Mont-de-piété.
Ma tante
Mont-de-piété.
Mabilien
Élégant qui fréquente le bal Mabille. — Coiffeur, commis de magasin qui danse à Mabile.
Mabilienne
Demoiselle qui va au bal Mabille comme les spéculateurs sur les fonds publics vont à la Bourse.
Les mabiliennes de 1863 se subdivisent en plusieurs catégories : La dinde, la solitaire, la grue.
(Les Mémoires du bal Mabille.)
Mabillarde, Grue mabillarde
Demoiselle qui, au bal Mabille, fait beaucoup de frais de conversation dans l’espoir de séduire un riche étranger, mabilien de passage. — Souvent elle s’aperçoit trop tard, hélas ! que le riche étranger n’est ni riche ni étranger.
Maboul
Imbébile, toqué, — de l’arabe.
Maboul
Un peu fou, timbré.
Mac
Abréviation de maquereau.
Ça m’ fera peut-etre rigoler un brin, de changer d’role, et de mac devenir miché.
Lemercier de Neuville.
Après tout, ce n’est pas si bête
D’avoir fait quatre cents binettes.
D’hommes de lettr’s, de peintr’s et de mac ?
A. Pothey.
Mac
Apocope de maquereau, souteneur de filles ; et mecque avec changement de l’a en e. — De maque, marchand ; d’où maquignon.
Mac
Diminutif de maquereau. Quelques-uns écrivent mec, d’autres mecque. C’est mac qui est le vrai mot (Argot des souteneurs).
Mac
Individu qui vit du produit d’un labeur vaginal.
Mac
Souteneur.
Mac à la mie de pain
Souteneur à qui la marmite donne peu d’argent.
Mac-farlanes
Long pardessus sans manches, avec grand collet tombant sur le devant.
Ils portent des mac-farlanes.
Les Étudiants, 1860.
Mac-Mahon
Les dragons ont donné ce nom à la tête de Méduse qui surmonta leurs casques. — T’as joliment bien astiqué Mac-Mahon, ce matin. — D’autres l’appellent la « République », parce qu’ils se figurent que c’est la tête de la République, (comme si elle avait le don de pétrifier ses ennemis.) — Je m’en vas donner un coup d’astiqué à la République.
Mac-Mahonat
Gouvernement du maréchal de Mac-Mahon, second président de la troisième République française.
Mac-Mahonien
Partisan du gouvernement du maréchal de Mac-Mahon. — Feuille mac-mahonienne, journal dévoué à la politique du maréchal.
Mac, maca
Apocope de macquereau, macquerelle. Maman maca, maîtresse d’une maison de tolérance.
Mac, macque, macchoux
Maquereau. — Maca : Maquerelle. — Macchoux est une corruption du mot maquereau. — Mac et maca sont deux abréviations. — Par un hasard singulier, la première de ces abréviations donne la clef même du mot Au moyen âge, le mot maque signifiait : vente, métier de marchand. V. Roquefort. — De là sont venus maquillon ou maquignon et maquerel ou maquereau. Le maquereau n’est qu’un maquignon de femmes. Pendant tout le moyen âge, on a écrit maquerel ou maqueriau. Ce dix-neuvième siècle a oublié la véritable source du mot qu’il a confondu avec celui du poisson, d’où les synonymes de poisson et de barbillon.
Le métier de mac autrefois n’était guère exercé que par des voleurs et des mouchards... maintenant les prêtresses de Vénus Callipyge ont pour amants des jeunes gens de famille.
1837, Vidocq.
Le macque est le souteneur des filles de la plus basse classe. Presque toujours c’est un repris de justice.
Canler, 1863.
Une vieille maca : Entremetteuse, femme vieillie dans le vice.
1808, Dhautel.
Maca
Maquerelle, entremetteuse, femme vieillie dans le vice.
Maca
Maquerelle, proxénète. — Mère maca, macquecée, maîtresse d’une maison de tolérance. Maca suiffée, riche matrone.
Macabé
Cadavre.
Macabées (case des)
Cimetière. Mot à mot : maison des cadavres. — Le clou des macabées, la Morgue ; c’est-à-dire le Mont-de-Piété des cadavres, l’endroit où l’on met les cadavres en dépôt.
Macabre
s m. Un mort. Ce mot paraît venir de ces danses macabres que les artistes du Moyen Âge peignaient sur les murs des cimetières. La Mort conduisait ces chœurs funèbres. On dit plus souvent MACCHABÉES.
Macabre
Mort. C’est une variante de machabée. — Viens-tu piger les macabres au musée des claqués ?
Macache
Négation — de l’arabe.
Macadam
Vin blanc nouveau de Bergerac. Il présente l’aspect d’une boue liquide et jaunâtre. — Garçon ! deux macadams.
Macadam
Bière noire anglaise, porter.
Macadam
Accoster les hommes. L. L. On voit d’ici les filles faire le macadam qui est la chaussée des boulevards, pour raccrocher sans doute les omnibus, les fiacres et les becs de gaz. Macadam est le nom donné à un vin blanc épais, venant soi-disant de Montbazillac, qui est vendu par les mastroquets au moment des vendanges (Argot du peuple). N.
Macadam
Vin blanc nouveau qui n’a pas fermenté.
Macahée
Souteneur ; c’est un dérivé de mac.
Macahée, Machabée
Cadavre quelconque d’homme ou d’animal. Se disait autrefois plus particulièrement du cadavre d’un homme noyé ou de celui d’un animal.
Ce gros machabée, horrible pendu,
Sur la dalle froide, on vient de l’étendre ;
Il a les contours accrus d’un scaphandre,
Et de ses haillons le mur est tendu.
(Le Pavé, 1879.)
Macaire
Malfaiteur audacieux, spirituellement cynique, affectant en toute occasion les manières d’un homme bien élevé. — Ce type étrange date, comme l’on sait, du drame de l’Auberge des Adrets ; il doit toute sa fortune à Frédérick-Lemaître qui, en créant le rôle de Macaire, a caractérisé pour toujours une classe particulière de criminels.
Ils se croyaient des Macaires et n’ont été que des filous.
Luchet.
Macairien
Usé jusqu’à la corde, complètement déformé ; objet de toilette qui rappelle en partie le costume délabré de Robert-Macaire.
On y voit une troupe de malheureux couverts d’humides et boueux haillons, le chef orné de chapeaux macairiens.
(H. Berlioz, Les Grotesques de la musique.)
Macaron
Dénonciation. — Du vieux mot maque : vente. V. Roquefort. — Un dénonciateur vous vend à la police.
Dans le nez toujours tu auras ma macarons et cabestans.
Vidocq.
Macaroner : Trahir.
Macaron
Huissier. Allusion aux panonceaux qui figurent à la porte des huissiers. — Dénonciateur.
Macaron
Huissier. Dénonciateur.
Macaronage
Trahison.
Macaroner
Découvrir.
Macaroner
Vient de macaron. Macaron dans le peuple veut dire huissier ; dans l’argot des voleurs, il veut dire traître. Il est vrai qu’il n’y a pas grande différence entre les deux. Un voleur est traître en dénonçant ses complices ; un huissier est traître vis-à-vis des malheureux (Argot des voleurs). N.
Macaroni
Corses ou Italiens. Par allusion à leur mets favori.
Macaronnage
Dénonciation d’un camarade.
Macaronner
Agir en traître.
Macaronner
Dénoncer, trahir un camarade, — dans le jargon des voleurs.
Macaronner, Macaroniser (se)
Se sauver, filer, — dans le même jargon ; allusion au macaroni qui, lui aussi, file à sa manière.
Macchabée
Cadavre. Se dit plus parliculièrement d’un noyé que les mariniers retirent de l’eau. Les croque-morts disent aussi du mort qu’ils vont enlever :
— Emballons vivement le macchabée, il fouette à en crever (Argot du peuple). V. Bouffi.
Macchabée
Cadavre, généralement de noyé.
Macédoine
Combustible, en terme de chauffeur de chemin de fer.
Macédoine
Combustible. L. L. Macédoine est une salade composée de toutes sortes de légumes ; on la nomme salade russe. Macédoine est également synonyme d’arlequin (Argot du peuple). N.
Machabé
Cadavre. Celui qui s’est noyé, s’est machabé.
Machabée
« On appelle machabée tout être, homme ou animal, qui est privé de vie, et que l’on rencontre flottant sur un cours d’eau ou échoué sur le rivage. » — Val. Dufour. — Machabée : Juif. — Allusion biblique.
Mâcher (ne pas le)
Parler franchement sans murmurer entre ses dents.
Quand j’ai lieu de vous en vouloir, Ah ! n’ayez pas peur que j’vous l’mâche !
De Longchamps, Ch., 1809.
Mâcher les mots (ne pas)
Dire carrément à quelqu’un ce que l’on pense. Parler grossièrement : ainsi, dans le peuple, quand on dit merde à quelqu’un, on répond : mâche (Argot du peuple). N.
Machicadour
Se dit de quelqu’un ou d’un objet. Synonyme de chose, machin.
Machicoulis
Cachotterie ; subterfuge ; mot familier à mesdames les concierges qui prononcent généralement machecoulis.
Machin
L’homme ou la chose dont on ne peut se rappeler le nom. V. Chose.
M. Mâchin, pardon ! je ne me rappelle jamais votre nom.
H. Monnier, 1840.
Dans la Gabrielle d’E. Aubrier, l’avoué Chabrière prie sa femme de faire « un machin au fromage. »
Machin ou machine
La nature de la femme, le membre viril, — dans le langage des gens pudibon qui n’osent pas appeler les choses par leur nom.
Que mettras-tu dans mon con, en m’enfilant ? Mon machin.
H. Monnier.
Fiez-vous à ma cuisine,
Célibataires blasés,
Pour remonter la machine
Et flatter vos goûts usés.
L. Festeau.
Secrets appas, embonpoint et peau fine,
Fermes tétons et semblables ressorts,
Eurent bientôt fait jouer la machine.
La Fontaine.
Mais finis donc, imbécile !
Sacré nom de Dieu d’gredîn !
Si tu n’me laiss’s pas tranquille,
J’ vas pisser sur ton machin.
(Parnasse satyrique.)
Machine
Œuvre littéraire ou artistique. Grande machine, grand tableau, drame à grand spectacle.
Machine à moulures
Derrière.
Mâchoire
Suranné. — V. Ganache.
L’on arrivait par la filière d’épithètes qui suivent : ci-devant, faux toupet, aile de pigeon, perruque, étrusque, mâchoire, ganache, au dernier degré de la décrépitude, à l’épithète la plus infamante, académicien et membre de l’Institut.
Th. Gautier, 1833.
Vieille Mâchoire : Personne sans capacité, ignorant, sot.
1808, d’Hautel.
Mâchoire (vieille)
Personne à idées arriérées. L’expression étaittrès usitée en 1830, au beau temps de l’École romantique.
Maçon
Pain de quatre livres, — dans le jargon des voyous. — C’est une rareté que de ne pas rencontrer, le matin vers neuf heures, un maçon sans un énorme pain sous le bras.
Macrotage
Métier du souteneur.
Macroter
Faire le métier de souteneur. Macroter une affaire, être l’intermédiaire dans une affaire louche, malpropre, comme un prêt usuraire, une combinaison financière à l’adresse des gogos.
Macrotin
Apprenti maquereau ; voyou qui se fait la main avec les petites gourgandines dont il vide les poches sans le moindre scrupule, en attendant qu’il puisse exercer sur une plus gronde échelle, avec de plus grandes allés.
Oui, c’est un métier commode
Et qui devient à la mode :
Mao, macrotin...
Vive le macrotin !
L. de Neuville.
Macrotin
Apprenti souteneur ; souteneur surnuméraire.
Macrotin
Petit maquereau d’occasion qui glane par-ci par-là quelques sous, en attendant qu’il soit assez fort pour avoir une marmite à lui seul. Le petit macrotin commence généralement à être raton et pégriot (Argot des souteneurs). N.
Macrotin
Jeune souteneur.
Maculature (attraper une)
Se griser, — dans le jargon des ouvriers pressiers.
Madame
Nom que les filles d’un bordel donnent à leur abbesse, pour laquelle elles ont le respect qu’elles n’auront jamais pour la vertu.
Ce sont nos petits bénéfices, à nous, pauvres filles… Madame nous prend tout et ne nous laisse rien.
Lemercier de Neuville.
Madame
Nom que les filles de maison donnent à la maîtresse de l’établissement.
Madame, la grasse et bedonnante Madame.
(E. de Goncourt, La Fille Elisa.)
Madame Canivet
Femme qui fait mettre tout sens dessus dessous dans un magasin de nouveautés et s’en va sans rien acheter.
Madame la Ressource
Revendeuse à la toilette.
Madame la ressource
La marchande à la toilette, la brocanteuse, le mont-de-piété (ma tante), tous ces rongeurs sont madame la Ressource pour les pauvres gens qui vendent ou engagent leurs dernières nippes (Argot du peuple).
Madame la rue (aller voir)
Aller travailler, — dans le jargon des chiffonniers, pour qui la rue est l’atelier.
Madame Manicon
Sobriquet qu’on donnait aux sages-femmes au XVIIIe siècle. (Le Roux, Dict. comique.)
Madeleine (faire suer la)
Faire travailler son argent sur le tapis vert ; avoir de la peine à gagner en trichant, — dans le jargon des grecs.
Mademoiselle du bitume
Péripatétitienne qui foule le bitume du matin au soir. Le bitume, c’est son atelier, sou champ de manœuvres, elle y règne en souveraine, elle l’a conquis à la pointe de ses bottines (Argot du peuple).
Mademoiselle du pont neuf
Fille publique. L’allusion est typique. Comme sur le Pont-neuf tout le monde y passe librement, avec cette différence toutefois que le pont est à péage (Argot du peuple). N.
Madrice
Malice. — Madrin, madrine, malin, maligne. La langue régulière a « madré » dans le même sens.
Madrice
Malice.
Madrice
Finesse. Vient de madré.
— Il a roulé le palpeur, il est rien madrice, le gonce (Argot des voleurs).
Madrice
Ruse, malice.
Magasin de blanc
Bordel — où l’on dépose en effet des quantités considérables de sperme.
Magasin de blanc
Prostibulum.
Magasin de blanc
Maison de tolérance. Il est assez difficile d’expliquer le pourquoi de cette expression ; elle vient sans doute de ce que dans le peuple, tous ceux qui vivent de la femme sont des mangeurs de blanc. La maquerelle est dans ce cas (Argot du peuple). N.
Magnes
Manières, embarras. — Faire des magnes. — As-tu fini tes magnes ?
Magnes
Abréviation de manières. Magne est ici pour façon.
— Ne fais donc pas tant de magnes, il faut y aller carrément.
— Tu fais des magnes ma vieille, ça ne prend pas (Argot du peuple). N.
Magnes
Manières.
Magnes
Manière.
Magneuse, Manieuse, Magnuce
Dévergondée qui éprouve un penchant honteux pour les autres femmes.
Magot
Tabatière en bouleau, tabatière dite « queue de rat », — dans le jargon du peuple.
Magot
Argent économisé. L’ancien magot se mettait — les paysans le mettent encore — dans un vieux bas ; de là, le nom de magot, bourse grotesque.
Maigre (du) !
Silence ! — dans le jargon des voleurs.
On aime une femme, on se sacrifie pour elle, puis il vient un jour où la femme vous dit : Oh ! du maigre ! va t’asseoir sur le bouchon, tu me gênes !
(Huysmans, Les Sœurs Vatard.)
Maigre (du) !
Interjection : Silence !
Maigre comme un cent de clous
Excessivement maigre. Les variantes sont : Maigre comme un coucou, maigre comme un hareng saur.
Mailloche (il est)
Synonyme d’avoir reçu un coup de marteau. On connaît la légende de Martin et Martine, de l’horloge de Cambrai, qui a donné naissance au dicton populaire pour qualifier un être déséquilibré :
— Il a passé à Cambrai, il a reçu un coup de marteau.
Mot à mot : il est timbré (Argot du peuple). N.
Maillocher
Travailler, — dans le jargon des souteneurs, pour qui le travail est la surveillance exercée surleurs maîtresses dans le but de les empêcher de perdre leur temps, parce que le temps c’est de l’argent.
Maillocher
Pour la prostituée, c’est travailler (de son métier) ; pour le souteneur c’est surveiller la marmite qui travaille.
Maillocher
Travailler.
Maillochons
Les pieds. Allusion au bruit que font les pieds en marchant.
— Ils frappent le pavé, ce qui produit des coups de mailloche (Argot des voleurs). N.
Main
La totalité des cartes constituant une partie, soit au baccarat, soit au lansquenet. La main réglementaire est de quatre jeux de cinquante-deux cartes.
Main
Série de coups gagnés, — dans le jargon des joueurs de baccarat et de lansquenet. — Avoir la main, tenir les cartes à son tour. — Prendre la main, prendre les cartes qu’un joueur quitte après un ou plusieurs coups de gain. — Passer sa main, ne pas prendre les cartes à son tour. — Passer la main, passer les cartes après un ou plusieurs coups gagnés. — Brûler la main, jeter au panier les cartes du talon, après avoir gagné, en banque, un certain nombre de coups.
Main chaude (jouer à la)
Être guillotiné. Allusion à la position du patient.
Main experte (avoir la)
Savoir bien branler les hommes, chose difficile, en effet, et pour laquelle toute femme galante doit faire un apprentissage fort long et très minutieux, — manutieux, dirait Commerson.
J’ai les deux mains expertes,
Entrez dans mon boudoir.
A. Montémont.
Main légère (avoir la)
Se dit d’une femme versée dans l’art de la volupté, qui branle un homme avec une telle dextérité qu’il jouit sans savoir à quoi attribuer sa jouissance, à une bouche ou à une main.
Mainesse
Femme.
Mains courantes
Se dit plaisamment pour pieds ou souliers.
Mains courantes
Pieds. Des souliers sont aussi des mains courantes.
Mains croches
On désigne ainsi un voleur.
Mains-courantes
Souliers, — dans le jargon des ouvriers.
Maison (femme de)
Pensionnaire d’une maison autorisée. — Être en maison, appartenir à une maison autorisée, — dans le jargon des filles.
Maison (gens de)
Messieurs et mesdames les domestiques. — Les gens de maison donnent une fois par an un très beau bal à la salle Valentino, ce qui leur procure l’occasion de singer, une fois par an, les belles manières de leurs maîtres.
Maison à gros numéro
C’est le Lupanar des anciens et le Bordel des modernes. Sur le premier étaient peintes les armes parlantes du dieu de Lampsaque — une pine gigantesqus et ses deux agréments. Sur le second est peint un énorme numéro qui engage les passants libertins à y entrer.
C’est l’infecte maison ou l’effroi se promène,
L’auberge dont l’enseigne est un gros numéro.
A. Glatigny.
Maison à partie
Maison de prostitution clandestine où certaines femmes du monde, certaines actrices en renom, vont faire concurrence aux filles des maisons autorisées.
Maison à parties ou de passe
Maison particulière, d’apparence honnête, où les filles libres viennent tirer leurs coups avec les michés qu’elles ont levés en route.
Maison de campagne
Tente du soldat, — par calembour.
Maison de tolérance
Bordel, que non-seulement la préfecture de police tolère, mais encore qu’elle autorise pour la satisfaction des besoins du public célibataire — et surtout marié.
Maison ou l’on est libre
Maison où une fille est libre de recevoir des visites à toute heure du jour et de la nuit sans encourir la moindre observation de la part du concierge, — dans le jargon des coryphées du trottoir.
Maître Jacques ou contrecoup
Contremaître.
Maître-autel
Le mont de Vénus, universel objet d’adoration de la part des fidèles qui y voient resplendir leur Dieu — ou plutôt leur déesse.
Elle est belle, ma Joséphine ! elle a un chouette maître-autel !... un riche tabernacle !...
Tisserand.
Maîtres chanteurs
Individus qui font payer des imbéciles pour acheter leur silence. Il y en a de différentes catégories. Le maître chanteur financier qui fait chanter les sociétés financières. Le maître chanteur qui se sert d’un Jésus pour faire chanter l’homme à passions contre nature. Il y a des maîtres chanteurs dans toutes les classes de la société (Argot du peuple).
Maîtresse
Fille ou femme dont on est le maître, — quand on n’en est pas l’esclave battu, cocu et content ; épouse illégitime à laquelle on est plus fidèle qu’à l’épouse légitime, et qui se moque de vous tout autant que celle-ci ; la femelle du marlou.
Le maître de quelques-unes, c’est leur mari, espérons-le, pour l’honneur de la morale ; le maître d’un plus grand nombre, c’est leur caprice ; le maître de toutes, c’est leur luxe... Quant à l’amant, il n’en saurait être question ici... D’ailleurs, quand une femme a un amant, elle est sa maîtresse : ce n’est donc pas lui qui en est le maître.
H. de Pène.
Pour la femme, soyez bon !
Prouvez-lui votre tendresse !
C’est ce bougre de Léon
Qu’est l’amant de ma maîtresse.
G. Nadaud.
Et moi, nom d’un... quoi que j’ possède ?... Un pantalon, qu’ le commissaire m’a déjà fait dire qu’on voyait c’ que j’portais ; des gilets, j’en manque, j’en ai jamais éva avec toi : des bottes qui r’niflent, quand j’marche pas sûr ses tiges... Et j’ai une maîtresse.
H. Monnier.
Maîtresse de piano
Professeur qui apprend aux cocottes illettrées le moyen de tirer des carottes par correspondance à leurs amants. En fait de musique elle coupe les cors et tire les cartes. Elle procure au besoin (Argot des filles).
Major
« Le chirurgien, le tambour-major, le sergent-major, enfin le gros et inévitable major, sont dénommés indistinctement majors. »
L. Huart.
Major
Chirurgien militaire, — dans le jargon des troupiers.
Major de table d’hôte
Pseudo-militaire retraité dont l’emploi consiste à découper la volaille, dans une table d’hôte, et à tricher au jeu après dîner, quelquefois en attendant le dîner, quand les dupes abondent.
Major de table d’hôte
Escroc, ayant l’apparence d’un militaire retraité, qui pérore aux tables d’hôte et triche aux cartes après le dîner.
Major de table d’hôte
Individu à tout faire, qui est maquereau à l’occasion. Le major a toutes les apparences d’un militaire en retraite ; il porte à la boutonnière une rosette multicolore d’ordres exotiques. Le major de table d’hôte est un rastaquouère de premier ordre (Argot du peuple et des filles).
Majors
Premiers élèves reçus à l’École Polytechnique. — Major de queue, dernier élève reçu à l’École.
Mal (faire)
Faire pitié.
Qu’on vienne baiser son vainqueur — Comme tu me fais mal !
Gavarni.
Mal aux pieds (avoir)
Être chaussé de guêtres de toile. Celles-ci mal ajustées, ont, en effet, l’apparence de linges, de bandages entourant les pieds.
Mal blanchi
Nègre.
Va donc ! mal blanchi, avec ta figure de réglisse.
Bourget.
Mal blanchi
Nègre. Une plaisanterie populaire très usitée consiste à dire à un nègre :
— Si on te conduit chez le commissaire, je ne te vois pas blanc (Argot du peuple). N.
Mal blanchi
Celui qui a la peau noire.
Mal blanchi
Nègre.
Mal donne
Dans un partage, celui qui ne croit pas avoir sa part dit : il y a mal donne, c’est à recommencer.
Mal moulé
Individu difforme.
Mal pour le canal (pas)
Se dit en parlant d’une femme laide, en observant un temps d’arrêt après le mot mal.
Mal rasés
Sapeurs.
Mal uni
Celui qui a le visage marqué de la petite vérole.
Mal-blanchi
Nègre, mulâtre. — Superficiellement guéri de la syphilis.
Mal-nommés
s. m pl. Nom que donnent par dénigrement les ouvriers aux pièces aux ouvriers en conscience.
Mal-sucré
Faux témoin, — dans le jargon des voleurs.
Malade
Arrêté ; inculpé. — Maladie, emprisonnement, — dans le jargon des voleurs.
Malade
Accusé. Emprisonné.
Malade (être)
Être en prison.
Malade du pouce
Fainéant dont la paresse constitue la seule infirmité. — Malade du pouce : Avare.
Il est malade du pouce. Ça empêche les ronds de glisser.
Monselet.
C’est-à-dire : ses doigts ne peuvent se résoudre à laisser échapper la moindre monnaie.
Malade du pouce
Avare. — Paresseux.
Maladie
Emprisonné (Argot des voleurs).
Maladie !
Exclamation des voyous, quand on leur dit quelque chose qui leur déplaît, quand ils ne veulent pas faire quelque chose.
Maladie (la)
C’est celle qui n’a pas besoin de nom — quoiqu’elle en ait un — pour être sue de ceux qui lisent les affiches des Charles-Albert, des Giraudeau de Saint-Gervais, des Ollivier, et autres Fontinaroses modernes. C’est celle que Pline appelait morbus sonticus, et Celse major morbus !
Le soir, ils vont voir des gueuses
Qu’ils baisent dessus leurs lits.
Pour leurs femmes (les malheureuses !)
Ils y donnent la maladie.
Guichardet.
Maladie de neuf mois
Grossesse. — Ce ne sera rien, c’est une maladie de neuf mois.
Maladroits (sonner aux)
« Quand on sonne pour l’exercice à pied, les cavaliers disent qu’on sonne aux maladroits, parce que ce travail n’estimposé qu’aux conscrits. » (Fr. de Reiffenberg, La Vie de garnison.)
Maldine
Collège ; établissement scolaire. C’est-à-dire endroit où l’on dîne mal.
Mâle (le)
L’homme.
Je prèfère en amour une certaine pose :
Le mâle, sur le dos, sous la femme est placé.
L. Protat.
Malheureux (être)
C’est l’état de pauvreté, en français. En typographie, cette expression a une autre signification. Dans une équipe, chacun, à tour de rôle, a son tour de malheureux, la liste en est affichée dans l’atelier de composition. Les malheureux restent après les autres pour corriger, faire les morasses et serrer les formes (Argot d’imprimerie). N.
Malheureux (tour de)
Expression récemment introduite dans les journaux et qui est synonyme de MORASSIER. (V. MORASSE et MORASSIER.)
Malingrer
Souffrir (Vidocq). — Malingre se dit encore pour souffreteux.
Malingrer
Souffrir.
Malingreux
Ceux qui ont de fausses plaies.
Malingreux
Qui a de fausses plaies.
Malingreux
Ceux qui ont de fausses plaies.
Malingreux
Anciens sujets de la Cour des Miracles, chargés d’exhiber de fausses plaies.
Malle (chier dans la)
Faire affront. Mot à mot : chier dans la poche d’autrui.
On se torche à présent de la foi conjugale. Quoi qu’il en soit, Léandre a chié dans ma malle.
Le Rapatriage, parade du dix-huitième siècle.
Malle (grosse)
Prison.
Malle à quatre roues
Fourgon de cavalerie.
Maltaire
Louis d’or.
Maltais
Cabaretier. — Beaucoup de Maltais exercent cette profession en Algérie, d’où vient le terme.
Maltaise
Écu. Pièce de vingt francs.
Maltèses
Écus, — dans l’ancien argot ; en souvenir de la monnaie qui avait cours sur les galères de Malte.
Maltouse
Contrebande. — Mastiquer la maltouse, faire la contrebande.
Maltouse
Contrebande. Maltousier, contrebandier.
Maltouse
Contrebande. Halbert d’Angers dit pasquiner la maltouse. C’est une erreur ; c’est pastiquer, parce que ce mot veut dire passer. Mot à mot, pastiquer la maltouse : passer de la contrebande, faire la fraude sur des objets soumis aux droits de d’octroi (Argot des voleurs).
Maltouse
Contrebande.
Maltouse
Fraude, contrebande.
Maltousier
Contrebandier.
Maltouze
Contrebande. — Maltouzier : Contrebandier.
Maman
Vache, — dans le jargon des bouchers qui appellent « papa » le taureau ; ce qui ne les empêche pas de vendre taureau et vache pour du bœuf.
Maman-maca
Maquerelle qui tient une maison de tolérance. Les pensionnaires appellent la tenancière maman, quand elle est vieille, ce qui est fréquent, elles y joignent le mot maca, abréviation de macaque qui, dans le peuple, signifie vieille guenon (Argot des filles). N.
Mamelles
Les tétons.
O contours veloutés, mamelles féminines !
Cantel.
Hélas ! qui pourrait voir sans rougir des femmes et des jeunes filles entièrement découvertes, étaler sans honte, jusque dans la maison du Seigneur, leurs mamelles toutes nues… Dans le principe du moins, ces mondaines, ont commencé par échancrer le bord et le dehors de leurs habits. Puis, cette échancrure à gagné jusqu’à là chemise, que dis-je ! jusqu’à la chair toute nue. À la fin, elles ont tellement rongé et échancré le derrière et le devant de leurs habits, que les épaules et les tétons en sont demeurés tout-à-fait nus.
(Discours sur la nudité des mamelles.)
Mamours (faire des)
Faire des amitiés, se répandre en câlineries.
Manche
Quête.
Manche
Partie de cartes, — dans le jargon des joueurs.
Manche
Patron. Un mot que le journal le Tam-Tam a lancé dans la circulation et qu’il pourrait bien avoir créé. Le mot lui plaît, car il n’y a pas de numéros où il ne se trouve répété plusieurs fois.
Manche
Quête. — Faire la manche, faire la quête, attraper le public en faisant la quête, — dans le jargon des saltimbanques.
Manche
Partie, au jeu. Mendicité. Quête. La manche, le monde des mendiants. Coup de manche, mendicité à domicile.
Manche
Maladroit. Il est maladroit comme un manche à bastos.
Manche (avoir son)
Être formidablement en colère. Un compositeur typographe qui a de la mauvaise copie (la mienne par exemple) qu’il ne peut lire, a son manche contre l’auteur. Heureusement que ce n’est pas celui du balai. Synonyme d’avoir sa chèvre (Argot d’imprimerie).
Manche (faire la)
« Exercer la mendicité à domicile avec des allures bourgeoises et quelquefois même de grand seigneur, mais de grand seigneur ruiné. » (Paris-Vivant, Le Truqueur, 1858.)
Manche (faire la)
Mendier, quêter. Les voleurs restés en liberté font la manche pour venir en aide à un camarade qui est en prison. Les sœurs de charité font la manche dans les maisons aisées pour soulager les pauvres et les malades des hôpitaux (Argot des voleurs). N.
Manche (la)
Mendicité. Mendier, c’est faire la manche. Faire une quête, une souscription, c’est faire la manche.
Manche (le)
Le vit, que la femme empoigne quand elle désire en être cognée.
Je l’empoignai par le manche et le menai au pied du lit, où je me couchai à la renverse, l’attirant dessus moi : je m’en-cognai moi-même son vit dans mon con jusque aux gardes.
Mililot.
Mais, belles, sachez qu’un beau manche
Réchauffe aussi bien qu’un manchon.
Théophile.
Manche (se mettre du côté du)
Agir avec prudence, se ranger à l’opinion du parti le plus fort, — dans l’argot des politiciens. Le mot est du duc de Morny.
Manche à balai
Hautbois.
Manche à manche
Quand deux adversaires ont perdu chacun une partie, ils sont manche à manche (Argot des voleurs). V. Belle.
Manche de veste
Jambe arquée comme une manche d’habit.
Mosieu Belassis, moi j’ai pas des jambes en manches de veste.
Gavarni.
Mancheur
« L’espèce de truqueur dit mancheur s’introduit, sous divers prétextes, chez les gens riches ou qu’il sait généreux, et tâche de les intéresser à ses malheurs réels ou imaginaires. » (Paris-Vivant, Le Truqueur, 1858.)
Mancheur
« On appelle man-cheurs ceux (les saltimbanques) qui n’ont ni baraque, ni tente en toile, mais simplement la permission, de par le préfet ou le maire, de se tordre les membres, de se casser les reins comme ils l’entendent, dans les carrefours, sur les places, au coin des rues ! Pour bureau de recette, ils ont une soucoupe cassée, un vieux plat d’étain. » (J. Vallès.)
Manchière
Couturière qui fait les manches des robes.
Manchiste
Mendiant (de manchot).
Manchon (avoir des vers dans son)
Avoir le crâne dénudé par place. Allusion aux mites qui font des stries dans les étoffes de laine (Argot du peuple).
Manchon de la femme
Les poils qui constituent sa motte, assez fournie pour tenir lieu de manchon.
Et la tribune de Florence
Au cant choqué montre Vénus
Baignant avec indifférence
Dans son manchon ses doigts menus.
Th. Gautier.
Je n’ prêt’ pas mon manchon
Mignon,
Je n’ prêt’ pas mon manchon.
Laujon.
Mandale
Gifle.
Mandalle
Gifle.
Mandat (déposer son)
Mourir, — dans le jargon parlementaire.
Il paraît que l’honorable M. Mallet du Gard a déposé son mandat. C’est l’euphémisme qu’on emploie à Versailles pour indiquer qu’un représentant du peuple a droit à une oraison funèbre de M. Grévy.
(Figaro du 4 décembre 1878.)
Mandole
Soufflet, — dans l’argot des marbriers de cimetière. (A. Delvau) Jeter une mandole, donner un soufflet.
Mandolet
Pistolet.
Mandolet
Pistolet, — dans le jargon des voleurs.
Mandolet
Pistolet.
Mandolle (en jeter une)
Donner un soufflet à quelqu’un (Argot des voleurs). V. Giroflée à cinq feuilles.
Manette (Mlle)
Malle (Vidocq). — Diminutif de manne : malle d’osier.
Manette (mademoiselle)
Petite malle.
Manezingue
Marchand de vin. On dit aussi mastroquet.
Mange-bénef
Mange bénéfice ; dissipateur.
Mange-merde
Apostrophe voyoucratique ; homme absolument vil et méprisable.
Mangeoire (tourner le c. à la)
Être malade ; manquer d’appétit.
Manger
Faire chanter. Mangeur, maître chanteur (V. Chanter). Faire manger, faire profiter du produit d’une filouterie.
Manger de la chair crue
Faire l’acte vénérien.
Si elles savaient ce que c’était de manger de la chair crue la nuit.
Marguerite de Navarre.
Manger de la vache enragée
Malheureux qui ne mange pas tous les jours.
— Ah ! tu ne veux pas travailler, propre à rien, tu vas foutre le camp, tu mangeras de la vache enragée (Argot du peuple).
Manger de la vache enragée
Ne pas arriver, tout en travaillant beaucoup à ne pouvoir se donner le strict nécessaire.
Manger des briques
Ne rien avoir à manger, c’est bouffer des briques à la sauce cailloux.
Manger du pain et du fromage
Repas de funérailles. C’est une vieille coutume. Quand on enterre un camarade, on mange du pain et du fromage, ou on casse la gueule à un lapin en souvenir du mort (Argot du peuple).
Manger du pain rouge
Vivre d’assassinats.
Manger du pavé
Chercher de l’ouvrage et n’en pas trouver.
Manger l’anguille sans la sauce
Retirer vivement la pine d’un homme au moment où il va décharger, afin de n’avoir pas d’enfants de lui, — la sauce de cette anguille étant fort agréable, mais aussi pleine d’inconvénients.
Prenez donc des précautions !
Sans la sauce mangez l’anguille !
Beau moyen et bien éprouvé :
J’en suis pour un enfant trouvé.
Béranger.
Manger la botte
Faire à une femme une cour assidue sans arriver à un résultat.
Manger la grenouille
Caissier qui mange le contenu de la caisse. Notaire qui vole les fonds qui lui sont confiés. Sergent-major qui lève le pied avec la solde de sa compagnie. Se dit en général de tous ceux qui mangent l’argent qui ne leur appartient pas. Cette expression vient de ce que, en Hollande, les banquiers avaient pour emblème protecteur, sur la serrure de leur coffre-fort, une grenouille en bronze ; lorsque le coffre-fort était fracturé, la grenouille était déplacée. De là, manger la grenouille (Argot du peuple). N.
Manger la soupe à la quéquette
C’est à la suite de cela qu’arrivent les bébés.
Manger la vache enragée
Endurer des privations.
Sans l’illusion, où irions-nous, elle donne la puissance de manger la vache enragée des arts.
Balzac.
Son père dit qu’il veut lui faire manger de la vache enragée.
E. Sue.
Manger le bon dieu
Communier. L’allusion est claire (Argot du peuple).
Manger le fruit d’une femme
Gamahucher une femme, enceinte peut-être.
Prends gardé !… Tu vas manger mon fruit.
Jean du Boys.
Jean, rentrant chez lui, à l’improviste, trouve Pierre, son voisin, la tête entre les cuisses de sa femme, et bien en train de la gamahucher. — Fouchtra ! s’écrie-t-il, cha m’étonne plus, chi je n’ai pas d’enfants ; j’en fais tous les jours, et Pierre me les mange !
Manger le gibier
Dans l’argot des filles, ne pas rapporter intégralement au souteneur l’argent reçu d’un client.
Manger le morceau
Dénoncer.
Manger le morceau
Dénoncer ses complices, ou avouer ses méfaits (Argot des voleurs). V. Mouton.
Manger le morceau
Aveux faits par un voleur qui fait connaître ses complices. Il a mangé le morceau.
Manger le morceau
Dénoncer ses complices.
Manger ou faire sauter la grenouille
Dissiper les fonds dont on est dépositaire. V. Crapaud.
Il a fait sauter la grenouille de la société.
L. Reybaud.
Manger sur
Dénoncer.
François a mangé sur vous.
Canler.
Manger sur l’orgue
Dénoncer ses pratiques ou complices.
Manger sur l’orgue
Charger un complice. Mot à mot : lui mettre ses méfaits sur le dos pour essayer de s’en décharger (Argot des voleurs).
Manger sur l’orgue
Charger un complice.
Manger, manger le morceau
Dénoncer, avouer.
Le morceau tu ne mangeras de crainte de tomber au plan... — Paumé tu ne mangeras dans le taffe du gerbement.
Vidocq.
Manger, manger le morceau, manger sur l’orgue
Dénoncer un complice, révéler un secret.
Manger, Manger le morceau, Manger sur, Manger du lard
Dénoncer un complice, révéler un secret. — Manger dans la main, être très familier, ne pas observer les distances sociales. — Manger de la misère, manger de la prison, subir la misère, la prison. — Manger de la vache enragée, être misérable. — Manger de la merde, être dans le dénûment le plus profond, être abreuvé de souffrances physiques et morales. — Manger sur le pouce, manger à la hâte. — Manger du drap, jouer au billard. — Manger du pavé, chercher en vain de l’ouvrage. — Manger la laine sur le dos de quelqu’un, vivre aux dépens de quelqu’un, le ruiner sans le faire crier. — Manger du pain rouge, dépenser l’argent provenant d’un assassinat. — Manger à tous les râteliers, accepter de tous les côtés, sans scrupules. — Manger le Bon Dieu, communier. — Manger du sucre, être applaudi au théâtre. — Manger le poulet, partager un pot de vin, partager un bénéfice illicite. — Manger le gibier, faire sauter l’anse du panier de la prostitution, — dans le jargon des souteneurs qui n’entendent pas la plaisanterie sur ce chapitre. — Manger le pain hardi, être domestique. — Manger son pain blanc le premier, dépenser sans compter avec la misère à venir. — Manger l’herbe par la racine, être mort depuis longtemps. — Manger ses mots, parler vite et d’une manière incompréhensible. — Manger la consigne, oublier un ordre qu’on vous a donné. — Avoir mangé la bouillie avec un sabre, avoir une très, grande bouehe. — Se manger, se manger le nez, se disputer vivement de très près, se menacer d’en venir aux mains. — Se manger les sangs, s’inquiéter. — Se manger les pouces, s’impatienter.
Mangeur
Celui qui, faisant partie d’une bande, dénonce les autres.
Mangeur
Dissipateur. — Mangeur de galette : Fonctionnaire vénal (Vidocq). — Mangeur de blanc : Homme se faisant entretenir par une femme. V. d’Hautel. — Mangeur de blanche serait plus juste. — Mangeur de bon Dieu, de messes : Dévôt.
Quittez vos tanières, antiques comtesses, mangeuses de mes ses.
Départ de la Cour, Ch., 1830.
Mangeur de blanc
Souteneur de filles, maquereau qui vit du sperme dépensé par les autres hommes, avec de l’argent, au profit de sa maîtresse, etc.
Mangeons du blanc ! Mangeons du blanc !
Ça vaut mieux que manger du flan !
Mangeons du blanc jusqu’à l’aurore,
Et que Phoebus nous trouve encore
Mangeant du blanc !
Lemercier de Neuville.
Je voulais tater du métier de miché, mais je vois que celui de mangeur de blanc est encore le meilleur.
Lemercier de Neuville.
Mangeur de blanc
Souteneur de filles.
Mangeur de blanc
Souteneur.
Mangeur de blanc
Homme qui vit aux dépens des autres, et particulièrement des femmes qui se livrent à la prostitution. L’allusion est suffisamment claire pour se passer d’explication (Argot du peuple).
Mangeur de blanc
Souteneur.
Mangeur de galette
Celui qui bat monnaie au moyen de dénonciations. — Fonctionnaire ami du pot de vin.
Mangeurs de foin
Épithète autrefois donnée aux grenadiers, qui, marchant généralement en tête, s’emparaient pour leur campement de tout le foin et de toute la paille des environs. Quand le gros des troupes arrivait, il ne trouvait plus rien ; les grenadiers avaient mangé le foin.
Mangeuse
Gaspilleuse.
Mangeuse de mande crue
Cette figure dégoûtante, mais très caractéristique, désigne une fille publique qui a une certaine spécialité (Argot des souteneurs).
Manicle
Toute chose gênante, comme les menottes. Frère de la manicle, confrère en vol.
Manicle (frère de la)
Confrère en vol.
Manicon
Surnom que le populaire, donne volontiers aux sages-femmes, — on devine pourquoi.
Manier
Peloter une femme — où un homme.
Mais, Monsieur, vous, baisez mes fesses à tout moment ; vous me maniez partout !
La Popelinière.
On ne peut donc sans scandale manier un peu les breloques du monde ? — Sacrebleu ! quelles breloques ! c’est bien aussi la montre, ma foi.
A. de Nerciat (Les Aphrodites.)
Ma bonne, disait Rosette, il veut toujours me faire manier sa sottise et prendra la mienne.
La Popelinière.
C’est des marlous, n’y prends pas garde ;
Viens, que j’ te magne ton outil.
H. Monnier.
Manière
Se dit du faire particulier aux femmes galantes qui, souvent, ont autant de manières que les plus illustres artistes, — première manière, seconde manière, etc.
Changer de masque, c’est fort mal
Quand on n’est plus dans l’ carnaval,
P’t-être aussi qu’ vous changez d’ manière
Et qu’aux femmes vous voulez plaire ;
Ce s’rait deux bons goûts à la fois.
J’ vous crois fait’ pour en avoir trois.
Béranger.
Manière (1re, 2me, 3me)
Ligne de conduite ou manière de faire son rapport avec l’âge, les progrès, ou les calculs d’un artiste, d’un écrivain, d’un intrigant, etc.
Faustine en était encore au désintéressement, sa première manière, ainsi qu’elle disait elle-même, en empruntant le langage des artistes.
dit M. Amédée Achard, dans ses Petits-Fils de Lovelace, d’une fille qui joue le désintéressement afin de mieux enlacer ses victimes.
Manières
Air d’importance.
Ça fait des manières et ça a dansé dans les chœurs...
Gavarni.
Manigancerie
Petit complot domestique, mauvaise ruse.
Manille
Anneau des forçats.
Manique
Métier, — en terme de compagnon.
Manique
Pratique du métier.
Manival
Charbonnier, — dans l’ancien argot.
Mannequin
Demoiselle de magasin sur le dos de laquelle on essaie les confections, devant les acheteurs, — dans le jargon des marchands de nouveautés.
Mannequin
Cabriolet, voiture à deux roues. — Hotte de chiffonnier. — Mannequin à machabées, corbillard, ou encore mannequin du trimballeur de dégelés, de refroidis, de machabées.
Mannequin
Imbécile. Voiture.
Mannequin (tu n’es qu’un)
Pas grand’chose de bon. Mannequin : individu guindé, habillé à la dernière mode. Mot à mot, qui ressemble à un mannequin exposé à la porte d’un tailleur. Mannequin : hotte de chiffonnier (Argot du peuple).
Mannequin de machabées
Corbillard. Allusion au panier dans lequel est jeté le condamné après l’exécution (Argot des voleurs). V. Omnibus de coni.
Mannequin du trimballeur des refroidis
Corbillard.
Mannesingue, minzinguin
Marchand de vin. — Mot à mot : homme (mann) vendant à boire (zu trinken). On a dit d’abord Mannestringue, puis mannesingue. Minzinguin est un diminutif corrompu. — V. Licher.
Quel est celui-là ? — Un ami, un vrai, un marchand de vin... — Un mannezing ?
G. Bourdin.
Le roi est un bon zigue qui protège les minzinguins.
Cabassol.
Mannezingue
Marchand de vin.
Mannezingue
Marchand de vin.
Manœuvrer du cul
Remuer des fesser quand on est sous l’homme, soit pour l’aider à décharger, soit parce que la jouissance arrache à la femme d’involontaires et lascives torsions de croupe.
Fait l’étroite pour lui, même quand elle est large,
Et manœuvrant du cul, jouit quand il décharge.
L. Protat.
Manque (à la)
Absent, sorti, ! — dans le jargon des ouvriers. — Être à la manque, être absent. — Ne pas être franc ; trahir.
Manque (à la)
À gauche. Mauvais, laid, défectueux. Indiscret. Incertain. Avoir à la manque, ne pas avoir.
Manque (à la)
Mauvais, laid, défectueux. — Tronche à la manque, mauvaise mine, physionomie qui ne dénote rien de bon, — dans le jargon des voleurs, pour qui tous les agents de la police ont des tronches à la manque.
Manquer à ses devoirs
Faire son mari cocu — ce qui est le seul devoir auquel les femmes ne manquent jamais.
Si vous aviez un peu de vertu dans l’âme, vous sentiriez aussi ce qu’il en coûte à une femme bien née pour manquer à ses devoirs et faire un pas comme celui-ci.
La Popelinière.
Manquer de respect à une femme
La violer — de son propre consentement, mais à fond de train, pour se faire pardonner l’irrévérence de cette action.
A l’encontre d’un talon rouge qui avait manqué de respect à une intendante, mais qui n’a pu achever de lui en manquer entièrement.
Collé.
Manquer de voix
Chanter un air à une femme, avec la queue, et s’en tenir là, volontairement ou involontairement. Baiser mollement.
Quand des voix qu’il me dut
Vint l’éclat dont il brille,
Avec moi que de fois
Il a manqué de voix.
Béranger.
Manquesse
Mauvaise note, — dans le jargon des voleurs. — Refiler la manquesse, être mal noté.
Manquiller
Faire.
Manuéliser (se)
Se masturber.
C’est le seul moyen d’être sage au couvent, puisqu’on ne peut l’être sans se clitorlser ou se manuéliser.
Mercier de Compiègne.
Du bon Guillot le vit se raidissait,
Et le poignait si fort concupiscence,
Que dans un voin se manuélisait.
Piron.
Manuelle
Prostituée décrépite qui tend à la débauche une main secourable quoique souvent couverte de gale.
Ces filles vieilles, laides, décrépites et dégoûtantes, appelées pierreuses dans l’administration, qui se désignent sous le nom de manuelles.
(Parent-Duchatelet, De la prostitution.)
Manuscrit belge
s. m. Copie imprimée. On a appelé de ce nom cette sorte de copie peut-être parce que les ouvriers belges, assez nombreux à Paris, ne pouvant autrefois déchiffrer la copie manuscrite, on ne leur donnait à composer que les réimpressions. Aujourd’hui, cette distinction a à peu près disparu. Voici une autre explication de cette expression : en Belgique, il y a trente ans, les imprimeurs ne vivaient que de contrefaçons ; on ne composait donc jamais ou presque jamais chez eux que sur des livres. Voilà pourquoi, sans doute, on a donné le nom de manuscrit belge à toute copie imprimée. L’expression est alors plus fine, plus satirique que dans l’hypothèse précédente ; elle raille spirituellement l’indélicatesse de nos voisins, qui se procuraient de la copie à trop bon marché.
Maqué ou Maccé
La fille publique qui a un amant ou qui en prend un, est maquée : elle a un mac.
Maquecée
Abbesse d’une maison de tolérance. Vient des deux mots : maq, abréviation de maquerelle, et de cé, femme d’argent ; de là maquecée (Argot des souteneurs). N.
Maquecée, maquerelle
Tenancière de maison de tolérance.
Maquereau
Défenseur de beautés faciles qui le payent ; entremetteur.
Le roi fit choix du conseiller Bonneau,
Confident sûr et très bon Tourangeau.
Il eut l’emploi, qui certes n’est pas mince,
Et qu’à la cour où tout se peint en beau,
Nous appelons être l’ami du prince ;
Mais qu’à la ville, et surtout en province,
Les gens grossiers ont nommé maquereau.
Voltaire. (La Pucelle.)
Maquereau
Les uns croient que ce mot vient de l’hébreu machar, qui signifie vendre, parce que c’est le métier de ces sortes de gens de vendre les faveurs des filles. D’autres font dériver cette expression d’aquarius ou d’aquariolas, parce que chez les Romains les porteurs d’eau étaient les intermédiaires de la prostitution, d’où nous avons fait, en ajoutant la lettre M, Maquariolus. et que de là s’est formé le nom de maquereau. D’autres encore affirment que ce mot vient du latin macalarellus, parce que dans les anciennes comédies, à Rome, les proxénètes de la débauche portaient des habits bizarres, et ils étayent leur opinion sur ce que ce nom n’a été donné à l’un de nos poissons de mer que parce qu’il est mélangé de plusieurs couleurs dans le dos (Dessessart, Dictionnaire de police, Bulenger opuscul.) Quoi qu’il en soit, la signification du mot maquereau est de vivre aux dépens de quelqu’un, mais l’expression s’applique plus généralement à ceux qui vivent de la prostitution des femmes. Souteneur, qui vit des filles publiques, ou mari qui laisse sa femme se prostituer, lequel est un maquereau légitime (Argot du peuple).
Maquereau
Celui qui vit aux dépens des autres.
Maquereau
Souteneur.
Maquereau, maquerelle
Souteneur. Proxénète.
Maquereautin
Souteneur qui n’est pas dans l’opulence.
Maquerelle
Grosse dame qui se charge de procurer de l’ouvrage aux petites dames, et qui pousse parfois la complaisance jusqu’à les aller chercher dans leurs famille.
Le troisième privilège des châtrés, c’est qu’ils sont fort renommés en leur fidélité en fait de maquerellage.
(Variétés hist. et litt.)
Tenant par acte misérable
Le maquerellage honorable.
(Cabinet Satyrique)
Tant qu’elle conte sa querelle
A une vieille maquerelle.
Mathéolin
Et puis dites que les moustiers
Ne servent point aux amoureux,
Bonne maquerelle pour eux
Est ombre de dévotion.
Cl. Marot.
Aussi n’épargne-t-il pas les mères qui sont maquerelles de leurs propres filles.
H. Estienne.
Car l’honneur d’une femme souffre beaucoup quand elle est vue avec une maquerelle.
P. de Larivet.
Maquerelle
Maîtresse de maisons de tolérance ou de maisons de rendez-vous, femme qui vit du travail des filles (Argot du peuple), V. Maman-Maca.
Maquerelle
Tenancière d’une maison de tolérance ou de rendez-vous. Une proxénète est aussi une maquerelle.
Maqui
Apocope de maquillage, maquille. Dérivé de masque. — En terme de grecs, le maquillage consiste à marquer les cartes qu’on a intérêt à connaître. Il y a les maquis au coup de pouce, au coup d’ongle, au coup d’épingle, à la mine de plomb, à la pièce et autres, suivant l’inspiration du grec et la tête des dupes.
Maqui
Rouge, fard. Maquillage.
Maqui (mettre du)
Se mettre du rouge.
Maqui (mettre du)
Se mettre du rouge.
Maquignon
Un monsieur qui fait la traite des blanches, — le mango antique.
Maquignon
Trafiqueur ; sophistiqueur.
Maquignonnage
Gredinerie commerciale ; vente à faux poids ; falsification de marchandises ; sophistication.
Maquillage
Tricherie féminine qui consiste à dissimuler, à l’aide de pâtes, de cosmétiques et d’onguents, les ravages que le temps apporte au visage le plus frais.
Celle-ci, une fois entrée, relève la mèche de la lampe posée sur la cheminée, mais pas trop cependant, afin de ne pas trahir son maquillage.
Lemercier de Neuville.
Et ce qui prouve que ce n’est pas là une mode nouvelle, c’est que je trouve dans un poète du XIIIe siècle, Gaultier de Coinsy, les vers suivants :
Telle se fait moult regarder
Par s’en blanchir, par s’en farder,
Que plus est laide et plus est blesme
Que peschiez mortels en caresme.
Maquillage
Le maquillage est une des nécessités de l’art du comédien ; il consiste à peindre son visage pour le faire jeune ou vieux, le plus souvent jeune.
Dans certains théâtres on voit de jeunes aspirantes qui se font des yeux jusqu’aux oreilles et des veines d’azur du corset jusqu’aux tempes ; ce ne sont pas des femmes, ce sont des pastels. Cette première catégorie de grues s’appelle les maquillées.
Joachim Duflot, Dict. des Coulisses.
Maquillage
L’art de peindre et d’orner le visage ; action qui consiste à faire d’une figure humaine un pastel. — Mélange de vins. — Restauration de tableau. — Fraude en tout genre.
Maquillé du pognon
Faire de l’argent.
Maquiller
Travailler, battre.
Maquiller
Travailler, battre.
Maquiller
Arranger quelque chose.
Maquiller
Cameloter, brocantage.
Maquiller
Chicaner, travailler, battre.
Maquiller
Farder. — Même origine que le mot suivant. On sait que les maquignons maquillent à merveille un cheval pour lui donner une meilleure apparence.
Maquiller
Agir, machiner.
C’est par trop longtemps boire ; Il est, vous le savez, heure de maquiller.
Grandval, 1723.
Maquiller un suage : Se charger d’un assassinat. — Maquiller son truc : Faire sa manœuvre. — Maquiller une cambriolle : Dévaliser une chambre. — Maquiller les brèmes : Jouer aux cartes. V. Momir. Ce verbe paraît venir du vieux mot maquillon : maquignon, qui vient lui-même de maque. V. Roquefort et Fr. Michel. — Maquignonner, c’est, en effet, machiner n’importe quoi, pourvu qu’on y gagne.
Maquiller
Faire ; frauder ; farder ; trafiquer. Dérivé de maquignon.
Maquiller
Faire. Frauder. Voler. Farder. Trafiquer. Maquiller la brème, préparer un jeu de cartes pour tricher.
Maquiller
Se farder le visage.
Pour réparer des nuits l’irréparable outrage.
Quand un ouvrage est raté, on le maquille pour le faire accepter.
Maquiller un tableau. Il existe des peintres spéciaux qui font du vieux avec du neuf. Une toile est fabriquée par un rapin quelconque, une signature de maître figure au bas, le maquilleur lui donne l’aspect de la vétusté, et un amateur naïf l’achète.
Il y a comme cela des Velasquez peints à Montmartre (Argot des filles et des peintres). N.
Maquiller
Tripoter, arranger. Celui qui en jouant arrange les cartes, de façon à avoir un beau jeu et gagner, maquille les brêmes.
Maquiller
Farder, déguiser, changer d’aspect, vendre.
Maquiller (se)
Se farder. L’agent de la sûreté se maquille sans se farder ; son maquillage consiste tout simplement à mettre une blouse ou veste d’ouvrier pour se rendre méconnaissable.
Maquiller à la sorgue
Voler la nuit.
Maquiller les brêmes
Jouer aux cartes.
Maquiller les brêmes
Jouer aux cartes.
Maquiller les brêmes
Tromper aux cartes.
Maquilleur
Tricheur. Maquilleuse, tricheuse.
Maquilleur de gayés
Individu chargé par un maquignon de rendre une rosse présentable à la vente. Le maquillage des gayés est souvent pratiqué par le maquignon lui-même. Ce maquillage consiste : pour les chevaux poussifs, à leur administrer, sous le nom de potion, une affreuse drogue qui les guérit... pendant un jour ou deux ; pour les chevaux couronnés, à coller sur leurs genoux des poils de chevaux morts ; pour l’assortiment d’un attelage, dans l’emploi de la teinture. Il y a encore le limage des dents, la taille des oreilles et une foule d’autres supercheries inspirées par les circonstances et l’état de la bête.
Maquilleuse de brêmes
La tireuse de cartes. Il en existe de célèbres dans le monde des filles. Elles font des recettes fructueuses. La maquilleuse de brêmes ne se borne pas à tirer les cartes, elle procure pour les deux sexes. Généralement, c’est une ancienne fille sur le retour qui ne peut plus peloter que le valet de cœur (Argot des filles).
Mar
Désinence arbitraire. V. Rama.
Quant au reste de la langue, on se bornait (en 1830) à retrancher la dernière consonnance pour y substituer la syllabe mar. On disait Épicemar pour épicier, Boulangemar pour boulanger, Cafemar pour café, et ainsi de suite. C’était de l’esprit dans ce temps-là. Il est vrai que nos pères ont tous ri à se tordre en mettant le mot turlurette la fin de chaque couplet de chanson. Que signifiait mar ? Que voulait dire turlurette ? Absolument la même chose. Personne n’a jamais pu le savoir.
Privat d’Anglemont.
Méfie-toi... Le jeune épicemar est très-fort au billard et au piquet.
Champfleury.
Mar
Désinence argotique. Perruquemar, perruquier, policemar, agent de police ; boutiquemar, boutiquier. La plupart des mots de la langue régulière qui n’ont pas d’équivalents en argot, se forment au moyen de la désinence mar, les autres au moyen des désinences much ou mince.
Mar-chef
Maréchal des logis chef, par abréviation ; et jamais abréviation ne fut plus justifiée.
Maraille
Le monde, — dans le jargon des voleurs.
Maraille
Le peuple, le monde.
Marauder
Faire la contrebande des voyageurs ; prendre des voyageurs au détriment d’un client’qui a loué une voiture à la journée, — dans le jargon des cochers de remise.
Maraudeur
Cocher qui racole la pratique, pendant que son bourgeois fait une visite, pendant qu’il est au cercle, au restaurant.
Marbre
C’est, en terme de journaliste, tout paquet composé qui stationne sur la table de fonte d’une imprimerie, en attendant le moment d’être appelé aux honneurs de la mise en page. — Être sur le marbre, attendre l’insertion d’un article composé. — Avoir du marbre, avoir en réserve des faits divers, des articles « des quatre saisons ». C’est, pour un journal, avoir du pain sur la planche. — Il y a toujours sur le marbre un choix d’articles « Variétés » ; — ce sont les en-cas, les bouche-trous réservés pour les jours où la copie manque, pour les jours où les annonces faiblissent. Ordinairement le dimanche on écoule le marbre de la semaine, dans les journaux qui ne laissent rien perdre.
Marbre
Ainsi nommé parce que c’est une table en fonte. Table sur laquelle les typographes alignent les paquets composant les articles. Avoir un article sur le marbre : attendre son tour pour être imprimé. Quand un article reste trop longtemps sur le marbre, il faut le distribuer. Marbre est une ironie pour les pauvres journalistes. Leurs articles refroidissent sur le marbre (Argot d’imprimerie). N.
Marc (un de)
Un verre d’eau-de-vie de marc. — Un marc anisette, un verre d’eau-de-vie de marc et anisette mêlées.
Marcandier
Celui qui a été volé.
Marcandier
Marchand.
Marcandier
Marchand.
Marcandier
Marchand. — On trouve dans Roquefort mercadier. V. Solir, Farre.
Marcandier
Marchand.
Marcandier
Cette expression désigne les marchands, quel que soit leur commerce (Argot des voleurs).
Marcandiers
Ceux qui disent avoir été volés. Marcandier signifie encore un marchand.
Marcanti
Marchand. On désigne ainsi en Algérie les marchands de denrées et liquides qui suivent les colonnes expéditionnaires.
Marcassin
Apprenti peintre d’enseignes.
March-logis
Apocope de maréchal des logis.
Marchand d’eau chaude
Limonadier.
Marchand d’eau de javel
Marchand de vin, — dans le jargon du peuple qui tient, au service des cabaretiers, un assortiment d’expressions dont la force donne une idée de la nature des boissons qu’on lui débite.
Marchand de chiffons du régiment
L’officier d’habillement.
Marchand de lacet
Gendarme.
Marchand de lacets
Gendarme — Il offre aux malfaiteurs des lacets (poucettes) que ceux-ci trouvent toujours trop chers. V. Hussard.
Marchand de marrons
Se dit d’un officier portant mal l’habit civil, — dans l’argot militaire.
Marchand de mort subite
Médecin, — dans le jargon du peuple. Autrefois l’expression ne s’appliquait qu’aux charlatans. Depuis que tant de médecins ont fait concurrence à tant de charlatans, elle s’est étendue jusqu’à ceux-là.
C’était bien sûr le médecin en chef... tous les marchands de mort subite vous ont de ces regards-là.
(E. Zola.)
Dans la bouche des voyous l’expression s’applique encore à tout individu qui, par maladresse, peut occasionner un accident. Ainsi, un mauvais cocher, un charretier imprudent, sont des marchands de mort subite.
Marchand de mort subite
Prévôt d’armes.
Marchand de mort subite
Le maître d’armes et le bourreau. Le maître d’armes apprend à ses élèves les moyens de tuer un homme proprement. Le bourreau coupe la tête du condamné pour lui apprendre à vivre (Argot du peuple). N.
Marchand de puces
Préposé aux lits militaires. Voilà une dénomination dont nous avons bien souvent reconnu là justesse !
Marchand de sommeil
Teneur de chambres et cabinets garnis... de vermine, la plupart du temps ; logeur à la nuit et à la corde. Marchand de soupe. Maître de pension ; homme juste mais sévère qui, sous prétexte d’enseigner le grec et le latin à l’espoir de la France, tient une table d’hôte où fleurissent le haricot, la lentille, la pomme de terre et le chou.
Marchand de sommeil
Logeur. Marchand de soupe, maître de pension.
Marchand de soupe
Maître de pension qui spécule sur la nourriture de ses élèves.
Style universitaire ! Les marchands de soupe doivent être bien fiers.
L. Reybaud.
Marchande de chair humaine
Nom que donnent, entre elles, les filles de maison à la propriétaire de l’établissement. Un philosophe attardé dans un de ces antres entendit un mot bien profond. Comme il s’étonnait devant une des pensionnaires du luxe de la maison :
Et dire que c’est nous qui gagnons tout ça... ! soupira la malheureuse.
Marchandise
La nature de l’homme et celle de la femme, qui, toutes deux, mais la dernière surtout, sont un objet de commerce.
J’ouvre boutique, et faite plus savante,
Vous mets si bien ma marchandise en vente,
Subitement affinant les plus fins,
Qu’en peu de temps fameuseje devins.
J. du Bellay
Je veux une Phillis entre l’haut et le bas,
Qui ne fasse pas trop valoir sa marchandise.
Busset-Rabutin.
Voyons, montre-moi ta marchandise, mon petit couillon chéri.
J. Le Vallois.
Marchandise
Le contenu d’une fosse d’aisances, — dans le jargon des vidangeurs.
Marchands d’hommes
Agent de remplacement militaire, négrier.
D’un marchand d’hommes, je vois l’enseigne.
Léonard, Parodie, 1863.
Détestable anglais ! ajouta le marchand d’homme.
L. Desnoyer.
Marchands de sommeil
Ceux qui tiennent des hôtels garnis.
Marche à terre
Fantassin.
Quand tu étais dans la cavalerie, tu n’étais pas dans les marche à terre.
Vidal, 1833.
Marche de flanc
Repos sur le lit de camp, — dans le jargon des troupiers. — Razzia, maraude, — dans le jargon des soldats du bataillon d’Afrique.
Marche des zouaves
Les soldats se rendant à la visite du docteur, exécutent la marche des zouaves.
Marche oblique
Sonnerie qui appelle les cavaliers punis au corps de garde. Ainsi nommée, parce qu’on ne s’y rend pas le cœur léger, mais d’un air piteux, en rasant les murs, en s’effaçant, obliquement.
Marche oblique individuelle
Ralliement des soldats consignés pour répondre à l’appel. Ils y arrivent isolément, de points divers : des chambrées, de la cantine, quelquefois même d’un café voisin de la caserne. Il faut user de ruse pour rentrer sans être vu, faire maints détours ; de là, marche oblique.
Marche par le flanc (exécuter la)
Dormir, se coucher.
Marche-à-terre
Soldat d’infanterie de ligne.
Marchef
Maréchal des logis chef.
Marcher
v. intr. Être de l’avis de quelqu’un. Je marche, j’approuve.
Marcher
Approuver, être du même avis, — dans le jargon des typographes. — Je marche avec lui, je l’approuve.
Marcher
Consentir, être d’accord. Quant une offre convient, on marche, c’est-à-dire on accepte. Dans le cas contraire on ne marche pas. Marcher avec quelqu’un, faire une affaire avec quelqu’un ou être en communauté d’idées avec lui.
Marcher
Croire une chose invraisemblable ou un mensonge, c’est marcher.
Marcher au pas
Obéir, être mené militairement. Faire marcher quelqu’un au pas, contraindre quelqu’un à l’obéissance, le mener durement.
Marcher dans les souliers d’un mort
Avoir fait un héritage. — Compter sur les souliers d’un mort, compter sur un héritage. Le peuple dit :
Celui qui compte sur les souliers d’un mort, marche longtemps nu-pieds.
Marcher dedans
Mettre les pieds sur une sentinelle. Marcher dans la merde, suivant un dicton populaire, cela porte bonheur. On dit d’un homme heureux en toutes choses, à qui tout réussit :
— C’est pas possible, il a marché dans la merde.
On dit également :
— Il a écrasé un colombin (Argot du peuple), N.
Marcher dessus
Être sur une bonne piste, — dans le jargon des voleurs.
Marcher sur la chrétienté
Marcher pieds nus, marcher avec des souliers qui menacent à chaque instant de quitter les pieds.
Marcher sur le dernier quartier
User le restant de ses souliers. Par dérision, on dit à un homme dont les souliers boivent l’eau du ruisseau :
— Tes pafs sont pochards.
On dit encore :
— Tu vas t’enrhumer, tes rigodons ont un courant d’air (Argot du peuple). N.
Marcher sur sa longe
S’obstiner encore à monter sur les planches malgré que l’âge ait sonné depuis longtemps l’heure de la retraite, — en terme de théâtre. — C’est le défaut de beaucoup de grands acteurs.
Marcher tout seul
Être en état de décomposition, en parlant du fromage. Le fromage qui marche seul est habité par une colonie de ces petits vers blancs si vivaces qui sont loin d’effrayer les amateurs. « Tant pis pour eux », disent-ils. — « Apportez-moi du Roquefort », demande un consommateur au garçon d’un gargjot. — « Appelez-le, monsieur, il marche tout seul. » — Le fromage est une source de plaisanteries à l’usage des personnes qui trouvent beaucoup d’esprit aux commis voyageurs.
Marcher, marcher au pas
Être contraint à obéir.
Empereur Nicolas, Les Français et les Anglais te feront marcher au pas.
Layale, Ch., 1855.
Marcheuse
Femme qui a été fille et qui, ne l’était plus, est chargée de conduire dans les chemins du vice celles qui le sont encore.
Ses fonctions sont d’appeler les passants à voix basse, de les engager à monter dans le bordel où, d’après ses annonces banales, ils doivent trouver un choix exquis de jeunes personnes. Dans, la maison de tolérance de première ligne, il y a ordinairement plusieurs marcheuses dont l’emploi principal est de promener les filles d’amour sur les boulevards et dans les passages.
Marcheuse
« La marcheuse est un rat d’une grande beauté que sa mère, fausse ou vraie, a vendu le jour où elle n’a pu devenir ni premier, ni deuxième, ni troisième sujet de la danse, et où elle a préféré l’état de coryphée à tout autre, par la grande raison qu’après l’emploi de sa jeunesse, elle n’en pouvait pas prendre d’autre. Pour qu’un rat devienne marcheuse, c’est-à-dire figurante de la danse, il faut qu’elle ait eu quelque attachement solide qui l’ait retenu à Paris, un homme riche qu’elle n’aimait pas, un pauvre garçon qu’elle aimait trop. C’est un débris de la fille d’Opéra du dix-huitième siècle. »
Balzac.
Marcheuse
« Un simple bonnet la coiffe ; sa robe est d’une couleur foncée et un tablier blanc complète ce costume. Les fonctions de la marcheuse sont d’appeler les passants à voix basse, de les engager à monter dans la maison qu’elle représente, où, d’après ses annonces banales, ils doivent trouver un choix exquis de jeunes personnes. »
Béraud.
Enfin arrivent les marcheuses... Elles marchent pour les filles demeurant en hôtel garni ; celles-ci n’ont qu’une chaussure et un jupon blanc Faut-il qu’elles exposent dans les boues leur unique habillement, la marcheuse affrontera pour elles les chemins fangeux.
1783, Mercier.
Marcheuse
Dame comparse du corps de ballet, à l’Opéra.
Marcheuse
Racoleuse d’une maison de tolérance.
Fille publique qui fait la porte, c’est-à-dire qui, du seuil des maisons de joie, appelle les passants.
(Paris-Vivant, la Fille, 1858.)
C’est-à-dire la femme stationnant sur le seuil de la porte de la maison de tolérance.
(Béraud, Les Filles publiquês de Paris, t. II, 1839.)
Par ordonnance de police, les marcheuses doivent être âgées d’au moins quarante ans... Est-ce pour inspirer plus de confiance ?
Marcheuse
Dame comparse au théâtre. Racoleuse.
Marcheuse
Belle femme qui figure à l’Opéra, Marcheuse : la femme qui appelait les passants en termes très engageants ; elle détaillait avec complaisance les charmes de la marchandise qui était dans l’intérieur de la maison. La marcheuse était généralement un beefteack à corbeau hors d’âge et de service. Les marcheuses furent supprimées à la porte des maisons de tolérance par arrêté de M. Andrieux, préfet de police, en 1881 (Argot des souteneurs).
Marcheuse
La femme qui fait les cent pas à la porte d’une maison de tolérance où elle est pensionnaire pour y amener des clients, c’est la marcheuse.
Marcheuse
Femme qui fait le trottoir.
Marchfeld
Champ de manœuvre, — dans l’argot de Saint-Cyr.
Marchis
Corruption de maréchal des logis.
Marcouse
Le teneur du jeu de bonneteau fait, en manipulant les trois cartes, une corne à l’une d’elles pour allécher le joueur, puis il décorne cette carte pour en corner une autre que la gagnante, lorsqu’il sait qu’un des parieurs s’en est aperçu : c’est la marcouse ou cornanche.
Marcouse
Carte marquée par le bonneteur.
Mare
Avoir assez d’une chose ou d’une femme, c’est en avoir son mare.
Maré
Signifie : tais-toi, laissez-moi, ça suffit. Cela dépend comment ce mot est employé ; avoir assez d’une chose, c’est en être maré.
Je suis maré du jeu, j’ai joué toute la journée. — Je suis maré de t’entendre récriminer. — Tu ne vas pas en dire davantage, je suis maré de tes observations.
Maré !
Interjection qui signifie : « Assez ! »
Marécageux (œil)
Œil voluptueux, à demi-noyé de langueur.
Mais que tu danses bien la galope, Avec ton œil marécageux.
Chans. populaire.
Marer
Être blasé. Avoir maré, en avoir assez. Marez, assez ! arrêtez !
Margauder
Décrier la marchandise. — Corruption du mot marchander.
Madame trouve moyen de margauder.
La Correctionnelle.
Margot
Femme de peu.
— Tu n’es qu’une sale Margot.
Pourquoi chercher dans Margot le diminutif de Marguerite ?
Toutes les Marguerites ne sont pas de Bourgogne.
Il y en a qu’on aimerait à effeuiller.
On dit aussi Margoton (Argot du peuple). N.
Margot
Femme de mœurs légères.
Margot, goton
« Nom fort injurieux donné à une courtisane, à une femme de mauvaise vie. » — 1808, d’Hautel. — « Nous le tenons. Nous savons où demeure sa margot. » — E. Sue. — On dit aussi sa jacqueline. (V. ce mot). — Dans son Vieux Cordelier, Camille Desmoulins apostrophe ainsi Hébert : « Le banquier Kocke, chez qui toi et ta Jacqueline vous passez les beaux jours de l’été. »
Margot, Margoton
Nom de femme qui est devenu celui de toutes les femmes — devenues filles.
Priape dérogea, Vénus fit la Catin.
Cette contagion infecta les provinces,
Du clerc et du bourgeois passa jusques aux princes.
La plus mauvaise garce eut ses adulateurs,
Et jusqu’à la Margot, tout trouva des fouteurs.
(L’Art priapique.)
Villon sut le premier dans ces siècles grossiers
Débrouiller l’art confus de nos vieux romanciers,
Redonner le mouchoir aux filles de bon ton,
Et laisser la province enfiler Margoton.
(L’Art priapique.)
Nous le tenons : nous savons où demeure sa margot.
Eugène Sue.
J’ai peu d’estime pour l’argot ;
Mais au besoin, je le tolère.
Si je rencontre une margot,
Je la regarde sans colère.
Phil. Dauriac.
Margoulette
Bouche. — Diminutif de marge. Les lèvres forment la marge du palais. Peut être aussi diminutif corrompu du vieux mot gargoule : bouche.
Margoulette
Visage : — Margoulette de travers, mauvaise mine, mine fatiguée. — Déboiter la margoulette, porter des coups au visage.
Margoulette
Visage. La bouche.
Margoulette
La bouche. Il existe en Bourgogne des vases en terre vernissée qui ont un goulot semblable à la bouche. Pour cette raison, on appelle ces vases des goulettes. Mar a tout simplement été ajouté, déformant le mot primitif pour en former un autre qui a le même sens, car les nourrices disent aux enfants :
— Viens que j’embrasse ta petite goulette.
Rincer la margoulette à un ami, c’est lui payer à boire (Argot du peuple). N.
Margoulin
Débitant, dans la langue des commis voyageurs.
Parfois le margoulin est fin matois.
Bourget.
Margoulin
Petit boutiquier, marchand d’objets de peu de valeur. — Mauvais ouvrier, celui qui n’est pas au courant de son métier, — dans le jargon du peuple.
Tonnerre de Dieu ! me voilà devenu voyageur de commerce : je m’en vais donc voir ces margoulins.
(Monsieur Mayeux, voyageur de commerce, dessin.)
Margoulin
Débitant. Mauvais ouvrier.
Margoulin
Débiteur de mauvaises boissons. Marchand de vin qui a une fontaine dans sa cave pour fabriquer le fameux cru de Château la Pompe. Margoulin : méchant ; ouvrier, fainéant, grossier, brutal, qui lève plus souvent le coude qu’un marteau. C’est, dans le peuple, un gros terme de mépris que de dire à un individu :
— Tu n’es qu’un margoulin ! (Argot du peuple). N.
Margoulin
Petit patron, petit industriel.
Margoulinage
État, métier du margoulin.
Margouliner
Vendre des marchandises’de peu de valeur, des marchandises défraîchies. — Faire un tout petit commerce en boutique.
Margoulis
Grabuge, gâchis.
Mari malheureux
Mari, peut-être cossu, — mais à coup sûr, cocu — sans cédille.
Mariage
Collage légitime de l’homme et de la femme, qui a le vit pour trait d’union, plus les enfants qui peuvent résulter dudit collage. Selon Balzac :
Le mariage est une association de mauvaise humeur, pendant le jour, et de mauvaise odeur pendant la nuit.
Mariage
Corde de justice, corde à étrangler, — dans le jargon des cordiers des XVIIe et XVIIIe siècles. C’est cette corde que l’exécuteur des hautes-œuvres appelait « tourtouse ». — Tourtouse par extension si gnifiait encore gibet, potence. (Hurtaut, Dict. des homonymes, 1775.)
Mariage à la détrempe
Mariage à la colle. Quand elle est trop détrempée, le papier ne tient pas. Autrefois, avant l’annexion de la banlieue à Paris, on disait :
— Ils sont mariés au treizième arrondissement.
Parce qu’il n’y en avait que douze.
Aujourd’hui on dit au vingt et unième, parce qu’il n’y en a que vingt (Argot du peuple). N.
Mariage en détrempe
Concubinage, mariage pour rire. — La variante est : Mariage à la parisienne.
Marianne
Prénom de la vraie République des faubourgs, la République coiffée du bonnet phrygien, la République aux « puissantes mamelles » chantée par Barbier. — « C’est la Marianne qui a pris possession de l’Elysée et de nos administrations, et c’est la Marianne qu’adoptent en ce moment toutes nos municipalités. » (Petite République Franc. 24 fév. 1880.) — Ce prénom, si commun chez les femmes du Midi, lui a été donné d’abord dans le Midi comme un hommage et un souvenir, puis adopté par toute la France.
Mariase
Vaurien.
Marida
Mariée.
Marie Jordonne
Petite fille qui, à l’école, aime à commander ses camarades.
Marie salope
Femme sale et sale femme, par allusion aux bateaux dragueurs appelés des maries-salopes.
Marie-couche-toi-là
Femme qui se met sur le dos pour un oui ou un non. Rôdeuse de caserne (Argot des troupiers). N.
Marie-pique-rempart
Femme qui rôde la nuit sur les remparts, aux environs des postes de soldats. On devine ce qu’elle cherche : un gîte et un restant de soupe. Huit ou dix jours plus tard, le troupier sait ce qu’elle a apporté (Argot des troupiers). N.
Marie-sac-au-dos
Femme toujours prête. Allusion aux troupiers qui, quand le quartier est consigné en vue d’un événement quelconque, campent dans la cour de la caserne sac au dos, prêts à partir (Argot des troupiers). V. Rempardeuses. N.
Marine (la)
Première carte à prendre au talon, — dans le jargon des joueurs de bezigue. Je prends pour voir la marine.
Maringotte
Grande voiture de saltimbanque, sorte de maison roulante où naît et meurt le saltimbanque, où il fait la cuisine et l’amour.
Maringotte
Voiture de saltimbanque.
Mariol, Mariolle
Coquin rusé, malin. C’est une variante de marlou.
Mariole
Malin, rusé, roublard. On est mariole ou on le fait. Dans les ateliers, un mariole passe pour un phénix. Mariole doit être pris ici comme synonyme de marlou.
— Tu n’as pas coupé la patte à coco, tu n’es pas si mariole que ça, on pourrait bien te river ton clou.
Il existe une chanson qui dit :
Tant qu’il y aura des pantes.
Les marioles boulotteront.
(Argot du peuple et des souteneurs). N.
Mariole
Malin, roublard.
Mariole, Mariol ou Mariaule
adj. Qui est tout à fait malin, difficile à tromper ; se dit encore d’un ouvrier très capable.
Mariolisme
s. m. Qualité de celui qui est mariole ou ce qu’il fait. Rare.
Mariolle
Malin, rusé.
Mariolle
Malin, roublard.
Mariolle (faire le)
Poser pour le torse ; ne pas frayer avec les camarades.
Marionnette
Soldat. (Fr. Michel.)
Markouse
Carte marquée visiblement par le bonneteur. Mais aussitôt qu’elle a été vue par la dupe, elle est démarquée. Il la devine, mais ce n’est plus la même (Argot des camelots).
Marle
Malin.
Marlou
Individu impropre a rien, un fainéant et un voleur adroit, fin, rusé, malin.
Marlou
Variété de maquereau, d’homme sans préjugés, qui non-seulement consent à recevoir de l’argent des filles galantes, mais encore en exige d’elles le poing sur la gorge et le pied dans le cul.
La plus sublime de ces positions, c’est celle du marlou.
Frédéric Soulié.
C’est des marlous, n’y prends pas garde.
H. Monnier.
Marlou
Souteneur. — Corruption du vieux mot marlier : sacristain. — Les souteneurs étaient de même appelés sacristains au dix-huitième siècle. On en trouve plus d’une preuve dans Rétif de la Bretonne.
Un marlou, c’est un beau jeune homme, fort, solide, sachant tirer la savate, se mettant fort bien, dansant la chahu et le cancan avec élégance, aimable auprès des filles dévouées au culte de Vénus, les soutenant dans les dangers éminents...
Cinquante mille voleurs de plus à Paris, Paris, 1830, in-8.
Par extension, on appelle marlou tout homme peu délicat avec les femmes, et même tout homme qui a mauvais genre.
Cadol.
Marlou
Mauvais drôle, malin. — Souteneur de filles, — dans l’ancien jargon du peuple.
Marlou
Souteneur. Filou. Malin, rusé. Front.
Marlou
Individu qui vit de la prostitution des femmes. Marlou vient du vieux mot marlier, avec un changement de finale (Argot des filles).
Marlou
Malin. Un souteneur c’est aussi un marlou.
Marlou
Souteneur.
Marlou à la mie de pain
Marlou qui ne sait pas faire travailler sa marmite ou qui en a une récalcitrante. Je lis dans les Lamentations d’un souteneur :
Quoi ? C’est éteint... tu r’buttes au flanche.
Y’a pu de trottinage à la clé.
Des dattes pour que tu fass’la planche,
L’anse de la marmite est cassée. (Argot des souteneurs). N.
Marloupin
Jeune marlou qui fait son apprentissage dans les bals publics. On dit aussi goussepin : petit vagabond dont la première étape est la petite Roquette et la dernière souvent, la grande. Goussepin gouspiné : voler (Argot des voleurs).
Marloupin
Jeune marlou.
Marlousier
Maquereau.
Marlousier
Maquereau.
Marlousier
Maq…., souteneur de fille de joie.
Marlousier
Malin, rusé, diminutif de marlou (Argot des souteneurs).
Marlousserie
Fainéantise, paresse, vivotage, volerie.
Marmier
Berger, — dans l’ancien argot.
Marmite
Putain, — la femelle naturelle du maquereau, à qui elle fournit de quoi manger, boire et rigoler avec ou sans elle.
Tu es un crâne fouteur… et… si tu y consens, ce n’est pas toi qui me donneras de la braise, c’est moi qui serai ta marmite.
Lemercier de Neuville.
Marmite
Fille publique nourrissant un souteneur. — Allusion facile à saisir.
Un souteneur sans sa marmite est un ouvrier sans ouvrage.
Canler.
Marmite de terre : Prostituée ne gagnant pas d’argent à son souteneur. — La Marmite de fer gagne un peu plus. — La Marmite de Cuivre rapporte beaucoup. — (Dict. d’argot, 1844.)
Marmite
Maîtresse d’un souteneur. Elle fait bouillir la marmite.
Marmite
C’est ainsi que les dragons appellent leurs casques. — Je récure la marmite pour la revue de demain.
Marmite
Cuirasse.
Marmite
La femme du souteneur. Marmite de terre, qui rapporte peu ; marmite de fer, qui rapporte davantage, marmite de cuivre, qui rapporte beaucoup.
Marmite
D’après M. Lorédan Larchey, c’est une fille publique nourrissant son souteneur. Un souteneur sans sa marmite est un ouvrier sans ouvrage, dit Canler. La marmite de terre est une prostituée qui ne gagne pas de pognon à son souteneur. La marmite de fer commence à être cotée ; elle gagne un peu de galette. La marmite de cuivre, suivant Halbert, c’est une mine d’or. Marmite, d’après Pierre, est une femme qui n’abandonne pas son mari ou son amant en prison et lui porte des secours. Le peuple qui ne cherche ni si haut ni si loin, considère tout tranquillement la femme comme une marmite. Quand elle trompe son mari avec son consentement, elle fait bouillir la marmite. Quand elle fait la noce pour son compte, qu’elle ne rapporte pas, il y a un crêpe sur la marmite (Argot du peuple). N.
Marmite
Fille publique qui nourrit son male et souvent toute sa famille.
Marmite
Prostituée qui a un souteneur.
Marmite à Domange
Voiture de vidange.
Marmite anarchiste
Comme la précédente, celle-là ne rapporte pas ; elle fait sauter — pas les écus, mais les maisons. C’est une marmite qui n’est guère en faveur, car elle fait perdre la tête (Argot du peuple). N.
Marmite de cuivre
Prostituée qui rapporte beaucoup.
Marmite de fer
Prostituée qui rapporte peu.
Marmite de terre
Prostituée qui ne gagne pas d’argent à son souteneur.
Marmite est renversée (la)
Locution dont se servent les bourgeois de Paris qui vont faire un petit extra au restaurant, ou qui, ayant donné congé à leurs bonnes, sont forcés de dîner au restaurant, ou qui contremandent un dîner.
Marmiteux
Souffrant, pleurnicheur. L’épithète de « marmiteux » a été accolée au nom d’un de nos hommes politiques, ancien ministre, sénateur, académicien, orateur disert, mais larmoyant.
Marmiteux
Homme qui a sans cesse la larme à l’œil. Corruption par extension du mot miteux (qui a la cire aux yeux) (Argot du peuple). N.
Marmiton de Domange
Vidangeur.
Marmiton de Domange
Vidangeur. On dit aussi : marmiton de Richer (Argot du peuple).
Marmot (choquer le)
Ne pas voir arriver ce qu’on attend.
Marmotier
Petit Savoyard. Allusion aux marmottes que montrent ces jeunes galopins lorsque le ramonage des cheminées a dit son dernier mot.
Marmotte
Le con, — qui ne dort jamais. — Allusion au poil d’une motte bien garnie.
Un soir, ma sœur me dit : Si nous étions dans le même lit, tu pourrais faire entrer ta petite broquette qui est toujours raide dans la bouche de ma petite marmotte que tu aimes tant.
(Anti-Justine)
Marmotte
Femme, — dans le jargon des souteneurs ; par altération de marmite.
Marmotte
Boîte de placier. Boîte où les commis voyageurs mettent les échantillons.
Marmotte
Madras que les marchandes portent encore sur la tête en guise de coiffure. Marmotte : diminutif de marmite.
— Tu n’es qu’une sale marmotte (Argot du peuple).
Marmotte
Femme qui se prostitue.
Marmouse
Barbe.
Marmouse
Barbe, — dans l’ancien argot.
Marmouse
Barbe.
Marmouset
Pot ou marmite.
Marmouset
Le pot au feu.
— Amène ta morue ce soir, nous boulotterons, mince de bidoche dans le marmouset.
Allusion au bruit que fait l’eau en bouillant : elle marmouse (Argot des voleurs).
Marmouset, Marmyon. Marmite
Pot au feu.
Marner
Travailler.
Marner
Voler.
Il y a des cabrioleuses très habiles qui, feignant une erreur, s’élancent dans les bras du voyageur qu’elles veulent marner : « C’est toi, mon loulou, s’écrient-elles, viens donc que je t’embrasse ! » On prétend que ces donneuses de bonjour sont rarement mises à la porte par le provincial, affriolé par des caresses de haut goût.
Alb. Monnier.
Du vieux mot Marronner : pirater.
Marner
Travailler, — dans le jargon des ouvriers.
Marner
Travailler. Voler. Racoler les hommes au bord des rivières.
Marner
Signifie travailler. Les voleurs disent également marner pour voler, puisque voler est pour eux travailler. Marner est une variété du vol à l’embrassade, à l’exception toutefois qu’il est généralement pratiqué par des femmes (Argot des voleurs).
Marner
Travailler.
Marner
Travailler.
Marner, Faire la marne
Exercer la prostitution le long d’une berge, tout le long, le long de la rivière.
Marneur
Travailleur, ouvrier. Les pauvres marneurs s’échinent pour le patron, à ce qu’ils disent souvent.
Marneuse
Prostituée qui guette sa proie au bord de l’eau, et qui, dans le feu de la conversation, saura lui voler son argent. La marneuse a les allures et le langage d’une domestique dans le malheur.
Marneuses
Filles publiques qui travaillent au bord des rivières. On dit aussi : poniffes et magneuses. Cette dernière expression indique une spécialité (Argot des souteneurs).
Marnière
Fille qui vit de la Prostitution sur les bords de la Marne.
Marnois
Souliers énormes. Synonyme de péniche (Argot des voleurs).
Marnois
Souliers.
Maron
Du sel.
Maron
Du sel.
Maron
Être arrêté avec preuve.
Maron
Sel.
Maron mâl
Pris en flagrand délit.
Marotte (avoir une)
Idée fixe qui varie suivant les tempéraments. Tous les collectionneurs sont des gens à marotte. Marotte est synonyme de dada. Marotte signifie également chanter.
— À toi, la Saucisse, c’est ton tour de marotte (Argot des voleurs). N.
Marottier
Marchand ambulant.
Marottier
Marchand ambulant.
Marottier
Marchand ambulant.
Marpau
Maître. Homme.
Marpaut
Maître, homme.
Marpaut
Homme, maître.
Marpaut
Maître, homme.
Marquant
Homme.
Marquant
Homme.
Marquant
Homme, souteneur.
Marquant
Maître. — Ivrogne. — Souteneur, — dans le jargon des voleurs.
Marquant
Maître. Ivrogne. Souteneur.
Marquant (être)
Annoncer de l’aisance.
Marque
Fille.
Marque
Fille.
Marque
Fille.
Marque
Fille publique.
Marque
Fille publique. Marque de cé, marquecé, femme légitime du voleur. Marque franche, maîtresse du voleur.
Marqué
Mois.
Marqué
Être ridé comme une vieille pomme (Argot du peuple).
Marqué (il est)
Être gravé par la petite vérole (Argot du peuple). V. Poêle à marrons.
Marqué (quart de)
Semaine.
Marqué à la fesse
Homme maniaque, méticuleux, ennuyeux. (A. Delvau)
Marqué au B.
Bigle ; borgne ; boiteux ; bossu, ou bancal. L’expression était courante au XVIIIe siècle ; elle n’a pas cessé d’être populaire.
Marque de cé
Femme légitime de voleur. Femme d’argent (Argot des voleurs).
Marque de cé
Femme de voleur.
Marque de cé, Marquecé
Femme légitime d’un voleur.
Marque de la vaisselle
Le membre viril, — avec lequel nous poinçonnons à notre chiffre le vagin des femmes, qui cependant n’a pas besoin de cela pour être trouvé de bon aloi et pour circuler de main en main.
Marque franche, Marquise
Maîtresse d’un voleur ; par abréviation de remarque. La maîtresse, comme la femme légitime du voleur la marquecé, est ordinairement employée à un travail d’observation ; elle remarque, d’où les mots marquecé et marque franche. M. Francisque Michel fait venir marque de l’ancien espagnol marca, marquida et marquisa, femme publique. Les voleurs ne vont pas chercher aussi loin des étymologies. Marquise, la marquise, est un sobriquet très fréquemment donné à celles des filles de maison qui sont un peu moins communes d’allures et de langage ue leurs compagnes. Beaucoup e voleurs ont pour maîtresses des filles de cette catégorie.
Marque ou Marquet
Mois. Un individu condamné à trois mois de prison est condamné à trois marques ou marquets.
Marqué ou marquets
Mois (Argot des voleurs).
Marque-mal
s. m. Margeur, ou plutôt receveur de feuilles à la machine.
Marque-mal
Receveur de feuilles à la machine, — dans le jargon des typographes.
Marque-mal
Se dit de quelqu’un qui a un vilain aspect (Argot du peuple).
Marque, Marqué
Mois.
Elle tire six marques à Saint-Lazare.
(Canler.)
Marque, marquet
Mois. Quart de marquet, semaine.
Marquer
Avoir l’air riche.
Marquer (bien)
Être bel homme. — Avoir belle prestance, avoir une physionomie qui prévient en votre faveur. — Marquer mal, avoir mauvaise mine, mauvaise façon.
Marquer (ne plus)
Être vieux.
Marquer (ne plus)
Femme qui n’a plus d’échéance à chaque fin de mois (Argot du peuple).
Marquer à la fourchette
Marchand de vin qui majore ses notes. Allusion aux quatre dents de la fourchette ; il fait quatre raies à la fois (Argot du peuple).
Marquer le coup
Trinquer.
Marquer les points
Être troisième dans une partie qui devait être carrée. Assister aux épanchements de deux cœurs amoureux.
Marquet
Mois.
Marquet (un)
Un mois.
Marqueur
« On appelle marqueur, dans le langage des estaminets de Paris, l’individu chargé de faire la partie des habitués, quand ces derniers manquent de partenaires. La plupart donnent des leçons au cachet. » — Montépin. — Appelés ainsi parce qu’ils se chargent de marquer les points.
Marquin
Couvre-chef.
Marquin
Couvre-chef.
Marquin
Couvre-chef.
Marquin
Casquette ; chapeau mou.
Marquis de la bourse plate
Faiseur d’embarras sans le sou, pauvre diable qui cache sa misère.
Marquis de la bourse plate
Homme absolument sans le sou (Argot du peuple). V. Les toiles se touchent.
Marquis de la braguette
Le maître tailleur.
Marquis de la croupière ou du culeron
Le maître sellier.
Marquis du tire-pied
Le maître bottier.
Marquise
Femme.
Marquise
Femme.
Marquise
Femme.
Marquise
Breuvage composé de vin blanc, de sucre, de citron et d’eau de seltz. (L. Larchey)
Marquise
Maîtresse. Saladier de vin blanc.
Marraine
Témoin femelle (Argot des voleurs).
Marré
En avoir assez, s’ennuyer d’être en prison.
— Je vais me marrer pendant cinq berges (Argot des voleurs).
Marron
Individu pris sur le fait.
Marron
Surpris.
Marron
En flagrant délit de vol ou de crime. — Du vieux mot marronner : faire le métier de pirate, de corsaire. V. Roquefort. — Marron serait en ce cas une abréviation du participe marronnant. — Paumer marron, Servir marron : Prendre sur le fait. — V. Servir, Estourbir.
J’ai été paumé marron.
La Correctionnelle.
Marron
s. m. Ouvrier compositeur travaillant pour son propre compte chez un maître imprimeur, qui lui fournit le matériel et auquel il paye tant pour cent sur les étoffes.
Marron
Celui qui exerce illicitement un métier. — Paumer, servir marron, prendre en flagrant délit de vol. — Marron sur le tas, pris en flagrant délit de vol. Marron est une déformation de marry, ancien mot qui veut dire contrit.
Marron
Brochure imprimée clandestinement. — Procès-verbal des chefs de ronde. (A. Delvau)
Marron
Contusion, coup et principalement coup qui marque le visage ; par allusion à la couleur qu’arbore la partie contusionnée. — Coller des marrons, attraper des marrons. La variante est : châtaigne qu’on prononce châtaigne.
Marron
Livre imprimé clandestinement. Rapport des chefs de ronde. Coup au visage. Homme qui exerce illicitement un métier. Paumé marron, pris en flagrant délit de vol.
Marron
Livre imprimé clandestinement (Argot d’imprimerie).
Marron
Recevoir un coup de poing, c’est recevoir un marron.
Marron
Livre imprimé clandestinement.
Marron (pris)
Un individu pris en flagrant délit de vol est pris marron sur le tas.
Marron sculpté
Tête grotesque rappelant celles qu’on sculpte dans des marrons. (L. Larchey)
Marron sculpté
Figure laide ou ridicule.
Marron-male
Le vol sur soi.
Marroniste
Marchand de marrons.
Le marroniste lui-même, s’est logé chez le marchand de vin.
(Balzac, Paris et les Parisiens.)
Marronner
Bouder, murmurer. — C’est, selon d’Hautel, une corruption du mot marmonner : marmotter.
J’peux pas voir ça, moi ! je marronne tout haut.
Cognard, 1831.
Marronner
Mécontent, de mauvaise humeur.
Marronner un grinchissage
Cette expression n’est pas juste, car marronner veut dire en vieux français pirate, et, en même temps, bouder, murmurer entre ses dents. Les voleurs l’emploient pour dire qu’ils ont manqué un vol (Argot des voleurs). N.
Marronner une affaire
Manquer un vol par maladresse.
Marrons
Les testicules.
Tire de sa poche une longue ficelle, lui lie les deux marrons que vous savez.
(Nouvelles de Grassini.)
Dam’ Putiphar, sans médire,
Les aimait, je crois, assez ;
Pourtant Joseph, an doit l’dire,
N’avait que des marrons glacés.
Marrons, marrons,
Bien pleins et bien ronds,
Tout le monde en voudra,
Ils brûl’nt, ces gros-là !
Alphonse.
Marrons
Crottins ; par allusion de forme, — dans le jargon des soldats de cavalerie.
Marseillaise
Pipe courte et poreuse fabriquée à Marseille.
Et tout en parlant ainsi, il chargeait et allumait sa marseillaise.
Luchet.
Marseillaise
Pipe en terre fabriquée à Marseille.
La pipe dite marseillaise a eu longtemps les sympathies exclusives de tous les fumeurs sincères et convaincus.
(Paris-Fumeur.)
Elle est un peu délaissée aujourd’hui ; il paraît que les fumailIons trouvent qu’elle ne culotte pas assez vite. Albert Flocon, l’ancien membre du gouvernement provisoire en 1848, ne fumait que dans des « marseillaises ». Il contribua beaucoup à en propager la mode dans les clubs.
Marsouin
Contrebandier.
Marsouin
Surnom du soldat d’infanterie de marine. Le synonyme est : Gardien de banane.
Marsouins
Sobriquet donné aux soldats de l’infanterie de marine.
Marteau
Fou.
Martin
Eau-de-vie de marc teintée de cassis.
Martin-Rouan
Gendarme.
Martingale (serrer la)
Mener rudement.
Martyr (un)
Un conducteur d’artillerie.
Mascotte
Fétiche au jeu. — Porte-chance. — Autant de joueurs, autant de mascottes. Tantôt c’est un sou troué, tantôt un fragment de n’importe quoi, un bouton, une petite épave de l’amour, une boucle de cheveux. — Un joueur donne à un pauvre, mascotte ; celui-ci refuse l’aumône à un malheureux, mascotte ; cet autre se promène jusqu’à ce qu’il ait rencontré un bossu ou un cheval blanc, mascotte ; ainsi à l’infini. — Il y a quelques années, à Monaco, un petit bossu réalisa d’assez beaux bénéfices rien qu’à faire toucher sa bosse aux joueurs superstitieux. Les prix étaient ainsi fixés : Un simple frottement, cinq francs ; frottement prolongé, dix francs ; droit de stationnement sur la bosse, vingt francs. La saison finie, notre homme regagnait Paris et enlevait son monticule... C’était un faux bossu.
Massacre
Ouvrier qui abîme l’ouvrage.
Massacre
Personne ayant un vilain physique.
Massacre
Marque de la petite vérole.
Massage
Ouvrage.
Massage
Travail, travail fait avec ardeur.
Masse
Travail. Masser, travailler dur.
Massé
Coup de queue de billard porté perpendiculairement à la bille.
Masse complète (avoir la)
Avoir le portemonnaie garni.
Massepain
Ce nom se donne généralement à une sorte de gâteau que l’on vend dans les foires ; il a aujourd’hui une signification bien autrement « fin-de-siècle » ; il sert à désigner la catégorie d’individus qui ont à Paris des salons d’essayages pour dames, avant de les expédier dans les maisons hospitalières de France ou de l’étranger (Argot des souteneurs). N.
Masser
Travailler.
Masser
Travailler.
Masser
Travailler consciencieusement.
Masser
Travailler, peiner ferme. Allusion au cantonnier qui casse avec une masse les cailloux sur les routes. Il n’existe pas de métier plus pénible, il est vrai qu’ils n’en prennent qu’à leur aise, car la sueur des cantonniers n’a pas de prix. Ce n’est sûrement pas eux qui ont créé la fameuse légende, que les riches mangeaient la sueur du peuple (Argot du peuple). N.
Masser
Travailler.
Masser
Travailler.
Masseur
Ouvrier laborieux ; masseuse, ouvrière laborieuse.
Massié
Travailleur, ouvrier.
Mastar
Plomb, — dans le jargon des voleurs. — La faire au mastar, voler du plomb.
Mastaroufleur
Voleur de plomb.
Mastic
s. m. Discours confus et embrouillé. Faire un mastic, c’est s’embrouiller dans les explications que l’on donne ; c’est quelquefois dire le contraire de ce que l’on voulait dire, commencer une phrase et ne pouvoir la terminer.
Mastic
Homme, — dans le jargon des voleurs.
Mastic
Bredouillement, discours diffus et embrouillé, — dans le jargon des typographes ; par allusion au mastic, confusion dans une galée, dans la mise en page. — Faire un mastic, se perdre dans un tas de phrases sans pouvoir arriver à se faire comprendre.
Mastic
Homme. Le pain ou la viande. Affaire embrouillée.
Mastic
Terme usité en imprimerie pour indiquer qu’il y a erreur dans le classement des phrases et des alinéas, ce qui rend l’arlicle tout à fait incompréhensible (Argot d’imprimeur).
Mastic (péter sur le)
Le peintre en bâtiment qui, le lundi, veut flâner, emploie cette expression pour dire qu’il ne veut pas travailler : — Je pête sur le mastic (Argot du peuple). N.
Mastic.
Transposition, confusion dans la mise en page par suite de mauvaise interposition d’une galée, — en terme de typographe.
Mastiquer
Manger ; c’est-à-dire se livrer à la mastication.
Mastiquer
« Cacher ingénieusement les avaries et les voies d’eau d’un soulier, au moyen d’un enduit spécial de graisse noire ou autre drogue équivalente. » (F. Mornand, La Vie de Paris.)
Mastiquer
Manger.
Mastiqueur
Savetier qui mastique des chaussures. Le mastiqueur ne rapiote pas.
Mastoquer
Manger, engraisser.
Mastroquet
Marchand de vins. Mot à mot : l’homme du demi-setier. — Vient de demi-stroc : demi-setier.
Mastroquet
Marchand de vin. Dernière transformation du mot mannezingue. Mann, homme, zinc, par corruption zingue, comptoir (Argot du peuple). V. Bistro.
Mastroquet
Marchand de vin.
Mastroquet
Marchand de vin.
Mastroquet ou Mastroc
s. m. Marchand de vin. Les écrivains de la Semaine des familles affirment que ce mot est dû à M. Louis Veuillot, le célèbre rédacteur en chef de l’Univers.
Mastroquet, bistro
Marchand de vin.
Mastroquet, Mastroc
Marchand de vin ; et troquet, par abréviation. Par corruption pour demi-stroc, mi-stroc, demi-setier. C’est-à-dire le patron du demi-setier.
Masturbation
Pseudonyme honnête de Branlage.
Qu’enfin, tous les soldats sans reproduction,
N’aient plus qu’un seul recours : la masturbation.
Fernand Desnoyers.
Masturber (se)
Se livrer à l’onanisme, aux solitaires.
De mes cinq doigts je fais une pucelle :
Masturbons-nous, c’est le plaisir des dieux.
(Chanson, anonyme moderne.)
Mata
Faiseur d’embarras ; apocope de matador.
Matador
Homme riche ou qui en a les apparences.
— Tu fais le matador, pour : Tu fais rudement tes embarras (Argot du peuple).
Matador
Partie de dominos. Les gros dés : double-six, double-cinq, etc., sont les matadors (Argot du boulevard). N.
Matelas
Tablier de forgeron.
Matelas ambulant
Fille publique.
Matelassée
Femme qui a des seins énormes. Son estomac est matelassé. Quand c’est une fille et qu’elle maigrit, son souteneur lui dit :
— Tu t’débines des matelassés.
Quand une femme est plate comme une limande elle se matelasse en bourrant son corset d’assez de coton pour donner l’illusion. Les femmes fin-de-siècle en portent en caoutchouc qu’elles gontlent chaque matin (Argot des souteneurs).
Matelot
« Tous deux amis et se nommant mutuellement mon matelot : ce qui est le plus grand terme d’affection connu sur le gaillard d’avant. » — Phys. du Matelot, 1843.
Mathurin
Matelot.
Mathurins
Dés à jouer.
Mathurins
Dés à jouer. Dominos. Matelots.
Mathurins
Dés pipés qui servent aux camelots pour voler au 7, au passe-dix et à la consolation (Argot des camelots).
Mathurins
Dés pipés.
Matignon
Messager.
Mâtin, mâtine
Personne déterminée, brusque, peu commode. — Terme emprunté à la race canine.
Kléber, un grand mâtin qu’a descendu la garde, assassiné par un Égyptien.
Balzac.
Ah ! mâtine de Turquie.
Remy, ch., 1854.
Matois
Matin.
Matois (le)
Le matin.
Matou
Le mâle de la femme, cette chatte amoureuse.
Allons, mon gros matou, grimpe-moi d’autor et d’achar !
De Neuville.
Matouas
Matin.
Matricule (user son)
Être sous les drapeaux. Mot a mot : user le numéro matricule attribué à chaque soldat.
Matriculer
Voler, — par ironie, le numéro matricule étant la seule marque de propriété, au régiment.
Maturbes
Dés.
Maturbes
Dés.
Maturbes
Dés à jouer.
Maubeugienne
Femme galante qui habite la rue de Maubeuge, une rue qui compte beaucoup d’hétaïres modernes, comme dirait Joseph Prudhomme.
Maugrée
Directeur de prison.
Maugrée
Directeur de prison.
Mauvais lieu
Endroit où l’on pelote les femmes, même où on les baise, bordel.
Pour amener sa Lucrèce
A souffrir ce petit jeu
Le bonhomme sans finesse,
Met la scène en mauvais tien.
Collé.
Mauvaise (elle est)
Cette histoire n’est pas bonne, cet acte est déplaisant. On dit dans le même sens : Je la trouve mauvaise.
Quant à exiger qu’elles comprennent ce qu’elles disent, n’y pensez pas. — Elles la trouveraient mauvaise.
Les Cocottes, 1864.
Mauvaise (elle est)
La plaisanterie est mauvaise, cela n’est pas de mon goût. Locution mise à la mode en souvenir d’un vaudeville de Lambert-Thiboust et Grangé, Le Guide de l’étranger dans Paris (1860), pièce dans laquelle l’un des personnages s’écrie à chaque instant : « Elle est mauvaise. »
Mauve
Parapluie en coton, — dans le jargon du peuple.
Il avait de l’eau jusque dans les narines et il reniflait, lamentable et grotesque, avec sa mauve en loques.
(Huysmans, Les Sœurs Vatard.)
Mauve
Absinthe.
Mauviette
Croix d’honneur ; bijou honorifique.
Mayeux
Bossu. — Un peu avant 1830, d’innombrables charges, parmi lesquelles on distinguera celles de Traviès, eurent pour objet un bossu du nom de Mayeux : c’est le type d’un homme ridiculement contrefait, vaniteux et libertin, mais brave et spirituel à ses heures. De là son nom donné à tous ceux qu’affligent la même infirmité.
Ici d’affreux petits mayeux.
De Banville.
Mazagran
Café servi dans un verre ; une aberration de buvaillons de café, qui lui enlèvent ainsi sa principale qualité : l’arome. Ce sont les officiers, retour d’Afrique, qui ont importé cette mode.
Mazagran
Café servi dans un verre. Par abréviation on dit un mazag. (Argot du peuple).
Mazagran
Café sans eau-de-vie. Ce mot date de 1840.
Mazaro
Prison militaire qu’il ne faut pas confondre avec la salle de police (our). Dans celle-ci l’homme puni passe seulement la nuit sur une paillasse ; dans l’autre, il reste jour et nuit couché sur la planche.
Mazaro
Prison de la rue du Cherche-Midi ; prison militaire.
Mazaro
Prison militaire du Cherche-Midi.
Mazaro (petit ou grand)
Salle de police ou de prison. Réminiscence du nom de Mazas.
Mazette
Conscrit. — Avorton. Propre à rien.
Mazette
Vieux cheval qui n’obéit ni à la cravache, ni à l’éperon (cavalerie).
Mec
Bon Dieu.
Mec
Bon dieu.
Mec
Souteneur. Individu méprisable.
Mec
(pour meg) Chef, patron, Dieu, le mec plus ultra (Argot des voleurs).
Mec à la colle forte
Gredin redoutable, homme des plus dangereux, — dans le jargon des voleurs.
Mec à la colle forte
Se dit d’un voleur redoutable, par opposition au mec à la mie de pain. Voleur de rien (Argot des voleurs).
Mec à la manque
Méchant homme, — dans le jargon des voyous.
Mec à la redresse
Bon garçon, honnête homme.
L’ignoble gommeux dépravé
Qui séduit un’ fill’ puis la flanque
Avec un goss’ sur le pavé,
C’est un mec à la manque !
Mais l’bougre qui — quand il a r’çu
D’un’ jeunesse des preuv’s de tendresse,
L’épous’ carrément par là d’ssu,
C’est un mec à la r’dresse.
(La Petite Lune, 1879.)
Mec à sonnettes
Homme riche, — dans le jargon des rôdeurs de barrière. En argot, sonnettes signifient « argent », ce qui sonne dans la poche.
Mec ou meg des megs
Dieu.
Mec, Meck, Meg
Maître, monsieur ; de magnus, grand. — Le meg des megs, Dieu, le maître des maîtres. — Mec des gerbiers, bourreau.
Mécanicien
C’est sous le pseudonyme de « mécanicien » que les aides exécuteurs désignent volontiers leur état. (Figaro du 27 avril 1879.)
Mécanicien
Taquin ; mot à mot celui qui mécanise, — dans le jargon des voyous. — M’en parle pas, un mécanicien qui me scie le dos tout le jour.
Mécanique (la)
La guillotine. C’est le nom officiel que lui donnent le bourreau et ses aides.
Mécaniser
Ennuyer. — Mot à mot : réduire à un rôle passif, mécanique.
Malgré qu’ça vous mécanise, Ça vous demande encore crédit.
Chansons, Clermont, 1837.
Et... Canalis regarda fixement Dumay qui se trouva, selon l’expression soldatesque, entièrement mécanisé.
Balzac.
Méchant (pas)
Encore une expression éminemment parisienne, dont la portée est plus grande qu’on ne pense. On dit d’une toilette mesquine, d’un homme inepte, d’un livre sans valeur : Ça n’est pas méchant ; ça ne mord pas ! — comme on dit d’un homme zélé : C’est un féroce.
Achetez un caloquet plus méchant, votre tuyau de poêle n’est pas trop rup.
Lem. de Neuville.
Mèche
Demi-heure.
Mèche
Moitié, demi-heure.
Mèche
Moitié. — À six plombes et mèche : À six heures et demie. V. Momir. — Être de mèche : Être de moitié (Vidocq).
Mèche
Plus, davantage. — Combien avez-vous perdu, au moins vingt francs ? — Et mèche. Par allusion à la mèche d’un fouet.
Mèche
Complicité ; de moitié. Être de mèche, être complice, partager, — dans le jargon des voleurs.
Mèche
Moyen. — Y a-t-il mèche, y a-t-il moyen ? — Il n’y a pas mèche. Beaucoup d’ouvriers, quand ils demandent à un patron s’il a de l’ouvrage à leur donner, disent :
Y a-t-il mèche ?
J’ n’ai plus un rond de c’ que j’avais d’ pécune,
Tu vois, ma fille, n’y a plus mèch’ de lamper.
(Sénéchal, Le Retour de Croquignet, chans.)
Mèche
Plus, davantage. Moyen, possibilité de faire : Y a-t-il mèche ? Intrigue, secret : Découvrir la mèche. Travail : Chercher mèche. Complicité, de moitié : Être de mèche. Signifie aussi un quart d’heure.
Mèche
Les mauvais ouvriers qui voyagent sans cesse demandent mèche dans les ateliers qu’ils rencontrent sur leur route :
— Y a-t-il mèche de travailler ?
Mèche pour moyen (Argot du peuple).
Mèche
Moyen, possibilité.
Y a-t-il mèche d’aller au théâtre a l’œil. — Non, il n’y a pas mèche.
Mèche
Quart, être de moitié.
Mèche
Moyen (pas mèche : pas moyen); de mèche, de connivence.
Mêche
Moitié de quelque chose.
Mèche (demander)
V. Offrir ses services dans une imprimerie.
Mèche (être de)
Être de complicité.
Mèche (il y a mèche, il n’y a pas)
Il y a moyen il n’y a pas le plus petit moyen d’aboutir. Le mot fait image. Quand on a la mèche, on a bientôt fait de tirer la corde à soi.
En termes typographiques, lorsque les ouvriers proposent leurs services au prote de l’imprimerie, ils demandent s’il y a mèche, c’est-à-dire : si on peut les occuper.
1808, d’Hautel.
Mais il te fera pincer. — Pas si bête ! il n’y a pas mèche.
E. Sue.
Méchi
Malheur (id). — Abrév. du vieux mot méchief. V. Roquefort.
Mechillon
Quart.
Mecque
Lui, individu.
Connais-tu ce mecque-là. — Qu’est-ce qu’il nous embête, ce mecque-la.
Médaille
« La jolie voix ! dit Schaunard en faisant chanter les pièces d’or. — Comme c’est joli, ces médailles ! ajouta Rodolphe. » — Murger.
Médailles
Argent.
Médaillon
Derrière (Vidocq). — Allusion de rondeur.
Médaillon
Derrière. — Décrocher le médaillon, donner un fort coup de pied au derrière.
Médaillon
Derrière. Les joueurs de manille appellent ainsi les as, par corruption de manillon, quelques-uns disent le merdaillon (Argot du peuple).
Médecin
Avocat (id). — Ne soigne-t-il pas les malades à l’hôpital ? V. ces deux mots. — De là le mot médecine : bon conseil.
Médecin
Avocat, — dans le jargon des voleurs.
Médecin
Avocat.
Médecin des morts
Ordonnateur des pompes funèbres.
Médecine
Conseil. — Plaidoyer.
Médecine
Plaidoirie. Conseil.
Médecine (une)
Un conseil.
Médeciner
Empoisonner.
Médium
Homme qui prétend servir d’intermédiaire entre ses semblables et certains esprits plus ou moins infernaux. — Ses évocations sont désignées aussi par un adjectif nouveau : médianymique.
Médium
Interprète de l’autre monde. Celui qui se charge de mettre le premier naïf venu en rapport de conversation avec feu M. de Voltaire ou avec tout autre grand homme trépassé. Le médium est le trucheman entre ce monde et l’autre. Il y a des gens qui se font des rentes avec ce métier-là.
Méfiants (les)
Les fantassins, qui combattent le plus souvent sac au dos, et ce, dit-on plaisamment, dans la crainte d’être volés.
Meg
Chef, maître. Meg des gerbiers : un président de tribunal.
Meg
Maître, roi, chef. Meg des megs. Dieu ou préfet de police.
Meg
Homme important.
Meg de la rousse (le grand)
Le préfet de police (Argot des voleurs). V. Dabe des renifleurs.
Meg des Megs
Dieu.
Meg des megs
Dieu.
Meg, mec
Maître. V. Chique. — Du vieux mot Mège : chef, souverain. V. Roquefort, au mot megedux. — Mec des mec : Dieu. V. Rebâtir.
Mégo
Bout de cigare, bout de cigarette.
Des moutards de treize ans fumaient des mégots et salivaient.
(Huysmans, Les Sœurs Vatard.)
Mégot
(?) Bout de cigare ou de cigarette.
Mégot
Bout de cigare que ramasse le mégotier.
Mégot
Bout de cigarette ou cigare fumé.
Meilleure chose du monde (la)
La fouterie, qui est le plaisir des dieux et des déesses, des hommes et des femmes — l’excelsior de toutes les jouissances connues.
Comment, si c’est quelque chose de bon ! C’est la meilleure chose du monde !
Militot.
Mélasse (tomber dans la)
Être sous le coup d’une catastrophe financière ; avoir fait de mauvaises affaires.
Mêlé
Mélange d’eau-de-vie et de cassis, ou moins souvent de toute autre liqueur.
Aimez-vous l’eau-de-vie ? Dame ! on vend ytout du mêlé.
Vadé, 1755.
Coquelin, des verres de mêlé pour ces dames.
1845, Privat d’Anglemont, le Prado.
Mêlé
Mélange d’une liqueur forte et d’une liqueur douce. — Mêlé-cass, eau-de-vie et cassis mêlés, le nectar des déesses du cordon.
Mêlé cass.
Mélange d’eau-de-vie et de cassis que les ouvriers boivent le matin sur le zinc pour tuer le ver. On dit dans le peuple :
— Faire ses dévotions à Notre-Dame de Mélé-Cassis (Argot du peuple). N.
Mêlé-casse
Eau-de-vie mêlée de cassis.
Melet
Petit.
Melet
Petit, petite (Argot des voleurs).
Melette
Petite.
Melon
Niais, élève de première année à l’École de Saint-Cyr.
Vous êtes si melons à Châtellerault.
Labiche.
Qui viennent me brimer, moi, malheureux melon.
Souvenirs de Saint-Cyr.
On dit aussi cantaloup.
Ah ça ! d’où sort-il, ce cantaloup ? Sur quelle couche monsieur son papa l’a-t-il récolté, ce jeune légume ?
Ricard.
Melon
Nouveau venu, élève de première année à l’école de Saint-Cyr.
En ma qualité de melon, j’avais reçu, comme ennemi, un nombre prodigieux de coups de traversin sur la tête.
(Vicomte Richard, Les Femmes des autres.)
Melon
Chapeau rond et bas de forme, à la mode en 1880. Pareil aux phares à éclipse, le melon paraît, disparaît et reparaît, suivant les caprices de la mode.
Melon
Jeune sous-lieutenant de l’école.
Melon
Imbécile. Élève de première année à Saint-Cyr.
Membre (le)
Sous-entendu viril. Le grand outil générateur, que nous faisons travailler comme un cheval et que les femmes adorent comme un dieu.
Jouis-tu, cochon ? Ah ! le beau membre !
Lemercier de Neuville.
On voit, sous les feuilles de vignes
Que leur impose la pudeur,
S’agiter de gros membres dignes
d’admiration — ou d’horreur.
Anonyme.
Monseigneur le vit, ou madame la pine — Outre ces deux noms, ce noble personnage, qui veut chaque jour être fêté, possède plus de prénoms qu’il n’en faudrait pour refaire le calendrier… républicain. Je cite les principaux :
L’acteur, l’affaire, les agréments naturels, l’aiguille, l’aiguillon, l’aiguillette, l’andouille, l’arbalète, l’ardillon, l’aspergès, l’asticot, la baguette, le balancier, le bâton à un bout, le bâton de sucre de pomme, le bâton pastoral, le battant de cloche, la béquille du père Barnaba, le berlingot, la bibite, le bidet, le bijou, le bistouri, la bite, le bogue, le bonhomme, le bouchon, le boudin blanc, le bougeoir, la bougie, le bout de viande, le boute-feu, le boutejoie, la boutique, le boyau, la braguette, le bracquemard, le bras, la briche, la broche, le broque, la burette, le canon à pisser, la carotte, le cas, le carafon d’orgeat, le cavesson, cela, ce qu’on porte, la chair, le chalumeau, le champignon, la chandelle, la chanterelle, la charrue, la chenille, la cheville d’Adam, la cheville ouvrière, le chibre, le chiffe, le Chinois, le chose, le cierge, la cigarette, la clé, le clou, la cognée, le cognoir, le coin, la colonne, le compagnon fidèle, la corde sensible, le cordon de saint François, le cornichon, la couenne, la courte, le criquet, le dard, le dardillon, le degré de longitude, le devant, le doigt du milieu, le doigt qui n’a pas d’ongle, dom ou frère Frappart, le dressoir, le drôle, l’écoutillon, l’engin, l’épée, l’étendard d’amour, le fils, le flacon d’eau-de-vie, le flageolet, la flèche, la flûte à un trou, le fourrier de nature, la gogotte, la grosse corde, le goujon, le goupillon, la guigui, la guiguitte, la haire, le hanneton, l’herbe qui croit dans la main, l’histoire, le honteux, Jacques, la jambe, Jean Jeudi, Jean Chouart, la laboureur de nature, la lance, la lancette, le lard, la lavette, la limace, le machin, le Mahomet, le manche du gigot, la marchandise, le mirliton, le mistigouri, le moineau, le moineau, la navette, le nerf, le nœud, l’obélisque, le onzième doigt, l’os à moelle, l’outil, l’ouvrier de nature, le paf, le panais, le pénis, le pondiloche, le perroquet, la petite flûte, le petit frère, le petit voltigeur, la pierre à casser les œufs, la pierre de touche, le pieu, le pignon, le pis, la pissottière, le poinçon, la pointe, le poireau, la potence, le poupignon, Priape, la quéquette, la queue, le robinet de l’âme, Rubis-Cabochon, la sangsue, saint Agathon, saint Pierre, le salsifis, la sentinelle, la seringue, le sifflet, le sous-préfet, le sucre d’orge, le trépignoir, la triquebille, la troisième jambe, le tube, la verge, la viande crue, etc. etc.
Même (mettre a)
Tromper. V. Emblème. — On dit aussi Faire au même, Refaire au même.
Ménage (faire le)
Mêler les dominos quand la pose est à l’adversaire.
Mendigo
Mendiant.
Mendigo, Mendigoteu
Mendiant. — J’aime pas les mendigos qui pissent des châssis tout le temps : est-ce qu’il y a pas du turbin pour tout le monde ? — Mendigotage, mendicité.
Mendigot
Mendiant. D’un petit mendiant on dit qu’il mendigotte. Mendigot, changement detinale (Argot du peuple).
Mendigot
Mendiant.
Mendigot
Mendiant.
Mendigoter
Mendier, — dans le jargon des voleurs. La variante est : Simonner.
Mendigoter
Mendier.
Mené (une)
Une douzaine.
Menée
Douzaine.
Menée
Douzaine. — Une menée de ronds, une douzaine de sous, — dans le jargon des voleurs.
Menée
Douzaine.
Menée
Une douzaine.
— Nous étions une menée pour ratiboiser le goncier ; pas mèche d’en venir à bout, c’était un rude lapin (Argot des voleurs).
Menée (une)
Une douzaine.
Menée d’avergots
Douzaine d’œufs.
Menée d’avergots
Douzaine d’œufs.
Menée d’avergots
Douzaine d’œufs.
Menée de ronds
Douze sous.
Menée de ronds
Douze sous.
Menée de ronds
Douzaine de sous.
Mener douce et joyeuse (la)
Mener une joyeuse existence.
Eh bien ! mes petits agneaux, il paraît qu’on la mène douce et joyeuse, ici.
(Dumanoir et A. d’Ennery, Les Drames du cabaret.)
Mener en bateau
Faire une promesse à quelqu’un, le faire patienter, aller et venir, sans jamais tenir parole, est le mener en bateau (le faire aller).
Mener pas large (n’en)
Être fort mal à son aise. Mot à mot : serrer les fesses ou n’être pas dans ses petits papiers. Le condamné qui va être exécuté n’en mène pas large (Argot du peuple).
Mener pisser
Pousser quelqu’un à se battre en duel, — dans le jargon des troupiers.
Menesse
Ma femme.
Menesse
Femme.
Menesse
Femelle de l’homme en général — et, en particulier, de l’homme sans préjugés qu’on appelle maquereau.
En ai-je t’y reçu, de l’argent des menesses ! Oh ! là là !…
Lemercier de Neuville.
Menesse
Prostituée, — dans l’ancien argot. — Femme à voleurs. — Gredine à la fleur de l’âge. — Fille de maison, — dans le jargon des troupiers.
Menesse
Femme, maîtresse, catin, — de l’argot parisien.
Menesse
Prostituée. Fille ou femme de voleur.
Menesse
Femme (Argot des souteneurs).
Ménesse
Maîtresse.
Ménesse
Femme, maîtresse (Dict. d’Argot, 1844).
Ménesse
Femme.
Menestre
Soupe.
Ménestre
Soupe, de l’italien ministra.
Meneur, Meneur en bateau
Les voleurs désignent sous ce nom tout accusé qui cherche à égarer l’action de la justice, en l’entraînant sur une fausse piste. C’est un moyèn de gagner du temps.
Menin
Fouteur, — garçon d’honneur qui doit partager vos jeu — et vos joies, Mesdames. — Ce mot vient de l’espagnol menino, jeune page.
La petite comtesse, à côté du prélat, lui serrait de temps en temps la main par-dessous la nappe, pour lui faire comprendre combien elle le préférait pour menin à son peu naturel ami.
(Le Diable au corps.)
Menouille
Argent ; monnaie.
Le samedi, quand on déballe la menouille de la paye sur la table.
(Le Sublime.)
Menouille
Monnaie.
Menouille
Monnaie (Argot du peuple).
Menouille
Monnaie.
Mensonge cotonneux
Tétons d’ouate que les femmes maigres substituent aux tétons de chair qu’elles n’ont pas.
Il dévoilera les mensonges cotonneux de madame.
Théophile Gautier.
Menteuse
Langue.
Menteuse
Langue.
Menteuse
Langue. Les voleurs font souvent acte de diplomatie.
Menteuse
Langue.
Menteuse
Langue. On dit par opposition d’une langue d’animal :
— Allons manger une langue qui n’a jamais menti.
Parce qu’elle ne parle pas (Argot du peuple).
Menteuse
Langue.
Menteuse
Langue.
Menteuse (la)
La langue.
Menton de galoche
Menton qui avance comme celui du classique Polichinelle. On dit de celui ou de celle qui possède un menton semblable qu’il fait carnaval avec son nez (Argot du peuple).
Mentule
Mot purement latin (mentula) signifiant le membre viril.
En tirant sa mentule en l’air, les compissa.
Rabelais.
On voyait une fourbe de filles qui semblait tirer a qui mieux mieux une mentule grosse et longue à proportion.
(Le Synode nocturne des tribades.)
Je n’eusse, hélas ! enduré tant de maux
Comme j’ai fuit, qui or comme animaux
Rongent le frein de ma triste mentule.
(Cabinet satyrique.)
Menuisière
Redingote de l’ouvrier endimanché.
Menzingue
Marchand de vin.
Méquard
Commandant. — Méquer : Commander. — De mec : maître.
Méquard
Maître. — Méquer, commander ; dérivés de mec.
Méquard
Commandant d’une bande de voleurs (Argot des voleurs).
Mer
Décor du fond, au théâtre.
Mercandier
Boucher qui vend de la basse viande, de la camelotte en fait de viande.
Mercandier
Marchand.
Mercanti
Marchand, — dans le jargon des soldats retour d’Afrique.
Merce
Pour merci (Argot des voleurs).
Mercerie (il a plu sur sa)
Ses affaires vont mal, il est sur le point de faire faillite. (Le Roux, Dict. comique.) Peu usitée à Paris, l’expression est encore très répandue dans la Province et principalement en Picardie.
Merde
« Mot ignoble et grossier dont le bas peuple se sert dans un sens négatif. » — d’Hautel, 1808. — V. Cambronne. — Merde : Homme mou, sans consistance. — Merde alors ! Exclamation destinée à peindre une situation critique, un accident funeste. Elle peut se traduire ainsi : Alors, voici le moment de crier merde.
Merde
Le fond de la langue française parlée par le peuple des faubourgs qui a toujours ce mot plein la bouche.
Merde
Exclamation qui sert à désigner le nec plus ultra de l’indignation ou de la colère, ou du découragement. (Voir les Misérables de V. Hugo.)
Merde
Personne faible de caractère.
Merde
A bout d’argument, dans le peuple, on dit :
— Merde, est-ce français ?
C’est-à-dire : Me comprends-tu ?
Ce à quoi on répond :
— Goûtes tes paroles.
— Tu peux te retourner et te mettre à table.
— S’il pleuvait de la merde et que chacun en ait suivant son grade, t’en aurais un rude paquet, car tu es le colonel des imbéciles (Argot du peuple). N.
Merde (avoir chié les trois quarts de sa)
Être vieux et usé, avoir perdu à jamais la santé, être très malade. — Eh ! dis donc, ma vieille, comme t’es décatil on dirait que t’as chié les trois quarts de ta merde.
Merde (ça ne vaut pas une)
Ça ne vaut rien du tout ; c’est au-dessous de tout ce qu’on peut imaginer. — Au Salon, combien de tableaux ne valent pas une merde !
Merde (faire sa)
Se montrer hautain, faire le fendant, prendre de grands airs.
Merde (peint avec de la)
Mal peint, mauvaise application des couleurs, — dans le jargon des peintres. — Je ne sais pas où diable il va chercher ses couleurs, cet animal-là, c’est peint avec de la merde.
Merde (se fondre en)
Faire de fréquentes visites aux lieux d’aisances, avoir le dévoiement. — dans le jargon du peuple. — Ben sur que si ça continue, je vas me fondre en merde.
Merde de chien (c’est delà)
C’est exécrable, très mauvais.
Merdeux
« Terme injurieux qui se dit d’un poltron, d’un fat sans esprit. » — 1808, d’Hautel. — « Bâton merdeux : Homme qui brusque tous ceux qui s’adressent à lui. » — Id.
Mère à tous
Vieille courtisane, — dans le jargon des filles.
Mère abbesse
Maîtresse d’un couvent de s’offre-à-tous : — Maquerelle.
Sortez vite et rentrez souvent,
Le jour baisse,
Servez votre abbesse ;
Mes filles, malgré pluie ou vent,
En avant, pour l’honneur du couvent.
Béranger.
Mère au bleu
La guillotine. Les voleurs veulent faire croire que c’est le chemin du ciel. A. D. Pas du tout, c’est parce que le condamné n’y voit que du bleu (Argot des voleurs).
Mère d’actrice
Vieille femme que louent les jeunes femmes de théâtre pour éloigner d’elles les galants — qui ne sont pas assez riches.
Mère d’occase
Pseudo-mère d’actrice. Mère de fille galante qui fait la cuisine, cire les bottes et débat les prix.
Mère d’occasion
Les mendiantes louent à des industriels du quartier Mouffetard des petits enfants qu’elles traînent dans les rues pour exciter la charité publique. Ces enfants changent chaque jour de mère ; de là mère d’occasion ou de rencontre (Argot du peuple). N.
Merifflauté
Chaudement vêtu.
Meringue (en)
En décomposition.
Merlan
« Sobriquet donné à un perruquier à cause de la poudre qui couvre ordinairement ses habits. » — d’Hautel, 1808. — « La Peyronie est chef de perruquiers qu’on appelle merlans parce qu’ils sont blancs. » — Journal de Barbier, 1744.
Merlan
Surnom donné autrefois à celui qui s’appelle aujourd’hui « artiste en cheveux ».
Merlan
Perruquier.
Merlan
Coiffeur perruquier. Quand le perruquier met de la poudre de riz à son client, il l’enfarine comme le merlan avant d’être mis dans la poêle à frire (Argot du peuple).
Merlan
Perruquier, coiffeur.
Merlan
Coiffeur.
Merlan (rouler des yeux de merlan frit)
Homme langoureux et timide qui, n’osant adresser la parole à une femme, la regarde en roulant des yeux (Argot du peuple). N.
Merlan frit (yeux de)
Jeu de prunelles qui entrent en pâmoison et montrent le blanc des yeux.
Merlifiche
Saltimbanque. Vagabond.
Merlin
Jambe, — dans le jargon des charpentiers.
Merlousier
Malin ; rusé ; pour marlou, — dans l’ancien argot. Merlousière, fine commère.
Méruché
Poêle.
Méruchon
Poêlon.
Mesiere
Monsieur.
Mésière
Un provincial, une victime.
Mess
Le mess est un cercle militaire avec une réfection spécialement affectée aux officiers d’un même régiment.
Anatole, le garçon du mess, venait d’apporter la bougie et les cigares.
(Vicomte Richard, Les Femmes des autres.)
Mess
Agent de la sûreté. Abréviation de Messieu pour « monsieur ». Un de ces mess me lâche de la filature, un agent de la brigade de sûreté me suit.
Mess (ces)
Agents des mœurs ainsi nommes par les filles publiques.
Débinons-nous, voila ces mess.
Messaline (Valérie)
Impératrice romaine, deuxième femme de Claude. Célèbre par son impudicité et ses étonnantes débauches : la plus fameuse putain de son temps. Après avoir souillé la couche impériale, en y recevant des amants de toutes les conditions, elle osa, du vivant de son époux, épouser publiquement Silius, jeune homme qu’elle aimait éperdûment. Claude, à cette nouvelle, la fit mettre à mort avec tous ses complices, l’an 48 de J.-C. Juvénal, dans ses Satires, s’exprime ainsi, au sujet de cette grande impure :
Quand de Claude assoupi la nuit ferme les yeux,
D’un obscur vêtement sa femme enveloppée,
Seule, avec une esclave, et dans l’ombre échappée,
Préfère à ce palais tout plein de ses dieux,
Des plus viles Phrynés le repaire odieux.
Pour y mieux avilir le nom qu’elle profane,
Elle emprunte à dessein un nom de courtisane :
Son nom est Lisisca ; ces exécrables murs,
La lampe suspendue à ces dômes obscurs,
Des plus affreux plaisirs la trace encor récente,
Rien ne peut réprimer l’ardeur qui la tourmente.
Un lit dur et grossier charme plus ses regards
Que l’oreiller de pourpre où dorment les Césars.
Tous ceux que dans cet antre appelle la nuit sombre,
Du regard les invite et n’en craint pas te nombre.
Son sein nu, haletant, qu’attache un réseau d’or,
Les défie, en triomphe, et les defie encor.
C’est là que, dévouée à d’infâmes caresses,
Des muletiers de Rome épuisant les tendresses,
Noble Britannicus, sur un lit effronté,
Elle étale à leurs yeux les flancs qui t’ont porté.
L’aurore enfin paraît, et sa mine adultère
Des faveurs de la nuit réclame le salaire.
Elle quitte à regret ces immondes parvis,
Ses sens sont fatigués et non pas assouvis.
Elle rentre au palais, hideuse, êchevelée.
Elle rentre, et l’odeur autour d’elle exhalée
Va, sous le dais sacré du lit des empereurs,
Révéler de la nuit les lubriques fureurs.
Messe (être à la)
Arriver en retard à l’atelier, — dans l’argot des ouvriers.
Messe (être à la)
Quand un ouvrier arrive à l’atelier cinq minutes après la cloche, la porte est fermée, il perd un tiers ou une demie journée ; il va pendant ce temps boire des canons sur le zinc, l’autel des pochards ; le mastroquet officie. De là, aller à la messe (Argot du peuple).
Messe (fesser la)
Dire la messe au galop, — dans le jargon des vieilles dévotes.
Messe du diable
Interrogatoire, — dans le jargon des voleurs.
Messe du diable
Interrogatoire du juge.
Messière
Monsieur. Dupe, victime. La messière, la police.
Messière, Mézière
Dupe, imbécile. — Victime. Messière franc, bourgeois. — Messière de la haute, homme riche ou homme qui paraît riche.
Messières
Victimes. Cet mot est très vieux ; il a été employé par Eugène Sue, à propos du personnage du Maître d’école, à qui la Chouette dit :
— Ma vieille fourline, attention, v’la les messières (Argot des voleurs).
Métal
Argent.
Et t’as pas de métal.
Ricard.
Métier
Habileté d’exécution.
Vois toutes ces esquisses : il y a de la main, du métier ; mais où est la conception, où est l’idée ?
L. Reybaud.
Métier (le)
L’acte vénérien.
Cousin, c’est pardieu la plus belle
Et qui entend mieux le métier,
Que femme qui soit au quartier.
J. Grevin.
Le métier d’amour en effet
Est une assez plaisante affaire ;
Ce métier-là plus on te fait,
Et moins on est propre à le faire.
Daceilly.
Et dans, cet amoureux métier,
De maître il devient écolier.
Parny.
Métier d’enfer (avoir un)
Être très habile dans son métier, — en style d’artiste.
Mettre (le)
Introduire son membre dans la nature d’une femme.
Réveille-toi, petite gueuse ; je veux te le mettre encore une fois au moins.
La Popelinière.
Notre héros se forma vite..,
Le mit-il, ou le lui mit-on ?
N’y eut pas d’affront.
Al. Pothey
Adam voulut le mettre :
Eve le sentit mettre.
Viens, bande-à-l’aise,
Vite, mets-le-moi.
Collé.
Mettre à l’ombre
Aller en prison. En effet, on ne craint pas l’ardeur du soleil (Argot du peuple).
Mettre à l’ombre
Mettre en prison ou à la salle de police.
Mettre à quelqu’un (le)
Tromper quelqu’un, mystifier quelqu’un.
Mettre à table (se)
Trahir, dénoncer, — dans le jargon des voleurs.
Mettre à table (se)
Dénoncer. Trahir Mettre à table. Donner une part.
Mettre au fait (se)
Se déniaiser, s’habituer a l’homme en jouant des reins avec lui.
Tu as bien tort ; si tu nets mets pas au fait, ton mari te prendra pour une bête.
La Popelinière.
Mettre au fourgat
Recéler.
Mettre avec (se)
Vivre maritalement.
En se mettant avec Lise, le général aurait dû nous dire : J’ai ça et ça à payer ; il ne l’a pas dit, et ce n’est pas délicat.
Ricard.
Mettre avec (se)
Vivre en état de concubinage.
Dernièrement, je rencontrai une belle actrice : elle me dit : Je cherche quelqu’un pour me mettre avec. Se mettre avec est l’expression consacrée dans le langage des coulisses.
(Paris-Comédien.)
Mettre bien (se)
Avoir les moyens de se passer toutes ses fantaisies ; faire de la dépense.
Mettre dans le mille
Réussir. — Toucher juste. — Allonger un coup de pied au cul d’un indifférent ou d’un ami.
Mettre dans le mille
Réussir une affaire du premier coup. Terme usité chez les pédérastes : mille : podex (Argot du peuple).
Mettre dans le mille
Avoir réussi dans une affaire, être tombé juste, c’est avoir mis dans le mille.
Mettre dans les fesses (se le faire)
Se faire enfiler.
L’ dimanche, au sortir de la messe,
Elles dis’t toutes, mais en vain :
Nicolas, mets-moi dans la fesse
C’ qu’est dans ton pantalon d’ nankin.
Darcier.
Mettre dans son sac
Dévorer un affront sans pouvoir le venger. — V. Raccourcir.
Le montreur de bêtes fut donc obligé de mettre les calottes dans son sac.
E. Sue.
Mettre dedans
Tromper.
Il met les gabelous joliment dedans. On a descendu plus de vingt fois dans sa cassine, jamais on n’a rien trouvé.
E. Sue.
Serais-je pris pour dupe ! — Eh ben ! conv’nez que vous êtes d’dans.
Vadé, 1756.
Mettre dedans
Tromper. — Mettre en prison. — Sacrifier à Vénus, — dans le jargon des voyous.
Mettre dedans
Tromper. Emprisonner.
Mettre du beurre dans ses épinards
Voir augmenter son bien-être. — On sait que les épinards sont la mort au beurre. Avoir du beurre sur la tête : Être couvert de crimes. — Allusion à un proverbe hébraïque. V. Vidocq. Beurrier : Banquier (Vidocq).
Mettre du noir sur du blanc
Écrire, — dans l’argot des gens qui ne savent pas lire.
Qu’un jeune homme ait, dix ans, dans le fond d’un collège,
Mis du noir sur du blanc, il semble que le roi
Soit chargé de son sort, et lui doive un emploi.
(C. Bonjour, Le Protecteur et le Mari, acte 1, sc. VI.)
Mettre en appétit
Exciter l’ardeur vénérienne.
Chevaucher trois ou quatre coups ne fait que mettre en appétit ; il faut continuer tant qu’il y en a, pour nous donner du passe-temps.
Mililot.
Il n’est rien qu’une femme trouve plus mauvais que quand l’homme la met en appétit, sans la contenter.
Bonaventure Desperriers.
Mettre en brindezingue (se)
Faire la noce. Être dans les brindezingues : être pochard (Argot du peuple). N.
Mettre en bringue
Mettre en morceaux, briser. A. D. Bringue, signifie femme maigre, l’expression est donc fausse. Mettre en bringue, est synonyme de brindezingue (Argot du peuple). N.
Mettre en dedans
Forcer une porte.
Mettre en dedans (la)
Forcer une porte, — dans le jargon des voleurs.
Mettre en œuvre
Faire l’acte vénérien.
Elle manda secrètement le fils d’un cordonnier, son voisin, et le fit venir en l’étable des chevaux de son père, et le mît en œuvre comme les autres.
(Les Cent Nouvelles nouvelles.)
Et à la vérité, on en met de bien pires en œuvre.
(T. des Accords.)
Et en disant cela, il la mit en œuvre.
D’Ouville.
Mettre en pâte
Les compositeurs lient les paquets de caractères avec une ficelle. Quand le paquet est mal lié ou que le bout de la ficelle est emprisonné, le metteur en pages met le paquet en pâte, c’est-à-dire que les caractères se mélangent et qu’il faut recomposer. Quand, dans le paquet, Il y a des lettres qui ne sont pas du corps, ou que le paquet n’a pas été assez mouillé, en le déliant, si les lettres tournent, on appelle cela : faire un soleil (Argot d’imprimerie). N.
Mettre en plan
Rester en gage chez un restaurateur jusqu’à l’acquittement de sa note.
Mettre en suage
Chauffer les pieds.
Mettre la clef sous la porte
Se sauver, déménager furtivement. Se dit communément d’un commerçant qui, ne faisant pas ses affaires, abandonne sa boutique (Argot du peuple).
Mettre la tête à la fenêtre
Condamné à mort qui passe la tête dans la lunette (Argot des voleurs).
Mettre le cœur sur carreau
Vomir.
Mettre le foutre à la bouche de quelqu’un
L’exciter à la fouterie par des discours libertins, par des images obscènes, ou par des attouchements polissons.
Ingrat ! tu m’as mis le foutre à la bouche !
J’allais presque entrer dans le paradis !
(Parnasse satyrique.)
Mettre les bouchées doubles
Se dépêcher de faire quelque chose. Synonyme de manger un morceau sur le pouce, à la hâte. Cette expression est employée pour tout ce qui est fait précipitamment (Argot du peuple).
Mettre les jambes en l’air
Faire tomber quelqu’un en se battant, c’est lui mettre les jambes en l’air ; on dit aussi faire une partie de jambes en l’air, ce qui veut dire rouscailler.
Mettre quelqu’un à toutes les sauces
Employer quelqu’un à toute sorte de besogne.
Mettre sous bande
Ensevelir, — dans l’argot des communautés religieuses.
Mettre sous le linge (se)
Se glisser entre deux draps pour y faire l’amour.
Je n’ai pas été plutôt arrivé qu’elle m’a sauvé au cou avec ardeur, et que ; s’apercevant que je bandais, et raide, elle s’est mise immédiatement sous le linge, ou nous avons joué des reins avec enthousiasme.
J. Le Vallois.
Mettre sur le dos (se)
Se placer pour être baisée, afin da faire avec un homme la bête à deux dos.
Sur le dos nonchalamment
Tout recevez votre amant ;
Pas le moindre mouvement,
Autant, ma foi,
Sentir ta femme auprès de soi.
Béranger.
Mettre sur les fonds de baptême (se)
Quand le nourrisseur de poupard a mal renseigné ses complices et qu’ils sont dans une position difficile, pour se sauver et n’être pas paumés marrons :
— Ils sont sur les fonds de baptême (Argot des voleurs).
Mettre une épingle à sa cravate
S’enfiler un demi-setier (Argot du peuple). N.
Mettre une épingle à son col
Manger. Boire un verre de vin est aussi mettre une épingle à son col.
Mettre une femme à mal
La baiser, — ce dont elle se trouve ordinairement très bien.
Il avait mis à mal toutes les femmes qu’il avait entreprises.
Richelet.
Mettre une femme dans la circulation
La forcer — après l’avoir frappée à son effigie — à avoir tout le monde pour amant. Séduire une jeune fille, lui faire un enfant, et l’abandonner, c’est la jeter.
Mettre une gamelle (se)
Se sauver de prison. Allusion à la vitesse avec laquelle détale un chien à la queue duquel on a attaché une casserole.
Mettre une homme en état
Le préparer, par un pelotage savant, à l’accomplissement de son devoir d’homme.
C’est dans ce moment-là, pour le mettre en état
Et pouvoir arriver à quelque résultat,
Qu’il faut de son métier connaître les roueries
Et n’être pas novice en polissonneries.
Louis Protat.
Meublant (c’est)
Ça fait de l’effet et ça tient de la place comme meuble. Un piano, une armoire à glace sont meublants, — dans le jargon des tapissiers.
Meuble (vieux)
Personne usée, incapable de service.
Prends garde à toi, vieux meuble, affreuse bohémienne !
Les Folles Nuits du Prado, 1854.
Meuble (vieux)
Vieille femme, vieille courtisane.
Meudon (grand)
Officier de paix. Mouchard.
Meulard
Veau (Vidocq). V. Pavillonner. — Allusion au mugissement du veau.
Meulard
Veau, — dans le jargon des voleurs.
Meulard
Veau.
Meulard
Veau. Allusion à la mollesse de la viande. On dit aussi : un bœuf en bas âge (Argot du peuple). N.
Meulard
Veau.
Meule
Sans argent.
Meule
Vide. C’est veule qu’il faudrait dire, veule signifie mou. Meule est une corruption (Argot des souteneurs). N.
Meule
Sans argent.
Meulé
Vidé.
Meunier
Receleur.
Meunier
Receleur qui a la spécialité d’acheter aux mastardiers ou voleurs de gras double, le plomb, l’étain ou le zinc, volés dans les maisons en construction (Argot des voleurs).
Meurt-de-faim
Petit pain d’un sou.
Mézière
Moi, simple.
Mézière
Moi, simple.
Mézière, mézigo
Moi.
Mezière, Mezigue
Moi, — dans le. jargon des voleurs.
Mezières
Bourgeois. — Corruption du vieux mot Messires. V. Regout.
Mézigo
Moi.
Mezigue
Moi. On dit aussi mezigo (Argot des voleurs).
Mézigue, mon orgue
Moi.
Mézique
Moi.
Mi-temps
Milieu. A. Delvau écrit mitan, ce n’est pas exact (Argot du peuple).
Michaud
Tête, — dans le jargon des voleurs.
Michaud
Tête. Faire un michaud, dormir.
Michaud (faire son)
Dormir.
Michaud (faire un)
v. Dormir un somme. Employé dans d’autres argots parisiens.
Miche
Dentelle, — dans l’ancien argot.
Miche
Dentelle. Argent. Pain.
Miché
Homme galant forcé d’acheter ce que les femmes galantes donnent pour rien à leurs amants de cœur.
Allumer tous les soirs la chandelle de l’hyménée en faveur d’un tas de gonzesses et d’autant de michés.
Lemercier de Neuville.
Surtout selon l’argent donné par le miché.
Louis Protat.
Miché
Homme payant l’amour d’une femme. — Peut venir des vieux mots michon : sot (V. Roquefort) ou michon : argent de poche (V. d’Hautel).
On appelle miché Quiconque va de nuit et se glisse en cachette Chez des filles d’amour, Barbe, Rose ou Fanchonnette.
Mérard de Saint-Just, 1764.
Dans une Protestation des Filles de Paris, 1790, nous lisons :
Ce pourfendeur de Mars avait bien affaire aussi de se présenter pour nous enlever nos michés.
« La biche étudiante qui avait levé un michet quelconque. » — 1860, les Étudiants du Quartier latin. on disait aussi micheton « All’ me dit : Mon fiston, Étrenne ma tirelire. Je lui réponds : Ma poule, tu m’ prends pour un mich’ton. » — Le Bâtonniste à la Halle, Aubert, 1813. outre le miché proprement dit, il y a le miché sérieux et le miché de carton — « 1/ Le michet sérieux équivaut à l’entreteneur... Dans un lieu de plaisir où les femmes sont nombreuses, les jeunes gens se disent souvent, comme un mot d’ordre : Messieurs, ne parlez pas à la petite une telle, elle est ici avec son michet sérieux. Le même individu se désigne aussi par ce mot : Ponteur. Ce dernier mot, pris dans le vocabulaire des jeux, vient du verbe Ponter (V. Ponter). — 2/ Le michet de carton est un jeune homme bien élevé, qui fréquente les femmes entretenues. Il ne va jamais coucher chez elles, sauf durant les interrègnes des michets sérieux. En tout autre cas, sa maîtresse vient chez lui. Il ne donne que des cadeau, paie à souper, à dîner dehors, à déjeuner chez lui. Il conduit aux courses en voitures et au théâtre en petites loges de baignoires Il ne sort point dans la rue avec les femmes. Il les salue au bois d’un petit geste. » — Cadol. — Il y a longtemps que le carton symbolise une apparence trompeuse. Saint-Simon appelait déjà le duc du Maine un roi de carton, c’est-à-dire un roi de cartes. V. Carton, Mikel.
Miché
Niais. Dupe. Homme qui pave généreusement les faveurs d’une Aile. Miché de carton, homme qui paye mal ou pas du tout les filles.
Miché
Homme qui monte avec une fille, en payant, ou qui y couche. Miché était déjà connu en 1764. Merard de Saint-Just dit ceci :
D’où vient qu’on appelle miché
Quiconque va de nuit et se glisse en cachette
Chez des filles d’amour, Barbe, Rose ou Fanchette (Argot des souteneurs).
Miché
Riche client d’une fille.
Miché de carton
Honnête homme qui achète de l’amour en marchandant, ce qui le fait mépriser des amoureuses.
Les Valaques ont près des femmes une grande réputation de mauvaise foi… Aussi elles les évitent et les ont placés au premier rang des michés de carton.
Vermorel.
Miché de carton
Homme à qui une fille demande cinq louis et qui lui offre quarante sous. On dit aussi : miché à la mie de pain (Argot des filles).
Miche de profonde, Michon
Argent. — L’argent est le pain de la poche.
Miche de Saint-Étienne
Pierre, par allusion à la lapidation de saint Étienne.
Miche sérieux
Homme qui ne regarda pas à la dépense avec la femme qui l’a levé à Mabille ou sur le boulevard, et dont il devient souvent le Monsieur.
Fichtra ! C’est un miché sérieux !
Lemercier de Neuville.
Miché, Mikel, Miquel
Nigaud ; homme simple, dupe, gobe-mouche. Monter un miquel, duper quelqu’un à qui on avait promis monts et merveilles.
Michelet, Michelin (faire le)
C’est, à la faveur d’une cohue, dans l’obscurité, apprécier, à la manière de Tartuffe, l’étoffe de la robe d’une Elmire quelconque. Il y a des amateurs qui ne vont au milieu des foules que pour faire « les michelins ». Au spectacle de Guignol aux Champs-Elysées, les soldats font les michelins auprès des bonnes d’enfants. Autrefois le grand rendez-vous des michelins était au théâtre Comte. Grâce à l’obscurité nécessitée par la représentation des Ombres chinoises, les michelins avaient beau jeu. Parfois se faisait entendre le cri de quelque Lucrèce effarouchée ; mais le spectacle n’en était pas troublé, et des rires étouffés répondaient seuls à cet appel de la vertu indignée.
Michelets (avoir ses)
Avoir ses menstrues, — dans le jargon des femmes qui ont lu le livre de Michelet sur l’Amour.
Michet
Homme qui paye les femmes autrement qu’en belles paroles. Mot connu au XVIIIe siècle. — Michet sérieux, celui sur qui une femme peut compter, celui qui donne beaucoup d’argent et a passé un bail. Elles (les pierreuses) tournent la tête, et, jetant sur ce type, « Par dessus leur épaule un regard curieux, » Songent : « Oh ! si c’était un miché sérieuxl » (La Muse à Bibi, Les Pierreuses.) Bon Michet, oiseau de passage généreux. — Michet de carton, oiseau également de passage, mais marchandeur, un qui ne dit pas son nom et qu’on ne revoit plus.
Michet
Homme généreux qui dépense sans regarder. Lorsqu’une fille publique trouve un client, elle a rencontré un michet ; s’il n’est pas généreux, c’est un michet à la mie de pain. Celui qui dépense sans compter et à qui l’on vend plus cher qu’à un autre est encore un michet.
Micheton
Michet en raccourci. Jeune homme, rhétoricien, qui apporte à une femme le peu d’argent dont il dispose, et qui, au besoin, en dérobe à sa famille.
Micheton
Petit miché qui rale sur le prix des faveurs des filles (Argot des souteneurs).
Micheton
Homme qui paye les femmes.
Micheton
Petit miché.
Micheuse, mirante, miradon
Glace.
Michon (du)
De l’argent.
Michon (du)
De l’argent.
Michon (du)
Du pain blanc.
Midi
Trop tard. — Il est midi, cela n’est pas vrai. — Les ouvriers se servent encore de cette expression dans le sens de : « Méfions-nous », lorsqu’il y a des étrangers à l’atelier.
Midi !
Trop tard ! ou tu peux t’ fouiller ! (argot parisien).
Midi !
Trop tard. Il est midi t cela n’est pas vrai.
Midi (il est)
Il n’est plus temps. — Date du temps où midi était l’heure du repas, celle où cessait toute affaire.
Mie de pain
Vermine (Vidocq). — Allusion à la démangeaison causée par une mie de pain égarée.
Mie de pain
s f. Chose de peu d’importance, de mince valeur Compositeur mie de pain, ouvrier peu habile. Metteur en pages mie de pain, celui qui n’a que des ouvrages de peu d’importance, ou qui n’est chargé que par occasion de la mise en pages d’un travail de cette sorte.
Mie de pain
Objet de nulle valeur. — Individu déplaisant, — dans le jargon des typographes. — Pellicules de la tête, — dans le jargon des enfants.
Mie de pain
Moins que rien. Les typos, par la grande habitude, savent, du premier coup d’œil, discerner un bon article d’un mauvais. Le mauvais, c’est de la mie de pain (Argot d’imprimerie).
Mie de pain
Pou. On sait combien une mie de pain est désagréable sur la peau ; le pou occasionne une démangeaison semblable (Argot des voleurs).
Mie de pain
Pou.
dis donc, Gugusse, quoiq’t’as sur le cou ? — Cest une mie de pain. — Une mie de pain ? ça marche !
Mie de pain (à la)
De peu de valeur.
Mie de pain à ressort
Pou.
Miel (c’est un)
C’est bon, c’est amusant, très agréable ; et par ironie, c’est laid, ennuyeux, désagréable.
Miette (une)
Un peu.
Minute ! je me chauffe les pattes une miette.
Gavarni.
Mignon
Jeune pédéraste… passif. — Apollon à belles fesses. — L’histoire faisant mention des pages de Henri III, qui étaient non-seulement ses favoris, mais encore ses mignons, ne laisse pas de doute sur l’emploi qu’ils avaient auprès de leur maître.
Ce qu’il est le plus naturel de faire à la femme est précisément ce dont elle se soucie le moins ;… tantôt elle veut qu’où la traite comme un mignon… tantôt, etc…
A. de Nerciat.
Petit fils, petit mignon, Mâle ou femelle, Je sais ton nom.
Béranger.
Et j’abandonne au vicaire de Dieu
Ses trois clés d’or, ses fulminantes bulles,
Son Vatican, son cardinal neveu,
Ses beaux mignons, ses nièces et ses mules.
Parny.
Mignonne
Nom que l’on donnait au XVIIe siècle, à l’époque de leur apparition, à toutes les femmes entretenues.
Les riches seigneurs et les financiers ne se faisaient pas faute d’entretenir plusieurs mignonnes à la fois dans différents quartiers de la ville, ou même de les réunir ensemble comme dans un sérail.
P. Dufour.
Il me faut donc chercher quelque jeune mignonne,
Que, pour fille de chambre, en gaussant je lui donne.
J. De Schélandre.
Mijaurée
Fille ou femme qui, devant l’homme, affiche des prétentions par des manières affectées et ridicules qui nous font… pisser. — Oh ! la ! la !
Ne va pas avec moi faire la mijaurée.
Regnard.
Fi des coquettes maniérées !
Fi des bégueules du grand ton !
Je préfère à ces mijaurées
Ma Jeannette, ma Jeanneton.
Béranger.
Mijoter
Combiner avec soin. — Mijoter une affaire, une intrigue. — Mijoter un livre.
Mijou
Malade.
Mijou (faire le)
Simuler une maladie (Argot des voleurs).
Mikel
Dupe (Vidocq). — C’est le nom de Michel dont le diminutif michon signifiait autrefois sot. V. Roquefort.
Milieu
Le con, par devant ; — le cul, par derrière. — Il n’y a pas de milieu, nom de Dieu !
Ce n’était que l’enjeu, nom de Dieu !
Pour luron de ma sorte.
Je fêtai son milieu ! nom de Dieu !
Trois fois avant que j’ sorte, nom de Dieu !
J’ fous la quatrième à la porte. nom de Dieu !
J’ fous la quatrième à la porte.
F. de Calonne.
Le doux milieu demandait à sa dame.
Pour y trouver un repos bienheureux.
Et la pauvrette s’est donnée
D’un vit par le milieu du corps.
Collé.
Millé
Billet de mille francs.
Mille millions de milliasse
Enormément, un nombre infini de fois, tout ce que l’esprit du peuple peut concevoir de plus élevé comme chiffre.
Mille pattes
Soldat d’infanterie.
Mille-pattes
Infanterie, régiment ou bataillon de fantassins. Le mot fait image.
Milled
Mille francs.
Milled
Billet de mille francs (Argot des voleurs). N.
Millerie
Loterie.
Millerie
Loterie, — dans l’ancien argot.
Millerie
Loterie.
Millerie
Loterie que tiennent les camelots dans les fêles publiques (Argot des camelots).
Millerie
Loterie de camelot dans les foires.
Millet
1000 francs.
Millet, Millot
Billet de banque de mille francs.
Quarante millets ! Telle était cette aubaine.
(La France, du 13 mars 1879.)
Milliards
Ceux qui portent des bissacs sur le dos.
Milliards
Ceux qui portent des bissacs sur le dos.
Milord
L’entreteneur — anglais ou toulousain — d’une femme galante.
Le notaire est son milord.
H. de Balzac.
J’allons fair’ sauter les sacoches
De ce bon mossieu, son milord.
L. Festrau.
Une demoiselle entretenue ne se contente pas de son seul entreteneur appelé ordinairement Mylord Pot-au-feu. Elle a un amant en titre, qui ne paye que les chiffons ; un Guerluchon, c’est un amant qu’elle paye ; un Farfadet, c’est un complaisant ; et un Qu’importe est une personne qui vient de temps en temps, qui est sans conséquence ! et paye au besoin les petites dettes criardes.
(Correspondance d’Eutylie, 1,132.)
Milord
On donne moins ce nom aux Anglais qu’à ceux dont les largesses rappellent l’opulence britannique. Au moyen âge, milourt avait déjà le même sens, avec une acception plus ironique encore. C’est, comme Anglais, un fruit de nos anciennes guerres. — « Ce sont milourdz qui ne voulsissent point d’hostes avoir. » — Cretin, Épitre à Charles VIII. — « Et je vous attise un beau feu au dessoubs et vous flambois mon milourt comme on faict les harencs sorets à la cheminée. » — Rabelais, Ch., 14. — « Le gros tailleur se dit négociant. À sa tournure il n’est pas milord russe. » — Sénéchal, Ch., 1852. — « Être sur le boulevard de Gand, se donner un air milord. » — Ed. Lemoine. milord est souvent synonyme du miché sérieux décrit plus haut. exemple — « Le notaire est son milord. » — Balzac.
Milord
Cabriolet à quatre roues.
On vote vingt-deux sous à Clémence pour un cabriolet milord.
Méry.
Milord
Entreteneur, à l’époque où les Anglais passaient our être généreux avec les dames qui vivent de la générosité publique.
Mimele
Argot hébreu qui signifie chatte.
Mince
Papier à lettres (Vidocq). — Allusion d’épaisseur.
Mince
adj. pris adverbialement. Beaucoup, sans doute par antiphrase. Il a mince la barbe, il est complètement ivre. Commun à plusieurs argots.
Mince
Papier à lettres, billet de banque, papier. — Le mot mince pour désigner papier date de la création des assignats.
Mince
Papier. Billet de banque. Mince ! Beaucoup, très.
Mince
Rien. Mais, dans le peuple, cette expression sert à manifester l’étonnement.
— Ah ! mince alors, elle en a une nichée dans la paillasse (Argot du peuple).
Mince
Ce mot sert à marquer l’étonnement, et signifie beaucoup.
Vois ce que j’ai pris de poisson ! Mince alors. — Le patron offre à dîner : mince ce que nous allons nous les caler.
Mince !
Expression à peu près équivalente à « zut ! »
Mince de
Beaucoup de ; rien que ça de. Locution employée par le peuple hors de tout propos devant un autre mot, pour en marquer à la fois le nombre et la bonne qualité. — Mince de toilette à la clé, mince de politesse, mince de beurre, mince de tableaux, mince de chic.
Mince, Mince que
Je crois bien, comment donc, certainement que. — Mince que je voudrais le voir. — Mince qu’il est bate.
Mince que t’as raison.
(J. Lermina, Les Chasseurs de femmes, 1879.)
Vous avez des places ? — Mince ! si j’ai des places ? Une loge de face.
(Le Gavroche, 1879)
Les voyous emploient encore le mot mince comme synonyme du fameux mot de Cambronne, à la fin d’une phrase, comme argument décisif : Ah ! mince alors.
Mine à chier dessus
Vilain visage, — dans le jargon du peuple. Qu’est-ce qu’il vient vous emm... ieller, celui-là, avec sa mine à chier dessus ?
Mine revenante
Mine qui revient, visage agréable.
Minette
Gamahuchage de la femme par l’homme, et quelquefois de l’homme par la femme, — au moyen de la langue, qui a l’air de laper le sperme comme les chats lapent le lait.
Allons, ma fille, une minette, pour que je bande.
J. Le Vallois.
Le bougre lui fait minette.
Gustave Nadaud.
Elle a l’étrange goût
Qu’on la foute en levrette,
Elle vous fait minette
Et puis avale tout.
Joachim Duflot.
Et maintenant, mon agneau… fais-moi une minette distinguée, digne du coup que nous allons tirer ensemble.
Lemercier de Neuville.
Minette
Mot d’amitié. V. Chat.
Oui, minette, je me calme.
De Courcy.
Mineur
Manseau.
Ministre
Pour le soldat, tout individu crevant de santé, bien placé ou bien renté, que rien n’émeut, content de lui, gros et gras à lard est un « ministre ». Il y a, comme on voit, un grand fond d’observation chez le troupier français. — Gros ministre, marche donc, si tu peux, ou roule, si tu peux pas marcher.
Ministre
Mulet. En campagne, les mulets sont des ministres parce qu’ils sont toujours charges des affaires de l’État.
Ministre de l’intérieur
Doigt. Allusion à une coutume très en usage dans les couvents de jeunes filles (Argot du peuple).
Minois
Nez.
Minois
Nez. Visage.
Minois, Mine
Nez, — dans le jargon des voleurs.
Minon Minette (faire)
Se gamahucher mutuellement, homme et femme ; faire tête-bêche.
Minotaure, risé
« Quand une femme est inconséquente, le mari serait, selon moi, minotaurisé. » — Balzac.
Minotauriser un homme
Le faire cocu, — allusion aux cornes du Minotaure de l’Ile de Crète.
Quand une femme est inconséquente, le mari doit être, selon moi, minotaurisé.
H. de Balzac.
Minuit
Nègre (Vidocq). — Allusion à la couleur sombre de la nuit.
Minuit
Nègre. — Enfant de minuit, voleur.
Minuit
Nègre.
Minzingue
Marchand de vin. Et les variantes minzingo, mind-zingue, manzinguin, qu’on prononce en faisant sonner fortement le premier N.
La philosophie, vil mindzingue, quand ça ne servirait qu’à trouver ton vin bon.
(Grévin).
Pauvre Dupuis manzinguin, malheureux.
(Privat d’Anglemont).
Minzinguin
« Le roi est un bon zigue qui protège les minzinguins. » — Cabassol. — V. Mannezingue.
Mioche, mion
Bambin. — Mion est un mot de langue romane (V. Roquefort) dont mioche serait le diminutif. — V. Dardant.
C’est à moi que reviendra le droit d’être le parrain de tous les mioches.
Bourget.
Mioche, Mion
Petit enfant, petit garçon. — Mion de gonesse. Adolescent. — Mion de boule, voleur.
Mion
Garçon.
Mion
Garçon.
Mion
Garçon.
Mion
Enfant.
Mion de boule
Filou.
Mions de boule
Coupeurs de bourse, filoux.
Mions de boule
Coupeurs de bourse, filous.
Miou
Enfant. Allusion au miaou du jeune chat (Argot du peuple).
Miquel
Facile à faire. Niais, dupe.
Miradou
Miroir (Vidocq). — Mirauder voulait dire autrefois regarder.
Miradou
Miroir ; mot emprunté au provençal. — La variante est : mirelaid.
Mirecourt
Violon. M. Fr. Michel assure que c’estparce qu’on fabrique beaucoup de violons dans les Vosges que les voleurs ont donné au violon le nom d’une petite ville de ce département. — C’est tout simplement parce que pour jouer du violon on regarde l’instrument de très près ; l’exécutant le met pour ainsi dire sous son nez : mirer de court, regarder de près, a fait mirecourt.
Mirette
Œil.
Mirette
Œil (id). — L’œil est un petit miroir.
Mirette
Prunelle de l’œil. — Sans mirettes, aveugle. Mirettes en glacis, mirettes glacées, lunettes. Mirette en caouche, télescope ; caouche pour caoutchouc.
Mirettes
Yeux.
Mirettes
Les yeux (Argot des voleurs).
Mirettes
Yeux.
Mirettes
Yeux.
Mireur
Espion, observateur, — dans le jargon des voyous. — Quand ils auront fini de se ballader, tous ces mireurs !
Mirliton
Un des nombreux synonymes des mots : vit, pine et con, — très usité dans les chansons et les poésies légères.
Je ne connais sur la terre
Que deux séduisants objets :
Ce vin qui remplit mon verre
Et d’un tendron jeune et frais.
L’étroit mirliton, etc.
Le cynique Diogène
Blâmait toujours le plaisir,
Et lui-même, dans Athènes,
Il empoignait pour jouir
Son vieux mirliton, etc.
J. Cabassol.
Vos mirlitons, Mesdames, à présent,
Sont grands trois fois plus qu’ils ne devraient être.
Grècourt.
Mais où placer un Amphion
Qui n’a qu’un petit mirliton ?
(Chanson anonyme moderne.)
Mirliton
Voix. — Jouer du mirliton, parler.
Mirnte
La glace (Argot des voleurs).
Mirobolamment
Merveilleusement.
À meubler mirobolamment sa maison.
Balzac.
Mirobolant
Merveilleux.
La cravate mirobolante.
Ed. Lemoine.
Je me sens d’une incapacité mirobolante.
Balzac.
Miroder
Regarder, arranger.
Elle monta seule et nu-pieds sur l’échelle et sur l’échafaud et fut un quart d’heure mirodêe, rasée, dressée et redressée par le bourreau.
(Madame de Sévigné, Lettres.)
Miroir
Coup d’œil rapide jeté sur le talon d’un jeu de piquet, sur les premières cartes à distribuer au baccarat, — dans le jargon des grecs ; une manière de connaître le jeu de l’adversaire.
Miroir à putains
Beau garçon, souvent trop beau pour rien faire, dont toutes les filles raffolent et qu’elles payent l’une après l’autre — et même quelquefois ensemble.
Miroir à putains
Garçon dépourvu de distinction mais riche de cette beauté banale qui séduit le commun des femmes.
Miroir à putains
Joli visage d’homme à la manière des têtes exposées à la vitrine des coiffeurs.
Miroir à putains
Joli garçon qui s’en croit beaucoup, une espèce de « Nicolas » de faubourg.
Dis-lui qu’un miroir à putain
Pour dompter le pays latin
Est un fort mauvais personnage.
Celle expression était employée au temps de Scarron (Argot du peuple).
Miroir à putains, à grues
Homme d’une beauté banale.
Miroir aux alouettes
Pièce d’or que l’on fait briller dans un bal et sur laquelle les drôlesses tombent toutes rôties — par le désir.
Mirquin
Bonnet.
Mirquin
Bonnet.
— J’ai vu une gerce au rastue de Saint-Lago ; elle était rudement gironde avec sou melet mirquin ; il y manquait un rayon de miel (Argot des voleurs). N.
Mirquin
Bonnet.
Mirzale
Boucle d’oreille (Vidocq). — Même construction que dans cabe, combre, calvin. Une mirzale est mot à mot : ce qui mir-oite z’à l’oreille.
Mirzale
Boucle d’oreilles.
Mirzales
Boucles d’oreilles.
Mirzales
Boucles d’oreilles (Argot des voleurs).
Mirzales
Pendants d’oreilles.
Mise (faire sa)
Payer la patente, — dans le jargon des filles.
Mise à pied
Mise en non activité.
Une mise à pied enseigna à notre inspecteur à faire plus exactement son service.
Canler.
Mise à pied
Suppression momentanée de paye pour un cocher, un agent de police. — Interdiction momentanée de jouer faite à un acteur par son directeur, sans suppression d’appointements.
Mise en train
Première tournée, station matinale chez le marchand de vin, — dans le jargon des ouvriers pressiers, en souvenir de la mise en train des presses.
Mise-bas
s. f. Grève, cessation de travail dans un atelier. Les mises-bas ont lieu pour infraction au Tarif ou au règlement consenti par les patrons et les ouvriers.
Mise-bas
Congé que s’octroie un ouvrier typographe.
Mise-bas
Quand une équipe de compositeurs est mécontente pour une raison ou pour une autre, elle met bas, elle quitte le travail (Argot d’imprimerie).
Misérable
Verre de vin du broc à 15 centimes.
Misérable
Verre de vin au broc.
Miséreux
Malheureux. Homme qui est dans une profonde misère (Argot du peuple). N.
Miséreux
Celui qui est dans la misère.
Misloque
Comédie (Vidocq).
Je joue la mislocq pour un fanandel en fine pégrenne.
Balzac.
Misloque
Comédie, — dans le jargon des voleurs. — Flancher la misloque, jouer la comédie. — Misloquier, misloquière, acteur, actrice. — Misloquier schpil, très bon acteur.
Misloque
Théâtre, comédie.
Misloque
Théâtre (Argot des voleurs).
Misloque
Théâtre.
Misloquier
Acteur.
Misti, Mistigri
Valet de trèfle.
Mistich
Voleur étranger. Demi-heure, demi-setier.
Mistiche
Demi. — Une mistiche, une demi-heure. — Un mistiche, un demi-setier, — dans le jargon des voleurs.
Mistick
Voleur étranger. (Mémoires d’un forçat, glossaire d’argot, 1829.)
Miston
Jeune homme.
Mistone
Demoiselle.
Mistonne
Jeune fille.
Mistoufle
Mauvais procédé, taquinerie, méchanceté. — Coup de mistoufle, combinaison, coup en dessous, coquinerie.
Mistoufle
Farce. Misère.
Mistoufle
Causer des ennuis à quelqu’un ou le taquiner est lui faire des mistoufles.
Mistoufle
Misère.
Mistoufle (être dans la)
Être dans la misère.
Mistoufles
Faire des misères, causer des désagréments à quelqu’un (Argot du peuple).
Mistro
Le vent.
Mistron
Jeu de trente-et-un, nom d’un jeu de cartes. — Mistronner, jouer au trente-et-un.
Mitaine
Variété de voleuse des magasins de nouveautés.
Mitan
Milieu.
Mitar
C’est le cachot ; mais c’est aussi le violon, comme on dit lamigo à Bruxelles.
Mitard
Cachot (Argot des voleurs).
Mitard
Cellule.
Mite
Violon, prison, — dans l’argot des voleurs. Soufflé et au mite, arrêté et au violon, Mitonner. Embêter. Ça mitonne le pauvre monde, — dans le jargon des voyous.
Mite, Mite-au-logis
Sécrétion des yeux ; déplorable jeu de mots sur mythologie.
Mitonner
Embêter. Préparer de longue main.
Mitraille
Monnaie de cuivre. — On disait autrefois mitaille. V. Roquefort.
Mitraille
Une certaine quantité de sous s’appelle de la mitraille.
Mitre
Cachot (Vidocq). — Au moyen âge le mitre était le bourreau.
Mitre
Prison. — Mitré, prisonnier.
Mitre
Prison.
Mitre
Cachot. Allusion à la mitre de l’évèque, qui est un signe de dignité. Être au cachot, pour un voleur, est un titre à la considération de ses pareils.
— Où donc est Barbe-à-Poux ?
— Il est mitré pour huit jornes (Argot des voleurs).
Mitron
Boulanger.
Mobile
Garde mobile. De 1848 à 1850, on a dit souvent la mobile, un mobile.
Qui sait comment cela eût fini si la mobile ne s’en fût mêlée. Brave mobile !
L. Reybaud.
À la révolution de juillet, on donnait déjà ce nom aux volontaires de la Charte.
Pour m’engager dans la mobile j’avons quitté veste, tablier.
Patriote Buteux, 1830.
Moblot
Garde mobile.
Moc-aux-beaux, mocaubocheteaux
Le quartier Maubert.
Moche
Laid.
Moche
Laid, bête. On dit aussi mouche. Une personne laide est moche. Une vilaine pièce de théâtre est moche.
Moderne
Jeune homme qui suit de très près la mode, par opposition à antique, qui ne la suit plus du tout. L’expression est voyoucratique. — Eh ! va donc, moderne, avec ton châssis de rechange !
Modillon
Apprentie modiste de deuxième année.
Modiste
Journaliste qui accommodait son esprit au goût du jour, qui suivait la mode, la plume à la main. Le reporter a détrôné le modiste.
Moelleux
Coton, dans l’ancien argot.
Moellonneuse
Fille qui se prostitue dans les chantiers.
Moine
s. m Endroit sur une forme qui n’a pas été touché par le rouleau et qui, par suite, n’est pas imprimé sur la feuille.
Moine
Endroit sur une forme qui n’a pas été touché par le rouleau et qui, par suite, n’est pas imprimé sur la feuille. (Boutmy.)
Moine
Qu’une épreuve typographique soit faite à la brosse ou à la machine, la partie qui ne prend pas l’encre se nomme un moine (Argot d’imprimerie).
Moineau
Le membre viril — que les femmes, ces charmants oiseleurs, prennent si facilement à la glu de leur con.
Ouvre… ouvre tes cuisses, prends mon moineau mets-le en cage.
La Popelinière.
Moineau de Lesbie (le)
Le membre viril — qui est le moineau affectionné de toutes les femmes, excepté des Lesbiennes.
Moins une
Veut dire : il était temps. On dit de quelqu’un qui manque de faire une chute, il était moins une qu’il ne tombât.
Moisir (ne pas)
Ne pas rester longtemps dans un endroit ; ne pas occuper longtemps un emploi.
Moissonneur
Le commissaire de police. En effet, il moissonne ceux qui sont amenés à son burlingue. Mot à mot : il les fauche comme des blés mûrs... pour la prison (Argot des voleurs). V. Quart d’œil.
Moitié
Épouse légitime, avec qui l’on ne fait qu’un, grâce au nœud qui sert de trait d’union.
Peters, dis-moi, par amitié,
Pourquoi que l’usage réclame
Qu’à Paris on nomme moitié
Ce qu’au village on nomme femme
— C’est que Paris est un pays
Où se prodiguent tant les dames,
Que là, les trois quarts des maris
N’ont que ta moitié de leurs femmes.
(Ancien Vaudeville — des Variétés.)
Molanche
Laine.
Molanche
Laine.
Molanche
Laine.
Molanche
Laine (Vidocq). — Diminutif de molle.
Molanche
Laine, — dans l’ancien argot.
Molanche
Laine.
Molard
Crachat très gras, le frère du glaviot. — Molarder, cracher gras.
Molard
Cracher des mucosités qui filent comme du macaroni. Graillonner salement. Quand un large crachat s’étale sur un trottoir, on dit :
— Quel beau molard (Argot du peuple).
Molard
Crachat.
Molard
Crachat.
Molécule
Petit enfant, — dans l’argot des écoles. (L. Larchey)
Molette
La bouche. Je ne vois pas bien qui a pu donner naissance à cette expression. La molette sert à un éperon, elle sert aussi à couper la pâte pour une certaine espèce de gâteau ; enfin, quoi qu’il en soit, ce mot est usuel (Argot des voleurs). N.
Molette d’argent
Croix d’honneur.
Mollard
Graillon, expectoration laborieuse. Du vieux mot moller : s’efforcer. V. Roquefort.
Mollusque
Sot personnage, imbécile.
Mollusque (huître, moule, etc.)
Niais, imbécile.
Momaque
Petit enfant. On dit aussi moutard.
Momard
Variante de môme, usitée au régiment.
Mais il faut’ lui donner un nom à ce momard !… Il faut le baptiser !
(A. Arnault, Les Zouaves.)
Mome
Petit garçon livré à la pédérastie.
Mome
Enfant.
Môme
Enfant. — Dans le patois poitevin on appelle un jeune homme, un jeune garçon un momon, un momeur.
Les chants finis, viennent les momons. Ce sont des garçons qui portent à la mariée un présent caché dans une corbeille.
(Ed. Ourliac, Le Paysan poitevin.)
Les variantes sont, outre momard, momacque, momignard, mignard.
Ohé ! ohé ! les moutards, les moucherons, les momignards, qui est-ce qui s’ paye le Lazar ?
(A. Joly, Fouyou au Lazary. Chans.)
Môme d’altèque, jeune homme. — Môme, jeune fille, amante précoce, — dans le jargon des voleurs. — C’est ma môme, elle est ronflante ce soir. C’est ma maîtresse, elle a de l’argent ce soir.
Môme
Petit. On appelle aussi une femme la môme. Il y en a de célèbres : la Môme-Fromage, la Môme-Goutte-de-Sperme, la Môme-Caca. On dit aussi momaque (Argot du peuple). N.
Môme
Petit, jeune, enfant.
Môme (taper un)
Faciliter une fausse-couche, déterminer un avortement, commettre un infanticide, — dans le jargon des voyous. Les variantes sont : Faire couler un môme, faire couler un enfant.
Môme (taper un)
Commettre un vol. (L. Larchey)
Môme d’altèque
Jeune homme beau et efféminé que l’on rencontre vêtu d’un ça ne te gêne pas dans le parc (veston), d’un pantalon collant gris clair, d’une cravate voyante à larges bouts, et maquillé la plupart du temps, On le rencontre dans la galerie d’Orléans, au Palais-Royal, ou au passage Jouffroy. Ce n’est pas l’omnibus qu’il attend. On les nomme aussi chouard en souvenir du fameux procès Germiny (Argot du peuple). N.
Môme noir
Séminariste, dans le jargon des voleurs. Variante : Canneur du mec des mecs : c’est-à-dire qui a peur de Dieu.
Môme, momaque
Enfant. Jeune maîtresse. Signifie aussi Éphestion de trottoir. Taper un môme, commettre un vol.
Môme, momignard, momaque
Petit enfant. — Du vieux mot momme : grimace. Les petits enfants en font beaucoup. — On dit encore momerie. En ce sens momaque et momignard sont les diminutifs dont Le second seul est pris en bonne part.
Les rats dont nous voulons parler sont des mômes.
Paillet.
Elle entre avec un enfant dans un magasin et en faisant semblant de poser son momignard a terre.
Id.
Mômière
Sage-femme, — dans le jargon des voleurs. Les variantes sont : Mômeuse, déballeuse de mômes.
Momifie, morningue
Petit enfant.
Momignard
Accouchement ; et la variante : Décarrade du crac. — Momignardage à l’anglaise, momignardage en purée, fausse-couche.
Momignard
Absinte servie dans un petit verre mousseline. Allusion à la petitesse du verre, qui est un môme, en le comparant à un grand verre (Argot du peuple). N.
Momignardage
Absinthe servie dans un verre à bordeaux.
Mominette
Petit verre d’absinthe.
Mominette
Accoucher d’un môme.
Ma largue aboule de momir un momignard d’altèque qu’on trimbalera à la chique à six plombes et mèche pour que le ratichon maquille son truc de la morgane et de la lance.
Vidocq.
Mominette
Accoucher. — Momir pour l’aff, accoucher avant terme ; par allusion aux fœtus conservés dans l’alcool, l’aff. La variante est : Décarrer du crac.
Momir
Accoucher. Momeuse, tire-môme, sage-femme.
Momir
Dans la bouche d’un soldat, signifie Mon attirail militaire.
Mômir
Ma part.
Mon biblot
Ma part.
Mon fad
Je suis vaincu.
Mon fad
Quand deux individus se battent, celui qui est vaincu dit qu’il a son linge lavé. Être arrêté a la même signification (Argot des voleurs).
Mon linge est lavé
Moi-même.
Mon linge est lavé
Terme d’amitié.
Mon orguibus
Pièce d’un sou. — Avoir des monacos, avoir de l’argent, — dans l’ancien argot du peuple.
Mon rat
Sou. Monnaie.
Monaco
« Honoré V, mort de dépit en 1841, de n’avoir pu faire passer pour deux sous en Europe ses monacos, qui ne valaient qu’un sou. » — Villemot. — V. Coller.
Monaco
Ami (Vidocq).
Monacos
Roi de cartes.
Ou si c’est un roi qu’elle relève, elle s’écrie : Je pince le monarque.
M. Alhoy.
Monant
Pièce de monnaie. — Allusion à l’effigie royale.
Il va nous donner quequ’vieux monarque pour y boire à la santé...
Gavarni.
Monarque
Roi d’un jeu de cartes.
Monarque
Argent, dans le jargon des filles. — Avoir fait son monarque, avoir gagné sa journée.
Monarque
Public payant, — dans le jargon des saltimbanques. Ainsi, il peut y avoir foule autour d’un banquiste, et pas de monde.
Monarque
Bourgeoisie, dans le jargon du faubourg Saint-Germain. — Lentille, — dans celui des voleurs.
Monde
Guillotine.
Monde (petit)
Embrasser, — dans le jargon des voleurs.
Monde renversé
Embrasser.
Monfier
La motte, — avec toutes ses circonstances et dépendances.
Lorsque Venus vint au monde,
Elle avait la motte blonde,
Les tétons bien relevés
Et les poils du cul frisés,
En voyant cette moniche,
Le grand Jupin s’écria :
Heureux celui qui se niche
Dans un con comm’ celui-là.
Anonyme.
Après cela, c’est son tour de fêter toutes ces petites moniches.
(Aphrodites.)
Monfier
Exemption. — Faire de la fausse monnaie, faire des exemptions fausses. (Albanès, Mystères du collège, 1845.)
Moniche (la) ou Monique
Exclamation admirative équivalant à Quelle bonne fortune !
Mon homme a la croix d’honneur. Pus que ça d’monnaie !
Ricard.
Monnaie
Grimace. V. Roupie.
Il la payait, comme dit le peuple en son langage énergique, en monnaie de singe.
Balzac.
Monnaie (plus que ça de)
Payement en grimaces, en plaisanteries. Payer en monnaie de singe.
Monnaie de singe
Grimace.
Monnaie de singe
Une monnaie qui n’a pas cours à la Banque de France, car les garçons de recette n’accepteraient pas des grimaces en paiement (Argot du peuple).
Monnaie de singe
Lorgnon simple.
Adapte donc un monocle à l’arcade de ton œil gauche !
Montépin.
Monnaie de singe
Monnaie.
Monocle
Pince.
Monouille
Pince à forcer les portes. — Jeu de mots. — Quelle est la porte ne s’ouvrant pas lorsqu’on annonce monseigneur ? — Si, comme l’affirme M. Fr. Michel, on a dit autrefois Monseigneur le Dauphin et par abréviation Dauffe, nous voyons encore là un calembour sur le dos fin de la pince qui permet son introduction. Caroubleur. V. Caroubleur.
Monseigneur
Pince à effraction. Ainsi nommée parce que jadis rien ne résistait à celui à qui l’on donnait du « monseigneur ».
Monseigneur
Pince à effraction.
Monseigneur
Pince en fer à l’usage des voleurs.
Monseigneur
Outil qui sert spécialement à fracturer les portes ; il est tout spécialement employé par les cambrioleurs. Cet outil en acier mesure 45 centimètres de hauteur et 23 millimètres de circonférence. Il est connu depuis le XVIIIe siècle. C’était un des principaux instmments dont se servait le légendaire Cartouche (Argot des voleurs).
Monseigneur
Entreteneur. V. Amant de cœur.
On ne peut pas parler à mademoiselle. Et le mosieur... n’y est pas ?
Gavarni.
En argot de galanterie, le mot d’époux désigne l’entreteneur ; mais il n’est pas le seul. Suivant le degré de distinction d’une femme elle dit : Mon époux, — mon homme, — Mon monsieur, — mon vieux, — monsieur chose, — mon amant, — monsieur, — ou enfin monsieur un tel. — Sauf dans la haute aristocratie où l’on dit : Monsieur un tel, ce mot mon époux est général, il se dit dans toutes les classes.
Cadol.
Monseigneur (pince)
Mesure de capacité.
Il existe de plus une certaine eau-de-vie dont le prix varie suivant la grandeur des petits verres. Voici ce que nous lûmes sur une pancarte : Le monsieur, quatre sous ; la demoiselle, deux sous ; le misérable, un sou.
G. de Nerval.
Monsieur
Mari d’une maîtresse de maison de tolérance, — dans le jargon des pensionnaires de l’établissement.
Monsieur, avec son épaisse barbiche aux poils tors et gris.
(E. de Goncourt, la Fille Elisa.)
Monsieur
Nom que la femme entretenue et sa bonne donnent à l’entreteneur.
Monsieur
Verre de vin de cinq sous, verre de vin de la bouteille servi sur le comptoir du débitant.
Monsieur
Faire de la dépense, s’endimancher, — dans le jargon des ouvriers.
Monsieur
L’homme bienveillant qui honore de sa protection quelque jeune femme sans feu ni lieu, l’habille, la met dans ses meubles et oublie régulièrement un louis ou deux sur sa cheminée. C’est le miché cristallisé.
On ne peut pas parler à mademoiselle. Et le monsieur… n’y est pas ?
Gavarni.
Monsieur (faire le, faire-son)
Avertissement d’acteur à acteur lorsqu’un rôle est mal interprété, lorsque le public est sur le point de témoigner son mécontentement.
Monsieur (le)
Individu sans notoriété, le premier venu, — dans le jargon des gens de lettres.
Monsieur Dufour est dans la salle
Propriétaire qui ne connaît pas d’autre Dieu que le dieu terme. — Usurier.
Monsieur personne
Homme, femme qui s’imagine être sortie de la cuisse de Jupiter. Personne hautaine, froide, orgueilleuse.
Monsieur Vautour
Détestable, monstrueux, au figuré. V. Largonji.
J’en ai assez de vos monstres de concerts.
P. de Kock, 1845.
Monsieur, Madame de Péte-sec
Colossal.
Elle lui apporte un bouquet monstre.
M. Alhoy.
Monstre
Enorme, colossal. Succès monstre.
Monstre
Canevas d’une pièce de théâtre, d’un livre. — Bouts-rimés dont le sens et la rime importent peu et qu’un compositeur de musique donne au parolier pour lui indiquer la mesure et la coupe des strophes qu’il convient d’appliquer à une mélodie.
Monstre
Libertin, partisan du système de l’infidélité à outrance, — dans le jargon des petites dames.
Monstre
Petit monstre.
Ce petit monstrico !
Balzac.
Monstre d’homme
Mont-de-Piété. — Abréviation. — V. Tante.
Elle tient comme qui dirait un petit mont bourgeois... elle prête sur gages et moins cher qu’au grand mont.
E. Sue.
Monstrico
Mont-de-Piété de la rue des Blancs-Manteaux ; le chef-lieu de ce grand département du prêt sur gages.
Mont
La petite éminence placée à l’entrée du con de la femme, qu’on appelle vulgairement la motte.
Car il faut des oublis antiques
Et des pudeurs d’un temps châtré
Venger dans des strophes plastiques,
Grande Vénus, ton mont sacré !
Th. Gautier.
Mont (le grand)
s. m. Ensemble de pratiques ou de paroles qui ont pour but de faire croire à quelqu’un une chose qui n’existe pas, et surtout de le faire agir en vertu de cette fausse croyance. On dit aussi montage de coup. Cette plaisanterie est fréquente dans les ateliers ; mais le compagnon, « né malin », ne coupe pas toujours.
Mont de Vénus
Cartes préparées. — Un beau montage, cartes préparées qui ont fourni une longue carrière, — dans l’argot des grecs.
Montage
Cheval de renfort.
Montage
Haricots rouges. — Je me suis collé une hiture de montagnards au vin.
Montagnard
Potence, — dans l’ancien argot.
Montagnards
Pantalon.
Montagne de géant
Pantalon.
Montant
Pantalon.
Montant
Pantalon. — Le mot a été fait pour les anciennes culottes qui montaient assez haut. — V. Tirant.
Montant
Mur. — Pantalon ; c’est le mur de la décence.
Montant
Bas.
Quoi que ça veut dire ? criait une autre, des montants de soie dans de vieux ripatons !
(Huysmans, Les Sœurs Vatard.)
Montant
Mur. Pantalon. Pas.
Montant
Pantalon. Il monte en effet le long des jambes. Le montant à pattes d’éléphant est, depuis des années, le signe distinctif des citoyens à trois ponts (Argot des souteneurs). V. Falzar. N.
Montant
Pantalon.
Montant
Culotte.
Montant
Culotte.
Montante
Une chaise.
Montante
Culotte.
Montante
Échelle, — dans le jargon des voleurs.
Montante
Échelle. L’image est frappante. Quand, autrefois, l’échafaud était élevé de treize marches que le condamné devait gravir, on nommait les marches la montante du calvaire (Argot des voleurs). N.
Montante
Échelle.
Montante
Échelle.
Montante
Avoir un membre viril d’une belle longueur, ou d’une exiguïté fâcheuse.
Elis en fut quitte pour faire élection des plus gros montés, qui se pouvaient trouver.
Brantôme.
C’est que t’as l’air d’en avoir pour deux… T’es bien monté… mâtin.
Lemercier de Neuville.
Montante, lève-pieds
Les cambrioleurs. Ils sont ainsi nommés parce que ces voleurs opèrent généralement dans les chambres de domestiques situées aux étages supérieurs. Ils montent en l’air (Argot des voleurs). N.
Monté (être bien ou mal)
Cambrioleur.
Monte en l’air
Avoir un miché, et aller dans une chambré quelconque du bordel tirer un coup avec lui.
Rester ici au lieu d’aller au salon avec toutes ces dames… toujours descendre et ne jamais monter.
Lemercier de Neuville.
Monte en l’air
Pour monter une pièce nouvelle, la préparer, — dans le jargon du théâtre. — Est-ce qu’on monte quelque chose pour le mois prochain ?
Monter
Exciter quelqu’un à faire une chose. Il a fallu joliment le monter pour arriver à lui faire dire oui. — L’exciter contre quelqu’un. Il l’a monté contre son frère ; c’est, mot à mot : monter la tête. — Être monté, être surexcité, être très en colère.
Monter
S’emporter. Enflammer, surexciter.
Monter
Se passionner, exagérer les choses, s’exalter. Mot à mot : se monter la tête.
Monter
Être atteint d’une tumeur inflammatoire dans la région de l’aine, tumeur désignée sous le nom de « poulain ». (Argot des voyous).
Monter (se)
S’impatienter, se mettre en colère.
Monter à cheval
Être guillotiné. Mot à mot : monter à l’échelle de l’échafaud. L. L. Monter à l’échelle a une toute autre signification dans le peuple ; cela veut dire : faire mettre quelqu’un en colère.
— Il a la tête près du bonnet, il s’enlève comme une soupe au lait.
On dit aussi :
— Il a un si sale caractère qu’il grimpe à tout bout de champ (Argot du peuple). N.
Monter à l’échelle
Se fâcher, se mettre en colère. Si l’on plaisante un ami et qu’il se fâche il monte a l’échelle.
Monter à l’échelle
Passer un moment avec une fille publique sans débourser d’argent, est monter aux châsses. Monter sans payer sur la tour Eiffel est monter aux châsses.
Monter à l’échelle
Obtenir de l’avancement.
Monter aux châsses
Mentir.
As-tu fini ? Pour m’éprouver, tu veux monter des couleurs, belle Zaïre, mais cela ne va pas.
Decourcelle, 1840.
Monter d’un cran
Grandir. — Votre moutard monte en graine.
Monter des couleurs
Celui qui commet le vol à l’aide d’effraction ou fausses clés monte en l’air.
Monter en graine
Aller et venir sous les fenêtres d’une belle, devant la porte de son magasin, ni plus ni moins qu’un soldat de l’amour en faction.
Monter en l’air
Le faire bander par des polissonneries en paroles ou en actions.
Mais rien ne monte la tête,
Non, rien n’est plus polisson
Qu’une langue toujours prête
À vous lecher le bouton.
Lemercier de Neuville.
Monter la garde
Se monter la tête, ou plutôt l’imagination à propos d’une femme avec qui l’on désire coucher ou d’un homme que l’on se rêve pour amant. Se dit spécialement des filles qui ont des toquades pour tel ou tel homme, coiffeur ou poète, peintre ou goujat, qui a un grand talent ou un gros paquet.
Conserve tes vers pour une autre Muse
Qui se montera mieux te bourrichon.
(Parnasse satyrique.)
Monter la tête à un homme
Se croire plus que l’on est.
Monter le bourrichon (se)
Tendre un piége.
C’est des daims huppés qui veulent monter un coup à un ennemi.
E. Sue.
Monter le coup
Tromper. Monter un chopin, préparer un vol. Monter la couleur, monter un schtosse, mentir, tromper.
Monter le coup
Mentir, abuser, tromper.
Monter le coup
Étre crédule, s’imaginer que toutes les femmes sont vertueuses, ou que l’on peut les baiser sans les payer.
Si tu croit que je suis novice, tu t’ monte le coup.
Lemercier de Neuville.
Monter le coup
Leur promettre mille jouissances par des provocations de toilette, de regards, de paroles, d’attouchements — et se contenter de les faire jouir prosaïquement.
Et cette crinoline !... En voilà encore une invention qui nous aide à monter le coup aux hommes.
Lemercier de Neuville.
Monter le coup (se)
Même sens — cambrioler.
Monter le coup aux hommes
Se monter le coup. Croire que c’est arrivé ou vouloir le faire croire à un autre (Argot du peuple).
Monter le job
Se monter le coup à soi-même. S’illusionner sur toutes choses. S’imaginer être aimé par désintéressement. En un mot, croire que c’est arrivé
— Mon miché qui s’est monté le verre en fleur que j’y allais de mon voyage, faut-y qu’il soit poire (Argot du peuple). N.
Monter le job (se)
Comparaitre devant un tribunal.
Monter le verre en fleur (se)
Avouer ses crimes et ceux de ses complices (Vidocq). — Il paraît y avoir une certaine relation d’origine entre manger le morceau et monter sur la table.
Monter sur la planche
Faire des révélations.
Monter sur la table
Mettre de l’eau dans une barrique de vin. — (Argot des cabaretiers).
Monter sur la table
Faire croire à une atlaire imaginaire ; présenter à des niais un projet de mise en actions pour exploiter une fonderie de pavés ou une filature de pains de sucre. Monter un bateau, synonyme de monter le coup (Argot du peuple). N.
Monter sur le tonneau
Faire croire à un ami une chose qui n’existe pas.
Monter un bateau
Tromper.
Monter un bateau
Préparer une mystification.
Monter un bateau
Préparer un mensonge, combiner une mystification, — dans le jargon des voleurs. — Monter un coup, le coup. (V. Coup).
Monter un bateau, un battage
Inventer un prétexte.
Je monte plus d’un coup pour vanter l’auteur Dorville.
1817, Brazier.
Monter un battage, un bateau
« Dans l’armée d’Afrique, c’est essayer de consommer sans payer le cabaretier maltais. » — De Vauvineux. Gandin : Tromperie. — Du vieux mot gandie : tromperie. V. Du Cange.
Monter un coup
Mentir, avoir de la malice, chercher à mystifier. — C’est une variante de monter le coup, — dans le jargon des voleurs.
Monter un gandin
Mentir. Synonyme de monter le coup à quelqu’un. Stoss en allemand veut dire coup. Ce mot s’est francisé et court les ateliers.
— Pour faire le lundi et ne pas avoir son sac, on monte un schtosse au patron en lui disant que l’on va à l’enterrement de son père.
Il en est qui ont enterré leur père autant qu’il y a de jours dans l’année (Argot du peuple). N.
Monter un schtosse
La baiser, — ce qui est une façon, cavalière de s’exprimer. — La femme est une monture.
Pute ne tient conte
Qui sur son cul monte,
Toz il sont éguals.
(Anciens Fabliaux.)
Le vin si fort le surmonta
Que sur ses deux filles monta.
(Recueil de poésies françaises.)
Disant qu’il ne voulait laisser si aisément une si belle monture, qu’il avait si curieusement élevée, que premièrement il n’eût monté dessus, et su ce qu’elle saurait faire à l’avenir.
Brantôme.
Vous serez le premier qui monterez sur elle,
J’en jure par ma foi, c’est une demoiselle.
Théophile.
Mais ça était un pauvre monteur que ce monsieur le Dauphin.
Tallemant des Réaux.
Mais quand je fis de ma bourse ouverture,
Je ne vis onc plus paisible monture.
Cl. Marot.
Or, allons donc, et je m’assure
Que vaut trouverez la monture
Aussi gaillarde et bien en point.
J. Grévin.
Il n’y a si vieille monture, si elle a le désir d’aller et veuille être piquée, qui ne trouve quelque chevaucheur malotru.
Brantôme.
De qui les femmes aux courtisans
Servent bien souvent de monture
(Recueil de poésies françaises.)
Notre rustre n’eut pas sur sa monture douce
Fait trois voyages seulement,
Qu’il sentit du soulagement.
La Fontaine.
Un aumônier n’est pas si difficile
Il va piquant sa monture indocile,
Sans s’informer si le jeune tendron
Sous son empire a du plaisir ou non,
Voltaire.
Monsieur, je vous entends bien ; vous voulez monter sur moi.
Noël du Fail.
Monter un schtosse
Faiseur.
Je serai le seul monteur de coups À qui tu r’pass’ras en arrière Tes gros sous.
Festeau.
Monter une femme
Comédienne en chambre, femme capable de faire voir à ses amants la lune en plein midi ; femme qui joue la comédie de l’amour.
Monteur de coups
À Paris, on appelle ainsi les cerises du nom de l’endroit où elles sont réputées. On dit de même Montreuil pour pêche, Fontainebleau pour raisin de treille, Valence pour orange. — Qui n’a entendu crier :
V’là des mémorenci, trois sous la livre !
Monteuse de coups
Exhiber ses pièces sexuel montrer son cul à un homme ou son membre à une femme.
En tombant, elle a montré toute sa boutique.
d’Hautel.
Montmorency
Sortir du pantalon son membre viril — de plus ou moins de longitude — et s’en servir pour mesurer la distance qu’il y a enire les deux méridiens, la méridien femme et le méridien homme, à la grande satisfaction de tous les deux.
Je vis après ce polisson
En si fière attitude
Qu’il m’enflamme en me montrent son
Degré de longitude.
Collé.
Montrer sa boutique
Aller à la visite, — en terme de fille soumise.
Montrer son degre de longitude
Quand les filles vont au dispensaire, tous les quinze jours, pour passer la visite sanitaire, elles montrent tout au docteur (Argot des filles).
Montretout (aller à)
Fille publique qui va à la visite.
Montretout (aller à)
Pêche de Montreuil. — J’ai du beau Montreuil.
Montretout (aller à)
Chapeau haute forme, — dans le jargon des ouvriers.
Montreuil (du)
Mamelles de nourrice, — dans l’ancien argot.
Monument
Sous-entendu, de l’an 40 de la République, c’est-à-dire d’un an qui n’arrivera point. Expression due sans doute aux royalistes.
Je m’en moque comme de l’an 40.
Jaime.
Monzu, Mouzu
Cri.
— Si le pante morace et que les becs de gaz accourent, lingre le pour ne pas être paumé (Argot des voleurs). N.
Moquer comme de l’an 40 (se)
s. f. Épreuve faite à la brosse d’une page de journal avant le serrage définitif de la forme. Se dit aussi des ouvriers qui restent pour corriger cette épreuve et qui attendent pour partir que le journal soit prêt à être mis sous presse, et aussi du temps pendant lequel ils attendent. Morasse vient d’un mot latin : mora, retard.
Morace
Épreuve d’une page entière de journal tirée à la brosse sur la forme. — Il y a la une, la deux, la trois et la quatre. Vient de : moratio, retard, attente, en latin, parce qu’on attend avec impatience la morasse pour quitter le journal, ou encore parce que la morasse se fait souvent attendre.
Morasse
Inquiétude, danger, remords. Battre morasse, crier à l’assassin.
Morasse
Danger ; ennui. — Battre morace, crier à l’assassin, crier au voleur.
Morasse (battre)
s. m. Celui qui fait partie de la morasse.
Morasse, Morace, Moresque
Moutard désagréable. Morbac, diminutif de morpion (Argot du peuple).
Morbac
Morpion.
Morbac
Vermine tenace qui fait élection de domicile sur certaines parties du corps humain.
Morbac
Vermine. Enfant désagréable.
Morbec
Belle ou vilaine fille.
Nous allons voir si l’état d’miché vaut l’mien, et si je s’ra assez chançard pour tomber sur un bon morceau…
Lemercier de Neuville.
Morbec
Réussir certaines parties d’un tableau, — dans le jargon des peintres.
Morceau (beau ou vilain)
Son membre viril — dont la femme est si friande.
Et quelle qu’en soit la longueur,
Aucun morceau ne lui fait peur.
(chanson anonyme moderne.)
Morceau (faire le)
Individu grêlé dont le visage est percé de trous comme une passoire. Morceau de gruyère est une allusion aux innombrables trous dont ce fromage est percé (Argot du peuple). N.
Morceau d’un homme (le)
Écrit, page de littérature, article de journal, discours, œuvre d’art, sans esprit, d’un style lourd, compassé.
Morceau de gruyère
Lime, scie.
Morceau de pâte ferme
Lime. Scie.
Mordante
Lime. On dit d’un individu fielleux, qui ne peut prononcer une parole sans dire une méchanceté, qu’il est mordant comme une râpe (Argot des voleurs).
Mordante
Lime.
Mordante
Voir.
Mordre
Se faire réprimander ; recevoir des coups.
Mordre (ne pas)
Assiette.
Mordre (se faire)
Repas, mangeaille.
Morfante, Morfiante
Repas, — dans l’ancien argot.
Morfe
Repas.
Morfe
Repas. Refaite du matin, déjeuner. Refaite du jorne, dîner. Refaite de sorgue, souper. Refaite exprime bien l’action de se refaire l’estomac. Morfer est ici pour manger (Argot des voleurs).
Morfe
Repas.
Morfe
Le repas, la mangeaille.
Morfe
Le repas, la mangeaille.
Morfe (la)
Manger. Vieux mot employé par Rabelais au Propos des Beuveurs. Où diable les escarpes ont-ils été dénicher cette expression ? (Argot des voleurs).
Morfé (la)
Assiette.
Morfiailler
Assiette.
Morfiante
Assiette.
Morfiante
Assiette.
Morfiante
Manger.
Morfiante
Manger.
Morfier
Manger.
Morfier
Manger. Morfiller un truc, avouer un crime.
Morfier, morfigner
Manger. — Se morfiller le dardan, s’inquiéter.
Morfier, morfiller
Passer.
Nous avons vu morfiler le bœuf gras sur la place de la Bastille.
Morfier, Morfiller, Morfiler
Manger.
Morfiler
Manger.
Morfiler
Faire, manger. — Du mot de langue romane morfier : manger. V. Du Cange. — Morfillante : assiette. — V. Chêne, Jaspiner.
Calvi morfile sa dernière bouchée.
Balzac.
Morfiller
Se faire du mauvais sang, se manger le cœur. A. D. Morfiller veut bien dire manger, mais dardant signifie amour. C’est morfiller le vermeil (sang) ou le palpitant (cœur) (Argot des voleurs).
Morfiller le dardant (se)
Sel.
Morgane
Sel, — dans l’ancien argot. — Muronner, saler.
Morgane
Mordre.
Morgane, Muron
Mordre.
Morganer
Mordre.
Morganer
Mordre (id.). — Mot de langue romane. V. Roquefort (Mordant).
Morganer
Mordre, — dans le jargon des voleurs.
Morganer
Mordre.
Morganer
Mordre.
Morganer
Broc (Vidocq). — Allusion à la couleur noire que lui donne le vin.
Morganer
Broc de vin, broc en bois pour le vin.
Moricaud
Charbon, — dans l’ancien argot.
Moricaud
Broc de vin. Charbon. Nègre.
Moricaud
Nègre, négresse.
Moricaud
Chapeau à petits bords, l’opposé du bolivar. V. ce mot.
C’était le temps de la lutte des républiques de l’Amérique méridionale contre le roi d’Espagne, de Bolivar contre Morillo. Les chapeaux à petits bords étaient royalistes et se nommaient des morillos ; les libéraux portaient des chapeaux à larges bords qui s’appelaient des bolivars.
V. Hugo.
Moricaud, Moricaude
Porte-monnaie. D’aucuns disent morningue. Il serait plus juste de dire morniflingue, puisque mornifle veut dire monnaie (Argot des voleurs). N.
Morillo
Porte-monnaie.
Morlingue
Porte-monnaie.
Morlingue
Porte-monnaie.
Morlingue
Bergerie.
Morlingue, porte-mornifle
Bergerie (Argot des voleurs).
Mornante
Mouton, brebis.
Mornante
Mouton, brebis.
Morne
Mouton, brebis.
Morne
Mouton (Vidocq). — Du vieux mot moraine : laine. V. Du Cange.
Morne
Mouton. — Mornier, berger.
Morne
Mouton. Mornante, bergerie.
Morne
Bouchée.
Morne
Bouchée.
Mornée
Bouche, bouchée, — dans l’ancien argot.
Mornée
Berger.
Mornée, mornos
Gifle.
— Je vais te plaquer une morniffle sur la hure si tu m’emmerdes longtemps (Argot du peuple). V. Giroflée à cinq feuilles.
Mornier
Fabricant de finisse monnaie, argent, or, ou billets de banque (Argot des voleurs).
Morniffle
Soufflet. — Détacher une mornifle, donner un soufflet.
Morniffleur
Soufflet. Monnaie.
Mornifle
Monnaie.
Mornifle
Gifle.
Mornifle
Fausse monnaie, gifle.
Mornifle
Monnaie. — Mornifle tarte, fausse monnaie. — Porte-morningue, porte-monnaie. — Refiler de la fausse mornifle, émettre de la fausse monnaie. (Jargon des voleurs.) Porte-morningue appartient aussi au vocabulaire du peuple.
Mornifleur
Faux monnayeur.
Mornifleur tarte
Faux-monnayeur.
Mornifleur tarte
Faux monnayeur.
Mornos
La bouche.
Mornos
Bouche.
Mornos
La bouche.
Mornos
La bouche. Manger une bouchée, avaler une mornée (Argot des voleurs).
Morpion
Pou de corps, parasite de l’homme et de la femme, qui s’attache spécialement aux parties sexuelles — d’où il est difficile de le déloger, à moitis d’employer l’onguent mercuriel ou l’essence de citron.
Cent mille poux de forte taille
Sur ta motte ont livré bataille
À nombre égal de morpions,
Portant écus et morions.
Th. Gautier.
Morpion
Personne dont on ne peut se débarrasser, importun qui s’attache à vos pas.
Morpion
Insecte qui occasionne des démangeaisons fort désagréables. Par analogie, on dit de quelqu’un dont on se débarrasse difficilement :
— Il colle comme un morpion.
On dit également : mille pattes (Argot du peuple).
Morpionner
S’attacher aux pas de quelqu’un, obséder.
Morsures
Marques rosées que les gens qui baisent se font mutuellement dans les spasmes de la jouissance.
Je suis, mon cher savant, si docte avis voluptés,
Lorsque j’étouffe un homme en mes bras veloutés,
Ou lorsque j’abandonne aux morsures mon buste.
Ch. Baudelaire.
Mort
Condamné, — dans le jargon des voleurs.
Mort
Enjeu augmenté après coup par le procédé de la poussette. (L. Larchey)
Mort (faire le)
Jouer le whist à trois personnes, en découvrant le jeu d’un quatrième partenaire imaginaire.
Mais nous ne sommes que trois ! — je ferai le mort.
Achard.
Mort-dans-le-dos
Homme froid, mou, indolent, insensible et sans énergie : — incapable de bander, — dans l’argot du peuple, qui n’aime pas les lymphatiques. — Synonyme de Pisse-froid.
Morue
Femme de mauvaise vie, qu’on pourrait appeler — si l’ichthyologie ne s’y opposait pas formellement — la femelle du maquereau.
Vous voyez, Françoise, ce panier de fraises qu’on vous fait trois francs ; j’en offre un franc, moi, et la marchande m’appelle... — Oui, madame, elle vous appelle… morue !
Gavarni.
Morue
Femme abjecte.
Vous voyez, Françoise, ce panier de fraises qu’on vous fait trois francs ; j’en offre un franc, moi, et la marchande m’appelle... — Oui, madame, elle vous appelle... morue !
Gavarni.
Morue
Femme qui pue ; salope, — dans le jargon des Halles. Épithète dont ces dames gratifient volontiers les bourgeoises qui déprécient la marchandise ou qui, marchandent trop. Mot à mot : qui pue comme une morue.
Morue
Lot d’ouvrages manuscrits que les anciens colporteurs faisaient imprimer à leurs frais. — Les canards ont eu raison des morues.
Morue
Femme sale ou de mauvaise vie.
Morue
Terme employé par les femmes des halles pour répondre aux râleuses qui leur offrent un prix dérisoire de leurs marchandises.
— Va donc, morue, faudrait-y pas te foutre du beurre avec et te le porter à ton poussier (Argot du peuple).
Morviau
Morve. — Petit morveux.
Mots (avoir des)
Échanger des reproches.
En rentrant du bal avec ton amant, vous avez eu des mots, et il t’a flanquée à la porte.
Montépin.
Mots à queue
C’est une plaisanterie d’atelier fort amusante. C’est un homme de l’artichaud Colas. On en a fait des à-peu-près tout aussi drôles sur les heures. Il est une heure, (teneur) de livres. Deux heures, (deux sœurs) de charité. Trois heures, (toiseur) vérificateur. Quatre heures, (cardeur) de matelas. Cinq heures, (zingueur) plombier. Six heures, (ciseleur) sur métaux. Sept heures, (cette heure) est la mienne. Huit heures, (huîtres) d’Ostende. Neuf heures, (neveu) de son oncle. Dix heures, (diseur) de bonne aventure. Onze heures, (on se) réunira à la maison mortuaire pour midi (Argot des ateliers).
Mots inconnus
La kyrielle de cris d’ardeur, de mots étouffés, mourants et sans suite que l’on prononce dans le paroxysme de la jouissance, tels que : …Tout à toi !... à moi !.. arrête… là !... ah !… plus vite… va donc !… ah ! je sens… je fonds… arrête… je jouis… oh !…
Qu’elle est superbe en son désordre,
Quand elle tombe lès seins nus,
Qu’on la voit, béante, se tordre
Dans un baiser de rage, et mordre
En criant des mots inconnus.
A. de Musset.
Motte
Le Mont-Sacré, la petite éminence osseuse qui couronne la nature de la femme, et qui est quelquefois glabre, mais le plus souvent pubescente, c’est-à-dire, couverte de poils.
Et quand il trouve la chemise, il la lève et m’appuie la main sur la motte, qu’il pince et frise quelque temps avec les doigts.
Mililot.
Le mécréant se reculons,
Et regagne ses bataillons ;
L’un va pleurer sur une motte,
Et l’autre hélas ! sur les couillons.
B. de Maurice.
Ces petits cons à grosse motte,
Sur qui le poil encor ne glotte,
Sont bien déplus friands boucans.
(Cabinet satyrique.)
Mais toutes ces beautés, mon Aline, croîs-moi,
Cèdent à la beauté de ta motte vermeille.
Théophile.
Motte
Maison centrale de force et de correction, — dans le jargon des voleurs. — Dégringoler de la motte, sortir d’une maison centrale.
Mou comme une chique
Homme de peu de consistance, sans volonté, qui travaille mollement. Allusion au morceau de tabac que le chiqueur a mâché toute une journée : il est mou. De là, mou comme une chique (Argot du peuple).
Mou de veau
Gorge flasque, tombante.
L’autre dit que sa gorge était un, mou de veau.
L. Protat.
Mou enflé (avoir le)
Être enceinte, — dans le jargon des voyous.
Mou pour ton chat
Quand on regarde avec insistance une jolie fille et que cela ne lui plaît pas, elle répond :
— Ça, mon vieux, c’est pas du mou pour ton chat.
D’aucunes, plus expressives, disent :
— Tu peux regarder, c’est pas de la viande pour ton serin (Argot du peuple). N.
Moucaire
Femme laide, — dans le jargon des voyous. De l’arabe moukére. (V. ce mot.)
Mouchailler
Regarder.
Mouchailler
Regarder.
Mouchailler
Regarder.
Mouchailler
Regarder à la dérobée, regarder en dessous.
Mouchailler
Regarder à la dérobée.
Mouchailler, moucharder
Espionner, dénoncer. — En 1455, les gueux ou coquillards de Dijon disaient déjà mouschier à la marine, pour dénoncer a la justice.
Mouchard
Portrait à l’huile. (Delvau).
Mouchard
Agent de la police de sûreté. Espion. Portrait.
Mouchard à bec
Réverbère.
Mouchard à becs
Réverbère.
Mouchard, mouche
Espion de police. — On connaît l’indiscrétion des mouches ; elles se fourrent partout. — Dans une brochure de circonstance qui parut en 1625 (le Marchand arrivé sur les affaires du temps), on enjoint aux cabaretiers de frauder les droits de perception en ayant du vin chez leur voisin et n’allant le chercher que la nuit
pour n’estre pas veuz des mouches de ce païs icy qui valent pire que des guespes d’Orléans.
Dans ses Politiques, Vincent Cabot (Toulouse, 1636) traite, en son chapitre II,
Des mouschards et escouteurs desquels les princes et les républiques se servent pour sçavoir les nouveautés et les entreprises.
Mouchard, mouche
Policier.
Moucharde
Lune. V. Cafarde.
Mais bientôt la patraque au clair de la moucharde nous reluque de loin.
Vidocq.
Moucharde
Lune, — dans le jargon des voleurs.
Moucharde
La lune.
Moucharde
La lune. Elle se montre souvent fort mal à propos pour déranger messieurs les voleurs dans leurs expéditions nocturnes (Argot des voleurs). N.
Moucharde
La lune.
Moucharde (la)
La lune.
Mouche
Vilain.
Mouche
« Mouche, pour ceux qui ne comprendraient pas le langage parisien, signifie mauvais. » — Troubat. — Un volume intitulé les Mystères des théâtres, par un vieux comparse, publié en 1844, donne mouche dans le même sens. V. Toc.
Mouche
Agent de police.
Mouche
Mousseline. Mauvais. Laid.
Mouche
Laid, bête, ridicule.
— Elle est rien mouche, la môme à Poil-aux-pattes (Argot du peuple).
Mouche (la)
La police ; tout ce qui relève de la préfecture de police.
Mouche (la)
La police.
Mouche, Moche, Mouchique
Laid, mauvais, sans valeur, désagréable. — Toc a succédé à mouche avec le même sens, et moche, variante de mouche, a battu en brèche toc, déjà démodé parmi les voyous. — Être mouchique à la sec, être mal noté dans son quartier, avoir eu déjà des démêlés avec le commissaire de son quartier. Sec est mis par abréviation de section.
Moucher
Boucher. V. Esbrouffer. — Moucher : Corriger, remettre les gens à leur place. Mot à mot : éteindre leur insolence. — Moucher : Tuer, c’est-à-dire éteindre la flamme de la vie.
Aussi ne se passait-il guère d’heures qu’il n’y eût quelqu’un de mouché.
Mém. de Sully, seizième siècle.
Je l’enfile par un coup droit. Encore un de mouché.
Randon.
Du vieux mot muchier : cacher, couvrir. V. Roquefort.
Moucher
Battre. — Remettre quelqu’un à sa place. — Se faire moucher, se faire remettre à sa place.
Moucher
Battre. Tuer.
Moucher
Faire mal. Celui qui s’est fait mal s’est mouché.
Moucher (se)
Bander, baiser ou se branler — afin de décharger.
Le vieux maréchal de Villerol ayant été envoyé à Lyon, en 1717, pour apaiser une sédition, ce ne furent pendant son séjour que réjouissances et. fêtes continuelles. Une grande dame de Paris, ayant appris que les Lyonnaises s’empressaient fort d’écrire au maréchal, écrivit à l’une d’elles : « Mandez-moi donc à qui M. le maréchal a jeté le mouchoir. » La vieille madame de Breault, qui habitait Lyon, et qui avait été autrefois des amies de Villerol, vit cette lettre et dit à celle qui la lui montrait : « Écrivez à votre amis qu’il y a longtemps que le maréchal ne se mouche plus. »
P. Larousse.
Moucher (se)
Faire, disparaître de l’argent, s’approprier quelques pièces d’or ou d’argent prises dans la masse constituant une banque, — dans l’argot des garçons de jeu. C’est ordinairement en se mouchant que s’exécute ce tour d’escamotage ; de là le nom.
Moucher la chandelle
Retirer son membre du vagin de la femme, au moment de l’éjaculation, afin que le suif qui en coule ne le brûle pas, et surtout n’y dépose pas de la semence d’enfante.
Comment, disait-il,
D’un mari, ma belle,
Malgré la chandelle
Tromper l’œil subtil ?
— Mouchez, disait-elle.
Victor Mabille.
Moucher la chandelle
S’adresser pour l’explication aux cinq vers suivants qui jouent très-finement sur le mot :
Comment, disait-il, D’un mari, ma belle, Malgré la chandelle, Tromper l’œil subtil ? — Mouchez, disait-elle.
V. Mabille.
Moucher la chandelle
Pour les collégiens, c’est s’inspirer du jeune Onan. Pour les hommes mariés, c’est suivre l’école matrimoniale de Malthus.
Moucher le quinquet (se faire)
Recevoir une verte correction, une formidable volée (Argot du peuple).
Moucheron
Enfant.
La portière et son moucheron.
Léonard, parodie, 1863.
Moucheron
Enfant. — Apprenti.
L’an passé, papa a mis pour moi quinze cents francs à la tontine, et v’là déjà trois moucherons de claqués !…
(Rando)
Mouches (envoyer des coups de pied aux)
Mener une conduite déréglée, — dans le jargon des coulisses. C’est ce que le peuple appelle : Jeter son bonnet par-dessus les moulins.
Mouches (tuer les)
On dit de quelqu’un qui a une haleine infecte :
— Il tue les mouches à quinze pas (Argot du peuple). V. Pot de chambre cassé dans l’estomac.
Mouches au vol (tuer les)
Sentir mauvais de la bouche. La variante est : Tuer les mouches à quinze pas.
Mouchettes (des)
Non.
Tu m’as volé ! tu vas rendre ! — Des mouchettes.
Léonard, id.
Moucheur de chandelle
Militant de l’école d’Onan. — Militant de l’école de Malthus.
Mouchic
Infirme.
Mouchique
Laid, mauvais, sévère. Mouchique à la section, mal noté dans son quartier.
Mouchique
Laid à faire peur. Vient du mot russe mejiks (Argot du peuple). N.
Mouchique à la section
Mal noté dans son quartier. Quartier est synonyme de section, depuis la division des arrondissements en sections pour les votes (Argot du peuple). N.
Mouchoir
Pistolet de poche.
Mouchoir à bœufs
Champ.
Aujourd’hui la belle est une maison à quatre étages, une ferme en Beauce, un mouchoir à bœufs, un moulin !
(Madame de Girardin, Correspondance parisienne.)
Moudre
Faire l’acte vénérien.
Et moulait au moulin de la dame toujours très-bien, sans y faire couler l’eau.
Brantôme.
Et en jouant et passant le temps ensemble commencèrent à moudre fort et ferme.
P. de Larivet.
Moudre un air
Jouer l’orgue de Barbarie.
Moufflanté, merriflauté
Chaudement vêtu.
Moufflet
Enfant.
Moufflet
Enfant.
Moufier
Baiser.
Mouflon
Mouchoir.
Mouillante
Morue.
Mouillante
Morve.
Mouillante
Soupe (Vidocq). — Mouillante : Morue. — On sait que la morue trempe ordinairement dans des baquets d’eau.
Mouillante
Morue. — Soupe, et aussi bouillante, — dans l’ancien argot.
Mouillante, mouise
Soupe.
Mouillé (être)
Être mal noté. — Être signalé à la police.
Mouillé (être)
Être signalé à la police. Être ivre.
Mouiller
Faire l’acte vénérien, — au bout duquel les deux, acteurs se sentent réciproquement inondés de sperme.
La nature entière se âme Sous un baiser mystérieux, Et se mouille comme una femme, Sous le vit dit plus beau des dieux.
(Parnasse satyrique.)
Mouiller
Attraper une punition, — dans l’argot du régiment.
Mouiller (se)
Commencer à se griser. On se mouille, on s’émèche, on se culotte, on se poivre.
Mouillez-vous pour sécher, ou séchez pour mouiller.
(Rabelais, 1. 1.)
Mouiller ses bibelots
Pisser dans son pantalon (Argot du peuple).
Mouiller ses draps
Avoir des pollutions nocturnes ; jouir comme Ixion, d’une nuée qui a le con d’une femme ou la pine d’un homme.
Il n’est que toi, V***, ma toute belle,
Qui seule, hélas ! te chatouillant le sein.
Fais chaque nuit des rêves de pucelle,
Et sans plaisir mouilles ton travertin.
J. Duflot.
Mouiller une femme
Décharger à son profit la provision de sperme que l’on a dans les couilles.
Va… va… va… petit homme…. Ah ! cela vient.. Tu me mouilles... Ah !…
H. Monnier.
Mouisard
Miséreux.
Mouise
Misère.
Mouise
Soupe.
Moukaire
Femme, — de l’espagnol.
Moukalah
Fusil, — de l’arabe.
Moukère (avoir sa)
Être en bonne fortune, — dans l’argot du régiment. C’est une expression d’importation africaine. En arabe, moukère signifie femme.
Moule
Imbécile. C’est un pendant à huître, pris dans le même sens.
Il faudrait être rudement moule pour trouver qu’on vous a fait perdre votre temps.
(Tam-Tam du 16 mai 1880.)
Moule à gaufre
Individu dont le visage a été ravagé par la petite vérole. Allusion au moule employé par les gaufriers (Argot du peuple). N.
Moule à gaufres
Individu grêlé.
Moule à melon
Bossu.
Moule à merde
Le cul, — d’où la merde sort en effet moulée en corde à puits.
D’un moule à merde il fait un moule, à pine,
Et bat le beurre au milieu d’un étron.
(Chanson anonyme moderne.)
Moule à merde
Derrière.
Moule à pastilles, moule à gaufres
Visage marqué de petite vérole, par allusion aux trous des moules à pastilles.
Moule à pets
Homme qui se lâche facilement. Dans le peuple on dit :
— Avec un vent pareil, il va pleuvoir de la merde.
On dit également :
— Si on chante comme ça à ton enterrement, il y aura plus de cochons que de curés (Argot du peuple). N.
Moule de gant
Soufflet. — La main est un moule de gant.
Ne faut pas avoir un air, sans ça j’te repasse un moule de gants qui ne t’en restera pas une dent.
1844, Cat. poissard.
Je lui donnai sur sa face un moule de gant.
Rétif, 1783.
Moule de gant
Soufflet.
Moule de pipe à Gambier
Personne grotesque ; caricature vivante.
Moule de saut
Soufflet. Moule de pipe, tète grotesque.
Moule est cassé (le)
Se dit d’un personnage exceptionnel, inimitable. L. L. Cette expression n’est pas prise dans ce sens parmi le peuple ; elle est employée pour dire d’une femme qui a passé l’âge, qui ne marque plus, qu’elle ne peut plus faire d’enfants : le moule est cassé (Argot du peuple). N.
Moulin
Maison du receleur (meunier).
Moulin
Boutique du receleur. C’est pour cette raison, sans doute, que l’on nomme le receleur, le meunier (Argot des voleurs). N.
Moulin
Boutique de recéleur (argot des plombiers et couvreurs).
Moulin à café
« De temps à autre, on fait une rafle des malheureuses créaturesinscrites sur le livre de la police dite des mœurs, on en fait une cargaison qu’on expédie dans une colonie. Les femmes ainsi dépaysées sont ce qu’on appelle, eu terme de police, passées au moulin à café. »
(Procès de la Lanterne, 27 janv. 1879, plaidoirie de Me Delattre.)
Moulin à café
Mitrailleuse, — dans le jargon des soldats. (L. Larchey)
Moulin à café
Mitrailleuse.
Moulin à café
Le tribunal correctionnel. Allusion à la vitesse avec laquelle les juges expédient les affaires. Les prévenus sont condamnés à la vapeur (Argot du palais). N.
Moulin à m...
La bouche. Personne mal embouchée.
Moulin à merde
Se dit d’une vilaine bouche, — comme de la plus mignonne et la plus rosé.
Si vous croyez baiser une belle petite bouche, avec des dents bien blanches, vous baisez un moulin a merde ; tous les mets les plus délicats : les biscuits, les pâtés, les tourtes, les farcis, les jambons, les perdrix, les faisans, le tout n’est que pour taire de la merde mâchée.
(Lettre de la duchesse d’Orléans à l’Electrice de Hanovre.)
Moulin à merde
Personne mal embouchée.
Moulin à merde
La bouche. En mangeant, elle travaille pour Richer (Argot du peuple).
Moulin à paroles
Femme bavarde qui ne tarit pas, qui parle avec volubilité. Elle broie les paroles comme le moulin, le café (Argot du peuple).
Moulin à vent
Derrière.
Et le monde n’en mange plus que de la mouture de moulin à vent.
(Il Putanismo.)
Moulin à vent
Le derrière. Dans la Chanson du Propriétaire on trouve : Moulin à eau par devant, Moulin à vent par derrière. (Argot du peuple). N.
Moulin à vents
Le derrière.
Moulin, maison du meunier
Recéleur. — Boutique de recéleur.
Moulinage
Bavardage.
Mouliner
Parler beaucoup ; dire des niaiseries.
Mouliner
Bavarder.
Mouloir
Bouche.
Mouloir
Bouche ; dent.
Mouloir
Bouche.
Moulure (faire une)
faire ses nécessités. Variante : Pousser une moulure.
Moumoutte
Les faux cheveux que l’homme dénude se met sur le dessus de la tête pour cacher son calvitie, c’est une moumoutte ou un gazon.
Mouniche
Le sexe d’une femme.
Mounine
Petite fille grimacière, petite espiègle.
Mourir
Arriver, par l’excès de la jouissantes vénérienne, à un état de béatitude — ou plutôt d’hébétement — qui vous enlève aux choses de la terre et vous transporte dans le monde inconnu où l’on ne pense plus, où l’on ne parie plus, où l’on ne remue plus, où l’on nage dans une atmosphère spermatisée.
Vous me voyez, tendre fougère, Avec mon berger chaque jour Mourir dans tes bras de l’Amour.
(Épigrammes.)
Laisse Roger baiser ta gorge ronde
Et Louis se mourir dans tes bras.
J. Duflot.
Mourir (tu t’en ferais) !
Tu ne le voudrais pas. Cela est au-dessus de tes forces. — Expression dont le peuple a abusé comme : de tant d’autres et qu’il mettait : à toutes sauces. — Voulez-vous m’embrasser ? demandait un jeune homme timide à une drôlesse. — Tu t’en ferais mourir. — Voulez-vous m’accompagner jusqu’à la Bastille à pied ? — Tu t’en ferais mourir.
Mouscaille
Gadoue. Excréments.
Mouscaille
La marchandise que l’on abandonne avec satisfaction dans les châlets de nécessité. Mouscailler : faire ses besoins (Argot du peuple).
Mouscaille
Déjections.
Mouscaille (?)
Matière qui sert à faire la poudrette.
Mouscaille ou moustille
Expression littéralement traduite par le mot de Cambronne.
Mouscaille, Mousse
Matière fécale.
Mouscailler
Aller à la garde-robe (Vidocq). — De mousse.
Mouscailler
Se défaire de la matière fécale.
Mouscailler ou filer du proye
Ch…
Mouscailler, ou filer du proye
Ch.
Mouscailleux
Fantassin. On dit aussi pousse-cailloux, mille-pattes, cul-rouge.
Mouscaillier
Ch…
Mouscailloux
Fantassin, pour pousse-cailloux.
Mousquetaire gris
Pou.
Mousquetaire gris
Pou.
Mousquetaire gris
Pou. Allusion à la couleur de cet horrible animal que pourtant certains adorent. Un amateur marchande un pou à un chiffonnier ; il lui offre d’un pou magnifique un prix dérisoire. L’éleveur le remet délicatement dans sa chemise en lui chantant le relrain célèbre : Tu n’en veux pas ! J’l’remets dans ma chemise. Ça n’mange pas il’pain. (Argot du peuple). N.
Moussante
Bière. — Encore un de ces mots qui n’ont pas demandé de grands frais d’imagination.
Moussante
Bière.
Moussante
Bière (Argot du peuple).
Moussante
Bière.
Moussard
Chataignier.
Mousse
M.
Mousse
M...
Mousse
Excrément.
Mousse
Excrément. — On s’injurie fréquemment dans le peuple par ces mots : Vent et mousse pour toi !
Mousse
Vieux mot injurieux, très en vogue aux XVe et XVIe siècles, synonyme de bran et auquel à succédé le fameux « merde » de nos jours, qui semble répondre à toutes les situations tendues.
Mousse pour le guet ; bran pour les sergents.
(Adages français.)
Mousse
Excrément. Mousser, aller à la selle. De la mousse ! Non ! Rien ! Mousserie, latrines.
Mousse
Couteau.
Mousse (faire de la)
Faire des embarras, chercher à briller, faire grand étalage de toilette.
La dite belle se promenait devant ces agents, faisant le plus de mousse possible aux yeux des nobles étrangers.
(Figaro du 28 oct. 1878.)
Mousse (faire de la)
Faire des épates ou des manières, c’est faire de la mousse.
Mousseline
Pain blanc.
Mousseline
Fers de prisonniers. (Larchey.)
Mousseline
Pièce d’argent. — Pain blanc. — Sorte de gâteau de Savoie.
Mousseline
Fers de prisonniers. Pain blanc. Pièce d’argent.
Mousser
Satisfaire ses besoins.
Mousser
Être en colère. — Exagérer. — Faire mousser, exagérer les dualités d’une personne, la valeur d’une chose.
Mousserie
Latrine.
Mousserie
Fosse d’aisance des prisons (Argot des voleurs).
Moussu
Riche, puissant.
Moussue
Chataigne.
Mout
Beau, — dans le jargon des voyous.
Moutard
Enfant.
Moutard
Enfant.
Moutarde
Excrément. Moutardier, derrière.
Moutarde après dîner
Trop tard, chose inutile, qui n’est pas venue au moment opportun.
Moutardier
Derrière.
Moutardier du pape
Vaniteux.
Moutardier du pape (premier)
Sot orgueilleux.
Moute
Beau.
Mouton
Homme de leur société qu’ils supposent y avoir été mis pour s’associer seulement à la conversation et les dénoncer ensuite. Dans les prisons, la police y met beaucoup de ces gens qui, ayant l’air d’être détenus, causent avec les prisonniers, et finissent par donner des indices très précieux à la police qui les transmets ensuite à la justice.
Mouton
Mouchard.
Mouton
Mouchard.
Mouton
« En prison, le mouton est un mouchard qui parait être sous le poids d’une méchante affaire et dont l’habileté consiste à se faire prendre pour un ami. » — Balzac. — Allusion ironique à la fausse candeur de ces compères. — Moutonner : Dénoncer. V. Coqueur.
Mouton
Matelas.
Mouton
Homme de compagnie d’un prisonnier, et chargé par la police de devenir l’homme de confiance du même prisonnier.
Mouton
Matelas. Prisonnier qui espionne et dénonce son compagnon.
Mouton
Dénonciateur qui vend ses complices. Prisonnier qu’on place dans une cellule avec un autre prévenu pour le moutonner. C’est-à-dire le faire avouer dans la conversation (Argot des voleurs).
Mouton
Matelas. Quand il est plus que plat, on dit : galette (Argot du peuple).
Mouton
Prisonnier qui dénonce ses co-détenus.
Mouton (casserole)
L’homme que l’on met en cellule avec un autre détenu pour avoir ses confidences.
Moutonner
Chercher à arracher un secret.
Moutonner
Espionner.
Mouvante
Bouillie.
Mouvette
Agent de police.
Mouvette
Indicateur qui fournit des indications à la police. C’est généralement un camelot ; il se meut d’un point à un autre, suivant les cas (Argot des voleurs). N.
Mouvette
Indicateur de la police, délateur ; synonyme de casserole.
Mouzu
Téton ou mamelle.
Muche
Très bon, supérieur. — Jeune homme timide auprès des dames de la rue de Maubeuge.
Muche
Très bon, excellent. Jeune homme timide et réservé avec les femmes.
Muette
Conscience (Vidocq). — Mot inventé pour les hommes qui n’ont pas de conscience.
Muette
Exercice dans lequel, par espièglerie ou par antipathie pour un chef, les élèves de Saint-Cyr ne font pas résonner leurs fusils.
Lorsque vient le tour de commandement d’un gradé ou d’un chef détesté, on convient de lui donner une muette.
De la Barre.
Muette (avoir une puce à la)
Condamné qui a des remords. On dit aussi : jouer à la muette (ne pas parler) (Argot du peuple).
Muette (la)
La conscience.
Muette (la)
La conscience.
Muette (la)
La conscience.
Muette (la)
Conscience.
Muf (faire sauter le)
Faire du café avec le marc de la veille.
Mufe, Mufle
Maçon.
Muffée
Être bien ivre, c’est en avoir une muffée.
Muffée (en avoir une)
S’être empiffré jusqu’à en étouffer. Avoir une soulographie numéro un. Muffée : n’en plus pouvoir (Argot du peuple). N.
Muffle
Imbécile.
Muffle
Mal élevé, grossier. Maçon.
Muffle
Communément, ce sont les maçons qu’on appelle ainsi. La chanson dit :
Tous les muffles que nous connaissons
Ne sont pas à la grève.
En effet, il y a plusieurs genres de muffles :
Tout individu qui se conduit mal avec quelqu’un est un muffle.
Muffle est synonyme de goujat (Argot du peuple).
Mufle
Mal élevé, grossier personnage. Le peuple prononce mufe.
Mufle (pain de)
Pain de quatre livres fendu, pain que consomment généralement les maçons.
Mufle, muffe, feton
Homme mal élevé, grossier. — Allusion au mufle d’un animal. — V. Balancer.
Eh ! dis donc, la belle blonde, tu vas quitter ces deux muffles et t’en venir avec moi.
E. Sue.
Vois-tu, muffeton ? lui disait la dame.
G. de Nerval.
Muflée
Quantité, grand nombre. Une muflée de plats, — dans le jargon des ouvriers.
Mufleman
Mufle ; tournure anglaise donnée à ce mot.
Elle conservait en même temps Alfred, un mufleman de la pire espèce.
(Huysmans, Les Sœurs Vatard.)
Mufleton, Muffeton
Apprenti maçon.
Mulet
s. m Compositeur qui aide dans son travail un metteur en pages surchargé de besogne. Le mulet est en conscience ; son office reçoit encore le nom de fonctions ; il serre et desserre les formes, fait corriger les paquetiers, fait faire les épreuves et descend ou porte les formes aux machines.
Mulet
Artilleur de marine.
Mulet
Diable. (F. Michel.) — Metteur en pages en second dans une imprimerie.
Munitions d’amour
Le fard, les pommades, etc. pour les femmes, et, pour les hommes, de bons vits bien bandants.
Il part : après un mois d’absence,
Il revient avec cent amis,
Jeunes, discrets et bien munis.
Paret.
Murer
Battre, porter des coups. — Je te vas murer.
Murer
Assommer, tuer. Se murer, se battre.
Murer
Frapper quelqu’un c’est le murer.
Mures
Coups.
Muron
Sel.
Muron
Sel. Muronnière : la salière (Argot des voleurs).
Muron
Sel.
Muronner
Saler.
Muronnier
Saunier.
Muronnière
Salière.
Musardine
Drôlesse qui hante les Concerts-Musard, où le miché donne plus qu’ailleurs.
On dit une musardine, comme jadis on disait une lorette.
Albéric Second.
Musardine
Habitué femelle des Concerts-Musards, de 1858 à 1860.
On dit une musardine, comme jadis on disait une lorette.
A. Second.
Musée des claqués
La Morgue, — dans le jargon des voleurs.
Muselé
Propre à rien, maladroit.
Musette
Petit sac à avoine. C’est l’en-cas des chevaux de fiacre et des chevaux de charroi.
Musette
Petit sac en toile, comme ceux qu’on attache au museau des chevaux.
Musette (couper la)
Empêcher quelqu’un de parler. On dit aussi : lui couper la chique (Argot du peuple).
Musette (fermer sa)
Se taire.
Musette (s’en faire jouer un air)
Expression employée dans les maisons de rendez-vous pour désigner un certain travail très estimé des écoliers (Argot des filles).
Musicien
Dictionnaire, — dans le jargon des voleurs.
Musicien
Délateur. — Joueur qui se répand en plaintes contre le sort.
Musicien
Dictionnaire. Délateur. Haricot.
Musicien
Détenu qui vend ses complices.
Musiciens
Haricots. — Allusion au bruit des vents qu’ils forment dans les entrailles.
Musiciens
Haricots.
Musiciens
Haricots.
Musique
s. f. Grande quantité de corrections indiquées sur la marge des pages, de telle sorte que l’épreuve a quelque analogie d’aspect avec une page de musique. En un autre sens, groupe de compositeurs qui calent fréquemment par suite de leur incapacité. On dit encore en ce sens la PETITE MUSIQUE.
Musique
Lot de bric-à-brac acheté à l’Hôtel des Ventes. — Petit pain, c’est-à-dire flûte.
Musique
Plaintes, doléances au jeu. — Faire de la musique, se plaindre d’avoir mauvais jeu, d’avoir perdu.
Bisset payait avec des jurements, des trépignements, des grognements, faisait une musique infernale.
(Vast-Ricouard, Le Tripot.)
Petite musique, petit jeu, petite mise au jeu.
Musique
Grande quantité de corrections indiquées sur la marge des pages, de telle sorte que l’épreuve a quelque analogie d’aspect avec une page de musique. (Boutmy.)
Musique
Culot de l’auge des maçons. — Résidu d’un verre, d’un vase quelconque. (A. Delvau)
Musique
Dénonciation. — Passer à la musique, être confronté avec un dénonciateur.
Musique
Lot de bric-à-brac. Gouttures des verres que recueille le marchand de vin. Culot de l’auge des maçons. Ruse. Petit pain. Plaintes, doléances. Dénonciation.
Musique
Dénonciateurs condamnés mis séparément en la prison de la Roquette pour éviter qu’ils se fassent casser les reins.
Musique à tour de bras
Batterie des tambours.
Musique, Petite musique
Groupe de compositeurs d’imprimerie qui calent fréquemment par suite de leur incapacité, — dans le jargon des typographes. Ils se plaignent souvent, ils font ce que vulgairement on appelle « de la musique » ; de là le surnom.
Musiquer
Marquer une carte d’un petit coup d’ongle, d’un signe imperceptible pour les autres, — dans le jargon des grecs.
Mutilés (les)
Soldats des compagnies de discipline, qui y ont été envoyés pour s’être blessés ou coupé un membre, dans le but d’échapper à la conscription.
Mystères
Se dit de toutes les choses de l’amour qui, devant être tenues secrètes, ne son t révélées que par les initiés, aux soupirants après l’initiation de ces choses.
Avec quels transports il me remerciait de l’avoir initié dans de si agréables mystères.
(Mémoires de miss Fanny.)
Tout va bien mieux, comme m’ont assuré
Ceux que l’on tient savants en ce mystère.
La Fontaine.
Quand sur le déclin du mystère
Le galant transporté dit plaisir qu’il ressent.
Grécocet.
Vous demeurez sans voix, sans mouvement,
Loin de me seconder dans l’amoureux mystère.
Piron.
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