Se marier.
S’amadouer
Se marier.
S’embrochiner
Se coller avec une femme. Synonyme de s’acoquiner (Argot du peuple).
S’en aller sur une jambe
Ne boire qu’une seul tournée.
Dès l’aube, on s’offre la goutte, on s’offre le canon, on s’offre le rhum, on s’offre l’absinthe ou le bitter, et l’on ne veut jamais s’en aller sur une jambe.
La Bédollière.
S’en battre l’œil
S’en moquer. — « Tu as fait cela sans me demander conseil, s’il t’arrive des ennuis, je m’en bats l’œil. »
S’en foutre comme d’une guigne
Se moquer de tout. On dit également : Je m’en moque comme de ma première chemise. C’est une nouvelle secte créée par les indifférents : les j’men foutistes (Argot du peuple). N.
S’en foutre comme un poisson d’une pomme
Se moquer de tout et de tous. Mettre l’opinion et le quand dira-t-on sous ses pieds (Argot du peuple).
S’en jeter
Manger, boire beaucoup. — « Je vais à la noce, je vais m’en jeter. »
S’enfiler
« Terme de jeu. Se laisser aller à jouer gros et perdre. » — d’Hautel, 1808. — « Je m’enfile de douze sous. » — Monselet.
S’esbigner
Se sauver. — « Je vais me montrer, tu vas les voir s’esbigner. »
Sabache
Simple, naïf.
Sabir
Bois, forêt. Quelques-uns écrivent : sabri. C’est la finale retournée (Argot des voleurs).
Sabir
Forêt.
Sable
Estomac.
Sable (être sur le)
Être en disponibilité, dans le régiment des souteneurs. Allusion aux poissons qui ne sont pas précisément à leur aise sur le sable.
Sable (être sur le)
Être dans la misère. Se dit aussi du souteneur qui a perdu sa marmite.
Sable a passé (le marchand de)
Locution à l’adresse des enfants qui marquent leur envie de dormir en se frottant les yeux.
Sabler
Tuer, étourdir au moyen d’une peau d’anguille remplie de sable ; procédé employé, paraît-il, du temps de Vidocq. Aujourd’hui MM. les voleurs aveuglent quelquefois leurs victimes en les sablant au tabac, avant de les dépouiller.
Sabler
Assommer avec une peau d’anguille remplie de sable.
Sabler
Il est des voleurs qui se servent d’un os de mouton, arme dangereuse, pour estourbir le pante. Cela laisse des traces très faciles à constater. Un autre moyen a été imaginé. On remplit de sable fin, ou de grès pulvérisé, un sac en peau, et on assomme le client avec. Quand on le relève, on le déclare mort d’une congestion ou d’une attaque d’apoplexie (Argot des voleurs).
Sablon
Cassonade.
Sablon
Cassonnade.
Saboche
Mauvais ouvrier. Homme déplaisant. Niais.
Saboche (la)
Homme qui déplaît : terme de mépris employé particulièrement en prison.
Sabord (jeter un coup de)
Vérifier l’ouvrage, — dans le jargon des ouvriers opticiens.
Sabot
Navire.
Aller dans le sabot : S’embarquer.
Vidocq.
V. Sapin. — Allusion de forme.
Sabot
Violon.
Jeune homme ! emparez-vous de ce sabot.
Dumersan et Varin.
Sabot
s. m. Boîte dans laquelle les compositeurs jettent les lettres usées et destinées à être refondues. Par extension, mauvais ouvrier. Dans un autre sens, petit chariot qui sert à transporter les formes.
Sabot
Terme d’imprimerie. Boîte destinée à recevoir les lettres usées qui passeront à la refonte.
Sabot
Petit bateau. — Mauvais violon. — Vieille voiture. En général tout vieux meuble, tout objet meublant démodé. — Matériel hors de service.
Sabot
Nez, — dans le jargon des voyous.
Sabot
Nez. Petit bateau. Voiture. Violon mauvais. Ouvrier maladroit. En général tout ce qui est mauvais.
Sabot
Barque.
— Nous allons embarquer dans le sabot pour la Nouvelle, disent les voleurs.
Dans le peuple on dit d’un homme qu’un coup de canon ne réveillerait pas :
— Il dort comme un sabot.
Allusion à la toupie que les enfants nomment sabot, laquelle ronfle comme un tuyau d’orgue (Argot des voleurs et du peuple).
Sabot
Navire. Le condamné que l’on embarque à l’Île de Ré, pour la Nouvelle-Calédonie, met le pied dans le sabot.
Sabot
Bateau.
Sabot, Sabourin
Maladroit ; mauvais ouvrier.
Saboter
Travailler sans goût, abîmer l’ouvrage. Mot à mot : travailler comme un fabricant de sabots.
Saboter
Boire à pleins verres, à grandes rasades, — dans le jargon des buveurs. (Blavignac, Hist. des enseignes d’hôtelleries, 1878.)
Saboter
Ouvrage mal fait, gâché. Allusion au sabotier, qui travaille son bois à grands coups de sabre pour l’équarrir. Un ouvrage saboté est bien près d’être un loup (Argot du peuple).
Saboter
Mal faire un travail est le saboter.
Sabouler
Incommoder, ou cirer.
Sabouler
Incommoder, décroter.
Sabouler
Incommoder ou crier.
Sabouler
Battre, cogner. — Vieux mot. V. Roquefort.
Vous me saboulez la tête avec vos mains pesantes.
Molière, Comtesse d’Escarbagnas
Je te tanne le casaquin, je te saboule.
Paillet.
Sabouler
Décrotter. — Sabouleur : Décrotteur (Vidocq).
Sabouler
Maltraiter. — Décrotter. — Sabouleur, décrotteur.
Sabouler
Maltraiter. Décrotter. Laver. Crier.
Sabouler
Décrotter. A. D. Sabouler veut dire chasser.
— Je l’ai saboulé de la piaule avec perte et fracas.
On saboule un ouvrier qui ne fait pas l’affaire (ne sait pas travailler) (Argot du peuple). N.
Sabouler
Laver son linge est le sabouler. Ce mot veut aussi dire vendre ; vendre un objet qui vous appartient est le sabouler, synonyme de laver.
Saboulette
Table de toilette. Elle supporte le savon et les brosses qui saboulent la crasse. C’est ainsi que les voleurs nomment les lavabos communs qui leur servent dans les prisons (Argot des voleurs). N.
Sabouleux
Ceux qui tombent du haut-mal.
Sabouleux
Ceux qui tombent du haut mal.
Sabouleux
Ceux qui tombent du mal caduc.
Sabouleux, Sabouleuse
Faux épileptique, fausse épileptique.
Sabre
Un bâton.
Sabre
Un bâton.
Sabre
Un bâton.
Sabre
Bâton, — dans l’ancien argot.
Sabre
Bâton.
Sabre
Bâton. Sabre : être gris. A. D. C’est sas qu’il faudrait dire. Être sas, être blindé, saoûl, est un vieux mot normand très fréquemment employé dans le peuple.
— Quitte-nous le coude, t’es sas comme une bourrique (Argot du peuple).
Sabre (joli coup de)
Grande bouche.
Sabrenas
Savetier. Mauvais ouvrier.
Sabrenas, Sabrenot, Salbrenaud
Savetier, dans le jargon des voleurs. — Mauvais ouvrier.
Sabrenot
Cordonnier, savetier.
Sabrenot
Cordonnier, savetier.
Sabrenot
Cordonnier, savetier.
Sabrer
Auner.
Sabrer quelqu’un
Malmener quelqu’un.
Sabreur
Auneur.
Sabreur
Ouvrier qui travaille vite et mal.
Sabreur, traîneur de sabre
Militaire bruyant, Fanfaron.
Vous me faites pitié, tout sabreur que vous êtes.
P. Borel, 1833.
Sabri, Satou
Forêt, bois, — dans l’ancien argot. — Sabrieux, voleur de bois.
Sabri, satou
Bois. Forêt. Sabrieux, voleur des bois ou brigand des grands chemins.
Sabrieux
Voleur de bois.
Sabrieux
Voleur de bois.
Sabrieux
Voleur de bois.
Sac
Le ventre. — On dit d’une femme enceinte : Elle en a plein son sac.
La jeune garce en eut plein son sac.
Marguerite De Navarre.
Sac
Ventre. — Avoir le sac plein, avoir le ventre plein.
Sac
Argent. Congre. Éternuer dans le sac, être guillotiné. Avoir son sac, être ivre.
Sac
L’affaire est dans le sac, elle est conclue. Être pris en flagrant délit de vol, c’est avoir son affaire dans le sac. Être laide ou jolie, c’est être ou n’être pas dans le sac. Il y a une vieille chanson là-dessus :
Ell’ n’est pas mal
Pour foutre dans l’canal.
Elle est encore mieux
Pour foutr’ dans les lieux. (Argot du peuple).
Sac (avoir le)
Avoir de l’argent.
A-t-elle le sac ? — Cela veut dire en langage des halles : A-t-elle de l’argent ?
G. de Nerval.
Sac (avoir le)
Avoir de l’argent. C’est le contenant pris pour le contenu. On dit également : Être au sac.
Sac (avoir le)
Posséder beaucoup d’argent.
— Il a un fort sac.
— Il est au sac.
Avoir un sac dans lequel il y a une mauvaise pierre, c’est être condamné par les médecins (Argot du peuple).
Sac (avoir le)
Être riche.
Sac (avoir le) ou Être saqué
v. Avoir de l’argent, être riche. On dit encore dans le même sens : être au sac.
Sac (déployer son)
Raconter des balivernes.
Sac (donner à quelqu’un son)
Renvoyer quelqu’un. Pour donner plus de force à l’expression les ouvriers ajoutent : Avec une forte paire de bretelles. — Avoir son sac, être renvoyé de l’atelier. On disait autrefois : donner à quelqu’un son sac et ses quilles, pour congédier, casser aux gages.
Si je n’obéis point, j’ai mon sac et mes quilles.
(Boursault, Poésies.)
Sac (en avoir un)
Être bête est en avoir un sac.
Sac (être dans le)
Avoir perdu à un jeu quelconque. Il faut payer, vous êtes dans le sac. — Signifie encore avoir fait de mauvaises spéculations, s’être ruiné. — Une affaire est dans le sac, lorsqu’elle est terminée bien ou mal, lorsqu’on n’en parle plus.
Sac (un)
1000 francs.
Sac à charbon
Celui qui porte une Soutane.
Sac à malice
Sac renfermant les brosses, la patience, le fil, les aiguilles, etc.
Sac à merde
Le ventre. L’image n’est pas propre, mais elle exprime bien le fait. On se souvient de ce général du premier Empire à qui Napoléon avait recommandé le plus grand silence à un grand dîner. Le général se tint coi, comme il l’avait promis, mais au dessert il ne put résister, il frappa sur le ventre de son voisin, un archiduc, en lui disant :
— Eh bien ! mon vieux, maintenant que t’as bien mangé, y en a beaucoup là-dedans ? (Argot du peuple).
Sac à os
Individu très maigre.
Sac à os
Femme maigre. On dit dans le peuple : — On peut lire son journal au travers. Il y eut longtemps, il y a une trentaine d’années, une femme diaphane qui se faisait voir dans une baraque à la foire aux pains d’épices. Le pitre pour exciter la foule à entrer, disait :
— Avec une chandelle, on peut lui compter les côtes (Argot du peuple).
Sac à plâtre
Un enfant au maillot ; c’est la taille et la forme d’un sac à plâtre.
Sac à puces
Chien. Les puces font élection de domicile sur les chiens.
Sac à viande
Définition réaliste de la chemise.
Sac à viande
Chemise.
Sac à vin
Ivrogne pour qui toutes les boissons sont bonnes. Mot à mot : il engloutit tous les liquides dans son sac (Argot du peuple).
Sac à vin
Celui qui en boit beaucoup.
Sac au dos
Bossu.
Sac d’os
Personne maigre qui n’a que les os.
Sac d’os
Personne maigre.
Sac plein (avoir le)
Être ivre. A. D. Avoir le sac plein se dit d’une femme sur le point d’accoucher (Argot du peuple). N.
Sac-à-papier
« À l’ouvrage, messieurs ! Sac-à-papier ! on ne fait rien ici. » — Balzac. Juron bon pour exprimer l’ennui d’être dans une situation embrouillée. Un sac-à-papier se disait autrefois de la réunion de toutes les pièces d’un procès celles-ci se plaçaient dans un sac de toile.
Sac-à-vin
Ivrogne incorrigible. Ordinairement la femme du sac-à-vin est une paillasse à coups de poing.
Sac-au-lard
Chemise.
Sacqué
Chiffonnier qui se sert d’un sac en guise de hotte.
Sacquer
Congédier. — Réprimander avec menace de perte d’emploi.
Si vous continuez à me houspiller de la sorte, je vous ferai sacquer par le patron.
(Huysmans, Les Sœurs Vatard.)
Sacre
Argent.
Sacre
Argent.
Sacre
Argent.
Sacre
Sergent.
Sacré chien
Eau-de-vie.
Vous nous râperez le gosier avec le trois-six et le sacré chien dans toute sa pureté.
Th. Gautier, 1833.
Les voilà parties chez Caplaine où elles demandent un demi-septier de sacré chien.
Vadé, 1788.
Sacré-chien
Eau-de-vie. — Dans le monde artistique le sacré-chien, c’est le sentiment de l’art, c’est le feu sacré. — On dit dans le même sens : Il a du chien. Allusion à l’eau-de-vie.
Sacrement
Sacrement du mariage.
Oscar m’offrit le sacrement.
Festeau.
Sacrer
Affirmer.
Sacrer
Affirmer.
Sacrifice
Fouterie désintéressée et — toujours intéressante.
La compagnie qui, pendant notre sacrifice, avait gardé un profond silence, me complimenta de l’hommage que mes charmes avaient reçu par la double décharge que j’avais subie dans une seule jonction.
(Mémoires de miss Fanny.)
J’étais trop jeune encore pour multiplier les plus doux sacrifices.
Pigault-Lebrun.
Sacristain
Mari, amant d’une matrone de maison de tolérance, — dans l’ancien jargon du peuple.
Sacristain
L’homme de la matrone d’une maison autorisée.
Sacristain
Maître d’une maison de tolérance. Mot à mot : il est le sacristain de l’abbaye dont sa femme est l’abbesse, puisque c’est elle qui, d’après le règlement, est la propriétaire du livre (Argot des souteneurs).
Sacristie
Lieux d’aisances, dans le jargon des voleurs.
Safran
Mari trompé, voué au jonquille comme on voue les enfants au bleu. On dit aussi d’un mari dans ce cas :
— Il a la jaunisse toute l’année (Argot du peuple).
Safran (accommoder au)
Faire une infidélité conjugale. Le safran est jaune et cette couleur passe pour celle du cocuage. — V. Rebâtir.
Je ne suis pas fâché qu’elle ait accommodé au safran ce voltigeur de Louis XIV.
E. Augier.
Safran (aller au)
Dissiper sa fortune.
Safran (aller au)
Dissiper son bien.
Saignement de nez
Interrogatoire. — Faire saigner du nez, interroger.
Saignement de nez
Interrogatoire.
Saigner
Assassiner.
Saigner
Synonyme de buter. Cette expression est généralement employée par les bouchers qui conservent dans la vie les habitudes de l’abattoir (Argot des bouchers).
Saigner
Emprunter de l’argent à quelqu’un. Mot à mot : faire une saignée à son porte-monnaie ou à son coffre-fort. Faire une saignée blanche : ce n’est pas un médecin qui est chargé de faire cette opération à moins que ce ne soit une doctoresse (Argot du peuple). N.
Saigner
Avoir de la peine.
J’ai dit à Jules que sa femme le trompait, je l’ai fait saigner.
Saigner
Tuer.
Saigner du nez
Abandonner.
Saigner du nez
Rester sans combattre. — Mot à mot : saigner du nez au lieu de saigner du bras.
Sa grande colère de voir que les sans-culottes saignent du nez quand il faut frapper.
1793, Hébert.
Saindhomme
Tabac. Refiler un saindhomme, frapper.
Saint Dome
Tabac à fumer, — dans le jargon des ouvriers. C’est une abréviation de Saint-Domingue, la patrie du tabac.
Saint-ciboire
Cœur, — dans le jargon des voyous.
Saint-Crépin
Argent économisé. — Se prend souvent dans le sens de Saint-Frusquin. Porter tout son Saint-Crépin, porter tout ce qu’on possède.
Lorsque les garçons cordonniers vont de ville, en ville pour travailler, ce qu’ils appellent entre eux battre ta semelle, ils portent tous les instruments nécessaires à leur métier ; ils appellent cela porter tout leur Saint-Crépin.
(Fleury de Bellingen, Étymologie des Proverbes français.)
Saint-Crépin
Économies. Outils. Prendre la voiture de Saint-Crépin, marcher.
Saint-Dome
Tabac.
Saint-domingue
Tabac. Dans les prisons, par abréviation, on dit : Saint-Dome. Saint-Domingue, allusion au pays où prospèrent les plantations de tabac (Argot des voleurs). N.
Saint-Frusquin
Lot d’objets ou de mobilier (Argot du peuple).
Saint-Frusquin
Tout ce que l’on possède.
Pour déménager, j’ai mis tout mon Saint-Frusquin dans une voiture à bras.
Saint-Jean
s. m. Ensemble des outils d’un compositeur. Ces outils, d’ailleurs peu nombreux, sont : le composteur de fer et le composteur de bois, les pinces, la pointe, aujourd’hui presque abandonnée, le visorium et la boîte à corrections. Prendre son saint-jean, quitter l’atelier.
Saint-Jean
Effets. — Outils ; c’est un synonyme de Saint-Frusquin.
Saint-Jean
Signal convenu entre les voleurs pour avertir un complice. Ce signal consiste à lever l’index et le médium. On dit aussi d’un individu qui n’est pas à la hauteur pour faire quelque chose :
— Il est de la Saint-Jean (Argot du peuple). N.
Saint-Jean-Porte-Latine
s. f. Fête des typographes. Elle tombe le 6 mai ; mais elle n’est plus guère chômée.
Saint-Jules
Partir sans payer.
Saint-Lago
Abréviation de Saint-Lazare ; les filles disent également Saint-Laz. Quand elles sont dans cette prison, elles disent qu’elles sont à la campagne.
— Tiens, voilà six mois que l’on ne te voit plus ?
— J’étais en villégiature, je sors de ma campagne.
On sait ce que cela veut dire (Argot des filles).
Saint-Lago
Abréviation de Saint-Lazare, prison pour femmes, rue du Faubourg-Saint-Denis, 107.
Saint-Lago
Saint-Lazare.
Saint-pair
Tabac.
Saint-Père
Tabac à fumer (Argot des voleurs).
Saint-Père
Tabac.
Saint-Père
Tabac.
Saint-Vincent-de-Paul
Les ramasseurs de mégots. Ils sont les Saint-Vincent-de-Paul des orphelins qui traînent devant les terrasses des cafés (Argot du peuple).
Sainte-Touche
s. f. Jour de la banque. Cette expression, usitée presque exclusivement parmi les personnes attachées au Bureau, n’est pas particulière aux typographes ; elle appartient plutôt au langage des employés.
Sainte-Touche
Le prêt.
Sainte-Touche
Jour de la paye. Le samedi est Sainte-Touche pour les ouvriers.
Sainte-Touche
La paye.
Sainte-Touche (le jour de la)
La paye de chaque semaine ou de fin du mois. La Sainte Espérance est la veille de la Sainte-Touche. C’est une sainte bien fêtée par les ouvriers (Argot du peuple).
Saisissement
Les liens dont l’exécuteur lie les bras et les jambes des condamnés à mort. Le saisissement est une pièce essentielle de la toilette. (A. Delvau)
Saisissement
Terme employé par les voleurs pour désigner les liens qui servent pour ligotter le condamné à mort au moment de la toilette. Il y a de quoi en effet être saisi (Argot des voleurs).
Salade
Réponse. — Calembour. — La réponse est une espèce de salade.
Voilà notre dernier mot. Nous attendons ta salade.
Vidocq.
Salade
Pêle-mêle ; gâchis.
Salade
Fouet. — Donner la salade, fouetter, en terme d’écolier ; l’expression et le mot sont vieux et démodés.
Salade
Réponse. Rixe. Pôle-môle. Mettre en salade, enfouir, cacher.
Salade (faire la)
« Ils remuent le jeu de la manière dont on remue les dominos pour les mêler, les deux mains étendues sur le tapis et imprimant aux cartes un mouvement de rotation. » (A. Cavaillé, Les Filouteries du jeu.)
Salade de Gascon
Corde, — dans l’ancien argot.
Saladier
Vin chaud sucré servi dans un saladier. C’est le vin à la Française dont on fait une grande consommation dans les bals de barrière.
Salaire
Soulier, — dans le jargon des rôdeurs de barrière ; déformation de soulier.
Salbin
Serment.
Salbin
Serment.
Salbiner
Prêter serment.
Sale
Gris.
Salé
s. m. Travail compté sur le bordereau et qui n’est pas terminé. Le compositeur qui prend du salé se fait payer d’avance une composition qu’il n’a pas faite encore et qu’il ne comptera pas quand elle sera finie ; un metteur qui prend du salé compte des feuilles dont il a la copie ou la composition, mais qui ne sont pas mises en pages. Le salé est, on le conçoit, interdit partout. On dit que le salé fait boire, parce qu’il n’encourage pas à travailler, et rien n’est plus juste ; en effet, le compagnon, sachant qu’il n’aura rien à toucher en achevant une composition comptée et qui lui a été payée, n’a pas de courage à la besogne. Loin d’être dans son dur, il a la flème : de là de fréquentes sorties ; de là aussi l’adage.
Salé
Avance d’argent, — dans le jargon des typographes.
Salé
Bonne amie, connaissance, — dans l’argot des marins.
Oùs’que tu démarres comme ça, avec ton salé ?
Salé
Jeune enfant.
Salé (le grand)
La mer.
Salé (morceau de)
Enfant en bas âge.
Salé à la banque (en demander)
Demander au metteur en pages ou au prote une avance sur la semaine. Salé : travail payé d’avance. Saler une note : additionner le numéro du cabinet avec la carte (Argot d’imprimerie).
Sale coup pour la fanfare
Mauvaise situation, mauvaise affaire.
Salé trichineux (morceau de)
Petit enfant laid et malsain.
Salée (la)
La mer (Argot des voleurs).
Saler
Tancer vertement, faire payer trop cher.
Saler
Vendre cher. — Réprimander. — Vous allez dîner dans ce gargot ? c’est mauvais et salé.
Saler
Faire payer trop cher. Réprimander. Donner la syphilis.
Saletés (dire des)
Tenir des propos de « haulte gresse » et de grande salacité, pour provoquer, les idées libertines et pousser à la consommation de la femme par l’homme et de l’homme par la femme. — Faire des saletés. Peloter une femme ou un homme, sucer ou gamahucher, branler ou faire postillon, etc., etc., — toutes les choses aimables de la fouterie.
Tu me disais alors que pour te plaire,
Une femme devait et dire et savoir faire
Toutes tes saletés et toutes les horreurs.
L. Protat.
Salière
Cavité plus ou moins profonde de là clavicule chez les femmes, suivant le degré de maigreur. — Avoir des salières à y fourrer le poing, se dit d’une femme très maigre qui n’a pas reculé devant une toilette décolletée.
Salières
Cavités pectorales. On dit d’une femme maigre trop décolletée qu’elle montre ses salières. — Usité dès 1808.
Salières
Une femme qui a la poitrine creuse, a des salières, c’est-à-dire des trous en guise de seins. On dit également qu’elle a les tétons dans le dos (Argot du peuple).
Salières (avoir des)
Se dit des femmes maigres qui n’ont que des trous où il faudrait des bosses ; derrière les clavicules, par exemple. Elle a deux salières et cinq plats. (sein plat). Vieux dicton qui s’emploie pour désigner une femme maigre qui n’a ni cul ni tétons.
Salin
Jaune.
Salivergne
Écuelle.
Salivergne
Écuelle.
Salivergne
Écuelle ou salade.
Saliverne
Tasse, gamelle, — dans le jargon des voleurs.
Saliverne
Gamelle ou écuelle qui sert dans les hôpitaux aux malades pour cracher. Ils salivent dedans (Argot des voleurs).
Salle
Enfant.
Salle à manger
Bouche. — N’avoir plus que trois ou quatre chaises dans la salle à manger, n’avoir plus que trois ou quatre dents. — La salle à manger se démeuble, se dit quand on perd ses dents.
Salle à manger
La bouche. Pour indiquer qu’un individu n’a pas de dents, on dit dans le peuple :
— Il n’a plus de tabourets dans la salle à manger (Argot du peuple).
Salle de danse
Derrière, — dans le jargon des souteneurs qui, dans leurs démêlés avec leurs maîtresses, les font danser à grands coups de pied au derrière.
Salle de papier
Salle de théâtre où la plupart des spectateurs sont entrés avec des billets donnés.
Salope
Femme galante, de haut, ou de bas étage.
Je vont aime ainsi, divine slope.
(Parnasse satyrique.)
Salopète
Il (le canotier de la Seine) porte la salopète, cotillon de grosse toile à torchon ; la salopète ne se lave pas, chaque tache lui est un honneur.
(E. Briffault, Paris dans Veau, 1844.)
Salopiat, Salopiot, Saligot
Malpropre, vaurien.
Puis ne voilà-t-il pas qu’un sacré polisson de salopiat de singe, ne le voilà-t-il pas, à la fin des fins, il vous pisse par une fente sur les mignons.
(E. de Goncourt.)
Salsifis
Doigt.
J’ai un amour d’homme qui ne porte pas des culottes mûres et se met des gants sur ses salsifis.
(Huysmans, Les Sœurs Vatard.)
Salsifis (les)
Les doigts.
Salsifits
Doigts. Les voyous disent :
— Je vais te coller une poignée de salsifits sur la hure (Argot du peuple).
Saluer
Baisser la tête sous le feu des projectiles. (L. Larchey)
Salutations à cul ouvert
Salutations prolongées, salutations cérémonieuses.
Sandales
Souliers.
Sang (coup de)
Coup de cent points au piquet lorsqu’on compte cent avant de jouer ou en jouant la première carte. Calembour à la portée des joueurs.
Sang (se faire du)
C’est-à-dire se faire du mauvais sang, s’inquiéter.
Sang de bœuf
Saladier de vin chaud.
Sang de navet
Homme sans courage, qui n’a pas de sang dans les veines. On dit également :
— Il a les foies blancs (Argot du peuple). N.
Sang de navet
Celui qui n’est pas brave à du sang de navet ou le foie blanc.
Sang de poisson
Huile, — dans le jargon des voleurs.
Sang de poisson
Huile.
Sangler une femme
La baiser, la frapper à coups de queue sans qu’elle s’en fâche.
Il demande grâce pour avoir sanglé cette fille.
St Amand.
Sanglier
Confesseur.
Sanglier
Prêtre. — Calembour. — C’est le sans-glier, le sans-diable (Glier représente le diable dans le vieil argot. V. Vidocq). Allusion à la mission divine du prêtre qui est de réconcilier les condamnés avec le ciel. V. Hariadan, Cuisinier.
Sanglier
Prêtre. Le sanglier est sauvage ; le prêtre vit retiré du monde comme le sanglier au fond des forêts.
Sanglier
Prêtre.
Sanglier
Le prêtre. Pourquoi ? Le prêtre n’a pourtant rien du sanglier, ni les allures, ni la rudesse, car il ne tient pas tête à ceux qui le combattent (Argot des voleurs).
Sanglier (le)
Le prêtre.
Sangsue (poser une)
Corriger sur le marbre pour un compagnon absent. Cette locution pittoresque rappelle la faculté que possède cette hirudinée de se fixer, de se coller à la peau de l’homme ou des animaux. Peut-être encore vient-elle de ce que certains corrigeurs comptent à leurs camarades plus de temps qu’ils n’en ont passé et jouent alors à l’égard de ceux-ci le rôle de sangsues.
Sangsue (poser une)
Corriger sur le marbre pour un compagnon absent, — dans le jargon des typographes. (Boutmy.)
Sans beurre
Chiffonnier aristocrate.
Sans blague
C’est vrai, je ne mens pas (Argot du peuple).
Sans camelotte ou Solliceur de Zif
Escroc qui se fait avancer de l’argent sur une marchandise imaginaire, sur une marchandise qu’il ne livrera jamais.
Sans chasses
Aveugle. — Sans condé : Clandestinement, sans permission du condé. — Sans-cœur : Usurier. Sans-culotte : Républicain de 1793, dont les jambes dédaignaient les culottes courtes pour se perdre dans un large pantalon.
Allez-vous encore me traiter de sans-culotte ?
H. Monnier.
Vous voyez comme il méprise la sans-culotterie.
C. Desmoulins, 1790.
Sans Condé
Clandestinement, sans autorisation, sans permission. Pour tenir un jeu dans une foire, il est besoin d’une permission, d’un condé, ainsi nommée parce qu’elle émane ordinairement du préfet de police, le Grand-Condé, ou du maire, Condé.
Sans feuille
Gibet, — dans l’ancien argot.
Sans secousse
Celui qui ne se, presse jamais ou qui ne fait jamais un mouvement plus vite qu’un autre est un sans secousse.
Sans-beurre
Chiffonnier en gros.
Sans-cœur
Usurier, Gobseck de prison.
Sans-culotterie
Secte des sans-culottes, patriotes terroristes.
Trop heureux si ma mort pouvait être utile à la sans-culotterie.
(Père Duchêne.)
Sans-dos
Tabouret. — Sans gêne : Indiscret.
Malvina trouva d’abord que ce monsieur était un sans-gêne.
L. Reybaud.
Sans-loches : Sourd. — Sans-le-sou : Pauvre.
Farnèse fit un mouvement de rien, elle avait senti le sans-le-sou.
Jaime.
Sans-feuille
La potence (Argot des voleurs).
Sans-gêne
Indiscret, mal élevé. Cracher par terre dans un salon, ôter ses bottes dans un wagon, se moucher avec ses doigts (Argot du peuple).
Sansonnet
Mentula, — dans le jargon des barrières.
Sansonnet
Gendarme.
Santache
Santé, — dans l’argot des voleurs. — Et cette santache, comment que ça boulotte ? Et cette santé, comment va-t-elle ?
Santer
Puer. Dérober, filouter. Voler son complice.
Santu
Santé.
Santu
Santé.
Santu
Santé.
Saoulle (la)
Homme qui déplaît : terme de mépris employé particulièrement en prison.
Sapajou (vieux)
Vieux libertin, vieillard aussi obscène qu’un singe.
Sapé
Condamné. Allusion au bûcheron qui, de sa cognée, sape un arbre (Argot des voleurs).
Sapé
Condamne.
Sapé
Condamné.
Sapement
Condamnation. — dans le jargon des voleurs. — Sapement à cinq longes de dure, condamnation à cinq ans de travaux forcés.
Sapement
Condamnation.
Sapement
Jugement.
Saper
Condamner. — Saper au glaive, condamner à mort.
Saper
Condamner. Sapement, condamnation. Sapeur, juge.
Sapeur
Cigare presque entier, — dans l’argot du peuple.
Sapin
Gendarme.
Sapin
Fiacre. — Sa caisse est en bois. — Le mot n’est pas nouveau. Nous le trouvons dans un pamphlet légitimiste de la révolution de 89 (l’Apocalypse).
M. Desmoulins, l’abbé Noël, MM. de Beaumont et Keralio avaient loué pour toute la soirée un sapin national pour se faire voir dans la promenade.
Sapin
Fiacre. Cercueil. Plancher. Grenier.
Sapin
Sentir le sapin. Être sur le point de mourir. Sapin : cercueil. Sapin : plancher (Argot du peuple et argot des voleurs).
Sapin
Fiacre.
Sapin (redingote de)
Cercueil. Il est sorti de chez lui, les pieds devant, dans une bonne redingote de sapin.
Sapin (sonner le, sentir le)
Être bien malade. Mot à mot : sentir le bois avec lequel on fait les cercueils du pauvre.
Elle avait un fichu rhume qui sonnait joliment le sapin.
(E. Zola)
Sapin des cornants
Pré, champ, — dans l’ancien argot ; c’est le mouchoir à bœufs de nos jours.
Sapin, sap
Cercueil de sapin.
Avant d’être mis dans le sap, Vous voulez, orné de lunettes, Me décalquer de pied en cap.
Festeau.
Sapin. Sap
Fiacre, voiture de place.
Sapinière
Fosse commune.
Sapinière
Fosse commune.
Sapins
Planches.
Sapins
Planches.
Sapins
Planches.
Sapins du muron
Grenier à sel.
Saqué
On m’a dit de passer au bureau pour y régler mon compte. L’expression vient des corporations où les ouvriers fournissent leurs outils ; ils les mettent généralement dans un sac ; quand ils quittent l’atelier, ils les remportent ; ils reprennent leur sac ; de là, saqué (Argot du peuple).
Saqué
Renvoyé. L’employé ou ouvrier renvoyé de chez son patron a été saqué. Une femme qui a renvoyé son amant, l’a saqué.
Sardine
Galon de caporal, galon de sergent.
Sardine
Galon d’or pour sous-officiers.
Sardines
Galons du grade de sous-officier. — Allusion de forme et d’éclat.
L’un portait la sardine blanche, L’autre le jaune baudrier.
Nadaud.
Sardines
Galons de sous-officier. Doigts.
Sardines (serrer les cinq)
Serrer la main.
Sarrasin
s. m. Ouvrier qui travaille en mise-bas, et, par extension, compositeur qui ne fait pas partie de la Société typographique. Cette expression vient sans doute de ce que les Sarrasins sont des infidèles.
Sarrasin
Gâte-métier, — dans le jargon des typographes ; ouvrier qui travaille à prix réduit, ouvrier qui ne fait pas partie de la société des typographes.
Sarrasinage
s. m. Action de sarrasiner.
Sarrasiner
v. intr. Faire le sarrasin.
Sarrazin
Les ouvriers typographes qui travaillent au-dessous du tarif réglé par la Société et qui sont souvent la proie du syndicat, lequel les considère misérablement (Argot d’imprimerie).
Sarrazineur
Ouvrier qui va d’un atelier à un autre, suivant sa fantaisie ou les exigences du travail (Argot d’imprimerie).
Sarreau
Chemise de prison.
Satisfaire son gout
Baiser une femme, ou enculer un homme, selon qu’on est conformiste ou non conformiste en amour.
Il aime par-dessus tout,
La volupté roturière...
Pour satisfaire son goût
Il faut une couturière.
Ém. De La Bédollière.
Satisfaire un homme
Le branler, ou se laissent baiser par lui — ce qui, en effet, le comble de satisfaction.
Chez ce libertin cagot
Qu’j’ai tant d’ mal à satisfaire,
Je suis entré pour tout faire ;
Aussi j’y fais mon magot.
J. Poincloud.
Satisfaire une femme
La baiser de façon qu’elle ne réclame pas, — à moins qu’elle ne soit trop gourmande.
Des houris toujours belles,
Qu’on satisfera bien,
Et qui, toujours pucelles,
N’arrêteront sur rien.
Collé.
Satisfait
Député conservateur, satisfait de l’ordre de choses.
Satou
Bois, forêt.
Satou
Bois, forêt.
Satou
Bois, bâton.
Satou
Bois, forêt, bâton.
Satou
Bois. — Satousier : Menuisier (Vidocq). Du vieux mot Satou : Bâton. V. Roquefort.
Satou
Matériel de saltimbanque : décors, planches, toiles, etc.
Satou
Bâton (Argot des voleurs).
Satou
Bois.
Satout
Baton.
Satte, satou
Bois. Satousier, menuisier.
Satyriasis (le)
L’hystérie des hommes, comme l’hystérie est le Satyriasis des femmes, c’est-à-dire que ceux et celles qui en sont possédés ne font Autre chose dafia la vie que de baiser ou d’essayer de baiser.
Ces abbés poupins et débauchés, ces fléaux de la virginité, seront condamnés à un satyriasis éternel.
A. Dulaurens.
Sauce
Réprimande. — Sauce poivrade, très forte semonce.
Sauce
Correction. Forte pluie. Clique, bande.
Saucé
Mouillé jusqu’aux os. — Donner une sauce : Gronder. — Connus dès 1808.
Sauce (allonger la)
Ajouter de l’eau dans le pot-au-feu, dans un ragoût.
Sauce d’amour
Le sperme.
Il lui faut un gros vit, et lequel soit toujours
Bien roide et bien fourni de la sauce d’amour.
Théophile.
Sauce tomate
Menstrues, — dans le jargon des filles.
Sauce-là, on mangerait son père (à cette)
Sauce succulente. Expression des gastronomes pour qui rien n’est sacré hormis la bonne chère.
Sauce, Saucée
Pluie, forte pluie, — dans le jargon du peuple. — Il va tomber de la sauce.
Saucier
Cuisinier chargé de la confection des sauces dans les grands restaurants.
Celui-là est l’artiste de la maison.
(Eug. Chavette, Restaurateurs et restaurés, 1867.)
Saucisse
Le membre viril.
N’est-ce pas user d’artifice
Pour avoir un plaisir plus cher,
À Margot d’avoir la saucisse
Et le vit du fils d’un boucher ?
Théophile.
Saucisse
Fille publique, — dans le jargon des voyous. — Saucisse plate, fille publique très maigre.
Saucisse
Fille publique (fille de la sauce ou clique).
Saucisse
Naïf.
Que tu es saucisse de croire toutes ces naïvetés.
Saucisse municipale
Boulettes empoisonnées que la municipalité faisait jeter dans les rues de Paris pendant les grandes chaleurs pour détruire les chiens errants. Les boulettes municipales ont disparu du jour où est né l’impôt sur les chiens. Aujourd’hui ces intéressants quadrupèdes sont, en raison de leur qualité de contribuables, bien mieux vus que beaucoup de gens qui ne payent aucune espèce de contributions.
Saucisse plate
Une femme mince qui a peu de formes ressemble à une saucisse plate.
Saucisson de Bologne
Personne courte et grosse. La variante donne : Saucisson à pattes.
Saumon
Personne riche décédée, — dans le jargon des croque-morts qui appellent merlans les trépassés de peu d’importance.
Saumon
Homme riche.
— Emballons le saumon avec précaution ; il y a du pèze (Argot des croquemorts).
Saumon
Personne riche.
Saut de cou
Foulard (Argot des voleurs).
Saute-au-krack
Surnom donné aux filles publiques audacieuses (Argot des souteneurs).
Saute-mouton (le coup du)
Ce sont les remisiers pour dames (les tripoteuses du marché des pieds humides) qui le pratiquent. La joueuse vend mille francs de rente. Le remisier pour dames exécute cet ordre ; il vend immédiatement, mais il attend la fermeture de la Bourse pour en informer sa cliente. S’il y a baisse, comme il a vendu ferme, il encaisse tranquillement la différence ; si la rente reste au même taux, il lui raconte qu’il y a écart de deux ou trois centimes ; dans tous les cas elle est volée (Argot des boursiers). N.
Saute-rondolles
Agent de change, banquier.
Saute-rondolles
Banquier.
Saute-ruisseau
Petit clerc d’huissier ou de notaire qui porte à domicile les pièces de l’étude (Argot du peuple).
Sautenses (des)
Des puces.
Sauter
Verb. Act., voler.
Sauter
Verb. Neut., puer.
Sauter
Cacher un produit de vol à ses complices. — Sauter à la capahut : Assassiner un complice pour enlever sa part (Vidocq). V. Capahuter, Pas.
Sauter
Sentir mauvais.
Sauter à la capahut
Tuer un complice pour ne pas lui donner sa part de vol. C’est un fait assez rare, car chez les voleurs il existe une sorte de probité que l’on ne trouve pas chez certains qui se disent honnêtes gens (Argot des voleurs).
Sauter à la perche
Avoir très faim. En ce cas on est plus léger que de coutume et on peut sauter facilement. Synonyme de : je m’enlève (Argot du peuple). N.
Sauter la banque (faire)
Gagner l’enjeu qui constitue la banque, soit au baccarat, soit à la roulette ou au trente-et-quarante ; c’est le rêve de tous les joueurs.
Sauter la cervelle au plafond (se faire)
Se livrer à l’onanisme.
Sauter le bas-flanc
Sauter le mur de la caserne pour aller passer la nuit en ville, — dans le jargon des régiments de cavalerie.
Sauter le pas
Faire faillite. Mourir. Dire adieu à la vertu.
Sauter le pas, Faire le saut
Faire faillite. — S’enfuir. — Mourir.
Sauter sur le casaquin
Tomber à l’improviste à coups de poing sur quelqu’un.
Sauter, act
Voler.
Sauter, act
Voler.
Sauter, Faire le saut
Faire danser l’anse du panier au vol, — dans le jargon des voleurs. — S’approprier les droits d’auteur d’un vol fait en collaboration. — Filouter ; l’expression, prise dans ce dernier sens, date du XVIIe siècle. — Pour une jeune fille, faire le saut, c’est sauter à pieds joints sur la vertu, c’est prendre un amant ; allusion au saut de Leucade d’où s’élançaient les femmes tourmentées par l’amour.
Sauter, neut
Puer.
Sauter, neut
Puer.
Sauterelle
Puce (id.). — Ses sauts sont connus.
Sauterelle
« On appelle ainsi (dans les magasins de nouveautés) les femmes qui font plier et déplier vingt ballots sans acheter. » (L. Noir.) — Exécuter une sauterelle, se débarrasser d’une femme qui n’a envie de rien acheter.
Sauterelle
Sauteuse. Puce.
Sauterelle
Caleçon.
Sauteron
Banquier, changeur, — dans le jargon des voleurs qui savent que certains banquiers, certains changeurs, exécutent des sauts prodigieux sur la route de Belgique.
Sauteur
Personnage politique dont les opinions sautent tantôt au nord, tantôt au sud, tantôt à l’est, tantôt à l’ouest, — Individu sur la parole duquel on ne peut se fier. — Drôle à qui la bonne foi est complètement inconnue.
Sauteuse
Puce.
Sauteuse
Drôlesse, voleuse.
Sauteuse
Puce.
Sauteuse
Puce. Elle saute, en effet, sans cesse (Argot du peuple).
Sautu
Santé.
Sauvage
Nu.
Tu ne sais pas encore que s’habiller en sauvage, c’est vendre sa chemise.
Vidal, 1833.
Sauvage (habillé en)
Habillé comme un sauvage qui n’est pas habillé du tout.
Sauvage (s’habiller en)
Être dans un costume primitif, n’avrir pas même la feuille de vigne si chère à M. Bérenger, le Caton moderne (Argot du peuple).
Sauvage (se mettre en)
S’habiller tout nu, c’est-à-dire : se déshabiller ou ne pas s’habiller du tout.
Sauver la caisse
S’enfuir avec les fonds dont on est dépositaire. — Fort à la mode depuis le fameux mot de Bilboquet : Sauvons la caisse !
Sauvette
Petit panier à chiffons, — dans le langage des chiffonniers.
Savante en amour (être)
Se dit de toute fille ou femme qui connaît les préceptes les plus secrets et les secrets les plus précieux de l’art d’aimer, et qui serait plutôt capable d’en enseigner à un homme que d’en apprendre de lui.
Une autre fille de son quartier, plus expérimentée que l’autre et qui, pour être un peu moins belle, n’en était pas moins savante et spirituelle en amour.
Mililot.
Savate
« La savate, que l’on appelle aujourd’hui chausson par euphémisme, est la boxe française, avec cette différence que la savate se travaille avec les pieds, et la boxe avec les poings. » — Th. Gautier, 1845. — V. Arsouille.
Savate
« Correction militaire appliquée par les soldats entre eux pour certains délits non justiciables d’un conseil. Le patient est étendu sur un banc, la chemise retroussée, et chaque soldat de la compagnie lui applique trois coups d’un soulier neuf et bien ferré. » La Caserne, par Vidal et Delmare, 1833.
Savate
Joueur malhabile. — Mauvais ouvrier. — Jouer comme une savate, jouer mal à un jeu d’adresse, jouer mal aux cartes. — Jouer comme une paire de savates, jouer très mal.
Savate (traîner la)
Traîner la misère. Variante : Traîner la groule.
Savoir (tu ne veux plus rien)
Tu ne me connais plus (parce que tu es dans une position supérieure à la mienne).
Savoir des poses
Être experte dans l’art d’allumer les désirs libertins des hommes.
Il n’est poses qu’elle ne sache,
En débauche elle a de Carrache.
L’invention.
H. Raisson.
Savoir lire
Connaître toutes les ruses (Vidocq).
Savoir lire
Bien connaître le métier de voleur, avoir été reçu docteur ès-filouteries.
Savoir lire
Être habile, roué. Être un bon voleur.
Savoir lire
Être au courant de toutes les ruses du métier. Connaître tous les trucs pour voler (Argot des voleurs).
Savon
Réprimande sévère. On dit de même laver la tête pour réprimander quelqu’un.
Savon
Semonce. — Recevoir un savon, être réprimandé. — Flanquer un savon, réprimander.
Savonné
Blanc.
Savonné
Blanc. — Ce qui est savonné est blanchi. — Pivois savonné : Vin blanc. V. Douille, Larton.
Savonné
Blanc. — Artie savonné, pain blanc ; pivois savonné, vin blanc, — dans l’ancien argot.
Savonner
Voler. — Pavillon savonné, linge volé. — Savonner une cambuse, voler dans une chambre.
Savonner
Tourmenter, taquiner, — dans le jargon du peuple. — Allusion au linge tourmenté par le savonnage. — La bourgeoise me savonne depuis hier quef en suis bleu, ma femme me tourmente tellement depuis hier que j’en suis ahuri.
Savonner
Voler. Tourmenter, taquiner. Réprimander fortement. Savonné, blanc.
Savonner une femme
La baiser, parce qu’ici le sperme sert de savon, ce qui fait qu’elles sont plus blanches que les hommes, au dire de Tabarin.
Et je lui donnerai une savonnade à laquelle son mari ne l’a pas habituée.
Seigneurgens.
Savoyard
Rustre.
En 1813, avec ces savoyards d’alliés.
Ricard.
Savoyard
Grossier personnage ; mal-appris.
Savoyarde
Malle (Vidocq). — Le commissionnaire chargé de la porter est ordinairement Savoyard.
Savoyarde
Malle. — Faire la savoyarde, voler les malles sur les voitures, dans les gares.
Savoyarde
Malle.
Savoyarde
Malle. Allusion aux commissionnaires, tous savoyards pour la plupart, qui transportent les malles sur leur dos (Argot des voleurs).
Savoyarde
Malle.
Scalais
Je monte.
Scarabomher
Étonner, stupéfier. — Scarabombe, étonnement, stupéfaction, — dans le jargon des voleurs.
Scène (être en)
Ne pas avoir de distractions, être tout à son rôle, — dans le jargon des coulisses.
Schabraque
Femme laide ou de mauvaise vie.
Schabraque (vieille)
Invalide de la prostitution ; par allusion à la housse des chevaux de cavalerie.
Schako
Tête, — dans le jargon du régiment.. — Son schako a un renfoncement, il est un peu fou.
Schelingophone
Derrière. À l’époque où le téléphone et le phonographe firent leur apparition, le schelingophone, a été imaginé pour propager dans les classes voyoucratiques l’amour de la désinence phone. — Enlever le schelingophone, donner du pied au derrière.
C’est moi, si eune dame m’parlait ainsi, que j’aurais vite fait d’i enlever le schelingophone, l’aller et le retour et train rapide !
(Grévin, Petit Journal pour rire, 1879.)
Schelinguer
Puer de la bouche.
Schlingoter
Qui sent mauvais.
Est-ce toi qui schlingotes, qui peux schlingoter ainsi.
Schloffer
Dormir. — Germanisme.
Schloffer
Dormir. Schlof, lit.
Schnapps
Eau-de-vie. — Germanisme.
Schnic, Schnapps
Eau-de-vie.
Schnick ou schnaps
Eau-de-vie commune, qu’on appelle encore tord-boyaux, — dans l’argot du peuple. Schnaps vient de l’allemand.
Schnick, schnapps
Eau-de-vie.
Schnoc
Quand on ne veut pas dire à un individu c-o-n pantoufle, on emploie cette expression qui est un terme de mépris : vieux schnoc (Argot du peuple). N.
Schnoffe (deux ronds de)
Deux sous de tabac à priser (Argot du peuple). N.
Schnouf
Coup, gifle.
Si tu ne restes pas tranquille, je vais te détacher un schnouf.
Celui qui a reçu un coup a reçu un schnouf.
Schphomme
Faire du tapage dans un endroit public (Argot du peuple).
Schpil, Schpile
Beau ; réussi, bien fait, — dans le jargon des ouvriers.
Schpiler
Réussir un ouvrage.
Schproum
Tapage, bruit.
On ne s’entend plus, avez-vous fini de faire du schproum !
Schproum
Bruit, esclandre.
Schproute (faire du)
Voir Schproum. Un voleur fait du schproute lorsque son sociable ne lui donne pas sa part d’un vol.
Schtar
Cachot.
Schtard
Prison. — Schtard des poivrots, violon. — Schtard aux frusques, Mont-de-Piété. — Schtard des lascars, la Roquette. — Schtardier, prisonnier.
Schtard, jettard
Prison.
Schtigner
Puer (Argot du peuple). N.
Schtoser (se)
Se soûler, — dans le jargon des voleurs.
Scie
Tourment, mystification répétée d’autant plus de fois qu’elle paraît agacer l’auditeur. — Allusion à la scie qui revient toujours en grinçant sur elle-même.
Les femmes, c’est la scie pour les domestiques.
Ricard.
Les scies les plus farouches l’avaient trouvé inébranlable.
Murger.
Scie
Ennui profond causé par un travail monotone, par un tra-vail fait à contre-cœur. — Rengaine agaçante. — Monter une scie, faire des scies. Lucrèce a dit : Serrœ stridentis acerbus horror.
Scie
Femme légitime. Quand un ouvrier menuisier porte sa scie, les voyous lui disent :
— Tu trimballes la légitime.
Scier quelqu’un : l’ennuyer, le raser (Argot du peuple).
Scié
s. f. Mystification ; plaisanterie agaçante. N’est pas particulier au langage des typographes. On appelait autrefois scie, dit Vinçard, ce qui sert à disposer les garnitures.
Scier
Ennuyer, fatiguer.
Scier du bois
Jouer du violon, jouer du violoncelle.
Scier son armoire
Quand le contrebassiste, dans un orchestre, fait sa partie, les voyous disent :
— Il scie son armoire.
Allusion de forme (Argot du peuple). N.
Scier, scier le dos
Tourmenter.
Pourquoi boire ? — Pour s’étourdir, pour oublier ce qui vous scie.
E. Sue.
Laisse-moi, Cadet, tu me scies.
Rousseliana, 1805.
Scier, scier le dos
Ennuyer. — Fatiguer par des vexations, des bavardages.
Scieur de bois
Violoniste.
Scion
Couteau.
Scion
Couteau.
Scion (coup de)
Coup de couteau, — dans le jargon des voleurs. — Scionneur, assassin qui travaille au couteau. Le scionneur est loin d’être un artiste en son genre. Il s’y prend à plusieurs fois. Son coup n’est pas, comme ils disent, un coup de surin de dab.
Scionner
Assassiner avec un couteau.
Scionner
Tuer à coups de couteau.
Nous ferons joliment notre beurre et tu pourras le scionner après.
(F. du Bois-gobey.)
Scionner
Tuer à coups de scion (couteau).
Scionner
Tuer quelqu’un avec un couteau (Argot des voleurs).
Scionner
Frapper à coups de couteau.
Scionneur
Assassin à coups de couteau.
Scouane, escouane
Oreille.
Scrutin de ballottage (assister au)
Plonger un œil indiscret dans le corsage d’une femme qui, hélas ! n’a que trop de développement.
Sculpter une gueule de bois (se)
S’enivrer.
Se brosser le ventre
Se brosser le ventre pour lui faire oublier l’heure du repas. Pris souvent au figuré.
Vous brosser le ventre faute d’un éditeur.
Commerson.
Dès 1808, on disait Ça fait brosse, pour :
Rien, pour toi ! tout est brossé.
d’Hautel.
Brosse pour lui ! Zut pour lui ! Fallait pas qu’y liche.
A. Dalès, Chanson.
Se camphrer
S’adonner à l’eau-de-vie.
Se casser le nez
Trouver porte close.
Se chiquer
Se battre.
Se coller
Contracter un collage.
Julia : Qu’est-ce que va devenir Anatole ? — Amandine : Le monstre ! il est déjà collé avec Rachel.
Les Cocottes, 1864.
Se couper
Se contredire, couper ses propres arguments.
Se culotter
Se former, prendre une tournure décidée.
Voici un pied d’Andalouse, se dit-il à part lui, ceci est d’une bonne couleur, et ma passion se culotte tout à fait.
Th. Gautier, 1838.
Se débiner
Disparaître.
Quant à moi, je maquille une aff après laquelle j’espère me débiner pour m’éloigner de la rousse.
Patrie du 2 mars 1852.
Se dégommer
S’entre-tuer.
Napoléon, c’vieux grognard, D’ces jeux où l’on se dégomme En queuqu’s mots résumait l’art.
Festeau.
Se donner une culotte, se culotter
Faire excès de boire ou de manger. — Donné déjà par le Dict. de Leroux, 1718. — Synonyme d’un terme fréquemment employé : S’en donner plein la ceinture.
Nous pouvons donc enfin nous culotter avec du vin du tyran.
Chenu.
Un ivrogne ferait bien mieux de s’acheter un pantalon que de se donner une culotte.
Commerson.
Culotte se prend au figuré pour tout autre excès
nous nous sommes donné une fameuse culotte monarchique et religieuse.
balzac.
Se faire des plumes
Se tracasser, s’ennuyer, se faire du mauvais sang.
Se faire taper dans les pattes
Il n’y a que les chattes qui se font taper dans les pattes.
Se fendre jusqu’à s’écorcher
Pousser la prodigalité jusqu’au regret.
Cadet, tu te fends ; ça me flatte. Tu vas t’écorcher.
Cabassol.
Se fiche de sa fiole
Se moquer de quelqu’un est se fiche de sa fiole, sa figure.
Se fouiller
« Je compte sur de l’argent qui m’est du, mais je crois que je peux me fouiller. Je ne l’aurai pas. »
Se l’appuyer
« J’ai faim, v’là un bon ragoût je vais me l’appuyer. » — « Ma voisine est une belle fille, je voudrais bien me l’appuyer. »
Se la briser
S’en aller.
Il est tard, je me la brise.
Se la couler douce
Travailler le moins possible ou ne faire que peu de chose est se la couler douce.
Se la donner
S’enfuir.
Se la fouler
Se dépêcher.
Si le patron s’imagine que je vais me la fouler pour terminer ce travail, il peut se tâter.
Se les caler
Manger.
Il est midi, c’est l’heure de se caler les joues.
Se machaber
Se noyer, se tuer.
Se mettre à table
Dénoncer, manger sur le dos d’un complice (Argot des voleurs). V. Mouton.
Se mettre à table
Avouer, dénoncer.
Se mettre dans le bœuf
Tomber dans une situation misérable. Allusion au bouilli qui représente le rôti des indigents. on lit dans une mazarinade de 1649
Auprès de la Bastille, Monsieur d’Elbeuf, Dans sa pauvre famille, Mange du bœuf, Tandis que Guénégaud Est à gogo.
Se mettre dans le toupet
S’entêter à croire.
Et mosieu se fichera dans le toupet que tout sera dit.
Gavarni.
Se mettre la corde au cou
Se marier. Le peuple se souvient de la vieille chanson :
Pan, pan, mariez-vous,
Mettez-vous dans la misère ;
Pan, pan, mariez-vous,
Mettez-vous la corde au cou. (Argot du peuple).
Se mettre le doigt dans l’œil
Se tromper.
Se monter le cou
Se croire plus que l’on est. — « Je croyais qu’il m’aurait offert 200 fr. d’appointements par mois, je me suis monté le cou. » On dit aussi se monter le job.
Se monter le coup
S’illusionner.
Se passer par le coco
Manger. — Comparaison de l’estomac humain à celui du cheval et du perroquet. Les refrains connus de la Botte à Coco et de As-tu déjeuné, Coco, ont pu en donner l’idée à l’armée comme à la bourgeoisie.
Se patiner
Aller vite.
Je suis pressé, je vais me patiner.
Se payer un coup de veuve
S’offrir une satisfaction personnelle solitairement. La veuve, c’est madame Poignet. Quand un assassin lingre un pante, il s’offre un coup de veuve, seulement c’est Charlot qui opère à sa place, et la satisfaction n’est pas synonyme de jouissance (Argot du peuple). N.
Se peigner
Se battre.
Puis nous nous peignons... On s’poche les yeux.
Le Gamin de Paris, chanson.
Se piquer le nez
S’enivrer.
Se poisser
S’enivrer, boire trop de poissons.
Je ne voulais pas boire… mais quand j’ai vu qu’il allait se poisser, je l’ai aidé à vider les bouteilles : c’était pour le sauver.
La Correctionnelle.
Se ramasser
Se relever après une chute.
Se rincer, s’affuter le sifflet
Boire.
Là, plus d’un buveur bon apôtre, Venait se rincer le sifflet.
Colmance, Ch.
Faut pas aller chez Paul Niquet Six fois l’jour s’affuter le sifflet.
P. Durand, Ch. 1836.
Se rougir, se piquer le nez
S’enivrer. — Un nez piqué rougit, et on sait qu’un nez rouge pronostique souvent l’ivresse.
Elle prend sa volée Pour se rougir le nez. De la Californie elle revient pompette.
Chansons, Guéret, 1851.
Qui ne s’est pas piqué le nez une pauvre fois dans sa vie ?
Grévin.
Se sucer la pomme ou la poire
S’embrasser.
Se torcher le cul
Faire peu de cas.
Se trotter
Se dépêcher, s’en aller. — « Je suis en retard, je vais me trotter. » — « Que fais-tu la ? veux-tu te trotter. »
Seau (coup dans le)
Coup manqué.
Seau (être dans le)
Être sorti pour cause de nécessités urgentes, — dans l’argot des soldats.
Sébasto
Synonyme de balloches ; c’est un diminutif de Sébastopol, et lorsque l’on dit boulevard Sébasto, c’est pour faire un jeu de mots en faisant allusion aux bastos à lui.
Sec (en cinq)
En cinq points, sans revanche ; terme des joueurs d’écarté.
Sec (être à)
Être sans le sou. Avoir la poche dans un état pareil au lit du Mançanarez.
Sec (faire)
Manquer de rafraîchissements, — dans le jargon du régiment. — Quand on a soif, il fait sec.
Il commence à faire sec ici, et on m’attend pour l’heure du bitter.
(Le Triboulet, du 9 mai 1880.)
Séché
Au lendemain d’une forte soulographie, l’ivrogne est séché (Argot du peuple).
Sèche
Cigarette.
Sèche
Cigarette. La mort. Piquer une sèche, ne savoir que répondre, faire une bévue, avoir une mauvaise note.
Séché (être)
Avoir échoué dans un examen définitif, en terme d’École.
Séché (être)
Avoir cuvé son vin.
Séché (être)
Subir une punition, — dans l’argot de Saint-Cyr.
Si, de leur temps, on avait marché de cette façon, l’École eût été séchée de sortie pour trois mois.
(Figaro, du 4 août 1880.)
Séché (être)
Échouer dans un examen. Être dégrisé. Subir une punition.
Sèche (la)
La mort, — dans le jargon des voleurs. — Être sec, être mort.
Sécher
Ennuyer.
Voilà deux heures que vous séchez les ouvriers chez eux.
(L’art de se conduire dans la société des pauvres bougres.)
On dit encore plus familièrement : Tu me sèches ta tata.
Sècher
Boire. Être en prison. Sécher l’école, ne pas y aller. Sécher un devoir, ne pas le faire.
Sécher le lycée
Aller flâner au lieu de se rendre au lycée. Il y a vingt ans c’était : tailler le collège, et au XVIIIe siècle, on disait : friper ses classes.
Sécher un devoir
Se dispenser de faire un devoir.
Sécher un litre
Boire un litre jusqu’à l’ultime goutte. — « La comtesse revient à son bureau, allume une bouffarde, sèche un litre. » (Idem.) On dit dans le même sens : Sécher une absinthe, un vermouth, etc.. etc.
Séchoir
Cimetière. L’humanité y sèche et s’y dessèche.
Séchoir
Cimetière.
Seco
Sec, maigre.
Sécot
Maigre.
L’une est grasse, L’autre est secot.
Pecquet, Chansons.
Secouer
Mettre en arrestation.
Secouer la cartouche, le chinois, la boulette (se)
Se branler la pine.
Sans mot dire il se fait secouer la houlette.
Louis Protat.
Secouer les puces
Stimuler un endormi, le secouer du péché de paresse (Argot du peuple).
Secouer son panier à crottes
Se dit dans le peuple d’une danseuse déhanchée qui fait le contraire de la danse du ventre, et remue les fesses agréablement (Argot du peuple).
Secouer une femme
La baiser gaillardement, l’ébranler dans tous les sens en la branlant du bout de la queue.
Je te secouerai bien un peu entre l’huis et la muraille.
P. De Larivey.
Vénus, ribaude paillarde,
D’une façon plus gaillarde
Sait bien remuer le cu
Quand le dieu Mars la secoue.
Theophile.
Mon cher Adam, mon vieux et triste père,
Je crois te voir en un recoin d’Eden
Grossièrement former le genre humain,
En secouant madame Eve, ma mère.
Grécourt.
Secours contre la soif
Débit de vin. Quelques marchands de vin, dans les quartiers excentriques, ont conservé cette enseigne alléchante pour les ivrognes. D’autres industriels en boisson affichent : Assurance contre la soif. À l’entrée de la rue de Puebla, il existe côte à côte un Secours et une Assurance contre la soif.
Secousse
Dans le peuple, on dit d’une jolie fille pour indiquer qu’on coucherait volontiers avec elle : elle vaut la secousse. C’est suffisamment clair (Argot du peuple). N.
Secousse (donner une)
Se mettre pour une heure ou deux au travail avec ardeur, — dans le jargon des ouvriers. — Réparer le temps perdu en travaillant assidûment pendant quelques heures.
Secousse (la faire à la)
Faire une chose vite et mal, argot du peuple.
Secousse (prendre sa)
Mourir, — dans l’ancien argot.
Seignant (le)
Le cœur.
Seigneur à musique
Assassin nocturne.
Seigneur à musique
Assassin (Argot des voleurs).
Seigneurs (jeunes)
« Aujourd’hui, 1er mars 1840, c’est le titre de bon goût qui a remplacé ceux de petit-maître, beaux fils, muscadins, etc. qui se sont succédé rapidement dans les fastes de la belle jeunesse française. »
E. Foa.
Seize-Mayeux
Sobriquet donné aux fonctionnaires nommés après le 16 mai, aux partisans de la politique réactionnaire du 16 mai 1877, qui amena un mois après la dissolution de la Chambre.
On s’étonne parfois de l’aplomb de ces Seize-Mayeux.
(Réveil, du 16 décembre 1877.)
Et les journaux Seize-Mayeux les en glorifient.
(Rappel, du 19 décembre 1877.)
Select
Choisi. Le monde select, le grand monde.
Semaine (n’être pas de)
Ne pas avoir à se mêler d’une affaire. — Chaque caporal ou sous-officier doit assurer le service pendant une semaine, cela à tour de rôle ; en temps ordinaire, il est libre et n’est soumis qu’aux obligations générales du service.
Semelle
Bifteck.
Semence
Liqueur de la génération ; le foutre de l’homme et de la femme.
Au jeûne où votre con se trouve,
Vouloir faire une fine épreuve
Si je mit bélier ou mouton.
Vous eussiez eu de la semence.
D’un vit dont la grandeur immense,
N’eut jamais de comparaison.
F. De Maynard.
Dix-huit jours après qu’elles avaient reçu la semence.
Ch. Sorel.
Semer quelqu’un
Se débarrasser d’un importun. — Terrasser un adversaire.
Semer quelqu’un
Se débarrasser d’un importun. Terrasser un adversaire.
Séminaire
Bagne, — dans l’ancien argot.
Semper
Tabac à fumer. C’est une déformation abréviative de superfinas, superfin, nom sous lequel les soldats désignent le caporal ordinaire ; ils ne manquent jamais de dire du sem-perfinas et, par abréviation, semper. Le mot est aussi courant parmi les ouvriers que parmi les soldats.
Semper, semperlot
Tabac.
Sénat
Débit de vin fréquenté par des ouvriers d’un même corps d’état.
Depuis longtemps, les travailleurs appellent les marchands de vin où ils se réunissent par spécialité, des sénats.
(Le Sublime.)
Il ne faut pas confondre le sénat avec les assommoirs. Il y a peu de sénats, tandis qu’il y a plus de deux cents assommoirs. Le sénat est spécial à une seule partie. Le sénat est un diminutif de la mère des compagnons. Les ouvriers du fer ayant abandonné le compagnonnage formèrent des sénats.
(Idem).
Sénateur
Ouvrier qui fréquente les sénats.
Dans le temps, les tourneurs de roues étaient nommés sénateurs ; le mot s’est généralisé depuis.
(Idem).
Sénateur
Tout individu vêtu d’un paletot ou d’une redingote, — dans le jargon des voyous.
Sénateur
Taureau, — dans le jargon des bouchers qui disent également « pacha ».
Sénateurs
Vieux commissionnaires non médaillés des marchés aux fleurs.
Sens dessus dessous (être)
Beau désordre, agréable a la vue chez une belle femme. Quand elle est renversée et bouleversée à grands coups de pine, les chevaux épars, le cul et les tétons en l’air, ses bras vaincus, jetés comme de vaines armes, on m’a plus qu’à recommencer à faire le dessus, à moins, qu’on ne préfère le dessous, — pour changer.
Gai, gai, l’on est chez nous
Toujours en fête
Cul par dessus tête
Et sens dessus dessous !
Béranger.
Sent mauvais (ça)
Ça va mal finir ; ça prend une mauvaise tournure.
Sentimentage
Amour plus platonique que physique, qui exclut l’infidélité et le plaisir au profit de je ne sais quel idéal ridicule — bon pour les romans et pour les pensionnats de demoiselles.
Mais s’il allait souhaiter quelque préférence exclusive, se croire offensé de mes inévitables infidélités, perdre de vue que je suis aphrodite, et vouloir m’assujetir à son sentimentage ?
A. de Nerciat.
Sentinelle
Étron.
Sentinelle (poser une)
Cacare.
Sentinelle, factionnaire
Excrément au pied d’un mur.
Sentinelle, Sentinelle perdue
Excrément humain, vagabond sans papiers égaré sur la voie publique, dans une allée de maison.
Sentinelles
s. f. pl. Lettres qui tombent d’une forme quand on la lève et qui se tiennent debout sur le marbre. Dans un autre sens, on appelle sentinelle le verre de vin que viendra boire un peu plus tard un compagnon qui ne peut actuellement sortir. Aussitôt que cela sera possible, celui-ci relèvera la sentinelle posée et payée par son camarade.
Sentinelles
Élrons déposés le, long des murs par des passants pressés (Argot du peuple).
Sentir
Aimer (Vidocq). — Ne pas sentir : Détester. — On dit de même : Avoir dans le nez (quelqu’un qu’on ne peut sentir).
Sentir
Aimer. — Ne pas pouvoir sentir, détester. — Se sentir les coudes, être unis, se soutenir entre camarades.
Quand ils seront groupés, lorsqu’ils se sentiront les coudes, ce sera bien plus amusant.
(Figaro, du 14 juillet 1880.)
Sentir (le)
Sentir le membre de l’homme entrer profondément dans le vagin de la femme et y remuer.
— J’y suis.
Le sens-tu, Philis ?
— Oui, Lycas, poursuis ;
Tu te raidis
Contre l’obstacle.
Collé.
Sentir (ne plus se)
N’éprouver plus aucune sensation auprès du beau sexe, être passé à l’état de glaçon.
Sentir le lapin
Sentir mauvais des aisselles.
Sentir le lapin
Après avoir dansé toute une nuit, une femme sue des aisselles et d’ailleurs ; elle sent le lapin. On sait que lorsqu’on ouvre le ventre de cet animal, une odeur chaude et nauséabonde vous prend au nez et à la gorge (Argot du peuple).
Sentir le roussi
Synonyme de sentir mauvais (Argot du peuple). N.
Sentir le sapin
Faire pressentir une mort prochaine. On dit : Voilà une toux qui sent le sapin. — Usité dès 1808. — V. Claquer.
Sentir le sapin
Être près de la mort : allusion au cercueil en bois de sapin.
Sentir le violon
Devenir misérable (Vidocq). — On met au violon les vagabonds.
Sentir mauvais
Quand un voleur est sur le point d’être pris, quand on éveille un condamné à mort pour sauter le pas, quand on est embarqué dans une sale affaire, cela sent mauvais (Argot du peuple). N.
Sept
Chiffonnier. — Crochet de chiffonnier.
Sept
Tige de fil de fer, enveloppée de coton et revêtue de papier, figurant des queues de fleurs, — dans le jargon des fleuristes. — Faire des sept, enrouler du coton et du papier autour d’un fil de fer ; c’est l’A, B, G du métier de fleuriste.
Sept à neuf
Vêtement du matin pour monter à cheval. Mot à mot : vêtement que l’on met de sept à neuf heures pendant la promenade à cheval au Bois de Boulogne, — dans le jargon dessportsmen.
Quel joli sept-à-neuf cela ferait !
(Figaro, du 27 mai 1879.)
Séquence
Grosse portée ajoutée aux cartes, réunion de cartes préparées de manière à amener une passe soit au baccarat, soit au piquet. Au piquet, elle a reçu le nom de séquence intégrale.
Ser (faire le)
Faire le guet.
Sérail
Bordel, où l’on élève à la brochette une foule de beautés de poils différents pour amuser ce polisson de sultan qui s’appelle le Public.
Sergent d’hiver
Soldat d’élite. Le mince galon de laine qu’il porte sur les manches est censé lui tenir chaud pendant l’hiver.
Sergent de vieux
Garde malade.
Sergent-major
Dans les manutentions, on entend par sergent-major, un pain de munition sans baisure.
Sergent-major d’hiver
Caporal, en raison de son double galon de laine.
Sergo
Sergent de ville.
Sergo
Gardien de la paix.
Sergolle
Ceinture (id.). — Mot à mot : serre gole. — Du vieux mot gole : ouverture de tunique. — V. Roquefort.
Sergot
Sergent de ville.
Série
Réunion de professeurs composant le jury d’examen au doctorat, — en terme d’École.
Sérieux (dîner)
Dîner bien compris, à la fois substantiel et délicat. Les femmes sont exclues d’un pareil dîner. On ne mange pas, on officie pontifïcalement de lamâchoire. La conversation, plus sobre que les convives, ne doit rouler que sur les fastes culinaires. On parle à demi-voix pour ne pas s’enlever le plaisir de s’entendre mastiquer.
Sérieux (être)
Pour les artistes et les lettres, c’est s’être acquis une valeur personnelle. — Pour les bourgeois, c’est avoir une position dans le monde. — Pour les lorettes, c’est être capable de leur donner de l’argent.
Sérieux (homme)
Homme riche et généreux, — dans le jargon de ces demoiselles. — Femme sérieuse, femme galante pleine d’expérience et de prévoyance, la fourmi de la prostitution.
Sérieux (livre)
Livre ennuyeux.
Serin
Naïf comme un serin.
Tu ne sais pas ce que c’est que d’être l’amant d’une femme... Es-tu serin à ton âge !
E. Sue.
Serin
Gendarme départemental. Allusion au jaune baudrier.
Serin
Gendarme.
Seriner
Loger dans la mémoire certaine chose à force de la répéter. — Allusion à l’influence quotidienne de la serinette sur l’éducation du canari.
Nucingen avait seriné Rastignac.
Balzac.
Seriner
Divulguer, — dans le jargon des voleurs.
Seriner
Divulguer. L. L. Seriner : Apprendre quelque chose à quelqu’un qui a la tête dure, en lui serinant sans cesse. Vient d’un petit instrument qui n’a qu’un air : la serinette. On serine un merle, un geai, un chanteur ignorant la musique, une leçon, un discours ; en un mot seriner veut dire apprendre (Argot du peuple). N.
Serinette
Enfant ayant plus de mémoire que d’intelligence. — Cet exemple donne un dernier sens.
On appelle serinette les infâmes qui font contribuer un passant en le menaçant de divulguer (seriner) au public ou même à l’autorité de coupables dépravations.
Paillet.
Serinette
Jouer un air de serinette à quelqu’un (Argot des voleurs). V. Maîtres chanteurs.
Seringue
La pine, avec laquelle l’homme donne a la femme un lavement de sperme — qui est le plus émollient de tous les lavements.
Il tire de sa pochette
Sa seringue et deux pruneaux.
Gautier-Garguille.
Seringue
Personne ennuyeuse, rabâcheur.
Seringue
Trombone.
Seringue
Machine à vapeur qui fonctionne mal ; allusion au bruit du piston (Argot des ouvriers).
Seringue (chanter comme une)
« Avoir la voix fausse et discordante. »
1808, d’Hautel.
Seringue à perruque
Voir bogue. Ce mot seringue me rappelle un fait qui m’a fait bien rire. À Alger, avant que l’on ne se serve dans les hôpitaux de l’irrigateur et lorsqu’il n’y avait que l’instrument primitif, un Arabe était à la diète et il lui avait été ordonné des lavements. Au moment où l’infirmier vint pour lui administrer, le Turco se leva sur son lit et dit à celui qui voulait lui ingurgiter : « Macasch claquaria toujours bibire la coufteck endard la trompette pas manger, toujours boire au derrière, va-t’en avec ta trompette. »
Seringue à rallonges
Télescope.
Il n’y a pas de planète qui tienne, tu m’as promis de me montrer Vénus, c’est Vénus que je veux voir, ou je te démolis, toi et ta seringue à rallonges.
(Randon.)
Seringuer
Administrer l’injection balsamique à un con bien portant, — avec la seringue que vous savez.
Jusqu’alors, je n’avais ressenti pareille jouissance. Il me seringua trois fois de suite de son nectar délicieux ; le foutre s’en allait à gros bouillons de la tête de son gros vit, il me sautait jusqu’au cœur.
(Anais, ou Dix ans de la vie, etc.)
Seringuinos
Imbécile.
Sérouel
Pantalon.
Serpent
Élève reçu un des quinze derniers à l’École Polytechnique. Pour sergent.
Serpent
Crachat, — dans l’ancien argot. Le serpent et le glaviot étaient synonymes au XVIe siècle. Le glaviot seul a résisté au temps.
Serpent
Crachat.
Serpentin
Matelas, — dans le jargon des voleurs.
Serpentin
Matelas.
Serpettes
Jambes courtes et cagneuses.
Ces pauvres tour-lourous ! ça vous a six pouces de serpettes et le dos tout de suite.
(Randon, Croquis militaires.)
Serpillère
Soutane du curé (Argot des voleurs).
Serpillère
Tablier des carabins. (Argot des voleurs).
Serpillière
Robe.
Serpillière
Robe.
Serpillière
Robe.
Serpillière à ratichon
Robe de prêtre.
Serpillière à ratichon
Robe de prêtre.
Serpillière à ratichon
Soutane.
Serrante
Serrure.
Serrante
Serrure (Vidocq).
Serrante
Serrure ; par substitution de finale.
Serrante
Serrure.
Serré
Avare, peu fortuné.
Il paraît même qu’il est très-serré.
H. Monnier.
Serré
Avare.
Serre-pied
Sergent employé dans une manutention.
Serrebois
Sergent. Il fait serrer les rangs. (L. Larchey)
Serrer
Emprisonner.
Serrer
Mettre en prison. — On n’y est pas au large.
La plus cruelle injure qu’une fille puisse jeter à une autre fille, c’est de l’accuser d’infidélité envers un amant serré.
Balzac.
Serrer
Voler.
Serrer (le)
Faire le casse-noisette, retenir le membre viril comme dans un étau.
Sens-tu comme je te le serre ?
H. Monnier.
Serrer la croupière
Surveiller, devenir sévère à Tégard de quelqu’un.
Serrer la croupière
Surveiller, serrer de près.
Serrer la cuillère (se)
Poignée de main. Par abréviation, on dit : je te la serre, ou bien encore : serre-moi la pince (Argot du peuple).
Serrer la gargamelle
Étrangler. Variante : Serrer la vis.
Serre-lui la vis, je me charge de le refroidir.
(G. Marot, L’Enfant de la Morgue.)
Serrer la pince
Serrer la main, et, par abréviation, la serrer. — Je vous la serre.
Serrer la vis
Serrer le frein, — dans l’argot des mécaniciens des chemins de fer.
Serrer la vis
Étrangler quelqu’un (Argot du peuple).
Serrer la vis
Serrer le cou.
Serrer le brancard
Serrer la main. Les variantes sont : Serrer la cuiller, serrer la phalange.
Serrer les fesses
Avoir grand’ peur et faire tout son possible pour ne pas en fournir des preuves matérielles.
Serrer sa ceinture
Quand on n’a pas de quoi manger, on serre sa ceinture d’un cran.
Serrer sa ceinture d’un cran
Compression du ventre, afin d’empêcher les intestins de crier famine (Argot du peuple).
Serrure
La nature de la femme — dont l’homme a la clef dans son pantalon.
Quand on fouille à votre serrure
Avec la clef de la nature.
Le Sr de Sygognes.
Comment penses-vous qu’on puisse garder une serrure, à qui toutes sortes de clefs sont propres ?
D’Ouville.
Serrure (avoir laissé la clé à la)
Avoir manqué à la résolution de ne pas ou de ne plus avoir d’enfants.
Serrure (avoir mis un cadenas à la)
Pour une femme, c’est vivre dans un état de chasteté absolu.
Serrure brouillée (avoir la)
Éprouver de la difficulté à s’exprimer ; bredouiller.
— Je viens de recevoir une grande visite de votre intendant. La serrure était bien brouillée.
(Madame de Sévigné, Lettres.)
Sert, Ser
Signal. Signe d’intelligence entre un saltimbanque et un compère. — Télégraphie employée par les tricheurs.
Sertir un rubis
Ce mot vient des bijoutiers et des marchands de bijoux ; lorsqu’ils ont fait une infidélité à leur femme, ils ont fait sertir un rubis.
Servi
Être arrêté.
Servi de belle
Être arrêté sans preuve.
Service (faire le)
Se remuer sous l’homme afin de le faire mieux jouir ; ou bien jouer de la main avec son membre au lieu de jouer des reins avec lui.
Quand t’auras fini ton service,
T’auras cent sous.
Lemercier de Neuville.
Services
s. m. pl. Mot usité dans cette formule à peu près invariable du typo en quête de travail : Monsieur, je viens vous offrir mes services pour la casse.
Serviette
Portefeuille.
Serviette
Canne.
Servir
Arrêter.
Servir
Prendre, arrêter. — Mot à mot : asservir. — La personne servie n’a plus sa liberté.
Frangin et frangine, je pesigue le pivot pour vous bonnir que mezigue viens d’être servi maron à la lègre de Canelle (Caen).
Vidocq.
Servir de belle : Dénoncer à faux. — Servir le trèpe : Faire ranger la foule. V. Curieux.
Servir
Arrêter. — Monsieur est servi.
Servir
Arrêter. Voler. Dénoncer, trahir Servir de belle, dénoncer à faux.
Servir
Faire arrêter quelqu’un est le faire servir. Lorsqu’on a reçu des coups on s’est fait servir.
Servir (faire)
Faire arrêter quelqu’un (Argot des voleurs).
Servir de belle
Dénoncer à faux.
Servir de belle
Dénoncer à faux. (L. Larchey)
Servir de belle
Dénoncer un complice faussement (Argot des voleurs).
Servir de sa main (se)
Se masturber, faute de maîtresse, ou par amour pour la veuve Poignet, — cette veuve que foutent tous les collégiens.
La volupté me pénètre soudain.
Mon trêpignoir trépignait dans ta cage :
Pour l’apaiser, je n’avais que ma main.
Je m’en servis pour écumer sa bile.
Anonyme.
Servir les maçons
Remplir auprès d’un couple amoureux les fonctions du jeune Alectryon auprès de Mars et de Vénus.
Serviteur
Amant ; homme qui sert une femme à son gré, — à moins qu’elle ne soit aussi gourmande que Messaline. — S’est dit aussi d’un godemichet, qui est, en effet, meilleur serviteur de la femme que l’homme.
Que l’innocent fabrique,
Au lieu de son méchant flûteur,
Un serviteur
D’un beau moule, et bien élastique.
Collé.
Sésière, sésigue
Soi, lui, elle.
Sésière, Sésigue, Sésingard
Lui, elle, il.
Sévère
Digne de réflexions sérieuses et sévères.
Ah ! je vous raconterai ma vie. Je vous en dirai des sévères, mon bon ami.
Ricard.
Ouvrez ou j’enfonce la porte. — En voilà une sévère.
L. Reybaud.
Sévère (en voilà une) !
Voilà une chose, une nouvelle difficile à croire, extraordinaire, inattendue.
Sèvres (passer à)
Ne rien recevoir, — dans le jargon des voleurs ; c’est-à-dire être sevré de sa part de butin. (L. Larchey)
Sezière, sezingand
Lui.
Sezière, sezingand
Lui.
Sezière, sezingaud
Lui.
Sezières
Lui (Argot des voleurs).
Sézigue
Lui.
Si ma tante était un homme
Cette expression est employée communément dans le peuple pour exprimer l’absence de la virilité de la femme :
— Si ma tante en avait elle serait colonel dans la garde nationale (Argot du peuple). N.
Siam
Marchand.
Siamois (les)
Testes, — dans le jargon des barrières. Allusion à l’accouplement, à l’inséparabilité des frères siamois. — La verte s’est cavalée chez les siamois, le clienbeau m’a collé vingt asticots en deuil, la gonorrhée s’est logée dans les parties, le médecin m’a fait poser vingt sangsues.
Siante
Chaise.
Siante
Chaise.
Sibérie
s. f. Se dit de rangs situés à l’extrémité de la galerie et avec lesquels la chaleur n’a aucune espèce d’accointance. Dans quelques imprimeries, on donnait ce nom à un coin de l’atelier où les apprentis, personnages encombrants et plus spécialement affectés aux courses qu’à l’initiation de leur art, étaient relégués pour le tri du pâté. L’attrape-science, heureux de ne pas sentir là peser sur lui une surveillance constante, en profitait pour dévorer le moins de pâté possible et se livrer à toutes les malices que lui suggérait une imagination précoce. La bande joyeuse composait et jouait des drames inévitablement suivis de duels, où les épées, représentées par des réglettes, jonchaient de leurs débris le dessous des rangs. Mais tout, hélas ! n’était pas rose pour nos singes en herbe, et plus d’une fois les jeux se terminèrent par de terribles catastrophes. L’un d’eux ayant un jour chipé chez ses parents un mirifique jeu de piquet, quatre apprentis joyeux, quoique gelant dans leur Sibérie, se mirent à battre bravement les cartes. Ils se les étaient à peine distribuées, qu’ils furent pris d’une panique soudaine bien justifiée. On venait d’entendre le frôlement d’une robe qui n’était autre que celle de la patronne, laquelle n’entendait pas raillerie. Le plus avisé, ramassant vivement les pièces accusatrices, les jeta dans sa casquette, dont il se coiffa non moins vivement. Il était temps ! La patronne vit nos gaillards acharnés après la besogne qui semblait fondre sous leurs doigts. Aussi leur adressa-t-elle des paroles éloquentes de satisfaction. Mais, s’apercevant que l’un deux était couvert, et comme elle tenait au respect : « Dieu me pardonne, dit-elle, mais vous me parlez la casquette sur la tête. — Pardon, madame ! » dit l’interpelé. Aussitôt, le roi de pique, la dame de cœur et leur nombreuse cour dansèrent une sarabande effrénée et couvrirent le parquet, plus habitué à recevoir la visite de caractères en rupture de casse que celle de ces augustes personnages. Le jour même, nos quatre drôles avaient quitté la Sibérie et l’atelier. (Nous devons la définition de la Sibérie et les développements de cet article à M. Delestre, un des héros du drame… L’enfant promettait !)
Sibiche et sibijoite
Cigarette. On dit aussi : une sèche.
Sibije
Cigarette.
Sic nomen
Argent. — Latinisme dont la traduction libre est : C’est ainsi que je m’appelle. C’est-à-dire : Je n’ai pas besoin de nom, il me suffit de paraître pour être reconnu par tous.
Siffle
Bouche.
Siffle
Voix. Bouche. Sifflet, gorge. Couper le sifflet, couper la gorge. Se rincer le sifflet, boire.
Siffler
Boire.
Il a sifflé pour dire : il a bu, parce que les lèvres ont à peu près le même mouvement.
Le Duchat, 1738.
Tiens, vieux chéri, siffle-moi ça, ça va te remettre.
E. Sue.
Siffler
Boire d’un coup, boire promptement.
Siffler
Boire. Dépenser. Siffler au disque, attendre, se morfondre.
Siffler au disque
Se morfondre. Allusion à la manœuvre des mécaniciens des chemins de fer. Avait primitivement le sens restreint d’attendre de l’argent.
Siffler au disque
Demander de l’argent à quelqu’un ; le solliciter d’ouvrir son porte-monnaie. Allusion au mécanicien qui siffle au disque pour demander l’ouverture de la voie (Argot du peuple).
Siffler la linotte
Attendre dans la rue.
Sifflet
Gosier. — Comparaison facile à deviner. Vidocq donne aussi siffle pour voix.
Qu’en te coupant le sifflet, quelqu’un délivre le royaume.
La Nouvelle Mazarinade, 1652.
Sifflet
Voix, gosier. — Couper le sifflet, tuer, interrompre, faire taire. Étonner au point de rendre l’interlocuteur muet. — Raboter le sifflet, brûler le gosier.
Hein ! ça rabote le sifflet ! Avale d’une lampée.
(E. Zola.)
Se rincer le sifflet, boire.
Sifflet
Canon. — Il en a tant soit peu la forme, et sa détonation peut être comparée à un sifflement gigantesque. L’un et l’autre servent, d’ailleurs, de signal de combat.
Sifflet
Le cou.
Sifflet
Habit de cérémonie.
Sifflet
Habit à queue de morue.
Sifflet d’ébène
Habit noir.
Sig-de-bord
Chapeau.
Signe
Pièce de vingt francs.
Signe, Cigale
Pièce d’or. Son chant est plus mélodieux que celui de la cigale.
Signer des orteils
Le pendu, dans ses derniers tressaillements, agite les pieds (Argot du peuple).
Sigue
Pièce d’or.
Sigue
Pièce de vingt francs.
Sigue
20 francs.
Sigue
Pièce de vingt francs (Argot des voleurs).
Sigue (double)
40 francs.
Sigue (un demi)
Pièce de dix francs (Argot des voleurs).
Sigue, cigale
Pièce de 20 fr. Demi-sigue, dix francs.
Sigue, sigle
Pièce d’or (Vidocq). Abrév. de cigale.
Silence
Huissier-audiencier. (Fr. Michel.)
Sime
Patrouille. J’ai cherché en vain la raison de cette expression, elle n’a pu m’être expliquée, même par des récédivistes ; comme elle est usuelle, je la donne (Argot des voleurs).
Simon
« La maison où les vidangeurs travaillent est appelée par eux atelier et le propriétaire de cette maison est appelé par eux Simon. » — Berthaud.
Simon
Bourgeois, propriétaire de la maison où l’on vide les latrines, — dans le jargon des vidangeurs.
Simone (la)
Vol à la tirelire. Ce vol est pratiqué par de faux vidangeurs. On nomme ces voleurs des simonneurs parce que ce truc fut inventé par un nommé Simon (Argot des voleurs).
Simonner
Escroquer.
Simple
Dupe. Malfaiteur par occasion.
Simve
Homme de bonne foi.
Sinade, terreau
Tabac à priser.
Sine qua non
La chose indispensable. — Sine qua non possumus s’entend ordinairement de l’argent.
L’entretien est le sine quâ non de l’élégance.
Balzac.
Sinfe
Volé qui tient le voleur.
Singe
Chef d’atelier, le patron.
Singe
« En revanche, les ours ont nommé les compositeurs des singes à cause du continuel exercice qu’ils font pour attraper les lettres dans les cinquante-deux petites cases où elles sont contenues. » — Balzac.
Singe
s. m. Ouvrier typographe. Ce mot, qui n’est plus guère usité aujourd’hui et qui a été remplacé par l’appellation de typo, vient des mouvements que fait le typographe en travaillant, mouvements comparables à ceux du singe. Une opinion moins accréditée, et que nous rapportons ici sous toutes réserves, attribue cette désignation à la callosité que les compositeurs portent souvent à la partie inférieure et extérieure de la main droite. Cette callosité est due au frottement réitéré de la corde dont ils se servent pour lier leurs paquets. « Les noms d’ours et de singe n’existent que depuis qu’on a fait la première édition de ‘‘l’Encyclopédie, ‘‘et c’est Richelet qui a donné le nom d’ours aux imprimeurs, parce que, étant un jour dans l’imprimerie à examiner sur le banc de la presse les feuilles que l’on tirait, et s’étant approché de trop près de l’imprimeur qui tenait le barreau, ce dernier, en le tirant, attrape l’auteur qui était derrière lui et le renvoie, par une secousse violente et inattendue, à quelques pas de lui. De là, il a plu à l’auteur d’appeler les imprimeurs à la presse des ours, et aux imprimeurs à la presse d’appeler les compositeurs des singes » (Momoro.) — Autrefois MM. les typographes se qualifiaient pompeusement eux-mêmes du titre d’hommes de lettres, et MM. les imprimeurs de celui d’hommes du barreau.
Singe
Apprenti typographe.
Singe
Patron. Nom donné primitivement par les peintres en bâtiment aux bourgeois qui les employaient, et, par extension, par tous les ouvriers à leurs patrons. Aujourd’hui ce sobriquet est trop connu pour qu’il soit employé en présence du patron ou’ du contre-maître. Dans la plupart des ateliers on choisit un sobriquet qui rappelle soit les mœurs, soit les habitudes, soit une infirmité du patron.
Singe
Patron. Presque tous les corps de métiers, à l’exception des chapeliers, nomment leur patron un singe. Singe, ouvrier compositeur. Ce n’est pourtant pas dans un atelier de typographie qu’il faut chercher des grimaces (Argot du peuple).
Singe
Patron.
Singe
Patron.
Singe de la rousse
Officier de paix, — dans le jargon des voleurs.
Singe en Afrique (aller chercher un)
Partir pour les compagnies de discipline.
Singe, singesse
Patron, patronne. Faire le singe, attendre.
Singesse
Patronne, femme du patron. — Prostituée, — dans le jargon des femmes du monde.
Single
Pris de boisson.
Sinqui
Cela.
Sinve
Dupe. — Corruption du mot simple. — V. Affranchir, Rifle.
Sinve
Simple, niais.
Sinve
Simple, niais. Dupe, victime. Asinver, abêtir.
Sinve
Bonne tête, bon à fabriquer. Synonyme de pante argoté. Affranchir un sinve : rendre un imbécile, canaille et voleur. Il u’yasouventpasgrande besogne à faire (Argot des voleurs).
Sinve
Homme naïf.
Sinverie
Niaiserie.
Sinves (des)
Des simples.
Sinvre
Bête.
Sirène
Fille publique qui cherche à attirer l’homme en chantant, — pour le faire chanter a son tour.
Sirop
Vin. — Un coup de sirop.
Sirop d’alfa
Absinthe.
Sirop de baromètre
Eau. Variante : Sirop de grenouilles.
Sirop de giberne
Pour sirop de Gibert.
Sirop de macchabée
Allusion aux gens qui se noient. Ils sirotent bien malgré eux l’eau de la rivière (Argot des voleurs).
Sirop de navet
Le sperme, par allusion à la forme du navet et à sa couleur.
Sans donner l’temps qu’ell’ réfléchisse,
J lui r’passe, afin qu’a s’ rafraîchisse,
D’la liqueur du nœud conjugal
Et l’ sirop d’ navet pectoral.
(Chanson anonyme moderne.)
Siroter
Boire.
Son bonheur était d’aller siroter le vin à dix de la Courtille.
Ricard.
Siroter
Coifler, friser et pommader avec soin, — dans le jargon des coiffeurs.
Siroter
Boire à petits coups. Savourer ce qu’on boit.
Siroteur, Siroteuse
Celui, celle qui boit à petits coups, qui déguste ce qu’il boit.
Sitrin
Noir.
Sitron
Aigre.
Sive
Poule.
Six
Chandelle de six à la livre.
Voyons que j’allume ce bout... Tiens, vous usez des six, Plumet, c’est comme moi.
Ricard.
Six et trois font neuf
Boiteux. Allusion à l’allure inégale des boiteux dont les pas semblent marquer des nombres différents.
Six francs
Planche à repasser à l’usage des tailleurs.
Six-quatre-deux (à la)
À la diable, en un clin d’œil.
Elle se cambra sur sa chaise, les yeux brillants de la conversion qu’elle venait d’opérer à la six-quatre-deux, le temps de pousser un ainsi soit-il.
(Hennique.)
Skating à mouche
La tête. Les mouches, quand l’homme est chauve, y patinent à leur aise (Argot du peuple). N.
Slassique
Ivre. Slassiquer, s’enivrer.
Smalah
Ménage, réunion de la femme, des enfants et du mobilier. Le mot vient d’Algérie.
Snob, Snoboye
Noble, beau, correct, — dans le jargon du peuple.
Soce
Groupe de malfaiteurs. Toute la soce a pris la fuite en voyant un chapeau de gendarme.
Sociable
Complice, ami.
Socratiser
Préférer les hommes — comme Socrate, le plus sage des hommes, dit-on, préférait Alcibiade, qui en était le plus beau.
Sodomie, sodomiser
Enculer une femme — ou un homme.
Sodomise deux coups et deux fois déchargeant,
Il retire du cul deux fois son vit bandant.
Piron.
Quoi, disent’elles, si les flammes
Sodomites brûlent les âmes,
On ne le fera plus qu’aux garçons.
Collé.
Peut-être aurait-il trouvé plus à propos de passer pour cocu que pour sodomite.
Tallemant des Réaux
Il la quitte alors pour l’engin
D’un franciscain que sodomise
Un prélat...
B. de Maurice.
Tout Africain est sodomite,
Ainsi l’exige le climat :
On comprend ça.
Alex. Pothey.
Sœur
Maîtresse. — Terme ironique inventé pour railler ceux qui dissimulent leurs bonnes fortunes sous des liens de parenté fictifs.
Au quinzième siècle, on disait d’une fille débauchée qu’elle était de nos cousines.
Ducatiana, 1738.
Il règne entre ces termes de sœur et de cousine une analogie qui confirme notre étymologie.
Sais-tu ce qu’il me répond ? « Et ta sœur ? » — Je l’aurais cogné.
Monselet.
J’n’ai pas de sœur, et voilà pourquoi J’trouve étonnant qu’chaq’jour on m’dise : Et ta sœur ?
Ch. Blondelet, Chanson.
Sœur
Voir chatte. Pour ces individus, celui qui se livre à cette passion est désigné par eux sous le nom de sœur. — « Je te présente une sœur la Pompadour. »
Sœur (et ta) ?
Réplique grossière, gouailleuse, qui, pendant un certain temps, a couru du faubourg dans le monde des filles et dans les ateliers d’artistes. Rengaine débitée à tout propos. Mot à mot : ta sœur est-elle heureuse ? Allusion à une trop fameuse chanson populacière, chantée sur l’air de la valse de la Fille du régiment :
Et ta sœur est-elle heureuse ?
A-t-ell’ z’évu beaucoup d’enfants,
Fait-elle toujours la gueuse
Pour la somme de trois francs ?
C’était une façon de dire à quelqu’un : « Je me moque de ce que vous me dites. Si nous parlions d’autre chose ? » — Suivant certains étymologistes, l’expression ne serait que la parodie de cette phrase banale et cérémonieuse usitée parmi les bourgeois : « Et madame, comment va-t-elle ? et votre fille, et votre sœur ? » — Peut-être, et c’est notre opinion, la réplique suivante de l’Aïeule de MM. d’Ennery et Charles Edmond a-t-elle inspiré et la chanson citée plus haut et, par con tre, la si populaire rengaine.
JEANNE. — Et ta sœur ?
LA DOUAIRIERE. — Ta sœur... ta sœur...
Sœur de charité, Surfine
Voleuse qui exploite les nécessiteux sous prétexte de leur procurer des secours.
Sœurs (les deux)
Nattes de cheveux que les femmes portent tressées sur leurs épaules. Mes deux sœurs, pour : testicules (Argot des voyous).
Sœurs blanches (les)
Les dents. (Fr. Michel.) Que de sœurs blanches ne sont que des sœurs grises !
Soif (Il fait)
Le besoin de boire se faire sentir.
Il fait soif, venez boire un coup avec moi.
(P. de Kock, Le Sentier aux prunes.)
Soiffard
Homme qui a toujours soif. Dans le peuple, comme superlatif, on dit : Il boirait la mer et les poissons (Argot du peuple).
Soiffard, soiffeur
Grand buveur.
Le franc soiffeur Offre son cœur, Avec un sou d’galette.
Dalès.
Soiffard de Nini Moulin.
E. Sue.
Soiffer
Boire outre mesure comme si on avait grand’soif.
Là, j’soiffons, Je n’sais comme, Chacun nos trois poissons.
Les Amours de Jeannette, ch., 1813.
T’as soiffé, malheureux, Que c’en est désastreux.
Moineaux.
Soiffer
Boire beaucoup.
Soiffer
Boire comme une éponge (Argot du peuple).
Soiffer
Boire beaucoup.
Soiffeur, Soiffeuse
Buveur, buveuse intrépide.
Soignée
« Oh ! en v’là une soignée ! » — La Bédollière. — Voilà un fait à noter soigneusement.
Soigner
Battre, corriger.
Soigner l’enfant
Ne pas ménager les applaudissements, soigner le succès de la pièce, le soir d’une première représentation, — dans le jargon du théâtre.
Soissoné
Haricot (Vidocq, 1837). — Soissons est la patrie des haricots.
Soissonnais
Des haricots (Argot des voleurs).
Soissonné
Haricot. Un souvenir de reconnaissance à l’adresse de la ville de Soissons, patrie des haricots, haricots plus célèbres cent fois que tous les comtes également de Soissons, et qui, plus qu’eux, ont fait du bruit dans le monde, sans compter celui qu’ils feront encore.
Soixante-neuf
Double contre-sens qu’a omis de signaler Dorât dans son poème des Baisers. Variante Musique d’Antibes.
Soixante-neuf (faire)
C’est faire tête-bêche (V. ce mot), les deux chiffres (69) le disant éloquemment.
Que fait Bacchus quand, accablé d’ivresse,
Son vit mollit et sur le con s’endort ?
Soixante neuf et son vit te redresse,
Soixante-neuf ferait bander un mort !
(Parnasse satyrique.)
Soixante-six, soubroche
Souteneur.
Soldat du pape
Mauvais soldat. Soldat qui préfère le feu de la cuisine au feu de peloton.
Soldats (des)
De l’argent, — dans l’ancien argot.
Solde
Quand un négociant veut liquider, il solde le restant de ses marchandises. Elles sont généralement achetées par des juifs qui, à leur tour les soldent, partout où ils peuvent en y joignant souvent des marchandises volées (Argot du peuple).
Soleil
Exposition au carcan.
Soleil
Mise en pâte d’un paquet, — dans le jargon des typographes. Le paquet ordinairement se crève au milieu et présente, avec un peu de bonne volonté, l’aspect d’un soleil, au moins d’un soleil de feu d’artifice. La variante est : Pâté.
Soleil (avoir un coup de)
S’enivrer. — Piquer un soleil : Rougir.
Solenniser la saint-Priape
Baiser, le dieu des jardins étant le dieu de l’amour.
Or, un jour que Sa Sainteté
Solennisait la Saint-Priape
Sur l’autel de la volupté...
B. De Maurice.
Solir
Le ventre.
Solir
Le ventre.
Solir
Vendre.
Solir
Vendre.
J’ai rencontré marcandière qui du pivois solisait.
Vidocq.
V. Fourgat, Roue. — Solliceur : Marchand. — Solliceur de lacets : Gendarme.
Solir
Vendre. Soliceur, marchand. Soliceur de lofitudes, journaliste.
Solir
Vendre. Ce mot a donné naissance à une expression des plus pittoresques. Pour dire que l’on achète sur parole, on emploie cette phrase : Solir sur le verbe (Argot des voleurs).
Solir
Vendre.
Solire
Vendre.
Solissant
Vendant.
Solitaire
Spectateur qui, pour payer moins cher sa place, entre au théâtre dans les rangs de la claque. Son nom indique qu’il ne se croit pas obligé de faire chorus avec ses bruyants compagnons.
Grâce a une pièce de cinquante centimes, j’entrai en qualité de solitaire.
A. Second.
Solitaire
Chevalier du lustre qui applaudit en amateur. Le solitaire paye demi-place et grossit la phalange des claqueurs. Il n’est pas précisément tenu d’applaudir, mais il applaudit tout de même, parce qu’il est bien élevé et que l’exemple est contagieux.
Solliceur à la gourre
Filou qui vend très cher à des imbéciles des objets sans valeur.
Solliceur de lacets
Gendarme.
Solliceur de loffitudes
Journaliste. Mot à mot : marchand de bêtises, — dans le jargon des voleurs.
Solliceur de pognon
Banquier.
Solliceur de zif
Commis-voyageur marron qui vend sur faux échantillons. C’est une variété du goureur. Zif veut dire marchandise imaginaire. Le solliceur à la pogne est le frère du solliceur de zif (Argot des voleurs).
Solliceur, Solliceuse
Marchand, marchande. — Solliceur, solliceuse à la pogne, solliceur, solliceuse à la trime, au trimard, marchand ambulant, marchande ambulante.
Sollir
Vendre. — Solliçage, vente.
Solution de continuité
La nature de la femme, où il y a-en effet use sorte d’interruption de surface.
Bref aussitôt qu’il aperçut l’énorme
Solution de continuité,
Il demeura si fort épouvanté,
Qu’il prit la fuite.
La Fontaine.
Sombre (la)
La préfecture de police, — dans le jargon des voleurs. Le jour y a été ménagé avec parcimonie et la gaieté n’y brille pas précisément.
Sombriole
Nuit très sombre.
Son compte est bon
Se dit d’un coupable à punir et dont on compte les méfaits.
Sonde
Médecin (Vidocq). — Il sonde l’état de votre santé.
Sonde
Médecin ; parce qu’il sonde, interroge le malade.
Sonde
Médecin.
Sonder
Espionner.
Sonder
Chercher à savoir une chose, prêcher le faux pour savoir le vrai, est sonder.
Sondeur
Commis d’octroi (id.) — Il sonde les voitures qui passent.
Sondeur
Commis d’octroi. — Espion. — Libertin qui, soit au théâtre, soit au bal, profite de l’échaucrure des corsages pour y plonger un œil indiscret, et qui prétexte, quelquefois, que le vide attire.
Sondeur
Espion. Observateur.
Sondeur
Avocat. L. L. Sondeur, sonder quelqu’un pour savoir ce qu’il a dans le ventre. Allusion au sondage d’un terrain pour en reconnaître la nature (Argot du peuple).
Sondeur
Malin hypocrite.
Sonner
« Sonner un individu c’est le saisir par les oreilles ou par les cheveux et lui cogner la tête contre un corps dur. » (P. Mahalin, Les Monstres de Paris, 1880.) — « Ce n’est pas moi qui l’a sonné, a-t-il dit au juge. » (Affaire de la Villette, Petit-Journal, du 27 octobre 1878.)
Sonner
Être à l’agonie, râler, — dans le jargon des infirmiers.
Le râle se fit entendre, et le veilleur après l’avoir arrangé, s’en retourna en disant : il sonne le premier.
(Jean Journet, Cris et soupirs, 1840.)
Sonner
Saisir un individu et lui cogner fortement la tête contre un corps dur.
Sonner
Quand un client fait du tapage dans une maison de tolérance, le garçon le jette à la porte, et s’il se rebiffe, il lui casse la tête sur l’angle du trottoir ; la tête a sonné (Argot des souteneurs). N.
Sonner (se la)
Bien dîner, — dans le jargon des voleurs.
Sonner le bouton ou le tocsin
Branler une femme ou un homme, — la femme avec le doigt, l’homme avec la
Le cochon sonnait le tocsin
Sur le bouton de son vagin
Avec son médium sans corne.
A. Watripon.
Tout aussitôt sur son lit il la couche,
Sonne au bouton !
La reine alors déchargeant dans sa bouche,
Dit que c’est bon !
(La Gastibelzade.)
Sonner son fils
Se branler. — L’expression, très juste comme image, a été trouvée par une dame ; Mme Octave, actrice du Vaudeville. On dit encore : Agacer le sous-préfet, se balancer le Chinois, Crier Vive l’empereur, Se donner une Saragosse, Se polir la colonne, Épouser la veuve Poignet, Se coller une douce.
Sonner un gosse
Se livrer à l’onanisme, — dans le jargon des barrières.
Sonnette
Petit émigré de Gomorrhe.
Sonnette
Argent.
Sonnette de bois (déménager à la)
Emporter ses effets sans avoir payé sa chambre, en tamponnant la sonnette d’éveil qui signale la sortie d’un hôtel garni.
Car il était réduit à déménager à la sonnette de bois (sans bruit et clandestinement).
Chenu.
Sonnettes
Pièces d’argent. — Connu dès 1808.
Et les sonnett’s en poche, J’accours à l’Opéra.
Désaugiers.
Sonnette : Jeune sodomite (Vidocq.)
Sonnettes
s. f. pl. Lettres ou mots mal justifiés qui tombent d’une forme qu’on lève de dessus le marbre. Les sonnettes diffèrent des sentinelles en ce qu’elles ne restent pas debout comme ces dernières.
Sonnettes
Argent, argent qui sonne dans la poche.
T’as donc pincé des sonnettes ?
(J. Arago.)
Sur les bords du canal, il est dangereux de courir passé minuit, quand on a des sonnettes en poches.
(Paris à vol de canard.)
Sonnettes
Pièce de cent sous. Allusion au tintement que produisent en se heurtant les pièces, dans la poche du pantalon (Argot du peuple).
Sonnettes
Grignenaudes de houe qui pendent aux poils des chiens. A. D. Sonnette s’applique à toules les grignenaudes qu’elles soient de boue ou d’autres matières. Inutile d’insister (Argot du peuple).
Sophie (faire sa)
Se donner des airs de sagesse. — Sophie et sagesse sont synonymes.
À quoi ça m’aurait avancé de faire ma sophie ?
Monselet.
Sophie (faire sa)
Se faire prier ; faire la sucrée. — Fais donc pas ta Sophie, chipie !
Sophie (voir)
Époques de la femme.
Sorbonne
Tête.
Sorbonne
Tête.
Sorbonne
Cerveau. V. d’Hautel, 1808.
La sorbonne est la tête de l’homme vivant, son conseil, sa pensée.
Balzac.
Date du temps où les décisions de la Sorbonne faisaient plus de bruit dans le monde intellectuel. — V. Paumer.
Sorbonne
Tête. Autrefois, c’était la tête sur les épaules, la tête qui pense. L’autre, la tête coupée, était la tronche. Messieurs les assassins, qui ne sont jamais sûrs de conserver cette partie si essentielle de leur individu, avaient créé deux mots pour exprimer les deux manières d’être, de la tête. Aujourd’hui sorbonne n’est guère plus usité.
Sorbonne
Tête. Vieille expression ; on lit en effet, dans la chanson du Canstel :
Des réflexions m’trottaient dans la Sorbonne. (Argot des voleurs).
Sorbonne
Tête.
Sorbonne
Tête.
Sorbonne, boussole
Tête.
Sorbonner
Penser.
Sorge
La nuit.
Sorgue
Nuit.
Sorgue
La nuit.
Sorgue
La nuit.
Sorgue
Nuit.
Sorgue
La rue.
Sorgue
Soirée, nuit. — Roquefort donne sorne avec la même signification. V. Baïte, Chenu, Billon.
Sorgue
Nuit, soir. — Sorgabon, bonsoir, bonne nuit ; qui ne vient pas du tout du basque gabon, bonsoir, comme l’a avancé V. Hugo. Sorgabon, c’est bon sorgue retourné.
Sorgue
Nuit. Sorguer, dormir.
Sorgue
La nuit (Argot des voleurs).
Sorgue
La nuit.
Sorgue
Nuit.
Sorgue (la)
La nuit.
Sorgue ou sorgne
La nuit.
Sorguer
Passer la nuit.
Content de sorguer sur la dure, va, de la bride (chaîne) je n’ai pas peur.
Vidocq.
Sorguer
Dormir. C’est une très vieille expression. D’autres écrivent sorgne ; c’est une erreur (Argot des voleurs).
Sorguer
Dormir.
Sorguer à la paire
Coucher à deux (Argot des voleurs).
Sorgueur
Voleur de nuit (Argot des voleurs).
Sorlot
Soulier, — dans le jargon des voleurs. — Foutre un coup de sorlot dans le tabernacle à faire sauter le saint ciboire, donner un coup de pied dans le ventre à décrocher le cœur.
Sorlot
Soulier.
Sorne
Noir.
Sorne
Nuit ; pour sorgue. — Noir.
Sort (il me)
Se dit de quelqu’un dont on ne peut supporter la vue.
Sort-l’eau
Souliers.
Sorte
s. f. Quantité quelconque d’une même espèce de lettres. Au figuré, conte, plaisanterie, baliverne. « Conter une sorte », c’est narrer une histoire impossible interminable, cocasse, et que tout le monde raconte à peu près dans les mêmes termes. Les sortes varient à l’infini ; en voici quelques exemples : « Oui, Bidaut » est une réplique qui signifie « Oui, oui, c’est bien, soit ; je n’en crois pas un mot. » — « Il paraît qu’il va passer sur le nouveau labeur : le Rhinocéros. On dit que ça fait au moins 400 feuilles in-144, en cinq mal au pouce, cran sur l’œil. » Ou bien encore : « Le prote va mettre en main l’Histoire de la Chine dont la préface fera à elle seule 45 vol in-12. » C’est une scie qu’on monte aux nouveaux pour leur faire croire que le travail abonde. On dit aussi « Le pape est mort ! » quand on entend remuer l’argent de la banque, parce que ce bruit argentin rappelle celui des cloches qui annoncent la mort du pape. Quand un compositeur veut rompre le silence monotone observé depuis quelque temps, il s’écrie : « Tu disais donc, Matéo, que cette femme t’aimait ? » comme s’il reprenait tout à coup un dialogue commencé. Il y a aussi des sortes en action. Quand un compositeur n’est pas venu travailler, surtout le lundi, ses compagnons prennent sa blouse, la remplissent de maculatures, en font un mannequin qu’ils placent sur un tabouret devant sa casse, lui mettent en main un composteur et lui donnent l’attitude d’un compositeur dans son dur. « Quand un compositeur n’est pas matineux, dit l’auteur de Typographes et gens de lettres, ses compagnons, pendant son absence, lui font une petite chapelle. C’est l’assemblage de mille choses plus disparates les unes que les autres : blouses, vieux souliers, composteurs, galées, bouteilles vides, qu’on dispose artistement en trophée ; puis on allume autour tous les bouts de chandelle que l’on peut trouver. » Voici une autre sorte en action dont la victime s’est longtemps souvenue. C’était dans un atelier voisin du quai des Grands-Augustins. Il y a quelques années se trouvait sur ce quai le marché aux volailles connu sous le nom de la Vallée. Il arrivait parfois aux typographes de s’y égarer et d’acheter à la criée un lot de volailles : des poulets, des pigeons ou des oies. À l’atelier, on se partageait le lot acheté. Chacun contribuait au prorata de la dépense. On faisait des parts ; mais ces parts ne pouvaient jamais être égales : il était impossible, en effet, de disséquer les volatiles. Force était donc de tirer au sort. Il arriva un jour qu’un jeune fiancé gagna à cette loterie d’un nouveau genre une oie superbe, une oie de 15 livres, une oie grasse, blanche et dodue. Joyeux, il l’enveloppe soigneusement dans une belle feuille de papier blanc, à laquelle il adjoint un journal du jour, puis une maculature. Il ficelle le tout et dépose précieusement le paquet sous son rang. Le soir arrive ; notre jeune homme se hâte d’endosser son paletot, prend son paquet sous le bras et court, tout empressé, chez les parents de sa fiancée. « Je viens dîner avec vous », s’écrie-t-il. Puis, discrètement, avec un clignement d’yeux significatif, il remet à la ménagère son précieux fardeau ; c’en était un véritablement. On se met à table, on cause, on boit, on rit. La ménagère, curieuse de faire connaissance avec le cadeau du fiancé, profite d’un moment pour s’esquiver. Elle revient bientôt après, le visage allongé, et s’assied à sa place en grommelant. L’amoureux typo, s’apercevant de la mauvaise humeur de sa future belle-mère, veut en connaître la cause. On l’emmène à la cuisine, et quelle n’est pas sa stupéfaction de voir son oie changée en tiges de bottes moisies, en vieilles savates et autres objets aussi peu appétissants. Un compagnon facétieux avait accompli la métamorphose. L’oie fut mangée le lendemain chez un marchand de vin du voisinage. Le fiancé, dit-on, fut de la fête. Autre sorte en action, à laquelle ne manquent pas de se laisser prendre les novices. On a placé le long du mur, à une hauteur suffisante pour qu’il ne soit pas possible de voir ce qu’il contient, un sabot qui est censé vide. Le monteur de coup s’essaye à jeter une pièce de monnaie ; mais il n’atteint jamais le but. Un plâtre, impatienté de sa maladresse et tout heureux de se distinguer, tire une pièce de deux sous de sa poche, et, après quelques tentatives, la loge dans le sabot. Il est tout fier de son triomphe ; mais il ne veut pas laisser sa pièce. Pour l’avoir, il se hausse sur la pointe des pieds, plonge ses doigts dans le sabot, et les retire remplis… comment dire ? remplis d’ordure. Il existe des milliers de sortes dont beaucoup sont très vieilles et que la tradition a conservées jusqu’à nos jours.
Sorte
Mensonge, bourde, mystification, — dans le jargon des typographes. — Au propre, les sortes sont les lettres de même caractère, de même sorte. — Chiquer des sortes, puiser dans la casse du voisin les lettres dont on a besoin.
Sorte
Mensonge, bourde, mystification.
Sorte
Quand un camarade quitte son rang pour aller raconter à un copain une histoire de brigand inventée de toutes pièces, l’autre lui répond :
— Laisse-moi avec ta sorte.
Pour une mauvaise plaisanterie l’aile à un camarade, la réponse est la même. L’expression sorte vient de ce que, lorsqu’il manque des caractères dans une casse, la sorte est absente.
Sortier, celui qui fait des sortes (Argot d’imprimerie).
Sorti (être)
Avoir l’esprit ailleurs, être distrait.
Sortie
Dire des sottises à quelqu’un est lui faire une sortie. — « j’ai été, chez toi, te chercher, ta femme m’a fait une sortie pas ordinaire. »
Sortie d’hôpital
Longue capote en forme de robe de chambre. Les variantes sont : Gâteuse, ulster.
Sortir
Être insupportable.
Sortir les pieds devant
« Le bruit courut que la jolie fille était séquestrée dans un cabinet noir et qu’elle n’en sortirait que les pieds devant. »
About.
C’est-à-dire qu’elle n’en sortirait que morte, emboîtée dans un cercueil.
Sortir par le cul
Ennuyer superlativement, horripiler à l’excès.
Sottises (faire des)
Peloter une femme, quand on est homme ; patiner un homme, quand on est femme ; copuler.
Enfin, finalement, a’ vous été contente ! — Oui, — Il n’a pas fait d’ sottises ! — Si tu veux.
H. Monnier.
Soubaroufs
Souliers.
Soubassement
Les pieds. Ils supportent le corps comme le soubassement d’un piédestal supporte la statue (Argot du peuple).
Souche (fumer une)
Être enterré.
Soudeurs
Commis de l’octroi aux barrières.
Soudrillard
Libertin (Vidocq, 1837). — Soufflant : Pistolet.
Soudrillard
Libertin.
Soudrillard, sapajou
Libertin.
Soufflant
Pistolet, — dans l’ancien argot. Il souffle la mort.
Soufflant
Trompette ; également surnommé au régiment : Trompion.
Soufflant
Pistolet. Soufflante, trompette.
Soufflante
Une trompette. Un soufflant, celui qui en joue.
Souffler
Arrêter, mettre en prison, — dans le jargon des filles.
Pour des riens, pour des bêtises, soufflée par les agents de police et mise à l’ombre, elle avait renoncé à sa liberté.
(E. de Goncourt, La Fille Elisa.)
Souffler
Prendre. — Souffler une maîtresse.
Souffler
Prendre, s’emparer. Soufflé, arrêté.
Souffler dans le poireau
Fellare. — Faire une mauvaise application de l’art de Tulou. (Jargon des filles.)
Souffler des pois
Dormir en soufflant de manière à produire une série de : peuh ! peub ! La variante est : Fumer sa pipe.
Le baron ne ronflait pas, mais, selon l’expression vulgaire et pittoresquement imagée, il soufflait des pois.
(André Theuriet, La Revanche du mari.)
Un homme si bon, si généreux, vous n’avez pas craint de le tromper ! — Monsieur le président, c’est que... — C’est que quoi ? — C’est qu’il souffle des pois.
Souffler mal
Avoir de mauvaises intentions. — Lorsqu’un voleur s’aperçoit qu’il a éveillé l’attention d’un agent, il dit : La donne souffle mal.
Souffler sa veilleuse
Mourir, — dans le jargon des garde-malades.
Souffler son copeau
Travailler, — en terme de menuisier.
Soufflet
Le derrière. Il ne fait guère bon être sous le vent qu’il produit (Argot du peuple).
Soufflet (le vol au)
Ce genre de vol est très original, il est à la portée de tous et ne demande ni instrument ni apprentissage. Il s’agit simplement d’entrer dans un magasin au moment où une femme tire son portemonnaie de sa poche pour solder une emplète, de se précipiter en lui flanquant un soufflet à en voir trente-six chandelles, en lui disant à voix haute :
— Ah ! coquine, voilà où passe l’argent du ménage.
Pendant que la femme revient de sa surprise, le faux mari est loin (Argot des voleurs).
Soufflet à sa pelure (avoir donné un)
Porter un vêtement retourné.
Souffleur de boudin
Individu à visage boursouflé, joufflu. Allusion au compagnon charcutier dont les joues gonflent quand il souffle dans le boyau. Cette expression est également employée d’une autre manière, sous forme de proposition... (Argot du peuple). N.
Souffrante
Allumette.
Souffrantes perlées
Allumettes (Argot des voleurs).
Souflet (le)
L’estomac.
Soufrante
Allumette. Allusion au soufre.
Soufrante
Allumette chimique, — de soufre.
Soufrante
Allumette.
Soulager (se)
Dépenser son sperme en baisant une femme, ou en se masturbant, — ce qui allège d’autant les rognons. Pauvre chat ! Eh bien, tu vas te soulager, mon chéri, je te le promets.
Lemercier de Neuville.
Soulasse
Traître, trompeur. Jeu. La grande soulasse, l’assassinat.
Soûlasse
Traître, trompeur. (Colombey.)
Soûlasse (la grande)
L’assassinat ; l’habitude de l’asassinat. — Maquiller la grande soulasse, faire le métier d’assassin.
Soûles (compartiments des femmes)
Compartiment réservé aux femmes seules en chemin de fer. (Jargon du peuple.)
Soulever
Filouter.
Soulever
Filouter.
Soulographe
Homme qui a fait de l’ivrognerie un métier. — Soulographie : Ivrognerie (Vidocq, 1837).
Ils feront de la soulographie, et adieu votre typographie, plus de journal !
Balzac.
Soulographe
Ivrogne induré.
Soulographe
Pochard qui prend trop souvent la barbe. Soulographie (en avoir une belle) : être pochard (Argot d’imprimerie).
Soulographie
Ivrognerie constitutionnelle.
Souloir
Un verre. L’allusion est claire ; plus le pochard boit de verres, plus il est saoul (Argot du peuple). N.
Souloir des ratichons
Autel sur lequel le prêtre dit la messe. La figure est fausse ; c’est le ciboire qui contient le vin qui est le souloir (Argot des voleurs).
Soulouque
Cinq et six d’un jeu de dominos. Allusion à la couleur noire de feu ce potentat.
Soupape
Casquette (Argot des souteneurs).
Soupape (serrer la)
Cherchez à étrangler son adversaire, — dans le jargon des ouvriers du fer.
Soupapes (faire cracher ses)
Se griser, — dans le même jargon.
Soupçon
Quantité si minime, qu’on se demande si elle existe. De là le terme de soupçon.
Rien que de l’eau chaude avec un soupçon de thé et un nuage de lait.
A. de Musset.
Soupé
Avoir assez d’une personne ou d’une chose. — « J’ai soupé de ma femme. » — « J’ai soupé de sa société. » — « J’ai soupé de sa conversation. »
Soupé !
Assez !
Soupe (avoir) de la figure de quelqu’un
Envoyer promener quelqu’un qui vous a trop ennuyé. Soupé ! assez !
Soupe (tremper une)
Battre. — Mot à mot : faire avaler une correction.
Où qu’tu vas, Polite ? — Je vas tremper une soupe à ma femme.
Gavarni.
Soupe (tremper une)
Corriger à coups de poing. — Battre l’ennemi, dans le jargon des troupiers.
Soupe à l’herbe (en manger une)
Aller gouaper dans les champs sans avoir le sou et s’allonger sur l’herbe pour dormir :
— Qui dort dîne (Argot du peuple). N.
Soupe au lait
Homme colère. — On sait que le lait bouillant déborde avec rapidité.
Soupe au lait
Personne irascible. — S’emporter comme une soupe au lait, se mettre en colère pour’un rien, à propos de rien.
Soupe au poireau (faire manger la)
Faire attendre. (V. poireau.) C’est la variante moderne de faire le poireau.
Soupe de ta fiole
Jai assez de ta figure (Argot du peuple). N.
Soupé de ta tranche (avoir)
Être ennuyé par un camarade, avoir assez de lui, — dans l’argot du régiment. — J’ai soupé de ta tranche, tu m’ennuies. — Variante : Avoir soupé de ta fiole.
Soupe et le bœuf
La femme dit cela du mari et, naturellement, le mari de sa femme. Synonyme de pot-au-feu. Cette expression a donné naissance à un dicton qui est très ancien :
— Toujours du bouilli, jamais de rôti (Argot du peuple). N.
Soupe et le bœuf (la) ou le bouilli
L’ordinaire conjugal : — les mêmes bonjours, les mêmes bonsoirs, les mêmes coups tirés par le même homme, — avec la même femme.
qu’enfin, voyez-voue, du nectar et de l’ambroisie, c’est toujours la même chose que de l’ambroisie et du nectar. Junon, Flore, etc..., tout ça est bel et bon ; mais c’est toujours la soupe et le bouilli ; tandis qu’il y a là-bas, chez la papa Desnoyers, des brunettes, et de la piquette qui nous ravigoteront.
Émile Debraux.
Soupente
Ventre. — Je t’vas défoncer la soupente à coups de sorlots à diamants.
Soupente
Le ventre. Vieille femme sale.
Soupente (vieille)
Vieille femme laide et malpropre.
La buraliste t’a appelée vieille soupente ?
(Tam-Tam, 16 mai 1880.)
Soupeser (se faire)
Se faire réprimander par le patron, — dans le jargon des employés de commerce.
Soupeur, soupeuse
Viveur passant les nuits à souper.
Est-ce que les soupeurs savent jamais ce qu’ils boivent et ce qu’ils mangent.
Frémy.
Souple
Bleu.
Souquer
Rudoyer, frapper.
Souquer
Rudoyer. Battre.
Sourbe
Mort. Sourber, mourir.
Sourdine (grincher à la)
Voler après avoir endormi en jetant du datura ou un narcotique quelconque dans le vin.
Sourdoche
Lanterne.
Sourdoche
Lanterne sourde (Argot des voleurs).
Souricière
Dépôt des prévenus.
Souricière
« Tout en ayant soin de placer ma giberne ou, comme on dit, ma souricière. »
Vidal, 1833.
Allusion de forme.
Souricière
Piége tendu par la police :
Tendre une souricière pour le faire pincer par la police.
E. Sue.
Souricière
Lieu visité souvent par la police.
C’est une vraie souricière que votre tapis-franc. Voilà trois assassins que j’y prends.
Id.
Souricière
Dépôt de la préfecture de police. C’est la partie du Palais-de-Justice où se trouvent les prisons affectées aux détenus qui attendent l’heure du jugement.
Je fus conduit dans un cachot, que l’on nomme, je crois, souricière où je passai la nuit.
(Jean Journet, Gris et soupirs, 1840.)
Souricière
Lieu où la police opère des râfles. Piège à malfaiteurs. — Débit de vin, garni, sous la dépendance de la police et où les malfaiteurs viennent se faire prendre.
Souricière
Piège tendu par la police.
Souricière
Cabaret connu de la police, tenu par un patron qui nonne sur l’orgue de ses clients dont la plupart sont des voleurs. La pêche se fait là sans hameçon (Argot des voleurs).
Souricière
Dépôt du parquet du procureur de la République, où sont amenés pendant quelques heures les prévenus qui doivent être interrogés par un juge d’instruction ou comparaitre au tribunal correctionnel. Voir Trente-six carreaux.
Souricière
Piège tendu par la police.
Souricière (la)
Est une annexe du Dépôt de la Préfecture de Police ; les prévenus passent là avant de comparaître devant les chambres correctionnelles ; ils y repassent après jugement pour monter en panier a salade et être dirigés sur les prisons où ils doivent subir leur peine. La souricière est aussi appelée les trente-six carreaux, parce que chaque fenêtre a ce nombre de vitres. On dit aussi : établir une souricière pour pincer les complices qui viennent au gîte (Argot des voleurs).
Souris
Baiser.
Sous le linge
À nu, sans chemise.
Je suis pourtant curieuse de voir comme elle est sous le linge.
La Popelinière.
Sous le lit (être)
Se tromper, n’être pas au fait d’un métier.
Sous presse
Femme très occupée sur sa chaise longue à écouter le récit d’un explorateur (Argot des filles). N.
Sous verge (en)
En second dans le commandement. (Argot des soldats de cavalerie).
Sous-maîtresse
Femme de confiance dans une maison de tolérance. — Elle surveille la consommation et il lui est défendu de consommer.
Tout client, pour pénétrer dans les chambres, donne à la sous-maîtresse 1 franc.
(F. d’Urville, Les Ordures de Paris.)
Sous-merde
Moins que rien. — Œuvre exécrable. Homme d’une incapacité absolue.
Sous-off
Sous-officier.
Sous-off
Apocope de sous-offcier.
Sous-pied
Viande coriace qu’on prendrait pour un morceau de cuir, — dans le jargon des soldats de cavalerie.
Sous-pied
Mauvais morceau de viande, fait de nerfs et dur comme le cuir des sous-pieds, Ramasser son sous-pied veut dire tomber de cheval.
Sous-pied de dragons
Épithète de mépris donnée par les cavaliers aux fantassins à cause de leur petite taille.
Sous-ventrière
Écharpe de M. le maire ; écharpe de M. le commissaire.
Sous-ventrière
Écharpe.
— As-tu vu le quart-d’œil avec sa sous-ventrière, y la dégotte mal ?
Allusion à la sous-ventrière du cheval (Argot du peuple).
Sous-ventrière (tu t’en ferais péter la)
Ça te rendrait trop fier. L’orgueil t’enflerait si fort que ta sous-ventrière en éclate rait. — Tu présumes trop de tes forces. — « Ma chère belle, voulez-vous accepter ma main... pour ce soir ? — Tu t’en ferais péter la sous-ventrière. » — Les variantes sont : Tu t’en ferais éclater le cylindre, tu t’en ferais péter le nœud.
Sous-verge
Sous-brigadier.
Soussouille
Petit souillon.
Soutenante
Canne.
Soutenante
Canne. Bretelle.
Souteneur
Homme sans préjugés qui, en cas de quelque attaque, doit servir de défenseur aux putains. En retour, il exige d’elles une bonne partie de l’argent qu’elles gagnent à la sueur de leur con. — Le souteneur est le mari modèle. Il est cocu, c’est convenu d’avance avec sa femme. Mais il ne doit pas songer à la faire cornette. Il doit la monter régulièrement une ou deux fois par semaine, mais dans l’intervalle, il ne faut pas qu’il s’avise de penser même à une autre femme, encore moins d’en approcher. Malheureusement, chez les souteneurs, c’est comme chez les maris : il en est peu de vraiment honnêtes et sur qui une femme puisse compter sans réserve.
Je suis le roi des souteneurs !
Je connais la savate !
Au billard, faut m’ voir, j’épate
Les vrais amateurs.
Lemercier De Neuville.
Souteneur
Homme qui vit aux dépens d’une prostituée.
Souteneur
Individu qui vit des filles qui se livrent à la proslitution, fainéant, voleur et assassin si l’occasion se présente ; on le trouve en haut comme en bas de l’échelle sociale (Argot du peuple).
Soutenir le choc
Se dit en parlait d’une femme que l’on baise, et à qui l’énergie de l’assaut ne fait pas peur.
Il faudrait surtout avoir soutenu durant toute la nuit, un entretien très vif avec une nonne charmante.
Louvet.
Soutirantes
Bottes.
Soutirer au caramel
Soutirer de l’argent en employant la douceur et la persuasion. Le peuple dit plus ordinairement : « Le mettre en douceur ».
Soyeux
Commis à la soierie, — dans le jargon des marchands de nouveautés. Il y a un féminin qui, naturellement, fait soyeuse.
Speck
Lard.
Spectre
Ancienne dette qu’on avait oubliée et qui surgit à l’improviste.
Spectre de banco
Gros joueur ruiné qui se tient debout derrière une table de baccarat sans jouer, — dans l’argot des grecs.
Speech
Allocution. — Mot anglais.
En terminant mon speech ministériel.
E. Sue.
Sperme
Graine d’enfants que l’on sème (σπέρμα) dans le ventre de la femme, — terre souvent féconde, et souvent bréhaigne aussi, selon la qualité de la semence, ou la vertu du semoir.
Nul rafraîchissement ne la lui peut ôter si bien qu’un bain chaud et trouble de sperme vénérique.
Brantome.
Le sperme n’est pas l’or potable
Qui vous nourrit au lieu de pain ;
Durant que votre con tient table
Votre ventre crie à la faim.
Théophile.
La bonne Alix, curieuse, s’avance,
Voyant jaillir ce sperme merveilleux.
Piron.
Et lorsque du plaisir est arrivé le
Dans ma bouche je sais encor garder le sperme.
L. Protat.
Stafer
Dire.
Sterling
Grand, considérable. — Allusion à la valeur relative de la livre anglaise qui est très-forte. — On parle des galanteries sterling d’un entreteneur dans un roman de Rutlidge (Vice et Faiblesse, 1786).
Il y a là-dessus un tas de vieilles drogues qui font un sabbat sterling.
Vidal, 1833.
On dit de même s’ennuyer à vingt cinq francs par tête.
Stom
Estomac.
Stopper
Stopper, arrêter. Le mécanicien arrête la machine, il stoppe. On dit à un orateur qui fait un discours maladroit : stoppez, dans le sens de taisez-vous. La science du tailleur a créé le stoppeur, celui qui reprise les accrocs aux vêtements. Il est regrettable que son aiguille habile ne puisse repriser les consciences, il aurait eu un rude ouvrage au Palais-Bourbon (Argot du peuple).
Store
Œil, paupière. — Baisser les stores, baisser les yeux.
Stores
Paupières qui s’abaissent et se relèvent à volonté (Argot des voleurs).
Strapontin
Femme qui a l’estomac bien garni. Elle possède un strapontin supérieurement rembourré — ce n’est pourtant pas une place pour s’asseoir. Ou appelle aussi strapontin la tournure que les femmes mettent sous leurs jupons, peur paraître avoir un postérieur engageant (Argot du peuple). N.
Stroc
Setier, mesure de vin ; d’où mastroquet, marchand de vin.
Stron
Sentier.
Stuc
Part de vol. Synonyme de fade, comme stuquer (partager) l’est de fader. Stuquer est encore pris dans le sens d’étrenner : recevoir des coups.
— La gosse a stuqué (Argot du peuple). N.
Stue
Part du larcin.
Stue
Part du larcin.
Stuq
Part du larcin.
Stuquer
Partager.
Style
Argent.
Nous vendrons ce butin à la première occasion, et nos profondes auront le style qui leur manque. — Chez les Zéphirs, où l’esprit est une denrée commune, l’argent est désigné par ce mot.
(A. Camus.)
Stylé
Bien habillé, bien mis.
Style (avoir du)
Être bien mis, avoir bon genre.
Mâtin ! poursuivit Gavroche, tu as une pelure couleur cataplasme de graine de lin et des lunettes bleues comme un médecin. Tu as du style, parole de vieux !
(V. Hugo.)
Suage
Assassinat.
Nous voulons bien maquiller le suage de ton rochet, mais à la condition de tout connir. Il n’y a que les refroidis qui ne rapliquent nibergue.
Vidocq.
Suage
Assassinat. — Maquiller un suage, combiner un assassinat.
Suage
Assassinat. Torture. Mettre en suage, brûler les pieds.
Sublime
Mauvais ouvrier qui fait plus de bruit que de besogne.
On ne dit plus, en parlant d’un travailleur d’ordre, de conduite : c’est un bon ouvrier, et du paresseux, violent et ivrogne : c’est un mauvais ouvrier ; on dit de l’un, c’est un ouvrier, de l’autre, c’est un sublime.
(Le Sublime.)
Sublime, Sublimisme
Dans les ateliers ces mots sont synonymes de paresse, dégradation, avilissement.
Lèpre capitale qui ronge les classes laborieuses.
(V. le très remarquable ouvrage du Sublime de M. Denis Poulot et l’Assommoir de M. Zola, où le Sublimisme a été dépeint de main de maître.)
Sublimer
Travailler pendant la nuit.
Afin de tromper la surveillance des adjudants (de l’École polytechnique), celui qui sublime place son lit renversé sur quatre tabourets, rabat la couverture par dessus, et étendu sous cet abri, rumine en paix les problèmes ardus des mathématiques transcendantes.
La Bédollière.
Sublimer
Travailler pendant la nuit, — dans le jargon des polytechniciens. (L. Larchey)
Sublimer
Travailler alors que les autres dorment. Il faut, en effet, être sublime de courage. Cela ne se voit guère de nos jours, où huit heures de travail c’est encore de trop, ce qui n’empêche pas les poètes de chanter le sublime ouvrier (Argot du peuple).
Sublimer (se)
Se raffiner.
Les jeunes biches se sont sublimées au contact des anciennes.
Lynol.
Sublimer (se)
S’avilir, tomber dans l’avilissement.
Sublimer (se)
S’aviler, se raffiner, se corrompre davantage dans l’argot des prostituées.
Subtil
Dur.
Subtile
Dure.
Subtiliser
Subjuguer, séduire, — dans le jargon des femmes du peuple qui ont des prétentions au beau langage.
Pardieu ! y font tous comme ça les doucereux pour vous subtiliser.
(Mars et Raban, Les Cuisinières, 1837.)
Subtiliser
Dérober. — Qui m’a subtilisé mon tire-jus ? — Faignant, t’as donc pas des mains, qu’il te faut un tire-jus ?
Subtiliser
Dérober.
Suçage de pomme
Embrassade.
Succube
Homme qui consent à servir de femme à un autre homme, et qui fait le dessous pendant qu’il fait le dessus.
Succubbe. On appelle ainsi tes patentes dans les combats amoureux de femmes à femmes.
Confession de Mademoiselle Sapho, suite du Cadran des plaisirs de la Cour, p. 257.
Quand il consommait son Kabyle
On entendait sous le gourbi
Au milieu de la nuit tranquille,
Le succube pousser ce cri.
Al. Pothey.
Suce-canelle
Ivrogne invétéré qui suce jusqu’à la dernière goutte. Une vieille chanson que le pitre de Moreau, le tireur de cartes, récitait sur la place de la Rastille, vers 1848-1849, dit :
Si je meurs que l’on m’enterre
Dans la cave où est le vin,
Le nez contre la muraille
Et la tête sous le robin.
S’il en reste une goutte encore,
Ce sera pour me rafraîchir,
Et si le tonneau défonce,
J’en boirai à mon loisir. (Argot du peuple).
Suce-larbin
Bureau de placement pour les domestiques des deux sexes.
Suce-larbin
Bureau de placement (Argot des voleurs).
Sucer
Passer la langue sur le membre viril pour l’amener à érection, et le faire décharger.
Que les chiens sont heureux !
Ils se sucent la pine,
Ils s’enculent entre eux !
Th. Gautier.
Je voudrais être chien
Car du soir au matin
Je pourrait me sucer la pine.
Dumoulin.
Cependant, en suçant, il est bon que ta main
Joue autour des roustons un air de clavecin.
L. Protat.
Sucer des clitoris
Gamahucher.
Il te faut, à tout prix.
Sucer des clitoris,
Et si l’antiquité
Ne l’eût pas fait, tu l’aurais inventé.
J. Duflot.
Sucer la pomme (se)
S’embrasser.
Sucer la pomme (se)
S’embrasser. On dit ainsi fricassée de museaux.
Sucer la pomme (se)
S’embrasser. Allusion au moutard qui suce une pomme avant de la manger (Argot du peuple). N.
Sucer la praline
Il est absolument impossible d’expliquer cette expression (Argot des filles). V. Accouplées.
Sucer un homme
Lui passer habilement et doucement la langue le long du membre, autour et dessus, jusqu’à éjaculation complète.
Pourtant il leur manque, en somme
(Ce qui vaut bien un écu),
De savoir sucer un homme.
De la Fiselière.
Sucer une pêche
Boire un coup (Argot du peuple).
Suceur, Suceuse de pomme
Celui, celle qui embrasse fréquemment, qui a la manie d’embrasser.
Suceuse
Femme qui fait profession de donner aux hommes du plaisir sans peur, C’est la fellatrice des anciens. — La suceuse rend à l’homme le service que le gamahucheur rend a la femme, et dans les deux cas, c’est la langue qui fout. — Il y a a Paris, dans le faubourg Montmartre, une maîtresse suceuse, appelée la Pompe funèbre, — de l’ameublement d’ébène et de soie noire de son appartement.
Suçon
Empreinte que laissent les lèvres d’un amant sur le cou, les joues ou la bouche de sa maîtresse, de façon a l’empêcher, pendant quelques jours, de se montrer aux regards malins du public, qui connaît parfaitement ce petit timbra bien accusateur.
Suçon
« Faire une consommation fanatique de croquets et de sucres d’orge, dits suçons. »
Rolland
On les suce très-longtemps.
Suçon
Trace rouge laissée sur la peau par la succion des lèvres.
Suçon
Faire une consommation fantastique de sucres d’orge. L. L. Suçon : en faire un sur l’épaule ou sur la gorge d’une jolie femme, ce n’est pas précisément sucer du sucre d’orge, c’est lui faire venir le sang à la peau. Ce qui a donné naissance à cette expression : ce n’est pas de l’amour, c’est de la rage, pour ceux qui embrassent de cette manière (Argot du peuple). N.
Sucré
Se dit d’une femme mijaurée : elle fait sa sucrée. Se croire plus sucré qu’un autre : s’imaginer lui être supérieur. Il a été sucré pour salé. Les joueurs ont adopté cette expression pour marquer les points avec des jetons : il faut sucrer monsieur (Argot du peuple). N.
Sucré
Un voleur qui a été arrêté a été sucré. Celui qui est condamné à une peine sévère est sucré.
Sucre (c’est un)
C’est très bon.
Sucre (casser du)
Dénoncer, — dans le jargon des voleurs. — Médire, se moquer de, — dans l’argot du peuple.
Sucre (casser du)
Les soldats condamnés aux travaux publics sont employés au percement et à l’entretien des routes. On dit d’eux qu’ils cassent du sucre à deux sous le mètre cube.
Sucre (casser du)
Dénoncer. Médire.
Sucre (manger du)
Être satisfait d’un éloge. — Être applaudi, — dans le jargon des comédiens. On dit plus fréquemment aujourd’hui : Boire du lait.
Sucre (pour suc probablement)
Le sperme de l’homme, dont les femmes sont si friandes et dont elles ont souvent plein la bouclie.
Trouvant mon linceuil tout souillé,
Et mon pauvre vit barbouillé
De sucre plus blanc que l’albâtre.
(Cabinet satyrique.)
Comment, vous appelez donc cela du sucre, mademoiselle ?
D’Ouville.
Sucre à cochon
Sel.
Sucre d’orge (le)
Le membre viril — que les ailes d’Eve, toujours portées sur leur bouche, aiment tant à sucer.
George, George
Donne-moi de ton sucre d’orge.
(Ancienne Chanson.)
Sucre de pomme
Pince qui sert à fracturer les portes.
— Avant de cavaler assure-toi que ton sucre de pomme pourra pessigner la lourde (Argot des voleurs). N.
Sucre de pomme
Pince en fer à l’usage des voleurs pour fracturer les portes.
Sucre de pomme
Pince-monseigneur.
Sucre sur la gaufre
Poudre de riz sur le visage.
Sucrer
Maltraiter ; gagner quelqu’un au jeu et se moquer de lui, — dans le jargon des grecs.
Suée
Correction manuelle.
Suée, suif
Réprimande. Correction.
Suer
Faire suer, se faire donner part du vol.
Suer (faire)
Se faire donner part d’un vol.
Suer (faire)
Accabler d’ennui quelqu’un. — V. Suage.
J’ai beau m’évertuer, j’crains qu’après moi z’on n’répète : Ah ! comme ça fait suer.
Francis, 1825.
Suer (faire)
Faire donner de l’argent, — dans le jargon des voleurs.
Suer (faire)
Ennuyer fortement. — Faire pitié, en terme de mépris. Mot à mot : c’est donner chaud à quelqu’un à force de débiter des platitudes.
Suer (faire)
Ennuyer. Faire donner de l’argent. Assassiner.
Suer le lustre (faire)
Déplaire au public, — dans le jargon du théâtre. C’est-à-dire : jouer si mal qu’on fait suer les chevaliers du lustre, les claqueurs.
Quand Valcourt joue ici, il fait ordinairement suer le lustre.
(Musée Philipon, Théâtre de Bourg-en-Bresse.)
Suer les cordes (faire)
Jouer d’un instrument à cordes. — Faire suer les cuivres, jouer d’un instrument de musique en cuivre, — dans le jargon des musiciens. Pour préciser, ils disent : faire suer le violon, faire suer le violoncelle.
Suer Thémis (faire)
Éviter de tomber sous le coup de la loi, marcher sur les marges du Code. Dans le monde des voleurs, il existe des praticiens ou plutôt des pratiques, qui n’exercent pas d’autre métier. Ils vivent des conseils qu’ils donnent pour faire éviter les rigueurs de la loi.
Suer Thémis (faire)
Côtoyer le code.
Suer un chêne
Assassiner quelqu’un.
Suer une (en)
Faire une valse, un quadrille, — dans le jargon des voyous.
Ohé ! Titine ! viens-tu en suer une ?
(Vte Richard, Les Femmes des autres.)
Suer, faire suer
Se faire donner partdu vol.
Suffire à soi-même (se)
Faire de la prestidigitation a son profit — et en l’honneur d’Onan.
J’étais dans l’âge où la nature
Eveille nos sens au plaisir…
Quand à propos un abbé-pâle et blême,
Trois fois par jour répétant la leçon,
M’apprit le moyen de m’ suffire à moi-même :
J’ai, mes amis, toujours été cochon.
(Parnasse satyrique.)
Suffisance (avoir sa)
Avoir bu autant qu’on peut boire.
Je crois qu’il a sa suffisance
(Ces dames du Casino, 1862.)
Suif
Forte réprimande.
Suif
Distingué. Signifie aussi grec.
Suif (donner un)
Réprimander.
Suif (en recevoir un)
Être forlement réprimandé par le patron. On dit également recevoir un gras.
— J’ai perdu un tiers, ce que le contre-coup m’a graissé, c’est un vrai beurre.
Deux mots pour exprimer le même objet (Argot du peuple).
Suiffard
Tricheur, grec. — Les suiffards se mettent au vert pour charrier des types.
Suiffart
Grec habile à corriger le hasard, voleur cosmopolite qu’on rencontre dans tous les endroits où l’on joue. Il est connu sous dillérents noms : graisseur, bédouin, philosophe (Argot des joueurs).
Suifferie
Tripot.
Ce qu’on sait moins, ce sont les noms des cercles dont la spécialité est de donner à jouer et de prendre pour la cagnotte. Savourez l’élégance de ces noms : La Suiferie, Gredins’club, les Bonnets verts, les Papas « neuf », les Frères séquenciers, Chenapan club, les Souliers percés.
(Figaro, du 6 nov. 1878.)
Suilfard
Riche.
Suisse (faire)
« Le soldat a le point d’honneur de ne jamais manger ou boire seul. Cette loi est tellement sacrée, que celui qui passerait pour la violer serait rejeté de la société militaire, et on dirait de lui : Il boit avec son suisse, et le mot est une proscription. » — Vidal, 1833. — « Un soldat français ne doit pas faire suisse, ne boit jamais seul. » — La Bédollière. — Le premier exemple donne la clé du mot. Le soldat, n’ayant pas de suisse, ne peut boire avec lui, donc il boit seul. Cette ironie a dû être inventée pour rappeler quelque engagé de bonne compagnie aux règles de la fraternité.
Suisse (faire)
« Ce mot, à la caserne, équivaut à une injure indélébile. — Faire suisse, c’est vivre seul, mesquinement, sans relations amicales et sans appui ; c’est entasser son prêt, lésiner, thésauriser, s’imposer des privations volontaires ou dépenser sournoisement son argent loin des autres. » (A. Camus.)
Suisse (faire)
Dans le langage ordinaire, on dit soûl comme un Polonais et boire comme un Suisse ; dans l’argot militaire, faire Suisse veut dire boire seul.
Suisse (faire)
Boire seul.
Suissesse
Absinthe coupée avec de l’anisette ou de la gomme.
Suiveur
« Le suiveur est très-drôle à observer et à suivre. Une femme passe devant lui et réjouit sa vue par une tournure quelconque ; le suiveur accélère son pas, dépasse sa victime, et se retourne bientôt pour juger de la beauté de l’objet de sa poursuite. » — Roqueplan.
Suiveur
Homme tenace qui suit les femmes dans la rue ; quand il tombe sur une vierge il la suit jusqu’à temps qu’il la perde (Argot du peuple). N.
Suivez-moi, jeune homme
Longs rubans flottants, brides de soie ou de velours, que les femmes portaient en 1869-72, derrière la tête ou fixés au col de leurs pardessus.
Nous avons gardé nos suivez-moi jeune homme.
(Grévin.)
Ces longues brides, que l’on nomme
Aussi des suivez-moi, jeune homme.
(A. Pommier, Paris 1867.)
Suivre le soleil. Aller travailler à la journée chez les particuliers, — dans l’argot des tailleurs. (A. Delvau)
Sultan (le)
Le public, — dans le jargon des sociétaires de la Comédie-Française, fidèles gardiens du beau langage, de la tradition et des belles manières.
Superlatives délices (les)
Le moment où l’homme et la femme, mêlant leurs ondes spermatiques, se pament sous l’excès de jouissance qui en résulte.
Plaisirs inconnus de dieux,
Superlatives délices...
Béranger.
Superlifico, coquentiel, coquentieux
Merveilleux. — De superlatif. — Rabelais a employé dans son livre III le mot Supercoquelicantieux.
Supitre
Tramway. Par altération pour pupitre, et par allusion aux sièges des cochers de tramways qui ressemblent assez à des pupitres. (Jargon des voyous.)
Sur le gril (être)
Griller d’impatience ; cuire dans le jus de l’anxiété, Le condamné qui attend le verdict du jury est sur le gril.
Sur le sable
Être sur le pavé sans rien et ne savoir quoi faire.
Sur le tas
Une fille publique est sur le tas lorsqu’elle est dans la rue à chercher un michet.
Surbile
Sous la surveillance de la haute police.
Surbine
Surveillance.
Surbine
Surveillance (Vidocq).
Surbine
Surveillance de la haute police.
Surbine
Surveillance de la police.
Surbine
Surveillance. Être en surbine : être surveillé. Rompre sa surbine : quitter la ville où l’on était en surveillance pour aller dans une autre ville. Autrefois on disait : rompre son banc ; c’est vieux jeu (Argot des voleurs).
Surbine
Surveillance. L’agent qui surveille quelqu’un est en surbine. Le condamné qui a purgé sa peine et qui, lors de sa condamnation, a été soumis à la surveillance, est en surbine. Il y a encore quelques années, la peine de travaux forcés à temps ou la réclusion entraînait la surveillance à vie. Une nouvelle loi réduisit la surveillance des condamnés qui était dans ce cas à vingt ans ; puis le tribunal pouvait et peut encore condamner sans prononcer de surveillance. Cette loi a encore été abrogée et l’interdiction de séjour a remplacé la surveillance. Le surveillé avait une résidence qui lui était assignée, et toutes les semaines il devait se présenter au commissariat de police de la ville pour faire constater sa présence. Aujourd’hui l’interdit peut aller où bon lui semble, à l’exception des principales villes, ce qui fait que l’on rencontre tant de chemineaux sur les routes.
Surbine
Surfaire. Si un objet qui est vendu 2 francs, le marchand le vend 3 francs, il lui fait de la surbine.
Surbine
Surveillance.
Surbiner
Surfaire.
Sûreté (la)
La police de sûreté.
Surette
Pomme d’un arbre.
Surette
Pomme. Allusion à l’acidité de ce fruit que l’on rencontre en Normandie sur les grandes routes (Argot des voleurs).
Surfine
Sœur de charité.
Surfine
Sœur de charité. Voleuse qui s’introduit dans les maisons sous le prétexte de quêter.
Surfine
Sœur de charité (Argot des voleurs). N.
Surgebé (être)
Être condamné en dernier ressort.
Surgebement
Rejet du pourvoi d’un condamné.
Surgeber
Condamner en appel (Vidocq). — De gerber.
Surgerbé
Condamné en appel.
Surgerber
Être condamné en appel (Argot des voleurs).
Surin
Couteau.
Surin
Couteau.
Surin
Couteau. — Suriner, tuer à coups de couteau. — Surineur, assassin qui travaille au couteau. Ce sont des dérivés de suer, suage.
Surin
Couteau. Suriner, tuer à coups de couteau.
Surin
Couteau. Surin muet : canne plombée ; elle surine sans bruit.
Surin
Couteau.
Surin
Couteau.
Surin, suriner
Couteau — Frapper à coups de couteau — de l’argot parisien.
Suriner
Assassiner.
Suriner
Assassiner à coups de couteau. Cette expression remplace celle de chouriner (Argot des voleurs).
Suriner
Tuer à coups de couteau.
Suriner
Assassiner.
Surineur
Donneur de coups de couteau.
Surse (faire la)
« Quand on s’amuse (au magasin), un des commis fait la surse. Faire la surse, c’est faire sentinelle. La sentinelle veille et observe, et dès que le patron apparaît, un cri de convention, qui ne peut éveiller aucune défiance, retentit dans le magasin et se répète d’un rayon à l’autre. Comme par exemple 8.50 ! ou 9.50 ! » (Commis et demoiselles de magasin, 1868.) Longtemps le mot d’ordre fut sur seize ! L’hiver dernier, aux magasins du Printemps, c’était : « Voyez gants Suède n° 1 », ou « voyez Suède 1 ». — Nous laissons à de plus savants que nous le soin d’éclaircir l’étymologie et d’affirmer si le surse de MM. les calicots vient du latin sursum. Pourquoi pas ? Il doit y avoir de bons latinistes parmi ces gentlemen. Il y a bien un ancien prix d’honneur de rhétorique actuellement cocher de fiacre, et un docteur ès-lettres, chiffonnier.
Sydonie
La tête de carton, ou le mannequin sur lesquels la modiste et la couturière essayent leurs chapeaux et leurs robes (Argot du peuple). N.
Sylphider (se)
Se sauver, — dans le jargon au peuple.
Symbole
Tête ; chapeau.
Symbole
Crédit, compte ouvert chez un marchand de vin, un restaurateur, — dans le jargon des typographes. — Symbole fait ici allusion au symbole des apôtres, au Credo, et credo est une forme argotique de crédit. Ce jeu de mots n’est pas au-dessous des connaissances de beaucoup de typographes. — Avoir, demander symbole.
Symbole
Tête. Chapeau. Crédit chez le marchand de vin.
Symbole (avoir un)
Avoir un compte ouvert chez le mastroquet (Argot d’imprimerie).
Symbole (avoir, demander)
V. Avoir, demander crédit. Cette expression nous paraît venir de celle-ci : passer devant la glace. Comme on sait, passer devant la glace, c’est payer au comptoir, derrière lequel se trouve d’ordinaire une glace. Dans cette glace, on y voit son portrait, son image, son symbole. Avoir symbole, c’est donc, par ellipse, avoir la permission de passer devant cette glace redoutée sans s’arrêter. On peut donner encore une autre étymologie : les pièces de monnaie portent sur une de leurs faces la représentation, le symbole d’un souverain quelconque, ou une autre figure. De là peut-être l’expression. Nous livrons ces conjectures à la sagacité de quelque Du Cange de l’avenir. D’autres proposent une étymologie beaucoup plus simple et peut-être plus naturelle : Symbole est, dans un certain sens, synonyme de Credo, le Symbole des Apôtres. De Credo à Crédit, la distance est courte. Choisissez.
Symphoneries
Bêtises, — dans le jargon du peuple. — Lâcher des symphoneries, dire des bêtises.
Synagogue (c’est)
C’est synonyme, — dans le jargon des farceurs.
Système
Un mot fort en crédit chez les ouvriers qui le mettent devant un autre avec le sens de : dans le goût de, comme chez, semblable à. — Système Jardinière, habillement complet. — Système Pinaud, chapeau haute forme. — Système ballon, grossesse etc., etc. Le champ est vaste, aussi est-il très exploité.
Système
Portion servie aux prisonniers dans les maisons centrales (Argot des voleurs). V. Bonde.
Système (rompre le)
Agacer, porter-sur le système nerveux.
Système (s’en faire péter le)
Faire, entreprendre une chose au-dessus de ses forces.
Système (se faire sauter le)
Se brûler la cervelle.
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