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Блатной жаргон
Soldatensprachführer
Военные разговорники

R

Ra-fla

Notes rudimentaires de la batterie du tambour.

Le tambour-major bat la mesure des ra et des fla.

M. Saint-Hilaire.

Rabâchage

s. m. Bavardage, — dans l’argot du peuple. Redites inutiles, vieux clichés, — dans l’argot des gens de lettres.

Rabâcher

v. n. Ne pas savoir ce qu’on dit ; se répéter, comme font d’ordinaire les vieillards.

Rabâcheur

s. m. Bavard, homme qui dit toujours la même chose, qui raconte toujours la même histoire ; mauvais écrivain.

Rabat-joie

s. m. Homme mélancolique ou grondeur, — dans l’argot du peuple. On dit aussi Père Rabat-joie.

Rabateux, Doubleur de sorgue

Voleur de nuit, à l’époque où les voleurs de nuit formaient une catégorie. Aujourd’hui, ils volent de nuit et de jour, quand ils peuvent.

Rabatteurs

Individus qui font le métier de rabattre les filles pour les hommes et les hommes pour les filles. On peut lire la monographie curieuse de cette catégorie d’individus dans Trottoirs et Lupanars (Argot des souteneurs). N.

Rabatteurs à la sorgue

Voleurs qui opèrent la nuit. C’est un redoublement de syllabe ; ils ne rabattent pas, ils s’abattent sur les maisons à dévaliser. Les rabatteurs sont les complices qui nourrissent le poupard (Argot des voleurs).

Rabatteuse

Entremetteuse. Elle va à la chasse pour le compte de la débauche et rabat le gibier humain.

Rabatteuse

Petite voiture qui va chercher des voyageurs dans les communes avoisinant Paris.

Rabattre

Retourner, descendre.

Rabattre à Loustot

Revenir.

Rabattre au pieu

Aller se coucher.

Rabiage

Rente.

Rabiage

s. m. Rente, — dans l’argot des voleurs.

Rabiage

Rente.

Rabiage

En avoir, c’est posséder des rentes (Argot des voleurs).

Rabiages

Rentes.

Rabiau

s. m. Résidu ; reste de portion, — dans l’argot des faubouriens, qui ont emprunté ce mot à l’argot des marins. On dit aussi Rabiautage.

Rabiau

s. m. Malade qui, dans certains hôpitaux, rend certains services à ses camarades de salle, comme de faire leurs lits, de brosser leurs effets, etc. On lui donne quelquefois de l’argent et, le plus souvent, des restes de soupe.

Rabiau

s. m. Temps qui reste à faire, — dans l’argot des troupiers. On dit aussi Surcroît de punition.

Rabiau

Convalescent qui se plaît à donner ses soins à des camarades d’hôpital, comme M. Jourdain donnait des étoiles à ses amis.

Rabiau

Voyez fourbi (1re acception). — Rabiau signifie également le temps que peut être encore retenu sous les drapeaux le militaire dont l’heure de la libération est venue.

Rabiau

Bénéfice.

Les pourboires cachés ;… les rabiaus sur le fourrage…

(Huysmans ; Sœurs Vatard.)

Rabiau

Convalescent qui rend des services à ses camarades d’hôpital. Résidu, reste de portion. Prolongation du service militaire. Supplément, excédent. Les petits bénéfices.

Rabiau, Rabiot

Résidu, restes de vin ou de soupe, — dans le jargon des troupiers. — Prolongation de service militaire ; durée d’une condamnation dans une compagnie de discipline. — Faire du rabiau. Ce mot, qui, aujourd’hui, s’applique à tout ce qui comporte l’idée de « supplément, excédant », a servi primitivement à désigner la distribution du second quart de café faite aux soldats, distribution de faveur.

Rabiauter

v. n. Boire ce qui reste dans le bidon. Je ne sais pas d’où vient rabiau, mais rabiauter vient certainement de rebibere (boire de nouveau).

Rabiauter

Manger et boire les restes des autres, — dans le jargon des troupiers.

Rabibochage

s. m. Boni, dédommagement, consolation, — dans l’argot des enfants, qui font entre eux ce que M. Bénazet fait pour les décavés de Bade : à celui qui a perdu toutes ses billes à la Moquette ils en rendent une douzaine pour qu’il puisse en aller gagner d’autres — à d’autres.

Rabibochage

Réconciliation, — dans le jargon des enfants.

Rabibocher

Raccommoder. V. Collant.

N’en parlons plus ! Il faut que je me rabiboche avec vous.

E. Sue.

Rabibocher

v. a. Réconcilier des gens fâchés, — dans l’argot des bourgeois. Se rabibocher. Se réconcilier.

Rabibocher

Réparer. — Se rabibôcher, se réconcilier entre enfants.

Rabibocher

Réparer. Réconcilier.

Rabibocher

Quand un ménage est en désaccord et qu’un raccomodage a lieu, il est rabiboché. Le rabibochage n’est le plus souvent qu’un replâtrage. Quand les enfants jouent aux billes, ceux qui ont perdu disent au gagnant :
— Veux-tu nous rabibocher ?
C’est-à-dire nous rendre quelques billes (Argot du peuple).

Rabibocher

Faire la paix avec un ami lorsqu’on est fâché, c’est se rabibocher.

Rabibocher

Se remettre en camaraderie après avoir été fâché.

Rabiot

Temps pendant lequel le soldat peut être forcé de rester à son corps après sa libération. Il y eut plus d’un rabiot en Crimée. — Restant de soupe laissée au fond de la gamelle (De Vauvineux).

Rabiot

Faire plus de temps qu’il n’a été convenu. Au régiment, un homme puni fait autant de jours de présence en plus qu’il a eu de jours de punition. Avoir du rabiot : avoir du bon, toucher un reliquat sur lequel on ne comptait pas (Argot du peuple).

Rabiot

Faire plus de temps de travail que l’on ne doit. Le militaire qui a été condamné par un conseil de guerre fait du rabiot, parce que le temps de sa condamnation ne compte pas sur le congé. Celui qui a droit à son congé, et qui est retenu sous les drapeaux pendant une guerre, fait du rabiot, — telle la classe 1847 qui, pendant la guerre de Crimée, a fait près de neuf années au lieu de sept ; de même la classe 1863 qui a été libérée en 1871. Rabiot veut aussi dire : surplus. Lorsque, dans un partage, chacun a eu son compte, ce qui reste est du rabiot qui est encore à partager.

Rabiot

Temps en plus, en prison ou au régiment.

Râblé

adj. Homme solide des épaules et des reins, — dans l’argot du peuple.

Rable (se mettre sur le)

Prendre toute la responsabilité.

Raboin

Diable (Vidocq). V. Abadis.

Raboté

Synonyme de nettoyé, plus rien. On dit aussi d’une femme mince :
— Elle a été rabotée (Argot du peuple).

Raboter

v. a. Chiper, en général.

Raboter

Voler.

Raboter le sifflet (se)

Boire un verre d’eau-de-vie ou de vin.

Raboter le sifflet (se)

Boire un verre d’eau-de-vie qui gratte si fort le gosier qu’il semble en emporter des lambeaux. L’eau-de-vie, qui joue le rôle du fer du rabot, enlève des copeaux dans le sifflet du buveur (Argot du peuple). N.

Raboter, rabioter

Voler, filouter. Faire du rabiau.

Raboteux

Voleur de nuit.

Raboteux ou doubleux de sorgne

Larron de nuit.

Raboteux ou doubleux de sorgue

Larron de nuit.

Raboteux ou doubleux de sorgue

Voleur de nuit.

Rabouillère

s. f. Maison de triste apparence, comme il y en a tant encore dans le faubourg Marceau, nids à rats et à punaises, trous à lapins plutôt que demeures humaines.

Rabouin

s. m. Le Diable, — dans l’argot des voleurs.

Rabouin

Le diable.

Rabouin

Le diable.

Rabouin

Le diable (Argot des voleurs).

Rabouin

Le diable.

Rabouin (le)

Le diable.

Rabouins

Bohémiens.

Rabouler

v. n. Revenir, abouler de nouveau, — dans l’argot des faubouriens.

Rabouler

Retourner, rentrer, revenir.

Rabouter

Revenir en prison ou autre part ; se livrer à quelque chose.

Rabouter, ravaler

Revenir.

Rabrouer

v. a. Gronder, brutaliser, parler rudement, — dans l’argot du peuple. On dit aussi Rembarrer.

Racaille

s. f. Individu ou Collection d’individus crapuleux, — populi fex. C’est le tag-rag des Anglais.

Racaille

Canaille. C’est un dérivé du « raca » biblique. Tu ne diras pas à ton frère « raca », recommande la Bible.

Racaille

Moins que rien. Terme suprême de mépris plus fort que crapule ; résidu de tout ce qu’il y a de plus abjet.
— Tu n’es qu’une sale racaille (Argot du peuple).

Raccord

s. m. Répétition partielle d’une pièce, — dans l’argot des coulisses.

Raccord (faire le)

Les peintres en bâtiments cassent la croûte à 3 heures : c’est faire un raccord. Toutes les fois qu’ils vont prendre un verre, c’est toujours, pour eux, un raccord.

Raccourci

s. m. Chemin de traverse, — dans l’argot des paysans des environs de Paris.

Raccourci

Guillotine. Les exécutés sont des raccourcis.

Raccourcir

Guillotiner — La perte de la tête raccourcit. Mot de création républicaine ainsi que les synonymes ci-joints :

La louve autrichienne va être à la fin raccourcie… — Jusqu’à ce qu’ils aient tous craché dans le son… — Pour faire mettre promptement la tête à la fenêtre à la louve autrichienne… — Ses bons avis à la Convention pour qu’elle fasse promptement jouer le général Moustache à la main-chaude… — Qu’il fasse promptement passer sous le rasoir national le traître Bailly.

1793 Hébert.

Le rasoir national est le fatal couperet. — cracher dans le sac montre la tête coupée sautant avec un jet de sang dans le sac de son. Mettre la tête à la fenêtre et jouer à la main-chaude font allusion à l’attitude du supplicié. — La fenêtre, c’est la lunette où passe la tête du supplicié qui à genoux, mains liées derrière le dos, attend le cou comme à la main-chaude.

Raccourcir

v. a. Guillotiner, — dans l’argot des voleurs. On disait autrefois Raccourcir d’un pied, ce qui est une longueur de tête. On dit aussi Rogner.

Raccourcir

Guillotiner. Le mot date de la première République française, époque où l’on vit la guillotine s’élever à la hauteur d’une institution. — Dans un rapport adressé au Directoire par le conventionnel Dumont de la Sarthe, on lit :

J’ai fait lier, incarcérer le partisan de Louis le raccourci.

Raccourcir

Guillotiner.

Raccourcir

Se dit d’un condamné à mort à qui on coupe la tête. Il est en effet raccourci d’autant. Le mot est vieux ; il date de Martinville. Il était devant le tribunal révolutionnaire. Fouquier-Tinville lui dit :
— Citoyen de Martinville, qu’as-lu à répondre,
— Je ne suis pas ici pour qu’on m’allonge, mais pour qu’on me raccourcisse (Argot des voleurs).

Raccrocher

Arreter un homme sur le trottoir, la nuit, et l’inviter à monter pour baiser et jouir.

J’ai été un an à l’hôpital. Une autre que moi, en sortant de là, aurait raccroché.

Rétif de la Bretonne.

Raccrocher

v. a. Se promener sur le trottoir en robe décolletée et en bas bien tirés, — dans l’argot du peuple.

Raccrocher

Appeler les hommes dans la rue, dans l’argot des filles.

Raccrocher à la flan

Fille qui n’a pas de poste fixe ; elle part de chez elle à l’aventure. Elle raccroche à la flan, au hasard (Argot des souteneurs).

Raccrocheuse

s. f. Fille de mauvaises mœurs.

Rachevage

Individu dépravé ; celui qui fait une besogne malpropre ; celui qui fait, dit ou écrit des obscénités.

Rachevage

Individu de mœurs innommables. On dit aussi chevalier de la rosette, encloué, enfigneur.

Rachevage (faire son)

Ramasser les résidus de l’anderlique, c’est-à-dire ce qui n’a pas pu passer par la pompe à soufflet, lorsqu’on vide une fosse d’aisances, — dans le langage des vidangeurs. (Le Sublime.)

Racine de buis

Dent jaune ou gâtée Individu au visage contrefait.

Racine de buis

Dents. Ainsi nommées lorsqu’elles sont sales et noires. Vesinier, membre de la Commune en 1871, fut surnommé par Henri Rochefort : racine de buis, par allusion à la racine de cet arbuste qui est noueuse avec des protubérances qui ressemblent à des verrues difformes. Racine de buis caractérise la tête des individus qui ressemblent à cette racine (Argot du peuple). N.

Racines de buis

s. f. pl. Dents jaunes, avariées, esgrignées, — comme celles que Bilboquet arracha jadis devant « Monsieur et madame le maire de Meaux ».

Racines de buis

Dents blondes et déchaussées, les cousines germaines des clous de girofle.

Raclée

Rossée. C’est plus qu’une frottée.

Ça lui procura de leur part quelques belles raclées.

L. Desnoyer.

Raclée

s. f. Coups donnés ou reçus, — dans l’argot du peuple.

Racler

v. a. Prendre ; perdre. On dit aussi Rafler.

Racler

Respirer.

Nous plaçons la vieille sous des fagots. — Elle racle encore, fit ma maîtresse.

(Gazette des Tribunaux, du 27 septembre 1877.)

Racler

Prendre. Perdre. Respirer.

Racler du fromage

Jouer du violon. Râcleur de fromage, racleur de boyaux, mauvais joueur de violon.

Racler le boyau

v. a. Jouer du violon, — dans l’argot des musiciens.

Raclette

Ronde de police. — Elle racle les gens sans aveu sur son passage. V. Balai.

Raclette

s. f. Agent de la police secrète, — dans l’argot des voleurs.

Raclette

Agent de police. Ramoneur. Violon.

Raclette

Agent de police de la Sûreté ou sergent de ville. Allusion à la raclette du ramoneur qui enlève la suie des cheminées. Les agents raclent les malfaiteurs qui sont la suie de la société (Argot des voleurs). N.

Râclette

Ramoneur. — Agent de police.

Raclette (la)

La police.

Raclettes

Agent de police.

Racoler

Fille qui racole les passants (Argot des souteneurs).

Racoler

Raccrocher des hommes.

Racontaine

s. f. Récit familier, cancan.

Racontar

Racontage. — Bavardage imprimé dans un journal.

Racontars

s. m. pl. Bruits de salons et de clubs, échos, — dans l’argot des journalistes. C’est Aurélien Scholl qui a employé le premier cette expression : je lui en laisse la responsabilité.

Rade

Comptoir.

Rade

s. m. Apocope de Radis, — dans l’argot des voyous.

Rade

Tiroir. Comptoir. Boutique.

Rade ou Radeau

s. m. Tiroir de comptoir où sont les radis, — dans l’argot des voleurs. Signifie aussi Boutique.

Rade ou radeau

Tiroir de comptoir où sont les radis. Signifie aussi boutique. A. D. Ce n’est ni rade ni radeau, c’est radin. Le vol au radin est célèbre ; ceux qui le pratiquent se nomment le radineur et le raton (Argot des voleurs). N.

Rade, radeau

Comptoir, Tiroir. — Allusion aux radis qu’on y met.

La rade est le comptoir du marchand de vin. Le radin c’est l’argent du comptoir, par abréviation le radi. On dit n’avoir pas un radi pour n’avoir pas un sou.

A. Monnier.

Rade, Radeau, Radin

Tiroir. Comptoir de marchand, — dans le jargon des voleurs.

Radeau de la Méduse

s. m. Misère extrême, — dans l’argot des bohèmes, qui souffrent parfois de la faim et de la soif autant que les naufragés célèbres peints par Géricault. Être sur le radeau de la Méduse. N’avoir pas d’argent.

Radicaille

Parti radical. Terme de mépris dont le superlatif est radicanaille. C’est plaisir à voir comme les hommes politiques d’opinions différentes se jettent à la tête les épithètes de vaticanaille, radicanaille, républicoquin, badingueusard, et autres aménités.

Radicaille

Ceux qui professent des opinions radicales (Argot du peuple).

Radicon ou rasé

Prêtre.

Radicrer

Remoudre.

Radicreur

Rémouleur.

Radie

Radical, par apocope.

Qué que t’as donc fait, pour qu’on te foute 500 livres sur la daube ! t’as un peu emmiellé le radie.

(Le petit Badinguet.)

Radin

Tiroir de comptoir où l’on met l’argent.

Radin

Argent du comptoir.

Radin

s. m. Gousset de montre ou de gilet, — dans l’argot des voleurs. Friser le radin. Le débarrasser de sa montre.

Radin

Gousset. — Radin fleuri, gousset garni, — dans le jargon des voleurs.

Radin

Gousset.

Radin

Tiroir-caisse d’un comptoir, qui est aussi un rade.

Radin (faire un)

Voler un comptoir.

Radin, radis

Argent monnayé. — Corruption de maravédis.

En vain je cherchai dans ma poche, Il ne m’restait plus un radis.

Hardy Chansons.

Faire un radin : Voler l’argent du comptoir. V. Fête, Demi-Aune.

Radiner

Rentrer, revenir, retourner.

Le cousin Gustave qui radine de la Nouvelle-Calédo, me dit que là-bas, la veille du jour de l’an, on se marie.

(Le père Duchêne, 1879.)

Les badingredins annoncent toujours que leur gosse va radiner.

(Le Sans-Culotte, 1879.)

Radiner à la condition, rentrer à la maison. Radiner est sans doute une déformation du verbe rabziner qui, dans le patois picard, a la même signification.

Radiner

Revenir.
— Je radine à la piaule.
Radiner : faire le radin, voler le tiroir-caisse d’un comptoir.
Ce tiroir est nommé radin parce qu’il renferme des radis (sous) (Argot des voleurs).

Radiner

Venir, revenir.

Radiner

Revenir.

Radingue

Redingote.

Radis

s. m. Pièce de monnaie, argent quelconque, — dans l’argot des faubouriens. N’avoir pas un radis : Être tout à fait pauvre.

Radis

Monnaie. S’emploie dans le sens négatif : pas un radis.

Radis

V. Fricadier.

Radis

Sou.

Radis (n’avoir plus un)

N’avoir plus le sou.

Radis noir

Prêtre, — dans le jargon des ouvriers.

Radis noir

Gardien de la paix.

Radis noir

Prêtre. Allusion à la robe noire. Cette expression date du temps où l’on jouait à l’Ambigu la pièce des Mystères de Paris. Rodin, célèbre type de canaille, mangeait pour son dîner un plat de radis noir (Argot du peuple). N.

Radis noir

Curé. Tous ceux qui portent la soutane.

Radis noir

Prêtre.

Radouber (se)

v. réfl. Réparer sa fortune ou sa santé, — dans le langage des ouvriers qui ont servi dans l’infanterie de marine. On dit aussi : Passer au grand radoub.

Radurer

v. a. Repasser sur la meule, — dans l’argot des voleurs.

Radurer

Repasser son couteau sur une meule.
— Je radure mon lingre afin que le pante soit fait d’un coup et qu’il n’ait pas le temps de cribler à la grive (Argot des voleurs).

Radureur

s. m. Repasseur de couteaux.

Raf-la

s. m. pl. Notes fréquemment exécutées sur le tambour.

Rafaille

Terre. S’enfoncer dans la rafaille : descendre en terre.

Rafale

s. f. Misère, — dans l’argot du peuple, en proie aux bourrasques continuelles de la vie.

Rafale

adj. et s. Misérable, pauvrement vêtu ou de triste mine. Ne faudrait-il pas dire plutôt affalé ? Je crois que oui. Les marins, voulant peindre le même état d’ennui, d’embarras, de misère, disent au figuré Être affalé sur la côte, — ce qui est, en somme, être à la côte.

Rafale

Misère. La rafale souffle dur.

Rafale

Misère. Rafalé, misérable.

Rafalé

Pauvre, misérable, mal vêtu ; celui qui subit les coups de vent de la misère.

Rafalement

Honte, humiliation ; pauvreté sans dignité.

Rafaler

v. a. Abaisser, humilier, — dans l’argot des voleurs, qui savent mieux que personne combien la misère ou des vêtements pauvres peuvent ravaler un homme.

Rafaler

Humilier ; rendre misérable.

Rafaler (se)

v. réfl. Devenir pauvre ; porter des vêtements usés, — dans l’argot du peuple.

Raffale

Misère. — Mot expressif — Raffalé : Misérable, dépouillé par la raffale de la mauvaise fortune.

Tous les hommes sont des raffalés, des pingres.

Lynol.

Raffalé

Être dans la misère.

Raffale (je suis dans la)

Être au plus mal, près de mourir (Argot des voleurs).

Raffalés

Être dans la misère, emporté par la raffale de la dèche (Argot des voleurs).

Raffurer

v. a. Regagner, — dans l’argot des voleurs.

Raffurer

Regagner, — dans le jargon des voleurs.

Raffurer

Regagner.

Raffurer

Regagner. C’est le redoublement d’affure (gagner).
— J’ai raffuré du terrain sur les pescailles qui voulaient me paumer (Argot des voleurs).

Raffut

s. m. Tapage, — dans l’argot du peuple.

Raffut

Faire du bruit, de l’esclandre.

Rafiau

Bâtiment léger.

J’vas joliment gréer notre rafiau, tu verras.

Phys. du Matelot, 1843.

Rafiau

s. m. Domestique d’hôpital, infirmier.

Rafiot

s. m. Chose de peu d’importance ; camelotte. Cette expression est empruntée au vocabulaire des marins, qui appellent ainsi tout Bâtiment léger.

Rafistoler

v. a. Raccommoder.

Rafistoler

Donner une tournure présentable à un vieux vêtement de prix. On rafistole des dentelles, un châle, on rapiote une vieille culotte.

Rafistoler (se)

v. réfl. S’habiller à neuf, ou seulement Mettre ses habits du dimanche.

Rafle

s. f. Arrestation d’une bande de gens ; main basse faite sur une certaine quantité de choses. Argot du peuple.

Râfle

Arrestation en masse.

Rafle, raffe

Butin.

Rafle, rafler

Prendre. Quand un crime est commis et que les auteurs sont introuvables, la police organise des rafles dans les lieux suspects et dans les endroits où se réunissent les vagabonds. On nomme ces rafles un coup d’êpervier, parce que l’on y prend généralement beaucoup de poissons. Quand les filles publiques deviennent par trop encombrantes, on les rafle en masse. Le croupier rafle l’argent des joueurs. Le voleur rafle l’argent des passants (Argot des souteneurs).

Rafler

v. a. Prendre, saisir, chiper.

Rafraîchir (se faire)

Se faire couper les cheveux, la barbe.

L’autre soir, j’étais entré chez un coiffeur du boulevard, avec l’intention de me faire rafraîchir…

(Gil Blas, 1881.)

Rafraîchir (se)

v. réfl. Se battre au sabre, — dans l’argot des troupiers. On dit aussi : Se rafraichir d’un coup de sabre.

Rafraîchir d’un coup de sabre (se)

Se battre. — Allusion à la sensation du froid qu’on éprouve en sentant la lame pénétrer dans les chairs.

Un officier lui demanda s’il voulait se rafraîchir d’un coup de sabre.

Ed. Lemoine.

Rafraîchir d’un coup de sabre (se)

Se battre en duel au sabre, dans le jargon des troupiers.

Rafraîchir les barres (se)

Boire, — dans le jargon des soldats de cavalerie qui disent encore : se rincer les barres.

Rage de dents

s. f. Grosse faim, — dans l’argot du peuple.

Rage de dents

Grand appétit, faim canine.

Rage du cul ou rage amoureuse

Envie furieuse de jouir par la fouterie ou par la masturbation.

Ombres folles, courez au but de vos désirs :
Jamais vous ne pourrez assouvir votre rage,
Et votre châtiment naîtra de vos plaisirs.

Ch. Baudelaire.

C’est la rage luxurieuse, la lubricité forcenée, la jouissance horrible qui reste inachevée.

A. D. M. (Gamiani)

Ragot

Quart d’écu.

Ragot

Quart d’écu.

Ragot

Quart d’écu.

Ragot

s. m. Cancan, médisance, — sans doute par allusion aux grognements des sangliers de deux à trois ans, moins inoffensifs que ceux des marcassins.

Ragot

Conte en l’air, bavardage. — Faire du ragot, des ragots, tenir des propos de commère.

Ragot

Cancan, bavardage.

Ragoter

v. n. Murmurer, gronder sourdement. On dit aussi Ragonner.

Ragougnasse

Mauvais ragoût, et, par extension, tout objet de très peu de valeur. C’est de la ragougnasse.

Ragout

Soupçon.
— J’ai du ragoût sur sézières, il s’est mis à table sur mon orgue.
— Fais attention de ne pas faire de ragout, le quart nous a au chasse (Argot des voleurs).

Ragoût

s. m. Assaisonnement d’un plaisir quelconque. S’emploie souvent en mauvaise part :

J’aurois un beau teston pour juger d’une urine,
Et, me prenant au nez, loucher dans un bassin
Des ragousts qu’un malade offre à son médecin,

dit Mathurin Régnier en sa satire la Poésie toujours pauvre.

Ragoût

s. m. Relief, accentuation de couleur, hardiesse de brosse, — dans l’argot des artistes.

Ragoût

s. m. Soupçon, — dans l’argot des voleurs. Faire des ragoûts. Éveiller des soupçons.

Ragoût

Peinture vigoureuse, peinture en pleine pâte, dans le jargon des peintres.

Ragoût (avoir du)

Se dit de certaines façons habiles que certaines femmes ont de se remuer sous l’homme pour le faire godiller plus amplement qu’avec d’autres.

Mais exiger des époux
Ces petits ragoûts,
Ces exercices gentils !
Les connaissent-ils ?
Non ; tout dans le sacrement,
Se fait maussadement
Et gauchement.

Collé.

Ragoût (faire du)

Éveiller les soupçons.

Ne fais pas de ragoût sur ton dab.

N’éveille pas les soupçons sur ton maître.

(Balzac.)

Ragout de poitrine

Femme ragoûtante qui a sur la poitrine des tétons volumineux (Argot du peuple). V. Capitonnée.

Ragoût de poitrine

Seins. — Avoir du ragoût de poitrine sur l’estomac.

Ragoûtant, te

adj. Plaisant, agréable, — dans l’argot du peuple, qui emploie cette expression à propos des gens comme à propos des choses. Vieillard ragoûtant. Qui est propre, — et surtout sans infirmités. Fetmne ragoûtante. Qui excite l’appétit des amoureux.

Ragoûter

v. a. Remettre en appétit, réveiller le désir.

Raide

s. m. Eau-de-vie, — dans l’argot des faubouriens. On dit aussi Rude.

Raide

adj. Invraisemblable, difficile à croire, — c’est-à-dire à avaler. Se dit à propos d’un Mot scabreux, d’une anecdote croustilleuse. La trouver raide. Être étonné ou offensé de quelque chose.

Raide

adj. Complètement gris, — parce que l’homme qui est dans cet état abject fait tous ses efforts pour que cela ne s’aperçoive pas, en se raidissant, en essayant de marcher droit et avec dignité. On dit aussi Raide comme la Justice.

Raide

Eau-de-vie de qualité inférieure.

Raide

Eau-de-vie. Ivre. Sans argent. Difficile à croire. Faux rouleau d’or des voleurs à l’américaine.

Raide comme balle

Rapide comme un projectile.

Il a filé son chemin raide comme une balle.

Vidal 1833.

Raide comme balle

adv. Rapidement.

Raide comme balle

Rapidement. Filer raide comme balle, marcher très vite.

Raide comme la justice

Ivre. Celui qui est raide comme la justice a la conscience de sa position ; il marche vite, seul ordinairement, se redresse et fait tous ses efforts pour ne pas zigzaguer.

Raide, rude

Eau-de-vie qui gratte le gosier. On dit par analogie : C’est un peu raide, c’est d’une exigence difficile à supporter.

Comme dit le proverbe un peu de raide fait grand bien.

L. Bardas.

Raidir

Mourir.

Raidir

Bander.

Quand, plus raide que la justice,
Nez en l’air et gros de courroux,
Il s’élance pour le service,
On croit qu’il fera les cent coups.

Eugène Vachette.

Raidir

v. n. Mourir. On dit aussi Raidir l’ergot, ou les ergots.

Raidir

Mourir (Argot des voleurs).

Raidir

Mourir.

Raie du cul (la)

La rainure des fesses, la petite vallée qui se trouve entre ces deux montagnes — où tant de membres virils aiment à descendre.

Pour ne trouver la raie nette de la dame avec qui l’on s’ébat, on y gagne bonne vérole.

Brantôme.

Trois mignons de la cour se tuèrent jaloux
Pour le bien prétendu d’une raie publique.

Théophile.

Raiguisé

Avoir tout perdu. Mot à mot : il est réguisé, il va mourir (Argot du peuple).

Rail (la)

La police.

Raille

Mouchard.

Raille

Mouchard.

Raille

Mouchard.

Raille

Mouchard.

Raille

Agent de police, redouté des filles qui font le trottoir.

Cela nous avertit qu’il flâne en ce quartier
Un raille dont il faut d’abord se méfier.

L. Protat.

Raille

Police, agent de police. — Du mot égrailler : racler. Le raille vous engraille, comme la raclette vous racle. — V. Cigogne.

La raille maron te servira pour un deuxième gerbement.

Vidocq.

Raille

s. f. Les agents de police en général, — dans l’argot des voleurs.

Raille

s. m. Mouchard.

Raille

Police, agent de police. — Espion ; de rascal, rascalion, coquin, en anglais.

Raille

Agent de police.

Raille

Cette expression est ancienne, elle se trouve dans les Mystères de Paris (Argot des voleurs). V. Arnaque.

Raisiné

Du sang.

Raisiné

Sang. — Allusion de couleur. — V. Daviole.

Tu es sans raisiné dans les vermichels.

Balzac.

Raisiné

s. m. Sang, — dans le même argot [du peuple].

Raisiné

Sang, — dans le jargon des voleurs. — Faire du raisiné, avoir un saignement de nez. — Faire couler le sang.

Raisiné

Sang.

Raisiné

Sang.
— J’ai lingré le gonce, il a répandu son raisiné sur le trimard (Argot des voleurs).

Raisiné

Sang.

Raisiné

Sang.

Raisiné (du)

Du sang.

Raisiné (faire du)

v. a. Saigner du nez, — dans l’argot du peuple, qui n’a pas emprunté cette expression aux voleurs.

Raisiné, Raisin

Sang ; forme nouvelle de raisiné, qui n’était lui-même qu’une allusion de couleur entre le sang et le vin, raisiné, jus du raisin. — Il a de la raisiné à sa pelure, il a du sang sur son habit. — Faudra travailler au surin. — Merci, j’aime pas le raisin.

Raisinet

Sang.

Rajouter

v. a. Ajouter, — dans l’argot des bourgeois, qui parlent souvent le français des réalistes, émaillé de pléonasmes.

Râler

Tromper, mentir, — dans le jargon des marchands juifs.

Râler

Tromper.

Râleur

Les bouquinistes de Paris appellent ainsi ceux qui ont l’habitude de lire à leurs étalages sans rien acheter.

Râleur

s. m. Faux amateur de livres qui bouscule les boites sans rien acheter. Argot des bouquinistes.

Râleur

Menteur. Celui qui marchande trop avant d’acheter.

Râleur, Râleuse

Celui, celle qui marchande sans rien acheter, ou qui achète après avoir longtemps marchandé et obtenu une forte diminution.

Râleur, Râleuse

Menteur, menteuse ; trompeur, trompeuse, — dans le jargon des marchands juifs.

Râleuse

s. et adj. Femme qui marchande tout sans rien acheter, — dans l’argot des boutiquiers.

Râleuse

s. f. Courtière, femme chargée d’arrêter les passants pour leur proposer de la marchandise. Argot des marchandes du Temple.

Râleuse

Femme du Temple chargée d’attirer le client dans un magasin. C’est un diminutif de racoleuse.

Râleuse

Femme du Temple qui entraîne le client dans la boutique.

Raleuses

« Les raleuses sont des racoleuses ou courtières lâchées par les marchands (du Temple) sur le gonze pour le forcer à acheter. » — Mornand.

Rallonge

Couteau.

Rama

« Des riens constituent chez certaines classes parisiennes un esprit drolatique dans lequel la bêtise entre comme un élément principal et dont le mérite consiste particulièrement dans le geste et la prononciation. Cette espèce d’argot varie continuellement. La plaisanterie qui en est le principe n’a jamais un mois d’existence. Un procès en cour d’assises, une chanson des rues, les farces d’un acteur, tout sert à entretenir ce jeu d’esprit. La récente invention du Diorama qui portait l’illusion de l’optique à un plus haut degré que dans les panoramas avait amené dans quelques ateliers de peinture la plaisanterie de parler en rama. » — Balzac. — « Eh bien ! monsieur Poiret, dit l’employé, comment va cette petite santérama ? » — Id.

Rama

s. m. Grelot que les artistes trouvaient drôle, vers 1838, d’attacher à tous leurs mots, pour parodier les Dioramas, les Panoramas et autres Géoramas alors en vogue. C’était leur javanais. Parler en rama. Ajouter rama à toutes les phrases.

Rama

Syllabes placées à la fin d’un mot pour lui donner un cachet bizarre. (V. Le père Goriot de Balzac.) Le café devient le caférama, la viande, la viandorama, le bœuf, le bœuforama. Remplacé, depuis, par les désinences, plus euphoniques, mar, muche et mince.

Rama

Syllabe que l’on ajoute après certains mots pour les rendre bizarres, ex : caférama (café).

Ramamichage

Réconciliation entre enfants. — Ramamicher, favoriser une réconciliation. Se ramamicher, se réconcilier.

Ramamicher

Réconcilier.

Ramas

Dortoir du bagne.

Ramasser

Arrêter.

Ce qu’elles craignent par dessus tout, c’est d’être ramassées sous le cruel prétexte de vagabondage.

M. Waldor.

Ramasser

v. a. Arrêter ; conduire en prison, — dans l’argot des faubouriens. Se faire ramasser. Se faire arrêter.

Ramasser

Arrêter sur la voie publique ; appréhender au corps. Se faire ramasser, se faire arrêter sur la voie publique, dans un bal public. Se dit principalement en parlant des ivrognes et des tapageurs.

Ramasser

Arrêter. Faire des reproches.

Ramasser

Se faire ramasser, c’est se faire arrêter. Quand un individu tient un langage imprudent ou qu’il dit des bêtises, il se fait ramasser (rappeler à l’ordre). Dans le peuple, on dit :
— Nous l’avons relevé du péché de paresse.
On dit également à une femme qui vous embête :
— Allons, ramasse tes cliques et les claques et fous le camp (Argot du peuple). N.

Ramasser

Recevoir des reproches ou réprimandes.

Ramasser (se)

v. réfl. Se relever lorsqu’on est tombé.

Ramasser (se)

Conclure, résumer, — dans le jargon du peuple. — Ramasse-toi, voilà une heure que tu bafouilles.

Ramasser des épingles, des marrons

Avoir des mœurs innommables. On dit aussi : En être.

Ramasser ses outils

Mourir, — dans l’argot des ouvriers.

Ramasser un bidon

Se sauver et, principalement, s’évader, — dans le jargon des voleurs ; synonyme de se mettre une gamelle.

Ramasser un bouchon

Tomber de cheval. — On dit aussi : prendre mesure d’une schabraque.

Ramasser une bûche

Tomber.

Ramasser une pelle

Tomber. Jargon des voyous.

M… alors… ; j’ramasse une pelle… C’est c’cul-là qui m’a poussé.

(R. Ponchon.)

Ramasser une pelle

Tomber.

Ramasser une pelle

Être certain de réussir une affaire et la rater. Faire la cour six mois à une femme au bout desquels elle vous envoie promener. Ramasser une pelle, se dit de tout ce qui manque (Argot du peuple). N.

Ramasser une pelle

Quand on ne réussit pas, on ramasse une pelle.

Ramasser une pelle

Tomber.

Ramasseur de mégots

Ramasseur de bouts de cigares et de débris de cigarettes. Ces mégots sont séchés, triés, hachés, puis vendus par paquets aux ouvriers. La bourse aux mégots se tient place Maubert, au pied de la statue d’Étienne Dolet (Argot du peuple).

Ramastiquer

v. a. Ramasser, — dans l’argot des voleurs.

Ramastiquer

Ramasser.

Ramastiquer

Ramasser.

Ramastiquer

Ramasser.

Ramastiqueur

Filou ramassant à terre des bijoux faux perdus par un compère et les cédant à un passant moyennant une prime qui dépasse leur valeur réelle.

Ramastiqueur

s. m. Variété de filous décrite par Vidocq.

Ramastiqueur

Filou qui vend à une dupe, comme étant de l’or, un bijou en imitation, soi-disant trouvé sur la voie publique.

Ramastiqueur

Désigne le genre de vol qui consiste à ramasser à terre un bijou faux qu’un compère a préalablement laissé tomber (Argot des voleurs). V. Trouceurs.

Ramastiqueur

Celui qui commet l’escroquerie au ramastique qui consiste à ramasser ou faire semblant de ramasser, devant une bonne tête, un écrin contenant une chaîne, dite Jeannette, avec une petite croix imitation or, d’une valeur de soixante-cinq centimes. Le ramastiqueur dit : « Part à deux », et ouvre l’écrin, en évalue la soi-disant trouvaille à une dizaine de francs ; la bonne tête donne 5 francs, et c’est un bénéfice de 4 fr. 35 pour le ramastiqueur. Ce genre d’escroquerie se fait à la campagne, mais à Paris, il y a une autre façon qui se pratique aux abords des gares : le ramastiqueur remarque un frais débarqué, bon à faire, il le suit, et à un moment donné, il ramasse, de façon à être aperçu, un écrin, puis il s’adresse au frais débarqué et lui dit : part à deux ; l’écrin contient une bague en or, ornée d’un brillant ; on la fait évaluer chez le plus proche bijoutier qui l’estime 80 francs ; il est rare que le voyageur ne donne pas 40 francs pour un bijou estimé 80. Mais le ramastiqueur avait un autre écrin semblable, contenant une bague exactement la même que celle que l’on a fait estimer, elle est en doublé et ornée d’un simili d’une valeur de 1 fr. 50 ; il la remet au voyageur en échange de 40 francs.

Ramastiqueur d’orphelins

Négociant qui ramasse les bouts de cigarettes, les bouts de cigares.

Rambiner

Raccommoder, ressemeler.

Tout le monde sait que son père rambinait les croknaux.

(Tam-Tam, du 2 juin 1878.)

Rambuteau

Guérite-urinoir — Du préfet qui en a doté la voie publique.

Rambuteau

s. m. Colonne ad usum lotii des promeneurs, établie le long de nos boulevards sous l’édilité du comte de Rambuteau.

Rambuteau

Urinoir public en forme de minaret. Gracieuse attention de l’ancien préfet de la Seine, M. de Rambuteau, qui a attaché son nom à ces utiles guérites à dôme, aujourd’hui, en partie, remplacées par les cuirassés.

Rame

Plume.

Rame

s. f. Plume, — dans l’argot des voleurs.

Ramène

Ramener, est, pour la fille publique, trouver des clients, avec qui elle va dans l’hôtel où elle a l’habitude de ramener.

Ramener

Garnir tant bien que mal le sommet du crâne avec quelques rares mèches de cheveux empruntées à la nuque. C’est ce qu’Alphonse Karr appelle :

En emprunter un qui vaut dix.

Ramener

Se dit de celui qui est dénudé, qui laisse pousser ses cheveux longs sur les côtés de la tête, pour les ramener au sommet.

Rameneur

s. m. Homme affligé de calvitie, qui essaye de la dissimuler en ramenant habilement ses derniers cheveux sur le devant de sa tête — et « empruntant ainsi un qui vaut dix ».

Rameneur

Vieux beau qui ramène sur le sommet de sa tête, sur les tempes, deux ou trois mèches de cheveux qui s’égarent sur sa nuque.

Rameneur

Vieux beau qui ramène la mèche de cheveux qui lui reste sur le sommet de la tête ou sur le front. Se dit aussi de l’homme qui recrute des joueurs pour un cercle.

Rameneur

Homme qui n’a que quelques cheveux et les ramène en avant sur son front pour faire croire à une chevelure abondante (Argot du peuple).

Rameneuse

s. f. Petite dame dont la spécialité est de faire espalier à la porte des cafés du boulevard, vers l’heure de la fermeture, afin d’y nouer connaissance avec quelque galant homme.

Rameneuse

Fille, femme ou veuve qui n’aime pas rentrer seule chez elle, le soir, pour une cause quelconque.

Rameneuse

Fille publique qui ramène les hommes qu’elle raccroche à son garni.
— J’ai une chouette gosse, hier elle a ramené dix fois (Argot des souteneurs).

Ramicher

v. a. Réconcilier des gens fâchés — dans l’argot du peuple. Se ramicher. Se dit des amants qui se reprennent après s’être quittés.

Ramolli

s. et adj. Imbécile, ou simplement Ennuyeux, — dans l’argot des faubouriens.

Ramolli

Imbécile ; hébété ; abruti. Celui dont l’intelligence est atrophiée par suite d’excès, celui dont le cerveau estramolli. Le jeu et les femmes contribuent à faire des ramollis. — Tas de ramollis !

Ramolli

Imbécile.

Ramollot

Type d’officier abruti.

Ramollot

Homme ramolli, sans consistance, qui rabâche vingt fois la même chose. Le capitaine Ramollot a fait rire tout Paris. L’expression est récente (Argot du peuple). N.

Ramona

s. m. Petit Savoyard, qui, aux premiers jours d’automne, s’en vient crier : haut en bas, par les rues des villes, barbouillé de suie, raclette à la ceinture et sac au dos. C’est parfois un petit Auvergnat.

Ramonage

Rabâchage, murmures réitérés.

Ramoner

v. n. Murmurer, marmotter, parler entre ses dents, — par allusion au bruit désagréable que fait le ramona en montant et en descendant dans la cheminée qu’il nettoie.

Ramoner

Marmotter ; rabâcher.

Ramoner

Confesser, — dans l’argot des congréganistes ; c’est-à-dire : ramoner la conscience.

Ramoner

Murmurer, marmotter. Confesser.

Ramoner (se faire)

Se confesser.

Ramoner une femme

Faire l’acte vénérien avec elle, passer et repasser l’outil priapique, le ramon de l’homme, dans sa petite cheminée, non pour la débarrasser de ses impuretés, mais, en réalité, pour en mettre de nouvelles.

— Mes belles, c’est vous que je cherche
Pour vous montrer une leçon ;
Et croyez-moi, vos cheminées.
Seront promptment ramonées
Si vous éprouvez ma façon.

(Ballet des chercheurs de midi à quatorze heures.)

Ramoner, Ramoner la cheminée

Administrer un purgatif. — Recourir au dieu Mercure à l’état de deutochlorure pour guérir les blessures faites par Vénus.

Ramor

Âne, imbécile, — dans le jargon des marchands juifs.

Ramor

Imbécile, dans l’argot des juifs.

Rampe

s. f. Le cordon des lumières qui éclairent la scène, — dans l’argot des coulisses. Se dit aussi pour : Théâtre, scène, coulisses. Princesse de la rampe. Actrice. Se brûler à la rampe. Jouer pour soi, — s’approcher trop près du public, sans s’occuper des autres acteurs en scène.

Rampe (lâcher la)

Mourir. — Mot à mot : dégringoler l’escalier de la vie.

Ton oncle s’est laissé mourir ? — Le pauvre cher homme ! Il vient de lâcher la rampe.

Tintamarre.

Rampeau !

Coup nul, — dans l’argot des enfants, lorsqu’ils jouent aux billes ou à la balle. Les vieux joueurs de boule emploient la même expression à propos du second coup d’une partie en deux coups de boule.

Rampo

Coup nul au jeu de billes, aux quilles, et, en général, à tous les jeux d’enfants.

Rampo

Coup nul.

Ramponer

v. n. Boire, s’enivrer. L’expression date évidemment du fameux Ramponneau, le cabaretier de la Courtille.

Ramser

Raccrocher, — dans l’argot des filles. Pour ramasser.

Rancard

Renseignements.
— J’ai besoin d’un rancard sur un tel.
— Le rancard du probloque est tout ce qu’il y a de plus mouche.
Le rancard est un terme convenu pour la correspondance des tenanciers de claquedents avec les placiers qui les alimentent de camelottes (Argot des souteneurs).

Rancard

Veut aussi dire renseignement, endroit. Un agent de police dira :

On m’a donné un rancard où se réunissent des voleurs.

Rancard (mettre au)

De côté. — « J’ai mis 20 francs au rancard pour payer mon terme de loyer. » — « Mon vélocipède était trop vieux, je l’ai mis au rancard. »

Rancard ou rancart

Mettre quelque chose ou quelqu’un dont on ne veut plus au rancart, de côté. Un coup de rancart est aussi une chose imprévue, comme le fait par exemple de raccrocher une femme dans lui lieu public (Argot des souteneurs).

Rancarder

Renseigner.

Rancarder

Renseigner.

Rancart

v. Rencart.

Rancart

Objet de peu de valeur.

La plupart des volumes entassés dans les caisses étaient des rancarts de librairie, des rossignols sans valeur ; des romans mort-nés…

(Huysmans : À vau l’eau.)

Mettre au rancart, abandonner, jeter dans un coin. C’est le synonyme de mettre au cabinet, d’Alceste.

Rancart (mettre au)

Jeter ce qu’on ne veut plus, un renseignement.

Rancké

Pièce de deux francs.

Randève

Rendez-vous.

Rang

s. m. Armature de bois qui supporte toujours les casses, et quelquefois les ouvriers typographes.

Ranger

v. a. Mettre en pâte. Ce mot est employé ironiquement et par antiphrase. Lorsqu’un homme de conscience laisse échapper de ses mains un compartiment de casse, un paquet de distribution ou tout autre objet, les compagnons charitables ne manquent pas de s’écrier, en appuyant sur le dernier mot : Ce n’est rien ; c’est la conscience qui range !

Ranger

Mettre en pâte, par ironie.

Lorsqu’un homme de conscience laisse échapper de ses mains un compartiment de casse, un paquet de distribution ou tout autre objet, les compagnons charitables ne manquent pas de s’écrier en appuyant sur le dernier mot : Ce n’est rien, c’est la conscience qui range

(Boutmy.)

Ranger des voitures (se)

Se retirer du monde des plaisirs. On dit encore : se retirer de la circulation. Cette dernière expression signifie également se marier.

Rangraisser, rengracier

Se taire, renoncer.

Rangs

s. m. pl. Tréteaux sur lesquels les casses sont placées. Un rang est disposé pour deux compositeurs.

Rap

Le dos.

Rapapilloter

Un ménage désuni se rapapillotte. Mot à mot : se raccommode. La chanson populaire dit : Je me rapapillote Avec Charlotte. (Argot du peuple). N.

Rapapiotage

Réconciliation. — Rapapioter, réconcilier. Rapapioteur, rapapioteuse, celui, celle, par l’entremise de qui s’est faite une réconciliation.

Rapatrier (se)

Se réconcilier, — dans l’argot du peuple.

Rapatu

Morpion.

Rape

Dos.

Rape

Le dos. Rape, avare.
— Il est dur comme la rape du menuisier.
C’est de rape qu’on a fait rapiat pour désigner les auvergnats, qui, comme on le sait n’attachent pas leur chien avec des saucisses (Argot des voleurs et du peuple). N.

Râpe

s. f. Le dos, — dans l’argot des voleurs.

Râpe

Dos et, principalement, dos de bossu, dos bombé en forme de râpe.

Râpe

Avare.

Il n’offre jamais rien, c’est une râpe.

Râpe

Dos (le vrai mot est râble).

Râpé (un)

Un officier sans fortune.

Râpé comme la Hollande

Très minable. Allusion au fromage de Hollande râpé.

Rape d’orient

Diamant.

Raper

Chanter mal.

Raper

Chanter. Vieille expression de goguette pour qualifier un chanteur qui écorchait les oreilles de ses auditeurs. Mot à mot : il rapait sa chanson (Argot du peuple). N.

Râper

Chanter. (L. Larchey) Et, principalement, chanter d’une manière monotone, ou chanter une chanson idiote, une chanson qui rappelle le bruit de la râpe.

Rapiat

Auvergnat, avide, avare. — D’Hautel (1808) fait venir ce mot de Rapiamus. — V. Flanelle.

Rapiat

s. m. Auvergnat, Savoyard. Même argot [des voleurs].

Rapiat

s. et adj. Cupide, avare, un peu voleur même, — dans l’argot du peuple.

Rapiat

Rapace. Le rapiat n’est pas précisément un voleur. Il aime l’argent, il ne néglige aucune occasion d’en gagner. Pour lui, il n’y a pas de petits profits. À la rapacité, il joint ordinairement l’avarice ; c’est alors le plus beau spécimen du genre, le superlatif de rat.

Rapiat

Rapace. Avare.

Rapiau

Fouille, recherche. Faire le rapiau, chercher des objets volés.

Rapide (le)

Train rapide sur les grandes lignes de chemins de fer. Le rapide marche un peu plus vite que l’express, sans plus d’accidents que les trains de banlieue.

Rapin

« Ce joyeux élève en peinture qu’en style d’atelier on appelle un rapin. » — Balzac.

Rapin

s. m. Mauvais peintre, — dans l’argot des bourgeois.

Rapiole

Fille publique.

Rapiot

s. m. Pièce mise à un habit ou à un soulier, — dans l’argot des faubouriens.

Rapiot

Rapiécetage, ravaudage.

Rapiot

Rapiécetage. Fouille des condamnés.

Rapioter

Rapiécer.

Monsieur, faites donc rapioter les trous de votre habit.

Mornand.

Rapioter

v. a. Rapiécer.

Rapioter

v. a. Fouiller, — dans l’argot des voleurs.

Rapioter

Repriser, rapiécer, raccommoder, — dans le jargon des marchands fripiers et des savetiers.

Rapioter

Fouiller un condamné, — dans le jargon des voleurs. Autrefois le mot s’appliquait à la visite pratiquée sur les condamnés en partance pour Toulon, Brest et Rochefort. — Le grand rapiot, c’était la visite préliminaire qu’on pratiquait sur les condamnés qui, à leur sortie de Bicêtre, étaient dirigés sur les bagnes.

Rapioter

Fouiller dans les poches de quelqu’un. Ce devrait être dépioter puisque l’on le fouille dans l’intention de le dévaliser. Cette expression est néanmoins employée par les voleurs. Les ouvriers tailleurs sont plus logiques. Pour rapiécer (mettre une pièce), ils disent rapioter (Argot des voleurs et des tailleurs).

Rapioteur

Ravaudeur. Rapioter, ravauder.

Rapioteur, Rapioteuse

Raccommodeur, raccommodeuse de vieilles hardes.

Georges Cadoudal, avant son arrestation, avait trouvé asile chez une jeune rapioteuse du Temple.

(F. Mornand, La Vie de Paris.)

Rapiquer

v. n. Revenir quelque part, retourner à quelque chose. Argot des faubouriens. On dit aussi et mieux Rappliquer.

Rapliquer

Venir souvent.

Rapliquer

Arriver.

Rapointi

Maladroit. — Souffre-plaisir des émigrés de Gomorrhe, — dans le jargon des ouvriers du fer ; par réminiscence des déchets de fer nommés rapointis de ferraille.

Rapointi

Homme sans valeur ou de mœurs innommables.

Rappiller (se)

Se sauver.

Rappliquer

Revenir.

Rappliquer

Revenir (V. Flacul), Répliquer (V. Suage).

Rappliquer

Retourner, revenir, rentrer. Rappliquer à la taule, rentrer à la maison.

Rappliquer

Arriver, revenir. — On rapplique à la caserne, à l’exercice, à la soupe, etc.

Rappliquer

Retourner, revenir.

Rappliquer

Revenir.
— Depuis huit jornes que je suis en bordée, je rapplique à la piaule, mince de suif à la clé (Argot du peuple).

Rappliquer

Venir, aller, se rendre.

Rappliquer

Revenir.

Rappointis

Morceau de fer pointu, forgé par un apprenti. On appelle ainsi les chétifs (Argot du peuple). V. Avorton. N.

Rappointis

Vieux outils.

Rapporteur

s. m. Élève qui dénonce ses camarades au maître. Argot des écoliers.

Raquer

Payer. « Quel est celui de nous qui va raquer la dépense ? » Celui qui a été condamné a raqué.

Raquer

Payer.

Rasé

Curé, prêtre.

Rase-pet

Veste.

Raser

Railler. Jadis on disait faire la barbe.

Pour aviser au moyen de faire la barbe à la municipalité de Paris.

1793, Hébert.

On a commencé à dire des blagueurs. Aujourd’hui, on dit des raseurs.

Gazette de Paris.

Raser

v. a. Ennuyer, être importun, — comme le sont ordinairement les barbiers, gens qui se croient obligés, pour distraire leurs pratiques sur la sellette, de leur raconter des fariboles, des cancans, des anas aussi vieux que Mathusalem. Argot du peuple et des gens de lettres. On disait il y a cent ans : Faire la barbe.

Raser

Ennuyer. — Railler. — Ruiner.

Elle s’est essayée sur le sieur Hulot qu’elle a plumé net, oh ! plumé, ce qui s’appelle rasé.

(Balzac, La Cousine Bette.)

Raser

Blaguer, conter des bourdes, — dans l’argot des marins.

Raser

Enlever à ses camarades une vente, faire une vente au préjudice d’un camarade, — dans le jargon des commis de la nouveauté. C’est une variante moderne de faire la barbe.

Raser

Ennuyer, importuner. Railler.

Raser

Ennuyer quelqu’un en lui causant, c’est le raser ; on dit aussi barber.

Raseur

« Le raseur est l’individu qui croit vous intéresser infiniment par le récit des choses les plus ennuyeuses dont sa mémoire est ornée. — Une fois qu’il tient votre bras, le raseur ne vous quitte plus. » — A. Scholl, 1853.

Raseur

Commis en nouveautés qui procède comme il est indiqué ci-dessus.

Raseur

Être ennuyeux, qui vous raconte des riens pendant des heures entières (Argot du boulevard). V. Crampon.

Raseur

Voir raser.

Raseur

Bavard ennuyeux.

Raseur, Rasoir

Bavard, importun, ennuyeux personnage qui vous tanne, qui produit sur les nerfs l’effet que produit sur la peau un rasoir ébréché.

Raseur, rasoir

Personnage ennuyeux, importun.

Raseuse

La femelle du raseur. — Femme qui importune ses anciens amants par des demandes incessantes d’argent.

Rasi

Curé.

Rasibus

prép. Tout près, tout contre, au ras, -— dans l’argot du peuple.

Rasoir

s. m. Homme ennuyeux. Rasoir anglais. Le plus ennuyeux, — les rasoirs qui viennent de Londres ayant la réputation d’être les plus coupants du monde. On dit aussi Raseur.

Rasoir !

Exclamation de la même famille que Des navets !

Rasoir (faire)

N’avoir plus un sou.

Car tu n’as rien, ça fait rasoir.

(Riche en gueule ou le nouveau Vadê, 1824.)

Rasoir (main, banque)

Main qui, à la faveur d’une interminable série de coups heureux, enlève l’argent des pontes ou celui du banquier comme un bon rasoir enlève le poil.

Les banques rasoirs, comme il les appelait, tombaient toujours entre les mêmes mains.

(Vast-Ricouard, Le Tripot.)

Rasoir de la cigogne

Guillotine. La variante est : Rasoir à Roch. M. Roch était encore en 1879 l’exécuteur des hautes œuvres.

Rasoir national

s. m. La guillotine, — dans l’argot des révolutionnaires de 1793. Passer sous le rasoir national. Être exécuté.

Raspail

Liqueur de Raspail, eau-de-vie.

Ami, prends un sou de raspail,
Pour rincer de tes dents l’émail.

La Maison du Lapin blanc, typ. Appert.

Raspail

Liqueur au camphre fabriquée d’après la recette de Raspail.

Rassembler (se faire)

Argot militaire. Se faire réprimander, punir.

Rassis

Gâteau rassis, pâtisserie de la veille. Les rassis se vendent au rabais, le quart, environ, de la pâtisserie du jour ; quelquefois le même prix ; alors l’acheteur est volé.

Rastaquère

Étranger et principalement Brésilien en toilette riche et de mauvais goût, — dans le jargon des boulevardiers.

Il y avait à côté d’elle un gros monsieur, à cravate voyante, avec des gants de peau de chien extravagants, et couvert de bijoux. Ses cheveux noir-bleu frisaient sous un chapeau gris qui faisait paraître encore plus basanée la figure de son possesseur. C’était un rastaquère de la plus belle eau.

(Vicomte Richard, Les Femmes des autres.)

Rastaquouère

Aventurier d’origine équivoque venu à Paris pour faire le plus souvent des dupes.

Rat

« Le rat est un des éléments de l’Opéra, car il est à la première danseuse ce que le petit clerc est au notaire… — Le rat est produit par les portiers, les pauvres, les acteurs, les danseurs. Il n’y a que la plus grande misère qui puisse conseiller à un enfant de huit ans de livrer ses pieds et ses articulations aux plus durs supplices, de rester sage jusqu’à dix-huit ans uniquement par spéculation et de se flanquer d’une horrible vieille comme vous mettez du fumier autour d’une jolie fleur… — Un rat à onze ans est déjà vieux. Dans deux ans elle peut valoir 60 000 francs, être rien ou tout, un nom célèbre ou une vulgaire courtisane. »

Roqueplan. 1841.

Rat

Bougeoir, bougie mince et tortillée dont le brin rappelle la queue du rat.

Je vous demanderai la permission d’allumer mon rat.

H. Monnier.

Rat

Avare, pauvre.

Je vous dénonce mon propriétaire qui est un rat fini.

Bertall.

Rat

« Petits pégriots qui se cachaient à la brune sous un comptoir afin d’ouvrir la nuit la porte du magasin à leurs collègues. Il paraît qu’on ne fermait qu’au pène les boutiques dans ce temps-là. Aujourd’hui le rat qui restera en vedette chez un marchand de vin aurait besoin de ses amis du dehors pour le délivrer. » — A. Monnier.

Rat

« Cette expression s’applique à tout retardataire de l’École polytechnique. Quiconque après son examen de sortie est exclu par son rang des ponts et chaussées est rat de ponts ; le rat de soupe est celui qui arrive trop tard à table. »

La Bédollière.

Rat

Caprice, fantaisie trottant comme un rat dans la cervelle. V. d’Hautel, 1808.

Rat

s. m. Petit voleur qui entre dans une boutique un peu avant sa fermeture, se cache sous le comptoir en attendant que les maîtres du logis soient couchés, et, lorsqu’il est assuré de l’impunité, ouvre la porte à ses complices du dehors. On dit aussi Raton. Courir le rat. Voler la nuit dans une auberge ou dans un hôtel garni.

Rat

s. m. Caprice, — dans l’argot du peuple, qui dit cela aussi bien à propos des serrures qui ne vont pas que des gens qui font mauvaise mine. Autrefois, Avoir des rats c’était « avoir l’esprit folâtre, bouffon, étourdi, escarbillard, farceur et polisson ».

Rat

s. et adj. Avare ; homme intéressé.

Rat

s. m. Bougie cordelée et repliée de façon à tenir dans la poche. On l’appelle aussi, rat de cave.

Rat

s. m. Retardataire, — dans l’argot des Polytechniciens. Rat de ponts. Celui qui, après son examen de sortie, est exclu par son rang des Ponts-et-Chaussées. Rat de soupe. Celui qui arrive trop tard au réfectoire.

Rat

s. m. Petite fille de sept à quatorze ans, élève de la danse qui est à la première danseuse ce que le saute-ruisseau est au notaire, et qui devient bien plus facilement célèbre comme courtisane que comme rivale de Fanny Essler. Le mot date de la Restauration, quoique quelques personnes — mal informées — lui aient donné, comme date, 1842, et comme père, Nestor Roqueplan.

Rat

Retardataire, par apocope, — dans le jargon de l’École Polytechnique. On est rat, lorsqu’on a raté (manqué) l’heure de la rentrée.

Rat

Avare. Parce qu’à l’exemple du rongeur de ce nom il rogne tout ce qu’il peut.

Rat

Apprentie danseuse à l’Opéra.

Le vrai rat, en leur langage, est une petite fille de sept à quatorze ans, élève de la danse, qui porte des souliers usés par les autres, des châles déteints, des chapeaux couleur de suie, se chauffe à la fumée des quinquets, a du pain dans ses poches et demande dix sous pour acheter des bonbons.

(N. Roqueplan.)

Rat

Avare. Petit voleur. Retardataire. Apprentie danseuse à l’Opéra.

Rat (courir le)

Voler la nuit, dans les maisons meublées, dans les hôtels garnis.

Rat (courir le)

Voler la nuit. Allusion au chat qui ne sort que la nuit pour chasser le rat, excepté qu’ici il faut retourner le fait, c’est le rat qui chasse le chat — le passant (Argot des voleurs). N.

Rat de cave

s. m. Employé de la régie, — dans l’argot des marchands de vin V. Rat.

Rat de palais

Clerc d’huissier qui attend les malheureux avant l’audience des référés pour accrocher une pièce de cent sous. Hommes d’affaires véreux qui passent leur existence dans la salle des Pas-Perdus à la recherche d’un imbécile. Rat de palais, en un mot tous les rongeurs qui rongent les plaideurs (Argot du peuple). N.

Rat de prison

Avocat.

Rat de prison

Avocat. — Allusion aux visites qu’il rend aux prisonniers.

Rat de prison

s. m. Avocat, — dans l’argot des voleurs.

Rat de prison

Avocat.

Rat de prison

Avocat.

Rat de prison

Avocat. Allusion à ce que ces messieurs grignottent à belles dents l’argent, des prisonniers qui ont besoin de leurs services. Sangsue serait plus juste que rat (Argot des voleurs).

Rat de prison

Avocat.

Rat, Raton

Petit voleur, voleur de petite taille, enfant dressé au vol. C’est le rapin du voleur. L’exiguïté de sa taille le rend très utile dans certaines expéditions. Elle lui permet de se faufiler par les toits de cheminées, et de frayer la route aux filous de toutes les tailles..

Rata

Abréviation de ratatouille.

Pour le rata : faites bouillir de l’eau, prenez des pommes de terre, jetez le légume choisi dans la bassine, ajoutez 3 kilogr. de lard par cent hommes, remuez et servez.

La Bédollière.

Rata

s. m. Ragoût de pommes de terre et de lard, — dans l’argot des troupiers.

Rata

C’est le ragoût servi aux troupiers les jeudis et les dimanches ; pour ratatouille, mauvais ragoût. Rata aux pommes, ragoût aux pommes de terre que les restaurateurs des grands boulevards appellent pompeusement : « Un navarin », et qu’ils font payer en conséquence.

Rata

Ragoût composé de toute espèce de viande et légumes.

Ratafia de grenouilles

Eau, — dans le jargon des ivrognes.

Ratafiat de grenouille

s. m. L’eau, — dans l’argot du peuple. On dit aussi Anisette de barbillon et Bourgogne de cheval.

Ratapiaule

Raclée.

Evidemment la perspective d’une ratapiaule vous fera ch…anceler dans vos calintes.

(L’art de se conduire dans la société des pauvres bougres.)

Ratapoil

s. et adj. Partisan quand même du 1er Empire et admirateur aveugle de l’empereur Napoléon.

Ratapoil

Type du vieux soldat du premier Empire. — Vieux soldat qui a conservé le culte des Napoléon et perdu, le plus souvent, au moins un membre.

Ratatouille

s. f. Mauvais ragoût, plat manqué.

Ratatouille

s. f. Coups donnés ou reçus.

Ratatouille

Se battre est se flanquer une ratatouille.

Ratatouille

Mets mal préparé.

Ratatouille (en recevoir une)

Être battu.
— Je vais te foutre une ratatouille, numéro un.
On dit également :
— Je vais te tremper une soupe (Argot du peuple). N.

Ratatout

Atout redoublé. Jouer cœur atout, et ratatout.

Raté

Manquer une affaire, rater un coup… de fusil, un examen. D’un homme petit, on dit : il est raté. En littérature, en musique, en peinture, une œuvre est ratée lorsqu’elle est incomplète. Un homme qui donnait de belles espérances et qui n’arrive à rien est un raté. En un mot, raté se dit de tout ce qui n’est pas bien (Argot du peuple).

Rateau

Agent de police, — dans le jargon des camelots.

Rateau

Agents de police. Ils ratissent les voleurs (Argot des voleurs).

Râteau

Gendarme, agent, dans l’argot des malfaiteurs.

Le terme est nouveau ; veuillez ne pas l’oublier et remarquer toute la justesse de l’expression. L’agent de police en effet nous ratisse et nous englaise dans la piaule.

(A. Belot : Le Roi des Grecs).

Faut suriner les pantres
À coups d’couteaux dans le ventre
Et crever d’coups d’marteaux
La cervelle aux râteaux.

(Chanson, 1884.)

Râteau

Gendarme. Agent. Prêtre.

Râteau

Agent de police.

Sauvons-nous, v’là les râteaux.

Râteaux parce qu’ils râtissent, (prennent). Un peigne est aussi un râteau.

Rateau (faire son, faire du)

Faire, comme punition, un service supplémentaire à l’expiration des vingt-huit jours que, chaque année, les réservistes doivent à l’État, — dans le jargon des soldats de la réserve. C’est la variante de faire du rabiau.

Rater

v. a. Échouer dans une entreprise, manquer une affaire, — amoureuse ou autre. Argot du peuple. Rater une femme. Ne pouvoir réussir à s’en faire aimer après l’avoir couchée en joue.

Rater

Manquer une affaire.

Rater une femme

Ne pouvoir bander assez raide au moment suprême où la femme, pamée et déjà délirante dans l’attente de la félicité promise, ouvre les cuisses et ferme les yeux.

Non, mais tout de bon, je vous rate… Vous n’êtes puisqu’une comtesse ratée.

La Popelinière.

Je rate, hélas ! également,
Le poisson, ma belle et ma muse.

Béranger.

Rater une femme

La baiser, en égoïste, et sans la faire jouir.

Quand je la baise, ma femme
S’obstine à ne pas bouger…
Comment faut-il de cela,
Punir cette ingrate-là ?
— Rate-la !

Aug. Gilles.

Rateur

Homme qui a plus grands yeux que grosse pine et qui reste en affront devant la femme qui l’attend, cuisses ouvertes, fesses frémissantes.

Quand il fait le séducteur,
Sur mon honneur ! ça me vexe :
Car à l’endroit du beau sexe
Il n’est pas à d’mi rateur.

Jules Poincloud.

Ratiboisé

Ruiné.

J’ai fait faillite comme un vrai commerçant ; ratiboisé, ma chère.

(Huysmans, Marthe.)

Ratiboisé

Plus le sou.
— Je n’ai plus le sou, je n’ai plus de crédit et pas envie de bien faire, je suis ratiboisé (Argot du peuple).

Ratiboisé

Décavé, sans le sou.

Ratiboiser

Prendre, voler.

Ratiboiseur de cabot

Voleur de chiens. C’est une industrie toute spéciale, elle est florissante au printemps quand les chiennes sont amoureuses. Les chiens une fois volés, sont tondus, maquillés pour les rendre méconnaissables, puis expédiés en Angleterre à une association affiliée aux voleurs parisiens. Ce vol est des plus simples, il faut être deux pour l’accomplir. Pendant que l’un fait la cour à la bonne qui promène Tom ou Mirza, le complice profite de son inattention, il enlève le cabot (Argot des voleurs). N.

Ratiboiseur de landau à baleines

Voleur de parapluies. On les nomme aussi des ratiboiseurs à l’échange. Le voleur entre dans un grand café, il a un mauvais parapluie à la main, il le place au porte-parapluie, au milieu des autres. Il s’assied à côté pour guigner de l’œil le plus beau, il paye sa consommation, se lève sans affectation en emportant le parapluie sur qui il a jeté son dévolu. Si l’on s’aperçoit de l’échange, il s’excuse de s’être trompé, puis s’en va tranquillement. Il est rare que ce vol ne réussisse pas (Argot du peuple). N.

Ratiche

Église, — dans le jargon des voleurs. — Blaireau de ratiche, goupillon. — Calot à blaireau, donneur d’eau bénite ; calot est pour calotin.

Ratiche

Église.

Ratichon

Abbé, prêtre.

Ratichon

Prêtre.

Ratichon

Abbé, prêtre.

Ratichon

Aumônier.

Ratichon

Prêtre.

Ratichon

Prêtre, curé.

Ratichon

Peigne.

Ratichon

s. m. Abbé, prêtre, — dans l’argot des voyous et des voleurs. Serpillière de ratichon. Soutane de prêtre. On dit aussi Rasé ou Rasi.

Ratichon

s. m. Peigne, — dans l’argot des faubouriens.

Ratichon

Peigne. Le peigne a la forme d’un râteau, et c’est en effet le râteau de ce gazon qu’on nomme la chevelure.

Ratichon

Peigne. Prêtre.

Ratichon

Curé. Ratichon est un mot ancien. On le trouve dans Olivier Chéreau à propos des Arche-Suppots chargés de réformer le langage, mais là, il n’est pas pris dans le sens de prêtre (Argot des voleurs).

Ratichon

Curé.

Ratichon

Prêtre.

Ratichon, rasé, raze, razi

Prêtre. — Mot à mot : ratissé, rasé. — Allusion à sa tonsure et à sa figure rosée. V. Momir.

Ratichonné

Peigné.

Ratichonner

v. a. Peigner.

Ratichonner

Peigner.

Ratichonnière

s. f. Église.

Ratichonnière

Communauté religieuse.

Ration de la ramée

Nourriture de la prison.

Ratissé

Joueur qui a perdu son argent au jeu. Celui dont la poche a été ratissée par le râteau du croupier. Être ratissé jusqu’au dernier sou. La variante est : Ratiboisé.

Ratissé

Gandin, fashionable. Ç’a été le nom à la mode en 1885 pour désigner le continuateur du poisseux, du genreux.

Les jeunes ratissés (le terme est nouveau pour dire gommeux ou petit crevé), les ratissés ont couru et courent encore, comme un seul homme, lorgner, applaudir, rappeler La Goulue et Grille d’Égout… Pourquoi les ratissés ? Est-ce parce que le jeu, le baccarat, les petits-chevaux des bords de la mer ou les steeple-chases leur vident à la fois la bourse et la cervelle et les ratissent comme le râteau du croupier ? Est-ce au contraire parce que le coiffeur sue sang et eau à les épiler, les coiffer, les brosser et leur ratisse les favoris, la moustache et la chevelure (quand ils en ont), comme le jardinier ratisse les allées d’un jardin bien entretenu ?
Je n’en sais rien ; le fait est que les petits crevés sont devenus les ratissés.
Le ratissé a son féminin : la ratissée. Et je m’imagine qu’aussi bien que le croupier, la ratissée ratisse le ratissé. Le nouveau nom doit venir de là.

(Illustration, octobre 1885.)

Ratisser

v. a. Prendre, chiper, — dans l’argot des faubouriens. Se faire ratisser. Se laisser duper, ou voler, ou gagner au jeu.

Ratisser

Gagner tout l’argent de quelqu’un au jeu, le dépouiller, le laisser sans un sou.

Madame Zéphyrin qui les ratissait chaque fois.

(Vast-Ricouard, Le Tripot.)

Ratisser

Prendre, chiper. Gagner tout l’argent au jeu. Évincer.

Ratisser

Voler, retourner la poche d’un individu, le ratisser avec autant de soin que le jardinier en met à ratisser ses allées (Argot du peuple).

Ratisser

Prendre, voler.

Ratisser (en)

v. a. Se moquer de quelqu’un, — dans l’argot du peuple. On n’emploie guère ce verbe qu’à la première et à la troisième personne de l’indicatif présent.

Ratisser le bas des reins avec une brique

Ce n’est guère récréatif, c’est pourtant ce que l’on dit aux personnes qui s’ennuient.
— Ah ! comme je m’ennuie.
— Ratissez-vous le bas des reins avec une brique.
Ou bien encore :
— Râclez-vous les os des jambes avec un tesson de bouteille (Argot du peuple).

Ratisseuse de colabres (la)

La guillotine. Mot à mot : celle qui ratisse les cous.

Raton

s. m. Petit voleur.

Raton

Apprenti voleur qui s’introduit par l’imposte dans une boutique et se cache dans un coin. Quand tout bruit a cessé, il ouvre la porte à son complice (Argot des voleurs).

Raton

Celui qui commet le vol au radin.

Rats (avoir des)

Être de mauvaise humeur, — dans le jargon du peuple.

Rattrapage

s. m. Fin de la copie donnée à un typographe. Il est tenu de composer (on dit rattraper) jusqu’au nom de son camarade écrit sur la copie suivante.

Rattrapage

Compensation.

Ravage

s. m. Débris métalliques volés.

Ravager

Voler du linge dans un lavoir public.

Ravageur

s. m. Dragueur à la main, qui exploite les bords de la Seine au-dessous de Paris avec l’espérance d’y faire des trouvailles heureuses. Les ruisseaux de Paris avaient aussi, il y a une vingtaine d’années, leurs ravageurs, pauvres diables à l’affût de toutes les ferrailles que charriait la pluie.

Ravageur

Voleur de linge dans un lavoir public, sur les bateaux-lavoirs.

Ravageur

Ramasseur d’épaves rejetées par la Seine. Autrefois, lorsque les rues de Paris n’avaient qu’un seul ruisseau au milieu, les ravageurs y exerçaient leur industrie, principalement les jours de pluie.

Ravageur

Voleur de linge dans un lavoir. Ramasseur des épaves de la Seine.

Ravageur

Individu qui, aux bords de la Seine, recherche les débris de ferrailles et d’os. Autrefois les ravageurs formaient une puissante corporation ; ils opéraient dans les ruisseaux qui coulaient au milieu des rues de Paris (Argot du peuple).

Ravageurs

« Ils travaillent un instant après la pluie. Alors l’eau a charrié dans les rigoles ménagées par le pavé tous les morceaux de clous et de ferraille qu’elle a pu emporter en passant… La besogne faite, ils vendent un sou la livre leur misérable butin. »

Berthaud, 1846.

La police a fait cesser cette exploitation. — Les Mystères de Paris montrent cette industrie s’exerçant en grand sur les ports de la Seine :

S’avançant dans l’eau aussi loin qu’il peut aller, le ravageur puise à l’aide d’une longue drague le sable de rivière sous la vase, puis il le lave comme un minerai et en retire une grande quantité de parcelles métalliques.

E. Sue.

Ravaudage (faire du)

Courtiser toutes les femmes indistinctement, courir de l’une à l’autre, dans l’espoir d’en trouver une de sensible. (Jargon des bals publics.)

Ravauder

v. a. Raccommoder du linge, des vêtements, — dans l’argot du peuple.

Ravauder

v. n. Être lent à faire quelque chose ; s’amuser au lieu de travailler.

Raverta

Domestique, — dans le jargon des marchands juifs. Il ne faut pas dabérer devant les ravertas, il ne faut rien dire devant les domestiques.

Ravignole

s. f. Récidive, — dans l’argot des voleurs.

Ravignole

Récidive.

Ravignole

Récidive.

Ravignole

Récidiviste. Ce doit être une corruption de revignole. Gnole veut dire imbécile, de revient on a fait revi on y a soudé gnole, de là l’expression. Mot à mot :
— Tu reviens imbécile (Argot des voleurs).

Ravignolé

Récidive.

Je n’ai pas coqué mon centre de taffe du ravignolé ; ainsi si vouzailles brodez à mezigue, il faut balancer la lazagne au centre de Jean-Louis Laurant, au castuc de Canelle (Caen).

Ravignolet (se payer un)

V. Bataille des jésuites.

Ravigote (à la)

adv. D’une façon piquante. Argot du peuple.

Ravigoter

v. a. Soulager ; refaire, remettre en bon état ; réjouir.

Ravigoter un homme

Faire tant, des doigts et de la langue, qu’il parvient à bander.

D’un tour de main ell’ ravigote
Le plus p’tit, le plus maigre jeu.

E. Debraux.

Ravine

Plaie. Cicatrice.

Est-elle bête de suivre un homme qui la bat ! C’est moi qui le ficherais en plan ! Et elles-mêmes arrivaient avec un pochon ou des ravines sur le visage…

(Huysmans : Sœurs Vatard.)

Rayon de miel

s. m. Dentelle, — dans l’argot des voleurs.

Rayon de miel

Dentelle, — dans le jargon des voleurs.

Rayon de miel

Dentelle.

Rayon sur l’œil

Marque sur l’œil d’un maître coup de poing. C’est le rayon des trente-six chandelles.

Raze pour l’af

Acteur, dans le même jargon ; c’est-à-dire rasé pour faire rire.

Raze pour l’aff

Acteur (raseur ou rasé pour la vie).

Raze, Ratichon

Prêtre. C’est-à-dire rasé, ratissé. Le visage du prêtre est rasé, — dans le jargon des voleurs.

Razi

Curé.

Razzia

Rafle rasant tout sur son passage. — Le mot date de notre guerre d’Afrique. En France au quinzième siècle on disait dans le même sens reize.

Il exerçait de véritables razzias à l’endroit des tasses de chocolat.

A. Second.

Razzia

s. f. Rafle, — dans l’argot du peuple, retour d’Afrique.

Razzia

Prise de guerre, pillage ; — de l’arabe.

Réac

Réactionnaire. — Date de 1848.

Il s’agira seulement d’applaudir nos orateurs — et d’aplatir les réacs.

Chenu.

Réac

adj. et s. Bourgeois, réactionnaire, — dans l’argot des faubouriens. Le mot date de 1848.

Réac

Réactionnaire. Le réactionnaire de 1848 est devenu le conservateur de 1876.

Réaliste

Artiste ou romancier s’appliquant à reproduire dans toute leur vérité les scènes de la vie réelle sans rien idéaliser. Bien qu’employé à la fin du dix-huitième siècle par Rétif, le mot est nouveau mais l’école est de haute antiquité.

Rebâtir

Tuer.

Rebâtir

Tuer.

Rebâtir

Tuer.

Rebâtir

Tuer. — Équivoque. — Pour rebâtir il faut démolir. V. ce mot.

Si tu consens à nous laisser rebâtir le ratichon et sa larbine nous irons pioncer dans le sabri du rupin de ton villois, à cinquante paturons de la chique de la daronne du mec des mecs.

Vidocq.

Rebâtir

v. a. Tuer, — dans l’argot des voleurs.

Rebâtir

Tuer, — dans l’ancien argot des voleurs. Par altération de rabatir, pour rabattre, verbe que les matois ont disloqué comme la plupart des mots de leur langue.

Rebâtir

Tuer.

Rébecca

s. f. Fille ou femme qui ne répond qu’avec aigreur aux observations qu’on lui fait, — qui se rébèque en un mot. Argot des bourgeois. On dit aussi Mademoiselle Rébecca (Rien de la Bible.)

Rébecca

Répondeuse, — dans le jargon du peuple. — Voyez un feu cette Rébecca, si elle taira son bec ! Dérivé de rebéquer.

Rebecca (faire sa)

Faire la revêche.

Rebectage

Cour de Cassation. C’est pour le voleur une médecine qui peut atténuer l’effet du jugement.

Rebectage

Médecine. Recours en cassation. Accord, coïncidence.

Rébectage

Médecine, — dans le jargon des voleurs.

Rebecter (se)

Améliorer sa position. Reprendre des forces, — dans le jargon du peuple.

Rebecter (se)

Se réconcilier, — dans le jargon des voleurs. — Rebecteur, Médecin.

Rebecter (se)

Se réconforter, améliorer sa position. Se réconcilier.

Rebéquer

v. n. Répéter, — dans l’argot des faubouriens.

Rebéquer (se)

v. réfl. Se révolter, répondre avec fierté, avec colère, — dans l’argot du peuple, à qui Saint-Simon et Diderot ont fait l’honneur d’emprunter ce verbe expressif.

Rebiffe

Révolte. — Trimar de la rebiffe, route de la Révolte ; un des endroits les plus dangereux de Paris.

Rebiffe (il y a de la)

Revenir à la charge, retomber sur un adversaire plus fort que soi. Se rebiffer contre une autorité quelconque (Argot du peuple).

Rebiffe au truc

Récidive. — Rebiffer au truc, être en état de récidive.

Rebiffer

Faire une chose deux fois, ou bisser.

Rebiffer

v. intr. Recommencer.

Rebiffer

Recommencer, — dans le jargon du peuple. — Tais-toi, t’as ton compte… ou je rebiffe. C’est un mot emprunté à l’argot des classes dangereuses.

Rebiffer

Recommencer. Regimber. Se révolter.

Rebiffer

Recommencer, de r’bif à la r’bif.

Tu ne vas pas r’biffer à me pincer, si tu r’biffes, prends garde à toi !

Rebiffer

Recommencer, (se) se défendre.

Rebiffer (se)

v. réfl. Regimber, protester plus ou moins énergiquement, — dans l’argot du peuple.

Rebiffer (se)

v. réfl. Se présenter avec avantage, — dans l’argot des troupiers, tous plus ou moins cocardiers.

Rebiffer (se)

Affecter des airs hautains, redresser la tête avec affectation.

Rebiffer (se)

Répondre, se raidir, s’emporter.

Rebonnetage

s. f. Réconciliation, — dans l’argot des faubouriens.

Rebonnetage

Réconciliation.

Rebonnetage

Réconciliation. Flatterie.

Rebonneter

v. a. Aduler, flatter, — dans l’argot des voleurs. Rebonneter pour l’af. Flatter ironiquement.

Rebonneter

Flatter, courtiser.

Rebonneter

Amadouer un individu pour le fourrer dans une affaire. Cacher ses griffes sous un gant de velours, faire le patelin pour mieux tromper.
— As-tu rebonneté le pante pour l’aff ?
— Oui, il est bon !
Rebonneter dans le peuple veut dire raccommoder (Argot du peuple). N.

Rebonneter

Voir rabibocher.

Rebonneter (se)

v. réfl. Devenir meilleur, — dans l’argot des faubouriens, qui emploient ce verbe à propos des choses et des gens.

Rebonneter pour l’af

Mystifier quelqu’un en le flattant.

Rebonneteur

s. m. Confesseur, — dans l’argot des voleurs.

Rebonneteur

Confesseur.

Rebonneteur

Confesseur.

Rebonneteur

Le confesseur. Il rebonnète le pécheur avec Dieu. Mot à mot ; il le réconcilie dans la planche à lavement (Argot des voleurs).

Rebouis

adj. Mort, refroidi, — dans le même argot [des voleurs].

Rebouis

Cadavre, — dans le jargon des voleurs.

Rebouis

Cadavre.

Rebouiser

Regarder. Voir.

Rebouiser

v. a. Tuer, — dans le même argot [des voleurs]. A signifié autrefois, dans le langage des honnêtes gens : Déniaiser quelqu’un ; jouer un tour, faire une fourberie.

Rebouiser

v. a. Remarquer, distinguer, — dans l’argot des faubouriens. Le verbe est désormais consacré pour eux par la chanson de l’Assommoir (O lepida cantio !) où l’on dit :

Faut pas blaguer, le treppe est batte ;
Dans c’taudion i’ s’ trouv’ des rupins.
Si queuq’s gonziers train’nt la savate,
J’en ai r’bouisé qu’ont d’s escarpins.

Rebouiser

v. a. Réparer, ravauder. Argot du peuple.

Rebouiser

Tuer. — Regarder, remarquer. — Raccommoder, repriser, ressemeler. — Au XVIIIe siècle, le mot avait le sens de filouter, déniaiser quelqu’un ; c’est ainsi qu’il est expliqué dans le dictionnaire comique de Leroux.

Rebouiser

Tuer. Regarder. Remarquer. Réparer. Ravauder.

Rebouiser du corridor

Sentir affreusement mauvais de la bouche.
— Ce cochon-là pue tellement qu’il fait tourner le bouillon (Argot du peuple).

Rébouiser une ménesse

Regarder une dame.

Rebouiseur

s. m. Savetier, — dans l’argot des revendeurs.

Rebours

s. m. Déménagement clandestin, — dans l’argot des voyous. (V. Vidocq, p. 55.)

Rebours

Déménagement furtif. Mot à mot : déménagement à rebours.

Rebours

Déménagement furtif.

Rebouter

v. a. Remettre un membre, réduire une fracture. Argot du peuple.

Rebouteur

s. m. Chirurgien sans diplôme.

Rebrousse-poil (à)

Prendre les choses de travers, à l’envers, du côté où ça n’est pas vrai. Ne pas savoir prendre les gens par leur côté faible Mot à mot : les prendre à rebrousse-poil (Argot du peuple).

Rebutter

Ne plus vouloir. Synonyme de refouler et de renifler. On rebutte sur un ouvrage qui déplaît ou qui dure trop longtemps (Argot du peuple).

Récalcitrant

Coffre-fort. Les voleurs éprouvent souvent de la résistance à l’ouvrir ; de là l’expression (Argot des voleurs). N.

Recalé, retoqué

Refusé à un examen.

Recaler

v. a. Rectifier, corriger. Argot des artistes.

Recaler (se)

v. réfl. S’habiller à neuf, ou reprendre des forces quand on a été malade, — dans l’argot du peuple.

Recaler (se)

Refaire sa fortune, améliorer sa position.

Recaler (se)

Améliorer sa position.

Recarrelure

Repas. Brantôme s’est servi de l’expression de « carreler le ventre » pour manger.

Recarrer (se)

v. réfl. Faire le paon, le suffisant.

Récent (avoir l’air)

Marcher droit, avoir l’air de pouvoir se tenir sur ses jambes, quand on a trop fêté Bacchus.

Allons Ringuet, faut être sérieux ; v’là qu’ t’approche de ta turne ; faut qu’ t’aies l’air récent.

(Monde plaisant, 1880.)

Recevoir l’assaut

Être baisée par un homme — qui monte sur le ventre, la pine en avant, avec la furia d’un zouave montant sur le Mamelon Vert.

Dis-lui qu’à la chute du jour, elle s’apprête à recevoir les assauts de l’empereur d’Orient.

La Popelinière.

Recevoir la pelle au cul

v. a. Être renvoyé de quelque part ou d’un emploi.

Mon rival, j’en suis convaincu,
Va recevoir la pelle an cul !

dit une chanson du temps de l’Empire.

Recevoir son décompte

Mourir, — dans l’argot des troupiers.

Recevoir un savon ou en donner un

Gronder quelqu’un, être grondé.
— Quand un ouvrage est mal fait, on reçoit un savon.
— Attends un peu mon neveu, je vais te savonner la tête (Argot du peuple).

Rechanger (se)

v. réfl. Changer de linge ou d’habit ; quitter les vêtements de travail pour mettre les vêtements du dimanche. Argot des ouvriers.

Rechasser

Regarder quelqu’un ou quelque chose.
— As-tu vu ce coup de chasse ?
Les filles rechassent les passants pour les allumer. Cela se nomme : distribuer son prospectus (Argot des filles).

Rechâsser

Regarder.

Rechâsser

Regarder.

Rechasser, repérer

Regarder. Remarquer. Apercevoir.

Réchauffante

Perruque.

Réchauffante

s. f. Perruque, — dans l’argot des voleurs.

Réchauffante

Perruque.

Réchauffante

Perruque.

Réchauffante

Perruque. Elle tient chaud à la tête et ceux qui en portent ne craignent pas de se prendre aux cheveux. Un coiffeur de la rue de Bondy avait pris celle enseigne :

D’Absalon pendu par la nuque,
Passants, contemplez la douleur !
S’il avait porté perruque.
Il eût evité ce malheur. (Argot du peuple).

Réchauffante

Perruque.

Réchauffante

Capote de militaire.

Réchauffante

Perruque.

Réchauffante (la)

La capote.

Réchauffé

s. m. Chose tardive, résolution intempestive, bonne inspiration venue après coup. Argot du peuple. Signifie aussi : Vieux vaudeville, vieille plaisanterie, etc.

Rechauffé (c’est du)

Quand un individu fait un discours émaillé de lieux communs, ou raconte une histoire à dormir debout, c’est du réchauffé. Allusion aux mets réchauffés qui ne valent plus rien. On dit également :
— Lâche-nous avec tes boniments ; c’est de la vingtième resucée (Argot du peuple).

Réchauffer

Ennuyer (Vidocq). — On trouve une analogie dans l’acception de bassinoire. — C’est du réchauffé : Cela ne vaut plus rien.

Réchauffer

v. a. Ennuyer, — dans l’argot des voleurs.

Réchauffer (se)

S’apercevoir.

Réche

Sou.

Rèche

Sou
— Pas un rèche dans mes profondes ; je ne suis pas réchard.
Rèche veut aussi dire : femme qui a un caractère cassant.
— Elle est tellement mauvaise que l’on ne peut pas la toucher avec des pincettes (Argot du peuple).

Rèche

Bout de cigarette fumé. Rèche veut aussi dire sou.

Je suis sans le sou, je n’ai pas un rèche.

Rèche

Sou.

Rêche

s. m. Sou, — dans l’argot des faubouriens, qui trouvent le billon rude.

Rêche, Rotin

Pièce d’un sou, monnaie de cuivre. Les variantes sont : Pélo, pépette.

Rechu

adj. et s. Homme désagréable, grincheur, — dans l’argot du peuple.

Réclame

s. f. Éloge pompeux et ridicule que les journaux décernent — moyennant cinq francs la ligne — à toute œuvre ou à tout médicament qui est le moins digne d’être loué.

Réclame

s. f. Mot qui se mettait autrefois à la fin d’une feuille, dans la ligne de pied, et qui se répétait au commencement de la feuille suivante. Vérifier la réclame, c’est s’assurer que la fin d’une feuille concorde bien avec le commencement de celle qui suit immédiatement. Au figuré, ce qui reste dans une bouteille après que chacun a eu sa part : Ne t’en va pas, il y a la réclame, c’est-à-dire : il en reste encore un peu pour chacun de nous.

Réclame

Ce qui reste d’une bouteille après que chacun a eu sa part, — dans le jargon des typographes. (Boutmy.) Par allusion à ce qu’on appelait autrefois la réclame, c’est-à-dire un mot ou un demi-mot imprimé à la dernière page de chaque feuillet, dans les anciens livres, pour indiquer le commencement de la page suivante.

Reclamer ses gants

Demander au monsieur qu’on a raccroché sur le trottoir un supplément au prix convenu pour aller au bonheur.

Elle ne sera pas une fille ordinaire,
Réclamant aux vieillards libidineux ses gants,
Et tirant tous les jours des coups extravagants.

A. Glatigny.

Recollardé

Repris, arrêté de nouveau.

Recoller

Relever de maladie.

Recoller (se)

Se réconcilier entre amant et maîtresse, se remettre ensemble, signer un nouveau bagne.

Recommencer

Tirer un second, puis un troisième puis un quatrième coup, selon que la femme en vaut la peine ou que l’homme a du sperme dans sa bouteille, — l’amour étant, comme on sait, un grand recommenceur.

La grisette serre avec énergie l’étudiant contre sa poitrine, en soupirant et en tressaillant des dentiers frissons de la jouissance ; pour un peu elle recommencerait.

Henry Monnier.

Récompenser en peinture

Payer de belles promesses.

Henri IV ayant envoyé d’Aubigné en plusieurs provinces, ne lui donna pour récompense que son portrait. D’Aubigné y ajouta ce quatrain : — Ce prince est d’étrange nature. Je ne sais qui diable l’a fait ! Il récompense en peinture Ceux qui le servent en effet.

Reconduire

v. a. Siffler, — dans l’argot des coulisses.

Reconduire

Siffler, en terme de théâtre.

Reconduire

Siffler (au théâtre). On dit aussi appeler Azor.

Reconduire (se faire)

Être sifflé, être attrapé en scène, — dans le jargon des coulisses. Allusion à la conduite de Grenoble des compagnons du Devoir.

Reconduire quelqu’un

Le renvoyer à coups de pied ou à coups de poing, — dans l’argot des faubouriens. On dit aussi Faire la conduite.

Reconnaissance

s. f. V. Réglette.

Reconnaissancier

Terme du Mont-de-Piété. Employé chargé de délivrer les reconnaissances.

Reconnobler

Reconnaître (id.). V. Parrain.

Reconnobler

Reconnaître.

Reconoblé

Reconnu.

Reconobrer

Reconnaître.

Reconobrer

v. a. Reconnaître, — dans l’argot des voleurs.

Reconobrer

Reconnaître, — dans l’ancien argot.

Reconobrer

Reconnaître.

Reconobrer

Reconnaître. Quelques uns écrivent conobrer. Ce n’est pas exact. Conobrer veut dire connaître et non reconnaître (Argot des voleurs).

Recoquer

Rendre.

Recoquer

Rendre, restituer.

Recoquer

Rendre.

Recoquer

Revenir à la santé. Rendre.

Recoquer (se)

v. réfl. S’habiller à neuf ; reprendre de nouvelles forces, revenir à la santé. Argot du peuple.

Recoquer (se)

Reprendre des forces ; se rétablir à la suite d’une maladie ; mettre des vêtements neufs.

Recordé

Tué.

Recorder

Tuer.

Recorder

v. a. Prévenir quelqu’un de ce oui doit lui arriver, — dans l’argot des voleurs.

Recorder

Faire la leçon à quelqu’un, lui donner des instructions. Mot à mot : le mettre d’accord. — Être recordé, être convenu d’une chose.

Recorder

Prévenir quelqu’un, lui donner des instructions. Tuer. Signifie aussi réconcilier. Se recorder, comploter.

Recorder

Réconcilier. L. L. Recorder veut dire prévenir, remonter le moral à un désespéré ; lui apprendre ce qu’il doit faire (Argot du peuple). N.

Recorder

Prévenir. Il a été recordé qu’il était recherché par la police.

Recorder

Prévenir.

Recourir à l’émétique

Escroquer de l’argent à un tiers au moyen d’un billet à ordre souscrit au nom d’un compère. — Un fils recourt à l’émétique pour soutirer de l’argent à son père en faisant un billet à un fournisseur de connivence. — Les souteneurs emploient le même procédé envers leurs maîtresses.

Recourir à l’émétique

Escompter de faux billets (Argot du peuple).

Recta

adv. Net, sans rien laisser ni devoir, — dans l’argot du peuple. Payer recta. Payer jusqu’au dernier sou. C’est l’adverbe latin détourné de son sens.

Recuit

Ruiné de nouveau.

Récurer (se faire)

Prendre des médicaments, mercuriels, ou autres, pour guérir des véroles gagnées au doux jeu d’amour.

Voyez, là-bas, le sémillant Mercure
Et ses fuseaux qui’tricotent gratis,
Représentant le dieu qui nous récure
Et la maison Giraudeau père et fils.

Gustave Nadaud.

Récurer (se)

v. réfl. Se purger. Se faire récurer. Se faire traiter à l’hôpital du Midi.

Récurer (se)

Se purger. — On dit encore récurer la casserole, nettoyer le fusil.

Redam

Grâce. — Abréviation de rédemption.

Redam

Grâce au condamné.

Rédam

s. f. Grâce, — dans l’argot des voleurs, qui cependant ne croient pas à leur rédemption.

Rédam

Grâce. Comme le dit A. Delvau, redam ne peut venir de rédemption. C’est une corruption de retam. Allusion à la casserole qui est neuve lorsqu’elle est étamée. Dans le peuple on dit rétamé pour étamé : le voleur gracié est rétamé, il est remis à neuf (Argot des voleurs). N.

Rédam

Grâce de condamné.

Redin, Réduit

Bourse.

Redingote anglaise

Préservatif contre la vérole, (V. Capote, Ruban.)

Redingue

Abréviation de redingote (Argot du peuple).

Redingue

Redingote.

Redoublement de fièvre

Révélation d’un nouveau fait à charge.

Redoublement de fièvre

s. m. Révélation d’un nouveau fait à charge, dans le même argot [des voleurs].

Redoublement de fièvre

Nouvelle charge, accusation nouvelle contre l’accusé, — dans l’ancien argot.

Redoublement de fièvre

Fièvre, révélation. Quand un voleur a été dénoncé, il a la fièvre. Une nouvelle révélation à sa charge lui occasionne un redoublement de fièvre (Argot des voleurs).

Redouiller

Rembarrer, frapper, maltraiter.

Y veut se r’lever, mais j’ le r’douille à coups de passif dans les merlins.

(Le Parfait catéchisme poissard.)

Redresse

s. f. Institution toute parisienne, composée de bohèmes qui ne veulent pas demander au travail les moyens d’existence qu’il ne leur refuserait pas, et préfèrent s’adresser pour cela au Hasard, ce dieu des paresseux et des fripons. Chevalier de la Redresse. Industriel qui carotte le vivre et le couvert à tout gobe-mouches disposé à écouter ses histoires.

Redresse

Ruse. Être à la redresse, être rusé, — dans le jargon des voleurs.

Redresse

Ruse. Malice. À la redresse, malin.

Redresse (à la)

Au courant.

Redresse (être à la)

— Il est à la redresse le mec, pas moyen de lui monter le verre en fleur ; il la connaît, c’est lui qui a inventé les queues de billard cintrées pour faire les effets dans les coins. Être à la redresse, rusé, malin. On dit aussi : être à la hauteur (Argot du peuple).

Réduit (le)

La nature de la femme, où le membre viril a tant de plaisir à se réfugier les jours d’ennui, à s’abriter les jours d’orage. Réduit, déduit ; déduit, réduit.

Déjà de sa grandeur les doigts saints et bénis
Visitaient de l’amour les plus secrets réduits.

Grécourt.

Mais D*** avec sa main,
Sa lèvre de carmin,
Sait trouver ton réduit
Où rarement l’homme impur s’introduit.

J. Duflot.

Refaire

Tromper. V. Faire.

Dindonné, ce que nous appelons refait au même.

Balzac.

Refaire

v. a. Tromper, duper, et même voler, — dans l’argot des faubouriens.

Refaire

Tromper, duper. Se refaire, manger.

Refaire (se)

v. réfl. Reprendre des forces, recouvrer la santé, — dans l’argot du peuple. Signifie aussi : Regagner au jeu après s’y être ruiné.

Refaire au même

Jouer quelqu’un qui vous a précédemment joué.

Refaire de sorgue (se)

Souper.

Refaire de sorgue (se)

Se remettre d’une nuit d’orgie : — bien dormir, ou bien déjeuner.

Tout dix, au tapis-franc nous étions réunis,
Chez le père Vit-Dur, ogre de mes amis,
Zig qui ne mange pas ses pratiques sur l’orgue ;
Nous étions venus là nous refaire de sorgue.

L. Protat. (Serrefesse.)

Refaire, Refaire au même

Duper. — Être refait, être dupé, payer trop cher. On est refait quand on paye, dans un restaurant, un dîner trop cher. — On est refait quand on paye, dans un magasin, un objet au-dessus de sa valeur. Les étrangers sont souvent refaits.

Refaire, se refaire le torse

Manger, se réconforter.

C’est ça qui vous refait le torse un peu proprement.

(X. de Montépin.)

Refait au même (être)

Être joué par quelqu’un à qui l’on avait précédemment joué quelque méchant tour.

Refait sans donjon

Repris en état de vagabondage.

Refaite

s. f. Repas, — dans l’argot des voleurs. Refaite du mattois. Déjeuner. Refaite de jorne. Dîner. Refaite de sorgue. Souper. Refaite de coni. Extrême-onction, ou, plus cyniquement, la nourriture que prend le condamné à mort avant son exécution.

Refaite

Repas, réfection. — Refaite du matois, déjeuner ; refaite de jorne, dîner ; refaite de sorgue, souper ; refaite du séchoir, collation prise en sortant du cimetière.

Refaite

Repas. Refaite de matois, déjeuner. Refaite de sorgue, dîner.

Refaiter

Prendre un repas. — Vieux mot. — V. Pavillonner. — Refaite du matois : Repas du matin — Refaite de coni : Viatique, repas de mourant.

Refaiter

v. n. Manger.

Réfec

Réfectoire. Argot de Polytechnique.

Reffoler

Voler par surprise.

Refilé (aller au)

Vomir. Payer. Ne pas aller au refilé, nier.

Refiler

Remettre, rendre, donner.

Refiler

Faire passer de main en main.

Refiler

Donner le vol à un compère ou suivre quelqu’un.

Refiler

Donner un vol nourri, suivre.

Refiler

v. a. Rendre, restituer, — dans l’argot des voyous.

Refiler

v. a. Suivre, rechercher, — dans l’argot des voleurs.

Refiler

Chercher ; suivre, — dans l’argot des voleurs. (A. Delvau)

Refiler

Perdre au jeu l’argent du bénéfice. — Avoir gagné 20 louis et les refiler. — Reperdre ce qu’on avait gagné au jeu.

Refiler

Passer, mettre en circulation.

Je n’ai refilé que cinq roues de derrière.

(X. de Montépin, Le Fiacre no 13.)

Refiler

Rendre. Restituer. Suivre. Rechercher. Donner. Céder. Passer. Reprendre. Refiler sa contremarque, mourir.

Refiler

Veut dire : donne-moi. Le souteneur dit à sa marmite :
— Refile-moi le pognon.
Refiler quelqu’un : c’est le suivre ou le rechercher.
— J’ai eu beau le refiler, c’est comme si j’avais cherché une aiguille dans une botte de foin (Argot des voleurs). N.

Refiler

Rendre, donner. — « Refile ce que tu me dois. » — « Refile-moi une cigarette. »

Refiler

Donner.

Refiler la camelote

Passer aux associés ce que l’on vient de voler.

Refiler sous le tube (s’en)

Priser.

Refiler, Repasser

Céder le canevas d’un vol.

Refondante

Allumette.

Refouler

v. n. Hésiter, renoncer à faire une chose, — dans l’argot des ouvriers. Refouler au travail. Fêter la Saint-Lundi.

Refouler

Se refuser à. — Abandonner un ouvrage. — Refouler au travail, chômer.

Refouler

Hésiter. Reculer.

Réfractaire

s. m. Bohème, homme de talent qui regimbe à suivre les modes morales de son temps. L’expression n’est pas de Jules Vallès, — comme on serait excusable de le croire, d’après l’intéressant ouvrage qui porte ce mot pour titre, attendu que voilà une quinzaine d’années qu’on appelle Camp des réfractaires un petit café borgne de la rue Vavin, hanté par des rapins littéraires et artistiques. De même, le garni situé à quelques pas de là est appelé par ses hôtes l’Hôtel des refractaire, les chambres ressemblant, paraît-il, à des casemates.

Refroidi

Mort.

Refroidi

s. m. Noyé, pendu ; cadavre, — dans l’argot des voleurs.

Refroidi

Mort. — Assassiné.

Refroidi

Mort. Assassiné.

Refroidi

Être mort.

Refroidir

Tuer.

Refroidir

Tuer.

Refroidir

Tuer. — On dit glacé par la mort. — V. Suage.

Refroidir

v. a. Tuer.

Refroidir

Tuer.

Refroidir

Tuer un individu. Refroidi : Allusion au cadavre qui, aussitôt la mort, devient froid comme le marbre (Argot des voleurs).

Refroidir

Tuer quelqu’un.

Refroidir

Tuer.

Refuges

Les croyants disent au pécheur : réfugiez-vous dans le sein de Dieu. C’est un refuge qui est bougrement haut. Les giverneurs préfèrent de beaucoup les refuges municipaux et d’autres, inconnus de la masse des Parisiens : rue Galande, rue Julien-le-Pauvre, rue St-Denis et rue St-Séverin, où l’on couche pour quatre sous, sur un banc, avec une soupe par dessus le marché. Ces refuges ont pour enseigne : Crémerie. Je ne conseille pas aux lecteurs de s’y aventurer, s’ils ne veulent pas être saignés (Argot du peuple). N.

Régalade

s. f. Petite ripaille, — dans l’argot du peuple. À la régalade. Boire en renversant la tête en arrière et en élevant la bouteille de façon que les lèvres ne touchent pas celle-ci.

Régaler

v. a. et n. Donner à dîner, payer à boire.

Régaler la veuve

Dresser la guillotine.

Régaler ses amis

Se purger.

Régaler son cochon

S’offrir à soi-même une consommation, se payer un bon dîner.

Régaler son suisse

v. a. C’est, quand on joue à deux, à un jeu quelconque, une consommation, ne perdre ni gagner, être chacun pour son écot.

Régaler son suisse

Ne perdre ni ne gagner une consommation jouée.

Regardant

adj. Économe, avare, — dans l’argot des domestiques, habitués à considérer le bien de leurs maîtres comme le leur ; peu généreux, — dans l’argot des petites dames, qui veulent bien faire payer l’amour, mais ne veulent pas qu’on le marchande.

Regatte

Viande, pour rogaton, — dans l’argot des chiffonniers. — Regater, manger.

Régence

Digne des roueries galantes de la cour du régent.

C’est régence, c’est Louis XV, œil-de-bœuf ! C’est très-bien.

Balzac.

Régence

adj. Galant, libertin, audacieux, — en parlant des choses et des gens. Être régence. Se donner des airs de roué. Souper régence. Souper où les femmes légères sont spécialement admises.

Régiment des boules de Siam

s. m. La confrérie abjecte dont le docteur Tardieu a décrit les mœurs et les maladies dans une brochure que tout le monde a lue, — quoiqu’elle n’eût été écrite que pour un petit nombre de personnes. Argot des faubouriens.

Régiment des cocus (s’engager dans le)

Se marier.

Reginglade

s. f. Jeu d’enfants qui consiste à chasser celui qui glisse le premier en lui tombant sur le dos les deux bras en avant.

Regingler

v. n. Jouer à la reginglade.

Régingler

Se mettre en colère d’une observation qui vous est faite et répondre est régingler.

Registre (faire le)

v. C’est, en imprimant la retiration, faire tomber exactement les pages l’une sur l’autre. Au figure, c’est verser le contenu d’une bouteille de façon que chacun ait exactement sa part.

Réglé comme un papier de musique

adj. Ponctuel, rangé, régulier dans ses habitudes. Argot des bourgeois. C’est le pendant de Sage comme une image.

Règle de trois

La femme, le mari et l’amant réunis dans un lieu public et, principalement, au théâtre, dans la même loge.

Régler son trimestre

Battre quelqu’un. Synonyme de régler son compte. Quand une marmite ne rend pas, le souteneur dit :
— Je vais lui régler son trimestre.
Pour certaines de ces malheureuses, le trimestre est tous les jours (Argot des souteneurs). N.

Règles (avoir ses)

Avoir ses menstrues — qui viennent très irrégulièrement à certaines femmes.

Pour ces règles que tu débines
Et traites de déjections,
Ce sont les sources purpurines
Des saintes fécondations.

Anonyme.

Réglette

s. f. Petite lame de bois ou de métal, mince et plate, de la hauteur des cadrats, et qui sert à justifier les pages en longueur. Arroser la réglette. Lorsqu’un paquetier passe metteur en pages, il manquerait à tous ses devoirs s’il ne régalait son équipe ; celle-ci, à son tour, fait une reconnaissance, c’est-à-dire paye la moitié (à revenir) de ce qu’a payé le nouveau metteur.

Réglette (arroser la)

Payer sa bienvenue dans un atelier de typographes. Quand un paquetier passe metteur en pages, il est aussi d’usage qu’il arrose la réglette à coups de tournées. (Jargon des typographes.)

Regon

Dette.

Regon

Dette. — Regonser : Devoir (Bailly).

Regon

s. m. Dette, — dans l’argot des voleurs.

Regon

Dette. Regon est une corruption de regout (rancune). Quand un voleur a été donné par un nonneur, il a du regout, de la rancune, il a contracté une dette de haine qu’il lui paiera tôt ou tard (Argot des voleurs). N.

Regoncer

v. a. Devoir.

Regonser

Devoir.

Regonser

Suivre à la piste. Ces messes me regonsent, dit le voleur qui est filé par des agents.

Regonser

Suivre à la piste.

Regout

s. m. Inquiétude, crainte, remords, — dans le même argot. Faire du regout. Être arrêté.

Regout

Rancune. Avoir du regout contre quelqu’un, lui vouloir du mal. Les voleurs ont du regout contre un complice qui les a dénoncés.
— Je renquille dans Pantin sans regout ni morace.
Mot à mot : Je rentre à Paris sans colère, sans rancune et sans cri (Argot des voleurs). N.

Regout

Rancune.

Regout (faire du)

Être arrêté.

Poissons avec adresse mezières et gonzesses sans faire de regout.

Vidocq.

Regout (faire du)

Éveiller les soupçons. C’est faire du ragoût avec changement d’une lettre. — Faire du bruit, se disputer.

Regout, ragout

Inquiétude, crainte, remords. Faire du regout, être arrêté. Se disputer, Eveiller les soupçons.

Réguisé

Misérable que le manque d’argent pousse au crime. — Ruiné, maigre.

Tu ne reconnais pas Caroline ? — Toi ! Caroline ?… Cristi, madame, comme vous êtes réguisée !

(Grévin, Croquis parisiens.)

Réguisé

Ne plus rien posséder.

Réguisé (être)

Être battu, ou ruiné, ou volé, ou condamné par la Faculté ou par le Jury. Argot des faubouriens.

Réguisé (être)

Être misérable. — Être condamné à mort. — Être très malade. — Être trompé d’une manière indigne.

Réguisé (être)

Battu, ruiné, évincé dans une entreprise, volé, trompé ou condamné à mort par le jury ou la Faculté.

Reguiser

Perdre au jeu.

Réguiser

Ruiner. Réjouissance. État de maigreur chez une femme. — On dit d’une femme dont on voit les os percer, qu’elle a plus de réjouissance que de viande.

Regusou

Un remouleur.

Reines de polygone (les)

Femmes qui suivent les soldats en étape.

Rejaquer

Crier.

Rejaquer

Crier.

Rejaquer

Crier.

Réjouissance

Os glissé par les bouchers dans la viande pesée à leurs pratiques.

Pour mieux les embêter dans le poids et la réjouissance.

Cabarets de Paris, 1821.

Réjouissance

s. f. Os de bœuf arbitrairement glissés dans la viande pesée par les bouchers.

Réjouissance

Qui ne réjouit pas du tout la ménagère, lorsque le boucher lui donne plus d’os que de viande (Argot des bouchers).

Relanceur de pleins

Variété de grec.

Plus nombreux encore ceux gui n’ont jamais soupçonné l’existence du relanceur de pleins.

(Henri IV, 1881.)

Relevante

s. f. Moutarde, — dans l’argot des voleurs.

Relever

v. n. Sortir d’un état de gêne, — dans l’argot des faubouriens, à qui il coûte sans doute de dire Se relever de la misère. On dit aussi Être à la relève.

Relever (la)

Gagner toucher. Celui qui gagne au, jeu la relève. Un souteneur qui reçoit beaucoup de sa marmite la relève.

Relever le chandelier

Argot de souteneurs. Vivre de la prostitution d’une fille.

Releveur de chandelier

Quand un miché monte avec une fille, il ne lui donne pas toujours l’argent de la main à la main ; discrètement, avant de se mettre en chantier, il fait sa mise sous le chandelier ; aussitôt partis, le souteneur arrive et relève la monnaie qui est sous le chandelier (Argot des souteneurs).

Releveur de chandelier, de fumeuse

Souteneur.

Releveur de fumeuse

Souteneur.

Releveur de pesoche

Garçon de banque qui la relève les 1er, 15 et 30 de chaque mois. La pesoche est le sac où il enferme la monnaie (Argot des voleurs).

Releveur de pésoche

Garçon de recette.

Relicher

Vider un verre ou une bouteille sans laisser une goutte de liquide au fond. Les garde-malades s’entendent très bien à ce genre de travail.

Relicher (se)

S’embrasser tendrement. On dit aussi Se relicher le morviau.

Relicher son morviau

Voilà une image qui n’est pas propre. Dans le peuple on dit à un enfant qui ne se mouche pas et qui de son nez laisse pendre deux chandelles :
— Reliche ton morviau (Argot du peuple). N.

Relique

Le membre viril, — on n’a jamais su pourquoi.

Du grand saint Nicolas,
Dans vos draps,
Prenez donc la relique.

Béranger.

Gage de ses travaux
Pendait tout sa tunique
Cette belle relique,
Chère aux tendrons dévots.

J. Cabassol.

Relui

Jour.

Reluire dans le ventre

v. n. Exciter la convoitise, ou l’envie, — dans l’argot du peuple.

Reluis (un)

Un jour.

Reluisant

Soleil.

Reluisant

Reverbère.

Reluisant

Pièce d’or.

Reluit

Jour, œil. V. Coquer, Luisant, Chasse.

Reluit

s. m. Œil, — dans l’argot des voleurs. Signifie aussi Jour.

Reluit

Jour. — Œil. Pisser des reluits, pleurer, — dans le jargon des voyous.

Reluit

Jour. Œil.

Reluit

L’œil (Argot des voleurs). V. Abat-reluit.

Reluquer

Envisager.

Reluquer

v. a. Considérer, regarder avec attention, — dans l’argot du peuple. Signifie aussi : Faire les yeux doux.

Reluquer

Observer, espionner. — Reluqueur, curieux, espion.

Reluquer

Regarder avec attention. Espionner.

Reluquer

Regarder.
— Qu’avez-vous donc à me reluquer comme ça, est-ce que je vous ai vendu des pois qui n’ont pas voulu cuire ?
— Reluque-moi un peu ce canard, en a-t-il une trompette (Argot du peuple).

Reluquer

Regarder.

As-tu fini de reluquer ma femme ?

Reluquer

Regarder.

Reluquer, rembroquer, remoucher, remouquer

Remarquer, examiner. V. Chasse, Temps, Moucharde, Bonne, Abadis, Béquille, Bayafe. — Rembrocage de parrains : Confrontation.

Remaquiller

Refaire.

Rembasle

Rentier.

Rembiner

v. a. Rétracter une calomnie ; un débinage, — dans l’argot des voyous.

Rembiner

Quand on a bien débiné un individu, on le rembine. Rembiner est synonyme de rebonneter (Argot du peuple).

Rembrocable

Reconnaissable.

Rembrocable (elle est)

Beau visage que l’on peut regarder.
— Tu n’en perdras pas la vue ni le poil de dessus, la môme est rembrocable.
Mot à mot : tu peux la regarder, elle vaut la secousse (Argot des voleurs).

Rembrocage de parrain

s. m. Confrontation, — dans -l’argot des voleurs.

Rembrocage de parrain

Confrontation avec un témoin.

Rembrocage de parrain

Confrontation.

Rembrocant

Miroir.

Rembroquage de parrain

Confrontation avec le parrain fargueur (témoin à charge). Le parrain rembroque (regarde) le détenu pour voir s’il le reconnaît (Argot du peuple).

Rembroquer

Observer.

Rembroquer

Envisager, regarder.

Rembroquer

Regarder.

Rembroquer

v. a. Reconnaître. Signifie aussi Regarder.

Rembroquer

Reconnaître. — Rembroquer le portrait d’une gonzesse, reconnaître la figure d’une femme.

Rembroquer

Reconnaître. Regarder.

Rembroquer

Regarder.

Ses deux beaux chasses vous rembroquaient,
Puis à la piaule tous les gonces la refilaient.
Elle fit mince casquer les marlous,

dit la chanson du mac de Grenelle (Argot des souteneurs).

Rembroqueurs (les)

Les témoins.

Rembroqueuse

Une lorgnette.

Rème

Fromage, faire connaître un complot.

Rème

Fromage.

Rême

Fromage.

Rême

Fromage.

Rême

Fromage.

Rême

fromage.

Remède à l’amour

Femme laide à faire reculer même le plus intrépide.
— Quelle bouillotte, mon vieux, s’il n’y avait qu’elle et moi sur terre nous ne ferions pas de petits. Elle guérirait de l’amour pour la vie (Argot du peuple).

Remède d’amour

Personne très laide.

Pour me guérir d’amour tes yeux sont un remède.

(Le Docteur amoureux.)

Remède d’amour

Visage très laid.

Remède l’amour

s. m. Figure grotesque ou repoussante, — dans l’argot du peuple, qui ne sait pas que Mirabeau a été adoré de Sophie.

Remercier

v. a. Renvoyer un domestique ; donner son congé à un ouvrier, — dans l’argot des bourgeois.

Remercier son boucher

v. a. Mourir, — dans l’argot des faubouriens. On dit aussi Remercier son boulanger.

Remercier son boulanger

Mourir, — dans le jargon du peuple. C’est la variante de perdre le goût du pain.

Remettez donc le couvercle !

Disent les voyous à quelqu’un qui a l’haleine fétide, pour l’empêcher de parler davantage.

Remettre quelqu’un à sa place

Répliquer vertement à quelqu’un qui vous manque de respect, lui faire comprendre son impertinence. Argot des bourgeois.

Remiser

Envoyer au diable. — « Je l’ai joliment remisé. » — Se faire remiser, se faire remettre à sa place, — dans le jargon des voyous.

Remiser

Conduire en prison.

Remiser

Remettre quelqu’un à sa place. Conduire en prison. Reléguer.

Remiser son fiacre

Se taire, — dans l’argot des faubouriens. Signifie aussi, par extension, Mourir.

Remisier

s. m. Variété d’Agent de change : homme qui touche une remise sur les affaires qu’il procure à un agent de change.

Remisier

Courtier de fonds publics ; intermédiaire entre le client et un agent de change. Il a une remise sur toutes les affaires qu’il procure.

Remone (faire de la)

Faire le rodomont, parler très haut et chercher à en imposer, — dans le jargon des voyous. — Ça l’air de mecs solides, faut pas faire de la remone.

Rémonencq

s. m. Revendeur auvergnat, chineur, — dans l’argot des gens de lettres, qui se souviennent de la Comédie humaine de Balzac.

Remonte (faire la)

Les patrons de maisons de tolérance de province vont de ville en ville chercher des femmes chez leurs confrères ; c’est faire la remonte. Il existe du reste un Annuaire de toutes les maisons de France, Belgique, Portugal, Espagne, Tunisie, Algérie avec les noms et adresses des tenancières. Celui qui fait la remonte paye les dettes de la femme qu’il emmène et qui sont quelquefois de 700 à 800 francs ; ces dettes consistent en linge et vêtements vendus par la maison. Une paire de bas, de 29 sous, sera vendue 12 francs, et le tout en proportion. Il y a à ajouter à ces dettes les frais de voyage de la femme et de celui qui fait la remonte, de sorte qu’une femme ne peut sortir de ces maisons que si elle trouve un michet généreux qui règle ce qu’elle doit.

Remonter sa pendule

v. a. Battre de temps en temps sa femme, — dans l’argot des ouvriers.

Remonter sa pendule

Battre sa femme.

Remonter sa pendule

Battre sa femme, mot à mot : la faire marcher. L. L. Remonter sa pendule se dit d’une personne qui renifle pour remonter sa morve et éviter de se moucher. Remonter le moral d’une personne désespérée (Argot du peuple). N.

Remonter sur sa bête

v. n. Rétablir ses affaires, sa fortune, son bonheur, — dans l’argot du peuple.

Remouchage

Vengeance.

Remouchante

Une glace.

Remoucher

Reconnaître.

Remoucher

Faire attention.

Remoucher

Regarder.

Remoucher

Regarder en surveillant.

Remoucher

v. a. Apercevoir, remarquer, admirer, — dans l’argot des faubouriens. Les Italiens disent rimorchiare, donner des regards pour allécher.

Remoucher

Observer. — Se venger.

Remoucher

Observer, remarquer. Reconnaître. Admirer. Se venger.

Remoucher

Regarder.
— Remouche moi cette petite gueule-là, elle ferait relever un mort.
On dit aussi :
— Je vais te remoucher pour : te battre (Argot du peuple).

Remoucher

Voir reluquer.

Remoucher

Même sens — regarder.

Remouchicoter

v. n. Chercher les aventures galantes — ou des prétextes à rixe.

Remouquer

Monter, regarder.

Rempardeuse

Fille qui fait les soldats autour des casernes, sur les glacis ou dans les fossés des fortifications (Argot des troupiers).

Rempiéter

v. a. Mettre des talons et des bouts aux bas — dans l’argot des ménagères.

Remplir le battant (se)

Manger, — dans l’argot des faubouriens.

Remplissage

s. m. Prose inutile, destinée à allonger un article, un volume, — dans l’argot des gens de lettres.

Remplumer (se)

v. réfl. Engraisser, s’enrichir, — dans L’argot des faubouriens.

Remuer

Puer.

Remuer (la)

Être de la police ou la renseigner, c’est remuer la casserole.

Remuer du cul ou du croupion

Se trémousser de plaisir sous l’homme.

Et tandis qu’elles font bien leur devoir de remuer du croupion et de pressurer la grappe soigneusement pour faire que le jus en sorte…

Mililot.

Sur son lit d’acajou,
Cette jeune ingénue
Fort gentiment remue
Du cul pour un bijou.

J. Duflot.

Enfin, à force de frotter et de remuer le cul de part et d’autre, il arrive que tous deux viennent à s’échauffer d’aise par une petite démangeaison et chatouillement qui leur vient le long des conduits.

Mililot.

Elle passa dans un bois avec un jeune compagnon dans l’espérance d’y bien remuer les fesses.

D’Ouville.

Le garçon en avertit la fille et elle le garçon : cela les oblige à frotter plus fort et à remuer plus vite les fesses.

Mililot.

Que j’étais jeune, que j’avais les reins souples et que je les pouvais remuer.

P. De Larivey.

Tous vos baisers sont contraints ;
Mais remuez donc les reins !
Que faites-vous de vos mains ?

Béranger.

Remuer la casserole

Faire partie de la préfecture de police. Argot des voleurs.

Remuer la casserole

Appartenir à la police.

Renaché

s. m. Fromage, — dans l’argot des voleurs.

Renaché

Fromage, — dans le jargon des voleurs.

Renaché

Fromage.

Renaché

Fromage (Argot des voleurs).

Renacher

Fromage.

Renacle

Police de sûreté.

Renacler

Crier, se mettre en colère.

Renacler

Crier après quelqu’un.

Renacler

Hésiter, grogner, reculer, avoir peur. Convoiter. Crier après.

Renâcler

Crier après quelqu’un.

Renâcler

Crier après quelqu’un.

Renâcler

Renoncer à une chose, manifester de la répugnance à la faire.

Renâcler

v. n. Bouder au travail ; ne pas se sentir en disposition de faire une chose. Argot des faubouriens. Signifie aussi : Crier après quelqu’un, gronder, murmurer.

Renâcler

Reculer, avoir peur.

Quoi de plus propre en effet à faire renâcler les poivrots ?

(La petite Lune, 1879.)

Renifler, respirer, aspirer avec convoitise, convoiter de très près. Encore un qui renâcle les pruneaux de l’épicemar.

Renâcleur

Grogneur. — Poltron.

Renard

« Pour être compagnon, tu seras lapin ou apprenti, plus tard tu passeras renard ou aspirant. » — Biéville. — V. Chien.

Renard

s. m. Aspirant compagnon, — dans l’argot des ouvriers.

Renard

s. m. Pourboire, — dans l’argot des marbriers de cimetière, forcés d’employer toutes les ruses de leur imagination pour en obtenir un des familles inconsolables, mais « dures à la détente ».

Renard

s. m. Résultat d’une indigestion, — dans l’argot du peuple. Piquer un renard. Vomir. Du temps de Rabelais et d’Agrippa d’Aubigné, on disait Écorcher le renard. Les Anglais ont une expression analogue : to shoot the cat (décharger le chat).

Renard

Aspirant au compagnonnage.

Renard

Pourboire, — dans l’argot des marbriers de cimetière. (A. Delvau) C’est le résultat prévu du pourboire.

Renard

Pourboire. Vomissement. Trahison. Espion de bagne.

Renard (cracher un)

Vomir étant ivre.

Renard (faire un)

Vomir.

Renard (le lâcher)

Dégueuler. Expression ancienne ; dans les ateliers, quand un ouvrier a trop bu, il lâche son renard ; un camarade charitable dit alors quand il est copieux : il en a une de queue. Une vieille chanson de compagnon dit :

Quand je sens que ça me gargouille,
Je lâche le renard. (Argot du peuple).

Renard (piquer un)

Vomir. — On a commencé par dire écorcher le renard. — Le renard est une bête si puante qu’on s’expose à vomir de dégoût en voulant l’écorcher. V. Gaz.

Et tous ces bonnes gens rendoient leurs gorges devant tout le monde, comme s’ils eussent escorché le regnard.

Rabelais.

Le voyageur Jacques Lesaige dit en faisant allusion aux effets du mal de mer :

Loué soit Dieu ! Javons bon apétit car je n’avois fait que escorchier le regnart. (1518)

Renard, Queue de renard

Résultat d’une indigestion. Les queues de renard s’étalent les samedis de paye, le soir, le long de certains trottoirs. — Renarder, vomir.

Renarder

Vomir.

Je suis gris… Vous me permettrez de renarder dans le kiosque.

Balzac

On disait autrefois renauder. V. Roquefort.

Renarder

v. n. Rendre le vin bu ou la nourriture ingérée avec excès ou dans de mauvaises dispositions d’estomac.

Renarderie

Vomissement.

Après cette renarderie
Qui ne fut qu’une raillerie.

(Voyage de Brème.)

Renaré

adj. et s. Malin, homme habile.

Renaud

s. m. Reproche, esclandre, — dans l’argot des voleurs. Signifie aussi : Danger, péril.

Renaud

Reproche. — Esclandre. — Remords. — Faire du renaud, se plaindre, ameuter le monde par des cris. Renauder. Grogner, refuser. — Reprocher. — Avoir des remords.

Renaud

Faire des reproches à quelqu’un, c’est lui pousser un renaud.
— Y m’en a foutu un de renaud à l’instruction, y m’a dit que je crapserai d’une fièvre cérébrale soignée par Charlot (Argot des voleurs).

Renaud (être à renaud)

En colère.

Renauder

Se fâcher.

Renauder

Bisquer.

Renauder

Être en colère, refuser, ne pas vouloir.

Renauder

Renâcler (Vidocq). — Signifiait jadis vomir. V. Roquefort.

Quand elle quête, merci ! Chacun renaude ou détale.

Léonard, parodie 1863.

Renauder

v. n. Se refuser à faire quelque chose, être de mauvaise humeur. Argot du peuple. C’est le verbe arnauder de la langue romane. Renauder signifie aussi Se plaindre.

Renauder

v. intr. Murmurer, grommeler d’un air de mauvaise humeur ; souvent synonyme de gourgousser.

Renauder

Grogner. Refuser. Se fâcher. Faire des reproches.

Renauder

Ne pas être content. Ce mot vient du verbe arnauder. Avoir du renaud contre quelqu’un veut également dire : avoir de la rancune. Synonyme de l’expression être à feu (Argot du peuple).

Renauder

Voir renaudeur.

Renauder

Même sens — être en colère.

Renaudeur

Grogneur.

Renaudeur

Celui qui est grincheux et qui bougonne constamment est un renaudeur.

Renbiner

Remettre à neuf.

Rencard

À l’écart. On met un objet au rencard quand on en a assez. La faire au rencard : lever une femme qui est seule sur un banc, dans un square, ou sur une promenade publique. Les courtiers qui lèvent les bonnes pour les placer dans les maisons de tolérance disent :
— J’ai fait la môme au rencard (Argot des souteneurs). N.

Rencart ou Rancart (au)

A l’écart, au rebut.

Renchoir

Récidiver.

Rencœur

En avoir gros sur le cœur contre quelqu’un. Ne pouvoir avaler ou digérer une affaire. Synonyme de la locution très populaire :
— Je travaille à contre-cœur.
— Je n’y vais pas de bon cœur, je n’y vais pas avec courage.
Épouser un homme malgré soi, c’est avoir un rencœur (Argot du peuple).

Rencontre (vol à la)

« Variété du vol à la tire. Il est opéré par deux compères : le premier heurte un passant dont il détache la chaîne qui est aussitôt remise au second ; puis il s’éloigne en s’excusant et se laissant fouiller, si on découvre le vol. » — Canler.

Rendem

Commettre le vol au rendez-moi est faire le rendem ou philippe.

Rendem, rendemi

Vol au rendez-moi.

Rendémi, Vol au rendémi

Vol au rendez-moi, vol au préjudice d’un marchand qui rend la monnaie d’une pièce d’or ou d’argent.

Rendève

s. m. Apocope de Rendez-vous, — dans l’argot des faubouriens.

Rendève

Rendez-vous.

Rendez-moi

Rendre sur une pièce de monnaie.

Rendez-moi

Voir rendem.

Rendez-moi (le vol au)

C’est très simple. L’un des complices jette un louis sur le comptoir ; pendant que le marchand rend la monnaie, l’autre ramasse pièce et monnaie et se sauve. Cette manière de procéder se nomme par abréviation : le rendem (Argot des voleurs).

Rendoublé

Rempli, restauré par un bon dîner.

Rendoublé

Plein, rempli.

Rendoublé, ée

adj. Plein, pleine, — dans l’argot des voleurs.

Rendoublée

Signifie plusieurs choses. Dans le peuple on dit : Rendoublée de putain, pour exprimer qu’il est impossible de l’être davantage. On dit d’une femme enceinte :
— Elle est rendoublée pour doublée (Argot du peuple).

Rendre (se)

Consentir à se mettre sur le dos, à ouvrir ses cuisses et à se laisser baiser par l’homme qui en sollicite depuis plus ou moins de temps l’honneur — et le plaisir.

La comtesse nous raconta dans le plus grand détail comme quoi elle s’était rendue a Préban, et tout ce qui s’était passé entre eux.

Rendre l’âme

Mourir. Rendre son âme à Dieu ou au diable. On dit aussi d’un pochard qui a le renard facile :
— Il a rendu tripes et boyaux jusqu’à son âme.
Là, il n’en meurt pas., il recommence le lendemain (Argot du peuple).

Rendre sa bûche

v. a. livrer une pièce au patron, — dans l’argot des tailleurs. Au figuré, Mourir, — rendre son âme au Grêle d’en haut.

Rendre sa canne au ministre

Mourir, — dans l’argot des troupiers, qui disent cela à propos des tambours-majors.

Rendre sa clef

Mourir, — dans l’argot des bohèmes.

Rendre son cordon

Mourir, — dans l’argot des rapins, qui disent cela à propos des concierges.

Rendre son livret

Mourir, — dans l’argot des domestiques.

Rendre son permis de chasse

Mourir, — dans l’argot du peuple, qui dit cela à propos des médecins, de qui l’homme malade est le gibier naturel.

Rendre un homme heureux

Le faire jouir en le branlant, ou en le suçant, ou en tirant un coup avec lui.

Thémire pour me rendre heureux
Veut que de son flambeau l’Amour seul nous éclaire.

(Épigrammes.)

Oh ! oh ! oh ! ah ! ah ! ah !
Rendez heureux ce monsieur-là,
La, la.

Béranger.

Rendre une fève pour un pois

v. a. Riposter à un coup de langue ou à un coup de poing par un autre coup de langue plus aigu ou par un autre coup de poing plus violent. Argot du peuple. Signifie aussi : Rendre le bien pour le mal ; agir avec générosité envers des gens qui ont montré de la parcimonie.

Rendre visite à M. Du Bois

Aller « où le Roi va à pied », — dans l’argot des faubouriens.

Rendu

« Petit ou gros, cher ou bon marché, l’objet qui déplaît au public rentre dans le grand bazar, et le caissier qui a reçu l’argent rend cet argent… Dans le sous-sol on appelle ces objets les rendus. »

(Giffard : Les grands bazars.)

Rêne (saisir la troisième)

S’accrocher à la crinière d’un cheval sur lequel on ne peut se maintenir.

Renfoncement

Forte bourrée.

On l’accabla de renfoncements, il lui fut impossible de s’expliquer.

Chenu.

Renfoncement

s. m. Coup de poing.

Renfoncement

Vigoureux coup de poing appliqué sur un chapeau haut de forme. Quand les voyous se battent, le coup du renfoncement, c’est un coup de tête donné en pleine poitrine (Argot du peuple).

Renfrusquiner

S’habiller des pieds à la tête.

Renfrusquiner (se)

v. réfl. S’habiller à neuf avec des vêtements d’occasion, — dans l’argot des ouvriers.

Renfrusquiner (se)

S’habiller.

Renfrusquiner pour la sèche

Ensevelir ; mettre un corps au cercueil, — dans le jargon des voleurs.

Reng

Cent.

Rengaîne

s. f. Phrases toutes faites à l’usage des apprentis journalistes ou vaudevillistes, — telles que « l’étoile de l’honneur, la croix de ma mère, l’épée de mon père, le nom de mes aïeux », etc., etc.

Rengainer

Rentrer.

Rengainer son chiffon

Se taire. Mot à mot : rentrer sa langue.

Rengainer son compliment

Faire du plat à une femme, elle vous envoie à l’ours, il faut rengainer son compliment. Être en tête-à-tête avec une femme mariée pour la première fois ; au moment psychologique, le mari arrive… il faut rengainer son compliment (Argot du peuple). N.

Rengaîner son compliment

v. a. Se taire, — dans l’argot du peuple. Signifie aussi, par extension, Mourir.

Rengainer son compliment ou son objet

Remettre son membre dans sa culotte ; ne pas pousser plus loin l’aventure.

J’entends quelqu’un venir…
Rengaine ton objet…

Louis Protat.

Rengainer, Renquiller

Rentrer. — Renquiller son compliment, ne pas achever ce qu’on avait à dire.

Rengracier

Changer de conversation.

Rengracier

S’arrêter.

Rengracier

Finis, on regarde.

Rengracier

Se taire, imposer silence.

Rengracier

Devenir honnête rentrer en grâce de la société.

Jamais tu ne rengracieras. Plutôt caner en goupinant.

Vidocq.

Rengracier

v. n. Renoncer au métier, redevenir honnête homme, — dans l’argot des voleurs, gens peu rengraciables. Rengraciez ! Taisez-vous ! faites silence !

Rengracier

Renoncer au vol. — Rengraciement, retour à l’honnêteté. — Rengracié, redevenu honnête.

Rengracier

Renoncer au vol, devenir honnête. S’arrêter. Signifie aussi se défier. Rengraciez ! défiez-vous.

Rengrâcier

Renoncer.

Rengrâcier

Renoncer.

Reniflant

Nez, — dans le jargon du peuple.

Reniflante

Botte percée, chaussure hors d’usage.

Reniflante

Botte très usée.

Reniflantes

s. f. pl. Bottes éculées et percées, — dans l’argot des voyous.

Reniflantes

Des bottes. L’image est heureuse : quand un pauvre diable a des bottes éculées et percées, elles reniflent l’eau des ruisseaux (Argot du peuple).

Reniflard (le)

Le nez.

Renifle (la)

La Sûreté.

Renifler

Avouer, reconnaître. Renifler quelqu’un.

Renifler

Sentir deviner (Vidocq). V. Pante.

Renifler

Refuser d’aller plus avant.

Si ce n’avait pas été l’heure, j’aurais reniflé.

Monselet.

Renifler

v. n. Reculer, se refuser à faire une chose, — dans l’argot des faubouriens, qui ont eu l’occasion d’observer les chevaux peureux.

Renifler

v. a. Respirer, sentir. Signifie aussi, au figuré : Pressentir, deviner, avoir soupçon de…

Renifler

v. a. et n. Boire. Il faudrait n’avoir pas été enfant pour ne pas se rappeler le maternel :

Renifle, Pierrot,
Y a du beurre au pot.

Renifler

v. n. Faire un effet rétrograde, — dans l’argot des joueurs de billard.

Renifler

Boire d’un trait. — Pressentir.

Renifler

Aspirer, prendre l’eau.

La plus jeune avait… des bottines qui reniflaient l’eau.

(Goncourt : La Faustin.)

Renifler

Boire. Reculer. Pressentir. Refuser. Moucharder.

Renifler

Ne rien vouloir faire.
— Tu renifles sur le truc.
Mot à mot ; rebuter (Argot des voleurs).

Renifler la poussière du ruisseau

v. a. Tomber dans le ruisseau, — dans l’argot des voyous.

Reniflette

La police. Argot des malfaiteurs. Le mot est joli, imagé et rend bien l’idée de l’agent qui renifle, donne du nez comme le chien en quête de gibier.

Reniflette

La police.

Renifleur

Agent de police. Homme de mœurs innommables.

Renifleur de camelotte à la flan

Voleur s’attaquant aux marchandises en étalage, emportant le premier objet qui lui tombe sous la main. À la flan est un diminutif de « flanquette, à la bonne flanquette ».

Renifleur de camelotte à la flanc

Voleur qui flâne au hasard pour dévaliser le premier étalage qui se présente à lui (Argot des voleurs).

Renifleurs

Agents de la sûreté. Il faut avoir un certain nez, un certain flair, pour faire ce métier. Quand les agents arrêtent un voleur, ils le reniflent (Argot des voleurs).

Reniquer

Être de mauvaise humeur, rager. Argot de barrières.

Reniquer

Rager.

Renoblance

Reconnaissance du Mont-de-piété.

Renommée

Goguette ; cabaret où l’on chante.

Renouvellement

Argot de café-concert. Dans ces établissements, le prix de la place occupée donne droit à une « consommation » gratuite. Si vous désirez prendre de nouvelles consommations vous les pavez suivant le tarif des cafés ordinaires. Ce sont ces nouvelles consommations qui prennent le nom de renouvellement.

Au dedans, la salle était comble… les garçons ne savaient où donner de la tête ; les renouvellements pleuvaient. Les bocks et les flacons vides s’amoncelaient sur les comptoirs…

(Gaulois, 1882.)

Renquiller

Rentrer. De quille. V. Pavillonner.

Renquiller

v. n. Rentrer.

Renquiller

Rentrer. S’enrichir. Se rétablir.

Renquiller

Rentrer.
— Je renquille à la piaule.
Renquiller veut dire aussi retourner.
— Je renquille au patelin (Argot du peuple).

Renquiller

Faire fortune, devenir gros et gras (Argot d’imprimerie).

Renquiller

Rentrer.

Renquiller (se)

v. réfl. Réussir ; engraisser ; s’enrichir, — dans l’argot des typographes.

Renquiller (se)

Se rétablir. — S’enrichir.

Renseignement

s. m. Verre de vin ou d’eau-de-vie, — dans l’argot des canotiers. Prendre un renseignement. S’arrêter au cabaret.

Renseignement

Verre de vin, canon d’eau-de-vie, — dans le jargon des canotiers. — Prendre un renseignement, faire une halte au cabaret.

Renseignement

Verre de vin ou d’eau-de-vie consommé chez le marchand.

Rentier à la soupe à l’ognon

s. m. Ouvrier, — dans l’argot des faubouriens.

Rentifer

Entrer, — dans l’argot des voleurs. C’est « entrer » par amplification argotique de « rif », désinence arbitraire, si commune chez MM. les escarpes.

Rentoiler (se)

Revenir à la santé quand on a été malade ; devenir riche quand on a été pauvre.

Rentré (être)

Être sans argent.

Rentré dans ses bois (être)

Porter des sabots. Les voleurs disent d’un individu chaussé de sabots : Le client est gandin, il est rentré dans ses bois.

Rentrer bredouille

Se dit d’une fille qui, descendue vers quatre heures du soir sur les boulevards pour y chasser au miché, rentre chez elle toute seule, sans avoir été suivie.

Plus j’y songe et plus je m’embrouille.
Comment, ils ont vu tes appas,
Et tu reviens ici bredouille !

Collé.

Rentrer bredouille

Rentrer sans avoir levé personne, — dans l’argot des petites dames, dont la chasse n’est pas toujours heureuse, bien que Paris soit un pays fort giboyeux.

Rentrer bredouille

Rentrer ivre-mort. Argot des faubouriens.

Rentrer bredouille

Rentrer ivre-mort.

Rentrer de la toile

v. n. Prendre du repos car suite d’infirmités ou de vieillesse, — dans l’argot des ouvriers qui ont servi dans l’infanterie de marine.

Rentrer ses pouces

Mourir, — dans l’argot des étudiants en médecine, qui ont eu de fréquentes occasions de remarquer que lorsque la mort arrive, la main du moribond se ferme toujours de la même manière, le pouce se plaçant en dedans des autres doigts.

Renversant

adj. Étonnant, extraordinaire. — dans l’argot du peuple et des gandins.

Renversant

Étonnant, merveilleux. Mot à mot : personne, chose dont l’aspect fait tomber à la renverse ; propos, discours qui renverse d’étonnement.

Renverser

v. n. Rejeter ce qu’on a bu ou mangé avec excès ou mal à propos.

Renverser la marmite

v. a. Cesser de donner à dîner, — dans l’argot des bourgeois.

Renverser sa chaufferette

Mourir. Synonyme d’éteindre sa braise (Argot du peuple).

Renverser sa marmite

Mourir, — dans l’argot des ouvriers.

Renverser sa marmite

Mourir. Renverser la marmite : ne plus tenir table ouverte, évincer les parasites. Renverser la marmite : refuser le service. Allusion aux Janissaires qui renversaient la marmite pour indiquer qu’ils se mettaient en état d’insurrection. Nous avons, c’est le progrès, la marmite à renversement des anarchistes (Argot du peuple). N.

Renverser son casque

Mourir, — dans l’argot des faubouriens, qui disent cela à propos des saltimbanques, probablement depuis la mort du fameux marchand de crayons Mengin.

Répandre (se)

v. réfl. S’étaler dans le ruisseau ; tomber, soit par accident, soit parce qu’on est ivre. L’expression est âgée de plus d’un siècle. Elle signifie aussi Mourir.

Répandre sa semence

Décharger en baisant, ou en se branlant.

Un proverbe chinois dit qu’il ne faut pas répandre sa semence sur la mer ; il raison c’est sur les filles.

A. François.

Réparer

Argot des collèges et pensions. Réparer, c’est apprendre à nouveau une leçon qui n’est pas suffisamment sue.

Repas de l’âne (faire le)

Ne boire qu’à la fin du repas, — dans le jargon du peuple.

Repasse

s. f. Mauvais café, — dans l’argot des ouvriers. On dit aussi Cafetiau.

Repassé

N’avoir plus rien. Quand un créancier tenace importune son débiteur, ce dernier par ironie lui dit :
— Vous repasserez.
C’est le créancier qui est repassé quand on ne le paye pas (Argot du peuple).

Repasser

v. a. Céder quelque chose à quelqu’un, donner, — dans l’argot du peuple. Repasser une taloche. Donner un soufflet.

Repasser

Battre. Filouter. Dépouiller.

Repasser la chemise de la bourgeoise

Battre sa femme, — dans le jargon du peuple.

Oh ! ce n’est rien ! Je repasse la chemise de ma femme.

(Huysmans, Marthe.)

Repasser le cuir

Battre ; maltraiter. Le cuir, c’est la peau.

Repasser un simple

Tromper, gagner, voler quelqu’un.

Repasser une femme

La faire jouir en la baisant avec ce fer rouge que les polissons appellent une pine — qui la roussit quelquefois.

Et notez que la moindre bagasse peut en dire autant à un grand roi ou prince, s’il l’a repassée.

Brantome.

Son vaillant fils, fameux par sa crinière,
Un beau matin, par vertu singulière,
Vous repassa tout ce gentil bercail.

Voltaire.

Et m’vla vite en d’voir d’la repasser.

Dumoulin.

Repaumer

v. a. Reprendre, arrêter de nouveau.

Repaumer

Reprendre ; rattraper.

Repaumer, repésigner

Reprendre. Rattraper.

Repérir

Guetter, observer, — dans le jargon des voyous. — Je le repère, le client.

Repérir

Retrouver, — dans le jargon des voleurs. — Repérir un aminche rien d’attaque, retrouver un ami si fidèle.

Repérir

Retrouver.

Repésigné

Arrêté de nouveau. A. D. Pésigner veut dire ouvrir. Il faut donc prendre le mot repésigner dans le sens de voir ouvrir à nouveau la porte de la prison et non dans celui d’arrêter (Argot des voleurs).

Repésigner

v. a. Arrêter de nouveau, — dans l’argot des voleurs.

Repésigner

Arrêter de nouveau.

Répéter

v. n. Aimer, — dans l’argot des cabotins. On dit aussi Aller à la répétition.

Répétition (aller à la)

Faire un double sacrifice sur l’autel de Vénus.

Repiger

Rattraper.

Attends toi ! si je peux te repiger un jour.

Moinaux.

Repiger

v. a. Rattraper, retrouver, — dans l’argot des faubouriens.

Repiger

Prendre sa revanche.

Repiger

Je vais te repiger au demi-cercle. On dit de quelqu’un qui a été pigé — pris une première ibis :
— Je vais te repiger une seconde (Argot du peuple).

Repiger, repincer

Prendre sa revanche. Rattraper.

Repionceuse

Paillasse, — dans le jargon des voleurs.

Repiquer

Recommencer, reprendre le dessus, se tirer d’une mauvaise passe.

On repique son chaste cancan.

1846 Privat d’Anglemont.

Repiquer

v. n. Reprendre courage, se tirer d’embarras. Signifie aussi : Revenir à la charge ; retourner à une chose. Repiquer sur le rôti. En demander une nouvelle tranche.

Repiquer

Se rendormir. C’est-à-dire piquer de nouveau son chien.

Repiquer

Redoubler. — Repiquer sur le rôti ; renouveler une consommation. — Nous avons bu trois bocks : si nous repiquions ? — Redoubler d’ardeur à l’ouvrage après un moment derepos. — Rétablir ses affaires, recouvrer la santé.

Repiquer

Revenir à la charge. Reprendre son travail. Se rendormir. Reprendre faveur.

Repiquer

Deux joueurs font une partie ; l’un joue pique, l’autre répond : repique. Repiquer de riffe : rappliquer d’autorité (Argot du peuple).

Repiquer

Recommencer.

Je t’ai défendu de faire telle chose, tâche de ne pas repiquer.

Repiquer

Recommencer.

Repiquer au truc

Revenir à la charge. Avoir été chassé par la porte et rentrer par la fenêtre. Demander à crédit et se le voir refuser, le redemander à nouveau, c’est repiquer au truc (Argot du peuple). N.

Réplique

s. f. Les derniers mots d’une tirade, d’un couplet quelconque, — dans l’argot des coulisses. Envoyer la réplique. Prononcer ces derniers mots de façon à appeler l’attention de l’acteur qui doit reprendre le dialogue.

Réponse des primes

Opération de Bourse qui, à la liquidation, consiste à abandonner la prime ou à maintenir le marché.

Reportage

Chasse aux informations. — Métier du reporter.

Reporter

Voir liquid.

Reporter

s. m. Journaliste en quête de nouvelles.

Reporter

Journaliste qui va à la chasse aux informations, aux nouvelles. Il y a le reporter politique et le reporter mondain. (V. les Odeurs de Paris de L. Veuillot.) Le reporter est une importation américaine dont certains produits gagnent jusqu’à soixante mille francs par an.

Reporter son fusil à la mairie

v. a. Commencer à vieillir, — dans l’argot du peuple, qui sait qu’à cinquante ans on cesse de faire partie de la garde nationale.

Reporter son ouvrage

Assister, quand on est médecin, à l’enterrement d’une personne qu’on a t…, — pardon ! qu’on n’a pas pu guérir. Argot des faubouriens.

Reporter son ouvrage

Dans le peuple, quand un médecin suit le convoi d’un malade qu’il a soigné, les voyous disent :
— Tiens, le docteur qui reporte son ouvrage (Argot du peuple).

Reposante

Chaise, — dans le jargon des voleurs.

Reposoir

Hôtel garni. Argot des voyous.

Les garnis sont le plus bel ornement de la rue. Ils ont aussi leurs noms : reposoirs ou assommoirs.

(Henri IV, 1882.)

Repoussant

Fusil.

Repoussant

Fusil. — Il repousse l’épaule.

Repoussant

s. m. Fusil, — dans l’argot des voleurs.

Repoussant

Fusil ; allusion au recul.

Repousser

Puer, sentir mauvais.

Repousser du goulot

V. Delvau : Repousser du tiroir.

Repousser du goulot

Puer de la bouche. L’image est typique ; ceux qui sont affligés de cette infirmité repoussent en effet tous ceux qui les approchent (Argot du peuple).

Repousser du goulot

Sentir mauvais de la bouche. Entre artistes de la Comédie-Française : « Dis donc, X…, vous dites toutes que je repousse du goulot à tuer les mouches à quinze pas ; en voilà une qui est sur ma glace pendant que je me maquille, elle ne bouge pas. — Oh ! oui, ma chère, ça se comprend, tu n’as sans doute pas vu que c’était une mouche à m… iel. »

Repousser du goulot

Avoir mauvaise haleine.

Repousser du parlement

V. Trouilloter de la hurlette.

Repousser du tiroir

v. n. Avoir l’haleine cousine germaine du lac Stymphale. Argot des faubouriens. On dit aussi Repousser du corridor.

Repousser les urines

Il est, je pense, inutile d’expliquer cette expression ; sa brutalité la rend très compréhensible. Allusion au piston qui repousse la vapeur dans le cylindre (Argot des voyous). N.

Repoussoir

Femme très laide dont une coquette moins laide fait sa société habituelle pour mieux faire valoir, par la comparaison, ce qui lui reste de fraîcheur et de beauté. Le rôle du repoussoir est d’accompagner sa partner au Bois, au théâtre, au bal.

Repoussoir

Femme d’une beauté médiocre qu’une autre femme prend pour compagne afin de mieux faire ressortir sa propre beauté.

Reprendre du poil de la bête

v. a. Continuer le lendemain les débauches de la veille. Argot du peuple.

Reprendre son pivot

v. a. Retrouver son aplomb, son sang-froid, — dans l’argot du peuple, qui se sert de cette expression depuis longtemps, car on la trouve dans les Œuvres diverses de Cyrano de Bergerac.

Requiem

Table d’hôte à très bon marché.

Requin

Douanier.

Requin

Douanier.

Requin

Douanier.

Requin de terre

s. m. Huissier, — dans l’argot des faubouriens, qui ont voulu faire allusion à la voracité de ce fonctionnaire, pour qui tout est bon, meubles et bijoux, le portrait de votre première maîtresse aussi bien que le berceau de votre dernier né. On l’appelle aussi Macaron.

Requin de terre

Huissier.

Requin de terre

Huissier. Voilà un nom qui n’est pas volé. En effet, comme le requin dont on trouva dans le ventre une paire de bottes, une armoire à glace et un poêle de faïence, l’huissier dévore tout (Argot du peuple). N.

Requinquage

Mise, accoutrement ridicule.

Elle ne songeait pas le moins du monde à lui reprocher son requinquage qui n’avait rien à voir avec la dernière mode.

(Barot : Le fort de la halle.)

Requinquer

Apercevoir.

Requinquer (se)

v. réfl. S’habiller à neuf, ou seulement s’endimancher, dans l’argot du peuple.

Requinquer (se)

Renouveler sa toilette.

Eh bien, mabonne petite, croyez-vous qu’une femme puisse se requinquer ici ?

(Ghamplieury, La Mascarade de la vie parisienne.)

Requinquer (se)

S’habiller à neuf. Revenir à la santé.

Réservoir

Réserviste, — dans le jargon des troupiers.

Resolir

Revendre.

Respecter ses fleurs

Garder sa virginité.

Ma sœur ne peut pas respecter ses fleurs jusqu’à la fin du monde…

(Huysmans : Sœurs Vatard.)

Ressaut

Voyez Renaud.

Ressaut (avoir du)

Être surpris à en ressauter. Une proposition saugrenue fait ressauter d’étonnement celui à qui elle est faite. On ressaute à la pensée de faire une chose qui ne plaît pas (Argot des souteneurs). N.

Ressauter

Se fâcher, se mettre en colère.

J’ai fait ressauter mon propriétaire, parce qui je ne lui ai pas payé mon loyer.

Resserrer son linge

v. a. Mourir, — dans l’argot des faubouriens.

Ressort

Poivre.

Ressort (se casser le)

Se tuer en tombant de cheval.

Ressort de caleçon

Du poivre.

Ressortir (faire)

Être insupportable.

Ressorts

Parties génitales de la femme.

Restant de mes écus (le)

Se dit vulgairement en voyant arriver quelqu’un que l’on n’attendait pas et dont la présence n’est pas précisément agréable ; on salue de ces mots l’arrivée d’un importun : « Voilà le restant de mes écus. »

Restant de nos écus (le)

Se dit à propos des Gens qui surviennent quelque part quand on ne les attend pas. Argot du peuple.

Restant de souper

Terme de mépris employé dans le peuple à l’égard d’une fille qui a roulé pendant vingt ans les restaurants de nuit. Restant de souper, mot à mot : tout le monde a mangé sur son cuir. On dit également pour exprimer une idée plus basse : rognures d’abattoir, c’est le suprême dégout (Argot du peuple). N.

Restaurant à l’envers

Lieux d’aisances publics.

Restaurant des 100 couverts

Cuisine de troupe.

Reste (donner son)

Accabler, tuer quelqu’un.

Mais zeste ! Lowendal leur ficha son reste.

Vadé 1750.

Ne pas demander son reste : Rester anéanti.

Reste (donner son)

Achever un homme en le tuant de n’importe quelle façon.

Reste (ne pas demander son)

C’est, quand on a été battu, fuir sans exiger d’explications — et surtout sans demander le supplément de coups de pied ou de poing auxquels on pourrait avoir droit.

Rester court

Manquer de souffle au lit ; débander au moment même où il faudrait bander le plus raide.

Rester court
À la neuvième politesse !
Est-ce à ma cour
Qu’on vient pour me jouer ce tour ?

Collé.

Rester dans la salle d’attente à reconnaître ses vieux bagages

Rentrer seule, après minuit, — dans l’argot des filles.

Rester en figure

Rester coi, ne savoir que dire. Signifie aussi : Rester seul, être abandonné de ses compagnons.

Rester en frime

Déjeuner chez un marchand de vin et n’avoir sur soi que 2 francs, lorsque la dépense est de 3 francs, est rester en frime.

Rester en plan

v. n. Rester comme otage quelque part, lorsqu’on n’a pas d’argent pour payer sa consommation.

Restituer sa doublure

Mourir, — dans l’argot des faubouriens.

Resucée

s. f. Chose qu’on a déjà goûtée, lue, entendue, ou vue plusieurs fois. On dit aussi C’est de la troisième ou de la quatrième resucée.

Résurrection (la)

n. de l. La prison de Saint-Lazare, — dans l’argot des faubouriens.

Résurrection (la)

La prison de Saint-Lazare.

Résurrection (la)

La prison Saint-Lazare.

Résurrection (la)

Prison de Saint-Lazare. Allusion biblique à Lazare le ressuscité. L. L. En quoi cette prison d’où les femmes sortent plus pourries moralement qu’à leur entrée peut-elle être une résurrection ? Ce n’est une résurrection que pour celles qui sortent guéries de l’infirmerie, parce qu’elles peuvent recommencer leur commerce (Argot du peuple).

Retape

Mis proprement.

Elle est joliment retapée et requinquée le dimanche.

Vidal.

Retape

s. f. Raccrochage, — dans l’argot des filles et de leurs souteneurs. Aller à la retape. Raccrocher. On dit aussi Faire la retape.

Retape

Raccrochage sur le trottoir.

Retape

On retape un vieux chapeau pour lui donner l’aspect d’un neuf. On retape une seconde fois un ami déjà tapé une première. Les filles du trottoir retapent les hommes, mais pas pour les rendre neufs, car quelquefois elles laissent des souvenirs qui ne sont pas tapés. Mot à mot : retaper, raccrocher (Argot des souteneurs).

Retapé

adj. Vêtu proprement, — dans l’argot du peuple.

Retapé

Rétabli. — Habillé de neuf.

Retape (aller à la, faire la)

Aller se promener sur la voie publique, — dans le jargon des filles.

Retape (aller à la)

Être en embuscade sur la voie publique, pour vol ou assassinat. — dans le jargon des voleurs.

Retape (faire la)

Faire le trottoir.

Retaper

Redemander.

j’ai tapé mon patron hier pour avoir un acompte et je vais le retaper aujourd’hui.

Retaper le domino (se faire)

Se faire arranger la denture. On dit aussi Se faire repaver la rue du bec.

Retapeuse

Putain. — Femme ou fille qui fait la retape ; — qui raccroche.

En robes plus ou moins pompeuses,
Elles vont somme des souris :
Ce sont les jeunes retapeuses
Qui font la gloire de Paris.

A. Glatigny.

Retapeuse

Fille qui fait la retape.

Retapisser

Reconnaître.

Retappe

Raccrocher.

Retappe (faire sa)

Raccrocher.

C’est moi qui lui ai donné l’idée de faire sa retape avec un costume décent et un carton à chapeau à la main.

Cinquante mille Voleurs de plus à Paris, Paris, 1830 in-8.

Vient de l’argot des voleurs qui disaient aller à la retape, pour : s’embusquer sur le grand chemin. — Mot à mot : attendre l’occasion de retaper sur les passants.

Retiens (je te)

Mot à mot : je retiens ce que tu dis pour faire tout le contraire.

Retiration

s. f. Verso de la feuille à imprimer, quand on tire en blanc. Être en retiration, c’est avoir atteint la cinquantaine.

Retiration (être en)

Avoir plus de quarante ans, vieillir, — dans l’argot des typographes.

Retiration (être en)

Avoir atteint la cinquantaine, — dans le jargon des typographes. Au propre, la retiration c’est le verso de la feuille à imprimer, quand on tire en blanc. (Boutmy.)

Retiration (être en)

Ouvrier typographe qui commence à vieillir et qui trouve difficilement de l’ouvrage. Le progrès n’a pas encore inventé la machine à tuer ceux qui ne peuvent plus travailler après avoir fait la fortune des patrons (Argot d’imprimerie).

Retiré du service (être)

Ne plus exercer le rude métier de fille d’amour, soit par suite de maladies, soit par suite de mariage, soit par suite de vieillesse, soit — comme sainte Marie l’Égyptienne — par honte de ce métier.

C’est si agréable, quand on s’est retirée du service… de pouvoir se dire : Ce procureur du roi si féroce, c’était mon petit Auguste ! Je le menais par le bout du nez, et il trouvait cela très doux.

A. Delvau.

Retirer (se)

Sortir du con de la femme qu’on baise quand on craint d’être surpris, ou de lui faire un enfant ; — ou lorsque l’on a fini de baiser, ce qui n’est plus surprenant.

Thémire. feignant le contraire,
Disait toujours : Ménage-moi ;
J’ai peur de rencontrer… ma mère…
Ah ! cher Colin, retire-toi…

G Garnier.

Ah ! tu te retires !… Pourquoi ne l’as-tu pas laissés dans moi ! je ne l’aurais pas mangée, va !

Henry Monnier.

Voulez-vous un ami prudent
Qui ménage vos craintes ;
Vite, ouvrez-moi vos… sentiments.
Je sais me retirer à temps.

(Chanson anonyme moderne.)

Retirer la table au moment du dessert

« Comment faites-vous, voisine, pour ne pas avoir d’enfant. — C’est bien simple : mon homme n’est pas gourmand, il se retire de table au moment du dessert. »

Retirer le pain de la bouche

v. a. Ruiner quelqu’un, lui enlever son emploi, les moyens de gagner sa vie. Argot du peuple.

Retoquer

Refuser à un examen, en terme de collège.

Rêver qu’il passe son baccalauréat ès-lettres, et qu’il n’est pas retoqué.

(Les Balançoires de la jeunesse, 1861.)

Les variantes donnent : Recaler, remballer, requiller.

Retourne

s. f. Atout, — dans l’argot des joueurs. Chevalier de la Retourne. Joueur passionné — jusqu’à en être grec.

Retourne (de quoi il)

Ce qui se produit de nouveau. Terme de jeu de cartes où la retourne de l’atout indique en effet l’apparition d’une couleur inattendue.

Voici de quoi il retourne pour le quart d’heure.

E. Texier.

Retourner

Survenir inopinément. Être question : de quoi retourne-t-il ? de quelle chose est-il question ?

Retourner (s’en)

Vieillir, — dans l’argot de Breda-Street.

Retourner (savoir se)

Se tirer d’embarras. L. L. S’en retourner, c’est vieillir. Dans le peuple, cette expression n’est pas prise dans ce sens ; ceux qui font métier de se retourner, ont pour atelier les Champs-Elysées. On les appelle plus communément des ramasseurs de marrons (Argot du peuple).

Retourner la moule

V. Avaler le pépin.

Retourner sa veste

v. a. Faire faillite, et, par extension, Mourir, — dans l’argot des faubouriens. On dit aussi Rendre son tablier et Retourner son paletot.

Retourner sa veste

Changer d’opinion. Reproche fait souvent à la plupart de nos hommes politiques par le peuple qui ne connaît pas le mot de Thiers :
— Il n’y a que l’homme absurde qui ne change jamais (Argot du peuple). N.

Retourner sa veste

Changer d’opinion.

Retraite (en rire jusqu’à sa)

En rire longtemps.

Rétréci

Avare.

Rétrécir (se)

Se laver souvent le vagin avec des astringents, afin d’en rapprocher les parois et de faire croire ainsi — aux innocents — qu’ils prennent un pucelage.

À se rétrécir elle excelle
Et joint aux airs d’une pucelle
La plus profonde instruction.

H. Raisson.

Retrousser (se)

Se retourner. Se tirer de la gêne par tous les moyens possibles.

Une célèbre actrice
À fillette novice
Disait, sans croire l’offenser :
Imite-moi, Charlotte ;
De sagesse oh peut se passer :
Quand on est dans la crotte,
Il faut se retrousser.

Vandael.

Rêve

Objet illusoire, individu qu’on ne voit jamais. — Le payement de certaines notes, un rêve pour bien des fournisseurs. — Dans ce pays les jolies femmes, c’est un rêve. — Dans ce restaurant, les garçons, un rêve.

Rêve (c’est un) !

C’est excellent, idéal. C’est-à-dire : une chose très agréable, un individu très original, dont le souvenir nous poursuivra, dont on sera capable de rêver. — Cette femme, c’est un rêve ! — Ce pâté de grives, un rêve !

Un rêve d’homme, mis comme un prince.

(J. Fleurichamp, Queue d’oseille.)

Revendre

v. a. Répéter ce qu’on a appris de quelqu’un, commettre une indiscrétion. Argot des voleurs.

Revendre

Révéler ; rapporter une conversation, — dans le jargon des voleurs.

Revendre

Révéler, commettre une indiscrétion.

Revendre

Révéler un secret confié. Commerson disait à ce sujet que les secrets c’est le contraire des fruits, que ce n’est pas ceux qu’on veut garder qu’on confie. Revendre : commettre une indiscrétion qui amène l’arrestation de quelqu’un.
— Il est revendu à la police (Argot des voleurs). N.

Revenir

v. n. Se dit — dans l’argot des bourgeois — de tout ce qui plaît, choses ou gens.

Revenir de Pontoise

v. n. Avoir l’air étonné, ahuri ; dire des sottises, — dans l’argot du peuple. Faire ou dire une chose comme en revenant de Pontoise. La dire ou la faire mal, gauchement, niaisement.

Revenir sur l’eau

Sortir d’un mauvais pas.

Le voilà qui revient sur l’eau, cet agneau adoré.

L. Reybaud.

Revenir sur l’eau

v. n. Rétablir ses affaires, sortir d’un mauvais pas ; occuper de nouveau l’attention publique.

Réverbère

Tête, — dans le jargon des voyons.

Faudrait donc alors que je tape sur le réverbère ?

(Huysmans, les Sœurs Vatard.)

Revers (faire un)

Argot de Grecs. Perdre volontairement en taillant une banque et céder la place à un compère auquel on a le soin de donner des séquences.

Revers de la médaille

s. m. La partie du corps sur laquelle on tombe le plus souvent lorsqu’on a l’habitude de marcher sur les talons. C’est une expression de l’argot du peuple parisien, qui appartient également à l’argot du peuple napolitain : Il revescio de la medaglia, disent les fils de Mazaniello.

Revidage

s. m. Opération qui consiste à se partager, entre brocanteurs, les lots achetés trop cher à l’hôtel Drouot, mais achetés par eux pour les enlever aux bourgeois.

Revidage

Nouvelles enchères faites entre marchands, d’un objet adjugé à l’un d’eux, à l’hôtel des ventes. Le revidage ou révision tombe sous le coup de la loi.

Revidage

Revision des marchandises achetées par les brocanteurs dans les ventes publiques. La revision consiste en ceci :
— Pour ne pas faire monter les enchères et acheter bon marché, un ou deux de la bande noire pousse les enchères. Les objets en vente sont, par ce système, généralement adjugés à vil prix.
La vente terminée, ils se réunissent dans le cabinet d’un marchand de vin voisin et ils procèdent au revidage, c’est-à-dire à de nouvelles enchères.
Chacun prend alors le lot de marchandises qu’il peut écouler dans sa boutique, et la différence entre le total de la vente publique et l’opération du revidage est partagée également.
Cette opération illicite est défendue, c’est pourquoi elle se pratique au grand jour (Argot des brocanteurs).

Revidage, révision

Nouvelles enchères ou partage entre marchands d’objets adjugés aux enchères à l’un d’eux.

Revider, Réviser

Se livrer au revidage.

Reviewer

s. m. Écrivain de revues, — dans l’argot des gens de lettres, qui ont emprunté cette expression à l’Angleterre.

Reviser

V. Revidage.

Revoir la carte

v. a. Rendre son déjeuner ou son dîner, — ce qui est une façon désagréable de s’assurer de ce qu’on a mangé. Argot du peuple.

Revolver

Femme légitime. Les voleurs qui emploient cette expression estiment qu’elle suicide son mari quand elle est par trop acariâtre (Argot des voleurs). N.

Revolver à deux coups

Argot des voyous. Le membre viril.

Revoyure (à la)

Expression parisienne synonyme de : Au revoir.

Les opinions sont libres… Comme tu voudras… adieu… à la revoyure.

(Job : L’homme à Toinon.)

Revue de ferrure

Se dit dans les régiments de cavalerie lorsqu’un cheval lève les quatre fers en l’air.

Revue de pistolet de poche

Revue mensuelle de santé dans les régiments. C’est l’heure où le major doit s’assurer si Mars n’aurait point, par hasard, besoin du ministère de Mercure.

Rez de chaussée (petit)

« On appelle petits rez-de-chaussée les jeunes gens à la mode qui ont, en quelque coin de Paris, un rez-de-chaussée, la plupart du temps meublé avec un grand goût et où les jolies visiteuses peuvent entrer. Les petits rez-de-chaussée sont les élégants et les gommeux du moment.

(Illustration, juillet 1887.)

Rhume

s. m. Maladie sœur du Quinte-et-quatorze. On disait autrefois Rhume ecclésiastique.

Rhume de cerveau

Voir naxillé.

Riaulle

Bonne chère.

Ribambelle

s. f. Troupe nombreuse de choses ou de gens.

Ribaud, ribaude

Homme et femme de mauvaise vie ; luxurieux et impudiques.

Je suis la grande Gargouillaude,
Garce dit souverain Gagoux,
Chaude putain, fière ribaude,
Pleine de vérole et de loups.

Le Sr de Sygognes.

Ribleur

Filou. (Dict. comique.)

Non pas un tour de ribleur.

(Sarrazin.)

Il y a entre le ribleur d’autrefois et le roublard de nos jours une grande similitude. Roublard me paraît une réminiscence légèrement modifiée de ribleur.

Ribote

s. f. Griserie, petite débauche. Être en ribote. Être ivre.

Riboter

v. n. Hanter les cabarets.

Riboui

Fripier. Savetier. Soulier réparé.

Riboui, Rebouiseur, Ressuceur

Fripier. — Ressemeleur, raccommodeur de savates. Le riboui ou ressuceur fait, avec de vieux souliers, des chaussures qu’il a la prétention d’appeler « neuves » et auxquelles on a donné le nom de dix-huit. — Au XVIIIe siècle, (1755) donner le bouis, c’était achever, perfectionner, ce qu’on appelle aujourd’hui donner le coup de fion. Le buis, qu’on prononçait bouis, était un polissoir dont se servent encore quelques savetiers pour polir les semelles. De là le surnom de ribouis donné aux vieux souliers, aux souliers restaurés, et celui de ribouiseurs et ribouis, par abréviation, aux savetiers.

Ribouis

s. m. Savetier, — dans l’argot des faubouriens. Francisque Michel a raison : on devrait dire Rebouis, ce mot venant de l’opération par laquelle le cordonnier communique du lustre à une semelle en donnant le bouis. Le rebouis donne un second bouis, ou second lustre, aux chaussures avariées par l’usage.

Ribouis

Souliers. Au carreau du Temple, c’est une spécialité. Les ribouiseurs achètent toutes les vieilles chaussures ; ils ont des ouvriers qu’on nomme des passifleurs, ils les ribouisent si bien que souvent on les prend pour du neuf, pas les jours de pluie par exemple, car les malheureux qui les chaussent rentrent chez eux sans semelles (Argot du peuple).

Ribouis

Chaussures.

Ribouis

Souliers.

Ribouit

Œil. — Anus.

Ils se fourrent l’index dans le ribouit jusqu’à la septième phalange.

(Le Sans-culotte.)

Riboulet

Marchand de numéros et rubans pour conscrits. Voir Faire la riboule.

Ric-à-rac

Avoir du ressaut pour payer. Payer ric-à-rac : par acomptes, prolonger la dette le plus longtemps possible (Argot du peuple).

Ric-à-ric

adv. Chichement, morceau par morceau, — dans l’argot du peuple. Payer ric-à-ric. Par acompte. Autrefois cela signifiait au contraire, Payer rigoureusement, jusqu’au dernier sou.

Riche

adj. Bon, agréable, amusant. S’emploie ordinairement en mauvaise part et avec la négative. Ce n’est pas riche ! Ce n’est pas honnête, ce n’est pas bien.
C’est, me semble-t-il, le luculentus des Latins : hæreditas luculenta, riche succession, dit Plaute ; luculentus scriptor, excellent écrivain, dit Cicéron.

Riche

Beau, de bonne qualité, — dans le jargon des marchands. Voilà un riche poulet. — Vous aurez là, la petite mère, de riches asperges.

Riche (être bien)

Se griser.

Riche en ivoire

adj. Qui a de belles dents, — dans l’argot des faubouriens. Montrer son ivoire. Montrer ses dents. Les ouvriers anglais ont la même expression : Flash his ivory.

Riche en peinture

adj. et s. Homme glorieux, plus riche en paroles qu’en réalité. Argot du peuple. On dit de même d’un Fanfaron qu’il est brave en peinture.

Richelieu

Aussi roué que le galant maréchal de ce nom.

Tout le benjoin d’une galanterie à 80 degrés Richelieu.

Murger.

Richelieu

adj. Galant, magnifique, entreprenant, — dans l’argot des bourgeois, dont les grand’mères ont conservé bon souvenir du vainqueur de Mahon.

Richement

adv. Extrêmement.

Richement laid

Aussi laid que possible.

Richonner

v. n. Rire, — dans l’argot des voleurs.

Richonner

Rire.
— Tu richonnes à te mordre l’œil, ce n’est pourtant pas richonnant (Argot des voleurs).

Richonner

Rire.

Rideau

Grande blouse.

Rideau rouge

s. m. Cabaret, — dans l’argot du peuple, qui se rappelle toujours les maisons à boire du vieux temps, reconnaissables à leurs rideaux de percale de couleur pourpre. Les ouvriers anglais disent de même Red-lattice, parce que chez eux c’est le treillage extérieur du cabaret qui est peint en rouge.

Rideaux de Perse

s. m. pl. Rideaux déchirés, percés de trous, — dans l’argot des bourgeois plaisantins. On dit de même Mouchoir de Perse, chemise de Perse, etc.

Rien

s. m. Garde-chiourme, argousin, — dans l’argot des forçats.

Rien

Mot de l’argot des faubouriens, qui l’emploient comme selle à tous chevaux, pour donner plus de force et de couleur à leurs discours. Ainsi, ils disent : Il n’a rien l’air de… pour : Il a extrêmement l’air de… Il n’est rien paf, pour : Il est très gris. Ce n’est rien mauvais, pour : On ne saurait imaginer chose plus détestable, etc.
Une autre négation, sœur de celle-ci, et valant comme elle une affirmation, c’est n’être pas. Ainsi : Tu n’es pas blagueur ! signifie : « Comme tu es menteur ! »

Rien

s. m. Un peu, très peu, — dans l’argot du peuple. En un rien de temps. En très peu de temps. Rien de rien. Moins que rien.

Rien

synonyme de beaucoup. Il est rien bête, celui-là. Cette expression saugrenue appartient plutôt à l’argot des margeurs et des receveurs qu’à celui des compositeurs. V. Mince.

Rien

Très, beaucoup, extrêmement. Une des expressions les plus courantes parmi le peuple. — Être rien chic, être très élégant. — Être rien bate, être très joli. — Être rien poivre, être très soûl.

Rien

Garde-chiourme. Très, beaucoup, extrêmement : c’est rien beau !

Rif

Feu. Riflaudante, flamme. Riffauder, incendier, brûler. Riffaudeur, chauffeur.

Rif ou Rifle

s. m. Feu, — dans l’argot des voleurs.

Rif ou rifle

Feu.
— Passe-moi un peu de rif que j’allume Joséphine (Argot du peuple).

Rifauder

Brûler, cuire, chauffer.

Rifauder

Se chauffer, brûler, cuire.

Rifauder

Brûler, cuire, chauffer.

Rifauder

Brûler.

Rifauder

Chauffer.

Rife

Feu.

Rife

Feu.

Riff

Feu, d’autorité.

Riffard

Bourgeois.

Riffaudant

Cigare.

Riffaudant, Riffondant

Cigare. — Riffaudante, pipe, — dans le jargon des voleurs.

Riffaudante

s. m. Flamme.

Riffaudante

s. m. Incendie.

Riffaudante

Flamme ; incendie. — Riffauder, brûler. — Riffaudeur, incendiaire.

Riffaude ton gaye

Chauffe ton cheval.

Riffauder

Incendier.

Riffauder

Brûler. V. Flacul. — Rifle : Feu flamme. — V. Coquer.

Je remouche au coin du rifle un sinve qui roupillait. J’ai sondé dans ses profondes.

Vidocq.

Riffauder

v. a. Incendier, brûler.

Riffauder

Brûler. Riffaudante : flamme. Une vieille chanson qui date au moins de cinquante ans, bien connue des voleurs, dit :

L’autre jour, fumant ma bayadaise,
Je rifflaudais, la fumant dans un coin.

Rifflauder voudrait donc dire sommeiller (Argot des voleurs).

Riffauder quelqu’un

Chauffer les pieds.

Riffaudeur

Chauffeur.

Riffaudeur

s. m. Chauffeur.

Riffaudeur à perpète

Le diable.

Riffe

Feu.

Riffe

Prendre de force, d’autorité.
— Il a pris une fille de riffe.
Synonyme de violer (Argot des voleurs).

Riffe (de)

D’autorité.

Il ne voulait pas partager j’ai pris ma part de riffe.

Rifflard

n. m. Bourgeois, — dans le même argot [du peuple].

Rifflard

s. m. Parapluie, — dans l’argot du peuple. Ce mot date de Picard et de sa Petite Ville, comédie dans laquelle il y a un personnage nommé Rifflard, qui ne marche qu’escorté d’un parapluie.

Rifflard

Bourgeois. Dupe. Parapluie. Vieux soulier.

Rifflard

Parapluie. Le mot date de Picard et de la Petite Ville, comédie dans laquelle il y a un personnage nommé Rifflard, qui ne marche qu’escorté d’un parapluie. A. D. Au quinzième siècle, on trouve déjà ce mot employé dans des comédies ou mystères avec un sens satirique et bouffon. Rifflard, bouffard, narinard, dentard étaient des épithètes burlesques que les acteurs se renvoyaient constamment — même quand elles n’étaient pas dans leur rôle. Le personnage le plus important de la Passion, mystère d’Arnould Gresban, bachelier en théologie, qui fut joué avec un immense succès au quinzième siècle, est un berger nommé Rifflard, qui se plaint amèrement et impudemment des impôts excessifs dont le peuple était accablé. Il faudrait pouvoir citer la scène où Rifflard est amené devant un magistrat qu’il appelle Machefoin :

Comment te nomme-t-on ?
Rifflard,
Tout norry de pois et de lard.

Plus tard, le mot rifflard fut appliqué aux sergents, ainsi que nous le voyons par une charte citée par Ducange.
Picard, en appelant, dans sa comédie de la Petite Ville, un de ses personnages François Rifflard, n’a fait qu’emprunter, ce qu’ignorait sans doute Delvau, ce nom au mystère d’Arnould Gresban (Argot du peuple).

Riffle (prendre de)

Prendre sans hésiter. (L. Larchey)

Riffler

Sévère.

Riffler

Veut également dire brûler. Riffler est aussi le synonyme de souffler : prendre. En ce cas, c’est une corruption de rafler (Argot du peuple).

Riflar

Parapluie.

Riflard

Parapluie. — D’une pièce de Picard, la Petite Ville (1801), où l’acteur chargé du rôle de Riflard paraît armé d’un énorme parapluie.

Il pleuvait à verse ; elle était sous son riflard.

Lubize.

Riflard

Riche. — Bourgeois, — dans l’argot des voleurs de 1830.

Riflard

Parapluie. — D’après M. Lorédan Larchey, le nom serait dû à une pièce de Picard, la Petite Ville (1801), où l’acteur chargé du rôle de Riflard portait un énorme parapluie. Le nom de Riflard, dit M. Fr. Michel, approprié à divers personnages comiques, dans plusieurs mystères des XVe et XVIe siècles, était à lui seul une charge comique, et avait, à ce qu’il paraît, auprès du public d’alors, un succès des plus marqués.

Riflard

Parapluie. On dit aussi Jaluzot.

Riflard (compagnon du)

Aide-maçon. — En terme de maçon, le riflard est la pelle dont ils se servent ; d’où le surnom de compagnon du riflard.

Riflard, Rifle

Feu. Coquer le rifle, incendier. La jaffle est sur le riflard, la soupe est sur le feu.

Riflardise

Morgue bourgeoise, stupidité bourgeoise, bêtise prudhommesque.

Riflardise

Morgue.

Riflards

Vieux souliers qui prennent l’eau autant qu’un parapluie.

Rifle

Feu.

Rifle

Jeu.

Rifle

Feu.

Rifle (du)

Du feu.

Riflé, rifleur

Sévère.

Rifler

v. a. et n. Brûler. — dans l’argot des voleurs. On dit aussi Riffauder.

Rifler

v. a. Prendre, saisir, chiper, — dans l’argot du peuple. Signifie aussi: Passer tout près ; effleurer.

Rifler

Brûler (Argot du peuple).

Rifolard

adj. Amusant, rigolo.

Rifolard

Amusant ; drôle.

Rifolard

Amusant.

Rigade

Soulier.

Rigadin

Soulier, — dans le jargon des ouvriers.

Rigodon

Soulier. C’est une déformation de rigadin. Quelques linguistes de la voyoucratie disent également rigodin.

Rigodon (en pincer un)

Vieux mot qui veut dire danser (Argot du peuple).

Rigodons

Souliers. Dans le peuple, on dit d’un homme qui a ses souliers percés et éculés :
— Ses rigodons engueulent le pavé.
On dit également des rigadins (Argot du peuple).

Rigodons

Souliers.

Rigodons

Souliers.

Rigodons, riguelots, rigadins

Souliers.

Rigolade

Fête, plaisirs, jouissances.

Rigolade

s. f. Amusement, réjouissance, plaisanterie. Coup de rigolade. Chanson.

Rigolade

Rire ; plaisir, amusement. — Enfilé à la rigolade, débauché.

Rigolade

Amusement, réjouissance. Gros rire.

Rigolade (être à la)

S’amuser.

Le vieux ronchonnait contre les jeunes gens qui sont trop à la rigolade, et pas à l’étude.

(Réveil du Père Duchêne, 1881.)

Rigolard

Chose très amusante (Argot du peuple).

Rigolbochade

s. f. Drôlerie dite ou faite, écrite ou peinte, — dans l’argot des faubouriens. Ici encore se pose l’éternelle question : Quel est le premier né de l’œuf ou de la poule ? Est-ce mademoiselle Marguerite la Huguenote — plus généralement oubliée aujourd’hui sous le nom de Rigolboche — qui a donné naissance à ce substantif, ou est-ce ce substantif qu’on a décerné comme un brevet à cette aimable bastringueuse ? J’inclinerais volontiers à admettre cette dernière hypothèse. La foule se laisse parfois imposer certains noms, mais elle a pour habitude d’en inventer. Quant aux Mémoires de mademoiselle Marguerite, où elle prétend que c’est elle qui a créé le mot en question, il me suffit que ce soient des Mémoires pour que je ne leur accorde pas la moindre créance.

Rigolbochade

Action de s’amuser, de rire, de danser, d’après la méthode Rigolboche, danseuse célèbre de bals publics, il y a une douzaine d’années. Elle aimait beaucoup à rigoler ; d’où son surnom.

Rigolboche

Amusant drôle. — Diminutif de rigollot.

C’était au Prado… La querelle allait son train… Les agents s’approchèrent… Laissez-les donc ! m’écriai-je, sans doute inspirée, c’est bien plus rigolboche ! — Le mot fut sur-le-champ acclamé. — Marguerite, me dit C., tu viens de créer un mot qui fera fortune.

1860, Mémoires de Rigolboche.

Rigolboche

Partie de plaisir, partie fine, et, en général, toute partie où l’on rigole, — dans le jargon du peuple.

On va trimbaler sa blonde, mon vieux ; nous irons lichoter un rigolboche à la place Pinel.

(Huysmans, les Sœurs Vatard.)

Rigolboche

Très amusant, drôle.

Rigolboche

Quelque chose de supérieurement amusant, beaucoup plus fort que rigolo. Rigolboche était connue à Bullier sous le nom de Marie la Huguenote ; ce nom lui venait de ce qu’elle protestait sans cesse quand le municipal la rappelait à l’ordre ou plutôt à la décence. Elle débuta aux Délassements-Comiques en 1860 sous le nom de Rigolboche. On la nommait aussi Boboche. Ce n’est pas elle l’inventeur de ce mot ; il était connu dans les ateliers depuis 1840. On dit également, pour affirmer que l’on s’est bien amusé :
— Nous avons rudement rigolboché (Argot du peuple).

Rigolboche (être)

Être excentrique, amusant, drôle.

Rigolbocher

Cancaner à la façon de Rigolboche, danseuse dont les lignes précédentes expliquent le nom et la vogue.

Nous rigolbochons parfois à Bullier.

1860, Les Étudiants.

Rigolbocher

v. n. S’amuser, soit en buvant, soit en dansant.

Rigole

s. f. Bonne chère, — dans l’argot des voleurs.

Rigoler

Rire.

Rigoler

Rire, se divertir. Vieux mot. — Dès 1373, Du Cange en cite des exemples au mot Rigolamentum. — V. Hariadan, Lansquiner.

Et frère Jean de rigouller, jamais homme ne feut tant courtois ny gracieux

Rabelais.

Qu’est-ce qui chante ? je veux de quoi rigoler ! moi.

Champfleury.

Rigoler

v. n. S’amuser, se réjouir, boire, danser, rire, — dans l’argot du peuple. Un vieux mot de notre vieille langue, que beaucoup de personnes, j’en suis sûr, s’imaginent né d’hier. Un hier qui a six cents ans ! Les gens du monde croiraient parler argot en employant ce mot employé par Jean de Meung, par Rabelais, par l’auteur de la Farce de Maistre Pathelin et par d’autres écrivains qui font autorité.

Rigoler

Rire, plaisanter, s’amuser.

Rigoler

Rire, prendre du plaisir, s’amuser.

Rigolette

s. f. Habituée de bals publics, amie de la danse et de la gaieté.

Rigolette

Nom donné par Eugène Sue à un des personnages des Mystères de Paris. Ce nom est resté pour désigner une jeune fille joyeuse.
— Elle est rigolotte (Argot du peuple). N.

Rigoleur

adj. et s. Ami de la joie et de la bouteille.

Rigoleur, Rigoleuse

Celui, celle qui aime à rire, à boire et à chanter.

Rigolo

s. et adj. Bon enfant, homme gai. Rigolo-pain-de-seigle ou pain-de-sucre. Extrêmement amusant. On dit aussi d’une chose : C’est rigolo, pour signifier : c’est plaisant, c est drôle.

Rigolo

Chose drôle. Individu amusant. — Être rien rigolo, être très amusant.

Rigolo

Fausse clé, pince à effraction.

Le rigolo eut bientôt cassé tout.

(La France, du 13 mars 1879.)

Rigolo

Nom ou adjectif. — Un homme gai, amusant ; ou bien c’est rigolo, c’est drôle, c’est amusant.

Rigolo

Revolver. Argot du peuple.

Les expulsés furieux cherchèrent à enfoncer la porte (du cabaret). Vacheron sortit armé d’un bâton pour les repousser. À ce moment, l’un des agresseurs dit à Gauthier (un inculpé) : Prends ton rigolo.

(Le Droit, avril 1886.)

Rigolo

Chose drôle. Fausse clé. Revolver. Pince d’effraction. Attaque nocturne. Naïf, bon à voler.

Rigolo

Attaque nocturne. L. L. Rigolo : terme employé dans les ateliers pour qualifier un camarade qui rigole sans cesse, qui amuse les autres. Il y eut, en 1866, un mulet qui portait ce nom au Cirque Napoléon ; il fit courir tout Paris, tant il était amusant, rigolo (Argot du peuple). N.

Rigolo

Sinapisme de farine de moutarde. Rigolo, c’est le nom de l’inventeur. Autrement, cette appellation serait une amère ironie, car un sinapisme n’est pas plus rigolo que d’avoir un clou planté dans les fesses (Argot du peuple). N.

Rigolo

Pince. Si elle fait rigoler quelqu’un, ce n’est certainement pas la victime du vol avec effraction. Elle est rigolo pour le voleur, car avec l’argent volé il peut se payer de la rigolade (Argot des voleurs). V. Monseigneur.

Rigolo

Revolver. Une pince monseigneur est aussi un rigolo.

Rigolo

Drôlerie, amusement, plaisir.

Je me suis amusé, c’était rigolo.

Rigolot, rigolette

Homme ou femme de gai naturel.

Rigolos et vous rigolettes, Gais enfants d’l’atelier.

A. Joly, Ch.

On dit aussi dans le même sens : Rigolot pain de sucre. — C’est rigolot : C’est amusant.

Rigouillard

Chose drôle, c’est plus fort que rigolo. C’est tellement rigouillard qu’il y a de quoi s’en tamponner le coquillard, c’est à se tordre, c’est crevant (Argot du peuple). N.

Rigri

s. m. Ladre, méticuleux, — dans l’argot du peuple.

Rigue

s. f. Apocope de Rigueur, — dans l’argot des voyous.

Rincé

Être rincé comme un verre à bière, n’avoir plus rien. Recevoir une rincée : être battu comme des œufs à la neige. Rincer quelqu’un : le voler jusqu’à son dernier sou (Argot du peuple). V. Raboté.

Rince-crochets

Nom donné par les soldats au troisième quart de café, — octroyé dans les circonstances extraordinaires.

Rince-pintes

Association sans statuts écrits, dont les assemblées générales étaient très suivies, et dont le but était l’antipode de la tempérance. Pour être un rince-pintes, il fallait boire une pinte ou deux en dix minutes. (Le Sublime.)

Rincée

« Il a reçu une bonne rincée, il a été battu, étrillé comme il faut. »

1808. d’Hautel.

Rincée

s. f. Coups donnés ou reçus, — dans l’argot du peuple.

Rincée

Correction manuelle ; — petite raclée.

Rincer

Voler.

Rincer

Voler. Rincer la cambriole, voler tout ce qui se trouve dans une chambre.

Rincer

Dévaliser, voler.

Rincer

Voler.

Rincer

Dévaliser.

Des malfaiteurs crurent pouvoir rincer la caisse du juif.

Balzac.

Rincer

Battre.

Un général, fût-il un prince, Fond sur l’ennemi et vous le rince.

Favart, — 1750.

Tu m’as rincé, et personne ne peut se vanter de me mettre le pied sur la tête.

E. Sue.

Rincer

v. a. Battre, donner des coups. Signifie aussi Gagner quelqu’un au jeu.

Rincer

v. a. Dévaliser, nettoyer, — dans l’argot des voleurs.

Rincer

Dépouiller ; voler.

Rincer

Battre. Dépouiller, voler. Ruiner.

Rincer

Payer à boire. —

Nous avons soif, tu devrais bien nous rincer.

Rincer (se faire)

Recevoir la pluie ; se laisser voler ; perdre au jeu.

Rincer (se)

v. réfl. Se purger, — dans l’argot des faubouriens. On dit aussi Se rincer le fusil.

Rincer l’œil (se)

Regarder complaisamment quelque chose ou quelqu’un.

Depuis notre arrivée, vous n’avez cessé de vous rincer l’œil de toutes ces créatures éhontées…

(Chavette.)

Rincer la dalle

v. a. Offrir à boire à quelqu’un, — dans l’argot des faubouriens. Se faire rincer la dalle. Accepter à boire sans offrir la réciproque. On dit aussi Rincer la dent, ou le bec, ou le fusil, ou le tube, ou la gargoine, ou la corne.

Rincer la dalle

Boire un coup.

Rincer la dalle (se faire)

Se faire régaler par un camarade.
— Je lui ai tellement rincé la dalle qu’il n’a pas une dent dans la gueule qui ne me coûte au moins vingt francs (Argot du peuple).

Rincer la dalle (se)

Se rafraîchir en buvant.

Rincer la trente-deuxième (se)

Boire la goutte, — dans le jargon du régiment. C’est une variante de « se rincer la dent » ; mot à mot : se rincer la trente-deuxième dent. Combien de femmes dans ce monde ne pourraient pas en faire autant ?

Rincer le gosier, le cornet, le sifflet, l’avaloir, la dalle

Faire boire. V. Sifflet.

S’il cajole la cantinière, elle lui rince le gosier.

Wado, Chansons.

Tu peux te rincer le cornet, ça rend toujours un homme aimable.

Cabassol.

Quand vous rincez votre avaloir, Vous êtes prié de quitter le comptoir.

La Maison du Lapin blanc, typ. Appert.

Avec ces messieurs j’bois. Oui, nous nous rinçons la dalle.

Léonard, parodie.

Rincette

s. f. Petit verre d’eau-de-vie pris comme supplément au gloria, — dans l’argot des bourgeois.

Rincette

Petit verre de cognac pris dans la tasse où l’on a bu du café. — Surrincette, second, troisième, quatrième, etc., petit verre pris dans les mêmes conditions.

Rincleux

Avare. Terme d’atelier.

Riole

Bonne chère. Se mettre en riole, faire bombance.

Riole

s. f. Rivière, ruisseau, — dans l’argot des voleurs.

Riole

s. f. Joie, divertissement, débauche, — dans l’argot du peuple. Être en riole. Être en train de s’amuser, être gris. Se mettre en riole. Se griser. En wallon. Être en riolle ou riotte, c’est Se quereller.

Riole

Partie de plaisir. — Être en riole, se mettre en riole, faire riole, s’amuser, se mettre en gaieté, en ribote.

Riole

Ruisseau ou rivière dans l’argot des voleurs. Riole se dit aussi dans le peuple de quelqu’un qui est pochard :
— Il est en riole.
Ce n’est pourtant pas dans la rivière que le vin a été puisé (Argot du peuple).

Riole

Ruisseau, rivière.

Riole (être en)

Être pochard.

Riolle

Bonne chère.

Riolle

Bonne chère.

Riolle

Divertissement. — De rigoler.

Pitanchon, faisons riolle, Jusqu’au jugement.

Grandval, 1723.

Riolle

Partie de plaisir, débauche. Ruisseau.

Ripa, Ripeur

Écumeur de la Seine. — Vagabond qui vole à bord des bateaux.

Ripatins

Brodequins (Argot des voleurs).

Ripatonner

Raccommoder. — Mot à mot : réparationner.

On ripatonne un livre en publiant une édition revue et corrigée ; on ripatonne un édifice en le recrépissant.

La Bédollière.

Ripatonner

v. a. Raccommoder quelque chose ou quelqu’un, — dans l’argot des Polytechniciens, qui ont ainsi consacré la mémoire d’un concierge de l’École, M. Ripaton, tailleur.

Ripatonner

Remettre à neuf.

On distingue, on reconnaît, on évalue tout objet de toilette supprimé, ajouté ou ripatonné.

(Les Filles d’Hérodiade, 1815.)

Corriger une œuvre d’art, une œuvre littéraire.

Ripatonner

Le passifleur qui racommode les vieux souliers, ripatonne (Argot du peuple).

Ripatonneur

Mauvais restaurateur de tableaux.

Ripatons

s. m. pl. Souliers, — dans l’argot des faubouriens.

Ripatons

Pieds. — Vieux souliers, souliers raccommodés. Jouer des ripatons, décamper.

Ripatons

Souliers, — de l’argot parisien.

Ripatons

Pieds.

Ripatons

Souliers (Argot du peuple).

Ripatons

Souliers.

Ripatons

Souliers.

Riper

v. a. Embrasser tendrement.

Riper

Embrasser tendrement. A. D. C’est une singulière façon d’embrasser tendrement les gens que de les voler car riper dans le peuple signifie : prendre.
— Je lui ai ripé sa galette (Argot du peuple). N.

Ripeur

s. m. Libertin.

Ripeur

Libertin. Écumeur de la Seine.

Ripeurs ou Zouaves

Les individus qui se tiennent près les portes de la Villette et de Crimée, pour décharger les bateaux de charbon. Ils se tiennent également à Bercy pour décharger les pièces de vin.

Ripioulement

Chambre, — dans le jargon des voleurs.

Ripiouler

Dormir.

Ripopée

s. f. Mauvais vin, — dans l’argot du peuple. Se dit aussi à propos de Toute chose médiocre ou mal faite. Ce mot a été autrefois masculin, et tantôt substantif et tantôt adjectif : Du ripopé, du café ripopé.

Ripopée

Objet de mauvaise qualité, de nulle valeur. Autrefois la ripopée ou vin de Brétigny était un mauvais petit vin, le plus mauvais des vins de France.

Ripopée

Chose mauvaise. Mauvais vin.

Ripopée

Quelque chose qui ne vaut rien. Synonyme de ratatouille. On dit aussi :
— Ton Borgia à 23 sous ne nous fait boulotter que de la ragougnace (Argot du peuple). N.

Ripper

Dieu a dit :

Croissez et multipliez, rippez.

Rippeur

Celui qui aime ripper.

Riquet

Tout petit. Sobriquet donné dans les ateliers aux apprentis mal formés.
— Viens ici, mon petit riquet.
C’est un pléonasme d’accoupler ces deux mots identiques, mais dans le peuple, on n’y regarde pas de si près (Argot du peuple). N.

Riquiqui

Eau-de-vie.

Tiens ! pour te guérir, je t’apporte une goutte de riquiqui.

La Femme comme on en voit peu, ch., 1789.

Riquiqui

s. m. Eau-de-vie de qualité inférieure, — dans l’argot des ouvriers.

Riquiqui

adj. et s. Chose mal faite ou de qualité inférieure, — dans l’argot des ouvrières. Avoir l’air riquiqui. Être ridiculement habillée, ou n’être pas habillée à la dernière mode. Je ne suis pas bien sûr que ce mot ainsi employé ne soit pas une contrefaçon de Rococo.

Riquiqui

Eau-de-vie.

Riquiqui

Eau-de-vie. Chose mal faite ou mauvaise.

Riquiqui

Mauvaise eau-de-vie. Riquiqui est généralement employé peur peindre quelque chose de mesquin, de petit, d’étroit.
— Son esprit est comme sa taille, c’est riquiqui.
— Ah ! Regardez-moi cette toilette, est-elle assez riquiqui ?
Il existait jadis une liqueur appelée riquiqui ; on ne la connaît plus (Argot du peuple).

Rire à la caisse

Toucher chez un agent de change ou recevoir des mains d’un spéculateur en perte le montant d’une différence ou d’une prime. (Paris-Vivant, Le Million.)

Rire aux anges

Sourire doucement en dormant, — dans l’argot du peuple.

Rire comme un cul

Rire sans desserrer les dents.

Rire comme un cul

Rire sans desserrer les dents. Veut dire aussi rire comme un imbécile, sans savoir pourquoi. Être cul, dit M. Lorédan Larchey, c’est être bête et grossier. Ce pauvre cul n’a vraiment pas de chance, car, non content d’en faire le synonyme de tout ce qui est sale, on en fait le synonyme de tout ce qui est bête et ridicule. S’il pouvait répondre autrement qu’en pétant ! (Argot du peuple). N.

Rire jaune

Rire forcément. — Aimer avec un jaune d’œuf : Tromper. — Allusion à la couleur jaune qui est celle du cocuage.

Rire jaune

v. n. Rire à contre-cœur, quand on voudrait ou pleurer de douleur ou écumer de rage.

Rire jaune

N’être pas content et être forcé de rire quand même ; avoir les larmes dans les yeux et le cœur gros et être forcé de paraître joyeux. On dit aussi :
— Son rire est jonquille. Allusion au cocu qui rit jaune quand la sage-femme lui présente son dernier en lui disant :

C’est tout le portrait d’son père,
Quel cochon d’enfant ! (Argot du peuple).

Rire jaune

À contre-cœur.

Risette

s. f. Sourire, — dans l’argot des bourgeois. Faire des risettes. Faire des avances aimables.

Risette

Surnom donné à une jeune fille rieuse et aimable qui a toujours le sourire sur les lèvres. C’est un vieux boniment employé dans les foires :
— Entrez, mesdames et messieurs, vous verrez la femme colosse ; cent kilos sur l’estomac et le sourire sur les lèvres.
Quand une amie est fâchée, qu’elle boude, on l’embrasse et on lui dit :
— Allons, fais une petite risette à papa, il revient d’Afrique.
Quand une femme vous fait des risettes, on peut y aller carrément (Argot du peuple). N.

Risquer le paquet

v. a. Se hasarder à faire une chose délicate, aventureuse, — dans l’argot du peuple.

Risquer le paquet

Synonyme de tout risquer, c’est-à-dire de tenter l’aventure.
— Tu n’oses pas ! risque donc le paquet (Argot du peuple).

Rivancher

Coucher avec une demoiselle.

Rivancher

Voir Tremblant. — Rivette : Voir Tante.

Rivancher

v. a. Aimer, — dans l’argot des voleurs.

Rivancher

Aimer (Argot des voleurs).

Rivanger

Dormir.

Rivanger

Dormir. Coucher avec une fille.

Rivé au pieu

Épris d’une prostituée.

River son clou

Quand un bavard intarissable ennuie quelqu’un par un discours filandreux, on lui rive son clou en lui disant carrément :
— Tais ta gueule ou je chie dedans.
Mot à mot : river le clou, c’est empêcher d’aller plus loin (Argot du peuple). N.

River son clou

Dire ses vérités à quelqu’un, c’est lui river son clou.

River son clou à quelqu’un

v. a. Lui dire vertement son fait, lui tenir tête dans une lutte de paroles ou de gestes. Argot des bourgeois.

Rivette

s. f. Fille publique, — dans l’argot des voleurs.

Rivette

Fille de joie à l’aurore de la dépravation.

Rivette

Jeune prostituée.

Rivette

Prostituée, du verbe rivancher, se livrer à l’amour. L. L. Cette expression ne s’applique pas aux femmes (Argot des pédérastes). V. Passif.

Rivitte

Synonyme de chatte.

Riz-pain-sel

« À l’armée, où les agents du service des subsistances distribuent les vivres aux compagnies, on leur donne le sobriquet de riz-pain-sel. » — La Bédollière.

Riz-pain-sel

s. m. Fournisseur militaire, — dans l’argot des troupiers.

Riz-Pain-Sel

Ouvrier d’administration.

Riz-pain-sel

Soldats de l’intendance, chargés du service des vivres.

Riz-pain-sel

Ouvrier militaire ou soldat d’administration.

Riz-pain-sel

Soldat d’administration.

Robe de chambre

Cercueil. Ce n’est pas un vêtement bien ouaté, surtout quand c’est la bière des pauvres (Argot du peuple).

Rober

Dérober (Vidocq). — Vieux mot.

Robert macaire

Variété du cancan. — Allusion à la danse de Robert Macaire au premier acte de l’Auberge des Adrets. — V. Macaire.

Magistrats et docteurs commencent leur carrière, En se faisant danseurs De la Robert Macaire.

1841, Phys. de la Chaumière.

Robert-Macaire

s. f. Danse fort en honneur dans les bals publics il y a vingt-cinq ou trente ans. C’était une variété de la Chahut.

Robignol

adj. Très bien, très beau, très amusant, — dans l’argot des voleurs, qui emploient ce superlatif à propos des choses et des gens.

Robignol

Très amusant, très réussi.

Robignol

Très beau, très amusant.

Robignole

Mot employé comme superlatif d’admiration pour une chose extraordinaire « qui dépasse l’imagination. »
— Une évasion audacieuse, c’est robignol.
— La môme est rohignol, elle gouale sans cesse.
Rohignol, en ce cas, est pour joyeux et joyeuse (Argot des voleurs).

Robin

s. m. Taureau communal, — dans l’argot des paysans de Paris.

Robinson

Parapluie. — Usité depuis la représentation d’une pièce de Pixérécourt, où Robinson apparaissait avec son grand parasol.

Robinson

s. m. Parapluie, — dans l’argot du peuple, qui a gardé bon souvenir du naufragé de Daniel de Foë. On dit aussi Pépin.

Rocaille, rococo

Dans le goût de l’époque de Louis XV.

L’amour des rocailles, mot qui caractérise l’ameublement du règne de Louis XV.

Roqueplan.

La chambre de madame était meublée dans le genre rococo.

Balzac.

Rocambolade

s. f. Farce littéraire dans le goût des Exploits de Rocambole de Ponson du Terrail.

Rocambole

s. f. Chose sans valeur ; promesse en l’air qu’on sait devoir n’être pas tenue, gasconnade.

Rocambole

Conte en l’air ; — Objet sans valeur.

Rocambole

Moins que rien.
— Finis-donc avec tes rocamboles, nous ne coupons pas dans le pont.
Rocambole, synonyme de blague, en souvenir de Ponson du Terrail et de son célèbre roman qui porte ce titre (Argot du peuple).

Rocantin

s. m. Vieillard libertin.

Rochet

Prêtre (Vidocq). — Allusion au rochet ou camail qui couvre ses épaules. V. Suage.

Rochet

s. m. Évêque, — dans l’argot des voleurs.

Rochet

Prêtre ; évêque.

Rochet

Evêque. Allusion au rochet que porte ce dignitaire de l’église (Argot des voleurs).

Rococo

Suranné.

Ce mot nouveau est celui de rococo, et me semble être appliqué, par la jeunesse innovatrice, à tout ce qui porte l’empreinte du goût, des principes ou des sentiments des temps passés.

Trollope, 1835.

Rococo

adj. Suranné, arriéré, démodé, grotesque à cause de cela, — comme si le goût d’autrefois ne valait pas bien le goût d’aujourd’hui ! Se prend aussi en bonne part.
Pendule rococo. Pendule Louis XV ou faite sur le modèle de cette époque. Tentures rococo. Étoffes en vieille perse à ramages.

Rococo

Démodé ; terme employé par les artistes peintres de 1830.

Rodeuse

Fille publique qui n’a pas de poste fixe, qui fait son persil dans les terrains vagues. On l’appelle ainsi pour cette raison (Argot des souteneurs).

Rœderer

s. m. Vin de Champagne, — dans l’argot des gens de lettres qui tiennent à faire une réclame à la maison de commerce dont les produits portent cette signature.

Rogner

Guillotiner. Bon à rogner, condamné à mort.

Rogneur

Fourrier. — Mot à mot : rogneur de portions. — Allusion aux vins et aux vivres de campagne sur lesquels un fourrier peu délicat prélève parfois une dîme indue.

Gratte-papier, rogneur, traîne-paillasse, Hardi pillard aux deux galons d’argent, De vingt surnoms que sur lui l’on entasse, Le fourrier rit, et se moque en chantant.

Wado, Chansons.

Rogneur

s. m. Fourrier, — dans l’argot des troupiers.

Rogneurs (les)

Les fourriers que l’on accuse, à tort ou à raison, de faire du fourbi, du rabiau. De là, les sobriquets de rogneurs de centimes, rogneurs de rations.

Rognoler

Marronner. Ne jamais trouver rien de bien (Argot du peuple). V. Ronchonner.

Rognon (sale)

Mot à mot : sale créature couverte de rogne, — dans le jargon des voyous. Rognon est une forme de rogne. — Qué qu’c’est que c’rognon qu’tu camionnes à présent ?

Rognonner

v. n. Bougonner, — dans l’argot des bourgeois.

Rognure

Mauvais acteur. — Rognures de fer-blanc, mauvaise troupe dramatique, — dans le jargon des coulisses.

Rognure

« Quand le concours (du Conservatoire) est achevé, quand le dernier élève a fini d’envoyer son morceau, sa rognure, comme disent ces jeunes gens dans leur argot, alors vient se placer l’instant pénible et douloureux de la délibération. »

(Figaro, juillet 1884.)

Rognure de souffrice

Terme employé dans le peuple, pour qualifier une vieille fille publique. L’usine Souffrice a le monopole de faire des graisses avec les rognures pourries des animaux noyés qui viennent s’échouer sur les bords de la Seine (Argot du peuple). N.

Rognures de fer-blanc

(V. Troupe de fer-blanc.)

Rogome

s. m. Eau-de-vie, — dans l’argot du peuple. Voix de Rogome. Voix éraillée par l’ivrognerie.

Rogomier

s. m. Buveur d’eau-de-vie.

Rogomiste

s. m. Liquoriste.

Rogue

Se dit de quelqu’un qui a des allures hautaines, cassantes : il a l’air rogue. On trouve cette expression en Normandie. Les marchandes de harengs vous disent : il est rogué pour œuvé (Argot du peuple). N.

Roide (c’est)

C’est difficile à croire. — C’est graveleux. — C’est cher.

Vingt francs ! s’écrie le monsieur, c’est roide !

(A. Huart.)

Rôleur

« Dans toutes les sociétés, chaque compagnon, à tour de rôle, consacre une semaine à embaucher et à lever les acquits ; de plus, il convoque les assemblées, il accueille les arrivants, il accompagne les partants, en portant sur son épaule leur canne et leur paquet jusqu’au lieu de séparation. Telles sont les fonctions du rôleur. » (Almanach des métiers, 1852.)

Romagnol

Trésor caché.

Romagnol

Trésor enfoui.

Romagnol ou romagnon

Trésor caché (Argot des voleurs).

Romagnol, ou romagnon

s. m. Trésor caché, — dans l’argot des voleurs.

Romain

Claqueur. — Allusion aux Romains qui applaudissaient Néron.

Sous le lustre avec les romains du parterre.

P. Borel, 1833.

Romain : fantassin. — Allusion à la forme romaine du poignard d’infanterie.

Romain

s. m. Soldat d’infanterie.

Romain

s. m. Applaudisseur gagé, — dans l’argot des coulisses, sans doute par allusion aux claqueurs de Néron.

Romain

Acteur de la Comédie-Française, — dans le jargon des acteurs forains du XVIIIe siècle.

Ils déclamaient… en imitant la diction emphatique et monotone des Romains.

(Ch. Magnin, Hist. des Marionnettes en France, 1862.)

Depuis, le nom de Romain a été spécialement appliqué aux claqueurs ; c’était, primitivement, mot à mot : les gens chargés d’applaudir les Romains et, par abréviation, les Romains.

Romain

Applaudisseur gagé.

Romaine

Semonce ; c’est la variante de chicorée. — Aller à Rome, passer à Rome, recevoir une semonce.

Romaine

Breuvage composé d’un mélange de rhum et d’orgeat.

Romains

Individus qui, moyennant un faible salaire, applaudissent les acteurs (Argot des coulisses).

Romains

Groupe d’individus qui dans les théâtres et concerts payent leur place meilleur marché pour, sous la direction d’un chef dit de claque, faire le succès des artistes. Voir Claque.

Romains

Claqueurs au théâtre.

Romamichel

Maison où logent ordinairement les saltimbanques, les bohémiens, les voleurs, etc.

Romamichel

Bohémien. Tribu de bohémiens. — Vagabond, coureur de grands chemins, diseur de bonne aventure et voleur à l’occasion.

Romancier

s. m. Chanteur qui a la spécialité des romances et autres « choses du cœur », — dans l’argot des cafés-concerts. Fort romancier. Premier chanteur de romances d’un café-concert. Forte romancière. Grosse femme qui chante avec efforts, et très mal, de petites choses sentimentales, très faciles à chanter.

Romancier, Romancière

Chanteur, chanteuse de romances dans les salons, dans les cafés-concerts.

Romané, romanichel

Bohémien.

Romanichel

s. m. Bohémien, — dans l’argot des voleurs. On dit aussi Romamitchel, Romanitchel, Romonichel et Romunichel. Suivant le colonel Harriot, « Romnichal est le nom que portent les hommes de cette race en Angleterre, en Espagne et en Bohême, et Romne-chal, Romaniche, est celui par lequel on désigne les femmes ».

Romanichels

« Voleurs exploitant l’Europe entière sous les allures de marchands forains. Ils se marient entre eux, voyagent constamment et se prêtent assistance en cas d’arrestation. » — Canler.

Romanichels, romanigos

Bohémiens parcourant la France et vivant de rapines.

Rombier

Vieux.

Romboiné

Sou marqué.

Rome

Choux.

Rompez

Allez-vous en, foutez-moi le camp. Allusion au commandement de rompez les rangs (Argot du peuple).

Ronceuse

Femme qui se fâche pour peu de chose et qu’on ne sait par quel bout prendre. Ce mot vient des ébénistes, pour faire allusion au morceau de bois où il y a une ronce qui est sans fil, et qu’on ne sait par quel bout travailler.

Ronchon

Grogneur.

Ronchonner

v. n. Être grognon, maussade ; bougonner, — dans l’argot du peuple.

Ronchonner

v. intr. Murmurer, grommeler ; synonyme de gourgousser et de renauder.

Ronchonner

Grogner ; murmurer.

Ronchonner

Père ronchon qui trouve à redire à tout. Le colonel Ronchonot est célèbre depuis quelques années (Argot du peuple).

Ronchonner

Individu qui trouve à redire à tout.

Ronchonner

Marronner.

Ronchonneur

s. m. Celui qui ronchonne.

Ronchonneur

Celui qui ronchonne.

Rond

Un sou.

Rond

Sou (cinq centimes).

Rond

Un sou.

Rond

Argent, sou.

Rond

Un sou.

Rond

Saoul.

Descendant d’la guinguette, Un soir que j’étais rond.

Les Amours de Jeannette, chanson, 1813.

Rond

Sou. — Le sou est rond. — V. Balle, Roue.

Aboule tes vingt ronds, bêta !

Montépin.

Rond

s. m. Sou, pièce de monnaie, — dans l’argot des voyous. On dit aussi Rotin.

Rond

adj. Ivre, — dans l’argot des faubouriens. Rond comme une futaille. Ivre mort. On dit aussi Rond comme une pomme.

Rond

Pièce d’un sou. — Pas le rond, pas le sou. — Tourner rond, ne plus avoir d’argent.

Rond

Ivre. — Rond comme balle, repu.

Rond

Ivre. Un sou.

Rond

Sou.

Rond

Saoul.

Rond (avoir le)

Avoir de l’argent, — rond est pris pour pièce de monnaie.

Rond (faire)

Dessiner mou, sans vigueur, — dans le jargon des peintres.

Rond (un)

Un sous.

Rond comme une boule

Être pochard à rouler par terre (Argot du peuple). N.

Rond de cuir

Vieil employé. Fonctionnaire inintelligent. S’endormir sur son rond de cuir, ne pas faire son chemin.

Rond de cuir

Employé de bureau dont le travail consiste à toujours être assis.

Rond-de-cuir

Employé de bureau. Allusion au rond de cuir ou de caoutchouc que les employés mettent sur leurs chaises pour économiser leur fond de culotte (Argot du peuple).

Rond, pied de nez

Sol.

Rondache

Alliance.

Ronde Bosse

adj. Hardi, audacieux, frisant l’immoralité, — dans l’argot des gens de lettres, qui consacrent ainsi le souvenir de l’Aristide Froissard de Léon Gozlan.

Ronde des gueux

« La police, en son argot pittoresque, appelle ronde des gueux le voyage circulaire qu’accomplissent autour de la capitale, en bande organisée, les sans-logis de la banlieue. »

(National, janvier 1888.)

Rondelet

s. m. Sein, — dans l’argot des voleurs. On dit aussi Rondin.

Rondelets

Tétons.

Rondelets

Tétons.

Rondelets

Mamelles.

Rondier

Surveillant. Il fait des rondes. Argot du bagne.

Rondin

M.

Rondin

M…..

Rondin

s. m. Stercus (V. étron) — dans l’argot du peuple.

Rondin

s. m. Bâton, gourdin.

Rondin

Résultat d’une visite aux cabinets inodores.

Rondin jaune

s. m. Pièce d’or, — dans l’argot des voleurs. Rondin jaune servi. Or volé, caché par son voleur.

Rondin jaune

Pièce d’or.

Rondin jaune

Pièce de vingt francs. Allusion à la forme ronde (Argot des voleurs).

Rondine

Bague.

Rondine

Boule, canne.

Rondine

Bague. — Même allusion. V. Vague.

Rondine

s. f. Bague, — dans l’argot des voleurs.

Rondine

Bague. — Canne.

Rondine

Bague. Canoë. Rondiner, battre à coups de bâton.

Rondiner

Battre à coups de bâton. — Mot à mot : de rondin.

Qu’il est doux de pouvoir rondiner un ingrat.

Le Rapatriage, parade du dix-huitième siècle.

Rondiner

v. a. Boutonner, — dans le même argot [des voleurs].

Rondiner

v. n. Dépenser de l’argent, des ronds, — dans l’argot des voyous. On dit aussi Se dérondiner.

Rondiner

v. a. Battre à coups de bâton, — dans l’argot du peuple.

Rondiner

Sacrifier à Domange.

Rondiner des yeux

Faire les yeux ronds à quelqu’un.

Rondiner des yeux

v. n. Faire les gros yeux.

Rondines

Des bagnes.

Rondinet

Bague.

Rondins

Les seins… quand ils sont ronds (Argot du peuple) V. Capitonnée.

Rondouillard

Plus que beau. Dans le peuple on dit d’une femme qui possède des qualités surprenantes :
— Elle est rondouillarde.
Quand elle est boulotte, ronde, on dit également par allusion à la forme :
— Elle est rondouillarde (Argot du peuple). N.

Ronflan

C’est ronflan, beau, bien, chouette, tapé (Argot du peuple). N.

Ronflant

Bien mis. — Gonse ronflant, homme bien mis. — Gonzesse ronflante, femme bien mise. — Dégringoler un ronflant, voler un homme bien mis.

Ronflant

Poêle, calorifère.

Ronflant

Bien mis.

Ronflant

Beau, bien. Il est bien habillé, il est ronflant.

Ronflant

Beau, bien, agréable.

Ronfle

Prostituée.

Ronfler

Réussite complète.

Ronfler

C’est appuyer dans la déclamation fortement sur les R, surtout quand ces lettres sont redoublées. Frenoy et Tautin étaient des ronfleurs de premier ordre. — Ronfler a pour synonyme, faire la roue. (Petit dict. des coulisses.)

Ronfler à cri

Feindre de dormir.

Ronfler du bourrelet

v. n. Crepitare, ou alvum deponere, — dans l’argot du peuple. On dit aussi Faire ronfler le bourrelet.

Ronfler du bourrelet

Péter longuement. Le Pétomane célèbre chantait du bourrelet (Argot du peuple).

Ronfler Thomas (faire)

Faire à la selle avec fracas. — Variantes : Ronfler du bourrelet, faire ronfler le bourrelet.

Rongeur

Voiture de place prise à l’heure.

Ronronner

v. n. Faire le joli-cœur auprès d’une femme, — dans l’argot des ouvriers.

Ronronner

v. n. Écrire de petits articles qui ne produisent qu’un bien petit bruit. Argot des gens de lettres.

Roquet

s. m. Homme de petite taille, et, à cause de cela, hargneux. Argot du peuple.

Roquille

Demi-setier, alias polichinelle.

Rose

La nature de la femme.

Tu n’auras pas ma rose,
Car tu la flétrirais.

Béranger.

Là, sous l’albâtre on voit naitre l’ébène,
Et sont l’ébène une rose s’ouvrir.

Parny.

Ma fille, avant d’cèder ta rose,
Retiens bien ce précepte-là.

E. Debraux.

Rose des vents

s. f. Le podex, — dans l’argot facétieux des faubouriens.

Rosée céleste, divine, etc

Décharge de la liqueur balsamique, que les gens qui n’attendent rien du ciel appellent tout bonnement : — du foutre.

Mon amie, reçoit encore cette preuve de non amour. Gamiani, excitez-moi, que j’inonde cette jeune fille de la rosée céleste.

A. de M.

Notre adorable conquérant fait des siennes à toute outrance et darde la rosée de vie sans le moindre ménagement.

A. de Nerciat.

Et le détestable Fa-tutto a fait pleuvoir dans mon sein la rosée du crime.

Voltaire.

Rosette

Petite rose de chair qui se trouve à l’entrée de l’anus et qui en est pour ainsi dire le pucelage, car les pédérastes passifs ne l’ont plus (d’où les pédérastes actifs sont appelés chevaliers de la rosette).

Travaille bien, prend ta lichette,
La lichette donne du cœur ;
Et s’il le faut, tends ta rosette,
Cela te portera bonheur.

A. Dumoulin.

Rosière

Ouvrière fleuriste qui fait spécialement les roses.

Rosière de Saint-Laze

Fille de joie. Mot à mot : rosière de Saint-Lazare.

Rossaille

Rosse, mauvais cheval, — dans le jargon des maquignons.

Rossard

adj. et s. Mauvais compagnon.

Rossard

De rosse, dur. cruel (Argot du troupier).

Rosse

adj. des deux g. Homme sans consistance, femme sans pudeur. Il n’est rien rosse ! Se dit pour : Est-il canaille !

Rosse

Fainéant, canaille. Rossée, volée de coups.

Rosse, rossard

Homme mou, lâche.

Quell’rosse qu’tu fais ! T’es mon ami tout d’même.

Protat.

Rosse, Rossard

Fainéant, propre à rien.

Rossée

Grêle de coups.

Rossée

s. f. Coups donnés ou reçus.

Rosser

v. a. Frapper, battre, étriller à coups de poing ou de bâton.

Rossignante

Flûte.

Rossignante

s. f. Flûte, — dans l’argot des voleurs.

Rossignante

Flûte, — dans l’ancien argot.

Rossignante

Flûte.

Rossignante

Flûte (Argot des voleurs).

Rossignol

Haut-bois. On appelle ainsi un outil d’un casseur de porte.

Rossignol

Le membre viril.

Aussitôt qu’elle eut aperçu
Le rossignol que tenait Catherine.

La Fontaine.

Rossignol

« Ce sobriquet de rossignol était donné par les libraires aux ouvrages qui restent perchés sur les casiers dans les profondes solitudes de leur magasin. » — Balzac. — Les marchands de nouveautés donnent le même nom aux étoffes passées de mode.

Rossignol

Fausse clé.

Après, j’ne manquerai pas de raisons Pour rossignoler les maisons.

Festeau, 1832.

Rossignol

s. f. Fausse clé, — dans le même argot [des voleurs].

Rossignol

s. m. Livre qui ne se vend pas, — dans l’argot des libraires. Marchandise qui n’est pas de bonne défaite, — dans l’argot des boutiquiers.

Rossignol

Marchandise défraîchie, passée de mode.

Rossignol

Fausse clé. Marchandise démodée et depuis longtemps en magasin.

Rossignol

Marchandises défraîchies ou hors de saison. Dans les magasins, les commis qui écoulent les rossignols touchent une prime qui se nomme la guelte (Argot des bourgeois).

Rossignol

Fausse clef (Argot des voleurs).

Rossignol

Fonds de magasin, marchandises défraîchies.

Rossignol

Fausse clef.

Rossignol

Marchandise défraîchie.

Rossignol à gland

Un cochon. Quand un individu a la manie, dans une société, de vouloir toujours chanter, et qu’il le fait comme une crécelle, on lui dit :
— Ah ! ferme ta boîte, tu chantes comme un rossignol à gland (Argot du peuple). N.

Rossignol d’Arcadie

s. m. Âne, — dans l’argot des académiciens, à qui le mot propre répugne tant. Ils disent aussi « Le patient animal qui…, » etc.

Rossignoler

Chanter.

Rossignoler

Chanter.

Rossignoler

Chanter.

Rossignoliser

Vendre des objets défraîchis, sans valeur, des rossignols.

Rossignols

Fausses clés.

Rosto

Appareil à gaz, bec de gaz, — dans l’argot des polytechniciens, en souvenir du général Rostolan qui a fait installer le gaz à l’école.

Roter

Être étonné. J’en rote, — dans l’argot du régiment.

Roteur

Basse-taille, basse-chantante, — dans le jargon du théâtre. — Chanter les roteurs.

Rothomago ou Thomas

Petit bonhomme en bois dont se servent les diseurs de bonne aventure pour prédire l’avenir aux badauds.

On place le magot dans une carafe à moitié pleine d’eau. Suivant qu’on pose ou retire le doigt, il monte ou descend. Monsieur Rrho… Rrho… Rrho… tomago va nous dire qui vous êtes.

(J. Vallès, Le Bachelier géant.)

Rôti (s’endormir sur le)

Ne pas achever un ouvrage, en prendre à son aise. — Ne pas s’endormir sur le rôti, travailler avec assiduité. — Surveiller quelqu’un ou quelque chose avec soin.

Rotin

Sou. — Diminutif de rond.

Si par hasard ils se lâchent d’un déjeuner de vingt-cinq rotins.

Lynol.

Rotin

s. m. Pièce de cinq centimes, sou, — dans l’argot des ouvriers. C’est sans doute une contrefaçon ironique du radis, — à cause de l’éructation.

Rotin

Sou. Pas un rotin dans le porte-morningue, pas un sou dans le porte-monnaie.

Six mille francs, pas un rotin de plus.

(Hennique, La Dévouée.)

Rotin

Un sou.

Rotin

Sou.
— Je suis à fond de cale, pas un rotin (Argot du peuple).

Rotin

Sou.

Rôtir le balai

v. a. Mener une vie obscure et misérable, — dans l’argot du peuple. Avoir rôti le balai. Se dit d’une fille qui a eu de nombreuses aventures galantes, par allusion aux chevauchées sabbatiques des sorcières.

Rototo

s. m. Coups de bâton, de rotin, — dans l’argot des faubouriens. Coller du rototo. Battre quelqu’un.

Rototo !

Exclamation de refus ou de mépris.

Rouatre

Du lard.

Rouatre

Lard, porc salé.

Rouatre

Lard.

Rouatre

Lard.

Rouatre

s. m. Lard, — dans l’argot des voleurs.

Rouatré

Lardé.

Roubignole

s. f. Petite boule de liège dont se servent certains voleurs pour faire des dupes. (Voy. Cocangeur.)

Roubignole

Petite boule de liège dont les roubignoleurs se servent pour le jeu de cocange, jeu qui vole les paysans dans les foires (Argot des voleurs).

Roubignoleur

s. m. Voleur qui a de la Roubignole et des Cocanges, et, par extension, Homme madré. Argot des faubouriens.

Roubignoleur

Floueur ; malin, — dans le jargon des voleurs.

Roubignoleur

Floueur. Voleur à la roubignole.

Roubignolles

V. Sœurs.

Roubignolles

Voir roupettes.

Roubion

Fille de joie d’une laideur repoussante, — dans le jargon des filles.

Roubion

Basse prostituée.

Roubion

Fille publique laide comme les sept péchés capitaux (Argot des souteneurs).

Roublage

Témoignage. — Roublage à la manque, faux témoignage. — Roubler à la manque, faire un faux témoignage. — Roubleur à la manque, faux témoin.

Roublard

Libertin qui connaît toutes les ruses féminines et qui, des deux rôles que les hommes jouent avec les filles, celui de miché et celui de maquereau, celui de jobard et celui d’écornifleur, préfèrerait encore le dernier au premier.

Ça me rappellera, à moi, vieux roublard, le temps où je l’avais encore, où j’étais si godiche avec le sexe.

Lemercier de Neuville.

Roublard

Richard. — Mot à mot : homme à roubles. — S’il faut en croire le Figaro du 27 novembre 1858, on appelle aussi roublart un chevalier d’industrie extorquant des directeurs de jeux une somme qui lui permette de regagner son pays, après une perte dont il exagère la valeur.

Roublard

adj. Laid, défectueux, pauvre, — dans l’argot des voleurs.

Roublard

adj. et s. Rusé, adroit, qui a vécu, qui a de l’expérience, — dans l’argot des faubouriens. Si ce mot vient de quelque part, c’est du XVe siècle et de ribleux, qui signifiait Homme de mauvaise vie, vagabond, coureur d’aventures.

Roublard

Laid, défectueux. — Blasé, malin. — Agent de police, — dans le jargon des voleurs. — Riche, c’est-à-dire homme aux roubles, — dans le jargon des demoiselles de Mabille.

Roublard

Laid, défectueux. Rusé, malin. Riche, heureux. Agent de police.

Roublard

Les voleurs disent d’un homme affreusement laid qu’il est un roublard. A. D. Ce n’est pas le vrai sens aujourd’hui. Roublard veut dire malin, fin comme un renard. Un homme qui sait habilement se tirer d’un mauvais pas est un roublard. Roublard : homme qui cache soigneusement sa pensée, qui est pétri de roublardise (Argot du peuple). N.

Roublard

Rusé, malin et sans scrupule.

Roublard, Roublarde

Heureux, heureuse.

Roublarderie

Pauvreté, misère, détresse.

Roublarderie

s. f. Ruse, astuce, expérience de l’homme qui a vécu et qui remplace l’argent qu’il n’a pas par l’ingéniosité qu’il aura jusqu’au bout de son rouleau. Signifie aussi : Pauvreté, gêne, misère.

Roublardise

Malice, coquinerie, astuce. — Pour la roublardise, elle n’a pas sa pareille.

Roubler

Se plaindre, — dans le jargon des voleurs.

Roubleur

Délateur.

Roubleur

Témoin. Roublage, témoignage.

Rouchi

Personne méprisable.

Veux-tu te cacher, vilain rouchi. Tu reviendras quand tu seras blanchi.

1844. Catalogue poissard.

Du vieux mot rouchi : mauvais cheval. V. Roquefort.

Rouchi

s. m. Homme sans morale et sans honnêteté, voyou, — dans l’argot du peuple.

Rouchi

Gredin ; homme de rien.

Rouchi

Gredin. Rouchie, vile prostituée.

Rouchi

Homme sans conscience, pour qui le Code est un bréviaire. Terme méprisant très en usage (Argot du peuple).

Rouchie

Femme de mauvaise vie.

Depuis, de Pinolie
Ma femme, Pincecul a fait une rouchie.

L. Protat.

Rouchie

s. f. Fille ou femme de mauvaise vie.

Rouchie

Sale femme, sale prostituée ; vaurienne.

Rouchie

Femme avachie, usée. Vient de mauvais cheval : rouchi. Quand une fille est trop vieille, qu’elle a rendu trop de services à l’humanité souffrante, qu’elle ne rue plus dans les brancards, c’est une rouchie (Argot des souteneurs).

Rouchie

Elle est tellement rouchie que si les rues étaient pavées d’asperges, elle marcherait tout le temps sur le derrière.

Roucoucou

s. m. Lapin mort-né, — dans l’argot des chiffonniers et de leurs gargotiers.

Roue

Écu. Roue de derrière, écu de six francs ; roue de devant, écu de trois francs.

Roue

s. f. Juge d’instruction, — dans l’argot des voleurs.

Roue

Juge d’instruction.

Roue

Juge d’instruction.

Roué

Juge d’instruction (Vidocq) — Il doit l’être.

Roue (être à la)

Malin, roublard (Argot du peuple). N.

Roue (être à la)

Être à la coule.

Roue de derière

Pièce de cinq fr.

Roue de derrière

s. f. Pièce de cinq francs en argent, — dans l’argot des cochers, qui emploient cette expression depuis longtemps, puisqu’on la trouve dans les Œuvres badines du comte de Caylus. Les Anglais ont la même expression : A hind-coach-wheel, disent-ils à propos d’une pièce de cinq shillings (une couronne).

Roue de derrière

Pièce de cinq francs en argent.

Mets tes lunettes, mon vieux, c’est une roue de derrière.

(X. de Montépin, Le Fiacre no 13.)

Roue de derrière

Pièce de cinq francs. Roue de devant, pièce de deux francs.

Roue de derrière

Pièce de cinq francs en argent. Quand on n’en possède qu’une, la voilure va cahin-caha, mais, quand il y en a plusieurs, on roule vivement (Argot du peuple).

Roue de derrière

Pièce de cinq francs.

Roue de derrière, de devant

« Pièces de cinq, deux francs. » — Vidocq, 1837. — Allusion au diamètre respectif des roues de voiture.

Roues de derrière… expression des cochers pour dire pièces de cinq francs.

Cabarets de Paris, 1821.

Je peux solir pour une roue de derrière ce qui m’a coûté cinquante ronds, c’est-à-dire vendre pour six francs ce qui m’a coûté cinquante sous.

Avent. de J. Sharp, 1789.

Roue de devant

Pièce de deux.

Roue de devant

s. f. Pièce de deux francs. Les Anglais disent A fore-coach-wheel pour une demi-couronne.

Roue de devant

Pièce de quarante sous.

Rouen

Officier de gendarmerie.

Rouen

Officier de gendarmerie. Aller à Rouen, aller à sa perte.

Rouen (aller à)

Être sifflé, — dans le jargon des comédiens. — Courir à sa ruine. — Manquer une vente, — dans le jargon des commis de la nouveauté.

Rouen (faire un)

Argot des commis de nouveauté. Id est faire l’article à un client qui part sans acheter ; le Rouen c’est le client.

Ça paraît vouloir s’allumer un peu, dit Hutin à Favier ; je n’ai pas de chance, il y a des jours de guignon, ma parole. Je viens encore de faire un Rouen ; cette tuile ne m’a rien acheté.

(Zola : Au bonheur des Dames.)

Rouffion

s. m. Dernier employé du magasin, — dans l’argot des calicots. On dit Mousse.

Rouffion

Commis de magasin de nouveautés, chargé d’aller aux rassortiments. — Rouffionne, jeune fille qui remplît le même emploi.

Rouffion

Dernier commis du magasin.

Rouffle

s. f. Coup de poing ou coup de pied, — dans l’argot des voleurs.

Roufflé

Battre un individu à coups de pieds et à coups de poings.
— Je vais te foutre une bath roufflé (Argot des voleurs).

Roufflée

Volée de coups de poing.

Roufier

Soldat.

Roufier

Soldat.

Roufier

Soldat.

Rouflaquette

Mèche de cheveux collée aux tempes ; accroche-cœurs ; coiffure distinctive des rôdeurs debarrière, des souteneurs de filles.

Sous des casquettes de soie, sortaient des mèches collées sur les tempes, qu’ils appelaient rouflaquettes.

(Vicomte Richard, Les Femmes des autres.)

Rouflaquette

Souteneur de bas étage.

Rouflaquette

Accroche-cœurs. Souteneur.

Rouflaquettes

Mèches de cheveux ramenées sur les tempes. Voir Guiches.

Roufle

Coup.

Rouflée

Volée soignée, — dans le jargon des soldats. — Recevoir une rouflée que le poste en prendrait les armes.

Rouge

Révolutionnaire acceptant le drapeau rouge.

Rouge

s. m. Républicain, — dans l’argot des bourgeois.

Rouge

Sang.

Rouge (faire tomber le)

Avoir l’haleine forte.

Rouge (faire)

Répandre du sang, — dans le jargon des voleurs. — Avoir ses menstrues, — dans celui des voyous.

Rouge de boudin (c’est)

Les affaires vont mal, la situation est mauvaise, — dans le jargon des voleurs. Le rouge de boudin tire sur le noir. C’est pour le voleur les tempora nubila.

Rougemont (pive, pivois de)

Vin rouge.

Rouget

Cuivre. (Vidocq). C’est le cuivre rouge. Le cuivre jaune est le paillon.

Rouget

s. m. Homme à barbe rouge ou à cheveux d’un blond ardent.

Rouget

s. m. Cuivre volé.

Rouget

Cuivre, — dans le jargon des voleurs.

Rouget

Cuivre.

Rouget

Cuivre (Argot des voleurs).

Rouget

Cuivre.

Rougets

s. m. pl. Les menses des femmes, — dans l’argot du peuple, à qui le seigneur de Cholières n’a pas craint d’emprunter cette expression pour un de ses Contes.

Rougets

Menstrues.

La femme qui a les rougets.

(Cliollières, Contes.)

Rougoule

Vol au change, vol au rendez-moi. C’est une altération de rigole, rigolo, drôle, amusant. Ce genre de vol divertit fort les voleurs, qui pensent à la figure de leurs dupes.

Rouillarde

Bouteille.

Rouillarde

Bouteille.

Rouillarde

Bouteille.

Rouillarde

Bouteille.

Rouillarde

Bouteille (Vidocq). — Mot à mot : chose qui se roule.

Rouillarde

s. f. Bouteille, — dans l’argot des voleurs.

Rouillarde

Blouse, — dans le jargon des voyous.

Rouillarde

Bouteille de vieux vin. Blouse.

Rouillarde

Blouse. On sait que la blouse est le vêtement favori des rouliers, de là l’expression rouillarde. Les voleurs disent souillaude (Argot des voleurs). N.

Rouillarde

Argent. On nomme aussi rouillarde une blouse bleue garnie de boutons et piqûres blanches sur les épaules, que portaient dans le temps les rouliers.

Rouillarde

Bouteille de bon vin.

Rouillarde, Rouille

Bouteille de vin cacheté ; bouteille de derrière les fagots.

Rouiller (se)

v. réfl. Vieillir, — dans l’argot du peuple.

Rouin

Prévôt.

Rouin

Prévôt.

Rouin

Prévôt.

Roulance

« Roulement général que font les ouvriers typographes à coups de composteurs sur leurs casses, à la rentrée d’un confrère qu’ils viennent de mystifier. »

Ladimir.

Roulance

s. f. Bruit de pieds, ou de marteaux, ou de composteurs, que font entendre les typographes pour accueillir quelqu’un à son entrée dans l’atelier. Donner une roulance. Faire ce bruit, qui est tantôt une moquerie, tantôt une marque de sympathie.

Roulance

s. f. Tapage assourdissant que les ouvriers d’un atelier font tous ensemble en frappant avec leurs composteurs sur leur galée ou sur les compartiments qui divisent les casses en cassetins, sur les taquoirs avec les marteaux, en même temps qu’ils frappent le sol avec les pieds. Quand un sarrasin pénètre dans une galerie, quand un compositeur est vu d’un mauvais œil, qu’il est ridicule, ou ivre, qu’il a émis une idée baroque et inacceptable, en un mot quand quelqu’un ou quelque chose leur déplaît, MM. les typographes le manifestent bruyamment par une roulance. Les roulances ne respectent rien : les protes, les patrons eux-mêmes, n’en sont pas à l’abri.

Roulance

Roulement produit à l’aide des pieds et des composteurs, lorsque, dans une imprimerie, les typographes éprouvent le besoin d’égayer la situation. C’est une manière de battre aux champs à l’entrée de quelqu’un qu’on veut fêter ou de quelqu’un dont on veut se moquer.

Roulance

Quand une équipe de compositeurs typographes est mécontente, ses membres le manifestent en frappant tous à la fois la casse avec un outil quelconque ; le bruit produit une sorte de roulement, de là, roulance (Argot d’imprimerie).

Roulant

Pois.

Roulant

s. m. Fiacre, — dans l’argot des voyous. Roulant vif. Chemin de fer.

Roulant

Marchand d’habits ambulant.

Roulant

Fiacre. Petit-pois. Chineur vendant à domicile des étoffes volées. Roulante, voiture. Tambour.

Roulant vif

« La science change la face de la civilisation par le chemin de fer, l’argot l’a déjà nommé le roulant vif. »

Balzac.

V. Chineur.

Roulant vif

Chemin de fer.

Roulant vif

Chemin de fer.

Roulant, roulotte

Voiture. V. d’Hautel, 1808. — V. Garçon.

Tout ce maquillage ne te fera pas démarger en roulotte (Aller en voiture).

Paillet.

Roulante

Charrette.

Roulante

Voiture. Tout ce qui roule, depuis la voiture à bras jusqu’au tramway, est une roulante pour le peuple.

Roulante

Fille publique. On dit plus communément rouleuse.

Roulante, roulasse, roule use, roulure

Basse prostituée.

Roulants

s. m. pl. Pois, — dans l’argot des voleurs.

Roulants

Pois.

Roulée

s. f. Coups donnés ou reçus, — dans l’argot des faubouriens. Éreintement, — dans l’argot des gens de lettres.

Roulement (du)

De la vigueur, de l’ardeur à l’ouvrage. — Allons-y, mes enfants, et du roulement.

Rouler

Aller d’un lieu à un autre, se promener.

Rouler

Battre, vaincre. — Mot à mot : rouler à terre.

Enfin je suis seul contre le gouvernement avec son tas de tribunaux et je les roule.

Balzac.

Roulée : Vigoureuse correction.

Rouler

Voyager. — Roulier est classique.

Rouler

v. a. Battre quelqu’un. Signifie aussi : Tromper, agir malignement.

Rouler

v. n. Aller bien comme santé ou comme commerce. Ne s’emploie guère qu’à la troisième personne de l’indicatif présent : cela roule. C’est l’équivalent de : Cela boulotte.

Rouler

v. a. Se moquer, lutter d’esprit et d’impertinences, — dans l’argot des gens de lettres. Se faire rouler. Avoir le dessous dans une affaire, dans une discussion.

Rouler

v. n. Vagabonder, voyager, — dans l’argot du peuple. On dit aussi Rouler sa bosse.

Rouler

v. intr. Aller d’imprimerie en imprimerie.

Rouler

Vagabonder. — Tromper grossièrement.

On ne le roule plus aujourd’hui ; il n’est plus votre dupe, vous êtes sa victime.

(J. Vallès, Le Dimanche d’un jeune homme pauvre.)

Rouler

Battre. Vagabonder. Se bien porter. Tromper, voler.

Rouler

Tromper, induire en erreur.

Je l’ai trompé, je l’ai roulé.

Rouler

Son adversaire à un jeu quelconque est le gagner.

Rouler dans la farine

v. a. Tromper, jouer un tour, user de finesse envers des gens trop simples.

Rouler la brouette à biribi

Être envoyé dans un régiment de discipline. Argot de caserne.

Il amassa un nombre incalculable de jours de consigne et de salle de police, et vint enfin, comme disent les troupiers, rouler la brouette à biribi, c’est-à-dire qu’il fut envoyé aux compagnies de discipline.

(Triboulet, mars 1884.)

Rouler sa bosse

Ouvrier trimardeur, qui n’a pas de domicile fixe, qui roule sa bosse de ville en ville. C’est un mendiant déguisé qui cherche de l’ouvrage et prie le bon Dieu de n’en pas trouver (Argot du peuple).

Rouler sa bosse

Ne pas avoir de domicile fixe, voyager constamment c’est rouler sa bosse. Celui qui a beaucoup voyagé a roulé sa bosse.

Rouler sa viande dans le torchon

v. a. Se coucher, — dans l’argot des faubouriens.

Rouler sa viande dans le torchon

Se coucher. On dit plus communément :
— Je vais remiser ma viande. (Argot du peuple).

Roulette

Voiture.

Rouleur

Trompeur.

Cela ne serait pas bien : nos courtiers passeraient pour des rouleurs.

Lynol.

De rouler : vaincre.

Rouleur

« Ses fonctions consistent à présenter les ouvriers aux maîtres qui veulent les embaucher et à consacrer leur engagement. C’est lui qui accompagne les partants jusqu’à la sortie des villes. »

G. Sand.

De rouler : voyager.

Rouleur

s. m. Vagabond, homme suspect.

Rouleur

s. m. Chiffonnier.

Rouleur

s. m. Compagnon du tour de France chargé de présenter les ouvriers aux maîtres et de consacrer leur engagement.

Rouleur

s. m. Ouvrier typographe qui roule d’imprimerie en imprimerie sans rester dans aucune, et qui, par suite de son inconduite et de sa paresse, est plutôt un mendiant qu’un ouvrier. Aucune corporation, croyons-nous, ne possède un type aussi fertile en singularités que celui dont nous allons essayer d’esquisser les principaux traits. Les rouleurs sont les juifs errants de la typographie, ou plutôt ils constituent cet ordre mendiant qui, ennemi juré de tout travail, trouve que vivre aux crochets d’autrui est la chose la plus naturelle du monde. Il en est même qui considèrent comme leur étant due la caristade que leur alloue la commisération. Nous ne leur assimilons pas, bien entendu, les camarades besogneux dont le dénuement ne peut être attribué à leur faute : à ceux-ci, chacun a le devoir de venir en aide, dignes qu’ils sont du plus grand intérêt. Les rouleurs peuvent se diviser en deux catégories : ceux qui travaillent rarement, et ceux qui ne travaillent jamais. Des premiers nous dirons peu de chose : leur tempérament ne saurait leur permettre un long séjour dans la même maison ; mais enfin ils ne cherchent pas de préférence, pour offrir leurs services, les imprimeries où ils sont certains de ne pas être embauchés. Si l’on a besoin de monde là où ils se présentent, c’est une déveine, mais ils subissent la malchance sans trop récriminer. De plus, détail caractéristique, ils ont un saint-jean, ils sont possesseurs d’un peu de linge et comptent jusqu’à deux ou trois mouchoirs de rechange. Afin que leur bagage ne soit pour eux un trop grand embarras dans leurs pérégrinations réitérées, ils le portent sur le dos au moyen de ficelles, quelquefois renfermée dans ce sac de soldat qui, en style imagé, s’appelle azor ou as de carreau. Un des plus industrieux avait imaginé de se servir d’un tabouret qui, retenu aux reins par des bretelles, lui permettait d’accomplir allègrement les itinéraires qu’il s’imposait. Ce tabouret, s’il ne portait pas César, portait du moins sa fortune. Mais passons à la seconde catégorie. Ceux-là ont une horreur telle du travail que les imprimeries où ils soupçonnent qu’ils en trouveront peu ou prou leur font l’effet d’établissements pestilentiels ; aussi s’en éloignent-ils avec effroi, bien à tort souvent ; car le dehors de quelques-uns est de nature à préserver les protes de toute velléité d’embauchage à leur endroit. D’ailleurs, si les premiers ne se présentent pas souvent en toilette de cérémonie, les seconds, en revanche, exposent aux regards l’accoutrement le plus fantaisiste. C’est principalement l’article chaussure qui atteste l’inépuisable fécondité de leur imagination. L’anecdote suivante, qui est de la plus scrupuleuse exactitude, pourra en donner une idée : deux individus, venant s’assurer dans une maison de banlieue que l’ouvrage manquait complètement et toucher l’allocation qu’on accordait aux passagers, étaient, l’un chaussé d’une botte et d’un soulier napolitain, l’autre porteur de souliers de bal dont le satin jadis blanc avait dû contenir les doigts de quelque Berthe aux grands pieds. Des vestiges de rosette s’apercevaient encore sur ces débris souillés d’une élégance disparue. Au physique, le rouleur n’a rien d’absolument rassurant. La paresse perpétuelle dans laquelle il vit l’a stigmatisé. Il pourrait poser pour le lazzarone napolitain, si poser n’était pas une occupation. Sa physionomie offre une particularité remarquable, due à la conversion en spiritueux d’une grande partie des collectes faites en sa faveur : c’est son nez rouge et boursouflé. Lorsque, contre son attente, le rouleur est embauché, il n’est sorte de moyens qu’il n’emploie pour sortir de la souricière dans laquelle il s’est si malencontreusement fourvoyé : le plus souvent, il prétexte une grande fatigue et se retire en promettant de revenir le lendemain. Il serait superflu de dire qu’on ne le revoit plus. Il est un de ces personnages qu’on avait surnommé le roi des rouleurs, et que connaissaient tous les compositeurs de France et de Navarre. Celui-là n’y allait pas par trente-six chemins. Au lieu de perdre son temps à de fastidieuses demandes d’occupation, il s’avançait carrément au milieu de la galerie, et, d’une voix qui ne trahissait aucune émotion, il prononçait ces paroles dignes d’être burinées sur l’airain : « Voyons ! y-a-t-il mèche ici de faire quelque chose pour un confrère nécessiteux ? » Souvent une collecte au chapeau venait récompenser de sa hardiesse ce roi fainéant ; souvent aussi ce cynisme était accueilli par des huées et des injures capables d’exaspérer tout autre qu’un rouleur. Mais cette espèce est peu sensible aux mortifications et n’a jamais fait montre d’un amour-propre exagéré. Pour terminer, disons que le rouleur tend à disparaître et que le typo laborieux, si prompt à soulager les infortunes imméritées, réserve pour elles les deniers de ses caisses de secours, et se détourne avec dégoût du parasite sans pudeur, dont l’existence se passe à mendier quand il devrait produire. (Ul. Delestre.)

Rouleur

Vagabond doublé d’un filou. — Parasite effronté. — Individu de mauvaise mine et étranger à la localité, — dans le jargon des paysans de la banlieue de Paris. Le mot a été emprunté au jargon des pâtissiers.

En terme de métier, celui qui ne reste pas longtemps dans la même maison s’appelle rouleur.

(P. Vinçard, Les Ouvriers de Paris.)

Rouleur, Rouleuse

Chiffonnier, chiffonnière.

Rouleuse

s. f. Femme de mauvaise vie qui roule de quartier en quartier à la recherche de l’homme philosophal. Argot du peuple.

Rouleuse

Fille publique. Elle roule partout pour trouver pratique. Elle roule ses clients de hasard, car elle promet mais ne tient jamais (Argot du peuple).

Rouleuse, Roulure

Fille qui fait un peu de tous les métiers. Tantôt elle vend des bouquets dans les rues, tantôt de la dentelle sous les portes cochères ; un jour modèle d’atelier, le lendemain vendeuse de parfumerie, etc. — Prostituée de bas étage, celle qui roule de quartier en quartier. Les rouleuses sont des filles qui proposent un tour de promenade en voiture, les stores baissés. Elles habitent ordinairement des chenils dans des quartiers excentriques, vivent avec quelques misérables employés ; ou bien encore elles habitent chez leurs parents ; quelquefois elles n’ont aucun domicile fixe. La plupart d’entre elles portent un petit panier sous le bras et affectent des airs d’ouvrière en course.

Rouliarde

Une bouteille.

Roulier

V. Delvau. Roulottier.

Roulis (avoir du)

Être soûl, — dans l’argot des marins.

Roullarde

Blouse.

Roulotage (vol au)

Vol de marchandise transportée par camion. — Vol dans l’intérieur des maisons de roulage.

Roulotin

s. m. Roulier, — dans l’argot des voleurs.

Roulotin

Roulier.

Roulotte

Voiture.

Roulotte

Voiture.

Roulotte

Voiture.

Roulotte

s. f. Voiture. Grinchir une roulotte en salade. Voler sur une voiture.

Roulotte

Voiture, charrette, camion, voiture de saltimbanque. — Grinchir une roulotte en salade, voler sur une voiture.

Roulotte

Charrette. Voiture de saltimbanque. Roulotte à treppe, omnibus.

Roulotte

Voiture. Les voleurs qui pratiquent le vol à la roulotte disent :
— Grinchir une roulotte en salade (Argot des voleurs).

Roulotte

Voiture.

Roulotte à trèpe

Omnibus. Mot à mot : voiture de la foule. — Roulotte du grand trimar, chemin de fer.

Roulottier

Voleur qui vole les chaises de postes et diligences.

Roulottier

« Il est, en quelque sorte, le cambrioleur de la rue. Au lieu de travailler en chambre, il travaille en voiture. Il saisit une malle, un colis sur un camion de roulage et s’éloigne avec sa proie. »

H. Monnier.

Roulottin : Charretier (Vidocq).

Roulottier

s. m. Voleur qui a pour spécialité de dévaliser les voitures.

Roulottier

Voleur qui exploite les camions, qui vole la marchandise que transportent les camions et quelquefois la voiture, pour ne rien laisser traîner.

Roulottier

Voleur qui dévalise les voitures. Roulottier en cambrouse, voleur de campagne.

Roulottier

Celui qui commet des vols sur les voitures est un roulottier.

Roulottier

Voleur dans les voitures.

Roulottiers

Vol à la roulotte. Quand un camionneur décharge une livraison, le roulottier, vêtu comme un employé des messageries, prend un ballot ; un complice est à quelques pas plus loin, avec une voiture à bras, toujours au détour d’une rue ; il charge le ballot sur sa voiture, et en route (Argot des voleurs). V. Fusilleurs.

Roulure

s. f. Fille de la dernière catégorie, — dans l’argot des faubouriens.

Roulure

Celui qui a roulé sa bosse un peu partout.

Écoute-moi bien, c’est un vieux cabotin, une roulure de la province et de l’étranger qui te parle.

(Huysmans, Marthe.)

C’est du veau, c’est de la roulure,
C’est du veau pour la préfecture.

(Chans. populaire.)

Roumard

Roué.

Roumard

Roué, rusé.

Roumard

Roué.

Roumichipoteuse

s. f. Mijaurée, chipie.

Roumie

Croûte de pain, — dans le jargon des chiffonniers.

Roumie

Vieille croûte de pain.

Roupané

adj. et s. Décavé aux billes ou à tout autre jeu exigeant une mise. Argot des gamins.

Roupettes

Les testicules. — qui sont les petites roues sur lesquelles repose le canon chargé de mitraille spermatique. — L’expression est moderne.

Ses roupettes étaient grosses et rebondies,
Et de poils longs et noirs abondamment fournies.

L. Protat.

Sur les roupettes granitiques
De l’indomptable Sarrazin
Il pleut..

B. de Maurice.

Roupettes

Si vous demandez à un cocher de vous conduire à un endroit éloigné, et qu’il vous réponde : « Mes roues pètent, » ne vous imaginez pas que les roues de son véhicule soient en mauvais état.

Roupie

Punaise (Vidocq). — Elle a en effet la forme et la couleur d’une roupie de tabac.

Roupie

s. f. Punaise, — dans l’argot des voyous.

Roupie

s. f. Mucosité de couleur ambrée qui sort du nez des priseurs, et tombe tantôt sur leur chemise, tantôt dans leur potage. Argot des faubouriens.

Roupie

Punaise.

Roupie

Punaise.

Roupie

Une chose qui ne vaut rien, pas grand’chose ou qui est laide, est une roupie.

Roupie

Laid, mauvais, sans valeur.

Roupie de singe

Rien. — Roupie a ici le sens de monnaie. On dit monnaie de singe pour grimace.

Roupie de singe

s. f. Rien, — dans l’argot des voleurs.

Roupie de singe

Rien, chose sans valeur.

Roupie de singe

Mauvais café qui a la couleur de la roupie qui pend au nez du priseur (Argot du peuple).

Roupie de singe

Mauvais café.

Roupiller

Dormir.

Roupiller

Dormir. — V. Paumer, Pieu, Rifle.

Il est bien temps de roupiller.

1750, Monbron, Henriade travestie.

Roupiller

v. n. Dormir, — dans l’argot des faubouriens, qui emploient ce verbe depuis plus d’un siècle. Signifie aussi Avoir continuellement une roupi au nez.

Roupiller

Dormir.

Il roupille comme ça toute la journée : le v’là parti.

(H. Monnier, Scènes populaires.)

Roupiller

Dormir.

Roupiller

Dormir. Quand on ne dort que quelques instants, on fait un petit roupillon.
— Il est tellement gouapeur qu’il roupille sur son ouvrage (Argot du peuple).

Roupiller

Dormir.

Roupiller

Dormir.

Roupiller dans le grand

Être mort.

Roupilleur

Dormeur.

Roupilleur

s. m. Grand dormeur — ou grand priseur.

Roupilleur

Dormeur. Roupilleuse, dormeuse.

Roupilleuse

Dormeuse.

Roupillon

V. Delvau. Roupilleur.

Roupiner

Voler.

Roupion

Commis de nouveautés. Il tient le milieu entre le commis vendeur et le bistot.

Roupiou

s. m. Élève en médecine qui s’essaye au métier dans les hôpitaux, sans être interne ni externe. C’est lui qui pose les cataplasmes et les vésicatoires. Argot des étudiants. On l’appelle aussi Bénévole.

Roupiou

Dans les hôpitaux de Paris, étudiant en médecine qui remplace bénévolement un externe dans son service.

Rouquin

Rouge. Rouquin, rouquine, homme, femme rouge de cheveux.

Rouquin

Celui qui a les cheveux roux. Une femme rousse est une rouquine.

Rouscaillante

La langue.

Rouscaillante

Langue. Ne balance pas tant la rouscaillante, ne parle pas tant.

Rouscaillante

Langue.

Rouscaillante

La langue.

Rouscaillante

La langue. (1829.)

Rouscailler

Parler.

Rouscailler

Parler argot.

Rouscailler

Parler.

Rouscailler

Besogner du membre avec une femme qui en meurt d’envie.

Un pareil état m’excite et m’offense :
Descends de mon lit, ou bien rouscaillons !

Rouscailler

v. a. Aimer, — dans l’argot des voleurs.

Rouscailler

Sacrifier sur l’autel de Vénus. — Parler. Rouscailler bigorne, parler argot.

Rouscailler

Aimer. Parler. Rouscailler bigorne, parler argot.

Rouscailler

Voulait dire autrefois parler. Les voleurs en ont fait le synonyme d’aimer, mais pas dans le sens platonique (Argot des voleurs).

Rouscailler

Semer pour récolter. Tous les bipèdes et les quadrupèdes rouscaillent, à l’exception cependant du mulet.

Rouscailler bigorne

Parler jargon.

Rouscailler bigorne

Parler jargon.

Rouscailler bigorne

Parler argot.

Rouscailler bigorne

Parler argot. — Rouscailleur : Débauché, luxurieux.

Rouscailler bigorne

v. n. Parler argot.

Rouscailleur

s. m. Libertin.

Rouscailleur

Libertin.

Rouscailleur, Rouscailleuse

Débauché, libertine. Grand-prêtre, grande-prêtresse de Vénus.

Rouspant

Homme qui fournit des sujets aux tantes. C’est le procureur des pédérastes (Argot des souteneurs).

Rouspant, Rouspont

Proxénète pour le troisième sexe et ses admirateurs.

Rouspétance

Mauvaise humeur. — Rouspéter, être de mauvaise humeur, — dans le jargon des ouvriers.

Rouspétance

Agent des mœurs, — dans le jargon des filles. C’est une variante de rousse.

Rouspétance

Agent des mœurs. Mauvaise humeur.

Rouspétance

L’individu qui fait rébellion lorsqu’on l’arrête fait de la rouspétance.

Rouspétance

Rebellion.

Rouspétance (faire de la)

V. Rouspéter.

Rouspéter

Récriminer, faire du pet, du bruit (Argot des voleurs).

Rouspéter

Voir rouspétance.

Rouspont

Voir Tante. (C’est spécialement le souteneur de l’Éphestion de trottoir qui fait chanter.)

Rousse

Police.

Rousse

s. f. La police, — dans l’argot des voyous.

Rousse

s. m. Agent de police ; sergent de ville. On dit aussi Roussin. Rousse à l’arnache. Agent de police de sûreté, qui reçoit une gratification proportionnée à l’utilité des renseignements qu’il donne ou à l’importance des captures qu’il fait faire.

Rousse

Agent de police. La rousse, la police.

Rousse (la)

Mouchard.

Rousse (la)

La police. On dit aussi Rouspance.

Rousse à l’arnac

Service de la sûreté.

Rousse à l’arnac

Service de la sûreté.

Rousse à l’arnache (la)

Mouchard en bourgeois.

Rousse à la flanc (la)

Agent de police habillé.

Rousse à la renache

Police secrète non commissionnée.

Rousse, la rousse

Agent de police, la police.

Rousse, Roussi, Roussin

Mouchard, espion, agent de police. — Inspecteur d’une grande administration. — Contrôleur de chemin de fer, — dans le jargon des mécaniciens.

Rousse, roussin

Tout ce qui touche à la police.

Rousse, roussins

Police, agents de police. — Du vieux mot rouchin : rosse, mauvais cheval. V. Roquefort. — Rousse est une abréviation. — V. Butter, Agrafer, Cambrouse.

C’était l’agent de change que suivaient les roussins.

Vidocq.

Ils croient voir partout la rousse.

Paillet.

À quoi penses-tu ? tu bois avec des rousses.

Chenu.

Rousselette

Moins que rien (Argot des souteneurs). V. Camelotte.

Rousselette

Rien, moins que rien.

Roussi

Mouchard. Être roussi, être découvert.

Roussin

s. m. Baudet, — dans l’argot du peuple. Se dit aussi d’un Cheval qui fait en marchant de fréquents sacrifices au dieu Crépitus.

Roussin

Mauvaise presse, vieille presse ; du nom d’un des premiers fabricants de presses, — dans le jargon des imprimeurs.

Roussin

Tous ceux qui appartiennent, de près ou de loin, à la police, sont des roussins. Autrefois, les agents en bourgeois étaient vêtus de la redingote sombre, d’un ton roussâtre. De là est née l’expression :
— Voila les rousses ! (Argot des voleurs).

Roussin

Agent de police.

Roussiner

Péter sans façon, comme un rouchin.

Roussiner

v. n. Faire de fréquents sacrifices au dieu Crépitus, sans plus de façon qu’un baudet.

Roussiner

Faire arrêter par la police. L. L. Roussiner veut dire péter mollement et puer fortement.
— Il roussine à faire roter un vidangeur (Argot du peuple). N.

Roustampane

Une chose vilaine ou qui ne vaut rien est de la roustampane.

Roustempoigne (être de la)

Ne pas être bon à voler, ne rien valoir.

Roustenpanne

Moins que rien (Argot du peuple).

Rousti

Ruiné ; c’est-à-dire rôti, variante de cuit, flambé, fumé, fricassé.

Roustir

« La plupart des banquistes, pour me servir de leurs expressions, ont un truc pour roustir les gonzes, c’est-à-dire une supercherie pour attraper les bonnes gens. »

Avent. de J. Sharp, 1789.

Roustir

v. a. Tromper, duper, — dans l’argot des voleurs. Signifie aussi Dévaliser.

Roustir

Tromper ; filouter.

Roustir

Tromper. Dévaliser. Rousti, pris, perdu.

Roustir

Prendre, s’approprier le bien d’autrui. Être rousti : être pris (Argot des voleurs).

Roustir

Prendre, voler.

Il a voulu me roustir mon morlingue.

Roustir

Prendre.

Roustisseur

Voleur.

On accuse donc c’te pauvre fille d’être une roustisseuse et d’avoir fait sauter l’argenterie.

Voizo, Chanson.

Roustisseur

s. m. Voleur.

Roustisseur

Blagueur doublé d’un escroc. Parasite éhonté.

Roustisseur

Voleur. Parasite.

Roustisseuse

s. f. Fille ou femme de mauvaise vie, — dans l’argot des faubouriens.

Roustisseuse

Femme qui pique l’assiette chez des amies, qui emprunte de l’argent, des robes, qui vit aux crochets de ses amies.

Roustissure

s. f. Escroquerie.

Roustissure

s. f. Blague peu heureuse, rôle de peu d’importance, — dans l’argot des comédiens, qui sans doute ont voulu faire allusion au mot italien rostita, rôtie, maigre chose.

Roustissure

Mauvaise plaisanterie. — Objet de nulle valeur. — Bout de rôle, — dans le jargon des acteurs.

Roustissure

Volerie. Chose valant peu ou rien.

Roustissure

Mauvaise plaisanterie. A. D. Roustissure, dont par corruption on a fait roustenpanne, veut dire moins que rien (Argot du peuple). V. Rousselette.

Roustons

Les testicules. — Expression moderne.

Votre main, doucement chatouille ses roustons,
Tandis qu’il vous pelote et vous prend les tétons.

L. Protat.

Roustons

Le scrotum.

Roustons

Voir burnes.

Rousture

Homme en surveillance.

Rousture, romture

Homme en surveillance de la police.

Routière

Prostituée oui exerce son métier sur les grandes routes.

Routonner

Voler des malles et des ballots derrière les voilures sur les grandes routes.

Roveau

Gendarme.

Roveaux

Gendarmes.

Roveaux

Gendarmes.

Roveaux

Gendarmes.

Royal-coco

Lancier de la garde.

Royale

« Louis XIII rasait bien, et un jour il coupa la barbe à ses officiers et ne leur laissa qu’un petit toupet au menton. » Tallemant des Réaux. — De là sans doute ce mot, dit Monmerqué.

Royaume des taupes

s. m. La terre, — dans l’argot du peuple. Partir pour le royaume des taupes. Mourir.

Royaume des taupes

V. Les pissenlits pousser par la racine.

Ru

s. m. Ruisseau, — dans l’argot du peuple et des paysans des environs de Paris. On dit aussi Rio. L’expression coule de source : ρεω.

Or beuvez fort tant que rû peut courir,
Ne reftusez, chassant ceste douleur,
Sans empirer un povre secourir,

dit François Villon à sa maîtresse.

Rub de rif

Chemin de fer.

Ruban

Préservatif en baudruche ou en caoutchouc dont on habille le membre viril tontes les fois qu’on le conduit au bonheur. — (V. Capote.)

Ne craint rien ; ces rubans feront bien ton affaire,
dit le marchand de capotes à Pincecul, dans la parodie de Lucrèce, par M. Protat, avoué.
Je sais attacher un ruban
Selon la grosseur d’une pine.

(Chanson anonyme moderne.)

Ruban de queue

« Comme ces grandes routes ruban de queue de quatre ou cinq lieues de long qui rien qu’à les voir toujours toutes droites, vous cassent les jambes. » — E. Sue.

Ruban de queue

s. m. Long chemin, route qui n’en finit pas.

Ruban de queue

La route qui serpente dans la campagne. Elle semble un long ruban.

Rubis sur l’ongle

Être régulier, payer recta ses dettes à l’échéance. Boire son verre jusqu’à la dernière goutte.
— Il a séché son glacis rubis sur l’ongle (Argot du peuple). N.

Rubis sur pieu

loc. adv. Argent comptant, — dans l’argot des faubouriens.

Rubis sur pieu

Argent comptant, — dans l’ancien jargon des filles ; c’est-à-dire argent sur le lit, ce qu’on appelle aujourd’hui « éclairage ».

Rubis sur pieu

Argent comptant.

Rude

Remarquable.

Eh ! mon vieux sabre, tu peux te vanter d’appartenir à un rude lapin.

About.

V. Raide, Balle, Doux. — Rudement : Remarquablement.

Rude

s. f. Chose difficile à croire, événement subit, désagréable, — dans l’argot du peuple.

Rude

adj. Courageux.

Rude

Extraordinaire. — Rude aplomb, rude toupet, rude appétit.

Rudement

adv. Extrêmement, remarquablement.

Rudiment de cythère (le)

Les principes de la langue — et des autres cochonneries.

Jeanne, sotte au monastère,
Sotte au sortir du couvent,
Plaisait sans savoir comment.
Le précepteur de son frère
Lui montre le rudiment
Que l’on enseigne à Cythère :
Son esprit s’ouvre à l’instant.

Collé.

Rue

s. f. L’espace réservé entre deux portants et figurant un chemin entre deux costières, Argot des coulisses.

Rue

Au théâtre, en terme de machiniste, c’est l’espace qui se trouve entre deux châssis ou poitants formant coulisse.

Rue au pain

s. f. Le gosier, — dans l’argot du peuple.

Rue au pain

Gosier. — Avoir la rue au pain barrée, n’avoir pas faim.

Rue au Pain

La bouche.

Rue au pain (la)

Le gosier. Le pain y passe. Mauvaise affaire quand la rue est barrée (Argot du peuple).

Rue barrée

s. f. Rue où demeure un créancier, — dans l’argot des débiteurs. On dit aussi Rue où l’on pave. A en croire Léo Lespès, cette dernière expression serait due au duc d’Abrantès, fils de la duchesse d’Abrantès, et viveur célèbre.

Rue du bec dépavé

La bouche, quand elle n’a plus de dents. Elle ne peut guère alimenter sa voisine, la rue au pain (Argot du peuple).

Rue du Bec dépavé

Bouche où il manque des dents.

Rue du bec dépavée

s. f. Bouche à laquelle des dents manquent, — dans l’argot des faubouriens.

Ruelle aux vesses

Derrière. L’étymologie n’a pas besoin d’être expliquée.

Un tas de raulles empaillés, qui ne valent seulement pas un coup de botte dans la ruelle aux vesses !

(Le Père Duchêne, 1879.)

Ruer dans les brancards

Femme amoureuse qui, au moment psychologique, se démène furieusement, comme le cheval emballé. La figure peut se passer de commentaires (Argot du peuple). N.

Ruette au pain

Gorge.

Au souper, je ne pus avaler une goulée, à croire que j’avais la ruette au pain barrée, par quelque accident.

Delvau.

Ruffian

Accouplement de Ruffi et d’Anus. Mot qui s’est introduit en France au XIIe siècle, et n’a été en vogue qu’à la fin du XVe, quand l’italianisme déborda dans l’idiome gaulois. Ce mot avait alors différentes significations, telles que : lénon, proxénète, débauché, habitué de mauvais lieu, etc. Aujourd’hui, il signifie tout bonnement maquereau.

Elle introduit dans ma maison,
Son rufien, qui sait fort bien
Faire son profit de mon bien.

J. Grévin.

On l’accusait d’avoir fait quelquefois le ruffian à son maître.

Tallemant des Réaux.

Je suis ruffian, et m’en vante.

A. Glatigny.

Ruine-maison

s. m. Homme prodigue, extravagant, — dans l’argot du peuple.

Ruisselant d’inouïsme

adj. Extraordinairement inouï. L’expression appartient à M. Philoxène Boyer, — à qui on fera bien de ne pas la voler.

Rumfort (voyage à la)

Voyage véritable ou simulé, entrepris dans le but d’échapper aux étrennes du premier de l’an. — Voyage économique ; allusion à la soupe économique dite : « À la Rumfort ».

Ruolzé

adj. Ce qui brille sans avoir de valeur intrinsèque, ce qui a une élégance ou une richesse de surface, — par allusion au procédé de dorure et d’argenture découvert par Ruolz. Existence ruolzée. Vie factice, composée de fêtes bruyantes, de soupers galants, d’amis d’emprunt et de femmes d’occasion, mais dont le bonheur est absent. Jeunesse ruolzée. C’est notre Jeunesse dorée, et elle vaut moins, quoiqu’elle soit aussi corrompue.

Ruouet

Un porc.

Rup

adj. Grand, noble, élevé, beau, riche, élégant, — dans l’argot des faubouriens et des filles. Francisque Michel fait venir ce mot du bohémien anglais rup et de l’indoustan rupa, argent, — d’où roupie. Pendant qu’il y était, pourquoi n’a-t-il pas fait descendre ce mot d’un rocher (rupes) ou d’une falaise (rupina) quelconque ? On dit aussi Rupart.

Rup, rupart, rupin

Seigneur, élégant, riche.

Madame, en v’là un rup ! il m’a dit de garder la monnaie pour moi.

Jaime.

Pour enfoncer un rupiné, Je sers d’exemple. Malheur à qui contemple Mon petit minois chiffonné.

Mouret, Ch., 1846.

V. Rebâtir, Bigorne, Caloquet. Se prend adjectivement.

tu étais dans une société assez rup.

Montépin.

faisons un petit bout de toilette que chacun soit rupin.

Chenu.

Rupe, Rupin

Riche ; élégant, comme il faut. Homme rupe, femme rupe.

Rupin

Gentilhomme.

Rupin

Noble, gentilhomme.

Rupin

Gentilhomme.

Rupin

Élégant, bien mis.

Rupin

Riche, bien mis, bien habillé.

Rupin

Fameux, beau.

Rupin

s. et adj. Homme riche ; fashionable, mis à la dernière mode, — ou plutôt à la prochaine mode. C’est le superatif de Rup.

Le rupin même a l’trac de la famine.
Nous la bravons tous les jours, Dieu merci !

dit la chanson trop connue de M. Dumoulin. On dit aussi Rupiné.

Rupin

adj. Distingué, coquet, bien mis. N’est pas particulier à l’argot typographique. Quelques-uns diront rupinos.

Rupin

Malin.

Rupin

Riche, élégant. Malin.

Rupin

Homme riche, calé, cossu. Au superlatif rupinskoff, alors c’est un homme pourri de chic. Les souteneurs disent à leur marmite :
— Lève donc le gonce, il est rupin, il doit être au sac (Argot des souteneurs).

Rupin

Riche, bien mis.

Rupin

Riche.

Rupine

Dame.

Rupine

Dame comme il faut.

Rupine

Dame.

Rupine

Dame bien mise.

Rupine

s. f. Drôlesse, fille à grands tralalas de toilette et de manières.

Rural

Nom donné par les souteneurs de la Commune à quiconque était partisan du gouvernement établi à Versailles. Rural était synonyme de « conservateur ». Le mot a vécu.

Rusée au jeu (être)

Savoir ce qu’il faut faire pour amuser les hommes et leur procurer de vives jouissances, comme le casse-noisette, la patte d’araignée, la feuille de rose, etc.

Tu me portes la mine d’être un jour bien fine et rusée à ce jeu.

Mililot.

Rusquin

Écu.

Rusquin

Pièce d’argent.

Rusquin

Écu.

Rusquin

Écu.

Rusquin

Écu, — dans le jargon des voleurs.

Rustique

Greffier.

Rustique

Greffier. — Rustu : Greffe (Bailly).

Rustique

s. m. Greffier, — dans l’argot des voleurs.

Rustique

s. m. Décor représentant un intérieur villageois. Argot des coulisses.

Rustu

Greffe.

Rustu

s. m. Greffe.

Rustuc

Greffe. Rustique, greffier.

Rut

Ardeur vénérienne.

Mais Jeanne tout en rut s’approche et me recherche
D’amour ou d’amitié, duquel qu’il vous plaira.

Regnier.

Le corps en rut, de luxure enivré.
Entre en jurant comme un désespéré.

Voltaire.

Si son esprit l’eût arrêté,
Elle eût mis en rut le conclave
Et fait bander sa sainteté.

Collé.

Rutière

s. f. Fille publique d’une catégorie à part décrite par Vidocq (p. 73).

Rutière

Fille et voleuse de joie.

Rutière

Fille publique et voleuse.

Rutière

Voleuse ou fille publique, souvent les deux à la fois (Argot des voleurs).

Rutilant, rutilante

Il est rutilant (joyeux). Elle est rutilante, resplendissante de fraîcheur et de beauté. Une chose est rutilante (éclatante). Ce mot est très français, mais il est employé par le peuple dans un tout autre sens que celui indiqué par les dictionnaires classiques (Argot du peuple). N.


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