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T

Tabac

Ennui, misère ; être dans le tabac. Coups : Passer à tabac, brutaliser, bourrer de coups. V. Passer.

Tabac

Misère.
— Je suis dans le tabac mistoufle (Argot du peuple).

Tabac

Applaudissements, succès. Un artiste qui a des applaudissements, du succès, a du tabac.

Tabac (donner du, coller du)

Battre — Réprimander fortement.

Tabac (être dans le)

Être dans une position critique. — Mot à mot : Être dans le à bas. — Jeu de mots.

Tabac (il y aura du)

Il se fera du bruit. On aura du mal. Équivalent de : Ça chauffera.

Tabac (manufacture de)

Caserne.

Tabac (passage à)

Voies de faits auxquelles se livraient, encore au commencement de 1879, les agents de police envers certains prisonniers.

Tabac (passer au)

Maltraiter, brutaliser, bourrer de coups, — dans le jargon de la police.

Quand je suis arrivé au service de sûreté, j’ai demandé aux anciens la cause des cris que poussaient des prisonniers, et ils m’ont répondu : Ce sont des individus qu’on ligote fortement en leur demandant s’ils veulent casser du sucre. On appelle cela passer au tabac.

(La Lanterne, compte-rendu du procès de la Lanterne, déposition de M. Cousin, inspect. de police, 23 janv. 1879.)

M. Tard, inspecteur de police, déclare qu’en décembre 1876, il a vu amener un jeune homme de dix-huit à vingt ans qui refusait de donner son nom ; on lui a lié les mains si fortement que le sang a coulé, et comme il persistait à garder le silence, on l’a menacé de chauffer une barre de fer et de la lui passer sous la plante des pieds.

(Idem, idem.)

Tabac (un vieux)

Un vieux soldat.

Tabac à deux sous la brouette

Tabac de cantine, à prix réduit et de qualité inférieure.

Tabac à trois sous la brouette

Tabac de cantine, — dans le jargon des soldats.

Tabar

Manteau.

Tabar

Manteau (Vidocq).

Tabar

Manteau.

Tabar

Manteau. Cette expression est connue depuis le XVe siècle (Argot des voleurs).

Tabar

Manteau.

Tabar, tabarin

Manteau.

Tabar, tabarin

Manteau.

Tabatière

Postérieur.

Tabatière (ouvrir la)

Sacrifier à crepitus ventris.

Tabernacle

La nature de la femme, où l’on serre précieusement le dieu — des jardins.

Elle est belle, ma Joséphine ! elle a un chouette maître-autel !... un rude tabernacle !...

Tisserand.

Tabernacle

Derrière, — dans le jargon des voyous. — Je te vas défoncer le tabernacle. — Ouvrir le tabernacle, sacrifier à crepitus.

Table (faire le tour de la)

En style de gastronome, c’est manger de tous les plats qui sont servis dans un dîner.

Table (se mettre à)

Dénoncer un complice.

Table rase

Faire un nettoyage complet dans une maison, liquider un arriéré, renouveler un personnel après avoir fait table rase (Argot du peuple).

Tableau !

Exclamation par laquelle on exprime la surprise ou la joie maligne que l’on éprouve à la vue d’un accident risible arrivé à un ou à plusieurs de ses confrères.

Tableau d’avancement

Liste des hommes punis, déposée au corps de garde.

Tableau-radis

Toile que le marchand n’a pu vendre. Quand il revient à l’atelier on dit : mon tableau-radis. On en dit autant d’un livre : un livre-radis. Allusion au radis rose ou noir qui occasionne des renvois (Argot d’atelier).

Tableautier

s. m. Compositeur qui fait spécialement les tableaux, les ouvrages à filets et à chiffres.

Tablette

Brique.

Tablier (droit de)

s. m. Bienvenue payée par les apprentis à leur entrée dans l’atelier. Cette coutume est tombée en désuétude à Paris ; mais elle est encore pratiquée, dit-on, en province, et particulièrement dans le nord de la France.

Tablier blanc

Bonne d’enfants. La dame aux Camélias du troupier.

Tablier de cuir

Cabriolet.

Tablier de cuir

Cabriolet.

Tablier de sapeur

Motte bien garnie de poils, noirs, blonds ou rouges, longs ou frisés... On dit aussi ; Barbe au non.

Clara, elle, avait une gorge superbe, des fesses splendides, et un adorable petit con, protégé par un formidable tablier de sapeur.

J. Le Vaixois.

Tablier lève (son)

Se dît d’une fille qui s’est laissé faire un enfant et qui ne peut plus dissimuler sa grossesse.

Tablotte, tablette

Brique.

Tabourets dans la salle à manger

Celui qui n’a plus de dents n’a plus de tabourets dans la salle à manger.

Tac

Un emplatre.

Tac

Supériorité.

Tacher une femme

Répandre à son intention — et quelquefois à son profit — un peu de liqueur séminale, en se branlant devant elle ou en la baisant en robe.

Mais d’là que j’ vous tache, mam’selle,
C’est la faute de vot’ bretelle :
Plus qu’ mon amour elle tenait.

Béranger.

Taconner

v. intr. Hausser une lettre ou un filet en frappant le pied à petits coups de marteau.

Taf

Peur.

Taf

Individu qui a peur de son ombre. Qui a le trac, qui serre les fesses à la moindre alerte (Argot du peuple).

Taf

Peur.

Je n’ose sortir la nuit, j’ai le taf, je suis tafeur.

Taf

Peur.

Taf, taffetas

Peur. Frisson.

Tafe

Peur. — De l’ancienne locution les fesses lui font tif taf : Il a peur (Oudin, seizième siècle). — V. Chenu, Bayafe.

Ce n’est pas toi ni tes paysans qui nous f... le tafe.

Vidal, 1833.

Ce mot a pour diminutifs tafferie et taffetas. — Taffeur : Poltron.

Tafe, Taffe, Taftaf, Taftas

Peur ; fuite.

Le taf est cette impression étrange qu’éprouve le lièvre devant le chasseur, le soldat au premier coup de canon, et l’acteur au moment d’entrer en scène... Un soir qu’Harel le voyait (Frédérick Lemaître) vider une bouteille dans la coulisse : — Que diable faites-vous ? lui demanda-t-il ? — Je noie le taf, répondit Frédérick.

(Paris-Comédien.)

Un exemple de ce mot a été relevé par M. Fr. Michel dans les bigarrures et touches du seigneur des Accords, 1008. — À la Cour des Miracles (XIIe siècle), on appelait thafurs, les vagabonds. Les vagabonds n’ont jamais précisément brillé par le courage. Pourquoi thafur n’aurait-il pas fait taf, peur, et taffeur, poltron ?

Taffé

Avoir peur.

Taffer

Avoir peur. — Taffeur, tafeuse, poltron, poltronne.

Taffeur

Poltron.
— Il est tellement taffeur que l’on ne lui fourrerait pas une feuille de papier à cigarette entre les feses (Argot du peuple). N.

Taffouilleux

« Chiffonnier de la Seine, écumant ses bords, ramassant les épaves et volant au besoin. » (F. du Boisgobey.) Ce sont les anciens ravageurs d’E. Sue. Mot à mot : qui fouillent dans les tas.

Taffouilleux

Chiffonnier des bords de la Seine.

Tafouilleux

Chiffonnier.

Tailbin

Billet de complaisance (Vidocq).

Taillage

Désertion momentanée de l’atelier, fugue d’un jour ou deux, — dans le jargon des apprentis. — Mot emprunté aux collégiens.

Taille

Terme de maisons de jeu.

Mais comme il (le croupier) ne peut tenir tout ce paquet de jeux à la main, il le taille ensuite avec de petits cartons en parties à peu près égales, prenant successivement, ensuite, dans le cours du jeu, les paquets partiels séparés par ces cartons.

(Les Joueuses, 1868.)

Tailler

Tenir la banque au baccarat.

Avoir une veine pareille et ne pas tailler !

(Vast-Ricouard, Le Tripot.)

Bien tailler, gagner à la banque ; mal tailler, y perdre, mal connaître le jeu.

Tailler l’école, le collège

Faire l’école buissonnière ; aller galopiner, aller jouer aux billes au lieu d’aller en classe.

Tailler une basane

Exécuter le geste familier aux voyous, geste qui consiste à s’administrer une claque sur la cuisse et à relever vivement jusqu’au bas ventre la main, paume ouverte, les quatre derniers doigts battant l’air. L’expression appartient aux soldats de cavalerie qui ne craignent pas d’exécuter ce geste sur la basane de leur culotte.

Tailler une croupière

Surpasser, distancer moralement ou physiquement, — dans le jargon des soldats de cavalerie.

Tailler une plume

Il est des employés qui se servent encore de plumes d’oie ; à la fin du mois, ils vont s’en faire tailler chez des spécialistes (Argot du peuple). N.

Tailler une plume

Les filles publiques n’ont pas besoin de canif pour tailler une plume d’oie.

Tailleuse de plumes

Fille qui boit de l’eau-de-vie à même la bouteille.

Tal

Derrière. — Tapeuse du tal, fille publique qui en remontrerait à la femme de Loth. Taper dans le tal, faire rétrograder Eros.

Tal

Le postérieur.

Tal

Voir troufignon.

Tal

Postérieur.

Talbin

Billet de banque.

Talbin

Portefeuille, billets de banque.

Talbin

Huissier.

Talbin

Huissier, — dans le jargon des voleurs.

Talbin

Huissier. Billet à ordre. Billet de banque. Portefeuille.

Talbin

Billet. Talbin d’altèque, billet de banque. Un billet de faveur pour un théâtre quelconque, se nomme un talbin d’encarade. Mot à mot : billet d’entrée. Los voleurs disent aussi de l’ordre du Parquet, de l’ordre de les écrouer à Mazas ou au Dépôt :
— Mince de biffeton d’encarade (Argot des voleurs). N.

Talbin

Huissier. Allusion ce à qu’il talbine un prévenu ou un témoin pour l’assigner en police correctionnelle. Talbiner, synonyme d’assigner (Argot des voleurs) N.

Talbin

Billet de banque.

Talbin

Billet.

Talbin, Tailbin

Billet à ordre, — dans le même jargon. Talbin de la carre, billet de banque. — Talbin d’encarade, billet de théâtre ; mot à mot : billet d’entrée. — Talbin de la sèche, billet mortuaire.

Talbine

Halle.

Talbine

Halle.

Talbiner

Assigner.

Talbiner

Assigner.

Talbinier

Hallier.

Talon rouge

Aristocrate. Le droit de porter des talons rouges était un signe de noblesse.

Tous les talons rouges de l’ancien régime qui trahissent le peuple.

1793, Hébert.

Talons courts (avoir les)

Se dit d’une femme que le moindre souffle de l’amour renverse dans la position horizontale.

Talons courts (avoir les)

Fille ou femme qui succombe sans résistance. L’image n’est pas exacte ; ce fait ne se produit généralement que lorsqu’une lemme porte des talons hauts ; elle perd alors l’équilibre facilement (Argot du peuple).

Tam-tam

Vacarme ; dispute. Faire du tam-tam.

Tambouille

Ragoût de ménage ; cuisine sans prétention.

Tambouille

Ragoût, fricot. La gamelle.

Tambouille

Ragoût, fricot. Faire la tambouille, faire sa cuisine. A. D. Tambouille : battre.
— Je vais te foutre une tambouille que le tonnerre de Dieu en prendra les armes (Argot du peuple). N.

Tambouille

Soupe, ragoût, portion.

Tambour

Chien (Vidocq). — Allusion à son grondement.

Tambour

Brigadier-fourrier, dans l’argot des dragons.

Tambour

Chien. — Battre du tambour, aboyer.

Tambour

Brigadier fourrier.

Tambour

Chien.

Tambour

Chien. Quand un étranger pénètre dans une maison, les aboiements réitérés du chien imitent le roulemeut du tambour. L’expression alarmiste, citée plus haut, est plus juste (Argot des voleurs).

Tambour (f... au clou comme un)

Punir quelqu’un, le coller au bloc sans aucun égard, sans aucune indulgence. — V. Clique.

Tambouriner

Jouir d’une femme, en frappant son ventre à coups de cette baguette qu’on appelle le membre viril.

Ma foi, s’il te perd sous ma jupe,
Nous le feront tambouriner.

(Chanson anonyme moderne.)

Tampon

Poing.

Tampon

Poing.

Je lui ai envoyé un coup de tampon sur le mufle.

Th. Gautier, 1845.

Tampon

Poing.

Tampon (coup de)

Coup de poing.

Tamponner

Donner un coup de poing.

Tamponner

Rudoyer, frapper.

Tamponner

Donner ou recevoir un coup de tampon — un coup de poing. Allusion au choc de deux trains qui se tamponnent (Argot du peuple). N.

Tamponner

Battue.

Tamponner (se)

Se battre.

Tangente

Épée, — dans l’argot des polytechniciens.

Tangente (une)

Épée du génie.

Tangente, tangente au point q

Épée. — Jeu de mots.

Le conscrit de l’École polytechnique est souvent absorbé avant d’avoir endossé l’uniforme et senti battre sur sa cuisse gauche l’arme que les élèves nomment une tangente au point q.

La Bédollière.

Tannant

Assommant, ennuyeux. À Corbeil, on devait un dimanche jouer les Mousquetaires ; la troupe y donnait des représentations depuis environ un mois. L’actrice chargée des grands premiers rôles, était mauvaise à faire ronfler un bec de gaz. Au moment du lever du rideau, le régisseur dut faire une aimonce. L’actrice avait dû partir précipitanmient pour enterrer son père. Il annonça son départ ainsi : Madame X..., ne pourra jouer ce soir, elle est à Nantes, pour les obsèques de son père. Un loustic du parterre s’écria :
— Il y a longtemps qu’elle est tannante.
Ouf ! (Argot du peuple). N.

Tannant

Assommant, ennuyant.

Tanner

Ennuyer, assommer. — On sait combien il faut fatiguer une peau pour la tanner. — Un poète du treizième siècle, Rutebeuf, dit déjà : « Quar le resveil Me tanne assez quand je m’esveil. »

Les communes de Flandre, qui déjà commençaient à tanner, et désiraient fort de retourner en leur pays, lui demandèrent congé.

1411, Monstrelet.

C’est insupportable. — Hein ! est-ce tannant.

E. Sue.

Tanner

Ennuyer par des redites. — Tanner le cuir, battre.

Tanner le cuir

Rosser.

Si vous vous permettez, je connais une personne qui vous tannera le cuir.

Gavarni.

Tanner le cuir

Battre quelqu’un. Allusion au tanneur qui bat la peau pour la rendre souple (Argot du peuple).

Tante

Homme qui sert de femme aux pédérastes actifs.

Enfants, on les appelle mômes ou gosselins ; adolescents, ce sont des cousines ; plus âgés, ce sont des tantes.

Christophe.

Tante

« Tous mes bijoux sont chez ma tante, comme disent mes camarades lorsqu’elles parlent du Mont de Piété. » — Achard. — C’est, comme oncle, un terme ironique à l’adresse de ceux qui croient déguiser la source d’un emprunt en disant qu’ils ont eu recours à leur famille.

Tante

« Homme qui a des goûts de femmes, la femme des prisons d’hommes. »

1837, Vidocq.

Pour donner une vague idée du personnage qu’on appelle une tante, il suffira de rapporter ce mot magnifique du directeur d’une maison centrale a feu lord Durham qui visita toutes les prisons pendant son séjour à Paris. Le directeur, après avoir montré toute la prison, désigne du doigt un local en faisant un geste de dégoût : Je ne mène pas là Votre Seigneurie, dit-il, car c’est le quartier des tantes. — Hao ! fit lord Durham, et qu’est-ce ? — C’est le troisième sexe, milord.

Balzac.

Enfants, on les appelle mômes ou gosselins ; adolescents, ce sont des cousines ; plus âgés, ce sont des tantes.

Moreau Christophe.

Dans le chapitre détaillé qu’il a consacré à cette espèce de gens, M. Canler reconnaît quatre catégories appartenant à diverses classes sociales : persilleuses, honteuses, travailleuses et rivettes. Cette dernière est seule exploitée par les chanteurs.

Tante

Être hybride que Balzac a nommé le troisième sexe, et Vidocq la femme des prisons d’hommes. — Toutes les tantes ne sont pas des assassins, mais tous les assassins sont des tantes.

Homme ou femme ? On ne sait. Ça rôde, chaque soir,
En tous lieux où le gaz épargne un peu de noir,
Et ça répond au nom de : La Belle Guguste.

(J. Dementhe.)

Tante

Individu ignoble. Le troisième sexe. Signifie aussi dénonciateur.

Tante

Pédéraste, homme à double face qui retourne volontiers la tête du côté du mur (Argot du peuple). N.

Tante

Le Mont-de-Piété
— Je porte ma toquante chez ma tante, mon oncle en aura soin (Argot du peuple).

Tante

Voir chatte.

Tante

Pédéraste.

Tanté

Sodomiste pour son compte.

Tante (ma)

Mont-de-piété.

Tante (ma)

Mont-de-piété.

Tante (ma)

Mont-de-piété.

Tante (ma)

Nom donné, plus particulièrement, par les étudiants et les commis, au Monl-de-Piété. Comme l’argent qu’ils retirent d’un gage est presque toujours destiné à une partie de plaisir, c’est ma tante, la femme à mon oncle, qui est censée l’avoir fourni. Les ouvriers qui ne s’adressent à cet établissement que pour pouvoir subvenir aux besoins les plus impérieux, lui ont donné le sombre nom de « clou ».

Tante (ma)

Le Mont-de-Piété.

Tante (une)

Homme à vile passion.

Tap

Se disait autrefois des condamnés à être exposés publiquement et marqués au fer rouge. Travaux forcés à temps, T. F. T. Travaux forcés à perpétuité T. F. P. Faire le tapin c’était être exposé (Argot des voleurs). N.

Tapage

Séduction exercée sur une femme. Est d’un degré plus relevé que le levage, en ce sens que la femme tapée songe moins à ses intérêts qu’au plaisir qu’elle aura.

Tapage

Emprunt. — Fort tapage, emprunt d’une forte somme.

Tapage

Amour, séduction. Emprunt.

Tapance

Maîtresse ou femme légitime. Les typographes nomment ainsi la femme parce qu’elle tape souvent à la poche ou... autrement. La tapance du mec, c’est la femme du patron.
— Elle est rien râleuse la tapance du mec, elle boufferait des cadratins à la sauce blanche (Argot d’imprimerie). N.

Tape

Exposition.

Tape

Le contraire de tabac. Une pièce qui n’a pas de succès est une tape. Au concert, une chanson qui ne porte pas est une tape. L’artiste qui sort de scène sans applaudissements ramasse une tape.

Tapé

L’expression si populaire de « c’est tapé », pour « c’est réussi », nous la trouvons déjà en 1823 dans le Voyage à Sainte-Pélagie, d’Émile Debraux. — « En voilà un (un vers) : il m’a donné bien du mal, c’est vrai ; mais aussi comme c’est tapé ! »

Jupiter avait une bonne tête, Mars était tapé.

(Zola, Nana).

Un travail tapé, un discours tapé.

Tapé

Réussi.

Tapé

Bien, joli, beau : c’est tapé.

Tape (en recevoir une)

Recevoir un coup ou le donner. Voir ses espérances s’effondrer. Recevoir une tape moralement (Argot du peuple).

Tapé à l’as

Tout ce qu’il y a de plus soigné.

Je vais vous fricoter un dîner, là… tapé à l’as.

(Auvier, Auguste Manette.)

Tape à l’œil

V. Œil au beurre noir.

Tape-à-l’œil

Chapeau mou, — dans le jargon du peuple.

Ils avaient des tape-à-l’œil flambant neufs, des pantalons à raies avec des pièces entre les cuisses.

(Huysmans, Les Sœurs Vatard.)

Tape-cul

Voiture non suspendue.

Font-ils des embarras avec leur mauvais tape-cul !

Ricard.

Tapé, retapé, tapé dans le nœud

Émouvant, frappant, réussi.

Aussi a-t-on fait plusieurs couplets sur tous les ministres dont le portrait est bien tapé.

1742, Journal de Barbier.

C’est un peu tapé dans le nœud.

La Bédollière.

Une manière de sentiment bien r’tapé.

Vadé, 1755.

Tapedur

Serrurier (Vidocq).

Tapée

Grosse réunion. — Usité dès 1808.

Tapée

Foule. Une tapée, un tas. — Nous avons boulotté une jolie tapée de moules.

Tapée

Foule, grande réunion de personnes. A. D. Tapée veut dire beaucoup, il est vrai, mais ce n’est pas le sens que lui donne le peuple. Tapée se dit d’une jolie femme :
— Elle est tapée.
Une phrase bien écrite ou bien dite :
— C’est tapé (Argot du peuple). N.

Tapée

Abondance, affluence.

Taper

Fermer, frapper. Taper le chasse : fermer l’œil, c’est-à dire dormir.

Taper

Séduire à première vue une femme. — Elle est tapée, elle en tient. C’est une abréviation de taper dans l’œil, mais applicable seulement a une femme.

Taper

Étourdir, porter au cerveau. — Le vin tape sur la coloquinte.

Taper

Emprunter. Pour certaines gens, une demande d’argent à laquelle ils ne peuvent se soustraire équivaut à un coup qui les frappe… d’épouvante ; de là taper.

Il songea un instant à taper Théophile, mais il était déjà son débiteur de dix louis.

(Vast-Ricouard, Le Tripot.)

Taper

Séduire. Étourdir. Emprunter.

Taper

Taper quelqu’un, lui emprunter de l’argent. On lui refuse en lui disant également :
— Tu peux te taper.
Synonyme de : Tu peux te fouiller (Argot du peuple).

Taper

Emprunter.

Je n’ai pas d’argent, je vais taper mon ami pour qu’il m’en prête.

Taper (s’en)

Boire énormément.

Allons-nous nous en taper !… je vous donnerai l’exemple.

(Scribe, l’Honneur de ma fille, 1836.)

Taper (se)

Se voir refuser un objet ou ne pouvoir se le procurer.

Taper à tour de bras

Cogner vigoureusement.
— J’ai beau taper ma femme à tour de bras, quand elle me fait un impair, elle me gobe tout de même (Argot du peuple).

Taper dans l’œil

Commencer à plaire à quelqu’un — ou à quelqu’une ; — séduire par la grâce, l’esprit, la parole ou le geste.

Ma petite poulette.
Dans la rue Montorgueil,
Ton p’tit nez en trompette,
Il m’a tapé dans l’œil.
Laïtoit, ete.

Al. Dalbs.

Taper dans l’œil

Fasciner, produire une vive impression. — Cette femme m’a tapé dans l’œil.

Taper dans le mille

Réussir. Donner du pied au derrière. — Bing ! en plein dans le mille. Allusion au jeu de Siam, au tir à la cible.

Taper dans le tas

Étant donné que : — le théâtre représente un atelier de brocheuses, de modistes ou de couturières. En vrai bandeur, vous faites votre choix ; mais ne voulant pas faire four, vous tapez d’abord la plus facile, qui a bientôt une confidente que vous tapez aussi. La deuxième excite la curiosité d’une troisième, d’une quatrième, et... vous arrivez a réaliser le proverbe : Qui en a vu une, les connaît toutes.

Taper dans le tas

Prendre au hasard. — Frapper au hasard.

Taper dans le tas

Prendre une femme au hasard. Taper dans le tas : attaquer un ouvrage avec vigueur. Taper dans le tas : frapper dans le tas d’une bande de rôdeurs qui vous attaquent (Argot du peuple).

Taper de l’œil

Dormir.

Il y avait plus d’une heure que je tapais de l’œil quand je m’entends réveiller.

œuvres badines de Caylus, 1750.

Taper dans l’œil : Séduire.

Taper de l’œil

Dormir.

Taper de la patte (?)

Voir ripper. Les lapins tapent de la patte.

Taper quelqu’un

Lui emprunter de l’argent.

Taper sur la boule

Enivrer, battre.

Dans l’gosier comme ça coule, Comme ça tape sur la boule.

J. Moinaux, Ch.

Ce scélérat de vin de champagne avait joliment tapé ces messieurs.

Festeau.

Taper sur la giberne

Taper sur le derrière. — Allusion à la place ordinaire de la giberne.

Je lui détache un coup de pinceau sur la giberne.

Monselet.

Taper sur le ventre, sur la baraque (se)

Sacrifier au jeune Onan.

Taper sur les vivres, sur la bitture

Manger avec voracité. Taper sur la boisson, boire avec avidité.

Taper sur les vivres, sur la boisson

Manger et boire avidement.

D’avoir trop tapé sur l’pichet, Qu’en avaient plein la gargamelle.

Chansonnier, 1836.

Tapette

Faux poinçon servant à marquer les objets d’or et d’argent. (Fr. Michel.)

Tapette

Bavard. — Jeune tante. De quatorze à vingt ans c’est une tapette, de vingt à... c’est une tante.

Tapette

Voyez Platine.

Tapette

Bavard. Signifie aussi tante. V. ce mot.

Tapette

Pédéraste passif, il se fait taper dans le tas (Argot du peuple). N.

Tapette

Homme qui parle sans cesse.
— Il en a une rude tapette.
On dit aussi : forte platine (Argot du peuple).

Tapette

Celui qui parle sans cesse a une bonne tapette.

Tapette

Celui qui prend n’importe quelle cuiller pour mettre dans son pot à moutarde, est une tapette. Voir Chatte.

Tapette

Pédéraste.

Tapette

Langue, homme de mœurs douteuses.

Tapeur, tapeuse

Emprunteur, emprunteuse de profession. Il y a des gens qui n’ont pas d’autre moyen d’existence. Longtemps le passage Jouffroy et la partie du boulevard comprise entre les rues du faubourg Montmartre et Drouot ont été de préférence fréquentés par les tapeurs. (V. les Soupeurs de mon temps, par Roger de Beauvoir, Portrait du marquis de Saint-Cricq.)

Tapeuse du tal

Prostituée.

Tapin

Tambour. — Mot à mot : petit tapeur (de caisse). — Usité dès 1808.

Le tapin qui tambourinait en tête de l’escouade.

La Bédollière.

Tapin

Tambour. — Celui qui en bat.

Tapin

Tambour.

Tapin

Celui qui bat du tambour.

Tapin, Tape-à-mort

Tambour.

Tapiquer

Habiter.

Tapiquer

Habiter (Argot des voleurs).

Tapis

Café.

Tapis

Auberge, cabaret. — Tapis vert, table de jeu. — Tapis de grives, cantine militaire. Tapis de dégelés, la Morgue. Tapis de refaite, table d’hôte. Tapis bleu, le ciel.

Tapis

Cabaret. Tapissier, cabaretier.

Tapis

Débit où se réunissent les malfaiteurs.

Tapis (être au)

Ne plus avoir le sou pour jouer, regarder les autres jouer, — dans l’argot des vieux joueurs.

Quand nous voyons un homme au-dessous de toutes affaires, nous le disons estre réduit au tapis, manière de parler que nous empruntons aux joueurs.

(Pasquier, Recherches, liv.VIII, ch. 47.)

L’on en voit qui, de pauvres qu’ils ont esté, ou par procès, voyages ou guerres, sont au tapis.

(Brantôme, Vie des dames galantes.)

Tapis brûle (le)

Terme des joueurs lorsqu’ils ont hâte de commencer une partie.

Tapis de malades

Cantines des prisons (Argot des voleurs). V. Cargots.

Tapis du commandant de place

Les fortifications.

Tapis franc

Maison rendez-vous des gens de mauvaise vie.

Tapis franc

Cabaret. — Franc fait allusion à la clientèle qui est composée d’affranchis ou voleurs. — Tapis est une abréviation du vieux mot tapinet : lieu caché. V. Roquefort. — V. Empoivrer, Crosser. — Tapis de refaite : Table d’hôte. — Tapis de malades : Cantine de prison. — Tapis de grives : Cantine de caserne. — Tapis vert : Prairie. — Tapissier : Cabaretier. V. Baptême, Ogre.

Tapis-franc

Cabaret du plus bas étage.

Tapis-vert

Café où se réunissent les voleurs.

Tapis, tapis d’endosse

Châle, dans le jargon des voleurs ; mot à mot : tapis pour le dos.

Tapissage

Arrestation.

Tapisserie

Figurante du grand monde. — Femme que l’on invite pour faire nombre, femme que l’on n’invite jamais à danser. — Faire tapisserie.

Tapisserie

Femme que, dans un bal, personne n’invite à danser.

Tapisserie (faire)

« Se dit par raillerie des femmes âgées qui au bal ne font plus que regarder danser. » — d’Hautel. — Rangées sur la banquette, le long du mur, elles font corps avec la tapisserie.

Tapissier, Orgue tapissier

Aubergiste, cabaretier, logeur. Tapissière, cabaretière, logeuse en garni.

Tapoteur, tapoteuse de piano

Joueur, joueuse de piano qui martyrise et l’instrument et l’auditoire.

Tapotoir

Piano, — dans le jargon des soupeuses.

Garçon, donnez-nous le cabinet du tapotoir.

(Ces dames du Casino, 1862.)

Tappe (la)

La fleur-de-lis.

Tappe (la)

La fleur de lis.

Tappe (la)

La marque.

Taq

Haut.

Taque

Haute.

Taquer

Hausser.

Taquer

v. intr. Frapper avec le marteau sur un morceau de bois nommé taquoir, pour égaliser le niveau des lettres d’une forme en baissant celles qui pourraient remonter. Par ext. et au fig., frapper quelques coups légers avec le composteur sur le bord de la casse, quand un compositeur conte une piau. C’est une façon de protester contre ce qu’il dit ; c’est un diminutif de roulance.

Taqueté

Terme chorégraphique.

C’est la vivacité, la rapidité, ce sont les petits temps sur les pointes : c’est Essler.

(Ch. de Boigne.)

Taquine

Hauteur.

Taquiner le bouton

Soit de la gorge, soit du clitoris. Promener habilement l’index sur l’extrémité du sein ou du clitoris d’une femme afin de la faire bander et jouir.

La gauche, autour du cou bien doucement passée,
Taquine le bouton de la gorge agacée.

L. Protat.

Taquiner le carton

Jouer aux cartes. Je ne sais pas si les cartes sont taquinées d’être battues, mais le joueur l’est rudement quand il perd (Argot du peuple). N.

Taquiner le goujon

Le pêcheur à la ligne taquine le goujon. Il est en effet taquiné d’être pris à l’hameçon (Argot du peuple).

Taquiner le hanneton

Branlailler un homme, dont le membre ne sait pas trop ce qu’il veut, à ce point qu’il donnerait de la-tête aussi bien dans un con que dans un cul.

... Le Suédois, dit-on, Aime qu’on lui taquine un peu le hanneton.

L. Protat.

Taraudée

En mécanique, tarauder un écrou ou un boulon, c’est faire un pas de vis. On a appliqué cette expression pour dire que l’on bat quelqu’un.
— Je lui ai foutu une rude taraudée.
— Je vais te tarauder les côtes (Argot du peuple). N.

Tarauder

Battre, se disputer.

Tarauder (se)

Se disputer.

Tardif (le)

Le soir.

Targette

Nez.

Taroquage

Piquer les cartes d’un signe imperceptible. Ce truc fut employé pour la première fois, par le fameux grec Garcia (Argot des grecs).

Taroque

Marque. V. Détaroquer.

Taroque

Marque du linge.

Taroque

Marque du linge.

Taroque

La marque du linge. Quand les voleurs ont dévalisé la voilure d’un papillon, ils détaroquent le linge pour le revendre aux meuniers (Argot des voleurs). N.

Taroquer

Marquer.

Taroquer

Marquer du linge.

Tarre

Pour tire. — Vol à la tarre. (L. Larchey)

Tartare

Garçon de salle chargé d’empêcher de sortir, entre deux classes, les élèves externes qu’une pension envoie au collège.

Tartare

Second ouvrier tailleur, ouvrier qui aide le bœuf.

Tarte

Qualité bonne ou mauvaise (Vidocq).

Tarte

Mauvais, faux.

Tarte

Chose de mauvaise qualité. Les faux-monnayeurs sont des mornifleurs-tarte. Ils écoulent de mauvais argent. Allusion aux tartes faites avec de la vieille graisse et de la farine avariée que l’on vend dans les têtes foraines (Argot des voleurs). N.

Tarte

Gifle.

Tarte

Coup.

Tarte, Tartelette

Mauvais, faux, — dans le jargon des voleurs.

Tarter

Gifler.

Tartine

Elle avait le défaut d’employer de ces immenses phrases lardées de mots emphatiques, si ingénieusement nommées des tartines dans l’argot du journalisme.

Balzac.

Pardonne-moi la longue tartine que je viens de te faire avaler, et sur laquelle j’étale depuis une heure les confitures de mon éloquence.

Th. Gautier.

Tartine

Long couplet de prose ou de vers, — dans le jargon des comédiens. — Long, filandreux et soporifique article politique, — dans le jargon des journalistes. Allusion à la longue tranche de pain enduite de confiture.

Tartine

Chaussures.

Tartiner

Tu n’as pas assez de style pour tartiner des brochures.

Balzac.

Tartiner

Écrire un long article pour ne rien dire.

Tartiner

Écrire.

Tartines

Souliers.

Tartines

Vieux souliers.

Tartines

Vieux souliers.

Tartines

Souliers avachis et éculés.
— Ah ! mon vieux, quelles sales tartines (Argot du peuple).

Tartines

Longue lettre, long rapport.

Il y en a une tartine !

Tartinier

Rédacteur qui fait la tartine dans un journal.

Tartir

Chier.

Tartir

Chier.

Tartir

Aller à la selle.

Tartir

Vider ses intestins. Quand la marchandise est molle, elle s’aplatit en rond, comme une tarte, dont, d’ailleurs, elle a la couleur. Dans le peuple, on dit :
— Je viens de faire une tarte bourbonnaise.
Encore un emprunt à Rabelais (Argot des voleurs).

Tartir, tarter

Aller à la selle.

Tartire

Poser culotte.

Tartouffes, tourtoure

Menottes.

Tas

Personne sans énergie.

Tas

Personne sans énergie.

Tas (être sur le)

Être à l’ouvrage.
— Nous avons un tas de besogne pour beaucoup.
— J’ai un tas de choses à vous écrire, pour quantité.
— Ma marmite est sur le tas.
Pour indiquer qu’elle est couchée avec un miché (Argot du peuple et des souteneurs). N.

Tas (faire un)

Aller copieusement à la selle.

Tas (prendre sur le)

Prendre en flagrant délit de vol.

Tas de pierres

Prison.

Tas-de-pierres

Prison.

Tasse

s. f. Verre, demi-setier. Allons prendre une tasse, allons boire un verre.

Tasse

Verre de vin, — dans le jargon des typographes. — Le temps d’aller boire une tasse.

Tasse

Pot-de-chambre, — dans le jargon du peuple.

Passez-leur-z’y une tasse !

(Huysmans, Les Sœurs Vatard.)

Tasse

Nez.

Tasse (la grande)

La mer.

C’est vrai qu’un peu plus vous buviez à la grande tasse.

Ricard.

Tasse (la grande)

La mer. — Boire à la grande tasse, faire naufrage, se noyer.

Tasse (la grande)

La rivière. La mer.

Tasseau

Nez.

Tasseau, Tube

Nez, — dans le jargon des voyous. — Se sécher le tasseau, se vider le tube, se moucher. — Se piquer le tasseau, se coiffer le tube, se soûler.

Tasso

Nez.
— Je vais te bouffer le tasso (Argot du peuple). V. Blaire.

Tasso

Nez.

Tata

Les enfants, les petites filles disent de l’une d’elles qui fait des manières :
— Elle fait sa tata.
Dans le mondes des équivoques une tata, c’est le passif.
Il existe un chanson sur ce sujet :
C’est nous qui sommes les tatas (Argot du peuple).

Tata

Voir chatte.

Tate-minette

Sage-femme.

Tate-minette

Sage-femme (Argot du peuple).

Tâte-minette

Sage-femme. (L. Larchey)

Tateur

Fausse clé.

Tateuse

Fausse clé. Ce nom indique bien l’action ; avec une fausse clé, si bien faite soit elle, il faut que le voleur tâte la serrure avant de l’ouvrir (Argot des voleurs).

Tâtez-y

Petit bijou en forme de cœur que les jeunes personnes portent sur la poitrine, à la naissance de la gorge.

Tatouille

Grêle de coups.

Taude rupine

Maison bourgeoise.

Taudion

Petit logement.

J’ai vendu ce que j’avais pour payer le taudion où nous couchons.

Lynol.

Taudion

Pour taudis ; méchante petite chambre, sale cabinet meublé.

J’ai tout mis au clou pour becqueter et payer le taudion où nous couchons moi et Jenny.

(Encore une industrie inconnue.)

Puis il l’appela et la fit monter dans sa chambre, un taudion formé de lattis et plâtre.

(Huysmans, Marthe.)

Taudion

Taudis, mauvais logis.

Taudion

Chambre malpropre, infecte.
— N’entrez pas dans mon taudion, un chat n’y trouverait pas ses petits.
— Sa chambre est un taudis.
On dit aussi un chenil (Argot du peuple).

Taule

Bourreau.

Taule

Bourreau. Maison.

Taule

Demeure, domicile, chambre.

Taule (le)

Le bourreau.

Taule ou tole

La maison. Les maîtres de maisons de tolérance sont appelés des tôliers. C’est une allusion à la tôle qui barde les portes de ces maisons dans quelques villes de province, pour les défendre contre les tapageurs. C’est tôle qui est le vrai mot (Argot des souteneurs).

Taule, Toile, Tollart

Bourreau, — dans l’ancien argot. — Charlot, sous la Révolution. — Béquillard, après la Révolution. — Le Mecque de la camarde, de nos jours.

Taule, tôle

Maison.

Dans une tôle enquille en brave, fais-toi voleur.

Vidocq.

Au moyen âge, taule signifiait table. — V. Pavillonner.

Taupage

Égoïsme. — Tauper : Travailler. — Taupier : Égoïste (Vidocq). — Allusion à la nature active et solitaire de la taupe. — Le travail des malfaiteurs n’est-il pas un vrai travail de taupe ?

Taupage

Égoïsme. (Fr. Michel.)

Taupe

Maîtresse d’un souteneur. Terme méprisant à l’adresse d’une femme.

Tauper

Travailler.

Tauper

Travailler. Taupiner, assassiner.

Tauper

Travailler. L. L. Tauper veut dire accoster. Quand les compagnons faisaient le tour de France, et que deux marchaient en sens inverse sur la grande route, ils s’interpellaient :
— Tope, pays, quelle vocation ?
— Serrurier.
— Passe au large.
S’ils étaient du même métier, ou de la même société, ils fraternisaient, autrement ils se battaient.
Cela s’écrit toper et non tauper. Toper veut aussi dire : conclure.
— Affaire faite, tope-là (Argot du peuple).

Taupes de rempart

Expression ingénieuse désignant les soldats du génie, chargés de creuser les tranchées et surtout les mines.

Taupin

« Le simple taupin, le candidat qui se présente à la colle d’admission à l’École polytechnique, possède déjà des connaissances supérieures. » — La Bédollière.

Taupin

Élève du cours des mathématiques spéciales. Les taupins se divisent en trois classes : le Bizut, élève de première année ; le Carré, élève de deuxième année, et le Cube, élève de troisième année. Le Carré passe pour être quatre fois plus abruti que le Bizut et le Cube neuf fois plus, — dans le jargon des élèves de mathématiques spéciales.

Taupin

Nom donné à l’artilleur, — dans le jargon du régiment. Allusion à la taupe qui passe pour avoir la vue basse. Nombre d’officiers d’artillerie sont dans ce cas et portent lunettes. M. L. Larchey donne encore ce nom de taupin au soldat du génie.

Taupin

Soldat du génie.

Taupinière

Cours de mathématiques spéciales, — cours préparatoire pour l’admission à l’École Polytechnique.

Taze

Nez. La prison Mazas.

Te deum raboteux

Scène de ménage avec accompagnement de coups de poing. — Faire chante ? Un te deum raboteux à la bourgeoise, battre sa femme jusqu’à ce qu’elle crie.

Teigne

Méchant, taquin et, vulgairement, méchante teigne.

Teigne

Méchant.

Teinté

Enluminé par l’ivresse.

Teinturier

« Tous les hommes politiques ont besoin d’avoir auprès d’eux des sous-hommes politiques ou des supérieurs qu’ils consultent, qu’ils laissent écrire ou qu’ils s’assimilent... Dans le style des affaires publiques, ceux qui exercent cette influence s’appelent des teinturiers, parce qu’en effet ils se chargent de donner de l’étoffe à des hommes d’État des couleurs différentes. » — Roqueplan. il y a aussi des teinturiers littéraires. on lit dans les mémoires secrets (25 sept. 1775) « La comtesse de Beauharnais a fait présenter une comédie. Elle a été reçue : on ne doute pas que le sieur Dorat ne soit son teinturier. »

Teinturier

Manœuvre de lettres, chargé de corriger, de faire même l’œuvre d’un autre et qu’un autre signera. Voltaire a été le teinturier de Frédéric le Grand.

Une espèce de petit-collet, teinturier, chargé de soumettre le génié de madame aux règles delà syntaxe.

(Jouy, Guillaume le franc-parteur.)

Teinturier

Avocat. Homme de lettres qui revoit, corrige et met en français le travail d’un autre avant sa composition.

Télégraphe

Signes convenus entre malfaiteurs. Signes entre grecs pour indiquer le jeu de l’adversaire.

Télégraphe sous-marin

Langage des pieds en omnibus, au théâtre, à table.

Témoins à décharge

Les deux roustons, qui, lorsque le vit est en cause, ont de quoi le faire décharger. Suivant les témoins à décharge, Le vol doit être récusé. — Les imposteurs ! répond Glycère, N’écoutes pas leurs faucs rapports, Ils n’ont rien vu, c’est bien sincere, Car tous les deux étaient dehors... L’abbé... avoit en ses jeunes, ans perdu ses deux témoins instrumentaires... en descendant d’un bellooief : c’est un prunier sauvage... (Contes d’Eutrapel.) Les dames rirent assez de Castor, qui était resté sans témoins.

P. de Larivet.

Tempérament

Ardeur amoureuse.

Qui sait, hélas ! si ton, tempérament
Ne trahit pas ton malheureux amant.

Voltaire.

Né avec un tempérament de feu, je contras a peine ce que c’était qu’une belle femme que je l’aimai.

Diderot.

Pine-moi plutôt un de ces grands drôles
Qui crevant de tempérament,
Larges des reins et des épaules :
C’est dit nanan.

E. Debraux.

Tempérament (à)

Payement par fraction de mois en mois. — Acheter à tempérament, acheter avec la faculté de payer tant par mois. Ce genre d’opération esttrès usité entre filles galantes et marchandes à la toilette. Ces dames, qui ont le petit mot pour rire, appellent encore ce mode de payement : « À tant par amant ».

Elle leur avance les sommes nécessaires, qu’elles remboursent à tempérament.

(F. d’Urville, Les Ordures de Paris.)

Temple

Vêtement d’occasion c’est-à-dire acheté au Temple.

Temple de cypris

La nature de la femme, où nous faisons tous nos dévotions à genoux, de la langue et de la queue.

Lors il n’y a tétons ni fesse rebondie,
Cuisse, ventre, nombril, ni temple cyprien.
Que je ne baise, et tâte, ou retâte au manie.

Temps (voir le coup de)

Prévoir à temps pour parer. — Terme d’escrime. — V. d’Hautel, 1808.

Tenante

Chopine ; et particulièrement, chopine d’eau-de-vie.

Tenante, tezière, tezignard

Toi.

Tenante, tezière, tezignard, tezingand

Toi.

Tendeur

Homme qui est toujours prêt à satisfaire une femme gourmande et passionnée (Argot du peuple).

Tendeur

Voir rippeur.

Tendre (?)

Il faut tendre pour ripper.

Tendre sa rosette

Se laisser enculer par un homme.

Tenir (en)

Aimer d’amour.

Est-ce de l’amour ? Alors, il faut qu’elle en tienne furieusement, puisqu’elle fait de tels sacrifices.

Ricard.

Tenir (en)

Être amoureux. — Je crois qu’elle en tient pour lui. — Être trompépar sa femme. Mot à mot : tenir des cornes. — Et vous dites que sa femme l’aurait... Il y a beau jour qu’il en tient.

Tenir la chandelle

Avoir des complaisances honteuses pour un commerce de galanterie ; se faire maquereau.

Quand vous venez, à Fabrice dit-elle,
Me faire tenir la chandelle
Pour vos plaisirs jusque dans ma maison.

La Fontaine.

À son destin j’abandonne la belle,
M me voilà ; des esprits comme nous
Ne sont pas faits pour tenir la chandelle.

Parny.

Tu m’as pris pour un imbécile... Comment ! moi j’irais tenir la chandelle !

Jaime fils.

Tenir la chandelle

Manger son pain sec au fumet du bonheur d’un couple. Variante : Marquer les points.

Tenir la chandelle

Servir une intrigue. Être témoin du bonheur d’un autre.

Tenir la chandelle

Mari complaisant qui sait que sa femme le trompe et qui accepte ça très tranquillement. L’amant de cœur d’une fille entretenue. Ils tiennent la chandelle (Argot du peuple).

Tenir une maison

Avoir un bordel, qu’on autorise seulement les femmes à tenir, a leurs risques et périls : seul commerce qui aille bien ! Tu connais pas Morin, qu’est de la police ?... qui vit à Rouen, rue Ricardière, cont’ la rue aux Ours, avec eune femme qui tient eune maison.

H. Monnier.

Tenue (rentrer en grande)

Avec son pompon, gris.

Ternaux

Châle de la fabrique Ternaux.

Elle prit un schal de coton ; — le ternaux était au... Mont de Piété.

Ricard.

Ternaux

Cachemire qui n’a rien à voir avec son frère des Indes. Châle français ; le rêve des portières, la cauchemar des élégantes.

Terre-Neuve (banc de)

Partie du boulevard comprise entre la Porte Saint-Denis et la Madeleine, — dans le jargon des souteneurs.

Les macs disent par abréviation : Aller au banc ; c’est aller à la recherche d’une femme. Le soir il viendra voir le défilé du banc de Terre-Neuve ; il trouvera là son affaire dans les prix doux.

(Le Sublime.)

Le poisson s’est fait pêcheur. Il va à Terre-Neuve pêcher une morue.

Les mœurs des maquereaux sont assez connues pour qu’il ne soit pas besoin de vous apprendre qu’ils fraient de préférence avec les morues.

(Tam-Tam du 6 juin 1880.)

Terreau

Tabac à priser.

Terrer

Tuer. — Mot à mot : enterrer.

Dans dix ans je reviendrai pour te terrer, dussé-je être fauché.

Balzac.

Terrer

Guillotiner.

Terrer

Tuer. Guillotiner.

Terrer

Tuer. Mot à mot : préparer les gens pour la terre. C’est cette expression qui a donné naissance au mot enfouissage pour les libre-penseurs qui ne passent pas par l’église (Argot des voleurs et du peuple). N.

Terreur

Nom donné aux maquereaux dans les anciennes banlieues de Paris ; il y a généralement une terreur par quartier (Argot des souteneurs).

Terreur (la)

C’est le surnom que donnent au plus fort d’entre eux les souteneurs d’un même quartier. Il y a la Terreur de Montrouge. et la Terreur de Vincennes, la Terreur de Belleville et la Terreur de Grenoble, etc..

Terreuse

Bouteille. On dit aussi rouille, rouillarde.

Terrière

Raccrocheuse qui pousse son persil dans les terrains vagues (Argot des souteneurs).

Terrinière

Fille publique et voleuse.

Tesière

Toi. Et les variantes : Tésigo, tésigue, tésingard.

Tesière

Toi. Il y a plusieurs variantes de ce mot : tesigue, tesigo et tésingard. Tesière est l’expression la plus usitée.
— La Môme-Livarot a un béguin carabiné pour tesière (Argot des souteneurs).

Tésière, tèsigo, tézignères

Toi.

Tesson

Tête. — Mauvaise tête. Faire son tesson, n’en faire qu’à sa tête.

Testicules

Les témoins du duel amoureux. Voir Témoins à décharge.

Têtard

Homme de tête.

Têtard

Têtu, entêté.

Tétasse

Mot grossier signifiant une mamelle pendante. Les tétons deviennent tétasses.

G. Coquillart.

Cette mère des gueux, cette vieille carcasse
D’un linge sale et noir resserra sa tétasse.

Théophile.

Tétasses

Seins de la Vénus Hottentote ; grands pendards, selon l’expression de Voltaire.

Tétasses

Seins qui pendent jusque dans les bas de celles qui les possèdent (Argot du peuple). V. Calebasse.

Tête (faire sa)

Prendre de grands airs.

Tu y gagnes d’avoir l’exercice une fois de plus par jour pour apprendre à faire ta tête.

Vidal, 1833.

Tête (faire sa)

Faire des embarras ; prendre des airs importants.

Ça veut faire sa tête et ça ne sait pas seulement lire.

(V. Rozier, Les Bals publics à Paris.)

Tête (forte)

Soldat indiscipliné.

Tête (se faire une)

Se grimer ; prendre la physionomie particulière au personnage que l’acteur représente. Les mouchards et les comédiens habiles excellent dans l’art de se faire une tète.

Tête à corvées

Imbécile, tête d’idiot, — dans le jargon du régiment.

Tête carrée

Allemand.

Tête carrée

V. Alboche.

Tête carrée

Tous individus nés où l’on parle l’allemand.

Tête carrée, tête de choucroute

Allemand.

Tête de bois

Visage peu expressif. Dans le peuple, on dit aussi : il a été sculpté dans un marron d’Inde, quand l’individu à qui cette expression s’adresse est laid à faire peur (Argot du peuple).

Tête de buis

Crâne dénudé.

Tête de carton

Visage sans expression. Allusion à la poupée (Joséphine) des modistes (Argot du peuple).

Tête de choucroute

V. Alboche.

Tête de patère

Souteneur.

Tête de pioche

Individu à la tête dure qui ne veut rien apprendre. Allusion à la dureté de l’acier trempé de la pioche (Argot du peuple). N.

Tête de pioche

Voir tête carrée.

Tête de pipe

Visage laid ou contrefait.

Tête de Turc

Dynamomètre vivant, souffre-douleur, mystifié, bouc émissaire.

Tête de veau

Individu chauve. — Figure pâle et grasse ; et, encore, tête de veau lavée, par allusion aux têtes de veau trempant dans les baquets des bouchers.

Tête de veau

Celui qui n’a plus ou peu de cheveux.

Tête mobile

Officier de tir, — par allusion à la pièce du fusil qui porte ce nom.

Tête qui dépasse les cheveux (avoir la)

Être chauve.

Tête-à-tête

Conversation à deux, qui a lieu n’importe où, dans une chambre, dans un fiacre, sur l’herbe, sur une chaise, — et la plus éloquente, puisqu’on n’y parle pas, ou qu’on y parle peu, et qu’en revanche on y agit beaucoup. J’eus pourtant malgré tout cela quelque tête-à-tête impromptu avec Sa Grandeur. Il est si doux d’escamoter de temps en temps quelque chose d’une rivale qui en fait autant.

Tête-bêche (faire)

Se placer de façon que la tête de l’homme soit entre les cuisses de la femme, a la hauteur de son con, qu’il gamahuche, et que la tête de la femme soit entre les cuisses de l’homme, à la hauteur de sa pine, qu’elle suce.

Mais quand parfois il trouvé une motte bien fraîche,
Ce qu’il aime avant tout, c’est faire tête-bêche.

L. Protat.

Téter

Boire. — Donnez-y donc à téter à ce soulot et qu’il ne gueule plus !

Téter une goutte

Faire téter une goutte, à quelqu’un : le battre. Boire une goutte : se noyer. Au régiment quand un soldat est atteint de la nostalgie, les camarades lui disent :
— Tu voudrais bien aller téter une goutte.
Téter une goutte, boire un verre sur le zinc (Argot du peuple). N.

Têtes de clou

s f. pl. Vieux caractère usé, bon à mettre à la fonte.

Têtes de clous

Caractères usés, qui n’en peuvent plus.
— Il est rien dégueulbif, le canard que nous composons avec des têtes de clous (Argot d’imprimerie).

Têtes de veau

Les militaires condamnés à une peine de travaux publics, à la suite d’un conseil de guerre. Tête de veau, parce qu’on leur laisse toute la barbe et qu’on leur rase la tête.

Téton de satin blanc tout neuf

Sein de jeune fille. L’expression est de Marot. Elle est encore usitée de nos jours.

Des nichons lui étaient venus, une paire de nichons de satin blanc tout neufs.

(E. Zola, L’Assommoir.)

Tétonnière

Femme amplement pourvue de mamelles.

Dans le cabaret où ils soupaient servait une grosse tétonnière d’Andalousie.

Pigault-Lebrun.

Tétonnière

Femme aux puissantes mamelles. Femme digne dejouer les Junons à la ville, au théâtre et aux champs.

Tétons

La gorge d’une femme.

Sur un col blanc, qui fait honte à l’albâtre,
Sont deux tétons, séparés, faits au tour,
Allant, venant, arrondis par l’amour.

Voltaire.

Donne-moi tes tétons.

La Popelinière.

Comme le gland d’un vieux qui baise
Flotte son téton ravagé.

(Parnasse satyrique.)

Si son cœur est de roche.
Ses tétons n’en sont pas.

J. Duflot.

Têtue

Épingle.

Têtue

Épingle.

Têtue, Tiquante

Épingle.

Tezière, tezingand

Toi.

Tezigue

Toi. V. Bonne, Coquer.

Tézigue

Toi.

Théâtre de la nature

Le con, où le vit a ses entrées comme acteur ou protecteur, en payant soit de son argent, soit de sa bonne mine. Ce théâtre a pour avant-scènes deux colonnes de marbre blanc ; il ne possède qu’un seul décor, lequel représente un buisson avec une fontaine au milieu. Le trou du souffleur est par derrière, ainsi que l’orchestre, composé d’un seul musicien qui exécute avec un instrument à vent une ouverture sur les motifs de : sentir avec ardeur. Quand l’acteur principal entre en scène, il a toujours l’aspect dur et imposant ; il a avec lui deux confidents, deux amis inséparables qui l’attendent dans la coulisse. Quand l’acteur quitte la scène, il est triste et abattu... il pleure. La directrice est libre de donner plusieurs représentations de suite, et, pour peu que l’acteur principal la trouve aimable, et à son gré, plein de verve et d’éloquence, il rentre en scène avec un nouveau transport, — à moins de raisons majeures. — Tous les mois, le théâtre fait relâche. Il l’annonce par une affiche rouge sur laquelle tort applique une bande blanche. Pendant ce temps, l’acteur est libre de donner des représentations en ville, mais, gare à lui... Souvent il se fatigue, revient malade... Alors la directrice se plaint et l’administration coule ! Nota ; La directrice accorde quelquefois des entrées de faveur.

Théière

Urinoir.

Théorie dans les coins (savoir sa)

Savoir parfaitement sa théorie, — dans le jargon des soldats.

Thomain

Rôle effacé, bout de rôle, — dans le jargon des comédiens.

Thomas

Pot de chambre. V. Goguenot.

Parmi les consignés occupés à passer la jambe à Thomas (vider les baquets d’urine).

La Bédollière.

Équivoque sur les mots vide Thoma de l’hymne populaire de Pâques.

Thomas

Nom générique sous lequel on désigne, dans quelques imprimeries de province, l’ouvrier typographe et spécialement le pressier. Il existe une pièce de théâtre qui a pour titre Thomas l’Imprimeur.

Thomas

Pot-de-chambre haute forme. Allusion au verset de l’hymne de Pâques : Vide Thomas, vide pedes, vide manus. — La mère Thomas, la veuve Thomas, chaise percée. — Avoir avalé Thomas, avoir l’haleine fétide.

Thomas

Voyez Jules.

Thomas

Tinette. Vase de nuit. On dit aussi Jules.

Thune

L’aumône.

Thune

Pièce de cinq francs.

Thune

Argent. V. Bille.

Thune

Pièce. — Thune de cinq balles, pièce de cinq francs. Thune de camelotte, pièce d’étoffe.

Thune

Pièce de 5 francs.

Thune

Pièce de cinq francs.

Tiche

Profit, — dans le jargon des commis de la nouveauté.

Tiche

Profit, Aubaine.

Tiche

Bénéfices. Synonyme de guelte. Prime que les directeurs de magasins de nouveautés donnent aux commis qui parviennent à vendre de la marchandise avariée ou des rossignols. Tiche, en ce cas, est de la même famille qu’affure (part de vol) (Argot des calicots).

Ticquage

Mouvement de haut en bas exécuté avec la main qui tient les cartes et aussitôt réprimé. — Le ticquage indique aux autres joueurs que celui qui l’a fait a pris le point sept au baccarat pour le point de huit.

Ticquer, Ticker

Faire le mouvement, aussitôt réprimé, d’abattre ses cartes, — dans le jargon des joueurs.

Une émotion violente leur contractait le cœur, lorsque, tickant par distraction, il faisait le geste d’abattre.

(Vast-Ricouard, Le Tripot.)

Tierce

Agents de police en nombre, — dans le jargon des voleurs. — Caletons, il y a de la tierce, sauvons-nous, il y a beaucoup d’agents de police.

Tierce

Bande d’individus. Clique. Se dit aussi en bonne part : la tierce élégante. Il y a de la tierce, la police est en nombre.

Tierce

Bande, association.

Tierce (la)

Association de faux monnayeurs ; comme ils sont généralement trois : le fabricateur, l’émetteur et un complice de réserve, de ce nombre, la tierce (Argot des voleurs).

Tierce Major

Tierce majeure, au jeu de piquet.

Tiffes

Les cheveux. Tiffe est une corruption de tignasse (Argot des voleurs). N.

Tiffes

Les cheveux.

Tiffes

Les cheveux.

Tigne

Foule. Tigner d’esbrouffe, voler dans un rassemblement.

Tigne, tignasse

Chevelure en désordre. — Du vieux mot tigne : teigne. V. Aplomb.

Tigne, Tine

Rassemblement, foule, — dans le jargon des voleurs.

Tigner d’esbrouffe

Voler à la faveur d’un rassemblement.

Tigner d’esbrouffe

V. Riffe.

Tigre

Groom.

Leur chapeau à cocarde noire, leurs bottes à retroussis, leur veste bleue et leur gilet bariolé, couvrent des gamins arrachés au plaisir de la pipoche.

A. Deriège.

Tigre :

Le rat débute et danse un pas seul ; son nom a été sur l’affiche en toutes lettres ; il passe tigre et devient premier, second, troisième sujet.

Th. Gautier.

Tigre

Élève de la danse à l’Opéra, qui a eu la chance d’être remarquée sous plus d’un rapport. Le tigre est la seconde incarnation du rat ; c’est un rat qui a fait son chemin.

Tigre

Urinoir des étages dans les casernes. — Pourquoi tigre ? Est-ce parce que ce récipient est altéré... d’urine comme le tigre est altéré de sang ; ou encore parce que les parois en sont tachetées.

Tigre

Groom. Élève de la danse, à l’Opéra, un degré plus haut que le rat.

Tigre à cinq griffes

Pièce de cinq francs.

Quand le café était pris, un de la bande se détachait pour aller à la chasse du tigre à cinq griffes.

(Paris-Bohême, 1854.)

Timbale (décrocher la)

Surpasser, remporter un avantage sur ses rivaux, sur ses concurrents.

Celui qui a décroché la timbale lyonnaise ne vaut pas mieux comme opinion que l’ex-pensionnaire de Clairvaux.

(Le Triboulet, du 13 juin 1880.)

Timbré

À moitié fou. Avoir reçu un coup de marteau (Argot du peuple). V. Mailloche.

Timbré

Fou.

Timbre (salle du)

Salle voisine de la cuisine où la viande et le poisson reposent sur des dalles maintenues fraîches par de la glace.

Dans les grands établissements, le timbre consomme en moyenne trois cents livres de glace par jour.

(Eug. Chavette, Restaurateurs et restaurés, 1867.)

Tine

Foule.

Tine

La foule. Réunion de souteneurs et de voleurs. Delvau dit dédaigneusement que cette expression est due à « quelques Vaugelas de la Roquette », que le vrai mot est ligne. Pas le moins du monde ; dans le peuple on dit : Tigne-le, pour : le prendre par les cheveux. Tigner est également synonyme de rechigner (Argot des voleurs). N.

Tine

Foule.

Tinette

Bouche, — dans le jargon des voyous. — Couvre ta tinette, mets un liège à ta tinette, tais-toi.

Tinette

Botte. (L. Larchey)

Tinettes

Bottes.

Tingo

Fou.

Tinteur

Jeune tante, — dans l’ancien argot.

Tintouin du renaud

Querelle.

Tiolée

Plusieurs.

Tiolée (en avoir une)

Se dit dans le peuple d’une famille qui a de nombreux enfants : Ils sont toute une tiolée. C’est une corruption du mot tôle qui veut dire maison. Il y en a plein la tôle (Argot du peuple). N.

Tique (la)

La terre.

Tique (soûl comme une)

Soûl à ne plus pouvoir bouger.

Ils étaient déjà soûls comme des tiques.

(E. Zola.)

Allusion à la tique, petit insecte qui s’attache aux oreilles des chiens, des bœufs et qui se soûle de sang.

Tirade

Travaux forcés.

Tirage

s. m. Action de tirer, d’imprimer. Les éditeurs donnent souvent le nom de nouvelle édition à ce qui n’est qu’un nouveau tirage, et particulièrement quand l’ouvrage est cliché.

Tirage

Difficulté.

Il y aura du tirage.

(E. Augier, les Fourchambault, 1878.)

Tirage

Action de tirer une carte, terme de joueurs de baccarat.

Le tirage à cinq est un des points les plus controversés de baccarat.

(Vast-Ricouard, Le Tripot.)

Un beau tirage, prendre une carte qui constitue un beau point.

Tirage

Difficultés.

Tirage (il y a du)

C’est long, c’est difficile. — Terme de cocher. Plus le chemin est rude, plus le cheval tire.

Tiraillon

Apprenti voleur à la tire.

Vêtus très mesquinement, souvent même en blouse, ils se bornent à fouiller les poches des habits et des paletots, et exploitent ordinairement les curieux qu’un événement fortuit rassemble dans les rues ou qui forment cercle autour des chanteurs ou des saltimbanques.

(Mémoires de Canler, 1862.)

Tiran

Des bas.

Tirans

Bas.

Tirans

Bas.

Tirant

Lacet.

Tirant

Bas. — On le tire pour le mettre.

Ses tirans et sa montante et son combre galuché, son frusque, aussi sa lisette.

Vidocq.

Tirant

Bas.

Tirante

Jarretière.

Tirante

Jarretière. — Cordon de sonnette.

Tirantes

Jarretières.

Tirantes

Jarretières. A. D. Le mot est impropre ; c’est serrantes. En effet, la jarretière serre la jambe ou la cuisse suivant la façon dont elle est placée. Il est vrai qu’elle tire le bas, mais c’est en le serrant (Argot des voleurs).

Tirants

Bas.

Tirants

Bas. — Tirants de trimilets, bas de fil. — Tirants de filsange, bas de filoselle. — Tirants doux, tirants radoucis, bas de soie.

Tirants

Bas. Lacets. Tirant radouci, bas de soie.

Tirants

Bas. Tirants radoucis : bas de soie. Tirants de tremilet : bas de fil. Tirants de filsangue : bas de filoselle. Tirants à la manque : bas déchirés. Allusion aux mailles qui manquent (Argot des voleurs).

Tire

Voler.

Tire

Vol exécuté dans la poche des autres.

Tire (ça se)

Cela tire à sa fin, — dans le jargon des troupiers.

Tire (la)

Le vol exécuté dans les poches par le pick-pocket.

Tire à la chicane

Vol pratiqué en affectant une pose napoléonienne, les mains derrière le dos. — Vol commis en tournant le dos à celui dont on allège les poches. C’est le summum de l’art du vol à la tire.

Tire-bogue

Filou qui a un faible pour les montres.

Tire-bogue

Voleur à la tire qui a la spécialité de faire les montres (Argot des voleurs).

Tire-bouchon américain

C’est la tocade de toutes les grisettes, Elles font asseoir l’homme sur une chaise, mettent son bouchon au vent ; puis, s’asseyant à cheval sur lui et s’appuyant sur le dos de la chaise, elles se font entrer le dit bouchon dans le con tant qu’elles peuvent, le tirent, se renfoncent dessus, jouissent comme des carpes pâmées, et s’en donnent ainsi jusqu’à ce qu’elles soient tout à fait échinées.

Quoique Cornélie soit partie, le plaisir n’est pas parti avec elle ; monte chez moi, je serai bien aimable, et je te ferai le tire-bouchon américain.

(Fantaisiste, I, 179.)

Tire-fiacre

Viande aussi coriace que de la viande de cheval.

Tire-fiacre

Viande de cheval.

N’allons pas chez ce gargotier, c’est du tire-fiacre qu’il vend pour du bœuf.

Tire-gosse, Tire-môme

Sage-femme.

Tire-jus

Mouchoir. — Mot imagé. Usité dès 1808.

Tire-jus

Mouchoir, — Tire-juter, se moucher.

Tire-jus

Mouchoir, — de l’argot parisien.

Tire-jus

Mouchoir.

Tire-jus

Mouchoir. Le mot n’est pas ragoûtant, mais il exprime bien le fait de tirer le jus des narines (Argot du peuple).

Tire-jus

Mouchoir.

Tire-jus

Mouchoir.

Tire-lire

Le postérieur. La tête. L’estomac. La prison. Le gagne-pain des prostituées.

Tire-moelle

Mouchoir.

Tire-môme, momière

Sage-femme.

Tire-monde (madame)

V. Guette au trou.

Tirelire

Derrière.

S’il a envie de se faire coller un atout dans la tirelire.

(Tam-Tam du 6 juin 1880.)

Tirelire

Gagne-pain des filles de joie.

Tirelire

La tête. Allusion à la bouche qui représente exactement l’ouverture par laquelle on introduit les pièces de monnaies dans une tirelire. Tirelire veut aussi dire le contraire de la tête, mais celle-là ne contient que de la monnaie pour la compagnie Richer (Argot du peuple). N.

Tirelire

Toutes les filles publiques mettent l’argent que les michés leur donnent pour leurs gants, dans leurs bas. Leurs bas sont des tirelires (Argot des souteneurs). N.

Tirelire

Visage.

Tirelire

Tête.

Tirelire (briser sa)

Perdre son pucelage, — ce trésor que les mères veulent forcer les filles à garder pendant seize ou dix-huit ans.

Maman, apprenez qu’un voleur
M’a pris la pièce qu’on admire ;
Mais ce qui me met en fureur,
C’est qu’en brisant ma tirelire,
Tout haut chantait le sacripant,
Zi zi pan pan

L. Festhau.

Tiremirettes

Bazar.

Tirer

Baiser une femme.

Et dans les bois, je savait la tirer.

E. Debraux.

Aimes tu mieux en gamine
Tirer le coup du macaron ?

Saunière.

Montrez à ma mère
Tout votre savoir,
Elle va vous faire
Tirer dans le noir.

(Les Archers de l’amour.)

À ce prix-là, dans toute la boutique
De faire un choix j’eus la permission,
Et je montai pour tirer une chique...

(Chanson anonyme moderne.)

— Je vais tirer mon coup, ma crampe, ou bien ma chiqué,
Dit un futur Gerbier.

L. Protat.

Réclamant aux vieillards libidineux ses gants,
Et tirant tous les jours des coups extravagants.

A. Glatigny.

J’ vois que vous y prenez goût.
Mais je n’ tir’ jamais qu’un coup.

F. De Calonne.

Tirer

v. intr. Mettre sous presse, imprimer. Ce mot, en ce sens, vient sans doute de l’opération nécessitée par l’impression au moyen des presses manuelles, opération dans laquelle l’imprimeur tire, en effet, le barreau.

Tirer

Voler à la tire.

Tirer

Avoir peu de temps à rester au régiment. Mot à mot : tirer à la fin du service militaire.

Tirer

Tirer à la conscription, — dans le jargon du peuple.

Tirer

Tirer une carte ou demander une carte au jeu de baccarat.

Tirer

Subir une condamnation. — Combien que tu tires ? par abréviation pour : combien tires-tu de longes ?

Tirer

Faire, (se) partir.

Tirer (ça s’ tire !)

Se dit de tout ce qui touche à sa fin. Une garde, une punition, le congé militaire se tirent.

Tirer à la ligne

Délayer un article de journal, l’allonger, non plus avec des alinéas et des blancs comme pour le choufliquage, mais avec des épithètes, des synonymes, des périphrases.

Tirer au c...

Se soustraire à un service.

Tirer au cul

User de prétextes pour ne pas travailler.

Tirer au flanc

Manquer à sa parole, ne pas tenir ce qu’on a promis, — dans le jargon du régiment.

Tirer au grenadier

Laisser sa part de travail retomber sur d’autres.

Tirer au mur

Se passer de, se priver, — dans le jargon des soldats. (L. Larchey)

Tirer au mur

Se passer, se priver.

Tirer au renard

Pour un cheval, c’est lever le nez en l’air, quand on le tient par la bride ou qu’il est attaché au râtelier, — dans le jargon des soldats de cavalerie. — Tirer au vent, c’est quand le cheval portant son cavalier lève la tête. Il n’y a pas moyen d’arrêter un cheval emballé qui tire au vent.

Tirer aux grenadiers

Carroter le service, militairement parlant. Comme les compagnies d’élite sont exemptes de corvées, tirer aux grenadiers, c’est s’attribuer indûment leurs privilèges. — Tirer une dent : Escroquer (Vidocq). — V. Carotte.

Tirer aux grenadiers

Forger une histoire pour emprunter de l’argent.

Tirer d’épaisseur (se)

Sortir d’un mauvais pas.

Tirer des balladoires (se)

Se sauver ; c’est-à-dire : se tirer des jambes. Les balladoires, ce sont les jambes, qui servent à la ballade.

Tirer des longes

Faire plusieurs années de prison.

Tirer l’échelle

Ne pas aller plus loin.

Tirer la bourre

Se battre.

Tirer la ficelle

Sacrifier à Onan.

Tirer la langue

Courir à en perdre haleine. Faire tirer la langue à un débiteur en lui promettant de l’argent. Tirer la langue : avoir faim, attendre après quelque chose qui ne vient jamais (Argot du peuple). N.

Tirer la langue

Avoir envie ou besoin d’une chose qu’on ne vous donne pas.

Je suis sans argent, mes parents ne m’en envoient pas, ils me font tirer la langue.

Tirer la langue d’une aune

Être très altéré. — Être misérable.

Tirer le chausson

Décamper.

Tirer le diable par la queue

Il y en a (la moitié de Paris) qui passent leur temps à cette besogne, sans être jamais avancés un jour plus que l’autre. La misère ne les lâche pas. Ce pauvre diable, depuis le temps que l’on la lui tire, n’en devrait plus avoir (Argot du peuple).

Tirer les pattes (se)

Bâiller en allongeant les bras au-dessus de la tête.

Tirer sa longe

Traîner la jambe. — Expression primitivement appliquée à la démarche des forçats libérés.

Tirer sa longe

Traîner la jambe.

Tirer ses guêtres, sa coupe, son chausson ; se tirer des flûtes, des pieds

Se sauver.

Tirer ses guêtres, Se la tirer

Se sauver, partir. Variantes : Tirer sa coupe, se tirer des pattes.

Tirer son plan

Subir un emprisonnement.

Tirer son plan

Faire son temps de peine.

Tirer un bouchon

Voleur qui fait dix ans du prison (Argot des voleurs).

Tirer une coupe sur le grand fleuche

Aller à la Nouvelle-Calédonie, — dans le jargon des voleurs.

Tirer une coupe sur le grand fleuche

Aller à la Nouvelle Calédonie.

Tirer une d’épaisseur (en)

Mot à mot : tirer une énorme carotte. — En tirer une de longueur, même signification.

Tirer une dent

Soutirer de l’argent sous un faux prétexte.

Tirer une dent

Escroquer de l’argent.

Tirer une râpée

Sacrifier à Vénus, — dans le jargon du régiment.

Tiretaine, Tireur de campagne

Voleur à la tire qui fait un peu de villégiature. C’est dans les foires de village que le tiretaine fait de bonnes récoltes.

Tireur

Voleur à la tire, dont la spécialité est de tirer, dans la foule, ce que contiennent les poches des voisins.

Tireur

Voleur à la tire.

Tireur

Voleur à la tire, pick-pocket.

Tireuse de vinaigre

Prostituée.

Tirliberly

Mot forgé pour désigner le membre viril.

Et retroussé jusqu’au tirliberly.
En laissa voir un tout des plus superbes.

Brécourt.

Tiroir

Suppression d’une ou de plusieurs cartes dans le but d’aider la chance.

Le tiroir se pratique à tous les jeux, notamment au piquet, par l’enlèvement des trois as.

(A. Cavaillé, Les Filouteries du jeu.)

Tiroir (un)

Faire un trou dans le volet d’une boutique.

Tiroir de l’œil

Économies provenant de la gratte, — dans le jargon des ouvriers et ouvrières à façon.

Tirou

Chemin.

Tirou

Chemin.

Tirou

Route pavée.

Tirou

Petit chemin, chemin de traverse, — dans le jargon des voleurs.

Titi

Gamin de Paris.

Mousqueton est le titi par excellence, c’est le vrai gamin de Paris avec sa gaîté, sa souplesse, ses bons mots.

M. Alhoy.

Titi

Nom intime du gamin de Paris.

Titi

Typographe.

Titi

Volaille, — dans le jargon des chiffonniers.

Titi

Gamin, voyou. Volaille.

Tiv

Anagramme de vit.

Polidor, amoureux d’une beauté sauvage,
Prit en sa main son tiv rouge comme un tison,
Et dit : Faut-il, hélas ! que je meure en servage,
Ayant dedans ma main la clef de ma prison !

Gombauld.

Toc

Méchant.

Toc

Cuivre, bijou faux. — Onomatopée. — Allusion à la différence de sonorité qui existe entre une pièce de cuivre et une pièce d’or.

Bagues, boutons de manchette et croix de ma mère en toc, 6 fr. 50.

Les Cocottes, 1864.

Toc

Cuivre. Bijoux faux. Laid, mauvais. Signifie aussi amusant et absurde.

Toc

Bijoux de mauvais aloi. Personnage contrefait ; se dit de tout ce qui n’est ni bien ni correct (Argot du peuple).

Toc

Vilain, faux. Quelque chose de vilain est toc. Un objet en faux est en toc.

Toc

Laid, de peu de valeur.

Toc (du)

Du cuivre, bijou en imitation.

Toc-toc

adj. Un peu toqué, hannetonné.

Toc-toc

Un peu toqué.

Toc-toc

Fou.

Toc, tocard, tocasse, tocasson

Laid, mauvais. — C’est toujours du cuivre en supposant que l’or représente la beauté et la bonté.

L’article de Cascaret est toc.

J. Rousseau.

Croiriez-vous qu’en parlant d’une femme laide, on dit : Elle est toc, elle est tocarde... C’est un vieux tocard, c’est un vieux tocasson.

N. Vanecke, Ch. 1855.

Il goûta le pain dont les prisonnières se plaignaient : Chouette ! dit il, j’en ai mangé de plus toc que ça.

Chenu, 1850.

Toc, Togue, Toque

Amusant, amusante. — Rusé, rusée.

Toc, Toque, Tocasson

Laid, désagréable, qui a peu de valeur. — Elle est rien toc cette gonzesse ! cette femme est très laide.

Tocanges

Coquilles de noix.

Tocante

Montre.

Tocard

Méchant, mauvais.

N’approchez pas de ce cheval, il est tout ce qu’il y a de tocard.

Tocard

Laid.

Tocasse

Méchant, — Tocasserie : Méchanceté (Vidocq).

Tocasse

Méchant, méchante.

Tocasse

Méchant. On dit également tocasserie pour méchanceté. Tocasserie est assurément une corruption de tracasserie (Argot des voleurs).

Tocasse, tocasserie

Méchanceté. Femme laide, ridicule.

Tocasserie

Méchanceté.

Tocasson

Femme laide et vieille, ridiculement accoutrée. — Quel tocasson !

Tocasson

Fille qui depuis des années est dans la circulation, qui veut conserver des airs de jeunesse et se refuse à dételer son vieux fiacre.
— Crois-tu que c’est pas dégoûtant, la mère Tocasson qui trime encore à 72 berges (Argot des filles).

Tocasson

Vieux, mauvais. Un mauvais cheval est un tocasson.

Toccange

Coquilles de noix.

Toccange

Coquilles de noix.

Toccante

Montre.

Toccante

Montre.

Toccante

Montre.

Toile (déchirer la)

Faire un feu de peloton. — Comparaison du bruit de la fusillade à celui d’une toile qu’on déchire. Elle est assez juste.

Tout à l’heure les feux de deux rangs déchireront la toile, et nous verrons si vos clarinettes ont de la voix.

Ricard.

Toile (faire de la)

Ne pas manger faute d’argent, — dans le jargon des tailleurs.

Toile d’emballage

Linceul. Cette expression est toujours en usage, malgré que dans les hôpitaux on n’ensevelisse plus les morts dans des serpillières (Argot du peuple).

Toilette (faire la)

Couper les cheveux à un condamné à mort pour faciliter la décollation.

Toilette (faire sa)

Vaquer aux soins de propreté tout intimes, — dans le jargon des bourgeoises qui ne craignent pas l’eau.

Toilette (la)

Avant le règne de M. Deibler, la toilette des condamnés à mort durait une grande demi-heure, une éternité ; aujourd’hui, le mot est resté, mais pour la forme seulement, car on ne la leur fait plus. Chaque semaine, les condamnés sont rasés et ont les cheveux coupés : on leur épargne ainsi une torture inutile. Heindrich, l’avant-dernier bourreau, recommandait toujours à ses aides de se dépêcher pour ne pas laisser le condamné vieillir (Argot des voleurs).

Toison

Les poils qui garnissent l’entrée du con.

Pour garder certaine toison,
On a beau faire sentinelle.
C’est temps perdu lorsqu’une belle
Y sent grande démangeaison.

La Fontaine.

Au soleil tirant sans vergogne
Le drap de la blonde qui dort,
comme Philippe de Bourgogne
Vous trouveriez la toison d’or.

TH. Gautier.

Va sur Acomat au poil raide,
Sur Fatime, à la toison d’or.

H. De Maurice.

Toit, toiture

Chapeau.

Toiture

Chapeau d’homme.

Tole

Derrière, logement.

Tôle

Derrière.

Tôle

Derrière.

Tôle

Maison à grand numéro.

Tôle

Domicile, maison.

Je rentre me coucher à la tôle.

Tôle

Demeure, domicile.

Tôle, taule

Maison.

Tolède

Excellent, de qualité supérieure. Mot dont on a usé et abusé lors des beaux jours de l’école romantique ; aussi démodé que l’école elle-même. Tout était de Tolède, par allusion aux fameuses lames si exploitées dans les drames du temps. — Parapluie de Tolède, femme de Tolède, montre de Tolède. Le plus souvent on joignait l’adjectif bon, bonne, pour mieux observer la couleur locale.

Tôlier

Tenancier d’une maison de tolérance.

Tollard

Le bourreau.

Tollard

Bureau. A. D. C’est une grave erreur. Tollard, dans les prisons centrales, veut dire : bourreau. Bureau, c’est burlingue (Argot des voleurs). N.

Tollard, toile

Le bourreau.

Tollard, tolle

Le bourreau (vieux mot).

Tombage

Emprunt fait au jeu et qu’on ne rendra jamais.

Tombe dur (ça)

Il pleut à verse.

Tomber

Terrasser, faire tomber. — Tombeur : Lutteur invincible. — Se prend ironiquement au figuré.

Eugène P., le tombeur de Renan, y vient de temps en temps mépriser l’humanité.

Les Cocottes, 1864.

Tomber

Séduire ; obtenir les faveurs d’une femme.

Pour lui faire la cour, pour arriver à la tomber, il faut, etc… On tombe sans grand’peine une brune.

(Mémoires de Rigolboche.)

Tomber

Vaincre moralement, terrasser moralement son contradicteur ; terme que les journalistes ont emprunté à l’argot des lutteurs.

Tomber

Retourner en prison. — Tombé malade, repris.

Tomber

Apparaître sur le tapis vert, — dans l’argot des joueurs. — Quand un joueur dit : un louis qui tombe, il annonce qu’il fait un louis au jeu et qu’il va le mettre sur le tableau.

Vingt-cinq louis qui tombent ! cria Servet en quittant le gérant, et en se précipitant à table.

(Vast-Ricouard, Le Tripot.)

Tomber

Séduire une femme. Vaincre, terrasser. Retourner en prison. Tomber en litharge, être au secret. Tomber en figure, faire une rencontre désagréable. Entrer en scène. Tomber à pic. Bien tomber.

Tomber à pic

On va se mettre à table, vous tombez à pic. Mot à mot : Vous arrivez bien.
— J’étais dans la purée, ma tante vient de claquer à pic (Argot du peuple).

Tomber au plan

Être mis en prison.

Tu voudrais que je grinchisse sans tracquer de tomber au plan.

Vidocq.

V. Manger.

Tomber dans le bœuf

Être réduit à la misère.

Tomber dessus

Maltraiter en paroles ou en actions.

Que demain je lâche ma place ! on me tomberait fièrement dessus.

De Goncourt.

Tomber en figure

Faire une fâcheuse rencontre, se rencontrer nez à nez avec un importun, avec un créancier, avec une ancienne maîtresse.

Tomber en litharge

Être au secret, par corruption pour : tomber en léthargie.

Tomber malade

Être arrêté, alors qu’on se croyait en sûreté. Si l’arrestation a lieu à la rencontre, c’est-à-dire si on rencontre fortuitement l’agent qui vous recherchait, on dit : tomber le nez dessus (Argot du peuple). N.

Tomber pile

Tomber sur le cul. Les ouvriers typographes disent :
— Il est tombé sur le côté de deux (Argot du peuple).

Tomber sur le dos

Se faire baiser.

Tiens ! v’là Victoire qui roule sa bosse.
— Pauvre fille ! si gentille, si sage... car enfin elle ne sort jamais.
— Parbleu ! elle sera tombée dans l’escalier ; c’est là qu’elle aura attrapé ça.

(Souvenirs de carnaval.)

Mais aussi qui ne tombe pas
Au premier mot qu’on lui dise.

Bussy-Rabutin.

Ce sont filets et pièges pour donner le saut et faire tomber à la renverse les femmes et les filles.

Noel Du Fail.

Tomber sur le dos et se faire une bosse au ventre

Faire une chute amoureuse qui entraîne une grossesse.

Tomber sur le dos et se faire une bosse au ventre

Cela paraît être un fait extraordinaire ; pourtant rien n’est plus commun. C’est la secousse qui est cause de ce phénomène qui dure neuf mois (Argot du peuple).

Tombeur

Acteur trop mauvais pour être accepté nulle part. — Ch. Friès.

Tombeur

Séducteur.

Le grand. Lolo, dit le tombeur des belles, fouilla, du haut de son siège, les deux voyageuses d’un petit coup de fouet d’amitié.

(E. de Goncourt.)

Tombeur

Celui qui vit d’emprunts au jeu.

Tombeur

Critique impitoyable. Polémiste qui l’emporte sur son contradicteur.

Cette fois le tombeur de M. Bûcheron a pleinement raison.

(E. de Girardin, la France du 23 août 1877.)

Tombeur

Mauvais acteur avec lequel la meilleure pièce court le risque de ne pas réussir.

Tombeur

Lutteur qui tombe ses rivaux. Séducteur. Critique sévère. Mauvais acteur.

Tombeur

Homme fort. Lutteur qui tombe tous ses adversaires. Tomber une femme : la séduire, la faire céder. Dans les cercles, le croupier dit : cinq louis qui tombent (Argot du peuple).

Tondeur d’œuf

Avare.

Tondeur d’œufs

Avare, tracassier.

Tondre

Prendre une carte à son adversaire, couper, — dans le jargon des joueurs.

Tondu (le petit)

L’empereur Napoléon.

L’Empereur lui-même, le petit Tondu, comme disait mon père.

L. Reybaud.

Tonneau

Degré. V. Bouchon.

Tu lui aurais rendu sa politesse. — Plus souvent ! à un daim de ce tonneau !

Monselet.

Tonneau

Acabit. — Être d’un bon tonneau, être grotesque, ridicule. — Être d’un fort tonneau, être fort bête.

Tonneau diviseur

Fiacre, — dans le jargon des voyous. — Médéme, faut-y faire avancer votre tonneau diviseur ?

Tonnerre de poche

Crepitus ventris. (Scarron.)

Toper

« Chaque fois qu’un dévorant rencontre un autre ouvrier, il doit lui demander de quelle société il est. — Ça s’appelle toper. » — Biéville.

Toper

S’accoster en se donnant la main ; — terme de compagnon du devoir.

Toper

Mettre la main sur quelqu’un ou sur quelque chose, dans le jargon du régiment. — La patrouille a topé un pochard. Un pochard a topé mon mouchoir. C’est un mot emprunté à l’argot des compagnons du devoir et auquel on a donné un sens plus général.

Toper

Se frapper la main entre compagnons en signe de reconnaissance ou comme conclusion d’une affaire, d’un marché.

Topinambour

Nez rouge.

Topiser

Reconnaître, regarder avec attention, — dans le jargon des grecs.

Topo

Officier d’état-major, plan topographique.

Topo

Remontrance de professeur à élève, — dans le jargon des collégiens ; du grec topos, lieu commun, discours banal.

Topo

Topographie, par apocope.

Topo

État-major. — Officier d’état-major.

Topo

Apocope de plan topographique.

Toquade

Manie.

Prémary a une toquade. On le débine, on le nie, on veut le tuer.

A. Scholl.

Toquade

Inclination assez forte pour en faire négliger d’autres. V. Toqué.

Hortense est sur le chemin de la fortune... Une simple toquade, et elle est perdue.

Les Pieds qui r’muent, 1864.

V. Toqué.

Toquade

s. f. Manie, dada, fantaisie, inclination. Ce mot, généralement usité dans le langage du peuple de Paris, a été introduit dans l’atelier typographique et ne paraît pas y être né.

Toquade

Manie, caprice amoureux, amour passager. — Avoir des toquades, s’éprendre facilement de quelqu’un, avoir fortement envie de quelque chose. — Elle a des toquades pour le premier venu.

Toquade

Manie. Caprice amoureux.

Toquante

Montre. Allusion au tic-toc de la montre.

Un monsieur qui me trouva gentille m’offrit un jour une toquante d’or... La montre me tentait.

Rétif, 1778 Contemporains.

V. Billemont.

Toquante

Montre.

Toquante

Montre de peu de valeur. Double sens : elle fait tic-toc et elle est en toc (Argot des voleurs).

Toquante

Montre.

Toquante, Tocante

Montre. Allusion au toc-toc du mouvement.

Toquard

A. Delvau et M. Loredan Larchey écrivent tocard. Ces écrivains, pas plus que moi, n’ont inventé l’expression ; pour trouver la véritable orthographe, il était donc inutile de remonter à la source. Je trouve dans une vieille chanson ceci :

Maintenant tu t’toquardes de la frime,
Tes deux oranges tombent dans tes bas.
T’es des mois sans changer de lime,
Va même des mois qu’tu n’en a pas.

C’est donc toquard qui est le vrai mot (Argot du peuple).

Toque

Mauvais.

Toqué

À moitié fou. On dit de même. : Il a reçu un coup de marteau. C’est-à-dire : Son cerveau est bien près de se fêler.

Les collectionneurs sont toqués, disent leurs voisins.

Balzac.

V. Folichonnette.

Toqué

Épris.

Ma chère, les hommes c’est farce ! toujours la même chanson : Une femme à soi seul ! Toqués !

Gavarni.

Toqué

Maniaque, excentrique.

Et cependant Carnavalho n’était pas fou ; il n’était que toqué, mais de quoi ?

(R. de Beauvoir.)

Celui qui est toqué a, comme on dit, la tête près du bonnet, jadis toque, toquet ; c’est-à-dire qu’il est extravagant, un peu fou.

Toquer

v. n. Remplacer momentanément. Ce mot est aujourd’hui à peu près inusité ; on dit maintenant : Faire un bœuf. V. Bœuf.

Toquer

Sonner.

Toquer (se)

Se passionner pour.

On a trouvé un mot très juste pour leurs amours, elles se toquent, elles ont des toquades.

(Jean Rousseay, Paris dansant.)

Je suis toqué de vous.

(Balzac.)

Torche-cul

Imprimé sans valeur, journal méprisable, — dans l’argot du peuple. — Comptabilité, écritures d’un chef de train, — dans le jargon des employés du service actif des chemins de fer.

Torchée

Bataille.

Torcher

Tourner avec grâce et facilité un petit travail littéraire ; faire dans les mêmes conditions une œuvre d’art sans importance.

Monselet qui a si galamment torché le si joli sonnet à l’asperge.

(L. Veuillot.)

Torcher

Donner des coups, battre ; d’où l’expression se donner un coup de torchon.

Torcher (se)

Se battre.

Torcher le cul de (se)

Mépriser profondément quelqu’un ; ne faire nul cas d’une chose.

Torcher le cul de merde (se)

Ce n’est pas le comble de la propreté, mais cette expression caractéristique dit bien le peu de cas que l’on fait de quelqu’un et combien on le méprise (Argot du peuple).

Torcher le nez (se)

Se passer. On dit de même qu’une chose passe devant le nez.

Tout cela vient de Pitt envoyé par les alliés, mais ils s’en sont torchez le nez.

Mauricault, Ch.,179..

Torchon

Sale fille publique. Le torchon est une fille publique placée dans l’échelle de la prostitution bien au-dessous dulinge. — Cuisinière malpropre, souillon de cuisine.

Torchon

Prostituée commune. L’élégante s’appelle linge.

Torchon (coup de)

Fusillade ; coups de fusil, coups de sabre. Se donner un coup de torchon, se battre en duel à l’arme blanche, se battre contre l’ennemi, dans le jargon des troupiers.

Torchon (se donner un coup de), se torcher

Se battre. — Même allusion que dans frotter. — Se dit aussi pour faire toilette.

Allons jusqu’aux chouans, leur donner un coup de torchon.

Henry, Ch. 1836.

Le torchon brûle à la maison se dit pour annoncer une querelle domestique.

Je ne suis plus son jujule, son chou, son rat, son trognon, l’torchon brûle, l’torchon brûle à la maison.

Dalès.

Torchon brûle (le)

Ça va mal dans le ménage.

Torchon brûle (le)

Querelle dans le ménage.

Torchon, Torchon littéraire

Journal méprisable, journal dont on ne partage pas l’opinion, — dans l’argot de la petite presse.

Tord boyaux

Mauvaise eau-de-vie. Elle corrode l’estomac et tord littéralement les boyaux des malheureux abrutis qui recherchent cet horrible breuvage (Argot du peuple).

Tord-boyaux

Mauvaise eau-de-vie.

Avaler un verre de tord-boyaux, comme l’appelait notre amphitryon.

Vidal, 1833.

Tord-boyaux

Eau-de-vie commune.

La riboteuse qui consomme
Plus de spiritueux qu’un homme
Et lampe sans peur le rogomme,
Le sacré-chien, le tord-boyaux.

(A. Pommier, Paris.)

Tord-boyaux

Eau-de-vie.

Tordion

Vieux mot signifiant remuement, employé pour exprimer les mouvements lascifs faits dans l’acte vénérien.

Et inventa la bonne dame
Mille tordions advenants,
Pour culeter à tous venants.

Cl. Marot.

Il semble à ce pauvre homme qu’elle avait appris ces tordions d’un autre maître que lui.

B. Desperriers.

Elle ne se put en garder de faire un petit mobile tordion de remuement non accoutumé de faire aux nouvelles mariées.

Brantôme.

Elle a pour le moins trente-cinq ans sur la tête, ce qui me fait croire qu’elle a oublié tous ces petits tordions et gaillards remuements, qui chatouillent la jeunesse.

P. De Larivet.

Tordre le cou à un lapin, à une gibelotte

Manger du lapin. Tordre le cou à une négresse, boire une bouteille de vin rouge.

Tordu

Dupe des mieux exploitées, — dans l’argot des grecs. C’est-à-dire pigeon auquel on a tordu le cou.

Torgnole

Soufflet. Coups. Correction.

Torgnolle

Soufflet. Chiquenaude. — Allonger une torgnolle.

Torniquet

Moulin.

Torniquet

Moulin.

Torniquet

Moulin.

Torniquet

Moulin (Vidocq). — Sa roue tourne.

Torpille d’occasion

Fille publique. Ainsi nommée parce qu’elle fait sauter la bourse des pantes (Argot des souteneurs).

Torse

Estomac.

Un verre de fil en quatre... Histoire de se velouter le torse.

Th. Gautier.

Il s’était, outre mesure, bourré le torse ; langage d’atelier.

P. Borel, 1833.

Torse (se velouter le)

Ingurgiter un petit verre de liqueur.

Tortillant

Boiteux, qui tortille en marchant (Vidocq).

Tortillante

Vigne, — dans le jargon des voleurs.

Tortillante

Vigne.

Tortillante

Le cep de vigne qui pousse en espalier devant les maisons dans les campagnes. Allusion au bois qui se tortille de mille façons. Claude Tillier a écrit dans un de ses pamphlets :
— Nos pères étaient faits de ce bois noueux et tortillé dont on fait les forts (Argot du peuple).

Tortillard

Fil de fer ou de laiton.

Tortillard

Fil de fer, — dans le jargon des voleurs. — Boiteux, contrefait.

Tortillard

Fil de fer. Homme contrefait, bancal.

Tortillard

Fil de fer (Argot des voleurs).

Tortillé

Gauche, maladroit. Espèce de tortillé.

Tortiller

Boiter.

Tortiller

Manger.

En trois jours nous aurons tout tortillé.

Vidal, 1833.

Voyez-vous, j’avais tortillé une gibelotte et trois litres.

Ricard.

V. Bec. — Allusion au mouvement des mâchoires.

Tortiller

Faire des façons.

L’ordre est formel. Il n’y a pas à tortiller.

L. Desnoyer.

Tortiller de l’œil : V. œil. — Tortiller : Avouer (Vidocq). V. Bayafe.

Tortiller

Déterminer une mort prompte. — Le poison tortille. — Être tortillé, mourir en peu de temps. — Être tortillé par le choléra.

Tortiller

Faire des révélations, — dans le jargon des voleurs.

Tortiller

Manger, manger vite, — dans le jargon du peuple. — Comme tu tortilles !

Tortiller

Manger. Avouer. Mourir. Boiter.

Tortiller

Manger.
— Il te tortille un morceau de lartif en une broquille.
Se tortiller pour ne pas vouloir dire la vérité : chercher des faux-fuyants.
— As-tu vu comme elle tortille des fesses en marchant ?
— Il n’y a pas à tortiller du cul, il faut que tu avoues.
— Il ne faut pas tortiller, faut y passer (Argot du peuple).

Tortiller

Manger.

Tortiller

Manger.

Tortiller des fesses

Scander sa démarche, se déhancher en marchant. — Il n’y a pas à tortiller des fesses, il ne faut pas faire tant de façons, il faut prendre un parti ; on ajoute, pour donner plus de force à l’expression : il faut chier dur.

Tortiller du cul ou des fesses

Se trémousser sons l’homme. — Hésiter, faire des manières. — On dit aussi : tortiller de la crinoline, c’est-à-dire : se déhancher, soit en dansant, soit en marchant pour allumer les galants.

Quand on va boire à l’Écu
N’ faut pas tant tortiller du cu.

Vadé.

Quand tout sommeille aux alentours,
Hortense, se tortillant d’aise,
Dit qu’elle veut que je la baise
Toujours, toujours.

A. Privat d’Anglemont.

Au miché je sais battre un ban ;
Je sais tortiller de l’échine.

(Chanson anonyme moderne.)

Tortorage

Nourriture.

Tortorant

Restaurant.

Tortore

Repas. — Passer à la tortore, manger.

Tortorent

Gargote où l’on mange (Argot des souteneurs).

Tortorer

Manger. — Tortorer le pain à cacheter, communier.

Tortorer

Manger (Argot des souteneurs).

Tortorer

Manger.

Tortorer

Même sens — manger.

Tortouse

Corde.

Tortouse

Corde.

Tortouser

Attacher.

Tortu

Vin, — dans l’ancien argot. Allusion au bois tordu de la vigne.

Tortu

Le vin.
— Allons, mastroquet, sers-nous deux cholettes de tortu.
Cholette : chopine, tortu : le vin, en souvenir du bois tortu qui produit le raisin (Argot du peuple).

Tortu (du)

Du vin.

Tortue

Vin (Vidocq). V. Faire la tortue.

Tortue

Femme, amante.

Touche

Tournure d’individu.

Touche

Physionomie grotesque.

Touche

Tournure ; physionomie. — Avoir une bonne touche, avoir une bonne tournure. Foutue touche, mauvaise tournure.

Touche

Tournure, allure. Coup.

Touché (c’est)

C’est bien fait, en parlant d’une œuvre d’art. — C’est bien dit, bien répliqué ; c’est très bien.

Touche (sainte)

La paye, le jour de la paye, — dans le jargon des ouvriers. Une sainte en grande vénération, parmi le peuple.

Toucher

Faire l’acte vénérien.

La belle fille qui voulait être touchée au bas du ventre.

(Moyen de parvenir.)

Écoute, mon mignon, contemple
Du bon Joseph les saints exemple
Qui ne toucha a sainte dame.

Jodelle.

Mais si un amoureux la touche,
Elle repartira, du cu,
Encore mieux que de la bouche.

(Cabinet satyrique.)

Où le mari, parce qu’il la touchait quelquefois, pensait avoir part.

Brantôme.

N’ayant touché que vous, je n’en puis rien savoir.

J. de Schelandre.

Mais il ne lui touchait que quand la fantaisie lui en prenait.

Tallemant des Réaux.

Il ne lui touche point, vit dedans l’abstinence.

La Fontaine.

Phébus, au même état où je me suis couchée,
Me trouve le matin sans que l’on m’ait touchée.

(Épigrammes.)

Elle lui dit que s’il la touche, elle criera.

Ch. Sorel

Femme gentille et sage
Est un trésor ; mais il n’y touche point.

Parny.

Toucher

Frapper fort. — Ironie. V. Aplomb.

Toucher (se)

Se livrer à la masturbation., à ce plaisir solitaire que Martial appelle si justement gaudia fœda, £t dont tant de jeunes gens sont morts, — sans compter le compositeur Bellini. Les murs de Paris ont été longtemps couverts de cette légende : Galimard se touche. Serait-ce vrai, Seigneur !

Toucher (se)

Pratiquer l’onanisme. Se dit principalement en parlant des enfants qui ont cette funeste habitude.

Toucher à la marchandise

Palper la marchande... de plaisir, — dans le jargon des soupeuses.

Toucher la grosse corde

Patiner le membre viril et le faire résonner sur le ventre.

Touches de piano

Dents longues et larges.

Touiller

Remuer.

Touiller

Remuer.
— Touille ton café pour faire fondre le sucre (Argot du peuple). N.

Touiller

Remuer une sauce est la touiller. C’est un mot patois dont on se sert souvent en jouant au loto, pour dire à celui qui appelle les numéros, de les remuer dans le sac : touille.

Touiller, Trouiller

Remuer avec une cuiller, le fond d’un poêlon. — Mêler les dominos, battre les cartes.

Toulabre, Toulmuche

Toulon.

Toupet

Grande effronterie. — Jeu de mots. — Le toupet est supérieur au front.

Et dire qu’avec du toupet et de la mémoire tout le monde en f’rait autant.

H. Monnier.

Se payer de toupet : Payer d’audace. V. Créper.

Que de gens font étalage, S’payant de toupet, N’ont rien dans leur ménage.

Chanson, 1832.

Toupet

Aplomb, impudence. — Toupet bœuf, aplomb énorme. Toupet de commissaire, impudence.

Toupet (avoir du)

Avoir la motte bien garnie.

Ce n’est point là le conin que vous aviez au couvert ; il n’y avait que du poil follet, du duvet, et je tiens là un toupet. un vrai toupet.

La Popelinière.

Toupet (avoir du)

Avoir un aplomb formidable. Se payer de toupet pour affronter quelqu’un. On dit dans le peuple :
— Il a plus de toupet que de cheveux (Argot du peuple).

Toupet (se foutre dans le)

Se mettre dans la tête, s’imaginer.

Toupie

Femme sans mœurs.

Toupie

Femme de mauvaise vie, mais de bonne volonté, qu’on fait tourner comme l’on veut — en y mettant le prix.

Misère et corde ! c’est déjà des histoires pour des toupies.

Gavarni.

Toupie

Femme de peu, tournant en toutes mains, comme une toupie. — Usité dès 1808.

L’insolent traite sa grande sœur de toupie.

Colmance.

Toupie

Femme de mauvaise vie. — Elle tourne comme une toupie dans les bras de tous les hommes.

Toupie

La tête. Femme méchante ou de mauvaises mœurs.

Toupie

Femme.

Toupin

Boisseau.

Toupiner

Mesurer au boisseau.

Tour (faire faire demi-)

Faire retourner sur ses pas, ou rentrer à la caserne. — Lorsqu’un soldat passe devant un supérieur sans le saluer, celui-ci lui fait faire demi-tour, afin qu’il repasse devant lui, en le saluant militairement. — Faire demi-tour en principe signifie s’en aller sans répliquer.

Tour (faire voir le)

Tromper.

Pour parvenir dans le commerce, Chacun s’exerce à qui fera voir le tour aux pauvres chalands.

Chansonnier, 1836.

Connaître le tour : Connaître toutes les ruses.

Tour (faire voir le)

Tromper, mentir avec succès.

Tour (la)

La Conciergerie et le Palais de justice. Allusion à la tour de l’horloge. À ce propos, une légende populaire veut que cette horloge ait sonné l’heure du signal pour le massacre de la Saint-Barthélémy (Argot du peuple).

Tour (la)

La préfecture de police.

Tour de bête (au)

Par rang d’ancienneté, — dans le jargon des troupiers.

Il passa capitaine à l’ancienneté, à son tour de bête, comme il disait en rechignant.

(Ed. About, Trente et quarante.)

Tour de bête (passer à son)

Être promu à l’ancienneté.

Tour de bitume

Promenade des filles sur les boulevards, pour raccrocher des hommes et les ramener, soit au bordel, si elles sont en maison, soit dans leur appartement lorsqu’elles sont chez elles.

Allons ! voilà mon tour de bitume arrivé...
Au persil ! au persil !...

Lemercier de Neuville.

Tour de cravate (donner un)

Étrangler.

Tour de fesse

L’acte vénérien.

Francine, trop chaude du cu,
Pour mieux couvrir ses tours de fesse,
Voulait épouser un cocu.

Théophile.

Tour pointue

Préfecture de police ; et la pointue, par abréviation. — Aller faire un tour à la pointue, aller visiter la pointue, être enfermé au dépôt.

Tour pointue (la)

Préfecture de police (Argot des voyous).

Tour, tour pointue

Palais de justice. Préfecture de police. Le Dépôt.

Tourbe

Misère. — Être rien dans la tourbe, être dans une misère profonde.

Tourbe

Misère. Embarras.

Tourbe

La lie du peuple. Populace, le plus bas qu’il soit possible de l’imaginer (Argot du peuple).

Tourbe

Misère.

Je ne possède plus rien, je suis dans la tourbe jusqu’au cou.

Tourbe (être dans la)

V. Purée.

Touret

Gros goujon. Les pécheurs nomment un gros goujon un touret, pour faire allusion au touret, cheville qui est sur la nage d’un bachot et où l’on met l’anneau de l’aviron lorsqu’on rame.

Tourier

Terme de pâtissier.

Le premier tourier prépare la pâte des gâteaux fins et leur donne la forme primitive.

(P. Vinçard, Les Ouvriers de Paris.)

Tourlade

Les forçats, autrefois, quand le bagne était à Toulon, appelaient cette ville Tourlade. Changement de finale (Argot des voleurs).

Tourloure, Tourlourou

Conscrit.

Tourlourou

Soldat du centre. — Forme du vieux mot turelureau, soldat de garnison. V. Du Cange. — Au quatorzième siècle, la turelure (prononcez toureloure) était une porte fortifiée, une sorte de château flanque de tourelles.

Si le tourlourou est solide sur l’école de peloton, il n’est pas moins ferré sur l’école de la séduction.

M. Saint-Hilaire.

Tourlourou

Conscrit. Fantassin.

Tourlourou

Ce mot qui, en français signifie jeune soldat, a une autre signification peu connue, mais dont on se sert cependant ; il a été importé de la Nouvelle-Calédonie par les déportés et transportés. Tous les Canaques savent que Tourlourou veut dire dauffé.

Tourmente

Colique (Vidocq).

Tourmente

Colique, — dans le jargon des voleurs.

Tourmente

Colique.

Tournant

Jeu de baccarat où chaque joueur fait, à son tour, office de banquier. C’est la variante du chemin de fer. Variante particulièrement usitée dans les cercles. — Faire un tournant, un petit tournant.

Tournante

Une clé.

Tournante

Clé.

Tournante

Une clé.

Tournante

Une clef.

Tournante

Clé (Vidocq). — Elle tourne dans la serrure. — V. Tremblant.

Tournante

Clé.

Tournante

Montre, — de l’argot parisien.

Tournante

Clé. Elle fait en effet tourner le pène dans la serrure (Argot des voleurs).

Tournante

V. Anguille.

Tournante

Clé.

Tournante

Clef.

Tourne à gauche

Tailleur inhabile.

Tourne-autour

Tonnelier (Vidocq). — Allusion au mouvement habituel imposé par son métier.

Tourne-autour

Tonnelier.

Tourne-vis

Gendarme. Chapeau à cornes.

Tourne-vis

V. Hirondelle de potence.

Tourne-vis

Chapeau à cornes que portent les gendarmes. Ce terme s’est généralisé, il est employé pour tous les chapeaux quelles que soient leurs formes (Argot du peuple).

Tournée

Pile, correction faisant tourner et retourner la victime.

Après, je donne une tournée à la Chouette. Je tiens à ca.

E. Sue.

Danse et Walse offrent la même image.

Tournée

Rasade offerte à l’assistance devant le comptoir du marchand de vins. — La tournée est une rasade qui fait le tour de la compagnie assemblée. On a voulu y voir une allusion à la petite roue qui offre aux buveurs le moyen de jouer leur consommation sans quitter le comptoir du marchand de vins. mais alors le terme offrir ou payer une prochaine tournée, qui est fort usité, serait un non sens. ce qui se joue ne peut s’offrir.

il offre une tournée au café Robert.

Monselet.

Tournée

Politesse à coups de canon sur le comptoir du marchand de vin. Chaque camarade offre, à son tour, à la société, la consommation ; c’est ce qui constitue le tour ou tournée ; puis la tournée recommence. D’autres fois elle se joue au tourniquet. Certaines tournées du lundi, inaugurées à neuf heures du matin, ne sont pas terminées à une heure. — Tournée du mastroquet, le moment où le mastroquet s’exécute à son tour.

Tournée de vitriol

Tournée d’eau-de-vie.

Tourner (faire)

Attraper.

Tourner (faire)

Attraper.

Tourner (faire)

Attraper.

Tourner (faire)

Mystifier, se moquer.

Tourner de l’œil

Tourner La prunelle, Montrer le blanc des yeux en jouissant.

Tu tournes la prunelle...
Tu vas jouir... ma belle...

Marc Constantin.

Tourner de l’œil

S’assoupir, mourir.

Trois ou quatre méchantes chopines… et ça tourne l’œil.

Gavarni.

Du poison !... Allons, bois... tu vas tourner de l’œil tout de suite.

Chenu.

Tourner de l’œil

Mourir.

Tourner de l’œil

Dormir. Mourir. Se pâmer de plaisir.

Tourner de l’œil

Mourir (Argot du peuple).

Tourner de l’œil

Mourir.

Tourner l’œil

Avoir envie de dormir.

Tourner le feuillet

Retourner aux fastes de Sodome.

Tournevis

Chapeau à cornes. (L. Larchey)

Tournigue

V. Blaire.

Tourniquet

Chirurgien militaire. Il tourne autour des lits.

Tourniquet

Moulin.

Tourniquet

Moulin. Chirurgien de marine.

Tourniquet

Correctionnelle, conseil de guerre.

Tourniquet (passer au)

Passer au conseil de guerre. On dit aussi : passer au falot.

Tourte

Tête. — Écrevisse dans la tourte, grain de folie, grande excentricité. Variantes : Obus dans la casemate, chauve-souris dans la mansarde.

Tourte

Vieille femme ridicule. — Chapeau mal fait, grotesque, — dans le jargon des modistes.

Tourte

Vieille ridicule, Imbécile.

Tourte

Bête, imbécile.

Tourtouse

Corde.

Tourtouse

Corde.

Tourtouse

Corde, corde servant à garrotter un prisonnier.

Tourtouse

Corde. Tourtousier, cordier.

Tourtouse

La corde. Tourtouser : lier. Tourtousier : le cordier (Argot des voleurs).

Tourtouse, tortouse

Cordes à menottes. — Tourtouser : Lier, garrotter (Vidocq). — Mot expressif indiquant l’action de lier tout au tour. — V. Criblage, Coltiger.

Tourtouser

Attacher avec des cordes.

Tourtouser

Lier, garrotter.

Tourtouserie

Corderie. — Tourtousier, cordier.

Tourtousine

Ficelle.

Tourtousine

La ficelle. Allusion à la torsion du chanvre par le cordier (Argot du peuple).

Touser

Aller à la selle par ordre. Autrefois, pendant le voyage de la chaîne, les argousins intimaient à leurs pensionnaires l’ordre de touser.

Toussaint-Louverture

Double six d’un jeu de dominos. Allusion à la couleur noire.

Tousse (c’est que je)

Formule affirmative, formule ironique. C’est-à-dire : j’ai raison, c’est ainsi, je m’entends bien.

Tousse (non, c’est que je)

Voir mouche.

Tout de cé

Très-bien (Vidocq).

Tout Paris

Les douze ou quinze cents personnes en vue qu’on rencontre à toutes les solennités artistiques, dramatiques, littéraires, politiques, funèbres et judiciaires. C’est le Paris qui a la primeur de tous les amusements, la virginité de tous les spectacles, la Heur de toutes les émotions.

Toutime

Tout.

Toutime

Tout.

Toutime

Tout.

Trac

Peur. Avoir le trac : avoir peur.

Trac

Peur. — Onomatopée. — Nos paysans donnent encore le nom de trac à une maladie qui cause un frisson perpétuel. — V. Bœuf.

Bien, voilà mon trac qui me reprend.

Marc Michel.

Tracqueur : Poltron. — Tracquer : Craindre. V. Plan.

Trac

Peur. — Flanquer le trac, faire peur.

Trac

Peur.

Trac

Peur. Tracquer : avoir peur.
— J’ai un trac à tout casser (Argot du peuple). V. Taf.

Trac

Peur.

Trac (avoir le)

Avoir peur.

Trac (avoir le)

Avoir peur.

Tracasser les couilles d’un homme

Lui faire patte d’araignée, afin de le faire bander lorsqu’il est réfractaire.

De l’autre main tracasse-moi les couilles... la... là... tout du long.

La Popelinière.

Tractis

Doux (Vidocq). — Mot de langue romane.

Tractis

Doux, — dans le jargon des voleurs.

Train

Derrière. — Coup de pied dans le train.

Train

Vacarme. Le postérieur. Être en train, être légèrement ivre.

Train (du)

Vite. — Mot à mot : Menez-moi grand train.

Asie prit un fiacre et dit au cocher : Au Temple ! et du train ! il y a gras.

Balzac.

Train (du)

Vite ; c’est-à-dire bon train.

Train (en)

Sur la pente de l’ivresse. Mis en train par la gaieté bachique.

Train (être dans le)

Ne pas être arriéré.

Train (manquer le)

Manquer une bonne occasion. — Arriver trop tard.

Train (prendre le)

Se sauver. — À quelqu’un qui vous obsède, on dit : Prends le train.

Train 11 (le)

Les jambes. Celui qui ne peut pas se payer de voiture, fiacre ou omnibus, prend le train 11. Quand on joue au loto, celui qui appelle les numéros, quand il tire le numéro 11, crie :
— 11, les deux jambes à ma tante (Argot du peuple).

Train 11 (le)

Les jambes.

Train d’onze heures (prendre le)

Aller se promener, aller flâner, — dans l’argot des employés du service actif des chemins de fer. Réminiscence du jeu de loto où onze signifie les jambes. Le train d’onze heures c’est donc le train des jambes.

Train de charcuterie

Train omnibus, — dans le jargon des employés des chemins de fer.

Parce que les voyageurs de secondes et de troisièmes en ont toujours dans leurs paniers, soit pour leur consommation en route, soit pour cadeaux apportés à leurs familles.

(Aymar de Flagv, Paris-Journal, du 24 mai 1878.)

Train direct (un)

Un verre d’absinthe ; c’est-à-dire un train direct pour Charenton. On dit encore grande vitesse pour Charenton. (La petite vitesse sert à désigner l’absinthe panachée.) Le peuple n’ignore pas que l’absinthe mène à la folie, mais il en boit tout de même, riant et de l’absinthe et de la folie.

Train direct coupé

Un litre de vin en deux verres, — dans le jargon des bouchers. — Train direct sec, un litre en un verre. Chez les marchands de vin de la Villette, il existe des verres de la capacité d’un demi-litre et même d’un litre. Quand les bouchers viennent de faire un bœuf, il leur arrive souvent d’absorber, d’un trait, un train direct coupé et même un train direct sec. À la fin de la journée certains bouchers ont ainsi donné l’hospitalité à six ou sept litres de vin.

Train-train, Tran-tran

Train de vie. — Aller son train-train, faire petit à petit son chemi t dans le monde, faire un petit commerce à peu de frais et donnant peu de bénéfices, vivoter.

Traînante

Serpette de plombier.

Trainard

Verre de liquide abandonné sur une table.

Traîne-paillasse

Fourrier. — Il règle avec l’employé des lits militaires le prix de chaque dégradation. — V. Rogneur.

Traîne-paillasse

Fourrier.

Traîne-paillasse

Fourrier. — Chargé de toucher les fournitures de literie.

Traineau (faire)

Se dit en parlant des chiens qui, après avoir satisfait aux lois de la nature, frottent contre terre leur train de derrière, parce qu’ils n’ont pas l’habitude de se servir de papier comme les faibles humains.

Traînée

Fille de mauvaise vie, qui traîne sa jeunesse quand elle est jeune, sa beauté quand elle en a, dans tous les endroits où vont les hommes et ou elle ne devrait pas aller.

Elle sera heureuse avec lui, si elle ne fait pas la trainée avec lui, par exemple.

Eug. Vachette.

Traînée

Coureuse, fille des rues. Celle qui traîne ses savates dans tous les mauvais lieux.

Je t’ai vu entrer au Grand Balcon avec cette traînée d’Adèle.

(E.Zola.)

Traînée

Fille publique qui traîne partout à la recherche de clients. Traînée est un gros terme de mépris employé par le peuple vis-à-vis d’une femme. Traînée : synonyme de rouleuse (Argot du peuple).

Traîner ses guêtres

Marcher à l’aventure, flâner bêtement en usant ses souliers et quelquefois les souliers des autres.

Traîner son boulet (ou sa chaîne)

Terme populaire qui signifie ; avoir toujours sa femme légitime au bras, sur le dos, ou sous la pine. — Le mariage étant une chaîne, on en a pour jusqu’à la fin des jours de l’un ou de l’autre.

Traîneuse

Fille qui stationne dans les gares, attendant les trains de voyageurs. La gare du Havre est encombrée de traineuses.

Traîneuse

V. Rôdeuse.

Traîneuse

Robe. Allusion à la traîne de la robe qui balaye les trottoirs. On dit également : une balayeuse (Argot du peuple).

Traisse (être)

Pris en flagrant délit, dans l’argot des juifs.

Trait

Infidélité. — On dit, sans abréger, trait d’inconstance.

Savez-vous ce que c’est qu’un trait ?... Eh bien ! c’est que quand une femme est avec un marlou (souteneur) ; si elle a un caprice pour un autre et le passe, voilà un trait !

Cinquante mille voleurs de plus à Paris, Paris., 1830, in-8.

Son mari lui avait fait tant de traits, qu’elle l’avait quitté.

Champfleury.

Traits

Infidélités qu’un homme fait a une femme, ou une femme à un homme ; coups tirés illégalement.

Son mari lui avait fait tant de traits qu’elle l’avait quitté.

Champfleury.

Devant monsieur le maire
J’ai solennellement promis de ne pas faire
De traits à mon époux...

L. Protat.

Traits

Infidélités conjugales.

Traits (faire des)

Faire des infidélités conjugales.

Trajectoire (perdre la)

Perdre la tramontane.

Tralala

Appareil.

La fougue, l’audace et tout le grand tralala de l’excentricité féminine.

Monselet.

Tralala (grand)

Grande toilette, grand étalage de luxe. — Grande réception.

Tram

Tramway, par apocope.

Tranche

Le visage. Tranche est aussi un terme d’amitié et de familiarité :
— Tiens, comment vas-tu, ma vieille tranche ? (Argot du peuple). N.

Tranche de fromage de Brie

Nez long.

Tranche-ardants

Mouchettes.

Tranche-fromage

Sabre-baïonnette, — dans le jargon des troupiers.

Tranche-lard

Couteau. Allusion au couteau du charcutier. On dit aussi : un vingt-deux (Argot du peuple).

Tranquille comme Baptiste

Très tranquille.

Transparent

Homme maigre.

Traquer

Avoir peur.

Traquer

Trembler, avoir peur.

Traqueur

Poltron. — Traqueuse, poltronne.

Traqueur

Peureux. Celui qui a le trac est un traqueur.

Travail

Prostitution ; fouterie intéressée.

Au nom de Dieu, dedans le tête-à-tête,
À ton flâneur donne de l’agrément ;
Dans le travail, rappelle-toi, Jeannette,
Que t’es pas là pour ton amusement.

L. Festeau.

Que tu travailles bien aussi !... fort ! fort !, ma mignonne, tu me ravis !...

La Popelinière.

Tu passes toutes tes soirées
Chez Dautun le marchand, de vin :
Les autres femmes, plus rusées,
Travaillent du soir au matin.

Dumoulin.

Épous’s d’ultras,
Nièc’s de prélats,
Tout ça travaille et n’se numérot’ pas.

Beranger.

O femelle divine,
Crois-moi !
Fais travailler ma pine
Sur toi !

Eug. Vachette.

Travail

Vol ; assassinat ; commerce de la prostitution, — dans le jargon des voleurs et des filles.

Travail

Exercices de saltimbanque. — Atelier de modiste.

Travail

Littérature à la vapeur, confection politico-littéraire à l’usage des revues, — dans l’argot des journalistes. Le travail consiste à enlever à la force du poignet quatre ou cinq feuilles de copie dans le même numéro. — Grand travail sur Vextinction du paupérisme ; grand travail sur les caisses d’épargne ; grand travail sur les enfants assistés ; grand travail sur Vinfluence du théâtre, etc., etc.

Travail

Vol. Assassinat. Exercice de saltimbanque. Prostitution.

Travailler

Voler.

X. était prudent : il travaillait toujours seul, et son discret recéleur était des plus fins.

H. Monnier.

V. Butter.

Travailler

Voler ; assassiner ; se prostituer, — dans le jargon des voleurs et des filles.

Travailler (se faire)

Être sifflé, — dans le jargon des comédiens.

Travailler dans le bât

Voler dans les maisons. Abréviation de travailler dans le bâtiment.

Travailler dans le bâtiment

Voler avec effraction dans les maisons. L’expression est pittoresque (Argot des voleurs).

Travailler dans le rouge

Assassiner.

Un meurtre !… Travailler dans le rouge !… C’est grave !…

(P. Mahalin, Les Monstres de Paris.)

Travailler des mâchoires

Manger.

Travailler l’argent

Faire des tours d’escamotage à l’aide de pièces de cent sous, — dans le jargon des escamoteurs. Un escamoteur travaille bien l’argent lorsqu’il cueille habilement des pièces de cinq francs sur les paletots, sur les chapeaux, sur le nez des spectateurs.

Travailler les côtes

Médire. — Battre.

Travailler pour Jules

Manger dans l’espoir d’une bonne et fructueuse digestion.

Travailler pour le roi de Prusse

Travailler gratis. Variantes : Travailler à l’œil, travailler pour la gloire, travailler gratis pro Deo.

Travailler, tripoter, graisser le carton

Jouer aux cartes. — Maquiller le carton : Faire sauter la coupe.

Travailleur

Tricheur, — dans le jargon des grecs.

Traverse

Bagne, — dans l’ancien argot.

Traverse

Bagne. En traverse à perle de vue, condamné au bagne à perpétuité.

Traversin, Tirebraise

Soldat d’infanterie ; par allusion à la petite taille des fantassins.

Traviole

Traverse.

Traviole

Traverse.

Traviole (de)

De travers.

Traviole (de)

De travers.

Travioles

Tracas, peines, tourments, — dans le jargon des voleurs.

Travioles

Avoir des inquiétudes. L. L. Tramoles : aller de travers, pochard qui festonne. Celui-là est loin d’avoir des inquiétudes, car il ne pense guère au lendemain. Lue jeune tille qui déraille et devient rosière de la Maternité, va de travioles, de travers dans la vie (Argot du peuple). N.

Trayage

Fois.

Chaque trayage que j’ai été arrêté j’ai été condamné.

Treffle

Tabac.

Treffle

Tabac.

Treffle

Tabac, dos.

Trefflière

Tabatière.

Tréfflière

Tabatière.

Trefflière, triffoissière ou tréfouine

Tabatière.

Trefle

Tabac.

Trèfle

Tabac. — Allusion à la couleur brune de ce fourrage, quand il est sec.

Trèfle

Anus. — Corruption de trou. — V. Trèpe. — Vise au trèfle : Apothicaire (Vidocq).

Trèfle

Derrière.

Trèfle

Tabac.

Trèfle

Tabac (Argot du peuple).

Trèfle

Tabac.

Trèfle, tréfoin

Tabac. Trefflière, tabatière. Passer au trèfle, battre (passer à tabac). Trèfle signifie aussi argent et trou.

Trèfle, Tréfouin

Tabac à fumer.

Tréfoin

Tabac.

Tréfoin

Tabac. Ce mot est très vieux ; il est employé par Eugène Sue dans les Mystères de Paris.
— Pas de tréfoin à mettre dans ma chiffarde. (Argot des voleurs).

Tréfoin rifaudeur

Tabac à fumer.

Treize

Trésor.

Treizième arrondissement (marié au)

Se disait à Paris de celui qui vivait avec une maîtresse, car, avant 1859, cet arrondissement n’existait point. Lurine a fait un livre sur le Treizième arrondissement.

Jamais elle n’a été ma femme, pas même au treizième arrondissement.

Bertall.

Tremblant

Lit. — On comprend le mot en voyant cet exemple.

J’ai du bon pivois sans lance et du larton savonné, une lourde, une tournante, un tremblant pour rivancher (faire l’amour).

Vidocq.

Tremblant

Lit de sangle, mauvais lit.

Tremblant

Lit de sangle.

Tremblante

Fièvre, — dans le jargon des voleurs. — Il a la tremblante : v’là huit jours qu’il ne décolle pas du pieu.

Tremblante

La fièvre.

Tremblement

Réunion imposante.

À l’union de l’infanterie, de la cavalerie, de tout le tremblement.

La Barre.

Bataille :

Mais la veille du tremblement, fallait voir les feux des postes avancés.

Chansons, 1854.

Tremblement

Mélange de vermout, de cassis et d’eau-de-vie.

C’est là (au café des Variétés), entre un bock et un tremblement, — que s’ébauchent les engagements de toute sorte.

(Monselet, Acteurs et actrices.)

Tremblement (le, — tout le)

Le reste. Tout le reste.

Je voudrais, un jour de goguette,
Être Bon Dieu rien qu’un moment,
Pour brouiller comme une omelette,
L’eau, la terre et le tremblement.

(L. Festeau, Le Tapageur.)

Trembler la volaille morte (faire)

Dire une bêtise énorme, affecter des prétentions exorbitantes et déplacées.

Tremblote

La fièvre. Avoir la fièvre, c’est avoir la tremblote.

Tremblotte

La fièvre. Allusion au tremblement qu’elle produit. On dit d’un homme qui a peur de la moindre des choses : il a la tremblotte. C’est aussi un truc employé par les mendiants pour exciter la charité publique ; ils font semblant de trembler. Mot à mot : de grelotter (Argot du peuple). N.

Trémousser (se)

Jouer des fesses et des reins. S’agiter sous l’homme, — ou sur la femme, selon le plaisir que l’on ressent et que l’on veut faire partager ; afin d’arriver a la jouissance mutuelle.

Amusez-vous, trémoussez-vous
Amusez-vous, belles ;
Amusez-vous, ne craignez rien,
Trémoussez-vous bien

Désaugiers.

Quoique usé, le vieux Mondor
Pour Lisette soupire
L’âge a rouillé son ressort
Mais il se trémousse encor
Pour rire.

Piton.

Trempage

Ivresse, — dans le jargon des ouvriers imprimeurs. Fort trempage, forte ivresse. Empoigner un fort trempage. Allusion à la tremperie.

Trempe, trempée

Volée de coups. Tremper une soupe, battre.

Trempée

Correction.

Si je ne me respectais pas, je vous ficherais une drôle de trempée !

Gavarni.

De Tremper une soupe. V. Soupe.

Trempée, Trempe

Volée de coups.

Madame, si je ne me respectais pas, je vous ficherais une drôle de trempée !

(Gavarni.)

Tremper une soupe

Battre quelqu’un.

Il m’a fait des sottises ; lorsque je le rencontrerai, je me charge de lui tremper une soupe.

Tremplin

La scène, — dans le jargon des comédiens.

Trente et un, trente-six (se mettre sur son)

Mettre sa plus belle toilette.

Elle s’était mise sur son trente et un, et je puis vous assurer qu’elle était bien ficelée.

Vidal, 1833.

Trente points (les)

Qui constituent la beauté des femmes, sont, — je cite d’après Brantôme ;

Trois choses blanches : la peau, les dents et les mains.
Trois noires : les yeux, les sourcils et les paupières.
Trois rouges : les lèvres, les joues et les ongles.
Trois longues : le corps, les cheveux et les mains.
Trois courtes : les dents, les oreilles et les pieds.
Trois larges : la poitrine, le front et l’entre-sourcils.
Trois étroites : la bouche, la ceinture et le con.
Trois grosses : le bras, la cuisse et le mollet.
Trois déliées : les doigts, les cheveux et les lèvres.
Trois petites : les seins, le nez et la tête.

Trente-et-un (être sur son)

Avoir mis ses plus beaux habits. Terme emprunté au jeu de cartes appelé « trente-et-un ». Le point de trente-et-un prime tous les autres, c’est le plus beau du jeu.

Trente-six carreaux

Voir Souricière. Trente-six carreaux, parce que c’est le nombre de vitres de la porte de la cellule.

Trente-sixième dessous (dans le)

Même sens que Troisième dessous.

Le pauvre vicomte a été enfoncé dans le trente-sixième dessous.

Montépin.

Trente-sixième dessous (être dans le)

Être tombé dans là misère aussi bas que possible. — Avoir échoué complètement, en parlant d’une œuvre dramatique.

Trep

Populace, foule.

Trèpe

Foule. — Corruption de Troupe. V. Garçon, Trèfle.

Trèpe

Foule, — dans le jargon des voleurs. — Servir de trèpe, faire ranger la foule. (L. Larchey)

Trèpe

Ne veut pas dire la foule, comme le disent les dictionnaires d’argot ; ce mot veut dire clientèle, d’après Loyssel.

Faut pas blaguer, le trépe est bath
Dans ce taudion, i s’trouve des rupins
Si queuq’s gonciers traînent la savate
J’en ai r’bourré qu’ont d’scarpins. (Argot des voleurs).

Trèpe (du)

Du monde.

Trépeligour

Vagabond, — dans l’ancien argot.

Trépignard

Voleur qui profite d’un rassemblement, qui, au besoin, de complicité avec un ou deux compères, fait naître un rassemblement à la faveur duquel il exercera sa petite industrie. En argot, trèpe veut dire foule, rassemblement.

Trépignée

Volée de coups. — Flanquer une trépignée dans le gîte, administrer une volée soignée.

Trépigner

Battre. — Mot à mot : trépigner sur le corps. — Trépignée : Rossée.

Trépigner

Battre.

Trepp

Rassemblement de monde. À l’arrivée du commandant Marchand, il y avait du trepp à la gare. Dans un café, où il y a beaucoup de clients, il y a du trepp.

Treppe

Peuple, foule. Troupe.

Treppe

Foule, public.

Trésor (le père)

Le trésorier.

Tresse

Cœur.

Tresser des chaussons de lisières

Occupation des prisonniers dans les maisons centrales.
— À tresser des chaussons de lisières pendant dix berges, j’ai affuré quatre sigues ! (Argot des voleurs).

Tribade

Mot grec (τριβάς) signifiant une femme qui abuse de son sexe avec une autre femme.

Les tribades s’adonnent à d’autres femmes ainsi que les hommes mêmes.

Brantôme.

Tribades, mes amours,
Sacrifions toujours
Dans ce temple où Venus
Garde pour nous ses trésors inconnus.

J. Duflot.

Tribadie : amour d’une femme pour une autre, très répandu dans les pensionnats de jeunes filles et dans les couvents de femmes.

Comtesse De N*.

Dans cette Grèce aujourd’hui qu’on renomme
Que faisiez-vous, vierges du Parthénon ?
Que faisiez-vous, ô vestales de Rome ?
Vous tribadiez en l’honneur d’Apollon.

J. Duflot.

Tric-trac

Grime.

Tricard

Homme en rupture de ban. Il a cassé sa canne ou sa trique.

Trichard

Tricheur. Voler au jeu (Argot du peuple).

Tricher

Forcer, par un habile coup de cul, le membre de l’homme à se retirer au moment où il va décharger son sperme, pour ne pas s’exposer à faire d’enfants, — ce qui est peut-être prudent, mais, en tout cas, malhonnête, volant qui triche.

Pour nous, femmes sages,
Hors de nos ménages,
Il faut jouir peu
Ou tricher au jeu.
Tricher ! quelle gène !
On conçoit sans peine,
Quand on est expert,
Tout ce qu’on y perd.

Béranger.

Tricher

Suivre l’école matrimoniale de Malthus.

Tricher

Suivre la doctrine de Malthus.

Tricher

V. Gêné.

Tricoter

Battre. — Du vieux mot Tricote : gros bâton. V. Roquefort.

Prends vite un bâton ; Tricote cet homme sans cœur.

Chanson carnavalesque, 1851, impr. Chassaignon.

Tricoter

Danser. — Comparaison du jeu des jambes à celui des aiguilles.

Tricoter des fesses

Les remuer vivement dans l’acte vénérien, pour mieux, jouir ou pour mieux faire jouir l’homme.

Tricoter des jambes

Danser ; se sauver.

Tricoter des jambes

Danser. Se sauver.

Tricoter des pincettes

Danser.

Tricoter les côtes

Battre.

Trie

Réunion, — dans l’ancien argot. — Faire le trie, déserter, à un signal donné, l’atelier, pour aller prendre des forces chez le marchand de vin, — dans le jargon des typographes. L’expression date de 1764.

Trifaille

Enfant.

Triffois ou tuffre

Tabac.

Triffonnière

Tabatière.

Trifouillée

Remuer, chercher en bousculant tout. A. D Trifouillée, c’est trois fois fouiller, mais le peuple ne donne pas ce sens à cette expression. Trifouillée veut dire battre.
— Je vais te coller une trifouillée en cinq sec (Argot du peuple). N.

Trifouiller

Fouiller partout, embrouiller, mettre tout sens dessus dessous en cherchant un objet.

Trifouilleur

Brouillon, sans ordre.

Trimancher

Cheminer, marcher.

Trimancher

Cheminer, marcher.

Trimancher

Cheminer, marcher.

Trimancher

Marcher, courir par la ville. Variante de trimer. (L. Larchey)

Trimancher

Marcher. Même signification que trimarder (Argot du peuple).

Trimar

Grande route, où triment les voyageurs. V. Butter.

Travailler sur le grand trimar, c’est voler sur le grand chemin.

Cinquante mille voleurs de plus à Paris, in-8, 1830.

Trime : Rue. — Trimin : Chemin.

Sur mon trimin rencontre Un pègre de quartier.

Vidocq.

Diminutif de Trimar. faire son trimar se dit des filles qui se promènent la nuit pour raccrocher. v. paillasson.

Trimar

Éventaire ; balle de marchand ambulant, boutique de marchand forain.

Trimar

Chemin, rue. Eventaire. Balle. Grand trimar, grande route.

Trimar (aller au)

Sortir pour voler sur la voie publique, — dans le jargon des voleurs.

Trimar (patiner le)

Raccrocher, — dans l’argot des filles.

Trimar, Grand trimar

Route, voie publique, — dans le jargon des voleurs, qui disent également : Trime et grande tire.

Trimard

Chemin.

Trimard

Chemin.

Trimard

Chemin.

Trimard

Chemin. Grand trimard : grande route (Argot des voleurs).

Trimard

Chemin, route. Un ouvrier qui va de ville en ville chercher du travail, va sur le trimard.

Trimard

Chemin.

Trimarde

Rue.

Trimarder

Marcher.

Trimarder

Voyager. Quand un apprenti a appris son état, pour se former, il fait son tour de France. Il trimarde, mais en travaillant. Mot à mot : parcourir les grandes routes. Ceux qui trimardent ne sont autre chose que des vagabonds ; ils ont une profession, mais ne travaillent jamais. Cette profession leur sert pour mendier. Le truc est des plus simples : Le trimardeur, supposons le compositeur typographe, entre dans un atelier avec la quasi-certitude qu’il ne sera pas embauché, c’est ce qu’il souhaite. Il demande mèche ; on lui répond qu’il n’y a pas de place vacante, alors il lâche son boniment :
— Il vient de loin, de Paris ; il a été malade en chemin, il est dans la plus affreuse misère, il sollicite la permission de faire la quête. Le patron donne, les compagnons donnent aussi ; il savent bien que c’est un fainéant, mais les typos ont bon cœur, ils préfèrent être volés dix fois que d’en refuser une à une misère véritable.
Avec ce métier, les trimardeurs sont les gens les plus heureux du monde (Argot d’imprimerie). N.

Trimarder

Voyager à pied.

Trimarder, trimancher

Marcher. Voyager.

Trimarder, trimer

Cheminer, marcher.

Trimarder, trimer

Cheminer, marcher.

Trimardeur

Celui qui voyage sur les routes. Celui qui travaille beaucoup est aussi un trimardeur.

Trimardeuse

Fille publique qui fait le trottoir. L’asphalte n’est pas la grande route, on l’appelle néanmoins le trimard parce que la fille y trime (Argot des souteneurs).

Trimart

Chemin.

Trimbaler

Marcher en portant un fardeau, transporter.

Trimbaler son cadavre

Se promener. — Trimbaler son crampon, promener sa femme ou sa maîtresse légitime. — Trimbaler un pante, promener un provincial !

Trimbaleur

Cocher ; charretier, camionneur.

Trimbaleur d’indigents

Cocher d’omnibus.

Il y a d’abord la grande joie des « trimbaleurs d’indigents », autrement dit les cochers d’omnibus.

(Evénement, du 3 octobre 1878.)

Trimbaleur de machabées

Cocher de corbillard. Désigné encore sous les noms de : Trimbaleur de conis, trimbaleur de refroidis, trimbaleur de carne pour la sèche.

Trimbaleur de piliers de boutanche

Filou qui exploite les commis de magasin porteurs de paquets. Après avoir fait une acquisition qu’il doit payer à domicile contre livraison, le trimbaleur de piliers de boutanche se fait accompagner par un commis. Chemin faisant il saura, en usant de ruse, s’approprier la marchandise.

Trimballage

Transport.

Trimballer

Conduire.

Trimballer

Marcher. — Mot à mot : baller sur la trime : se remuer dans la rue. V. Momir. — Trimballeur de coni, de refroidi : Croque-morts (Vidocq).

Trimballer

Conduire. Transférer d’une prison à une autre.

Trime, Trimin

Rue.

Trimelet

Fil à coudre.

Trimer

Marcher.

Trimer

Marcher pour placer de la marchandise.

Trimer

Marcher. Se donner de la peine, travailler dur. Raccrocher dans la rue.

Trimer

Aller et venir inutilement, se morfondre. A. D. De trimer on a fait trimard, raccrocher, c’est-à-dire travailler, c’est le vrai sens du mot.
— Je trime d’un bout de l’année à l’autre pour élever mes gosses, et je n’en suis pas plus avancé.
Trimer veut dire travailler péniblement (Argot du peuple). N.

Trimer

Travailler.

Il faut trimer ferme pour élever sa famille.

Trimer

Travailler.

Trimer les mathurins (faire)

Manger ; c’est-à-dire faire travailler les dents.

Trimestre (régler le trimestre à quelqu’un)

Lui flanquer une pile.

Trimoire

Jambe.

Trimoires

Jambes, — dans le jargon des porte-balles et des marchands ambulants.

Trimoires

Les jambes.

Trimralleur de refroidis

Le cocher qui conduit les corbillards.
— Ce qui m’emmerde, quand je serai refroidi, c’est d’être trimballé par l’omnibus à coni (Argot des voleurs).

Tringle

Voir bogue.

Tringle

Rien.

Tringlo

Soldat du train des équipages militaires.

O muse ! raconte-nous la grandeur héroïque
De cet humble soldat, qui brandissant sa trique,
Monté sur un mulet, cheminant pas à pas,
Arrose les lauriers… mais ne les cueille pas.

(A. Camus.)

Tringlos

Soldat du train. — Diminutif de train.

Ce que les tringlos, soldats du train des équipages militaires, ne pourront nous apporter.

A. Camus.

Tringlot

Soldat du train.

Trinquer

Recevoir des coups. Être malmené.

Trinquer

Boire en choquant son verre. Trinquer : recevoir une volée (Argot du peuple).

Trinquer

Recevoir des coups ou des réprimandes.

Trinquer

Être battu.

Trinquer (faire)

Battre, maltraiter, — dans le jargon des voleurs. — Tai-rien fait trinquer le gonse. — Je vas trinquer le godetrd à coups de sorlot.

Triomphe

« Le triomphe est une vieille coutume de Saint-Cyr, qui consiste à promener sur une prolonge d’artillerie les vainqueurs du jour (lors de l’inspection) tandis, que les élèves forment dans la cour une immense farandole et chantent le chœur légendaire de la Galette. » (Figaro, du 26 juillet 1877.)

Tripaille

Enfant (Argot des voleurs). V. Loupiau. N.

Tripasse

Femme laide et d’un embonpoint excessif.

Tripasse

Femme grosse, vieille et laide.

Tripatrouillage

Tripoter dans les poches de quelqu’un. Tripoter dans une caisse ou un tiroir.
— Vous n’allez pas bientôt finir de me tripatrouiller, vous allez me chiffonner (Argot du peuple). N.

Triper

Donner le sein. (L. Larchey)

Triper

Donner le sein à un enfant.

Tripes

Seins mous et volumineux.

Tripes

Tétons déformés, élastiques comme un morceau de caoutchouc. Allusion au morceau de tripe que les tripiers nomment le bonnet : c’est la panse (Argot du peuple).

Tripes

Seins pendants.

Tripière

Femme ou fille à la gorge mal faite, — ou trop fournie.

Madame de Bassompierre, qui n’était ni jeune ni belle, et qui n’avait’ pour elle que son embonpoint et ses grands airs, ne manquait pas de galants… Le Plessy-Guénégaud s’amusait à payer cette grosse tripière comme un tendron, parce qu’elle était de qualité.

P. Dufour (Hist. de la prostitution.)

Tripière

Femme très avantagée sous le rapport de la poitrine. — Forte tripière, énormément bien avantagée.

Tripoli

Eau-de-vie de très mauvaise qualité.

Tripoli

Voyez Schnick.

Tripoli

Mauvaise eau-de-vie.

Tripot

Garde de police.

Tripot

Garde municipal. Dérivé, de tripotée.

Tripot

Garde municipal. Maison de jeu de dernier ordre.

Tripotée

Correction. — Du vieux mot tripeter : fouler aux pieds. V. Roquefort.

Oh ! quelle tripotée je vous ficherais, ma poule !

Gavarni.

Tripotée

Arrangement à coups de poing ; scène de pugilat domestique.

Tripotée

Pugilat.

Tripotée

(En donner ou en recevoir une).
— Il a reçu une rude tripotée.
On dit aussi tripotée pour beaucoup.
— J’ai une tripotée d’enfants qui me font perdre la tête (Argot du peuple).

Tripoter une femme

Polissonner des mains avec elle, lui prendre le cul et les tétons.

Je tripote,
Je bahote
Près de la cambuse aux crottes.

(Parnasse satyrique.)

Tripoteurs

Individu qui tripote une femme. Boursier qui tripote, à la Bourse, des affaires malpropres et louches. On dit aussi patricoter (Argot du peuple). N.

Tripotier

Individu qui tient un tripot. — Au féminin, tripotiêre, celle qui tient table d’hôte et écarté.

Triquage

Triage de chiffons.

Triquard

Celui qui était soumis à la surveillance et qui rompait son ban était en trique, il était triquard, c’est-à-dire : dans le cas de se faire arrêter et condamner. Aujourd’hui le triquard est l’interdit qui se trouve dans une des villes où il lui est défendu de passer. Voir Surbine.

Trique

Cabriolet.

Trique

Dents.

Trique

Surveillance. Casser sa trique, rompre sa surveillance. Triquer (Être) : être condamné à la surveillance. Allusion ancienne, quand autrefois les condamnés étaient pendant cinq ou dix ans sous la trique des argousins (Argot des voleurs).

Trique

Surveillance de la haute police, remplacée par l’interdiction de séjour.

Trique

Surveillance.

Trique (être en)

Être sous la surveillance de la haute police. — Casser sa trique, rompre son ban.

Trique à gueule

Métaphore réaliste signifiant cuillère. On dit aussi : pelle à gueule.

Trique à gueule

Cuiller à bouche.

Trique à larder, trique à picoter

Canne à épée. — Faire flamber la trique à larder, jouer de la canne à épée, porter un coup de canne à épée.

Trique-poux

Coiffeur.

Triquebilles

Vieux mot employé pour désigner les testicules.

Qu’on me coupe les triquebilles !

(Cabinet satyrique.)

Triquer

Trier le contenu d’une hotte de chiffonnier.

Triquer

Trier des chiffons. Donner des coups de trique.

Triqueuse

Trieuse de chiffons chez un chiffonnier en gros.

Triste à pattes

Fantassin.

Trognade

Gâteaux, fruits, sucreries, — dans le jargon des collégiens. — Trogner, manger des friandises. — Trognerie, action de trogner. — Trogneur, qui mange beaucoup de friandises.

Trogne

Figure.

Trogne

Le visage. Quand un individu a la trogne couperosée, dans le peuple, on lui lance cette plaisanterie :
— C’est ta femme qui boit, et c’est toi qui a le nez rouge.
Avoir une trogne de vin de Bourgogne, c’est une trogne d’ivrogne (Argot du peuple).

Trognon

Petite femme.

En lorgnant la brunette, j’lui dis : Mon petit trognon

Les Amours de Jeannette, ch., 1813.

Trognon

Expression de tendresse, comme mon petit chat, mon petit lapin bleu.

Qu’il est joli, qu’il est mignon,
Qu’il est gentil mon p’tit trognon, (Argot du peuple).

Trognon (mon petit)

Terme d’amitié, pour mon petit trognon de enou.

Trois-étoiles

Se dit d’une personne dont on cache le nom.

Le célèbre monsieur Trois-Étoiles.

J. Janin.

La femme légitime de ce peintre est la maîtresse du gros trois-étoiles.

A. Second.

Trois-mâts

Brisquard à trois chevrons.

Trois-ponts

Casquette de voyou et de souteneur.

Trois-six

Eau-de-vie.

Au moins, moi, j’dis pas que j’aime pas le trois-six !

Gavarni.

Troisième dessous

« Dans le troisième dessous des sociétés, pour emprunter à l’art dramatique une expression vive et saisissante, le monde n’est-il pas un théâtre ? Le troisième dessous est la dernière cave pratiquée sous les planches de l’Opéra, pour en recéler la rampe, les apparitions, les diables bleus que vomit l’enfer. » — Balzac.

Troisième sexe (le)

Celui auquel appartiennent les pédérastes et les gougnottes.

— Je ne mène pas là votre seigneurie, dit-il, car c’est le quartier des tantes, — Hao ! fit lord Durham, et qu’est-ce ? — C’est le troisième sexe, milord.

H. De Balzac.

Trôler

Rôder.

Trôler

Porter. Rôder. Faire la trôle, aller de magasin en magasin offrir sa marchandise.

Trôler

Vendre en marchant.

Trôleur

Vagabond, rôdeur de barrière. — Marchand de peaux de lapins.

Trôleur

Commissionnaire. Vagabond. Marchand qui fait la trôle. Marchand de peaux de lapin.

Trôleuse

Raccrocheuse.

Troller

Porter.

Troller

Porter. A. D. Troller veut dire marcher.
— On te voit troller partout, tu ne travailles donc pas ?
Il existe au faubourg Antoine des ouvriers ébénistes en chambre qui confectionnent des meubles pour leur compte.
Ils trollent pour les vendre depuis la rue de la Muette jusqu’à la Bastille, généralement le samedi ; ce jour-là, le trottoir se nomme la trolle (Argot des ébénistes). N.

Trolleur

Commissionnaire.

Trombille

Bête, — dans le jargon des voleurs.

Trombille

Bête.

Trombille

Bête, quelle que soit sa race (Argot des voleurs).

Trombine

Physionomie ridicule.

Trombine

Figure, — Trombine en déche, mauvaise mine.

Trombine

Figure, visage.

Trombine, trompette

Tête, physionomie ridicule.

Tromboler

Voir rouscailler.

Tromboller

Aimer, — dans le jargon des voyous. — Tromboller les gonzesses, aimer les femmes.

Tromboller

Aimer.

Tromboller

Aimer autrement que platoniquement.
— Je vais tromboller ma gonzesse (Argot des souteneurs).

Trombone (faire)

Mettre la main au gousset et la retirer à plusieurs reprises sans en sortir de l’argent. Faire semblant d’avoir envie de payer. Les doigts qui vont et viennent dans la poche du gilet simulent le mouvement du trombone, — dans le jargon des troupiers.

Trompe

Nez. Avocat.

Trompe-chasse

Art (Vidocq). — L’art trompe l’œil.

Trompe-la-mort

Individu condamné par les médecins, qui n’en meurt pas plus vite pour cela.
— Il trompe la mort qui le guette.
On dit également :
— Il a repris du poil de la bête.
Cette expression ; trompe la mort, date de 1848.
Un ouvrier forgeron, arrêté sur une barricade, lors de l’insurrection de Juin, fut conduit, avec un groupe de combattants, à la tombée de la nuit, au Champ de Mars, où se faisaient en masse les exécutions sommaires. On fusillait les malheureux rang par rang.
Il était au second rang ; par une présence d’esprit incroyable, à ce moment suprême, il tomba en même temps que le premier rang ; on n’y lit pas attention.
Vers onze heures du soir, l’exécution terminée, des tombereaux vinrent enlever les cadavres pour les transporter au cimetière Montmartre et les jeter dans la fosse commune.
On ne les recouvrait pas de terre, afin que les familles puissent les reconnaître le lendemain.
L’ouvrier avait eu la malchance d’être jeté au fond du tombereau ; il était inondé du sang qui coulait sur lui.
Pendant le trajet, après des efforts inouïs, il parvint à se hisser au-dessus des cadavres ; il sauta à bas de la lugubre voiture sans être aperçu, et alla se cacher chez un ami.
Le calme revenu, il rentra à l’atelier. Stupéfaction générale. Les camarades, qui connaissaient l’aventure, lui crièrent :
— Tiens ! voilà Trompe la mort.
Il l’avait rudement trompée, car il ne mourut qu’en 1888, à l’âge de quatre-vingts ans.
Trompe la mort (Argot du peuple).

Tromper d’endroit (se)

Enculer une femme, au lieu de la baiser, — ce qui peut arriver, la nuit surtout, au plus honnête homme.

Comm’ c’est chaud ! comm’ c’est étroit !
Tiens ! je m’suis trompé d’endroit !
J’ai fait un’ fameus’ bêtise,
Mamselle Lise…

A. De Calonne.

Se voyant traité d’la sorte,
Il dit qu’il s’est trompé de porte,
El vent m’ fourrer son outil
Dans un trou qu’ j’ai sous le nombril.

(Parnasse satyrique.)

Trompette

Colporteur de nouvelles. — Allusion à la trompette allégorique de la Renommée.

Trompette

Nez trop bruyant. — Nez en trompette : Nez relevé.

Trompette

Visage.

Trompette (jouer de la)

Sacrifier à crepitus.

Trompette (nez en)

Nez à la Roxelane.

Trompette, Tirelire

Figure ; tête.

Trompion

Clairon.

Tronche

Tête.

Tronche

Tête.

Tronche

La Sorbonne est la tête qui pense, qui médite ; la Tronche est la tête lorsque le bourreau l’a séparée du tronc.

Vidocq, 1837.

Gare la tronche ! prends garde à la tête.

d’Hautel, 1808.

Tronche

Tête, visage. — Tronche à la manque, sergent de ville, agent de police, — dans le jargon des voleurs ; c’est-à-dire vilaine tête.

Tronche

Tête. Visage. Tronche à la manque. Gardien de la paix. Figure mauvaise.

Tronche

Tête (Argot des voleurs).

Tronche

Tête.

Je lui ai envoyé un coup de tronche dans l’estomac, qui l’a envoyé à dame.

Tronche

Tête.

Tronche (la)

La tête.

Tronche (la)

La tête.

Tronche de morue

Tête de mouton.

Tronche de refroidi

Fromage de Hollande, connu plus généralement sous le nom de tête de mort (Argot des voleurs).

Troncher

Le vocable s’explique suffisamment par ceci :
— Bibi a tronché la môme, elle a avalé le pépin (Argot du peuple).

Troncher

Voir rouscailler.

Trône

Pot de chambre haute forme ; chaise percée. — Aller sur le trône, aller aux lieux d’aisances. — Être sur le trône, être aux lieux d’aisances.

Trone (être sur le)

Être assis sur la lunette des chiottes. Quand ça va bien, sûrement, on est plus heureux qu’un roi assis sur le trône (Argot du peuple).

Trône (le)

Le siège des cabinets.

Trône du plaisir

La nature de la femme.

Si mes vœux près d’Eglè sont toujours superflus,
Du trône du plaisir, si sa main me repousse.

Collardeau.

Tronfion

Clairon.

Tronque ou tronche

Tête.

Trop cuit

Femme ayant des cheveux rouges.
— Elle a été trop longtemps enfournée, elle est trop cuite (Argot du peuple). N.

Trop tot velé

Enfant venu avant terme. Allusion au veau mort-né. Avorton chétif et malingre (Argot du peuple).

Troquet

Pour mastroquet, marchand de vin.

Troquet

Marchand de vin.

Trot (aller au)

C’est-à-dire aller au trottoir, raccrocher, — dans le jargon des filles.

Trottant

Rat.

Trottant

Rat.

Trottant

Rat.

Trottant, Trotteur

Rat.

Trottante

Souris. — Trotteur : rat (Vidocq).

Trottante

Souris.

Trotte

Course pénible.

J’étais sortie pour éviter ces trottes-là à Alfred.

E. Sue.

Trotte-sec

Fantassin.

Trotter (se)

Déguerpir, — dans le jargon des soldats de cavalerie.

Trotter (se)

Aller. Aller vite. Partir. S’enfuir.

Trotteuse

Locomotive, — dans le jargon des mécaniciens des chemins de fer.

Trotteuse

Raccrocheuse.

Trotteuse

Montre qui marque les minutes. Trotteuse : fille publique infatigable qui trotte du soir au malin pour raccrocher (Argot des souteneurs).

Trottignole

Pied, soulier, — dans le jargon du peuple. Dérivé de trottin.

Trottin

Le trottin, toujours choisi parmi les grisettes les plus jeunes et les plus espiègles du magasin, était le véritable petit clerc de tout magasin de modes.

L. Huart.

Et de trotin toujours crotté, on en fit un petit commis.

Troisième suite du Parlement burlesque de Pontoise, 1652.

Trottin

Garçon de magasin qui fait les courses ; apprentie modiste qui fait les courses.

Trottin

Pied.

Trottin

Pied. Cheval. Apprentie modiste.

Trottin

Apprenti modiste que l’on rencontre arpentant les rues de Paris, portant une petite boîte qui contient un chapeau. C’est le gavroche femelle des ateliers de modistes. Le mot n’est pas nouveau. Scarron dit quelque part : Ensuite il appelle un trottin. (Argot du peuple).

Trottin

Jeune ouvrière ou apprentie parisienne.

Trottine

Soulier. — Trottines feuilletées, souliers qui plaident en séparation de semelles.

Trottinet

Bottine de femme, soulier élégant, — dans le jargon des ouvriers.

Trottinet

Chaussures.

Trottinets

Souliers.

Trottinets

Souliers.

Trottinets

Souliers.

Trottinettes

Bottines (Argot des voleurs).

Trottins

Souliers.

Trottins

Pieds. — Les pieds trottent.

Trottoir

S’entend de deux façons. Faire le trottoir, raccrocher. Il n’est pas nécessaire pour faire le trottoir d’être sur le trottoir. Le trottoir est partout où la femme lève l’homme. Pendant l’Exposition de 1889, le trottoir de ces dames était le pont de l’Alma. À ce sujet, on avait fait ce calembourg :
— Les putains préfèrent le pont pour voir le velum (Argot des filles). N.

Trottoir (faire le)

Se dit des filles inscrites qui, le soir, se promènent sur le trottoir voisin de leur logis. — Grand trottoir, en termes d’argot comique, veut dire : haut répertoire.

Trottoir (femme de)

Fille publique.

Trottoir (le grand)

Le grand répertoire, — dans le jargon des comédiens.

Trou

La nature de la femme, ou l’anus.

Les grands trous leur sont odieux, déplaisants et désagréables.

(Variétés hist. et litt.)

Nenni, non. Et pourquoi ? Pour ce
Que six sous sauvés m’avez,
Qui sont aussi bien dans ma bourse
Que dans le trou que vous savez.

Collé.

Le bout était trop gros, ou le trou trop petit.

Piron.

Il fallut donc recourir aux verges... dont je vis bientôt les effets, par la croissance de l’allumelle de mon homme, qui, profitant du moment, commença à jouer au trou-madame.

(Mémoires de mis Fanny.)

Je m’y pris avec tant d’adresse
Qu’elle me dit, plein’ de tendresse ;
Je t’accord’ le droit marital.
Puis elle ajouta, pour final.
Tu sais le côté gui me blesse,
Ah ! ne va pas dans le trou d’ bal !

(Chanson anonyme.)

Au séminaire de Montrouge...
Chacun, en amateur de cul,
Loin de jouer au trou-madame,
Jouait toujours au trou du cul,

(Chanson anonyme moderne.)

La langue française
Est encore aujourd’hui si pauvre et si niaise,
Qu’elle n’a vraiment pas deux termes pour nommer
Cs petit trou mignon qui sait si bien charmer.

L. Protat.

Il se couche comme cela sur le ventre de la fille, et lui fourre, dans le trou par où elle pisse, ce long engin, avec le plus grand plaisir du monde.

Mililot.

Bernis chanta de Pompadour
Les trous qu’avait formés l’amour
Sur sa peau blanche et liste ;
N’en déplaise à l’auteur galant,
Moi, j’aurais chanté seulement
Le joli trou
Dont je suis fou,
Le joli trou qui pisse.

J. Cabassol.

Trou

Prison. Mot à mot : trou de la réflexion, — dans le jargon des troupiers.

Trou (être dans le)

Être enterré.

Trou (faire son)

Arriver à une bonne position. — Mot à mot : faire sa trouée dans la foule.

Trou (faire son)

Faire son chemin dans le monde.

Trou (faire un)

Boire, au milieu d’un repas, un verre de cognac. Dans les dîners d’apparat, on fait le trou en se gargarisant avec des sorbets au rhum ou au kirsch.

Trou (le)

Prison.

Trou à la lune

Faillite, départ précipité pour cause de faillite. — Faire un trou à la lune, suspendre ses payements et prendre le chemin de fer, via Bruxelles.

Trou aux pommes de terre

La bouche (Argot du peuple).

Trou d’aix, trou de balle

Anus.

Trou de balle

Le derrière. On dit aussi : la lumière (Argot du peuple).

Trou de bise

Derrière.

Parce qu’il est continuellement éventé des vents du trou de bise.

(Rabelais, L. 1.)

Et les variantes : Trou de balle, trou du souffleur.

Trou sous le nez qui coûte cher (avoir un)

Avoir l’habitude de bien manger et de bien boire ; faire un dieu de son ventre.

Trou-du-cul

Sot, niais, gros imbécile.

Trou-du-cul (se démancher le)

Faire force salutations, se confondre en salutations.

Troubade ou troubadour

Soldat d’infanterie. Alfred Delvau demande plaisamment si c’est en raison de sa clarinette de six pieds.

Troubade, troubadour

Fantassin. — Comme le troubadour, le fantassin fait en tous pays résonner sa clarinette. — Ch. Rousselot a fait le Troubade, chansonnette (1860).

Je suis Manon la cantinière
Et verse à boire aux troubadours.

J. Choux.

Troubade, Truffard, Truffardin

Soldat.

Trouée

Dentelle (Vidocq). La broderie fait trou.

Trouée

Dentelle, — dans le jargon des voleurs.

Trouée

Dentelle.

Trouffion

Petit troupier (Argot du peuple). N.

Trouffion

Soldat.

Troufignard

Voir troufignon.

Troufignon (?)

Il y avait dans le temps une chanson en vogue que chantaient les militaires en marche ; il s’agissait d’un âne qui avait perdu sa queue, et le refrain était ainsi :

Pauvre queue ! Triste queue ! Toi qui chassais si bien les mouches
À l’entour du troufignon.
La berdondaine, la berdondon.

Troufignon, Troufignard

Le fondement.

Troufion

Postérieur, soldat.

Trouillarde

Dévergondée.

Trouille

Souillon de cuisine, femme malpropre.

Trouille

Domestique malpropre, femme du peuple rougeaude et avachie. A.D. Trouille ne se prend pas en ce sens ; cela veut dire : tu n’as pas peur. Trouille est synonyme de hardiesse.
— Tu n’as pas la trouille d’entreprendre une tâche aussi diflicile (Argot du peuple). N.

Trouille

Peur. — « Tu n’as pas la trouille (pas peur). » — « Tu veux que je te prête ma femme, tu n’as pas la trouille. »—« Si tu n’y va pas, c’est que tu as la trouille. »

Trouille

Peur.

Trouillon, trouillonne

Domestique malpropre.

Trouilloter

Puer, répandre une odeur infecte.

Trouilloter

Sentir mauvais.

Trouilloter de la hurlette

Puer de la bouche (Argot du peuple). N.

Trouillotter

Puer. Trouillotter du goulot, être punais.

Troupe d’argent

Troupe de théâtre qui joue à tour de rôle sur deux scènes ; par exemple à Montmartre et aux Batignolles. — La troupe de fer-blanc joue tantôt d’un côté, tantôt d’un autre, sans théâtre fixe.

Trousse

Postérieur.

Troussequin

Derrière. — De la partie de la selle que frotte la plus noble partie du cavalier.

Troussequin

Derrière ; pour pétrousquin.

Trousser (se faire)

Se faire baiser.

Mais aux champs une fillette
Se fait volontiers trousser.

De La Ferlière.

Trousser une femme

La baiser, la femme étant aussi vite baisée que troussée, ou femme troussée étant considérée comme foutue.

Quoi ! tu te laisses trousser tout de suite ?

La Popelinière.

Lite, indignée en sentant qu’il la trousse,
Sans doute alors se livrait aux sanglots.

Béranger.

Troussier

Assassin.

Trouvé

Nouveau, original, — dans le jargon des artistes.

Trouvée (elle est)

Cette histoire est neuve, originale.

Trouver bonne, mauvaise (la)

Mot à mot : trouver la plaisanterie mauvaise.

Trouver mal sur (se)

Chiper, s’approprier un objet. — Qu’est-ce qui s’est trouvé mal sur mon trèfle ?

Trouver mauvaise (la)

Quand, par un verglas abominable, on se casse la figure, elle est mauvaise. Quand votre femme vous pond un gosse tous les ans, elle est mauvaise. Quand on a acheté cent mille francs de Panama, elle est mauvaise. En un mot on trouve mauvais tout ce qui vous arrive de désagréable dans la vie (Argot du peuple). N.

Trouveur ou part à deux

V. Ramastiqueur.

Trouveurs-faux vendeurs

Genre de vol pratiqué aux environs des gares de chemins de fer. Il consiste à feindre de trouver une bague en cuivre placée à l’avance par un complice dans un endroit désigné, et à la vendre comme de l’or à un naïf qui débarque (Argot des voleurs). V. Ramastiqueurs. N.

Troyen

Trois d’un jeu de dominos. Les dilettanti manquent rarement l’occasion de dire : Troyen de Berlioz.

Truc

Tout faire. Homme à truc : métier.

Truc

Industrie quelconque.

Truc

Manière de voler (Vidocq). — Du vieux mot truche (V. Roquefort). — La truche était l’art d’exploiter la pitié des gens charitables.

Grand Coësre, dabusche des argotiers et des trucheurs le grand maître, vivent les enfants de la truche ! vivent les enfants de l’argot !

Vidocq.

Cette juxtaposition de truche et de argot confirme notre pensée sur l’origine de ce dernier mot... Argot n’est qu’une forme d’argue : ruse, subtilité. — Au moyen âge, les mots truffe, trulle et trut avaient le même sens de finesse et d’imposture. Ce dernier, qui ne diffère pas beaucoup de truc, se trouve, dès le quatorzième siècle, dans une chronique rimée du duc de Bretagne, Jean IV (Lobineau, t.II, col.730) :

François prenoient trop divers noms Pour faire paour aux Bretons, Mais ils avoient plus de viel Trut Que vueille truie qui est en rut.

V. Roustir, Lem. Notre société a adapté le mot truc. au théâtre c’est la machine destinée à produire un changement à vue. l es féeries sont des pièces à trucs. pour un auteur dramatique, le truc est la science des détails. On dit d’un écrivain qui file la scène avec difficulté, qu’il manque de truc.

Truc

s. m. Façon d’agir, bonne ou mauvaise ; plus souvent synonyme de ruse, de tromperie : Tu sais, mon vieux, je n’aime pas ces trucs-là. Usité aussi dans d’autres argots. Piger le truc, découvrir la ficelle, la ruse. Rebiffer au truc, recommencer une chose déjà faite, à manger et à boire, par exemple.

Truc

Métier, — dans l’argot des voleurs. — À la Cour des Miracles le truc était un genre de vol qui consistait à dépouiller celui dont on implorait la charité.

Truc

Ruse, mensonge ingénieux.

Est-ce que je ne connais pas toutes les couleurs ? J’ai le truc de chaque commerce.

(Balzac, L’Illustre Gaudissart.)

Son chef-d’œuvre est l’invention du truc à l’amour.

(Mémoires de Thérésa.)

Ce farceur de Mes-Bottes avait eu le truc d’épouser une dame très décatie.

(E. Zola.)

Truc

Commerce infime en plein air, petit trafic de toute sorte d’objets sans valeur.

Le gamin de Paris fait tous les petits commerces qu’on désigne sous l’appellation de trucs. C’est sa qualité native.

(Ménetier, Les Binettes des cafés-concerts.)

Truc

Machine servant à produire un changement à vue au théâtre. — Le changement à vue lui-même. Les féeries sont des pièces à truc.

Truc

Métier. Ruse, tromperie. Secret d’un métier, d’un tour. Petit commerce. Racolage.

Truc

Connaître le truc, être malin. Avoir du truc, avoir les moyens de réussir. Truc : machine de théâtre employée dans les féeries pour un changement de décors à vue. Truc : moyen secret que possède un individu de faire quelque chose (Argot des camelots et des saltimbanques).

Truc

Signifie n’importe quoi, comme fourbi.

Truc (débiner le)

Révéler le secret d’un métier, les ruses d’un métier, la manière d’opérer.

Je vois que vous êtes du métier : ne débinez pas le truc.

(G. Escudier, Les Saltimbanques.)

Maquiller le truc, organiser une affaire.

Truc (donner le)

Donner le mot d’ordre, dans le jargon des voleurs. — Boulotter le truc, oublier le mot d’ordre ; c’est-à-dire manger la consigne.

Truc (grand)

Assassinat. C’est-à-dire : grand moyen.

Puis au grand truc vous marchez en flaffant.

(Mémoires de Lacenaire, 1836.)

Truc (repiquer au)

Recommencer. Récidiver.

Truc de la morgane et de la lance

Baptême. — Mot à mot : manœuvre du sel et de l’eau. V. Momir.

Trucage

Art de la fabrication du vieux-neuf.

Trucageur

Fabricant d’antiquités, fabricant de vieux-neuf.

Et, surtout, défiez-vous du trucageur, ô millionnaires !… Le trucageur est un artiste modeste, bien différent des autres artistes ses confrères. Il fait du vieux avec du neuf, l’innocent.

(Ed. Texier.)

Truche

Est une manière spéciale de voler. Le voleur qui la pratique est un trucheur (Argot des voleurs).

Truche

Aumône.

Trucher

Demander l’aumône.

Trucher

Demander l’aumône.

Trucher

Mendier.

Trucher, Tuner

Mendier, — dans l’ancien argot.

Trucheur, Tuneur

Mendiant. — Trucheuse, tuneuse, mendiante. Truche, mendicité. La faire à la truche, implorer la charité. Les mots « trucher, trucheur », sont des dérivés de l’ancien mot truc. (V. truquer.)

Trucheux

Gueux.

Trucheux

Gueux.

Trucsin

Prostibulum.

Truelle

s. f. Composteur. Cette expression semblerait assimiler les plâtres à des maçons.

Truelle

Composteur, — dans le jargon des typographes.

Truelle, Pelle

Cuillère, — dans le jargon des francs-maçons, qui appellent encore les fourchettes, des pioches ; les couteaux, des glaives ; les verres, des canons ; lès bouteilles, des barriques ; le vin blanc, poudre blanche ; le vin rouge, poudre rouge ; l’eau, poudre faible ; les liqueurs fortes, poudre fulminante ; les bougies allumées, des étoiles ; les mouchettes, des pinces ; le sel, du sable ; le poivre, sable jaune ; les chaises, stalles ; l’action de manger, mastiquer.

Truellée

s. f. Toute la composition que peut contenir un composteur.

Truffard

Synonyme de grognard.

Truffard, Truffarde

Heureux, heureuse ; celui, celle qui a de la chance.

Truffe

Pomme de terre. — Gros nez, nez d’ivrogne.

Truffe

Pomme de terre. Nez d’ivrogne. Truffe de savetier, marron.

Truffe

Nez, lorsqu’il est gros eu forme de groin. Allusion au cochon qui s’en sert pour chercher des truffes. Le peuple dit aussi : piton (Argot du peuple).

Truffe

Naïf, imbécile.

Truffé

Rempli, bourré. N’est guère employé qu’avec le mot chic : Truffé de chic. — Dans son roman des Quatre sœurs, publié dans les Débats, (1842) Frédéric Soulié cependant a dit, en parlant d’un boudoir, qu’il était truffé de meubles.

Truffé

Crétin, niais, imbécile. Synonyme d’andouille. On dit dans le peuple :
— Il est truffé de bêtise, il arrive de son patelin, il n’est pas dessalé (il n’est pas dégrossi).
On dit également :
— Il est truffé d’argent.
Truffé, pour : beaucoup (Argot du peuple).

Truffe de savetier

Marron. Une dinde aux truffes de savetier.

Truffe de savetier

Des marrons. Le marron remplace la truffe chez le savetier, comme la pomme de terre remplace l’orange pour le Limousin (Argot du peuple).

Truffes (aux)

Soigné. — La truffe est un aliment de luxe.

Tu me feras un compte rendu aux truffes !

E. Augier.

Truffière

Femme qui a beaucoup d’embonpoint, principalement dans la région des hanches.

Trumeau

Femme de mauvaise vie. — Vieux trumeau, prostituée hors d’âge.

Trumeau

Comédie ou vaudeville Louis XV. Trumeau signifie vieille femme. On dit dans le peuple :
— Sale trumeau, ta gueule est bonne à foutre dans les lieux pour faire chier les gens de peur (Argot du peuple). N.

Trune

Aumône.

Truquage

Se dit d’un meuble, d’un tableau ou d’un objet d’art qui a subi un truquage pour lui donner l’apparence de la vétusté ou le style d’une époque. Il y a des truquages célèbres qui ont trompé les plus grands amateurs. Un des plus souvent mystifiés est M. de Rosthschild. Tout le monde a présent à la mémoire le fameux bouclier acheté 100,000 fr., comme datant du XVe siècle, lequel avait été déniché à Rome chez un brocanteur. Ce bouclier avait été fabriqué de toutes pièces dans une cave de la rue Bourg-Labbé, et ne valait pas cent sous (Argot des artistes peintres). N.

Truquer

Vivred’industrie.

Truquer

Commercer.

Truquer

v. intr. Avoir recours à des trucs ; tromper. Usité dans d’autres argots.

Truquer de la pogne

Mendier. Mot à mot : ruser de la main.

Truqueur

« On appelle ainsi tous ces gens qui passent leur vie à courir de foire en foire, n’ayant pour toute industrie qu’un petit peu de hasard. » — Privat d’Anglemont. — C’est aussi un homme usant de trucs, dans toutes les acceptions susdites.

Truqueur

Habile, malin.

Truqueur

Industriel en plein vent qui exerce toute sorte de petits métiers ; vendeur de montres à dix sous, de chaînes de sûreté, de cartes transparentes, de porte-monnaie, etc., etc. — Individu qui court de foire en foire avec un jeu de hasard.

Truqueur

Malin. Contrefacteur. Individu qui exerce en plein vent un petit métier, un truc.

Truqueur

Le truqueur est un filou qui va de village en village et de foire en foire, avec un petit jeu de hasard qu’il exploite habilement. Ce jeu est généralement un chandelier fait avec les débris d’un vieux chapeau ; il met un sou sur le chandelier qui est placé dans une assiette. Il s’agit, au moyen d’une longue baguette d’osier, de faire tomber le chandelier et que le sou reste dans l’assiette. Cela n’arrive jamais, à moins de connaître le truc. Il y a une masse de truqueurs, surtout en cette fin-de-siècle où tout est truc pour gagner sa vie. (Argot du peuple). N.

Truqueur

Malin.

Truqueuse

Fille publique.

Tu t’en ferais mourir

Réponse ironique à une question saugrenue.
— Payes-tu à déjeuner ? prêtez-moi cent francs ; avance-moi mon mois ; viens coucher avec moi ?
— Tu t’en ferais mourir.
Mot à mot : Tu ne voudrais pas (Argot du peuple). N.

Tu vas me le payer, Aglaé

Expression familière aux filles et à leurs hommes, pour signifier cinquante choses. — C’est l’équivalent de : As-tu fini ! ou de : Des navets !

Tu-tu

Petit paquet de mousseline chargé de cacher ce que le maillot collant indique trop — pour le père la Pudeur — alias M. Bérenger-Caton. La vieille chanson dit :

Son maillot en s’déchirant
À laissé voir son... événement
Ça d’vait la gêner su’ l’moment.

Ça ne gêne pas la Môme Fromage ni Grille d’Egout, moi non plus (Argot du peuple).

Tubard

Nez.

Tube

Fusil.

Tube

Gosier. — Nez. Se piquer le tube, se griser.

Tube

Gosier. Nez. Fusil. Chapeau.

Tube

Chapeau haut de forme. On dit aussi : tuyau de poêle (Argot du peuple).

Tube

Le gosier. Dans le peuple, on dit deo celui qui a le ventre creux :
— Il n’a rien à se mettre dans le tube.
Boire un bon coup, c’est se rincer le tube.
— Il est quatre heures, je vais me coller un peu de fripe dans le tube.
Mot à mot : je vais manger (Argot du peuple).

Tube

Chapeau haut-de-forme, nez.

Tube à haute pression

Chapeau haute forme, — dans le jargon des voyous.

Tuber

Fumer la pipe. Le mot est d’importation méridionale. — Si nous en tubions une ?

Tuber

Fumer la pipe.

Tuber

Bouder, être en colère.

Tué (être)

Être comme pétrifié par la stupéfaction, être saisi, étonné au point de ne plus pouvoir faire un mouvement. — Argot du collège. (L. Larchey)

Tuer (bon à)

Ouvrier qui ne fait rien qui vaille ; celui qui gâche l’ouvrage.

Tuer le ver

Boire la première goutte, le premier verre de vin blanc, le matin à jeun. M. Ch. Rozan fait remonter l’origine de cette expression au temps de François 1er, et cela d’après l’autorité du journal d’un bourgeois de Paris de cette époque, qui prétend qu’un ver extrait des intestins d’une noble dame passa de vie à trépas dès qu’on lui eut administré du pain trempé dans du vin.

Par quoi il en suyt qu’il est expédient de prandre du pain et du vin au matin, au moings en temps dangereux, de peur de prandre de ver.

conclut ce Prudhomme du XVIe siècle.

J’aime beaucoup moi-même à tuer le ver sur le zinc, et je me fais un plaisir de vous offrir une tournée.

(Bernadille, Esquisses et croquis parisiens, 1876.)

La variante donne : Tuer le colimaçon, mais l’expression est beaucoup moins répandue ; et encore : Asphyxier le ver.

Tuer le ver

S’étourdir, mettre des liqueurs fortes sur ses remords pour essayer de les éteindre, — dans le jargon des voleurs. C’est-à-dire tuer le ver qui ronge la conscience.

Tuer le ver

Étouffer un remords. Boire du vin blanc en se levant.

Tuer le ver

Boire la goutte, le matin, ou un verre de vin blanc. Quand on suppose que le ver est solitaire (dur à tuer), les ouvriers boivent plusieurs tournées, alors ce n’est pas le ver qui est tué, mais bien le buveur. Les voleurs disent également qu’ils ont tué le ver lorsqu’ils ont des remords. Ils ne le tuent pas souvent (Argot du peuple et des voleurs).

Tuer les mouches au vol

Avoir une haleine infecte.

Si vous aviez le pouvoir de faire croire que la soubrette tue les mouches au vol, vous seriez joué demain.

Balzac.

V. Couper la gueule.

Tuile

Une assiette.

Tuile

Accident. — Allusion à la tuile qui tombe d’un toit sur la tête du premier passant venu.

La tuile est forte, Mais on peut s’en relever.

L. Reybaud.

Tuile

Contre-temps, événement fâcheux.

Tuile

Chapeau. — Assiette, — dans l’argot des francs-maçons. — Tuileau, casquette.

Tuile

Accident, événement fâcheux. Chapeau. Assiette.

Tuile

Malheur qui arrive à quelqu’un.
— J’ai perdu mon porte-monnaie, quelle tuile !
Quand il arrive inopinément une douzaine de personnes à diner, lorsqu’il n’y en a que pour deux, la ménagère dit :
— Quelle tuile nous tombe sur la lète (Argot du peuple).

Tuileau

Casquette.

Tuiler

Toiser, dévisager. — Terme maçonnique.

Tuiler

Regarder avec méfiance. Se tuiler, s’enivrer.

Tuiler (se)

Se soûler à fond ; arborer les tons rouges de la brique.

Tuileries

Les toits.

Tuite

s. f. Barbe complète. Prendre une tuite, s’enivrer. Ce mot est sans aucun doute une altération de pituite, légère indisposition qui fait souvent regretter le lendemain les libations de la veille. D’autres prétendent que tuite est une altération de Cuite. V. ce mot.

Tulipe orageuse

Cancan.

Tous quatre frétillant des tulipes de plus en plus orageuses.

E. Sue.

Allusion aux jupes plus ou moins ballotées des cancaneuses.

Tulipe orageuse (le pas de la)

Pas chorégraphique très risqué au point de vue de la décence. Cavalier seul exécuté par une danseuse de bal public qui enlève ses jupes à la hauteur de la tête en tournant sur elle-même. — La tulipe orageuse est le nec plus ultra du cancan, et laisse bien loin la rémoulade, le passage du guet, le coup du lapin, et le présentez armes !

Son amour pour la chorégraphie s’était développé au Prado où elle dansait la tulipe orageuse avec un chic qui lui avait valu les applaudissements frénétiques de la galerie.

(Abbot, La Princesse Mathilde.)

Tune

Prison de Bicêtre. C’est un dépôt de mendicité. De tuner : mendier. — Tuneur : Mendiant. — Tuneçon : Maison d’arrêt.

Tune

Le bagne. Pièce de monnaie. Pièce de cinq francs.

Tune

Pièce de 5 francs en argent (Argot du peuple). V. Brème de fonds.

Tune

Bicêtre, l’ancien refuge naturel des sujets du roi de Thunes. A. D. Ce n’est pas le mot tune qui est vrai. C’est tunobe. La prison de la Force, démolie en 1830, était ainsi appelée par les prisonniers. Dans les autres dictionnaires d’argot, on ne trouve que luneçon, expression qui ne veut rien dire (Argot des voleurs). N.

Tune ou Dalle

Pièce de cinq francs.

Tune, Tunebée

Bicêtre, — dans l’ancien argot.

Tuneçon

Prison, — dans l’ancien argot.

Tuneçon

Prison. Violon.

Tuner

Mendier.

Tuner

Mendier. Tuneur : mendiant. Il est pourtant rare qu’on donne une tune à un mendiant. Tuner, c’est l’apocope du mot importuner (Argot des voleurs). N.

Tunes blencardes (des)

Pièce de monnaie blanche.

Tunnel

Le fondement, — dans le jargon des médecins.

Turbin

Travail. — Ce mot, primitivement employé par les voleurs, a passé bientôt dans le langage populaire. Les ouvriers disent couramment le turbin pour le travail, aller au turbin pour aller travailler.

Turbin

Travail. Artisan. Emploi. Turbiner, travailler. Turbineur, ouvrier.

Turbin

Tout travail, quel qu’il soit. Turbiner, c’est durement travailler. Aller au turbin, c’est aller à l’atelier. Turbineur : celui qui travaille. Turbineur : qui met en mouvement la turbine, de là, turbin, turbiner (Argot du peuple).

Turbin

Travail.

Turbin (aller au)

Pour un voleur ; c’est sortir pour voler. — Pour une fille, c’est aller faire une promenade prostitutionnelle. — Pour l’ouvrier, c’est se rendre à l’atelier. — Pour chacun c’est aller au travail à sa manière.

Turbiné

S’occuper.

Turbinement

Jour de travail.

Pour grinchir tu préféreras les fêtes aux turbinements.

Vidocq.

Turbiner : Travailler. — Turbineur : Ouvrier.

Turbinement, Turbine

Besogne, action de travailler, jour de travail.

En voilà de la turbine ! On se casse les ongles sur ce papier-là.

(Huysmans, Les Sœurs Vatard.)

Turbiner

Travailler.

Turbiner

v. intr. Travailler avec activité.

Turbiner

Travailler beaucoup, se donner beaucoup de mal.

Il y a des gens qui arrivent avec une mise de fonds de dix francs, turbinent toute l’après-midi et font dix opérations pour gagner quarante sous.

(Le Figaro, du 30 nov. 1878.)

Turbiner

Synonyme de pivoter.

Turbiner une verte

Boire un verre d’absinthe, — dans le jargon des voyous. Mot à mot : travailler la liqueur verte.

Turbineur

Travailleur.

Turbineur, Turbineuse

Ouvrier, ouvrière. — Une bonne turbineuse, — dans le jargon des souteneurs, c’est une fille publique d’un bon rapport.

Turbineuse

Travailleuse.

Turc

Tourangeau.

Turc

Tourangeau.

Turc

Tourangeau. Turquie, Touraine. Turcan, Tours.

Turcan

Tours.

Turcan

La ville de Tours.

Turco

Tirailleur indigène de l’armée d’Afrique.

Un carré d’infanterie de ligne et de turcos vint se former sous nos pieds.

Mornand.

Turcos

Tirailleurs algériens.

Turellement

Pour naturellement. Un mot qui avait réellement besoin d’être un peu raccourci.

Turf

Champ de course, arène quelconque.

Un vigoureux coup de jarret a remis Pitt debout sur le turf.

A. Deriège.

Voilà de quoi faire envahir désormais par toutes les fashions le turf littéraire.

Aubryet.

Turin

Pot de terre.

Turlupiner

Agacer, ennuyer, taquiner quelqu’un par paroles : — badiner, chatouiller, patiner ou peloter quelqu’un (gestes et attouchements réciproques) — afin de baiser ou d’être baisée.

Finissez donc, dame Jacq’line,
Disait gros Pierre ; j’ vas m’fâcher,
Où diable allez-vous me nicher ?
J’ n’aim’ pas ainsi qu’on m’turlupine.

Blondel.

L’auteur a parfaitement l’intention de faire dire au chanteur :

J’ n’aim’ pas ainsi qu’on m’ tire la pine.

Turlutine

Mélange de biscuit pilé, de riz et de lard ; alimentation du soldat en campagne. (L. Larchey)

Turne

Logis malpropre. Du vieux mot tourn : petite tour, et par extension Prison. comme castuc.

L’immeuble !... je me suis tout de suite souvenu de cette turne.

Montépin.

Turne

Chambre de pauvre. — Méchante habitation.

Turne

Mauvais logis.

Turne

Poussier, taudis, logement malpropre et insalubre, sans air ni lumière.
— Si tu restes éternellement dans ta turne, tu ne trouveras jamais rien à briffer.
— Comment peux-tu rester dans une pareille turne ! (Argot du peuple).

Turne

Maison, domicile, atelier.

Turquie

Touraine.

Turquie

Touraine, — dans le jargon des voleurs.

Tutoyer

S’approprier un objet. — Tutoyer un porte-morningue. — Fréquenter, s’approcher de.

S’abstenir de tutoyer le zinc.

(Le Sans-culotte, 1879.)

C’est-à-dire : Ne pas prendre des familiarités avec le comptoir du marchand de vin.

Tutoyer, effaroucher

S’emparer d’un objet.

Tuyau

Communication confidentielle.

Tuyau

Le gosier. Le tuyau est bouché, pas mèche de boulotter (Argot du peuple).

Tuyau

Renseignement.

Tuyau à merde

Derrière. — Va donc faire sonder ton tuyau à merde.

Tuyau de poêle

Chapeau rond, botte à l’écuyère. — Allusion de forme.

Il donna un coup de poing dans son tuyau de poêle, jeta son habit a queue de morue.

Th. Gautier, 1833.

Tuyau de poêle

Chapeau haute forme. — Pantalon des soldats d’infanterie de ligne, — dans le jargon des troupiers.

Tuyau de poêle

Dans le langage familier, on désigne ainsi un chapeau de haute forme ; dans l’argot militaire, c’est une botte.

Tuyau de poêle

Chapeau haut de forme. Soulier dont l’extrémité est béante.

Tuyau de poêle

Chapeau haut de forme. Allusion juste, car il a la forme et la couleur d’un tuyau (Argot du peuple).

Tuyaux

Jambes. — Ramoner ses tuyaux, se laver les pieds. (A. Delvau)

Tuyaux

Renseignements confidentiels. Cette expression est en usage dans le monde qui fréquente les champs de courses. Un bookmaker qui a un cheval chargé de paris fait donner par un émissaire un faux tuyau sur une rosse ; les imbéciles s’empressent de prendre ce cheval, qui n’arrive jamais (Argot des bookmakers). N.

Tuyaux de poêle

Souliers dont les extrémités sont béantes, — dans le jargon des peintres vitriers.

Des tuyaux de poêle qui reniflent la poussière des ruisseaux.

(É. de la Bédollière.)

La variante est : Bottes à soupirail.

Type

Individu à tête d’imbécile, tête de dupe.

Avec quarante sous qu’un type m’a passés, j’avais fait venir trente francs.

(A. Cavaillé.)

Dans le jargon des filles « type » signifie homme qui paye ; c’est un synonyme du mot michet qu’il tend à remplacer.

Type

Personnage singulier d’aspect ou de caractère. Un homme quelconque.

Type

Individu quelconque.
— J’ai un type qui me cramponne.
Avoir un bon type, avoir un bon enfant qui se laisse faire (Argot des filles). N.

Type

Individu.

Typesse

Femme, et, particulièrement, femme dont on paye les faveurs. La typesse est celle que le type honore momentanément de sa confiance.

Typo

Ouvrier topographe.

Typo

s. m. Typographe, dont il est l’abréviation. Il signifie exclusivement compositeur, et a remplacé la vieille dénomination de singe. Par imitation, les compositrices se qualifient de Typotes.

Typo

Typographie. — Ouvrier typographe.

Typote

Compositrice d’imprimerie.

Typote

Femme employée depuis peu d’années dans les ateliers de composition. C’est un compagnon au même titre que les ouvriers typographes ; néanmoins, quand les typotes sont nombreuses, on se croirait plus volontiers dans une volière du Jardin d’Acclimatation que dans un atelier de composition. Généralement, la typote est plus habile à soigner un pot-au-feu et à raccommoder ses bas qu’à lever la lettre. Enfin, il est dit qu’il faut que la femme lève quelque chose (Argot d’imprimerie). N.

Tyran

Roi d’un jeu de cartes, — dans l’argot des républicains.





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