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M

Ma tante

Mont-de-piété.

Mabilien

Élégant qui fréquente le bal Mabille. — Coiffeur, commis de magasin qui danse à Mabile.

Mabilienne

Demoiselle qui va au bal Mabille comme les spéculateurs sur les fonds publics vont à la Bourse.

Les mabiliennes de 1863 se subdivisent en plusieurs catégories : La dinde, la solitaire, la grue.

(Les Mémoires du bal Mabille.)

Mabillarde, Grue mabillarde

Demoiselle qui, au bal Mabille, fait beaucoup de frais de conversation dans l’espoir de séduire un riche étranger, mabilien de passage. — Souvent elle s’aperçoit trop tard, hélas ! que le riche étranger n’est ni riche ni étranger.

Maboul

Imbébile, toqué, — de l’arabe.

Maboul

Un peu fou, timbré.

Mac

Abréviation de maquereau.

Ça m’ fera peut-etre rigoler un brin, de changer d’role, et de mac devenir miché.

Lemercier de Neuville.

Après tout, ce n’est pas si bête
D’avoir fait quatre cents binettes.
D’hommes de lettr’s, de peintr’s et de mac ?

A. Pothey.

Mac

Apocope de maquereau, souteneur de filles ; et mecque avec changement de l’a en e. — De maque, marchand ; d’où maquignon.

Mac

Diminutif de maquereau. Quelques-uns écrivent mec, d’autres mecque. C’est mac qui est le vrai mot (Argot des souteneurs).

Mac

Individu qui vit du produit d’un labeur vaginal.

Mac

Souteneur.

Mac à la mie de pain

Souteneur à qui la marmite donne peu d’argent.

Mac-farlanes

Long pardessus sans manches, avec grand collet tombant sur le devant.

Ils portent des mac-farlanes.

Les Étudiants, 1860.

Mac-Mahon

Les dragons ont donné ce nom à la tête de Méduse qui surmonta leurs casques. — T’as joliment bien astiqué Mac-Mahon, ce matin. — D’autres l’appellent la « République », parce qu’ils se figurent que c’est la tête de la République, (comme si elle avait le don de pétrifier ses ennemis.) — Je m’en vas donner un coup d’astiqué à la République.

Mac-Mahonat

Gouvernement du maréchal de Mac-Mahon, second président de la troisième République française.

Mac-Mahonien

Partisan du gouvernement du maréchal de Mac-Mahon. — Feuille mac-mahonienne, journal dévoué à la politique du maréchal.

Mac, maca

Apocope de macquereau, macquerelle. Maman maca, maîtresse d’une maison de tolérance.

Mac, macque, macchoux

Maquereau. — Maca : Maquerelle. — Macchoux est une corruption du mot maquereau. — Mac et maca sont deux abréviations. — Par un hasard singulier, la première de ces abréviations donne la clef même du mot Au moyen âge, le mot maque signifiait : vente, métier de marchand. V. Roquefort. — De là sont venus maquillon ou maquignon et maquerel ou maquereau. Le maquereau n’est qu’un maquignon de femmes. Pendant tout le moyen âge, on a écrit maquerel ou maqueriau. Ce dix-neuvième siècle a oublié la véritable source du mot qu’il a confondu avec celui du poisson, d’où les synonymes de poisson et de barbillon.

Le métier de mac autrefois n’était guère exercé que par des voleurs et des mouchards... maintenant les prêtresses de Vénus Callipyge ont pour amants des jeunes gens de famille.

1837, Vidocq.

Le macque est le souteneur des filles de la plus basse classe. Presque toujours c’est un repris de justice.

Canler, 1863.

Une vieille maca : Entremetteuse, femme vieillie dans le vice.

1808, Dhautel.

Maca

Maquerelle, entremetteuse, femme vieillie dans le vice.

Maca

Maquerelle, proxénète. — Mère maca, macquecée, maîtresse d’une maison de tolérance. Maca suiffée, riche matrone.

Macabé

Cadavre.

Macabées (case des)

Cimetière. Mot à mot : maison des cadavres. — Le clou des macabées, la Morgue ; c’est-à-dire le Mont-de-Piété des cadavres, l’endroit où l’on met les cadavres en dépôt.

Macabre

s m. Un mort. Ce mot paraît venir de ces danses macabres que les artistes du Moyen Âge peignaient sur les murs des cimetières. La Mort conduisait ces chœurs funèbres. On dit plus souvent MACCHABÉES.

Macabre

Mort. C’est une variante de machabée. — Viens-tu piger les macabres au musée des claqués ?

Macache

Négation — de l’arabe.

Macadam

Vin blanc nouveau de Bergerac. Il présente l’aspect d’une boue liquide et jaunâtre. — Garçon ! deux macadams.

Macadam

Bière noire anglaise, porter.

Macadam

Accoster les hommes. L. L. On voit d’ici les filles faire le macadam qui est la chaussée des boulevards, pour raccrocher sans doute les omnibus, les fiacres et les becs de gaz. Macadam est le nom donné à un vin blanc épais, venant soi-disant de Montbazillac, qui est vendu par les mastroquets au moment des vendanges (Argot du peuple). N.

Macadam

Vin blanc nouveau qui n’a pas fermenté.

Macahée

Souteneur ; c’est un dérivé de mac.

Macahée, Machabée

Cadavre quelconque d’homme ou d’animal. Se disait autrefois plus particulièrement du cadavre d’un homme noyé ou de celui d’un animal.

Ce gros machabée, horrible pendu,
Sur la dalle froide, on vient de l’étendre ;
Il a les contours accrus d’un scaphandre,
Et de ses haillons le mur est tendu.

(Le Pavé, 1879.)

Macaire

Malfaiteur audacieux, spirituellement cynique, affectant en toute occasion les manières d’un homme bien élevé. — Ce type étrange date, comme l’on sait, du drame de l’Auberge des Adrets ; il doit toute sa fortune à Frédérick-Lemaître qui, en créant le rôle de Macaire, a caractérisé pour toujours une classe particulière de criminels.

Ils se croyaient des Macaires et n’ont été que des filous.

Luchet.

Macairien

Usé jusqu’à la corde, complètement déformé ; objet de toilette qui rappelle en partie le costume délabré de Robert-Macaire.

On y voit une troupe de malheureux couverts d’humides et boueux haillons, le chef orné de chapeaux macairiens.

(H. Berlioz, Les Grotesques de la musique.)

Macaron

Dénonciation. — Du vieux mot maque : vente. V. Roquefort. — Un dénonciateur vous vend à la police.

Dans le nez toujours tu auras ma macarons et cabestans.

Vidocq.

Macaroner : Trahir.

Macaron

Huissier. Allusion aux panonceaux qui figurent à la porte des huissiers. — Dénonciateur.

Macaron

Huissier. Dénonciateur.

Macaronage

Trahison.

Macaroner

Découvrir.

Macaroner

Vient de macaron. Macaron dans le peuple veut dire huissier ; dans l’argot des voleurs, il veut dire traître. Il est vrai qu’il n’y a pas grande différence entre les deux. Un voleur est traître en dénonçant ses complices ; un huissier est traître vis-à-vis des malheureux (Argot des voleurs). N.

Macaroni

Corses ou Italiens. Par allusion à leur mets favori.

Macaronnage

Dénonciation d’un camarade.

Macaronner

Agir en traître.

Macaronner

Dénoncer, trahir un camarade, — dans le jargon des voleurs.

Macaronner, Macaroniser (se)

Se sauver, filer, — dans le même jargon ; allusion au macaroni qui, lui aussi, file à sa manière.

Macchabée

s. m. Un mort. V. Macabre.

Macchabée

Cadavre. Se dit plus parliculièrement d’un noyé que les mariniers retirent de l’eau. Les croque-morts disent aussi du mort qu’ils vont enlever :
— Emballons vivement le macchabée, il fouette à en crever (Argot du peuple). V. Bouffi.

Macchabée

Cadavre, généralement de noyé.

Macédoine

Combustible, en terme de chauffeur de chemin de fer.

Macédoine

Combustible. L. L. Macédoine est une salade composée de toutes sortes de légumes ; on la nomme salade russe. Macédoine est également synonyme d’arlequin (Argot du peuple). N.

Machabé

Cadavre. Celui qui s’est noyé, s’est machabé.

Machabée

« On appelle machabée tout être, homme ou animal, qui est privé de vie, et que l’on rencontre flottant sur un cours d’eau ou échoué sur le rivage. » — Val. Dufour. — Machabée : Juif. — Allusion biblique.

Mâcher (ne pas le)

Parler franchement sans murmurer entre ses dents.

Quand j’ai lieu de vous en vouloir, Ah ! n’ayez pas peur que j’vous l’mâche !

De Longchamps, Ch., 1809.

Mâcher les mots (ne pas)

Dire carrément à quelqu’un ce que l’on pense. Parler grossièrement : ainsi, dans le peuple, quand on dit merde à quelqu’un, on répond : mâche (Argot du peuple). N.

Machicadour

Se dit de quelqu’un ou d’un objet. Synonyme de chose, machin.

Machicoulis

Cachotterie ; subterfuge ; mot familier à mesdames les concierges qui prononcent généralement machecoulis.

Machin

L’homme ou la chose dont on ne peut se rappeler le nom. V. Chose.

M. Mâchin, pardon ! je ne me rappelle jamais votre nom.

H. Monnier, 1840.

Dans la Gabrielle d’E. Aubrier, l’avoué Chabrière prie sa femme de faire « un machin au fromage. »

Machin ou machine

La nature de la femme, le membre viril, — dans le langage des gens pudibon qui n’osent pas appeler les choses par leur nom.

Que mettras-tu dans mon con, en m’enfilant ? Mon machin.

H. Monnier.

Fiez-vous à ma cuisine,
Célibataires blasés,
Pour remonter la machine
Et flatter vos goûts usés.

L. Festeau.

Secrets appas, embonpoint et peau fine,
Fermes tétons et semblables ressorts,
Eurent bientôt fait jouer la machine.

La Fontaine.

Mais finis donc, imbécile !
Sacré nom de Dieu d’gredîn !
Si tu n’me laiss’s pas tranquille,
J’ vas pisser sur ton machin.

(Parnasse satyrique.)

Machine

Œuvre littéraire ou artistique. Grande machine, grand tableau, drame à grand spectacle.

Machine à moulures

Derrière.

Mâchoire

Suranné. — V. Ganache.

L’on arrivait par la filière d’épithètes qui suivent : ci-devant, faux toupet, aile de pigeon, perruque, étrusque, mâchoire, ganache, au dernier degré de la décrépitude, à l’épithète la plus infamante, académicien et membre de l’Institut.

Th. Gautier, 1833.

Vieille Mâchoire : Personne sans capacité, ignorant, sot.

1808, d’Hautel.

Mâchoire (vieille)

Personne à idées arriérées. L’expression étaittrès usitée en 1830, au beau temps de l’École romantique.

Maçon

Pain de quatre livres, — dans le jargon des voyous. — C’est une rareté que de ne pas rencontrer, le matin vers neuf heures, un maçon sans un énorme pain sous le bras.

Macrotage

Métier du souteneur.

Macroter

Faire le métier de souteneur. Macroter une affaire, être l’intermédiaire dans une affaire louche, malpropre, comme un prêt usuraire, une combinaison financière à l’adresse des gogos.

Macrotin

Apprenti maquereau ; voyou qui se fait la main avec les petites gourgandines dont il vide les poches sans le moindre scrupule, en attendant qu’il puisse exercer sur une plus gronde échelle, avec de plus grandes allés.

Oui, c’est un métier commode
Et qui devient à la mode :
Mao, macrotin...
Vive le macrotin !

L. de Neuville.

Macrotin

Apprenti souteneur ; souteneur surnuméraire.

Macrotin

Petit maquereau d’occasion qui glane par-ci par-là quelques sous, en attendant qu’il soit assez fort pour avoir une marmite à lui seul. Le petit macrotin commence généralement à être raton et pégriot (Argot des souteneurs). N.

Macrotin

Jeune souteneur.

Maculature (attraper une)

Se griser, — dans le jargon des ouvriers pressiers.

Madame

Nom que les filles d’un bordel donnent à leur abbesse, pour laquelle elles ont le respect qu’elles n’auront jamais pour la vertu.

Ce sont nos petits bénéfices, à nous, pauvres filles… Madame nous prend tout et ne nous laisse rien.

Lemercier de Neuville.

Madame

Nom que les filles de maison donnent à la maîtresse de l’établissement.

Madame, la grasse et bedonnante Madame.

(E. de Goncourt, La Fille Elisa.)

Madame Canivet

Femme qui fait mettre tout sens dessus dessous dans un magasin de nouveautés et s’en va sans rien acheter.

Madame la Ressource

Revendeuse à la toilette.

Madame la ressource

La marchande à la toilette, la brocanteuse, le mont-de-piété (ma tante), tous ces rongeurs sont madame la Ressource pour les pauvres gens qui vendent ou engagent leurs dernières nippes (Argot du peuple).

Madame la rue (aller voir)

Aller travailler, — dans le jargon des chiffonniers, pour qui la rue est l’atelier.

Madame Manicon

Sobriquet qu’on donnait aux sages-femmes au XVIIIe siècle. (Le Roux, Dict. comique.)

Madeleine (faire suer la)

Faire travailler son argent sur le tapis vert ; avoir de la peine à gagner en trichant, — dans le jargon des grecs.

Mademoiselle du bitume

Péripatétitienne qui foule le bitume du matin au soir. Le bitume, c’est son atelier, sou champ de manœuvres, elle y règne en souveraine, elle l’a conquis à la pointe de ses bottines (Argot du peuple).

Mademoiselle du pont neuf

Fille publique. L’allusion est typique. Comme sur le Pont-neuf tout le monde y passe librement, avec cette différence toutefois que le pont est à péage (Argot du peuple). N.

Madrice

Malice. — Madrin, madrine, malin, maligne. La langue régulière a « madré » dans le même sens.

Madrice

Malice.

Madrice

Finesse. Vient de madré.
— Il a roulé le palpeur, il est rien madrice, le gonce (Argot des voleurs).

Madrice

Ruse, malice.

Magasin de blanc

Bordel — où l’on dépose en effet des quantités considérables de sperme.

Magasin de blanc

Prostibulum.

Magasin de blanc

Maison de tolérance. Il est assez difficile d’expliquer le pourquoi de cette expression ; elle vient sans doute de ce que dans le peuple, tous ceux qui vivent de la femme sont des mangeurs de blanc. La maquerelle est dans ce cas (Argot du peuple). N.

Magnes

Manières, embarras. — Faire des magnes. — As-tu fini tes magnes ?

Magnes

Abréviation de manières. Magne est ici pour façon.
— Ne fais donc pas tant de magnes, il faut y aller carrément.
— Tu fais des magnes ma vieille, ça ne prend pas (Argot du peuple). N.

Magnes

Manières.

Magnes

Manière.

Magneuse, Manieuse, Magnuce

Dévergondée qui éprouve un penchant honteux pour les autres femmes.

Magnuce

Voir Gougnotte.

Magot

Tabatière en bouleau, tabatière dite « queue de rat », — dans le jargon du peuple.

Magot

Argent économisé. L’ancien magot se mettait — les paysans le mettent encore — dans un vieux bas ; de là, le nom de magot, bourse grotesque.

Maigre (du) !

Silence ! — dans le jargon des voleurs.

On aime une femme, on se sacrifie pour elle, puis il vient un jour où la femme vous dit : Oh ! du maigre ! va t’asseoir sur le bouchon, tu me gênes !

(Huysmans, Les Sœurs Vatard.)

Maigre (du) !

Interjection : Silence !

Maigre comme un cent de clous

Excessivement maigre. Les variantes sont : Maigre comme un coucou, maigre comme un hareng saur.

Mailloche (il est)

Synonyme d’avoir reçu un coup de marteau. On connaît la légende de Martin et Martine, de l’horloge de Cambrai, qui a donné naissance au dicton populaire pour qualifier un être déséquilibré :
— Il a passé à Cambrai, il a reçu un coup de marteau.
Mot à mot : il est timbré (Argot du peuple). N.

Maillocher

Travailler, — dans le jargon des souteneurs, pour qui le travail est la surveillance exercée surleurs maîtresses dans le but de les empêcher de perdre leur temps, parce que le temps c’est de l’argent.

Maillocher

Pour la prostituée, c’est travailler (de son métier) ; pour le souteneur c’est surveiller la marmite qui travaille.

Maillocher

Travailler.

Maillochons

Les pieds. Allusion au bruit que font les pieds en marchant.
— Ils frappent le pavé, ce qui produit des coups de mailloche (Argot des voleurs). N.

Main

La totalité des cartes constituant une partie, soit au baccarat, soit au lansquenet. La main réglementaire est de quatre jeux de cinquante-deux cartes.

Main

Série de coups gagnés, — dans le jargon des joueurs de baccarat et de lansquenet. — Avoir la main, tenir les cartes à son tour. — Prendre la main, prendre les cartes qu’un joueur quitte après un ou plusieurs coups de gain. — Passer sa main, ne pas prendre les cartes à son tour. — Passer la main, passer les cartes après un ou plusieurs coups gagnés. — Brûler la main, jeter au panier les cartes du talon, après avoir gagné, en banque, un certain nombre de coups.

Main chaude (jouer à la)

Être guillotiné. V. Raccourcir.

Main chaude (jouer à la)

Être guillotiné. Allusion à la position du patient.

Main experte (avoir la)

Savoir bien branler les hommes, chose difficile, en effet, et pour laquelle toute femme galante doit faire un apprentissage fort long et très minutieux, — manutieux, dirait Commerson.

J’ai les deux mains expertes,
Entrez dans mon boudoir.

A. Montémont.

Main légère (avoir la)

Se dit d’une femme versée dans l’art de la volupté, qui branle un homme avec une telle dextérité qu’il jouit sans savoir à quoi attribuer sa jouissance, à une bouche ou à une main.

Mainesse

Femme.

Mains courantes

Se dit plaisamment pour pieds ou souliers.

Mains courantes

Pieds. Des souliers sont aussi des mains courantes.

Mains croches

On désigne ainsi un voleur.

Mains-courantes

Souliers, — dans le jargon des ouvriers.

Maison (femme de)

Pensionnaire d’une maison autorisée. — Être en maison, appartenir à une maison autorisée, — dans le jargon des filles.

Maison (gens de)

Messieurs et mesdames les domestiques. — Les gens de maison donnent une fois par an un très beau bal à la salle Valentino, ce qui leur procure l’occasion de singer, une fois par an, les belles manières de leurs maîtres.

Maison à gros numéro

C’est le Lupanar des anciens et le Bordel des modernes. Sur le premier étaient peintes les armes parlantes du dieu de Lampsaque — une pine gigantesqus et ses deux agréments. Sur le second est peint un énorme numéro qui engage les passants libertins à y entrer.

C’est l’infecte maison ou l’effroi se promène,
L’auberge dont l’enseigne est un gros numéro.

A. Glatigny.

Maison à partie

Maison de prostitution clandestine où certaines femmes du monde, certaines actrices en renom, vont faire concurrence aux filles des maisons autorisées.

Maison à parties ou de passe

Maison particulière, d’apparence honnête, où les filles libres viennent tirer leurs coups avec les michés qu’elles ont levés en route.

Maison de campagne

Tente du soldat, — par calembour.

Maison de tolérance

Bordel, que non-seulement la préfecture de police tolère, mais encore qu’elle autorise pour la satisfaction des besoins du public célibataire — et surtout marié.

Maison ou l’on est libre

Maison où une fille est libre de recevoir des visites à toute heure du jour et de la nuit sans encourir la moindre observation de la part du concierge, — dans le jargon des coryphées du trottoir.

Maître Jacques ou contrecoup

Contremaître.

Maître-autel

Le mont de Vénus, universel objet d’adoration de la part des fidèles qui y voient resplendir leur Dieu — ou plutôt leur déesse.

Elle est belle, ma Joséphine ! elle a un chouette maître-autel !... un riche tabernacle !...

Tisserand.

Maîtres chanteurs

Individus qui font payer des imbéciles pour acheter leur silence. Il y en a de différentes catégories. Le maître chanteur financier qui fait chanter les sociétés financières. Le maître chanteur qui se sert d’un Jésus pour faire chanter l’homme à passions contre nature. Il y a des maîtres chanteurs dans toutes les classes de la société (Argot du peuple).

Maîtresse

Fille ou femme dont on est le maître, — quand on n’en est pas l’esclave battu, cocu et content ; épouse illégitime à laquelle on est plus fidèle qu’à l’épouse légitime, et qui se moque de vous tout autant que celle-ci ; la femelle du marlou.

Le maître de quelques-unes, c’est leur mari, espérons-le, pour l’honneur de la morale ; le maître d’un plus grand nombre, c’est leur caprice ; le maître de toutes, c’est leur luxe... Quant à l’amant, il n’en saurait être question ici... D’ailleurs, quand une femme a un amant, elle est sa maîtresse : ce n’est donc pas lui qui en est le maître.

H. de Pène.

Pour la femme, soyez bon !
Prouvez-lui votre tendresse !
C’est ce bougre de Léon
Qu’est l’amant de ma maîtresse.

G. Nadaud.

Et moi, nom d’un... quoi que j’ possède ?... Un pantalon, qu’ le commissaire m’a déjà fait dire qu’on voyait c’ que j’portais ; des gilets, j’en manque, j’en ai jamais éva avec toi : des bottes qui r’niflent, quand j’marche pas sûr ses tiges... Et j’ai une maîtresse.

H. Monnier.

Maîtresse de piano

Professeur qui apprend aux cocottes illettrées le moyen de tirer des carottes par correspondance à leurs amants. En fait de musique elle coupe les cors et tire les cartes. Elle procure au besoin (Argot des filles).

Major

« Le chirurgien, le tambour-major, le sergent-major, enfin le gros et inévitable major, sont dénommés indistinctement majors. »

L. Huart.

Major

Chirurgien militaire, — dans le jargon des troupiers.

Major de table d’hôte

Pseudo-militaire retraité dont l’emploi consiste à découper la volaille, dans une table d’hôte, et à tricher au jeu après dîner, quelquefois en attendant le dîner, quand les dupes abondent.

Major de table d’hôte

Escroc, ayant l’apparence d’un militaire retraité, qui pérore aux tables d’hôte et triche aux cartes après le dîner.

Major de table d’hôte

Individu à tout faire, qui est maquereau à l’occasion. Le major a toutes les apparences d’un militaire en retraite ; il porte à la boutonnière une rosette multicolore d’ordres exotiques. Le major de table d’hôte est un rastaquouère de premier ordre (Argot du peuple et des filles).

Majors

Premiers élèves reçus à l’École Polytechnique. — Major de queue, dernier élève reçu à l’École.

Mal (faire)

Faire pitié.

Qu’on vienne baiser son vainqueur — Comme tu me fais mal !

Gavarni.

Mal aux pieds (avoir)

Être chaussé de guêtres de toile. Celles-ci mal ajustées, ont, en effet, l’apparence de linges, de bandages entourant les pieds.

Mal blanchi

Nègre.

Va donc ! mal blanchi, avec ta figure de réglisse.

Bourget.

Mal blanchi

Nègre. Une plaisanterie populaire très usitée consiste à dire à un nègre :
— Si on te conduit chez le commissaire, je ne te vois pas blanc (Argot du peuple). N.

Mal blanchi

Celui qui a la peau noire.

Mal blanchi

Nègre.

Mal donne

Dans un partage, celui qui ne croit pas avoir sa part dit : il y a mal donne, c’est à recommencer.

Mal moulé

Individu difforme.

Mal pour le canal (pas)

Se dit en parlant d’une femme laide, en observant un temps d’arrêt après le mot mal.

Mal rasés

Sapeurs.

Mal uni

Celui qui a le visage marqué de la petite vérole.

Mal-blanchi

Nègre, mulâtre. — Superficiellement guéri de la syphilis.

Mal-nommés

s. m pl. Nom que donnent par dénigrement les ouvriers aux pièces aux ouvriers en conscience.

Mal-sucré

Faux témoin, — dans le jargon des voleurs.

Malade

Prisonnier. — Maladie : Emprisonnement (Vidocq). V. Hôpital.

Malade

Arrêté ; inculpé. — Maladie, emprisonnement, — dans le jargon des voleurs.

Malade

Accusé. Emprisonné.

Malade (être)

Être en prison.

Malade du pouce

Fainéant dont la paresse constitue la seule infirmité. — Malade du pouce : Avare.

Il est malade du pouce. Ça empêche les ronds de glisser.

Monselet.

C’est-à-dire : ses doigts ne peuvent se résoudre à laisser échapper la moindre monnaie.

Malade du pouce

Avare. — Paresseux.

Maladie

Emprisonné (Argot des voleurs).

Maladie !

Exclamation des voyous, quand on leur dit quelque chose qui leur déplaît, quand ils ne veulent pas faire quelque chose.

Maladie (la)

C’est celle qui n’a pas besoin de nom — quoiqu’elle en ait un — pour être sue de ceux qui lisent les affiches des Charles-Albert, des Giraudeau de Saint-Gervais, des Ollivier, et autres Fontinaroses modernes. C’est celle que Pline appelait morbus sonticus, et Celse major morbus !

Le soir, ils vont voir des gueuses
Qu’ils baisent dessus leurs lits.
Pour leurs femmes (les malheureuses !)
Ils y donnent la maladie.

Guichardet.

Maladie de neuf mois

Grossesse. — Ce ne sera rien, c’est une maladie de neuf mois.

Maladroits (sonner aux)

« Quand on sonne pour l’exercice à pied, les cavaliers disent qu’on sonne aux maladroits, parce que ce travail n’estimposé qu’aux conscrits. » (Fr. de Reiffenberg, La Vie de garnison.)

Maldine

Collège ; établissement scolaire. C’est-à-dire endroit où l’on dîne mal.

Mâle (le)

L’homme.

Je prèfère en amour une certaine pose :
Le mâle, sur le dos, sous la femme est placé.

L. Protat.

Malheureux (être)

C’est l’état de pauvreté, en français. En typographie, cette expression a une autre signification. Dans une équipe, chacun, à tour de rôle, a son tour de malheureux, la liste en est affichée dans l’atelier de composition. Les malheureux restent après les autres pour corriger, faire les morasses et serrer les formes (Argot d’imprimerie). N.

Malheureux (tour de)

Expression récemment introduite dans les journaux et qui est synonyme de MORASSIER. (V. MORASSE et MORASSIER.)

Malingrer

Souffrir (Vidocq). — Malingre se dit encore pour souffreteux.

Malingrer

Souffrir.

Malingreux

Ceux qui ont de fausses plaies.

Malingreux

Qui a de fausses plaies.

Malingreux

Ceux qui ont de fausses plaies.

Malingreux

Anciens sujets de la Cour des Miracles, chargés d’exhiber de fausses plaies.

Malle (chier dans la)

Faire affront. Mot à mot : chier dans la poche d’autrui.

On se torche à présent de la foi conjugale. Quoi qu’il en soit, Léandre a chié dans ma malle.

Le Rapatriage, parade du dix-huitième siècle.

Malle (grosse)

Prison.

Malle à quatre roues

Fourgon de cavalerie.

Maltaire

Louis d’or.

Maltais

Cabaretier. — Beaucoup de Maltais exercent cette profession en Algérie, d’où vient le terme.

Maltaise

Écu. Pièce de vingt francs.

Maltaise

Pièce de vingt francs (Argot des voleurs). V. Sigue.

Maltèses

Écus, — dans l’ancien argot ; en souvenir de la monnaie qui avait cours sur les galères de Malte.

Maltouse

Contrebande. — Mastiquer la maltouse, faire la contrebande.

Maltouse

Contrebande. Maltousier, contrebandier.

Maltouse

Contrebande. Halbert d’Angers dit pasquiner la maltouse. C’est une erreur ; c’est pastiquer, parce que ce mot veut dire passer. Mot à mot, pastiquer la maltouse : passer de la contrebande, faire la fraude sur des objets soumis aux droits de d’octroi (Argot des voleurs).

Maltouse

Contrebande.

Maltouse

Fraude, contrebande.

Maltousier

Contrebandier.

Maltouze

Contrebande. — Maltouzier : Contrebandier.

Maman

Vache, — dans le jargon des bouchers qui appellent « papa » le taureau ; ce qui ne les empêche pas de vendre taureau et vache pour du bœuf.

Maman-maca

Maquerelle qui tient une maison de tolérance. Les pensionnaires appellent la tenancière maman, quand elle est vieille, ce qui est fréquent, elles y joignent le mot maca, abréviation de macaque qui, dans le peuple, signifie vieille guenon (Argot des filles). N.

Mamelles

Les tétons.

O contours veloutés, mamelles féminines !

Cantel.

Hélas ! qui pourrait voir sans rougir des femmes et des jeunes filles entièrement découvertes, étaler sans honte, jusque dans la maison du Seigneur, leurs mamelles toutes nues… Dans le principe du moins, ces mondaines, ont commencé par échancrer le bord et le dehors de leurs habits. Puis, cette échancrure à gagné jusqu’à là chemise, que dis-je ! jusqu’à la chair toute nue. À la fin, elles ont tellement rongé et échancré le derrière et le devant de leurs habits, que les épaules et les tétons en sont demeurés tout-à-fait nus.

(Discours sur la nudité des mamelles.)

Mamours (faire des)

Faire des amitiés, se répandre en câlineries.

Manche

Quête.

Manche

Partie de cartes, — dans le jargon des joueurs.

Manche

Patron. Un mot que le journal le Tam-Tam a lancé dans la circulation et qu’il pourrait bien avoir créé. Le mot lui plaît, car il n’y a pas de numéros où il ne se trouve répété plusieurs fois.

Manche

Quête. — Faire la manche, faire la quête, attraper le public en faisant la quête, — dans le jargon des saltimbanques.

Manche

Partie, au jeu. Mendicité. Quête. La manche, le monde des mendiants. Coup de manche, mendicité à domicile.

Manche

Maladroit. Il est maladroit comme un manche à bastos.

Manche (avoir son)

Être formidablement en colère. Un compositeur typographe qui a de la mauvaise copie (la mienne par exemple) qu’il ne peut lire, a son manche contre l’auteur. Heureusement que ce n’est pas celui du balai. Synonyme d’avoir sa chèvre (Argot d’imprimerie).

Manche (faire la)

« Exercer la mendicité à domicile avec des allures bourgeoises et quelquefois même de grand seigneur, mais de grand seigneur ruiné. » (Paris-Vivant, Le Truqueur, 1858.)

Manche (faire la)

Mendier, quêter. Les voleurs restés en liberté font la manche pour venir en aide à un camarade qui est en prison. Les sœurs de charité font la manche dans les maisons aisées pour soulager les pauvres et les malades des hôpitaux (Argot des voleurs). N.

Manche (la)

Mendicité. Mendier, c’est faire la manche. Faire une quête, une souscription, c’est faire la manche.

Manche (le)

Le vit, que la femme empoigne quand elle désire en être cognée.

Je l’empoignai par le manche et le menai au pied du lit, où je me couchai à la renverse, l’attirant dessus moi : je m’en-cognai moi-même son vit dans mon con jusque aux gardes.

Mililot.

Mais, belles, sachez qu’un beau manche
Réchauffe aussi bien qu’un manchon.

Théophile.

Manche (se mettre du côté du)

Agir avec prudence, se ranger à l’opinion du parti le plus fort, — dans l’argot des politiciens. Le mot est du duc de Morny.

Manche à balai

Hautbois.

Manche à manche

Quand deux adversaires ont perdu chacun une partie, ils sont manche à manche (Argot des voleurs). V. Belle.

Manche de veste

Jambe arquée comme une manche d’habit.

Mosieu Belassis, moi j’ai pas des jambes en manches de veste.

Gavarni.

Mancheur

« L’espèce de truqueur dit mancheur s’introduit, sous divers prétextes, chez les gens riches ou qu’il sait généreux, et tâche de les intéresser à ses malheurs réels ou imaginaires. » (Paris-Vivant, Le Truqueur, 1858.)

Mancheur

« On appelle man-cheurs ceux (les saltimbanques) qui n’ont ni baraque, ni tente en toile, mais simplement la permission, de par le préfet ou le maire, de se tordre les membres, de se casser les reins comme ils l’entendent, dans les carrefours, sur les places, au coin des rues ! Pour bureau de recette, ils ont une soucoupe cassée, un vieux plat d’étain. » (J. Vallès.)

Manchière

Couturière qui fait les manches des robes.

Manchiste

Mendiant (de manchot).

Manchon (avoir des vers dans son)

Avoir le crâne dénudé par place. Allusion aux mites qui font des stries dans les étoffes de laine (Argot du peuple).

Manchon de la femme

Les poils qui constituent sa motte, assez fournie pour tenir lieu de manchon.

Et la tribune de Florence
Au cant choqué montre Vénus
Baignant avec indifférence
Dans son manchon ses doigts menus.

Th. Gautier.

Je n’ prêt’ pas mon manchon
Mignon,
Je n’ prêt’ pas mon manchon.

Laujon.

Mandale

Gifle.

Mandalle

Gifle.

Mandat (déposer son)

Mourir, — dans le jargon parlementaire.

Il paraît que l’honorable M. Mallet du Gard a déposé son mandat. C’est l’euphémisme qu’on emploie à Versailles pour indiquer qu’un représentant du peuple a droit à une oraison funèbre de M. Grévy.

(Figaro du 4 décembre 1878.)

Mandole

Soufflet, — dans l’argot des marbriers de cimetière. (A. Delvau) Jeter une mandole, donner un soufflet.

Mandolet

Pistolet.

Mandolet

Pistolet, — dans le jargon des voleurs.

Mandolet

Pistolet.

Mandolle (en jeter une)

Donner un soufflet à quelqu’un (Argot des voleurs). V. Giroflée à cinq feuilles.

Manette (Mlle)

Malle (Vidocq). — Diminutif de manne : malle d’osier.

Manette (mademoiselle)

Petite malle.

Manezingue

Marchand de vin. On dit aussi mastroquet.

Mange-bénef

Mange bénéfice ; dissipateur.

Mange-merde

Apostrophe voyoucratique ; homme absolument vil et méprisable.

Mangeoire (tourner le c. à la)

Être malade ; manquer d’appétit.

Manger

Faire chanter. Mangeur, maître chanteur (V. Chanter). Faire manger, faire profiter du produit d’une filouterie.

Manger de la chair crue

Faire l’acte vénérien.

Si elles savaient ce que c’était de manger de la chair crue la nuit.

Marguerite de Navarre.

Manger de la vache enragée

Malheureux qui ne mange pas tous les jours.
— Ah ! tu ne veux pas travailler, propre à rien, tu vas foutre le camp, tu mangeras de la vache enragée (Argot du peuple).

Manger de la vache enragée

Ne pas arriver, tout en travaillant beaucoup à ne pouvoir se donner le strict nécessaire.

Manger des briques

Ne rien avoir à manger, c’est bouffer des briques à la sauce cailloux.

Manger du pain et du fromage

Repas de funérailles. C’est une vieille coutume. Quand on enterre un camarade, on mange du pain et du fromage, ou on casse la gueule à un lapin en souvenir du mort (Argot du peuple).

Manger du pain rouge

Vivre d’assassinats.

Manger du pavé

Chercher de l’ouvrage et n’en pas trouver.

Manger l’anguille sans la sauce

Retirer vivement la pine d’un homme au moment où il va décharger, afin de n’avoir pas d’enfants de lui, — la sauce de cette anguille étant fort agréable, mais aussi pleine d’inconvénients.

Prenez donc des précautions !
Sans la sauce mangez l’anguille !
Beau moyen et bien éprouvé :
J’en suis pour un enfant trouvé.

Béranger.

Manger la botte

Faire à une femme une cour assidue sans arriver à un résultat.

Manger la grenouille

Caissier qui mange le contenu de la caisse. Notaire qui vole les fonds qui lui sont confiés. Sergent-major qui lève le pied avec la solde de sa compagnie. Se dit en général de tous ceux qui mangent l’argent qui ne leur appartient pas. Cette expression vient de ce que, en Hollande, les banquiers avaient pour emblème protecteur, sur la serrure de leur coffre-fort, une grenouille en bronze ; lorsque le coffre-fort était fracturé, la grenouille était déplacée. De là, manger la grenouille (Argot du peuple). N.

Manger la soupe à la quéquette

C’est à la suite de cela qu’arrivent les bébés.

Manger la vache enragée

Endurer des privations.

Sans l’illusion, où irions-nous, elle donne la puissance de manger la vache enragée des arts.

Balzac.

Son père dit qu’il veut lui faire manger de la vache enragée.

E. Sue.

Manger le bon dieu

Communier. L’allusion est claire (Argot du peuple).

Manger le fruit d’une femme

Gamahucher une femme, enceinte peut-être.

Prends gardé !… Tu vas manger mon fruit.

Jean du Boys.

Jean, rentrant chez lui, à l’improviste, trouve Pierre, son voisin, la tête entre les cuisses de sa femme, et bien en train de la gamahucher. — Fouchtra ! s’écrie-t-il, cha m’étonne plus, chi je n’ai pas d’enfants ; j’en fais tous les jours, et Pierre me les mange !

Manger le gibier

Dans l’argot des filles, ne pas rapporter intégralement au souteneur l’argent reçu d’un client.

Manger le morceau

Dénoncer.

Manger le morceau

Dénoncer ses complices, ou avouer ses méfaits (Argot des voleurs). V. Mouton.

Manger le morceau

Aveux faits par un voleur qui fait connaître ses complices. Il a mangé le morceau.

Manger le morceau

Dénoncer ses complices.

Manger ou faire sauter la grenouille

Dissiper les fonds dont on est dépositaire. V. Crapaud.

Il a fait sauter la grenouille de la société.

L. Reybaud.

Manger sur

Dénoncer.

François a mangé sur vous.

Canler.

Manger sur l’orgue

Dénoncer ses pratiques ou complices.

Manger sur l’orgue

Charger un complice. Mot à mot : lui mettre ses méfaits sur le dos pour essayer de s’en décharger (Argot des voleurs).

Manger sur l’orgue

Charger un complice.

Manger, manger le morceau

Dénoncer, avouer.

Le morceau tu ne mangeras de crainte de tomber au plan... — Paumé tu ne mangeras dans le taffe du gerbement.

Vidocq.

Manger, manger le morceau, manger sur l’orgue

Dénoncer un complice, révéler un secret.

Manger, Manger le morceau, Manger sur, Manger du lard

Dénoncer un complice, révéler un secret. — Manger dans la main, être très familier, ne pas observer les distances sociales. — Manger de la misère, manger de la prison, subir la misère, la prison. — Manger de la vache enragée, être misérable. — Manger de la merde, être dans le dénûment le plus profond, être abreuvé de souffrances physiques et morales. — Manger sur le pouce, manger à la hâte. — Manger du drap, jouer au billard. — Manger du pavé, chercher en vain de l’ouvrage. — Manger la laine sur le dos de quelqu’un, vivre aux dépens de quelqu’un, le ruiner sans le faire crier. — Manger du pain rouge, dépenser l’argent provenant d’un assassinat. — Manger à tous les râteliers, accepter de tous les côtés, sans scrupules. — Manger le Bon Dieu, communier. — Manger du sucre, être applaudi au théâtre. — Manger le poulet, partager un pot de vin, partager un bénéfice illicite. — Manger le gibier, faire sauter l’anse du panier de la prostitution, — dans le jargon des souteneurs qui n’entendent pas la plaisanterie sur ce chapitre. — Manger le pain hardi, être domestique. — Manger son pain blanc le premier, dépenser sans compter avec la misère à venir. — Manger l’herbe par la racine, être mort depuis longtemps. — Manger ses mots, parler vite et d’une manière incompréhensible. — Manger la consigne, oublier un ordre qu’on vous a donné. — Avoir mangé la bouillie avec un sabre, avoir une très, grande bouehe. — Se manger, se manger le nez, se disputer vivement de très près, se menacer d’en venir aux mains. — Se manger les sangs, s’inquiéter. — Se manger les pouces, s’impatienter.

Mangeur

Celui qui, faisant partie d’une bande, dénonce les autres.

Mangeur

Dissipateur. — Mangeur de galette : Fonctionnaire vénal (Vidocq). — Mangeur de blanc : Homme se faisant entretenir par une femme. V. d’Hautel. — Mangeur de blanche serait plus juste. — Mangeur de bon Dieu, de messes : Dévôt.

Quittez vos tanières, antiques comtesses, mangeuses de mes ses.

Départ de la Cour, Ch., 1830.

Mangeur de blanc

Souteneur de filles, maquereau qui vit du sperme dépensé par les autres hommes, avec de l’argent, au profit de sa maîtresse, etc.

Mangeons du blanc ! Mangeons du blanc !
Ça vaut mieux que manger du flan !
Mangeons du blanc jusqu’à l’aurore,
Et que Phoebus nous trouve encore
Mangeant du blanc !

Lemercier de Neuville.

Je voulais tater du métier de miché, mais je vois que celui de mangeur de blanc est encore le meilleur.

Lemercier de Neuville.

Mangeur de blanc

Souteneur de filles.

Mangeur de blanc

Souteneur.

Mangeur de blanc

Homme qui vit aux dépens des autres, et particulièrement des femmes qui se livrent à la prostitution. L’allusion est suffisamment claire pour se passer d’explication (Argot du peuple).

Mangeur de blanc

Voir mac.

Mangeur de blanc

Souteneur.

Mangeur de galette

Celui qui bat monnaie au moyen de dénonciations. — Fonctionnaire ami du pot de vin.

Mangeurs de foin

Épithète autrefois donnée aux grenadiers, qui, marchant généralement en tête, s’emparaient pour leur campement de tout le foin et de toute la paille des environs. Quand le gros des troupes arrivait, il ne trouvait plus rien ; les grenadiers avaient mangé le foin.

Mangeuse

Gaspilleuse.

Mangeuse de mande crue

Cette figure dégoûtante, mais très caractéristique, désigne une fille publique qui a une certaine spécialité (Argot des souteneurs).

Manicle

Toute chose gênante, comme les menottes. Frère de la manicle, confrère en vol.

Manicle (frère de la)

Confrère en vol.

Manicon

Surnom que le populaire, donne volontiers aux sages-femmes, — on devine pourquoi.

Manier

Peloter une femme — où un homme.

Mais, Monsieur, vous, baisez mes fesses à tout moment ; vous me maniez partout !

La Popelinière.

On ne peut donc sans scandale manier un peu les breloques du monde ? — Sacrebleu ! quelles breloques ! c’est bien aussi la montre, ma foi.

A. de Nerciat (Les Aphrodites.)

Ma bonne, disait Rosette, il veut toujours me faire manier sa sottise et prendra la mienne.

La Popelinière.

C’est des marlous, n’y prends pas garde ;
Viens, que j’ te magne ton outil.

H. Monnier.

Manière

Se dit du faire particulier aux femmes galantes qui, souvent, ont autant de manières que les plus illustres artistes, — première manière, seconde manière, etc.

Changer de masque, c’est fort mal
Quand on n’est plus dans l’ carnaval,
P’t-être aussi qu’ vous changez d’ manière
Et qu’aux femmes vous voulez plaire ;
Ce s’rait deux bons goûts à la fois.
J’ vous crois fait’ pour en avoir trois.

Béranger.

Manière (1re, 2me, 3me)

Ligne de conduite ou manière de faire son rapport avec l’âge, les progrès, ou les calculs d’un artiste, d’un écrivain, d’un intrigant, etc.

Faustine en était encore au désintéressement, sa première manière, ainsi qu’elle disait elle-même, en empruntant le langage des artistes.

dit M. Amédée Achard, dans ses Petits-Fils de Lovelace, d’une fille qui joue le désintéressement afin de mieux enlacer ses victimes.

Manières

Air d’importance.

Ça fait des manières et ça a dansé dans les chœurs...

Gavarni.

Manigancerie

Petit complot domestique, mauvaise ruse.

Manille

Anneau des forçats.

Manique

Métier, — en terme de compagnon.

Manique

Pratique du métier.

Manival

Charbonnier, — dans l’ancien argot.

Mannequin

Demoiselle de magasin sur le dos de laquelle on essaie les confections, devant les acheteurs, — dans le jargon des marchands de nouveautés.

Mannequin

Cabriolet, voiture à deux roues. — Hotte de chiffonnier. — Mannequin à machabées, corbillard, ou encore mannequin du trimballeur de dégelés, de refroidis, de machabées.

Mannequin

Imbécile. Voiture.

Mannequin (tu n’es qu’un)

Pas grand’chose de bon. Mannequin : individu guindé, habillé à la dernière mode. Mot à mot, qui ressemble à un mannequin exposé à la porte d’un tailleur. Mannequin : hotte de chiffonnier (Argot du peuple).

Mannequin de machabées

Corbillard. Allusion au panier dans lequel est jeté le condamné après l’exécution (Argot des voleurs). V. Omnibus de coni.

Mannequin du trimballeur des refroidis

Corbillard.

Mannesingue, minzinguin

Marchand de vin. — Mot à mot : homme (mann) vendant à boire (zu trinken). On a dit d’abord Mannestringue, puis mannesingue. Minzinguin est un diminutif corrompu. — V. Licher.

Quel est celui-là ? — Un ami, un vrai, un marchand de vin... — Un mannezing ?

G. Bourdin.

Le roi est un bon zigue qui protège les minzinguins.

Cabassol.

Mannezingue

Marchand de vin.

Mannezingue

Marchand de vin.

Manœuvrer du cul

Remuer des fesser quand on est sous l’homme, soit pour l’aider à décharger, soit parce que la jouissance arrache à la femme d’involontaires et lascives torsions de croupe.

Fait l’étroite pour lui, même quand elle est large,
Et manœuvrant du cul, jouit quand il décharge.

L. Protat.

Manque (à la)

Absent, sorti, ! — dans le jargon des ouvriers. — Être à la manque, être absent. — Ne pas être franc ; trahir.

Manque (à la)

À gauche. Mauvais, laid, défectueux. Indiscret. Incertain. Avoir à la manque, ne pas avoir.

Manque (à la)

Mauvais, laid, défectueux. — Tronche à la manque, mauvaise mine, physionomie qui ne dénote rien de bon, — dans le jargon des voleurs, pour qui tous les agents de la police ont des tronches à la manque.

Manquer à ses devoirs

Faire son mari cocu — ce qui est le seul devoir auquel les femmes ne manquent jamais.

Si vous aviez un peu de vertu dans l’âme, vous sentiriez aussi ce qu’il en coûte à une femme bien née pour manquer à ses devoirs et faire un pas comme celui-ci.

La Popelinière.

Manquer de respect à une femme

La violer — de son propre consentement, mais à fond de train, pour se faire pardonner l’irrévérence de cette action.

A l’encontre d’un talon rouge qui avait manqué de respect à une intendante, mais qui n’a pu achever de lui en manquer entièrement.

Collé.

Manquer de voix

Chanter un air à une femme, avec la queue, et s’en tenir là, volontairement ou involontairement. Baiser mollement.

Quand des voix qu’il me dut
Vint l’éclat dont il brille,
Avec moi que de fois
Il a manqué de voix.

Béranger.

Manquesse

Mauvaise note, — dans le jargon des voleurs. — Refiler la manquesse, être mal noté.

Manquiller

Faire.

Manuéliser (se)

Se masturber.

C’est le seul moyen d’être sage au couvent, puisqu’on ne peut l’être sans se clitorlser ou se manuéliser.

Mercier de Compiègne.

Du bon Guillot le vit se raidissait,
Et le poignait si fort concupiscence,
Que dans un voin se manuélisait.

Piron.

Manuelle

Prostituée décrépite qui tend à la débauche une main secourable quoique souvent couverte de gale.

Ces filles vieilles, laides, décrépites et dégoûtantes, appelées pierreuses dans l’administration, qui se désignent sous le nom de manuelles.

(Parent-Duchatelet, De la prostitution.)

Manuscrit belge

s. m. Copie imprimée. On a appelé de ce nom cette sorte de copie peut-être parce que les ouvriers belges, assez nombreux à Paris, ne pouvant autrefois déchiffrer la copie manuscrite, on ne leur donnait à composer que les réimpressions. Aujourd’hui, cette distinction a à peu près disparu. Voici une autre explication de cette expression : en Belgique, il y a trente ans, les imprimeurs ne vivaient que de contrefaçons ; on ne composait donc jamais ou presque jamais chez eux que sur des livres. Voilà pourquoi, sans doute, on a donné le nom de manuscrit belge à toute copie imprimée. L’expression est alors plus fine, plus satirique que dans l’hypothèse précédente ; elle raille spirituellement l’indélicatesse de nos voisins, qui se procuraient de la copie à trop bon marché.

Maqué ou Maccé

La fille publique qui a un amant ou qui en prend un, est maquée : elle a un mac.

Maquecée

Abbesse d’une maison de tolérance. Vient des deux mots : maq, abréviation de maquerelle, et de cé, femme d’argent ; de là maquecée (Argot des souteneurs). N.

Maquecée, maquerelle

Tenancière de maison de tolérance.

Maquereau

Défenseur de beautés faciles qui le payent ; entremetteur.

Le roi fit choix du conseiller Bonneau,
Confident sûr et très bon Tourangeau.
Il eut l’emploi, qui certes n’est pas mince,
Et qu’à la cour où tout se peint en beau,
Nous appelons être l’ami du prince ;
Mais qu’à la ville, et surtout en province,
Les gens grossiers ont nommé maquereau.

Voltaire. (La Pucelle.)

Maquereau

Les uns croient que ce mot vient de l’hébreu machar, qui signifie vendre, parce que c’est le métier de ces sortes de gens de vendre les faveurs des filles. D’autres font dériver cette expression d’aquarius ou d’aquariolas, parce que chez les Romains les porteurs d’eau étaient les intermédiaires de la prostitution, d’où nous avons fait, en ajoutant la lettre M, Maquariolus. et que de là s’est formé le nom de maquereau. D’autres encore affirment que ce mot vient du latin macalarellus, parce que dans les anciennes comédies, à Rome, les proxénètes de la débauche portaient des habits bizarres, et ils étayent leur opinion sur ce que ce nom n’a été donné à l’un de nos poissons de mer que parce qu’il est mélangé de plusieurs couleurs dans le dos (Dessessart, Dictionnaire de police, Bulenger opuscul.) Quoi qu’il en soit, la signification du mot maquereau est de vivre aux dépens de quelqu’un, mais l’expression s’applique plus généralement à ceux qui vivent de la prostitution des femmes. Souteneur, qui vit des filles publiques, ou mari qui laisse sa femme se prostituer, lequel est un maquereau légitime (Argot du peuple).

Maquereau

Celui qui vit aux dépens des autres.

Maquereau

Souteneur.

Maquereau, maquerelle

Souteneur. Proxénète.

Maquereautin

Souteneur qui n’est pas dans l’opulence.

Maquerelle

Grosse dame qui se charge de procurer de l’ouvrage aux petites dames, et qui pousse parfois la complaisance jusqu’à les aller chercher dans leurs famille.

Le troisième privilège des châtrés, c’est qu’ils sont fort renommés en leur fidélité en fait de maquerellage.

(Variétés hist. et litt.)

Tenant par acte misérable
Le maquerellage honorable.

(Cabinet Satyrique)

Tant qu’elle conte sa querelle
A une vieille maquerelle.

Mathéolin

Et puis dites que les moustiers
Ne servent point aux amoureux,
Bonne maquerelle pour eux
Est ombre de dévotion.

Cl. Marot.

Aussi n’épargne-t-il pas les mères qui sont maquerelles de leurs propres filles.

H. Estienne.

Car l’honneur d’une femme souffre beaucoup quand elle est vue avec une maquerelle.

P. de Larivet.

Maquerelle

Maîtresse de maisons de tolérance ou de maisons de rendez-vous, femme qui vit du travail des filles (Argot du peuple), V. Maman-Maca.

Maquerelle

Tenancière d’une maison de tolérance ou de rendez-vous. Une proxénète est aussi une maquerelle.

Maqui

Apocope de maquillage, maquille. Dérivé de masque. — En terme de grecs, le maquillage consiste à marquer les cartes qu’on a intérêt à connaître. Il y a les maquis au coup de pouce, au coup d’ongle, au coup d’épingle, à la mine de plomb, à la pièce et autres, suivant l’inspiration du grec et la tête des dupes.

Maqui

Rouge, fard. Maquillage.

Maqui (mettre du)

Se mettre du rouge.

Maqui (mettre du)

Se mettre du rouge.

Maquignon

Un monsieur qui fait la traite des blanches, — le mango antique.

Maquignon

Trafiqueur ; sophistiqueur.

Maquignonnage

Gredinerie commerciale ; vente à faux poids ; falsification de marchandises ; sophistication.

Maquillage

Tricherie féminine qui consiste à dissimuler, à l’aide de pâtes, de cosmétiques et d’onguents, les ravages que le temps apporte au visage le plus frais.

Celle-ci, une fois entrée, relève la mèche de la lampe posée sur la cheminée, mais pas trop cependant, afin de ne pas trahir son maquillage.

Lemercier de Neuville.

Et ce qui prouve que ce n’est pas là une mode nouvelle, c’est que je trouve dans un poète du XIIIe siècle, Gaultier de Coinsy, les vers suivants :

Telle se fait moult regarder
Par s’en blanchir, par s’en farder,
Que plus est laide et plus est blesme
Que peschiez mortels en caresme.

Maquillage

Le maquillage est une des nécessités de l’art du comédien ; il consiste à peindre son visage pour le faire jeune ou vieux, le plus souvent jeune.

Dans certains théâtres on voit de jeunes aspirantes qui se font des yeux jusqu’aux oreilles et des veines d’azur du corset jusqu’aux tempes ; ce ne sont pas des femmes, ce sont des pastels. Cette première catégorie de grues s’appelle les maquillées.

Joachim Duflot, Dict. des Coulisses.

Maquillage

L’art de peindre et d’orner le visage ; action qui consiste à faire d’une figure humaine un pastel. — Mélange de vins. — Restauration de tableau. — Fraude en tout genre.

Maquillé du pognon

Faire de l’argent.

Maquiller

Travailler, battre.

Maquiller

Travailler, battre.

Maquiller

Arranger quelque chose.

Maquiller

Cameloter, brocantage.

Maquiller

Chicaner, travailler, battre.

Maquiller

Farder. — Même origine que le mot suivant. On sait que les maquignons maquillent à merveille un cheval pour lui donner une meilleure apparence.

Maquiller

Agir, machiner.

C’est par trop longtemps boire ; Il est, vous le savez, heure de maquiller.

Grandval, 1723.

Maquiller un suage : Se charger d’un assassinat. — Maquiller son truc : Faire sa manœuvre. — Maquiller une cambriolle : Dévaliser une chambre. — Maquiller les brèmes : Jouer aux cartes. V. Momir. Ce verbe paraît venir du vieux mot maquillon : maquignon, qui vient lui-même de maque. V. Roquefort et Fr. Michel. — Maquignonner, c’est, en effet, machiner n’importe quoi, pourvu qu’on y gagne.

Maquiller

Faire ; frauder ; farder ; trafiquer. Dérivé de maquignon.

Maquiller

Faire. Frauder. Voler. Farder. Trafiquer. Maquiller la brème, préparer un jeu de cartes pour tricher.

Maquiller

Se farder le visage.

Pour réparer des nuits l’irréparable outrage.

Quand un ouvrage est raté, on le maquille pour le faire accepter.
Maquiller un tableau. Il existe des peintres spéciaux qui font du vieux avec du neuf. Une toile est fabriquée par un rapin quelconque, une signature de maître figure au bas, le maquilleur lui donne l’aspect de la vétusté, et un amateur naïf l’achète.
Il y a comme cela des Velasquez peints à Montmartre (Argot des filles et des peintres). N.

Maquiller

Tripoter, arranger. Celui qui en jouant arrange les cartes, de façon à avoir un beau jeu et gagner, maquille les brêmes.

Maquiller

Farder, déguiser, changer d’aspect, vendre.

Maquiller (se)

Se farder. L’agent de la sûreté se maquille sans se farder ; son maquillage consiste tout simplement à mettre une blouse ou veste d’ouvrier pour se rendre méconnaissable.

Maquiller à la sorgue

Voler la nuit.

Maquiller les brêmes

Jouer aux cartes.

Maquiller les brêmes

Jouer aux cartes.

Maquiller les brêmes

Tromper aux cartes.

Maquilleur

Tricheur. Maquilleuse, tricheuse.

Maquilleur de gayés

Individu chargé par un maquignon de rendre une rosse présentable à la vente. Le maquillage des gayés est souvent pratiqué par le maquignon lui-même. Ce maquillage consiste : pour les chevaux poussifs, à leur administrer, sous le nom de potion, une affreuse drogue qui les guérit... pendant un jour ou deux ; pour les chevaux couronnés, à coller sur leurs genoux des poils de chevaux morts ; pour l’assortiment d’un attelage, dans l’emploi de la teinture. Il y a encore le limage des dents, la taille des oreilles et une foule d’autres supercheries inspirées par les circonstances et l’état de la bête.

Maquilleuse de brêmes

La tireuse de cartes. Il en existe de célèbres dans le monde des filles. Elles font des recettes fructueuses. La maquilleuse de brêmes ne se borne pas à tirer les cartes, elle procure pour les deux sexes. Généralement, c’est une ancienne fille sur le retour qui ne peut plus peloter que le valet de cœur (Argot des filles).

Mar

Désinence arbitraire. V. Rama.

Quant au reste de la langue, on se bornait (en 1830) à retrancher la dernière consonnance pour y substituer la syllabe mar. On disait Épicemar pour épicier, Boulangemar pour boulanger, Cafemar pour café, et ainsi de suite. C’était de l’esprit dans ce temps-là. Il est vrai que nos pères ont tous ri à se tordre en mettant le mot turlurette la fin de chaque couplet de chanson. Que signifiait mar ? Que voulait dire turlurette ? Absolument la même chose. Personne n’a jamais pu le savoir.

Privat d’Anglemont.

Méfie-toi... Le jeune épicemar est très-fort au billard et au piquet.

Champfleury.

Mar

Désinence argotique. Perruquemar, perruquier, policemar, agent de police ; boutiquemar, boutiquier. La plupart des mots de la langue régulière qui n’ont pas d’équivalents en argot, se forment au moyen de la désinence mar, les autres au moyen des désinences much ou mince.

Mar-chef

Maréchal des logis chef, par abréviation ; et jamais abréviation ne fut plus justifiée.

Maraille

Le monde, — dans le jargon des voleurs.

Maraille

Le peuple, le monde.

Marauder

Faire la contrebande des voyageurs ; prendre des voyageurs au détriment d’un client’qui a loué une voiture à la journée, — dans le jargon des cochers de remise.

Maraudeur

Cocher qui racole la pratique, pendant que son bourgeois fait une visite, pendant qu’il est au cercle, au restaurant.

Marbre

C’est, en terme de journaliste, tout paquet composé qui stationne sur la table de fonte d’une imprimerie, en attendant le moment d’être appelé aux honneurs de la mise en page. — Être sur le marbre, attendre l’insertion d’un article composé. — Avoir du marbre, avoir en réserve des faits divers, des articles « des quatre saisons ». C’est, pour un journal, avoir du pain sur la planche. — Il y a toujours sur le marbre un choix d’articles « Variétés » ; — ce sont les en-cas, les bouche-trous réservés pour les jours où la copie manque, pour les jours où les annonces faiblissent. Ordinairement le dimanche on écoule le marbre de la semaine, dans les journaux qui ne laissent rien perdre.

Marbre

Ainsi nommé parce que c’est une table en fonte. Table sur laquelle les typographes alignent les paquets composant les articles. Avoir un article sur le marbre : attendre son tour pour être imprimé. Quand un article reste trop longtemps sur le marbre, il faut le distribuer. Marbre est une ironie pour les pauvres journalistes. Leurs articles refroidissent sur le marbre (Argot d’imprimerie). N.

Marc (un de)

Un verre d’eau-de-vie de marc. — Un marc anisette, un verre d’eau-de-vie de marc et anisette mêlées.

Marcandier

Celui qui a été volé.

Marcandier

Marchand.

Marcandier

Marchand.

Marcandier

Marchand. — On trouve dans Roquefort mercadier. V. Solir, Farre.

Marcandier

Marchand.

Marcandier

Cette expression désigne les marchands, quel que soit leur commerce (Argot des voleurs).

Marcandiers

Ceux qui disent avoir été volés. Marcandier signifie encore un marchand.

Marcanti

Marchand. On désigne ainsi en Algérie les marchands de denrées et liquides qui suivent les colonnes expéditionnaires.

Marcassin

Apprenti peintre d’enseignes.

March-logis

Apocope de maréchal des logis.

Marchand d’eau chaude

Limonadier.

Marchand d’eau de javel

Marchand de vin, — dans le jargon du peuple qui tient, au service des cabaretiers, un assortiment d’expressions dont la force donne une idée de la nature des boissons qu’on lui débite.

Marchand de chiffons du régiment

L’officier d’habillement.

Marchand de lacet

Gendarme.

Marchand de lacets

Gendarme — Il offre aux malfaiteurs des lacets (poucettes) que ceux-ci trouvent toujours trop chers. V. Hussard.

Marchand de marrons

Se dit d’un officier portant mal l’habit civil, — dans l’argot militaire.

Marchand de mort subite

Médecin, — dans le jargon du peuple. Autrefois l’expression ne s’appliquait qu’aux charlatans. Depuis que tant de médecins ont fait concurrence à tant de charlatans, elle s’est étendue jusqu’à ceux-là.

C’était bien sûr le médecin en chef... tous les marchands de mort subite vous ont de ces regards-là.

(E. Zola.)

Dans la bouche des voyous l’expression s’applique encore à tout individu qui, par maladresse, peut occasionner un accident. Ainsi, un mauvais cocher, un charretier imprudent, sont des marchands de mort subite.

Marchand de mort subite

Prévôt d’armes.

Marchand de mort subite

Le maître d’armes et le bourreau. Le maître d’armes apprend à ses élèves les moyens de tuer un homme proprement. Le bourreau coupe la tête du condamné pour lui apprendre à vivre (Argot du peuple). N.

Marchand de puces

Préposé aux lits militaires. Voilà une dénomination dont nous avons bien souvent reconnu là justesse !

Marchand de sommeil

Teneur de chambres et cabinets garnis... de vermine, la plupart du temps ; logeur à la nuit et à la corde. Marchand de soupe. Maître de pension ; homme juste mais sévère qui, sous prétexte d’enseigner le grec et le latin à l’espoir de la France, tient une table d’hôte où fleurissent le haricot, la lentille, la pomme de terre et le chou.

Marchand de sommeil

Logeur. Marchand de soupe, maître de pension.

Marchand de soupe

Maître de pension qui spécule sur la nourriture de ses élèves.

Style universitaire ! Les marchands de soupe doivent être bien fiers.

L. Reybaud.

Marchande de chair humaine

Nom que donnent, entre elles, les filles de maison à la propriétaire de l’établissement. Un philosophe attardé dans un de ces antres entendit un mot bien profond. Comme il s’étonnait devant une des pensionnaires du luxe de la maison :

Et dire que c’est nous qui gagnons tout ça... ! soupira la malheureuse.

Marchandes d’ail

Celles qui aiment l’ail au lit. Voir gousse.

Marchandise

La nature de l’homme et celle de la femme, qui, toutes deux, mais la dernière surtout, sont un objet de commerce.

J’ouvre boutique, et faite plus savante,
Vous mets si bien ma marchandise en vente,
Subitement affinant les plus fins,
Qu’en peu de temps fameuseje devins.

J. du Bellay

Je veux une Phillis entre l’haut et le bas,
Qui ne fasse pas trop valoir sa marchandise.

Busset-Rabutin.

Voyons, montre-moi ta marchandise, mon petit couillon chéri.

J. Le Vallois.

Marchandise

Le contenu d’une fosse d’aisances, — dans le jargon des vidangeurs.

Marchands d’hommes

Agent de remplacement militaire, négrier.

D’un marchand d’hommes, je vois l’enseigne.

Léonard, Parodie, 1863.

Détestable anglais ! ajouta le marchand d’homme.

L. Desnoyer.

Marchands de sommeil

Ceux qui tiennent des hôtels garnis.

Marche à terre

Fantassin.

Quand tu étais dans la cavalerie, tu n’étais pas dans les marche à terre.

Vidal, 1833.

Marche de flanc

Repos sur le lit de camp, — dans le jargon des troupiers. — Razzia, maraude, — dans le jargon des soldats du bataillon d’Afrique.

Marche des zouaves

Les soldats se rendant à la visite du docteur, exécutent la marche des zouaves.

Marche oblique

Sonnerie qui appelle les cavaliers punis au corps de garde. Ainsi nommée, parce qu’on ne s’y rend pas le cœur léger, mais d’un air piteux, en rasant les murs, en s’effaçant, obliquement.

Marche oblique individuelle

Ralliement des soldats consignés pour répondre à l’appel. Ils y arrivent isolément, de points divers : des chambrées, de la cantine, quelquefois même d’un café voisin de la caserne. Il faut user de ruse pour rentrer sans être vu, faire maints détours ; de là, marche oblique.

Marche par le flanc (exécuter la)

Dormir, se coucher.

Marche-à-terre

Soldat d’infanterie de ligne.

Marchef

Maréchal des logis chef.

Marcher

v. intr. Être de l’avis de quelqu’un. Je marche, j’approuve.

Marcher

Approuver, être du même avis, — dans le jargon des typographes. — Je marche avec lui, je l’approuve.

Marcher

Consentir, être d’accord. Quant une offre convient, on marche, c’est-à-dire on accepte. Dans le cas contraire on ne marche pas. Marcher avec quelqu’un, faire une affaire avec quelqu’un ou être en communauté d’idées avec lui.

Marcher

Croire une chose invraisemblable ou un mensonge, c’est marcher.

Marcher au pas

Obéir, être mené militairement. Faire marcher quelqu’un au pas, contraindre quelqu’un à l’obéissance, le mener durement.

Marcher dans les souliers d’un mort

Avoir fait un héritage. — Compter sur les souliers d’un mort, compter sur un héritage. Le peuple dit :

Celui qui compte sur les souliers d’un mort, marche longtemps nu-pieds.

Marcher dedans

Mettre les pieds sur une sentinelle. Marcher dans la merde, suivant un dicton populaire, cela porte bonheur. On dit d’un homme heureux en toutes choses, à qui tout réussit :
— C’est pas possible, il a marché dans la merde.
On dit également :
— Il a écrasé un colombin (Argot du peuple), N.

Marcher dessus

Être sur une bonne piste, — dans le jargon des voleurs.

Marcher sur la chrétienté

Marcher pieds nus, marcher avec des souliers qui menacent à chaque instant de quitter les pieds.

Marcher sur le dernier quartier

User le restant de ses souliers. Par dérision, on dit à un homme dont les souliers boivent l’eau du ruisseau :
— Tes pafs sont pochards.
On dit encore :
— Tu vas t’enrhumer, tes rigodons ont un courant d’air (Argot du peuple). N.

Marcher sur sa longe

S’obstiner encore à monter sur les planches malgré que l’âge ait sonné depuis longtemps l’heure de la retraite, — en terme de théâtre. — C’est le défaut de beaucoup de grands acteurs.

Marcher tout seul

Être en état de décomposition, en parlant du fromage. Le fromage qui marche seul est habité par une colonie de ces petits vers blancs si vivaces qui sont loin d’effrayer les amateurs. « Tant pis pour eux », disent-ils. — « Apportez-moi du Roquefort », demande un consommateur au garçon d’un gargjot. — « Appelez-le, monsieur, il marche tout seul. » — Le fromage est une source de plaisanteries à l’usage des personnes qui trouvent beaucoup d’esprit aux commis voyageurs.

Marcher, marcher au pas

Être contraint à obéir.

Empereur Nicolas, Les Français et les Anglais te feront marcher au pas.

Layale, Ch., 1855.

Marcheuse

Femme qui a été fille et qui, ne l’était plus, est chargée de conduire dans les chemins du vice celles qui le sont encore.

Ses fonctions sont d’appeler les passants à voix basse, de les engager à monter dans le bordel où, d’après ses annonces banales, ils doivent trouver un choix exquis de jeunes personnes. Dans, la maison de tolérance de première ligne, il y a ordinairement plusieurs marcheuses dont l’emploi principal est de promener les filles d’amour sur les boulevards et dans les passages.

Marcheuse

« La marcheuse est un rat d’une grande beauté que sa mère, fausse ou vraie, a vendu le jour où elle n’a pu devenir ni premier, ni deuxième, ni troisième sujet de la danse, et où elle a préféré l’état de coryphée à tout autre, par la grande raison qu’après l’emploi de sa jeunesse, elle n’en pouvait pas prendre d’autre. Pour qu’un rat devienne marcheuse, c’est-à-dire figurante de la danse, il faut qu’elle ait eu quelque attachement solide qui l’ait retenu à Paris, un homme riche qu’elle n’aimait pas, un pauvre garçon qu’elle aimait trop. C’est un débris de la fille d’Opéra du dix-huitième siècle. »

Balzac.

Marcheuse

« Un simple bonnet la coiffe ; sa robe est d’une couleur foncée et un tablier blanc complète ce costume. Les fonctions de la marcheuse sont d’appeler les passants à voix basse, de les engager à monter dans la maison qu’elle représente, où, d’après ses annonces banales, ils doivent trouver un choix exquis de jeunes personnes. »

Béraud.

Enfin arrivent les marcheuses... Elles marchent pour les filles demeurant en hôtel garni ; celles-ci n’ont qu’une chaussure et un jupon blanc Faut-il qu’elles exposent dans les boues leur unique habillement, la marcheuse affrontera pour elles les chemins fangeux.

1783, Mercier.

Marcheuse

Dame comparse du corps de ballet, à l’Opéra.

Marcheuse

Racoleuse d’une maison de tolérance.

Fille publique qui fait la porte, c’est-à-dire qui, du seuil des maisons de joie, appelle les passants.

(Paris-Vivant, la Fille, 1858.)

C’est-à-dire la femme stationnant sur le seuil de la porte de la maison de tolérance.

(Béraud, Les Filles publiquês de Paris, t. II, 1839.)

Par ordonnance de police, les marcheuses doivent être âgées d’au moins quarante ans... Est-ce pour inspirer plus de confiance ?

Marcheuse

Dame comparse au théâtre. Racoleuse.

Marcheuse

Belle femme qui figure à l’Opéra, Marcheuse : la femme qui appelait les passants en termes très engageants ; elle détaillait avec complaisance les charmes de la marchandise qui était dans l’intérieur de la maison. La marcheuse était généralement un beefteack à corbeau hors d’âge et de service. Les marcheuses furent supprimées à la porte des maisons de tolérance par arrêté de M. Andrieux, préfet de police, en 1881 (Argot des souteneurs).

Marcheuse

La femme qui fait les cent pas à la porte d’une maison de tolérance où elle est pensionnaire pour y amener des clients, c’est la marcheuse.

Marcheuse

Femme qui fait le trottoir.

Marchfeld

Champ de manœuvre, — dans l’argot de Saint-Cyr.

Marchis

Corruption de maréchal des logis.

Marcouse

Le teneur du jeu de bonneteau fait, en manipulant les trois cartes, une corne à l’une d’elles pour allécher le joueur, puis il décorne cette carte pour en corner une autre que la gagnante, lorsqu’il sait qu’un des parieurs s’en est aperçu : c’est la marcouse ou cornanche.

Marcouse

Carte marquée par le bonneteur.

Mare

Avoir assez d’une chose ou d’une femme, c’est en avoir son mare.

Maré

Signifie : tais-toi, laissez-moi, ça suffit. Cela dépend comment ce mot est employé ; avoir assez d’une chose, c’est en être maré.

Je suis maré du jeu, j’ai joué toute la journée. — Je suis maré de t’entendre récriminer. — Tu ne vas pas en dire davantage, je suis maré de tes observations.

Maré !

Interjection qui signifie : « Assez ! »

Marécageux (œil)

Œil voluptueux, à demi-noyé de langueur.

Mais que tu danses bien la galope, Avec ton œil marécageux.

Chans. populaire.

Marer

Être blasé. Avoir maré, en avoir assez. Marez, assez ! arrêtez !

Margauder

Décrier la marchandise. — Corruption du mot marchander.

Madame trouve moyen de margauder.

La Correctionnelle.

Margot

Femme de peu.
— Tu n’es qu’une sale Margot.
Pourquoi chercher dans Margot le diminutif de Marguerite ?
Toutes les Marguerites ne sont pas de Bourgogne.
Il y en a qu’on aimerait à effeuiller.
On dit aussi Margoton (Argot du peuple). N.

Margot

Femme de mœurs légères.

Margot, goton

« Nom fort injurieux donné à une courtisane, à une femme de mauvaise vie. » — 1808, d’Hautel. — « Nous le tenons. Nous savons où demeure sa margot. » — E. Sue. — On dit aussi sa jacqueline. (V. ce mot). — Dans son Vieux Cordelier, Camille Desmoulins apostrophe ainsi Hébert : « Le banquier Kocke, chez qui toi et ta Jacqueline vous passez les beaux jours de l’été. »

Margot, Margoton

Nom de femme qui est devenu celui de toutes les femmes — devenues filles.

Priape dérogea, Vénus fit la Catin.
Cette contagion infecta les provinces,
Du clerc et du bourgeois passa jusques aux princes.
La plus mauvaise garce eut ses adulateurs,
Et jusqu’à la Margot, tout trouva des fouteurs.

(L’Art priapique.)

Villon sut le premier dans ces siècles grossiers
Débrouiller l’art confus de nos vieux romanciers,
Redonner le mouchoir aux filles de bon ton,
Et laisser la province enfiler Margoton.

(L’Art priapique.)

Nous le tenons : nous savons où demeure sa margot.

Eugène Sue.

J’ai peu d’estime pour l’argot ;
Mais au besoin, je le tolère.
Si je rencontre une margot,
Je la regarde sans colère.

Phil. Dauriac.

Margoulette

Bouche. — Diminutif de marge. Les lèvres forment la marge du palais. Peut être aussi diminutif corrompu du vieux mot gargoule : bouche.

Margoulette

Visage : — Margoulette de travers, mauvaise mine, mine fatiguée. — Déboiter la margoulette, porter des coups au visage.

Margoulette

Visage. La bouche.

Margoulette

La bouche. Il existe en Bourgogne des vases en terre vernissée qui ont un goulot semblable à la bouche. Pour cette raison, on appelle ces vases des goulettes. Mar a tout simplement été ajouté, déformant le mot primitif pour en former un autre qui a le même sens, car les nourrices disent aux enfants :
— Viens que j’embrasse ta petite goulette.
Rincer la margoulette à un ami, c’est lui payer à boire (Argot du peuple). N.

Margoulin

Débitant, dans la langue des commis voyageurs.

Parfois le margoulin est fin matois.

Bourget.

Margoulin

Petit boutiquier, marchand d’objets de peu de valeur. — Mauvais ouvrier, celui qui n’est pas au courant de son métier, — dans le jargon du peuple.

Tonnerre de Dieu ! me voilà devenu voyageur de commerce : je m’en vais donc voir ces margoulins.

(Monsieur Mayeux, voyageur de commerce, dessin.)

Margoulin

Débitant. Mauvais ouvrier.

Margoulin

Débiteur de mauvaises boissons. Marchand de vin qui a une fontaine dans sa cave pour fabriquer le fameux cru de Château la Pompe. Margoulin : méchant ; ouvrier, fainéant, grossier, brutal, qui lève plus souvent le coude qu’un marteau. C’est, dans le peuple, un gros terme de mépris que de dire à un individu :
— Tu n’es qu’un margoulin ! (Argot du peuple). N.

Margoulin

Petit patron, petit industriel.

Margoulinage

État, métier du margoulin.

Margouliner

Vendre des marchandises’de peu de valeur, des marchandises défraîchies. — Faire un tout petit commerce en boutique.

Margoulis

Grabuge, gâchis.

Mari malheureux

Mari, peut-être cossu, — mais à coup sûr, cocu — sans cédille.

Mariage

Collage légitime de l’homme et de la femme, qui a le vit pour trait d’union, plus les enfants qui peuvent résulter dudit collage. Selon Balzac :

Le mariage est une association de mauvaise humeur, pendant le jour, et de mauvaise odeur pendant la nuit.

Mariage

Corde de justice, corde à étrangler, — dans le jargon des cordiers des XVIIe et XVIIIe siècles. C’est cette corde que l’exécuteur des hautes-œuvres appelait « tourtouse ». — Tourtouse par extension si gnifiait encore gibet, potence. (Hurtaut, Dict. des homonymes, 1775.)

Mariage à la détrempe

Mariage à la colle. Quand elle est trop détrempée, le papier ne tient pas. Autrefois, avant l’annexion de la banlieue à Paris, on disait :
— Ils sont mariés au treizième arrondissement.
Parce qu’il n’y en avait que douze.
Aujourd’hui on dit au vingt et unième, parce qu’il n’y en a que vingt (Argot du peuple). N.

Mariage en détrempe

Concubinage, mariage pour rire. — La variante est : Mariage à la parisienne.

Marianne

Prénom de la vraie République des faubourgs, la République coiffée du bonnet phrygien, la République aux « puissantes mamelles » chantée par Barbier. — « C’est la Marianne qui a pris possession de l’Elysée et de nos administrations, et c’est la Marianne qu’adoptent en ce moment toutes nos municipalités. » (Petite République Franc. 24 fév. 1880.) — Ce prénom, si commun chez les femmes du Midi, lui a été donné d’abord dans le Midi comme un hommage et un souvenir, puis adopté par toute la France.

Mariase

Vaurien.

Marida

Mariée.

Marie Jordonne

Petite fille qui, à l’école, aime à commander ses camarades.

Marie salope

Femme sale et sale femme, par allusion aux bateaux dragueurs appelés des maries-salopes.

Marie-couche-toi-là

Femme qui se met sur le dos pour un oui ou un non. Rôdeuse de caserne (Argot des troupiers). N.

Marie-pique-rempart

Femme qui rôde la nuit sur les remparts, aux environs des postes de soldats. On devine ce qu’elle cherche : un gîte et un restant de soupe. Huit ou dix jours plus tard, le troupier sait ce qu’elle a apporté (Argot des troupiers). N.

Marie-sac-au-dos

Femme toujours prête. Allusion aux troupiers qui, quand le quartier est consigné en vue d’un événement quelconque, campent dans la cour de la caserne sac au dos, prêts à partir (Argot des troupiers). V. Rempardeuses. N.

Marine (la)

Première carte à prendre au talon, — dans le jargon des joueurs de bezigue. Je prends pour voir la marine.

Maringotte

Grande voiture de saltimbanque, sorte de maison roulante où naît et meurt le saltimbanque, où il fait la cuisine et l’amour.

Maringotte

Voiture de saltimbanque.

Mariol, Mariolle

Coquin rusé, malin. C’est une variante de marlou.

Mariole

Malin, rusé, roublard. On est mariole ou on le fait. Dans les ateliers, un mariole passe pour un phénix. Mariole doit être pris ici comme synonyme de marlou.
— Tu n’as pas coupé la patte à coco, tu n’es pas si mariole que ça, on pourrait bien te river ton clou.
Il existe une chanson qui dit :

Tant qu’il y aura des pantes.
Les marioles boulotteront.

(Argot du peuple et des souteneurs). N.

Mariole

Malin, roublard.

Mariole, Mariol ou Mariaule

adj. Qui est tout à fait malin, difficile à tromper ; se dit encore d’un ouvrier très capable.

Mariolisme

s. m. Qualité de celui qui est mariole ou ce qu’il fait. Rare.

Mariolle

Malin, rusé.

Mariolle

Malin, roublard.

Mariolle (faire le)

Poser pour le torse ; ne pas frayer avec les camarades.

Marionnette

Soldat. (Fr. Michel.)

Markouse

Carte marquée visiblement par le bonneteur. Mais aussitôt qu’elle a été vue par la dupe, elle est démarquée. Il la devine, mais ce n’est plus la même (Argot des camelots).

Marle

Malin.

Marlou

Individu impropre a rien, un fainéant et un voleur adroit, fin, rusé, malin.

Marlou

Variété de maquereau, d’homme sans préjugés, qui non-seulement consent à recevoir de l’argent des filles galantes, mais encore en exige d’elles le poing sur la gorge et le pied dans le cul.

La plus sublime de ces positions, c’est celle du marlou.

Frédéric Soulié.

C’est des marlous, n’y prends pas garde.

H. Monnier.

Marlou

Souteneur. — Corruption du vieux mot marlier : sacristain. — Les souteneurs étaient de même appelés sacristains au dix-huitième siècle. On en trouve plus d’une preuve dans Rétif de la Bretonne.

Un marlou, c’est un beau jeune homme, fort, solide, sachant tirer la savate, se mettant fort bien, dansant la chahu et le cancan avec élégance, aimable auprès des filles dévouées au culte de Vénus, les soutenant dans les dangers éminents...

Cinquante mille voleurs de plus à Paris, Paris, 1830, in-8.

Par extension, on appelle marlou tout homme peu délicat avec les femmes, et même tout homme qui a mauvais genre.

Cadol.

Marlou

Mauvais drôle, malin. — Souteneur de filles, — dans l’ancien jargon du peuple.

Marlou

Souteneur. Filou. Malin, rusé. Front.

Marlou

Individu qui vit de la prostitution des femmes. Marlou vient du vieux mot marlier, avec un changement de finale (Argot des filles).

Marlou

Malin. Un souteneur c’est aussi un marlou.

Marlou

Souteneur.

Marlou à la mie de pain

Marlou qui ne sait pas faire travailler sa marmite ou qui en a une récalcitrante. Je lis dans les Lamentations d’un souteneur :

Quoi ? C’est éteint... tu r’buttes au flanche.
Y’a pu de trottinage à la clé.
Des dattes pour que tu fass’la planche,
L’anse de la marmite est cassée. (Argot des souteneurs). N.

Marloupin

Jeune marlou qui fait son apprentissage dans les bals publics. On dit aussi goussepin : petit vagabond dont la première étape est la petite Roquette et la dernière souvent, la grande. Goussepin gouspiné : voler (Argot des voleurs).

Marloupin

Jeune marlou.

Marlousier

Maquereau.

Marlousier

Maquereau.

Marlousier

Maq…., souteneur de fille de joie.

Marlousier

Malin, rusé, diminutif de marlou (Argot des souteneurs).

Marlousserie

Fainéantise, paresse, vivotage, volerie.

Marmier

Berger, — dans l’ancien argot.

Marmite

Putain, — la femelle naturelle du maquereau, à qui elle fournit de quoi manger, boire et rigoler avec ou sans elle.

Tu es un crâne fouteur… et… si tu y consens, ce n’est pas toi qui me donneras de la braise, c’est moi qui serai ta marmite.

Lemercier de Neuville.

Marmite

Fille publique nourrissant un souteneur. — Allusion facile à saisir.

Un souteneur sans sa marmite est un ouvrier sans ouvrage.

Canler.

Marmite de terre : Prostituée ne gagnant pas d’argent à son souteneur. — La Marmite de fer gagne un peu plus. — La Marmite de Cuivre rapporte beaucoup. — (Dict. d’argot, 1844.)

Marmite

Maîtresse d’un souteneur. Elle fait bouillir la marmite.

Marmite

C’est ainsi que les dragons appellent leurs casques. — Je récure la marmite pour la revue de demain.

Marmite

Cuirasse.

Marmite

La femme du souteneur. Marmite de terre, qui rapporte peu ; marmite de fer, qui rapporte davantage, marmite de cuivre, qui rapporte beaucoup.

Marmite

D’après M. Lorédan Larchey, c’est une fille publique nourrissant son souteneur. Un souteneur sans sa marmite est un ouvrier sans ouvrage, dit Canler. La marmite de terre est une prostituée qui ne gagne pas de pognon à son souteneur. La marmite de fer commence à être cotée ; elle gagne un peu de galette. La marmite de cuivre, suivant Halbert, c’est une mine d’or. Marmite, d’après Pierre, est une femme qui n’abandonne pas son mari ou son amant en prison et lui porte des secours. Le peuple qui ne cherche ni si haut ni si loin, considère tout tranquillement la femme comme une marmite. Quand elle trompe son mari avec son consentement, elle fait bouillir la marmite. Quand elle fait la noce pour son compte, qu’elle ne rapporte pas, il y a un crêpe sur la marmite (Argot du peuple). N.

Marmite

Fille publique qui nourrit son male et souvent toute sa famille.

Marmite

Prostituée qui a un souteneur.

Marmite à Domange

Voiture de vidange.

Marmite anarchiste

Comme la précédente, celle-là ne rapporte pas ; elle fait sauter — pas les écus, mais les maisons. C’est une marmite qui n’est guère en faveur, car elle fait perdre la tête (Argot du peuple). N.

Marmite de cuivre

Prostituée qui rapporte beaucoup.

Marmite de fer

Prostituée qui rapporte peu.

Marmite de terre

Prostituée qui ne gagne pas d’argent à son souteneur.

Marmite est renversée (la)

Locution dont se servent les bourgeois de Paris qui vont faire un petit extra au restaurant, ou qui, ayant donné congé à leurs bonnes, sont forcés de dîner au restaurant, ou qui contremandent un dîner.

Marmiteux

Souffrant, pleurnicheur. L’épithète de « marmiteux » a été accolée au nom d’un de nos hommes politiques, ancien ministre, sénateur, académicien, orateur disert, mais larmoyant.

Marmiteux

Homme qui a sans cesse la larme à l’œil. Corruption par extension du mot miteux (qui a la cire aux yeux) (Argot du peuple). N.

Marmiton de Domange

Vidangeur.

Marmiton de Domange

Vidangeur. On dit aussi : marmiton de Richer (Argot du peuple).

Marmot (choquer le)

Ne pas voir arriver ce qu’on attend.

Marmotier

Petit Savoyard. Allusion aux marmottes que montrent ces jeunes galopins lorsque le ramonage des cheminées a dit son dernier mot.

Marmotte

Le con, — qui ne dort jamais. — Allusion au poil d’une motte bien garnie.

Un soir, ma sœur me dit : Si nous étions dans le même lit, tu pourrais faire entrer ta petite broquette qui est toujours raide dans la bouche de ma petite marmotte que tu aimes tant.

(Anti-Justine)

Marmotte

Femme, — dans le jargon des souteneurs ; par altération de marmite.

Marmotte

Boîte de placier. Boîte où les commis voyageurs mettent les échantillons.

Marmotte

Madras que les marchandes portent encore sur la tête en guise de coiffure. Marmotte : diminutif de marmite.
— Tu n’es qu’une sale marmotte (Argot du peuple).

Marmotte

Femme qui se prostitue.

Marmouse

Barbe.

Marmouse

Barbe, — dans l’ancien argot.

Marmouse

Barbe.

Marmouset

Pot ou marmite.

Marmouset

Le pot au feu.
— Amène ta morue ce soir, nous boulotterons, mince de bidoche dans le marmouset.
Allusion au bruit que fait l’eau en bouillant : elle marmouse (Argot des voleurs).

Marmouset, Marmyon. Marmite

Pot au feu.

Marner

Travailler.

Marner

Voler.

Il y a des cabrioleuses très habiles qui, feignant une erreur, s’élancent dans les bras du voyageur qu’elles veulent marner : « C’est toi, mon loulou, s’écrient-elles, viens donc que je t’embrasse ! » On prétend que ces donneuses de bonjour sont rarement mises à la porte par le provincial, affriolé par des caresses de haut goût.

Alb. Monnier.

Du vieux mot Marronner : pirater.

Marner

Travailler, — dans le jargon des ouvriers.

Marner

Travailler. Voler. Racoler les hommes au bord des rivières.

Marner

Signifie travailler. Les voleurs disent également marner pour voler, puisque voler est pour eux travailler. Marner est une variété du vol à l’embrassade, à l’exception toutefois qu’il est généralement pratiqué par des femmes (Argot des voleurs).

Marner

Travailler.

Marner

Travailler.

Marner, Faire la marne

Exercer la prostitution le long d’une berge, tout le long, le long de la rivière.

Marneur

Travailleur, ouvrier. Les pauvres marneurs s’échinent pour le patron, à ce qu’ils disent souvent.

Marneuse

Prostituée qui guette sa proie au bord de l’eau, et qui, dans le feu de la conversation, saura lui voler son argent. La marneuse a les allures et le langage d’une domestique dans le malheur.

Marneuses

Filles publiques qui travaillent au bord des rivières. On dit aussi : poniffes et magneuses. Cette dernière expression indique une spécialité (Argot des souteneurs).

Marnière

Fille qui vit de la Prostitution sur les bords de la Marne.

Marnois

Souliers énormes. Synonyme de péniche (Argot des voleurs).

Marnois

Souliers.

Maron

Du sel.

Maron

Du sel.

Maron

Être arrêté avec preuve.

Maron

Sel.

Maron mâl

Pris en flagrand délit.

Marotte (avoir une)

Idée fixe qui varie suivant les tempéraments. Tous les collectionneurs sont des gens à marotte. Marotte est synonyme de dada. Marotte signifie également chanter.
— À toi, la Saucisse, c’est ton tour de marotte (Argot des voleurs). N.

Marottier

Marchand ambulant.

Marottier

Marchand ambulant.

Marottier

Marchand ambulant.

Marpau

Maître. Homme.

Marpaut

Maître, homme.

Marpaut

Homme, maître.

Marpaut

Maître, homme.

Marquant

Homme.

Marquant

Homme.

Marquant

Homme, souteneur.

Marquant

Maître. — Ivrogne. — Souteneur, — dans le jargon des voleurs.

Marquant

Maître. Ivrogne. Souteneur.

Marquant (être)

Annoncer de l’aisance.

Marque

Fille.

Marque

Fille.

Marque

Fille.

Marque

Fille publique.

Marque

Fille publique. Marque de cé, marquecé, femme légitime du voleur. Marque franche, maîtresse du voleur.

Marqué

Mois.

Marqué

Être ridé comme une vieille pomme (Argot du peuple).

Marqué (il est)

Être gravé par la petite vérole (Argot du peuple). V. Poêle à marrons.

Marqué (quart de)

Semaine.

Marqué à la fesse

Homme maniaque, méticuleux, ennuyeux. (A. Delvau)

Marqué au B.

Bigle ; borgne ; boiteux ; bossu, ou bancal. L’expression était courante au XVIIIe siècle ; elle n’a pas cessé d’être populaire.

Marque de cé

Femme légitime de voleur. Femme d’argent (Argot des voleurs).

Marque de cé

Femme de voleur.

Marque de cé, Marquecé

Femme légitime d’un voleur.

Marque de la vaisselle

Le membre viril, — avec lequel nous poinçonnons à notre chiffre le vagin des femmes, qui cependant n’a pas besoin de cela pour être trouvé de bon aloi et pour circuler de main en main.

Marque franche, Marquise

Maîtresse d’un voleur ; par abréviation de remarque. La maîtresse, comme la femme légitime du voleur la marquecé, est ordinairement employée à un travail d’observation ; elle remarque, d’où les mots marquecé et marque franche. M. Francisque Michel fait venir marque de l’ancien espagnol marca, marquida et marquisa, femme publique. Les voleurs ne vont pas chercher aussi loin des étymologies. Marquise, la marquise, est un sobriquet très fréquemment donné à celles des filles de maison qui sont un peu moins communes d’allures et de langage ue leurs compagnes. Beaucoup e voleurs ont pour maîtresses des filles de cette catégorie.

Marque ou Marquet

Mois. Un individu condamné à trois mois de prison est condamné à trois marques ou marquets.

Marqué ou marquets

Mois (Argot des voleurs).

Marque-mal

s. m. Margeur, ou plutôt receveur de feuilles à la machine.

Marque-mal

Receveur de feuilles à la machine, — dans le jargon des typographes.

Marque-mal

Se dit de quelqu’un qui a un vilain aspect (Argot du peuple).

Marque, Marqué

Mois.

Elle tire six marques à Saint-Lazare.

(Canler.)

Marque, marquet

Mois. Quart de marquet, semaine.

Marquer

Avoir l’air riche.

Marquer (bien)

Être bel homme. — Avoir belle prestance, avoir une physionomie qui prévient en votre faveur. — Marquer mal, avoir mauvaise mine, mauvaise façon.

Marquer (ne plus)

Être vieux.

Marquer (ne plus)

Femme qui n’a plus d’échéance à chaque fin de mois (Argot du peuple).

Marquer à la fourchette

Marchand de vin qui majore ses notes. Allusion aux quatre dents de la fourchette ; il fait quatre raies à la fois (Argot du peuple).

Marquer le coup

Trinquer.

Marquer les points

Être troisième dans une partie qui devait être carrée. Assister aux épanchements de deux cœurs amoureux.

Marquet

Mois.

Marquet (un)

Un mois.

Marqueur

« On appelle marqueur, dans le langage des estaminets de Paris, l’individu chargé de faire la partie des habitués, quand ces derniers manquent de partenaires. La plupart donnent des leçons au cachet. » — Montépin. — Appelés ainsi parce qu’ils se chargent de marquer les points.

Marquin

Couvre-chef.

Marquin

Couvre-chef.

Marquin

Couvre-chef.

Marquin

Casquette ; chapeau mou.

Marquis de la bourse plate

Faiseur d’embarras sans le sou, pauvre diable qui cache sa misère.

Marquis de la bourse plate

Homme absolument sans le sou (Argot du peuple). V. Les toiles se touchent.

Marquis de la braguette

Le maître tailleur.

Marquis de la croupière ou du culeron

Le maître sellier.

Marquis du tire-pied

Le maître bottier.

Marquise

Femme.

Marquise

Femme.

Marquise

Femme.

Marquise

Breuvage composé de vin blanc, de sucre, de citron et d’eau de seltz. (L. Larchey)

Marquise

Maîtresse. Saladier de vin blanc.

Marraine

Témoin femelle (Argot des voleurs).

Marré

En avoir assez, s’ennuyer d’être en prison.
— Je vais me marrer pendant cinq berges (Argot des voleurs).

Marron

Individu pris sur le fait.

Marron

Surpris.

Marron

En flagrant délit de vol ou de crime. — Du vieux mot marronner : faire le métier de pirate, de corsaire. V. Roquefort. — Marron serait en ce cas une abréviation du participe marronnant. — Paumer marron, Servir marron : Prendre sur le fait. — V. Servir, Estourbir.

J’ai été paumé marron.

La Correctionnelle.

Marron

s. m. Ouvrier compositeur travaillant pour son propre compte chez un maître imprimeur, qui lui fournit le matériel et auquel il paye tant pour cent sur les étoffes.

Marron

Celui qui exerce illicitement un métier. — Paumer, servir marron, prendre en flagrant délit de vol. — Marron sur le tas, pris en flagrant délit de vol. Marron est une déformation de marry, ancien mot qui veut dire contrit.

Marron

Brochure imprimée clandestinement. — Procès-verbal des chefs de ronde. (A. Delvau)

Marron

Contusion, coup et principalement coup qui marque le visage ; par allusion à la couleur qu’arbore la partie contusionnée. — Coller des marrons, attraper des marrons. La variante est : châtaigne qu’on prononce châtaigne.

Marron

Livre imprimé clandestinement. Rapport des chefs de ronde. Coup au visage. Homme qui exerce illicitement un métier. Paumé marron, pris en flagrant délit de vol.

Marron

Livre imprimé clandestinement (Argot d’imprimerie).

Marron

Recevoir un coup de poing, c’est recevoir un marron.

Marron

Livre imprimé clandestinement.

Marron (pris)

Un individu pris en flagrant délit de vol est pris marron sur le tas.

Marron sculpté

Tête grotesque rappelant celles qu’on sculpte dans des marrons. (L. Larchey)

Marron sculpté

Figure laide ou ridicule.

Marron-male

Le vol sur soi.

Marroniste

Marchand de marrons.

Le marroniste lui-même, s’est logé chez le marchand de vin.

(Balzac, Paris et les Parisiens.)

Marronner

Bouder, murmurer. — C’est, selon d’Hautel, une corruption du mot marmonner : marmotter.

J’peux pas voir ça, moi ! je marronne tout haut.

Cognard, 1831.

Marronner

Mécontent, de mauvaise humeur.

Marronner un grinchissage

Cette expression n’est pas juste, car marronner veut dire en vieux français pirate, et, en même temps, bouder, murmurer entre ses dents. Les voleurs l’emploient pour dire qu’ils ont manqué un vol (Argot des voleurs). N.

Marronner une affaire

Manquer un vol par maladresse.

Marrons

Les testicules.

Tire de sa poche une longue ficelle, lui lie les deux marrons que vous savez.

(Nouvelles de Grassini.)

Dam’ Putiphar, sans médire,
Les aimait, je crois, assez ;
Pourtant Joseph, an doit l’dire,
N’avait que des marrons glacés.
Marrons, marrons,
Bien pleins et bien ronds,
Tout le monde en voudra,
Ils brûl’nt, ces gros-là !

Alphonse.

Marrons

Crottins ; par allusion de forme, — dans le jargon des soldats de cavalerie.

Marseillaise

Pipe courte et poreuse fabriquée à Marseille.

Et tout en parlant ainsi, il chargeait et allumait sa marseillaise.

Luchet.

Marseillaise

Pipe en terre fabriquée à Marseille.

La pipe dite marseillaise a eu longtemps les sympathies exclusives de tous les fumeurs sincères et convaincus.

(Paris-Fumeur.)

Elle est un peu délaissée aujourd’hui ; il paraît que les fumailIons trouvent qu’elle ne culotte pas assez vite. Albert Flocon, l’ancien membre du gouvernement provisoire en 1848, ne fumait que dans des « marseillaises ». Il contribua beaucoup à en propager la mode dans les clubs.

Marsouin

Contrebandier.

Marsouin

Surnom du soldat d’infanterie de marine. Le synonyme est : Gardien de banane.

Marsouins

Sobriquet donné aux soldats de l’infanterie de marine.

Marteau

Fou.

Martin

Eau-de-vie de marc teintée de cassis.

Martin-Rouan

Gendarme.

Martingale (serrer la)

Mener rudement.

Martyr (un)

Un conducteur d’artillerie.

Mascotte

Fétiche au jeu. — Porte-chance. — Autant de joueurs, autant de mascottes. Tantôt c’est un sou troué, tantôt un fragment de n’importe quoi, un bouton, une petite épave de l’amour, une boucle de cheveux. — Un joueur donne à un pauvre, mascotte ; celui-ci refuse l’aumône à un malheureux, mascotte ; cet autre se promène jusqu’à ce qu’il ait rencontré un bossu ou un cheval blanc, mascotte ; ainsi à l’infini. — Il y a quelques années, à Monaco, un petit bossu réalisa d’assez beaux bénéfices rien qu’à faire toucher sa bosse aux joueurs superstitieux. Les prix étaient ainsi fixés : Un simple frottement, cinq francs ; frottement prolongé, dix francs ; droit de stationnement sur la bosse, vingt francs. La saison finie, notre homme regagnait Paris et enlevait son monticule... C’était un faux bossu.

Massacre

Ouvrier qui abîme l’ouvrage.

Massacre

Personne ayant un vilain physique.

Massacre

Marque de la petite vérole.

Massage

Ouvrage.

Massage

Travail, travail fait avec ardeur.

Masse

Travail. Masser, travailler dur.

Massé

Coup de queue de billard porté perpendiculairement à la bille.

Masse complète (avoir la)

Avoir le portemonnaie garni.

Massepain

Ce nom se donne généralement à une sorte de gâteau que l’on vend dans les foires ; il a aujourd’hui une signification bien autrement « fin-de-siècle » ; il sert à désigner la catégorie d’individus qui ont à Paris des salons d’essayages pour dames, avant de les expédier dans les maisons hospitalières de France ou de l’étranger (Argot des souteneurs). N.

Masser

Travailler.

Masser

Travailler.

Masser

Travailler consciencieusement.

Masser

Travailler, peiner ferme. Allusion au cantonnier qui casse avec une masse les cailloux sur les routes. Il n’existe pas de métier plus pénible, il est vrai qu’ils n’en prennent qu’à leur aise, car la sueur des cantonniers n’a pas de prix. Ce n’est sûrement pas eux qui ont créé la fameuse légende, que les riches mangeaient la sueur du peuple (Argot du peuple). N.

Masser

Travailler.

Masser

Travailler.

Masseur

Ouvrier laborieux ; masseuse, ouvrière laborieuse.

Massié

Travailleur, ouvrier.

Mastar

Plomb, — dans le jargon des voleurs. — La faire au mastar, voler du plomb.

Mastardier

Faire le mastar au gras double (Argot des voleurs). V. Limousinier.

Mastaroufleur

Voleur de plomb.

Mastic

s. m. Discours confus et embrouillé. Faire un mastic, c’est s’embrouiller dans les explications que l’on donne ; c’est quelquefois dire le contraire de ce que l’on voulait dire, commencer une phrase et ne pouvoir la terminer.

Mastic

Homme, — dans le jargon des voleurs.

Mastic

Bredouillement, discours diffus et embrouillé, — dans le jargon des typographes ; par allusion au mastic, confusion dans une galée, dans la mise en page. — Faire un mastic, se perdre dans un tas de phrases sans pouvoir arriver à se faire comprendre.

Mastic

Homme. Le pain ou la viande. Affaire embrouillée.

Mastic

Terme usité en imprimerie pour indiquer qu’il y a erreur dans le classement des phrases et des alinéas, ce qui rend l’arlicle tout à fait incompréhensible (Argot d’imprimeur).

Mastic (péter sur le)

Le peintre en bâtiment qui, le lundi, veut flâner, emploie cette expression pour dire qu’il ne veut pas travailler : — Je pête sur le mastic (Argot du peuple). N.

Mastic.

Transposition, confusion dans la mise en page par suite de mauvaise interposition d’une galée, — en terme de typographe.

Mastiquer

Manger ; c’est-à-dire se livrer à la mastication.

Mastiquer

« Cacher ingénieusement les avaries et les voies d’eau d’un soulier, au moyen d’un enduit spécial de graisse noire ou autre drogue équivalente. » (F. Mornand, La Vie de Paris.)

Mastiquer

Manger.

Mastiqueur

Savetier qui mastique des chaussures. Le mastiqueur ne rapiote pas.

Mastoquer

Manger, engraisser.

Mastroquet

Marchand de vins. Mot à mot : l’homme du demi-setier. — Vient de demi-stroc : demi-setier.

Mastroquet

Marchand de vin. Dernière transformation du mot mannezingue. Mann, homme, zinc, par corruption zingue, comptoir (Argot du peuple). V. Bistro.

Mastroquet

Marchand de vin.

Mastroquet

Marchand de vin.

Mastroquet ou Mastroc

s. m. Marchand de vin. Les écrivains de la Semaine des familles affirment que ce mot est dû à M. Louis Veuillot, le célèbre rédacteur en chef de l’Univers.

Mastroquet, bistro

Marchand de vin.

Mastroquet, Mastroc

Marchand de vin ; et troquet, par abréviation. Par corruption pour demi-stroc, mi-stroc, demi-setier. C’est-à-dire le patron du demi-setier.

Masturbation

Pseudonyme honnête de Branlage.

Qu’enfin, tous les soldats sans reproduction,
N’aient plus qu’un seul recours : la masturbation.

Fernand Desnoyers.

Masturber (se)

Se livrer à l’onanisme, aux solitaires.

De mes cinq doigts je fais une pucelle :
Masturbons-nous, c’est le plaisir des dieux.

(Chanson, anonyme moderne.)

Mata

Faiseur d’embarras ; apocope de matador.

Matador

Homme riche ou qui en a les apparences.
— Tu fais le matador, pour : Tu fais rudement tes embarras (Argot du peuple).

Matador

Partie de dominos. Les gros dés : double-six, double-cinq, etc., sont les matadors (Argot du boulevard). N.

Matelas

Tablier de forgeron.

Matelas ambulant

Fille publique.

Matelassée

Femme qui a des seins énormes. Son estomac est matelassé. Quand c’est une fille et qu’elle maigrit, son souteneur lui dit :
— Tu t’débines des matelassés.
Quand une femme est plate comme une limande elle se matelasse en bourrant son corset d’assez de coton pour donner l’illusion. Les femmes fin-de-siècle en portent en caoutchouc qu’elles gontlent chaque matin (Argot des souteneurs).

Matelot

« Tous deux amis et se nommant mutuellement mon matelot : ce qui est le plus grand terme d’affection connu sur le gaillard d’avant. » — Phys. du Matelot, 1843.

Mathurin

Matelot.

Mathurins

Dés à jouer.

Mathurins

Dés à jouer. Dominos. Matelots.

Mathurins

Dés pipés qui servent aux camelots pour voler au 7, au passe-dix et à la consolation (Argot des camelots).

Mathurins

Dés pipés.

Matignon

Messager.

Mâtin, mâtine

Personne déterminée, brusque, peu commode. — Terme emprunté à la race canine.

Kléber, un grand mâtin qu’a descendu la garde, assassiné par un Égyptien.

Balzac.

Ah ! mâtine de Turquie.

Remy, ch., 1854.

Matois

Matin.

Matois (le)

Le matin.

Matou

Le mâle de la femme, cette chatte amoureuse.

Allons, mon gros matou, grimpe-moi d’autor et d’achar !

De Neuville.

Matouas

Matin.

Matricule (user son)

Être sous les drapeaux. Mot a mot : user le numéro matricule attribué à chaque soldat.

Matriculer

Voler, — par ironie, le numéro matricule étant la seule marque de propriété, au régiment.

Maturbes

Dés.

Maturbes

Dés.

Maturbes

Dés à jouer.

Maubeugienne

Femme galante qui habite la rue de Maubeuge, une rue qui compte beaucoup d’hétaïres modernes, comme dirait Joseph Prudhomme.

Maugrée

Directeur de prison.

Maugrée

Directeur de prison.

Mauvais lieu

Endroit où l’on pelote les femmes, même où on les baise, bordel.

Pour amener sa Lucrèce
A souffrir ce petit jeu
Le bonhomme sans finesse,
Met la scène en mauvais tien.

Collé.

Mauvaise (elle est)

Cette histoire n’est pas bonne, cet acte est déplaisant. On dit dans le même sens : Je la trouve mauvaise.

Quant à exiger qu’elles comprennent ce qu’elles disent, n’y pensez pas. — Elles la trouveraient mauvaise.

Les Cocottes, 1864.

Mauvaise (elle est)

La plaisanterie est mauvaise, cela n’est pas de mon goût. Locution mise à la mode en souvenir d’un vaudeville de Lambert-Thiboust et Grangé, Le Guide de l’étranger dans Paris (1860), pièce dans laquelle l’un des personnages s’écrie à chaque instant : « Elle est mauvaise. »

Mauve

Parapluie en coton, — dans le jargon du peuple.

Il avait de l’eau jusque dans les narines et il reniflait, lamentable et grotesque, avec sa mauve en loques.

(Huysmans, Les Sœurs Vatard.)

Mauve

Absinthe.

Mauviette

Croix d’honneur ; bijou honorifique.

Mayeux

Bossu. — Un peu avant 1830, d’innombrables charges, parmi lesquelles on distinguera celles de Traviès, eurent pour objet un bossu du nom de Mayeux : c’est le type d’un homme ridiculement contrefait, vaniteux et libertin, mais brave et spirituel à ses heures. De là son nom donné à tous ceux qu’affligent la même infirmité.

Ici d’affreux petits mayeux.

De Banville.

Mazagran

Café servi dans un verre ; une aberration de buvaillons de café, qui lui enlèvent ainsi sa principale qualité : l’arome. Ce sont les officiers, retour d’Afrique, qui ont importé cette mode.

Mazagran

Café servi dans un verre. Par abréviation on dit un mazag. (Argot du peuple).

Mazagran

Café sans eau-de-vie. Ce mot date de 1840.

Mazaro

Prison militaire qu’il ne faut pas confondre avec la salle de police (our). Dans celle-ci l’homme puni passe seulement la nuit sur une paillasse ; dans l’autre, il reste jour et nuit couché sur la planche.

Mazaro

Prison de la rue du Cherche-Midi ; prison militaire.

Mazaro

Prison militaire du Cherche-Midi.

Mazaro (petit ou grand)

Salle de police ou de prison. Réminiscence du nom de Mazas.

Mazette

Conscrit. — Avorton. Propre à rien.

Mazette

Vieux cheval qui n’obéit ni à la cravache, ni à l’éperon (cavalerie).

Mec

Bon Dieu.

Mec

Bon dieu.

Mec

Souteneur. Individu méprisable.

Mec

(pour meg) Chef, patron, Dieu, le mec plus ultra (Argot des voleurs).

Mec à la colle forte

Gredin redoutable, homme des plus dangereux, — dans le jargon des voleurs.

Mec à la colle forte

Se dit d’un voleur redoutable, par opposition au mec à la mie de pain. Voleur de rien (Argot des voleurs).

Mec à la manque

Méchant homme, — dans le jargon des voyous.

Mec à la redresse

Bon garçon, honnête homme.

L’ignoble gommeux dépravé
Qui séduit un’ fill’ puis la flanque
Avec un goss’ sur le pavé,
C’est un mec à la manque !
Mais l’bougre qui — quand il a r’çu
D’un’ jeunesse des preuv’s de tendresse,
L’épous’ carrément par là d’ssu,
C’est un mec à la r’dresse.

(La Petite Lune, 1879.)

Mec à sonnettes

Homme riche, — dans le jargon des rôdeurs de barrière. En argot, sonnettes signifient « argent », ce qui sonne dans la poche.

Mec ou meg des megs

Dieu.

Mec, Meck, Meg

Maître, monsieur ; de magnus, grand. — Le meg des megs, Dieu, le maître des maîtres. — Mec des gerbiers, bourreau.

Mécanicien

C’est sous le pseudonyme de « mécanicien » que les aides exécuteurs désignent volontiers leur état. (Figaro du 27 avril 1879.)

Mécanicien

Taquin ; mot à mot celui qui mécanise, — dans le jargon des voyous. — M’en parle pas, un mécanicien qui me scie le dos tout le jour.

Mécanique (la)

La guillotine. C’est le nom officiel que lui donnent le bourreau et ses aides.

Mécaniser

Ennuyer. — Mot à mot : réduire à un rôle passif, mécanique.

Malgré qu’ça vous mécanise, Ça vous demande encore crédit.

Chansons, Clermont, 1837.

Et... Canalis regarda fixement Dumay qui se trouva, selon l’expression soldatesque, entièrement mécanisé.

Balzac.

Méchant (pas)

Encore une expression éminemment parisienne, dont la portée est plus grande qu’on ne pense. On dit d’une toilette mesquine, d’un homme inepte, d’un livre sans valeur : Ça n’est pas méchant ; ça ne mord pas ! — comme on dit d’un homme zélé : C’est un féroce.

Achetez un caloquet plus méchant, votre tuyau de poêle n’est pas trop rup.

Lem. de Neuville.

Mèche

Demi-heure.

Mèche

Moitié, demi-heure.

Mèche

Moitié. — À six plombes et mèche : À six heures et demie. V. Momir. — Être de mèche : Être de moitié (Vidocq).

Mèche

Plus, davantage. — Combien avez-vous perdu, au moins vingt francs ? — Et mèche. Par allusion à la mèche d’un fouet.

Mèche

Complicité ; de moitié. Être de mèche, être complice, partager, — dans le jargon des voleurs.

Mèche

Moyen. — Y a-t-il mèche, y a-t-il moyen ? — Il n’y a pas mèche. Beaucoup d’ouvriers, quand ils demandent à un patron s’il a de l’ouvrage à leur donner, disent :

Y a-t-il mèche ?
J’ n’ai plus un rond de c’ que j’avais d’ pécune,
Tu vois, ma fille, n’y a plus mèch’ de lamper.

(Sénéchal, Le Retour de Croquignet, chans.)

Mèche

Plus, davantage. Moyen, possibilité de faire : Y a-t-il mèche ? Intrigue, secret : Découvrir la mèche. Travail : Chercher mèche. Complicité, de moitié : Être de mèche. Signifie aussi un quart d’heure.

Mèche

Les mauvais ouvriers qui voyagent sans cesse demandent mèche dans les ateliers qu’ils rencontrent sur leur route :
— Y a-t-il mèche de travailler ?
Mèche pour moyen (Argot du peuple).

Mèche

Moyen, possibilité.

Y a-t-il mèche d’aller au théâtre a l’œil. — Non, il n’y a pas mèche.

Mèche

Quart, être de moitié.

Mèche

Moyen (pas mèche : pas moyen); de mèche, de connivence.

Mêche

Moitié de quelque chose.

Mèche (demander)

V. Offrir ses services dans une imprimerie.

Mèche (être de)

Être de complicité.

Mèche (il y a mèche, il n’y a pas)

Il y a moyen il n’y a pas le plus petit moyen d’aboutir. Le mot fait image. Quand on a la mèche, on a bientôt fait de tirer la corde à soi.

En termes typographiques, lorsque les ouvriers proposent leurs services au prote de l’imprimerie, ils demandent s’il y a mèche, c’est-à-dire : si on peut les occuper.

1808, d’Hautel.

Mais il te fera pincer. — Pas si bête ! il n’y a pas mèche.

E. Sue.

Méchi

Malheur (id). — Abrév. du vieux mot méchief. V. Roquefort.

Mechillon

Quart.

Mecque

Lui, individu.

Connais-tu ce mecque-là. — Qu’est-ce qu’il nous embête, ce mecque-la.

Médaille

« La jolie voix ! dit Schaunard en faisant chanter les pièces d’or. — Comme c’est joli, ces médailles ! ajouta Rodolphe. » — Murger.

Médaille ou médaillon

V. Pièce de dix sous.

Médailles

Argent.

Médaillon

Derrière (Vidocq). — Allusion de rondeur.

Médaillon

Derrière. — Décrocher le médaillon, donner un fort coup de pied au derrière.

Médaillon

Derrière. Les joueurs de manille appellent ainsi les as, par corruption de manillon, quelques-uns disent le merdaillon (Argot du peuple).

Médecin

Avocat (id). — Ne soigne-t-il pas les malades à l’hôpital ? V. ces deux mots. — De là le mot médecine : bon conseil.

Médecin

Avocat, — dans le jargon des voleurs.

Médecin

Avocat.

Médecin des morts

Ordonnateur des pompes funèbres.

Médecine

Conseil. — Plaidoyer.

Médecine

Plaidoirie. Conseil.

Médecine (une)

Un conseil.

Médeciner

Empoisonner.

Médium

Homme qui prétend servir d’intermédiaire entre ses semblables et certains esprits plus ou moins infernaux. — Ses évocations sont désignées aussi par un adjectif nouveau : médianymique.

Médium

Interprète de l’autre monde. Celui qui se charge de mettre le premier naïf venu en rapport de conversation avec feu M. de Voltaire ou avec tout autre grand homme trépassé. Le médium est le trucheman entre ce monde et l’autre. Il y a des gens qui se font des rentes avec ce métier-là.

Méfiants (les)

Les fantassins, qui combattent le plus souvent sac au dos, et ce, dit-on plaisamment, dans la crainte d’être volés.

Meg

Chef, maître. Meg des gerbiers : un président de tribunal.

Meg

Maître, roi, chef. Meg des megs. Dieu ou préfet de police.

Meg

Homme important.

Meg de la rousse (le grand)

Le préfet de police (Argot des voleurs). V. Dabe des renifleurs.

Meg des Megs

Dieu.

Meg des megs

Dieu.

Meg, mec

Maître. V. Chique. — Du vieux mot Mège : chef, souverain. V. Roquefort, au mot megedux. — Mec des mec : Dieu. V. Rebâtir.

Mégo

Bout de cigare, bout de cigarette.

Des moutards de treize ans fumaient des mégots et salivaient.

(Huysmans, Les Sœurs Vatard.)

Mégot

(?) Bout de cigare ou de cigarette.

Mégot

Bout de cigare que ramasse le mégotier.

Mégot

Bout de cigarette ou cigare fumé.

Meilleure chose du monde (la)

La fouterie, qui est le plaisir des dieux et des déesses, des hommes et des femmes — l’excelsior de toutes les jouissances connues.

Comment, si c’est quelque chose de bon ! C’est la meilleure chose du monde !

Militot.

Mélasse (être dans la)

Dans la misère jusqu’au cou (Argot du peuple) V. Purée.

Mélasse (tomber dans la)

Être sous le coup d’une catastrophe financière ; avoir fait de mauvaises affaires.

Mêlé

Mélange d’eau-de-vie et de cassis, ou moins souvent de toute autre liqueur.

Aimez-vous l’eau-de-vie ? Dame ! on vend ytout du mêlé.

Vadé, 1755.

Coquelin, des verres de mêlé pour ces dames.

1845, Privat d’Anglemont, le Prado.

Mêlé

Mélange d’une liqueur forte et d’une liqueur douce. — Mêlé-cass, eau-de-vie et cassis mêlés, le nectar des déesses du cordon.

Mêlé cass.

Mélange d’eau-de-vie et de cassis que les ouvriers boivent le matin sur le zinc pour tuer le ver. On dit dans le peuple :
— Faire ses dévotions à Notre-Dame de Mélé-Cassis (Argot du peuple). N.

Mêlé-casse

Eau-de-vie mêlée de cassis.

Melet

Petit.

Melet

Petit, petite (Argot des voleurs).

Melette

Petite.

Melon

Niais, élève de première année à l’École de Saint-Cyr.

Vous êtes si melons à Châtellerault.

Labiche.

Qui viennent me brimer, moi, malheureux melon.

Souvenirs de Saint-Cyr.

On dit aussi cantaloup.

Ah ça ! d’où sort-il, ce cantaloup ? Sur quelle couche monsieur son papa l’a-t-il récolté, ce jeune légume ?

Ricard.

Melon

Nouveau venu, élève de première année à l’école de Saint-Cyr.

En ma qualité de melon, j’avais reçu, comme ennemi, un nombre prodigieux de coups de traversin sur la tête.

(Vicomte Richard, Les Femmes des autres.)

Melon

Chapeau rond et bas de forme, à la mode en 1880. Pareil aux phares à éclipse, le melon paraît, disparaît et reparaît, suivant les caprices de la mode.

Melon

Jeune sous-lieutenant de l’école.

Melon

Imbécile. Élève de première année à Saint-Cyr.

Membre (le)

Sous-entendu viril. Le grand outil générateur, que nous faisons travailler comme un cheval et que les femmes adorent comme un dieu.

Jouis-tu, cochon ? Ah ! le beau membre !

Lemercier de Neuville.

On voit, sous les feuilles de vignes
Que leur impose la pudeur,
S’agiter de gros membres dignes
d’admiration — ou d’horreur.

Anonyme.

Monseigneur le vit, ou madame la pine — Outre ces deux noms, ce noble personnage, qui veut chaque jour être fêté, possède plus de prénoms qu’il n’en faudrait pour refaire le calendrier… républicain. Je cite les principaux :

L’acteur, l’affaire, les agréments naturels, l’aiguille, l’aiguillon, l’aiguillette, l’andouille, l’arbalète, l’ardillon, l’aspergès, l’asticot, la baguette, le balancier, le bâton à un bout, le bâton de sucre de pomme, le bâton pastoral, le battant de cloche, la béquille du père Barnaba, le berlingot, la bibite, le bidet, le bijou, le bistouri, la bite, le bogue, le bonhomme, le bouchon, le boudin blanc, le bougeoir, la bougie, le bout de viande, le boute-feu, le boutejoie, la boutique, le boyau, la braguette, le bracquemard, le bras, la briche, la broche, le broque, la burette, le canon à pisser, la carotte, le cas, le carafon d’orgeat, le cavesson, cela, ce qu’on porte, la chair, le chalumeau, le champignon, la chandelle, la chanterelle, la charrue, la chenille, la cheville d’Adam, la cheville ouvrière, le chibre, le chiffe, le Chinois, le chose, le cierge, la cigarette, la clé, le clou, la cognée, le cognoir, le coin, la colonne, le compagnon fidèle, la corde sensible, le cordon de saint François, le cornichon, la couenne, la courte, le criquet, le dard, le dardillon, le degré de longitude, le devant, le doigt du milieu, le doigt qui n’a pas d’ongle, dom ou frère Frappart, le dressoir, le drôle, l’écoutillon, l’engin, l’épée, l’étendard d’amour, le fils, le flacon d’eau-de-vie, le flageolet, la flèche, la flûte à un trou, le fourrier de nature, la gogotte, la grosse corde, le goujon, le goupillon, la guigui, la guiguitte, la haire, le hanneton, l’herbe qui croit dans la main, l’histoire, le honteux, Jacques, la jambe, Jean Jeudi, Jean Chouart, la laboureur de nature, la lance, la lancette, le lard, la lavette, la limace, le machin, le Mahomet, le manche du gigot, la marchandise, le mirliton, le mistigouri, le moineau, le moineau, la navette, le nerf, le nœud, l’obélisque, le onzième doigt, l’os à moelle, l’outil, l’ouvrier de nature, le paf, le panais, le pénis, le pondiloche, le perroquet, la petite flûte, le petit frère, le petit voltigeur, la pierre à casser les œufs, la pierre de touche, le pieu, le pignon, le pis, la pissottière, le poinçon, la pointe, le poireau, la potence, le poupignon, Priape, la quéquette, la queue, le robinet de l’âme, Rubis-Cabochon, la sangsue, saint Agathon, saint Pierre, le salsifis, la sentinelle, la seringue, le sifflet, le sous-préfet, le sucre d’orge, le trépignoir, la triquebille, la troisième jambe, le tube, la verge, la viande crue, etc. etc.

Même (mettre a)

Tromper. V. Emblème. — On dit aussi Faire au même, Refaire au même.

Ménage (faire le)

Mêler les dominos quand la pose est à l’adversaire.

Mendigo

Mendiant.

Mendigo, Mendigoteu

Mendiant. — J’aime pas les mendigos qui pissent des châssis tout le temps : est-ce qu’il y a pas du turbin pour tout le monde ? — Mendigotage, mendicité.

Mendigot

Mendiant. D’un petit mendiant on dit qu’il mendigotte. Mendigot, changement detinale (Argot du peuple).

Mendigot

Mendiant.

Mendigot

Mendiant.

Mendigoter

Mendier, — dans le jargon des voleurs. La variante est : Simonner.

Mendigoter

Mendier.

Mené (une)

Une douzaine.

Menée

Douzaine.

Menée

Douzaine. — Une menée de ronds, une douzaine de sous, — dans le jargon des voleurs.

Menée

Douzaine.

Menée

Une douzaine.
— Nous étions une menée pour ratiboiser le goncier ; pas mèche d’en venir à bout, c’était un rude lapin (Argot des voleurs).

Menée (une)

Une douzaine.

Menée d’avergots

Douzaine d’œufs.

Menée d’avergots

Douzaine d’œufs.

Menée d’avergots

Douzaine d’œufs.

Menée de ronds

Douze sous.

Menée de ronds

Douze sous.

Menée de ronds

Douzaine de sous.

Mener douce et joyeuse (la)

Mener une joyeuse existence.

Eh bien ! mes petits agneaux, il paraît qu’on la mène douce et joyeuse, ici.

(Dumanoir et A. d’Ennery, Les Drames du cabaret.)

Mener en bateau

Faire une promesse à quelqu’un, le faire patienter, aller et venir, sans jamais tenir parole, est le mener en bateau (le faire aller).

Mener pas large (n’en)

Être fort mal à son aise. Mot à mot : serrer les fesses ou n’être pas dans ses petits papiers. Le condamné qui va être exécuté n’en mène pas large (Argot du peuple).

Mener pisser

Pousser quelqu’un à se battre en duel, — dans le jargon des troupiers.

Menesse

Ma femme.

Menesse

Femme.

Menesse

Femelle de l’homme en général — et, en particulier, de l’homme sans préjugés qu’on appelle maquereau.

En ai-je t’y reçu, de l’argent des menesses ! Oh ! là là !…

Lemercier de Neuville.

Menesse

Prostituée, — dans l’ancien argot. — Femme à voleurs. — Gredine à la fleur de l’âge. — Fille de maison, — dans le jargon des troupiers.

Menesse

Femme, maîtresse, catin, — de l’argot parisien.

Menesse

Prostituée. Fille ou femme de voleur.

Menesse

Femme (Argot des souteneurs).

Ménesse

Maîtresse.

Ménesse

Femme, maîtresse (Dict. d’Argot, 1844).

Ménesse

Femme.

Menestre

Soupe.

Ménestre

Soupe, de l’italien ministra.

Meneur, Meneur en bateau

Les voleurs désignent sous ce nom tout accusé qui cherche à égarer l’action de la justice, en l’entraînant sur une fausse piste. C’est un moyèn de gagner du temps.

Menin

Fouteur, — garçon d’honneur qui doit partager vos jeu — et vos joies, Mesdames. — Ce mot vient de l’espagnol menino, jeune page.

La petite comtesse, à côté du prélat, lui serrait de temps en temps la main par-dessous la nappe, pour lui faire comprendre combien elle le préférait pour menin à son peu naturel ami.

(Le Diable au corps.)

Menouille

Argent ; monnaie.

Le samedi, quand on déballe la menouille de la paye sur la table.

(Le Sublime.)

Menouille

Monnaie.

Menouille

Monnaie (Argot du peuple).

Menouille

Monnaie.

Mensonge cotonneux

Tétons d’ouate que les femmes maigres substituent aux tétons de chair qu’elles n’ont pas.

Il dévoilera les mensonges cotonneux de madame.

Théophile Gautier.

Menteuse

Langue.

Menteuse

Langue.

Menteuse

Langue. Les voleurs font souvent acte de diplomatie.

Menteuse

Langue.

Menteuse

Langue. On dit par opposition d’une langue d’animal :
— Allons manger une langue qui n’a jamais menti.
Parce qu’elle ne parle pas (Argot du peuple).

Menteuse

Langue.

Menteuse

Langue.

Menteuse (la)

La langue.

Menton de galoche

Menton qui avance comme celui du classique Polichinelle. On dit de celui ou de celle qui possède un menton semblable qu’il fait carnaval avec son nez (Argot du peuple).

Mentule

Mot purement latin (mentula) signifiant le membre viril.

En tirant sa mentule en l’air, les compissa.

Rabelais.

On voyait une fourbe de filles qui semblait tirer a qui mieux mieux une mentule grosse et longue à proportion.

(Le Synode nocturne des tribades.)

Je n’eusse, hélas ! enduré tant de maux
Comme j’ai fuit, qui or comme animaux
Rongent le frein de ma triste mentule.

(Cabinet satyrique.)

Menuisière

Redingote de l’ouvrier endimanché.

Menzingue

Marchand de vin.

Méquard

Commandant. — Méquer : Commander. — De mec : maître.

Méquard

Maître. — Méquer, commander ; dérivés de mec.

Méquard

Commandant d’une bande de voleurs (Argot des voleurs).

Mer

Décor du fond, au théâtre.

Mercadet

Faiseur. V. ce mot.

Mercandier

Boucher qui vend de la basse viande, de la camelotte en fait de viande.

Mercandier

Marchand.

Mercanti

Marchand, — dans le jargon des soldats retour d’Afrique.

Merce

Pour merci (Argot des voleurs).

Mercerie (il a plu sur sa)

Ses affaires vont mal, il est sur le point de faire faillite. (Le Roux, Dict. comique.) Peu usitée à Paris, l’expression est encore très répandue dans la Province et principalement en Picardie.

Merdaillon

Moins que rien, une sous-merde (Argot du peuple). V. Avorton.

Merde

« Mot ignoble et grossier dont le bas peuple se sert dans un sens négatif. » — d’Hautel, 1808. — V. Cambronne. — Merde : Homme mou, sans consistance. — Merde alors ! Exclamation destinée à peindre une situation critique, un accident funeste. Elle peut se traduire ainsi : Alors, voici le moment de crier merde.

Merde

Le fond de la langue française parlée par le peuple des faubourgs qui a toujours ce mot plein la bouche.

Merde

Exclamation qui sert à désigner le nec plus ultra de l’indignation ou de la colère, ou du découragement. (Voir les Misérables de V. Hugo.)

Merde

Personne faible de caractère.

Merde

A bout d’argument, dans le peuple, on dit :
— Merde, est-ce français ?
C’est-à-dire : Me comprends-tu ?
Ce à quoi on répond :
— Goûtes tes paroles.
— Tu peux te retourner et te mettre à table.
— S’il pleuvait de la merde et que chacun en ait suivant son grade, t’en aurais un rude paquet, car tu es le colonel des imbéciles (Argot du peuple). N.

Merde (avoir chié les trois quarts de sa)

Être vieux et usé, avoir perdu à jamais la santé, être très malade. — Eh ! dis donc, ma vieille, comme t’es décatil on dirait que t’as chié les trois quarts de ta merde.

Merde (ça ne vaut pas une)

Ça ne vaut rien du tout ; c’est au-dessous de tout ce qu’on peut imaginer. — Au Salon, combien de tableaux ne valent pas une merde !

Merde (faire sa)

Se montrer hautain, faire le fendant, prendre de grands airs.

Merde (peint avec de la)

Mal peint, mauvaise application des couleurs, — dans le jargon des peintres. — Je ne sais pas où diable il va chercher ses couleurs, cet animal-là, c’est peint avec de la merde.

Merde (se fondre en)

Faire de fréquentes visites aux lieux d’aisances, avoir le dévoiement. — dans le jargon du peuple. — Ben sur que si ça continue, je vas me fondre en merde.

Merde de chien (c’est delà)

C’est exécrable, très mauvais.

Merdeux

« Terme injurieux qui se dit d’un poltron, d’un fat sans esprit. » — 1808, d’Hautel. — « Bâton merdeux : Homme qui brusque tous ceux qui s’adressent à lui. » — Id.

Mère à tous

Vieille courtisane, — dans le jargon des filles.

Mère abbesse

Maîtresse d’un couvent de s’offre-à-tous : — Maquerelle.

Sortez vite et rentrez souvent,
Le jour baisse,
Servez votre abbesse ;
Mes filles, malgré pluie ou vent,
En avant, pour l’honneur du couvent.

Béranger.

Mère au bleu

La guillotine. Les voleurs veulent faire croire que c’est le chemin du ciel. A. D. Pas du tout, c’est parce que le condamné n’y voit que du bleu (Argot des voleurs).

Mère d’actrice

Vieille femme que louent les jeunes femmes de théâtre pour éloigner d’elles les galants — qui ne sont pas assez riches.

Mère d’occase

Pseudo-mère d’actrice. Mère de fille galante qui fait la cuisine, cire les bottes et débat les prix.

Mère d’occasion

Les mendiantes louent à des industriels du quartier Mouffetard des petits enfants qu’elles traînent dans les rues pour exciter la charité publique. Ces enfants changent chaque jour de mère ; de là mère d’occasion ou de rencontre (Argot du peuple). N.

Merifflauté

Chaudement vêtu.

Meringue (en)

En décomposition.

Merlan

« Sobriquet donné à un perruquier à cause de la poudre qui couvre ordinairement ses habits. » — d’Hautel, 1808. — « La Peyronie est chef de perruquiers qu’on appelle merlans parce qu’ils sont blancs. » — Journal de Barbier, 1744.

Merlan

Surnom donné autrefois à celui qui s’appelle aujourd’hui « artiste en cheveux ».

Merlan

Perruquier.

Merlan

Coiffeur perruquier. Quand le perruquier met de la poudre de riz à son client, il l’enfarine comme le merlan avant d’être mis dans la poêle à frire (Argot du peuple).

Merlan

Perruquier, coiffeur.

Merlan

Coiffeur.

Merlan (rouler des yeux de merlan frit)

Homme langoureux et timide qui, n’osant adresser la parole à une femme, la regarde en roulant des yeux (Argot du peuple). N.

Merlan frit (yeux de)

Jeu de prunelles qui entrent en pâmoison et montrent le blanc des yeux.

Merlifiche

Saltimbanque. Vagabond.

Merlin

Jambe, — dans le jargon des charpentiers.

Merlousier

Malin ; rusé ; pour marlou, — dans l’ancien argot. Merlousière, fine commère.

Méruché

Poêle.

Méruchon

Poêlon.

Mesiere

Monsieur.

Mésière

Un provincial, une victime.

Mess

Le mess est un cercle militaire avec une réfection spécialement affectée aux officiers d’un même régiment.

Anatole, le garçon du mess, venait d’apporter la bougie et les cigares.

(Vicomte Richard, Les Femmes des autres.)

Mess

Agent de la sûreté. Abréviation de Messieu pour « monsieur ». Un de ces mess me lâche de la filature, un agent de la brigade de sûreté me suit.

Mess (ces)

Agents des mœurs ainsi nommes par les filles publiques.

Débinons-nous, voila ces mess.

Messaline (Valérie)

Impératrice romaine, deuxième femme de Claude. Célèbre par son impudicité et ses étonnantes débauches : la plus fameuse putain de son temps. Après avoir souillé la couche impériale, en y recevant des amants de toutes les conditions, elle osa, du vivant de son époux, épouser publiquement Silius, jeune homme qu’elle aimait éperdûment. Claude, à cette nouvelle, la fit mettre à mort avec tous ses complices, l’an 48 de J.-C. Juvénal, dans ses Satires, s’exprime ainsi, au sujet de cette grande impure :

Quand de Claude assoupi la nuit ferme les yeux,
D’un obscur vêtement sa femme enveloppée,
Seule, avec une esclave, et dans l’ombre échappée,
Préfère à ce palais tout plein de ses dieux,
Des plus viles Phrynés le repaire odieux.
Pour y mieux avilir le nom qu’elle profane,
Elle emprunte à dessein un nom de courtisane :
Son nom est Lisisca ; ces exécrables murs,
La lampe suspendue à ces dômes obscurs,
Des plus affreux plaisirs la trace encor récente,
Rien ne peut réprimer l’ardeur qui la tourmente.
Un lit dur et grossier charme plus ses regards
Que l’oreiller de pourpre où dorment les Césars.
Tous ceux que dans cet antre appelle la nuit sombre,
Du regard les invite et n’en craint pas te nombre.
Son sein nu, haletant, qu’attache un réseau d’or,
Les défie, en triomphe, et les defie encor.
C’est là que, dévouée à d’infâmes caresses,
Des muletiers de Rome épuisant les tendresses,
Noble Britannicus, sur un lit effronté,
Elle étale à leurs yeux les flancs qui t’ont porté.
L’aurore enfin paraît, et sa mine adultère
Des faveurs de la nuit réclame le salaire.
Elle quitte à regret ces immondes parvis,
Ses sens sont fatigués et non pas assouvis.
Elle rentre au palais, hideuse, êchevelée.
Elle rentre, et l’odeur autour d’elle exhalée
Va, sous le dais sacré du lit des empereurs,
Révéler de la nuit les lubriques fureurs.

Messe (être à la)

Arriver en retard à l’atelier, — dans l’argot des ouvriers.

Messe (être à la)

Quand un ouvrier arrive à l’atelier cinq minutes après la cloche, la porte est fermée, il perd un tiers ou une demie journée ; il va pendant ce temps boire des canons sur le zinc, l’autel des pochards ; le mastroquet officie. De là, aller à la messe (Argot du peuple).

Messe (fesser la)

Dire la messe au galop, — dans le jargon des vieilles dévotes.

Messe du diable

Interrogatoire, — dans le jargon des voleurs.

Messe du diable

Interrogatoire du juge.

Messière

Monsieur. Dupe, victime. La messière, la police.

Messière, Mézière

Dupe, imbécile. — Victime. Messière franc, bourgeois. — Messière de la haute, homme riche ou homme qui paraît riche.

Messières

Victimes. Cet mot est très vieux ; il a été employé par Eugène Sue, à propos du personnage du Maître d’école, à qui la Chouette dit :
— Ma vieille fourline, attention, v’la les messières (Argot des voleurs).

Messire luc

Le cul, — par anagramme. (Voir aussi noc et tiv.)

Métal

Argent.

Et t’as pas de métal.

Ricard.

Métier

Habileté d’exécution.

Vois toutes ces esquisses : il y a de la main, du métier ; mais où est la conception, où est l’idée ?

L. Reybaud.

Métier (le)

L’acte vénérien.

Cousin, c’est pardieu la plus belle
Et qui entend mieux le métier,
Que femme qui soit au quartier.

J. Grevin.

Le métier d’amour en effet
Est une assez plaisante affaire ;
Ce métier-là plus on te fait,
Et moins on est propre à le faire.

Daceilly.

Et dans, cet amoureux métier,
De maître il devient écolier.

Parny.

Métier d’enfer (avoir un)

Être très habile dans son métier, — en style d’artiste.

Mettre (le)

Introduire son membre dans la nature d’une femme.

Réveille-toi, petite gueuse ; je veux te le mettre encore une fois au moins.

La Popelinière.

Notre héros se forma vite..,
Le mit-il, ou le lui mit-on ?
N’y eut pas d’affront.

Al. Pothey

Adam voulut le mettre :
Eve le sentit mettre.
Viens, bande-à-l’aise,
Vite, mets-le-moi.

Collé.

Mettre à l’ombre

Aller en prison. En effet, on ne craint pas l’ardeur du soleil (Argot du peuple).

Mettre à l’ombre

Mettre en prison ou à la salle de police.

Mettre à quelqu’un (le)

Tromper quelqu’un, mystifier quelqu’un.

Mettre à table (se)

Trahir, dénoncer, — dans le jargon des voleurs.

Mettre à table (se)

Dénoncer. Trahir Mettre à table. Donner une part.

Mettre au chaud

V. Rouscailler.

Mettre au chaud

Voir rouscailler.

Mettre au fait (se)

Se déniaiser, s’habituer a l’homme en jouant des reins avec lui.

Tu as bien tort ; si tu nets mets pas au fait, ton mari te prendra pour une bête.

La Popelinière.

Mettre au fourgat

Recéler.

Mettre avec (se)

Vivre maritalement.

En se mettant avec Lise, le général aurait dû nous dire : J’ai ça et ça à payer ; il ne l’a pas dit, et ce n’est pas délicat.

Ricard.

Mettre avec (se)

Vivre en état de concubinage.

Dernièrement, je rencontrai une belle actrice : elle me dit : Je cherche quelqu’un pour me mettre avec. Se mettre avec est l’expression consacrée dans le langage des coulisses.

(Paris-Comédien.)

Mettre bien (se)

Avoir les moyens de se passer toutes ses fantaisies ; faire de la dépense.

Mettre dans le mille

Réussir. — Toucher juste. — Allonger un coup de pied au cul d’un indifférent ou d’un ami.

Mettre dans le mille

Réussir une affaire du premier coup. Terme usité chez les pédérastes : mille : podex (Argot du peuple).

Mettre dans le mille

Avoir réussi dans une affaire, être tombé juste, c’est avoir mis dans le mille.

Mettre dans les fesses (se le faire)

Se faire enfiler.

L’ dimanche, au sortir de la messe,
Elles dis’t toutes, mais en vain :
Nicolas, mets-moi dans la fesse
C’ qu’est dans ton pantalon d’ nankin.

Darcier.

Mettre dans son sac

Dévorer un affront sans pouvoir le venger. — V. Raccourcir.

Le montreur de bêtes fut donc obligé de mettre les calottes dans son sac.

E. Sue.

Mettre dedans

Tromper.

Il met les gabelous joliment dedans. On a descendu plus de vingt fois dans sa cassine, jamais on n’a rien trouvé.

E. Sue.

Serais-je pris pour dupe ! — Eh ben ! conv’nez que vous êtes d’dans.

Vadé, 1756.

Mettre dedans

Tromper. — Mettre en prison. — Sacrifier à Vénus, — dans le jargon des voyous.

Mettre dedans

Tromper. Emprisonner.

Mettre dedans

Voir Mettre à l’ombre.

Mettre du beurre dans ses épinards

Voir augmenter son bien-être. — On sait que les épinards sont la mort au beurre. Avoir du beurre sur la tête : Être couvert de crimes. — Allusion à un proverbe hébraïque. V. Vidocq. Beurrier : Banquier (Vidocq).

Mettre du noir sur du blanc

Écrire, — dans l’argot des gens qui ne savent pas lire.

Qu’un jeune homme ait, dix ans, dans le fond d’un collège,
Mis du noir sur du blanc, il semble que le roi
Soit chargé de son sort, et lui doive un emploi.

(C. Bonjour, Le Protecteur et le Mari, acte 1, sc. VI.)

Mettre du papier dans sa sonnette

V. Affaler son grelot.

Mettre en appétit

Exciter l’ardeur vénérienne.

Chevaucher trois ou quatre coups ne fait que mettre en appétit ; il faut continuer tant qu’il y en a, pour nous donner du passe-temps.

Mililot.

Il n’est rien qu’une femme trouve plus mauvais que quand l’homme la met en appétit, sans la contenter.

Bonaventure Desperriers.

Mettre en brindezingue (se)

Faire la noce. Être dans les brindezingues : être pochard (Argot du peuple). N.

Mettre en bringue

Mettre en morceaux, briser. A. D. Bringue, signifie femme maigre, l’expression est donc fausse. Mettre en bringue, est synonyme de brindezingue (Argot du peuple). N.

Mettre en dedans

Forcer une porte.

Mettre en dedans (la)

Forcer une porte, — dans le jargon des voleurs.

Mettre en œuvre

Faire l’acte vénérien.

Elle manda secrètement le fils d’un cordonnier, son voisin, et le fit venir en l’étable des chevaux de son père, et le mît en œuvre comme les autres.

(Les Cent Nouvelles nouvelles.)

Et à la vérité, on en met de bien pires en œuvre.

(T. des Accords.)

Et en disant cela, il la mit en œuvre.

D’Ouville.

Mettre en pâte

Les compositeurs lient les paquets de caractères avec une ficelle. Quand le paquet est mal lié ou que le bout de la ficelle est emprisonné, le metteur en pages met le paquet en pâte, c’est-à-dire que les caractères se mélangent et qu’il faut recomposer. Quand, dans le paquet, Il y a des lettres qui ne sont pas du corps, ou que le paquet n’a pas été assez mouillé, en le déliant, si les lettres tournent, on appelle cela : faire un soleil (Argot d’imprimerie). N.

Mettre en plan

Rester en gage chez un restaurateur jusqu’à l’acquittement de sa note.

Mettre en suage

Chauffer les pieds.

Mettre la clef sous la porte

Se sauver, déménager furtivement. Se dit communément d’un commerçant qui, ne faisant pas ses affaires, abandonne sa boutique (Argot du peuple).

Mettre la clef sous le paillasson

V. Mettre la clef sous la porte.

Mettre la tête à la fenêtre

Condamné à mort qui passe la tête dans la lunette (Argot des voleurs).

Mettre le cœur sur carreau

Vomir.

Mettre le foutre à la bouche de quelqu’un

L’exciter à la fouterie par des discours libertins, par des images obscènes, ou par des attouchements polissons.

Ingrat ! tu m’as mis le foutre à la bouche !
J’allais presque entrer dans le paradis !

(Parnasse satyrique.)

Mettre les bouchées doubles

Se dépêcher de faire quelque chose. Synonyme de manger un morceau sur le pouce, à la hâte. Cette expression est employée pour tout ce qui est fait précipitamment (Argot du peuple).

Mettre les jambes en l’air

Faire tomber quelqu’un en se battant, c’est lui mettre les jambes en l’air ; on dit aussi faire une partie de jambes en l’air, ce qui veut dire rouscailler.

Mettre quelqu’un à toutes les sauces

Employer quelqu’un à toute sorte de besogne.

Mettre sous bande

Ensevelir, — dans l’argot des communautés religieuses.

Mettre sous le linge (se)

Se glisser entre deux draps pour y faire l’amour.

Je n’ai pas été plutôt arrivé qu’elle m’a sauvé au cou avec ardeur, et que ; s’apercevant que je bandais, et raide, elle s’est mise immédiatement sous le linge, ou nous avons joué des reins avec enthousiasme.

J. Le Vallois.

Mettre sur le dos (se)

Se placer pour être baisée, afin da faire avec un homme la bête à deux dos.

Sur le dos nonchalamment
Tout recevez votre amant ;
Pas le moindre mouvement,
Autant, ma foi,
Sentir ta femme auprès de soi.

Béranger.

Mettre sur les fonds de baptême (se)

Quand le nourrisseur de poupard a mal renseigné ses complices et qu’ils sont dans une position difficile, pour se sauver et n’être pas paumés marrons :
— Ils sont sur les fonds de baptême (Argot des voleurs).

Mettre une épingle à sa cravate

S’enfiler un demi-setier (Argot du peuple). N.

Mettre une épingle à son col

Manger. Boire un verre de vin est aussi mettre une épingle à son col.

Mettre une femme à mal

La baiser, — ce dont elle se trouve ordinairement très bien.

Il avait mis à mal toutes les femmes qu’il avait entreprises.

Richelet.

Mettre une femme dans la circulation

La forcer — après l’avoir frappée à son effigie — à avoir tout le monde pour amant. Séduire une jeune fille, lui faire un enfant, et l’abandonner, c’est la jeter.

Mettre une gamelle (se)

Se sauver de prison. Allusion à la vitesse avec laquelle détale un chien à la queue duquel on a attaché une casserole.

Mettre une homme en état

Le préparer, par un pelotage savant, à l’accomplissement de son devoir d’homme.

C’est dans ce moment-là, pour le mettre en état
Et pouvoir arriver à quelque résultat,
Qu’il faut de son métier connaître les roueries
Et n’être pas novice en polissonneries.

Louis Protat.

Meublant (c’est)

Ça fait de l’effet et ça tient de la place comme meuble. Un piano, une armoire à glace sont meublants, — dans le jargon des tapissiers.

Meuble (vieux)

Personne usée, incapable de service.

Prends garde à toi, vieux meuble, affreuse bohémienne !

Les Folles Nuits du Prado, 1854.

Meuble (vieux)

Vieille femme, vieille courtisane.

Meudon (grand)

Officier de paix. Mouchard.

Meulard

Veau (Vidocq). V. Pavillonner. — Allusion au mugissement du veau.

Meulard

Veau, — dans le jargon des voleurs.

Meulard

Veau.

Meulard

Veau. Allusion à la mollesse de la viande. On dit aussi : un bœuf en bas âge (Argot du peuple). N.

Meulard

Veau.

Meule

Sans argent.

Meule

Vide. C’est veule qu’il faudrait dire, veule signifie mou. Meule est une corruption (Argot des souteneurs). N.

Meule

Sans argent.

Meulé

Vidé.

Meunier

Receleur.

Meunier

Receleur qui a la spécialité d’acheter aux mastardiers ou voleurs de gras double, le plomb, l’étain ou le zinc, volés dans les maisons en construction (Argot des voleurs).

Meurt-de-faim

Petit pain d’un sou.

Mézière

Moi, simple.

Mézière

Moi, simple.

Mézière, mézigo

Moi.

Mezière, Mezigue

Moi, — dans le. jargon des voleurs.

Mezières

Bourgeois. — Corruption du vieux mot Messires. V. Regout.

Mézigo

Moi.

Mezigue

Moi. On dit aussi mezigo (Argot des voleurs).

Mézigue

Moi (Vidocq). V. Pavillonner.

Mézigue, mon orgue

Moi.

Mézique

Moi.

Mi-temps

Milieu. A. Delvau écrit mitan, ce n’est pas exact (Argot du peuple).

Michaud

Tête, — dans le jargon des voleurs.

Michaud

Tête. Faire un michaud, dormir.

Michaud (faire son)

Dormir.

Michaud (faire un)

v. Dormir un somme. Employé dans d’autres argots parisiens.

Miche

Dentelle, — dans l’ancien argot.

Miche

Dentelle. Argent. Pain.

Miché

Homme galant forcé d’acheter ce que les femmes galantes donnent pour rien à leurs amants de cœur.

Allumer tous les soirs la chandelle de l’hyménée en faveur d’un tas de gonzesses et d’autant de michés.

Lemercier de Neuville.

Surtout selon l’argent donné par le miché.

Louis Protat.

Miché

Homme payant l’amour d’une femme. — Peut venir des vieux mots michon : sot (V. Roquefort) ou michon : argent de poche (V. d’Hautel).

On appelle miché Quiconque va de nuit et se glisse en cachette Chez des filles d’amour, Barbe, Rose ou Fanchonnette.

Mérard de Saint-Just, 1764.

Dans une Protestation des Filles de Paris, 1790, nous lisons :

Ce pourfendeur de Mars avait bien affaire aussi de se présenter pour nous enlever nos michés.

« La biche étudiante qui avait levé un michet quelconque. » — 1860, les Étudiants du Quartier latin. on disait aussi micheton « All’ me dit : Mon fiston, Étrenne ma tirelire. Je lui réponds : Ma poule, tu m’ prends pour un mich’ton. » — Le Bâtonniste à la Halle, Aubert, 1813. outre le miché proprement dit, il y a le miché sérieux et le miché de carton — « 1/ Le michet sérieux équivaut à l’entreteneur... Dans un lieu de plaisir où les femmes sont nombreuses, les jeunes gens se disent souvent, comme un mot d’ordre : Messieurs, ne parlez pas à la petite une telle, elle est ici avec son michet sérieux. Le même individu se désigne aussi par ce mot : Ponteur. Ce dernier mot, pris dans le vocabulaire des jeux, vient du verbe Ponter (V. Ponter). — 2/ Le michet de carton est un jeune homme bien élevé, qui fréquente les femmes entretenues. Il ne va jamais coucher chez elles, sauf durant les interrègnes des michets sérieux. En tout autre cas, sa maîtresse vient chez lui. Il ne donne que des cadeau, paie à souper, à dîner dehors, à déjeuner chez lui. Il conduit aux courses en voitures et au théâtre en petites loges de baignoires Il ne sort point dans la rue avec les femmes. Il les salue au bois d’un petit geste. » — Cadol. — Il y a longtemps que le carton symbolise une apparence trompeuse. Saint-Simon appelait déjà le duc du Maine un roi de carton, c’est-à-dire un roi de cartes. V. Carton, Mikel.

Miché

Niais. Dupe. Homme qui pave généreusement les faveurs d’une Aile. Miché de carton, homme qui paye mal ou pas du tout les filles.

Miché

Homme qui monte avec une fille, en payant, ou qui y couche. Miché était déjà connu en 1764. Merard de Saint-Just dit ceci :

D’où vient qu’on appelle miché
Quiconque va de nuit et se glisse en cachette
Chez des filles d’amour, Barbe, Rose ou Fanchette (Argot des souteneurs).

Miché

Riche client d’une fille.

Miché de carton

Honnête homme qui achète de l’amour en marchandant, ce qui le fait mépriser des amoureuses.

Les Valaques ont près des femmes une grande réputation de mauvaise foi… Aussi elles les évitent et les ont placés au premier rang des michés de carton.

Vermorel.

Miché de carton

Homme à qui une fille demande cinq louis et qui lui offre quarante sous. On dit aussi : miché à la mie de pain (Argot des filles).

Miche de profonde, Michon

Argent. — L’argent est le pain de la poche.

Miche de Saint-Étienne

Pierre, par allusion à la lapidation de saint Étienne.

Miche sérieux

Homme qui ne regarda pas à la dépense avec la femme qui l’a levé à Mabille ou sur le boulevard, et dont il devient souvent le Monsieur.

Fichtra ! C’est un miché sérieux !

Lemercier de Neuville.

Miché, Mikel, Miquel

Nigaud ; homme simple, dupe, gobe-mouche. Monter un miquel, duper quelqu’un à qui on avait promis monts et merveilles.

Michelet, Michelin (faire le)

C’est, à la faveur d’une cohue, dans l’obscurité, apprécier, à la manière de Tartuffe, l’étoffe de la robe d’une Elmire quelconque. Il y a des amateurs qui ne vont au milieu des foules que pour faire « les michelins ». Au spectacle de Guignol aux Champs-Elysées, les soldats font les michelins auprès des bonnes d’enfants. Autrefois le grand rendez-vous des michelins était au théâtre Comte. Grâce à l’obscurité nécessitée par la représentation des Ombres chinoises, les michelins avaient beau jeu. Parfois se faisait entendre le cri de quelque Lucrèce effarouchée ; mais le spectacle n’en était pas troublé, et des rires étouffés répondaient seuls à cet appel de la vertu indignée.

Michelets (avoir ses)

Avoir ses menstrues, — dans le jargon des femmes qui ont lu le livre de Michelet sur l’Amour.

Michet

Homme qui paye les femmes autrement qu’en belles paroles. Mot connu au XVIIIe siècle. — Michet sérieux, celui sur qui une femme peut compter, celui qui donne beaucoup d’argent et a passé un bail. Elles (les pierreuses) tournent la tête, et, jetant sur ce type, « Par dessus leur épaule un regard curieux, » Songent : « Oh ! si c’était un miché sérieuxl » (La Muse à Bibi, Les Pierreuses.) Bon Michet, oiseau de passage généreux. — Michet de carton, oiseau également de passage, mais marchandeur, un qui ne dit pas son nom et qu’on ne revoit plus.

Michet

Homme généreux qui dépense sans regarder. Lorsqu’une fille publique trouve un client, elle a rencontré un michet ; s’il n’est pas généreux, c’est un michet à la mie de pain. Celui qui dépense sans compter et à qui l’on vend plus cher qu’à un autre est encore un michet.

Micheton

Michet en raccourci. Jeune homme, rhétoricien, qui apporte à une femme le peu d’argent dont il dispose, et qui, au besoin, en dérobe à sa famille.

Micheton

Petit miché qui rale sur le prix des faveurs des filles (Argot des souteneurs).

Micheton

Homme qui paye les femmes.

Micheton

Petit miché.

Micheuse, mirante, miradon

Glace.

Michon (du)

De l’argent.

Michon (du)

De l’argent.

Michon (du)

Du pain blanc.

Midi

Trop tard. — Il est midi, cela n’est pas vrai. — Les ouvriers se servent encore de cette expression dans le sens de : « Méfions-nous », lorsqu’il y a des étrangers à l’atelier.

Midi !

Trop tard ! ou tu peux t’ fouiller ! (argot parisien).

Midi !

Trop tard. Il est midi t cela n’est pas vrai.

Midi (il est)

Il n’est plus temps. — Date du temps où midi était l’heure du repas, celle où cessait toute affaire.

Mie de pain

Vermine (Vidocq). — Allusion à la démangeaison causée par une mie de pain égarée.

Mie de pain

s f. Chose de peu d’importance, de mince valeur Compositeur mie de pain, ouvrier peu habile. Metteur en pages mie de pain, celui qui n’a que des ouvrages de peu d’importance, ou qui n’est chargé que par occasion de la mise en pages d’un travail de cette sorte.

Mie de pain

Objet de nulle valeur. — Individu déplaisant, — dans le jargon des typographes. — Pellicules de la tête, — dans le jargon des enfants.

Mie de pain

Moins que rien. Les typos, par la grande habitude, savent, du premier coup d’œil, discerner un bon article d’un mauvais. Le mauvais, c’est de la mie de pain (Argot d’imprimerie).

Mie de pain

Pou. On sait combien une mie de pain est désagréable sur la peau ; le pou occasionne une démangeaison semblable (Argot des voleurs).

Mie de pain

Pou.

dis donc, Gugusse, quoiq’t’as sur le cou ? — Cest une mie de pain. — Une mie de pain ? ça marche !

Mie de pain (à la)

De peu de valeur.

Mie de pain à ressort

Pou.

Miel (c’est un)

C’est bon, c’est amusant, très agréable ; et par ironie, c’est laid, ennuyeux, désagréable.

Miette (une)

Un peu.

Minute ! je me chauffe les pattes une miette.

Gavarni.

Mignon

Jeune pédéraste… passif. — Apollon à belles fesses. — L’histoire faisant mention des pages de Henri III, qui étaient non-seulement ses favoris, mais encore ses mignons, ne laisse pas de doute sur l’emploi qu’ils avaient auprès de leur maître.

Ce qu’il est le plus naturel de faire à la femme est précisément ce dont elle se soucie le moins ;… tantôt elle veut qu’où la traite comme un mignon… tantôt, etc…

A. de Nerciat.

Petit fils, petit mignon, Mâle ou femelle, Je sais ton nom.

Béranger.

Et j’abandonne au vicaire de Dieu
Ses trois clés d’or, ses fulminantes bulles,
Son Vatican, son cardinal neveu,
Ses beaux mignons, ses nièces et ses mules.

Parny.

Mignonne

Nom que l’on donnait au XVIIe siècle, à l’époque de leur apparition, à toutes les femmes entretenues.

Les riches seigneurs et les financiers ne se faisaient pas faute d’entretenir plusieurs mignonnes à la fois dans différents quartiers de la ville, ou même de les réunir ensemble comme dans un sérail.

P. Dufour.

Il me faut donc chercher quelque jeune mignonne,
Que, pour fille de chambre, en gaussant je lui donne.

J. De Schélandre.

Mijaurée

Fille ou femme qui, devant l’homme, affiche des prétentions par des manières affectées et ridicules qui nous font… pisser. — Oh ! la ! la !

Ne va pas avec moi faire la mijaurée.

Regnard.

Fi des coquettes maniérées !
Fi des bégueules du grand ton !
Je préfère à ces mijaurées
Ma Jeannette, ma Jeanneton.

Béranger.

Mijoter

Combiner avec soin. — Mijoter une affaire, une intrigue. — Mijoter un livre.

Mijou

Malade.

Mijou (faire le)

Simuler une maladie (Argot des voleurs).

Mikel

Dupe (Vidocq). — C’est le nom de Michel dont le diminutif michon signifiait autrefois sot. V. Roquefort.

Milieu

Le con, par devant ; — le cul, par derrière. — Il n’y a pas de milieu, nom de Dieu !

Ce n’était que l’enjeu, nom de Dieu !
Pour luron de ma sorte.
Je fêtai son milieu ! nom de Dieu !
Trois fois avant que j’ sorte, nom de Dieu !
J’ fous la quatrième à la porte. nom de Dieu !
J’ fous la quatrième à la porte.

F. de Calonne.

Le doux milieu demandait à sa dame.
Pour y trouver un repos bienheureux.
Et la pauvrette s’est donnée
D’un vit par le milieu du corps.

Collé.

Millé

Billet de mille francs.

Mille millions de milliasse

Enormément, un nombre infini de fois, tout ce que l’esprit du peuple peut concevoir de plus élevé comme chiffre.

Mille pattes

Soldat d’infanterie.

Mille-pattes

Infanterie, régiment ou bataillon de fantassins. Le mot fait image.

Milled

Mille francs.

Milled

Billet de mille francs (Argot des voleurs). N.

Millerie

Loterie.

Millerie

Loterie, — dans l’ancien argot.

Millerie

Loterie.

Millerie

Loterie que tiennent les camelots dans les fêles publiques (Argot des camelots).

Millerie

Loterie de camelot dans les foires.

Millet

1000 francs.

Millet, Millot

Billet de banque de mille francs.

Quarante millets ! Telle était cette aubaine.

(La France, du 13 mars 1879.)

Milliards

Ceux qui portent des bissacs sur le dos.

Milliards

Ceux qui portent des bissacs sur le dos.

Milord

L’entreteneur — anglais ou toulousain — d’une femme galante.

Le notaire est son milord.

H. de Balzac.

J’allons fair’ sauter les sacoches
De ce bon mossieu, son milord.

L. Festrau.

Une demoiselle entretenue ne se contente pas de son seul entreteneur appelé ordinairement Mylord Pot-au-feu. Elle a un amant en titre, qui ne paye que les chiffons ; un Guerluchon, c’est un amant qu’elle paye ; un Farfadet, c’est un complaisant ; et un Qu’importe est une personne qui vient de temps en temps, qui est sans conséquence ! et paye au besoin les petites dettes criardes.

(Correspondance d’Eutylie, 1,132.)

Milord

On donne moins ce nom aux Anglais qu’à ceux dont les largesses rappellent l’opulence britannique. Au moyen âge, milourt avait déjà le même sens, avec une acception plus ironique encore. C’est, comme Anglais, un fruit de nos anciennes guerres. — « Ce sont milourdz qui ne voulsissent point d’hostes avoir. » — Cretin, Épitre à Charles VIII. — « Et je vous attise un beau feu au dessoubs et vous flambois mon milourt comme on faict les harencs sorets à la cheminée. » — Rabelais, Ch., 14. — « Le gros tailleur se dit négociant. À sa tournure il n’est pas milord russe. » — Sénéchal, Ch., 1852. — « Être sur le boulevard de Gand, se donner un air milord. » — Ed. Lemoine. milord est souvent synonyme du miché sérieux décrit plus haut. exemple — « Le notaire est son milord. » — Balzac.

Milord

Cabriolet à quatre roues.

On vote vingt-deux sous à Clémence pour un cabriolet milord.

Méry.

Milord

Entreteneur, à l’époque où les Anglais passaient our être généreux avec les dames qui vivent de la générosité publique.

Mimele

Argot hébreu qui signifie chatte.

Mince

Papier à lettres (Vidocq). — Allusion d’épaisseur.

Mince

adj. pris adverbialement. Beaucoup, sans doute par antiphrase. Il a mince la barbe, il est complètement ivre. Commun à plusieurs argots.

Mince

Papier à lettres, billet de banque, papier. — Le mot mince pour désigner papier date de la création des assignats.

Mince

Papier. Billet de banque. Mince ! Beaucoup, très.

Mince

Rien. Mais, dans le peuple, cette expression sert à manifester l’étonnement.
— Ah ! mince alors, elle en a une nichée dans la paillasse (Argot du peuple).

Mince

Ce mot sert à marquer l’étonnement, et signifie beaucoup.

Vois ce que j’ai pris de poisson ! Mince alors. — Le patron offre à dîner : mince ce que nous allons nous les caler.

Mince !

Expression à peu près équivalente à « zut ! »

Mince de

Beaucoup de ; rien que ça de. Locution employée par le peuple hors de tout propos devant un autre mot, pour en marquer à la fois le nombre et la bonne qualité. — Mince de toilette à la clé, mince de politesse, mince de beurre, mince de tableaux, mince de chic.

Mince, Mince que

Je crois bien, comment donc, certainement que. — Mince que je voudrais le voir. — Mince qu’il est bate.

Mince que t’as raison.

(J. Lermina, Les Chasseurs de femmes, 1879.)

Vous avez des places ? — Mince ! si j’ai des places ? Une loge de face.

(Le Gavroche, 1879)

Les voyous emploient encore le mot mince comme synonyme du fameux mot de Cambronne, à la fin d’une phrase, comme argument décisif : Ah ! mince alors.

Mine à chier dessus

Vilain visage, — dans le jargon du peuple. Qu’est-ce qu’il vient vous emm... ieller, celui-là, avec sa mine à chier dessus ?

Mine revenante

Mine qui revient, visage agréable.

Minette

Gamahuchage de la femme par l’homme, et quelquefois de l’homme par la femme, — au moyen de la langue, qui a l’air de laper le sperme comme les chats lapent le lait.

Allons, ma fille, une minette, pour que je bande.

J. Le Vallois.

Le bougre lui fait minette.

Gustave Nadaud.

Elle a l’étrange goût
Qu’on la foute en levrette,
Elle vous fait minette
Et puis avale tout.

Joachim Duflot.

Et maintenant, mon agneau… fais-moi une minette distinguée, digne du coup que nous allons tirer ensemble.

Lemercier de Neuville.

Minette

Mot d’amitié. V. Chat.

Oui, minette, je me calme.

De Courcy.

Minette

V. Descendre à la crémerie.

Mineur

Manseau.

Ministre

Pour le soldat, tout individu crevant de santé, bien placé ou bien renté, que rien n’émeut, content de lui, gros et gras à lard est un « ministre ». Il y a, comme on voit, un grand fond d’observation chez le troupier français. — Gros ministre, marche donc, si tu peux, ou roule, si tu peux pas marcher.

Ministre

Mulet. En campagne, les mulets sont des ministres parce qu’ils sont toujours charges des affaires de l’État.

Ministre de l’intérieur

Doigt. Allusion à une coutume très en usage dans les couvents de jeunes filles (Argot du peuple).

Minois

Nez.

Minois

Nez. Visage.

Minois, Mine

Nez, — dans le jargon des voleurs.

Minon Minette (faire)

Se gamahucher mutuellement, homme et femme ; faire tête-bêche.

Minotaure, risé

« Quand une femme est inconséquente, le mari serait, selon moi, minotaurisé. » — Balzac.

Minotauriser un homme

Le faire cocu, — allusion aux cornes du Minotaure de l’Ile de Crète.

Quand une femme est inconséquente, le mari doit être, selon moi, minotaurisé.

H. de Balzac.

Minuit

Nègre (Vidocq). — Allusion à la couleur sombre de la nuit.

Minuit

Nègre. — Enfant de minuit, voleur.

Minuit

Nègre.

Minzingue

Marchand de vin. Et les variantes minzingo, mind-zingue, manzinguin, qu’on prononce en faisant sonner fortement le premier N.

La philosophie, vil mindzingue, quand ça ne servirait qu’à trouver ton vin bon.

(Grévin).

Pauvre Dupuis manzinguin, malheureux.

(Privat d’Anglemont).

Minzinguin

« Le roi est un bon zigue qui protège les minzinguins. » — Cabassol. — V. Mannezingue.

Mioche, mion

Bambin. — Mion est un mot de langue romane (V. Roquefort) dont mioche serait le diminutif. — V. Dardant.

C’est à moi que reviendra le droit d’être le parrain de tous les mioches.

Bourget.

Mioche, Mion

Petit enfant, petit garçon. — Mion de gonesse. Adolescent. — Mion de boule, voleur.

Mion

Garçon.

Mion

Garçon.

Mion

Garçon.

Mion

Enfant.

Mion de boule

Filou.

Mions de boule

Coupeurs de bourse, filoux.

Mions de boule

Coupeurs de bourse, filous.

Miou

Enfant. Allusion au miaou du jeune chat (Argot du peuple).

Miquel

Facile à faire. Niais, dupe.

Miradou

Miroir (Vidocq). — Mirauder voulait dire autrefois regarder.

Miradou

Miroir ; mot emprunté au provençal. — La variante est : mirelaid.

Miradou

V. Mirante.

Mirecourt

Violon. M. Fr. Michel assure que c’estparce qu’on fabrique beaucoup de violons dans les Vosges que les voleurs ont donné au violon le nom d’une petite ville de ce département. — C’est tout simplement parce que pour jouer du violon on regarde l’instrument de très près ; l’exécutant le met pour ainsi dire sous son nez : mirer de court, regarder de près, a fait mirecourt.

Mirette

Œil.

Mirette

Œil (id). — L’œil est un petit miroir.

Mirette

Prunelle de l’œil. — Sans mirettes, aveugle. Mirettes en glacis, mirettes glacées, lunettes. Mirette en caouche, télescope ; caouche pour caoutchouc.

Mirettes

Yeux.

Mirettes

Les yeux (Argot des voleurs).

Mirettes

Yeux.

Mirettes

Yeux.

Mireur

Espion, observateur, — dans le jargon des voyous. — Quand ils auront fini de se ballader, tous ces mireurs !

Mirliton

Un des nombreux synonymes des mots : vit, pine et con, — très usité dans les chansons et les poésies légères.

Je ne connais sur la terre
Que deux séduisants objets :
Ce vin qui remplit mon verre
Et d’un tendron jeune et frais.
L’étroit mirliton, etc.
Le cynique Diogène
Blâmait toujours le plaisir,
Et lui-même, dans Athènes,
Il empoignait pour jouir
Son vieux mirliton, etc.

J. Cabassol.

Vos mirlitons, Mesdames, à présent,
Sont grands trois fois plus qu’ils ne devraient être.

Grècourt.

Mais où placer un Amphion
Qui n’a qu’un petit mirliton ?

(Chanson anonyme moderne.)

Mirliton

Voix. — Jouer du mirliton, parler.

Mirnte

La glace (Argot des voleurs).

Mirobolamment

Merveilleusement.

À meubler mirobolamment sa maison.

Balzac.

Mirobolant

Merveilleux.

La cravate mirobolante.

Ed. Lemoine.

Je me sens d’une incapacité mirobolante.

Balzac.

Miroder

Regarder, arranger.

Elle monta seule et nu-pieds sur l’échelle et sur l’échafaud et fut un quart d’heure mirodêe, rasée, dressée et redressée par le bourreau.

(Madame de Sévigné, Lettres.)

Miroir

Coup d’œil rapide jeté sur le talon d’un jeu de piquet, sur les premières cartes à distribuer au baccarat, — dans le jargon des grecs ; une manière de connaître le jeu de l’adversaire.

Miroir à putains

Beau garçon, souvent trop beau pour rien faire, dont toutes les filles raffolent et qu’elles payent l’une après l’autre — et même quelquefois ensemble.

Miroir à putains

Garçon dépourvu de distinction mais riche de cette beauté banale qui séduit le commun des femmes.

Miroir à putains

Joli visage d’homme à la manière des têtes exposées à la vitrine des coiffeurs.

Miroir à putains

Joli garçon qui s’en croit beaucoup, une espèce de « Nicolas » de faubourg.

Dis-lui qu’un miroir à putain
Pour dompter le pays latin
Est un fort mauvais personnage.

Celle expression était employée au temps de Scarron (Argot du peuple).

Miroir à putains, à grues

Homme d’une beauté banale.

Miroir aux alouettes

Pièce d’or que l’on fait briller dans un bal et sur laquelle les drôlesses tombent toutes rôties — par le désir.

Mirquin

Bonnet.

Mirquin

Bonnet.
— J’ai vu une gerce au rastue de Saint-Lago ; elle était rudement gironde avec sou melet mirquin ; il y manquait un rayon de miel (Argot des voleurs). N.

Mirquin

Bonnet.

Mirzale

Boucle d’oreille (Vidocq). — Même construction que dans cabe, combre, calvin. Une mirzale est mot à mot : ce qui mir-oite z’à l’oreille.

Mirzale

Boucle d’oreilles.

Mirzales

Boucles d’oreilles.

Mirzales

Boucles d’oreilles (Argot des voleurs).

Mirzales

Pendants d’oreilles.

Mise (faire sa)

Payer la patente, — dans le jargon des filles.

Mise à pied

Mise en non activité.

Une mise à pied enseigna à notre inspecteur à faire plus exactement son service.

Canler.

Mise à pied

Suppression momentanée de paye pour un cocher, un agent de police. — Interdiction momentanée de jouer faite à un acteur par son directeur, sans suppression d’appointements.

Mise en train

Première tournée, station matinale chez le marchand de vin, — dans le jargon des ouvriers pressiers, en souvenir de la mise en train des presses.

Mise-bas

s. f. Grève, cessation de travail dans un atelier. Les mises-bas ont lieu pour infraction au Tarif ou au règlement consenti par les patrons et les ouvriers.

Mise-bas

Congé que s’octroie un ouvrier typographe.

Mise-bas

Quand une équipe de compositeurs est mécontente pour une raison ou pour une autre, elle met bas, elle quitte le travail (Argot d’imprimerie).

Misérable

Petit verre. V. Monsieur.

Misérable

Verre de vin du broc à 15 centimes.

Misérable

Verre de vin au broc.

Miséreux

Malheureux. Homme qui est dans une profonde misère (Argot du peuple). N.

Miséreux

Celui qui est dans la misère.

Misloque

Comédie (Vidocq).

Je joue la mislocq pour un fanandel en fine pégrenne.

Balzac.

Misloque

Comédie, — dans le jargon des voleurs. — Flancher la misloque, jouer la comédie. — Misloquier, misloquière, acteur, actrice. — Misloquier schpil, très bon acteur.

Misloque

Théâtre, comédie.

Misloque

Théâtre (Argot des voleurs).

Misloque

Théâtre.

Misloquier

Acteur.

Misti, Mistigri

Valet de trèfle.

Mistich

Voleur étranger. Demi-heure, demi-setier.

Mistiche

Demi. — Une mistiche, une demi-heure. — Un mistiche, un demi-setier, — dans le jargon des voleurs.

Mistick

Voleur étranger. (Mémoires d’un forçat, glossaire d’argot, 1829.)

Miston

Jeune homme.

Mistone

Demoiselle.

Mistonne

Jeune fille.

Mistoufle

Mauvais procédé, taquinerie, méchanceté. — Coup de mistoufle, combinaison, coup en dessous, coquinerie.

Mistoufle

Farce. Misère.

Mistoufle

Causer des ennuis à quelqu’un ou le taquiner est lui faire des mistoufles.

Mistoufle

Misère.

Mistoufle (être dans la)

Être dans la misère.

Mistoufles

Faire des misères, causer des désagréments à quelqu’un (Argot du peuple).

Mistro

Le vent.

Mistron

Jeu de trente-et-un, nom d’un jeu de cartes. — Mistronner, jouer au trente-et-un.

Mitaine

Variété de voleuse des magasins de nouveautés.

Mitan

Milieu.

Mitar

C’est le cachot ; mais c’est aussi le violon, comme on dit lamigo à Bruxelles.

Mitard

Cachot (Argot des voleurs).

Mitard

Cellule.

Mite

Violon, prison, — dans l’argot des voleurs. Soufflé et au mite, arrêté et au violon, Mitonner. Embêter. Ça mitonne le pauvre monde, — dans le jargon des voyous.

Mite, Mite-au-logis

Sécrétion des yeux ; déplorable jeu de mots sur mythologie.

Mitonner

Embêter. Préparer de longue main.

Mitraille

Monnaie de cuivre. — On disait autrefois mitaille. V. Roquefort.

Mitraille

Une certaine quantité de sous s’appelle de la mitraille.

Mitre

Cachot (Vidocq). — Au moyen âge le mitre était le bourreau.

Mitre

Prison. — Mitré, prisonnier.

Mitre

Prison.

Mitre

Cachot. Allusion à la mitre de l’évèque, qui est un signe de dignité. Être au cachot, pour un voleur, est un titre à la considération de ses pareils.
— Où donc est Barbe-à-Poux ?
— Il est mitré pour huit jornes (Argot des voleurs).

Mitron

Boulanger.

Mobile

Garde mobile. De 1848 à 1850, on a dit souvent la mobile, un mobile.

Qui sait comment cela eût fini si la mobile ne s’en fût mêlée. Brave mobile !

L. Reybaud.

À la révolution de juillet, on donnait déjà ce nom aux volontaires de la Charte.

Pour m’engager dans la mobile j’avons quitté veste, tablier.

Patriote Buteux, 1830.

Moblot

Garde mobile.

Moc-aux-beaux, mocaubocheteaux

Le quartier Maubert.

Moche

Laid.

Moche

Laid, bête. On dit aussi mouche. Une personne laide est moche. Une vilaine pièce de théâtre est moche.

Moderne

Jeune homme qui suit de très près la mode, par opposition à antique, qui ne la suit plus du tout. L’expression est voyoucratique. — Eh ! va donc, moderne, avec ton châssis de rechange !

Modillon

Apprentie modiste de deuxième année.

Modiste

Journaliste qui accommodait son esprit au goût du jour, qui suivait la mode, la plume à la main. Le reporter a détrôné le modiste.

Moelleux

Coton, dans l’ancien argot.

Moellonneuse

Fille qui se prostitue dans les chantiers.

Moine

s. m Endroit sur une forme qui n’a pas été touché par le rouleau et qui, par suite, n’est pas imprimé sur la feuille.

Moine

Endroit sur une forme qui n’a pas été touché par le rouleau et qui, par suite, n’est pas imprimé sur la feuille. (Boutmy.)

Moine

Qu’une épreuve typographique soit faite à la brosse ou à la machine, la partie qui ne prend pas l’encre se nomme un moine (Argot d’imprimerie).

Moineau

Le membre viril — que les femmes, ces charmants oiseleurs, prennent si facilement à la glu de leur con.

Ouvre… ouvre tes cuisses, prends mon moineau mets-le en cage.

La Popelinière.

Moineau de Lesbie (le)

Le membre viril — qui est le moineau affectionné de toutes les femmes, excepté des Lesbiennes.

Moins une

Veut dire : il était temps. On dit de quelqu’un qui manque de faire une chute, il était moins une qu’il ne tombât.

Moisir (ne pas)

Ne pas rester longtemps dans un endroit ; ne pas occuper longtemps un emploi.

Moissonneur

Le commissaire de police. En effet, il moissonne ceux qui sont amenés à son burlingue. Mot à mot : il les fauche comme des blés mûrs... pour la prison (Argot des voleurs). V. Quart d’œil.

Moitié

Épouse légitime, avec qui l’on ne fait qu’un, grâce au nœud qui sert de trait d’union.

Peters, dis-moi, par amitié,
Pourquoi que l’usage réclame
Qu’à Paris on nomme moitié
Ce qu’au village on nomme femme
— C’est que Paris est un pays
Où se prodiguent tant les dames,
Que là, les trois quarts des maris
N’ont que ta moitié de leurs femmes.

(Ancien Vaudeville — des Variétés.)

Moka (fort de)

Voir café.

Molanche

Laine.

Molanche

Laine.

Molanche

Laine.

Molanche

Laine (Vidocq). — Diminutif de molle.

Molanche

Laine, — dans l’ancien argot.

Molanche

Laine.

Molard

Crachat très gras, le frère du glaviot. — Molarder, cracher gras.

Molard

Cracher des mucosités qui filent comme du macaroni. Graillonner salement. Quand un large crachat s’étale sur un trottoir, on dit :
— Quel beau molard (Argot du peuple).

Molard

Crachat.

Molard

Crachat.

Molécule

Petit enfant, — dans l’argot des écoles. (L. Larchey)

Molette

La bouche. Je ne vois pas bien qui a pu donner naissance à cette expression. La molette sert à un éperon, elle sert aussi à couper la pâte pour une certaine espèce de gâteau ; enfin, quoi qu’il en soit, ce mot est usuel (Argot des voleurs). N.

Molette d’argent

Croix d’honneur.

Mollard

Graillon, expectoration laborieuse. Du vieux mot moller : s’efforcer. V. Roquefort.

Mollusque

Sot personnage, imbécile.

Mollusque (huître, moule, etc.)

Niais, imbécile.

Momaque

Petit enfant. On dit aussi moutard.

Momard

Variante de môme, usitée au régiment.

Mais il faut’ lui donner un nom à ce momard !… Il faut le baptiser !

(A. Arnault, Les Zouaves.)

Mome

Petit garçon livré à la pédérastie.

Mome

Enfant.

Môme

Enfant. — Dans le patois poitevin on appelle un jeune homme, un jeune garçon un momon, un momeur.

Les chants finis, viennent les momons. Ce sont des garçons qui portent à la mariée un présent caché dans une corbeille.

(Ed. Ourliac, Le Paysan poitevin.)

Les variantes sont, outre momard, momacque, momignard, mignard.

Ohé ! ohé ! les moutards, les moucherons, les momignards, qui est-ce qui s’ paye le Lazar ?

(A. Joly, Fouyou au Lazary. Chans.)

Môme d’altèque, jeune homme. — Môme, jeune fille, amante précoce, — dans le jargon des voleurs. — C’est ma môme, elle est ronflante ce soir. C’est ma maîtresse, elle a de l’argent ce soir.

Môme

Petit. On appelle aussi une femme la môme. Il y en a de célèbres : la Môme-Fromage, la Môme-Goutte-de-Sperme, la Môme-Caca. On dit aussi momaque (Argot du peuple). N.

Môme

Petit, jeune, enfant.

Môme (taper un)

Faciliter une fausse-couche, déterminer un avortement, commettre un infanticide, — dans le jargon des voyous. Les variantes sont : Faire couler un môme, faire couler un enfant.

Môme (taper un)

Commettre un vol. (L. Larchey)

Môme d’altèque

Jeune homme beau et efféminé que l’on rencontre vêtu d’un ça ne te gêne pas dans le parc (veston), d’un pantalon collant gris clair, d’une cravate voyante à larges bouts, et maquillé la plupart du temps, On le rencontre dans la galerie d’Orléans, au Palais-Royal, ou au passage Jouffroy. Ce n’est pas l’omnibus qu’il attend. On les nomme aussi chouard en souvenir du fameux procès Germiny (Argot du peuple). N.

Môme noir

Séminariste, dans le jargon des voleurs. Variante : Canneur du mec des mecs : c’est-à-dire qui a peur de Dieu.

Môme, momaque

Enfant. Jeune maîtresse. Signifie aussi Éphestion de trottoir. Taper un môme, commettre un vol.

Môme, momignard, momaque

Petit enfant. — Du vieux mot momme : grimace. Les petits enfants en font beaucoup. — On dit encore momerie. En ce sens momaque et momignard sont les diminutifs dont Le second seul est pris en bonne part.

Les rats dont nous voulons parler sont des mômes.

Paillet.

Elle entre avec un enfant dans un magasin et en faisant semblant de poser son momignard a terre.

Id.

Mômière

Sage-femme, — dans le jargon des voleurs. Les variantes sont : Mômeuse, déballeuse de mômes.

Momifie

Diminutif de môme. Petit enfant (Argot des voleurs). V. Abéqueuse.

Momifie, morningue

Petit enfant.

Momignard

Accouchement ; et la variante : Décarrade du crac. — Momignardage à l’anglaise, momignardage en purée, fausse-couche.

Momignard

Absinte servie dans un petit verre mousseline. Allusion à la petitesse du verre, qui est un môme, en le comparant à un grand verre (Argot du peuple). N.

Momignardage

Absinthe servie dans un verre à bordeaux.

Mominette

Petit verre d’absinthe.

Mominette

Accoucher d’un môme.

Ma largue aboule de momir un momignard d’altèque qu’on trimbalera à la chique à six plombes et mèche pour que le ratichon maquille son truc de la morgane et de la lance.

Vidocq.

Mominette

Accoucher. — Momir pour l’aff, accoucher avant terme ; par allusion aux fœtus conservés dans l’alcool, l’aff. La variante est : Décarrer du crac.

Momir

Accoucher. Momeuse, tire-môme, sage-femme.

Momir

Dans la bouche d’un soldat, signifie Mon attirail militaire.

Mômir

Ma part.

Mon biblot

Ma part.

Mon fad

Je suis vaincu.

Mon fad

Quand deux individus se battent, celui qui est vaincu dit qu’il a son linge lavé. Être arrêté a la même signification (Argot des voleurs).

Mon linge est lavé

Moi-même.

Mon linge est lavé

Terme d’amitié.

Mon orguibus

Pièce d’un sou. — Avoir des monacos, avoir de l’argent, — dans l’ancien argot du peuple.

Mon rat

Sou. Monnaie.

Monaco

« Honoré V, mort de dépit en 1841, de n’avoir pu faire passer pour deux sous en Europe ses monacos, qui ne valaient qu’un sou. » — Villemot. — V. Coller.

Monaco

Ami (Vidocq).

Monacos

Roi de cartes.

Ou si c’est un roi qu’elle relève, elle s’écrie : Je pince le monarque.

M. Alhoy.

Monant

Pièce de monnaie. — Allusion à l’effigie royale.

Il va nous donner quequ’vieux monarque pour y boire à la santé...

Gavarni.

Monarque

Roi d’un jeu de cartes.

Monarque

Argent, dans le jargon des filles. — Avoir fait son monarque, avoir gagné sa journée.

Monarque

Public payant, — dans le jargon des saltimbanques. Ainsi, il peut y avoir foule autour d’un banquiste, et pas de monde.

Monarque

Bourgeoisie, dans le jargon du faubourg Saint-Germain. — Lentille, — dans celui des voleurs.

Monde

Guillotine.

Monde (petit)

Embrasser, — dans le jargon des voleurs.

Monde renversé

Embrasser.

Monfier

La motte, — avec toutes ses circonstances et dépendances.

Lorsque Venus vint au monde,
Elle avait la motte blonde,
Les tétons bien relevés
Et les poils du cul frisés,
En voyant cette moniche,
Le grand Jupin s’écria :
Heureux celui qui se niche
Dans un con comm’ celui-là.

Anonyme.

Après cela, c’est son tour de fêter toutes ces petites moniches.

(Aphrodites.)

Monfier

Exemption. — Faire de la fausse monnaie, faire des exemptions fausses. (Albanès, Mystères du collège, 1845.)

Moniche (la) ou Monique

Exclamation admirative équivalant à Quelle bonne fortune !

Mon homme a la croix d’honneur. Pus que ça d’monnaie !

Ricard.

Monnaie

Grimace. V. Roupie.

Il la payait, comme dit le peuple en son langage énergique, en monnaie de singe.

Balzac.

Monnaie (plus que ça de)

Payement en grimaces, en plaisanteries. Payer en monnaie de singe.

Monnaie de singe

Grimace.

Monnaie de singe

Une monnaie qui n’a pas cours à la Banque de France, car les garçons de recette n’accepteraient pas des grimaces en paiement (Argot du peuple).

Monnaie de singe

Lorgnon simple.

Adapte donc un monocle à l’arcade de ton œil gauche !

Montépin.

Monnaie de singe

Monnaie.

Monocle

Pince.

Monouille

Pince à forcer les portes. — Jeu de mots. — Quelle est la porte ne s’ouvrant pas lorsqu’on annonce monseigneur ? — Si, comme l’affirme M. Fr. Michel, on a dit autrefois Monseigneur le Dauphin et par abréviation Dauffe, nous voyons encore là un calembour sur le dos fin de la pince qui permet son introduction. Caroubleur. V. Caroubleur.

Monseigneur

Pince à effraction. Ainsi nommée parce que jadis rien ne résistait à celui à qui l’on donnait du « monseigneur ».

Monseigneur

Pince à effraction.

Monseigneur

Pince en fer à l’usage des voleurs.

Monseigneur

Outil qui sert spécialement à fracturer les portes ; il est tout spécialement employé par les cambrioleurs. Cet outil en acier mesure 45 centimètres de hauteur et 23 millimètres de circonférence. Il est connu depuis le XVIIIe siècle. C’était un des principaux instmments dont se servait le légendaire Cartouche (Argot des voleurs).

Monseigneur

Entreteneur. V. Amant de cœur.

On ne peut pas parler à mademoiselle. Et le mosieur... n’y est pas ?

Gavarni.

En argot de galanterie, le mot d’époux désigne l’entreteneur ; mais il n’est pas le seul. Suivant le degré de distinction d’une femme elle dit : Mon époux, — mon homme, — Mon monsieur, — mon vieux, — monsieur chose, — mon amant, — monsieur, — ou enfin monsieur un tel. — Sauf dans la haute aristocratie où l’on dit : Monsieur un tel, ce mot mon époux est général, il se dit dans toutes les classes.

Cadol.

Monseigneur (pince)

Mesure de capacité.

Il existe de plus une certaine eau-de-vie dont le prix varie suivant la grandeur des petits verres. Voici ce que nous lûmes sur une pancarte : Le monsieur, quatre sous ; la demoiselle, deux sous ; le misérable, un sou.

G. de Nerval.

Monsieur

Mari d’une maîtresse de maison de tolérance, — dans le jargon des pensionnaires de l’établissement.

Monsieur, avec son épaisse barbiche aux poils tors et gris.

(E. de Goncourt, la Fille Elisa.)

Monsieur

Nom que la femme entretenue et sa bonne donnent à l’entreteneur.

Monsieur

Verre de vin de cinq sous, verre de vin de la bouteille servi sur le comptoir du débitant.

Monsieur

Faire de la dépense, s’endimancher, — dans le jargon des ouvriers.

Monsieur

L’homme bienveillant qui honore de sa protection quelque jeune femme sans feu ni lieu, l’habille, la met dans ses meubles et oublie régulièrement un louis ou deux sur sa cheminée. C’est le miché cristallisé.

On ne peut pas parler à mademoiselle. Et le monsieur… n’y est pas ?

Gavarni.

Monsieur (faire le, faire-son)

Avertissement d’acteur à acteur lorsqu’un rôle est mal interprété, lorsque le public est sur le point de témoigner son mécontentement.

Monsieur (le)

Individu sans notoriété, le premier venu, — dans le jargon des gens de lettres.

Monsieur Dufour est dans la salle

Propriétaire qui ne connaît pas d’autre Dieu que le dieu terme. — Usurier.

Monsieur personne

Homme, femme qui s’imagine être sortie de la cuisse de Jupiter. Personne hautaine, froide, orgueilleuse.

Monsieur Vautour

Détestable, monstrueux, au figuré. V. Largonji.

J’en ai assez de vos monstres de concerts.

P. de Kock, 1845.

Monsieur, Madame de Péte-sec

Colossal.

Elle lui apporte un bouquet monstre.

M. Alhoy.

Monstre

Enorme, colossal. Succès monstre.

Monstre

Canevas d’une pièce de théâtre, d’un livre. — Bouts-rimés dont le sens et la rime importent peu et qu’un compositeur de musique donne au parolier pour lui indiquer la mesure et la coupe des strophes qu’il convient d’appliquer à une mélodie.

Monstre

Libertin, partisan du système de l’infidélité à outrance, — dans le jargon des petites dames.

Monstre

Petit monstre.

Ce petit monstrico !

Balzac.

Monstre d’homme

Mont-de-Piété. — Abréviation. — V. Tante.

Elle tient comme qui dirait un petit mont bourgeois... elle prête sur gages et moins cher qu’au grand mont.

E. Sue.

Monstrico

Mont-de-Piété de la rue des Blancs-Manteaux ; le chef-lieu de ce grand département du prêt sur gages.

Mont

La petite éminence placée à l’entrée du con de la femme, qu’on appelle vulgairement la motte.

Car il faut des oublis antiques
Et des pudeurs d’un temps châtré
Venger dans des strophes plastiques,
Grande Vénus, ton mont sacré !

Th. Gautier.

Mont (le grand)

s. m. Ensemble de pratiques ou de paroles qui ont pour but de faire croire à quelqu’un une chose qui n’existe pas, et surtout de le faire agir en vertu de cette fausse croyance. On dit aussi montage de coup. Cette plaisanterie est fréquente dans les ateliers ; mais le compagnon, « né malin », ne coupe pas toujours.

Mont de Vénus

Cartes préparées. — Un beau montage, cartes préparées qui ont fourni une longue carrière, — dans l’argot des grecs.

Montage

Cheval de renfort.

Montage

Haricots rouges. — Je me suis collé une hiture de montagnards au vin.

Montagnard

Potence, — dans l’ancien argot.

Montagnards

Pantalon.

Montagne de géant

Pantalon.

Montant

Pantalon.

Montant

Pantalon. — Le mot a été fait pour les anciennes culottes qui montaient assez haut. — V. Tirant.

Montant

Mur. — Pantalon ; c’est le mur de la décence.

Montant

Bas.

Quoi que ça veut dire ? criait une autre, des montants de soie dans de vieux ripatons !

(Huysmans, Les Sœurs Vatard.)

Montant

Mur. Pantalon. Pas.

Montant

Pantalon. Il monte en effet le long des jambes. Le montant à pattes d’éléphant est, depuis des années, le signe distinctif des citoyens à trois ponts (Argot des souteneurs). V. Falzar. N.

Montant

Pantalon.

Montant

Culotte.

Montant

Culotte.

Montante

Une chaise.

Montante

Culotte.

Montante

Échelle, — dans le jargon des voleurs.

Montante

Échelle. L’image est frappante. Quand, autrefois, l’échafaud était élevé de treize marches que le condamné devait gravir, on nommait les marches la montante du calvaire (Argot des voleurs). N.

Montante

Échelle.

Montante

Échelle.

Montante

Avoir un membre viril d’une belle longueur, ou d’une exiguïté fâcheuse.

Elis en fut quitte pour faire élection des plus gros montés, qui se pouvaient trouver.

Brantôme.

C’est que t’as l’air d’en avoir pour deux… T’es bien monté… mâtin.

Lemercier de Neuville.

Montante, lève-pieds

Les cambrioleurs. Ils sont ainsi nommés parce que ces voleurs opèrent généralement dans les chambres de domestiques situées aux étages supérieurs. Ils montent en l’air (Argot des voleurs). N.

Monté (être bien ou mal)

Cambrioleur.

Monte en l’air

Avoir un miché, et aller dans une chambré quelconque du bordel tirer un coup avec lui.

Rester ici au lieu d’aller au salon avec toutes ces dames… toujours descendre et ne jamais monter.

Lemercier de Neuville.

Monte en l’air

Pour monter une pièce nouvelle, la préparer, — dans le jargon du théâtre. — Est-ce qu’on monte quelque chose pour le mois prochain ?

Monter

Exciter quelqu’un à faire une chose. Il a fallu joliment le monter pour arriver à lui faire dire oui. — L’exciter contre quelqu’un. Il l’a monté contre son frère ; c’est, mot à mot : monter la tête. — Être monté, être surexcité, être très en colère.

Monter

S’emporter. Enflammer, surexciter.

Monter

Se passionner, exagérer les choses, s’exalter. Mot à mot : se monter la tête.

Monter

Être atteint d’une tumeur inflammatoire dans la région de l’aine, tumeur désignée sous le nom de « poulain ». (Argot des voyous).

Monter (se)

S’impatienter, se mettre en colère.

Monter à cheval

Être guillotiné. Mot à mot : monter à l’échelle de l’échafaud. L. L. Monter à l’échelle a une toute autre signification dans le peuple ; cela veut dire : faire mettre quelqu’un en colère.
— Il a la tête près du bonnet, il s’enlève comme une soupe au lait.
On dit aussi :
— Il a un si sale caractère qu’il grimpe à tout bout de champ (Argot du peuple). N.

Monter à l’échelle

Se fâcher, se mettre en colère. Si l’on plaisante un ami et qu’il se fâche il monte a l’échelle.

Monter à l’échelle

Passer un moment avec une fille publique sans débourser d’argent, est monter aux châsses. Monter sans payer sur la tour Eiffel est monter aux châsses.

Monter à l’échelle

Obtenir de l’avancement.

Monter aux châsses

Mentir.

As-tu fini ? Pour m’éprouver, tu veux monter des couleurs, belle Zaïre, mais cela ne va pas.

Decourcelle, 1840.

Monter d’un cran

Grandir. — Votre moutard monte en graine.

Monter des couleurs

Celui qui commet le vol à l’aide d’effraction ou fausses clés monte en l’air.

Monter en graine

Aller et venir sous les fenêtres d’une belle, devant la porte de son magasin, ni plus ni moins qu’un soldat de l’amour en faction.

Monter en l’air

Le faire bander par des polissonneries en paroles ou en actions.

Mais rien ne monte la tête,
Non, rien n’est plus polisson
Qu’une langue toujours prête
À vous lecher le bouton.

Lemercier de Neuville.

Monter la garde

Se monter la tête, ou plutôt l’imagination à propos d’une femme avec qui l’on désire coucher ou d’un homme que l’on se rêve pour amant. Se dit spécialement des filles qui ont des toquades pour tel ou tel homme, coiffeur ou poète, peintre ou goujat, qui a un grand talent ou un gros paquet.

Conserve tes vers pour une autre Muse
Qui se montera mieux te bourrichon.

(Parnasse satyrique.)

Monter la tête à un homme

Se croire plus que l’on est.

Monter le bourrichon (se)

Tendre un piége.

C’est des daims huppés qui veulent monter un coup à un ennemi.

E. Sue.

Monter le cou (se)

Tromper. V. coup.

Monter le coup

Tromper. Monter un chopin, préparer un vol. Monter la couleur, monter un schtosse, mentir, tromper.

Monter le coup

Mentir, abuser, tromper.

Monter le coup

Étre crédule, s’imaginer que toutes les femmes sont vertueuses, ou que l’on peut les baiser sans les payer.

Si tu croit que je suis novice, tu t’ monte le coup.

Lemercier de Neuville.

Monter le coup

Leur promettre mille jouissances par des provocations de toilette, de regards, de paroles, d’attouchements — et se contenter de les faire jouir prosaïquement.

Et cette crinoline !... En voilà encore une invention qui nous aide à monter le coup aux hommes.

Lemercier de Neuville.

Monter le coup (se)

Même sens — cambrioler.

Monter le coup aux hommes

Se monter le coup. Croire que c’est arrivé ou vouloir le faire croire à un autre (Argot du peuple).

Monter le job

Se monter le coup à soi-même. S’illusionner sur toutes choses. S’imaginer être aimé par désintéressement. En un mot, croire que c’est arrivé
— Mon miché qui s’est monté le verre en fleur que j’y allais de mon voyage, faut-y qu’il soit poire (Argot du peuple). N.

Monter le job (se)

Comparaitre devant un tribunal.

Monter le verre en fleur (se)

Avouer ses crimes et ceux de ses complices (Vidocq). — Il paraît y avoir une certaine relation d’origine entre manger le morceau et monter sur la table.

Monter sur la planche

Faire des révélations.

Monter sur la table

Mettre de l’eau dans une barrique de vin. — (Argot des cabaretiers).

Monter sur la table

Faire croire à une atlaire imaginaire ; présenter à des niais un projet de mise en actions pour exploiter une fonderie de pavés ou une filature de pains de sucre. Monter un bateau, synonyme de monter le coup (Argot du peuple). N.

Monter sur le tonneau

Faire croire à un ami une chose qui n’existe pas.

Monter un bateau

Tromper.

Monter un bateau

Préparer une mystification.

Monter un bateau

Préparer un mensonge, combiner une mystification, — dans le jargon des voleurs. — Monter un coup, le coup. (V. Coup).

Monter un bateau, un battage

Inventer un prétexte.

Je monte plus d’un coup pour vanter l’auteur Dorville.

1817, Brazier.

Monter un battage, un bateau

« Dans l’armée d’Afrique, c’est essayer de consommer sans payer le cabaretier maltais. » — De Vauvineux. Gandin : Tromperie. — Du vieux mot gandie : tromperie. V. Du Cange.

Monter un coup

Mentir, avoir de la malice, chercher à mystifier. — C’est une variante de monter le coup, — dans le jargon des voleurs.

Monter un gandin

Mentir. Synonyme de monter le coup à quelqu’un. Stoss en allemand veut dire coup. Ce mot s’est francisé et court les ateliers.
— Pour faire le lundi et ne pas avoir son sac, on monte un schtosse au patron en lui disant que l’on va à l’enterrement de son père.
Il en est qui ont enterré leur père autant qu’il y a de jours dans l’année (Argot du peuple). N.

Monter un schtosse

La baiser, — ce qui est une façon, cavalière de s’exprimer. — La femme est une monture.

Pute ne tient conte
Qui sur son cul monte,
Toz il sont éguals.

(Anciens Fabliaux.)

Le vin si fort le surmonta
Que sur ses deux filles monta.

(Recueil de poésies françaises.)

Disant qu’il ne voulait laisser si aisément une si belle monture, qu’il avait si curieusement élevée, que premièrement il n’eût monté dessus, et su ce qu’elle saurait faire à l’avenir.

Brantôme.

Vous serez le premier qui monterez sur elle,
J’en jure par ma foi, c’est une demoiselle.

Théophile.

Mais ça était un pauvre monteur que ce monsieur le Dauphin.

Tallemant des Réaux.

Mais quand je fis de ma bourse ouverture,
Je ne vis onc plus paisible monture.

Cl. Marot.

Or, allons donc, et je m’assure
Que vaut trouverez la monture
Aussi gaillarde et bien en point.

J. Grévin.

Il n’y a si vieille monture, si elle a le désir d’aller et veuille être piquée, qui ne trouve quelque chevaucheur malotru.

Brantôme.

De qui les femmes aux courtisans
Servent bien souvent de monture

(Recueil de poésies françaises.)

Notre rustre n’eut pas sur sa monture douce
Fait trois voyages seulement,
Qu’il sentit du soulagement.

La Fontaine.

Un aumônier n’est pas si difficile
Il va piquant sa monture indocile,
Sans s’informer si le jeune tendron
Sous son empire a du plaisir ou non,

Voltaire.

Monsieur, je vous entends bien ; vous voulez monter sur moi.

Noël du Fail.

Monter un schtosse

Faiseur.

Je serai le seul monteur de coups À qui tu r’pass’ras en arrière Tes gros sous.

Festeau.

Monter une femme

Comédienne en chambre, femme capable de faire voir à ses amants la lune en plein midi ; femme qui joue la comédie de l’amour.

Monteur de coups

À Paris, on appelle ainsi les cerises du nom de l’endroit où elles sont réputées. On dit de même Montreuil pour pêche, Fontainebleau pour raisin de treille, Valence pour orange. — Qui n’a entendu crier :

V’là des mémorenci, trois sous la livre !

Monteuse de coups

Exhiber ses pièces sexuel montrer son cul à un homme ou son membre à une femme.

En tombant, elle a montré toute sa boutique.

d’Hautel.

Montmorency

Sortir du pantalon son membre viril — de plus ou moins de longitude — et s’en servir pour mesurer la distance qu’il y a enire les deux méridiens, la méridien femme et le méridien homme, à la grande satisfaction de tous les deux.

Je vis après ce polisson
En si fière attitude
Qu’il m’enflamme en me montrent son
Degré de longitude.

Collé.

Montrer sa boutique

Aller à la visite, — en terme de fille soumise.

Montrer son degre de longitude

Quand les filles vont au dispensaire, tous les quinze jours, pour passer la visite sanitaire, elles montrent tout au docteur (Argot des filles).

Montretout (aller à)

Fille publique qui va à la visite.

Montretout (aller à)

Pêche de Montreuil. — J’ai du beau Montreuil.

Montretout (aller à)

Chapeau haute forme, — dans le jargon des ouvriers.

Montreuil (du)

Mamelles de nourrice, — dans l’ancien argot.

Monument

Sous-entendu, de l’an 40 de la République, c’est-à-dire d’un an qui n’arrivera point. Expression due sans doute aux royalistes.

Je m’en moque comme de l’an 40.

Jaime.

Monzu, Mouzu

Cri.
— Si le pante morace et que les becs de gaz accourent, lingre le pour ne pas être paumé (Argot des voleurs). N.

Moquer comme de l’an 40 (se)

s. f. Épreuve faite à la brosse d’une page de journal avant le serrage définitif de la forme. Se dit aussi des ouvriers qui restent pour corriger cette épreuve et qui attendent pour partir que le journal soit prêt à être mis sous presse, et aussi du temps pendant lequel ils attendent. Morasse vient d’un mot latin : mora, retard.

Morace

Épreuve d’une page entière de journal tirée à la brosse sur la forme. — Il y a la une, la deux, la trois et la quatre. Vient de : moratio, retard, attente, en latin, parce qu’on attend avec impatience la morasse pour quitter le journal, ou encore parce que la morasse se fait souvent attendre.

Morasse

Inquiétude, danger, remords. Battre morasse, crier à l’assassin.

Morasse

Crier à l’assassin. V. Battre.

Morasse

Danger ; ennui. — Battre morace, crier à l’assassin, crier au voleur.

Morasse (battre)

s. m. Celui qui fait partie de la morasse.

Morasse, Morace, Moresque

Moutard désagréable. Morbac, diminutif de morpion (Argot du peuple).

Morassier

Voir loubac.

Morbac

Morpion.

Morbac

Vermine tenace qui fait élection de domicile sur certaines parties du corps humain.

Morbac

Vermine. Enfant désagréable.

Morbec

Belle ou vilaine fille.

Nous allons voir si l’état d’miché vaut l’mien, et si je s’ra assez chançard pour tomber sur un bon morceau…

Lemercier de Neuville.

Morbec

Réussir certaines parties d’un tableau, — dans le jargon des peintres.

Morceau (beau ou vilain)

Son membre viril — dont la femme est si friande.

Et quelle qu’en soit la longueur,
Aucun morceau ne lui fait peur.

(chanson anonyme moderne.)

Morceau (faire le)

Individu grêlé dont le visage est percé de trous comme une passoire. Morceau de gruyère est une allusion aux innombrables trous dont ce fromage est percé (Argot du peuple). N.

Morceau d’un homme (le)

Écrit, page de littérature, article de journal, discours, œuvre d’art, sans esprit, d’un style lourd, compassé.

Morceau de gruyère

Lime, scie.

Morceau de pâte ferme

Lime. Scie.

Mordante

Lime. On dit d’un individu fielleux, qui ne peut prononcer une parole sans dire une méchanceté, qu’il est mordant comme une râpe (Argot des voleurs).

Mordante

Lime.

Mordante

Voir.

Mordante

Être sans force, sans esprit ou sans talent. V. Méchant.

Mordre

Se faire réprimander ; recevoir des coups.

Mordre (ne pas)

Assiette.

Mordre (se faire)

Repas, mangeaille.

Morfante, Morfiante

Repas, — dans l’ancien argot.

Morfe

Repas.

Morfe

Repas. Refaite du matin, déjeuner. Refaite du jorne, dîner. Refaite de sorgue, souper. Refaite exprime bien l’action de se refaire l’estomac. Morfer est ici pour manger (Argot des voleurs).

Morfe

Repas.

Morfe

Le repas, la mangeaille.

Morfe

Le repas, la mangeaille.

Morfe (la)

Manger. Vieux mot employé par Rabelais au Propos des Beuveurs. Où diable les escarpes ont-ils été dénicher cette expression ? (Argot des voleurs).

Morfé (la)

Assiette.

Morfiailler

Assiette.

Morfiante

Assiette.

Morfiante

Assiette.

Morfiante

Manger.

Morfiante

Manger.

Morfier

Manger.

Morfier

Manger. Morfiller un truc, avouer un crime.

Morfier, morfigner

Manger. — Se morfiller le dardan, s’inquiéter.

Morfier, morfiller

Passer.

Nous avons vu morfiler le bœuf gras sur la place de la Bastille.

Morfier, Morfiller, Morfiler

Manger.

Morfiler

Manger.

Morfiler

Faire, manger. — Du mot de langue romane morfier : manger. V. Du Cange. — Morfillante : assiette. — V. Chêne, Jaspiner.

Calvi morfile sa dernière bouchée.

Balzac.

Morfiller

Se faire du mauvais sang, se manger le cœur. A. D. Morfiller veut bien dire manger, mais dardant signifie amour. C’est morfiller le vermeil (sang) ou le palpitant (cœur) (Argot des voleurs).

Morfiller

Sel (Vidocq). — De morganer. V. Momir.

Morfiller le dardant (se)

Sel.

Morgane

Sel, — dans l’ancien argot. — Muronner, saler.

Morgane

Mordre.

Morgane, Muron

Mordre.

Morganer

Mordre.

Morganer

Mordre (id.). — Mot de langue romane. V. Roquefort (Mordant).

Morganer

Mordre, — dans le jargon des voleurs.

Morganer

Mordre.

Morganer

Mordre.

Morganer

Broc (Vidocq). — Allusion à la couleur noire que lui donne le vin.

Morganer

Broc de vin, broc en bois pour le vin.

Moricaud

Charbon, — dans l’ancien argot.

Moricaud

Broc de vin. Charbon. Nègre.

Moricaud

Nègre, négresse.

Moricaud

Chapeau à petits bords, l’opposé du bolivar. V. ce mot.

C’était le temps de la lutte des républiques de l’Amérique méridionale contre le roi d’Espagne, de Bolivar contre Morillo. Les chapeaux à petits bords étaient royalistes et se nommaient des morillos ; les libéraux portaient des chapeaux à larges bords qui s’appelaient des bolivars.

V. Hugo.

Moricaud, Moricaude

Porte-monnaie. D’aucuns disent morningue. Il serait plus juste de dire morniflingue, puisque mornifle veut dire monnaie (Argot des voleurs). N.

Morillo

Porte-monnaie.

Morlingue

Porte-monnaie.

Morlingue

Porte-monnaie.

Morlingue

Bergerie.

Morlingue, porte-mornifle

Bergerie (Argot des voleurs).

Mornante

Mouton, brebis.

Mornante

Mouton, brebis.

Morne

Mouton, brebis.

Morne

Mouton (Vidocq). — Du vieux mot moraine : laine. V. Du Cange.

Morne

Mouton. — Mornier, berger.

Morne

Mouton. Mornante, bergerie.

Morne

Bouchée.

Morne

Bouchée.

Mornée

Bouche, bouchée, — dans l’ancien argot.

Mornée

Berger.

Mornée, mornos

Gifle.
— Je vais te plaquer une morniffle sur la hure si tu m’emmerdes longtemps (Argot du peuple). V. Giroflée à cinq feuilles.

Mornier

Fabricant de finisse monnaie, argent, or, ou billets de banque (Argot des voleurs).

Morniffle

Soufflet. — Détacher une mornifle, donner un soufflet.

Morniffleur

Soufflet. Monnaie.

Mornifle

Monnaie.

Mornifle

Gifle.

Mornifle

Fausse monnaie, gifle.

Mornifle

Monnaie. — Mornifle tarte, fausse monnaie. — Porte-morningue, porte-monnaie. — Refiler de la fausse mornifle, émettre de la fausse monnaie. (Jargon des voleurs.) Porte-morningue appartient aussi au vocabulaire du peuple.

Mornifleur

Faux monnayeur.

Mornifleur tarte

Faux-monnayeur.

Mornifleur tarte

Faux monnayeur.

Mornos

La bouche.

Mornos

Bouche.

Mornos

La bouche.

Mornos

La bouche. Manger une bouchée, avaler une mornée (Argot des voleurs).

Morpion

Pou de corps, parasite de l’homme et de la femme, qui s’attache spécialement aux parties sexuelles — d’où il est difficile de le déloger, à moitis d’employer l’onguent mercuriel ou l’essence de citron.

Cent mille poux de forte taille
Sur ta motte ont livré bataille
À nombre égal de morpions,
Portant écus et morions.

Th. Gautier.

Morpion

Personne dont on ne peut se débarrasser, importun qui s’attache à vos pas.

Morpion

Insecte qui occasionne des démangeaisons fort désagréables. Par analogie, on dit de quelqu’un dont on se débarrasse difficilement :
— Il colle comme un morpion.
On dit également : mille pattes (Argot du peuple).

Morpionner

S’attacher aux pas de quelqu’un, obséder.

Morsures

Marques rosées que les gens qui baisent se font mutuellement dans les spasmes de la jouissance.

Je suis, mon cher savant, si docte avis voluptés,
Lorsque j’étouffe un homme en mes bras veloutés,
Ou lorsque j’abandonne aux morsures mon buste.

Ch. Baudelaire.

Mort

Condamné, — dans le jargon des voleurs.

Mort

Enjeu augmenté après coup par le procédé de la poussette. (L. Larchey)

Mort (faire le)

Jouer le whist à trois personnes, en découvrant le jeu d’un quatrième partenaire imaginaire.

Mais nous ne sommes que trois ! — je ferai le mort.

Achard.

Mort-dans-le-dos

Homme froid, mou, indolent, insensible et sans énergie : — incapable de bander, — dans l’argot du peuple, qui n’aime pas les lymphatiques. — Synonyme de Pisse-froid.

Morue

Femme de mauvaise vie, qu’on pourrait appeler — si l’ichthyologie ne s’y opposait pas formellement — la femelle du maquereau.

Vous voyez, Françoise, ce panier de fraises qu’on vous fait trois francs ; j’en offre un franc, moi, et la marchande m’appelle... — Oui, madame, elle vous appelle… morue !

Gavarni.

Morue

Femme abjecte.

Vous voyez, Françoise, ce panier de fraises qu’on vous fait trois francs ; j’en offre un franc, moi, et la marchande m’appelle... — Oui, madame, elle vous appelle... morue !

Gavarni.

Morue

Femme qui pue ; salope, — dans le jargon des Halles. Épithète dont ces dames gratifient volontiers les bourgeoises qui déprécient la marchandise ou qui, marchandent trop. Mot à mot : qui pue comme une morue.

Morue

Lot d’ouvrages manuscrits que les anciens colporteurs faisaient imprimer à leurs frais. — Les canards ont eu raison des morues.

Morue

Femme sale ou de mauvaise vie.

Morue

Terme employé par les femmes des halles pour répondre aux râleuses qui leur offrent un prix dérisoire de leurs marchandises.
— Va donc, morue, faudrait-y pas te foutre du beurre avec et te le porter à ton poussier (Argot du peuple).

Morviau

Morve. — Petit morveux.

Mots (avoir des)

Échanger des reproches.

En rentrant du bal avec ton amant, vous avez eu des mots, et il t’a flanquée à la porte.

Montépin.

Mots à queue

C’est une plaisanterie d’atelier fort amusante. C’est un homme de l’artichaud Colas. On en a fait des à-peu-près tout aussi drôles sur les heures. Il est une heure, (teneur) de livres. Deux heures, (deux sœurs) de charité. Trois heures, (toiseur) vérificateur. Quatre heures, (cardeur) de matelas. Cinq heures, (zingueur) plombier. Six heures, (ciseleur) sur métaux. Sept heures, (cette heure) est la mienne. Huit heures, (huîtres) d’Ostende. Neuf heures, (neveu) de son oncle. Dix heures, (diseur) de bonne aventure. Onze heures, (on se) réunira à la maison mortuaire pour midi (Argot des ateliers).

Mots inconnus

La kyrielle de cris d’ardeur, de mots étouffés, mourants et sans suite que l’on prononce dans le paroxysme de la jouissance, tels que : …Tout à toi !... à moi !.. arrête… là !... ah !… plus vite… va donc !… ah ! je sens… je fonds… arrête… je jouis… oh !…

Qu’elle est superbe en son désordre,
Quand elle tombe lès seins nus,
Qu’on la voit, béante, se tordre
Dans un baiser de rage, et mordre
En criant des mots inconnus.

A. de Musset.

Motte

Le Mont-Sacré, la petite éminence osseuse qui couronne la nature de la femme, et qui est quelquefois glabre, mais le plus souvent pubescente, c’est-à-dire, couverte de poils.

Et quand il trouve la chemise, il la lève et m’appuie la main sur la motte, qu’il pince et frise quelque temps avec les doigts.

Mililot.

Le mécréant se reculons,
Et regagne ses bataillons ;
L’un va pleurer sur une motte,
Et l’autre hélas ! sur les couillons.

B. de Maurice.

Ces petits cons à grosse motte,
Sur qui le poil encor ne glotte,
Sont bien déplus friands boucans.

(Cabinet satyrique.)

Mais toutes ces beautés, mon Aline, croîs-moi,
Cèdent à la beauté de ta motte vermeille.

Théophile.

Motte

Maison centrale de force et de correction, — dans le jargon des voleurs. — Dégringoler de la motte, sortir d’une maison centrale.

Mou comme une chique

Homme de peu de consistance, sans volonté, qui travaille mollement. Allusion au morceau de tabac que le chiqueur a mâché toute une journée : il est mou. De là, mou comme une chique (Argot du peuple).

Mou de veau

Gorge flasque, tombante.

L’autre dit que sa gorge était un, mou de veau.

L. Protat.

Mou enflé (avoir le)

Être enceinte, — dans le jargon des voyous.

Mou pour ton chat

Quand on regarde avec insistance une jolie fille et que cela ne lui plaît pas, elle répond :
— Ça, mon vieux, c’est pas du mou pour ton chat.
D’aucunes, plus expressives, disent :
— Tu peux regarder, c’est pas de la viande pour ton serin (Argot du peuple). N.

Moucaire

Femme laide, — dans le jargon des voyous. De l’arabe moukére. (V. ce mot.)

Mouchailler

Regarder.

Mouchailler

Regarder.

Mouchailler

Regarder.

Mouchailler

Regarder à la dérobée, regarder en dessous.

Mouchailler

Regarder à la dérobée.

Mouchailler, moucharder

Espionner, dénoncer. — En 1455, les gueux ou coquillards de Dijon disaient déjà mouschier à la marine, pour dénoncer a la justice.

Mouchard

Portrait à l’huile. (Delvau).

Mouchard

Agent de la police de sûreté. Espion. Portrait.

Mouchard à bec

Réverbère.

Mouchard à becs

Réverbère.

Mouchard, mouche

Espion de police. — On connaît l’indiscrétion des mouches ; elles se fourrent partout. — Dans une brochure de circonstance qui parut en 1625 (le Marchand arrivé sur les affaires du temps), on enjoint aux cabaretiers de frauder les droits de perception en ayant du vin chez leur voisin et n’allant le chercher que la nuit

pour n’estre pas veuz des mouches de ce païs icy qui valent pire que des guespes d’Orléans.

Dans ses Politiques, Vincent Cabot (Toulouse, 1636) traite, en son chapitre II,

Des mouschards et escouteurs desquels les princes et les républiques se servent pour sçavoir les nouveautés et les entreprises.

Mouchard, mouche

Policier.

Moucharde

Lune. V. Cafarde.

Mais bientôt la patraque au clair de la moucharde nous reluque de loin.

Vidocq.

Moucharde

Lune, — dans le jargon des voleurs.

Moucharde

La lune.

Moucharde

La lune. Elle se montre souvent fort mal à propos pour déranger messieurs les voleurs dans leurs expéditions nocturnes (Argot des voleurs). N.

Moucharde

La lune.

Moucharde (la)

La lune.

Mouche

Vilain.

Mouche

« Mouche, pour ceux qui ne comprendraient pas le langage parisien, signifie mauvais. » — Troubat. — Un volume intitulé les Mystères des théâtres, par un vieux comparse, publié en 1844, donne mouche dans le même sens. V. Toc.

Mouche

Agent de police.

Mouche

Mousseline. Mauvais. Laid.

Mouche

Laid, bête, ridicule.
— Elle est rien mouche, la môme à Poil-aux-pattes (Argot du peuple).

Mouche (la)

La police ; tout ce qui relève de la préfecture de police.

Mouche (la)

La police.

Mouche, Moche, Mouchique

Laid, mauvais, sans valeur, désagréable. — Toc a succédé à mouche avec le même sens, et moche, variante de mouche, a battu en brèche toc, déjà démodé parmi les voyous. — Être mouchique à la sec, être mal noté dans son quartier, avoir eu déjà des démêlés avec le commissaire de son quartier. Sec est mis par abréviation de section.

Moucher

Boucher. V. Esbrouffer. — Moucher : Corriger, remettre les gens à leur place. Mot à mot : éteindre leur insolence. — Moucher : Tuer, c’est-à-dire éteindre la flamme de la vie.

Aussi ne se passait-il guère d’heures qu’il n’y eût quelqu’un de mouché.

Mém. de Sully, seizième siècle.

Je l’enfile par un coup droit. Encore un de mouché.

Randon.

Du vieux mot muchier : cacher, couvrir. V. Roquefort.

Moucher

Battre. — Remettre quelqu’un à sa place. — Se faire moucher, se faire remettre à sa place.

Moucher

Battre. Tuer.

Moucher

Faire mal. Celui qui s’est fait mal s’est mouché.

Moucher (se)

Bander, baiser ou se branler — afin de décharger.

Le vieux maréchal de Villerol ayant été envoyé à Lyon, en 1717, pour apaiser une sédition, ce ne furent pendant son séjour que réjouissances et. fêtes continuelles. Une grande dame de Paris, ayant appris que les Lyonnaises s’empressaient fort d’écrire au maréchal, écrivit à l’une d’elles : « Mandez-moi donc à qui M. le maréchal a jeté le mouchoir. » La vieille madame de Breault, qui habitait Lyon, et qui avait été autrefois des amies de Villerol, vit cette lettre et dit à celle qui la lui montrait : « Écrivez à votre amis qu’il y a longtemps que le maréchal ne se mouche plus. »

P. Larousse.

Moucher (se)

Faire, disparaître de l’argent, s’approprier quelques pièces d’or ou d’argent prises dans la masse constituant une banque, — dans l’argot des garçons de jeu. C’est ordinairement en se mouchant que s’exécute ce tour d’escamotage ; de là le nom.

Moucher la chandelle

Retirer son membre du vagin de la femme, au moment de l’éjaculation, afin que le suif qui en coule ne le brûle pas, et surtout n’y dépose pas de la semence d’enfante.

Comment, disait-il,
D’un mari, ma belle,
Malgré la chandelle
Tromper l’œil subtil ?
— Mouchez, disait-elle.

Victor Mabille.

Moucher la chandelle

S’adresser pour l’explication aux cinq vers suivants qui jouent très-finement sur le mot :

Comment, disait-il, D’un mari, ma belle, Malgré la chandelle, Tromper l’œil subtil ? — Mouchez, disait-elle.

V. Mabille.

Moucher la chandelle

Pour les collégiens, c’est s’inspirer du jeune Onan. Pour les hommes mariés, c’est suivre l’école matrimoniale de Malthus.

Moucher le quinquet (se faire)

Recevoir une verte correction, une formidable volée (Argot du peuple).

Moucheron

Enfant.

La portière et son moucheron.

Léonard, parodie, 1863.

Moucheron

Enfant. — Apprenti.

L’an passé, papa a mis pour moi quinze cents francs à la tontine, et v’là déjà trois moucherons de claqués !…

(Rando)

Mouches (envoyer des coups de pied aux)

Mener une conduite déréglée, — dans le jargon des coulisses. C’est ce que le peuple appelle : Jeter son bonnet par-dessus les moulins.

Mouches (tuer les)

On dit de quelqu’un qui a une haleine infecte :
— Il tue les mouches à quinze pas (Argot du peuple). V. Pot de chambre cassé dans l’estomac.

Mouches au vol (tuer les)

Sentir mauvais de la bouche. La variante est : Tuer les mouches à quinze pas.

Mouchettes (des)

Non.

Tu m’as volé ! tu vas rendre ! — Des mouchettes.

Léonard, id.

Moucheur de chandelle

Militant de l’école d’Onan. — Militant de l’école de Malthus.

Mouchic

Infirme.

Mouchique

Laid, mauvais, sévère. Mouchique à la section, mal noté dans son quartier.

Mouchique

Laid à faire peur. Vient du mot russe mejiks (Argot du peuple). N.

Mouchique à la section

Mal noté dans son quartier. Quartier est synonyme de section, depuis la division des arrondissements en sections pour les votes (Argot du peuple). N.

Mouchoir

Pistolet de poche.

Mouchoir à bœufs

Champ.

Aujourd’hui la belle est une maison à quatre étages, une ferme en Beauce, un mouchoir à bœufs, un moulin !

(Madame de Girardin, Correspondance parisienne.)

Moudre

Faire l’acte vénérien.

Et moulait au moulin de la dame toujours très-bien, sans y faire couler l’eau.

Brantôme.

Et en jouant et passant le temps ensemble commencèrent à moudre fort et ferme.

P. de Larivet.

Moudre un air

Jouer l’orgue de Barbarie.

Moufflanté, merriflauté

Chaudement vêtu.

Moufflet

Enfant.

Moufflet

Enfant.

Moufier

Baiser.

Mouflon

Mouchoir.

Mouillante

Morue.

Mouillante

Morve.

Mouillante

Soupe (Vidocq). — Mouillante : Morue. — On sait que la morue trempe ordinairement dans des baquets d’eau.

Mouillante

Morue. — Soupe, et aussi bouillante, — dans l’ancien argot.

Mouillante

La soupe (Argot du peuple). V. Laffe.

Mouillante, mouise

Soupe.

Mouillé (être)

Être mal noté. — Être signalé à la police.

Mouillé (être)

Être signalé à la police. Être ivre.

Mouiller

Faire l’acte vénérien, — au bout duquel les deux, acteurs se sentent réciproquement inondés de sperme.

La nature entière se âme Sous un baiser mystérieux, Et se mouille comme una femme, Sous le vit dit plus beau des dieux.

(Parnasse satyrique.)

Mouiller

Attraper une punition, — dans l’argot du régiment.

Mouiller (se)

Commencer à se griser. On se mouille, on s’émèche, on se culotte, on se poivre.

Mouillez-vous pour sécher, ou séchez pour mouiller.

(Rabelais, 1. 1.)

Mouiller ses bibelots

Pisser dans son pantalon (Argot du peuple).

Mouiller ses draps

Avoir des pollutions nocturnes ; jouir comme Ixion, d’une nuée qui a le con d’une femme ou la pine d’un homme.

Il n’est que toi, V***, ma toute belle,
Qui seule, hélas ! te chatouillant le sein.
Fais chaque nuit des rêves de pucelle,
Et sans plaisir mouilles ton travertin.

J. Duflot.

Mouiller une femme

Décharger à son profit la provision de sperme que l’on a dans les couilles.

Va… va… va… petit homme…. Ah ! cela vient.. Tu me mouilles... Ah !…

H. Monnier.

Mouisard

Miséreux.

Mouise

Misère.

Mouise

Soupe.

Moukaire

Femme, — de l’espagnol.

Moukalah

Fusil, — de l’arabe.

Moukère (avoir sa)

Être en bonne fortune, — dans l’argot du régiment. C’est une expression d’importation africaine. En arabe, moukère signifie femme.

Moule

Imbécile. C’est un pendant à huître, pris dans le même sens.

Il faudrait être rudement moule pour trouver qu’on vous a fait perdre votre temps.

(Tam-Tam du 16 mai 1880.)

Moule à gaufre

Individu dont le visage a été ravagé par la petite vérole. Allusion au moule employé par les gaufriers (Argot du peuple). N.

Moule à gaufres

Individu grêlé.

Moule à melon

Bossu.

Moule à merde

Le cul, — d’où la merde sort en effet moulée en corde à puits.

D’un moule à merde il fait un moule, à pine,
Et bat le beurre au milieu d’un étron.

(Chanson anonyme moderne.)

Moule à merde

Derrière.

Moule à pastilles, moule à gaufres

Visage marqué de petite vérole, par allusion aux trous des moules à pastilles.

Moule à pets

Homme qui se lâche facilement. Dans le peuple on dit :
— Avec un vent pareil, il va pleuvoir de la merde.
On dit également :
— Si on chante comme ça à ton enterrement, il y aura plus de cochons que de curés (Argot du peuple). N.

Moule de gant

Soufflet. — La main est un moule de gant.

Ne faut pas avoir un air, sans ça j’te repasse un moule de gants qui ne t’en restera pas une dent.

1844, Cat. poissard.

Je lui donnai sur sa face un moule de gant.

Rétif, 1783.

Moule de gant

Soufflet.

Moule de pipe à Gambier

Personne grotesque ; caricature vivante.

Moule de saut

Soufflet. Moule de pipe, tète grotesque.

Moule est cassé (le)

Se dit d’un personnage exceptionnel, inimitable. L. L. Cette expression n’est pas prise dans ce sens parmi le peuple ; elle est employée pour dire d’une femme qui a passé l’âge, qui ne marque plus, qu’elle ne peut plus faire d’enfants : le moule est cassé (Argot du peuple). N.

Moulin

Maison du receleur (meunier).

Moulin

Boutique du receleur. C’est pour cette raison, sans doute, que l’on nomme le receleur, le meunier (Argot des voleurs). N.

Moulin

Boutique de recéleur (argot des plombiers et couvreurs).

Moulin à café

« De temps à autre, on fait une rafle des malheureuses créaturesinscrites sur le livre de la police dite des mœurs, on en fait une cargaison qu’on expédie dans une colonie. Les femmes ainsi dépaysées sont ce qu’on appelle, eu terme de police, passées au moulin à café. »

(Procès de la Lanterne, 27 janv. 1879, plaidoirie de Me Delattre.)

Moulin à café

Mitrailleuse, — dans le jargon des soldats. (L. Larchey)

Moulin à café

Mitrailleuse.

Moulin à café

Le tribunal correctionnel. Allusion à la vitesse avec laquelle les juges expédient les affaires. Les prévenus sont condamnés à la vapeur (Argot du palais). N.

Moulin à m...

La bouche. Personne mal embouchée.

Moulin à merde

Se dit d’une vilaine bouche, — comme de la plus mignonne et la plus rosé.

Si vous croyez baiser une belle petite bouche, avec des dents bien blanches, vous baisez un moulin a merde ; tous les mets les plus délicats : les biscuits, les pâtés, les tourtes, les farcis, les jambons, les perdrix, les faisans, le tout n’est que pour taire de la merde mâchée.

(Lettre de la duchesse d’Orléans à l’Electrice de Hanovre.)

Moulin à merde

Personne mal embouchée.

Moulin à merde

La bouche. En mangeant, elle travaille pour Richer (Argot du peuple).

Moulin à paroles

Femme bavarde qui ne tarit pas, qui parle avec volubilité. Elle broie les paroles comme le moulin, le café (Argot du peuple).

Moulin à vent

Derrière.

Et le monde n’en mange plus que de la mouture de moulin à vent.

(Il Putanismo.)

Moulin à vent

Le derrière. Dans la Chanson du Propriétaire on trouve : Moulin à eau par devant, Moulin à vent par derrière. (Argot du peuple). N.

Moulin à vents

Le derrière.

Moulin, maison du meunier

Recéleur. — Boutique de recéleur.

Moulinage

Bavardage.

Mouliner

Parler beaucoup ; dire des niaiseries.

Mouliner

Bavarder.

Mouloir

Bouche.

Mouloir

Bouche ; dent.

Mouloir

Bouche.

Moulure (faire une)

faire ses nécessités. Variante : Pousser une moulure.

Moumoutte

Les faux cheveux que l’homme dénude se met sur le dessus de la tête pour cacher son calvitie, c’est une moumoutte ou un gazon.

Mouniche

Le sexe d’une femme.

Mounine

Petite fille grimacière, petite espiègle.

Mourir

Arriver, par l’excès de la jouissantes vénérienne, à un état de béatitude — ou plutôt d’hébétement — qui vous enlève aux choses de la terre et vous transporte dans le monde inconnu où l’on ne pense plus, où l’on ne parie plus, où l’on ne remue plus, où l’on nage dans une atmosphère spermatisée.

Vous me voyez, tendre fougère, Avec mon berger chaque jour Mourir dans tes bras de l’Amour.

(Épigrammes.)

Laisse Roger baiser ta gorge ronde
Et Louis se mourir dans tes bras.

J. Duflot.

Mourir (tu t’en ferais) !

Tu ne le voudrais pas. Cela est au-dessus de tes forces. — Expression dont le peuple a abusé comme : de tant d’autres et qu’il mettait : à toutes sauces. — Voulez-vous m’embrasser ? demandait un jeune homme timide à une drôlesse. — Tu t’en ferais mourir. — Voulez-vous m’accompagner jusqu’à la Bastille à pied ? — Tu t’en ferais mourir.

Mouscaille

Gadoue. Excréments.

Mouscaille

La marchandise que l’on abandonne avec satisfaction dans les châlets de nécessité. Mouscailler : faire ses besoins (Argot du peuple).

Mouscaille

Déjections.

Mouscaille (?)

Matière qui sert à faire la poudrette.

Mouscaille ou moustille

Expression littéralement traduite par le mot de Cambronne.

Mouscaille, Mousse

Matière fécale.

Mouscailler

Aller à la garde-robe (Vidocq). — De mousse.

Mouscailler

Se défaire de la matière fécale.

Mouscailler ou filer du proye

Ch…

Mouscailler, ou filer du proye

Ch.

Mouscailleux

Fantassin. On dit aussi pousse-cailloux, mille-pattes, cul-rouge.

Mouscaillier

Ch…

Mouscailloux

Fantassin, pour pousse-cailloux.

Mousquetaire gris

Pou.

Mousquetaire gris

Pou.

Mousquetaire gris

Pou. Allusion à la couleur de cet horrible animal que pourtant certains adorent. Un amateur marchande un pou à un chiffonnier ; il lui offre d’un pou magnifique un prix dérisoire. L’éleveur le remet délicatement dans sa chemise en lui chantant le relrain célèbre : Tu n’en veux pas ! J’l’remets dans ma chemise. Ça n’mange pas il’pain. (Argot du peuple). N.

Moussante

Bière. — Encore un de ces mots qui n’ont pas demandé de grands frais d’imagination.

Moussante

Bière.

Moussante

Bière (Argot du peuple).

Moussante

Bière.

Moussard

Chataignier.

Mousse

M.

Mousse

M...

Mousse

Excrément.

Mousse

Excrément. — On s’injurie fréquemment dans le peuple par ces mots : Vent et mousse pour toi !

Mousse

Vieux mot injurieux, très en vogue aux XVe et XVIe siècles, synonyme de bran et auquel à succédé le fameux « merde » de nos jours, qui semble répondre à toutes les situations tendues.

Mousse pour le guet ; bran pour les sergents.

(Adages français.)

Mousse

Excrément. Mousser, aller à la selle. De la mousse ! Non ! Rien ! Mousserie, latrines.

Mousse

Couteau.

Mousse (faire de la)

Faire des embarras, chercher à briller, faire grand étalage de toilette.

La dite belle se promenait devant ces agents, faisant le plus de mousse possible aux yeux des nobles étrangers.

(Figaro du 28 oct. 1878.)

Mousse (faire de la)

Faire des épates ou des manières, c’est faire de la mousse.

Mousseline

Pain blanc.

Mousseline

Fers de prisonniers. (Larchey.)

Mousseline

Pièce d’argent. — Pain blanc. — Sorte de gâteau de Savoie.

Mousseline

Fers de prisonniers. Pain blanc. Pièce d’argent.

Mousser

Satisfaire ses besoins.

Mousser

Être en colère. — Exagérer. — Faire mousser, exagérer les dualités d’une personne, la valeur d’une chose.

Mousserie

Latrine.

Mousserie

Fosse d’aisance des prisons (Argot des voleurs).

Moussu

Riche, puissant.

Moussue

Chataigne.

Moustique dans la boîte au sel

V. Asticot dans la noisette.

Mout

Beau, — dans le jargon des voyous.

Moutard

Enfant.

Moutard

Enfant.

Moutarde

Excrément. Moutardier, derrière.

Moutarde après dîner

Trop tard, chose inutile, qui n’est pas venue au moment opportun.

Moutardier

Derrière.

Moutardier du pape

Vaniteux.

Moutardier du pape (premier)

Sot orgueilleux.

Moute

Beau.

Mouton

Homme de leur société qu’ils supposent y avoir été mis pour s’associer seulement à la conversation et les dénoncer ensuite. Dans les prisons, la police y met beaucoup de ces gens qui, ayant l’air d’être détenus, causent avec les prisonniers, et finissent par donner des indices très précieux à la police qui les transmets ensuite à la justice.

Mouton

Mouchard.

Mouton

Mouchard.

Mouton

« En prison, le mouton est un mouchard qui parait être sous le poids d’une méchante affaire et dont l’habileté consiste à se faire prendre pour un ami. » — Balzac. — Allusion ironique à la fausse candeur de ces compères. — Moutonner : Dénoncer. V. Coqueur.

Mouton

Matelas.

Mouton

Homme de compagnie d’un prisonnier, et chargé par la police de devenir l’homme de confiance du même prisonnier.

Mouton

Matelas. Prisonnier qui espionne et dénonce son compagnon.

Mouton

Dénonciateur qui vend ses complices. Prisonnier qu’on place dans une cellule avec un autre prévenu pour le moutonner. C’est-à-dire le faire avouer dans la conversation (Argot des voleurs).

Mouton

Matelas. Quand il est plus que plat, on dit : galette (Argot du peuple).

Mouton

Prisonnier qui dénonce ses co-détenus.

Mouton (casserole)

L’homme que l’on met en cellule avec un autre détenu pour avoir ses confidences.

Moutonner

Chercher à arracher un secret.

Moutonner

Espionner.

Mouvante

Bouillie.

Mouvette

Agent de police.

Mouvette

Indicateur qui fournit des indications à la police. C’est généralement un camelot ; il se meut d’un point à un autre, suivant les cas (Argot des voleurs). N.

Mouvette

Indicateur de la police, délateur ; synonyme de casserole.

Mouzu

Téton ou mamelle.

Moyambine

Voir panama.

Muche

Très bon, supérieur. — Jeune homme timide auprès des dames de la rue de Maubeuge.

Muche

Très bon, excellent. Jeune homme timide et réservé avec les femmes.

Muette

Conscience (Vidocq). — Mot inventé pour les hommes qui n’ont pas de conscience.

Muette

Exercice dans lequel, par espièglerie ou par antipathie pour un chef, les élèves de Saint-Cyr ne font pas résonner leurs fusils.

Lorsque vient le tour de commandement d’un gradé ou d’un chef détesté, on convient de lui donner une muette.

De la Barre.

Muette (avoir une puce à la)

Condamné qui a des remords. On dit aussi : jouer à la muette (ne pas parler) (Argot du peuple).

Muette (la)

La conscience.

Muette (la)

La conscience.

Muette (la)

La conscience.

Muette (la)

Conscience.

Muf (faire sauter le)

Faire du café avec le marc de la veille.

Mufe, Mufle

Maçon.

Muffée

Être bien ivre, c’est en avoir une muffée.

Muffée (en avoir une)

S’être empiffré jusqu’à en étouffer. Avoir une soulographie numéro un. Muffée : n’en plus pouvoir (Argot du peuple). N.

Muffle

Imbécile.

Muffle

Mal élevé, grossier. Maçon.

Muffle

Communément, ce sont les maçons qu’on appelle ainsi. La chanson dit :

Tous les muffles que nous connaissons
Ne sont pas à la grève.


En effet, il y a plusieurs genres de muffles :
Tout individu qui se conduit mal avec quelqu’un est un muffle.
Muffle est synonyme de goujat (Argot du peuple).

Mufle

Mal élevé, grossier personnage. Le peuple prononce mufe.

Mufle (pain de)

Pain de quatre livres fendu, pain que consomment généralement les maçons.

Mufle, muffe, feton

Homme mal élevé, grossier. — Allusion au mufle d’un animal. — V. Balancer.

Eh ! dis donc, la belle blonde, tu vas quitter ces deux muffles et t’en venir avec moi.

E. Sue.

Vois-tu, muffeton ? lui disait la dame.

G. de Nerval.

Muflée

Quantité, grand nombre. Une muflée de plats, — dans le jargon des ouvriers.

Mufleman

Mufle ; tournure anglaise donnée à ce mot.

Elle conservait en même temps Alfred, un mufleman de la pire espèce.

(Huysmans, Les Sœurs Vatard.)

Mufleton, Muffeton

Apprenti maçon.

Mulet

s. m Compositeur qui aide dans son travail un metteur en pages surchargé de besogne. Le mulet est en conscience ; son office reçoit encore le nom de fonctions ; il serre et desserre les formes, fait corriger les paquetiers, fait faire les épreuves et descend ou porte les formes aux machines.

Mulet

Artilleur de marine.

Mulet

Diable. (F. Michel.) — Metteur en pages en second dans une imprimerie.

Munitions d’amour

Le fard, les pommades, etc. pour les femmes, et, pour les hommes, de bons vits bien bandants.

Il part : après un mois d’absence,
Il revient avec cent amis,
Jeunes, discrets et bien munis.

Paret.

Murer

Battre, porter des coups. — Je te vas murer.

Murer

Assommer, tuer. Se murer, se battre.

Murer

Frapper quelqu’un c’est le murer.

Mures

Coups.

Muron

Sel.

Muron

Sel. Muronnière : la salière (Argot des voleurs).

Muron

Sel.

Muronner

Saler.

Muronnier

Saunier.

Muronnière

Salière.

Musardine

Drôlesse qui hante les Concerts-Musard, où le miché donne plus qu’ailleurs.

On dit une musardine, comme jadis on disait une lorette.

Albéric Second.

Musardine

Habitué femelle des Concerts-Musards, de 1858 à 1860.

On dit une musardine, comme jadis on disait une lorette.

A. Second.

Musée des claqués

La Morgue, — dans le jargon des voleurs.

Muselé

Propre à rien, maladroit.

Musette

Voir Piper, Couper.

Musette

Petit sac à avoine. C’est l’en-cas des chevaux de fiacre et des chevaux de charroi.

Musette

Petit sac en toile, comme ceux qu’on attache au museau des chevaux.

Musette (couper la)

Empêcher quelqu’un de parler. On dit aussi : lui couper la chique (Argot du peuple).

Musette (fermer sa)

Se taire.

Musette (s’en faire jouer un air)

Expression employée dans les maisons de rendez-vous pour désigner un certain travail très estimé des écoliers (Argot des filles).

Musicien

Dénonciateur. — Allusion au bruit de la musique. V. Coqueur.

Musicien

Dictionnaire, — dans le jargon des voleurs.

Musicien

Délateur. — Joueur qui se répand en plaintes contre le sort.

Musicien

Dictionnaire. Délateur. Haricot.

Musicien

V. Mouton.

Musicien

Voir musique.

Musicien

Détenu qui vend ses complices.

Musiciens

Haricots. — Allusion au bruit des vents qu’ils forment dans les entrailles.

Musiciens

Haricots.

Musiciens

Haricots.

Musique

s. f. Grande quantité de corrections indiquées sur la marge des pages, de telle sorte que l’épreuve a quelque analogie d’aspect avec une page de musique. En un autre sens, groupe de compositeurs qui calent fréquemment par suite de leur incapacité. On dit encore en ce sens la PETITE MUSIQUE.

Musique

Lot de bric-à-brac acheté à l’Hôtel des Ventes. — Petit pain, c’est-à-dire flûte.

Musique

Plaintes, doléances au jeu. — Faire de la musique, se plaindre d’avoir mauvais jeu, d’avoir perdu.

Bisset payait avec des jurements, des trépignements, des grognements, faisait une musique infernale.

(Vast-Ricouard, Le Tripot.)

Petite musique, petit jeu, petite mise au jeu.

Musique

Grande quantité de corrections indiquées sur la marge des pages, de telle sorte que l’épreuve a quelque analogie d’aspect avec une page de musique. (Boutmy.)

Musique

Culot de l’auge des maçons. — Résidu d’un verre, d’un vase quelconque. (A. Delvau)

Musique

Dénonciation. — Passer à la musique, être confronté avec un dénonciateur.

Musique

Lot de bric-à-brac. Gouttures des verres que recueille le marchand de vin. Culot de l’auge des maçons. Ruse. Petit pain. Plaintes, doléances. Dénonciation.

Musique

Dénonciateurs condamnés mis séparément en la prison de la Roquette pour éviter qu’ils se fassent casser les reins.

Musique à tour de bras

Batterie des tambours.

Musique, Petite musique

Groupe de compositeurs d’imprimerie qui calent fréquemment par suite de leur incapacité, — dans le jargon des typographes. Ils se plaignent souvent, ils font ce que vulgairement on appelle « de la musique » ; de là le surnom.

Musiquer

Marquer une carte d’un petit coup d’ongle, d’un signe imperceptible pour les autres, — dans le jargon des grecs.

Mutilés (les)

Soldats des compagnies de discipline, qui y ont été envoyés pour s’être blessés ou coupé un membre, dans le but d’échapper à la conscription.

Mystères

Se dit de toutes les choses de l’amour qui, devant être tenues secrètes, ne son t révélées que par les initiés, aux soupirants après l’initiation de ces choses.

Avec quels transports il me remerciait de l’avoir initié dans de si agréables mystères.

(Mémoires de miss Fanny.)

Tout va bien mieux, comme m’ont assuré
Ceux que l’on tient savants en ce mystère.

La Fontaine.

Quand sur le déclin du mystère
Le galant transporté dit plaisir qu’il ressent.

Grécocet.

Vous demeurez sans voix, sans mouvement,
Loin de me seconder dans l’amoureux mystère.

Piron.





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