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Dictionnaire d’argot classique
Argot classique
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J

J’en ai mon pied

J’en ai assez. J’en ai soupé signifie la même chose. J’ai soupe de ta fiole, de même. Donne-moi mon pied veut dire : Donnez-moi ma part. Ça fait le pied, synonyme de ça fait le joint (l’affaire) (Argot des voleurs). N.

J’menfoutiste

Gens qui se foutent de tout et de tous. Cette catégorie devient chaque jour de plus en plus nombreuse.
— Que pensez-vous de la politique ?
— J’m’en fous.
— Votre femme vous trompe.
— J’m’en fous (Argot du peuple). N.

J’y fais

J’y consens, j’approuve. On dit J’y fais comme synonyme de Je marche. V. marcher.

Jabot

Estomac. — Se remplir le jabot, manger.

Jabot

Estomac.

Jabot

La gorge. Allusion au jabot du dindon. Dans l’argot des voleurs, on dit aussi étal, sans doute par analogie avec l’étal du boucher, sur lequel il passe toutes sortes de viandes (Argot des voleurs). N.

Jabot (le)

La gorge.

Jabot (s’arroser le)

Boire.
— Toute la tine s’arrose le jabot (Argot des voleurs).

Jaboter

Causer.

Asseyez-vous donc un peu… nous jaboterons.

Ricard.

On trouve jaboter avec ce sens dans Roquefort.

Jaboter

Causer, parler.

Jacasser

Synonyme de jaboter.

Jacobin

Pince à l’usage des cambrioleurs (Argot des voleurs). V. Monseigneur. N.

Jacobin

Pinces en fer à l’usage des voleurs pour commettre les effractions.

Jacobin

Pince de cambrioleur.

Jacots

Mollets.

Jacque

Pièce d’un sou.

Jacqueline

Nom de femme qui est devenu celui de toutes les femmes — devenues filles.

Le banquier Kocke, chez qui toi et ta Jacqueline vous passez les beaux jours de l’été.

Camille Desmoulins.

Jacqueline

Fille de mauvaise vie. — On dit de même une Margot.

Notre Jacqueline le fouille, Empoigna la grenouille, Laissa là mon nigaud.

Chanson du jeune Picard partant pour Paris.

Jacqueline

Prostituée. — Sabre de cavalerie.

Jacqueline

Prostituée. Sabre de cavalerie.

Jacqueline

Grisette.
— J’ai été promener ma petite jacqueline (Argot du peuple). N.

Jacques

Sou, — dans le jargon des chiffonniers. — Qui veut mes chocottes ? — Je t’en colle dix jacques. Qui veut mes os ? — Je t’en donne dix sous.

Jacques

Sou (Argot du peuple). V. Fricadier. Jacques : mollets (Argot du peuple). V. Jacquots.

Jacques

Sou.

Jacques

Voir jacobin.

Jacques

Petite pince-monseigneur.

Jacques (aller à saint-)

v. Faire des bourdons. Un compositeur que l’on envoie à Saint-Jacques, dit Momoro, est un compositeur à qui l’on indique sur ses épreuves des remaniements à faire, parce que celui qui corrige les épreuves figure avec sa plume une espèce de bourdon aux endroits omis pour indiquer l’omission. C’est sans aucun doute de cette grossière représentation de l’espèce de long bâton sur lequel s’appuyaient les pèlerins à Saint-Jacques-de-Compostelle que vient le mot bourdon. Il faut ajouter que l’expression Aller à Saint-Jacques est actuellement presque inusitée. V. ALLER EN GALILÉE, EN GERMANIE.

Jacques (faire le)

Faire l’imbécile ou bien encore pivoter. (Voir ce mot.)

Jacques ou Jacquot

Le membre viril.

Il est hercule ou peu s’en faut,
Il faut que tout lui cède ;
Il sait démontrer comme il faut
L’amoureux intermède ;
Quand il se prépare à l’assaut
Faut voir comme il est raide,
Jacquot,
Faut voir comme il est raide !

Al. Dalès.

… Il est nommé pine par la lorette ;
Un chose, ou bien cela, par une femme honnête ;
Jacques par le farceur…

L. Protat.

Jacquot

Niais, bavard importun. A. D. Jacquot : mollet (Argot du peuple). N.

Jacquots

Mollets.

Jactance

Bavardage. — Jacter, bavarder. — Jacteur, bavard, dans le jargon du peuple.

Jacte

Crie (Argot des voleurs).

Jacter

Dire, proclamer, crier.

Jacter

Parler. Crier. Jaquette, bavard.

Jacter

Parler, crier.

Si quelque pante
Se glisse et entre
Et se permet
Chez nous de faire du pet
On l’saigne, on l’frotte,
Et c’est fini par là.
S’il se cacale et jacte dans la rue
Pour ameuter tous les daims contre nous.

dit une des plus vieilles chansons d’argot connue.
Jacter vient sûrement de jacare (Argot des voleurs).

Jaffe

Soufflet, — dans l’ancien argot.

Jaffier

Jardin.

Jaffier

Jardin. — Jaffin, jardinier, — dans l’ancien argot.

Jaffier

Jardin. Jaffin, jardinier.

Jaffin

Jardinier.

Jaffle

Soupe, — dans le jargon des voleurs.

Jaffle

Soupe. Joue.

Jaffles ou jaffes

Les joues. En Normandie, on dit jaffe pour soufflet (Argot du peuple).

Jaja (faire la)

Se sauver, s’en aller.

Jalo

Chaudronnier.

Jalo

Chaudronnier.

Jambe

La pine, qu’on appelle aussi la troisième jambe.

Ah ! Monsieur, que vous avez une belle jambe ! — Laquelle donc, Madame !… répliquait Arnal, en donnant a entendre qu’il ne s’agissait ni de la droite, ni de la gauche.

Jambe (faire une belle), rendre la jambe mieux faite

Donner un avantage illusoire.

Tu as maudit ton père de t’avoir abandonné ? — Ça m’aurait fait une belle jambe.

E. Sue.

Jambe (la)

Pour dire à quelqu’un : laisses-moi, tu me rases, tu m’ennuies, ou tais-toi, en voila assez, on dit : la Jambe, fiche-nous la paix.

Jambe (s’en aller sur une)

Ne pas redoubler une tournée chez le marchand de vin. — Se contenter d’un verre de vin sur le comptoir, quand on est avec des amis.

Jambe en l’air

Potence, — dans l’ancien argot.

Jambes

Sortir sur les jambes d’un autre. Rester à la caserne, consigné, ou collé au bloc. Autrefois, lorsqu’un vieux brisquard vous punissait, il ne manquait guère de dire : vous sortirez sur mes jambes, c’est-à-dire : je vous consigne et moi j’irai me promener.

Jambes de laine

Individu peu solide sur ses jambes. Quand un homme sort de l’hôpital, il a généralement des jambes de laine : il flageole. Autrefois on disait, pour exprimer la même image : jambes de coton (Argot du peuple). N.

Jambes en coton

Jambes faibles. — On a les jambes en coton lorsqu’on relève d’une longue maladie.

Jambes en l’air

Potence. A. D. Il est vrai que le pendu a les jambes en l’air ; mais le peuple ne donne pas du tout le même sens à cette expression quand il dit : faire une partie de jambes en l’air. Généralement cette partie se joue sans témoins. Ce jeu est connu chez tous les peuples (Argot du peuple). N.

Jambes en manche de veste

Individu mal bâti, tordu, qui festonne en marchant (Argot du peuple). N.

Jambon

Violon. — Cuisse de l’homme.

Jambon (façonner son, Faire son)

Casser son fusil, — dans le jargon des troupiers. — Allusion de forme entre un jambon et la crosse d’un fusil cassé.

Ali ! chenapan, tu casses ton fusil, tu fais des jambons avec ta clarinette !

(A. Camus.)

Jambonneau

Les cuisses (Argot du peuple). V. Boudinots.

Jambonneau

La tête. Celui qui n’a plus de cheveux, n’a plus de chapelure sur le jambonneau.

Jambonneau (ne plus avoir de chapelure sur le)

Ne plus avoir de cheveux sur la tête.

Jambonneaux

Les cuisses.

Jambonner

Battre quelqu’un, c’est le jambonner.

Jambonner (?)

On jambonne dans tous les pays, mais cela se passe toujours à deux, d’un sens different.

Jambonner (se)

Se battre.

Jambons

Les cuisses d’une femme.

Elle a le cœur si bon, qu’en mille occasions,
Pour avoir une andouille, elle offre deux jambons.

Japhe

Soupe.

Jappe

Bavardage. — Japper, bavarder, crier.

Japper

Crier.

Jaquette

Celui qui ne peut garder pour lui ce qu’il ne devrait pas dire, est une Jaquette.

Jar

Argot (Vidocq). — Abréviation du vieux mot jargon : langage. V. Roquefort.

Jar

Argot.

Jardin

La nature de la femme, que l’homme est chargé d’entretenir, de sarcler, de bêcher, de ratisser, et de planter — d’enfants. :

Au demeurant, il n’y a homme qui mieux dresse et accoutre un jardin que moi.

Noel du Fail.

Quand, se ruant tout en courroux,
Le fleuve aux ondes spermatiques,
D’Armide inondait le jardin.

B. de Maurice.

Jardinage

Médisance. — Jardiner, médire, parler, synonyme de médire pour beaucoup de gens. — Bêchage, bêcher, ont donné jardinage, jardiner par assimilation.

Jardinage

Médisance. Moquerie. Faire du jardin, se moquer.

Jardiner

Ennuyer, fatiguer par des paroles.

Jardiner

Se moquer, ricaner.

Jardiner

Parler en se moquant. — Vient de Jar. V. Escracher.

Jardiner

Médire de quelqu’un, fouiller dans sa vie, comme le jardinier fouille dans la terre pour en mettre à jour les coins les plus secrets. Jardiner est synonyme de bêcher (Argot du peuple). N.

Jardiner

Plaisanter. Blaguer quelqu’un, c’est le jardiner.

Jardiner

Médire, débiner quelqu’un.

Jardiner sur le tap vert

Jouer aux cartes. Tap vert pour tapis vert.

Jardinier

Compère du voleur à l’américaine.

Jardinier

Compère du voleur à l’américaine. Racoleur des maisons de jeu.

Jardinier

Nom donné au complice des voleurs à l’américaine (Argot des voleurs).

Jargolier

Normand. — Jargolle, Normandie.

Jargolier

Normand.

Jargouinte

Bouche.

Jargue

Argot.

Jarnaffe

Jarretière ; changement des deux dernières syllabes.

Jarnaffe

Jarretière.

Jarnaffle ou jarnaffe

Jarretière (Argot des voleurs).

Jarret (lever le)

Marcher en colonne, — en terme de troupier. — Avoir du jarret, être on marcheur.

Jarretières (mettre quelque chose dans les)

Donner une gratification à une fille publique. Les prostituées de maison placent cet argent dans leurs bas, sous la jarretière.

Jars

Argot.

Jars

Argot ; apocope de jargon. — Jaspiner te jars, dévider le jars, parler argot.

Jars

Argot. Dévider le jars, parler argot.

Jars

Argot.

Jasante

Prière.

Jasante

Prière. — Jaser, prier. — Jaseur, prêtre qui dit la messe.

Jasante

Prière.

Jasante

Prière.
— Y me fait suer le ratichon avec sa jasante en latimpem (Argot des voleurs).

Jaser

Prier.

Jaspin

Oui.

Jaspin

Oui.

Jaspin

Oui.

Jaspin

Oui. — Jaspiner, parler.

Jaspin

Oui.

Jaspin

Discours, plaidoyer.

Jaspiner

Parler.

Jaspiner

Causer.

Jaspiner

Parler sur quelqu’un, bavarder.

Jaspiner

Parler, raconter.

Jaspiner

Parler, causer. — Diminutif de Jaser.

Ils jaspinaient argot encore mieux que français.

Grandval, 1723.

Alle voulut jaspiner avec moi.

Vadé, 1788.

Je lui jaspine en bigorne : « N’as tu rien a morfiller ? »

Vidocq.

Jaspiner

Parler.

Jaspiner

Signe convenu d’aboyer sur la voie publique pendant que des complices dévalisent les poches des badauds (Argot des voleurs).

Jaspiner

Parler, causer.

Jaspiner

Parler.

Jaspiner, jaser

Parler.

Jaspineur

Parleur, bavard, orateur.

Jatte

Soufflet.

Jaune

Été.

Jaune

Eau-de-vie.

Estaminet dit poétique, espèce de paradis perdu dans le jaune et le petit bleu.

La Maison du Lapin blanc, typ. Appert.

Lapin blanc, que me veux-tu ? Avec ton jaune et ton camphre, Tu déranges ma faible vertu.

Id.

Jaune

Été, — dans l’ancien argot.

Jaune

Eau-de-vie. — Jaunier, ivrogne.

Jaune

Été. Eau-de-vie.

Jaune, Jonc

Or. — Jaunet, pièce d’or.

Jaune, Jonc, Jognard

Or.

Jaunet

Pièce d’or.

Un seul regret, celui de n’avoir pu débarrasser les pigeons de leurs jaunets.

Paillet.

Jaunier

Gendarme. Débitant d’eau-de-vie.

Javanais

« La Crécy parlait le javanais, cet argot de Bréda où la syllabe va, jetée après chaque syllabe, hache pour les profanes le son et le sens des mots, idiome hiéroglyphique du monde des filles qui lui permet de se parler à l’oreille — tout haut. » — Goncourt. — Ex. : Jaunet, javaunavet ; jeudi, javeudavi ; etc., etc.

Javanais

Langage de convention qui consistait, il y a une vingtaine d’années, à intercaler les syllabes va et av entre chaque syllabe. C’était idiot et antieuphonique au dernier point. Les filles parlaient fort couramment le javanais. Il y eut un moment une telle fureur de javanais qu’on vit paraître un journal entièrement écrit dans ce langage stupide.

Javanais

Langage de convention qui consiste à intercaler les syllabes va et av entre chaque syllabe pour défigurer les mots.

Javard

Lin.

Javard

Lin que les paysans mettent en javelles avant le rouissage (Argot des voleurs). N.

Je m’en fiche comme de colin-tampon

Je ne fais aucun cas de sa personne (1808, d’Hautel). — On appelait colin-tampons les Suisses en garnison à Paris. Les mazarinades en donnèrent plus d’une preuve.

Je me la brise

Je m’en vais. Quand un individu vous ennuie, dans le peuple on lui dit sans façon :
— Tu peux te la briser, il y aura moins de perte qu’une pièce de vin (Argot du peuple). N.

Je ne sais quoi

Qualité indéfinissable.

Le savoir-vivre, l’élégance des manières, le je ne sais quoi, fruit d’une éducation complète.

Balzac.

Je t’en fiche mon billet

Je te le certifie, mot à mot : Je suis prêt à signer un billet attestant la chose.

Jean (faire le Saint)

Se décoiffer. C’est un signal convenu entre voleurs. Lorsqu’ils sont censés ne pas se connaître, soit dans la rue, soit dans un lieu public, l’un d’eux fait le Saint-Jean. Traduction : Ne nous perdons pas de vue ; au travail, l’affaire est prête.

Jean (nu comme un petit Saint)

À peine vêtu de mauvaises guenilles, tout nu ; se dit surtout des enfants. — Faire son petit Saint-Jean, faire l’innocent, le niais.

Jean chouart

Le membre viril : appelé le pénil selon Lignac, la braguette selon Rabelais, Marot et autres poètes anciens ; la verge, dans l’idiôme des nourrices et des parleurs timbrés ; le braquemart dans Robbé, Rousseau et Grécourt. ; Jean Chouart dans d’autres, etc., etc.

Jean de la suie

Petit ramoneur.

Jean de la vigne

Crucifix. C’était le nom d’un des acteurs de bois (Jean des Vignes) du théâtre de marionnettes à l’époque des représentations de la Passion. (Fr. Michel).

Jean foutre

Homme vil, gredin fieffé.

Jean-fesse

Avare, malhonnête homme. — Le frère jumeau de Jean foutre.

Jean-jean

« On qualifie de Jean-Jean en France le jeune indigène que la conscription a arraché à l’âge de vingt ans d’un atelier du faubourg, de la queue d’une charrue, etc. Le Jean-Jean est reconnaissable à sa tournure indécise, à sa physionomie placide. » — M. Saint-Hilaire.

Jean-Jean

Niais. — Conscrit.

Jean, Jeannot, Janin

Expressions désignant un mari trompé

Chez nous le mâle est Jean, la femelle Catin
C’est l’usage de la famille.

Daillant De La Touche.

Il est Janin sans qu’il le sache…

Ch. Sorel.

Janot est le vrai nom d’un sot.

(Ancien Théâtre français.)

Jeanfesse, foutre

Coquin, misérable.

Ça, c’est un jeanfesse.

Ricard.

Grande colère du père Duchesne contre les jeanfoutres de chasseurs qui ont voulu faire une contre-révolution.

1793, Hébert.

Jeanne d’Arc pour le courage

Demoiselle à qui il manque précisément ce qui a valu à Jeanne d’Arc son surnom.

Jeanneton

Synonyme de Goton. Fille de la petite vertu, servante ou grisette, qui se laisse prendre volontiers le cul par les rouliers ou par les étudiants.

Partout on vous rencontre avec des Jeannetons.

V. Hugo. (Ruy-Blas)

Jeanneton

« Servante d’auberge, fille de moyenne vertu. » — 1808, d’Hautel.

Jeannette

Rouet muni de plusieurs fuseaux, — dans le jargon des fileuses. Dans les filatures anglaises, ce rouet se nomme une Jenny, nom que lui a donné l’inventeur Thomas Highs.

Jergole

Normand.

Jergolier

Normandie.

Jérusalem (lettre de)

Lettre écrite de prison.

Jésuite

Dindon (Vidocq). — C’est aux jésuites qu’on doit l’acclimatation du dindon.

Jésuite

Dindon. Ce sont les jésuites qui, en 1570, ont introduit le dindon en France ; mais tous ceux qui ont été leurs victimes ne pensent pas comme les voleurs (Argot des voleurs).

Jésus

Grand jeune homme payé pour satisfaire aux passions d’un vieillard.

Jésus

« Jeune et beau garçon lancé comme appeau près des sodomistes que veut exploiter le chanteur. »

Canler.

Jésus

Innocent, — dans le jargon des voleurs.

Jésus

Jeune filou. — Tout jeune Éphestion de trottoir.

Jésus

Innocent. Jeune Voleur. Nouveau-né. Adolescent du troisième sexe.

Jésus

Jeune homme à l’aspect efféminé, frisé, parfumé, qui sert d’appât pour attirer les individus à passions honteuses. Souvent il travaille réellement pour son compte (Argot des voleurs).

Jésus

Jeune chatte qui sert d’appât pour faire chanter les individus portes à cette passion.

Jésus

Jeune garçon de mœurs pédérastiques.

Jeté (s’en être)

Être soûl. — Mot à mot : s’être jeté du liquide dans l’estomac.

Jeter

Renvoyer, mal recevoir.

J’ai été solliciter un emploi, je me suis fait jeter.

Celui qui se fait renvoyer de son emploi ou de son atelier, se fait jeter.

Jeter

Renvoyer, congédier.

Jeter au feu

Dénoncer.

Jeter de la grille

Requérir, au nom de la loi, contre l’accusé. Après le discours du ministère public, les voleurs disent : Le client m’a jeté de la grille ; c’est-à-dire a jeté sur moi de la grille de prison.

Jeter de la grille

Requérir au nom de la loi contre l’accusé.

Jeter de la pommade

Flatter.

Jeter le mouchoir

Choisir une fille, au bordel ou au bal et l’emmener coucher avec soi ; ou, si l’on est femme, faire comprendre à un homme qu’on bande pour lui et qu’on voudrait bien se le payer.

Jetez vous-même le mouchoir
Ou bien au sort il faudra voir
Dans le dortoir,
Qui pourra vaut échoir.

Jeter son bonnet par dessus les moulins

Traîner sa fleur d’oranger dans les ruisseaux (Argot du peuple).

Jeter un coup de

Aller à. Mot à mot : jeter un coup de pied jusqu’à. — (Jargon des ouvriers) — Jeter un coup de Versailles, un coup de Cherbourg, aller jusqu’à Versailles, jusqu’à Cherbourg.

Jeter un froid

Au milieu d’une soirée joyeuse, raconter une histoire macabre. L’invité au maître de la maison :
— Quelle est donc cette horrible femme, laide, vieille, sèche et revêche qui fait tapisserie.
— C’est ma sœur.
Voilà qui s’appelle jeter un froid (Argot du peuple).

Jettard

Cachot.

Jettard

Cachot (Bailly) — Mot à mot : endroit où l’on vous jette.

Jeu (le grand)

Dans le vocabulaire des filles signifie l’usage des condiments les plus épicés que Vénus garde pour le service des débauchés blasés ; terme emprunté aux tireuses de cartes.

Jeu (le)

Celui que presque tous les hommes et presque toutes les femmes savent jouer et aiment à jouer — quoique souvent il ne vaille pas la chandelle qu’on use en son honneur par les deux bouts.

J’en jurerait, Colette apprit un jeu
Qui comme on sait, lasse plus qu’il n’ennuie.

La Fontaine.

Il était une fillette
Coincte et joliette
Qui voulait savoir le jeu d’amour.

(Farces et moralités.)

Vous et monsieur, qui, dans le même endroit,
Jouiez tous deux au doux jeu d’amourette.

La Fontaine.

Le jeu te plait, petite ? Alors, nous allons recommencer.

A. François.

Adieu,
Joyeuses fêtes,
Où le Champagne au lansquenet s’unit ;
Belles soirées
Nuits adorées.
Qu’un jeu commence et qu’un autre finit.

Gustave Nadaud.

Jeu (vieux)

Vieille école, ancien régime, vieux système. — L’écrivain qui emploie dans un livre des moyens usés, des rengaines pour charmer ses lecteurs : vieux jeu. — L’auteur dramatique dont les procédés scéniques, le dialogue rappellent soit l’exagération des romantiques, soit la monotonie des classiques : vieux jeu. — L’avocat, l’orateur qui effeuille à la barre, à la tribune, les vieilles fleurs desséchées de la rhétorique, celui qui dit : « Nos modernes Hétaïres, le vaisseau de l’État conduit par d’habiles pilotes, l’honorable organe du ministère public, l’hydre de l’anarchie ose relever la tête… » vieux jeu. — Celui qui appelle sa femme « sa moitié » ; celui qui, en quittant un ami, le prie de « mettre ses respectueux hommages aux pieds de madame » ; vieux jeu, vieux jeu.

Jeu de dominos

Denture. Un jeu de dominos complet, bouche à laquelle pas une dent ne manque.

Jeu renouvelé des grecs

La pédérastie, qui était le vice de Socrate ; ou le gougnottisme, qui était le vice de Sapho.

Socrate et Sapho la Lesbienne
Ont eu des goûts assez suspects :
Tous les jours en France on ramène
Leurs jeux renouvelés des Grecs.

Collé.

Jeudis (la semaine des quatre)

La semaine qui n’arrivera jamais, puisqu’elle n’existe pas.

C’est comme la robe que vous m’avez promise. — Tu l’auras. — La semaine des quatre jeudis.

H. Monnier.

Jeune (tu es trop)

Tu n’as pas l’intelligence nécessaire à l’accomplissement de telle ou telle chose. — Cela peut se dire à un octogénaire.

Jeune france

« Les romantiques se divisèrent en Bouzingots et en Jeune France. Les Jeune France conservèrent longtemps leurs pourpoints, leurs barbes fourchues, leurs cheveux buissonneux. » — Privat d’Anglemont. — « Ils ont fait de moi un Jeune France accompli. J’ai un pseudonyme très-long, et une moustache fort courte ; j’ai une raie dans les cheveux à la Raphaël. Mon tailleur m’a fait un gilet… délirant. Je parle art pendant beaucoup de temps sans ravaler ma salive, et j’appelle bourgeois ceux qui ont un col de chemise ; de plus j’ai fait acquisition d’une mignonne petite dague en acier de Toscane, pas plus longue qu’un aiguillon de guêpe. » — Th. Gautier, Préface des Jeune France, 1833.

Jeune homme

Mesure de vin de la capacité de quatre litres. Avoir son jeune homme, son petit jeune homme, être ivre, d’après l’opinion des personnes qui pensent qu’il ne faut pas moins de quatre litres de vin pour griser un homme, voire même une femme. — L’expression s’applique souvent en parlant d’une femme légèrement prise de vin et que le vin rend tendre, expansive comme si elle avait en tête un petit jeune homme idéal ; d’après l’opinion des gens qui ne sont pas ennemis d’une douce poésie.

Jeune homme (avoir son)

Être ivre (Argot du peuple).

Jeune homme (avoir son)

Être gris.

Jeune homme (suivez-moi)

Rubans que les femmes laissent pendre sur leur dos (Argot du peuple). N.

Jeune-France

Variété du bousingot. — C’était un bousingot fatal, à tout poil, à tout crin. Il y eut des subdivisions et des variétés du Jeune-France à l’infini ; depuis le Jeune-France blasé, jusqu’au Jeune-France étique, le saint Jean-Baptiste précurseur du petit-crevé de nos jours.

Jeunesse

Fillette.

Une jeunesse d’Orléans, un marchande de cols.

Cormon.

Jeunesse

Jeune fille.

Jeux innocents

Ainsi nommés par antiphrase sans doute, puisque ce sont les jeux les plus libertins que l’on connaisse, le jeune homme pinçant le cul à la jeune fille, ou la jeune fille faisant une langue avec le jeune homme, devant les grands parents assemblés — qui n’y voient que du feu.

Pour cet jeux innocents, source de tant de fièvres,
Qui troublent les jeunes sens,
Un monsieur a baisé, devant, les grands parents,
Tout en baisant la joue, un peu le coin des lèvres.
On a rougi cent fois…

A. Karr.

Jiroble

Joli ou jolie.

Job

Niais.

Job

Niais. — Abrév. du vieux mot jobelin V. Roquefort.

Si j’étais assez job pour croire que vous me donnez toute une fortune.

E. Sue.

Jobarder : Duper.

Je ne veux pas être jobardé.

Balzac.

Joberie : Niaiserie (Vidocq).

Job

Niais, dupe. C’est jobard par apocope. — Se monter le job, se monter la tête, l’imagination. Une femme dit d’un homme qui prétend être aimé pour lui-même qu’il se monte joliment le job.

Job

Imbécile. Tromperie.

Job (monter ou se monter le)

Voyez Bourichon.

Jobarder

Duper, mystifier, rire aux dépens de.

Jobarderie, Joberie

Niaiserie, bêtise.

Jocko

Pain long dont la forme fut sans doute inventée lorsque le singe Jocko était à la mode.

Des gens qui appellent un pain jocko un singe de quatre livres.

Bourget.

Joli

Jeté dans une position critique.

Nous. v’là jolis garçons !

Désaugiers.

Jonc

Or.

Jonc

Or.

Jonc

De l’or.

Jonc

Or. Une tocante de jonc : une montre en or.

Jonc

Or.

Jonc

Or (Vidocq). — Allusion à la couleur jaune du jonc. V. Bogue.

Jonc

Or, — dans l’argot des voleurs. En terme d’orfèvre c’est un anneau d’or, une bague sans chaton.

Jonc

Or (Argot des voleurs).

Jonc

Or. Tout ce qui est or est du jonc.

Jonc

Or.

Jonché

Doré.

Jonchée

Dorée.

Joncher

Dorer.

Joncher

Dorer, — dans l’ancien argot.

Joncher

Dorer. Duper.

Joncherie

Duperie, mensonge.

Joncs

Lit des prisonniers. Allusion à la dureté de la paille des matelas (Argot des voleurs). V. Plumes de beauce.

Joncs (être sur les)

Être en prison.

Joncs (être sur les)

Être en prison.

Jonquille

Mari trompé par sa femme. Cocu.

Jonquille

Cocu. Allusion à la couleur jaune qui est l’emblème des prédestinés (Argot du peuple).

Jordonne (Monsieur, Madame)

Homme, femme qui a la manie de donner des ordres à tout propos et surtout mal à propos.

Jorne

Jour. — Vieux mot de langue d’oc. : V. Roquefort. V. Baite, Poisser.

Jorne

Jour.

Jorne

Jour.

Jorne

Le jour (Argot des voleurs). N.

José

Billet de banque ; apocope de Joseph, mot à mot : papier Joseph.

Joseph

Couteau. Mari trompé.

Joseph

Homme trop chaste. A.D. Joseph, dans le peuple, est le patron des cocus. On ne dit pas : tu fais ton Joseph, mais bien : tu es un Joseph, à celui qui a assez de cornes sur la tête pour alimenter de manches une fabrique de couteaux (Argot du peuple). N.

Joseph (faire son)

Affecter un air chaste. V. Putipharder.

Joseph (faire son)

Jouer au naturel, soit par timidité, soit pour toute autre raison, le rôle du Joseph biblique et pudibond à l’endroit de la belle Zuloïska. — Se faire prier pour faire une chose. — Refuser.

Allons ! encore un verre de ce bon vin ! — Non vraiment, j’en ai assez. — Ne fais donc pas ton Joseph.

Joséphine

Mijaurée, bégueule. A. D. Joséphine est le nom donné à la tête de carton sur laquelle les modistes essayent l’effet des chapeaux avant de les ajuster sur la tête de la cliente (Argot du peuple). N.

Jouer (en)

Connaître, savoir faire une chose.

Passez-moi le poulet pour que je le découpe, je sais comment on en joue. — Est-il fort sur les mathématiques ? — Il en joue très bien.

Jouer à la main chaude

Être guillotiné. Cette expression n’est plus juste, car, comme autrefois, le condamné ne s’agenouille plus pour recevoir le coup fatal, il est couché sur la planche. On dit : Il fait la planche (Argot des voleurs). N.

Jouer au trou-madame

Faire la chosette.

Il est très dangereux de jouer au trou-madame avec elle.

Tabarin.

Jouer aux quilles

Faire l’acte vénérien.

La tienne joue bien aux quilles.

Brantôme.

Que l’un sur l’autre ils tombèrent
En jouant au beau jeu de quilles.

(Recueil de poésies françaises.)

Bon compagnon et beau joueur de quilles.

La Fontaine.

Jouer de

Faire ce qu’on veut.

Nachette, en un mot, joua parfaitement du baron.

De Goncourt.

Jouer de

Avoir de l’influence sur l’esprit de quelqu’un, savoir prendre quelqu’un par son côté faible. Mot à mot : jouer de lui comme d’un instrument qui nous est familier. — « En voilà une qui peut se vanter de jouer des hommes, comme il faut ! »

Jouer des fourchettes

Se sauver, s’enfuir (la Correctionnelle).

Jouer des mains

Peloter les tétons et le cul d’une femme — qui ne hait pas ce jeu, même lorsqu’elle en a le plus l’air offensé.

Je me souviens… qu’il hasarda sur cela des manières et des tons de polissonneries, qu’il s’exposait déjà à jouer des mains.

La Popelinière.

Jouer des quilles

S’évader, partir, fuir, jouer des jambes.

Jouer des reins

Faire l’acte vénérien.

L’étudiant jouant avec vigueur des reins…

Henry Monnier.

Jouer du corps

Non pas du cor de chasse, mais produire un autre son qu’avec un instrument.

Jouer du croupion, ou du cul

Jouer des fesses, faire l’acte vénérien.

Et en même temps, lui, de jouer du croupion.

(Les Aphrodites.)

Ne jouez plus du cul, ma tante,
Ni moi aux dés, je le promets.

Agrippa d’Aubigné.

Le vieux Jaquet dans une étable,
Voyant Lise jouer du cu
Avec un valet à gros rable,
En va faire plainte au cocu.

Théophile.

Jouer du fifre

Se priver de nourriture.

Jouer du mirliton

Baiser une femme.

En jouant du mirlitir,
En jouant du mirliton.

(Refrain d’une chanson récente.)

Jouer du Napoléon

Faire sonner son gousset en passant devant une femme que l’on suppose aimer cette musique-là.

Jouer du pouce

Dépenser de l’argent. (Dict. comique.) Compter de l’argent à quelqu’un.

Jouer du serre-croupière

Faire l’acte vénérien.

Jouer du vingt-deux

Jouer du poignard.

Jouer du violon

Scier ses fers.

Jouer un air de violon

Prisonnier qui scie les barreaux de sa cellule pour s’évader (Argot des voleurs).

Jouer un pied de cochon

Tromper, décamper.

Vous avez donc voulu nous jouer un pied de cochon.

Canler.

Jouer un pied de cochon

Jouer un bon tour à quelqu’un ; s’en aller, le laisser en plan au moment de payer son écot, sachant qu’il est sans le sou (Argot du peuple). N.

Jouer un pied de cochon

Faire une méchanceté, ou une mauvaise farce à quelqu’un, c’est lui jouer un pied de cochon.

Joues (se faire des)

Manger avec appétit, engraisser.

Joueuse de flûte

Fille ou femme entretenue, qui joue de la flûte avec les queues de ses contemporains.

Lorettes, cocottes et autres aimables joueuses de flûte, corruptrices de la jeunesse.

Ch. Coligny.

Jouir

Arriver au summum du plaisir par l’éjaculation spermatique. Jouir d’une femme, la faire jouir.

As-tu de l’abbesse
A la fin joui ?

Collé.

Dans peu de temps d’ici, vous verrez un paillard
Qui viendra, pour jouir de son beau corps gaillard.

Trotterel.

Entre ses bras l’heureux Adam la presse,
Brûle, jouit, et dans sa folle ivresse
Il répétait : Perdre ainsi c’est gagner.

Parly.

Ah ! comme je jouis, mon Dieu ! comme je... jouis !.. Ça me va dans la plante des cheveux.

Henry Monnier.

Il est une heure dans l’année
Où tout ce qui vit veut jouir,
où la vierge et la graminée
Ressentent le même désir.

A. D.

Je possède l’art du casse-noisette
Qui ferait jouir un nœud de granit.

(Parnasse satyrique.)

Mais, pour faire jouir, j’ai d’ailleurs un moyen
Qui jusques à ce jour m’a réussi très bien.

L. Protat.

Tellement que s’ils voient passer quelqu’une, dont ils aient déjà joui, ils ne disent pas simplement : J’ai baisé une telle, mais bien : J’ai foutu une telle, je l’ai chevauchée.

Mililot.

Pas sans moi ! pas sans moi !... Ensemble !... joui... jouissons... ensemble... bien ensemble !...

Henry Monnier.

Jouissance

L’acte vénérien, et ce qu’on y éprouve, qui n’a pas son analogue dans les autres plaisirs humains.

Et regardant la jouissance
Comme un pas dangereux qu’il nous faut éviter.

Grécourt.

Soudain par leur vive jeunesse
Vers la jouissance emportés,
Tous deux des moites voluptés
Boivent la coupe enchanteresse.

Parny.

... il faut de tous ces dons savoir bien te servir,
Savoir les employer à donner du plaisir
A ceux qui dans vos bras cherchent la jouissance.

L. Protat.

Jouisseuse

Femme qui aime l’homme et qui, au lit, y va bon jeu, bon argent, donnant autant de coups de cul qu’elle reçoit de coups de queue.

Ce n’est pas une bégueule, c’est une vraie jouisseuse.

Lemercier.

Joujou

Celui de l’homme est son vit.

Vive ce beau joujou
Bijou
Que la tendresse
Dresse…
Celui de la femme est son con
Ah ! permets que je pose
Le petit bout
de ma langue amoureuse
Qui serait bien heureuse
Dans ton joujou

Marc Constantin.

Quand je n’aurais pas su d’avance que mon orifice était fait pour être pénétré, la nature et notre position m’auraient à l’instant révélé que nos deux joujoux étaient faits l’un pour l’autre.

(Mon noviciat)

Jour de la Saint-Jean-Baptiste (le)

Le jour de l’exécution d’un condamné. À la prison de la Roquette, le jour d’une exécution, les prisonniers ne descendent pas à l’atelier à l’heure réglementaire, ils savent ce que cela veut dire : c’est le jour de la Saint-Jean-Baptiste : on décolle un copain (Argot des voleurs).

Journaille

La journée. On dit d’un paresseux qu’il trouve la journaille plus longue que la queue au pain (Argot du peuple).

Journaille

Journée.

Journaille

Journée.

Journalistes à richer

Les vidangeurs. Cette expression vient d’un mauvais calembour. Les journalistes publient souvent des fausses nouvelles. Les vidangeurs recherchent les fosses nouvelles (Argot du peuple). N.

Journée (avoir fait sa)

Avoir gagné l’argent nécessaire aux dépenses de la journée, — dans le jargon des filles.

Jours (les 28 ou 13)

Réservistes ou territoriaux.

Jouste

Près, — dans l’ancien argot.

Jouste ou juxte

Près, contre, proche.

Joyau

Signifie : 1° Le membre viril.

Vous ne vous enfuyez de ce joyau qu’on vous fait voir, que parce qu’aussi bien il est trop loin de vous.

Ch. Sorel.

Je jouissais d’autant plus délicieusement, que j’avais longtemps langui après la possession du joyau qui était tout entier dans mon étui.

(Mémoires de miss Fanny.)

2° La nature de la femme.

Ce tablier couvre leur joyau, dont les Hottentots dont idolâtres.

Voltaire.

Voyez fille qui dans un songe
Se fait un mari d’un amant ;
En dormant, la main qu’elle allonge
Cherche du doigt le sacrement ;
Mais faute de mieux, la pauvrette
Glisse le sien dans le joyau.

Béranger.

3° La virginité

Pour demander à ce peuple méchant
Le beau joyau, que vous estimez tant.

Voltaire.

Madame Brown me gardait toujours jusqu’à l’arrivée d’un seigneur avec qui elle devait trafiquer de ce joyau frivole qu’on prise tant et que j’aurais donné pour rien au premier crocheteur qui aurait voulu m’en débarrasser.

(Mémoires de miss Fanny.)

Joyeux

Surnom des zéphirs, soldats du bataillon d’Afrique.

Jtourbe

Éteint, mort.

Ma camoufle est jtourbe, je n’ai plus de rifle.

Judacer

Trahir. — Judacerie : Trahison (Vidocq). — Allusion biblique.

Judacer, Judaïser

Tromper, trahir, dénoncer.

Judas (le point de)

Le nombre treize.

Judasserie

Dénonciation ; fausse démonstration d’amitié.

Judée

La préfecture de police.

Judée

La préfecture de police. Ce mot n’est plus en circulation depuis la démolition de la rue de Jérusalem (Argot des voleurs).

Judée (la petite)

La préfecture de Police.

Judée (la)

La préfecture de police.

Juge de paix

Bâton. — Tourniquet de marchand de vin où se jouent les consommations.

Juge de paix

Bâton. Tourniquet de marchand de vin. Balances.

Juge de paix

Le lit. Dans le peuple, on trouve qu’après une dispute et même une bataille, le lit est un instrument de raccomodement. Cette expression vient d’une enseigne d’un marchand de meubles établi boulevard de Belleville. L’enseigne figurait un lit complet, et sur l’oreiller placé au milieu, il y avait cette inscription : Au Juge de Paix. (Argot du peuple). N.

Juge de paix

Un cornet contenant trois dés, la partie qui se nomme Zanzibar se joue sur le comptoir du marchand de vins. Ce jeu est ainsi appelé parce qu’il met les joueurs d’accord (Argot du peuple). N.

Juge de paix

Jeu qui se compose d’un cornet et de trois dés, qui se trouve sur le comptoir des marchands de vin et qui est surnommé zanzibar ; il sert à trancher la question de qui payera la consommation ; de là, juge de paix.

Juge de paix (le)

Le lit.

Jugeotte

Jugement, avis.

Dis-moi z’un peu franchement, Là dessus ta petite jugeotte.

Léonard, parodie, 1863.

Jugeotte

Bon sens ; jugement sain.

Jugeotte

Jugement, intelligence.

Jugeotte (en avoir)

Bien juger les choses, avoir un jugement sain (Argot du peuple).

Juguler

Agacer, ennuyer, horripiler.

Toi, monsieur le difficile, si ça te jugule, tu peux t’en aller.

(E. Scribe, L’Honneur de ma fille.)

Vos invectives commencent à me juguler.

(Dumersan et Varin, les Saltimbanques.)

Jugulant, agaçant.

Juguler

Importuner. Ennuyer.

Juif

Usurier ; avare.

Jujotte

Savoir juger les choses.

Jules

Pot de chambre ; tinette, latrines portatives des troupiers. Jules a remplacé le vieux Thomas, source d’éternelles plaisanteries. Jules est plus nouveau. On dit au régiment passer la jambe à Jules ou pincer l’oreille à Jules lorsqu’on est de corvée pour vider les tinettes.

Jules

Tonneau percé d’un bout, posé sur l’autre, et portant deux crochets de fer sur les côtés. C’est le meuble indispensable des salles de discipline d’où les soldats ne peuvent sortir, même pour satisfaire certains besoins. Les soldats chargés de transporter ce fameux baquet tirent les oreilles à Jules ; quand, pour le vider, ils le font basculer, ils lui passent la jambe.

Jules

Tinette.

Jules

Pot de chambre (Argot du peuple). V. Goguenot.

Jules

Baquet qui se trouve dans toutes les salles de police ou violons. Un vase de nuit est aussi nomme Jules ou Thomas.

Jules

Camarade à Thomas : le pot de chambre.

Jumelles

Continuation du dos.

Jumelles

Partie postérieure du corps. On dit aussi cuvette et les deux sœurs.

Jupière, Jupasse

Couturière qui fait les jupes des robes.

Juponnier

Celui qui aime les femmes, le jupon.

Jus

Élégance, — dans le jargon des gommeux qui ont voulu donner un pendant au mot chic. (V. Juteuse).

Jus

Élégance. Eau. Vin.

Jus (coup de)

Mot à mot : coup de jus de raisin.

J’aime mieux aller chez la mère à Montreuil… et je me collerai un coup de jus.

(A. Bouvier, la Lanterne du 19 juillet 1877.)

Jus de baromètre

Mercure.

Te n’ sens pas toi-même l’jus de baromètre, hé non, c’est qu’ je tousse.

(Le Nouveau Vadé.)

Jus de bâton

Coup de bâton.

Pour passer votre rhume, j’ai du jus de bâton.

Aubert, Chanson, 1813.

Jus de bâton

Coups de bâton.

Jus de chapeau

Mauvais café, celui que les femmes vendent le matin au coin des rues, aux ouvriers qui se rendent à leur travail. Quand il pleut sur un chapeau, le jus a exactement la couleur de ce café (Argot du peuple).

Jus de chapeau

Mauvais café.

Jus de chapeau

Café noir.

Jus de chique

Café, — dans le jargon des troupiers. Allusion à la couleur du café. La variante est : Jus de chapeau, à cause de la couleur foncée de la transpiration militaire.

Jus de chique ou de chapeau

Café. L’opinion émise par les soldats eux-mêmes sur la qualité de ce liquide dans les casernes vient corroborer celle que nous avons exprimée au mot Champoreau. Il y a, d’ailleurs, trois espèces de café : le zig (1re qualité) que se réservent le cuisinier et le caporal ou brigadier d’ordinaire, charité bien ordonnée… Puis le bitt, destiné au chef ; enfin le jus de chique ou de chapeau (3e et problématique qualité) distribué aux troubades.

Jus de couillon

Le sperme, le nec plus ultra des jus.

Vous qui, du haut de ce balcon,
Riez de ma misère,
S’il pleuvait du jus de couillon,
On vous verrait sous la gouttière.

Piron.

Lorsque Molière fait dire à Elmire :

Aucun jus, en ce jour, ne saurait me charmer...

il a la même idée que Piron, seulement ; il s’exprime d’une façon plus honnête.

Jus de navet dans les veines (avoir du)

Manquer d’énergie. Variante : Avoir du sirop d’orgeat dans les veines.

Jus de réglisse

Nègre.

Jusqu’au boutien (journal)

Journal qui a soutenu la politique du maréchal de Mac-Mahon après la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 1877. — Allusion à la phrase qui figurait dans l’ordre du jour adressé par le Maréchal à l’armée, le 9 juillet suivant : « J’irai jusqu’au bout. »

Les journaux jusqu’au boutiens affirment avec ensemble que, etc.

(La France du 10 août 1877.)

Juste (la)

Cour d’assises. Abréviation de « la justice. »

Juste (la)

La cour d’assises.

Juste-milieu

Partisan du statu quo politique, en opposition à la gauche qui représente le côté radical ou avancé, et à la droite qui se retranche dans le maintien des anciens principes. V. Centrier.

Luc riait comme un républicain qui voit le juste-milieu recevoir un soufflet.

Ricard.

Juste-milieu

Derrière.

Mayeux envoya la pointe de sa botte dans le juste-milieu de Mlle Justine.

Ricard.

Justification

s. f. Longueur de la ligne, variable suivant les formats. Au figuré, Prendre sa justification, c’est prendre ses mesures pour faire quelque chose.

Juteuse

Femme élégante, femme qui a du chic, — dans le jargon des gommeux. C’est celle qui semble toute remplie du jus de la distinction. Le mot est bienvenu et semble être appelé à un bel avenir. Nous en avons trouvé un exemple dans un numéro de la Vie moderne, juin 1880.

Juteux

Il a du jus, il est rupin. Une affaire est juteuse, quand elle donne beaucoup de bénéfices. Tomber à l’eau, c’est tomber dans le jus. Boire du vin, licher un coup de jus. Faire du jus, faire de l’embarras (Argot du peuple). N.

Juxte

Près, contre.

Juxte

Près, contre.

Jy

Oui.

Jy, mon ange

Oui, monsieur.





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