le guette.
On dit également :
— Il a repris du poil de la bête.
Cette expression ; trompe la mort, date de 1848.
Un ouvrier forgeron, arrêté sur une barricade, lors de l’insurrection de Juin, fut conduit, avec un groupe de combattants, à la tombée de la nuit, au Champ de Mars, où se faisaient en masse les exécutions sommaires. On fusillait les malheureux rang par rang.
Il était au second rang ; par une présence d’esprit incroyable, à ce moment suprême, il tomba en même temps que le premier rang ; on n’y lit pas attention.
Vers onze heures du soir, l’exécution terminée, des tombereaux vinrent enlever les cadavres pour les transporter au cimetière Montmartre et les jeter dans la fosse commune.
On ne les recouvrait pas de terre, afin que les familles puissent les reconnaître le lendemain.
L’ouvrier avait eu la malchance d’être jeté au fond du tombereau ; il était inondé du sang qui coulait sur lui.
Pendant le trajet, après des efforts inouïs, il parvint à se hisser au-dessus des cadavres ; il sauta à bas de la lugubre voiture sans être aperçu, et alla se cacher chez un ami.
Le calme revenu, il rentra à l’atelier. Stupéfaction générale. Les camarades, qui connaissaient l’aventure, lui crièrent :
— Tiens ! voilà Trompe la mort.
Il l’avait rudement trompée, car il ne mourut qu’en 1888, à l’âge de quatre-vingts ans.
Trompe la mort (Argot du peuple).

Tromper d’endroit (se)

Enculer une femme, au lieu de la baiser, — ce qui peut arriver, la nuit surtout, au plus honnête homme.

Comm’ c’est chaud ! comm’ c’est étroit !
Tiens ! je m’suis trompé d’endroit !
J’ai fait un’ fameus’ bêtise,
Mamselle Lise…

A. De Calonne.

Se voyant traité d’la sorte,
Il dit qu’il s’est trompé de porte,
El vent m’ fourrer son outil
Dans un trou qu’ j’ai sous le nombril.

(Parnasse satyrique.)

Trompette

Colporteur de nouvelles. — Allusion à la trompette allégorique de la Renommée.

Trompette

Nez trop bruyant. — Nez en trompette : Nez relevé.

Trompette

s. f. Visage, — dans l’argot des faubouriens.

Trompette

s. f. Le nez, — à cause du bruit qu’il fait lorsqu’on se mouche.

Trompette

s. f. Cigare, — parce qu’on le tient continuellement à la bouche, comme si on voulait jouer un air quelconque.

Trompette

Visage.

Trompette (jouer de la)

Sacrifier à crepitus.

Trompette (nez en)

Nez à la Roxelane.

Trompette, Tirelire

Figure ; tête.

Trompetter

v. a. Divulguer, publier une chose qui devait être tenue secrète, — dans l’argot du peuple.

Trompion

Clairon.

Tronc d’arbre

Nervure de la feuille de tabac que l’on trouve dans le scaferlati non trié. (V. Peuplier.)

Tronche

Tête.

Tronche

Tête.

Tronche

Tête.

Tronche

La Sorbonne est la tête qui pense, qui médite ; la Tronche est la tête lorsque le bourreau l’a séparée du tronc.

Vidocq, 1837.

Gare la tronche ! prends garde à la tête.

d’Hautel, 1808.

Tronche

s. f. Visage ; tête, — dans l’argot des voleurs.

Tronche

Tête, visage. — Tronche à la manque, sergent de ville, agent de police, — dans le jargon des voleurs ; c’est-à-dire vilaine tête.

Tronche

Tête. Visage. Tronche à la manque. Gardien de la paix. Figure mauvaise.

Tronche

Tête (Argot des voleurs).

Tronche

Tête.

Je lui ai envoyé un coup de tronche dans l’estomac, qui l’a envoyé à dame.

Tronche

Tête.

Tronche (la)

La tête.

Tronche (la)

La tête.

Tronche de morue

Tête de mouton.

Tronche de refroidi

Fromage de Hollande, connu plus généralement sous le nom de tête de mort (Argot des voleurs).

Troncher

v. a. Embrasser.

Troncher

Le vocable s’explique suffisamment par ceci :
— Bibi a tronché la môme, elle a avalé le pépin (Argot du peuple).

Troncher

Voir rouscailler.

Tronchinette

s. f. Figure de jeune fille ; physionomie agréable ; petite tête. Argot des voyous.

Trône

s. m. Ce qu’on appelait autrefois « chaise d’affaires », et, longtemps auparavant, trulla. Argot des bourgeois. Être sur son trône. Alvum deponere.

Trône

Pot de chambre haute forme ; chaise percée. — Aller sur le trône, aller aux lieux d’aisances. — Être sur le trône, être aux lieux d’aisances.

Trone (être sur le)

Être assis sur la lunette des chiottes. Quand ça va bien, sûrement, on est plus heureux qu’un roi assis sur le trône (Argot du peuple).

Trône (le)

Le siège des cabinets.

Trône du plaisir

La nature de la femme.

Si mes vœux près d’Eglè sont toujours superflus,
Du trône du plaisir, si sa main me repousse.

Collardeau.

Tronfion

Clairon.

Tronque ou tronche

Tête.

Trop cuit

Femme ayant des cheveux rouges.
— Elle a été trop longtemps enfournée, elle est trop cuite (Argot du peuple). N.

Trop tot velé

Enfant venu avant terme. Allusion au veau mort-né. Avorton chétif et malingre (Argot du peuple).

Troquet

Pour mastroquet, marchand de vin.

Troquet

Marchand de vin.

Trot (aller au)

C’est-à-dire aller au trottoir, raccrocher, — dans le jargon des filles.

Trottant

Rat.

Trottant

Rat. Trottant d’entiffe, rat d’église.

Trottant

Rat.

Trottant

s. m. Rat, — dans l’argot des voleurs. On dit aussi Trotteur.

Trottant

Rat.

Trottant, Trotteur

Rat.

Trottante

Souris. — Trotteur : rat (Vidocq).

Trottante

s. f. Souris.

Trottante

Souris.

Trotte

Course pénible.

J’étais sortie pour éviter ces trottes-là à Alfred.

E. Sue.

Trotte

s. f. Course, — dans l’argot du peuple. Sacrée trotte. Course fort longue, que l’on ne peut faire qu’en beaucoup de temps.

Trotte-sec

Fantassin.

Trotter (se)

Déguerpir, — dans le jargon des soldats de cavalerie.

Trotter (se)

Aller. Aller vite. Partir. S’enfuir.

Trotteuse

Locomotive, — dans le jargon des mécaniciens des chemins de fer.

Trotteuse

Raccrocheuse.

Trotteuse

Montre qui marque les minutes. Trotteuse : fille publique infatigable qui trotte du soir au malin pour raccrocher (Argot des souteneurs).

Trottignole

Pied, soulier, — dans le jargon du peuple. Dérivé de trottin.

Trottin

Le trottin, toujours choisi parmi les grisettes les plus jeunes et les plus espiègles du magasin, était le véritable petit clerc de tout magasin de modes.

L. Huart.

Et de trotin toujours crotté, on en fit un petit commis.

Troisième suite du Parlement burlesque de Pontoise, 1652.

Trottin

s. m. Cheval, parce qu’il trotte. Argot des voleurs.

Trottin

Garçon de magasin qui fait les courses ; apprentie modiste qui fait les courses.

Trottin

Pied.

Trottin

Pied. Cheval. Apprentie modiste.

Trottin

Apprenti modiste que l’on rencontre arpentant les rues de Paris, portant une petite boîte qui contient un chapeau. C’est le gavroche femelle des ateliers de modistes. Le mot n’est pas nouveau. Scarron dit quelque part : Ensuite il appelle un trottin. (Argot du peuple).

Trottin

Jeune ouvrière ou apprentie parisienne.

Trottin de modiste

s. m. Jeune garçon ou jeune fille, domestique ou apprentie, qui va porter les chapeaux et faire les commissions des modistes. Argot des bourgeois. Il y a longtemps que ce mot signifie petit domestique, car Scarron a dit :

Ensuite il appelle un trottin,
Fait amener son guilledin
Orné d’une belle fontange.

Trottine

Soulier. — Trottines feuilletées, souliers qui plaident en séparation de semelles.

Trottines feuilletées

s. f. pl. Bottes ou souliers dont la semelle est en mauvais état. Argot des voyous.

Trottinet

Bottine de femme, soulier élégant, — dans le jargon des ouvriers.

Trottinet

Chaussures.

Trottinets

Souliers.

Trottinets

Souliers.

Trottinets

Souliers.

Trottinettes

Bottines (Argot des voleurs).

Trottins

Souliers.

Trottins

Pieds. — Les pieds trottent.

Trottins

s. m. pl. Les pieds, — dans le même argot [des voyous].

Trottoir

s. m. Répertoire, — dans l’argot des coulisses. Grand trottoir. Répertoire classique. Petit trottoir. Répertoire courant, drames et vaudevilles. Grand trottoir se dit aussi de la Haute-Bicherie, et Petit trottoir du fretin des drôlesses.

Trottoir

S’entend de deux façons. Faire le trottoir, raccrocher. Il n’est pas nécessaire pour faire le trottoir d’être sur le trottoir. Le trottoir est partout où la femme lève l’homme. Pendant l’Exposition de 1889, le trottoir de ces dames était le pont de l’Alma. À ce sujet, on avait fait ce calembourg :
— Les putains préfèrent le pont pour voir le velum (Argot des filles). N.

Trottoir (faire le)

Se dit des filles inscrites qui, le soir, se promènent sur le trottoir voisin de leur logis. — Grand trottoir, en termes d’argot comique, veut dire : haut répertoire.

Trottoir (femme de)

Fille publique.

Trottoir (le grand)

Le grand répertoire, — dans le jargon des comédiens.

Trou

La nature de la femme, ou l’anus.

Les grands trous leur sont odieux, déplaisants et désagréables.

(Variétés hist. et litt.)

Nenni, non. Et pourquoi ? Pour ce
Que six sous sauvés m’avez,
Qui sont aussi bien dans ma bourse
Que dans le trou que vous savez.

Collé.

Le bout était trop gros, ou le trou trop petit.

Piron.

Il fallut donc recourir aux verges… dont je vis bientôt les effets, par la croissance de l’allumelle de mon homme, qui, profitant du moment, commença à jouer au trou-madame.

(Mémoires de mis Fanny.)

Je m’y pris avec tant d’adresse
Qu’elle me dit, plein’ de tendresse ;
Je t’accord’ le droit marital.
Puis elle ajouta, pour final.
Tu sais le côté gui me blesse,
Ah ! ne va pas dans le trou d’ bal !

(Chanson anonyme.)

Au séminaire de Montrouge…
Chacun, en amateur de cul,
Loin de jouer au trou-madame,
Jouait toujours au trou du cul,

(Chanson anonyme moderne.)

La langue française
Est encore aujourd’hui si pauvre et si niaise,
Qu’elle n’a vraiment pas deux termes pour nommer
Cs petit trou mignon qui sait si bien charmer.

L. Protat.

Il se couche comme cela sur le ventre de la fille, et lui fourre, dans le trou par où elle pisse, ce long engin, avec le plus grand plaisir du monde.

Mililot.

Bernis chanta de Pompadour
Les trous qu’avait formés l’amour
Sur sa peau blanche et liste ;
N’en déplaise à l’auteur galant,
Moi, j’aurais chanté seulement
Le joli trou
Dont je suis fou,
Le joli trou qui pisse.

J. Cabassol.

Trou

s. m. Chambre insalubre, logis incommode, — dans l’argot du peuple.

Trou

s. m. Logis, habitation, — dans l’argot des bourgeois, qui disent souvent cela, par fausse modestie, d’une fort jolie maison de campagne.

Trou

s. m. Emploi, position sociale. Faire son trou. Réussir dans la vie ; asseoir sa réputation, sa fortune, son bonheur.

Trou

s. m. Entr’acte d’un long déjeuner ou d’un long dîner pendant lequel on sert le cognac ou le madère. Faire un trou. Boire un verre de cognac ou de madère au milieu d’un repas, afin de pouvoir le continuer avec plus d’appétit.

Trou

Prison. Mot à mot : trou de la réflexion, — dans le jargon des troupiers.

Trou (être dans le)

Être enterré.

Trou (faire son)

Arriver à une bonne position. — Mot à mot : faire sa trouée dans la foule.

Trou (faire son)

Faire son chemin dans le monde.

Trou (faire un)

Boire, au milieu d’un repas, un verre de cognac. Dans les dîners d’apparat, on fait le trou en se gargarisant avec des sorbets au rhum ou au kirsch.

Trou (le)

Prison.

Trou à la lune

Faillite, départ précipité pour cause de faillite. — Faire un trou à la lune, suspendre ses payements et prendre le chemin de fer, via Bruxelles.

Trou aux pommes de terre

s. m. La bouche, — dans l’argot des faubouriens. C’est la même expression que celle des ouvriers anglais : Potatoe trap.

Trou aux pommes de terre

La bouche (Argot du peuple).

Trou d’aix, trou de balle

Anus.

Trou de balle

s. m. Le podex, — dans l’argot des faubouriens. On dit aussi Trou du souffleur et Trou de bise.

Trou de balle

Le derrière. On dit aussi : la lumière (Argot du peuple).

Trou de bise

Derrière.

Parce qu’il est continuellement éventé des vents du trou de bise.

(Rabelais, l. I.)

Et les variantes : Trou de balle, trou du souffleur.

Trou du cul

s. m. Imbécile, homme incapable, — dans l’argot du peuple.

Trou sous le nez qui coûte cher (avoir un)

Avoir l’habitude de bien manger et de bien boire ; faire un dieu de son ventre.

Trou-du-cul

Sot, niais, gros imbécile.

Trou-du-cul (se démancher le)

Faire force salutations, se confondre en salutations.

Troubade

s. m. Apocope de Troubadour.

Troubade ou troubadour

Soldat d’infanterie. Alfred Delvau demande plaisamment si c’est en raison de sa clarinette de six pieds.

Troubade, troubadour

Fantassin. — Comme le troubadour, le fantassin fait en tous pays résonner sa clarinette. — Ch. Rousselot a fait le Troubade, chansonnette (1860).

Je suis Manon la cantinière
Et verse à boire aux troubadours.

J. Choux.

Troubade, Truffard, Truffardin

Soldat.

Troubadour

s. m. Soldat de l’infanterie, — dans l’argot du peuple. Est-ce à cause de la clarinette de cinq pieds ?

Trouée

Dentelle (Vidocq). La broderie fait trou.

Trouée

s. f. Dentelle, — dans l’argot des voleurs.

Trouée

Dentelle, — dans le jargon des voleurs.

Trouée

Dentelle.

Trouffion

Petit troupier (Argot du peuple). N.

Trouffion

Soldat.

Troufignard

Voir troufignon.

Troufignon

s. m. Le podex, — dans l’argot du peuple, qui employait déjà cette expression du temps de Béroalde de Verville.

Troufignon (?)

Il y avait dans le temps une chanson en vogue que chantaient les militaires en marche ; il s’agissait d’un âne qui avait perdu sa queue, et le refrain était ainsi :

Pauvre queue ! Triste queue ! Toi qui chassais si bien les mouches
À l’entour du troufignon.
La berdondaine, la berdondon.

Troufignon, Troufignard

Le fondement.

Troufion

Postérieur, soldat.

Trouillarde

s. f. Femme de mauvaise vie, — dans l’argot des faubouriens.

Trouillarde

Dévergondée.

Trouille

s. f. Domestique malpropre ; femme du peuple rougeaude et avachie.

Trouille

Souillon de cuisine, femme malpropre.

Trouille

Domestique malpropre, femme du peuple rougeaude et avachie. A.D. Trouille ne se prend pas en ce sens ; cela veut dire : tu n’as pas peur. Trouille est synonyme de hardiesse.
— Tu n’as pas la trouille d’entreprendre une tâche aussi difficile (Argot du peuple). N.

Trouille

Peur. — « Tu n’as pas la trouille (pas peur). » — « Tu veux que je te prête ma femme, tu n’as pas la trouille. »—« Si tu n’y va pas, c’est que tu as la trouille. »

Trouille

Peur.

Trouillon, trouillonne

Domestique malpropre.

Trouilloter

Puer, répandre une odeur infecte.

Trouilloter

Sentir mauvais.

Trouilloter de la hurlette

Puer de la bouche (Argot du peuple). N.

Trouillotter

v. n. Exhaler une mauvaise odeur. Trouillotter du goulot. Avoir l’haleine homicide.

Trouillotter

Puer. Trouillotter du goulot, être punais.

Troupe d’argent

s. f. Troupe de second ordre, — dans l’argot des coulisses.

Troupe d’argent

Troupe de théâtre qui joue à tour de rôle sur deux scènes ; par exemple à Montmartre et aux Batignolles. — La troupe de fer-blanc joue tantôt d’un côté, tantôt d’un autre, sans théâtre fixe.

Troupe d’or

s. f. Excellente troupe, — dans l’argot des comédiens. Les meilleurs rédacteurs, — dans l’argot des journalistes. On dit aussi Troupe d’hiver, parce que c’est ordinairement dans cette saison — la meilleure de l’année théâtrale et journalistique — que les directeurs de théâtres et de journaux renforcent leur troupe et donnent leurs pièces et leurs articles à succès.

Troupe de carton

s. f. Troupe plus que médiocre.

Troupe de fer-blanc

s. f. Troupe composée d’acteurs médiocres. Rédacteurs très ordinaires, — dans l’argot des journalistes. On dit aussi Troupe d’été, parce qu’à ce moment de l’année, les Parisiens riches étant en voyage ou à la campagne, il est inutile de se mettre en frais pour ceux qui restent à Paris.

Trousse

Postérieur.

Troussé (être)

Mourir subitement, ou en peu de jours, sans avoir eu le temps d’être malade. Argot du peuple.

Troussequin

Derrière. — De la partie de la selle que frotte la plus noble partie du cavalier.

Troussequin

s. m. La partie du corps qui sert de cible aux coups de pied, — dans l’argot des faubouriens. On dit aussi Pétrousquin, mais ce dernier mot est moins étymologique que l’autre, qui est proprement le Morceau de bois cintré qui s’élève sur l’arçon de derrière d’une selle.

Troussequin

Derrière ; pour pétrousquin.

Trousser

v. a. Expédier promptement une chose ou une personne, — dans l’argot du peuple.

Trousser (se faire)

Se faire baiser.

Mais aux champs une fillette
Se fait volontiers trousser.

De La Ferlière.

Trousser une femme

La baiser, la femme étant aussi vite baisée que troussée, ou femme troussée étant considérée comme foutue.

Quoi ! tu te laisses trousser tout de suite ?

La Popelinière.

Lite, indignée en sentant qu’il la trousse,
Sans doute alors se livrait aux sanglots.

Béranger.

Troussier

Assassin.

Trouvé

adj. Neuf, original, réussi, — dans l’argot des gens de lettres. C’est trouvé. C’est ingénieux.

Trouvé

Nouveau, original, — dans le jargon des artistes.

Trouvée (elle est)

Cette histoire est neuve, originale.

Trouver bonne, mauvaise (la)

Mot à mot : trouver la plaisanterie mauvaise.

Trouver des puces

Rencontrer une dispute — et même des coups. Argot du peuple. C’est la conséquence de cette autre expression Chercher des poux à quelqu’un.

Trouver mal sur (se)

Chiper, s’approprier un objet. — Qu’est-ce qui s’est trouvé mal sur mon trèfle ?

Trouver mauvaise (la)

Se dit — dans l’argot des faubouriens et des petites dames — d’une histoire désagréable, d’un acte déplaisant, d’un événement ennuyeux. Un faubourien se casse le bras : Je la trouve mauvaise ! dit-il. On enlève son amant à une petite dame : Je la trouve mauvaise ! dit-elle.

Trouver mauvaise (la)

Quand, par un verglas abominable, on se casse la figure, elle est mauvaise. Quand votre femme vous pond un gosse tous les ans, elle est mauvaise. Quand on a acheté cent mille francs de Panama, elle est mauvaise. En un mot on trouve mauvais tout ce qui vous arrive de désagréable dans la vie (Argot du peuple). N.

Trouveur ou part à deux

V. Ramastiqueur.

Trouveurs-faux vendeurs

Genre de vol pratiqué aux environs des gares de chemins de fer. Il consiste à feindre de trouver une bague en cuivre placée à l’avance par un complice dans un endroit désigné, et à la vendre comme de l’or à un naïf qui débarque (Argot des voleurs). V. Ramastiqueurs. N.

Troyen

s. m. Le trois, — dans l’argot des joueurs de dominos.

Troyen

Trois d’un jeu de dominos. Les dilettanti manquent rarement l’occasion de dire : Troyen de Berlioz.

Truc

Tout faire. Homme à truc : métier.

Truc

Industrie quelconque.

Truc

Manière de voler (Vidocq). — Du vieux mot truche (V. Roquefort). — La truche était l’art d’exploiter la pitié des gens charitables.

Grand Coësre, dabusche des argotiers et des trucheurs le grand maître, vivent les enfants de la truche ! vivent les enfants de l’argot !

Vidocq.

Cette juxtaposition de truche et de argot confirme notre pensée sur l’origine de ce dernier mot… Argot n’est qu’une forme d’argue : ruse, subtilité. — Au moyen âge, les mots truffe, trulle et trut avaient le même sens de finesse et d’imposture. Ce dernier, qui ne diffère pas beaucoup de truc, se trouve, dès le quatorzième siècle, dans une chronique rimée du duc de Bretagne, Jean IV (Lobineau, t. II, col.730) :

François prenoient trop divers noms Pour faire paour aux Bretons, Mais ils avoient plus de viel Trut Que vueille truie qui est en rut.

V. Roustir, Lem. Notre société a adapté le mot truc. au théâtre c’est la machine destinée à produire un changement à vue. l es féeries sont des pièces à trucs. pour un auteur dramatique, le truc est la science des détails. On dit d’un écrivain qui file la scène avec difficulté, qu’il manque de truc.

Truc

s. m. Tromperie ; malice, — dans l’argot du peuple. Avoir du truc. Avoir un caractère ingénieux. Connaître le truc. Connaître le secret d’une chose.
Le truc était, au commencement du XVIIIe siècle, un billard particulier, plus long que les autres, et pour y jouer proprement il fallait en connaître le secret.

Truc

s. m. Ficelle, secret du métier, — dans l’argot des saltimbanques. Débiner le truc. Révéler le secret d’un tour.

Truc

s. m. Machine destinée à produire un changement à vue, — dans l’argot des coulisses. Signifie aussi Entente des détails et de la mise en scène.

Truc

s. m. Façon d’agir, bonne ou mauvaise ; plus souvent synonyme de ruse, de tromperie : Tu sais, mon vieux, je n’aime pas ces trucs-là. Usité aussi dans d’autres argots. Piger le truc, découvrir la ficelle, la ruse. Rebiffer au truc, recommencer une chose déjà faite, à manger et à boire, par exemple.

Truc

Métier, — dans l’argot des voleurs. — À la Cour des Miracles le truc était un genre de vol qui consistait à dépouiller celui dont on implorait la charité.

Truc

Ruse, mensonge ingénieux.

Est-ce que je ne connais pas toutes les couleurs ? J’ai le truc de chaque commerce.

(Balzac, L’Illustre Gaudissart.)

Son chef-d’œuvre est l’invention du truc à l’amour.

(Mémoires de Thérésa.)

Ce farceur de Mes-Bottes avait eu le truc d’épouser une dame très décatie.

(E. Zola.)

Truc

Commerce infime en plein air, petit trafic de toute sorte d’objets sans valeur.

Le gamin de Paris fait tous les petits commerces qu’on désigne sous l’appellation de trucs. C’est sa qualité native.

(Ménetier, Les Binettes des cafés-concerts.)

Truc

Machine servant à produire un changement à vue au théâtre. — Le changement à vue lui-même. Les féeries sont des pièces à truc.

Truc

Métier. Ruse, tromperie. Secret d’un métier, d’un tour. Petit commerce. Racolage.

Truc

Connaître le truc, être malin. Avoir du truc, avoir les moyens de réussir. Truc : machine de théâtre employée dans les féeries pour un changement de décors à vue. Truc : moyen secret que possède un individu de faire quelque chose (Argot des camelots et des saltimbanques).

Truc

Signifie n’importe quoi, comme fourbi.

Truc (débiner le)

Révéler le secret d’un métier, les ruses d’un métier, la manière d’opérer.

Je vois que vous êtes du métier : ne débinez pas le truc.

(G. Escudier, Les Saltimbanques.)

Maquiller le truc, organiser une affaire.

Truc (donner le)

Donner le mot d’ordre, dans le jargon des voleurs. — Boulotter le truc, oublier le mot d’ordre ; c’est-à-dire manger la consigne.

Truc (Faire le)

Argot des filles. Raccoler.

Truc (grand)

Assassinat. C’est-à-dire : grand moyen.

Puis au grand truc vous marchez en flaffant.

(Mémoires de Lacenaire, 1836.)

Truc (repiquer au)

Recommencer. Récidiver.

Truc de la morgane et de la lance

Baptême. — Mot à mot : manœuvre du sel et de l’eau. V. Momir.

Trucage

Art de la fabrication du vieux-neuf.

Trucageur

Fabricant d’antiquités, fabricant de vieux-neuf.

Et, surtout, défiez-vous du trucageur, ô millionnaires !… Le trucageur est un artiste modeste, bien différent des autres artistes ses confrères. Il fait du vieux avec du neuf, l’innocent.

(Ed. Texier.)

Truche

s. f. Manière de voler, — dans l’argot des prisons.

Truche

Est une manière spéciale de voler. Le voleur qui la pratique est un trucheur (Argot des voleurs).

Truche

Aumône.

Trucher

Demander l’aumône.

Trucher

Demander l’aumône.

Trucher

Mendier.

Trucher, Tuner

Mendier, — dans l’ancien argot.

Trucheur

s. m. Voleur.

Trucheur, Tuneur

Mendiant. — Trucheuse, tuneuse, mendiante. Truche, mendicité. La faire à la truche, implorer la charité. Les mots « trucher, trucheur », sont des dérivés de l’ancien mot truc. (V. truquer.)

Trucheux

Gueux.

Trucheux

Gueux.

Trucsin

s. m. Prostibulum, — dans l’argot des voleurs.

Trucsin

Prostibulum.

Truculent

adj. Énorme ; farouche, sauvage, — dans l’argot des romantiques, cette fois néologistes (truculentus). Le mot a été employé pour la première fois par Théophile Gautier.

Truelle

s. f. Cuiller, — dans l’argot des francs-maçons. Ils disent aussi Pelle. Manier la truelle. Manger.

Truelle

s. f. Composteur. Cette expression semblerait assimiler les plâtres à des maçons.

Truelle

Composteur, — dans le jargon des typographes.

Truelle, Pelle

Cuillère, — dans le jargon des francs-maçons, qui appellent encore les fourchettes, des pioches ; les couteaux, des glaives ; les verres, des canons ; lès bouteilles, des barriques ; le vin blanc, poudre blanche ; le vin rouge, poudre rouge ; l’eau, poudre faible ; les liqueurs fortes, poudre fulminante ; les bougies allumées, des étoiles ; les mouchettes, des pinces ; le sel, du sable ; le poivre, sable jaune ; les chaises, stalles ; l’action de manger, mastiquer.

Truellée

s. f. Toute la composition que peut contenir un composteur.

Truffard

s. m. Soldat, — dans l’argot des faubouriens.

Truffard

Synonyme de grognard.

Truffard, Truffarde

Heureux, heureuse ; celui, celle qui a de la chance.

Truffe

s. f. Nez d’ivrogne, — dans l’argot des faubouriens, qui trouvent que ces nez-là ressemblent beaucoup au tuber cibarium. Ils ont raison.

Truffe

Pomme de terre. — Gros nez, nez d’ivrogne.

Truffe

Pomme de terre. Nez d’ivrogne. Truffe de savetier, marron.

Truffe

Nez, lorsqu’il est gros eu forme de groin. Allusion au cochon qui s’en sert pour chercher des truffes. Le peuple dit aussi : piton (Argot du peuple).

Truffe

Naïf, imbécile.

Truffé

adj. et s. Imbécile, homme bourré de sottises — comme un dindon de truffes.

Truffé

Rempli, bourré. N’est guère employé qu’avec le mot chic : Truffé de chic. — Dans son roman des Quatre sœurs, publié dans les Débats, (1842) Frédéric Soulié cependant a dit, en parlant d’un boudoir, qu’il était truffé de meubles.

Truffé

Crétin, niais, imbécile. Synonyme d’andouille. On dit dans le peuple :
— Il est truffé de bêtise, il arrive de son patelin, il n’est pas dessalé (il n’est pas dégrossi).
On dit également :
— Il est truffé d’argent.
Truffé, pour : beaucoup (Argot du peuple).

Truffe de savetier

s. f. Marron.

Truffe de savetier

Marron. Une dinde aux truffes de savetier.

Truffe de savetier

Des marrons. Le marron remplace la truffe chez le savetier, comme la pomme de terre remplace l’orange pour le Limousin (Argot du peuple).

Truffes (aux)

Soigné. — La truffe est un aliment de luxe.

Tu me feras un compte rendu aux truffes !

E. Augier.

Truffes (aux) !

C’est le : Aux ognons ! des gandins.

Truffière

Femme qui a beaucoup d’embonpoint, principalement dans la région des hanches.

Trumeau

s. m. Comédie ou vaudeville Louis XV, — dans l’argot des gens de lettres et des gens de théâtre.

Trumeau

Femme de mauvaise vie. — Vieux trumeau, prostituée hors d’âge.

Trumeau

Comédie ou vaudeville Louis XV. Trumeau signifie vieille femme. On dit dans le peuple :
— Sale trumeau, ta gueule est bonne à foutre dans les lieux pour faire chier les gens de peur (Argot du peuple). N.

Trune

Aumône.

Truquage

Se dit d’un meuble, d’un tableau ou d’un objet d’art qui a subi un truquage pour lui donner l’apparence de la vétusté ou le style d’une époque. Il y a des truquages célèbres qui ont trompé les plus grands amateurs. Un des plus souvent mystifiés est M. de Rosthschild. Tout le monde a présent à la mémoire le fameux bouclier acheté 100 000 fr., comme datant du XVe siècle, lequel avait été déniché à Rome chez un brocanteur. Ce bouclier avait été fabriqué de toutes pièces dans une cave de la rue Bourg-Labbé, et ne valait pas cent sous (Argot des artistes peintres). N.

Truque

Commerce, état, manière de voler.

Truquer

Vivre d’industrie.

Truquer

Commercer.

Truquer

v. n. Tromper ; ruser, — dans l’argot des voleurs. Signifie aussi Mendier.

Truquer

v. intr. Avoir recours à des trucs ; tromper. Usité dans d’autres argots.

Truquer de la pogne

Mendier. Mot à mot : ruser de la main.

Truqueur

« On appelle ainsi tous ces gens qui passent leur vie à courir de foire en foire, n’ayant pour toute industrie qu’un petit peu de hasard. » — Privat d’Anglemont. — C’est aussi un homme usant de trucs, dans toutes les acceptions susdites.

Truqueur

s. m. Homme qui passe sa vie à courir de foire en foire, de village en village, n’ayant pour toute industrie qu’un petit jeu de hasard.

Truqueur

s. m. Trompeur ; homme qui vit de trucs.

Truqueur

Habile, malin.

Truqueur

Industriel en plein vent qui exerce toute sorte de petits métiers ; vendeur de montres à dix sous, de chaînes de sûreté, de cartes transparentes, de porte-monnaie, etc., etc. — Individu qui court de foire en foire avec un jeu de hasard.

Truqueur

Individu du troisième sexe qui vit de son… industrie.

Truqueur

Malin. Contrefacteur. Individu qui exerce en plein vent un petit métier, un truc.

Truqueur

Le truqueur est un filou qui va de village en village et de foire en foire, avec un petit jeu de hasard qu’il exploite habilement. Ce jeu est généralement un chandelier fait avec les débris d’un vieux chapeau ; il met un sou sur le chandelier qui est placé dans une assiette. Il s’agit, au moyen d’une longue baguette d’osier, de faire tomber le chandelier et que le sou reste dans l’assiette. Cela n’arrive jamais, à moins de connaître le truc. Il y a une masse de truqueurs, surtout en cette fin-de-siècle où tout est truc pour gagner sa vie. (Argot du peuple). N.

Truqueur

Malin.

Truqueuse

Fille publique.

Tu me la tûmes !

Tu m’ennuies ! — dans l’argot des voyous, qui ont retenu, pour se l’approprier, ce refrain d’une chanson des rues célèbre il y a quinze ans.

Tu t’en ferais mourir

Réponse ironique à une question saugrenue.
— Payes-tu à déjeuner ? prêtez-moi cent francs ; avance-moi mon mois ; viens coucher avec moi ?
— Tu t’en ferais mourir.
Mot à mot : Tu ne voudrais pas (Argot du peuple). N.

Tu vas me le payer, Aglaé

Expression familière aux filles et à leurs hommes, pour signifier cinquante choses. — C’est l’équivalent de : As-tu fini ! ou de : Des navets !

Tu vas me le payer, Aglaé !

Expression de l’argot des filles et des faubouriens, qui l’emploient à propos de tout — et surtout à propos de rien. Quelqu’un annonce une nouvelle ou dit un mot drôle : Tu vas me le payer, Aglaé ! Il pleut ou il neige: Tu vas me le payer, Aglaé… On tombe ou l’on voit tomber quelqu’un : Tu vas me le payer…

Tu-tu

Petit paquet de mousseline chargé de cacher ce que le maillot collant indique trop — pour le père la Pudeur — alias M. Bérenger-Caton. La vieille chanson dit :

Son maillot en s’déchirant
À laissé voir son… événement
Ça d’vait la gêner su’ l’moment.

Ça ne gêne pas la Môme Fromage ni Grille d’Égout, moi non plus (Argot du peuple).

Tubard

Nez.

Tube

Fusil.

Tube

s. m. Le gosier, — dans l’argot des faubouriens. Se rincer le tube. Boire. Se coller quelque chose dans le tube. Manger. Signifie aussi Voix.

Tube

s. m. Nez, — dans l’argot des marbriers de cimetière. Se flanquer du terreau dans le tube. Priser.

Tube

Gosier. — Nez. Se piquer le tube, se griser.

Tube

Gosier. Nez. Fusil. Chapeau.

Tube

Chapeau haut de forme. On dit aussi : tuyau de poêle (Argot du peuple).

Tube

Le gosier. Dans le peuple, on dit deo celui qui a le ventre creux :
— Il n’a rien à se mettre dans le tube.
Boire un bon coup, c’est se rincer le tube.
— Il est quatre heures, je vais me coller un peu de fripe dans le tube.
Mot à mot : je vais manger (Argot du peuple).

Tube

Chapeau haut-de-forme, nez.

Tube à haute pression

Chapeau haute forme, — dans le jargon des voyous.

Tuber

Fumer la pipe. Le mot est d’importation méridionale. — Si nous en tubions une ?

Tuber

Fumer la pipe.

Tuber

Bouder, être en colère.

Tubéreuse

s. f. Ventris flatus male olens, — dans l’argot des faubouriens. Lâcher une tubéreuse. Ventris flatum emittere.

Tudor

s. m. Chapeau de femme ressemblant au chapeau andalou, avec une garniture de plumes de paon tout autour. Il est à la mode au moment où j’écris : il n’y sera plus peut-être quand ce livre paraîtra.

Tué (être)

Être mis hors du jeu par ses adversaires, — au billard à trois.

Tué (être)

Être comme pétrifié par la stupéfaction, être saisi, étonné au point de ne plus pouvoir faire un mouvement. — Argot du collège. (L. Larchey)

Tuer (bon à)

Ouvrier qui ne fait rien qui vaille ; celui qui gâche l’ouvrage.

Tuer le temps

Le passer d’une façon quelconque, — mais plus en se divertissant qu’en travaillant : carpere diem. On dit volontiers, en manière de proverbe : Il vaut mieux tuer le temps que d’être tué par lui.

Tuer le ver

v. a. Étouffer ses remords, — dans l’argot des voleurs, qui ne commettent pas souvent de ces meurtres-là, le vol étant leur élément naturel.
Les Anglais ont la même expression, ainsi qu’il résulte de ce passage de Much Ado about nothing, où Shakespeare appelle la Conscience le Seigneur Ver (Don Worm).

Tuer le ver

v. a. Boire un verre de vin blanc en se levant, — dans l’argot des ouvriers, chez qui c’est une tradition sacrée. On dit aussi Tuer un colimaçon.

Tuer le ver

Boire la première goutte, le premier verre de vin blanc, le matin à jeun. M. Ch. Rozan fait remonter l’origine de cette expression au temps de François Ier, et cela d’après l’autorité du journal d’un bourgeois de Paris de cette époque, qui prétend qu’un ver extrait des intestins d’une noble dame passa de vie à trépas dès qu’on lui eut administré du pain trempé dans du vin.

Par quoi il en suyt qu’il est expédient de prandre du pain et du vin au matin, au moings en temps dangereux, de peur de prandre de ver.

conclut ce Prudhomme du XVIe siècle.

J’aime beaucoup moi-même à tuer le ver sur le zinc, et je me fais un plaisir de vous offrir une tournée.

(Bernadille, Esquisses et croquis parisiens, 1876.)

La variante donne : Tuer le colimaçon, mais l’expression est beaucoup moins répandue ; et encore : Asphyxier le ver.

Tuer le ver

S’étourdir, mettre des liqueurs fortes sur ses remords pour essayer de les éteindre, — dans le jargon des voleurs. C’est-à-dire tuer le ver qui ronge la conscience.

Tuer le ver

Étouffer un remords. Boire du vin blanc en se levant.

Tuer le ver

Boire la goutte, le matin, ou un verre de vin blanc. Quand on suppose que le ver est solitaire (dur à tuer), les ouvriers boivent plusieurs tournées, alors ce n’est pas le ver qui est tué, mais bien le buveur. Les voleurs disent également qu’ils ont tué le ver lorsqu’ils ont des remords. Ils ne le tuent pas souvent (Argot du peuple et des voleurs).

Tuer les mouches au vol

Avoir une haleine infecte.

Si vous aviez le pouvoir de faire croire que la soubrette tue les mouches au vol, vous seriez joué demain.

Balzac.

V. Couper la gueule.

Tuer les mouches au vol

v. n. Avoir l’haleine aussi cruelle que Domitien, — dans l’argot des faubouriens. On dit aussi Tuer les mouches à quinze pas, et, pour rajeunir un peu cette vieille formule, Faire mouche à tout coup.

Tuile

Une assiette.

Tuile

Accident. — Allusion à la tuile qui tombe d’un toit sur la tête du premier passant venu.

La tuile est forte, Mais on peut s’en relever.

L. Reybaud.

Tuile

s. f. Accident, événement désagréable, visite inattendue, qui tombe dans votre existence comme une tuile sur votre tête. Argot du peuple.

Tuile

s. f. Assiette, — dans l’argot des francs-maçons. Ils disent aussi Platine.

Tuile

s. f. Chapeau, — dans l’argot des voyous, qui prennent la tête pour le toit du corps humain. Les voyous anglais ont le même mot : Tile.

Tuile

Contre-temps, événement fâcheux.

Tuile

Chapeau. — Assiette, — dans l’argot des francs-maçons. — Tuileau, casquette.

Tuile

Accident, événement fâcheux. Chapeau. Assiette.

Tuile

Malheur qui arrive à quelqu’un.
— J’ai perdu mon porte-monnaie, quelle tuile !
Quand il arrive inopinément une douzaine de personnes à diner, lorsqu’il n’y en a que pour deux, la ménagère dit :
— Quelle tuile nous tombe sur la lète (Argot du peuple).

Tuileau

s. m. Casquette.

Tuileau

Casquette.

Tuiler

Toiser, dévisager. — Terme maçonnique.

Tuiler

v. n. Mesurer quelqu’un ou quelque chose ; juger du caractère ou de la qualité. Argot du peuple.

Tuiler

Regarder quelqu’un d’un œil soupçonneux.

Tuiler

Regarder avec méfiance. Se tuiler, s’enivrer.

Tuiler (se)

v. réfl. S’enivrer ; succomber sous l’ivresse comme sous une averse de tuiles, ou boire à en avoir bientôt le visage érubescent, c’est-à-dire couler de tuile neuve.

Tuiler (se)

Se soûler à fond ; arborer les tons rouges de la brique.

Tuileries

Les toits.

Tuileur

s. m. Frère examinateur, — dans l’argot des francs-maçons.

Tuite

s. f. Barbe complète. Prendre une tuite, s’enivrer. Ce mot est sans aucun doute une altération de pituite, légère indisposition qui fait souvent regretter le lendemain les libations de la veille. D’autres prétendent que tuite est une altération de Cuite. V. ce mot.

Tulipe orageuse

Cancan.

Tous quatre frétillant des tulipes de plus en plus orageuses.

E. Sue.

Allusion aux jupes plus ou moins ballotées des cancaneuses.

Tulipe orageuse

s. f. Variété de cancan ou de chahut.

Tulipe orageuse (le pas de la)

Pas chorégraphique très risqué au point de vue de la décence. Cavalier seul exécuté par une danseuse de bal public qui enlève ses jupes à la hauteur de la tête en tournant sur elle-même. — La tulipe orageuse est le nec plus ultra du cancan, et laisse bien loin la rémoulade, le passage du guet, le coup du lapin, et le présentez armes !

Son amour pour la chorégraphie s’était développé au Prado où elle dansait la tulipe orageuse avec un chic qui lui avait valu les applaudissements frénétiques de la galerie.

(Abbot, La Princesse Mathilde.)

Tune

Le bagne ou Bicêtre.

Tune

Pièce d’argent.

Tune

Prison de Bicêtre. C’est un dépôt de mendicité. De tuner : mendier. — Tuneur : Mendiant. — Tuneçon : Maison d’arrêt.

Tune

n. de l. Bicêtre, — l’ancien refuge naturel des sujets du roi de Thunes. Argot des voleurs.

Tune

s. f. Argent, monnaie, — dans le même argot [des voleurs].

Tune

Le bagne. Pièce de monnaie. Pièce de cinq francs.

Tune

Pièce de 5 francs en argent (Argot du peuple). V. Brème de fonds.

Tune

Bicêtre, l’ancien refuge naturel des sujets du roi de Thunes. A. D. Ce n’est pas le mot tune qui est vrai. C’est tunobe. La prison de la Force, démolie en 1830, était ainsi appelée par les prisonniers. Dans les autres dictionnaires d’argot, on ne trouve que luneçon, expression qui ne veut rien dire (Argot des voleurs). N.

Tune ou Dalle

Pièce de cinq francs.

Tune, Tunebée

Bicêtre, — dans l’ancien argot.

Tuneçon

s. m. Prison ; violon.

Tuneçon

Prison, — dans l’ancien argot.

Tuneçon

Prison. Violon.

Tuner

Demander l’aumône.

Tuner

v. n. Mendier.

Tuner

Mendier.

Tuner

Mendier. Tuneur : mendiant. Il est pourtant rare qu’on donne une tune à un mendiant. Tuner, c’est l’apocope du mot importuner (Argot des voleurs). N.

Tunes blencardes (des)

Pièce de monnaie blanche.

Tuneur

s. m. Mendiant, vagabond.

Tunnel

Le fondement, — dans le jargon des médecins.

Turban (valeur à)

Valeur turque.

Les valeurs à turban résistent difficilement.

(Presse, 1882.)

Turbin

s. m. Travail ; besogne en général, — dans l’argot des faubouriens et des voleurs. Aller au turbin. Aller travailler. On dit aussi Turbinement et Turbinage.

Turbin

Travail. — Ce mot, primitivement employé par les voleurs, a passé bientôt dans le langage populaire. Les ouvriers disent couramment le turbin pour le travail, aller au turbin pour aller travailler.

Turbin

Travail. Artisan. Emploi. Turbiner, travailler. Turbineur, ouvrier.

Turbin

Tout travail, quel qu’il soit. Turbiner, c’est durement travailler. Aller au turbin, c’est aller à l’atelier. Turbineur : celui qui travaille. Turbineur : qui met en mouvement la turbine, de là, turbin, turbiner (Argot du peuple).

Turbin

Travail.

Turbin (aller au)

Pour un voleur ; c’est sortir pour voler. — Pour une fille, c’est aller faire une promenade prostitutionnelle. — Pour l’ouvrier, c’est se rendre à l’atelier. — Pour chacun c’est aller au travail à sa manière.

Turbiné

S’occuper.

Turbinement

Jour de travail.

Pour grinchir tu préféreras les fêtes aux turbinements.

Vidocq.

Turbiner : Travailler. — Turbineur : Ouvrier.

Turbinement, Turbine

Besogne, action de travailler, jour de travail.

En voilà de la turbine ! On se casse les ongles sur ce papier-là.

(Huysmans, les Sœurs Vatard.)

Turbiner

Travailler.

Turbiner

v. n. Travailler.

Turbiner

v. intr. Travailler avec activité.

Turbiner

Travailler beaucoup, se donner beaucoup de mal.

Il y a des gens qui arrivent avec une mise de fonds de dix francs, turbinent toute l’après-midi et font dix opérations pour gagner quarante sous.

(Le Figaro, du 30 nov. 1878.)

Turbiner

Synonyme de pivoter.

Turbiner une verte

Boire un verre d’absinthe, — dans le jargon des voyous. Mot à mot : travailler la liqueur verte.

Turbineur

Travailleur.

Turbineur

s. m. Travailleur.

Turbineur, Turbineuse

Ouvrier, ouvrière. — Une bonne turbineuse, — dans le jargon des souteneurs, c’est une fille publique d’un bon rapport.

Turbineuse

Travailleuse.

Turc

Tourangeau.

Turc

s. m. Tourangeau, — dans l’argot des voleurs.

Turc

s. m. Homme idéalement fort, — dans l’argot du peuple, qui emploie ce mot aussi bien à propos de la robusticité du corps que de l’adresse des mains.
Les Anglais, eux, ont le Tartare, l’homme qui excelle dans une spécialité quelconque, à la boxe ou au billard. He is quite a Tartar at billiards, disent-ils en leur argot à propos d’un rival de Berger. To catch a Tartar (prendre un Tartare), c’est, pour eux, s’attaquer à une personne de force ou de capacité supérieure.

Turc

Tourangeau.

Turc

Tourangeau. Turquie, Touraine. Turcan, Tours.

Turcan

Tours.

Turcan

n. de l. Tours.

Turcan

La ville de Tours.

Turco

Tirailleur indigène de l’armée d’Afrique.

Un carré d’infanterie de ligne et de turcos vint se former sous nos pieds.

Mornand.

Turco

s. m. Tirailleur indigène dans l’armée d’Afrique, aujourd’hui aussi connu et aussi apprécié des bonnes d’enfants et des lorettes que jadis le zouave.

Turcos

Tirailleurs algériens.

Turellement

Pour naturellement. Un mot qui avait réellement besoin d’être un peu raccourci.

Turf

Champ de course, arène quelconque.

Un vigoureux coup de jarret a remis Pitt debout sur le turf.

A. Deriège.

Voilà de quoi faire envahir désormais par toutes les fashions le turf littéraire.

Aubryet.

Turf

s. m. Champ de course, — dans l’argot des sportsmen. Par extension, Arène quelconque. Le turf littéraire. La littérature ; les journaux.

Turfiste

s. m. Habitué des courses, propriétaire de chevaux coureurs, parieur.

Turin

Pot de terre.

Turin

s. m. Pot de terre, — dans l’argot des voleurs.

Turlupiner

Agacer, ennuyer, taquiner quelqu’un par paroles : — badiner, chatouiller, patiner ou peloter quelqu’un (gestes et attouchements réciproques) — afin de baiser ou d’être baisée.

Finissez donc, dame Jacq’line,
Disait gros Pierre ; j’ vas m’fâcher,
Où diable allez-vous me nicher ?
J’ n’aim’ pas ainsi qu’on m’turlupine.

Blondel.

L’auteur a parfaitement l’intention de faire dire au chanteur :

J’ n’aim’ pas ainsi qu’on m’ tire la pine.

Turlupiner

v. a. Agacer, ennuyer quelqu’un, se moquer de lui, — dans l’argot du peuple.

Turlurette

s. f. Grisette, fille ou femme amie de la joie — et des hommes.

Turlutaine

s. f. Fantaisie, caprice, lubie.

Turlutine

Mélange de biscuit pilé, de riz et de lard ; alimentation du soldat en campagne. (L. Larchey)

Turne

Logis malpropre. Du vieux mot tourn : petite tour, et par extension Prison. comme castuc.

L’immeuble !… je me suis tout de suite souvenu de cette turne.

Montépin.

Turne

s. f. Chambre malpropre, logis de pauvre, -— dans l’argot des faubouriens.

Turne

Chambre de pauvre. — Méchante habitation.

Turne

Mauvais logis.

Turne

Poussier, taudis, logement malpropre et insalubre, sans air ni lumière.
— Si tu restes éternellement dans ta turne, tu ne trouveras jamais rien à briffer.
— Comment peux-tu rester dans une pareille turne ! (Argot du peuple).

Turne

Maison, domicile, atelier.

Turquie

Touraine.

Turquie

n. de l. Touraine, — dans l’argot des voleurs.

Turquie

Touraine, — dans le jargon des voleurs.

Tutoyer

v. a. S’emparer sans façon, familièrement, d’une chose. Argot du peuple.

Tutoyer

S’approprier un objet. — Tutoyer un porte-morningue. — Fréquenter, s’approcher de.

S’abstenir de tutoyer le zinc.

(Le Sans-culotte, 1879.)

C’est-à-dire : Ne pas prendre des familiarités avec le comptoir du marchand de vin.

Tutoyer

Dérober ; on dit aussi effaroucher.

Tutoyer, effaroucher

S’emparer d’un objet.

Tuyau

s. m. Gorge, gosier, — dans l’argot des faubouriens. Se jeter quelque chose dans le tuyau. Manger ou boire. Le tuyau est bouché. Quand on est enrhumé. Se dit aussi pour Oreille.

Tuyau

Argot de sport. Renseignement.

De plus, sportwoman passionnée et renseignée admirablement. Elle possède, comme on dit, les meilleurs tuyaux.

(Gazette de Cythère, journal, 1882.)

En argot financier, avoir un tuyau signifie avoir reçu confidence d’un mouvement préparé par les banquiers, maîtres du parquet.

Rachetons, avait dit Léontin. — Pas encore, avait répondu le fils Marleroi. Ça n’est pas fini. La panique gagne les départements. J’ai un tuyau. Nous pouvons racheter plus bas encore.

(Cadol, La colonie étrangère.)

Tuyau

Communication confidentielle.

Tuyau

Le gosier. Le tuyau est bouché, pas mèche de boulotter (Argot du peuple).

Tuyau

Renseignement.

Tuyau à merde

Derrière. — Va donc faire sonder ton tuyau à merde.

Tuyau de poêle

Chapeau rond, botte à l’écuyère. — Allusion de forme.

Il donna un coup de poing dans son tuyau de poêle, jeta son habit à queue de morue.

Th. Gautier, 1833.

Tuyau de poêle

s. m. Chapeau rond, qui semble, en effet, plus destiné à coiffer des cheminées que des hommes. Ce sont les romantiques, Théophile Gautier en tête, qui l’ont ainsi baptisé.

Tuyau de poêle

Chapeau haute forme. — Pantalon des soldats d’infanterie de ligne, — dans le jargon des troupiers.

Tuyau de poêle

Dans le langage familier, on désigne ainsi un chapeau de haute forme ; dans l’argot militaire, c’est une botte.

Tuyau de poêle

Chapeau haut de forme. Soulier dont l’extrémité est béante.

Tuyau de poêle

Chapeau haut de forme. Allusion juste, car il a la forme et la couleur d’un tuyau (Argot du peuple).

Tuyaux

s. m. pl. Les jambes, — dans l’argot des faubouriens. Ramoner ses tuyaux. Se laver les pieds.

Tuyaux

Jambes. — Ramoner ses tuyaux, se laver les pieds. (A. Delvau)

Tuyaux

Renseignements confidentiels. Cette expression est en usage dans le monde qui fréquente les champs de courses. Un bookmaker qui a un cheval chargé de paris fait donner par un émissaire un faux tuyau sur une rosse ; les imbéciles s’empressent de prendre ce cheval, qui n’arrive jamais (Argot des bookmakers). N.

Tuyaux de poêle

s. m. pl. Bottes usées parle bout.

Tuyaux de poêle

Souliers dont les extrémités sont béantes, — dans le jargon des peintres vitriers.

Des tuyaux de poêle qui reniflent la poussière des ruisseaux.

(É. de la Bédollière.)

La variante est : Bottes à soupirail.

Type

Individu à tête d’imbécile, tête de dupe.

Avec quarante sous qu’un type m’a passés, j’avais fait venir trente francs.

(A. Cavaillé.)

Dans le jargon des filles « type » signifie homme qui paye ; c’est un synonyme du mot michet qu’il tend à remplacer.

Type

Personnage singulier d’aspect ou de caractère. Un homme quelconque.

Type

Individu quelconque.
— J’ai un type qui me cramponne.
Avoir un bon type, avoir un bon enfant qui se laisse faire (Argot des filles). N.

Type

Individu.

Typesse

Femme, et, particulièrement, femme dont on paye les faveurs. La typesse est celle que le type honore momentanément de sa confiance.

Typo

Ouvrier topographe.

Typo

s. m. Apocope de Typographe, — dans l’argot des compositeurs d’imprimerie.

Typo

s. m. Typographe, dont il est l’abréviation. Il signifie exclusivement compositeur, et a remplacé la vieille dénomination de singe. Par imitation, les compositrices se qualifient de Typotes.

Typo

Typographie. — Ouvrier typographe.

Typote

Compositrice d’imprimerie.

Typote

Femme employée depuis peu d’années dans les ateliers de composition. C’est un compagnon au même titre que les ouvriers typographes ; néanmoins, quand les typotes sont nombreuses, on se croirait plus volontiers dans une volière du Jardin d’Acclimatation que dans un atelier de composition. Généralement, la typote est plus habile à soigner un pot-au-feu et à raccommoder ses bas qu’à lever la lettre. Enfin, il est dit qu’il faut que la femme lève quelque chose (Argot d’imprimerie). N.

Tyran

s. m. Roi, — dans l’argot du peuple, gui ne peut s’en passer, quoiqu’d fasse une révolution tous les vingt ans, pour détrôner celui qui règne. Sous le règne du tyran. Sous le règne de Louis-Philippe, disait-on, après 1848 et avant l’Empire.

Tyran

Roi d’un jeu de cartes, — dans l’argot des républicains.


Argot classique, le livreFacebook