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H

H !

Exclamation ironique ; par abréviation de hasard, — dans le jargon des typographes.

Un poivreau vient-il promener sa barbe à l’atelier, H ! s’écrient ses confrères.

(Boutmy, Les Typographes parisiens.)

H !

Exclamation ironique qui est employée dans une foule de circonstances. C’est l’abréviation du mot hasard, dont on se sert également. H ! ou hasard ! est employé ironiquement et par antiphrase pour dire qu’une chose arrive fréquemment. Un poivreau vient-il promener sa barbe à l’atelier, H ! s’écrient ses confrères. Quelqu’un raconte-t-il une sorte un peu trop forte, son récit est accueilli par un H ! très aspiré et fortement accentué.

Habillé de noir

Avocat ; expression fort usitée au siècle dernier parmi le peuple.

Habillé de soie

s. m. Porc, — dans l’argot des faubouriens et des paysans des environs de Paris.

Habillé de soie

Cochon.

Habillé de soie

Porc.

Habillé de soie

Cochon ou sanglier. Allusion à la peau dont les soies servent aux cordonniers pour préparer leur fil (Argot du peuple).

Habillé de soie

Un porc.

Habiller

v. a. Médire de quelqu’un, — dans l’argot du peuple. Habiller de taffetas à 40 sous. Mettre sur le dos de quelqu’un des sottises ou des méchancetés compromettantes pour sa réputation.

Habiller

v. a. Préparer un animal pour l’étal, — dans l’argot des bouchers.

Habiller

Maltraiter en paroles, médire, réprimander ; c’est une variante de l’ancien draper.

C’est moi qui vous l’a habillé de taffetas noir.

(A. Dalès, La Mère l’anecdote, chansonnette.)

Habiller

Préparer un animal pour l’étal, — dans le jargon des bouchers.

Habiller de sapin (s’)

v. réfl. Mourir, — par allusion au bois dont se composent ordinairement les cercueils. Argot du peuple. Les gueux de Londres appellent le cercueil a wooden coat (un habit de bois ou une redingote en sapin).

Habin

Chien, — dans l’argot des voleurs, qui ont emprunté ce mot au vieux langage des honnêtes gens. On dit aussi Happin et Hubin. Habin ergamé. Chien enragé.

Habin engamé

Chien enragé.

Habin ou happin

Chien.

Habin, happin

Chien. — De happer : saisir. — Roquefort donne happelopin : chien âpre à la curée. — Happin engamé : Chien enragé. — Happiner : Mordre.

Habine

Chienne.

Habiné

Mordu.

Habiner

Mordre.

Habiner

v. a. Mordre.

Habit à queue de morue

Habit de soirée. Les pans ressemblent, en effet, à une queue de morue (Argot du peuple).

Habit à queue de pie

Même signification (Argot du peuple).

Habit du père Adam

Nudité absolue.

Habit noir

s. m. Bourgeois, — dans l’argot des souteneurs de filles, gens du peuple, et, à cause de cela, ennemis de l’habit. Être habit noir. Être par trop simple, par trop naïf, — comme les bourgeois le sont d’ordinaire aux yeux des voyous, qui ont une morale différente de la leur.

Habit noir

Menteur.

Habit rouge

Anglais. — Allusion d’uniforme.

Les habits rouges voulaient danser, Mais nous les avons fait sauter. Vivent les sans-culottes !

Mauricault, Chanson, 1793.

Habitavit (l’)

Le Pantalon, dans lequel habite le vit.

Habitongue

s. f. Habitude, — dans l’argot des voleurs.

Hacher de la paille

v. a. Parler allemand, — dans l’argot des ouvriers.

Hacher de la paille

Parler français avec l’accent allemand. Se dit d’un Allemand qui baragouine le français.

Hacher de la paille

Prononcer mal le français, comme le font les Allemands.

Haleine cruelle

s. f. C’est-à-dire fétide — dans l’argot des gens de lettres, qui ne veulent pas dire haleine homicide. Ils disent aussi Haleine à la Domitien.

Haleiner

v. a. Respirer l’haleine de quelqu’un, — dans l’argot du peuple. Signifie aussi, au figuré : Flairer, chercher à deviner ce qu’une personne pense.

Halènes

Outil de voleur. — Allusion aux alênes de cordonnier ?

Crois-moi, balance tes halènes, fais-toi gouépeur.

Vidocq.

Halènes

Outils de voleur, tout ce qui sert à l’exploitation du vol, depuis la pince à effraction jusqu’à la cire à prendre les empreintes.

Halènes

Outils de voleurs.

Halle aux draps

s. f. Le lit, — dans l’argot des faubouriens. Aller à la mile aux draps. Se coucher.

Hallebarde

s. f. Femme trop grande et mal habillée. On disait autrefois, et plus justement, Hallebréda, qui était une corruption de Habrené (dépenaillé).

Hallebardes (il tombe des)

Il pleut à verse.

Halot

Soufflet.

Halot

s. m. Soufflet, — dans l’argot des voleurs.

Halot

Soufflet de forge. — Halotin, soufflet pour le feu.

Haloter

Souffler.

Haloter

v. n. et a. Souffleter. Signifie aussi Souffler.

Haloter

Souffler, souffleter.

Haloteur

Souffleur.

Halotier

Souffleter.

Halpaga

Habit.

Hancher (se)

Se camper sur la hanche ; faire le rodomont.

Hane

Bourse.

Hane

Bourse. Faire la hane, voler la bourse.

Hane

Bourse.

Hane

Bourse, — dans l’ancien argot.

Hane

Bourse, porte-monnaie.

Hanneton

s. m. Manie quelconque, idée fixe, — dans l’argot de Breda-Street, où les hannetons hommes viennent d’eux-mêmes s’attacher le fil à la patte. Avoir un hanneton dans le plafond. Être fou de quelqu’un ou de quelque chose. Les voyous anglais ont une expression analogue : To have a bee in his bonnet (avoir une abeille dans son chapeau), disent-ils.

Hanneton

s. m. Idée fixe et quelquefois saugrenue. Avoir un hanneton dans le plafond, c’est avoir le cerveau un peu détraqué. On dit aussi, mais plus rarement Avoir une sauterelle dans la guitare et une araignée dans la coloquinte. Le hanneton le plus répandu parmi les typographes c’est, nous l’avons déjà dit, la passion de l’art dramatique. Dans chaque compositeur il y a un acteur. Ce hanneton-là, il ne faut ni le blâmer ni même plaisanter à son sujet ; car il tourne au profit de l’humanité. Combien de veuves, combien d’orphelins, combien de pauvres vieillards ou d’infirmes doivent au hanneton dramatique quelque bien-être et un adoucissement à leurs maux ! Mais il en est d’autres dont il est permis de rire. Ils sont si nombreux et si variés, qu’il serait impossible de les décrire ou même de les énumérer ; comme la fantaisie, ils échappent à toute analyse. On peut seulement en prendre quelques-uns sur le fait. Citons, par exemple, celui-ci : Un bon typographe, connu de tout Paris, d’humeur égale, de mœurs douces, avait le hanneton de l’improvisation. Quand il était pris d’un coup de feu, sa manie le talonnant, il improvisait des vers de toute mesure, de rimes plus ou moins riches, et quels vers ! Mais la pièce était toujours pathétique et l’aventure tragique ; il ne manquait jamais de terminer par un coup de poignard, à la suite duquel il s’étendait lourdement sur le parquet. Un jour qu’il avait improvisé de cette façon et qu’il était tombé mort au milieu de la galerie de composition, un frère, peu touché, se saisit d’une bouteille pleine d’eau et en versa le contenu sur la tête du pseudo Pradel. Le pauvre poète se releva tout ruisselant et prétendit à juste raison que « la sorte était mauvaise ». C’est le hanneton le plus corsé que nous ayons rencontré et on avouera qu’il frise le coup de marteau. Un autre a le hanneton de l’agriculture : tout en composant, il rêve qu’il vit au milieu des champs ; il soigne ses vergers, échenille ses arbres, émonde, sarcle, arrache, bêche, plante, récolte. Le O rus, quando ego te aspiciam ? d’Horace est sa devise. Parmi les livres, ceux qu’il préfère sont la Maison rustique et le Parfait Jardinier. Il a d’ailleurs réalisé en partie ses désirs. Sa conduite rangée lui a permis de faire quelques économies, et il a acquis, en dehors des fortifications, un terrain qu’il cultive ; malheureusement ce terrain, soumis à la servitude militaire, a été saccagé par le génie à l’approche du siège de Paris. Vous voyez d’ici la chèvre ! Un troisième a une singulière manie. Quand il se trouve un peu en barbe, il s’en va, et, s’arrêtant à un endroit convenable, se parangonne à l’angle d’un mur ; puis, d’une voix caverneuse, il se contente de répéter de minute en minute : « Une voiture ! une voiture ! » jusqu’à ce qu’un passant charitable, comprenant son désir, ait fait approcher le véhicule demandé. Autre hanneton. Celui-ci se croit malade, consulte les ouvrages de médecine et expérimente in anima sua les méthodes qu’il croit applicables à son affection. Nous l’avons vu se promener en plein soleil, au mois de juillet, la tête nue, et s’exposer à une insolation pour guérir des rhumatismes imaginaires. — Actuellement, son rêve est de devenir… cocher. Un de nos confrères, un correcteur celui-là, a le hanneton de la pêche à la ligne. Pour lui, le dimanche n’a été inventé qu’en vue de ce passe-temps innocent, et on le voit dès le matin de ce jour se diriger vers la Seine, muni de ses engins. Il passe là de longues heures, surveillant le bouchon indicateur. On ne dit pas qu’il ait jamais pris un poisson. En revanche, il a gagné, sur les humides bords des royaumes du Vent, de nombreux rhumes de cerveau.

Hanneton

Monomanie, idée fixe. On dit de quelqu’un qui est tourmenté d’une idée aussi fixe que saugrenue : « Encore son hanneton qui le travaille ». Celui qui a un hanneton dans le plafond est hannetonné, c’est-à-dire qu’il a la tête fêlée.

Hanneton dans le plafond (avoir un)

Être un peu fou.

Hannetonné

adj. Atteint de cette maladie spéciale qu’on nomme hanneton. La définition donnée par Alfred Delvau n’est pas exacte. Pour lui, un hanneton est un homme qui « se conduit comme un enfant ». Ce n’est pas cela : le hannetonné agit en vertu d’une idée fixe, et on sait que les enfants n’ont guère de ces idées-là.

Hannetonner

v. n. Se conduire comme un enfant ; avoir des distractions.

Happer

Fuir.

Happer le taillis

S’enfuir vite.

Happer le taillis

S’enfuir.

Happer le taillis

S’enfuir vite.

Happer le taillis

S’enfuir habilement.

Happer le taillis

Prendre la fuite, — dans l’ancien jargon populaire.

Happin

Chien.

Happin

Chien. — Happiner, mordre, — dans l’ancien argot.

Happin

Chien. Happiner, mordre.

Happin (un)

Un chien.

Harauder

v. n. Crier après quelqu’un, le poursuivre d’injures ou de moqueries, — dans l’argot du peuple. J’ai respecté l’orthographe de ce verbe, que j’ai entendu souvent après ravoir lu dans les Matinées du seigneur de Cholières. Mais, à vrai dire, on devrait l’écrire Haroder, puisqu’il vient de Haro. Et, à ce propos, qui se douterait que ce dernier mot, si connu, est composé de l’exclamation Ha ! et du nom de Raoul, premier duc de Normandie ?..

Hardes

s. f. pl. Vêtements.

Hardi à la soupe

adj. Homme doué de plus d’appétit que de courage, — gulo. On dit aussi dans le même sens : N’avoir de courage qu’à la soupe.

Hardi à la soupe

Qui n’est bon qu’à manger, qui ne sait ou qui ne veut rien faire.

Hareng

s. m. « Nom que donnent les imprimeurs aux compagnons qui font peu d’ouvrage. Ce nom vient de l’Allemagne. » (Momoro.) Cette expression n’est plus usitée. En Allemagne, ce mot est synonyme de gras ; on dit : il a reçu son hareng (hærring) pour : il a reçu son savon, son suif, son gras. V. ce mot.

Hareng-saur (le pas du)

Cavalier seul exécuté avec battement d’entrechats. Les militaires pincent agréablement le pas du hareng-saur. (Jargon des bals publics).

Harengère

s. f. Femme du peuple quelconque, « un peu trop forte en gueule » — dans l’argot des bourgeoises, qui se souviennent des plaisanteries salées dont les accablaient jadis les Dames de la Halle, aujourd’hui muselées par ordonnance de police.

Haria

s. m. Embarras ; chose ennuyeuse à faire ou à dire, — dans l’argot du peuple. J’ai suivi pour ce mot l’orthographe de Balzac, mais je crois que c’est à tort et qu’il doit s’écrire sans H, venant probablement de l’italien aria, air, — d’où arietta, ariette, air de peu d’importance. À moins cependant que Haria ne vienne d’Hariolus, sorcier.

Haria, aria

Embarras. — Du vieux mot arrie : obstacle.

C’est un haria que de chasser si loin.

Balzac.

J’ai eu bien des arias avec la douane à cause de mes malles.

Monselet.

Hariadan Barbe-rousse

Jésus-Christ, — dans l’ancien argot. Hariadan, pour Havriadan de Havre, Dieu, et Barbe-rousse, par allusion à la couleur que les peintres ont donnée à la barbe du Christ. — Sous le titre de Hariadan Barbe-rousse, Corse et V. Ducange ont écrit une pièce.

Hariadan barberousse

Christ. — Allusion à la barbe rousse de Jésus-Christ.

Il rigolait malgré le sanglier qui voulait lui faire bécoter Hariadan Barberousse.

Vidocq.

Haricander

v. n. Chamailler quelqu’un sur des vétilles ; être de mauvaise composition.

Haricot

Pied, — dans le jargon des prisons. Je donne le mot sur l’autorité de M. A. Belot. (Le roi des Grecs.) Pour ma part, je ne l’ai jamais entendu prononcer. À coup sûr ce n’est pas de l’argot de voleur parisien.

Haricot vert

Mauvais voleur.

Haricot vert

Voleuse émérite.

Haricot vert

Voleur en grande réputation dans le monde des prisons (Argot des voleurs).

Haricot vert

Voleur jeune et hardi.

Haricoter

Spéculer.

Il négocie sur tout, spécule sur tout, gagne sur tout, se mêle à toutes les entreprises, s’immisce à tous les négoces. On appelle cela haricoter.

(Écho de Paris, nov. 1884.)

Haricots

s. m. pl. Maison d’arrêt de la garde nationale, où il est de tradition — fausse — que l’ordinaire de cette prison pour rire se compose de légumes, comme celui des prisons sérieuses. On dit aussi l’Hôtel des Haricots. Aug. Villemot prétend que cette expression est une corruption l’Hôtel Darricau. Il a peut-être raison.

Haricots

Les jambes. On dit d’une personne qui a les jambes torses qu’elle les a en forme de haricots verts.

Haricots (être condamné aux)

être condamné à la prison pour manque de service de la garde nationale.

À midi, j’arrive à la prison de la garde nationale, hôtel Darricaud, vulgairement appelé des haricots.

Villemot.

M. Albert de Lasalle a publié en 1864 une histoire de l’hôtel aujourd’hui démoli.

Haricots (hôtel des)

Ancienne prison de l’ancienne garde nationale. — Primitivement ce local, sur l’emplacement duquel a été bâtie, en 1843, la bibliothèque Sainte-Geneviève, fut affecté au collège Montaigu surnommé plaisamment « le collège des haricots » par allusion à la maigre cuisine qu’on y faisait ; car le jeûne y était en permanence. (V. Rabelais, Gargantua, l. 1, ch. XXXVII.)

Le collège des Haricots fut supprimé en 1792 et ses bâtiments servirent de prison militaire et de prison de la garde nationale pendant la Révolution.

(A. de Lasalle, l’Hôtel des haricots.)

Après la Révolution, l’Hôtel des haricots émigra à l’hôtel Bazancourt, rue des Fossés Saint-Bernard, et fut enfin transféré, vers 1838, rue de Boulainvilliers, en face le pont de Grenelle ; c’est là qu’il s’éteignit avec la garde nationale.

Haricots (les)

Les orteils.

Haricotteur

Bourreau, — dans l’ancien argot, du vieux mot harigot, pièce, morceau. — On dit encore haricot de mouton, ragoût de mouton coupé en morceaux, pour harigot de mouton.

Haridelle

s. f. Femme maigre et grande. On dit aussi, mais en moins mauvaise part, Haquenée.

Harmonie

Tapage. L’harmonie des manicles, le bruit que font les fers.

Harnaché

adj. Mal habillé.

Harnaché

Habillé. — dans le jargon des voyous.

Harnaché

Terme de joueurs. Préparé d’avance, falsifié. Roulette harnachée, roulette pipée, machinée clandestinement.

Cette affaire de roulette harnachée a fait grand bruit il y a quelques années à Paris…

(Henri IV, 1881.)

Harnaché, harnaqué

Falsifié, préparé d’avance. Pipé.

Harnais

Vêtement, — dans le même jargon (des voyous).

Harnais

Viande coriace.

Harnais

Vêtements. On dit d’une prostituée bien vêtue : les harnais valent mieux que la jument ; ou encore : elle est habillée en renard, la peau vaut mieux que la viande.

Harnais de grive

Uniforme militaire.

Harnaqué

Même sens que le mot précédent dont il est une déformation.

Il m’a expliqué le fonctionnement de son jeu de courses… qui vient d’être débridé depuis qu’on a constaté l’impossibilité de harnaquer les petits chevaux.

(Temps, avril 1887.)

Harpe

Barreaux de fenêtre (Vidocq). — Ils garnissent une fenêtre de prison comme les cordes d’une harpe.

Harpe

s. f. Barreaux de fer qui garnissent les fenêtres des prisons, — dans l’argot des voleurs. Pincer de la harpe. Se mettre à la fenêtre.

Harpe

barreau de fer, grille, porte de fer à barreaux. — Jouer de la harpe, voler à la tire. Les doigts du voleur se promènent dans la poche d’autrui comme les doigts du virtuose sur les cordes de la harpe. Jouer de la harpe signifie encore être en prison, vieille expression qui s’est conservée ; c’est la variante de pincer de la guitare.

Harpe

Prison. Barreaux de fer d’une fenêtre, grille. Pincer de la harpe, se tenir à la fenêtre d’une prison. Signifie aussi voler à la tire et tricher au jeu.

Harpe

Barreau de prison. Les voleurs disent plus communément d’un prisonnier qui s’ennuie :
— Il pince de la guitare à travers ses barreaux (Argot des voleurs).

Harper

Atteindre, prendre.

Harpie

s. f. Femme acariâtre comme la femme de Socrate, — dans l’argot des bourgeois, qui ont souvent le malheur d’épouser une Xantippe.

Harpigner (se)

v. réfl. Se quereller, se battre, — dans l’argot du peuple.

Harpigner (se)

Se battre.

Harpions

Mains.

Harpions

Mains.

Harpions (les)

Les mains.

Harponner une femme

La baiser militairement, sans s’arrêter aux bagatelles de la porte, pelotage, langues fourres, branlage du bouton, etc comme fait un pandour qui viole une béguine — On dit aussi : Se harponner.

Ma gorge, par exemple, tu n’as pas eu le loisir d’y faire attention : nous venons de nous harponner si brusquement. !

A. de Nerciat.

Hasard !

Expression de l’argot des typographes, qui s’en servent ironiquement à propos de choses qu’on répète trop souvent devant eux. Souvent ils se contentent de dire H !

Hasard !

Expression elliptique et ironique qui peut se traduire par : Cela arrive par hasard ! pour dire : Cela arrive très fréquemment. Aujourd’hui, on emploie plus souvent H !

Hasard de la fourchette (au)

Expression proverbiale de l’argot du peuple, qui, après l’avoir longtemps employée au propre, l’emploie maintenant au figuré. C’est l’équivalent de Au petit bonheur.

Hasarder le paquet

Tenter une chose, fortune ou danger, après avoir longtemps hésité.

Haus

s. m. Nom que les commis de nouveautés donnent à toute personne qui entre dans le magasin, y marchande plusieurs choses, et s’en va sans rien acheter.

Hausse à 1800 mètres

Képi de forme élevée. On dit aussi : un Bugeaud.

Hausse-col

Se disait plaisamment pour giberne, et en voici la raison probable : l’officier de service portait autrefois, pour marque distinctive, le hausse-col ; le soldat de service, la giberne, qu’il ne pouvait quitter sous aucun prétexte. De là, le rapprochement.

Hausser

Se coucher.

Haussier

Boursier jouant à la hausse des fonds.

Deux grandes catégories qui distinguent les spéculateurs, les haussiers et les baissiers.

Mornand.

Haussier

s. m. Spéculateur qui joue plus souvent à la hausse qu’à la baisse, — dans l’argot des boursiers.

Haussier

Spéculateur optimiste qui joue à la hausse sur les fonds publics. L’opposé du baissier.

Haut-de-tire

Haut-de-chausse.

Haut-de-tire

s. m. Bas, — dans l’argot des voleurs, pour qui ce mot a signifié originairement Haut-de-chausses. Ils disent aussi Tirants.

Haut-et-bas

s. m. pl. Chances diverses de bonheur et de malheur, de perte et de gain,, de tristesse et de joie, — dans l’argot du peuple, qui connaît le jeu de bascule de la vie. Avoir des hauts et des bas. N’avoir pas de position solide, de commerce à l’abri de la ruine. Les Anglais ont la même expression : the ups and downs, disent-ils à propos de ces vicissitudes de l’existence.

Haut-mal

s. m. L’épilepsie, — dans l’argot du peuple.

Haut-temps

Grenier.

Haut-temps

Grenier.

Haut-temps

Grenier.

Haut-Temps

Grenier, — dans l’ancien argot.

Haut-tems

Grenier.

Haute

s. f. La fraction riche de chaque classe de la société, bourgeois, lorettes, et même ouvriers. Cette expression, très employée par le peuple et par le monde interlope, appartient à l’argot des voleurs, qui se sont divisés en deux grandes catégories, Haute et basse pègre.

Haute (la)

La partie riche de chaque classe sociale. Il y a des bourgeois de la haute, des lorettes de la haute, des voleurs de la haute. — L’homme du peuple qui se trouve en fonds dit en plaisantant : Je suis de la haute.

Pour les menus plaisirs d’un monsieur de la haute.

Ricard.

Jamais aussi le sportman n’a couru les salons et la haute, comme on dit au club.

Rod. d’Ornano.

Des dames de la haute ? — Non, des étudiantes.

Carmouche.

Il y a lorette et lorette. Mlle de Saint-Pharamon était de la haute.

P. Féval.

Si nous ne soupons pas dans la haute (dans un restaurant fashionable), je ne sais guère où nous irons à cette heure-ci.

G. de Nerval.

Haute (la)

La haute société, le grand monde. — Homme, femme de la haute.Être de la haute, faire partie de la haute société. Être de la haute, être à la haute, être riche, heureux.

Haute-Bicherie

s. f. « Les plus élégantes et les plus connues d’entre les coureuses parisiennes, reines d’un jour qui ne font que paraître et disparaître sur le boulevard, leur champ de bataille. »

Haute-bicherie (la)

Les plus élégantes et les plus coureuses Parisiennes, reines d’un jour — et surtout d’une nuit — qui ne font que paraître et disparaître sur le boulevard, leur champ de bataille.

Ce salon — qui n’est pas autre chose qu’un marché — est hanté par la haute Bicherie parisienne : musardines, précatelapières, biches, lorettes, filles de marbre et autres gourgandines élégantes qui viennent là exactement comme nous allons à la Bourse, pour y faire leurs petites affaires.

A. Delvau.

Hauteur (être à la)

Être au courant du métier.

Hauteur (n’être pas à la)

Mot à mot : n’être pas à la hauteur de la situation, ne pas comprendre une chose, ne pas être capable de la faire, n’être pas au courant de.

Hautocher

v. n. Monter, — dans l’argot des voleurs.

Hautocher

Monter, — dans l’ancien argot.

Hautocher

Monter.

Hautocher

Monter à une certaine hauteur.
— J’ai hautoché jusqu’au sixième (Argot des voleurs).

Havre

Dieu.

Havre

Dieu.

Havre ou grand-havre

Dieu.

Havre, le grand Havre

Dieu.

Henne ou bouchon

Bourse.

Herbe à grimper

s. f. Belle gorge ou belles épaules, — éperons du cœur, compulsoires d’amour.

Herbe à la vache

La couleur trèfle d’un jeu de cartes.

Herbe à la vache

L’as de trèfle (Argot du peuple).

Herbe sainte

s. f. L’absinthe, — à cause de la désinence, et par antiphrase.

Herbe sainte

L’absinthe (Argot du peuple).

Herbes de la Saint-Jean

s. f. pl. Moyens extraordinaires employés pour faire réussir une affaire, soins excessifs donnés à une chose, — dans l’argot du peuple, qui a une Flore à lui, comme il a sa Faune.

Hercule (un)

Fouteur capable d’accomplir les douze travaux… ou même un peu moins, ce qui n’est déjà pas mal.

Tu possèdes un hercule, ma chère Tullie ; que les autres hommes lui ressemblent peu !

(Meursius français.)

Hérisson

La nature de la femme, à cause des broussailles qui en obstruent l’entrée et auxquelles s’égratigne quelquefois le membre viril.

Herplis

Liards.

Herplis

Liards.

Herplis

Liard.

Herplis ou Pétards

Liards.

Hers

Patron.

Herz

Maître, — dans l’ancien argot ; de l’allemand herzog, duc.

Heure du berger (l’)

Le moment où l’homme baise la femme pour laquelle il bandait depuis plus ou moins de temps.

Lorsque le temps que l’amour donne
N’est pas employé prudemment,
Ce dieu pardonne rarement
Amant, l’heure du berger sonne,
Mais ne sonne qu’un moment.

Collé.

Hiater

v. n. Bâiller, s’entr’ouvrir comme hiatus. L’expression appartient à J. Janin, qui l’a employée à propos des guenilles indécentes de Chodruc Duclos.

Hiatus (le)

La nature de la femme — qui, en effet, bâille toujours. Il peut se faire que les hiatus ne soient point tolérés dans les vers ; mais, dans les draps, ils sont très estimés.

Hibou

s. m. Homme d’un commerce difficile et désagréable, — dans l’argot des bourgeois, incapables de comprendre les susceptibilités sauvages d’Alceste, qui préférait la nuit avec son silence solennel au jour avec ses bruits discordants, et le désert avec les loups à la ville avec les hommes.

Hibou

Voleur solitaire qui ne travaille que la nuit (Argot des voleurs). V. Attristée.

Hic

s. m. Difficulté, obstacle, ennui quelconque. Hic jacet lepus. Voilà le hic. Voilà le difficile de l’affaire, son côté scabreux, ou périculoseux, ou seulement désagréable.

Hirondeau

Les tailleurs qui changent fréquemment de maisons reçoivent la qualification d’hirondeau.

(Henri IV, 1882.)

Hirondelle

Jeune fille encore pucelle, qui annonce le printemps de l’amour comme l’aronde le printemps de l’année.

Hirondelle

s. f. Ouvrier récemment débarqué de province, — dans l’argot des tailleurs.

Hirondelle

s. f. Commis voyageur, — dans l’argot des faubouriens.

Hirondelle

s. f. Cocher de remise, — dans l’argot des cochers de place.

Hirondelle

Ouvrier tailleur de nationalité étrangère. Tantôt l’hirondelle vient faire son apprentissage à Paris et retourne dans son pays, tantôt elle arrive à la bonne saison pour repartir au commencement de l’hiver. — Hirondelle d’hiver, marchand de marrons.

Hirondelle

Bateau qui, sur la Seine, sert au transport des voyageurs. (V. Mouche.) — Dans les stations balnéaires, en Bretagne surtout, on désigne sous le nom d’hirondelle le voyageur, le touriste qui vient se promener, prendre des bains de mer ou faire une saison. Comme l’hirondelle, le voyageur vient aux approches du beau temps et disparait avec la belle saison.

Hirondelle de goguenau

Raccrocheuse, — dans l’argot des voyous. Mot à mot : hirondelle de latrines.

Hirondelle de Grève

s. f. Gendarme, — dans l’argot des voleurs,, qui se souviennent du temps oui on exécutait en Grève. On disait autrefois, avant Guillotin, Hirondelle de potence. Les voleurs anglais disent de même : gallows bird.

Hirondelle de la mort

Gendarme chargé d’assister à une exécution capitale.

Hirondelle de potence

Gendarme, — dans l’argot des marins. C’est la forme nouvelle de l’hirondelle de Grève, bien que la potence ne soit qu’à l’état de souvenir.

Hirondelles

Les moustaches. Les voleurs emploient généralement l’expression plus caractéristique d’ombreuses (Argot des voleurs).

Hirondelles

Individus qui couchent sous les ponts.

Hirondelles (les)

Les moustaches.

Hirondelles d’hiver

s. f. pl. Les marchands de marrons, et aussi les petits ramoneurs, parce que c’est au milieu de l’automne, aux approches de l’hiver, que les premiers viennent s’installer dans les boutiques des marchands de vin, et que les seconds font leur apparition dans les rues de Paris.

Hirondelles d’hiver

Les ramoneurs et les marchands de marrons. Quand les hirondelles partent pour un climat plus doux, on les voit arriver (Argot du peuple).

Hirondelles d’hiver

Ramoneurs.

Hirondelles de ponts

Vagabonds couchant sous les ponts.

Hirondelles de potence

Gendarmes. Emprunté à l’argot des voleurs.

Hirondelles de potence

Les gendarmes (Argot des voleurs).

Hirondelles de potence

Gendarmes.

Hirondelles de potence

Gendarmes.

Hirondelles du pont-neuf

Messieurs les Giverneurs viennent l’été coucher sous le pont ; ils y font fréquemment de bonnes ripailles avec les produits des vols de la journée (Argot du peuple).

Hisser

Appeler en sifflant. (P. de Kock.)

Hisser

Appeler en sifflant.

Histoire

Le membre viril — que la femme se plaît à étudier avec son ventre ; — quelquefois le con.

— Allons, pas tant de facons, montre-moi ton histoire.

Lemercier de Neuville.

Madame, lui dit il je ne peins que l’histoire
— et quoi mon cher monsieur, n’est-ce donc que cela ?
Peignez toujours, le reste un autre le peindra.

Arm. Séville.

Histoire

s. f. Bagatelle, chose de rien, fadaise, — dans l’argot du peuple, qui donne ce nom à tout ce qui n’en a pas pour lui.

Histoire

s. f. Visage de campagne que découvrent si volontiers et si innocemment les petits garçons et les petites filles.

Histoire

Le temple de l’amour. Une demoiselle vint trouver, un jour, le peintre David pour faire faire son portrait. — Je ne peins que l’histoire, répondit l’artiste. — Alors, qui me peindra le reste ? demanda la naïve enfant.

Histoire de

Pour. — Histoire de rire, histoire de passer le temps, pour rire, pour passer le temps.

Histoires

s. f. pl. Discussion à propos de quelque chose, — et surtout à propos de rien. Faire des histoires. Se fâcher sans motif raisonnable ; exagérer un événement de peu d’importance.

Histoires

Mensonges, bavardages. — Tout ça, c’est des histoires de femmes, ce sont des commérages.

Histoires (avoir ses)

Avoir ses menstrues.

Hogner

v. n. Murmurer, se plaindre, pleurer.

Homard

s. m. Soldat de la ligne, — dans l’argot des faubouriens, qui, sans connaître l’anglais, imitent cependant les malfaiteurs de Londres appelant les soldats de leur pays lobsters, à cause de la couleur rouge de leur uniforme. Signifie aussi : Suisse ; domestique en grande livrée.

Homard

Surnom donné aux spahis en raison de leur burnous rouge. (A. Camus.)

Homelette

Homme tout petit. La ménagère n’a pas mis la quantité d’œufs nécessaire (Argot du peuple). N.

Homélie

s. f. Discours ennuyeux, — dans l’argot du peuple, qui se soucie peu des Pères de l’Église, et bâille aussi volontiers devant un sermon profane que Gil Blas devant les sermons religieux de l’archevêque de Grenade.

Homicide

Hiver.

Homicide

s. m. L’hiver, — dans l’argot des vagabonds, pour qui cette saison est en effet meurtrière.

Homicide

Hiver. Il tue bien des pauvres diables.

Hommasse

adj. Femme que son embonpoint exagéré rapproche trop de l’homme, — dans l’argot du peuple.

Homme

s. m. « Nom que les filles donnent à leur amant de prédilection. » C’est aussi le nom que les femmes du peuple donnent à leur mari.

Homme à casque

s. m. Saltimbanque, dentiste en plein vent, pédicure de place publique, etc.

Homme à femmes

Grand fouteur, après lequel courent toutes les femmes, et qui court lui-meme apres toutes.

un homme aimable, un homme à femmes
si il veut etre l’homme du jour
si il veut avoir toutes nos dames
Ne doit jamais avoir d’amour.

Colle.

Homme à femmes

s. m. Homme de galante humeur, — dans l’argot du peuple.

Homme à la mode

Homme riche, individu bon à voler, — dans le jargon des barrières.

Homme à ressorts

Godemichet, qui rend mieux que l’homme sous la volonté de la femme qui veut jouir et qui le trouve toujours prêt.

Vos mirliflors
Vaudraient-ils cet homme à ressort ?

Collé.

Homme ardent, femme ardente

Homme amoureux, femme amoureuse, aimant à baiser. C’est l’ardens d’Ovide.

Homme au sac

s. m. Personne riche, généreuse, — dans l’argot des petites dames qui voudraient que l’Humanité ne fût composée que de ces hommes-là.

Homme de bois

Nom qu’on donne dans les imprimeries à celui qui rajuste les planches avec des petits coins en bois. — Cabarets de Paris, 1821. — Jeu de mots.

Homme de bois

s. m. Dénomination ironique qui sert à désigner un ouvrier en conscience ; il est corrigeur, homme de conscience ou chef du matériel. Se dit aujourd’hui à peu près exclusivement de celui qui fait les fonctions avec un metteur en pages.

Homme de bois

Ouvrier qui aide le metteur en pages dans une imprimerie.

Homme de lettres

Faussaire. — Jeu de mots.

Homme de lettres

s. m. Faussaire, — dans l’argot des voleurs.

Homme de lettres

Faussaire, — dans le jargon des voleurs.

Homme de lettres

Faussaire.

Homme de paille

Homme couvrant de son nom des actes, des écrits qui n’émanent pas de lui. Le journalisme et la finance emploient fréquemment l’homme de paille.

Ce Claparon fut pendant six ou sept ans l’homme de paille, le bouc émissaire de deux de nos amis.

Balzac.

Quoi qu’il arrive, M. Bitterlin aurait été… son homme de paille, son gérant, son compère.

About.

Homme de paille

Homme étranger aux choses accomplies sous la responsabilité de son nom.

Homme de paille

s. m. Gérant responsable, machine à signatures, — dans l’argot des bourgeois. Les Anglais, qui ont inventé les sociétés en commandite, devaient inventer le man of straw, — et l’homme de paille fut.

Homme de paille

s. m. Bonhomme, pauvre homme et homme pauvre, — dans l’argot du peuple, qui emploie cette expression depuis quelque trois cents ans, comme le témoigne cette épigramme du Seigneur des Accords :

Jean qui estoit homme de paille,
N’ayant que mettre sous la dent,
Prit une vieille et de l’argent :
Maintenant il vit et travaille.

Homme de peine

s. m. Voleur qui a déjà subi une ou plusieurs condamnations.

Hommelette

« Homme sans force et sans énergie. » — 1808, d’Hautel. — Jeu de mots.

Hommelette

s. f. Homme qui n’a rien des qualités et des vices de l’homme, — dans l’argot du peuple, ami « des lurons ».

Honnete

Printemps.

Honnête

adj. Plus que suffisant, — dans l’argot des bourgeois.

Honnête

Printemps, — dans l’ancien argot.

Honnête femme

Manon Lescaut consciencieuse et qui a du goût pour son état, — dans le jargon des demoiselles de trottoir.

Hôpital

Prison (Vidocq). — On concevra le mot en voyant Fièvre cérébrale et Malade.

Hôpital

s. m. Prison, — dans l’argot des voleurs, dont la conscience est souvent malade.

Hôpital

Prison, — dans l’ancien argot.

Hôpital, hosto

Prison.

Horion

s. m. Coup donné ou reçu.

Horizontale

Femme galante. Il y a plusieurs sortes d’horizontales. D’abord l’horizontale de haute marque, celle dont certains journaux narrent les faits et gestes et qui fait partie du Tout-Paris où l’on s’amuse ; puis, l’horizontale de moyenne marque, moins haut cotée sur le turf de la galanterie ; enfin l’horizontale de petite marque qui n’a pas su réussir comme ses sœurs.
Le mot horizontale a été bien accueilli et s’est aujourd’hui répandu un peu partout. Il date de 1883 et fut mis à cette époque en circulation par M. Aurélien Scholl. Voici comment, d’après l’auteur même de Denise, les horizontales virent le jour.

Depuis longtemps le baron de Vaux (un rédacteur du Gil Blas) qualifiait du doux nom de tendresse les marchandes de sourire. Il disait « une tendresse » comme on dit un steamer, par abréviation.
Désireux de trouver une formule nouvelle, je cherchais un vocable qui pût détrôner la tendresse. Le Voyage autour de ma chambre, de X. de Maistre consacre un chapitre entier à la position horizontale. J’ai pris le mot de X. de Maistre pour l’appliquer à celles qui sont de son avis. L’horizontale fit fortune. Le baron de Vaux lui servit de parrain… Je n’en ai pas moins le droit de revendiquer ce mot dans l’intérêt des glossateurs…

Cette explication n’a pas été trouvée suffisante par certains étymologistes et d’aucuns veulent que ce mot horizontale soit une réminiscence de ce passage des Reisebilder où Henri Heine parle de la femme qui enseigne à Rauschenwasser la philosophie horizontale. Un abonné de La République française fait remonter jusqu’à Casanova l’emploi de ce mot horizontale dans l’acception spéciale qu’il a ici. Je trouve, en effet, dans le numéro du 10 mars 1887 de ce journal la note suivante : « On a discuté ces jours derniers la paternité du mot horizontale qui désigne les vieilles et jeunes personnes d’accès facile. On ne s’est pas avisé, au milieu de tous ces débats, de rechercher si le mot tant revendiqué n’appartient pas de prime-abord à l’un de nos grands amoureux. Celui-ci est Casanova qui parle deux fois des horizontales. V. à ce sujet l’édition italienne de Périno, à Rome. »

Les grandes dames, les cocodettes et celles que, dans leur langage extraordinaire, les mondains appellent les horizontales de la grande marque…

(Illustration, juin 1883.)

D’horizontale est dérivé horizontalisme, désignant les usages, les habitudes, les mœurs des horizontales et aussi l’ensemble de ce monde spécial.

Le vrai monde ma foi, tout ce qu’il y a de plus pschutt… et aussi tout le haut horizontalisme…

(Figaro, juillet 1884.)

Horizontale

Fille galante. V. Biche.

Horloger

s. m. Le Mont-de-Piété, — dans l’argot des ouvriers, qui y portent volontiers leur montre lorsqu’elle retarde de 20 francs.

Horloger (avoir sa montre chez l’)

Avoir mis sa montre au Mont-de-Piété, — dans le jargon des artistes qui, la plupart du temps, regardent l’heure à vue de reconnaissance.

Horloger de la marine

Celui qui paye tous les jours, à la même heure, le tribut à Domange.

Horreur d’homme

s. f. Homme qui fait rougir et que l’on n’ose pas chasser, — dans l’argot des bourgeoises, qui commencent à se shockigner comme les ladies anglaises.

Horreur d’homme

Homme volage, infidèle. — Homme très entreprenant auprès d’une femme, et dont les privautés ne déplaisent pas au fond.

Horreurs

Propos libertins.

Quand les bégueules ont des masques, Elles racontent des horreurs.

Festeau.

Horreurs

s. f. pl. Ce que Cicéron appelle turpitudo verborum, — dans l’argot des bourgeois. Dire des horreurs. Tenir des propos plus que grivois. Dire des horreurs de quelqu’un. L’accuser de choses monstrueuses, invraisemblables, — par exemple d’avoir volé les tours Notre-Dame. Faire des horreurs. Agir trop librement.

Horreurs

Paroles ordurières. — Dire des horreurs, tenir une conversation ordurière. — Faire des horreurs, se livrer à une pantomime indécente.

Horreurs (chanter des)

Chanter de couplets gaillards, à double sens, pleins d’équivoques obscènes, comme se plaisent à en chanter les bourgeois lorsqu’ils sont en famille.

S’il a chanté ! j’crois ben… Des horreurs, ma vieille, qu’il a chantées.

Henry Monnier.

Horreurs (dire des)

Être libre en paroles ; tenir des discours d’une grande lubricité, — pour pousser à l’accomplissement de l’acte vénérien. — Faire des horreurs. Se porter à des votes de fait agréables envers les femmes, leur prendre le cul, les tétons et le reste. — Horreurs est une antiphrase comme Euménides, — mais dans le sens contraire.

Qu’une femme devait et dire et savoir faire
Toutes les saletés et toutes les horreurs ;
Que cela ranimait le chibre des fouteurs.

Louis Protat.

Hors d’équerre

Bossu.

Horse-steak

Bifteck de cheval ; mot fabriqué pendant le siège de Paris, à l’époque où l’on mangeait tant de cheval.

Hortensia

Terme chorégraphique.

C’est un temps couché ; le danseur a presque toujours une position horizontale ; sa tête comme s’il nageait : c’est un mouvement de bascule plus lascif que gracieux.

(Petit dict. des coulisses.)

Hosto

s. m. Prison, — dans l’argot des ouvriers.

Hosto

Prison. C’est une déformation du mot hôpital, qui, en argot, a la même signification.

Hosto

Prison, — de l’argot parisien qui l’a emprunté au vieux mot français hostel, hôtel, demeure.

Hosto

Prison (Argot des voleurs).

Hosto, housteau

Prison.

Hôtel de la Belle-Étoile (coucher à l’)

Coucher dans la rue, sur un banc, dans les champs, dans les fossés des fortifications, partout enfin où l’on a le ciel pour ciel-de-lit.

Hôtel de la modestie

s. m. Hôtel garni, mauvaise auberge, — dans l’argot des faubouriens, qui savent que les locataires de ces maisons-là n’ont pas le droit de faire les fiers. Ils disent aussi Être logé à l’enseigne des Haricots.

Hôtel dégarni

Le dépôt de la préfecture.

Hotel des quatre colonnes (l’)

Salle commune du Dépôt de la préfecture de police où sont enfermés les prévenus, voleurs, souteneurs et vagabonds. La raison de ce nom est que quatre colonnes supportent les voûtes de cette salle (Argot des voleurs). N.

Hôtel du rat qui pète

s. m. Cabaret populacier, — dans l’argot des marbriers de cimetière.

Hôtel-diderot

La prison de Mazas. On dit également Mazas-les-Bains (Argot du peuple). N.

Hoteriot

« On nomme ainsi la hotte des chiffonniers. » — Privat d’Anglemont., — Diminutif de hotte.

Hotteriau

s. m. Chiffonnier, — dans l’argot des faubouriens.

Hotteriau

Chiffonnier. Celui qui porte la hotte.

Hotteriau

Chiffonnier.

Houillier

« Ce que les restaurants à bas prix fixe ont refusé de prendre au marché à la volaille est acheté par le houillier. Le houillier devient alors ce paysan qui vous aborde dans la rue et sous les portes, pour vous proposer, avec des airs mystérieux, du gibier à bon marché. » (Eug. Chavette, Restaurateurs et restaurés, 1868.)

Houpe dentelée

s. f. Lien de fraternité, — dans l’argot des francs-maçons.

Houris

Le pavé du Paradis de Mahomet, — sur lequel les vrais croyants espèrent se rouler éternellement un jour ou l’autre.

Des Houris, toujours belles,
Qu’on satisfera bien,
Et qui, toujours pucelles,
N’arrêteront sur rien.

Collé.

Hourvari

s. m. Vacarme, dispute bruyante, — dans l’argot du peuple, qui a emprunté ce mot en l’altérant à l’argot des chasseurs. V. Boulvari.

Housette

Botte.

Houspiller

v. a. Maltraiter quelqu’un par paroles ou par action.

Houssine (Jean de l’)

Bâton. — Morceau de bois dont se servent les voleurs avec effraction.

Hubins

Ceux qui se disent mordus de chiens enragés.

Hubins

Ceux qui se disent mordus de chiens enragés.

Hucher

v. a. Appeler quelqu’un, crier après lui.

Hugolâtre

Admirateur passionné de Victor Hugo.

Hugrement

adv. Beaucoup, victorieusement, — dans l’argot des faubouriens.

Hugrement

Beaucoup, — dans l’ancien argot.

Hugrement

Beaucoup.

Hugrement

Beaucoup. Corruption de l’expression bougrement, qui signifie beaucoup (Argot du peuple).

Huile

De l’argent.

Huile

Argent.

Huile

De l’argent.

Huile

Le sperme, qui est l’huile essentielle de l’amour.

Qu’après d’une douce huile je graisse le dedans,
Lorsque je la tiendrai sur le dos étendue.

Théophile.

Huile

Argent (Vidocq). — Tout ce qui est gras symbolise l’argent. V. Beurre, Graisse.Huile : Soupçon (id.). — Il pénètre et s’étend comme une tache d’huile.

Huile

s. f. Vin, — dans l’argot du peuple, qui oint ses membres avec cette onctueuse liqueur. Pomper les huiles. Boire avec excès.

Huile

s. f. Soupçon, — dans l’argot des voyous.

Huile

Soupçon. — Argent. — Huile de coude, vigueur de la main, force dans le poignet. — Huile de cotrets, essence de cotrets, coups de bâton.

Huile

Officier supérieur, dans la langue verte du troupier.

Le général convie demain dans un repas de trente couverts tous les gros bonnets militaires, ceux que les soldats appellent indifféremment les Huiles ou les Grosses légumes

(Figaro, sept. 1887.)

Huile

Soupçon. Argent. Vin. Officier supérieur.

Huile (à l’)

Gratis, pour rien. Argot de coulisses.

Comme un figurant doit toujours faire la première semaine à l’œil, c’est-à-dire à l’huile, en terme de métier…

(Figaro, déc. 1885.)

Huile (jeter de l’)

Transpirer abondamment, — dans le jargon des voyous. — C’est étonnant comme je jette de l’huile.

Huile (voir à l’)

Juger une pièce, juger un acteur pendant la représentation.

Dis donc, Blinval, toi qui me disais ce matin à la répétition : faudra voir à l’huile… Voilà.

(Musée Philipon, théâtre de Bourg-en-Bresse.)

Huile blonde

s. f. Bière, — dans l’argot des étudiants, habitués des brasseries.

Huile blonde

Bière.

Huile dans la lampe (n’avoir plus d’)

Mourir. Allusion à la lampe qui s’éteint faute d’huile (Argot du peuple). N.

Huile de bras

Vigueur corporelle. — Huile de cotterets : Coup de bâtons (d’Hautel, 1808).

Huile de bras

s. f. Vigueur physique, volonté de bien faire, qui remplace avantageusement l’huile pour graisser les ressorts de notre machine. Argot du peuple. On dit aussi Huile de poignet.

Huile de cotret

s. f. Coups de bâton, — dans l’argot des ouvriers, qui, dans les jours gras, se plaisent à envoyer les nigauds chez les épiciers pour demander un litre de cette huile-là. La plaisanterie et l’expression sortent du roman de Cervantès.

Huile de cottrets

Coups de bâton.

Huile de coude, Huile à bras

Travail fatigant des bras. Pour bien astiquer un sac, un ceinturon, il faut user bien de l’huile de coude.

Huile de mains

s. f. L’argent, qui vous glisse toujours entre les doigts, — dans l’argot du peuple, plagiaire involontaire des voyous anglais : Oil of palms disent ces derniers.

Huissier

Concierge.

Huit

s. m. Entrechat, — dans l’argot des troupiers. Battre un huit. S’en aller gracieusement en pirouettant sur les talons.

Huit écus

s. m. La mésange, — dans l’argot des paysans des environs de Paris, qui ont voulu faire allusion au chant de cet oiseau.

Huit ressorts

Voiture très suspendue.

Jamais Anna Deslion, Julia Barucci, Adèle Courtois, n’ont dans le huit ressorts promené de mine aussi noble.

Les Cocottes, 1864.

Huit-ressorts

s. m. Voiture à la mode, coupé de petite dame. Se dit aussi pour la Petite dame elle-même.

Huître

Le con qui sent la marée, s’ouvre et se referme sur le doigt du pêcheur ; sa morsure, quoique douce, est parfois venimeuse.

D’une huître qui te plaira fort,
Je vais te montrer les coquilles.

E. Debraux.

Huître

Graillon, imbécile. — Huitrifier : Abrutir.

Il poursuivit de tant de plaisanteries ce qu’il appellait le parti des huîtres.

L. Reybaud.

Huître

s. f. Mucosité expectorée, — dans l’argot des faubouriens, qui prennent les produits des cryptes muqueuses des bronches pour des mollusques acéphales. Faire des huîtres. Cracher beaucoup et malproprement.

Huître

s. f. Imbécile, — dans l’argot du peuple, qui jette volontiers ses coquilles à la tête des gens. Le parti des huîtres. Nom qu’on a donné, sous Louis-Philippe aux députés du centre, gens satisfaits, — et attachés à leurs bancs.

Huître

Crachat très épais. Huître de poitrinaire, crachat de poitrinaire. — Huître de Varenne, fève. — Huîtres de gueux, escargots à la bourguignonne.

Huître de varannes

Fèves.

Huîtrerie

« C’est la drôlerie de pensée, l’erreur de plume, qui, par précipitation, par manque de réflexion, échappe surtout à l’écrivain. »

(J. Claretie : Le Temps, avril 1882.)

Le mot a été précédemment employé par V. Jacquemont.

Huîtres de Varanne

Fèves.

Huîtres de varanne

Fêves.

Huîtres de varennes

Fèves.

Huîtres vides

Castagnettes.

Huîtrifier (s’)

S’embourgeoiser, se parquer dans une vie casanière. — Argot des gens de lettres.

Humanitaire

« L’humanitaire est le zélateur d’une secte récente née du dégoût de nos troubles politiques… L’humanitaire est le radical par excellence. Petites ou grandes, à ses yeux, toutes les réformes se tiennent. » — M. Raymond.

Humecter (s’)

Boire.

Il me demande si je veux m’humecter. Je lui réponds : J’ai mon casque.

Monselet.

Humecter (s’)

v. réfl. Boire, — dans l’argot des ouvriers qui avaient assez de poussières malsaines pour avoir le droit de se mouiller un peu le palais.

Humecter les amygdales (s’)

Boire un coup, se rafraîchir d’un coup de vin.

Humide empire (l’)

La mer, — dans l’argot des académiciens. Ils disent de même Les plaines humides. La première expression peut s’appliquer aussi justement à l’Égout collecteur, et la seconde aux prairies suffisamment irriguées.

Humide radical (l’)

La sperme. L’expression a été employée pour la première fois par Casanova de Seingalt.

Elle ne voulait pas, disait-elle que, répétant tous les jours et à tous moments d’épuisantes tribaderies, j’émoussasse l’aiguillon de la volupté et tarisse ce précieux humide radical si nécessaire à ma croissance.

A. de Nerciat.

Humilié (l’)

Le dos. On dit d’un homme qui s’humilie : il baisse le dos (Argot des voleurs). N.

Humoriste

s. m. Écrivain de l’école de Swift et de Sterne en Angleterre, et de Jean-Paul Richter et Henri Heine en Allemagne, — dans l’argot des gens de lettres, qui ont emprunté le mot (humourist) et la littérature qu’il représente.

Humour

s. m. Mélange d’esprit et de sentiment, de gaieté et de mélancolie, d’ironie et de tendresse, qui se rencontre à foison chez les écrivains anglais, et qu’on remarque depuis une quarantaine d’années chez quelques-uns des écrivains français, Charles Nodier, Gérard de Nerval, etc. Argot des gens de lettres.

Huppé

adj. Bien habillé, — dans l’argot du peuple. Monsieur huppé. Personne de distinction.

Hupper

Se donner du ton.

Hure

Riche.

Hure

Tête. Figure.

Hure

La tête (Argot du peuple). V. Tronche.

Hure

Tête.

Hure

Tête.

Huré

adj. Riche, — dans l’argot des voleurs.

Hurepois

Excellent, très réussi, — dans le jargon des voyous. C’est un composé de Hurf, urf, apocope de surfin.

Hurf

Beau, joli. On écrit aussi urph.

Hurf

Beau. Joli. Élégant.

Hurler

« Les tailleurs de pierre compagnons étrangers, les menuisiers et les serruriers du devoir de Liberté ne hurlent pas, non plus que les tailleurs de pierre compagnons passants. Les ouvriers de tous les autres corps d’état hurlent, et ils appellent cela chanter, par la raison qu’ils articulent ainsi des mots qu’eux seuls peuvent comprendre. » (Almanach des métiers, 1852.)

Hurluberlu

s. m. Homme fantasque, excentrique, étourdi, et même un peu fou. Argot du peuple.

Hurlubier

Vagabond, idiot, fou.

Hurlubier

Vagabond. Idiot. Fou.

Huron

s. m. Homme rude d’aspect et de langage, — dans l’argot des bourgeois, qui n’aiment pas Alceste.

Hus-mus

Grand merci (Argot des voleurs).

Hus-mus !

Grand merci, — dans l’argot des voleurs.

Hus-must

Grand-merci.

Hussard à quatre roues

Conducteur d’artillerie, soldat du train des équipages.

Aussi partagent-ils avec le train des équipages militaires le sobriquet de hussards à quatre roues.

La Bédollière.

Hussard à quatre roues

s. m. Soldat du train, — dans l’argot des troupiers.

Hussard à quatre roues

Cantinier militaire. — Soldat du train des équipages.

Hussard à quatre roues

Soldat du train.

Hussard de la guillotine

« Le gendarme a différents noms en argot : quand il poursuit le voleur, c’est un marchand de lacets ; quand il l’escorte, c’est une hirondelle de la Grève ; quand il le mène à l’échafaud, c’est un hussard de la guillotine. » — Balzac.

Hussard de la guillotine

s. m. Gendarme, — dans l’argot des prisons. On dit aussi Hussard de la veuve.

Hussard de la guillotine

Garde de Paris, gendarme, chargé de maintenir la foule les jours d’exécution capitale.

Hussarde

Absinthe faite en versant l’eau goutte à goutte. On la nomme purée quand elle est noyée tout d’un coup ; amazone, mélangée à la gomme ; Suissesse, à l’orgeât ; bourgeoise, à l’anisette.

Hussards à 4 roues

Soldats du train, par allusion à leurs fourgons.

Hussards de la veuve

Les gendarmes ou la garde républicaine qui entourent l’échafaud les matins où l’on exécute un condamné à mort (Argot des voleurs).

Hust must

Grand merci.

Hust must

Grand merci.

Hust-Must

Merci.

Hydre de l’anarchie (l’)

Le socialisme, — dans l’argot des bourgeois qui ont peur de leur ombre.

Hydropique

adj. et s. Fille ou femme enceinte, — dans l’argot facétieux du peuple.

Hyménée

s. m. Mariage, — dans l’argot des académiciens. Serrer les liens ou les nœuds de l’hyménée. Se marier.


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