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M

Ma tante

Mont-de-piété.

Mabilien

Élégant qui fréquente le bal Mabille. — Coiffeur, commis de magasin qui danse à Mabile.

Mabilienne

Demoiselle qui va au bal Mabille comme les spéculateurs sur les fonds publics vont à la Bourse.

Les mabiliennes de 1863 se subdivisent en plusieurs catégories : La dinde, la solitaire, la grue.

(Les Mémoires du bal Mabille.)

Mabillarde, Grue mabillarde

Demoiselle qui, au bal Mabille, fait beaucoup de frais de conversation dans l’espoir de séduire un riche étranger, mabilien de passage. — Souvent elle s’aperçoit trop tard, hélas ! que le riche étranger n’est ni riche ni étranger.

Maboul

Imbébile, toqué, — de l’arabe.

Maboul

Niais, un peu fou. /p>

Suivant l’expression d’Eugène Tourte, elle était un peu maboule, rêvassant près de son bon ami à des amours câlins.

(Huysmans : Les Sœurs Vatard.)

Le père ? dit Landart, il ne peut pas gagner sa vie ; malheureusement il est un peu maboul.

(Sirven et Siegel : Les Drames du Mont-de-Piété, 1886.)

Maboul

Un peu fou, timbré.

Mac

Abréviation de maquereau.

Ça m’ fera peut-etre rigoler un brin, de changer d’role, et de mac devenir miché.

Lemercier de Neuville.

Après tout, ce n’est pas si bête
D’avoir fait quatre cents binettes.
D’hommes de lettr’s, de peintr’s et de mac ?

A. Pothey.

Mac

s. m. Apocope de Maquereau, — dans l’argot des faubouriens.

Mac

Apocope de maquereau, souteneur de filles ; et mecque avec changement de l’a en e. — De maque, marchand ; d’où maquignon.

Mac

Diminutif de maquereau. Quelques-uns écrivent mec, d’autres mecque. C’est mac qui est le vrai mot (Argot des souteneurs).

Mac

Individu qui vit du produit d’un labeur vaginal.

Mac

Souteneur.

Mac à la mie de pain

Souteneur à qui la marmite donne peu d’argent.

Mac-Farlane

s. m. Paletot sans manche, — dans l’argot des gandins et des tailleurs.

Mac-farlanes

Long pardessus sans manches, avec grand collet tombant sur le devant.

Ils portent des mac-farlanes.

Les Étudiants, 1860.

Mac-Mahon

Les dragons ont donné ce nom à la tête de Méduse qui surmonta leurs casques. — T’as joliment bien astiqué Mac-Mahon, ce matin. — D’autres l’appellent la « République », parce qu’ils se figurent que c’est la tête de la République, (comme si elle avait le don de pétrifier ses ennemis.) — Je m’en vas donner un coup d’astiqué à la République.

Mac-Mahonat

Gouvernement du maréchal de Mac-Mahon, second président de la troisième République française.

Mac-Mahonien

Partisan du gouvernement du maréchal de Mac-Mahon. — Feuille mac-mahonienne, journal dévoué à la politique du maréchal.

Mac, maca

Apocope de macquereau, macquerelle. Maman maca, maîtresse d’une maison de tolérance.

Mac, macque, macchoux

Maquereau. — Maca : Maquerelle. — Macchoux est une corruption du mot maquereau. — Mac et maca sont deux abréviations. — Par un hasard singulier, la première de ces abréviations donne la clef même du mot Au moyen âge, le mot maque signifiait : vente, métier de marchand. V. Roquefort. — De là sont venus maquillon ou maquignon et maquerel ou maquereau. Le maquereau n’est qu’un maquignon de femmes. Pendant tout le moyen âge, on a écrit maquerel ou maqueriau. Ce dix-neuvième siècle a oublié la véritable source du mot qu’il a confondu avec celui du poisson, d’où les synonymes de poisson et de barbillon.

Le métier de mac autrefois n’était guère exercé que par des voleurs et des mouchards… maintenant les prêtresses de Vénus Callipyge ont pour amants des jeunes gens de famille.

1837, Vidocq.

Le macque est le souteneur des filles de la plus basse classe. Presque toujours c’est un repris de justice.

Canler, 1863.

Une vieille maca : Entremetteuse, femme vieillie dans le vice.

1808, Dhautel.

Maca

Maquerelle, entremetteuse, femme vieillie dans le vice.

Maca

Maquerelle, proxénète. — Mère maca, macquecée, maîtresse d’une maison de tolérance. Maca suiffée, riche matrone.

Macabé

Cadavre.

Macabées (case des)

Cimetière. Mot à mot : maison des cadavres. — Le clou des macabées, la Morgue ; c’est-à-dire le Mont-de-Piété des cadavres, l’endroit où l’on met les cadavres en dépôt.

Macabre

s. m. Un mort. Ce mot paraît venir de ces danses macabres que les artistes du Moyen Âge peignaient sur les murs des cimetières. La Mort conduisait ces chœurs funèbres. On dit plus souvent Macchabée.

Macabre

Mort. C’est une variante de machabée. — Viens-tu piger les macabres au musée des claqués ?

Macache

adj. Mauvais, détestable, — dans l’argot des ouvriers qui ont été troupiers en Algérie. On emploie ordinairement ce mot avec bono : Macache-bono. Ce n’est pas bon, cela ne vaut rien. Signifie aussi Zut !

Macache

Négation — de l’arabe.

Macadam

s. m. Boue épaisse et jaune due à l’ingénieur anglais Mac Adam.

Macadam

s. f. Boisson sucrée qui ressemble un peu comme couleur à la boue des boulevards macadamisés.

Macadam

Vin blanc nouveau de Bergerac. Il présente l’aspect d’une boue liquide et jaunâtre. — Garçon ! deux macadams.

Macadam

Bière noire anglaise, porter.

Macadam

Accoster les hommes. L. L. On voit d’ici les filles faire le macadam qui est la chaussée des boulevards, pour raccrocher sans doute les omnibus, les fiacres et les becs de gaz. Macadam est le nom donné à un vin blanc épais, venant soi-disant de Montbazillac, qui est vendu par les mastroquets au moment des vendanges (Argot du peuple). N.

Macadam

Vin blanc nouveau qui n’a pas fermenté.

Macadamiser

v. a. Empierrer les voies publiques d’après le système de Mac Adam.

Macahée

Souteneur ; c’est un dérivé de mac.

Macahée, Machabée

Cadavre quelconque d’homme ou d’animal. Se disait autrefois plus particulièrement du cadavre d’un homme noyé ou de celui d’un animal.

Ce gros machabée, horrible pendu,
Sur la dalle froide, on vient de l’étendre ;
Il a les contours accrus d’un scaphandre,
Et de ses haillons le mur est tendu.

(Le Pavé, 1879.)

Macaire

Malfaiteur audacieux, spirituellement cynique, affectant en toute occasion les manières d’un homme bien élevé. — Ce type étrange date, comme l’on sait, du drame de l’Auberge des Adrets ; il doit toute sa fortune à Frédérick-Lemaître qui, en créant le rôle de Macaire, a caractérisé pour toujours une classe particulière de criminels.

Ils se croyaient des Macaires et n’ont été que des filous.

Luchet.

Macaire

s. m. Escroc ; agent d’affaires véreuses ; saltimbanque, — dans l’argot du peuple, qui a conservé le souvenir du type créé par Frédérick-Lemaître au théâtre et par Daumier au Charivari. On dit aussi Robert-Macaire.

Macairien

Usé jusqu’à la corde, complètement déformé ; objet de toilette qui rappelle en partie le costume délabré de Robert-Macaire.

On y voit une troupe de malheureux couverts d’humides et boueux haillons, le chef orné de chapeaux macairiens.

(H. Berlioz, Les Grotesques de la musique.)

Macaron

Dénonciation. — Du vieux mot maque : vente. V. Roquefort. — Un dénonciateur vous vend à la police.

Dans le nez toujours tu auras mes macarons et cabestans.

Vidocq.

Macaroner : Trahir.

Macaron

s. m. Huissier, — dans l’argot des voyous. Traître, — dans l’argot des voleurs.

Macaron

Huissier. Allusion aux panonceaux qui figurent à la porte des huissiers. — Dénonciateur.

Macaron

Huissier. Dénonciateur.

Macaronage

Trahison.

Macaroner

Découvrir.

Macaroner

v. a. et n. Agir en traître.

Macaroner

Vient de macaron. Macaron dans le peuple veut dire huissier ; dans l’argot des voleurs, il veut dire traître. Il est vrai qu’il n’y a pas grande différence entre les deux. Un voleur est traître en dénonçant ses complices ; un huissier est traître vis-à-vis des malheureux (Argot des voleurs). N.

Macaroni

Corses ou Italiens. Par allusion à leur mets favori.

Macaroni

C’est ainsi que les gens de bourse désignent plaisamment dans leur jargon le fonds d’État italien.

Le Macaroni se cramponne ; il voudrait se fixer, ou, si vous aimez mieux, se figer au pair.

(Gil Blas, juin 1887.)

Le bourgeois commerçant ou boursicotier dit : Je prends ferme ; le macaroni se soutient ; les huiles fléchissent.

(Gazette de France, octobre 1886.)

Macaronnage

Dénonciation d’un camarade.

Macaronner

Agir en traître.

Macaronner

Dénoncer, trahir un camarade, — dans le jargon des voleurs.

Macaronner, Macaroniser (se)

Se sauver, filer, — dans le même jargon ; allusion au macaroni qui, lui aussi, file à sa manière.

Macchabée

s. m. Cadavre, — dans l’argot du peuple, qui fait allusion, sans s’en douter, aux sept martyrs chrétiens. Mauvais macchabée. Mort de dernière classe, ou individu trop gros et trop grand qu’on est forcé de tasser, — dans l’argot des employés des pompes funèbres.

Macchabée

s. m. Un mort. V. Macabre.

Macchabée

Cadavre. Se dit plus parliculièrement d’un noyé que les mariniers retirent de l’eau. Les croque-morts disent aussi du mort qu’ils vont enlever :
— Emballons vivement le macchabée, il fouette à en crever (Argot du peuple). V. Bouffi.

Macchabée

Cadavre, généralement de noyé.

Macédoine

Combustible, en terme de chauffeur de chemin de fer.

Macédoine

Combustible. L. L. Macédoine est une salade composée de toutes sortes de légumes ; on la nomme salade russe. Macédoine est également synonyme d’arlequin (Argot du peuple). N.

Machabé

Cadavre. Celui qui s’est noyé, s’est machabé.

Machabée

« On appelle machabée tout être, homme ou animal, qui est privé de vie, et que l’on rencontre flottant sur un cours d’eau ou échoué sur le rivage. » — Val. Dufour. — Machabée : Juif. — Allusion biblique.

Mâcher (ne pas le)

Parler franchement sans murmurer entre ses dents.

Quand j’ai lieu de vous en vouloir, Ah ! n’ayez pas peur que j’vous l’mâche !

De Longchamps, Ch., 1809.

Mâcher de haut

v. a. Manger sans appétit, — dans l’argot des bourgeois.

Mâcher les morceaux

v. a. Préparer un travail, faire le plus difficile d’une besogne qu’un autre achèvera. Argot du peuple.

Mâcher les mots

v. a. Choisir les expressions les plus chastes, les moins blessantes. Ne pas mâcher les mots à quelqu’un. Lui dire crûment ce qu’on a à lui dire.

Mâcher les mots (ne pas)

Dire carrément à quelqu’un ce que l’on pense. Parler grossièrement : ainsi, dans le peuple, quand on dit merde à quelqu’un, on répond : mâche (Argot du peuple). N.

Machicadour

Se dit de quelqu’un ou d’un objet. Synonyme de chose, machin.

Machicot

s. m. Mauvais joueur, — dans l’argot des faubouriens. Ils disent aussi Mâchoire.

Machicoulis

Cachotterie ; subterfuge ; mot familier à mesdames les concierges qui prononcent généralement machecoulis.

Machin

L’homme ou la chose dont on ne peut se rappeler le nom. V. Chose.

M. Mâchin, pardon ! je ne me rappelle jamais votre nom.

H. Monnier, 1840.

Dans la Gabrielle d’E. Aubrier, l’avoué Chabrière prie sa femme de faire « un machin au fromage. »

Machin

s. m. Nom qu’on donne à une personne ou à une chose sur laquelle on ne peut mettre une étiquette exacte. On dit aussi Chose.

Machin ou machine

La nature de la femme, le membre viril, — dans le langage des gens pudibon qui n’osent pas appeler les choses par leur nom.

Que mettras-tu dans mon con, en m’enfilant ? Mon machin.

H. Monnier.

Fiez-vous à ma cuisine,
Célibataires blasés,
Pour remonter la machine
Et flatter vos goûts usés.

L. Festeau.

Secrets appas, embonpoint et peau fine,
Fermes tétons et semblables ressorts,
Eurent bientôt fait jouer la machine.

La Fontaine.

Mais finis donc, imbécile !
Sacré nom de Dieu d’gredîn !
Si tu n’me laiss’s pas tranquille,
J’ vas pisser sur ton machin.

(Parnasse satyrique.)

Machine

s. f. Chose quelconque dont on ne peut trouver le nom, — dans l’argot des bourgeois, qui ne connaissent pas exactement la propriété des termes. Ainsi il n est pas rare d’entendre l’un d’eux dire à un artiste, en parlant de son tableau : « Votre petite machine est très jolie. » Grande machine. Grande toile ou statue de grande dimension.

Machine

Œuvre littéraire ou artistique. Grande machine, grand tableau, drame à grand spectacle.

Machine à moulures

Derrière.

Mâchoire

Suranné. — V. Ganache.

L’on arrivait par la filière d’épithètes qui suivent : ci-devant, faux toupet, aile de pigeon, perruque, étrusque, mâchoire, ganache, au dernier degré de la décrépitude, à l’épithète la plus infamante, académicien et membre de l’Institut.

Th. Gautier, 1833.

Vieille Mâchoire : Personne sans capacité, ignorant, sot.

1808, d’Hautel.

Mâchoire

s. f. Imbécile, — dans l’argot du peuple, qui sait avec quelle arme Samson assomma tant de Philistins. Signifie aussi : Suranné, Classique, — dans l’argot des romantiques, — ainsi que cela résulte d’un passage des Jeune France de Théophile Gautier, qu’il faut citer pour l’édification des races futures : « L’on arrivait par la filière d’épithètes qui suivent : ci-devant, faux toupet, aile de pigeon, perruque, étrusque, mâchoire, ganache, au dernier degré de la décrépitude, à l’épithète la plus infamante, académicien et membre de l’Institut. »

Mâchoire (vieille)

Personne à idées arriérées. L’expression étaittrès usitée en 1830, au beau temps de l’École romantique.

Mâchonner

v. n. Parler à voix basse ; murmurer, maugréer.

Machurer

v. a. Barbouiller, noircir.

Maçon

Pain de quatre livres, — dans le jargon des voyous. — C’est une rareté que de ne pas rencontrer, le matin vers neuf heures, un maçon sans un énorme pain sous le bras.

Maçon de pratique

s. m. Ouvrier en bâtiment, — dans l’argot des francs-maçons.

Maçon de théorie

s. m. Franc-maçon.

Macrotage

Métier du souteneur.

Macroter

Faire le métier de souteneur. Macroter une affaire, être l’intermédiaire dans une affaire louche, malpropre, comme un prêt usuraire, une combinaison financière à l’adresse des gogos.

Macrotin

Apprenti maquereau ; voyou qui se fait la main avec les petites gourgandines dont il vide les poches sans le moindre scrupule, en attendant qu’il puisse exercer sur une plus grande échelle, avec de plus grandes allés.

Oui, c’est un métier commode
Et qui devient à la mode :
Mao, macrotin…
Vive le macrotin !

L. de Neuville.

Macrotin

Apprenti souteneur ; souteneur surnuméraire.

Macrotin

Petit maquereau d’occasion qui glane par-ci par-là quelques sous, en attendant qu’il soit assez fort pour avoir une marmite à lui seul. Le petit macrotin commence généralement à être raton et pégriot (Argot des souteneurs). N.

Macrotin

Jeune souteneur.

Maculature (attraper une)

Se griser, — dans le jargon des ouvriers pressiers.

Madame

Nom que les filles d’un bordel donnent à leur abbesse, pour laquelle elles ont le respect qu’elles n’auront jamais pour la vertu.

Ce sont nos petits bénéfices, à nous, pauvres filles… Madame nous prend tout et ne nous laisse rien.

Lemercier de Neuville.

Madame

s. f. Dame, — dans l’argot des petites filles. Jouer à la Madame. Contrefaire les mines, les allures des grandes personnes.

Madame

Nom que les filles de maison donnent à leur maîtresse, — à l’abbesse.

Madame

Nom que les filles de maison donnent à la maîtresse de l’établissement.

Madame, la grasse et bedonnante Madame.

(E. de Goncourt, La Fille Elisa.)

Madame Canivet

Femme qui fait mettre tout sens dessus dessous dans un magasin de nouveautés et s’en va sans rien acheter.

Madame la Ressource

s. f. Marchande à la toilette ; revendeuse.

Madame la Ressource

Revendeuse à la toilette.

Madame la ressource

La marchande à la toilette, la brocanteuse, le mont-de-piété (ma tante), tous ces rongeurs sont madame la Ressource pour les pauvres gens qui vendent ou engagent leurs dernières nippes (Argot du peuple).

Madame la rue (aller voir)

Aller travailler, — dans le jargon des chiffonniers, pour qui la rue est l’atelier.

Madame Manicon

Sobriquet qu’on donnait aux sages-femmes au XVIIIe siècle. (Le Roux, Dict. comique.)

Madame Tiremonde

s. f. Sage-femme, — dans l’argot des faubouriens. Les voyous disent Madame Tirepousse. Au XVIe siècle, on disait Madame du guichet et Portière du petit guichet.

Madame Véto

Marie-Antoinette. On connaît la chanson ;

Madam’ Véto s’était promis
De faire égorger tout Paris ;
Mais son coup a manqué,
Grâce à nos canonniers !
Dansons la carmagnole,
Vive le son
Du canon !

Madeleine (faire suer la)

Faire travailler son argent sur le tapis vert ; avoir de la peine à gagner en trichant, — dans le jargon des grecs.

Mademoiselle

Homme dont les goûts sont antiphysiques.

Mademoiselle du bitume

Péripatétitienne qui foule le bitume du matin au soir. Le bitume, c’est son atelier, sou champ de manœuvres, elle y règne en souveraine, elle l’a conquis à la pointe de ses bottines (Argot du peuple).

Mademoiselle du pont neuf

Fille publique. L’allusion est typique. Comme sur le Pont-neuf tout le monde y passe librement, avec cette différence toutefois que le pont est à péage (Argot du peuple). N.

Mademoiselle Manette

s. f. Malle.

Madrice

s. f. Finesse, habileté, madrerie, — dans l’argot des voleurs.

Madrice

Malice. — Madrin, madrine, malin, maligne. La langue régulière a « madré » dans le même sens.

Madrice

Malice.

Madrice

Finesse. Vient de madré.
— Il a roulé le palpeur, il est rien madrice, le gonce (Argot des voleurs).

Madrice

Ruse, malice.

Madrin

adj. et s. Habile, fin, madré.

Mafflu

adj. et s. Qui a une face large, épanouie, — dans l’argot du peuple. Grosse mafflue. Grosse commère. On dit aussi grasse maffrée et grosse mafflée.

Magasin

Trottoir, dans le jargon des filles et de leurs souteneurs.

C’est là (dans un cabaret) que les macs vont régler leurs affaires avec leurs marmites lorsqu’elles arrivent du magasin.

(Courrier Français, nov. 1888.)

Magasin de blanc

Bordel — où l’on dépose en effet des quantités considérables de sperme.

Magasin de blanc

Prostibulum.

Magasin de blanc

Maison de tolérance. Il est assez difficile d’expliquer le pourquoi de cette expression ; elle vient sans doute de ce que dans le peuple, tous ceux qui vivent de la femme sont des mangeurs de blanc. La maquerelle est dans ce cas (Argot du peuple). N.

Magnes

Manières, embarras. — Faire des magnes. — As-tu fini tes magnes ?

Magnes

Abréviation de manières. Magne est ici pour façon.
— Ne fais donc pas tant de magnes, il faut y aller carrément.
— Tu fais des magnes ma vieille, ça ne prend pas (Argot du peuple). N.

Magnes

Manières.

Magnes

Manière.

Magneuse

s. f. « Femme oui se déprave avec des individus de son sexe, » dit M. Francisque Michel, qui va bien loin chercher l’étymologie de ce mot, — dans lequet il veut voir une allusion malveillante à une communauté religieuse, tandis qu’il l’a sous la main, cette étymologie.

Magneuse, Manieuse, Magnuce

Dévergondée qui éprouve un penchant honteux pour les autres femmes.

Magnuce

Voir Gougnotte.

Magnum

Bouteille de capacité plus qu’ordinaire. Argot de restaurant.

Quelques-uns des prix méritent d’être cités. Ce sont d’abord six bouteilles de Château-Lafitte, 1865 — de ces doubles bouteilles qu’en style de sommelier on appelle des magnum…

(Lanterne, décembre 1884.)

Magot

s. m. Économies, argent caché, — dans l’argot du peuple. Manger son magot. Dépenser l’argent amassé.

Magot

s. m. Homme laid comme un singe ou grotesque comme une figurine chinoise en pierre ollaire.

Magot

Tabatière en bouleau, tabatière dite « queue de rat », — dans le jargon du peuple.

Magot

Argent économisé. L’ancien magot se mettait — les paysans le mettent encore — dans un vieux bas ; de là, le nom de magot, bourse grotesque.

Mahomet

Petit sac de cuir que les forçats portent suspendu sur la poitrine, entre la peau et la chemise et qui leur sert à enfermer leurs économies.

(V. Humbert : Mon bagne.)

Maigre (du) !

interj. Silence ! — dans l’argot des voleurs.

Maigre (du) !

Silence ! — dans le jargon des voleurs.

On aime une femme, on se sacrifie pour elle, puis il vient un jour où la femme vous dit : Oh ! du maigre ! va t’asseoir sur le bouchon, tu me gênes !

(Huysmans, les Sœurs Vatard.)

Maigre (du) !

Interjection : Silence !

Maigre comme un cent de clous

adj. Extrêmement maigre. On dit aussi Maigre comme un coucou, et Maigre comme un hareng sauret.

Maigre comme un cent de clous

Excessivement maigre. Les variantes sont : Maigre comme un coucou, maigre comme un hareng saur.

Mailloche (il est)

Synonyme d’avoir reçu un coup de marteau. On connaît la légende de Martin et Martine, de l’horloge de Cambrai, qui a donné naissance au dicton populaire pour qualifier un être déséquilibré :

— Il a passé à Cambrai, il a reçu un coup de marteau.

Mot à mot : il est timbré (Argot du peuple). N.

Maillocher

Travailler, — dans le jargon des souteneurs, pour qui le travail est la surveillance exercée surleurs maîtresses dans le but de les empêcher de perdre leur temps, parce que le temps c’est de l’argent.

Maillocher

Pour la prostituée, c’est travailler (de son métier) ; pour le souteneur c’est surveiller la marmite qui travaille.

Maillocher

Travailler.

Maillochons

Les pieds. Allusion au bruit que font les pieds en marchant.
— Ils frappent le pavé, ce qui produit des coups de mailloche (Argot des voleurs). N.

Main

La totalité des cartes constituant une partie, soit au baccarat, soit au lansquenet. La main réglementaire est de quatre jeux de cinquante-deux cartes.

Main

Série de coups gagnés, — dans le jargon des joueurs de baccarat et de lansquenet. — Avoir la main, tenir les cartes à son tour. — Prendre la main, prendre les cartes qu’un joueur quitte après un ou plusieurs coups de gain. — Passer sa main, ne pas prendre les cartes à son tour. — Passer la main, passer les cartes après un ou plusieurs coups gagnés. — Brûler la main, jeter au panier les cartes du talon, après avoir gagné, en banque, un certain nombre de coups.

Main (acheter à la)

Acheter comptant.

Il joignait à ce commerce connu… les prêts usuraires à la petite semaine et la vente au bazar avec de gros bénéfices, d’objets fabriqués en salle et qu’il achetait à la main, bien au-dessous de leur valeur.

(Humbert : Mon bagne.)

Main chaude (jouer à la)

Être guillotiné. V. Raccourcir.

Main chaude (jouer à la)

Être guillotiné. Allusion à la position du patient.

Main experte (avoir la)

Savoir bien branler les hommes, chose difficile, en effet, et pour laquelle toute femme galante doit faire un apprentissage fort long et très minutieux, — manutieux, dirait Commerson.

J’ai les deux mains expertes,
Entrez dans mon boudoir.

A. Montémont.

Main légère (avoir la)

Se dit d’une femme versée dans l’art de la volupté, qui branle un homme avec une telle dextérité qu’il jouit sans savoir à quoi attribuer sa jouissance, à une bouche ou à une main.

Mainesse

Femme.

Mains courantes

Se dit plaisamment pour pieds ou souliers.

Mains courantes

Pieds. Des souliers sont aussi des mains courantes.

Mains croches

On désigne ainsi un voleur.

Mains de beurre

s. f. pl. Mains maladroites, qui laissent glisser ce qu’elles tiennent. Argot du peuple.

Mains-courantes

Souliers, — dans le jargon des ouvriers.

Maison (femme de)

Pensionnaire d’une maison autorisée. — Être en maison, appartenir à une maison autorisée, — dans le jargon des filles.

Maison (gens de)

Messieurs et mesdames les domestiques. — Les gens de maison donnent une fois par an un très beau bal à la salle Valentino, ce qui leur procure l’occasion de singer, une fois par an, les belles manières de leurs maîtres.

Maison à gros numéro

C’est le Lupanar des anciens et le Bordel des modernes. Sur le premier étaient peintes les armes parlantes du dieu de Lampsaque — une pine gigantesque et ses deux agréments. Sur le second est peint un énorme numéro qui engage les passants libertins à y entrer.

C’est l’infecte maison ou l’effroi se promène,
L’auberge dont l’enseigne est un gros numéro.

A. Glatigny.

Maison à partie

Maison de prostitution clandestine où certaines femmes du monde, certaines actrices en renom, vont faire concurrence aux filles des maisons autorisées.

Maison à parties ou de passe

Maison particulière, d’apparence honnête, où les filles libres viennent tirer leurs coups avec les michés qu’elles ont levés en route.

Maison de campagne

Tente du soldat, — par calembour.

Maison de Molière (la)

Le Théâtre-Français, — dans l’argot des sociétaires de ce théâtre, qui n’y exercent pas précisément l’hospitalité à la façon écossaise. Sous le premier Empire c’était le Temple du goût, et, sous la Restauration, le Temple de Thalie.

Maison de société

s. f. Abbaye des S’offre-à-tous, — dans l’argot des bourgeois.

Maison de tolérance

Bordel, que non-seulement la préfecture de police tolère, mais encore qu’elle autorise pour la satisfaction des besoins du public célibataire — et surtout marié.

Maison ou l’on est libre

Maison où une fille est libre de recevoir des visites à toute heure du jour et de la nuit sans encourir la moindre observation de la part du concierge, — dans le jargon des coryphées du trottoir.

Maisonnée

s. f. Les personnes, grandes et petites, qui composent une famille, — dans l’argot du peuple.

Maître Jacques ou contrecoup

Contremaître.

Maître-autel

Le mont de Vénus, universel objet d’adoration de la part des fidèles qui y voient resplendir leur Dieu — ou plutôt leur déesse.

Elle est belle, ma Joséphine ! elle a un chouette maître-autel !… un riche tabernacle !…

Tisserand.

Maîtres chanteurs

Individus qui font payer des imbéciles pour acheter leur silence. Il y en a de différentes catégories. Le maître chanteur financier qui fait chanter les sociétés financières. Le maître chanteur qui se sert d’un Jésus pour faire chanter l’homme à passions contre nature. Il y a des maîtres chanteurs dans toutes les classes de la société (Argot du peuple).

Maîtresse

Fille ou femme dont on est le maître, — quand on n’en est pas l’esclave battu, cocu et content ; épouse illégitime à laquelle on est plus fidèle qu’à l’épouse légitime, et qui se moque de vous tout autant que celle-ci ; la femelle du marlou.

Le maître de quelques-unes, c’est leur mari, espérons-le, pour l’honneur de la morale ; le maître d’un plus grand nombre, c’est leur caprice ; le maître de toutes, c’est leur luxe… Quant à l’amant, il n’en saurait être question ici… D’ailleurs, quand une femme a un amant, elle est sa maîtresse : ce n’est donc pas lui qui en est le maître.

H. de Pène.

Pour la femme, soyez bon !
Prouvez-lui votre tendresse !
C’est ce bougre de Léon
Qu’est l’amant de ma maîtresse.

G. Nadaud.

Et moi, nom d’un… quoi que j’ possède ?… Un pantalon, qu’ le commissaire m’a déjà fait dire qu’on voyait c’ que j’portais ; des gilets, j’en manque, j’en ai jamais éva avec toi : des bottes qui r’niflent, quand j’marche pas sûr ses tiges… Et j’ai une maîtresse.

H. Monnier.

Maîtresse de piano

s. f. Dame d’âge ou laide qui vient chaque matin chez les petites dames leur faire les cors, ou les cartes, ou leur correspondance amoureuse. Argot de Breda-Street.

Maîtresse de piano

Professeur qui apprend aux cocottes illettrées le moyen de tirer des carottes par correspondance à leurs amants. En fait de musique elle coupe les cors et tire les cartes. Elle procure au besoin (Argot des filles).

Major

« Le chirurgien, le tambour-major, le sergent-major, enfin le gros et inévitable major, sont dénommés indistinctement majors. »

L. Huart.

Major

s. m. Chirurgien, — dans l’argot des soldats.

Major

Chirurgien militaire, — dans le jargon des troupiers.

Major de table d’hôte

s. m. Escroc à moustaches grises et même blanches, à cheveux ras, à redingote boutonnée, à col carcan, à linge douteux, qui sert de protecteur aux tripots de la banlieue.

Major de table d’hôte

Pseudo-militaire retraité dont l’emploi consiste à découper la volaille, dans une table d’hôte, et à tricher au jeu après dîner, quelquefois en attendant le dîner, quand les dupes abondent.

Major de table d’hôte

Escroc, ayant l’apparence d’un militaire retraité, qui pérore aux tables d’hôte et triche aux cartes après le dîner.

Major de table d’hôte

Individu à tout faire, qui est maquereau à l’occasion. Le major a toutes les apparences d’un militaire en retraite ; il porte à la boutonnière une rosette multicolore d’ordres exotiques. Le major de table d’hôte est un rastaquouère de premier ordre (Argot du peuple et des filles).

Majors

Premiers élèves reçus à l’École Polytechnique. — Major de queue, dernier élève reçu à l’École.

Mal (faire)

Faire pitié.

Qu’on vienne baiser son vainqueur — Comme tu me fais mal !

Gavarni.

Mal aux pieds (avoir)

Être chaussé de guêtres de toile. Celles-ci mal ajustées, ont, en effet, l’apparence de linges, de bandages entourant les pieds.

Mal blanchi

Nègre.

Va donc ! mal blanchi, avec ta figure de réglisse.

Bourget.

Mal blanchi

s. et adj. Nègre, — dans l’argot des faubouriens.

Mal blanchi

Nègre. Une plaisanterie populaire très usitée consiste à dire à un nègre :
— Si on te conduit chez le commissaire, je ne te vois pas blanc (Argot du peuple). N.

Mal blanchi

Celui qui a la peau noire.

Mal blanchi

Nègre.

Mal choisi

s. m. Académicien, — dans l’argot des faubouriens, qui ont parfois raison.

Mal donne

Dans un partage, celui qui ne croit pas avoir sa part dit : il y a mal donne, c’est à recommencer.

Mal embouché

adj. et s. Insolent, grossier, — dans l’argot du peuple.

Mal ficelé

s. m. Garde national de la banlieue, — dans l’argot des faubouriens.

Mal moulé

Individu difforme.

Mal pour le canal (pas)

Se dit en parlant d’une femme laide, en observant un temps d’arrêt après le mot mal.

Mal rasés

Sapeurs.

Mal uni

Celui qui a le visage marqué de la petite vérole.

Mal-à-gauche

s. et adj. Maladroit, — dans l’argot facétieux et calembourique des faubouriens.

Mal-blanchi

Nègre, mulâtre. — Superficiellement guéri de la syphilis.

Mal-donne

s. f. Fausse distribution de cartes. — dans l’argot des joueurs.

Mal-nommés

s. m. pl. Nom que donnent par dénigrement les ouvriers aux pièces aux ouvriers en conscience.

Mal-sucré

Faux témoin, — dans le jargon des voleurs.

Malade

Prisonnier. — Maladie : Emprisonnement (Vidocq). V. Hôpital.

Malade

adj. et s. Prisonnier, — dans l’argot des voleurs, qui ont perdu la santé de l’âme. Être malade. Être compromis.

Malade

Arrêté ; inculpé. — Maladie, emprisonnement, — dans le jargon des voleurs.

Malade

Accusé. Emprisonné.

Malade (être)

Être en prison.

Malade du pouce

Fainéant dont la paresse constitue la seule infirmité. — Malade du pouce : Avare.

Il est malade du pouce. Ça empêche les ronds de glisser.

Monselet.

C’est-à-dire : ses doigts ne peuvent se résoudre à laisser échapper la moindre monnaie.

Malade du pouce

adj. Paresseux, — dans l’argot du peuple. On dit aussi Avoir le pouce démis pour son argent.

Malade du pouce

adj. Avare, homme qui n’aime pas à compter de l’argent, — aux autres. Argot des faubouriens.

Malade du pouce

Avare. — Paresseux.

Maladie

s. f. Emprisonnement ! Argot des voleurs.

Maladie

Emprisonné (Argot des voleurs).

Maladie !

Exclamation des voyous, quand on leur dit quelque chose qui leur déplaît, quand ils ne veulent pas faire quelque chose.

Maladie (la)

C’est celle qui n’a pas besoin de nom — quoiqu’elle en ait un — pour être sue de ceux qui lisent les affiches des Charles-Albert, des Giraudeau de Saint-Gervais, des Ollivier, et autres Fontinaroses modernes. C’est celle que Pline appelait morbus sonticus, et Celse major morbus !

Le soir, ils vont voir des gueuses
Qu’ils baisent dessus leurs lits.
Pour leurs femmes (les malheureuses !)
Ils y donnent la maladie.

Guichardet.

Maladie de neuf mois

Grossesse. — Ce ne sera rien, c’est une maladie de neuf mois.

Maladroits (sonner aux)

« Quand on sonne pour l’exercice à pied, les cavaliers disent qu’on sonne aux maladroits, parce que ce travail n’est imposé qu’aux conscrits. » (Fr. de Reiffenberg, La Vie de garnison.)

Malandreux

s. et adj. Infirme ; malade ; mal à son aise, — dans l’argot du peuple. On disait autrefois Landreux.

Maldine

s. f. Pension bourgeoise, — dans l’argot des voyous.

Maldine

Collège ; établissement scolaire. C’est-à-dire endroit où l’on dîne mal.

Mâle

s. m. Homme, — dans l’argot des faubouriennes, qui préfèrent les charretiers aux gandins. Beau mâle. Homme robuste, plein de santé. Vilain mâle. Homme d’une apparence maladive, ou de petite taille. Signifie aussi Mari.

Mâle (le)

L’homme.

Je prèfère en amour une certaine pose :
Le mâle, sur le dos, sous la femme est placé.

L. Protat.

Malechance

s. f. Fatalité, mauvaise chance, — dans l’argot du peuple.

Malfrat

s. m. Vaurien, homme qui mal fait, ou gamin qui mal fera, — dans l’argot des paysans de la banlieue de Paris. M. Francisque Michel donne Malvas, en prenant soin d’ajouter que ce mot est « provençal » et qu’il est populaire à Bordeaux. M. F. Michel a beaucoup plus vécu avec les livres qu’avec les hommes. D’ailleurs, les livres aussi me donnent raison, puisque je lis dans l’un d’eux que le peuple parisien disait jadis un Malfé (malefactus) à propos d’un malfaiteur, et donnait le même nom au Diable.

Malfrat

Argot des vagabonds. Le malfrat est un ouvrier travaillant parfois dans les carrières situées aux environs de Paris, mais qui cherche surtout dans ces carrières un gîte et un abri pour échapper aux recherches de la police. Le malfrat s’appelle aussi malfera ou malfranc.

Malgache

Argot boulevardier. Ce mot, synonyme de chic, d’élégant, n’a pas vécu. D’ailleurs il n’était pas né viable et avait été mis en circulation en 1886, alors qu’un certain nombre de Malgaches étaient venus s’exhiber au Jardin d’acclimatation.

De mondaines, peu ou point ; en revanche, plusieurs de nos mousseuses les plus malgaches étaient là.

(Événement, février 1887.)

Malheureux

C’est ainsi que dans les gargotes, dans les restaurants à bas prix, le consommateur nomme le dessert connu sous le nom de quatre mendiants.

Garçon, un lapin chasseur, un panaché, quatre-malheureux et un litre de piccolo, cria notre voisin de table.

(Gagne-Petit, mai 1886.)

Malheureux (être)

C’est l’état de pauvreté, en français. En typographie, cette expression a une autre signification. Dans une équipe, chacun, à tour de rôle, a son tour de malheureux, la liste en est affichée dans l’atelier de composition. Les malheureux restent après les autres pour corriger, faire les morasses et serrer les formes (Argot d’imprimerie). N.

Malheureux (tour de)

Expression récemment introduite dans les journaux et qui est synonyme de Morassier. (V. Morasse et Morassier.)

Malingrer

Souffrir (Vidocq). — Malingre se dit encore pour souffreteux.

Malingrer

v. n. Souffrir, — dans l’argot des voleurs.

Malingrer

Souffrir.

Malingreux

Ceux qui ont de fausses plaies.

Malingreux

Malade.

Malingreux

Qui a de fausses plaies.

Malingreux

Ceux qui ont de fausses plaies.

Malingreux

s. et adj. Souffreteux, — dans l’argot du peuple.

Malingreux

Anciens sujets de la Cour des Miracles, chargés d’exhiber de fausses plaies.

Malitorne

s. f. Femme disgracieuse, laide, mal faite, — malè tornata.

Malle (chier dans la)

Faire affront. Mot à mot : chier dans la poche d’autrui.

On se torche à présent de la foi conjugale. Quoi qu’il en soit, Léandre a chié dans ma malle.

Le Rapatriage, parade du dix-huitième siècle.

Malle (grosse)

Prison.

Malle à quatre roues

Fourgon de cavalerie.

Malle en cuir

Solliciteur. Argot des officiers de marine qui désignent ainsi ceux de leurs camarades sans cesse voyageant… sur la ligne de Paris, une petite valise à la main, pour aller solliciter une faveur quelconque au Ministère.

Maltaire

Louis d’or.

Maltais

Cabaretier. — Beaucoup de Maltais exercent cette profession en Algérie, d’où vient le terme.

Maltais

s. m. Cabaretier, — dans l’argot des troupiers qui ont été en Algérie.

Maltaise

s. f. Pièce de vingt francs, — dans l’argot des voleurs.

Maltaise

Écu. Pièce de vingt francs.

Maltaise

Pièce de vingt francs (Argot des voleurs). V. Sigue.

Maltèses

Écus, — dans l’ancien argot ; en souvenir de la monnaie qui avait cours sur les galères de Malte.

Maltouse

Contrebande. — Mastiquer la maltouse, faire la contrebande.

Maltouse

Contrebande. Maltousier, contrebandier.

Maltouse

Contrebande. Halbert d’Angers dit pasquiner la maltouse. C’est une erreur ; c’est pastiquer, parce que ce mot veut dire passer. Mot à mot, pastiquer la maltouse : passer de la contrebande, faire la fraude sur des objets soumis aux droits de d’octroi (Argot des voleurs).

Maltouse

Contrebande.

Maltouse

Fraude, contrebande.

Maltousier

Contrebandier.

Maltouze

Contrebande. — Maltouzier : Contrebandier.

Maltouze

s. f. Contrebande, — dans l’argot des voleurs, les maltôtiers modernes (malle tollere, enlever injustement). Pastiquer la maltouze. Faire la contrebande.

Maltouzier

s. m. Contrebandier.

Maman

Vache, — dans le jargon des bouchers qui appellent « papa » le taureau ; ce qui ne les empêche pas de vendre taureau et vache pour du bœuf.

Maman-maca

Maquerelle qui tient une maison de tolérance. Les pensionnaires appellent la tenancière maman, quand elle est vieille, ce qui est fréquent, elles y joignent le mot maca, abréviation de macaque qui, dans le peuple, signifie vieille guenon (Argot des filles). N.

Mamelles

Les tétons.

O contours veloutés, mamelles féminines !

Cantel.

Hélas ! qui pourrait voir sans rougir des femmes et des jeunes filles entièrement découvertes, étaler sans honte, jusque dans la maison du Seigneur, leurs mamelles toutes nues… Dans le principe du moins, ces mondaines, ont commencé par échancrer le bord et le dehors de leurs habits. Puis, cette échancrure à gagné jusqu’à là chemise, que dis-je ! jusqu’à la chair toute nue. À la fin, elles ont tellement rongé et échancré le derrière et le devant de leurs habits, que les épaules et les tétons en sont demeurés tout-à-fait nus.

(Discours sur la nudité des mamelles.)

Mamours (faire des)

Faire des amitiés, se répandre en câlineries.

Manche

Quête. Faire la manche, quêter.

Manche

Quête.

Manche

s. f. Partie, — dans l’argot des joueurs. Manche à (sous-entendu : Manche). Se dit quand chacun des joueurs a gagné une partie et qu’il reste à faire la belle.

Manche

s. f. Quête ; aumône, — dans l’argot des saltimbanques. Faire la manche. Quêter, mendier.

Manche

Partie de cartes, — dans le jargon des joueurs.

Manche

Patron. Un mot que le journal le Tam-Tam a lancé dans la circulation et qu’il pourrait bien avoir créé. Le mot lui plaît, car il n’y a pas de numéros où il ne se trouve répété plusieurs fois.

Manche

Quête. — Faire la manche, faire la quête, attraper le public en faisant la quête, — dans le jargon des saltimbanques.

Manche

Partie, au jeu. Mendicité. Quête. La manche, le monde des mendiants. Coup de manche, mendicité à domicile.

Manche

Maladroit. Il est maladroit comme un manche à bastos.

Manche (avoir dans sa)

Disposer de quelqu’un comme de soi-même, — dans l’argot du peuple.

Manche (avoir son)

Être formidablement en colère. Un compositeur typographe qui a de la mauvaise copie (la mienne par exemple) qu’il ne peut lire, a son manche contre l’auteur. Heureusement que ce n’est pas celui du balai. Synonyme d’avoir sa chèvre (Argot d’imprimerie).

Manche (faire la)

« Exercer la mendicité à domicile avec des allures bourgeoises et quelquefois même de grand seigneur, mais de grand seigneur ruiné. » (Paris-Vivant, Le Truqueur, 1858.)

Manche (faire la)

Mendier, quêter. Les voleurs restés en liberté font la manche pour venir en aide à un camarade qui est en prison. Les sœurs de charité font la manche dans les maisons aisées pour soulager les pauvres et les malades des hôpitaux (Argot des voleurs). N.

Manche (la)

Mendicité. Mendier, c’est faire la manche. Faire une quête, une souscription, c’est faire la manche.

Manche (le)

Le vit, que la femme empoigne quand elle désire en être cognée.

Je l’empoignai par le manche et le menai au pied du lit, où je me couchai à la renverse, l’attirant dessus moi : je m’en-cognai moi-même son vit dans mon con jusque aux gardes.

Mililot.

Mais, belles, sachez qu’un beau manche
Réchauffe aussi bien qu’un manchon.

Théophile.

Manche (se mettre du côté du)

Agir avec prudence, se ranger à l’opinion du parti le plus fort, — dans l’argot des politiciens. Le mot est du duc de Morny.

Manche à balai

Hautbois.

Manche à manche

Quand deux adversaires ont perdu chacun une partie, ils sont manche à manche (Argot des voleurs). V. Belle.

Manche de veste

Jambe arquée comme une manche d’habit.

Mosieu Belassis, moi j’ai pas des jambes en manches de veste.

Gavarni.

Mancheur

« L’espèce de truqueur dit mancheur s’introduit, sous divers prétextes, chez les gens riches ou qu’il sait généreux, et tâche de les intéresser à ses malheurs réels ou imaginaires. » (Paris-Vivant, Le Truqueur, 1858.)

Mancheur

« On appelle man-cheurs ceux (les saltimbanques) qui n’ont ni baraque, ni tente en toile, mais simplement la permission, de par le préfet ou le maire, de se tordre les membres, de se casser les reins comme ils l’entendent, dans les carrefours, sur les places, au coin des rues ! Pour bureau de recette, ils ont une soucoupe cassée, un vieux plat d’étain. » (J. Vallès.)

Manchière

Couturière qui fait les manches des robes.

Manchiste

Mendiant (de manchot).

Manchon

s. m. Chevelure absalonienne, — dans l’argot des faubouriens. Avoir des vers dans son manchon. Avoir çà et là des places chauves sur la tête.

Manchon (avoir des vers dans son)

Avoir le crâne dénudé par place. Allusion aux mites qui font des stries dans les étoffes de laine (Argot du peuple).

Manchon de la femme

Les poils qui constituent sa motte, assez fournie pour tenir lieu de manchon.

Et la tribune de Florence
Au cant choqué montre Vénus
Baignant avec indifférence
Dans son manchon ses doigts menus.

Th. Gautier.

Je n’ prêt’ pas mon manchon
Mignon,
Je n’ prêt’ pas mon manchon.

Laujon.

Manchot

s. m. Homme maladroit comme s’il avait un bras de moins. N’être pas manchot. Être très adroit, — au propre et au figuré.

Mandale

Gifle.

Mandalle

Gifle.

Mandarin

s. m. Personnage imaginaire qui sert de tête de Turc à tous les criminels timides, — dans l’argot des gens de lettres.
Il a été inventé par Jean-Jacques Rousseau ou par Diderot comme cas de conscience. Vous êtes assis tranquillement dans votre fauteuil, au coin de votre feu, à Paris, cherchant sans les trouver, les moyens de devenir aussi riche que M. de Rothschild et aussi heureux qu’un roi, parce que vous supposez avec raison que l’argent fait le bonheur, attendu que vous avez une maîtresse très belle, qui a chaque jour de nouveaux caprices ruineux, et que vous seriez très heureux de la voir heureuse en satisfaisant tous ses caprices à coups de billets de banque Eh bien, il y a, à deux mille lieues de vous, un mandarin, un homme que vous ne connaissez pas, qui est plus riche que M. de Rothschild : sans bouger, sans même faire un geste, rien qu’avec la Volonté, vous pouvez tuer cet homme et devenir son héritier, sans qu’on sache jamais que vous êtes son meurtrier. Voilà le cas de conscience que beaucoup de gens ont résolu en chargeant Volonté à mitraille, sans pour cela en être plus riches, mais non sans en être moins déshonorés. Je ne devais pas oublier de le signaler dans ce Dictionnaire, qui est aussi bien une histoire des idées modernes que des mots contemporains. D’ailleurs, il a passé dans la littérature et dans la conversation, puisqu’on dit Tuer le mandarin. À ce titre déjà, je lui devais une mention honorable.

Mandat (déposer son)

Mourir, — dans le jargon parlementaire.

Il paraît que l’honorable M. Mallet du Gard a déposé son mandat. C’est l’euphémisme qu’on emploie à Versailles pour indiquer qu’un représentant du peuple a droit à une oraison funèbre de M. Grévy.

(Figaro du 4 décembre 1878.)

Mandibules

s. f. pl. Le bas du visage, — dans l’argot du peuple. Jouer des mandibules. Manger. On dit aussi Jouer des badigoinces.

Mandole

s. f. Soufflet, — dans l’argot des marbriers de cimetière. Jeter une mandole. Donner un soufflet.

Mandole

Soufflet, — dans l’argot des marbriers de cimetière. (A. Delvau) Jeter une mandole, donner un soufflet.

Mandolet

Pistolet.

Mandolet

s. m. Pistolet, — dans l’argot des voleurs.

Mandolet

Pistolet, — dans le jargon des voleurs.

Mandolet

Pistolet.

Mandolle (en jeter une)

Donner un soufflet à quelqu’un (Argot des voleurs). V. Giroflée à cinq feuilles.

Mandrin

s. m. Bandit, homme capable de tout, à quelque rang de la société qu’il appartienne, sur quelque échelon qu’il se soit posé. Cette expression — de l’argot du peuple — est dans la circulation depuis longtemps. On dit aussi Cartouche, — ces deux coquins faisant la paire.

Manette (Mlle)

Malle (Vidocq). — Diminutif de manne : malle d’osier.

Manette (mademoiselle)

Petite malle.

Manezingue

Marchand de vin. On dit aussi mastroquet.

Mange-bénef

Mange bénéfice ; dissipateur.

Mange-merde

Apostrophe voyoucratique ; homme absolument vil et méprisable.

Mangeaille

s. f. Nourriture.

Mangeoire

s. f. Restaurant, cabaret, — dans l’argot des faubouriens.

Mangeoire (tourner le c. à la)

Être malade ; manquer d’appétit.

Manger

Dénoncer, avouer. Manger le morceau, avouer le crime.

Manger

v. a. Subir, avoir, faire, — dans l’argot du peuple. Manger de la misère. Être besogneux, misérable. Manger de la prison. Être prisonnier. Manger de la guerre. Assister à une bataille.

Manger

Faire chanter. Mangeur, maître chanteur (V. Chanter). Faire manger, faire profiter du produit d’une filouterie.

Manger dans la main

v. n. Prendre des familiarités excessives, abuser des bontés de quelqu’un.

Manger de ce pain-là (ne pas)

Se refuser à faire une chose que l’on croit malhonnête, malgré le profit qu’on en pourrait retirer ; répugner à certains métiers, comme ceux de domestique, de souteneur, etc.

Manger de la chair crue

Faire l’acte vénérien.

Si elles savaient ce que c’était de manger de la chair crue la nuit.

Marguerite de Navarre.

Manger de la merde

Souffrir de toutes les misères et de toutes les humiliations connues ; en être réduit comme l’escarbot, à se nourrir des immondices trouvées sur la voie publique, des détritus abandonnés là par les hommes et dédaignés même des chiens. Cette expression — de l’argot des faubouriens — est horrible, non parce qu’elle est triviale, mais parce qu’elle est vraie. Je l’ai entendue, cette phrase impure, sortir vingt fois de bouches honnêtes exaspérées par l’excès delà pauvreté. J’ai hésité d’abord à lui donner asile dans mon Dictionnaire, mais je n’hésite plus : il faut que tout ce qui se dit se sache.

Manger de la vache enragée

v. a. Pâtir beaucoup ; souffrir du froid, de la soif et de la faim ; n’avoir ni sou ni maille, ni feu ni lieu ; vivre enfin dans la misère en attendant la richesse, dans le chagrin en attendant le bonheur. Cette expression est de l’argot du peuple et de celui des bohèmes, qui en sont réduits beaucoup trop souvent, pour se nourrir, à se tailler des beefsteaks invraisemblables dans les flancs imaginaires de cette bête apocalyptique.

Manger de la vache enragée

Malheureux qui ne mange pas tous les jours.
— Ah ! tu ne veux pas travailler, propre à rien, tu vas foutre le camp, tu mangeras de la vache enragée (Argot du peuple).

Manger de la vache enragée

Ne pas arriver, tout en travaillant beaucoup à ne pouvoir se donner le strict nécessaire.

Manger des briques

Ne rien avoir à manger, c’est bouffer des briques à la sauce cailloux.

Manger des pissenlits par la racine

v. a. Être mort.

Manger du bœuf

v. a. Être pauvre, — dans l’argot des ouvriers, qui savent combien l’ordinaire finit par être fade et misérable.

Manger du fromage

Être mécontent ; avoir de la peine à se débarbouiller de ses soucis. On connaît l’épigramme faite en 1814 contre Cambacérès, duc de Parme :

Le duc de Parme déménage ;
Plus d’hôtel, plus de courtisan !
Monseigneur mange du fromage,
Mais ce n’est plus du parmesan…

Manger du mérinos

v. a. Jouer au billard, — dans l’argot des habitués d’estaminet. Ils disent aussi Manger du drap.

Manger du pain et du fromage

Repas de funérailles. C’est une vieille coutume. Quand on enterre un camarade, on mange du pain et du fromage, ou on casse la gueule à un lapin en souvenir du mort (Argot du peuple).

Manger du pain rouge

v. a. Vivre d’assassinats impunis, — dans l’argot du peuple.

Manger du pain rouge

Vivre d’assassinats.

Manger du pavé

v. a. Chercher de l’ouvrage et n’en jamais trouver, — dans l’argot des coiffeurs. Trimer, — dans l’argot du peuple.

Manger du pavé

Chercher de l’ouvrage et n’en pas trouver.

Manger du sucre

v. a. Recevoir des applaudissements, — dans l’argot des comédiens.

Manger l’anguille sans la sauce

Retirer vivement la pine d’un homme au moment où il va décharger, afin de n’avoir pas d’enfants de lui, — la sauce de cette anguille étant fort agréable, mais aussi pleine d’inconvénients.

Prenez donc des précautions !
Sans la sauce mangez l’anguille !
Beau moyen et bien éprouvé :
J’en suis pour un enfant trouvé.

Béranger.

Manger la botte

Faire à une femme une cour assidue sans arriver à un résultat.

Manger la chandelle (ne pas)

N’avoir rien contre soi qu’on puisse reprocher, — dans l’argot du peuple, qui emploie cette expression à propos des gens qu il ne connaît pas assez pour en répondre. Ainsi quand il dit : C’est un bon enfant, il ne mange pas la chandelle, cela signifie : Je n’en sais ni bien ni mal, ce n’est ni mon ami ni mon ennemi.

Manger la grenouille

Caissier qui mange le contenu de la caisse. Notaire qui vole les fonds qui lui sont confiés. Sergent-major qui lève le pied avec la solde de sa compagnie. Se dit en général de tous ceux qui mangent l’argent qui ne leur appartient pas. Cette expression vient de ce que, en Hollande, les banquiers avaient pour emblème protecteur, sur la serrure de leur coffre-fort, une grenouille en bronze ; lorsque le coffre-fort était fracturé, la grenouille était déplacée. De là, manger la grenouille (Argot du peuple). N.

Manger la laine sur le dos de quelqu’un

v. a. Le tromper, et même le voler, sans qu’il proteste ou s’en aperçoive. Même argot [du peuple].

Manger la soupe à la quéquette

C’est à la suite de cela qu’arrivent les bébés.

Manger la vache enragée

Endurer des privations.

Sans l’illusion, où irions-nous, elle donne la puissance de manger la vache enragée des arts.

Balzac.

Son père dit qu’il veut lui faire manger de la vache enragée.

E. Sue.

Manger le blanc des yeux (se)

Se dit de deux personnes qui se regardent avec colère, comme prêtes à se jeter l’une sur l’autre et à se dévorer.

Manger le bon Dieu

v. a. Communier, — dans l’argot des faubouriens.

Manger le bon dieu

Communier. L’allusion est claire (Argot du peuple).

Manger le fruit d’une femme

Gamahucher une femme, enceinte peut-être.

Prends gardé !… Tu vas manger mon fruit.

Jean du Boys.

Jean, rentrant chez lui, à l’improviste, trouve Pierre, son voisin, la tête entre les cuisses de sa femme, et bien en train de la gamahucher. — Fouchtra ! s’écrie-t-il, cha m’étonne plus, chi je n’ai pas d’enfants ; j’en fais tous les jours, et Pierre me les mange !

Manger le gibier

v. a. Ne rien exiger des hommes, ou ne pas rapporter intégralement l’argent qu’ils ont donné, — dans l’argot des souteneurs oui disent cela à propos des filles, leurs maîtresses.

Manger le gibier

Dans l’argot des filles, ne pas rapporter intégralement au souteneur l’argent reçu d’un client.

Manger le morceau

Dénoncer.

Manger le morceau

v. a. Faire des révélations, nommer ses complices, — dans l’argot des voleurs. On dit aussi Casser le morceau.

Manger le morceau

v. a. Trahir un secret ; ébruiter trop tôt une affaire, — dans l’argot du peuple.

Manger le morceau

Dénoncer ses complices, ou avouer ses méfaits (Argot des voleurs). V. Mouton.

Manger le morceau

Aveux faits par un voleur qui fait connaître ses complices. Il a mangé le morceau.

Manger le morceau

Dénoncer ses complices.

Manger le mot d’ordre

v. a. Ne plus se le rappeler, — dans l’argot des troupiers.

Manger le nez (se)

Se battre avec acharnement, — dans l’argot des faubouriens, qui jouent parfois des dents d’une manière cruelle. Par bonheur, ils jouent plus souvent de la langue, et, dans leurs « engueulements », — qui rappellent beaucoup ceux des héros d’Homère, — s’il leur arrive de dire, en manière de début : « Je vais te manger le nez ! » ils se contentent de se moucher.

Manger le pain hardi

v. a. Être domestique, — dans l’argot du peuple, qui veut marquer que ces sortes de gens mangent le pain de leurs maîtres, sans se soucier autrement de le gagner.

Manger le poulet

v. a. Partager un bénéfice illicite, — dans l’argot des ouvriers, qui disent cela à propos des ententes trop cordiales qui existent parfois entre les entrepreneurs et les architectes, grands déjeuneurs.

Manger les sens (se)

S’impatienter, se mettre en colère, — dans l’argot des bourgeois.

Manger ou faire sauter la grenouille

Dissiper les fonds dont on est dépositaire. V. Crapaud.

Il a fait sauter la grenouille de la société.

L. Reybaud.

Manger son beefsteak

v. a. Se taire, — dans l’argot des faubouriens, qui ne devraient pourtant pas ignorer qu’il y a des gens qui parlent la bouche pleine.

Manger son pain blanc le premier

v. a. De deux choses faire d’abord la plus aisée ; s’amuser avant de travailler, au lieu de s’amuser après avoir travaillé. Cette expression, — de l’argot du peuple, signifie aussi : Se donner du bon temps dans sa jeunesse et vivre misérablement dans sa vieillesse.

Manger sur

Dénoncer.

François a mangé sur vous.

Canler.

Manger sur l’orgue

Dénoncer ses pratiques ou complices.

Manger sur l’orgue

v. n. Dénoncer un complice pour se sauver soi-même ou atténuer son propre crime, — dans l’argot des voleurs. On dit aussi Manger sur quelqu’un.

Manger sur l’orgue

Charger un complice. Mot à mot : lui mettre ses méfaits sur le dos pour essayer de s’en décharger (Argot des voleurs).

Manger sur l’orgue

Charger un complice.

Manger un lapin

v. a. Enterrer un camarade, — dans l’argot des typographes, qui, comme tous les ouvriers, s’arrêtent volontiers chez le marchand de vin en revenant du cimetière.

Manger un morceau

Vendre une affaire (un délit).

Manger une soupe aux herbes

Coucher dans les champs. Argot des faubouriens.

Manger, manger le morceau

Dénoncer, avouer.

Le morceau tu ne mangeras de crainte de tomber au plan… — Paumé tu ne mangeras dans le taffe du gerbement.

Vidocq.

Manger, manger le morceau, manger sur l’orgue

Dénoncer un complice, révéler un secret.

Manger, Manger le morceau, Manger sur, Manger du lard

Dénoncer un complice, révéler un secret. — Manger dans la main, être très familier, ne pas observer les distances sociales. — Manger de la misère, manger de la prison, subir la misère, la prison. — Manger de la vache enragée, être misérable. — Manger de la merde, être dans le dénûment le plus profond, être abreuvé de souffrances physiques et morales. — Manger sur le pouce, manger à la hâte. — Manger du drap, jouer au billard. — Manger du pavé, chercher en vain de l’ouvrage. — Manger la laine sur le dos de quelqu’un, vivre aux dépens de quelqu’un, le ruiner sans le faire crier. — Manger du pain rouge, dépenser l’argent provenant d’un assassinat. — Manger à tous les râteliers, accepter de tous les côtés, sans scrupules. — Manger le Bon Dieu, communier. — Manger du sucre, être applaudi au théâtre. — Manger le poulet, partager un pot de vin, partager un bénéfice illicite. — Manger le gibier, faire sauter l’anse du panier de la prostitution, — dans le jargon des souteneurs qui n’entendent pas la plaisanterie sur ce chapitre. — Manger le pain hardi, être domestique. — Manger son pain blanc le premier, dépenser sans compter avec la misère à venir. — Manger l’herbe par la racine, être mort depuis longtemps. — Manger ses mots, parler vite et d’une manière incompréhensible. — Manger la consigne, oublier un ordre qu’on vous a donné. — Avoir mangé la bouillie avec un sabre, avoir une très, grande bouehe. — Se manger, se manger le nez, se disputer vivement de très près, se menacer d’en venir aux mains. — Se manger les sangs, s’inquiéter. — Se manger les pouces, s’impatienter.

Mangeur

Celui qui, faisant partie d’une bande, dénonce les autres.

Mangeur

Dissipateur. — Mangeur de galette : Fonctionnaire vénal (Vidocq). — Mangeur de blanc : Homme se faisant entretenir par une femme. V. d’Hautel. — Mangeur de blanche serait plus juste. — Mangeur de bon Dieu, de messes : Dévôt.

Quittez vos tanières, antiques comtesses, mangeuses de mes ses.

Départ de la Cour, Ch., 1830.

Mangeur

s. m. Dissipateur, viveur, — dans l’argot du peuple.

Mangeur

Dénonciateur, espion. Argot des prisons.

Ce sont les révélateurs qu’on appelle les mangeurs, la musique.

(J. Vallès.)

Mangeur de blanc

Souteneur de filles, maquereau qui vit du sperme dépensé par les autres hommes, avec de l’argent, au profit de sa maîtresse, etc.

Mangeons du blanc ! Mangeons du blanc !
Ça vaut mieux que manger du flan !
Mangeons du blanc jusqu’à l’aurore,
Et que Phoebus nous trouve encore
Mangeant du blanc !

Lemercier de Neuville.

Je voulais tater du métier de miché, mais je vois que celui de mangeur de blanc est encore le meilleur.

Lemercier de Neuville.

Mangeur de blanc

s. m. Souteneur de filles, — dans l’argot des faubouriens.

Mangeur de blanc

Souteneur de filles.

Mangeur de blanc

Souteneur.

Mangeur de blanc

Homme qui vit aux dépens des autres, et particulièrement des femmes qui se livrent à la prostitution. L’allusion est suffisamment claire pour se passer d’explication (Argot du peuple).

Mangeur de blanc

Voir mac.

Mangeur de blanc

Souteneur.

Mangeur de bon Dieu

s. m. Bigot, homme qui hante plus volontiers l’église que le cabaret. Argot du peuple.

Mangeur de choucroute

s. m. Allemand.

Mangeur de galette

s. m. Homme qui trahit ses camarades pour de l’argent.

Mangeur de galette

Celui qui bat monnaie au moyen de dénonciations. — Fonctionnaire ami du pot de vin.

Mangeur de pommes

s. m. Normand.

Mangeurs de foin

Épithète autrefois donnée aux grenadiers, qui, marchant généralement en tête, s’emparaient pour leur campement de tout le foin et de toute la paille des environs. Quand le gros des troupes arrivait, il ne trouvait plus rien ; les grenadiers avaient mangé le foin.

Mangeuse

Gaspilleuse.

Mangeuse de mande crue

Cette figure dégoûtante, mais très caractéristique, désigne une fille publique qui a une certaine spécialité (Argot des souteneurs).

Mangeuse de viande crue

s. f. Fille publique. L’expression est vieille : elle se trouve dans Restif de la Bretonne.

Manicle

Bracelet. (Manicle signifie aussi l’anneau que l’on rive au bas de la jambe des forçats, et auquel est attachée la chaîne qu’ils ne quitten qu’en sortant du bagne.)

Manicle

s. f. Se dit de toutes les choses gênantes, embarrassantes, comme le sont en effet les manicles des prisonniers. Ce mot vient de manicæ, menottes. Les forçats, qui ne sont pas tenus de savoir le latin, donnent ce nom aux fers qu’ils trament aux pieds ; en outre, au lieu de l’employer au pluriel, comme l’exigerait l’étymologie, ils s’en servent au singulier : c’est ainsi que de la langue du bagne il est passé dans celle de l’atelier. Frère de la manicle. Filou.

Manicle

Toute chose gênante, comme les menottes. Frère de la manicle, confrère en vol.

Manicle (frère de la)

Confrère en vol.

Manicon

Surnom que le populaire, donne volontiers aux sages-femmes, — on devine pourquoi.

Manier

Peloter une femme — où un homme.

Mais, Monsieur, vous, baisez mes fesses à tout moment ; vous me maniez partout !

La Popelinière.

On ne peut donc sans scandale manier un peu les breloques du monde ? — Sacrebleu ! quelles breloques ! c’est bien aussi la montre, ma foi.

A. de Nerciat (Les Aphrodites.)

Ma bonne, disait Rosette, il veut toujours me faire manier sa sottise et prendra la mienne.

La Popelinière.

C’est des marlous, n’y prends pas garde ;
Viens, que j’ te magne ton outil.

H. Monnier.

Manier (se)

Se masturber. — Se sauver, fuir.

Manière

Se dit du faire particulier aux femmes galantes qui, souvent, ont autant de manières que les plus illustres artistes, — première manière, seconde manière, etc.

Changer de masque, c’est fort mal
Quand on n’est plus dans l’ carnaval,
P’t-être aussi qu’ vous changez d’ manière
Et qu’aux femmes vous voulez plaire ;
Ce s’rait deux bons goûts à la fois.
J’ vous crois fait’ pour en avoir trois.

Béranger.

Manière

s. f. Façon de se conduire avec les hommes, — dans l’argot des drôlesses habiles, qui ont ainsi comme les grands artistes, leur première, leur seconde, leur troisième manière. Le cynisme en paroles et en actions peut être la première manière d’une courtisane, et la pudicité, voire l’honnêteté, sa troisième manière, — la plus remarquable et la plus dangereuse.

Manière (1re, 2me, 3me)

Ligne de conduite ou manière de faire son rapport avec l’âge, les progrès, ou les calculs d’un artiste, d’un écrivain, d’un intrigant, etc.

Faustine en était encore au désintéressement, sa première manière, ainsi qu’elle disait elle-même, en empruntant le langage des artistes.

dit M. Amédée Achard, dans ses Petits-Fils de Lovelace, d’une fille qui joue le désintéressement afin de mieux enlacer ses victimes.

Manières

Air d’importance.

Ça fait des manières et ça a dansé dans les chœurs…

Gavarni.

Manières

s. f. pl. Embarras, importance exagérée ; mines impertinentes ; simagrées, — dans l’argot des faubouriens.

Manigance

s. f. Intrigue, fourberie, — dans l’argot du peuple.

Manigancer

v. a. Méditer une fourberie ; préparer une farce, un coup, une affaire.

Manigancerie

Petit complot domestique, mauvaise ruse.

Manille

Anneau des forçats.

Manique

s. f. Métier ; cuir dont les cordonniers se couvrent la main. Connaître la manique. Connaître à fond une affaire. Sentir la manique. Sentir le cuir ou toute odeur d’atelier.

Manique

Métier, — en terme de compagnon.

Manique

Pratique du métier.

Manival

Charbonnier, — dans l’ancien argot.

Manivelle

s. f. Chose qui revient toujours fastidieusement ; travail monotone, ennuyeux. C’est toujours la même manivelle. C’est toujours la même chanson.

Manneau

pron. pers. Moi, — dans l’argot des voleurs. On dit aussi Mézingaud et Mézière.

Mannequin

s. m. Imbécile, homme de paille, — dans l’argot du peuple.

Mannequin

s. m. Voiture quelconque, et spécialement Tape-cul, — dans l’argot du peuple.

Mannequin

Demoiselle de magasin sur le dos de laquelle on essaie les confections, devant les acheteurs, — dans le jargon des marchands de nouveautés.

Mannequin

Cabriolet, voiture à deux roues. — Hotte de chiffonnier. — Mannequin à machabées, corbillard, ou encore mannequin du trimballeur de dégelés, de refroidis, de machabées.

Mannequin

Imbécile. Voiture.

Mannequin (tu n’es qu’un)

Pas grand’chose de bon. Mannequin : individu guindé, habillé à la dernière mode. Mot à mot, qui ressemble à un mannequin exposé à la porte d’un tailleur. Mannequin : hotte de chiffonnier (Argot du peuple).

Mannequin de machabées

Corbillard. Allusion au panier dans lequel est jeté le condamné après l’exécution (Argot des voleurs). V. Omnibus de coni.

Mannequin du trimballeur des refroidis

Corbillard.

Mannequin du trimballeur des refroidis

s. m. Corbillard, — dans l’argot des voleurs.

Mannesingue, minzinguin

Marchand de vin. — Mot à mot : homme (mann) vendant à boire (zu trinken). On a dit d’abord Mannestringue, puis mannesingue. Minzinguin est un diminutif corrompu. — V. Licher.

Quel est celui-là ? — Un ami, un vrai, un marchand de vin… — Un mannezing ?

G. Bourdin.

Le roi est un bon zigue qui protège les minzinguins.

Cabassol.

Mannezingue

s. m. Cabaret ; marchand de vin, — dans l’argot des faubouriens, qui n’emploient ce mot que depuis une trentaine d’années. On dit aussi Minzingouin et Mannezinguin.
Voilà un mot bien moderne, et cependant les renseignements qui le concernent sont plus difficiles à obtenir que s’il s’agissait d’un mot plus ancien. J’ai bien envie de hasarder ma petite étymologie : Mannsingen, homme chez lequel on chante, le vin étant le tirebouchon de la gaieté que contient le cerveau humain.

Mannezingue

Marchand de vin.

Mannezingue

Marchand de vin.

Mannezingueur

s. m. Habitué de cabaret.

Manœuvrer du cul

Remuer des fesser quand on est sous l’homme, soit pour l’aider à décharger, soit parce que la jouissance arrache à la femme d’involontaires et lascives torsions de croupe.

Fait l’étroite pour lui, même quand elle est large,
Et manœuvrant du cul, jouit quand il décharge.

L. Protat.

Manon

s. f. Gourgandine, — dans l’argot du peuple. Signifie aussi Maîtresse, — dans l’argot des bourgeois.

Manque (à la)

adv. À gauche, — dans l’argot des faubouriens. Signifie aussi Endommagé et Malade.

Manque (à la)

Absent, sorti ! — dans le jargon des ouvriers. — Être à la manque, être absent. — Ne pas être franc ; trahir.

Manque (à la)

À gauche. Mauvais, laid, défectueux. Indiscret. Incertain. Avoir à la manque, ne pas avoir.

Manque (à la)

Mauvais, laid, défectueux. — Tronche à la manque, mauvaise mine, physionomie qui ne dénote rien de bon, — dans le jargon des voleurs, pour qui tous les agents de la police ont des tronches à la manque.

Manquer à ses devoirs

Faire son mari cocu — ce qui est le seul devoir auquel les femmes ne manquent jamais.

Si vous aviez un peu de vertu dans l’âme, vous sentiriez aussi ce qu’il en coûte à une femme bien née pour manquer à ses devoirs et faire un pas comme celui-ci.

La Popelinière.

Manquer de respect à une femme

La violer — de son propre consentement, mais à fond de train, pour se faire pardonner l’irrévérence de cette action.

A l’encontre d’un talon rouge qui avait manqué de respect à une intendante, mais qui n’a pu achever de lui en manquer entièrement.

Collé.

Manquer de voix

Chanter un air à une femme, avec la queue, et s’en tenir là, volontairement ou involontairement. Baiser mollement.

Quand des voix qu’il me dut
Vint l’éclat dont il brille,
Avec moi que de fois
Il a manqué de voix.

Béranger.

Manquesse

Mauvaise note, — dans le jargon des voleurs. — Refiler la manquesse, être mal noté.

Manquiller

Faire.

Manteau

Argot théâtral. Rôle où l’acteur porte un manteau. (Littré.)

Il avait, comme artiste, une scène de composition, une autorité de manière qui, jointes à une excellente diction, faisaient de son jeu dans les rôles proprement appelés les manteaux un sujet d’études des plus attrayants.

(Revue britannique.)

Manteau d’arlequin

s. m. Draperie qui entoure le rideau d’avant-scène, — dans l’argot des coulisses. « On l’a nommée ainsi, dit M. J. Duflot, parce que du temps de la Comédie italienne les rideaux de théâtre ne tombaient pas comme des rideaux d’alcôve en glissant sur des tringles ; or, comme Arlequin, au dénoûment de la pièce, était toujours le dernier comédien qui saluait le public de sa batte, le rideau, qui se fermait sur lui, semblait lui faire un manteau. »

Manuéliser (se)

Se masturber.

C’est le seul moyen d’être sage au couvent, puisqu’on ne peut l’être sans se clitorlser ou se manuéliser.

Mercier de Compiègne.

Du bon Guillot le vit se raidissait,
Et le poignait si fort concupiscence,
Que dans un voin se manuélisait.

Piron.

Manuelle

Prostituée décrépite qui tend à la débauche une main secourable quoique souvent couverte de gale.

Ces filles vieilles, laides, décrépites et dégoûtantes, appelées pierreuses dans l’administration, qui se désignent sous le nom de manuelles.

(Parent-Duchatelet, De la prostitution.)

Manuscrit belge

s. m. Copie imprimée. On a appelé de ce nom cette sorte de copie peut-être parce que les ouvriers belges, assez nombreux à Paris, ne pouvant autrefois déchiffrer la copie manuscrite, on ne leur donnait à composer que les réimpressions. Aujourd’hui, cette distinction a à peu près disparu. Voici une autre explication de cette expression : en Belgique, il y a trente ans, les imprimeurs ne vivaient que de contrefaçons ; on ne composait donc jamais ou presque jamais chez eux que sur des livres. Voilà pourquoi, sans doute, on a donné le nom de manuscrit belge à toute copie imprimée. L’expression est alors plus fine, plus satirique que dans l’hypothèse précédente ; elle raille spirituellement l’indélicatesse de nos voisins, qui se procuraient de la copie à trop bon marché.

Manzingue

Marchand de vin.

Maqua

s. f. Entremetteuse, — dans l’argot du peuple, qui emploie ce mot depuis quelques cents ans. On a écrit Maca au XVIe siècle.

Maqué ou Maccé

La fille publique qui a un amant ou qui en prend un, est maquée : elle a un mac.

Maquecée

s. f. Abbesse de l’abbaye des S’offre-à-tous, — dans l’argot des voleurs.

Maquecée

Abbesse d’une maison de tolérance. Vient des deux mots : maq, abréviation de maquerelle, et de cé, femme d’argent ; de là maquecée (Argot des souteneurs). N.

Maquecée, maquerelle

Tenancière de maison de tolérance.

Maquereau

Défenseur de beautés faciles qui le payent ; entremetteur.

Le roi fit choix du conseiller Bonneau,
Confident sûr et très bon Tourangeau.
Il eut l’emploi, qui certes n’est pas mince,
Et qu’à la cour où tout se peint en beau,
Nous appelons être l’ami du prince ;
Mais qu’à la ville, et surtout en province,
Les gens grossiers ont nommé maquereau.

Voltaire. (La Pucelle.)

Maquereau

s. m. Souteneur de filles, ou plutôt Soutenu de filles, — dans l’argot du peuple.
II est regrettable que Francisque Michel n’ait pas cru devoir éclairer de ses lumières philologiques les ténèbres opaques de ce mot, aussi intéressant que tant d’autres auxquels il a consacré des pages entières de commentaires. Pour un homme de son érudition, l’étymologie eût été facile à trouver sans doute, et les ignorants comme moi n’en seraient pas réduits à la conjecturer. Il y a longtemps qu’on emploie cette expression ; les documents littéraires dans lesquels on la rencontre sont nombreux et anciens déjà ; mais quel auteur, prosateur ou poète, l’a employée le premier et pourquoi l’a-t-il employée ? Est-ce une corruption du mæchus d’Horace (« homme qui vit avec les courtisanes, » mœcha, fille) ? Est-ce le μακρός grec, conservé en français avec sa prononciation originelle et son sens natif (grand, fort) par quelque helléniste en bonne humeur ? Est-ce une contraction anagrammatisée ou une métathèse du vieux français marcou (matou, mâle) ? Est-ce enfin purement et simplement une allusion aux habitudes qu’ont eues de tout temps les souteneurs de filles de se réunir par bandes dans des cabarets ad hoc, par exemple les tapis-francs de la Cité et d’ailleurs, comme les maquereaux par troupes, par bancs dans les mers du Nord ? Je l’ignore, — et c’est précisément pour cela que je voudrais le savoir ; aussi attendrai-je avec impatience et ouvrirai-je avec curiosité la prochaine édition des Études de philologie de Francisque Michel.
Au XVIIIe siècle, on disait Croc de billard, et tout simplement Croc, — par aphérèse.

Maquereau

Les uns croient que ce mot vient de l’hébreu machar, qui signifie vendre, parce que c’est le métier de ces sortes de gens de vendre les faveurs des filles. D’autres font dériver cette expression d’aquarius ou d’aquariolas, parce que chez les Romains les porteurs d’eau étaient les intermédiaires de la prostitution, d’où nous avons fait, en ajoutant la lettre M, Maquariolus. et que de là s’est formé le nom de maquereau. D’autres encore affirment que ce mot vient du latin macalarellus, parce que dans les anciennes comédies, à Rome, les proxénètes de la débauche portaient des habits bizarres, et ils étayent leur opinion sur ce que ce nom n’a été donné à l’un de nos poissons de mer que parce qu’il est mélangé de plusieurs couleurs dans le dos (Dessessart, Dictionnaire de police, Bulenger opuscul.) Quoi qu’il en soit, la signification du mot maquereau est de vivre aux dépens de quelqu’un, mais l’expression s’applique plus généralement à ceux qui vivent de la prostitution des femmes. Souteneur, qui vit des filles publiques, ou mari qui laisse sa femme se prostituer, lequel est un maquereau légitime (Argot du peuple).

Maquereau

Celui qui vit aux dépens des autres.

Maquereau

Souteneur.

Maquereau, maquerelle

Souteneur. Proxénète.

Maquereautage

s. m. Exploitation de la femme qui exploite elle-même les hommes ; maquignonnage. On prononce Macrotage.

Maquereauter

v. a. et n. Vivre aux dépens des femmes oui ne vivant elles-mêmes qu’aux dépens des hommes. On prononce Macroter. Maquereauter une affaire. Intriguer pour la faire réussir.

Maquereautin

s. m. Apprenti débauché, jeune maquereau. On prononce Macrotin.

Maquereautin

Souteneur qui n’est pas dans l’opulence.

Maquerellage

s. m. Proxénétisme.

Maquerelle

Grosse dame qui se charge de procurer de l’ouvrage aux petites dames, et qui pousse parfois la complaisance jusqu’à les aller chercher dans leurs famille.

Le troisième privilège des châtrés, c’est qu’ils sont fort renommés en leur fidélité en fait de maquerellage.

(Variétés hist. et litt.)

Tenant par acte misérable
Le maquerellage honorable.

(Cabinet Satyrique)

Tant qu’elle conte sa querelle
A une vieille maquerelle.

Mathéolin

Et puis dites que les moustiers
Ne servent point aux amoureux,
Bonne maquerelle pour eux
Est ombre de dévotion.

Cl. Marot.

Aussi n’épargne-t-il pas les mères qui sont maquerelles de leurs propres filles.

H. Estienne.

Car l’honneur d’une femme souffre beaucoup quand elle est vue avec une maquerelle.

P. de Larivet.

Maquerelle

s. f. Femme qui trafique des filles. Au XVIIIe siècle on disait Maqua.

Maquerelle

Maîtresse de maisons de tolérance ou de maisons de rendez-vous, femme qui vit du travail des filles (Argot du peuple), V. Maman-Maca.

Maquerelle

Tenancière d’une maison de tolérance ou de rendez-vous. Une proxénète est aussi une maquerelle.

Maqui

Mettre du rouge.

Maqui

s. f. Rouge, fard, — dans l’argot des voleurs. C’est probablement une apocope du vieux mot Maquignonnage.

Maqui

Apocope de maquillage, maquille. Dérivé de masque. — En terme de grecs, le maquillage consiste à marquer les cartes qu’on a intérêt à connaître. Il y a les maquis au coup de pouce, au coup d’ongle, au coup d’épingle, à la mine de plomb, à la pièce et autres, suivant l’inspiration du grec et la tête des dupes.

Maqui

Rouge, fard. Maquillage.

Maqui (mettre du)

Se mettre du rouge.

Maqui (mettre du)

Se mettre du rouge.

Maquignon

Un monsieur qui fait la traite des blanches, — le mango antique.

Maquignon

s. m. Homme qui fait tous les métiers, excepté celui d’honnête homme, — dans l’argot du peuple.

Maquignon

Trafiqueur ; sophistiqueur.

Maquignon à bidoche

Variété de souteneur.

Maquignonnage

s. m. Proxénétisme ; tromperie sur la qualité et la quantité d’une marchandise ; abus de confiance.

Maquignonnage

Gredinerie commerciale ; vente à faux poids ; falsification de marchandises ; sophistication.

Maquignonner

v. a. Faire des affaires véreuses.

Maquillage

Tricherie féminine qui consiste à dissimuler, à l’aide de pâtes, de cosmétiques et d’onguents, les ravages que le temps apporte au visage le plus frais.

Celle-ci, une fois entrée, relève la mèche de la lampe posée sur la cheminée, mais pas trop cependant, afin de ne pas trahir son maquillage.

Lemercier de Neuville.

Et ce qui prouve que ce n’est pas là une mode nouvelle, c’est que je trouve dans un poète du XIIIe siècle, Gaultier de Coinsy, les vers suivants :

Telle se fait moult regarder
Par s’en blanchir, par s’en farder,
Que plus est laide et plus est blesme
Que peschiez mortels en caresme.

Maquillage

Le maquillage est une des nécessités de l’art du comédien ; il consiste à peindre son visage pour le faire jeune ou vieux, le plus souvent jeune.

Dans certains théâtres on voit de jeunes aspirantes qui se font des yeux jusqu’aux oreilles et des veines d’azur du corset jusqu’aux tempes ; ce ne sont pas des femmes, ce sont des pastels. Cette première catégorie de grues s’appelle les maquillées.

Joachim Duflot, Dict. des Coulisses.

Maquillage

s. m. Application de blanc de céruse et de rouge végétal sur le visage, — dans l’argot des acteurs et des filles, qui ont besoin, les uns et les autres, de tromper le public, qui, de son côté, ne demande qu’à être trompé. Blanc de céruse et rouge végétal, — je ne dis pas assez ; et pendant que j’y suis, je vais en dire davantage afin d’apprendre à nos petits-neveux, friands de ces détails, comme nous de ceux qui concernent les courtisanes de l’Antiquité, quels sont les engins de maquillage des courtisanes modernes : Blanc de céruse ou blanc de baleine ; rouge végétal ou rouge liquide ; poudre d’iris et poudre de riz ; cire vierge fondue et pommade de concombre ; encre de Chine et crayon de nitrate, — sans compter les fausses nattes et les fausses dents. Le visage a des rides, il faut les boucher ; l’âge et les veilles l’ont jauni, il faut le roser ; la bouche est trop grande, il faut la rapetisser ; les yeux sont trop petits, il faut les agrandir. Ô les miracles du maquillage !

Maquillage

L’art de peindre et d’orner le visage ; action qui consiste à faire d’une figure humaine un pastel. — Mélange de vins. — Restauration de tableau. — Fraude en tout genre.

Maquillé du pognon

Faire de l’argent.

Maquillée

s. f. Lorette, casinette, boule-rouge, petite dame enfin, — dans l’argot des faubouriens.

Maquiller

Travailler, battre.

Maquiller

Travailler, battre. Maquiller les brêmes, battre les cartes.

Maquiller

Travailler, battre.

Maquiller

Arranger quelque chose.

Maquiller

Cameloter, brocantage.

Maquiller

Chicaner, travailler, battre.

Maquiller

Farder. — Même origine que le mot suivant. On sait que les maquignons maquillent à merveille un cheval pour lui donner une meilleure apparence.

Maquiller

Agir, machiner.

C’est par trop longtemps boire ; Il est, vous le savez, heure de maquiller.

Grandval, 1723.

Maquiller un suage : Se charger d’un assassinat. — Maquiller son truc : Faire sa manœuvre. — Maquiller une cambriolle : Dévaliser une chambre. — Maquiller les brèmes : Jouer aux cartes. V. Momir. Ce verbe paraît venir du vieux mot maquillon : maquignon, qui vient lui-même de maque. V. Roquefort et Fr. Michel. — Maquignonner, c’est, en effet, machiner n’importe quoi, pourvu qu’on y gagne.

Maquiller

v. a. Faire agir, machiner, — dans l’argot des voleurs et des faubouriens. Signifie aussi Tromper, tricher, user de supercherie. Maquiller les brèmes. Jouer aux cartes, — dans le même argot. Signifie aussi Tricher à l’écarté. Maquiller son truc. Faire sa manœuvre ; Maquiller une cambriolle. Dévaliser une chambre ; Maquiller un suage. Se charger d’un assassinat. Même argot.

Maquiller

Faire ; frauder ; farder ; trafiquer. Dérivé de maquignon.

Maquiller

Faire. Frauder. Voler. Farder. Trafiquer. Maquiller la brème, préparer un jeu de cartes pour tricher.

Maquiller

Se farder le visage.

Pour réparer des nuits l’irréparable outrage.

Quand un ouvrage est raté, on le maquille pour le faire accepter.
Maquiller un tableau. Il existe des peintres spéciaux qui font du vieux avec du neuf. Une toile est fabriquée par un rapin quelconque, une signature de maître figure au bas, le maquilleur lui donne l’aspect de la vétusté, et un amateur naïf l’achète.
Il y a comme cela des Velasquez peints à Montmartre (Argot des filles et des peintres). N.

Maquiller

Tripoter, arranger. Celui qui en jouant arrange les cartes, de façon à avoir un beau jeu et gagner, maquille les brêmes.

Maquiller

Farder, déguiser, changer d’aspect, vendre.

Maquiller (se)

v. réfl. Se couvrir le visage de carmin et de blanc, — dans l’argot des petites dames, dont la beauté est l’unique gagne-pain, et qui cherchent naturellement à dissimuler les outrages que les années — et la débauche — peuvent y faire.

Maquiller (se)

Se farder. L’agent de la sûreté se maquille sans se farder ; son maquillage consiste tout simplement à mettre une blouse ou veste d’ouvrier pour se rendre méconnaissable.

Maquiller à la sorgue

Voler la nuit.

Maquiller les brêmes

Jouer aux cartes.

Maquiller les brêmes

Jouer aux cartes.

Maquiller les brêmes

Tromper aux cartes.

Maquilleur

Tricheur. Maquilleuse, tricheuse.

Maquilleur de gayés

Individu chargé par un maquignon de rendre une rosse présentable à la vente. Le maquillage des gayés est souvent pratiqué par le maquignon lui-même. Ce maquillage consiste : pour les chevaux poussifs, à leur administrer, sous le nom de potion, une affreuse drogue qui les guérit… pendant un jour ou deux ; pour les chevaux couronnés, à coller sur leurs genoux des poils de chevaux morts ; pour l’assortiment d’un attelage, dans l’emploi de la teinture. Il y a encore le limage des dents, la taille des oreilles et une foule d’autres supercheries inspirées par les circonstances et l’état de la bête.

Maquilleuse de brêmes

La tireuse de cartes. Il en existe de célèbres dans le monde des filles. Elles font des recettes fructueuses. La maquilleuse de brêmes ne se borne pas à tirer les cartes, elle procure pour les deux sexes. Généralement, c’est une ancienne fille sur le retour qui ne peut plus peloter que le valet de cœur (Argot des filles).

Maquyer la frime

Se peindre le visage.

Maquyer les brèmes

Marquer les cartes.

Maquyer les douilles

S’arranger les cheveux.

Maquyer ou maquiller un truque

Faire un état.

Maquyer un faffe

Faire ou altérer un passe-port.

Mar

Désinence arbitraire. V. Rama.

Quant au reste de la langue, on se bornait (en 1830) à retrancher la dernière consonnance pour y substituer la syllabe mar. On disait Épicemar pour épicier, Boulangemar pour boulanger, Cafemar pour café, et ainsi de suite. C’était de l’esprit dans ce temps-là. Il est vrai que nos pères ont tous ri à se tordre en mettant le mot turlurette la fin de chaque couplet de chanson. Que signifiait mar ? Que voulait dire turlurette ? Absolument la même chose. Personne n’a jamais pu le savoir.

Privat d’Anglemont.

Méfie-toi… Le jeune épicemar est très-fort au billard et au piquet.

Champfleury.

Mar

Désinence fort à la mode vers 1830, — comme les Osages. On retranchait la dernière syllabe des mots et on y substituait ces trois lettres qui donnaient un « cachet » au langage des gens d’esprit de ce temps-là. On disait Boulangemar pour Boulanger, Épicemar pour Épicier, etc. C’était une sorte de javanais mis à la portée de tout le monde. Il en est resté malheureusement quelques éclaboussures sur notre langue. (Lire les Béotiens de Louis Desnoyers.)

Mar

Désinence argotique. Perruquemar, perruquier, policemar, agent de police ; boutiquemar, boutiquier. La plupart des mots de la langue régulière qui n’ont pas d’équivalents en argot, se forment au moyen de la désinence mar, les autres au moyen des désinences much ou mince.

Mar-chef

Maréchal des logis chef, par abréviation ; et jamais abréviation ne fut plus justifiée.

Maraille

s. f. Le peuple, le monde, — dans l’argot des voleurs.

Maraille

Le monde, — dans le jargon des voleurs.

Maraille

Le peuple, le monde.

Marauder

v. n. Raccrocher des pratiques en route, — dans l’argot des cochers de voitures de place, qui frustrent ainsi leur administration. On dit aussi Aller à la maraude et Faire la maraude.

Marauder

Faire la contrebande des voyageurs ; prendre des voyageurs au détriment d’un client’qui a loué une voiture à la journée, — dans le jargon des cochers de remise.

Maraudeur

s. m. Cocher en quête d’un « bourgeois ». On dit aussi Hirondelle.

Maraudeur

Cocher qui racole la pratique, pendant que son bourgeois fait une visite, pendant qu’il est au cercle, au restaurant.

Marbre

s. m. Table sur laquelle, dans les imprimeries, les typographes posent les paquets destinés à être mis en page. Avoir un article sur le marbre. Avoir un article composé, sur le point de passer, — dans l’argot des typographes et des journalistes.

Marbre

C’est, en terme de journaliste, tout paquet composé qui stationne sur la table de fonte d’une imprimerie, en attendant le moment d’être appelé aux honneurs de la mise en page. — Être sur le marbre, attendre l’insertion d’un article composé. — Avoir du marbre, avoir en réserve des faits divers, des articles « des quatre saisons ». C’est, pour un journal, avoir du pain sur la planche. — Il y a toujours sur le marbre un choix d’articles « Variétés » ; — ce sont les en-cas, les bouche-trous réservés pour les jours où la copie manque, pour les jours où les annonces faiblissent. Ordinairement le dimanche on écoule le marbre de la semaine, dans les journaux qui ne laissent rien perdre.

Marbre

Ainsi nommé parce que c’est une table en fonte. Table sur laquelle les typographes alignent les paquets composant les articles. Avoir un article sur le marbre : attendre son tour pour être imprimé. Quand un article reste trop longtemps sur le marbre, il faut le distribuer. Marbre est une ironie pour les pauvres journalistes. Leurs articles refroidissent sur le marbre (Argot d’imprimerie). N.

Marc (un de)

Un verre d’eau-de-vie de marc. — Un marc anisette, un verre d’eau-de-vie de marc et anisette mêlées.

Marcandier

Marchand.

Marcandier

Celui qui a été volé.

Marcandier

Marchand.

Marcandier

Marchand.

Marcandier

Marchand.

Marcandier

Marchand. — On trouve dans Roquefort mercadier. V. Solir, Farre.

Marcandier

s. m. Marchand, — dans l’argot des voleurs, qui emploient là une expression de la vieille langue des honnêtes gens.

Marcandier

Marchand.

Marcandier

Cette expression désigne les marchands, quel que soit leur commerce (Argot des voleurs).

Marcandiers

Ceux qui disent avoir été volés. Marcandier signifie encore un marchand.

Marcanti

Marchand. On désigne ainsi en Algérie les marchands de denrées et liquides qui suivent les colonnes expéditionnaires.

Marcassin

s. m. Petit garçon malpropre et grognon, — — dans l’argot du peuple.

Marcassin

Apprenti peintre d’enseignes.

March-logis

Apocope de maréchal des logis.

Marchand d’eau chaude

s. m. Cafetier.

Marchand d’eau chaude

Limonadier.

Marchand d’eau de javel

Marchand de vin, — dans le jargon du peuple qui tient, au service des cabaretiers, un assortiment d’expressions dont la force donne une idée de la nature des boissons qu’on lui débite.

Marchand d’hommes

s. m. Agent de remplacement militaire, — dans l’argot du peuple.

Marchand de cerises

s. m. Mauvais cavalier.

Marchand de chiffons du régiment

L’officier d’habillement.

Marchand de cirage

Commandant d’un navire. Argot du bagne.

Est-ce que le marchand de cirage (elles appelaient ainsi le commandant) nous faisait peur ?

(Humbert : Mon bagne.)

Marchand de femmes

s. m. Négociateur en mariages.

Marchand de lacet

Gendarme.

Marchand de lacets

Gendarme — Il offre aux malfaiteurs des lacets (poucettes) que ceux-ci trouvent toujours trop chers. V. Hussard.

Marchand de marrons

Se dit d’un officier portant mal l’habit civil, — dans l’argot militaire.

Marchand de mort subite

Médecin, — dans le jargon du peuple. Autrefois l’expression ne s’appliquait qu’aux charlatans. Depuis que tant de médecins ont fait concurrence à tant de charlatans, elle s’est étendue jusqu’à ceux-là.

C’était bien sûr le médecin en chef… tous les marchands de mort subite vous ont de ces regards-là.

(E. Zola.)

Dans la bouche des voyous l’expression s’applique encore à tout individu qui, par maladresse, peut occasionner un accident. Ainsi, un mauvais cocher, un charretier imprudent, sont des marchands de mort subite.

Marchand de mort subite

Prévôt d’armes.

Marchand de mort subite

Le maître d’armes et le bourreau. Le maître d’armes apprend à ses élèves les moyens de tuer un homme proprement. Le bourreau coupe la tête du condamné pour lui apprendre à vivre (Argot du peuple). N.

Marchand de puces

Préposé aux lits militaires. Voilà une dénomination dont nous avons bien souvent reconnu là justesse !

Marchand de puces

Argot militaire. Individu qui a dans les régiments la fourniture des lits.

Marchand de sommeil

s. m. Logeur en garni, — dans l’argot des faubouriens.

Marchand de sommeil

Teneur de chambres et cabinets garnis… de vermine, la plupart du temps ; logeur à la nuit et à la corde. Marchand de soupe. Maître de pension ; homme juste mais sévère qui, sous prétexte d’enseigner le grec et le latin à l’espoir de la France, tient une table d’hôte où fleurissent le haricot, la lentille, la pomme de terre et le chou.

Marchand de sommeil

Logeur. Marchand de soupe, maître de pension.

Marchand de soupe

Maître de pension qui spécule sur la nourriture de ses élèves.

Style universitaire ! Les marchands de soupe doivent être bien fiers.

L. Reybaud.

Marchand de soupe

s. m. Maître de pension, — dans l’argot des écoliers.

Marchande de chair humaine

Nom que donnent, entre elles, les filles de maison à la propriétaire de l’établissement. Un philosophe attardé dans un de ces antres entendit un mot bien profond. Comme il s’étonnait devant une des pensionnaires du luxe de la maison :

Et dire que c’est nous qui gagnons tout ça… ! soupira la malheureuse.

Marchandes d’ail

Celles qui aiment l’ail au lit. Voir gousse.

Marchandise

La nature de l’homme et celle de la femme, qui, toutes deux, mais la dernière surtout, sont un objet de commerce.

J’ouvre boutique, et faite plus savante,
Vous mets si bien ma marchandise en vente,
Subitement affinant les plus fins,
Qu’en peu de temps fameuseje devins.

J. du Bellay

Je veux une Phillis entre l’haut et le bas,
Qui ne fasse pas trop valoir sa marchandise.

Busset-Rabutin.

Voyons, montre-moi ta marchandise, mon petit couillon chéri.

J. Le Vallois.

Marchandise

Le contenu d’une fosse d’aisances, — dans le jargon des vidangeurs.

Marchands d’hommes

Agent de remplacement militaire, négrier.

D’un marchand d’hommes, je vois l’enseigne.

Léonard, Parodie, 1863.

Détestable anglais ! ajouta le marchand d’homme.

L. Desnoyer.

Marchands de lacets

Gendarmes.

Marchands de sommeil

Ceux qui tiennent des hôtels garnis.

Marche à terre

Fantassin.

Quand tu étais dans la cavalerie, tu n’étais pas dans les marche à terre.

Vidal, 1833.

Marche de flanc

s. f. Le sommeil, ou seulement le repos, — dans l’argot des sous-officiers.

Marche de flanc

Repos sur le lit de camp, — dans le jargon des troupiers. — Razzia, maraude, — dans le jargon des soldats du bataillon d’Afrique.

Marché des pieds humides

La petite Bourse qui pendant longtemps s’est tenue en plein air ; les spéculateurs étaient ainsi exposés à toutes les intempéries, et, quand il pleuvait, pataugeaient dans les flaques d’eau.

Le marché des pieds humides qu’on est venu plaisanter, est bien plus loyal qu’on ne le pense. Là, pas d’affaires à terme ; argent contre titres ; titres contre argent.

(Le Mercure, journal, 1882.)

Marche des zouaves

Les soldats se rendant à la visite du docteur, exécutent la marche des zouaves.

Marche oblique

Sonnerie qui appelle les cavaliers punis au corps de garde. Ainsi nommée, parce qu’on ne s’y rend pas le cœur léger, mais d’un air piteux, en rasant les murs, en s’effaçant, obliquement.

Marche oblique individuelle

Ralliement des soldats consignés pour répondre à l’appel. Ils y arrivent isolément, de points divers : des chambrées, de la cantine, quelquefois même d’un café voisin de la caserne. Il faut user de ruse pour rentrer sans être vu, faire maints détours ; de là, marche oblique.

Marche par le flanc (exécuter la)

Dormir, se coucher.

Marche-à-terre

s. m. Fantassin, — dans l’argot de la cavalerie.

Marche-à-terre

Soldat d’infanterie de ligne.

Marchef

Maréchal des logis chef.

Marcher

v. n. Être de la même opinion ; consentir, — dans l’argot des typographes.

Marcher

v. intr. Être de l’avis de quelqu’un. Je marche, j’approuve.

Marcher

Approuver, être du même avis, — dans le jargon des typographes. — Je marche avec lui, je l’approuve.

Marcher

Consentir, être d’accord. Quant une offre convient, on marche, c’est-à-dire on accepte. Dans le cas contraire on ne marche pas. Marcher avec quelqu’un, faire une affaire avec quelqu’un ou être en communauté d’idées avec lui.

Marcher

Croire une chose invraisemblable ou un mensonge, c’est marcher.

Marcher au pas

Obéir, filer doux, — dans le même argot [du peuple]. Faire marcher quelqu’un au pas. Agir de rigueur envers lui. On dit aussi : Mettre au pas.

Marcher au pas

Obéir, être mené militairement. Faire marcher quelqu’un au pas, contraindre quelqu’un à l’obéissance, le mener durement.

Marcher dans les souliers d’un mort

Avoir fait un héritage. — Compter sur les souliers d’un mort, compter sur un héritage. Le peuple dit :

Celui qui compte sur les souliers d’un mort, marche longtemps nu-pieds.

Marcher dedans

Rencontrer sous son pied un insurgé de Romilly, — dans l’argot du peuple.

Marcher dedans

Mettre les pieds sur une sentinelle. Marcher dans la merde, suivant un dicton populaire, cela porte bonheur. On dit d’un homme heureux en toutes choses, à qui tout réussit :
— C’est pas possible, il a marché dans la merde.
On dit également :
— Il a écrasé un colombin (Argot du peuple), N.

Marcher dessus

Être sur une bonne piste, — dans le jargon des voleurs.

Marcher sur la chrétienté

v. n. N’avoir pas de souliers ou avoir des souliers usés, — dans le même argot [du peuple].

Marcher sur la chrétienté

Marcher pieds nus, marcher avec des souliers qui menacent à chaque instant de quitter les pieds.

Marcher sur le dernier quartier

User le restant de ses souliers. Par dérision, on dit à un homme dont les souliers boivent l’eau du ruisseau :
— Tes pafs sont pochards.
On dit encore :
— Tu vas t’enrhumer, tes rigodons ont un courant d’air (Argot du peuple). N.

Marcher sur le pied

v. n. Chercher querelle à quelqu’un, — une querelle d’Allemand ; saisir le moindre prétexte pour se fâcher, — dans l’argot des bourgeois. N’aimer pas qu’on vous marche sur le pied. Être très chatouilleux, très susceptible.

Marcher sur sa longe

S’obstiner encore à monter sur les planches malgré que l’âge ait sonné depuis longtemps l’heure de la retraite, — en terme de théâtre. — C’est le défaut de beaucoup de grands acteurs.

Marcher tout seul

Être en état de décomposition, en parlant du fromage. Le fromage qui marche seul est habité par une colonie de ces petits vers blancs si vivaces qui sont loin d’effrayer les amateurs. « Tant pis pour eux », disent-ils. — « Apportez-moi du Roquefort », demande un consommateur au garçon d’un gargjot. — « Appelez-le, monsieur, il marche tout seul. » — Le fromage est une source de plaisanteries à l’usage des personnes qui trouvent beaucoup d’esprit aux commis voyageurs.

Marcher, marcher au pas

Être contraint à obéir.

Empereur Nicolas, Les Français et les Anglais te feront marcher au pas.

Layale, Ch., 1855.

Marches du palais

s. f. pl. Rides du front, — dans l’argot du peuple.

Marcheuse

Femme qui a été fille et qui, ne l’était plus, est chargée de conduire dans les chemins du vice celles qui le sont encore.

Ses fonctions sont d’appeler les passants à voix basse, de les engager à monter dans le bordel où, d’après ses annonces banales, ils doivent trouver un choix exquis de jeunes personnes. Dans, la maison de tolérance de première ligne, il y a ordinairement plusieurs marcheuses dont l’emploi principal est de promener les filles d’amour sur les boulevards et dans les passages.

Marcheuse

« La marcheuse est un rat d’une grande beauté que sa mère, fausse ou vraie, a vendu le jour où elle n’a pu devenir ni premier, ni deuxième, ni troisième sujet de la danse, et où elle a préféré l’état de coryphée à tout autre, par la grande raison qu’après l’emploi de sa jeunesse, elle n’en pouvait pas prendre d’autre. Pour qu’un rat devienne marcheuse, c’est-à-dire figurante de la danse, il faut qu’elle ait eu quelque attachement solide qui l’ait retenu à Paris, un homme riche qu’elle n’aimait pas, un pauvre garçon qu’elle aimait trop. C’est un débris de la fille d’Opéra du dix-huitième siècle. »

Balzac.

Marcheuse

« Un simple bonnet la coiffe ; sa robe est d’une couleur foncée et un tablier blanc complète ce costume. Les fonctions de la marcheuse sont d’appeler les passants à voix basse, de les engager à monter dans la maison qu’elle représente, où, d’après ses annonces banales, ils doivent trouver un choix exquis de jeunes personnes. »

Béraud.

Enfin arrivent les marcheuses… Elles marchent pour les filles demeurant en hôtel garni ; celles-ci n’ont qu’une chaussure et un jupon blanc Faut-il qu’elles exposent dans les boues leur unique habillement, la marcheuse affrontera pour elles les chemins fangeux.

1783, Mercier.

Marcheuse

s. f. Rat d’une grande beauté que sa mère, fausse ou vraie, dit H. de Balzac, a vendue le jour où elle n’a pu devenir ni premier, ni deuxième, ni troisième sujet de la danse, et où elle a préféré l’état de coryphée à tout autre, par la grande raison qu’après l’emploi de sa jeunesse elle n’en pouvait pas prendre d’autres. C’est un débris de la fille d’Opéra du XVIIIe siècle.

Marcheuse

s. f. Femme en bonnet et en tablier blanc, dont les fonctions « sont d’appeler les passants à voix basse et de les engager à monter dans la maison qu elle représente ».

Marcheuse

Dame comparse du corps de ballet, à l’Opéra.

Marcheuse

Racoleuse d’une maison de tolérance.

Fille publique qui fait la porte, c’est-à-dire qui, du seuil des maisons de joie, appelle les passants.

(Paris-Vivant, la Fille, 1858.)

C’est-à-dire la femme stationnant sur le seuil de la porte de la maison de tolérance.

(Béraud, Les Filles publiquês de Paris, t. II, 1839.)

Par ordonnance de police, les marcheuses doivent être âgées d’au moins quarante ans… Est-ce pour inspirer plus de confiance ?

Marcheuse

Dame comparse au théâtre. Racoleuse.

Marcheuse

Belle femme qui figure à l’Opéra, Marcheuse : la femme qui appelait les passants en termes très engageants ; elle détaillait avec complaisance les charmes de la marchandise qui était dans l’intérieur de la maison. La marcheuse était généralement un beefteack à corbeau hors d’âge et de service. Les marcheuses furent supprimées à la porte des maisons de tolérance par arrêté de M. Andrieux, préfet de police, en 1881 (Argot des souteneurs).

Marcheuse

La femme qui fait les cent pas à la porte d’une maison de tolérance où elle est pensionnaire pour y amener des clients, c’est la marcheuse.

Marcheuse

Femme qui fait le trottoir.

Marchfeld

Champ de manœuvre, — dans l’argot de Saint-Cyr.

Marchfeld

C’est ainsi que les élèves de l’École de Saint-Cyr appellent le champ de manœuvres.

Que les jours d’hiver nous parurent longs, les après-midi sombres pendant lesquels nous épelions le b a ba du métier dans le marchfeld que balayaient âprement les bises.

(Maizeroy : Souvenirs d’un Saint-Cyrien.)

Marchis

Corruption de maréchal des logis.

Marco

s. f. Petite dame, — dans l’argot des gens de lettres, qui disent cela depuis la pièce de leurs confrères Lambert Thiboust et Barrière, Les Filles de marbre, dont l’héroïne principale s’appelle Marco.

Marcouse

Le teneur du jeu de bonneteau fait, en manipulant les trois cartes, une corne à l’une d’elles pour allécher le joueur, puis il décorne cette carte pour en corner une autre que la gagnante, lorsqu’il sait qu’un des parieurs s’en est aperçu : c’est la marcouse ou cornanche.

Marcouse

Carte marquée par le bonneteur.

Mardi, s’il fait chaud !

Les calendes grecques du peuple, qui y renvoie volontiers quand il veut se moquer ou se débarrasser d’un importun. Ce mardi-là et le Dimanche après la grand’messe font partie de la fameuse Semaine des quatre jeudis.

Mare

Avoir assez d’une chose ou d’une femme, c’est en avoir son mare.

Maré

Signifie : tais-toi, laissez-moi, ça suffit. Cela dépend comment ce mot est employé ; avoir assez d’une chose, c’est en être maré.

Je suis maré du jeu, j’ai joué toute la journée. — Je suis maré de t’entendre récriminer. — Tu ne vas pas en dire davantage, je suis maré de tes observations.

Maré !

Interjection qui signifie : « Assez ! »

Marécageux (œil)

Œil voluptueux, à demi-noyé de langueur.

Mais que tu danses bien la galope, Avec ton œil marécageux.

Chans. populaire.

Marer

Être blasé. Avoir maré, en avoir assez. Marez, assez ! arrêtez !

Margauder

Décrier la marchandise. — Corruption du mot marchander.

Madame trouve moyen de margauder.

La Correctionnelle.

Margauder

v. n. Dénigrer quelqu’un ; décrier une chose. Argot des bourgeois. Est-ce que ce verbe ne viendrait point de la jacasserie continuelle de la pie, dite margot, qui joue le rôle de commère parmi les oiseaux ? Mais alors il faudrait écrire margoter, ou tout au moins margoder.

Margot

s. f. Pie, — dans l’argot du peuple.

Margot

s. f. Fille ou femme qi a jeté son bonnet et sa pueur par-dessus les moulins. On dit aussi Margoton.

Margot

s. f. Maîtresse, concubine, — dans l’argot des bourgeois. Vivre avec des margots. Vivre avec des filles ; passer le meilleur de son temps à filer le plus imparfait amour aux pieds d’Omphales d’occasion, sans avoir l’excuse du fils d’Alcmène, — qui du moins était un hercule.

Margot

Femme de peu.
— Tu n’es qu’une sale Margot.
Pourquoi chercher dans Margot le diminutif de Marguerite ?
Toutes les Marguerites ne sont pas de Bourgogne.
Il y en a qu’on aimerait à effeuiller.
On dit aussi Margoton (Argot du peuple). N.

Margot

Femme de mœurs légères.

Margot, goton

« Nom fort injurieux donné à une courtisane, à une femme de mauvaise vie. » — 1808, d’Hautel. — « Nous le tenons. Nous savons où demeure sa margot. » — E. Sue. — On dit aussi sa jacqueline. (V. ce mot). — Dans son Vieux Cordelier, Camille Desmoulins apostrophe ainsi Hébert : « Le banquier Kocke, chez qui toi et ta Jacqueline vous passez les beaux jours de l’été. »

Margot, Margoton

Nom de femme qui est devenu celui de toutes les femmes — devenues filles.

Priape dérogea, Vénus fit la Catin.
Cette contagion infecta les provinces,
Du clerc et du bourgeois passa jusques aux princes.
La plus mauvaise garce eut ses adulateurs,
Et jusqu’à la Margot, tout trouva des fouteurs.

(L’Art priapique.)

Villon sut le premier dans ces siècles grossiers
Débrouiller l’art confus de nos vieux romanciers,
Redonner le mouchoir aux filles de bon ton,
Et laisser la province enfiler Margoton.

(L’Art priapique.)

Nous le tenons : nous savons où demeure sa margot.

Eugène Sue.

J’ai peu d’estime pour l’argot ;
Mais au besoin, je le tolère.
Si je rencontre une margot,
Je la regarde sans colère.

Phil. Dauriac.

Margouillat

Argot militaire. Spahis.

Margouillis

s. m. Gâchis, — dans l’argot du peuple, qui emploie ce mot au propre et au figuré.

Margoulette

Bouche. — Diminutif de marge. Les lèvres forment la marge du palais. Peut être aussi diminutif corrompu du vieux mot gargoule : bouche.

Margoulette

s. f. La bouche, considérée comme avaloir. Rincer la margoulette à quelqu’un. Lui payer à boire.

Margoulette

Visage : — Margoulette de travers, mauvaise mine, mine fatiguée. — Déboiter la margoulette, porter des coups au visage.

Margoulette

Visage. La bouche.

Margoulette

La bouche. Il existe en Bourgogne des vases en terre vernissée qui ont un goulot semblable à la bouche. Pour cette raison, on appelle ces vases des goulettes. Mar a tout simplement été ajouté, déformant le mot primitif pour en former un autre qui a le même sens, car les nourrices disent aux enfants :
— Viens que j’embrasse ta petite goulette.
Rincer la margoulette à un ami, c’est lui payer à boire (Argot du peuple). N.

Margoulin

Débitant, dans la langue des commis voyageurs.

Parfois le margoulin est fin matois.

Bourget.

Margoulin

s. m. Débitant, — dans l’argot des commis voyageurs.

Margoulin

Petit boutiquier, marchand d’objets de peu de valeur. — Mauvais ouvrier, celui qui n’est pas au courant de son métier, — dans le jargon du peuple.

Tonnerre de Dieu ! me voilà devenu voyageur de commerce : je m’en vais donc voir ces margoulins.

(Monsieur Mayeux, voyageur de commerce, dessin.)

Margoulin

Débitant. Mauvais ouvrier.

Margoulin

Débiteur de mauvaises boissons. Marchand de vin qui a une fontaine dans sa cave pour fabriquer le fameux cru de Château la Pompe. Margoulin : méchant ; ouvrier, fainéant, grossier, brutal, qui lève plus souvent le coude qu’un marteau. C’est, dans le peuple, un gros terme de mépris que de dire à un individu :
— Tu n’es qu’un margoulin ! (Argot du peuple). N.

Margoulin

Petit patron, petit industriel.

Margoulinage

État, métier du margoulin.

Margouliner

Vendre des marchandises’de peu de valeur, des marchandises défraîchies. — Faire un tout petit commerce en boutique.

Margoulis

Grabuge, gâchis.

Marguerites

s. f. pl. Poils blancs de la barbe, — dans l’argot du peuple, qui a parfois des images aussi poétiques que justes. Il dit aussi Marguerites de cimetière.

Mari malheureux

Mari, peut-être cossu, — mais à coup sûr, cocu — sans cédille.

Mari malheureux

s. m. « Le dernier de Paul de Kock », — dans l’argot pudibond des bourgeois.

Mariage

Collage légitime de l’homme et de la femme, qui a le vit pour trait d’union, plus les enfants qui peuvent résulter dudit collage. Selon Balzac :

Le mariage est une association de mauvaise humeur, pendant le jour, et de mauvaise odeur pendant la nuit.

Mariage

Corde de justice, corde à étrangler, — dans le jargon des cordiers des XVIIe et XVIIIe siècles. C’est cette corde que l’exécuteur des hautes-œuvres appelait « tourtouse ». — Tourtouse par extension si gnifiait encore gibet, potence. (Hurtaut, Dict. des homonymes, 1775.)

Mariage à la détrempe

s. m. Union morganatique, — dans l’argot des ouvriers. « Nos bons amis nos ennemis » ont une expression de la même famille : Wife in water colours (femme à l’aquarelle, en détrempe), disent-ils à propos d’une concubine.

Mariage à la détrempe

Mariage à la colle. Quand elle est trop détrempée, le papier ne tient pas. Autrefois, avant l’annexion de la banlieue à Paris, on disait :
— Ils sont mariés au treizième arrondissement.
Parce qu’il n’y en avait que douze.
Aujourd’hui on dit au vingt et unième, parce qu’il n’y en a que vingt (Argot du peuple). N.

Mariage de garnison

Liaison qu’un militaire en garnison contracte avec une femme et qui n’a pas d’autre durée que celle du séjour dans la garnison.

Mariage en détrempe

Concubinage, mariage pour rire. — La variante est : Mariage à la parisienne.

Marianne

s. f. La République, — dans l’argot des démocrates avancés. Avoir la Marianne dans l’œil. Clignoter des yeux sous l’influence de l’ivresse.

Marianne

Prénom de la vraie République des faubourgs, la République coiffée du bonnet phrygien, la République aux « puissantes mamelles » chantée par Barbier.

C’est la Marianne qui a pris possession de l’Elysée et de nos administrations, et c’est la Marianne qu’adoptent en ce moment toutes nos municipalités.

(Petite République Franc. 24 fév. 1880.)

Ce prénom, si commun chez les femmes du Midi, lui a été donné d’abord dans le Midi comme un hommage et un souvenir, puis adopté par toute la France.

Mariase

Vaurien.

Marida

Mariée.

Marie Jordonne

Petite fille qui, à l’école, aime à commander ses camarades.

Marie salope

Femme sale et sale femme, par allusion aux bateaux dragueurs appelés des maries-salopes.

Marie-bon-bec

s. f. Femme bavarde, « un peu trop forte en gueule », — dans l’argot du peuple.

Marie-couche-toi-là

s. f. Femme facile, — trop facile.

Marie-couche-toi-là

Femme qui se met sur le dos pour un oui ou un non. Rôdeuse de caserne (Argot des troupiers). N.

Marie-mange-mon-prêt

Argot militaire. Maîtresse du soldat.

Marie-pique-rempart

Femme qui rôde la nuit sur les remparts, aux environs des postes de soldats. On devine ce qu’elle cherche : un gîte et un restant de soupe. Huit ou dix jours plus tard, le troupier sait ce qu’elle a apporté (Argot des troupiers). N.

Marie-sac-au-dos

Femme toujours prête. Allusion aux troupiers qui, quand le quartier est consigné en vue d’un événement quelconque, campent dans la cour de la caserne sac au dos, prêts à partir (Argot des troupiers). V. Rempardeuses. N.

Marie-salope

s. f. Femme de mauvaise vie.

Marie-salope

s. f. Bateau dragueur, — dans l’argot des mariniers de la Seine.

Marie–je-m’embête (faire sa)

Faire, des façons ; se faire prier.

Ah çà ! voyons ! quand tu resteras là à faire ta Marie-je-m’embête ! Ça n’avancera à rien ! Venez-vous oui ou non ?

(Huysmans : Sœurs Vatard.)

Marier Justine

Précipiter un dénouement, arriver vite au but, — dans l’argot des coulisses. Cette expression date de la première représentation d’un vaudeville des Variétés, Thibaut et Justine, joué sous la direction de Brunet. La pièce gaie en commençant, avait, vers la fin, des longueurs. Le public s’impatiente, il est sur le point de siffler. L’auteur ne mariait Justine qu’à la dernière scène, encore bien éloignée. « Il faut marier Justine tout de suite », s’écria le régisseur », pour sauver la pièce. Et l’on cria des coulisses aux acteurs en scène : « Mariez Justine tout de suite ! » Et l’on maria Justine, et la pièce fut sauvée, — et l’argot théâtral s’enrichit d’une expression.

Marin d’eau douce

s. m. Canotier de la Seine, — dans l’argot du peuple.

Marine

Argot des lycéens. Est marine dans leur jargon, le camarade qui se prépare à l’école navale.

Marine (la)

Première carte à prendre au talon, — dans le jargon des joueurs de bezigue. Je prends pour voir la marine.

Maringotte

Grande voiture de saltimbanque, sorte de maison roulante où naît et meurt le saltimbanque, où il fait la cuisine et l’amour.

Maringotte

Voiture de saltimbanque.

Mariol

Malin

Mariol, Mariolle

Coquin rusé, malin. C’est une variante de marlou.

Mariole

Malin, rusé, roublard. On est mariole ou on le fait. Dans les ateliers, un mariole passe pour un phénix. Mariole doit être pris ici comme synonyme de marlou.
— Tu n’as pas coupé la patte à coco, tu n’es pas si mariole que ça, on pourrait bien te river ton clou.
Il existe une chanson qui dit :

Tant qu’il y aura des pantes.
Les marioles boulotteront.

(Argot du peuple et des souteneurs). N.

Mariole

Malin, roublard.

Mariole, Mariol ou Mariaule

adj. Qui est tout à fait malin, difficile à tromper ; se dit encore d’un ouvrier très capable.

Mariolisme

s. m. Qualité de celui qui est mariole ou ce qu’il fait. Rare.

Mariolle

s. m. Homme adroit, rusé, plus habile que délicat, et même un peu voleur, — dans l’argot des souteneurs. J’ai entendu cette phrase : « Tant qu’il y aura des pantes, les mariolles boulotteront. »

Mariolle

s. et adj. Malin, ingénieux, rusé, — dans l’argot des faubouriens.

Mariolle

Malin, rusé.

Mariolle

Malin, roublard.

Mariolle (faire le)

Poser pour le torse ; ne pas frayer avec les camarades.

Marionnette

s. f. Soldat, — dans l’argot des voleurs.

Marionnette

Soldat. (Fr. Michel.)

Marionnettes

s. f. pl. Partisans, mâles ou femelles, d’une bastringueuse du nom de Maria, qui florissait en l’an de grâce 1839 à la Grande-Chaumière et à la Chartreuse, et à qui une autre joueuse de flûte du nom de Clara disputait le sceptre du cancan et le prix de chahutage. Les partisans de cette dernière s’appelaient Clarinettes.

Markouse

Carte marquée visiblement par le bonneteur. Mais aussitôt qu’elle a été vue par la dupe, elle est démarquée. Il la devine, mais ce n’est plus la même (Argot des camelots).

Marle

Malin.

Marlou

Adroit.

Marlou

Individu impropre a rien, un fainéant et un voleur adroit, fin, rusé, malin.

Marlou

Variété de maquereau, d’homme sans préjugés, qui non-seulement consent à recevoir de l’argent des filles galantes, mais encore en exige d’elles le poing sur la gorge et le pied dans le cul.

La plus sublime de ces positions, c’est celle du marlou.

Frédéric Soulié.

C’est des marlous, n’y prends pas garde.

H. Monnier.

Marlou

Souteneur. — Corruption du vieux mot marlier : sacristain. — Les souteneurs étaient de même appelés sacristains au dix-huitième siècle. On en trouve plus d’une preuve dans Rétif de la Bretonne.

Un marlou, c’est un beau jeune homme, fort, solide, sachant tirer la savate, se mettant fort bien, dansant la chahu et le cancan avec élégance, aimable auprès des filles dévouées au culte de Vénus, les soutenant dans les dangers éminents…

Cinquante mille voleurs de plus à Paris, Paris, 1830, in-8.

Par extension, on appelle marlou tout homme peu délicat avec les femmes, et même tout homme qui a mauvais genre.

Cadol.

Marlou

s. m. Souteneur de filles, — dans l’argot des faubouriens. Pourquoi, à propos de ce mot tout moderne, Francisque Michel a-t-il éprouvé le besoin de recourir au Glossaire de Du Cange et de calomnier le respectable corps des marguilliers ? Puisqu’il lui fallait absolument une étymologie, que ne l’a-t-il demandée plutôt à un Dictionnaire anglais ! Mar (gâter) love (amour) ; les souteneurs, en effet, souillent le sentiment le plus divin en battant monnaie avec lui. Cette étymologie n’est peut-être pas très bonne, mais elle est au moins aussi vraisemblable que celle de Francisque Michel. Il y a aussi le vieux français marcou.

Marlou

s. et adj. Malin, rusé, expert aux choses de la vie.

Marlou

Mauvais drôle, malin. — Souteneur de filles, — dans l’ancien jargon du peuple.

Marlou

Souteneur. Filou. Malin, rusé. Front.

Marlou

Individu qui vit de la prostitution des femmes. Marlou vient du vieux mot marlier, avec un changement de finale (Argot des filles).

Marlou

Malin. Un souteneur c’est aussi un marlou.

Marlou

Souteneur.

Marlou à la mie de pain

Marlou qui ne sait pas faire travailler sa marmite ou qui en a une récalcitrante. Je lis dans les Lamentations d’un souteneur :

Quoi ? C’est éteint… tu r’buttes au flanche.
Y’a pu de trottinage à la clé.
Des dattes pour que tu fass’la planche,
L’anse de la marmite est cassée. (Argot des souteneurs). N.

Marloupin

Jeune marlou qui fait son apprentissage dans les bals publics. On dit aussi goussepin : petit vagabond dont la première étape est la petite Roquette et la dernière souvent, la grande. Goussepin gouspiné : voler (Argot des voleurs).

Marloupin

Jeune marlou.

Marlouserie

s. f. Profession de Marlou. Se dit aussi pour Habileté.

Marlousier

Maquereau.

Marlousier

Maquereau.

Marlousier

Maq…., souteneur de fille de joie.

Marlousier

s. m. Apprenti marlou.

Marlousier

Malin, rusé, diminutif de marlou (Argot des souteneurs).

Marlousserie

Fainéantise, paresse, vivotage, volerie.

Marmaille

s. f. Troupe, nichée d’enfants, — dans l’argot du peuple. On dit aussi Marmaillerie.

Marmier

Berger, — dans l’ancien argot.

Marmite

Putain, — la femelle naturelle du maquereau, à qui elle fournit de quoi manger, boire et rigoler avec ou sans elle.

Tu es un crâne fouteur… et… si tu y consens, ce n’est pas toi qui me donneras de la braise, c’est moi qui serai ta marmite.

Lemercier de Neuville.

Marmite

Fille publique nourrissant un souteneur. — Allusion facile à saisir.

Un souteneur sans sa marmite est un ouvrier sans ouvrage.

Canler.

Marmite de terre : Prostituée ne gagnant pas d’argent à son souteneur. — La Marmite de fer gagne un peu plus. — La Marmite de Cuivre rapporte beaucoup. — (Dict. d’argot, 1844.)

Marmite

s. f. Maîtresse, — dans l’argot des souteneurs, qui n’éprouvent aucune répugnance à se faire nourrir par les filles. Marmite de cuivre. Femme qui gagne — et rapporte beaucoup. Marmite de fer. Femme qui rapporte un peu moins. Marmite de terre. Femme qui ne rapporte pas assez, car elle ne rapporte rien.

Marmite

Maîtresse d’un souteneur. Elle fait bouillir la marmite.

Marmite

C’est ainsi que les dragons appellent leurs casques. — Je récure la marmite pour la revue de demain.

Marmite

Cuirasse.

Marmite

La femme du souteneur. Marmite de terre, qui rapporte peu ; marmite de fer, qui rapporte davantage, marmite de cuivre, qui rapporte beaucoup.

Marmite

D’après M. Lorédan Larchey, c’est une fille publique nourrissant son souteneur. Un souteneur sans sa marmite est un ouvrier sans ouvrage, dit Canler. La marmite de terre est une prostituée qui ne gagne pas de pognon à son souteneur. La marmite de fer commence à être cotée ; elle gagne un peu de galette. La marmite de cuivre, suivant Halbert, c’est une mine d’or. Marmite, d’après Pierre, est une femme qui n’abandonne pas son mari ou son amant en prison et lui porte des secours. Le peuple qui ne cherche ni si haut ni si loin, considère tout tranquillement la femme comme une marmite. Quand elle trompe son mari avec son consentement, elle fait bouillir la marmite. Quand elle fait la noce pour son compte, qu’elle ne rapporte pas, il y a un crêpe sur la marmite (Argot du peuple). N.

Marmite

Fille publique qui nourrit son male et souvent toute sa famille.

Marmite

Prostituée qui a un souteneur.

Marmite à Domange

Voiture de vidange.

Marmite anarchiste

Comme la précédente, celle-là ne rapporte pas ; elle fait sauter — pas les écus, mais les maisons. C’est une marmite qui n’est guère en faveur, car elle fait perdre la tête (Argot du peuple). N.

Marmite de cuivre

Prostituée qui rapporte beaucoup.

Marmite de fer

Prostituée qui rapporte peu.

Marmite de terre

Prostituée qui ne gagne pas d’argent à son souteneur.

Marmite est renversée (la)

Locution dont se servent les bourgeois de Paris qui vont faire un petit extra au restaurant, ou qui, ayant donné congé à leurs bonnes, sont forcés de dîner au restaurant, ou qui contremandent un dîner.

Marmiteux

s. et adj. Piteux, ennuyé, malade, — dans l’argot du peuple.

Marmiteux

Souffrant, pleurnicheur. L’épithète de « marmiteux » a été accolée au nom d’un de nos hommes politiques, ancien ministre, sénateur, académicien, orateur disert, mais larmoyant.

Marmiteux

Homme qui a sans cesse la larme à l’œil. Corruption par extension du mot miteux (qui a la cire aux yeux) (Argot du peuple). N.

Marmiton de Domange

Vidangeur.

Marmiton de Domange

Vidangeur. On dit aussi : marmiton de Richer (Argot du peuple).

Marmiton de M. Domange

s. m. Vidangeur, — dans l’argot des faubouriens, qui ne se doutent guère qu’ils ne font que répéter une expression du XVIe siècle : « Marmiton de la gadouarde », lit-on dans les Après-disnées du seigneur de Cholières. Cela ne vaut pas, comme délicatesse ironique, le goldfinder des Anglais. »

Marmonner

v. a. Parler entre les dents d’un air fâché ; murmurer, gronder, — dans l’argot du peuple. On dit aussi Marmotter.

Marmot

s. m. Enfant, et, par extension, Homme chétif. Croquer le marmot. Attendre en vain.

Marmot (choquer le)

Ne pas voir arriver ce qu’on attend.

Marmotier

Petit Savoyard. Allusion aux marmottes que montrent ces jeunes galopins lorsque le ramonage des cheminées a dit son dernier mot.

Marmotte

Le con, — qui ne dort jamais. — Allusion au poil d’une motte bien garnie.

Un soir, ma sœur me dit : Si nous étions dans le même lit, tu pourrais faire entrer ta petite broquette qui est toujours raide dans la bouche de ma petite marmotte que tu aimes tant.

(Anti-Justine)

Marmotte

s. f. Boîte ou carton d’échantillons, — dans l’argot des commis-voyageurs.

Marmotte

s. f. Madras que les femmes du peuple se mettent sur la tête pour dormir.

Marmotte

Femme, — dans le jargon des souteneurs ; par altération de marmite.

Marmotte

Boîte de placier. Boîte où les commis voyageurs mettent les échantillons.

Marmotte

Madras que les marchandes portent encore sur la tête en guise de coiffure. Marmotte : diminutif de marmite.
— Tu n’es qu’une sale marmotte (Argot du peuple).

Marmotte

Femme qui se prostitue.

Marmottier

s. m. Savoyard, — dans l’argot des faubouriens.

Marmouse

Barbe.

Marmouse

s. f. Barbe, — dans l’argot des voleurs.

Marmouse

Barbe, — dans l’ancien argot.

Marmouse

Barbe.

Marmouser

v. n. Bruire, comme l’eau qui bout, — dans l’argot du peuple.

Marmouset

Pot ou marmite.

Marmouset

s. m. Gamin, homme de mine chétive.

Marmouset

s. m. Pot-au-feu, — dans l’argot des voleurs, par allusion au marmousement du bouillon. Le marmouset riffode. Le pot bout.

Marmouset

Le pot au feu.
— Amène ta morue ce soir, nous boulotterons, mince de bidoche dans le marmouset.
Allusion au bruit que fait l’eau en bouillant : elle marmouse (Argot des voleurs).

Marmouset, Marmyon. Marmite

Pot au feu.

Marner

Travailler.

Marner

Voler.

Il y a des cabrioleuses très habiles qui, feignant une erreur, s’élancent dans les bras du voyageur qu’elles veulent marner : « C’est toi, mon loulou, s’écrient-elles, viens donc que je t’embrasse ! » On prétend que ces donneuses de bonjour sont rarement mises à la porte par le provincial, affriolé par des caresses de haut goût.

Alb. Monnier.

Du vieux mot Marronner : pirater.

Marner

v. a. Voler, — dans l’argot des revendeuses du Temple.

Marner

v. n. Travailler avec ardeur, — dans l’argot des faubouriens.

Marner

Travailler, — dans le jargon des ouvriers.

Marner

Travailler. Voler. Racoler les hommes au bord des rivières.

Marner

Signifie travailler. Les voleurs disent également marner pour voler, puisque voler est pour eux travailler. Marner est une variété du vol à l’embrassade, à l’exception toutefois qu’il est généralement pratiqué par des femmes (Argot des voleurs).

Marner

Travailler.

Marner

Travailler.

Marner, Faire la marne

Exercer la prostitution le long d’une berge, tout le long, le long de la rivière.

Marneur

Travailleur, ouvrier. Les pauvres marneurs s’échinent pour le patron, à ce qu’ils disent souvent.

Marneuse

Prostituée qui guette sa proie au bord de l’eau, et qui, dans le feu de la conversation, saura lui voler son argent. La marneuse a les allures et le langage d’une domestique dans le malheur.

Marneuses

Filles publiques qui travaillent au bord des rivières. On dit aussi : poniffes et magneuses. Cette dernière expression indique une spécialité (Argot des souteneurs).

Marnière

Fille qui vit de la Prostitution sur les bords de la Marne.

Marnois

Souliers énormes. Synonyme de péniche (Argot des voleurs).

Marnois

Souliers.

Maron

Du sel.

Maron

Du sel.

Maron

Être arrêté avec preuve.

Maron

Sel.

Maron mâl

Pris en flagrand délit.

Maronner

Pester, être vexé.

Marotte

s. f. Caprice, entêtement, manie, — dans l’argot des bourgeois.

Marotte (avoir une)

Idée fixe qui varie suivant les tempéraments. Tous les collectionneurs sont des gens à marotte. Marotte est synonyme de dada. Marotte signifie également chanter.
— À toi, la Saucisse, c’est ton tour de marotte (Argot des voleurs). N.

Marottier

Marchand ambulant.

Marottier

s. m. Bimbelottier, camelotteur, — dans l’argot des voleurs.

Marottier

Marchand ambulant.

Marottier

Marchand ambulant.

Marpau

Amant d’une fille publique.

Marpau

Maître. Homme.

Marpaut

Maître, homme.

Marpaut

Homme, maître.

Marpaut

Maître, homme.

Marquant

Homme.

Marquant

Homme.

Marquant

Homme, souteneur.

Marquant

s. m. Maître, chef, — dans le même argot [des voleurs].

Marquant

Maître. — Ivrogne. — Souteneur, — dans le jargon des voleurs.

Marquant

Maître. Ivrogne. Souteneur.

Marquant (être)

Annoncer de l’aisance.

Marque

Fille.

Marque

Fille.

Marque

Fille.

Marque

s. f. Femme, — dans le même argot [des voleurs]. Marque de cé. Femme légitime d’un voleur. Marque franche. Concubine.

Marque

Fille publique.

Marque

Femme qui a deux cordes à son arc : la prostitution et le vol.

Marque

Fille publique. Marque de cé, marquecé, femme légitime du voleur. Marque franche, maîtresse du voleur.

Marqué

Mois.

Marqué

Mois.

Marqué

s. m. Mois, — dans le même argot [des voleurs]. Quart de marqué. Semaine.

Marqué

Être ridé comme une vieille pomme (Argot du peuple).

Marqué (être)

S’être battu et avoir l’œil poché. Argot des faubouriens.

Marqué (il est)

Être gravé par la petite vérole (Argot du peuple). V. Poêle à marrons.

Marqué (quart de)

Semaine.

Marqué à la fesse

adj. et s. Homme méticuleux, maniaque, ennuyeux, — dans l’argot des typographes.

Marqué à la fesse

Homme maniaque, méticuleux, ennuyeux. (A. Delvau)

Marqué au B

adj. Borgne ou bossu, ou bigle, ou boiteux, ou bavard, — dans l’argot du peuple.

Marqué au B.

Bigle ; borgne ; boiteux ; bossu, ou bancal. L’expression était courante au XVIIIe siècle ; elle n’a pas cessé d’être populaire.

Marque de cé

Femme légitime de voleur. Femme d’argent (Argot des voleurs).

Marque de cé

Femme de voleur.

Marque de cé, Marquecé

Femme légitime d’un voleur.

Marque de la vaisselle

Le membre viril, — avec lequel nous poinçonnons à notre chiffre le vagin des femmes, qui cependant n’a pas besoin de cela pour être trouvé de bon aloi et pour circuler de main en main.

Marque franche, Marquise

Maîtresse d’un voleur ; par abréviation de remarque. La maîtresse, comme la femme légitime du voleur la marquecé, est ordinairement employée à un travail d’observation ; elle remarque, d’où les mots marquecé et marque franche. M. Francisque Michel fait venir marque de l’ancien espagnol marca, marquida et marquisa, femme publique. Les voleurs ne vont pas chercher aussi loin des étymologies. Marquise, la marquise, est un sobriquet très fréquemment donné à celles des filles de maison qui sont un peu moins communes d’allures et de langage ue leurs compagnes. Beaucoup e voleurs ont pour maîtresses des filles de cette catégorie.

Marque ou Marquet

Mois. Un individu condamné à trois mois de prison est condamné à trois marques ou marquets.

Marqué ou marquets

Mois (Argot des voleurs).

Marque-mal

s. m. Margeur, ou plutôt receveur de feuilles à la machine.

Marque-mal

Receveur de feuilles à la machine, — dans le jargon des typographes.

Marque-mal

Individu contrefait. — Variété de souteneur.

Marque-mal

Se dit de quelqu’un qui a un vilain aspect (Argot du peuple).

Marque, Marqué

Mois.

Elle tire six marques à Saint-Lazare.

(Canler.)

Marque, marquet

Mois. Quart de marquet, semaine.

Marquer

Avoir l’air riche.

Marquer (bien)

Être bel homme. — Avoir belle prestance, avoir une physionomie qui prévient en votre faveur. — Marquer mal, avoir mauvaise mine, mauvaise façon.

Marquer (ne plus)

v. n. Vieillir, — dans l’argot des faubouriens.

Marquer (ne plus)

Être vieux.

Marquer (ne plus)

Femme qui n’a plus d’échéance à chaque fin de mois (Argot du peuple).

Marquer à la fourchette

Marchand de vin qui majore ses notes. Allusion aux quatre dents de la fourchette ; il fait quatre raies à la fois (Argot du peuple).

Marquer avec une fourchette

v. a. Exagérer le compte d’un débiteur, en marquant 4 quand il a dépensé 1, — ainsi qu’il arrive à beaucoup de cafetiers, de restaurateurs, de tailleurs, pour se rattraper sur une bonne paye, distraite, des pertes qu’ils ont subies avec une mauvaise, plus distraite encore.

Marquer le coup

v. a. Trinquer, — dans l’argot des ouvriers.

Marquer le coup

v. a. Toucher légèrement son adversaire, — dans l’argot des professeurs d’escrime, boxe, etc.

Marquer le coup

Trinquer.

Marquer les points

Être troisième dans une partie qui devait être carrée. Assister aux épanchements de deux cœurs amoureux.

Marquer son linge

v. a. Embrener sa chemise ou sa culotte. Argot du peuple.

Marquet

Mois.

Marquet (un)

Un mois.

Marqueur

« On appelle marqueur, dans le langage des estaminets de Paris, l’individu chargé de faire la partie des habitués, quand ces derniers manquent de partenaires. La plupart donnent des leçons au cachet. » — Montépin. — Appelés ainsi parce qu’ils se chargent de marquer les points.

Marquin

Couvre-chef.

Marquin

Chapeau.

Marquin

Couvre-chef.

Marquin

Couvre-chef.

Marquin

Casquette ; chapeau mou.

Marquis d’Argentcourt

s. m. Homme qui rendrait des points à Job, mais ne pourrait lui rendre que cela, — n’ayant absolument rien autre. On dit aussi Marquis de la bourse plate.

Marquis de la bourse plate

Faiseur d’embarras sans le sou, pauvre diable qui cache sa misère.

Marquis de la bourse plate

Homme absolument sans le sou (Argot du peuple). V. Les toiles se touchent.

Marquis de la braguette

Le maître tailleur.

Marquis de la croupière ou du culeron

Le maître sellier.

Marquis du tire-pied

Le maître bottier.

Marquise

Femme.

Marquise

Femme.

Marquise

Femme.

Marquise

Femme.

Marquise

s. f. Maîtresse, — dans l’argot des faubouriens.

Marquise

s. f. Le saladier de vin blanc sucré des bourgeois, — comme le saladier de vin blanc est la marquise des ouvriers.

Marquise

Breuvage composé de vin blanc, de sucre, de citron et d’eau de seltz. (L. Larchey)

Marquise

Maîtresse. Saladier de vin blanc.

Marraine

s. f. Témoin femelle, dans l’argot des voleurs.

Marraine

Témoin femelle (Argot des voleurs).

Marré

En avoir assez, s’ennuyer d’être en prison.
— Je vais me marrer pendant cinq berges (Argot des voleurs).

Marron

Pris, arrêté, reconnu.

Marron

Individu pris sur le fait.

Marron

Surpris.

Marron

En flagrant délit de vol ou de crime. — Du vieux mot marronner : faire le métier de pirate, de corsaire. V. Roquefort. — Marron serait en ce cas une abréviation du participe marronnant. — Paumer marron, Servir marron : Prendre sur le fait. — V. Servir, Estourbir.

J’ai été paumé marron.

La Correctionnelle.

Marron

s. m. Rapport, procès-verbal des chefs de ronde, — dans l’argot des soldats.

Marron

s. m. Livre imprimé clandestinement, — dans l’argot des typographes.

Marron

s. m. Ouvrier compositeur travaillant pour son propre compte chez un maître imprimeur, qui lui fournit le matériel et auquel il paye tant pour cent sur les étoffes.

Marron

Celui qui exerce illicitement un métier. — Paumer, servir marron, prendre en flagrant délit de vol. — Marron sur le tas, pris en flagrant délit de vol. Marron est une déformation de marry, ancien mot qui veut dire contrit.

Marron

Brochure imprimée clandestinement. — Procès-verbal des chefs de ronde. (A. Delvau)

Marron

Contusion, coup et principalement coup qui marque le visage ; par allusion à la couleur qu’arbore la partie contusionnée. — Coller des marrons, attraper des marrons. La variante est : châtaigne qu’on prononce châtaigne.

Marron

Livre imprimé clandestinement. Rapport des chefs de ronde. Coup au visage. Homme qui exerce illicitement un métier. Paumé marron, pris en flagrant délit de vol.

Marron

Livre imprimé clandestinement (Argot d’imprimerie).

Marron

Recevoir un coup de poing, c’est recevoir un marron.

Marron

Livre imprimé clandestinement.

Marron (être)

Être la victime de quelque chose, être la dupe de quelqu’un, — dans l’argot des faubouriens. Être servi ou paumé marron. Être pris sur le fait encore nanti des objets soustraits, — dans l’argot des voleurs.
Je ne crois pas qu’il faille, à propos de cette expression, remonter à Régnier, à La Fontaine et à Molière, et citer la fable de Bertrand et Raton, comme l’a fait Francisque Michel avec une vraisemblance plus apparente que réelle. Au premier abord, on songe à ces marrons que le singe fait tirer du feu par le chat, mais en y réfléchissant, on ne tarde pas à comprendre qu’il faut chercher ailleurs l’origine de cette expression. Le verbe marronner, que Francisque Michel ne cite pas, quoiqu’il soit fréquemment et depuis longtemps employé par le peuple, ce verte est-il antérieur ou postérieur à celui qui nous occupe en ce moment ? Voilà ce qu’il aurait fallu rechercher et dire, car s’il est antérieur, comme tout le fait supposer, nul doute qu’il ait donné naissance à Être marron. En outre, voilà longtemps, me semble-t-il, qu’on appelle nègre marron un nègre fugitif, — qu’on reprend toujours. Que fe lecteur daigne conclure.

Marron (pris)

Un individu pris en flagrant délit de vol est pris marron sur le tas.

Marron sculpté

s. m. Tête grotesque, personnage ridicule, — dans l’argot du peuple, qui a fait allusion à ces fantaisies découpées dans les marrons d’Inde, à la mode il y a une vingtaine d’années. On dit aussi Pomme de canne.

Marron sculpté

Tête grotesque rappelant celles qu’on sculpte dans des marrons. (L. Larchey)

Marron sculpté

Figure laide ou ridicule.

Marron-male

Le vol sur soi.

Marroniste

Marchand de marrons.

Le marroniste lui-même, s’est logé chez le marchand de vin.

(Balzac, Paris et les Parisiens.)

Marronner

Bouder, murmurer. — C’est, selon d’Hautel, une corruption du mot marmonner : marmotter.

J’peux pas voir ça, moi ! je marronne tout haut.

Cognard, 1831.

Marronner

v. a. Maugréer, être de mauvaise humeur, — dans l’argot du peuple. Faire marronner quelqu’un. Le faire attendre en murmurant et plus que la politesse et la raison ne le permettent. Signifie aussi Faire enrager, taquiner.

Marronner

Mécontent, de mauvaise humeur.

Marronner un grinchissage

Cette expression n’est pas juste, car marronner veut dire en vieux français pirate, et, en même temps, bouder, murmurer entre ses dents. Les voleurs l’emploient pour dire qu’ils ont manqué un vol (Argot des voleurs). N.

Marronner une affaire

v. a. Manquer un vol par maladresse, — dans l’argot des voleurs.

Marronner une affaire

Manquer un vol par maladresse.

Marrons

Les testicules.

Tire de sa poche une longue ficelle, lui lie les deux marrons que vous savez.

(Nouvelles de Grassini.)

Dam’ Putiphar, sans médire,
Les aimait, je crois, assez ;
Pourtant Joseph, an doit l’dire,
N’avait que des marrons glacés.
Marrons, marrons,
Bien pleins et bien ronds,
Tout le monde en voudra,
Ils brûl’nt, ces gros-là !

Alphonse.

Marrons

Crottins ; par allusion de forme, — dans le jargon des soldats de cavalerie.

Marseillaise

Pipe courte et poreuse fabriquée à Marseille.

Et tout en parlant ainsi, il chargeait et allumait sa marseillaise.

Luchet.

Marseillaise

s. f. Pipe courte, dont le fourneau est à angle droit avec le tuyau.

Marseillaise

Pipe en terre fabriquée à Marseille.

La pipe dite marseillaise a eu longtemps les sympathies exclusives de tous les fumeurs sincères et convaincus.

(Paris-Fumeur.)

Elle est un peu délaissée aujourd’hui ; il paraît que les fumailIons trouvent qu’elle ne culotte pas assez vite. Albert Flocon, l’ancien membre du gouvernement provisoire en 1848, ne fumait que dans des « marseillaises ». Il contribua beaucoup à en propager la mode dans les clubs.

Marsoin

Contrebandier de côtes.

Marsouin

s. m. Homme laid et mal fait ; marin.

Marsouin

Contrebandier.

Marsouin

Surnom du soldat d’infanterie de marine. Le synonyme est : Gardien de banane.

Marsouins

Sobriquet donné aux soldats de l’infanterie de marine.

Marteau

Fou.

Martin

Argot des marchands de vin qui désignent ainsi un horrible breuvage composé d’eau-de-vie de marc teintée de cassis ; d’où marc teint et de là Martin.

Si parfois un étranger vers les deux heures du matin, vous offre un martin, prenez garde ! Cette boisson traîtresse en diable produit sur l’organisme les effets les plus désastreux.

(Charivari, octobre 1885.)

Martin

Eau-de-vie de marc teintée de cassis.

Martin-Rouan

Gendarme.

Martingale (serrer la)

Mener rudement.

Martyr

s. m. Le caporal, — dans l’argot des soldats, qui ont constaté que ce simple gradé se donnait plus de mal que les autres gradés ses supérieurs et pour une paye moins haute.

Martyr (un)

Un conducteur d’artillerie.

Mascotte

Fétiche au jeu. — Porte-chance. — Autant de joueurs, autant de mascottes. Tantôt c’est un sou troué, tantôt un fragment de n’importe quoi, un bouton, une petite épave de l’amour, une boucle de cheveux. — Un joueur donne à un pauvre, mascotte ; celui-ci refuse l’aumône à un malheureux, mascotte ; cet autre se promène jusqu’à ce qu’il ait rencontré un bossu ou un cheval blanc, mascotte ; ainsi à l’infini. — Il y a quelques années, à Monaco, un petit bossu réalisa d’assez beaux bénéfices rien qu’à faire toucher sa bosse aux joueurs superstitieux. Les prix étaient ainsi fixés : Un simple frottement, cinq francs ; frottement prolongé, dix francs ; droit de stationnement sur la bosse, vingt francs. La saison finie, notre homme regagnait Paris et enlevait son monticule… C’était un faux bossu.

Masque

s. f. Fille ou femme un peu coquine, — dans l’argot du peuple, qui ne dit pas cela en trop mauvaise part.

Masque

s. m. Vilaine figure, homme fort laid.

Massacre

s. m. Ouvrier qui travaille mal, qui gâte l’ouvrage, — dans l’argot des bourgeois. Signifie aussi Gaspillage de choses ou d’argent.

Massacre

Ouvrier qui abîme l’ouvrage.

Massacre

Personne ayant un vilain physique.

Massacre

Marque de la petite vérole.

Massage

Ouvrage.

Massage

Travail, travail fait avec ardeur.

Masse

s. f. Grande quantité de gens ou de choses, — dans l’argot du peuple. En masse. En grand nombre, en grande quantité.

Masse

Travail. Masser, travailler dur.

Massé

s. m. Coup de queue donné perpendiculairement à une bille, — dans l’argot des joueurs de billard.

Massé

Coup de queue de billard porté perpendiculairement à la bille.

Masse complète (avoir la)

Avoir le portemonnaie garni.

Massepain

Individu sur lequel on fait, dans certaines maisons, des… expériences, in anima vili — Argot militaire : Valet d’un jeu de cartes.

Massepain

Ce nom se donne généralement à une sorte de gâteau que l’on vend dans les foires ; il a aujourd’hui une signification bien autrement « fin-de-siècle » ; il sert à désigner la catégorie d’individus qui ont à Paris des salons d’essayages pour dames, avant de les expédier dans les maisons hospitalières de France ou de l’étranger (Argot des souteneurs). N.

Masser

Travailler.

Masser

Travailler.

Masser

v. n. Travailler, — dans l’argot des ouvriers.

Masser

v. a. et n. Payer, donner l’argent de sa masse. Argot des faubouriens.

Masser

Travailler consciencieusement.

Masser

Travailler, peiner ferme. Allusion au cantonnier qui casse avec une masse les cailloux sur les routes. Il n’existe pas de métier plus pénible, il est vrai qu’ils n’en prennent qu’à leur aise, car la sueur des cantonniers n’a pas de prix. Ce n’est sûrement pas eux qui ont créé la fameuse légende, que les riches mangeaient la sueur du peuple (Argot du peuple). N.

Masser

Travailler.

Masser

Travailler.

Masseur

s. et adj. Homme laborieux.

Masseur

Ouvrier laborieux ; masseuse, ouvrière laborieuse.

Massié

Travailleur, ouvrier.

Mastar

Plomb, — dans le jargon des voleurs. — La faire au mastar, voler du plomb.

Mastardier

Faire le mastar au gras double (Argot des voleurs). V. Limousinier.

Mastaroufleur

Voleur de plomb.

Mastic

s. m. Homme, — dans l’argot des canotiers.

Mastic

s. m. Sens interverti, lignes ou mots déplacés dans le trajet de la galée au marbre, et occasionnant par cela même une confusion où souvent l’auteur a grand’peine à se reconnaître. Argot des typographes.

Mastic

s. m. Homme, — dans l’argot des voleurs.

Mastic

s. m. Le pain ou la viande, — dans l’argot des francs-maçons.

Mastic

s. m. Discours confus et embrouillé. Faire un mastic, c’est s’embrouiller dans les explications que l’on donne ; c’est quelquefois dire le contraire de ce que l’on voulait dire, commencer une phrase et ne pouvoir la terminer.

Mastic

Homme, — dans le jargon des voleurs.

Mastic

Transposition, confusion dans la mise en page par suite de mauvaise interposition d’une galée, — en terme de typographe.

Mastic

Bredouillement, discours diffus et embrouillé, — dans le jargon des typographes ; par allusion au mastic, confusion dans une galée, dans la mise en page. — Faire un mastic, se perdre dans un tas de phrases sans pouvoir arriver à se faire comprendre.

Mastic

Homme. Le pain ou la viande. Affaire embrouillée.

Mastic

Terme usité en imprimerie pour indiquer qu’il y a erreur dans le classement des phrases et des alinéas, ce qui rend l’arlicle tout à fait incompréhensible (Argot d’imprimeur).

Mastic (péter sur le)

Le peintre en bâtiment qui, le lundi, veut flâner, emploie cette expression pour dire qu’il ne veut pas travailler : — Je pête sur le mastic (Argot du peuple). N.

Mastiquer

v. n. Manger, — dans l’argot du peuple en général, et en particulier des francs-maçons, qui se livrent à la mastication comme de simples profanes.

Mastiquer

Manger ; c’est-à-dire se livrer à la mastication.

Mastiquer

« Cacher ingénieusement les avaries et les voies d’eau d’un soulier, au moyen d’un enduit spécial de graisse noire ou autre drogue équivalente. » (F. Mornand, La Vie de Paris.)

Mastiquer

Manger.

Mastiqueur

Savetier qui mastique des chaussures. Le mastiqueur ne rapiote pas.

Mastoc

s. et adj. Homme gras, gros, épais, lourd, — dans l’argot du peuple.

Mastoquer

Manger, engraisser.

Mastroquet

Marchand de vins. Mot à mot : l’homme du demi-setier. — Vient de demi-stroc : demi-setier.

Mastroquet

s. m. Marchand de vin, — dans l’argot des faubouriens. Ne serait-ce pas une corruption de mastoquet, homme mastoc, le marchand de vin étant ordinairement d’une forte corpulence ?

Mastroquet

Marchand de vin. Dernière transformation du mot mannezingue. Mann, homme, zinc, par corruption zingue, comptoir (Argot du peuple). V. Bistro.

Mastroquet

Marchand de vin.

Mastroquet

Marchand de vin.

Mastroquet ou Mastroc

s. m. Marchand de vin. Les écrivains de la Semaine des familles affirment que ce mot est dû à M. Louis Veuillot, le célèbre rédacteur en chef de l’Univers.

Mastroquet, bistro

Marchand de vin.

Mastroquet, Mastroc

Marchand de vin ; et troquet, par abréviation. Par corruption pour demi-stroc, mi-stroc, demi-setier. C’est-à-dire le patron du demi-setier.

Masturbation

Pseudonyme honnête de Branlage.

Qu’enfin, tous les soldats sans reproduction,
N’aient plus qu’un seul recours : la masturbation.

Fernand Desnoyers.

Masturber (se)

Se livrer à l’onanisme, aux solitaires.

De mes cinq doigts je fais une pucelle :
Masturbons-nous, c’est le plaisir des dieux.

(Chanson anonyme moderne.)

Mata

Faiseur d’embarras ; apocope de matador.

Matador

s. m. Homme riche, de fait ou d’apparence, — dans l’argot du peuple. Faire le matador. Faire des embarras.

Matador

Homme riche ou qui en a les apparences.
— Tu fais le matador, pour : Tu fais rudement tes embarras (Argot du peuple).

Matador

Partie de dominos. Les gros dés : double-six, double-cinq, etc., sont les matadors (Argot du boulevard). N.

Matagot

s. m. Homme bizarre, original, amusant par son esprit ou par sa laideur de singe.

Matassin

s. m. Personnage ridicule, en parole ou en action, — dans l’argot des gens de lettres, qui se souviennent de leur Molière.

Matatane

Argot militaire. Salle de police.

Matelas

Tablier de forgeron.

Matelas ambulant

Fille publique.

Matelassée

Femme qui a des seins énormes. Son estomac est matelassé. Quand c’est une fille et qu’elle maigrit, son souteneur lui dit :
— Tu t’débines des matelassés.
Quand une femme est plate comme une limande elle se matelasse en bourrant son corset d’assez de coton pour donner l’illusion. Les femmes fin-de-siècle en portent en caoutchouc qu’elles gontlent chaque matin (Argot des souteneurs).

Matelasser (se)

v. réfl. Garnir le corsage de sa robe d’assez de coton pour tromper les yeux — des myopes.

Matelot

« Tous deux amis et se nommant mutuellement mon matelot : ce qui est le plus grand terme d’affection connu sur le gaillard d’avant. » — Phys. du Matelot, 1843.

Matelot

s. m. Copain, — dans l’argot des ouvriers qui ont servi dans l’infanterie de marine.

Matériaux

s. m. pl. Les aliments en général, — dans l’argot des francs-maçons, pour qui manger c’est travailler. Ils disent aussi Parfums.

Matérielle

« Et alors, quelques malheureux pontes… se sont livrés au terrible travail qui consiste à gagner avec des cartes le pain quotidien, ce que les joueurs appellent la matérielle. »

(Belot : La Bouche de Madame X.)

Math

Mathématiques. Argot des collégiens.

Ils (les médecins) démolissent l’infranchissable barrière qui, dès le collège, sépare les forts en math des forts en thème.

(Événement, août 1885).

Je suis obligé de les bûcher très dur, ces sales math !

(Vie Parisienne, février 1888.)

Mathurin

Matelot.

Je veux parler du simple matelot à qui l’on donne le nom de mathurin, de même qu’on gratifie le soldat du surnom de Dumanet.

(Figaro, 1882.)

Mathurin

Nom que les marins, par plaisanterie, donnent aux navires en bois.

Est-ce que vous voudriez rétablir ces vieux mathurins, comme nous les appelons, pour remplacer les bateaux à vapeur ?

(Amiral Saisset : Journal officiel, janvier 1872.)

Mathurin

Matelot.

Mathurins

Dés à jouer.

Mathurins

s. m. pl. Dés à jouer, — dans l’argot des voleurs. Mathurins plats. Dominos.

Mathurins

Dés à jouer. Dominos. Matelots.

Mathurins

Dés pipés qui servent aux camelots pour voler au 7, au passe-dix et à la consolation (Argot des camelots).

Mathurins

Dés pipés.

Matignon

Messager.

Matignon

s. m. Messager, — dans le même argot [des voleurs].

Mâtin

s. m. Homme rusé, expert en toutes sortes de choses, — dans l’argot du peuple.

Mâtin !

Exclamation oui sert à marquer l’admiration la plus violente ou la douleur la plus vive. On dit aussi Sacré mâtin.

Mâtin, mâtine

Personne déterminée, brusque, peu commode. — Terme emprunté à la race canine.

Kléber, un grand mâtin qu’a descendu la garde, assassiné par un Égyptien.

Balzac.

Ah ! mâtine de Turquie.

Remy, ch., 1854.

Mâtine

s. f. Gaillarde qui n’a pas peur des hommes.

Matois

s. m. Homme rusé, et même un peu fourbe. On dit aussi fin matois, malgré le pléonasme.

Matois

Matin.

Matois (le)

Le matin.

Matoise

s. f. Intrigante, — ou seulement Femme habile à vendre sa marchandise. On dit aussi Fine matoise.

Matou

Le mâle de la femme, cette chatte amoureuse.

Allons, mon gros matou, grimpe-moi d’autor et d’achar !

De Neuville.

Matou

s. m. Homme aimant les femmes. Bon matou. Libertin.

Matouas

Matin.

Matraque

s. m. Bâton, canne, — dans l’argot des faubouriens qui ont servi dans l’armée d’Afrique. Ils ont entendu des Arabes, s’essayant au français, dire : ma traque pour ma trique, et ils ont pris cela pour du sabir.

Matricule (user son)

Être sous les drapeaux. Mot a mot : user le numéro matricule attribué à chaque soldat.

Matriculer

Voler, — par ironie, le numéro matricule étant la seule marque de propriété, au régiment.

Matriculer (se faire)

Se faire punir. Argot militaire.

Maturbes

Dés.

Maturbes

Dés.

Maturbes

Dés.

Maturbes

Dés à jouer.

Maubert, Mauberte

Argot des voyous qui désignent ainsi l’homme, la femme nés dans le quartier de la place Maubert, la place Maube : comme ils disent, ou y habitant.

Celle-ci est née rue Galande. C’est une Mauberte, et les Maubertes ne rompent jamais tout à fait avec leur famille…

(Du Boisgobey : Paris-Bandit.)

Maubeugienne

Femme galante qui habite la rue de Maubeuge, une rue qui compte beaucoup d’hétaïres modernes, comme dirait Joseph Prudhomme.

Maugrée

Directeur de prison.

Maugrée

Directeur de prison.

Mauvais coucheur

s. m. Homme difficile à vivre.

Mauvais lieu

Endroit où l’on pelote les femmes, même où on les baise, bordel.

Pour amener sa Lucrèce
A souffrir ce petit jeu
Le bonhomme sans finesse,
Met la scène en mauvais tien.

Collé.

Mauvaise !

Exclamation qu’emploient les enfants dans la plupart de leurs jeux pour signifier à leur adversaire que le coup qu’ils viennent de jouer ne compte pas. (V. Bonne.)

Mauvaise (elle est)

Cette histoire n’est pas bonne, cet acte est déplaisant. On dit dans le même sens : Je la trouve mauvaise.

Quant à exiger qu’elles comprennent ce qu’elles disent, n’y pensez pas. — Elles la trouveraient mauvaise.

Les Cocottes, 1864.

Mauvaise (elle est)

La plaisanterie est mauvaise, cela n’est pas de mon goût. Locution mise à la mode en souvenir d’un vaudeville de Lambert-Thiboust et Grangé, Le Guide de l’étranger dans Paris (1860), pièce dans laquelle l’un des personnages s’écrie à chaque instant : « Elle est mauvaise. »

Mauvaise troupe

s. f. Garnement, vagabond, fainéant, — dans l’argot du peuple. Quelquefois la même expression est employée dans un sens amical, comme, par exemple, pour convier quelqu’un au départ : Allons, en route, mauvaise troupe ! lui dit-on.

Mauve

Parapluie en coton, — dans le jargon du peuple.

Il avait de l’eau jusque dans les narines et il reniflait, lamentable et grotesque, avec sa mauve en loques.

(Huysmans, les Sœurs Vatard.)

Mauve

Absinthe.

Mauviette

s. et adj. Enfant, et même grande personne d’un tempérament délicat, d’une apparence chétive.

Mauviette

s. f. Décoration à la boutonnière, — dans l’argot des faubouriens. Ils disent aussi Trompe-l’œil.

Mauviette

Croix d’honneur ; bijou honorifique.

Mayeux

Bossu. — Un peu avant 1830, d’innombrables charges, parmi lesquelles on distinguera celles de Traviès, eurent pour objet un bossu du nom de Mayeux : c’est le type d’un homme ridiculement contrefait, vaniteux et libertin, mais brave et spirituel à ses heures. De là son nom donné à tous ceux qu’affligent la même infirmité.

Ici d’affreux petits mayeux.

De Banville.

Mayeux

s. m. Bossu, — dans l’argot du peuple, qui se souvient du type créé par le caricaturiste Traviès, vers 1830. Se dit, par extension, de tout Homme laid au physique et au moral.

Mazagran

s. m. Café froid à l’eau de Seltz, — dans l’argot des garçons de café. Se dit aussi de tout café, chaud ou froid, servi dans une chope de verre, au lieu de l’être dans une tasse.

Mazagran

Café servi dans un verre ; une aberration de buvaillons de café, qui lui enlèvent ainsi sa principale qualité : l’arome. Ce sont les officiers, retour d’Afrique, qui ont importé cette mode.

Mazagran

Café servi dans un verre. Par abréviation on dit un mazag. (Argot du peuple).

Mazagran

Café sans eau-de-vie. Ce mot date de 1840.

Mazaro

Prison militaire qu’il ne faut pas confondre avec la salle de police (our). Dans celle-ci l’homme puni passe seulement la nuit sur une paillasse ; dans l’autre, il reste jour et nuit couché sur la planche.

Mazaro

s. m. Prison, — dans l’argot des troupiers.

Mazaro

Prison de la rue du Cherche-Midi ; prison militaire.

Mazaro

Prison militaire du Cherche-Midi.

Mazaro (petit ou grand)

Salle de police ou de prison. Réminiscence du nom de Mazas.

Mazette

s. f. Conscrit, — dans l’argot des troupiers. Homme de petite taille, — dans l’argot du peuple.

Mazette

Conscrit. — Avorton. Propre à rien.

Mazette

Vieux cheval qui n’obéit ni à la cravache, ni à l’éperon (cavalerie).

Mec

Bon Dieu.

Mec

Dieu.

Mec

Bon dieu.

Mec

Souteneur.

C’est tout d’même chouette pour (une pierreuse)
D’avoir un mec comme celui-là ?

(De Gramont : La Femme à Polyte.)

Mec

Souteneur. Individu méprisable.

Mec

(pour meg) Chef, patron, Dieu, le mec plus ultra (Argot des voleurs).

Mec à la colle forte

Gredin redoutable, homme des plus dangereux, — dans le jargon des voleurs.

Mec à la colle forte

Se dit d’un voleur redoutable, par opposition au mec à la mie de pain. Voleur de rien (Argot des voleurs).

Mec à la manque

Méchant homme, — dans le jargon des voyous.

Mec à la redresse

Bon garçon, honnête homme.

L’ignoble gommeux dépravé
Qui séduit un’ fill’ puis la flanque
Avec un goss’ sur le pavé,
C’est un mec à la manque !
Mais l’bougre qui — quand il a r’çu
D’un’ jeunesse des preuv’s de tendresse,
L’épous’ carrément par là d’ssu,
C’est un mec à la r’dresse.

(La Petite Lune, 1879.)

Mec à la redresse

Tout individu qui en impose par ses qualités ou ses vices.

Seules, quelques individualités hors pair, des mecs à la redresse, parviennent à se faire dans l’opinion une haute place.

(Humbert : Mon bagne.)

Aujourd’hui le mot mec a pris une très grande extension. Il s’emploie pour désigner avec mépris un individu quelconque.

Mec à sonnettes

Homme riche, — dans le jargon des rôdeurs de barrière. En argot, sonnettes signifient « argent », ce qui sonne dans la poche.

Mec ou meg des megs

Dieu.

Mec, Meck, Meg

Maître, monsieur ; de magnus, grand. — Le meg des megs, Dieu, le maître des maîtres. — Mec des gerbiers, bourreau.

Mécanicien

C’est sous le pseudonyme de « mécanicien » que les aides exécuteurs désignent volontiers leur état. (Figaro du 27 avril 1879.)

Mécanicien

Taquin ; mot à mot celui qui mécanise, — dans le jargon des voyous. — M’en parle pas, un mécanicien qui me scie le dos tout le jour.

Mécanique (la)

La guillotine. C’est le nom officiel que lui donnent le bourreau et ses aides.

Mécaniser

Ennuyer. — Mot à mot : réduire à un rôle passif, mécanique.

Malgré qu’ça vous mécanise, Ça vous demande encore crédit.

Chansons, Clermont, 1837.

Et… Canalis regarda fixement Dumay qui se trouva, selon l’expression soldatesque, entièrement mécanisé.

Balzac.

Mécaniser

v. a. Vexer quelqu’un, le tourmenter, se moquer de lui, et même en médire un peu, — dans l’argot des faubouriens. Francisque Michel « trouve le germe de cette locution dans un passage des Vies des dames illustres de Brantôme », et ce germe, c’est mœquaniqueté... Le malheur est que jamais « locution ne fut plus moderne ». Quant a son « germe », le premier mécanicien venu le trouverait en conduisant sa machine.

Mécaniseur

s. m. Railleur, médisant.

Méchant (pas)

Encore une expression éminemment parisienne, dont la portée est plus grande qu’on ne pense. On dit d’une toilette mesquine, d’un homme inepte, d’un livre sans valeur : Ça n’est pas méchant ; ça ne mord pas ! — comme on dit d’un homme zélé : C’est un féroce.

Achetez un caloquet plus méchant, votre tuyau de poêle n’est pas trop rup.

Lem. de Neuville.

Mèche

Demi-heure.

Mèche

Moitié, demi-heure.

Mèche

Moitié. — À six plombes et mèche : À six heures et demie. V. Momir. — Être de mèche : Être de moitié (Vidocq).

Mèche

s. f. Possibilité de faire une chose. Il y a mèche. Il y a moyen. Il n’y a pas mèche. Cela n’est pas possible. On dit aussi elliptiquement : Mèche !

Mèche

s. f. Intrigue, secret. Découvrir la mèche. Tenir les fils d’une intrigue, connaître à temps un dessein fâcheux.

Mèche

s. m. Travail, ouvrage à faire, — dans l’argot des typographes. Chercher mèche. Chercher de l’ouvrage.

Mèche

s. f. Moitié, demi, — dans l’argot des voleurs. Être de mèche. Partager un butin avec celui qui l’a fait. Signifie aussi Demi-heure. D’où, sans doute, l’expression des faubouriens : Et mèche.

Mèche

Plus, davantage. — Combien avez-vous perdu, au moins vingt francs ? — Et mèche. Par allusion à la mèche d’un fouet.

Mèche

Complicité ; de moitié. Être de mèche, être complice, partager, — dans le jargon des voleurs.

Mèche

Moyen. — Y a-t-il mèche, y a-t-il moyen ? — Il n’y a pas mèche. Beaucoup d’ouvriers, quand ils demandent à un patron s’il a de l’ouvrage à leur donner, disent :

Y a-t-il mèche ?
J’ n’ai plus un rond de c’ que j’avais d’ pécune,
Tu vois, ma fille, n’y a plus mèch’ de lamper.

(Sénéchal, Le Retour de Croquignet, chans.)

Mèche

Plus, davantage. Moyen, possibilité de faire : Y a-t-il mèche ? Intrigue, secret : Découvrir la mèche. Travail : Chercher mèche. Complicité, de moitié : Être de mèche. Signifie aussi un quart d’heure.

Mèche

Les mauvais ouvriers qui voyagent sans cesse demandent mèche dans les ateliers qu’ils rencontrent sur leur route :
— Y a-t-il mèche de travailler ?
Mèche pour moyen (Argot du peuple).

Mèche

Moyen, possibilité.

Y a-t-il mèche d’aller au théâtre a l’œil. — Non, il n’y a pas mèche.

Mèche

Quart, être de moitié.

Mèche

Moyen (pas mèche : pas moyen); de mèche, de connivence.

Mêche

Moitié de quelque chose.

Mèche (demander)

v. Offrir ses services dans une imprimerie.

Mèche (être de)

Être de complicité.

Mèche (il y a mèche, il n’y a pas)

Il y a moyen il n’y a pas le plus petit moyen d’aboutir. Le mot fait image. Quand on a la mèche, on a bientôt fait de tirer la corde à soi.

En termes typographiques, lorsque les ouvriers proposent leurs services au prote de l’imprimerie, ils demandent s’il y a mèche, c’est-à-dire : si on peut les occuper.

1808, d’Hautel.

Mais il te fera pincer. — Pas si bête ! il n’y a pas mèche.

E. Sue.

Méchi

Malheur (id). — Abrév. du vieux mot méchief. V. Roquefort.

Méchi

s. m. Malheur, — dans le même argot [des voleurs]. C’est assurément le meschief de notre vieille langue.

Mechillon

Quart.

Méchillon

s. m. Quart d’heure.

Mecque

Lui, individu.

Connais-tu ce mecque-là. — Qu’est-ce qu’il nous embête, ce mecque-la.

Médaille

« La jolie voix ! dit Schaunard en faisant chanter les pièces d’or. — Comme c’est joli, ces médailles ! ajouta Rodolphe. » — Murger.

Médaille

s. f. Pièce de cinq francs en argent, — dans l’argot des artistes et des faubouriens. Le mot sort de la Vie de Bohême, d’Henry Murger. Médaille dor. Pièce de vingt francs.

Médaille (avoir la)

Argot de sport.

Il y a une expression consacrée dans l’argot du turf et qui est très significative : Avoir la médaille. On dit d’un monsieur qu’il a la médaille quand il fait une commission pour le compte du propriétaire. Cela veut dire qu’il est commissionnaire. Il a la médaille. Dès qu’on s’aperçoit qu’un monsieur a la médaille, c’est-à-dire qu’il a reçu mission du propriétaire de parier pour son cheval, il ne reste plus qu’à lui emboîter le pas…

(Paris Illustré, 1884.)

Médaille de saint Hubert

s. f. Pièce de cinq francs, — dans l’argot des marbriers de cimetière, qui savent que ces médailles-là préservent de la rage de dents.

Médaille en chocolat

s. f. Médaille de Sainte-Hélène, — dans l’argot des faubouriens, par allusion à sa couleur de bronze noir. On a dit aussi Médaille de commissionnaire et Contremarque du Pére-Lachaise.

Médaille ou médaillon

V. Pièce de dix sous.

Médaille ou Monarque

Pièce de cinq francs.

Médailles

Argent.

Médaillon

Derrière (Vidocq). — Allusion de rondeur.

Médaillon

s. m. La partie du corps où Paul de Kock fait se fendre la culotte de ses héros, ou sur laquelle il les fait volontiers tomber. C’est un mot de l’argot des voleurs,qui donnent ainsi un pendant au portrait de l’argot des faubouriens. Médaillon de flac. Impasse, cul-de-sac.

Médaillon

Derrière. — Décrocher le médaillon, donner un fort coup de pied au derrière.

Médaillon

Derrière. Les joueurs de manille appellent ainsi les as, par corruption de manillon, quelques-uns disent le merdaillon (Argot du peuple).

Médecin

Avocat (id). — Ne soigne-t-il pas les malades à l’hôpital ? V. ces deux mots. — De là le mot médecine : bon conseil.

Médecin

s. m. Avocat, — dans l’argot des voleurs, qui ont besoin d’être guéris de l’accusation, souvent mortelle, qui pèse sur eux.

Médecin

Avocat, — dans le jargon des voleurs.

Médecin

Avocat.

Médecin des morts

Ordonnateur des pompes funèbres.

Médecine

s. f. Plaidoirie.

Médecine

s. f. Conseil. Médecine flambante. Bon conseil, avis salutaire.

Médecine

s. f. Personne ennuyeuse, obsédante, dont on avale à contre-cœur les discours. Argot du peuple.

Médecine

Conseil. — Plaidoyer.

Médecine

Plaidoirie. Conseil.

Médecine (une)

Un conseil.

Médeciner

Empoisonner.

Médianimique

adj. Qui appartient au médium. Facultés médianimiques. Celles que possèdent les médiums et qui leur permettent d’entrer en communication avec les Esprits, — à ce qu’ils disent. L’expression a été forgée par Delage.

Médium

Homme qui prétend servir d’intermédiaire entre ses semblables et certains esprits plus ou moins infernaux. — Ses évocations sont désignées aussi par un adjectif nouveau : médianymique.

Médium

s. m. Individu qui évoque les Esprits, — les lémures, auxquelles les modernes croient avec la même foi aveugle que les anciens. Le mot est nouveau, si la chose est vieille. Argot des spirites.

Médium

Interprète de l’autre monde. Celui qui se charge de mettre le premier naïf venu en rapport de conversation avec feu M. de Voltaire ou avec tout autre grand homme trépassé. Le médium est le trucheman entre ce monde et l’autre. Il y a des gens qui se font des rentes avec ce métier-là.

Méfiants (les)

Les fantassins, qui combattent le plus souvent sac au dos, et ce, dit-on plaisamment, dans la crainte d’être volés.

Meg

Chef, maître. Meg des gerbiers : un président de tribunal.

Meg

s. m. Maître, roi, — dans l’argot des voleurs, qui, quoique affranchis, sont volontiers les esclaves de quiconque est plus fort, plus rusé, plus coquin qu’eux… Meg des megs. Dieu. Meg de la rousse. Le préfet de police.
Les Bescherelles de la haute pègre prétendent qu’il faut écrire et prononcer mec et non meg.

Meg

Maître, roi, chef. Meg des megs. Dieu ou préfet de police.

Meg

Homme important.

Meg de la rousse (le grand)

Le préfet de police (Argot des voleurs). V. Dabe des renifleurs.

Meg des Megs

Dieu.

Meg des megs

Dieu.

Meg, mec

Maître. V. Chique. — Du vieux mot Mège : chef, souverain. V. Roquefort, au mot megedux. — Mec des mec : Dieu. V. Rebâtir.

Mégo

Bout de cigare, bout de cigarette.

Des moutards de treize ans fumaient des mégots et salivaient.

(Huysmans, les Sœurs Vatard.)

Mégot

(?) Bout de cigare ou de cigarette.

Mégot

Bout de cigare que ramasse le mégotier.

Mégot

Bout de cigarette ou cigare fumé.

Mégottier

Industriel oui ramasse les bouts de cigares, les mégots.

Là, sont réunis pêle-mêle des biffins… le mégottier avec son pistolet à la saindhomrae.

(Réveil, 1882.)

Mégue (le grand)

Dieu, ou un chef quelconque.

Meilleure chose du monde (la)

La fouterie, qui est le plaisir des dieux et des déesses, des hommes et des femmes — l’excelsior de toutes les jouissances connues.

Comment, si c’est quelque chose de bon ! C’est la meilleure chose du monde !

Militot.

Mélasse (être dans la)

Dans la misère jusqu’au cou (Argot du peuple) V. Purée.

Mélasse (tomber dans la)

Être sous le coup d’une catastrophe financière ; avoir fait de mauvaises affaires.

Mélasson

Niais, imbécile.

Faut-il que vous soyez mélasson pour vous être ainsi fourré la gueule dans le beurre I

(Huysmans : Sœurs Vatard.)

Mêlé

Mélange d’eau-de-vie et de cassis, ou moins souvent de toute autre liqueur.

Aimez-vous l’eau-de-vie ? Dame ! on vend ytout du mêlé.

Vadé, 1755.

Coquelin, des verres de mêlé pour ces dames.

1845, Privat d’Anglemont, le Prado.

Mêlé

s. m. Mélange d’eau-de-vie et de cassis, ou d’anisette et d’absinthe, — dans l’argot des faubouriens.

Mêlé

Mélange d’une liqueur forte et d’une liqueur douce. — Mêlé-cass, eau-de-vie et cassis mêlés, le nectar des déesses du cordon.

Mêlé cass.

Mélange d’eau-de-vie et de cassis que les ouvriers boivent le matin sur le zinc pour tuer le ver. On dit dans le peuple :
— Faire ses dévotions à Notre-Dame de Mélé-Cassis (Argot du peuple). N.

Mêlé-casse

Eau-de-vie mêlée de cassis.

Melet

Petit.

Melet

Petit, petite (Argot des voleurs).

Melet, te

adj. Petit, petite, — dans l’argot des voleurs.

Melette

Petite.

Méli-Mélo

s. m. Confusion, mélange chaotique, — dans l’argot du peuple, qui emploie cette expression au propre et au figuré.

Melon

Niais, élève de première année à l’École de Saint-Cyr.

Vous êtes si melons à Châtellerault.

Labiche.

Qui viennent me brimer, moi, malheureux melon.

Souvenirs de Saint-Cyr.

On dit aussi cantaloup.

Ah ça ! d’où sort-il, ce cantaloup ? Sur quelle couche monsieur son papa l’a-t-il récolté, ce jeune légume ?

Ricard.

Melon

s. et adj. Imbécile, nigaud. Cette injure, — quoique le melon soit une chose exquise, — a trois mille ans de bouteille, et son parfum est le même aujourd’hui que du temps d’Homère : « Thersite se moquant des Grecs, dit Francisque Michel, les appelle πέπονες. » Il y a longtemps, en effet, que l’homme, « ce Dieu tombé », ne se souvient plus des cieux, puis- q’il y a longtemps que la moitié de l’humanité méprise et conspue l’autre moitié.

Melon

s. m. Élève de première année, — dans l’argot des Saint-Cyriens.

Melon

Nouveau venu, élève de première année à l’école de Saint-Cyr.

En ma qualité de melon, j’avais reçu, comme ennemi, un nombre prodigieux de coups de traversin sur la tête.

(Vicomte Richard, Les Femmes des autres.)

Melon

Chapeau rond et bas de forme, à la mode en 1880. Pareil aux phares à éclipse, le melon paraît, disparaît et reparaît, suivant les caprices de la mode.

Melon

Jeune sous-lieutenant de l’école.

Melon

On appelle ainsi au prytanée militaire tout élève faisant partie du troisième bataillon.

C’est au troisième bataillon des élèves, c’est-à-dire au bataillon des melons que l’agitation est très grande.

(Revue alsacienne, juillet 1887.)

(V. Melon au Dictionnaire.)

Melon

Imbécile. Élève de première année à Saint-Cyr.

Membre (le)

Sous-entendu viril. Le grand outil générateur, que nous faisons travailler comme un cheval et que les femmes adorent comme un dieu.

Jouis-tu, cochon ? Ah ! le beau membre !

Lemercier de Neuville.

On voit, sous les feuilles de vignes
Que leur impose la pudeur,
S’agiter de gros membres dignes
d’admiration — ou d’horreur.

Anonyme.

Monseigneur le vit, ou madame la pine — Outre ces deux noms, ce noble personnage, qui veut chaque jour être fêté, possède plus de prénoms qu’il n’en faudrait pour refaire le calendrier… républicain. Je cite les principaux :

L’acteur, l’affaire, les agréments naturels, l’aiguille, l’aiguillon, l’aiguillette, l’andouille, l’arbalète, l’ardillon, l’aspergès, l’asticot, la baguette, le balancier, le bâton à un bout, le bâton de sucre de pomme, le bâton pastoral, le battant de cloche, la béquille du père Barnaba, le berlingot, la bibite, le bidet, le bijou, le bistouri, la bite, le bogue, le bonhomme, le bouchon, le boudin blanc, le bougeoir, la bougie, le bout de viande, le boute-feu, le boutejoie, la boutique, le boyau, la braguette, le bracquemard, le bras, la briche, la broche, le broque, la burette, le canon à pisser, la carotte, le cas, le carafon d’orgeat, le cavesson, cela, ce qu’on porte, la chair, le chalumeau, le champignon, la chandelle, la chanterelle, la charrue, la chenille, la cheville d’Adam, la cheville ouvrière, le chibre, le chiffe, le Chinois, le chose, le cierge, la cigarette, la clé, le clou, la cognée, le cognoir, le coin, la colonne, le compagnon fidèle, la corde sensible, le cordon de saint François, le cornichon, la couenne, la courte, le criquet, le dard, le dardillon, le degré de longitude, le devant, le doigt du milieu, le doigt qui n’a pas d’ongle, dom ou frère Frappart, le dressoir, le drôle, l’écoutillon, l’engin, l’épée, l’étendard d’amour, le fils, le flacon d’eau-de-vie, le flageolet, la flèche, la flûte à un trou, le fourrier de nature, la gogotte, la grosse corde, le goujon, le goupillon, la guigui, la guiguitte, la haire, le hanneton, l’herbe qui croit dans la main, l’histoire, le honteux, Jacques, la jambe, Jean Jeudi, Jean Chouart, la laboureur de nature, la lance, la lancette, le lard, la lavette, la limace, le machin, le Mahomet, le manche du gigot, la marchandise, le mirliton, le mistigouri, le moineau, le moineau, la navette, le nerf, le nœud, l’obélisque, le onzième doigt, l’os à moelle, l’outil, l’ouvrier de nature, le paf, le panais, le pénis, le pondiloche, le perroquet, la petite flûte, le petit frère, le petit voltigeur, la pierre à casser les œufs, la pierre de touche, le pieu, le pignon, le pis, la pissottière, le poinçon, la pointe, le poireau, la potence, le poupignon, Priape, la quéquette, la queue, le robinet de l’âme, Rubis-Cabochon, la sangsue, saint Agathon, saint Pierre, le salsifis, la sentinelle, la seringue, le sifflet, le sous-préfet, le sucre d’orge, le trépignoir, la triquebille, la troisième jambe, le tube, la verge, la viande crue, etc. etc.

Membre de la caravane

s. m. Fille ou femme de mœurs douteuses, — dans l’argot du peuple, qui emploie une périphrase pour dire camelu.

Même (mettre a)

Tromper. V. Emblème. — On dit aussi Faire au même, Refaire au même.

Ménage (faire le)

Mêler les dominos quand la pose est à l’adversaire.

Ménage à la colle

V.Delvau : Mariage à la détrempe.

Les commissaires iront-ils vérifier le désintéressement de 60,000 ménages à la colle qui se cachent dans les faubourgs ?

(Télégraphe, 1882.)

Mendigo

Mendiant.

Mendigo, Mendigoteu

Mendiant. — J’aime pas les mendigos qui pissent des châssis tout le temps : est-ce qu’il y a pas du turbin pour tout le monde ? — Mendigotage, mendicité.

Mendigot

« Le mendigot n’est pas tout à fait le mendiant. Le mendigot est une sous-variété du trimadeur.il va mendier dans les châteaux ou dans les maisons aisées et renseigne les Monteurs de coups. »

(Clairon, 1882.)

Mendigot

Mendiant. D’un petit mendiant on dit qu’il mendigotte. Mendigot, changement detinale (Argot du peuple).

Mendigot

Mendiant.

Mendigot

Mendiant.

Mendigoter

Mendier, — dans le jargon des voleurs. La variante est : Simonner.

Mendigoter

Mendier.

Mené (une)

Une douzaine.

Menée

Douzaine. Une menée de ronds, douze sous.

Menée

Douzaine.

Menée

s. f. Douzaine, — dans l’argot des voleurs.

Menée

Douzaine. — Une menée de ronds, une douzaine de sous, — dans le jargon des voleurs.

Menée

Douzaine.

Menée

Une douzaine.
— Nous étions une menée pour ratiboiser le goncier ; pas mèche d’en venir à bout, c’était un rude lapin (Argot des voleurs).

Menée (une)

Une douzaine.

Menée d’avergots

Douzaine d’œufs.

Menée d’avergots

Douzaine d’œufs.

Menée d’avergots

Douzaine d’œufs.

Menée de ronds

Douze sous.

Menée de ronds

Douze sous.

Menée de ronds

Douzaine de sous.

Mener douce et joyeuse (la)

Mener une joyeuse existence.

Eh bien ! mes petits agneaux, il paraît qu’on la mène douce et joyeuse, ici.

(Dumanoir et A. d’Ennery, Les Drames du cabaret.)

Mener en bateau

Faire une promesse à quelqu’un, le faire patienter, aller et venir, sans jamais tenir parole, est le mener en bateau (le faire aller).

Mener large (n’en pas)

Avoir peur, se faire humble et petit, — dans l’argot des faubouriens.

Mener les poules pisser

Se dit, — dans l’argot du peuple, d’un homme qui s’amuse aux menus soins du ménage et porte le jupon au lieu de porter la culotte. L’expression date du XVIIe siècle. Dans un ballet de la cour de Gaston, duc d’Orléans, on voit Jocrisse qui mène les poules pisser. Jocrisse est là le type du genre.

Mener par le bout du nez

v. a. Faire ce qu’on veut d’une femme, quand on est homme, d’un homme quand on est femme. Se laisser mener par le bout du nez. Être d’une faiblesse extrême, faire la volonté des autres et non la sienne propre.

Mener pas large (n’en)

Être fort mal à son aise. Mot à mot : serrer les fesses ou n’être pas dans ses petits papiers. Le condamné qui va être exécuté n’en mène pas large (Argot du peuple).

Mener pisser

v. a. Forcer un homme à se battre en duel. Argot des troupiers. On ne le mène pas pisser ! Une phrase de l’argot du peuple, qui emploie pour indiquer le caractère d’un nomme qui ne fait que ce qu’il veut, et non ce que les autres veulent. Elle se trouve dans Restif de La Bretonne.

Mener pisser

Pousser quelqu’un à se battre en duel, — dans le jargon des troupiers.

Menesse

Ma femme.

Menesse

Femme.

Menesse

Femelle de l’homme en général — et, en particulier, de l’homme sans préjugés qu’on appelle maquereau.

En ai-je t’y reçu, de l’argent des menesses ! Oh ! là là !…

Lemercier de Neuville.

Menesse

Prostituée, — dans l’ancien argot. — Femme à voleurs. — Gredine à la fleur de l’âge. — Fille de maison, — dans le jargon des troupiers.

Menesse

Femme, maîtresse, catin, — de l’argot parisien.

Menesse

Prostituée. Fille ou femme de voleur.

Menesse

Femme (Argot des souteneurs).

Ménesse

Fille, ou femme de voleur.

Ménesse

Maîtresse.

Ménesse

Femme, maîtresse (Dict. d’Argot, 1844).

Ménesse

Femme.

Menesses

s. f. pl. Filles de maison, — dans l’argot des soldats.

Menestre

Soupe.

Menestre

s. f. Soupe, potage, — dans l’argot des voleurs et des honnêtes gens.

Mon docteur de menestre en sa mine altérée,
Avoit deux fois autant de mains que Briarée,

dit Mathurin Régnier, en sa satire du Souper ridicule.

L’ingrat époux lui fit tâter
D’une menestre empoisonnée,

dit Scarron, en sa satire contre Baron.

Ménestre

Soupe, de l’italien ministra.

Meneur, Meneur en bateau

Les voleurs désignent sous ce nom tout accusé qui cherche à égarer l’action de la justice, en l’entraînant sur une fausse piste. C’est un moyèn de gagner du temps.

Meneuse

Femme qui attire le passant dans une rue écartée pour le livrer à des travailleurs qui le volent toujours et l’assassinent quelquefois.

Menfoutiste

Indifférent, sceptique. La paternité de ce mot qui a jusqu’ici vécu appartient à M. Aurélien Scholl.

Le grand parti des menfoutistes fait chaque jour de nouvelles recrues. L’indifférence a gangrené tous les cœurs.

(Événement, 1884.)

De menfoutiste est dérivé menfoutisme, synonyme d’indifférence, de scepticisme.

Le menfoutisme a soufflé aujourd’hui sur toutes les conventions, sur tous les partis sociaux, sur toutes les illusions, sur toutes les croyances.

(Événement, 1884.)

Il parut en cette même année 1884 au mois de janvier un canard qui avait pour titre : Le Jemenfoutiste.

Mengin

s. m. Charlatan politique et littéraire. Encore un nom d’homme devenu un type applicable à beaucoup d’hommes.

Menin

Fouteur, — garçon d’honneur qui doit partager vos jeu — et vos joies, Mesdames. — Ce mot vient de l’espagnol menino, jeune page.

La petite comtesse, à côté du prélat, lui serrait de temps en temps la main par-dessous la nappe, pour lui faire comprendre combien elle le préférait pour menin à son peu naturel ami.

(Le Diable au corps.)

Menottes

s. f. pl. Mains, — dans l’argot des enfants, des mères et des amoureux. On disait mainettes au temps jadis, comme le prouvent ces vers de Coquillart :

Tousjours un tas de petits ris,
Un tas de petites sornettes.
Tant de petits charivaris,
Tant de petites façonnettes,
Petits gants, petites mainettes.
Petite bouche à barbeter…

Menouille

Argent ; monnaie.

Le samedi, quand on déballe la menouille de la paye sur la table.

(Le Sublime.)

Menouille

Monnaie.

Menouille

Monnaie (Argot du peuple).

Menouille

Monnaie.

Mensonge cotonneux

Tétons d’ouate que les femmes maigres substituent aux tétons de chair qu’elles n’ont pas.

Il dévoilera les mensonges cotonneux de madame.

Théophile Gautier.

Menteuse

Langue.

Menteuse

Langue.

Menteuse

Langue.

Menteuse

s. f. La langue, — dans l’argot des voleurs, dont M. de Talleyrand s’est fait le plagiaire prolixe en disant : « La parole a été donnée à l’homme pour déguiser sa pensée. » Les voleurs anglais ont la même expression ; ils appellent la langue prating cheat (la trompeuse qui bavarde, ou la bavarde qui ment).

Menteuse

Langue. Les voleurs font souvent acte de diplomatie.

Menteuse

Langue.

Menteuse

Langue. On dit par opposition d’une langue d’animal :
— Allons manger une langue qui n’a jamais menti.
Parce qu’elle ne parle pas (Argot du peuple).

Menteuse

Langue.

Menteuse

Langue.

Menteuse (la)

La langue.

Menton de galoche

s. m. Long, pointu et recourbé comme celui de Polichinelle. Argot du peuple.

Menton de galoche

Menton qui avance comme celui du classique Polichinelle. On dit de celui ou de celle qui possède un menton semblable qu’il fait carnaval avec son nez (Argot du peuple).

Mentule

Mot purement latin (mentula) signifiant le membre viril.

En tirant sa mentule en l’air, les compissa.

Rabelais.

On voyait une fourbe de filles qui semblait tirer a qui mieux mieux une mentule grosse et longue à proportion.

(Le Synode nocturne des tribades.)

Je n’eusse, hélas ! enduré tant de maux
Comme j’ai fuit, qui or comme animaux
Rongent le frein de ma triste mentule.

(Cabinet satyrique.)

Menuisière

s. f. Redingote longue, très longue, trop longue, comme les affectionnent les ouvriers, pour prouver qu’ils ne ménagent pas plus le drap que les bourgeois. Argot des rapins.

Menuisière

Redingote de l’ouvrier endimanché.

Menzingue

Marchand de vin.

Méquard

Commandant. — Méquer : Commander. — De mec : maître.

Méquard

s. m. Commandant, mec, dans l’argot des voleurs.

Méquard

Maître. — Méquer, commander ; dérivés de mec.

Méquard

Commandant d’une bande de voleurs (Argot des voleurs).

Méquer

v. a. Commander.

Méquillon

Variété de souteneur.

Mer

s. f. Le fond du théâtre, quelque soit le décor. Argot des coulisses. Aller voir la mer. Remonter la scène jusqu’au dernier plan.

Mer

Décor du fond, au théâtre.

Mer à boire (c’est la)

Se dit — dans l’argot du peuple — de toute chose ennuyeuse ou difficile à faire ; et, — dans l’argot des bourgeois — de toute affaire qui traîne en longueur et ne peut aboutir. Ce n’est pas la mer à boire. Se dit, au contraire, de toute chose facile à faire, de toute entreprise qu’on peut aisément mener à bonne fin.

Mercadet

Faiseur. V. ce mot.

Mercadet

s. m. Nom d’un personnage de Balzac qui est devenu celui de tous les brasseurs d’affaires véreuses, de tous les pêcheurs de goujons en eau trouble.

Mercandier

s. m. Boucher qui ne trafique que sur les viandes de qualité inférieure.

Mercandier

Boucher qui vend de la basse viande, de la camelotte en fait de viande.

Mercandier

Marchand.

Mercanti

Marchand, — dans le jargon des soldats retour d’Afrique.

Merce

Pour merci (Argot des voleurs).

Mercenaire de l’immobilité

s. m. Modèle, — dans l’argot des rapins.

Mercerie (il a plu sur sa)

Ses affaires vont mal, il est sur le point de faire faillite. (Le Roux, Dict. comique.) Peu usitée à Paris, l’expression est encore très répandue dans la Province et principalement en Picardie.

Merdaille

s. f. Troupe importune de petits enfants.

Merdaillon

s. m. Homme sans conséquence, méprisable, poltron. Argot du peuple. On dit aussi Merdeux.

Merdaillon

Moins que rien, une sous-merde (Argot du peuple). V. Avorton.

Merde

« Mot ignoble et grossier dont le bas peuple se sert dans un sens négatif. » — d’Hautel, 1808. — V. Cambronne.Merde : Homme mou, sans consistance. — Merde alors ! Exclamation destinée à peindre une situation critique, un accident funeste. Elle peut se traduire ainsi : Alors, voici le moment de crier merde.

Merde

s. f. Homme sans consistance, sur lequel il n’y a pas moyen de compter dans les circonstances graves.

Merde

Le fond de la langue française parlée par le peuple des faubourgs qui a toujours ce mot plein la bouche.

Merde

Exclamation qui sert à désigner le nec plus ultra de l’indignation ou de la colère, ou du découragement. (Voir les Misérables de V. Hugo.)

Merde

Personne faible de caractère.

Merde

À bout d’argument, dans le peuple, on dit :
— Merde, est-ce français ?
C’est-à-dire : Me comprends-tu ?
Ce à quoi on répond :
— Goûtes tes paroles.
— Tu peux te retourner et te mettre à table.
— S’il pleuvait de la merde et que chacun en ait suivant son grade, t’en aurais un rude paquet, car tu es le colonel des imbéciles (Argot du peuple). N.

Merde !

Exclamation énergique dont Cambronne ne s’est servi qu’une fois, le 18 juin 1815, et dont le peuple se sert tous les jours, — dix fois plutôt qu’une. Ah ! merde alors ! Exclamation qui n’échappe que dans les situations critiques, fatales, comme, par exemple, lorsqu’on perd au jeu, lorsqu’on casse sa pipe, etc.

Merde (avoir chié les trois quarts de sa)

Être vieux et usé, avoir perdu à jamais la santé, être très malade. — Eh ! dis donc, ma vieille, comme t’es décatil on dirait que t’as chié les trois quarts de ta merde.

Merde (ça ne vaut pas une)

Ça ne vaut rien du tout ; c’est au-dessous de tout ce qu’on peut imaginer. — Au Salon, combien de tableaux ne valent pas une merde !

Merde (faire sa)

Se montrer hautain, faire le fendant, prendre de grands airs.

Merde (peint avec de la)

Mal peint, mauvaise application des couleurs, — dans le jargon des peintres. — Je ne sais pas où diable il va chercher ses couleurs, cet animal-là, c’est peint avec de la merde.

Merde (se fondre en)

Faire de fréquentes visites aux lieux d’aisances, avoir le dévoiement. — dans le jargon du peuple. — Ben sur que si ça continue, je vas me fondre en merde.

Merde de chien (c’est delà)

C’est exécrable, très mauvais.

Merde de pie

Pièce de cinquante centimes. Argot du bagne.

Un blavin ! Tu me le redemanderas demain pour une merde de pie.

(Humbert : Mon bagne.)

Merdeux

« Terme injurieux qui se dit d’un poltron, d’un fat sans esprit. » — 1808, d’Hautel. — « Bâton merdeux : Homme qui brusque tous ceux qui s’adressent à lui. » — Id.

Merdeux (bâton)

s. m. Homme d’un caractère inégal, fantasque, ombrageux, désagréable, qu’on ne sait par quel bout prendre pour lui parler et le faire agir.

Mère à tous

Vieille courtisane, — dans le jargon des filles.

Mère abbesse

Maîtresse d’un couvent de s’offre-à-tous : — Maquerelle.

Sortez vite et rentrez souvent,
Le jour baisse,
Servez votre abbesse ;
Mes filles, malgré pluie ou vent,
En avant, pour l’honneur du couvent.

Béranger.

Mère au bleu

s. f. La guillotine, — dans l’argot des voleurs, qui veulent faire croire aux autres que c’est le chemin du ciel, sans le croire eux-mêmes.

Mère au bleu

La guillotine. Les voleurs veulent faire croire que c’est le chemin du ciel. A. D. Pas du tout, c’est parce que le condamné n’y voit que du bleu (Argot des voleurs).

Mère d’actrice

Vieille femme que louent les jeunes femmes de théâtre pour éloigner d’elles les galants — qui ne sont pas assez riches.

Mère d’occase

Pseudo-mère d’actrice. Mère de fille galante qui fait la cuisine, cire les bottes et débat les prix.

Mère d’occasion

s. f. Chaperon que se choisit une actrice jeune qui veut se faire respecter — des gens pauvres. C’est ordinairement une vieille drôlesse chevronnée par le vice.

Dont le menton fleurit et dont le nez trognonne,

et dont la principale fonction consiste à conclure les marchés avec les nobles étrangers attirés autour de sa fille — adoptive — comme les papillons autour d’une lampe.

Mère d’occasion

Les mendiantes louent à des industriels du quartier Mouffetard des petits enfants qu’elles traînent dans les rues pour exciter la charité publique. Ces enfants changent chaque jour de mère ; de là mère d’occasion ou de rencontre (Argot du peuple). N.

Mère-abbesse

s. f. Grosse femme qui tient un pensionnat de demoiselles — indignes d’orner leur corsage du bouquet de fleurs d’oranger traditionnel. L’expression se trouve dans Restif de la Bretonne.

Merifflauté

Chaudement vêtu.

Meringue (en)

En décomposition.

Mérinos

s. m. Personne qui a l’haleine forte, — dans l’argot des faubouriens, qui se plaisent aux calembours.

Merlan

« Sobriquet donné à un perruquier à cause de la poudre qui couvre ordinairement ses habits. » — d’Hautel, 1808.

La Peyronie est chef de perruquiers qu’on appelle merlans parce qu’ils sont blancs.

Journal de Barbier, 1744.

Merlan

s. m. Coiffeur, — dans l’argot du peuple, qui emploie cette expression depuis l’invention de la poudre à poudrer, parce qu’alors les perruquiers étaient toujours enfarinés comme prêts à mettre en la poêle à frire. Le Journal de Barbier en fait mention, ce qui lui donne plus d’un siècle de circulation.

Merlan

Surnom donné autrefois à celui qui s’appelle aujourd’hui « artiste en cheveux ».

Merlan

Perruquier.

Merlan

Coiffeur perruquier. Quand le perruquier met de la poudre de riz à son client, il l’enfarine comme le merlan avant d’être mis dans la poêle à frire (Argot du peuple).

Merlan

Perruquier, coiffeur.

Merlan

Coiffeur.

Merlan (rouler des yeux de merlan frit)

Homme langoureux et timide qui, n’osant adresser la parole à une femme, la regarde en roulant des yeux (Argot du peuple). N.

Merlan frit (yeux de)

Jeu de prunelles qui entrent en pâmoison et montrent le blanc des yeux.

Merlifiche

Saltimbanque. Vagabond.

Merlin

Jambe, — dans le jargon des charpentiers.

Merlousier

Malin ; rusé ; pour marlou, — dans l’ancien argot. Merlousière, fine commère.

Méruche

s. f. Poêle, — dans l’argot des voleurs. Méruchée. Poêlée. Méruchon. Poêlon.

Méruché

Poêle.

Méruchon

Poêlon.

Mesiere

Monsieur.

Mésière

Un provincial, une victime.

Mess

s. m. Table où mangent en commun les officiers d’un même régiment. Encore un mot d’importation anglaise, à ce qu’il paraît : The Mess, dit le Dictionnaire de Spiers ; to mess, ajoute-t-il. C’est plutôt un mot que nous reprenons à nos voisins, qui pour le forger ont dû se servir, soit de notre Mense (mensa), qui a la même signification, soit de notre Messe (missa), où le prêtre sacrifie sous les espèces du pain et du vin.

Mess

Le mess est un cercle militaire avec une réfection spécialement affectée aux officiers d’un même régiment.

Anatole, le garçon du mess, venait d’apporter la bougie et les cigares.

(Vicomte Richard, Les Femmes des autres.)

Mess

Agent de la sûreté. Abréviation de Messieu pour « monsieur ». Un de ces mess me lâche de la filature, un agent de la brigade de sûreté me suit.

Mess (ces)

Agents des mœurs ainsi nommes par les filles publiques.

Débinons-nous, voila ces mess.

Messaline (Valérie)

Impératrice romaine, deuxième femme de Claude. Célèbre par son impudicité et ses étonnantes débauches : la plus fameuse putain de son temps. Après avoir souillé la couche impériale, en y recevant des amants de toutes les conditions, elle osa, du vivant de son époux, épouser publiquement Silius, jeune homme qu’elle aimait éperdûment. Claude, à cette nouvelle, la fit mettre à mort avec tous ses complices, l’an 48 de J.-C. Juvénal, dans ses Satires, s’exprime ainsi, au sujet de cette grande impure :

Quand de Claude assoupi la nuit ferme les yeux,
D’un obscur vêtement sa femme enveloppée,
Seule, avec une esclave, et dans l’ombre échappée,
Préfère à ce palais tout plein de ses dieux,
Des plus viles Phrynés le repaire odieux.
Pour y mieux avilir le nom qu’elle profane,
Elle emprunte à dessein un nom de courtisane :
Son nom est Lisisca ; ces exécrables murs,
La lampe suspendue à ces dômes obscurs,
Des plus affreux plaisirs la trace encor récente,
Rien ne peut réprimer l’ardeur qui la tourmente.
Un lit dur et grossier charme plus ses regards
Que l’oreiller de pourpre où dorment les Césars.
Tous ceux que dans cet antre appelle la nuit sombre,
Du regard les invite et n’en craint pas te nombre.
Son sein nu, haletant, qu’attache un réseau d’or,
Les défie, en triomphe, et les defie encor.
C’est là que, dévouée à d’infâmes caresses,
Des muletiers de Rome épuisant les tendresses,
Noble Britannicus, sur un lit effronté,
Elle étale à leurs yeux les flancs qui t’ont porté.
L’aurore enfin paraît, et sa mine adultère
Des faveurs de la nuit réclame le salaire.
Elle quitte à regret ces immondes parvis,
Ses sens sont fatigués et non pas assouvis.
Elle rentre au palais, hideuse, êchevelée.
Elle rentre, et l’odeur autour d’elle exhalée
Va, sous le dais sacré du lit des empereurs,
Révéler de la nuit les lubriques fureurs.

Messe (être à la)

Arriver en retard à l’atelier, — dans l’argot des ouvriers.

Messe (être à la)

Quand un ouvrier arrive à l’atelier cinq minutes après la cloche, la porte est fermée, il perd un tiers ou une demie journée ; il va pendant ce temps boire des canons sur le zinc, l’autel des pochards ; le mastroquet officie. De là, aller à la messe (Argot du peuple).

Messe (fesser la)

Dire la messe au galop, — dans le jargon des vieilles dévotes.

Messe du diable

s. f. Interrogatoire, — dans l’argot des voleurs, qui sont volontiers athées.

Messe du diable

Interrogatoire, — dans le jargon des voleurs.

Messe du diable

Interrogatoire du juge.

Messière

Honnête homme.

Messière

s. m. et f. Victime, — dans le même argot [du peuple]. Messière franc. Bourgeois. Messière de la haute. Homme comme il faut. Ne serait-ce pas le Messire du vieux temps ?

Messière

Monsieur. Dupe, victime. La messière, la police.

Messière, Mézière

Dupe, imbécile. — Victime. Messière franc, bourgeois. — Messière de la haute, homme riche ou homme qui paraît riche.

Messières

Victimes. Cet mot est très vieux ; il a été employé par Eugène Sue, à propos du personnage du Maître d’école, à qui la Chouette dit :
— Ma vieille fourline, attention, v’la les messières (Argot des voleurs).

Messire luc

Le cul, — par anagramme. (Voir aussi noc et tiv.)

Messire Luc

s. m. Anagramme facile à deviner, — dans l’argot des érudits amis de la scatologie.

Métal

Argent.

Et t’as pas de métal.

Ricard.

Métal

s. m. Argent, — dans l’argot du peuple, qui, sans s’en douter, se sert de la même expression qu’Horace : Metallis potior libertas (La liberté vaut tout l’or du monde).

Métaux

s. m. pl. L’argent ; or, argent ou cuivre, — dans l’argot des francs-maçons.

Méthode Chevé

s. f. Manière de jouer au billard contraire à l’usage : y jouer avec une cuiller, avec les doigts, avec deux queues, etc. Argot des bohèmes. S’applique aussi au Bilboquet, quand on le prend par la boule et qu’on veut faire entrer le manche dedans.

Métier

Habileté d’exécution.

Vois toutes ces esquisses : il y a de la main, du métier ; mais où est la conception, où est l’idée ?

L. Reybaud.

Métier

s. m. Habileté d’exécution, adresse de main, — dans l’argot des artistes. Avoir un métier d’enfer. Être d’une grande habileté.

Métier (le)

L’acte vénérien.

Cousin, c’est pardieu la plus belle
Et qui entend mieux le métier,
Que femme qui soit au quartier.

J. Grevin.

Le métier d’amour en effet
Est une assez plaisante affaire ;
Ce métier-là plus on te fait,
Et moins on est propre à le faire.

Daceilly.

Et dans, cet amoureux métier,
De maître il devient écolier.

Parny.

Métier d’enfer (avoir un)

Être très habile dans son métier, — en style d’artiste.

Mettre (le)

Introduire son membre dans la nature d’une femme.

Réveille-toi, petite gueuse ; je veux te le mettre encore une fois au moins.

La Popelinière.

Notre héros se forma vite..,
Le mit-il, ou le lui mit-on ?
N’y eut pas d’affront.

Al. Pothey

Adam voulut le mettre :
Eve le sentit mettre.
Viens, bande-à-l’aise,
Vite, mets-le-moi.

Collé.

Mettre à l’ombre

v. a. Mettre en prison, — dans l’argot du peuple. Tuer, — dans l’argot des voleurs.

Mettre à l’ombre

Aller en prison. En effet, on ne craint pas l’ardeur du soleil (Argot du peuple).

Mettre à l’ombre

Mettre en prison ou à la salle de police.

Mettre à même

Tromper, — dans l’argot des faubouriens.

Voyez quel emblème !
Sa nièc’ d’Angoulême
Nous met tous à même !

dit une chanson de 1832.

Mettre à pied

v. a. Suspendre un employé de ses fonctions pendant plus ou moins de temps. Argot des bourgeois.

Mettre à quelqu’un (le)

v. a. Le tromper ; lui conter des bourdes qu’il accepte pour des vérités, — dans l’argot des faubouriens.

Mettre à quelqu’un (le)

Tromper quelqu’un, mystifier quelqu’un.

Mettre à table (se)

Être disposé à dénoncer ses complices ; être sur le point de faire des révélations, — dans l’argot des voleurs qui veulent manger le morceau.

Mettre à table (se)

Trahir, dénoncer, — dans le jargon des voleurs.

Mettre à table (se)

Dénoncer. Trahir Mettre à table. Donner une part.

Mettre à toutes les sauces (se)

v. réfl. Faire tous les métiers pour gagner sa vie, — dans l’argot du peuple.

Mettre au chaud

V. Rouscailler.

Mettre au chaud

Voir rouscailler.

Mettre au fait (se)

Se déniaiser, s’habituer a l’homme en jouant des reins avec lui.

Tu as bien tort ; si tu nets mets pas au fait, ton mari te prendra pour une bête.

La Popelinière.

Mettre au fourgat

Recéler.

Mettre avec (se)

Vivre maritalement.

En se mettant avec Lise, le général aurait dû nous dire : J’ai ça et ça à payer ; il ne l’a pas dit, et ce n’est pas délicat.

Ricard.

Mettre avec (se)

Vivre en état de concubinage.

Dernièrement, je rencontrai une belle actrice : elle me dit : Je cherche quelqu’un pour me mettre avec. Se mettre avec est l’expression consacrée dans le langage des coulisses.

(Paris-Comédien.)

Mettre avec quelqu’un (se)

v. réfl. Vivre maritalement, — dans l’argot des ouvriers et des grisettes.

Mettre bien (se)

v. réfl. Ne rien se refuser, — dans l’argot du peuple, qui dit cela à propos de tout, excepté à propos de vêtements. Ainsi, en voyant quelqu’un boire beaucoup, il lui dira : « Tu te mets bien, toi ! »

Mettre bien (se)

Avoir les moyens de se passer toutes ses fantaisies ; faire de la dépense.

Mettre dans de beaux draps

v. a. Engager quelqu’un dans une affaire scabreuse, dans un mauvais pas, dans un danger quelconque. On dit aussi : Être dans de beaux draps.

Mettre dans la pommade

v. a. Gagner quelqu’un au jeu. Argot des faubouriens. Signifie aussi Tromper, jouer un tour.

Mettre dans le mille

v. a. Réussir dans une entreprise. Se dit aussi pour : Donner un coup de pied au derrière de quelqu’un.

Mettre dans le mille

Réussir. — Toucher juste. — Allonger un coup de pied au cul d’un indifférent ou d’un ami.

Mettre dans le mille

Réussir une affaire du premier coup. Terme usité chez les pédérastes : mille : podex (Argot du peuple).

Mettre dans le mille

Avoir réussi dans une affaire, être tombé juste, c’est avoir mis dans le mille.

Mettre dans les fesses (se le faire)

Se faire enfiler.

L’ dimanche, au sortir de la messe,
Elles dis’t toutes, mais en vain :
Nicolas, mets-moi dans la fesse
C’ qu’est dans ton pantalon d’ nankin.

Darcier.

Mettre dans son sac

Dévorer un affront sans pouvoir le venger. — V. Raccourcir.

Le montreur de bêtes fut donc obligé de mettre les calottes dans son sac.

E. Sue.

Mettre dans son sac

Recevoir des injures ou des coups sans y répondre ; encaisser des soufflets ou des sottises sans en donner reçu.

Mettre de l’eau dans son vin

v. a. S’humilier après avoir été arrogant ; reconnaître ses torts.

Mettre dedans

Tromper.

Il met les gabelous joliment dedans. On a descendu plus de vingt fois dans sa cassine, jamais on n’a rien trouvé.

E. Sue.

Serais-je pris pour dupe ! — Eh ben ! conv’nez que vous êtes d’dans.

Vadé, 1756.

Mettre dedans

v. a. Mettre en prison. Signifie aussi Tromper.

Mettre dedans

Tromper. — Mettre en prison. — Sacrifier à Vénus, — dans le jargon des voyous.

Mettre dedans

Tromper. Emprisonner.

Mettre dedans

Voir Mettre à l’ombre.

Mettre du beurre dans ses épinards

Voir augmenter son bien-être. — On sait que les épinards sont la mort au beurre. Avoir du beurre sur la tête : Être couvert de crimes. — Allusion à un proverbe hébraïque. V. Vidocq. Beurrier : Banquier (Vidocq).

Mettre du beurre dans ses épinards

v. a. Introduire un peu de gaieté dans sa vie ; avoir des chances heureuses.

Mettre du linge sur ses salsifis

Mettre des gants.

Mettre du noir sur du blanc

Écrire, — dans l’argot des gens qui ne savent pas lire.

Qu’un jeune homme ait, dix ans, dans le fond d’un collège,
Mis du noir sur du blanc, il semble que le roi
Soit chargé de son sort, et lui doive un emploi.

(C. Bonjour, Le Protecteur et le Mari, acte 1, sc. VI.)

Mettre du pain dans le sac de quelqu’un

Lui faire son affaire ; le battre, le tuer.

Mettre du papier dans sa sonnette

V. Affaler son grelot.

Mettre en appétit

Exciter l’ardeur vénérienne.

Chevaucher trois ou quatre coups ne fait que mettre en appétit ; il faut continuer tant qu’il y en a, pour nous donner du passe-temps.

Mililot.

Il n’est rien qu’une femme trouve plus mauvais que quand l’homme la met en appétit, sans la contenter.

Bonaventure Desperriers.

Mettre en brasserie (se)

Servir dans une brasserie.

Cédant à des suggestions funestes, elle se mit en brasserie, c’est l’expression consacrée.

(F. Sarcey : XIXe siècle, 1881.)

Mettre en brindezingue (se)

Faire la noce. Être dans les brindezingues : être pochard (Argot du peuple). N.

Mettre en bringue

v. n. Mettre en morceaux, briser.

Mettre en bringue

Mettre en morceaux, briser. A. D. Bringue, signifie femme maigre, l’expression est donc fausse. Mettre en bringue, est synonyme de brindezingue (Argot du peuple). N.

Mettre en dedans

Forcer une porte.

Mettre en dedans (la)

Forcer une porte, — dans le jargon des voleurs.

Mettre en œuvre

Faire l’acte vénérien.

Elle manda secrètement le fils d’un cordonnier, son voisin, et le fit venir en l’étable des chevaux de son père, et le mît en œuvre comme les autres.

(Les Cent Nouvelles nouvelles.)

Et à la vérité, on en met de bien pires en œuvre.

(T. des Accords.)

Et en disant cela, il la mit en œuvre.

D’Ouville.

Mettre en pâte

v. a. Renverser un ou plusieurs paquets en les transportant ou en imposant, — dans l’argot des typographes. On dit aussi Tomber en pâte.

Mettre en pâte

Les compositeurs lient les paquets de caractères avec une ficelle. Quand le paquet est mal lié ou que le bout de la ficelle est emprisonné, le metteur en pages met le paquet en pâte, c’est-à-dire que les caractères se mélangent et qu’il faut recomposer. Quand, dans le paquet, Il y a des lettres qui ne sont pas du corps, ou que le paquet n’a pas été assez mouillé, en le déliant, si les lettres tournent, on appelle cela : faire un soleil (Argot d’imprimerie). N.

Mettre en plan

Rester en gage chez un restaurateur jusqu’à l’acquittement de sa note.

Mettre en quatre (se)

v. réfl. Montrer du zèle pour quelqu’un ou pour quelque chose, — dans l’argot des bourgeois.

Mettre en rang d’ognons (se)

Se placer les uns derrière les autres, — dans l’argot du peuple. On disait autrefois d’un homme, qu’il se mettait en rang d’ognons quand il se plaçait dans celui où il y avait des gens de plus grande condition que lui.

Mettre en suage

Chauffer les pieds.

Mettre la clef sous la porte

Se sauver, déménager furtivement. Se dit communément d’un commerçant qui, ne faisant pas ses affaires, abandonne sa boutique (Argot du peuple).

Mettre la clef sous le paillasson

V. Mettre la clef sous la porte.

Mettre la main à la pâte

Aider à un vol et participer à ses bénéfices.

Mettre la puce à l’oreille

v. a. Inquiéter quelqu’un par une fausse nouvelle. C’est l’alicui curam et angorem animi creare des Latins.

Mettre la table pour les asticots

Mourir, — dans l’argot des voyous.

Mettre la tête à la fenêtre

v. a. Être guillotiné, — dans l’argot des voleurs.

Mettre la tête à la fenêtre

Condamné à mort qui passe la tête dans la lunette (Argot des voleurs).

Mettre le chien au cran du repos

Dormir, — dans l’argot des soldats.

Mettre le cœur sur carreau

Vomir.

Mettre le foutre à la bouche de quelqu’un

L’exciter à la fouterie par des discours libertins, par des images obscènes, ou par des attouchements polissons.

Ingrat ! tu m’as mis le foutre à la bouche !
J’allais presque entrer dans le paradis !

(Parnasse satyrique.)

Mettre le moine

v. a. Passer un nœud coulant au pouce du pied d’un soldat pendant son sommeil, et tirer de temps en temps la corde par petites secousses : les contorsions douloureuses qu’il fait, sans se réveiller, sont très drôles, au dire des troupiers farceurs. Au XVIe siècle on disait Bailler le moine.

Mettre les bouchées doubles

Se dépêcher de faire quelque chose. Synonyme de manger un morceau sur le pouce, à la hâte. Cette expression est employée pour tout ce qui est fait précipitamment (Argot du peuple).

Mettre les jambes en l’air

Faire tomber quelqu’un en se battant, c’est lui mettre les jambes en l’air ; on dit aussi faire une partie de jambes en l’air, ce qui veut dire rouscailler.

Mettre les petits plats dans les grands

v. a. Se mettre en frais pour bien recevoir ses invités, — dans l’argot des bourgeois.

Mettre les pieds dans le plat

Ne conserver aucun ménagement, ne prendre aucune précaution, ni garder aucune mesure en parlant ou en agissant. Argot du peuple.

Mettre quelqu’un à toutes les sauces

Employer quelqu’un à toute sorte de besogne.

Mettre sous bande

Ensevelir, — dans l’argot des communautés religieuses.

Mettre sous le linge (se)

Se glisser entre deux draps pour y faire l’amour.

Je n’ai pas été plutôt arrivé qu’elle m’a sauvé au cou avec ardeur, et que ; s’apercevant que je bandais, et raide, elle s’est mise immédiatement sous le linge, ou nous avons joué des reins avec enthousiasme.

J. Le Vallois.

Mettre sous presse

v. a. Mettre en gage.

Mettre sur le dos (se)

Se placer pour être baisée, afin da faire avec un homme la bête à deux dos.

Sur le dos nonchalamment
Tout recevez votre amant ;
Pas le moindre mouvement,
Autant, ma foi,
Sentir ta femme auprès de soi.

Béranger.

Mettre sur les dents

Épuiser, fatiguer, éreinter quelqu’un.

Mettre sur les fonds de baptême (se)

Quand le nourrisseur de poupard a mal renseigné ses complices et qu’ils sont dans une position difficile, pour se sauver et n’être pas paumés marrons :
— Ils sont sur les fonds de baptême (Argot des voleurs).

Mettre sur les fonts du baptême (se)

Se mettre dans une position difficile, embarrassante, compromettante. Argot des voleurs.

Mettre tous ses œufs dans le même panier

Confier toute sa fortune à un seul banquier ; aventurer tout ce qu’on a dans une entreprise. Argot des bourgeois.

Mettre une épingle à sa cravate

S’enfiler un demi-setier (Argot du peuple). N.

Mettre une épingle à son col

Manger. Boire un verre de vin est aussi mettre une épingle à son col.

Mettre une femme à mal

La baiser, — ce dont elle se trouve ordinairement très bien.

Il avait mis à mal toutes les femmes qu’il avait entreprises.

Richelet.

Mettre une femme dans la circulation

La forcer — après l’avoir frappée à son effigie — à avoir tout le monde pour amant. Séduire une jeune fille, lui faire un enfant, et l’abandonner, c’est la jeter.

Mettre une gamelle (se)

Se sauver de prison. Allusion à la vitesse avec laquelle détale un chien à la queue duquel on a attaché une casserole.

Mettre une homme en état

Le préparer, par un pelotage savant, à l’accomplissement de son devoir d’homme.

C’est dans ce moment-là, pour le mettre en état
Et pouvoir arriver à quelque résultat,
Qu’il faut de son métier connaître les roueries
Et n’être pas novice en polissonneries.

Louis Protat.

Mettre une pouce

Frapper, battre.

De quoi, de quoi, il va me fusiller mes indiennes (me voler mes vêtements). Vas-tu laisser ça ? ou je te mets une pouce.

(Humbert : Mon bagne.)

Meublant

s. m. Entreteneur, galant homme qui met une femme galante dans ses meubles. L’expression est toute récente.

Meublant (c’est)

Ça fait de l’effet et ça tient de la place comme meuble. Un piano, une armoire à glace sont meublants, — dans le jargon des tapissiers.

Meuble (vieux)

Personne usée, incapable de service.

Prends garde à toi, vieux meuble, affreuse bohémienne !

Les Folles Nuits du Prado, 1854.

Meuble (vieux)

Vieille femme, vieille courtisane.

Meubler

Réparer des ans l’irréparable outrage, se mettre de faux mollets, de faux appas.

— Je suis devenue si maigre que je n’ose mettre une robe décolletée. — On met un corsage carré. — Impossible aussi, car il faut encore meubler le carré et avoir des bras.

(Le Voltaire, 1882.)

Meudon (grand)

Officier de paix. Mouchard.

Meulard

Veau (Vidocq). V. Pavillonner. — Allusion au mugissement du veau.

Meulard

s. m. Veau, — dans l’argot des voleurs.

Meulard

Veau, — dans le jargon des voleurs.

Meulard

Veau.

Meulard

Veau. Allusion à la mollesse de la viande. On dit aussi : un bœuf en bas âge (Argot du peuple). N.

Meulard

Veau.

Meule

Sans argent.

Meule

Vide. C’est veule qu’il faudrait dire, veule signifie mou. Meule est une corruption (Argot des souteneurs). N.

Meule

Sans argent.

Meulé

Vidé.

Meules de moulin

s. f. pl. Les dents, principalement les molaires, qui broient le pain, — dans l’argot du peuple, qui emploie sans s’en douter une expression tout à fait biblique. Les ouvriers anglais disent grinders (les broyeuses).

Meunier

s. m. Receleur de plomb volé.

Meunier

Receleur.

Meunier

Receleur qui a la spécialité d’acheter aux mastardiers ou voleurs de gras double, le plomb, l’étain ou le zinc, volés dans les maisons en construction (Argot des voleurs).

Meurt-de-faim

s. m. Misérable, pauvre diable, — dans l’argot du peuple. On dit aussi Meurt-la-faim et Crève-la-faim.

Meurt-de-faim

s. m. Petit pain d’un sou, — dans l’argot des faubouriens.

Meurt-de-faim

Petit pain d’un sou.

Mézière

Moi, simple.

Mézière

Simple, dupe, facile à dépouiller.

Mézière

Moi, simple.

Mézière, mézigo

Moi.

Mezière, Mezigue

Moi, — dans le. jargon des voleurs.

Mezières

Bourgeois. — Corruption du vieux mot Messires. V. Regout.

Mézigo

pron. pers. Moi, — dans l’argot des voleurs. Ils disent aussi Mézigue, Mézère, et Ma fiole.

Mézigo

Moi.

Mezigue

Moi. On dit aussi mezigo (Argot des voleurs).

Mézigue

Moi (Vidocq). V. Pavillonner.

Mézigue, mon orgue

Moi.

Mézique

Moi.

Mi-temps

Milieu. A. Delvau écrit mitan, ce n’est pas exact (Argot du peuple).

Mib ou Mibre

s. m. Tour de force quelconque, chose où l’on excelle, — dans l’argot des gamins. C’est mon mib ! C’est mon triomphe ! Signifie aussi Défi. C’est ton mib, c’est-à-dire : Tu ne feras jamais cela.

Mic-mac

s. m. Fourberie, tromperie cachée, intrigue, — dans l’argot du peuple.

Mic-mac

Difficulté, complication, chose inintelligible.

C’est un mic-mac où personne ne comprend rien.

(Zola : Pot-Bouille.)

Michaud

Tête, — dans le jargon des voleurs.

Michaud

Tête. Faire un michaud, dormir.

Michaud (faire son)

Dormir.

Michaud (faire un)

v. Dormir un somme. Employé dans d’autres argots parisiens.

Miche

s. f. Dentelle, — dans l’argot des voleurs.

Miche

s. f. Gros morceau de pain, — dans l’argot du peuple. Se dit aussi pour Pain entier.

Et moins encor il fait du bien
Aux pauvres gens, tant il est chiche ;
Si il a mangé de leur miche.

(Les Touches du seigneur des Accords.)

Miche

Dentelle, — dans l’ancien argot.

Miche

Dentelle. Argent. Pain.

Miché

Homme galant forcé d’acheter ce que les femmes galantes donnent pour rien à leurs amants de cœur.

Allumer tous les soirs la chandelle de l’hyménée en faveur d’un tas de gonzesses et d’autant de michés.

Lemercier de Neuville.

Surtout selon l’argent donné par le miché.

Louis Protat.

Miché

Homme payant l’amour d’une femme. — Peut venir des vieux mots michon : sot (V. Roquefort) ou michon : argent de poche (V. d’Hautel).

On appelle miché Quiconque va de nuit et se glisse en cachette Chez des filles d’amour, Barbe, Rose ou Fanchonnette.

Mérard de Saint-Just, 1764.

Dans une Protestation des Filles de Paris, 1790, nous lisons :

Ce pourfendeur de Mars avait bien affaire aussi de se présenter pour nous enlever nos michés.

« La biche étudiante qui avait levé un michet quelconque. » — 1860, les Étudiants du Quartier latin. on disait aussi micheton « All’ me dit : Mon fiston, Étrenne ma tirelire. Je lui réponds : Ma poule, tu m’ prends pour un mich’ton. » — Le Bâtonniste à la Halle, Aubert, 1813. outre le miché proprement dit, il y a le miché sérieux et le miché de carton — « 1/ Le michet sérieux équivaut à l’entreteneur… Dans un lieu de plaisir où les femmes sont nombreuses, les jeunes gens se disent souvent, comme un mot d’ordre : Messieurs, ne parlez pas à la petite une telle, elle est ici avec son michet sérieux. Le même individu se désigne aussi par ce mot : Ponteur. Ce dernier mot, pris dans le vocabulaire des jeux, vient du verbe Ponter (V. Ponter). — 2/ Le michet de carton est un jeune homme bien élevé, qui fréquente les femmes entretenues. Il ne va jamais coucher chez elles, sauf durant les interrègnes des michets sérieux. En tout autre cas, sa maîtresse vient chez lui. Il ne donne que des cadeau, paie à souper, à dîner dehors, à déjeuner chez lui. Il conduit aux courses en voitures et au théâtre en petites loges de baignoires Il ne sort point dans la rue avec les femmes. Il les salue au bois d’un petit geste. » — Cadol. — Il y a longtemps que le carton symbolise une apparence trompeuse. Saint-Simon appelait déjà le duc du Maine un roi de carton, c’est-à-dire un roi de cartes. V. Carton, Mikel.

Miché

s. m. Homme quelconque, jeune ou vieux, laid ou beau, disposé à acheter ce qui ne devrait jamais se vendre, — dans l’argot des filles, qui emploient depuis longtemps cette expression, contemporaine de michon (argent) et de miche (pain).

On appelle miché…
Quiconque va de nuit et se glisse en cachette
Chez des filles d’amour, Barbe, Rose ou Fanchette,

dit un poème de Médard de Saint-Just (1764).
Miché de carton. Amant de passage, qui n’offre que des gant de filoselle. Miche sérieux. Protecteur, ou amant généreux qui offre une boîte entière de gants.

Miché

s. m. Client, — dans l’argot des photographes ; homme ou femme qui achète, qui paie, — dans plusieurs autres argots.

Miché

Niais. Dupe. Homme qui pave généreusement les faveurs d’une Aile. Miché de carton, homme qui paye mal ou pas du tout les filles.

Miché

Homme qui monte avec une fille, en payant, ou qui y couche. Miché était déjà connu en 1764. Merard de Saint-Just dit ceci :

D’où vient qu’on appelle miché
Quiconque va de nuit et se glisse en cachette
Chez des filles d’amour, Barbe, Rose ou Fanchette (Argot des souteneurs).

Miché

Riche client d’une fille.

Miché de carton

Honnête homme qui achète de l’amour en marchandant, ce qui le fait mépriser des amoureuses.

Les Valaques ont près des femmes une grande réputation de mauvaise foi… Aussi elles les évitent et les ont placés au premier rang des michés de carton.

Vermorel.

Miché de carton

Homme à qui une fille demande cinq louis et qui lui offre quarante sous. On dit aussi : miché à la mie de pain (Argot des filles).

Miche de profonde, Michon

Argent. — L’argent est le pain de la poche.

Miche de Saint-Étienne

Pierre, par allusion à la lapidation de saint Étienne.

Miche sérieux

Homme qui ne regarda pas à la dépense avec la femme qui l’a levé à Mabille ou sur le boulevard, et dont il devient souvent le Monsieur.

Fichtra ! C’est un miché sérieux !

Lemercier de Neuville.

Miché, Mikel, Miquel

Nigaud ; homme simple, dupe, gobe-mouche. Monter un miquel, duper quelqu’un à qui on avait promis monts et merveilles.

Michelet, Michelin (faire le)

C’est, à la faveur d’une cohue, dans l’obscurité, apprécier, à la manière de Tartuffe, l’étoffe de la robe d’une Elmire quelconque. Il y a des amateurs qui ne vont au milieu des foules que pour faire « les michelins ». Au spectacle de Guignol aux Champs-Elysées, les soldats font les michelins auprès des bonnes d’enfants. Autrefois le grand rendez-vous des michelins était au théâtre Comte. Grâce à l’obscurité nécessitée par la représentation des Ombres chinoises, les michelins avaient beau jeu. Parfois se faisait entendre le cri de quelque Lucrèce effarouchée ; mais le spectacle n’en était pas troublé, et des rires étouffés répondaient seuls à cet appel de la vertu indignée.

Michelets (avoir ses)

Avoir ses menstrues, — dans le jargon des femmes qui ont lu le livre de Michelet sur l’Amour.

Michet

Homme qui paye les femmes autrement qu’en belles paroles. Mot connu au XVIIIe siècle. — Michet sérieux, celui sur qui une femme peut compter, celui qui donne beaucoup d’argent et a passé un bail. Elles (les pierreuses) tournent la tête, et, jetant sur ce type, « Par dessus leur épaule un regard curieux, » Songent : « Oh ! si c’était un miché sérieuxl » (La Muse à Bibi, Les Pierreuses.) Bon Michet, oiseau de passage généreux. — Michet de carton, oiseau également de passage, mais marchandeur, un qui ne dit pas son nom et qu’on ne revoit plus.

Michet

Homme généreux qui dépense sans regarder. Lorsqu’une fille publique trouve un client, elle a rencontré un michet ; s’il n’est pas généreux, c’est un michet à la mie de pain. Celui qui dépense sans compter et à qui l’on vend plus cher qu’à un autre est encore un michet.

Micheton

s. m. Petit miche, homme à qui les marchandes d’amour font un rabais.

Micheton

Michet en raccourci. Jeune homme, rhétoricien, qui apporte à une femme le peu d’argent dont il dispose, et qui, au besoin, en dérobe à sa famille.

Micheton

Petit miché qui rale sur le prix des faveurs des filles (Argot des souteneurs).

Micheton

Homme qui paye les femmes.

Micheton

Petit miché.

Micheuse, mirante, miradon

Glace.

Michon

Argent. Faire du michon, amasser de l’argent.

Michon (du)

De l’argent.

Michon (du)

De l’argent.

Michon (du)

Du pain blanc.

Midi

Trop tard. — Il est midi, cela n’est pas vrai. — Les ouvriers se servent encore de cette expression dans le sens de : « Méfions-nous », lorsqu’il y a des étrangers à l’atelier.

Midi !

Exclamation du même argot [du peuple], employée pour signifier : Trop tard ! Il est midi ! C’est-à-dire je ne crois pas un mot de ce que vous dites ; « Je ne coupe pas dans ce pont-là ! »

Midi !

Trop tard ! ou tu peux t’ fouiller ! (argot parisien).

Midi !

Trop tard. Il est midi t cela n’est pas vrai.

Midi (il est)

Il n’est plus temps. — Date du temps où midi était l’heure du repas, celle où cessait toute affaire.

Mie de pain

Vermine (Vidocq). — Allusion à la démangeaison causée par une mie de pain égarée.

Mie de pain

s. f. Pou, — dans l’argot des voleurs, qui savent combien une miette de pain égarée sous la chemise cause de démangeaisons à la peau.

Mie de pain

s. f. Chose de peu de valeur, — dans l’argot des typographes. Ils disent cela à propos des gens qui ne leur conviennent pas.

Mie de pain

s. f. Chose de peu d’importance, de mince valeur Compositeur mie de pain, ouvrier peu habile. Metteur en pages mie de pain, celui qui n’a que des ouvrages de peu d’importance, ou qui n’est chargé que par occasion de la mise en pages d’un travail de cette sorte.

Mie de pain

Objet de nulle valeur. — Individu déplaisant, — dans le jargon des typographes. — Pellicules de la tête, — dans le jargon des enfants.

Mie de pain

Moins que rien. Les typos, par la grande habitude, savent, du premier coup d’œil, discerner un bon article d’un mauvais. Le mauvais, c’est de la mie de pain (Argot d’imprimerie).

Mie de pain

Pou. On sait combien une mie de pain est désagréable sur la peau ; le pou occasionne une démangeaison semblable (Argot des voleurs).

Mie de pain

Pou.

dis donc, Gugusse, quoiq’t’as sur le cou ? — C’est une mie de pain. — Une mie de pain ? ça marche !

Mie de pain (à la)

De peu de valeur.

Mie de pain à ressort

Pou.

Miel !

Interjection de l’argot des bourgeois, amis de l’euphémisme.

Miel (c’est un)

Phrase de l’argot des faubouriens, qui disent cela à propos de tout, et surtout mal à propos. Une chose leur paraît bonne ou belle : C’est un miel. Ils entrent dans un endroit qui pue : C’est un miel. On se bat devant eux à coups de poing ou de couteau, et le sang coule : C’est un miel, etc., etc.

Miel (c’est un)

C’est bon, c’est amusant, très agréable ; et par ironie, c’est laid, ennuyeux, désagréable.

Miette (une)

Un peu.

Minute ! je me chauffe les pattes une miette.

Gavarni.

Miette (une)

Un peu, — dans l’argot du peuple.

Mignon

Jeune pédéraste… passif. — Apollon à belles fesses. — L’histoire faisant mention des pages de Henri III, qui étaient non-seulement ses favoris, mais encore ses mignons, ne laisse pas de doute sur l’emploi qu’ils avaient auprès de leur maître.

Ce qu’il est le plus naturel de faire à la femme est précisément ce dont elle se soucie le moins ;… tantôt elle veut qu’où la traite comme un mignon… tantôt, etc…

A. de Nerciat.

Petit fils, petit mignon, Mâle ou femelle, Je sais ton nom.

Béranger.

Et j’abandonne au vicaire de Dieu
Ses trois clés d’or, ses fulminantes bulles,
Son Vatican, son cardinal neveu,
Ses beaux mignons, ses nièces et ses mules.

Parny.

Mignonne

Nom que l’on donnait au XVIIe siècle, à l’époque de leur apparition, à toutes les femmes entretenues.

Les riches seigneurs et les financiers ne se faisaient pas faute d’entretenir plusieurs mignonnes à la fois dans différents quartiers de la ville, ou même de les réunir ensemble comme dans un sérail.

P. Dufour.

Il me faut donc chercher quelque jeune mignonne,
Que, pour fille de chambre, en gaussant je lui donne.

J. De Schélandre.

Mignoter

Cajoler, embrasser, faire mignon.

Elle mignotait Céline, sa préférée, dont la tignasse jaune de chrome l’intéressait.

(Huysmans : Sœurs Vatard.)

Mijaurée

Fille ou femme qui, devant l’homme, affiche des prétentions par des manières affectées et ridicules qui nous font… pisser. — Oh ! la ! la !

Ne va pas avec moi faire la mijaurée.

Regnard.

Fi des coquettes maniérées !
Fi des bégueules du grand ton !
Je préfère à ces mijaurées
Ma Jeannette, ma Jeanneton.

Béranger.

Mijaurée

s. f. Femme dédaigneuse et plus bégueule qu’il convient, — dans l’argot des bourgeois. Faire la mijaurée. Faire des manières et des façons pour accepter une chose. On dit aussi Minaudière.

Mijoter

v. a. Entreprendre à la sourdine ; préparer lentement, — dans l’argot du peuple, qui emploie ce verbe au figuré.

Mijoter

Combiner avec soin. — Mijoter une affaire, une intrigue. — Mijoter un livre.

Mijou

Malade.

Mijou (faire le)

Simuler une maladie (Argot des voleurs).

Mikel

Dupe (Vidocq). — C’est le nom de Michel dont le diminutif michon signifiait autrefois sot. V. Roquefort.

Mikel

s. m. Dupe, — dans l’argot des saltimbanques.

Milieu

Le con, par devant ; — le cul, par derrière. — Il n’y a pas de milieu, nom de Dieu !

Ce n’était que l’enjeu, nom de Dieu !
Pour luron de ma sorte.
Je fêtai son milieu ! nom de Dieu !
Trois fois avant que j’ sorte, nom de Dieu !
J’ fous la quatrième à la porte. nom de Dieu !
J’ fous la quatrième à la porte.

F. de Calonne.

Le doux milieu demandait à sa dame.
Pour y trouver un repos bienheureux.
Et la pauvrette s’est donnée
D’un vit par le milieu du corps.

Collé.

Mille

Argot des libraires. L’édition totale d’un ouvrage, d’un roman quelconque, étant donné — ce qui est une supposition — que cet ouvrage est tiré à mille exemplaires.

Depuis quelque temps on lit sur la couverture des volumes d’une maison de librairie : Premier mille ou sixième mille ou dixième mille. Mille quoi ? Mille exemplaires, cela se devine, mais cela n’en est pas moins de l’argot et quel argot !

(Événement, 1883).

Le dernier roman de M. Daudet a eu une envolée heureuse. Le cinquantième mille est depuis longtemps dépassé.

(Français, juillet 1884.)

Millé

Billet de mille francs.

Mille (mettre dans le)

Réussir pleinement.

Mille millions de milliasse

Enormément, un nombre infini de fois, tout ce que l’esprit du peuple peut concevoir de plus élevé comme chiffre.

Mille pattes

Soldat d’infanterie.

Mille-langues

s. m. Personne bavarde, indiscrète, — dans l’argot du peuple.

Mille-pattes

Infanterie, régiment ou bataillon de fantassins. Le mot fait image.

Mille-pattes

Fantassin.

Milled

Mille francs.

Milled

Billet de mille francs (Argot des voleurs). N.

Millerie

Loterie.

Millerie

s. f. Loterie, — dans l’argot des voleurs.

Millerie

Loterie, — dans l’ancien argot.

Millerie

Loterie.

Millerie

Loterie que tiennent les camelots dans les fêles publiques (Argot des camelots).

Millerie

Loterie de camelot dans les foires.

Millet

1000 francs.

Millet, Millot

Billet de banque de mille francs.

Quarante millets ! Telle était cette aubaine.

(La France, du 13 mars 1879.)

Milliards

Ceux qui portent des bissacs sur le dos.

Milliards

Ceux qui portent des bissacs sur le dos.

Milliasses

s. f. pl. Fort grand nombre. Argot du peuple.

Milord

L’entreteneur — anglais ou toulousain — d’une femme galante.

Le notaire est son milord.

H. De Balzac.

J’allons fair’ sauter les sacoches
De ce bon mossieu, son milord.

L. Festrau.

Une demoiselle entretenue ne se contente pas de son seul entreteneur appelé ordinairement Mylord Pot-au-feu. Elle a un amant en titre, qui ne paye que les chiffons ; un Guerluchon, c’est un amant qu’elle paye ; un Farfadet, c’est un complaisant ; et un Qu’importe est une personne qui vient de temps en temps, qui est sans conséquence ! et paye au besoin les petites dettes criardes.

(Correspondance d’Eutylie, 1,132.)

Milord

On donne moins ce nom aux Anglais qu’à ceux dont les largesses rappellent l’opulence britannique. Au moyen âge, milourt avait déjà le même sens, avec une acception plus ironique encore. C’est, comme Anglais, un fruit de nos anciennes guerres.

Ce sont milourdz qui ne voulsissent point d’hostes avoir.

Cretin, Épitre à Charles VIII.

Et je vous attise un beau feu au dessoubs et vous flambois mon milourt comme on faict les harencs sorets à la cheminée.

Rabelais, Ch., 14.

Le gros tailleur se dit négociant. À sa tournure il n’est pas milord russe.

Sénéchal, Ch., 1852.

Être sur le boulevard de Gand, se donner un air milord.

Ed. Lemoine.

Milord est souvent synonyme du miché sérieux décrit plus haut. exemple :

Le notaire est son milord.

Balzac.

Milord

Cabriolet à quatre roues.

On vote vingt-deux sous à Clémence pour un cabriolet milord.

Méry.

Milord

s. m. Homme riche, en apparence du moins, — dans l’argot du peuple, qui emploie cette expression depuis l’occupation de Paris par les Anglais.

Milord

s. m. Entreteneur, — dans l’argot des petites dames. Leurs mères, plus prosaïques et moins vaniteuses, disaient Milord pot-au-feu, comme en témoigne ce couplet de Désaugiers :

Lorsque nous aimons,
Nous finançons
Afin de plaire.
D’où vient qu’en tout lieu
On dit : « Un milord pot-au-feu. »

Milord

s. m. Cabriolet à quatre roues, — dans l’argot des cochers.

Milord

Entreteneur, à l’époque où les Anglais passaient our être généreux avec les dames qui vivent de la générosité publique.

Mimele

Argot hébreu qui signifie chatte.

Mimi

s. f. Maîtresse, — dans l’argot des artistes et des bohèmes, qui ont emprunté cette expression à Henry Murger, qui l’avait empruntée à Alfred de Musset.

Minable

adj. et s. Pauvre, misérable ; mesquin ; de mauvaise mine, — dans l’argot du peuple.

Mince

Papier à lettres (Vidocq). — Allusion d’épaisseur.

Mince

s. m. De peu de valeur, morale ou physique, — dans l’argot des faubouriens, qui disent cela à propos des gens et des choses. Mince alors !

Mince

s. m. Papier à lettres, — dans l’argot des voleurs.

Mince

adj. Pris adverbialement Beaucoup, sans doute par antiphrase. Il a mince la barbe, il est complètement ivre. Commun à plusieurs argots.

Mince

Papier à lettres, billet de banque, papier. — Le mot mince pour désigner papier date de la création des assignats.

Mince

Papier. Billet de banque. Mince ! Beaucoup, très.

Mince

Rien. Mais, dans le peuple, cette expression sert à manifester l’étonnement.
— Ah ! mince alors, elle en a une nichée dans la paillasse (Argot du peuple).

Mince

Ce mot sert à marquer l’étonnement, et signifie beaucoup.

Vois ce que j’ai pris de poisson ! Mince alors. — Le patron offre à dîner : mince ce que nous allons nous les caler.

Mince !

Exclamation qui répond à zut ! ou à : ah ! non ! alors !

Ah ! mince alors ! si les billes de billard se mettent à moucharder la jeunesse.

(Meilhac et Halévy : Lolotte.)

A aussi le sens de beaucoup.

Mince !

Expression à peu près équivalente à « zut ! »

Mince de

Beaucoup de ; rien que ça de. Locution employée par le peuple hors de tout propos devant un autre mot, pour en marquer à la fois le nombre et la bonne qualité. — Mince de toilette à la clé, mince de politesse, mince de beurre, mince de tableaux, mince de chic.

Mince, Mince que

Je crois bien, comment donc, certainement que. — Mince que je voudrais le voir. — Mince qu’il est bate.

Mince que t’as raison.

(J. Lermina, Les Chasseurs de femmes, 1879.)

Vous avez des places ? — Mince ! si j’ai des places ? Une loge de face.

(Le Gavroche, 1879)

Les voyous emploient encore le mot mince comme synonyme du fameux mot de Cambronne, à la fin d’une phrase, comme argument décisif : Ah ! mince alors.

Minces

s. m. pl. Billets de banque, — dans l’argot des faubouriens, qui, originairement, ont donné ce nom aux assignats.

Minçon

Morceaux.

Mine à chier dessus

Vilain visage, — dans le jargon du peuple. Qu’est-ce qu’il vient vous emm… ieller, celui-là, avec sa mine à chier dessus ?

Mine revenante

Mine qui revient, visage agréable.

Minerve

Argot de joueurs. Filouterie qui rappelle celle dite du neuf de campagne. (V. cette expression).

D’ordinaire, le baccara se joue avec deux cartes dont l’assemblage forme le point et, si le banquier veut bien y consentir, une troisième qu’il donne découverte au tableau qui la demande. Quelquefois dans ces trois cartes il n’y a pas de quoi gagner sa vie, au contraire. Les malins en ont ajouté une quatrième, cachée celle-là qu’ils tiennent dans leur main gauche et que, par un travail analogue à celui dont j’ai parlé plus haut, ils arrivent à substituer à l’une de celles qui leur sont données régulièrement. D’habitude, les prestidigitateurs qui font la minerve adoptent un quatre ou un cinq, une carte qui peut s’adapter à toutes les combinaisons pour faire un point très honorable.

(C. des Perrières : Paris qui triche.)

Minet

s. m. Chat, — dans l’argot des enfants. Ils disent aussi Minon.

Minette

Gamahuchage de la femme par l’homme, et quelquefois de l’homme par la femme, — au moyen de la langue, qui a l’air de laper le sperme comme les chats lapent le lait.

Allons, ma fille, une minette, pour que je bande.

J. Le Vallois.

Le bougre lui fait minette.

Gustave Nadaud.

Elle a l’étrange goût
Qu’on la foute en levrette,
Elle vous fait minette
Et puis avale tout.

Joachim Duflot.

Et maintenant, mon agneau… fais-moi une minette distinguée, digne du coup que nous allons tirer ensemble.

Lemercier de Neuville.

Minette

Mot d’amitié. V. Chat.

Oui, minette, je me calme.

De Courcy.

Minette

V. Descendre à la crémerie.

Mineur

Manseau.

Ministre

Pour le soldat, tout individu crevant de santé, bien placé ou bien renté, que rien n’émeut, content de lui, gros et gras à lard est un « ministre ». Il y a, comme on voit, un grand fond d’observation chez le troupier français. — Gros ministre, marche donc, si tu peux, ou roule, si tu peux pas marcher.

Ministre

Mulet. En campagne, les mulets sont des ministres parce qu’ils sont toujours charges des affaires de l’État.

Ministre de l’intérieur

Doigt. Allusion à une coutume très en usage dans les couvents de jeunes filles (Argot du peuple).

Minois

Nez.

Minois

s. m. Nez, — dans l’argot des voleurs.

Minois

Nez. Visage.

Minois, Mine

Nez, — dans le jargon des voleurs.

Minon Minette (faire)

Se gamahucher mutuellement, homme et femme ; faire tête-bêche.

Minotaure, risé

« Quand une femme est inconséquente, le mari serait, selon moi, minotaurisé. » — Balzac.

Minotauriser

v. a. Tromper un homme avec sa femme, comme Paris avec la femme de Ménélas. Argot des gens de lettres. L’expression sort de la Physiologie du mariage d’H. de Balzac.

Minotauriser un homme

Le faire cocu, — allusion aux cornes du Minotaure de l’Ile de Crète.

Quand une femme est inconséquente, le mari doit être, selon moi, minotaurisé.

H. De Balzac.

Minuit

Nègre (Vidocq). — Allusion à la couleur sombre de la nuit.

Minuit

s. m. Nègre, — dans l’argot des voleurs.

Minuit

Nègre. — Enfant de minuit, voleur.

Minuit

Nègre.

Minzingue

Marchand de vin. Et les variantes minzingo, mind-zingue, manzinguin, qu’on prononce en faisant sonner fortement le premier N.

La philosophie, vil mindzingue, quand ça ne servirait qu’à trouver ton vin bon.

(Grévin).

Pauvre Dupuis manzinguin, malheureux.

(Privat d’Anglemont).

Minzinguin

« Le roi est un bon zigue qui protège les minzinguins. » — Cabassol. — V. Mannezingue.

Mioche

s. m. Enfant, — dans l’argot du peuple, pour qui un nouveau-né est une miette d’homme, et dont le corps pétri de lait, presque sans os et sans muscles, ressemble à de la mie de pain.

Mioche, mion

Bambin. — Mion est un mot de langue romane (V. Roquefort) dont mioche serait le diminutif. — V. Dardant.

C’est à moi que reviendra le droit d’être le parrain de tous les mioches.

Bourget.

Mioche, Mion

Petit enfant, petit garçon. — Mion de gonesse. Adolescent. — Mion de boule, voleur.

Mion

Garçon.

Mion

Filou de bas étage.

Mion

Garçon.

Mion

Garçon.

Mion

Enfant.

Mion de boule

Filou.

Mions de boule

Coupeurs de bourse, filoux.

Mions de boule

Coupeurs de bourse, filous.

Miou

Enfant. Allusion au miaou du jeune chat (Argot du peuple).

Miquel

Facile à faire.

Miquel

Facile à faire. Niais, dupe.

Miradou

Miroir (Vidocq). — Mirauder voulait dire autrefois regarder.

Miradou

s. m. Miroir, — dans l’argot des voleurs.

Miradou

Miroir ; mot emprunté au provençal. — La variante est : mirelaid.

Miradou

V. Mirante.

Mire-laid

s. m. Miroir, — dans l’argot du peuple.

Mirecourt

s. m. Nom d’homme qui est devenu celui de tous les pamphlétaires de plus de passion que de talent. Théodore de Banville est le premier qui, en littérature, ait fait de ce nom propre un substantif courant. Il restera, il doit rester.

Mirecourt

Violon. M. Fr. Michel assure que c’estparce qu’on fabrique beaucoup de violons dans les Vosges que les voleurs ont donné au violon le nom d’une petite ville de ce département. — C’est tout simplement parce que pour jouer du violon on regarde l’instrument de très près ; l’exécutant le met pour ainsi dire sous son nez : mirer de court, regarder de près, a fait mirecourt.

Mirette

Œil.

Mirette

Œil (id). — L’œil est un petit miroir.

Mirette

Prunelle de l’œil. — Sans mirettes, aveugle. Mirettes en glacis, mirettes glacées, lunettes. Mirette en caouche, télescope ; caouche pour caoutchouc.

Mirettes

s. f. pl. Yeux, — dans l’argot des voyous.

Mirettes

Yeux.

Mirettes

Les yeux (Argot des voleurs).

Mirettes

Yeux.

Mirettes

Yeux.

Mireur

Espion, observateur, — dans le jargon des voyous. — Quand ils auront fini de se ballader, tous ces mireurs !

Mirliflore

s. m. Le gandin de la Restauration, qui est toujours le Lion pour le peuple.

Mirliton

Un des nombreux synonymes des mots : vit, pine et con, — très usité dans les chansons et les poésies légères.

Je ne connais sur la terre
Que deux séduisants objets :
Ce vin qui remplit mon verre
Et d’un tendron jeune et frais.
L’étroit mirliton, etc.
Le cynique Diogène
Blâmait toujours le plaisir,
Et lui-même, dans Athènes,
Il empoignait pour jouir
Son vieux mirliton, etc.

J. Cabassol.

Vos mirlitons, Mesdames, à présent,
Sont grands trois fois plus qu’ils ne devraient être.

Grècourt.

Mais où placer un Amphion
Qui n’a qu’un petit mirliton ?

(Chanson anonyme moderne.)

Mirliton

s. f. La voix humaine, — dans l’argot des faubouriens. Jouer du mirliton. Parler, causer.

Mirliton

Voix. — Jouer du mirliton, parler.

Mirnte

La glace (Argot des voleurs).

Mirobolamment

Merveilleusement.

À meubler mirobolamment sa maison.

Balzac.

Mirobolamment

adv. Merveilleusement. Cet adverbe appartient à H. de Balzac.

Mirobolant

Merveilleux.

La cravate mirobolante.

Ed. Lemoine.

Je me sens d’une incapacité mirobolante.

Balzac.

Mirobolant

adj. Inouï, merveilleux, féerique.

Miroder

Regarder, arranger.

Elle monta seule et nu-pieds sur l’échelle et sur l’échafaud et fut un quart d’heure mirodêe, rasée, dressée et redressée par le bourreau.

(Madame de Sévigné, Lettres.)

Miroir

Coup d’œil rapide jeté sur le talon d’un jeu de piquet, sur les premières cartes à distribuer au baccarat, — dans le jargon des grecs ; une manière de connaître le jeu de l’adversaire.

Miroir à putains

Beau garçon, souvent trop beau pour rien faire, dont toutes les filles raffolent et qu’elles payent l’une après l’autre — et même quelquefois ensemble.

Miroir à putains

Garçon dépourvu de distinction mais riche de cette beauté banale qui séduit le commun des femmes.

Miroir à putains

s. m. Beau garçon, — dans l’argot du peuple, qui dit cela depuis longtemps, comme le témoignent ces vers de Scarron :

Dis-lui qu’un miroir il putain,
Pour dompter le Pays Latin
Est un fort mauvais personnage.

Miroir à putains

Joli visage d’homme à la manière des têtes exposées à la vitrine des coiffeurs.

Miroir à putains

Joli garçon qui s’en croit beaucoup, une espèce de « Nicolas » de faubourg.

Dis-lui qu’un miroir à putain
Pour dompter le pays latin
Est un fort mauvais personnage.

Celle expression était employée au temps de Scarron (Argot du peuple).

Miroir à putains, à grues

Homme d’une beauté banale.

Miroir aux alouettes

Pièce d’or que l’on fait briller dans un bal et sur laquelle les drôlesses tombent toutes rôties — par le désir.

Mirquin

Bonnet.

Mirquin

s. m. Bonnet, — dans l’argot des voleurs.

Mirquin

Bonnet.
— J’ai vu une gerce au rastue de Saint-Lago ; elle était rudement gironde avec sou melet mirquin ; il y manquait un rayon de miel (Argot des voleurs). N.

Mirquin

Bonnet.

Mirzale

Boucle d’oreille (Vidocq). — Même construction que dans cabe, combre, calvin. Une mirzale est mot à mot : ce qui mir-oite z’à l’oreille.

Mirzale

Boucle d’oreilles.

Mirzales

s. f. pl. Boucles d’oreilles, — dans le même argot [des voleurs].

Mirzales

Boucles d’oreilles.

Mirzales

Boucles d’oreilles (Argot des voleurs).

Mirzales

Pendants d’oreilles.

Mise (faire sa)

Payer le droit de circulation sur « le pont d’Avignon », — dans l’argot des filles.

Mise (faire sa)

Payer la patente, — dans le jargon des filles.

Mise à pied

Mise en non activité.

Une mise à pied enseigna à notre inspecteur à faire plus exactement son service.

Canler.

Mise à pied

s. f. Privation de fonctions et d’appointements. Argot des bourgeois.

Mise à pied

Suppression momentanée de paye pour un cocher, un agent de police. — Interdiction momentanée de jouer faite à un acteur par son directeur, sans suppression d’appointements.

Mise en train

Première tournée, station matinale chez le marchand de vin, — dans le jargon des ouvriers pressiers, en souvenir de la mise en train des presses.

Mise-bas

s. f. Vêtements des maîtres qui reviennent de droit aux domestiques, lesquels se croiraient lésés et réclameraient si l’on portait trop longtemps ces vêtements.

Mise-bas

Accouchement, — dans l’argot du peuple.

Mise-bas

s. f. Grève, chômage volontaire, — dans l’argot des typographes.

Mise-bas

s. f. Grève, cessation de travail dans un atelier. Les mises-bas ont lieu pour infraction au Tarif ou au règlement consenti par les patrons et les ouvriers.

Mise-bas

Congé que s’octroie un ouvrier typographe.

Mise-bas

Quand une équipe de compositeurs est mécontente pour une raison ou pour une autre, elle met bas, elle quitte le travail (Argot d’imprimerie).

Misérable

Petit verre. V. Monsieur.

Misérable

s. m. Verre d’eau-de-vie d’un sou, — dans l’argot des ouvriers.

Misérable

Verre de vin du broc à 15 centimes.

Misérable

Verre de vin au broc.

Misère

s. f. Petite quantité ; chose de peu d’importance : petite somme, — dans l’argot des bourgeois.

Misérer

v. n. Souffrir de la misère, — dans l’argot du peuple. On dit aussi : Ficher la misère.

Misères

s. f. pl. Taquineries, petites méchancetés, — dans l’argot des bourgeois. Dire des misères. Taquiner quelqu’un en lui contant des choses qui le contrarient, qui l’inquiètent. taire des misères. Agacer quelqu’un, lui jouer un tour plus ou moins désagréable.

Miséreux

Malheureux. Homme qui est dans une profonde misère (Argot du peuple). N.

Miséreux

Celui qui est dans la misère.

Misloque

Comédie (Vidocq).

Je joue la mislocq pour un fanandel en fine pégrenne.

Balzac.

Misloque

s. f. Théâtre, — dans l’argot des voleurs. Jouer la misloque. Jouer la comédie.

Misloque

Comédie, — dans le jargon des voleurs. — Flancher la misloque, jouer la comédie. — Misloquier, misloquière, acteur, actrice. — Misloquier schpil, très bon acteur.

Misloque

Théâtre, comédie.

Misloque

Théâtre (Argot des voleurs).

Misloque

Théâtre.

Misloquier

Acteur.

Misloquier, ère

s. Acteur, actrice.

Mississipi (au)

adv. Très loin, — dans l’argot du peuple, pour qui l’Amérique est un pays aussi éloigné de lui que la lune. C’est l’équivalent de : Au diable au vert (ou Vauvert).

Misti

s. m. Apocope de Mistigri, — dans l’argot des brelandières de brasseries.

Misti, Mistigri

Valet de trèfle.

Mistich

Voleur étranger. Demi-heure, demi-setier.

Mistiche

Demi. — Une mistiche, une demi-heure. — Un mistiche, un demi-setier, — dans le jargon des voleurs.

Mistick

Voleur étranger.

Mistick

Voleur étranger. (Mémoires d’un forçat, glossaire d’argot, 1829.)

Misticker

Voler en pays étranger.

Mistigri

s. m. Valet de trèfle, — dans l’argot des joueurs. Se dit aussi d’un Jeu de cartes où l’on a gagné quand on a fait brelan avec le valet de trèfle escorté de deux autres valets.

Mistigris

s. m. Apprenti, — dans l’argot des peintres en bâtiment. Balzac a-t-il emprunté son rapin de ce nom aux peintres en bâtiment, ou ceux-ci à l’auteur de la Comédie humaine ?

Miston

Jeune homme.

Mistone

Demoiselle.

Mistonne

Jeune fille.

Mistoufle

s. f. Farce ; méchanceté ; trahison, — dans l’argot des typographes.

Mistoufle

Mauvais procédé, taquinerie, méchanceté. — Coup de mistoufle, combinaison, coup en dessous, coquinerie.

Mistoufle

Farce. Misère.

Mistoufle

Causer des ennuis à quelqu’un ou le taquiner est lui faire des mistoufles.

Mistoufle

Misère.

Mistoufle (être dans la)

Être dans la misère.

Mistoufles

Faire des misères, causer des désagréments à quelqu’un (Argot du peuple).

Mistro

Le vent.

Mistron

s. m. Le jeu de mistigri, — dans l’argot de Breda-Street.

Mistron

Jeu de trente-et-un, nom d’un jeu de cartes. — Mistronner, jouer au trente-et-un.

Mistroneur, euse

s. et adj. Amateur de mistron.

Mitaine

Voleuse, détourneuse à la mitaine. Femme portant des souliers très plats, sans talons et qui, dans un magasin, fait tomber des objets Qu’elle ramasse avec le pied déchaussé et cache dans son soulier. Cette sorte de voleuse ne s’attaque, en général, qu’aux dentelles de prix.

Mitaine

Variété de voleuse des magasins de nouveautés.

Mitan

s. m. Milieu, — dans l’argot du peuple.

Mitan

Milieu.

Mitar

C’est le cachot ; mais c’est aussi le violon, comme on dit lamigo à Bruxelles.

Mitard

Cachot (Argot des voleurs).

Mitard

Cellule.

Mite

s. f. Chassie des yeux.

Mite

Violon, prison, — dans l’argot des voleurs. Soufflé et au mite, arrêté et au violon, Mitonner. Embêter. Ça mitonne le pauvre monde, — dans le jargon des voyous.

Mite, Mite-au-logis

Sécrétion des yeux ; déplorable jeu de mots sur mythologie.

Miteux

adj. Qui a les yeux chassieux.

Miton-mitaine

s. m. Remède inoffensif, expédient inutile, secours inefficace. On dit aussi : Onguent miton-mitaine.

Mitonner

v. a. Préparer de longue main.

Mitonner

Embêter. Préparer de longue main.

Mitou

Malade.

Mitraille

Monnaie de cuivre. — On disait autrefois mitaille. V. Roquefort.

Mitraille

s. f. Monnaie, gros sous, — dans l’argot des faubouriens, qui disent cela depuis longtemps.

Mitraille

Une certaine quantité de sous s’appelle de la mitraille.

Mitrailleuse (étouffer une)

Boire un verre de vin.

Mitre

Cachot (Vidocq). — Au moyen âge le mitre était le bourreau.

Mitre

s. f. Cachot, — dans l’argot des voleurs.

Mitre

Prison. — Mitré, prisonnier.

Mitre

Prison.

Mitre

Cachot. Allusion à la mitre de l’évèque, qui est un signe de dignité. Être au cachot, pour un voleur, est un titre à la considération de ses pareils.
— Où donc est Barbe-à-Poux ?
— Il est mitré pour huit jornes (Argot des voleurs).

Mitron

Boulanger.

Mitron

s. m. Ouvrier boulanger, — dans l’argot du peuple. Le petit mitron. Le Dauphin, fils de Louis XVI, — du boulanger, comme l’appelaient les Parisiens en 1792.

Mixte

Argot des gens à la mode pour qui cet adjectif, détourné de son vrai sens, a remplacé le mot épicier qu’on prit en 1830 et longtemps après cette époque pour désigner toute chose commune, de mauvais goût, toute personne ayant un genre vulgaire. L’expression être mixte couramment employée en 1886 est aujourd’hui abandonnée.

Quant au rire, n’en parlons pas ; rire n’est plus seulement canaille, c’est mixte.

(Gazette de France, janvier 1886.)

Mobile

Garde mobile. De 1848 à 1850, on a dit souvent la mobile, un mobile.

Qui sait comment cela eût fini si la mobile ne s’en fût mêlée. Brave mobile !

L. Reybaud.

À la révolution de juillet, on donnait déjà ce nom aux volontaires de la Charte.

Pour m’engager dans la mobile j’avons quitté veste, tablier.

Patriote Buteux, 1830.

Mobile

s. f. La garde nationale mobile formée en 1848 avec les fils du peuple — et aux dépens du peuple. C’est aussi le nom que portait, en 1830, la légion des Volontaires de la Charte.

Mobile

s. m. Soldat de la garde nationale mobile.

Mobilier

s. m. Les dents, — dans l’argot des voleurs, héritiers des Précieuses qui disaient l’ameublement de la bouche.

Mobiliser (se)

Faire un voyage. Allusion à l’essai de mobilisation fait en 1887 dans le sud-ouest.

Je me suis mobilisé ; j’ai bouclé une valise, pris une voiture…

(Voltaire, septembre 1887.)

Moblo ou moblot

s. m. Garde mobile, — dans l’argot des faubouriens.

Moblot

Garde mobile.

Moc-aux-Beaux

Quartier de la place Maubert. — On dit aussi Mocaubocheteau.

Les mèques de la Mocaubocheteau, v’là des mèques sérieux, des gonsiers qui crachent noir comme de l’encre…

(Humbert : Mon bagne.)

Moc-aux-beaux, mocaubocheteaux

Le quartier Maubert.

Mocassins

s. m. pl. Souliers, — dans l’argot des ouvriers qui ont lu les romans américains de Cooper, de Gabriel Ferry et de Gustave Aymard.

Moche

Laid.

Moche

Laid, bête. On dit aussi mouche. Une personne laide est moche. Une vilaine pièce de théâtre est moche.

Modèle

s. m. Homme ou femme qui pose dans les ateliers. Argot des artistes. Modèle d’ensemble. Qui pose pour l’Académie, pour tout le corps, au lieu de ne poser que pour la tête, ou pour n’importe quelle partie spéciale du corps.

Modèle (vieux)

Grand-parent.

Il avait éloigné tous les vieux modèles, comme nous disons au couvent, pour désigner les grands-parents.

(Vie Parisienne, 1882.)

Moderne

s. m. Fashionable, — dans l’argot des faubouriens.

Moderne

Jeune homme qui suit de très près la mode, par opposition à antique, qui ne la suit plus du tout. L’expression est voyoucratique. — Eh ! va donc, moderne, avec ton châssis de rechange !

Modillon

Apprentie modiste de deuxième année.

Modiste

Journaliste qui accommodait son esprit au goût du jour, qui suivait la mode, la plume à la main. Le reporter a détrôné le modiste.

Modiste en ragoût

Cuisinière. Argot des garçons bouchers.

Moelleux

Coton, dans l’ancien argot.

Moellonneuse

Fille qui se prostitue dans les chantiers.

Moelonneuse

Femme qui se prostitue dans les chantiers.

Moine

s. m. Bouteille de grès que l’on remplit d’eau chaude et que l’on place au pied du lit. Argot des bourgeois.

Moine

s. m. Partie d’une épreuve qui n’a pas pris l’encre et vient blanche au lieu d’être imprimée. Argot des typographes. On dit aussi Loup.
Les typographes anglais ont le même mot ; ils en ont même deux pour un : monk and friar. Le monk, c’est notre moine, c’est-à-dire une feuille maculée ou imprimée trop noire. Le friar, c’est un moine blanc, c’est-à-dire une feuille qui est imprimée trop pâle.

Moine

s. m. Endroit sur une forme qui n’a pas été touché par le rouleau et qui, par suite, n’est pas imprimé sur la feuille.

Moine

Endroit sur une forme qui n’a pas été touché par le rouleau et qui, par suite, n’est pas imprimé sur la feuille. (Boutmy.)

Moine

Qu’une épreuve typographique soit faite à la brosse ou à la machine, la partie qui ne prend pas l’encre se nomme un moine (Argot d’imprimerie).

Moine-lai

s. m. Invalide tombé en enfance, comme on en voit quelques-uns dans la Salle de la Victoire, — l’infirmerie de l’Hôtel des vieux braves.

Moineau

Le membre viril — que les femmes, ces charmants oiseleurs, prennent si facilement à la glu de leur con.

Ouvre… ouvre tes cuisses, prends mon moineau mets-le en cage.

La Popelinière.

Moineau

s. m. Se dit par ironie, — dans l’argot du peuple, — d’un homme dont on a à se plaindre, ou qui se vante mal à propos. On ajoute un qualificatif pour renforcer l’ironie : Tu es un joli moineau ! C’est le pendant de : Tu es un joli coco !

Moineau de Lesbie (le)

Le membre viril — qui est le moineau affectionné de toutes les femmes, excepté des Lesbiennes.

Moins une

Veut dire : il était temps. On dit de quelqu’un qui manque de faire une chute, il était moins une qu’il ne tombât.

Mois de nourrice

s. m. pl. Les années qu’oublie volontairement de compter une femme qu’on interroge sur son âge. Se dit aussi de toute personne qui se trompe dans un calcul et oublie quelques fractions importantes.

Moisir

v. n. Rester longtemps à la même place, ou en possession du même emploi, — dans l’argot du peuple qui emploie surtout ce verbe avec la négative.

Moisir (ne pas)

Ne pas rester longtemps dans un endroit ; ne pas occuper longtemps un emploi.

Moissonneur

Le commissaire de police. En effet, il moissonne ceux qui sont amenés à son burlingue. Mot à mot : il les fauche comme des blés mûrs… pour la prison (Argot des voleurs). V. Quart d’œil.

Moitié

Épouse légitime, avec qui l’on ne fait qu’un, grâce au nœud qui sert de trait d’union.

Peters, dis-moi, par amitié,
Pourquoi que l’usage réclame
Qu’à Paris on nomme moitié
Ce qu’au village on nomme femme
— C’est que Paris est un pays
Où se prodiguent tant les dames,
Que là, les trois quarts des maris
N’ont que ta moitié de leurs femmes.

(Ancien Vaudeville — des Variétés.)

Moitié

s. f. Épouse, — dans l’argot des bourgeois, qui ne disent pas cela avec le même respect que les Anglais disant the better half.

Moka (fort de)

Voir café.

Mol ou Molle (être)

Argot du peuple. N’avoir pas d’argent ; être sans le sou.

Molanche

Laine.

Molanche

Laine.

Molanche

Laine.

Molanche

Laine.

Molanche

Laine (Vidocq). — Diminutif de molle.

Molanche

s. f. Laine, — dans l’argot des voleurs.

Molanche

Laine, — dans l’ancien argot.

Molanche

Laine.

Molard

s. m. Mucosité expectorée, — dans l’argot des faubouriens.

Molard

Crachat très gras, le frère du glaviot. — Molarder, cracher gras.

Molard

Cracher des mucosités qui filent comme du macaroni. Graillonner salement. Quand un large crachat s’étale sur un trottoir, on dit :
— Quel beau molard (Argot du peuple).

Molard

Crachat.

Molard

Crachat.

Molarder

v. n. Graillonner, expectorer abondamment.

Molécule

Petit enfant, — dans l’argot des écoles. (L. Larchey)

Molette

La bouche. Je ne vois pas bien qui a pu donner naissance à cette expression. La molette sert à un éperon, elle sert aussi à couper la pâte pour une certaine espèce de gâteau ; enfin, quoi qu’il en soit, ce mot est usuel (Argot des voleurs). N.

Molette d’argent

Croix d’honneur.

Molière

s. m. Décor de salon simple dans lequel peuvent se jouer presque toutes les comédies de feu Poquelin. Argot des coulisses. Tous les théâtres, notamment ceux de province, ont un certain nombre de décors de magasin, d’un emploi fréquent et commun : le molière, le rustique, le salon riche, la place publique, la forêt, la prison, le palais, et le gothique (intérieur). Avec cela on peut tout représenter, les tragédies de Racine et les vaudevilles de M. Clairville.

Mollard

Graillon, expectoration laborieuse. Du vieux mot moller : s’efforcer. V. Roquefort.

Mollasse

s. f. Femme lymphatique, dolente, sans énergie, — dans l’argot du peuple.

Mollusque

s. m. Homme à l’esprit étroit, aux idées arriérées, qui se renferme dans la tradition comme l’escargot dans sa coquille.

Mollusque

Sot personnage, imbécile.

Mollusque (huître, moule, etc.)

Niais, imbécile.

Molosse

s. m. Gros chien, — dans l’argot des bourgeois qui ne sont pas fâchés de prouver de temps en temps qu’ils ont quelque teinture d’Histoire ancienne.

Momaque

Petit enfant. On dit aussi moutard.

Momaque

s. m. Enfant, — dans l’argot des voleurs.

Momard

Variante de môme, usitée au régiment.

Mais il faut’ lui donner un nom à ce momard !… Il faut le baptiser !

(A. Arnault, Les Zouaves.)

Mome

Petit garçon livré à la pédérastie.

Mome

Enfant.

Môme

s. m. Petit garçon: voyou ; apprenti, — dans l’argot des ouvriers. On pourrait croire cette expression moderne ; on se tromperait, car voici ce que je lis dans l’Olive, poème de Du Bellay adressé à Ronsard, à propos des envieux :

La Nature et les Dieux sont
Les architectes des homes
Ces deux (ô Ronsard) nous ont
Bâtis des mêmes atômes.
Or cessent donques les mômes
De mordre les écriz miens…

Môme

s. f. Jeune fille ; maîtresse, — dans l’argot des voleurs, pour qui elle ressemble plus à une enfant qu’à une femme. Ils disent aussi Mômeresse.

Môme

Enfant. — Dans le patois poitevin on appelle un jeune homme, un jeune garçon un momon, un momeur.

Les chants finis, viennent les momons. Ce sont des garçons qui portent à la mariée un présent caché dans une corbeille.

(Ed. Ourliac, Le Paysan poitevin.)

Les variantes sont, outre momard, momacque, momignard, mignard.

Ohé ! ohé ! les moutards, les moucherons, les momignards, qui est-ce qui s’ paye le Lazar ?

(A. Joly, Fouyou au Lazary. Chans.)

Môme d’altèque, jeune homme. — Môme, jeune fille, amante précoce, — dans le jargon des voleurs. — C’est ma môme, elle est ronflante ce soir. C’est ma maîtresse, elle a de l’argent ce soir.

Môme

Petit. On appelle aussi une femme la môme. Il y en a de célèbres : la Môme-Fromage, la Môme-Goutte-de-Sperme, la Môme-Caca. On dit aussi momaque (Argot du peuple). N.

Môme

Petit, jeune, enfant.

Môme (taper un)

Faciliter une fausse-couche, déterminer un avortement, commettre un infanticide, — dans le jargon des voyous. Les variantes sont : Faire couler un môme, faire couler un enfant.

Môme (taper un)

Commettre un vol. (L. Larchey)

Môme bastaud

Individu aux mœurs inavouables et qui se prête à toutes les exigences.

— Et de la môme ? — De la môme bastaud, oui, tant que tu voudras… les autres, de la peau. — Chouette alors.

(Humbert : Mon bagne.)

Môme d’altèque

s. m. Adolescent, — dans le même argot [des voleurs].

Môme d’altèque

Jeune homme beau et efféminé que l’on rencontre vêtu d’un ça ne te gêne pas dans le parc (veston), d’un pantalon collant gris clair, d’une cravate voyante à larges bouts, et maquillé la plupart du temps, On le rencontre dans la galerie d’Orléans, au Palais-Royal, ou au passage Jouffroy. Ce n’est pas l’omnibus qu’il attend. On les nomme aussi chouard en souvenir du fameux procès Germiny (Argot du peuple). N.

Môme noir

Séminariste, dans le jargon des voleurs. Variante : Canneur du mec des mecs : c’est-à-dire qui a peur de Dieu.

Môme, momaque

Enfant. Jeune maîtresse. Signifie aussi Éphestion de trottoir. Taper un môme, commettre un vol.

Môme, momignard, momaque

Petit enfant. — Du vieux mot momme : grimace. Les petits enfants en font beaucoup. — On dit encore momerie. En ce sens momaque et momignard sont les diminutifs dont Le second seul est pris en bonne part.

Les rats dont nous voulons parler sont des mômes.

Paillet.

Elle entre avec un enfant dans un magasin et en faisant semblant de poser son momignard a terre.

Id.

Momentanée

Femme galante avec laquelle on n’a qu’un entretien d’un moment. Deux journalistes ont réclamé la paternité de ce mot. M. Pierre Véron d’abord qui l’aurait imprimé tout vif dans le Charivari du 17 août 1885 ; M. Guillaume Livet, ensuite, qui l’a inventé et donné dans le Figaro en 1884.

Momerie

s. f. Hypocrisie ; fausse dévotion, — dans l’argot du peuple.

Momie

s. f. Homme ou femme sans énergie, qui n’aime pas à se remuer.

Momière

s. f. Sage-femme, — dans l’argot des voleurs. Ils disent aussi Momeuse et Madame Tire-môme.

Mômière

Sage-femme, — dans le jargon des voleurs. Les variantes sont : Mômeuse, déballeuse de mômes.

Momifie

Diminutif de môme. Petit enfant (Argot des voleurs). V. Abéqueuse.

Momifie, morningue

Petit enfant.

Momignard

s. m. Petit garçon, plus petit encore que le môme. On dit au féminin Momignarde.

Momignard

Accouchement ; et la variante : Décarrade du crac. — Momignardage à l’anglaise, momignardage en purée, fausse-couche.

Momignard

Absinte servie dans un petit verre mousseline. Allusion à la petitesse du verre, qui est un môme, en le comparant à un grand verre (Argot du peuple). N.

Momignardage

Absinthe servie dans un verre à bordeaux.

Mominette

Petit verre d’absinthe.

Mominette

Accoucher d’un môme.

Ma largue aboule de momir un momignard d’altèque qu’on trimbalera à la chique à six plombes et mèche pour que le ratichon maquille son truc de la morgane et de la lance.

Vidocq.

Mominette

Accoucher. — Momir pour l’aff, accoucher avant terme ; par allusion aux fœtus conservés dans l’alcool, l’aff. La variante est : Décarrer du crac.

Momir

Accoucher. Momeuse, tire-môme, sage-femme.

Momir

Dans la bouche d’un soldat, signifie Mon attirail militaire.

Mômir

v. n. Accoucher.

Mômir

Ma part.

Mon biblot

Ma part.

Mon fad

Je suis vaincu.

Mon fad

Quand deux individus se battent, celui qui est vaincu dit qu’il a son linge lavé. Être arrêté a la même signification (Argot des voleurs).

Mon linge est lavé

Moi-même.

Mon linge est lavé

Terme d’amitié.

Mon œil !

Exclamation ironique et dédaigneuse de l’argot des faubouriens, qui l’emploient soit comme formule de refus, soit comme inarque d’incrédulité.

Mon orguibus

Pièce d’un sou. — Avoir des monacos, avoir de l’argent, — dans l’ancien argot du peuple.

Mon rat

Sou. Monnaie.

Monaco

s. m. Sou de cuivre — dans l’argot du peuple, qui consacre ainsi le souvenir d’un roitelet, Honoré V, prince de Monaco, mort de dépit en 1841, dit A. Villemot, de n’avoir pu faire passer pour deux sous en Europe ses monacos, qui ne valaient qu’un sou.

Monaco

« Honoré V, mort de dépit en 1841, de n’avoir pu faire passer pour deux sous en Europe ses monacos, qui ne valaient qu’un sou. » — Villemot. — V. Coller.

Monaco

Ami (Vidocq).

Monacos

Roi de cartes.

Ou si c’est un roi qu’elle relève, elle s’écrie : Je pince le monarque.

M. Alhoy.

Monant

Pièce de monnaie. — Allusion à l’effigie royale.

Il va nous donner quequ’vieux monarque pour y boire à la santé…

Gavarni.

Monant

s. m. Ami, — dans l’argot des voleurs. Monante. Amie.

Monarque

Roi d’un jeu de cartes.

Monarque

Argent, dans le jargon des filles. — Avoir fait son monarque, avoir gagné sa journée.

Monarque

s. f. Pièce de cinq francs, — dans l’argot du peuple. Monarques. Les rois d’un jeu de cartes.

Monarque

Public payant, — dans le jargon des saltimbanques. Ainsi, il peut y avoir foule autour d’un banquiste, et pas de monde.

Monarque

Bourgeoisie, dans le jargon du faubourg Saint-Germain. — Lentille, — dans celui des voleurs.

Monde

Guillotine.

Monde (petit)

Embrasser, — dans le jargon des voleurs.

Monde renversé

s. f. La guillotine, — dans l’argot des faubouriens.

Monde renversé

Embrasser.

Monfier

v. a. Embrasser, — dans l’argot des voleurs.

Monfier

La motte, — avec toutes ses circonstances et dépendances.

Lorsque Venus vint au monde,
Elle avait la motte blonde,
Les tétons bien relevés
Et les poils du cul frisés,
En voyant cette moniche,
Le grand Jupin s’écria :
Heureux celui qui se niche
Dans un con comm’ celui-là.

Anonyme.

Après cela, c’est son tour de fêter toutes ces petites moniches.

(Aphrodites.)

Monfier

Exemption. — Faire de la fausse monnaie, faire des exemptions fausses. (Albanès, Mystères du collège, 1845.)

Moniche (la) ou Monique

Exclamation admirative équivalant à Quelle bonne fortune !

Mon homme a la croix d’honneur. Pus que ça d’monnaie !

Ricard.

Monnaie

s. f. Argent, — dans l’argot du peuple. Plus que ça de monnaie ! Quelle chance !

Monnaie

Grimace. V. Roupie.

Il la payait, comme dit le peuple en son langage énergique, en monnaie de singe.

Balzac.

Monnaie (plus que ça de)

Payement en grimaces, en plaisanteries. Payer en monnaie de singe.

Monnaie de singe

Grimace.

Monnaie de singe

Une monnaie qui n’a pas cours à la Banque de France, car les garçons de recette n’accepteraient pas des grimaces en paiement (Argot du peuple).

Monnaie de singe

Lorgnon simple.

Adapte donc un monocle à l’arcade de ton œil gauche !

Montépin.

Monnaie de singe

Monnaie.

Monocle

Pince.

Monôme

Promenade qu’exécutent à Paris et à l’époque des examens, les candidats aux diverses écoles du gouvernement. Le monôme consiste à marcher l’un derrière l’autre, en file indienne. Le monôme le plus connu est celui de l’X.

Monouille

Pince à forcer les portes. — Jeu de mots. — Quelle est la porte ne s’ouvrant pas lorsqu’on annonce monseigneur ? — Si, comme l’affirme M. Fr. Michel, on a dit autrefois Monseigneur le Dauphin et par abréviation Dauffe, nous voyons encore là un calembour sur le dos fin de la pince qui permet son introduction. Caroubleur. V. Caroubleur.

Monseigneur

Levier ou pince en fer.

Monseigneur

Pince à effraction. Ainsi nommée parce que jadis rien ne résistait à celui à qui l’on donnait du « monseigneur ».

Monseigneur

Pince à effraction.

Monseigneur

s. m. Pince de voleur, qui sert à crocheter les portes. Les voleurs anglais disent de même Bess ou Betty.

Monseigneur

Pince en fer à l’usage des voleurs.

Monseigneur

Outil qui sert spécialement à fracturer les portes ; il est tout spécialement employé par les cambrioleurs. Cet outil en acier mesure 45 centimètres de hauteur et 23 millimètres de circonférence. Il est connu depuis le XVIIIe siècle. C’était un des principaux instmments dont se servait le légendaire Cartouche (Argot des voleurs).

Monseigneur

Entreteneur. V. Amant de cœur.

On ne peut pas parler à mademoiselle. Et le mosieur… n’y est pas ?

Gavarni.

En argot de galanterie, le mot d’époux désigne l’entreteneur ; mais il n’est pas le seul. Suivant le degré de distinction d’une femme elle dit : Mon époux, — mon homme, — Mon monsieur, — mon vieux, — monsieur chose, — mon amant, — monsieur, — ou enfin monsieur un tel. — Sauf dans la haute aristocratie où l’on dit : Monsieur un tel, ce mot mon époux est général, il se dit dans toutes les classes.

Cadol.

Monseigneur (pince)

Mesure de capacité.

Il existe de plus une certaine eau-de-vie dont le prix varie suivant la grandeur des petits verres. Voici ce que nous lûmes sur une pancarte : Le monsieur, quatre sous ; la demoiselle, deux sous ; le misérable, un sou.

G. de Nerval.

Monseigneuriser

v. a. Crocheter une porte.

Monsieur

Mari d’une maîtresse de maison de tolérance, — dans le jargon des pensionnaires de l’établissement.

Monsieur, avec son épaisse barbiche aux poils tors et gris.

(E. de Goncourt, la Fille Elisa.)

Monsieur

Nom que la femme entretenue et sa bonne donnent à l’entreteneur.

Monsieur

s. m. Bourgeois, homme bien mis, — dans l’argot du peuple. Faire le Monsieur. Trancher du maître ; dépenser de l’argent ; avoir une maîtresse.

Monsieur

s. m. Entreteneur, — dans l’argot de Breda-Street. On dit aussi Monsieur Chose. Monsieur bien. Homme distingué, — qui ne regarde pas à l’argent.

Monsieur

s. m. Verre d’eau-de-vie de quatre sous, — dans l’argot des ouvriers.

Monsieur

Verre de vin de cinq sous, verre de vin de la bouteille servi sur le comptoir du débitant.

Monsieur

Faire de la dépense, s’endimancher, — dans le jargon des ouvriers.

Monsieur

L’homme bienveillant qui honore de sa protection quelque jeune femme sans feu ni lieu, l’habille, la met dans ses meubles et oublie régulièrement un louis ou deux sur sa cheminée. C’est le miché cristallisé.

On ne peut pas parler à mademoiselle. Et le monsieur… n’y est pas ?

Gavarni.

Monsieur (faire le, faire-son)

Avertissement d’acteur à acteur lorsqu’un rôle est mal interprété, lorsque le public est sur le point de témoigner son mécontentement.

Monsieur (le)

Individu sans notoriété, le premier venu, — dans le jargon des gens de lettres.

Monsieur Bambou

s. m. Canne, — dans l’argot des souteneurs, qui en procurent la connaissance aux épaules des filles réfractaires à leur demande d’argent.

Monsieur Bazar

Argot de l’école de Saint-Cyr. Le Saint-Cyrien lui-même.

La dernière quinzaine a été dure pour Monsieur Bazar, ainsi que se qualifie l’élève de l’École militaire.

(Soleil, 1887.)

Monsieur de Paris

s. m. L’exécuteur des hautes œuvres, — dans l’argot des bourgeois.

Monsieur de Pètesec

s. m. Homme un peu roide, un peu orgueilleux.

Monsieur Dimanche

s. m. Créancier, — dans l’argot des bohèmes, qui jouent souvent la scène de Don Juan.

Monsieur Duce

Prévenir.

Monsieur Dufour est dans la salle

Phrase par laquelle un acteur avertit un de ses camarades qu’il joue mal et va se faire siffler. Quelquefois on dit : Le vicomte Du Four est dans la salle.

Monsieur Dufour est dans la salle

Propriétaire qui ne connaît pas d’autre Dieu que le dieu terme. — Usurier.

Monsieur Hardi

s. m. Le vent, — dans l’argot du peuple.

Monsieur Lebon

Bon compagnon qui paye volontiers pour les autres. Argot du peuple.

Monsieur Personne

Personne, nul.

Monsieur personne

Homme, femme qui s’imagine être sortie de la cuisse de Jupiter. Personne hautaine, froide, orgueilleuse.

Monsieur Pigeon

Type du garde national de la Restauration.

Monsieur Raidillon

s. m. Homme fier et susceptible. On dit aussi : Monsieur Pointu.

Monsieur Vautour

s. m. Propriétaire, — dans l’argot des bohèmes, qui disent cela depuis l’opéra comique intitulé : Maison à vendre, dans lequel on chante :

La maison de M. Vautour
Est celle où vous voyez un âne.

Monsieur Vautour

Détestable, monstrueux, au figuré. V. Largonji.

J’en ai assez de vos monstres de concerts.

P. de Kock, 1845.

Monsieur Véto

Louis XVI, — dans l’argot des révolutionnaires de 1792, par allusion au veto du 19 juin sur les décrets concernant le camp sous Paris et la déportation des ecclésiastiques.

Monsieur, Madame de Péte-sec

Colossal.

Elle lui apporte un bouquet monstre.

M. Alhoy.

Monstre

Enorme, colossal. Succès monstre.

Monstre

Canevas d’une pièce de théâtre, d’un livre. — Bouts-rimés dont le sens et la rime importent peu et qu’un compositeur de musique donne au parolier pour lui indiquer la mesure et la coupe des strophes qu’il convient d’appliquer à une mélodie.

Monstre

s. m. Les paroles qu’un musicien adapte à un air trouvé par lui, en attendant les paroles plus poétiques du librettiste.

Monstre

adj. Étonnant, colossal, — dans l’argot du peuple.

Monstre

Libertin, partisan du système de l’infidélité à outrance, — dans le jargon des petites dames.

Monstre

Petit monstre.

Ce petit monstrico !

Balzac.

Monstre d’homme

Mont-de-Piété. — Abréviation. — V. Tante.

Elle tient comme qui dirait un petit mont bourgeois… elle prête sur gages et moins cher qu’au grand mont.

E. Sue.

Monstrico

Mont-de-Piété de la rue des Blancs-Manteaux ; le chef-lieu de ce grand département du prêt sur gages.

Monstrico

s. m. Personne laide comme un petit monstre. Le mot appartient à H. de Balzac.

Mont

La petite éminence placée à l’entrée du con de la femme, qu’on appelle vulgairement la motte.

Car il faut des oublis antiques
Et des pudeurs d’un temps châtré
Venger dans des strophes plastiques,
Grande Vénus, ton mont sacré !

Th. Gautier.

Mont

s. m. Établissement du Mont-de-Piété, — dans l’argot des faubouriens. Le grand Mont. Le Mont-de-Piété de la rue des Blancs-Manteaux. Le Petit Mont. Le commissionnaire au Mont-de-Piété.

Mont (le grand)

s. m. Ensemble de pratiques ou de paroles qui ont pour but de faire croire à quelqu’un une chose qui n’existe pas, et surtout de le faire agir en vertu de cette fausse croyance. On dit aussi montage de coup. Cette plaisanterie est fréquente dans les ateliers ; mais le compagnon, « né malin », ne coupe pas toujours.

Mont de Vénus

Cartes préparées. — Un beau montage, cartes préparées qui ont fourni une longue carrière, — dans l’argot des grecs.

Montage

Cheval de renfort.

Montage

Haricots rouges. — Je me suis collé une hiture de montagnards au vin.

Montagnard

s. m. Cheval de renfort destiné à être mis en flèche aux omnibus pour les montées difficiles.

Montagnard

s. m. Beignet au centre duquel est un peu de confitures de groseilles. L’expression date de 1848 : elle a été appliquée à cette sorte de beignet, par les Associations de cuisiniers, et n’a pas plus duré qu’elles.

Montagnard

Potence, — dans l’ancien argot.

Montagnards

Pantalon.

Montagne de géant

Pantalon.

Montant

Pantalon.

Montant

Pantalon.

Montant

Pantalon. — Le mot a été fait pour les anciennes culottes qui montaient assez haut. — V. Tirant.

Montant

Mur. — Pantalon ; c’est le mur de la décence.

Montant

Bas.

Quoi que ça veut dire ? criait une autre, des montants de soie dans de vieux ripatons !

(Huysmans, les Sœurs Vatard.)

Montant

s. m. Forte saveur ; relief bien accusé. Se dit à propos des choses et des personnes. Une phrase a du montant quand elle est énergique. Une femme a du montant quand elle a du cynisme.

Montant

s. m. Pantalon, — dans l’argot des voleurs.

Montant

Mur. Pantalon. Pas.

Montant

Pantalon. Il monte en effet le long des jambes. Le montant à pattes d’éléphant est, depuis des années, le signe distinctif des citoyens à trois ponts (Argot des souteneurs). V. Falzar. N.

Montant

Pantalon.

Montant

Culotte.

Montant

Culotte.

Montante

Une chaise.

Montante

Culotte.

Montante

Échelle, — dans le jargon des voleurs.

Montante

Échelle. L’image est frappante. Quand, autrefois, l’échafaud était élevé de treize marches que le condamné devait gravir, on nommait les marches la montante du calvaire (Argot des voleurs). N.

Montante

s. f. Échelle, — dans le même argot [des voleurs].

Montante

Échelle.

Montante

Échelle.

Montante

Avoir un membre viril d’une belle longueur, ou d’une exiguïté fâcheuse.

Elis en fut quitte pour faire élection des plus gros montés, qui se pouvaient trouver.

Brantôme.

C’est que t’as l’air d’en avoir pour deux… T’es bien monté… mâtin.

Lemercier de Neuville.

Montante, lève-pieds

Les cambrioleurs. Ils sont ainsi nommés parce que ces voleurs opèrent généralement dans les chambres de domestiques situées aux étages supérieurs. Ils montent en l’air (Argot des voleurs). N.

Monté (être bien ou mal)

Cambrioleur.

Monte en l’air

Avoir un miché, et aller dans une chambré quelconque du bordel tirer un coup avec lui.

Rester ici au lieu d’aller au salon avec toutes ces dames… toujours descendre et ne jamais monter.

Lemercier de Neuville.

Monte en l’air

Pour monter une pièce nouvelle, la préparer, — dans le jargon du théâtre. — Est-ce qu’on monte quelque chose pour le mois prochain ?

Monter

Exciter quelqu’un à faire une chose. Il a fallu joliment le monter pour arriver à lui faire dire oui. — L’exciter contre quelqu’un. Il l’a monté contre son frère ; c’est, mot à mot : monter la tête. — Être monté, être surexcité, être très en colère.

Monter

v. n. S’emporter, se mettre en colère, — dans l’argot du peuple. Faire monter quelqu’un. L’exaspérer, l’agacer.

Monter

S’emporter. Enflammer, surexciter.

Monter

Se passionner, exagérer les choses, s’exalter. Mot à mot : se monter la tête.

Monter

Être atteint d’une tumeur inflammatoire dans la région de l’aine, tumeur désignée sous le nom de « poulain ». (Argot des voyous).

Monter (se)

S’impatienter, se mettre en colère.

Monter à cheval

Être guillotiné. Mot à mot : monter à l’échelle de l’échafaud. L. L. Monter à l’échelle a une toute autre signification dans le peuple ; cela veut dire : faire mettre quelqu’un en colère.
— Il a la tête près du bonnet, il s’enlève comme une soupe au lait.
On dit aussi :
— Il a un si sale caractère qu’il grimpe à tout bout de champ (Argot du peuple). N.

Monter à l’arbre

v. n. Être le jouet innocent de quelques farceurs qui font pour vous, homme, ce que d’autres farceurs font pour Martin, ours, au Jardin des Plantes, — sans réfléchir que, furieux d’être ainsi joué, vous pouvez leur casser les reins d’un coup de griffe. On dit aussi Monter à l’échelle.

Monter à l’échelle

Se fâcher, se mettre en colère. Si l’on plaisante un ami et qu’il se fâche il monte a l’échelle.

Monter à l’échelle

Passer un moment avec une fille publique sans débourser d’argent, est monter aux châsses. Monter sans payer sur la tour Eiffel est monter aux châsses.

Monter à l’échelle

Obtenir de l’avancement.

Monter aux châsses

Mentir.

As-tu fini ? Pour m’éprouver, tu veux monter des couleurs, belle Zaïre, mais cela ne va pas.

Decourcelle, 1840.

Monter d’un cran

Grandir. — Votre moutard monte en graine.

Monter des couleurs

Mentir pour connaître la vérité. Monter un coup, tendre un piège.

Monter des couleurs

Celui qui commet le vol à l’aide d’effraction ou fausses clés monte en l’air.

Monter en graine

v. n. Vieillir, — dans l’argot des bourgeois, qui disent cela surtout à propos des filles destinées à coiffer sainte Catherine.

Monter en graine

Aller et venir sous les fenêtres d’une belle, devant la porte de son magasin, ni plus ni moins qu’un soldat de l’amour en faction.

Monter en l’air

Le faire bander par des polissonneries en paroles ou en actions.

Mais rien ne monte la tête,
Non, rien n’est plus polisson
Qu’une langue toujours prête
À vous lecher le bouton.

Lemercier de Neuville.

Monter la garde

Se monter la tête, ou plutôt l’imagination à propos d’une femme avec qui l’on désire coucher ou d’un homme que l’on se rêve pour amant. Se dit spécialement des filles qui ont des toquades pour tel ou tel homme, coiffeur ou poète, peintre ou goujat, qui a un grand talent ou un gros paquet.

Conserve tes vers pour une autre Muse
Qui se montera mieux te bourrichon.

(Parnasse satyrique.)

Monter la tête (se)

v. réfl. Se donner un courage factice, soit en buvant, soit en se répétant les outrages qu’on a subis et dont on veut tirer raison. Argot du peuple.

Monter la tête à un homme

Se croire plus que l’on est.

Monter le baluchon (se)

(V. Delvau.) Se monter le coup.

Monter le bourrichon (se)

Tendre un piége.

C’est des daims huppés qui veulent monter un coup à un ennemi.

E. Sue.

Monter le cou (se)

Tromper. V. coup.

Monter le coup

Faire accroire ce qui n’est pas.

Monter le coup

Tromper. Monter un chopin, préparer un vol. Monter la couleur, monter un schtosse, mentir, tromper.

Monter le coup

Mentir, abuser, tromper.

Monter le coup

Étre crédule, s’imaginer que toutes les femmes sont vertueuses, ou que l’on peut les baiser sans les payer.

Si tu croit que je suis novice, tu t’ monte le coup.

Lemercier de Neuville.

Monter le coup

Leur promettre mille jouissances par des provocations de toilette, de regards, de paroles, d’attouchements — et se contenter de les faire jouir prosaïquement.

Et cette crinoline !… En voilà encore une invention qui nous aide à monter le coup aux hommes.

Lemercier de Neuville.

Monter le coup (se)

Même sens — cambrioler.

Monter le coup (se)

v. réfl. Se faire des illusions à propos de quelqu’un ou de quelque chose ; s’attendre à une félicité improbable ou à une fortune impossible. On dit aussi se monter le baluchon.

Monter le coup à quelqu’un

v. a. Le tromper ; lui promettre une chose qu’il désire et qu’on sait ne pas pouvoir lui donner ; mentir. On dit aussi Monter des couleurs et monter le Job.

Monter le coup aux hommes

Se monter le coup. Croire que c’est arrivé ou vouloir le faire croire à un autre (Argot du peuple).

Monter le job

Se monter le coup à soi-même. S’illusionner sur toutes choses. S’imaginer être aimé par désintéressement. En un mot, croire que c’est arrivé
— Mon miché qui s’est monté le verre en fleur que j’y allais de mon voyage, faut-y qu’il soit poire (Argot du peuple). N.

Monter le job (se)

Comparaitre devant un tribunal.

Monter le verre en fleur (se)

Avouer ses crimes et ceux de ses complices (Vidocq). — Il paraît y avoir une certaine relation d’origine entre manger le morceau et monter sur la table.

Monter quelqu’un

v. a. L’exciter par des paroles à faire une chose qu’il ne ferait pas de lui-même.

Monter sur la planche

Faire des révélations.

Monter sur la table

Mettre de l’eau dans une barrique de vin. — (Argot des cabaretiers).

Monter sur la table

v. n. Lever le masque, — dans l’argot des voleurs, qui ne font cela que par bravade, comme Lacenaire s’accusant lui-même d’un crime pour entraîner dans sa chute un complice.

Monter sur la table

Faire croire à une atlaire imaginaire ; présenter à des niais un projet de mise en actions pour exploiter une fonderie de pavés ou une filature de pains de sucre. Monter un bateau, synonyme de monter le coup (Argot du peuple). N.

Monter sur le tonneau

Faire croire à un ami une chose qui n’existe pas.

Monter sur ses ergots

v. n. S’emporter, faire de violents reproches à quelqu’un, — dans l’argot du peuple. On dit aussi Monter sur ses grands chevaux.

Monter un bateau

Tromper.

Monter un bateau

Préparer une mystification.

Monter un bateau

Préparer un mensonge, combiner une mystification, — dans le jargon des voleurs. — Monter un coup, le coup. (V. Coup).

Monter un bateau, un battage

Inventer un prétexte.

Je monte plus d’un coup pour vanter l’auteur Dorville.

1817, Brazier.

Monter un battage, un bateau

« Dans l’armée d’Afrique, c’est essayer de consommer sans payer le cabaretier maltais. » — De Vauvineux. Gandin : Tromperie. — Du vieux mot gandie : tromperie. V. Du Cange.

Monter un chopin

Argot des voleurs. Préparer un mauvais coup, un vol.

Monter un coup

Mentir, avoir de la malice, chercher à mystifier. — C’est une variante de monter le coup, — dans le jargon des voleurs.

Monter un gandin

Mentir. Synonyme de monter le coup à quelqu’un. Stoss en allemand veut dire coup. Ce mot s’est francisé et court les ateliers.
— Pour faire le lundi et ne pas avoir son sac, on monte un schtosse au patron en lui disant que l’on va à l’enterrement de son père.
Il en est qui ont enterré leur père autant qu’il y a de jours dans l’année (Argot du peuple). N.

Monter un schtosse

La baiser, — ce qui est une façon, cavalière de s’exprimer. — La femme est une monture.

Pute ne tient conte
Qui sur son cul monte,
Toz il sont éguals.

(Anciens Fabliaux.)

Le vin si fort le surmonta
Que sur ses deux filles monta.

(Recueil de poésies françaises.)

Disant qu’il ne voulait laisser si aisément une si belle monture, qu’il avait si curieusement élevée, que premièrement il n’eût monté dessus, et su ce qu’elle saurait faire à l’avenir.

Brantôme.

Vous serez le premier qui monterez sur elle,
J’en jure par ma foi, c’est une demoiselle.

Théophile.

Mais ça était un pauvre monteur que ce monsieur le Dauphin.

Tallemant des Réaux.

Mais quand je fis de ma bourse ouverture,
Je ne vis onc plus paisible monture.

Cl. Marot.

Or, allons donc, et je m’assure
Que vaut trouverez la monture
Aussi gaillarde et bien en point.

J. Grévin.

Il n’y a si vieille monture, si elle a le désir d’aller et veuille être piquée, qui ne trouve quelque chevaucheur malotru.

Brantôme.

De qui les femmes aux courtisans
Servent bien souvent de monture

(Recueil de poésies françaises.)

Notre rustre n’eut pas sur sa monture douce
Fait trois voyages seulement,
Qu’il sentit du soulagement.

La Fontaine.

Un aumônier n’est pas si difficile
Il va piquant sa monture indocile,
Sans s’informer si le jeune tendron
Sous son empire a du plaisir ou non,

Voltaire.

Monsieur, je vous entends bien ; vous voulez monter sur moi.

Noël du Fail.

Monter un schtosse

Faiseur.

Je serai le seul monteur de coups À qui tu r’pass’ras en arrière Tes gros sous.

Festeau.

Monter une femme

Comédienne en chambre, femme capable de faire voir à ses amants la lune en plein midi ; femme qui joue la comédie de l’amour.

Monteur de coups

À Paris, on appelle ainsi les cerises du nom de l’endroit où elles sont réputées. On dit de même Montreuil pour pêche, Fontainebleau pour raisin de treille, Valence pour orange. — Qui n’a entendu crier :

V’là des mémorenci, trois sous la livre !

Monteur de coups

s. m. Homme qui vit de mensonges et d’expédients, chevalier d’industrie ; escroc.

Monteuse de coups

s. f. Drôlesse qui joue du sentiment avec plus ou moins d’habileté et s’en fait plus ou moins de revenus.

Monteuse de coups

Exhiber ses pièces sexuel montrer son cul à un homme ou son membre à une femme.

En tombant, elle a montré toute sa boutique.

d’Hautel.

Montmorency

Sortir du pantalon son membre viril — de plus ou moins de longitude — et s’en servir pour mesurer la distance qu’il y a enire les deux méridiens, la méridien femme et le méridien homme, à la grande satisfaction de tous les deux.

Je vis après ce polisson
En si fière attitude
Qu’il m’enflamme en me montrent son
Degré de longitude.

Collé.

Montmorency

s. f. Cerises de Montmorency, — dans l’argot du peuple, qui dit de même Montreuil pour pèche, Fontainebleau pour raisin de treille, Valence pour orange.

Montrer la couture de ses bas

Rompre son engagement, — dans l’argot des cabotins.

Montrer les talons

v. a. S’en aller, s’enfuir, — dans l’argot du peuple.

Montrer sa boutique

Aller à la visite, — en terme de fille soumise.

Montrer son degre de longitude

Quand les filles vont au dispensaire, tous les quinze jours, pour passer la visite sanitaire, elles montrent tout au docteur (Argot des filles).

Montrer son nez

v. a. Faire une courte apparition quelque part, — dans l’argot des employés qui, après avoir montré leur nez à leur ministère, ne craignent pas de lui montrer aussitôt les talons.

Montretout (aller à)

Fille publique qui va à la visite.

Montretout (aller à)

Pêche de Montreuil. — J’ai du beau Montreuil.

Montretout (aller à)

Chapeau haute forme, — dans le jargon des ouvriers.

Montreuil (du)

Mamelles de nourrice, — dans l’ancien argot.

Monument

Sous-entendu, de l’an 40 de la République, c’est-à-dire d’un an qui n’arrivera point. Expression due sans doute aux royalistes.

Je m’en moque comme de l’an 40.

Jaime.

Monzu, Mouzu

Cri.
— Si le pante morace et que les becs de gaz accourent, lingre le pour ne pas être paumé (Argot des voleurs). N.

Moquer comme de l’an 40 (se)

s. f. Épreuve faite à la brosse d’une page de journal avant le serrage définitif de la forme. Se dit aussi des ouvriers qui restent pour corriger cette épreuve et qui attendent pour partir que le journal soit prêt à être mis sous presse, et aussi du temps pendant lequel ils attendent. Morasse vient d’un mot latin : mora, retard.

Moquer comme de l’an quarante (s’en)

Complètement, comme d’une année qui n’arrivera jamais. Argot des bourgeois. Le peuple dit : S’en foutre comme de l’an 40.

Morace

s. f. Inquiétude, danger, remords, — dans l’argot des voleurs, qui ont cependant très rarement des « puces à la muette ». Battre morace. Crier à l’assassin.

Morace

Épreuve d’une page entière de journal tirée à la brosse sur la forme. — Il y a la une, la deux, la trois et la quatre. Vient de : moratio, retard, attente, en latin, parce qu’on attend avec impatience la morasse pour quitter le journal, ou encore parce que la morasse se fait souvent attendre.

Morasse

s. f. Dernière épreuve d’un journal, — dans l’argot des typographes, qui savent mieux que personne être moracii, c’est-à-dire en retard, morari.

Morasse

Inquiétude, danger, remords. Battre morasse, crier à l’assassin.

Morasse

Crier à l’assassin. V. Battre.

Morasse

Danger ; ennui. — Battre morace, crier à l’assassin, crier au voleur.

Morasse (battre)

s. m. Celui qui fait partie de la morasse.

Morasse, Morace, Moresque

Moutard désagréable. Morbac, diminutif de morpion (Argot du peuple).

Morassier

Voir loubac.

Morbac

Morpion.

Morbac

Vermine tenace qui fait élection de domicile sur certaines parties du corps humain.

Morbac

Vermine. Enfant désagréable.

Morbec

Belle ou vilaine fille.

Nous allons voir si l’état d’miché vaut l’mien, et si je s’ra assez chançard pour tomber sur un bon morceau…

Lemercier de Neuville.

Morbec

Réussir certaines parties d’un tableau, — dans le jargon des peintres.

Morceau (beau ou vilain)

Son membre viril — dont la femme est si friande.

Et quelle qu’en soit la longueur,
Aucun morceau ne lui fait peur.

(chanson anonyme moderne.)

Morceau (faire le)

Individu grêlé dont le visage est percé de trous comme une passoire. Morceau de gruyère est une allusion aux innombrables trous dont ce fromage est percé (Argot du peuple). N.

Morceau d’architecture

s. m. Discours lu ou parlé, — dans l’argot des francs-maçons.

Morceau d’un homme (le)

Écrit, page de littérature, article de journal, discours, œuvre d’art, sans esprit, d’un style lourd, compassé.

Morceau de gruyère

s. m. Figure marquée de la petite vérole, — dans l’argot des faubouriens, qui font allusion aux trous du fromage de Gruyère.

Morceau de gruyère

Lime, scie.

Morceau de pâte ferme

Lime. Scie.

Morceau de roi

s. m. Belle fille, jeune et appétissante, — dans l’argot des bourgeois, parmi lesquels on trouverait sans peine quelques Lebel, si on en avait besoin pour quelque Parc-aux-Cerfs.

Morceau de salé

s. m. Femme chargée d’embonpoint, — dans l’argot du peuple. Se dit aussi de quelqu’un malpropre d’habits ou de discours.

Morceau honteux

s. m. Le dernier morceau d’un plat, — dans l’argot des bourgeois, qui n’osent pas y toucher, malgré les sollicitations de leur appétit, parce que la « civilité puérile et honnête » le leur défend.

Mordante

s. f. Scie, lime, — dans l’argot des voleurs.

Mordante

Lime. On dit d’un individu fielleux, qui ne peut prononcer une parole sans dire une méchanceté, qu’il est mordant comme une râpe (Argot des voleurs).

Mordante

Lime.

Mordante

Voir.

Mordante

Être sans force, sans esprit ou sans talent. V. Méchant.

Mordre

Se faire réprimander ; recevoir des coups.

Mordre (ne pas)

Assiette.

Mordre (ne pas)

v. n. Être sans force, sans esprit, sans beauté, — dans l’argot des faubouriens et des filles. On dit aussi, en employant la même ironie : N’être pas méchant.

Mordre (se faire)

Se faire reprendre, réprimander, humilier, battre, — dans l’argot du peuple.

Mordre (se faire)

Repas, mangeaille.

Morfante, Morfiante

Repas, — dans l’ancien argot.

Morfe

Repas.

Morfe

Repas.

Morfe

s. f. Repas, — dans l’argot des voleurs, qui ont emprunté ce mot et ses dérivés à la vieille langue des honnêtes gens.

Morfe

Repas. Refaite du matin, déjeuner. Refaite du jorne, dîner. Refaite de sorgue, souper. Refaite exprime bien l’action de se refaire l’estomac. Morfer est ici pour manger (Argot des voleurs).

Morfe

Repas.

Morfe

Le repas, la mangeaille.

Morfe

Le repas, la mangeaille.

Morfe (la)

Manger. Vieux mot employé par Rabelais au Propos des Beuveurs. Où diable les escarpes ont-ils été dénicher cette expression ? (Argot des voleurs).

Morfé (la)

Assiette.

Morfiailler

v. n. Manger, — dans le même argot [des voleurs], plagiaire de la bonne langue : « Là, là, là, c’est morfiaillé, cela ! » dit Rabelais au Propos des beuveurs. On dit aussi Morfer, Morfier et Morfiller.

Morfiailler

Assiette.

Morfiante

Assiette.

Morfiante

Assiette.

Morfiante

Assiette.

Morfiante

Manger.

Morfiante

s. f. Assiette. On dit aussi Limonade.

Morfiante

Manger.

Morfier

Manger.

Morfier

Manger. Morfiller un truc, avouer un crime.

Morfier, morfigner

Manger. — Se morfiller le dardan, s’inquiéter.

Morfier, morfiller

Passer.

Nous avons vu morfiler le bœuf gras sur la place de la Bastille.

Morfier, Morfiller, Morfiler

Manger.

Morfiler

Manger.

Morfiler

Faire, manger. — Du mot de langue romane morfier : manger. V. Du Cange. — Morfillante : assiette. — V. Chêne, Jaspiner.

Calvi morfile sa dernière bouchée.

Balzac.

Morfiller

Se faire du mauvais sang, se manger le cœur. A. D. Morfiller veut bien dire manger, mais dardant signifie amour. C’est morfiller le vermeil (sang) ou le palpitant (cœur) (Argot des voleurs).

Morfiller

Sel (Vidocq). — De morganer. V. Momir.

Morfiller le dardant (se)

Se faire du mauvais sang, se manger le cœur.

Morfiller le dardant (se)

Sel.

Morfiller un truque

Avouer un crime, manger.

Morgane

Sel, — dans l’ancien argot. — Muronner, saler.

Morgane

s. f. Sel, — dans le même argot. Flouant de la morgane. Escroquerie commise au moyen d’un paquet de sel et d’un mal de dents supposé.

Morgane

Mordre.

Morgane, Muron

Mordre.

Morganer

Mordre.

Morganer

Mordre.

Morganer

Mordre (id.). — Mot de langue romane. V. Roquefort (Mordant).

Morganer

Mordre, — dans le jargon des voleurs.

Morganer

Mordre.

Morganer

v. a. Mordre, — dans le même argot. Signifie aussi Nuire, comme le prouvent ces deux vers de la parodie du Vieux Vagabond de Béranger, par MM. Jules Choux et Charles Martin :

Comme un coquillon qui morgane
Que n’aplatissiez-vous l’gonsier ?…

Morganer

Mordre.

Morganer

Broc (Vidocq). — Allusion à la couleur noire que lui donne le vin.

Morganer

Broc de vin, broc en bois pour le vin.

Moricaud

Charbon, — dans l’ancien argot.

Moricaud

s. m. Charbon, — dans le même argot. Signifie aussi Broc de marchand de vin, — qu’un long usage a noirci.

Moricaud

s. et adj. Nègre, mulâtre, — dans l’argot des faubouriens. Moricaude. Négresse.

Moricaud

Broc de vin. Charbon. Nègre.

Moricaud

Nègre, négresse.

Moricaud

Chapeau à petits bords, l’opposé du bolivar. V. ce mot.

C’était le temps de la lutte des républiques de l’Amérique méridionale contre le roi d’Espagne, de Bolivar contre Morillo. Les chapeaux à petits bords étaient royalistes et se nommaient des morillos ; les libéraux portaient des chapeaux à larges bords qui s’appelaient des bolivars.

V. Hugo.

Moricaud, Moricaude

Porte-monnaie. D’aucuns disent morningue. Il serait plus juste de dire morniflingue, puisque mornifle veut dire monnaie (Argot des voleurs). N.

Morillo

Porte-monnaie.

Morillo

s. m. Chapeau à petits bords que portaient les royalistes au temps de la guerre entre Bolivar et Morillo, c’est-à-dire entre les Républiques de l’Amérique du Sud et le roi d’Espagne. Les libéraux, eux, portaient le bolivar.

Morlingue

Porte-monnaie.

Morlingue

Porte-monnaie.

Morlingue

Bergerie.

Morlingue, porte-mornifle

Bergerie (Argot des voleurs).

Mornante

Mouton, brebis.

Mornante

s. f. Bergerie, — dans l’argot des voleurs.

Mornante

Mouton, brebis.

Morne

Mouton, brebis.

Morne

Mouton (Vidocq). — Du vieux mot moraine : laine. V. Du Cange.

Morne

Mouton. — Mornier, berger.

Morne

Mouton. Mornante, bergerie.

Morne

s. f. Brebis, mouton. On dit aussi Morné, ou plutôt mort-né, qui est la véritable orthographe, parce que c’est la véritable étymologie du mot.

Morne

Bouchée.

Morne

Bouchée.

Mornée

Bouche, bouchée, — dans l’ancien argot.

Mornée

s. f. Bouchée.

Mornée

Berger.

Mornée, mornos

Gifle.
— Je vais te plaquer une morniffle sur la hure si tu m’emmerdes longtemps (Argot du peuple). V. Giroflée à cinq feuilles.

Mornier

Fabricant de finisse monnaie, argent, or, ou billets de banque (Argot des voleurs).

Mornier

s. m. Berger.

Morniffle

Soufflet. — Détacher une mornifle, donner un soufflet.

Morniffleur

Soufflet. Monnaie.

Mornifle

Monnaie.

Mornifle

s. f. Soufflet, coup de poing, — dans l’argot du peuple.

Mornifle

s. f. Monnaie, — dans l’argot des voleurs, qui se la disputent à coups de poing. Mornifle tarte. Fausse monnaie.

Mornifle

Monnaie.

Mornifle

Gifle.

Mornifle

Fausse monnaie, gifle.

Mornifle

Monnaie. — Mornifle tarte, fausse monnaie. — Porte-morningue, porte-monnaie. — Refiler de la fausse mornifle, émettre de la fausse monnaie. (Jargon des voleurs.) Porte-morningue appartient aussi au vocabulaire du peuple.

Mornifleur

Faux monnayeur.

Mornifleur tarte

s. m. Faux-monnayeur.

Mornifleur tarte

Faux-monnayeur.

Mornifleur tarte

Faux monnayeur.

Mornos

La bouche.

Mornos

Bouche.

Mornos

La bouche.

Mornos

La bouche. Manger une bouchée, avaler une mornée (Argot des voleurs).

Morphée

s. m. Sommeil, — dans l’argot des académiciens et des bourgeois. Se jeter dans les bras de Morphée. Se coucher. Être dans les bras de Morphée. Dormir.

Morpion

Pou de corps, parasite de l’homme et de la femme, qui s’attache spécialement aux parties sexuelles — d’où il est difficile de le déloger, à moitis d’employer l’onguent mercuriel ou l’essence de citron.

Cent mille poux de forte taille
Sur ta motte ont livré bataille
À nombre égal de morpions,
Portant écus et morions.

Th. Gautier.

Morpion

s. m. Gamin, enfant désagréable, irritant, — dans l’argot du peuple. On dit aussi, par respect humain, morbaque ; mais la première expression vaut mieux, parce qu’elle est plus franche. Elle se trouve avec son sens entomologique dans les Touches du seigneur des Accords, qui dit à Barbasson :

Tu as ta barbe si rude,
Et les cheveux si épais,
Qu’il semble avoir deux forêts
Où loge une multitude
De morpions et de poux,
Au lieu de cerfs et de loups.

Morpion

Personne dont on ne peut se débarrasser, importun qui s’attache à vos pas.

Morpion

Insecte qui occasionne des démangeaisons fort désagréables. Par analogie, on dit de quelqu’un dont on se débarrasse difficilement :
— Il colle comme un morpion.
On dit également : mille pattes (Argot du peuple).

Morpionner

S’attacher aux pas de quelqu’un, obséder.

Morsures

Marques rosées que les gens qui baisent se font mutuellement dans les spasmes de la jouissance.

Je suis, mon cher savant, si docte avis voluptés,
Lorsque j’étouffe un homme en mes bras veloutés,
Ou lorsque j’abandonne aux morsures mon buste.

Ch. Baudelaire.

Mort

s. m. Partner imaginaire à qui l’on réserve des cartes comme s’il était vivant, — dans l’argot des joueurs de whist et de mistigri. Faire un mort. Jouer le whist à trois personnes, en découvrant le jeu de la quatrième — absente. Prendre le mort. Changer les cartes qu’on vous a données, et qu’on trouve mauvaises, contre celles réservées au partner imaginaire.

Mort

Condamné, — dans le jargon des voleurs.

Mort

Enjeu augmenté après coup par le procédé de la poussette. (L. Larchey)

Mort

Malade. Argot des élèves de l’École de Saint-Cyr. Se faire porter élève-mort.

Mort (faire le)

Jouer le whist à trois personnes, en découvrant le jeu d’un quatrième partenaire imaginaire.

Mais nous ne sommes que trois ! — je ferai le mort.

Achard.

Mort-dans-le-dos

Homme froid, mou, indolent, insensible et sans énergie : — incapable de bander, — dans l’argot du peuple, qui n’aime pas les lymphatiques. — Synonyme de Pisse-froid.

Morue

Femme de mauvaise vie, qu’on pourrait appeler — si l’ichthyologie ne s’y opposait pas formellement — la femelle du maquereau.

Vous voyez, Françoise, ce panier de fraises qu’on vous fait trois francs ; j’en offre un franc, moi, et la marchande m’appelle… — Oui, madame, elle vous appelle… morue !

Gavarni.

Morue

Femme abjecte.

Vous voyez, Françoise, ce panier de fraises qu’on vous fait trois francs ; j’en offre un franc, moi, et la marchande m’appelle… — Oui, madame, elle vous appelle… morue !

Gavarni.

Morue

s. f. Femme sale, dégoûtante, — dans l’argot des faubouriens. Se dit aussi, comme injure, d’une Femme laide et d’une gourgandine.

Morue

Femme qui pue ; salope, — dans le jargon des Halles. Épithète dont ces dames gratifient volontiers les bourgeoises qui déprécient la marchandise ou qui, marchandent trop. Mot à mot : qui pue comme une morue.

Morue

Lot d’ouvrages manuscrits que les anciens colporteurs faisaient imprimer à leurs frais. — Les canards ont eu raison des morues.

Morue

Femme sale ou de mauvaise vie.

Morue

Terme employé par les femmes des halles pour répondre aux râleuses qui leur offrent un prix dérisoire de leurs marchandises.
— Va donc, morue, faudrait-y pas te foutre du beurre avec et te le porter à ton poussier (Argot du peuple).

Morveux

s. m. Gamin ; homme sans conséquence, — dans l’argot du peuple, qui daigne quelquefois moucher ces adversaires-là comme les autres.

Morviau

s. m. Le nez, — dans l’argot des faubouriens. Se dit aussi pour les Mucosités qui sortent du nez.

Morviau

Morve. — Petit morveux.

Mot

s. m. Trait spirituel, repartie plaisante, — dans l’argot des gens de lettres. Faire des mots. Émailler la conversation de plaisanteries et de concetti.

Mot de Cambronne (le)

Ce n’est pas « La garde meurt et ne se rend pas ! » mais tout simplement « Merde ! » La phrase propre n’eût peut-être pas été entendue au milieu du bruit du canon, dans cette mêlée sanglante de Waterloo ; tandis que le mot énergique que tout le monde connaît était la seule réponse possible en un pareil moment.

Mot de la fin

La nouvelle à la main, souvent cruelle pour quelqu’un, par laquelle un chroniqueur doit terminer sa chronique.

Mot de valeur

s. m. Mot ou phrase d’un rôle, qu’un acteur lance avec finesse ou avec énergie, selon les cas, et qui produit un grand effet sur le public. Argot des coulisses. La Croix de mon père ou de ma mère, — Je ne mange pas de ce pain-là, — J’ai l’habit d’un laquais, et vous en avez l’âme, etc., etc., sont des mots de valeur.

Motif

s. m. Sujet de paysage, — dans l’argot des artistes.

Mots

s. m. pl. Injures ; reproches, — dans l’argot des ouvriers et des grisettes. Avoir des mots avec quelqu’un. Se fâcher avec lui.

Mots (avoir des)

Échanger des reproches.

En rentrant du bal avec ton amant, vous avez eu des mots, et il t’a flanquée à la porte.

Montépin.

Mots à queue

C’est une plaisanterie d’atelier fort amusante. C’est un homme de l’artichaud Colas. On en a fait des à-peu-près tout aussi drôles sur les heures. Il est une heure, (teneur) de livres. Deux heures, (deux sœurs) de charité. Trois heures, (toiseur) vérificateur. Quatre heures, (cardeur) de matelas. Cinq heures, (zingueur) plombier. Six heures, (ciseleur) sur métaux. Sept heures, (cette heure) est la mienne. Huit heures, (huîtres) d’Ostende. Neuf heures, (neveu) de son oncle. Dix heures, (diseur) de bonne aventure. Onze heures, (on se) réunira à la maison mortuaire pour midi (Argot des ateliers).

Mots gras

s. m. pl. Gaillardises, — dans l’argot des bourgeois, dont le langage est taché de ces mots-là.

Mots inconnus

La kyrielle de cris d’ardeur, de mots étouffés, mourants et sans suite que l’on prononce dans le paroxysme de la jouissance, tels que : …Tout à toi !… à moi !.. arrête… là !… ah !… plus vite… va donc !… ah ! je sens… je fonds… arrête… je jouis… oh !…

Qu’elle est superbe en son désordre,
Quand elle tombe lès seins nus,
Qu’on la voit, béante, se tordre
Dans un baiser de rage, et mordre
En criant des mots inconnus.

A. de Musset.

Motte

Le Mont-Sacré, la petite éminence osseuse qui couronne la nature de la femme, et qui est quelquefois glabre, mais le plus souvent pubescente, c’est-à-dire, couverte de poils.

Et quand il trouve la chemise, il la lève et m’appuie la main sur la motte, qu’il pince et frise quelque temps avec les doigts.

Mililot.

Le mécréant se reculons,
Et regagne ses bataillons ;
L’un va pleurer sur une motte,
Et l’autre hélas ! sur les couillons.

B. de Maurice.

Ces petits cons à grosse motte,
Sur qui le poil encor ne glotte,
Sont bien déplus friands boucans.

(Cabinet satyrique.)

Mais toutes ces beautés, mon Aline, croîs-moi,
Cèdent à la beauté de ta motte vermeille.

Théophile.

Motte

Maison centrale de force et de correction, — dans le jargon des voleurs. — Dégringoler de la motte, sortir d’une maison centrale.

Motteux

s. m. Ouvrier en mottes à brûler, — dans l’argot des faubouriens. Signifie aussi Marchand de mottes.

Mou comme une chique

Homme de peu de consistance, sans volonté, qui travaille mollement. Allusion au morceau de tabac que le chiqueur a mâché toute une journée : il est mou. De là, mou comme une chique (Argot du peuple).

Mou de veau

Gorge flasque, tombante.

L’autre dit que sa gorge était un, mou de veau.

L. Protat.

Mou enflé (avoir le)

Être enceinte, — dans le jargon des voyous.

Mou pour ton chat

Quand on regarde avec insistance une jolie fille et que cela ne lui plaît pas, elle répond :
— Ça, mon vieux, c’est pas du mou pour ton chat.
D’aucunes, plus expressives, disent :
— Tu peux regarder, c’est pas de la viande pour ton serin (Argot du peuple). N.

Moucaire

Femme laide, — dans le jargon des voyous. De l’arabe moukère. (V. ce mot.)

Mouchailler

Regarder.

Mouchailler

Écouter, épier.

Mouchailler

Regarder.

Mouchailler

Regarder.

Mouchailler

v. n. Regarder, observer sans en avoir l’air, — dans l’argot des voyous.

Mouchailler

Regarder à la dérobée, regarder en dessous.

Mouchailler

Regarder à la dérobée.

Mouchailler, moucharder

Espionner, dénoncer. — En 1455, les gueux ou coquillards de Dijon disaient déjà mouschier à la marine, pour dénoncer a la justice.

Mouchard

s. m. Agent de police, — dans l’argot du peuple qui a eu l’honneur de prêter ce mot à Molière. Se dit aussi de tout individu qui a l’air d’espionner, de tout ouvrier qui rapporte, etc.

Mouchard

s. m. Portrait peint, parce qu’il a l’air de vous regarder, où que vous vous mettiez.

Mouchard

Portrait à l’huile. (Delvau).

Mouchard

Agent de la police de sûreté. Espion. Portrait.

Mouchard à bec

Réverbère.

Mouchard à becs

s. m. Réverbère, — dans l’argot des voyous.

Mouchard à becs

Réverbère.

Mouchard, mouche

Espion de police. — On connaît l’indiscrétion des mouches ; elles se fourrent partout. — Dans une brochure de circonstance qui parut en 1625 (le Marchand arrivé sur les affaires du temps), on enjoint aux cabaretiers de frauder les droits de perception en ayant du vin chez leur voisin et n’allant le chercher que la nuit

pour n’estre pas veuz des mouches de ce païs icy qui valent pire que des guespes d’Orléans.

Dans ses Politiques, Vincent Cabot (Toulouse, 1636) traite, en son chapitre II,

Des mouschards et escouteurs desquels les princes et les républiques se servent pour sçavoir les nouveautés et les entreprises.

Mouchard, mouche

Policier.

Moucharde

Lune.

Moucharde

Lune. V. Cafarde.

Mais bientôt la patraque au clair de la moucharde nous reluque de loin.

Vidocq.

Moucharde

s. f. La lune, qui, de ses gros yeux ronds, a l’air d’assister au détroussement ou au meurtre d’un homme sur une route.

Moucharde

Lune, — dans le jargon des voleurs.

Moucharde

La lune.

Moucharde

La lune. Elle se montre souvent fort mal à propos pour déranger messieurs les voleurs dans leurs expéditions nocturnes (Argot des voleurs). N.

Moucharde

La lune.

Moucharde (la)

La lune.

Moucharder

v. a. et n. Espionner la conduite de quelqu’un.

Mouche

Vilain.

Mouche

« Mouche, pour ceux qui ne comprendraient pas le langage parisien, signifie mauvais. » — Troubat. — Un volume intitulé les Mystères des théâtres, par un vieux comparse, publié en 1844, donne mouche dans le même sens. V. Toc.

Mouche

s. f. Agent de police, — en général et en particulier.

Mouche

s. f. Mousseline, — dans l’argot des voleurs.

Mouche

adj. des deux g. Mauvais, laid, désagréable, embêtant comme une mouche, — dans l’argot des faubouriens.

Mouche

Agent de police.

Mouche

On désigne ainsi à Paris les bateaux à vapeur qui font sur la Seine un service de transport à l’usage des voyageurs.

Malgré… les chiens et les chevaux qu’on baigne… les bateaux qu’on décharge, les mouches qui passent en fouettant l’eau de leurs ailes et en la troublant de leur fumée, la Seine largement engraissée par les détritus de la grande ville abonde en poissons.

(Bernadille.)

On désigne aussi ces bateaux sous le nom d’hirondelles.

Mouche

Mousseline. Mauvais. Laid.

Mouche

Laid, bête, ridicule.
— Elle est rien mouche, la môme à Poil-aux-pattes (Argot du peuple).

Mouche (la)

La police ; tout ce qui relève de la préfecture de police.

Mouche (la)

La police.

Mouche à miel

Argot des écoles. Se dit des aspirants à l’École centrale.

Mouche, Moche, Mouchique

Laid, mauvais, sans valeur, désagréable. — Toc a succédé à mouche avec le même sens, et moche, variante de mouche, a battu en brèche toc, déjà démodé parmi les voyous. — Être mouchique à la sec, être mal noté dans son quartier, avoir eu déjà des démêlés avec le commissaire de son quartier. Sec est mis par abréviation de section.

Moucher

Boucher. V. Esbrouffer.Moucher : Corriger, remettre les gens à leur place. Mot à mot : éteindre leur insolence. — Moucher : Tuer, c’est-à-dire éteindre la flamme de la vie.

Aussi ne se passait-il guère d’heures qu’il n’y eût quelqu’un de mouché.

Mém. de Sully, seizième siècle.

Je l’enfile par un coup droit. Encore un de mouché.

Randon.

Du vieux mot muchier : cacher, couvrir. V. Roquefort.

Moucher

v. a. Attraper, donner une correction, un soufflet, — dans le même argot [des faubouriens]. Se faire moucher. Se faire battre. On dit aussi Se faire moucher le quinquet.

Moucher

v. a. Tuer, — dans l’argot du peuple.

Moucher

Battre. — Remettre quelqu’un à sa place. — Se faire moucher, se faire remettre à sa place.

Moucher

Battre. Tuer.

Moucher

Faire mal. Celui qui s’est fait mal s’est mouché.

Moucher (se)

Bander, baiser ou se branler — afin de décharger.

Le vieux maréchal de Villerol ayant été envoyé à Lyon, en 1717, pour apaiser une sédition, ce ne furent pendant son séjour que réjouissances et. fêtes continuelles. Une grande dame de Paris, ayant appris que les Lyonnaises s’empressaient fort d’écrire au maréchal, écrivit à l’une d’elles : « Mandez-moi donc à qui M. le maréchal a jeté le mouchoir. » La vieille madame de Breault, qui habitait Lyon, et qui avait été autrefois des amies de Villerol, vit cette lettre et dit à celle qui la lui montrait : « Écrivez à votre amis qu’il y a longtemps que le maréchal ne se mouche plus. »

P. Larousse.

Moucher (se)

Faire, disparaître de l’argent, s’approprier quelques pièces d’or ou d’argent prises dans la masse constituant une banque, — dans l’argot des garçons de jeu. C’est ordinairement en se mouchant que s’exécute ce tour d’escamotage ; de là le nom.

Moucher du pied (ne pas se)

Avoir le geste prompt et le soufflet facile. Signifie aussi Avoir des allures de bourgeois, et même de grand seigneur. On dit dans le même sens : Ne pas se moucher du coude.

Moucher la chandelle

Retirer son membre du vagin de la femme, au moment de l’éjaculation, afin que le suif qui en coule ne le brûle pas, et surtout n’y dépose pas de la semence d’enfante.

Comment, disait-il,
D’un mari, ma belle,
Malgré la chandelle
Tromper l’œil subtil ?
— Mouchez, disait-elle.

Victor Mabille.

Moucher la chandelle

S’adresser pour l’explication aux cinq vers suivants qui jouent très-finement sur le mot :

Comment, disait-il, D’un mari, ma belle, Malgré la chandelle, Tromper l’œil subtil ? — Mouchez, disait-elle.

V. Mabille.

Moucher la chandelle

v. a. Être décidé à mourir sans postérité. On dit aussi Effacer.

Moucher la chandelle

Pour les collégiens, c’est s’inspirer du jeune Onan. Pour les hommes mariés, c’est suivre l’école matrimoniale de Malthus.

Moucher le quinquet (se faire)

Recevoir une verte correction, une formidable volée (Argot du peuple).

Moucher sa chandelle

Mourir.

Moucher sur sa manche (se)

v. réfl. N’avoir pas encore l’expérience nécessaire, la rouerie indispensable ; en être à ses débuts dans la vie. Ne pas se moucher sur sa manche. Être hardi, résolu, expérient, « malin ». Cette expression est la révélation d’un trait de mœurs certainement oublié, et peut-être même ignoré de ceux qui l’emploient : elle apprend qu’autrefois on mettait son mouchoir sur sa manche gauche pour se moucher de la main droite.

Moucheron

Enfant.

La portière et son moucheron.

Léonard, parodie, 1863.

Moucheron

s. m. Gamin, enfant, apprenti, — dans l’argot des faubouriens.

Moucheron

Enfant. — Apprenti.

L’an passé, papa a mis pour moi quinze cents francs à la tontine, et v’là déjà trois moucherons de claqués !…

(Rando)

Mouches (envoyer des coups de pied aux)

Mener une conduite déréglée, — dans le jargon des coulisses. C’est ce que le peuple appelle : Jeter son bonnet par-dessus les moulins.

Mouches (tuer les)

On dit de quelqu’un qui a une haleine infecte :
— Il tue les mouches à quinze pas (Argot du peuple). V. Pot de chambre cassé dans l’estomac.

Mouches au vol (tuer les)

Sentir mauvais de la bouche. La variante est : Tuer les mouches à quinze pas.

Mouches d’hiver

s. f. pl. Flocons de neige. Il tombe des mouches d’hiver. Il neige.

Mouchettes

s. f. pl. Mouchoir, — dans l’argot des faubouriens, qui s’en servent pour les chandelles.

Mouchettes (des)

Non.

Tu m’as volé ! tu vas rendre ! — Des mouchettes.

Léonard, id.

Mouchettes (des) !

Exclamation de refus, de la même famille que Des navets ! Du flan ! etc.

Moucheur de chandelle

Militant de l’école d’Onan. — Militant de l’école de Malthus.

Mouchic

Infirme.

Mouchique

Laide, mauvaise, sévère.

Mouchique

adj. Extrêmement muche, — dans l’argot de Breda-Street.

Mouchique

adj. Laid, mauvais, — dans l’argot des voleurs, qui, pour forger ce mot, n’ont pas dû songer aux moujiks russes de 1815, comme l’insinue Francisque Michel, mais ont eu certainement en vue leurs ennemis naturels, les mouchards. Être mouchique à la section. Être mal noté chez le commissaire de police de son quartier.

Mouchique

Laid, mauvais, sévère. Mouchique à la section, mal noté dans son quartier.

Mouchique

Laid à faire peur. Vient du mot russe mejiks (Argot du peuple). N.

Mouchique à la section

Mal noté dans son quartier. Quartier est synonyme de section, depuis la division des arrondissements en sections pour les votes (Argot du peuple). N.

Mouchoir

s. m. Aniterge, — dans l’argot des bourgeois.

Mouchoir

s. m. La main, — dans l’argot des faubouriens, qui ont l’habitude de s’en servir pour moucher les autres et se moucher eux-mêmes. Ils s’en servent aussi comme Aniterge.

Mouchoir

Pistolet de poche.

Mouchoir à bœufs

Champ.

Aujourd’hui la belle est une maison à quatre étages, une ferme en Beauce, un mouchoir à bœufs, un moulin !

(Madame de Girardin, Correspondance parisienne.)

Mouchoir d’Adam

s. m. Les doigts.

Mouchoir de poche

s. m. Pistolet de poche, avec lequel on peut moucher les importuns de nuit à quinze pas. Argot des faubouriens.

Moudre

Faire l’acte vénérien.

Et moulait au moulin de la dame toujours très-bien, sans y faire couler l’eau.

Brantôme.

Et en jouant et passant le temps ensemble commencèrent à moudre fort et ferme.

P. de Larivet.

Moudre

v. a. et n. Jouer de l’orgue de Barbarie ou de la serinette. On dit aussi Moudre un air.

Moudre un air

Jouer l’orgue de Barbarie.

Mouf

Abréviation de Mouffetard. La rue Mouf, la rue Mouffetard.

Le garçon du marchand de vin d’à côté secouait un panier à salade et quelques gouttes d’eau atteignirent le front de la jeune fille qui se retourna et s écria avec une voix de rogomme et le plus pur accent mouf-mouf : Ah ! mince… tu pourrais donc pas secouer tes pissenlits d’équerre, espèce ed’mastroc empaillé !

(Clairon, 1882.)

Moufflanté, merriflauté

Chaudement vêtu.

Moufflet

s. m. Enfant, gamin, apprenti, — dans l’argot du peuple, qui a dit autrefois moufflard, dérivé du verbe mouffler (enfler le visage), inusité aujourd’hui.

Moufflet

Enfant.

Moufflet

Enfant.

Moufier

Baiser.

Moufion

Mouchoir ; Moufionner, se moucher.

Mouflon

Mouchoir.

Mouillante

Morue.

Mouillante

Morue.

Mouillante

Morve.

Mouillante

Soupe (Vidocq). — Mouillante : Morue. — On sait que la morue trempe ordinairement dans des baquets d’eau.

Mouillante

s. f. Soupe, — dans l’argot des voyous.

Mouillante

Morue. — Soupe, et aussi bouillante, — dans l’ancien argot.

Mouillante

La soupe (Argot du peuple). V. Laffe.

Mouillante, mouise

Soupe.

Mouillé (être)

v. pron. Être signalé comme suspect, — dans l’argot des agents de police.

Mouillé (être)

Être ivre, — dans l’argot des faubouriens.

Mouillé (être)

Être mal noté. — Être signalé à la police.

Mouillé (être)

Être signalé à la police. Être ivre.

Mouiller

Faire l’acte vénérien, — au bout duquel les deux, acteurs se sentent réciproquement inondés de sperme.

La nature entière se pâme
Sous un baiser mystérieux,
Et se mouille comme une femme,
Sous le vit du plus beau des dieux.

(Parnasse satyrique.)

Mouiller

Attraper une punition, — dans l’argot du régiment.

Mouiller

Argot théâtral. Jouer bien. — Mouiller à ou dans ; toucher des droits d’auteur.

Mouiller (se)

v. réfl. Boire avec excès.

Mouiller (se)

Commencer à se griser. On se mouille, on s’émèche, on se culotte, on se poivre.

Mouillez-vous pour sécher, ou séchez pour mouiller.

(Rabelais, l. I.)

Mouiller les pieds (se)

Aller à Nouméa.

Interrogé, il s’écria : Vous me ferez faucher le pré, mais je ne veux pas que les camarades se mouillent les pieds.

(Événement, 1882.)

Mouiller ses bibelots

Pisser dans son pantalon (Argot du peuple).

Mouiller ses draps

Avoir des pollutions nocturnes ; jouir comme Ixion, d’une nuée qui a le con d’une femme ou la pine d’un homme.

Il n’est que toi, V***, ma toute belle,
Qui seule, hélas ! te chatouillant le sein.
Fais chaque nuit des rêves de pucelle,
Et sans plaisir mouilles ton travertin.

J. Duflot.

Mouiller une femme

Décharger à son profit la provision de sperme que l’on a dans les couilles.

Va… va… va… petit homme…. Ah ! cela vient.. Tu me mouilles… Ah !…

H. Monnier.

Mouisard

Miséreux.

Mouise

Soupe.

Mouise

Misère.

Mouise

Soupe.

Mouisse

s. f. Soupe économique, potage à la Rumfort, — dans l’argot des voleurs et des troupiers.

Moukaire

Femme, — de l’espagnol.

Moukala

Fusil. Argot des régiments d’Afrique.

Moukalah

Fusil, — de l’arabe.

Moukère (avoir sa)

Être en bonne fortune, — dans l’argot du régiment. C’est une expression d’importation africaine. En arabe, moukère signifie femme.

Moule

Imbécile. C’est un pendant à huître, pris dans le même sens.

Il faudrait être rudement moule pour trouver qu’on vous a fait perdre votre temps.

(Tam-Tam du 16 mai 1880.)

Moule à blagues

s. m. La bouche, — dans l’argot des faubouriens.

Moule à boutons

s. m. Pièce de vingt francs, — dans l’argot des voyous.

Moule à claques

s. m. Figure impertinente qui provoque et attire des soufflets, — dans l’argot du peuple. Se dit aussi pour la main, qui distribue si généreusement les soufflets.

Moule à gaufre

Individu dont le visage a été ravagé par la petite vérole. Allusion au moule employé par les gaufriers (Argot du peuple). N.

Moule à gaufres

s. m. Figure marquée de trous de petite vérole, — par allusion cruelle aux dessins capricieux des deux plaques de fer qui servent à faire la pâtisserie légère et croquante qui nous vient des Flandres et qu’affectionnent les enfants.

Moule à gaufres

Individu grêlé.

Moule à melon

Bossu.

Moule à merde

Le cul, — d’où la merde sort en effet moulée en corde à puits.

D’un moule à merde il fait un moule, à pine,
Et bat le beurre au milieu d’un étron.

(Chanson anonyme moderne.)

Moule à merde

Derrière.

Moule à pastilles, moule à gaufres

Visage marqué de petite vérole, par allusion aux trous des moules à pastilles.

Moule à pets

Homme qui se lâche facilement. Dans le peuple on dit :
— Avec un vent pareil, il va pleuvoir de la merde.
On dit également :
— Si on chante comme ça à ton enterrement, il y aura plus de cochons que de curés (Argot du peuple). N.

Moule aux guillemets

s. m. C’est l’Huile de cotrets des troupiers.

Moule de gant

Soufflet. — La main est un moule de gant.

Ne faut pas avoir un air, sans ça j’te repasse un moule de gants qui ne t’en restera pas une dent.

1844, Cat. poissard.

Je lui donnai sur sa face un moule de gant.

Rétif, 1783.

Moule de gant

s. m. Soufflet, — dans l’argot des faubouriens.

Moule de gant

Soufflet.

Moule de pipe à Gambier

Personne grotesque ; caricature vivante.

Moule de saut

Soufflet. Moule de pipe, tète grotesque.

Moule du bonnet

s. m. La tête, — dans l’argot du peuple, qui parle comme écrivait Rabelais.

Moule est cassé (le)

Se dit d’un personnage exceptionnel, inimitable. L. L. Cette expression n’est pas prise dans ce sens parmi le peuple ; elle est employée pour dire d’une femme qui a passé l’âge, qui ne marque plus, qu’elle ne peut plus faire d’enfants : le moule est cassé (Argot du peuple). N.

Moulin

s. m. Maison du receleur de plomb volé, qu’on appelle le meunier.

Moulin

Maison du receleur (meunier).

Moulin

Boutique du receleur. C’est pour cette raison, sans doute, que l’on nomme le receleur, le meunier (Argot des voleurs). N.

Moulin

Boutique de recéleur (argot des plombiers et couvreurs).

Moulin à café

s. m. Orgue de Barbarie, qui semble en effet moudre des airs. Argot du peuple.

Moulin à café

« De temps à autre, on fait une rafle des malheureuses créatures inscrites sur le livre de la police dite des mœurs, on en fait une cargaison qu’on expédie dans une colonie. Les femmes ainsi dépaysées sont ce qu’on appelle, en terme de police, passées au moulin à café. »

(Procès de la Lanterne, 27 janv. 1879, plaidoirie de Me Delattre.)

Moulin à café

Mitrailleuse, — dans le jargon des soldats. (L. Larchey)

Moulin à café

Mitrailleuse.

Moulin à café

Le tribunal correctionnel. Allusion à la vitesse avec laquelle les juges expédient les affaires. Les prévenus sont condamnés à la vapeur (Argot du palais). N.

Moulin à m…

La bouche. Personne mal embouchée.

Moulin à merde

Se dit d’une vilaine bouche, — comme de la plus mignonne et la plus rosé.

Si vous croyez baiser une belle petite bouche, avec des dents bien blanches, vous baisez un moulin a merde ; tous les mets les plus délicats : les biscuits, les pâtés, les tourtes, les farcis, les jambons, les perdrix, les faisans, le tout n’est que pour taire de la merde mâchée.

(Lettre de la duchesse d’Orléans à l’Electrice de Hanovre.)

Moulin à merde

s. m. La bouche, — dans l’argot du peuple. L’expression est horriblement triviale, j’aurais mauvaise grâce à le dissimuler, mais le peuple est excusé de l’employer par certaine note du 1er volume de la Régence, d’Alexandre Dumas.

Moulin à merde

Personne mal embouchée.

Moulin à merde

La bouche. En mangeant, elle travaille pour Richer (Argot du peuple).

Moulin à paroles

Femme bavarde qui ne tarit pas, qui parle avec volubilité. Elle broie les paroles comme le moulin, le café (Argot du peuple).

Moulin à vent

s. m. Le podex, — dans l’argot facétieux et scatologique des faubouriens.

Moulin à vent

Derrière.

Et le monde n’en mange plus que de la mouture de moulin à vent.

(Il Putanismo.)

Moulin à vent

Le derrière. Dans la Chanson du Propriétaire on trouve : Moulin à eau par devant, Moulin à vent par derrière. (Argot du peuple). N.

Moulin à vents

Le derrière.

Moulin, maison du meunier

Recéleur. — Boutique de recéleur.

Moulinage

s. m. Bavardage, — dans l’argot des voleurs.

Moulinage

Bavardage.

Mouliner

v. n. Bavarder.

Mouliner

Parler beaucoup ; dire des niaiseries.

Mouliner

Bavarder.

Mouloir

Bouche.

Mouloir

s. m. La bouche, — dans l’argot des voleurs.

Mouloir

Bouche ; dent.

Mouloir

Bouche.

Moulure (faire une)

faire ses nécessités. Variante : Pousser une moulure.

Moumoutte

Les faux cheveux que l’homme dénude se met sur le dessus de la tête pour cacher son calvitie, c’est une moumoutte ou un gazon.

Mouniche

Le sexe d’une femme.

Mounin

s. m. Petit garçon, apprenti, — dans l’argot des faubouriens.

Mounine

Petite fille grimacière, petite espiègle.

Mouquette

Femme galante. Le mot a été pour la première fois, croyons-nous, lancé par M. Delpit. Le romancier était-il alors hanté par le souvenir de l’héroïne de Germinal, la Mouquette, car le livre de Zola venait paraître, cela est possible, mais nous n’affirmons rien. Toujours est-il que peu de temps après l’apparition de ce mot, un rédacteur du journal Le Dix-neuvième siècle en donnait cette étymologie, très vraisemblable d’ailleurs : « Les Arabes appellent les femmes moukair ; les soldats d’Afrique ont rapporté ce mot en France, et, chez les ouvriers qui ont fait campagne en Algérie, il n’est pas rare d’entendre adresser aux femmes l’appellation de mouquerre, corruption évidente de moukair. C’est d’ailleurs le mot espagnol mujer prononcé avec l’accent guttural. C’est mouquerre qui est le père de mouquette. La généalogie du nouveau mot peut donc ainsi s’établir : moukair, mot arabe ou espagnol ; mouquerre, mot d’argot de barrière ; mouquette, mot d’argot pschutteux. » Qu’en pense M. Delpit ?

La mouquette de haute marque qui vient de faire sa vente…

(Événement, 1885.)

Mourir

Arriver, par l’excès de la jouissantes vénérienne, à un état de béatitude — ou plutôt d’hébétement — qui vous enlève aux choses de la terre et vous transporte dans le monde inconnu où l’on ne pense plus, où l’on ne parie plus, où l’on ne remue plus, où l’on nage dans une atmosphère spermatisée.

Vous me voyez, tendre fougère, Avec mon berger chaque jour Mourir dans tes bras de l’Amour.

(Épigrammes.)

Laisse Roger baiser ta gorge ronde
Et Louis se mourir dans tes bras.

J. Duflot.

Mourir (tu t’en ferais) !

Tu ne le voudrais pas. Cela est au-dessus de tes forces. — Expression dont le peuple a abusé comme : de tant d’autres et qu’il mettait : à toutes sauces. — Voulez-vous m’embrasser ? demandait un jeune homme timide à une drôlesse. — Tu t’en ferais mourir. — Voulez-vous m’accompagner jusqu’à la Bastille à pied ? — Tu t’en ferais mourir.

Mouscaille

Excréments.

Mouscaille

s. f. Le résultat de la digestion, — dans l’argot des voleurs.

Mouscaille

Gadoue. Excréments.

Mouscaille

La marchandise que l’on abandonne avec satisfaction dans les châlets de nécessité. Mouscailler : faire ses besoins (Argot du peuple).

Mouscaille

Déjections.

Mouscaille (?)

Matière qui sert à faire la poudrette.

Mouscaille ou moustille

Expression littéralement traduite par le mot de Cambronne.

Mouscaille, Mousse

Matière fécale.

Mouscailler

Aller à la garde-robe (Vidocq). — De mousse.

Mouscailler

v. a. Alvum deponere.

Mouscailler

Se défaire de la matière fécale.

Mouscailler ou filer du proye

Ch…

Mouscailler, ou filer du proye

Ch.

Mouscailleur

Vidangeur.

Là sont réunis pêle-mêle des biffins… des mouscailleurs.

(Réveil, 1882.)

Mouscailleux

Fantassin. On dit aussi pousse-cailloux, mille-pattes, cul-rouge.

Mouscaillier

Ch…

Mouscailloux

Fantassin, pour pousse-cailloux.

Mousquetaire gris

s. m. Pou, — dans l’argot du peuple, qui aime les facéties.

Mousquetaire gris

Pou.

Mousquetaire gris

Pou.

Mousquetaire gris

Pou. Allusion à la couleur de cet horrible animal que pourtant certains adorent. Un amateur marchande un pou à un chiffonnier ; il lui offre d’un pou magnifique un prix dérisoire. L’éleveur le remet délicatement dans sa chemise en lui chantant le refrain célèbre : Tu n’en veux pas ! J’l’remets dans ma chemise. Ça n’mange pas d’pain. (Argot du peuple). N.

Moussante

s. f. Bière de mars, — dans l’argot des faubouriens.

Moussante

Bière. — Encore un de ces mots qui n’ont pas demandé de grands frais d’imagination.

Moussante

Bière.

Moussante

Bière (Argot du peuple).

Moussante

Bière.

Moussard

Chataignier.

Mousse

M.

Mousse

M…

Mousse

Excrément.

Mousse

Excrément. — On s’injurie fréquemment dans le peuple par ces mots : Vent et mousse pour toi !

Mousse

s. m. Apprenti commis, — dans l’argot des calicots.

Mousse

s. f. Le résultat de la fonction du plexus mésentérique, — dans l’argot des marbriers de cimetière.

Mousse

Vieux mot injurieux, très en vogue aux XVe et XVIe siècles, synonyme de bran et auquel à succédé le fameux « merde » de nos jours, qui semble répondre à toutes les situations tendues.

Mousse pour le guet ; bran pour les sergents.

(Adages français.)

Mousse

Excrément. Mousser, aller à la selle. De la mousse ! Non ! Rien ! Mousserie, latrines.

Mousse

Couteau.

Mousse (faire de la)

Faire des embarras, chercher à briller, faire grand étalage de toilette.

La dite belle se promenait devant ces agents, faisant le plus de mousse possible aux yeux des nobles étrangers.

(Figaro du 28 oct. 1878.)

Mousse (faire de la)

Faire des épates ou des manières, c’est faire de la mousse.

Mousseline

Pain blanc.

Mousseline

s. f. Fers dont on charge un prisonnier, — dans l’argot des marbriers de cimetière.

Mousseline

s. f. Pain blanc, léger, agréable au toucher comme au goût, — dans l’argot des faubouriens.

Mousseline

Fers de prisonniers. (Larchey.)

Mousseline

Pièce d’argent. — Pain blanc. — Sorte de gâteau de Savoie.

Mousseline

Fers de prisonniers. Pain blanc. Pièce d’argent.

Mousser

Satisfaire ses besoins.

Mousser

v. n. Alvum deponere.

Mousser

v. n. S’emporter, être en rage, de dépit ou de colère, — dans l’argot des faubouriens.

Mousser

v. n. Avoir du succès, — dans l’argot des gens de lettres et des comédiens. Faire mousser. Préparer le succès d’un auteur ou d’une pièce par des éloges exagérés et souvent répétés.

Mousser

Être en colère. — Exagérer. — Faire mousser, exagérer les dualités d’une personne, la valeur d’une chose.

Mousser (se faire)

Se vanter, parler sans cesse de ses talents ou de ses qualités. Argot du peuple.

Mousserie

Latrine.

Mousserie

s. f. Water-closets, — dans l’argot des voyous.

Mousserie

Fosse d’aisance des prisons (Argot des voleurs).

Mousseuse

Femme galante, à la mode.

Mousseuse est pimpant, léger, provocant, vaporeux ; mousseuse donne bien l’idée du bruissement de la soie, du froufrou du satin, de la joyeuse envolée des jupes de batiste et de dentelles. La mousse est ce qui brille, scintille, pétille, émoustille. Voilà pourquoi mousseuse, un mot significatif et complet, mérite droit de cité ; voilà pourquoi mousseuse court grand’chance d’être adopté par la gent boulevardière… Les débutantes ès-galanterie deviendront des moussettes.

(Voltaire, 9 mars 1887.)

Mousseux

adj. Redondant, hyperbolique, — dans l’argot des gens de lettres et des comédiens.

Moussu

s. m. Le sein de la femme, d’où sort le lait, — dans l’argot des voleurs.

Moussu

Riche, puissant.

Moussue

Chataigne.

Moussue

s. f. Châtaigne, — dans le même argot [des voleurs].

Moustachue

s. et adj. Homme à moustaches, — dans l’argot des bourgeois.

Moustique dans la boîte au sel

V. Asticot dans la noisette.

Mout

Beau, — dans le jargon des voyous.

Moutard

Enfant.

Moutard

Enfant.

Moutard

Enfant.

Moutard

s. m. Gamin, enfant, apprenti, — dans l’argot du peuple, qui, n’en déplaise à P. J. Leroux et à Francisque Michel, n’a eu qu’à regarder la chemise du premier polisson venu pour trouver cette expression.

Moutarde

s. f. Le stercus humain.

Moutarde

Excrément. Moutardier, derrière.

Moutarde après dîner

Trop tard, chose inutile, qui n’est pas venue au moment opportun.

Moutardier

s. m. Le podex. On disait autrefois Baril à la moutarde, et Réservoir à moutarde.

Moutardier

s. m. Goldfinder. On dit aussi Parfumeur.

Moutardier

Derrière.

Moutardier du pape

s. m. Homme qui s’en fait accroire, imbécile vaniteux. On dit qu’il se croit le premier moutardier du pape.

Moutardier du pape

Vaniteux.

Moutardier du pape (premier)

Sot orgueilleux.

Moute

Beau.

Mouton

Mouchard de prison.

Mouton

Homme de leur société qu’ils supposent y avoir été mis pour s’associer seulement à la conversation et les dénoncer ensuite. Dans les prisons, la police y met beaucoup de ces gens qui, ayant l’air d’être détenus, causent avec les prisonniers, et finissent par donner des indices très précieux à la police qui les transmets ensuite à la justice.

Mouton

Mouchard.

Mouton

Mouchard.

Mouton

« En prison, le mouton est un mouchard qui parait être sous le poids d’une méchante affaire et dont l’habileté consiste à se faire prendre pour un ami. » — Balzac. — Allusion ironique à la fausse candeur de ces compères. — Moutonner : Dénoncer. V. Coqueur.

Mouton

s. m. Matelas, — dans l’argot des faubouriens, qui disent cela à cause de la laine dont il se compose ordinairement. Mettre son mouton au clou. Porter son matelas au Mont-de-Piété.

Mouton

s. m. Dénonciateur, voleur qui obtient quelque adoucissement à sa peine en trahissant les confidences de ses compagnons de prison.

Mouton

Matelas.

Mouton

Homme de compagnie d’un prisonnier, et chargé par la police de devenir l’homme de confiance du même prisonnier.

Mouton

Matelas. Prisonnier qui espionne et dénonce son compagnon.

Mouton

Dénonciateur qui vend ses complices. Prisonnier qu’on place dans une cellule avec un autre prévenu pour le moutonner. C’est-à-dire le faire avouer dans la conversation (Argot des voleurs).

Mouton

Matelas. Quand il est plus que plat, on dit : galette (Argot du peuple).

Mouton

Prisonnier qui dénonce ses co-détenus.

Mouton (casserole)

L’homme que l’on met en cellule avec un autre détenu pour avoir ses confidences.

Moutonnaille

s. f. La foule, — dans l’argot du peuple, qui sait par expérience personnelle quelle est la contagion de l’exemple.

Moutonner

Chercher à arracher un secret.

Moutonner

v. a. et n. Moucharder et dénoncer.

Moutonner

Espionner.

Mouvante

Bouillie.

Mouvement (être dans le)

« Cet hôte arrivait de Paris ; il avait un nom connu presque célèbre, il était dans le mouvement… »

(De Montépin : Sa Majesté l’Argent.)

Mouver (se)

v. réfl. Se remuer, — dans l’argot du peuple.

Mouvette

Agent de police.

Mouvette

Indicateur qui fournit des indications à la police. C’est généralement un camelot ; il se meut d’un point à un autre, suivant les cas (Argot des voleurs). N.

Mouvette

Indicateur de la police, délateur ; synonyme de casserole.

Mouzu

Téton ou mamelle.

Moyambine

Voir panama.

Moyen-agiste

s. et adj. Amateur des choses et admirateur des idées du moyen âge. Le mot est de H. de Balzac.

Moyens

s. m. pl. Richesse, — dans l’argot des bourgeois. Avoir des moyens. Être à son aise. Signifie aussi : Aptitude, dispositions intellectuelles, capacités.

Muche

s. m. Jeune homme poli, doux, aimable, réservé, — dans l’argot des petites dames qui le trouvent trop collant.

Muche

adj. Excellent, délicieux, parfait, — dans l’argot des faubouriens, qui disent cela à propos des choses, à propos de la Patti comme à propos d’une soupe à l’oignon.

Muche

Très bon, supérieur. — Jeune homme timide auprès des dames de la rue de Maubeuge.

Muche

Très bon, excellent. Jeune homme timide et réservé avec les femmes.

Muette

Conscience (Vidocq). — Mot inventé pour les hommes qui n’ont pas de conscience.

Muette

Exercice dans lequel, par espièglerie ou par antipathie pour un chef, les élèves de Saint-Cyr ne font pas résonner leurs fusils.

Lorsque vient le tour de commandement d’un gradé ou d’un chef détesté, on convient de lui donner une muette.

De la Barre.

Muette

s. f. La conscience, — dans l’argot des voleurs, qui ont arraché la langue à la leur. Avoir une puce à la muette. Avoir un remords ; entendre — par hasard ! — le cri de sa conscience.

Muette

s. f. Exercice muet, c’est-à-dire pendant lequel on ne fait pas résonner les fusils, par taquinerie ou par fantaisie. Argot des Saint-Cyriens. Donner une muette. Faire un exercice.