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G

G (la cote)

Objets insignifiants qu’un clerc de notaire s’approprie pendant les inventaires. (Littré.) — G pour j’ai, — dans le jargon de MM. les clercs, amis du calembour.

Gabahoter

Gamahucher une femme.

Et s’il ne me suffit pas de gabahoter,
Je greluchonne alors aussi, sans hésiter.

L. Protat.

Gabari

Perdre au jeu, jargon des ouvriers de fer. L. L. Le gabari est une plaque de tôle ou de zinc taillée sur un modèle donné pour que l’ouvrier mécanicien ou menuisier puisse confectionner exactement sa pièce. Avant l’invention de la machine à diviser, une roue d’engrenage ne pouvait être juste sans le secours du gabari pour aligner les dents (Argot des ouvriers). N.

Gabari (passer au)

Perdre, perdre au jeu, être vaincu, — dans le jargon des ouvriers du fer. Avoir passé un camaro au gabari, avoir gagné une partie de cartes à un camarade.

Gabatine

Raillerie, plaisanterie, tromperie ; vieux mot français.

La gabatine est franche et la ruse subtile.

(Le Docteur amoureux, comédie.)

Il est vrai, notre nation
Donne souvent la gabatine.

(ocarron. Poésies.)

Galans fiéfés, donneurs de gabatine.

(Deshouillères.)

Gabatine

Raillerie.

Gabegie

Mauvais dessein. De l’ancien mot gaberie : tromperie. V Roquefort.

Assurément, il y a de la gabegie là-dessous.

Deslys.

Gabegie

Fraude ; cachotterie.

Gabegie

Fraude, cachotterie.

Gabelou

Employé des contributions indirectes. — Du vieux mot gabloux : officier de gabelle. V. Roquefort.

Bras-Rouge est contrebandier… il s’en vante au nez des gabelous.

E. Sue.

Gabelou

Douanier ou employé d’octroi.

Gâchage

Désordre, gaspillage. — Gâcheuse, gaspilleuse.

Gâcher du gros

Sacrifier à la compagnie Lesage.

Gâcher du gros

Aller pisser comme les poules. Allusion aux maçons qui mangent énormément et qui font de même (Argot du peuple).

Gâcher serré

Travailler avec ardeur ; terme emprunté aux maçons.

Gachette (appuyer sur la)

Mettre les points sur les i.

Gâcheur

Le président de la Cour d’assises. Quand il condamne, il gâche la vie des gens (Argot des voleurs). N.

Gadin

Bouchon, — dans l’ancien argot.

Gadin

Chapeau délabré, chapeau qui arbore des tons roux.

Gadin

Soulier ; abréviation de rigadin.

Gadin

Bouchon. Chapeau usé. Soulier.

Gadin

Vieux chapeau. L. L. Le gadin est un bouchon. Le jeu qui consiste à abattre le bouchon chargé de gros sous se nomme gadiner. Il y a plus de cinquante ans que cette expression est populaire (Argot du peuple). N.

Gadin

Bouchon. Une personne qui tombe ramasse un gadin.

Gadoue

Sale femme. — Du vieux mot gadoue : ordure, fumier.

Fils, mon fiston, roule ta gadoue, mon homme, ça pue.

Cat. poissard, 1844.

Rouler veut dire ici Mener plus loin.

Gadoue

Sale femme. Mot à mot : femme qui se traîne dans la gadoue, la boue.

Gadoue

Femme de rien, rouleuse.

Gaf

Guet.

Gafe

Soldat de service. — Gafe de sorgue : Patrouille. — Gafer : Guetter. — Gafeur : Sentinelle (Vidocq). — Est-ce une acception figurée du vieux mot gafe : crochet ? — Gafer serait mot à mot accrocher (V. ce mot) les malfaiteurs. C’est une image analogue à celle que présente la raclette. V. ce mot.

Gâfe

Geôlier, gardien de prison, chiourme.

Gâfe (faire le)

Faire le guet.

Gâfe à gail

Garde à cheval.

Gâfe de sorgue

Garde de nuit.

Gâferie

Les gardes-chiourmes.

Gaff

Gardien, surveillant, vedette.

Gaffe

Balourdise. Faire gaffe sur gaffe.

Gaffe

Patrouille ; gardien, guichetier. — Gaffe des machabées, gardien de cimetière. — Gaffe à gayet, garde municipal à cheval. — Gaffe de sorgue, gardien de nuit dans un marché. — Être en gaffe, être en faction.

Gaffe

« Cette main est terrible, c’est-à-dire dans l’argot significatif du jeu, une vraie gaffe ! » (A. Cavaillé.) Elle tire tout l’argent des pontçs vers le banquier comme ferait une gaffe.

Gaffe

Balourdise. Gardien. Surveillance. Guet. Bouche, langue.

Gaffe

Faire le guet pour avertir des complices de l’arrivée de la rousse ou des passants qui pourraient les déranger (Argot des voleurs).

Gaffe

Gardien de prison.

Gaffe

Faire ou dire une maladresse. Prendre la main de son ami, dessous la table, croyant prendre celle de sa femme, c’est faire une gaffe.

Gaffe

Dire ou faire une bêtise.

Gaffe (en commettre une)

Dire ou faire une bêtise, parler trop et à côté (Argot du peuple).

Gaffe de sorgue

Gardien de marché ou surveillant de maisons en construction. Autrefois, c’étaient des invalides qui remplissaient ces fonctions (Argot des voleurs).

Gaffer

Regarder, surveiller, guetter.

Gaffer

Faire le guet.

Gaffer, Faire gaffe

Surveiller. — Gaffer la mirette, ouvrir l’œil.

Gaffeur

Qui commet des gaffes. Il y en a de célèbres, par exemple, dire au maître de la maison dans laquelle on est invité :
— Qui est donc cette vilaine bossue qui fait tant de grimaces.
— Monsieur, c’est ma femme (Argot du peuple).

Gaffeur

Celui qui fait des gaffes.

Gaffeur, Gaffeur de braise

Caissier, — dans le jargon des voleurs. Mot à mot : celui qui garde l’argent.

Gaffier

Voleur qui rôde aux halles centrales pour faire récolte de porte-monnaie dans la poche des ménagères et des bonnes.

Gaffiller

Faire attention. Gaffille ! Guette.

Gaffre

Gardien de prison.

Gaga

Pour gâteux, crétin. — Tiens ! Amanda et son gaga.

Gage

Cheval.

Gagner le gros lot

C’est assez extraordinaire de ne pas mettre à une loterie et d’avoir cette chance. Ce gros lot se gagne sans billet.

La garde qui veille aux barrières du Louvre
N’en défend pas les rois.

On dit aussi : je suis assaisonné (Argot du peuple). V. Quinte, quatorze et le point.

Gahisto

Diable, — dans l’ancien argot, du basque gaiztoa, mauvais.

Gai

Légèrement gris. Mot à mot : mis en gaieté par la boisson.

Gai (être)

Montrer une gaîté due à un léger excès de boisson.

Gail

Cheval.

Gail

s. m. Cheval.

Gail

Cheval.

Gail, Gayet

Cheval, — dans l’ancien argot. Remis en circulation depuis quelque temps, principalement par les maquignons.

Gail, gayet, gaillon

Cheval.

Gaillardes

Joues (Argot des voleurs). V. Jaffles.

Gaille

Un cheval.

Gaillon

Cheval. C’est une forme nouvelle de gail, gaye. Les cochers de fiacre appellent leurs chevaux tantôt des gaillons, tantôt des canards.

Gajard

Gros homme (Argot des voleurs). N.

Gajard

Homme robuste (pour gaillard).

Galant

Amant — d’une galanterie douteuse, souvent.

Elle a quatre galants,
Et de la préférence
Les flatte en même temps.

Collé.

Galanterie

Maladie vénérienne.

Sur la fin de la quatrième année, je m’aperçus que la supérieure m’avait communiqué ce qu’on appelle une galanterie.

Du Laurens.

Je suis un malheureux qui ne mérite pas
De posséder si tôt de si charmants appas.
Je suis dans un état…
— Achevez, Je vous prie :
Auriez-vous attrapé quelque galanterie ?

Legrand.

Galapiat

Galopin. — Corruption du mot.

Il dit aux avocats : Vous êtes un tas de galapiats qui vous fichez du monde.

Balzac.

Galapiat, Galapiau

Galopin, mauvais drôle, — dans le jargon du peuple.

Galbeux

Qui a du galbe, de l’élégance, — dans le jargon des peintres.

Rien ne vaut encore le bon gommeux disant, avec son accent à lui, du vaudeville qu’on vient de jouer : « C’est excessivement galbeux, tout ce qu’il y a de plus galbeux ! »

(Figaro du 5 nov. 1878.)

Le mot galbeux, parti des ateliers d’artistes, est un mot qui a fait son chemin. Il est très fréquemment employé, non seulement par les gommeux, mais encore par les ouvriers.

Galbeux

Avoir du galbe, posséder un visage correct et avenant. On dit d’une jolie fille :
— Elle est galbeuse.
Au superlatif : elle est truffée de galbe (Argot des filles).

Galbeux

Être beau ou bien mis, c’est être galbeux.

Gale (mauvaise)

Femme acariâtre, mauvaise langue.

Galerie

s. f. Salle de composition, le plus ordinairement de forme rectangulaire. Les rangs sont placés perpendiculairement à chacun des grands côtés du rectangle. L’espace laissé libre au milieu est en partie occupé par les marbres.

Galérienne

« Sous les sombres galeries qui bordent, au rez-de-chaussée, la salle de danse du Casino, se tiennent volontiers des femmes grasses et maquillées… On les appelle Galèriennes, parce qu’elles font galerie. » (Ces Dames du Casino, 1862.)

Galetouse

Gamelle.

Galette

Homme nul et plat ; contre-épaulette portée autrefois par les soldats du centre.

Pour revêtir l’uniforme et les galettes de pousse-cailloux.

La Bédollière.

Aux écoles militaires, une sortie galette est une sortie dont tous les élèves profitent, même ceux qui sont punis.

Galette

Grand, complet, — dans le jargon des Saint-Cyriens.

Galette

Argent. Boulotter sa galette, manger son argent, — dans le jargon des voyous.

Galette

Individu sans intelligence.

Galette

Mauvais petit matelas aplati comme une galette.

Galette

Matelas. Imbécile. Mauvais soulier. Monnaie.

Galette

Argent (Argot du peuple). V. Aubert.

Galette

Argent.

Galette

Argent.

Galette (avoir ou toucher de la)

Avoir ou recevoir de l’argent. On dit aussi : avoir de la douille.

Galettes

Souliers ramassés dans la rue par les chiffonniers et vendus deux sous la paire aux ribouiseurs.

Galfatre

Glouton.

Galfâtre

Goulu.

Galienne ou galière

Cavale.

Galier

Cheval.

Galier

Cheval (Bailly). V. Gayet.

Galifard

« Commissionnaire, saute-ruisseaux qui porte au client les marchandises vendues au Temple. » — Mornand.

Galifard

Cordonnier.

Galifard

Apprenti cordonnier. Galifarde, apprentie, fille de boutique.

Galifard, Galifarde

Apprenti, apprentie, — dans le jargon des marchands du Temple.

Galiotte (faire une)

Tricher au détriment de ses associés et au profit d’un compère. — On fait généralement la galiotte à l’écarté : deux grecs tiennent les cartes ; l’un met cinq louis devant lui, ses associés le renforcent d’une cinquantaine ou d’une centaine de louis. Le compère tient tout et gagne tout, grâce au soin qu’a pris le premier grec de lui donner un jeu magnifique.

Galiotte, gaye

Partie entamée entre une dupe et deux grecs.

Galipette

Cabriole. Galipeteur, clown.

Galipoter le fondement

Besogner dans le derrière au lieu de besogner dans le devant, faire acte de bougre au lieu de faire acte d’honnête homme.

Maint’nant que j’ t’ai, sacré’ vessie,
Galipoté le fondement,
J’ te préviens qu’ j’ai z’une avarie
Qui me rong’ tout le tour du gland.

A. Karr.

Gallier

Cheval.

Gallier

Cheval.

Galoche

Menton.

Galoche

Jeu de bouchon.

Galons (arroser ses)

Payer à boire lorsqu’on est promu sous-officier.

Je ne dis pas que… avec les camarades, pour arroser mes galons.

Cormon.

Galons (arroser ses)

Fêter sa promotion, en vidant force bouteilles, suivant l’usage. En cette occurrence, ce sont généralement les parents du promu qui ont casqué.

Galons d’imbécile

Chevrons au-dessus du coude servant à marquer le nombre d’années de service dans un régiment.

Galons d’imbécile

Galons de soldat de 1re classe ou de caporal.

Galop

Réprimande énergique.

Tu as tant fait que ma mère va me donner un galop.

Champfleury.

Allusion au bruit précipité des paroles.

Galop

Vive réprimande.

Galoper

Envahir au galop. Très-expressif et toujours pris au figuré.

Voilà la peur qui me galope. Qu’est-ce que je pourrai dire ?

E. Sue. — Galoper :

Travailler à la hâte, bousiller un ouvrage.

1808, d’Hautel.

Galopin

Apprenti, terme d’amitié dont se servent les ouvriers pour stimuler le zèle de l’apprenti.

Galopin (petit)

Petite chope de bière. Le galopin se vend quinze ou vingt centimes.

Galoubet

Voix. — Avoir un bon galoubet, avoir une belle voix. — Galoubet fêlé, voix fausse, éraillée.

Galoubet

Voix.

Galoubet (en avoir)

Posséder une belle voix ou crier bien fort. On dit d’un chanteur émérite :
— Il a un rude galoubet.

Galoubet (nettoyer son)

Boire un coup.

Galouser

Chanter.

Galtos

Gamelle, — dans l’argot des marins. Passer à galtos, manger à la gamelle.

Galtouze

(?) Gamelle.

Galtouze

Argent.

Galtouze

Argent (Argot du peuple). V. Aubert.

Galtouze

Argent.

Galtouze

Argent, et aussi gamelle (en prison).

Galtron

Poulain.

Galtron

Petit cheval, — dans l’ancien argot.

Galuche

Galon. — Galucher, galonner.

Galuché

Galouné.

Galucher

Galonner. — Corruption de mot. — V. Tirant.

J’li ferai porter fontange et souliers galuchés.

Vidocq.

Galuchet

Valet de cartes. — Allusion aux galons de sa livrée.

Cinq atouts par le monarque son épouse et le galuchet.

Montépin.

Qu’est-ce que c’est que ça, galuchet ? — C’est le valet.

Méry.

Galuchet

Valet d’un jeu de cartes.

Je dormais jusqu’à cinq heures du soir et je voyais flotter sur mon traversin la grande ombre de Galuchet.

(Ed. About, Trente et Quarante.)

Galuchet

Valet.

Galupe

Femme, — dans le jargon des voyous ; c’est-à-dire peau à gale.

Galure

Chapeau haute forme, par abréviation de galurin, — dans le jargon des ouvriers. — Qui s’est assis sur mon galure ? Qui s’est trouvé mal sur mon galure ?

Galure ou Galurin

Chapeau.

Galurin

Chapeau.

Vous mettez votre galurin ?

(Huysmans, Les Sœurs Vatard.)

Galurin

Chapeau.

Galurin

Chapeau. On dit quand il a une hauteur exagérée :
— Mince de galure (Argot du peuple). V. Bloum.

Galurin

Chapeau.

Galvaudage

Tripotage.

Surtout pas de galvaudage ni de chipoteries.

Balzac.

Se galvauder : Compromettre sa réputation.

Galvaudage

Flânerie crapuleuse, dégradation morale. — Mauvaise fréquentation. Se livrer au galvaudage, s’encanailler de parti pris.

Galvauder (se)

S’encanailler à plaisir, se traîner moralement dans la boue.

Galvaudeuse

Coureuse ; femme adonnée à la prostitution subalterne.

A côté de ce groupe bruyant de galvaudeuses, s’en forme un plus sérieux.

(F. d’Urville, Les Ordures de Paris.)

Galvaudeux

Vagabond. — Mauvais sujet. — Homme de peine qu’on emploie tantôt à une besogne, tantôt à une autre.

Galvaudeux

Individu qui se plaît dans la fréquentation de la crapule, celui qui s’encanaille par goût.

Gamahuché (être)

Se dit de l’un comme de l’autre sexe, la langue étant à la disposition de tous les deux.

Un vit, sur la place Vendôme,
Gamahuché par l’aquilon.

(Parnasse satyrique.)

Gamahucher le canal

Sucer un homme, aspirer la moelle qui coule dans son canal de l’urètre.

Si. comme la race canine,
Nous pouvions, sans gêne et sans mal,
Nous gamahucher le canal.

Dumoulin.

Gamahucher une femme

La faire jouir en jouant de la langue dans son con, au lieu d’y jouer de la pine. Un métier de chien !

Celle-là, sur son lit nonchalamment couchée,
Par un vieux Cupidon était gamahuchée.

L. Protat.

Gambergement

Truc. Combinaison qui se trouve dans les jeux de hasard où il n’y a rien a toucher ; le gambergement se fait de lui-même.

Gamberger

Compter.

Gamberger

Compter.

Gambettes

Jambes.
— Elle est bien molletonnée (montée en gambettes) (Argot du peuple). V. Brancards.

Gambettes

Les jambes.

Gambettes

Jambes.

Gambettiste

Partisan de la politique de M. Gambetta ; admirateur de M. Gambetta. — Fonctionnaire nommé par M. Gambetta, à l’époque de la guerre de 1870-71. — Préfet, général gambettiste.

Gambillard

Bon marcheur.

Gambille

Jambe.

Gambille

Jambe. Gambiller, sauter, danser, Gambillade, cancan, danse.

Gambiller

Danser.

Gambiller

Danser. — Mot de langue romane. V. Roquefort. — Tout récemment une danseuse du Casino portait le sobriquet de Gambilmuche. V. Coquer. — Gambille : Jambe. Diminutif du vieux mot gambe.

Gambiller

Danser ; sauter. — Gambilleur, gambilleuse, danseur, danseuse. — Gambilleur, gambilleuse de tourtouse, danseur, danseuse de corde.

Gambiller

Danser. Mot à mot : faire marcher ses gambettes (Argot du peuple).

Gambiller

Danser.

Gambilles

Jambes.

Gambilleur

Bourreau.

L’même gambilleur qui t’a marqué sur l’épaule gauche t’a bien marqué.

(Le nouveau Vadé, 1824.)

Gambilleur

Homme politique qui saute en l’honneur de tous les régimes, pourvu qu’il y trouve quelque avantage.

Gambilleur

Danseur (Argot du peuple).

Gambilleur

Danseur.

Gambilleur de tourtouse

Danseur de corde. Gambiller, danser, tortouse, corde. Cette expression servait autrefois à désigner la corde employée par le bourreau pour expédier ses clients dans l’autre monde. L’image est juste, le condamné gambille au bout de la tourtouse (Argot des voleurs).

Gambriade

Danse échevelée.

Game

Rage.

Gamelage

Dénonciation, — dans le jargon des voleurs. — Gameler, dénoncer. C’est une forme nouvelle de l’ancien et classique manger le morceau : gameler, c’est-à-dire manger dans la gamelle.

Gameler

Quitter. Dénoncer. On dit aussi attacher une gamelle, un bidon.

Gamelle

Auge de maçon.

Gamelle (en attacher une)

Quitter une femme avec laquelle on est collé, sans la prévenir. Rendre son tablier sans faire ses huit jours (Argot du peuple).

Gamelle (s’attacher une)

S’enfuir.

Gamelle (tremper une)

Synonyme de tremper une soupe, — dans le jargon des ouvriers ; c’est-à-dire porter des coups, assommer de coups. — Dans le jargon des voleurs, l’expression n’est qu’une variante de gameler et a également le sens de dénoncer.

Gameller

Quitter quelqu’un, c’est le gameller.

Gameller (se)

Même sens : s’enfuir.

Gamelles

Seins. Les troupiers, dans les jardins publics, se placent de préférence sur les bancs, à côté des nourrices qui allaitent leurs nourrissons. Ils se pourléchent les lèvres à la vue des nichons blancs et volumineux.
— Mademoiselle, en voilà un heureux gaillard de manger à une pareille gamelle.
Quand il y en a pour un, il y en a pour deusse.
Le camarade se penche : « Il y en aurait bien pour troisse » (Argot des troupiers). N.

Gamet

Raisin des environs de Paris, raisin qui sert à faire le ginglard.

Gamin (faire le)

Quand une femme a bien fait la patte d’araignée, collé un joli bécot sus le bout du vit d’un homme, quand, enfin, elle a usé de toutes les gamineries capables de le faire bander, elle n’a plus qu’à s’enfourcher sur la glorieux priape façonné par elle, — pour elle. — Alors : Hue ! dada !… notre gamin allant au trot, puis au galop : patatrot, patatrot ! — comme s’il sautait sur les genoux de son grand-père, — se bourre le vagin à sa fantaisie, jusqu’à ce que plaisir s’ensuivant, le cavalier tombe épuisé sur sa monture. — C’est du nanan ! — Voir le Tire-bouchon américain.

Gamme (monter une)

Gronder, tancer crescendo.

Gamme (monter une)

Administrer une correction à un enfant jusqu’à ce qu’il crie. — Les gosses gueulent à la tortore. — Monte-z’y leur une gamme et qu’ils nous f.i. la paix : — Les enfants demandent à manger. — Bats-les et qu’ils nous laissent tranquilles. (Fragment d’une conversation faubourienne prise sur le vif.) Gamme signifiait, au XVIIe siècle, réprimande, récrimination, comme le prouvent les exemples suivants :

Je m’en vais le trouver et lui chanter sa gamme.

(Molière.)

Avec dame Junon, sa femme,
Qui souvent lui chante la gamme.

(Scarron.)

Ganache

« On dit d’un homme âgé et radoteur : C’est une vieille ganache. » — d’Hautel 1808. — Du vieux mot ganache : grosse mâchoire. V. ce mot.

Le père ganache ou le père dindon, ou bien encore le compère, c’est le nom d’un emploi dans lequel le père Brunet et Lepeintre jeune ont excellé. Ce type du vieillard imbécile et crédule est une création de Térence. On lui a donné le nom de ganache, à cause des efforts que fait la mâchoire pour articuler des sons.

Duflot.

Ganache

Ennemi du progrès.

Il déblatérait contre les ganaches de la Chambre.

G. Sand.

Ganache

Fauteuil de forme basse.

Puis s’étant blottie dans une ganache, elle tendit ses jambes.

Achard.

Ganaler

Chanter dans les rues.

Gance

Clique.

Gance

Clique.

Gance

Clique.

Gance

Société nombreuse et mal choisie.

Gance

Société de gens tarés.

Gance

Bande. Association de malfaiteurs (Argot des voleurs).

Gandille

Épée, — dans l’ancien argot.

Gandin

Imbécile bien mis qui paie les filles pour qu’elles se moquent de lui avec leurs amants de cœur. Il reste une consolation aux gandins qui grappillent dans les vignes amoureuses après ces maraudeurs de la première heure, c’est de se dire :

Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse !

A. Delvau.

Nous soupions au sortir du bal. Quelques gandins,
Portant des favoris découpés en jardin,
Faisaient assaut d’esprit avec des femmes rousses.

Th. De Banville.

Gandin

Dandy ridicule. Du nom d’un personnage de vaudeville.

L’œillet rouge à la boutonnière, Les cheveux soigneusement ramenés sur les tempes comme deux gâteaux de pommade, le faux-col, les entournures, le regard, les favoris, le menton, les bottes ; tout en lui indiquait le parfait gandin, tout, jusqu’à son mouchoir fortement imprégné d’essence d’idiotisme.

Figaro, 1858.

Gandin

Duperie, attrape-nigaud. Hisser un gandin à un gonse, tromper un individu. — Monter un gandin, — dans le jargon des revendeurs du Temple, signifie chauffer l’article, harceler le client pour lui faire acheter quelque chose.

Gandin

Dandy dégénéré. Homme à la mise recherchée, prétentieuse et ridicule. D’où vient-il ? Est-ce de gant ? Est-ce de l’ancien boulevard de Gand ? Est-ce du nom d’un des personnages — Paul Gandin — des Parisiens de la Décadence, de Th. Barrière ? Est-ce de gandin, attrape-nigaud, en retournant la signification : nigaud attrapé ? Est-ce de dandy, avec changement du D en G, addition d’un N et réintégration de l’Y en I ? Je ne sais. — Le gandin s’éteignit en 1867, en laissant sa succession au petit-crevé qui creva en 1873, en léguant son héritage au gommeux, qui le léguera à un autre, et ainsi de suite jusqu’à la consommation des siècles.

Gandin

Fort, — dans le jargon des barrières. Il est rien gandin.

Gandin

Duperie. Coup monté. Riche oisif.

Gandin d’altèque

Croix, décoration (Vidocq).

Gandin d’altèque

Décoration honorifique ; ruban de décoration. Gandin pour gaudin, jeu de mots argotiques, par à peu près. Gaudin veut dire peinture décorative, décoration d’appartements.

Gandin d’altèque

Homme décoré d’un ruban quelconque. Homme portant une particule (Argot du peuple).

Gandinerie, gandinisme

Genre du gandin.

La population du quartier latin aspira à la gandinerie, elle n’eut plus qu’un but, le luxe.

Le Passé de ces Dames, 1860.

Le gandinisme, c’est le ridicule dans la sottise.

G. Naquet.

Gandisme, Gandinisme

Manière d’être du gandin. Art d’élever la toilette à la hauteur d’une institution. C’est dandisme avec changement de la première lettre. Dandysme pourrait bien être la véritable étymologie.

Gandouse

Pour gadoue. Boue et même excréments humains.

Tous les gêneurs qui f… de la gandouse sur la route de Marianne.

(Le Titi, 1879.)

Gant jaune

« Il n y a plus que deux classes d’hommes en France… ceux qui portent des gants jaunes et ceux qui n’en portent pas. Quand on dit d’un homme qu’il porte des gants jaunes, qu’on l’appelle un gant jaune, c’est une manière concise de dire un homme comme il faut. C’est en effet tout ce qu’on exige pour qu’un homme soit réputé comme il faut. » — Alph. Karr, 1841.

Gant jaune

Fashionable de 1840.

Ganter

S’adapter à, en parlant d’un vêtement. Cette robe la gante. — Convenir : Cette femme le gante. — Ganter juste, être avare ; ganter large, être généreux, — dans le jargon des demoiselles entretenues.

Ganter

Convenir. Payer les faveurs d’une fille.

Ganter

Il ou elle me gante. Synonyme de chausse.
— Cet homme me gante, il a une rude pointure.
Pas d’explications superflues (Argot des filles).

Gants

Ce qu’on donne aux femmes galantes comme supplément au prix convenu pour les baiser, qu’elles vous demandent avant de vous ouvrir leurs cuisses et qu’il est prudent de ne leur donner qu’après avoir joui — si elles vous ont fait jouir. Ce sont nos anciennes épingles, la drinkgeld des Flamands, le paraguantes des Espagnols et la buena mancia des Italiens — à propos de laquelle on pourrait dire, avec Rabelais, que ces sortes de femmes aiment mieux la manche que le bras.

Leurs vêtements sont élégants,
Mais toujours quelque chose y cloche :
Dans leur bourse elles ont leurs gants,
Et leur corset est dans leur poche.

A. Delvau.

Employé dans un sens obscène pour désigner la virginité.
Elle fit toutes les grimaces que ses parents lui avaient dit de faire, pour lui faire croire qu’il en avait eu les gants.

(La France galante.)

Mainte fille a perdu ses gants.

La Fontaine.

Je puis donc m’attendre, dit Potiron, que si j’épouse cette demoiselle, je n’en aurai pas les gants.

Voisenon.

Gants

Pourboire donné à ces dames ; le pourboire de la prostitution.

On donne ce qu’on veut à la femme pour ses gants.

(F. d’Urville, Les Ordures de Paris, 1874.)

Gants

Pourboire. Celui qui fait une mauvaise opération en est pour ses gants.

Gants (donner pour les)

Donner une gratification en sus du prix convenu — Expression dont l’usage est restreint au monde de la galanterie banale. Prise au dix-septième siècle dans l’acception générale de pourboire. Elle venait de l’espagnol paragante.

Et le luy rendoit moyennant tant de paragante.

Tallemant des Réaux.

Gants (pour mes)

Pourboire sous quelque forme que ce soit. Cette expression, néanmoins, est plus généralement employée pour les filles qui réclament un supplément au prix convenu. Gant est synonyme d’épingle (Argot des filles).

Ganymède

Ce que l’on nommait anciennement un giton et que les Parisiens appellent une tante.

Gap

Guet.

Garce

Mot qui, dans le vieux langage, a signifié fille pucelle, et qui, dans le langage moderne, signifie tout le contraire.

Car il n’aſſiert à garces diffamées,
User des droits de vierges bien famées.

Cl. Marot.

Allons, la garce, haut la quille !
Mon vit est crânement drissé.

A. Karr.

Garçon

Voleur consommé.

Garçon

Les hôtes habituels des prisons appellent garçon un voleur. Le garçon de campagne est un voleur de grand chemin, qui a pour spécialité de dévaliser les garnaffes. V. ce mot (Argot des voleurs).

Garçon

Dans le monde des voleurs et rôdeurs de barrières, garçon veut dire homme sur qui on peut compter, incapable de faire une dénonciation. Garçon signifie aussi courageux ; celui qui fait le coup de poing à tout propos est un garçon.

Garçon

Voleur franc, à qui ses pairs n’ont rien à reprocher ; (être) être refait.

Garçon à deux mains

Garçon boucher qui travaille tantôt à l’abattoir, tantôt à l’étal. (Vinçard.)

Garçon de cambrouse

Voleur de campagne.

La cognade a gayet servait le trèpe pour laisser abouler une roulotte farguée d’un ratichon, de Charlot et de son larbin et d’un garçon de cambrouse que j’ai reconobré pour le petit Nantais.

Vidocq.

Au moyen âge, garson signifiait souvent vaurien. V. Roquefort.

Garçon de campagne

Voleur de grand chemin.

Garçon, Garçon de Cambrouse

Voleur, — dans le jargon des paysans des environs de Paris. — Garçon de campagne, voleur de grand chemin. — Brave garçon, bon voleur.

Garde (descendre la)

Mourir.

Kléber, un grand mâtin qu’a descendu la garde, assassiné par un Égyptien.

Balzac.

Garde national

Paquet de couennes. On dit aussi nœud d’épée, allusion à la forme (Argot des charcutiers).

Garde nationale

Voir pédé.

Garde nationale (en être)

Femme pour femme (Argot des filles). V. Accouplées.

Garde nationale (être de la)

Avoir des habitudes pédérastiques.

Il s’approche, je crois qu’il en veut à ma montre que je m’empresse de préserver ; il s’approche davantage, avance sournoisement la main vers l’objet chéri des dames : je vis qu’il était de la garde nationale, et alors…

J. Le Vallois.

Garde nationale (être de la)

Faire partie du régiment de Sapho, avoir un goût prononcé pour les plaisirs saphiques, — dans le jargon des filles. — Encore une qui est de la garde nationale.

Garde-manger

Postérieur. — Lieux d’aisances.

Garde-manger

Le ventre. Les water-closets sont aussi le garde-manger.

Garde-proye

Garde-robe.

Gardes nationaux

« C’est ainsi qu’à Mazas, on a baptisé les haricots. » (Figaro du 15 sept. 1880.)

Gardiens de bananes

Soldats de l’infanterie de marine appelés à garder les colonies, où poussent les bananiers.

Gare à fafflards

Bureau. Allusion à l’utilité de ce meuble pour garer ses papiers. Garer, serrer, faflards, papiers (Argot des voleurs).

Garé des voitures

Prudent et rangé. — L’effrayant tohu-bohu de la circulation parisienne devait enfanter ce synonyme.

Garé des voitures

Rangé ; retiré du tourbillon des plaisirs.

Garer son piton

Mettre son nez à l’abri des coups qu’il pourrait recevoir. Cette précaution est nécessaire dans les quartiers excentriques où les souteneurs mangent sans faire de façon, le piton du bourgeois qui n’apprécie pas les charmes de leurs marmites. Avant l’annexion de la banlieue à Paris, Belleville et la Villette étaient renommés pour ce genre d’exercice (Argot des souteneurs).

Gargamelle

Le gosier. C’est une très vieille expression qui a été remplacée par celles plus modernes de dalle, sifflet, couloir (Argot du peuple).

Gargamelle

Gosier.

Gargamelle, gargoine, gargue

Gosier. — Du bas latin. V. Du Cange. — De là le nom de Gargamelle donné par Rabelais à une gourmande. — Notre langue usuelle a encore Gargariser. V. Taper.

Gargamelle, Gargouenne, Gargouille

Gosier.

Le froid humide du dernier voyage m’ayant enroué la gargamelle comme une charrette mal graissée.

(Épitre aux curieux, frontispice des chansons de Gaultier-Garguille.)

Gargariser (se)

Boire la goutte.

Gargariser (se)

En terme de théâtre, c’est, pour un artiste dramatique, faire ronfler les R ; pour un artiste lyrique, c’est faire rouler les notes. Le mot est du chanteur Martin.

Gargariser (se)

Se livrer, au piano, à une débauche d’arpèges.

Les joues enluminées, Ségurola, au piano, déchaînait une tempête de gammes vertigineuses. Aristide lui cria : Dis donc, auras-tu bientôt fini de te gargariser ?

(Hennique, La Dévouée.)

Gargariser le fusil (se)

Boire la goutte, — dans le jargon des soldats d’infanterie. C’est une variante du « gargariser » de Rabelais : « Bâille que je gargarise. »

Gargarisme

Petit verre.

Gargarisme, Gargouillade

Borborygmes ; le cri des boyaux en détresse.

Gargarismes

Débauche d’arpèges.

Gargoine

La bouche. Par abréviation : la gargue. Quelques uns écrivent gargouenne (Argot du peuple). V. Affamée.

Gargoine (la)

Le museau, la bouche.

Gargot

Restaurant de bas étage.

Gargot

Entrepreneur d’abatage pour bouchers et charcutiers. Celui qui débite de la viande aux bouchers et aux charcutiers.

Gargoter

Faire de la mauvaise cuisine, de la cuisine qui rappelle celle des gargots.

Gargoter

Cuisinière qui rate tous ses ragoûts. Mot à mot : faire de la mauvaise cuisine, de la gargote. Gargoter un travail ou le savater, le gâcher en un mot (Argot du peuple).

Gargouëne

Bouche, gorge.

Gargouenne

Bouche.

Gargouenne

Bouche.

Gargouille

Gosier.

Gargouiller

Crever la faim ; avoir des borborygmes, faire de la musique avec ses boyaux.

Gargue

Bouche, — clans le jargon des voleurs. — Ivoires en gargue, dents blanches.

Gargue

La bouche (Argot du peuple).

Gargue

La bouche (de gargamelle).

Gargue (la)

La bouche.

Gargue, gargouenne

Bouche.

Garibaldi

Courte chemise rouge, petit chapeau de feutre. — Allusion au costume du patriote italien.

On peut faire le dandy,
La vareuse en futaine
Et le Garibaldi
Sur le coin de l’oreille.

Le Gai Compagnon maçon, chanson.

Garibaldi

Biscuits secs farcis de raisins de Corinthe. Ce sont les petits-fours des petits bourgeois qui donnent de petits thés.

Garibaldi (coup de)

Coup de tête porté par un malfaiteur dans le creux de l’estomac de celui qu’il veut dépouiller. (L. Larchey) Ce coup se nomme encore : « Coup de bélier, coup de la rencontre », et le vol qui le suit : « Vol à la dure ».

Garnafe

Fermier, — dans l’ancien argot.

Garnafe

Ferme. Garnafier, fermier.

Garnafier

Fermier.

Garnafier

Fermier. — Garnafle : Ferme (Vidocq).

Garni

« Un lit en bois peint, une commode en noyer, un secrétaire en acajou, une pendule en cuivre, des vases de porcelaine peinte avec des bouquets de fleurs artificielles sous verre ; cela s’appelle un garni. » — Champfleury.

Garnison

Réunion de poux sur une seule et même tête. — Collection de vermine dans un logement.

Garno

Garni, par antiphrase, sans doute. — Misérable chambre, misérable cabinet dégarni de meubles ; un lit, une chaise et, quelquefois, une commode, voilà l’ameublement du garno.

Garno

Hôtel garni. Les garnos de dernier ordre fréquentés par la crapule de Paris ont reçu des noms typiques ; en voici quelques-uns : le Pou volant, le Grand Collecteur, le Chien mort, la Gouape, la Retape, la Carne, la Camarde, la Boîte à Domange, la Débine, le Corbillard, la Loupe, la Gadoue, l’Auberge des Claque-Dents, la Charmante, la Punaise enragée, la Ruine, l’Abattoir, la Pégrotte, la Bérésina, le Choléra, le Grand-Pré, tous noms qui présentent une signification sui generis, qui dégagent une odeur de crime et de vermine.

Garno

Hôtel garni.

Gars à poil

Homme qui a des couilles au cul et passe pour un rude jouteur.

… Mon aîné ?… c’est un gars à poil, et qui vous a une vraie pine de famille. Il foutra votre femme, vos deux filles, et vous enculera par-dessus le marché, histoire de dire qu’il a mis un pied chez vous.

(Les Deux Beaux-Pères.)

Gascar

Gascon. Terme de camelot.

Gaspard

Chat, rat, — dans le jargon des chiffonniers. C’est le nom du chat et du rat dans leurs rapports avec la hotte.

Gat

Chat, — dans l’ancien argot ; mot emprunté au provençal gat, de l’espagnol gato.

Gâte-pâte

Lutteur redoutable. (L. Cladel.)

Gâte-sauce

Garçon pâtissier. A. D. Gâte-sauce ne s’emploie pas exclusivement pour désigner un garçon pâtissier, cette expression s’applique à tous les métiers. Dire à un mari qu’il est cocu et troubler la félicité des amants, c’est gâter la sauce. Quand un commissaire de police tombe comme un aréolithe au milieu d’un tripot, la sauce est gâtée pour les joueurs. Dans le peuple, de tout, ce qui va mal, la sauce se gâte. Le synonyme est : ça tourne au vinaigre (Argot du peuple).

Gâteau feuilleté

Soulier dont la semelle se divise.

Gâteaux

Fragments de nuages apportant dans leurs flancs des amours de six ans ou des talismans envoyés du royaume des fées, — dans le jargon des coulisses. (J. Dullot.)

Gâteuse

Long pardessus avec patte derrière formant ceinture, sorte de robe de chambre à l’usage des hommes et des femmes depuis 1873.

Que nous fait, je vous le demande, que le maréchal Canrobert ait fait son entrée dans Rome avec une redingote poudreuse et M. Patrice de Mac-Mahon avec une gâteuse ?

(John Lemoinne, Journal des Débats, du 18 janvier 1878.)

Gâteux

Très sot, énormément bête.

Gau

Pou. Gau picandi, pou de corps.

Gau

Pou.

Gau picandi

Pou qui pique. Quand il provoque des démangeaisons trop vives, qu’il pique trop fort, comme aux jours d’orages, par exemple, pour s’en débarrasser on le tue ; cela s’appelle : basourdir un gau (Argot du peuple).

Gauche (à la)

À la queue, — dans le jargon des soldats de cavalerie. Vous arrivez en retard, mettez-vous à la gauche. La gauche est tout ce qui n’est pas bon. — Jusqu’à la gauche signifie, dans le même jargon, jusqu’à ce que vous n’en puissiez plus, jusqu’à la mort. Vous trotterez jusqu’à la gauche, s’il le faut.

Gauche (aller à)

Aller prendre ses repas, — dans le jargon des employés de magasins de nouveautés. — Dans presque tous ces magasins, la salle à manger est à gauche, les lieux d’aisances sont à droite. De là : aller à gauche, être à gauche, aller à droite, être à droite, pour établir la différence des fonctions.

Gaudiffe ou gaudille

Épée.

Gaudille

Épée.

Gaudille

Épée.

Gaudineur

Décorateur (Vidocq). — De gaudiner : s’amuser. V. Roquefort. — La gaîté des peintres en bâtiment est proverbiale.

Gaudineur

Peintre en décors. — Du vieux mot gaudine, bosquet.

Gaule

Cidre.

Gaule

Voir bogue.

Gaulé

Cidre (Vidocq). — Mot à mot, boisson gaulée dans les pommiers.

Gaules de schtard

Barreaux de fer d’une prison.

Gaules de schtard

Barreaux des grilles de prison.

Gaules de schtard

Barreau de prison. Gaule : allusion à la rigidité du fer (Argot des voleurs).

Gaulois

« Autrefois c’était peut-être un compliment à un écrivain que de dire : Vous êtes Gaulois. L’esprit gaulois, c’est-à-dire la belle humeur triviale, est devenu un anachronisme. » — Aubryet.

Gaupe

Fille légère — comme chausson.

Gaupe

Basse prostituée.

Gaussiller

Se moquer.

Gaux

Époux.

Gaux

Pou (Vidocq).

Gaux

Poux, vermine. — Estourbir des gaux, tuer des poux.

Gaux picantis

Pous.

Gaux-picantis

Des pous.

Gavache

Auvergnat, habitant d’un pays de montagnes.

Gavache

Poltron.

Et moi plus qu’un enfant, capon, flasque, gavache.

(Petrus Borel, Rhapsodies, 1831.)

Gavé, gaviolé

Ivre (Vidocq). — Mot à mot : gorgé jusqu’au gosier. — Du vieux mot gaviot : gosier. V. Roquefort.

Gaviau

Gosier.

Gaviot

Gosier ; d’où gavé. — Avoir le gaviot à sec, être altéré.

Gaviot

Le gosier. Serrer le gaviot : faire passer le goût du pain. Mot à mot : étrangler un individu (Argot du peuple). V. Qui-Qui.

Gaviot

Gosier.

Gavot

Compagnon. V. Dévorant.

Gavot

Compagnon indépendant. — Les Gavots et les Dévorants étaient ennemis et se battaient toutes les fois qu’ils se rencontraient.

Ils se nomment compagnons du Devoir de Liberté, afin précisément qu’on ne les confonde pas avec vous autres Dévorants, qui n’êtes partisans d’aucune liberté.

(George Sand, le Compagnon du tour de France.)

Le mot gavot, dans la bouche d’un Dévorant, était une injure à l’adresse du compagnon indépendant.

Gavroche

Gamin de Paris. Le voyou sublime, type créé par M. V. Hugo dans les Misérables.

Gay

Laid, drôle (Vidocq).

Gaye

Cheval. Quand le cheval est vieux on dit qu’il est une rosse (Argot des maquignons).

Gaye

Cheval.

Gaye

Inventer une chose désagréable à un ami pour le faire mettre en colère, c’est lui monter une gaye.

Gayerie

Cavalerie (id.).

Gayet, galier

Cheval. — Mot ancien ; car on trouve dans Roquefort le diminutif gaillofre ; mauvais cheval, rosse. V. Garçon.

Gaz

Eau-de-vie. Prendre un gaz, prendre un verre d’eau-de-vie. Le gaz allume l’ivrogne.

Gaz

Yeux. — Allumer son gaz, regarder avec attention. — Fermer le gaz, dormir.

Gaz (lâcher le)

Pêter. — Double allusion à la nature et à la mauvaise odeur de l’expulsion.

D’autres dans un coin, mais sans honte, Lâchent le gaz et font des renards.

Chansonnier, 1836.

Gaz (lâcher le)

Faire à voix basse l’éloge du haricot de Soissons.

Gaz dans l’estomac (avoir une fuite de)

Sentir mauvais de la bouche.

Gazier

Celui qui a l’habitude de lâcher le gaz ; le panégyriste du haricot.

Gazon

Perruque mal peignée, ébouriffée comme une touffe d’herbes.

Gazon

Chevelure authentique, — dans le jargon du peuple. — Ne plus avoir de gazon sur la pelouse, être chauve.

Gazon

Chevelure apocryphe, perruque « jouant la nature », comme s’expriment les prospectus et les traités de littérature de pissotière.

Je mets mon gazon, mes favoris, mon tuyau de poêle en toile cirée et me voilà cocher.

(X. de Montépin, Le Fiacre n° 13.)

Gazon

Chevelure. Perruque.

Gazon

Cheveux, perruque. Celui qui n’a plus de cheveux, n’a plus de gazon sur la fontaine.

Gazon de la femme

Les poils de sa motte.

Nature t’a fourni un corsage bien fait,
Mais un con renfrogné, dont l’ouverture ronde
Assise est platement et sans aucun gazon.

Théophile.

Mais nos peintres, tondant leurs toiles
Comme des marbres de Paros,
Fauchent sur les beaux corps sans voiles
Le gazon où s’assied Eros.

Th. Gautier.

Gazouiller

Parler.

Gazouiller

Parler. — Mot de langue romane. V. Roquefort.

Laquelle de tous les deux qu’a le plus de choses dans le gazouillage.

Vadé, 1788.

Gazouiller

Sentir mauvais. Le gaz répand une odeur insupportable ; d’où gazouiller dans le sens de puer.

Oh ! là, là, ça gazouille, dit Clémence, en se bouchant le nez.

(E. Zola.)

Gazouiller

Puer.

Geffrard

Double cinq d’un jeu de dominos ; par allusion à la couleur du président Geffrard.

Geigneur

Pleurnicheur sempiternel qui passe sa vie à geindre.

Gendarme

Concubine ou femme légitime qui, toujours pendue au bras de son homme, ou sur ses talons, le suit partout — et quand même.

Gendarme

Hareng-saur.

Gendarme

Cigare d’un sou à bout coupé.

Gendarme

Breuvage composé de vin blanc, de sirop de gomme et d’eau ; très apprécié des ivrognes les lendemains des jours de fêtes bachiques. Dans leur reconnaissance, ils ont nommé le même mélange : un « protecteur ».

Gendarme

Gaillarde qui vaut un et quelquefois deux hommes. L’ouvrier parisien appelle volontiers sa femme « mon gendarme, le gendarme », quand elle est criarde, ou quand elle est maîtresse au logis, ou quand elle vient en gesticulant l’arracher aux douceurs du cabaret.

Gendarme

Hareng saur. Cigare de cinq centimes. Logeur. Moisissure. Fer à repasser.

Gendarme

Fer à repasser. Gendarme est le nom du fabricant le plus renommé (Argot des blanchisseuses).

Gendarme déguisé en bourgeois

Canne à épée.

Ah ! fit-il, en repoussant vivement le poignard, ton gendarme déguisé en bourgeois.

(V. Hugo.)

Gendarmes

Moisissures qui attaquent le vin, lorsqu’une barrique tire à sa fin.

Gêné

Malheureux momentanément, embarrassé dans ses affaires. Gêné dans ses entournures : être habillé trop étroitement. Gêné par quelqu’un : n’avoir pas ses coudées franches, être tenu en laisse. Gêné : être mal à l’aise dans un milieu auquel on n’est pas habitué. Dans le peuple, gêné a une signification toute différente. Quand une femme a un amant, elle lui dit au moment psychologique :
— Fais comme mon mari, gêne-toi (Argot du peuple). N.

Général pavé

Les filles publiques qui arpentent les rues du malin au soir à la recherche de clients sont entretenues par ce général, qui est souvent bien dur pour elles. L’allusion est claire (Argot du peuple). N.

Gêneur

Importun personnage qui fait de la morale à des gens qui ne demandent qu’à s’amuser. Le peuple les envoie à Chaillot rejoindre tous ceux qui l’ennuient. À Chaillot les gêneurs !

Génie (un)

Un soldat du génie.

Géniteur

Homme qui ne peut baiser une femme sans lui faire un enfant, — genitor.

Géniteur

Père.

Trois ans se sont écoulés depuis que mon géniteur a cessé d’exister et de gouverner la France.

(Armand Charlemagne, Les trois B, 1809.)

Génitoires

Les couilles, qui contiennent la liqueur de la génération.

Mes doigts, légèrement promenés sur les fesses, les cuisses et les génitoires de l’Adonis, paraissaient lui faire grand plaisir. — Oh ! oui, comme cela, chatouille, mon petit ange, chatouille-les bien !…

A. de Nerciat.

Et le montrait, voyant tout chacun ses génitoires.

(Les Cent Nouvelles nouvelles.)

Un roi dans les grecques histoires,
Sachant des siens la trahison,
Voulut, pour en tirer raison,
Qu’on leur coupât les génitoires.

(Cabinet satyrique.)

Genou

Tête chauve.

Il ébauchait une calvitie dont il disait lui-même sans tristesse : Crâne à trente ans, genou à quarante.

Victor Hugo.

Genou

Crâne dénudé. — Homme chauve. — On voit beaucoup de genoux à l’orchestre de la Comédie-Française.

Genre

Ostentation.

Un éteignoir d’argent, pus que ça de genre !

La Bédollière.

Monsieur fait du genre : Monsieur fait ses embarras.

Genre (se donner un)

Vouloir paraître ce qu’on n’est pas. — Se donner un genre artiste, militaire. — Se donner du genre, singer les grandes manières.

Ne pas dîner pour s’acheter des gants.

Genreux

Élégant, celui qui fait du genre, — dans le jargon du peuple.

Une histoire scandaleuse, dont potine à cette heure tout le Paris genreux.

(Petite Lune, 1879.)

Gens de lettres (société des)

Chantage par lettre. — Faire partie de la Société des gens de lettres, adresser une lettre à quelqu’un en le menaçant de mort, s’il ne dépose pas une certaine somme à un endroit désigné. En pareil cas, la marche à suivre est de porter immédiatement l’épître au commissaire de police.

Gentille (être bien)

Bien arranger un homme, le faire jouir à gogo.

Joli garçon, viens avec moi, tu ne t’en repentiras pas… je serai bien gentille…

Lemercier de Neuville.

Gentille au dodo (être bien)

Promesse que vous fait une fille en vous raccrochant ; cela consiste à vous faire jouir comme jamais vous n’avez joui avec aucune femme, soit en vous suçant, soit en vous branlant, soit en se laissant enculer par vous, soit en vous faisant postillon pendant que vous la foutez, — et tout cela pour arriver à vous faire tirer un pauvre petit coup de deux liards qui ne vous remue pas autant que le premier baiser de votre première bonne amie.

Georget

Gilet.

Gerbable

Menacé d’une condamnation. — Gerbé, condamné.

Gerbe

Prison. Gerbé : condamné. Gerbe à vioc : être condamné aux travaux forcés à perpétuité. Gerbe à la passe : condamné à mort (Argot des voleurs).

Gerbe

Prison.

Gerbé

Condamné.

Gerbé (être)

Être condamné.

Gerbé (être)

Être condamné.

Gerbé (être)

Condamné.

Gerbement

Condamnation.

Gerbement, Gerbe

Jugement. — Gerber, juger ; condamner. — Gerber à la passe, gerber à la faux, condamner à mort. La passe, pour le passage de la vie à la mort. — Gerbier, juge, juré. — Gerberie, tribunal. — Planque du gerbe, cour d’assises.

Gerber

Condamner, être gerbé, être condamné.

Gerber

Condamner.

Gerber

Juger (Vidocq). — Mot à mot : réunir tous les actes de la vie passée, en faire une gerbe, un faisceau pour l’accusation. — Gerbement : Jugement. V. Manger. — Gerberie : Tribunal. — Gerbier : Juge.

Gerber

Juger, condamner.

Gerber à la grotte

Condamner au bagne ; à la vioque, à perpétuité.

Gerber à la passe

Guillotiner.

Gerber à la passe

Condamner à mort. — On dit souvent en parlant de la mort : Il faut la passer.

On va le buter. Il est depuis deux mois gerbé à la passe.

Balzac.

Gerbier

Juge. Meg des gerbiers ; le président d’un tribunal.

Gerbier

Juge. Juré. Avocat d’office.

Gerbier

Président de la Cour d’assises (Argot des voleurs).

Gerbier

Juge. Celui qui gerbe.

Gerbierres

Fausses clés.

Gerbierres

Fausses clés.

Gerce

Maîtresse, — dans le jargon des voleurs. C’est garce, avec changement d’une lettre.

Gerce

Femme (Argot du peuple).

Gerce

Femme.

Germinyser

Membre d’un cercle catholique qui cherche à pénétrer dans un centre ouvrier. La condamnation qui frappa un personnage célèbre reconnu coupable d’un délit, qui n’était assurément qu’un acte de folie erotique a donné naissance à cette expression devenue populaire (Argot du peuple).

Gernafle

Ferme.

Gérontocratie

Puissance de la routine et des anciennes idées, représentées au théâtre par le type de Géronte.

La gérontocratie sous laquelle tout se flétrit en France.

Balzac.

Gérontocratie

Rabâchage, routine, idées surannées. M. Éd. About s’est souvent servi de ce mot.

Gerse

Prostituée.

Gerse

Femme.

Gésier

Gosier. — Se laver le gésier, boire un coup.

Get, Geti

Jonc, — dans l’ancien argot.

Gi

Oui.

Gi

Oui.

Gibelotte de gouttière

Il existe des industriels qui, la nuit, vont chasser les chats ! Ils les fourrent dans un sac de toile, les dépouillent, puis les vendent aux restaurateurs de bas-étage qui les transforment en lapin sauté ou en lapin chasseur. Ils les préparent plus parliculièrement en gibelotte parce que le vin et les épices atténuent un peu l’odeur sauvage du chat-lapin. Dans les portions servies au public, jamais il n’y a de tête ; elle ferait reconnaître facilement la nature du lapin (Argot du peuple).

Giberne

Le fessier, d’une femme, qui est, si on le veut, une boîte à cartouches. Allusion à la place ordinaire de la giberne.

Elle a une crâne giberne, ton adorée, faut lui rendre justice. Tout est-il à elle, dis ?

Charles Monselet.

Giberne (avoir, une belle)

Avoir les rotondités postérieures proéminentes.

Giberne (enfant de)

Enfant de troupe.

Giberne (tailler une)

Raconter une histoire ennuyeuse, donner une corvée désagréable.

Gibier d’amour

Jolie fille que l’on chasse — pour mieux la tenir et la posséder.

Vrai gibier d’amour, Colette,
Par moi fut prise au collet.

Vaubertrand.

Gibier de potence

Filou, voleur, souteneur ; tous ceux qui, en un mot, se mettent en dehors des lois et sont justiciables de la planche à pain ou du carré des petites gerbes (Argot du peuple).

Gibier de potence

Tout individu qui se met hors la loi.

Gibier de saint-lazare

Fille publique, qui mérite toujours, peu ou prou, d’aller passer quelques jours ou quelques mois dans cette prison.

Gibus

Chapeau, chapeau à claque, du nom du fabricant.

Gicler, Gigler, Giscler, Jicler

Jaillir, rejaillir, couler en jet. — Le sang giscle d’une blessure. — Les gens qui chiquent gisclent en crachant. — Manière de cracher particulière aux gens qui mâchent du tabac.

Puis, v’lan, par je ne sais quels cribles, Par mille pertuis invisibles, Une eau nous jicle sur les pieds.

(A. Pommier, Paris.)

Gicler, giscier

Jaillir, couler en jet. Cracher en jet.

Gigolette

Drôlesse de quinze à seize ans qui débute dans la vie en même temps que dans le vice et qui est du bois — pourri — dont on fait les putains.

La gigolette est une adolescente, une muliérocule… qui tient le milieu entre la grisette et la gandine, — moitié ouvrière et moitié-fille.

A. Delvau.

Gigolette

Apprentie ouvrière doublée d’une danseuse de bals publics. Comme son mâle, le gigolo, type éteint, la gigolette est venue à l’époque du succès des Mystères de Paris. C’est Rigolette encanaillée, bastringueuse, avec changement de la première lettre.

Gigolette

Fille des faubourgs qui, à l’âge ou les autres vont encore à l’école, a déjà jeté son bonnet par dessus la Tour Eiffel. La gigolette travaille pour l’amour de l’art. Comme elle fréquente les bals publics où elle gigotte avec frénésie, l’expression gigolette est indiquée (Argot du peuple).

Gigolette

Femme légère, au point de vue mœurs.

Gigolette et Gigolo

Petite ouvrière doublée d’une danseuse des bals publics et son amant de cœur. Récemment le nom de gigolette a été donné abusivement à toute une classe de prostituées.

Gigolo

Le mâle de la gigolette — comme le pierrot est celui de Pierrette, comme le maquereau celui de la maquerelle.

Le gigolo est un adolescent, un petit homme… qui tient le milieu entre Chérubin et Don Juan, — moitié nigaud et moitié greluchon.

A. Delvau.

Gigolo

Petit commis de magasin doublé d’un petit amant de cœur dont le métier, le soir, était de faire danser la gigolette.

Si tu veux être ma gigolette, moi je serai ton gigolo.

(Chanson jadis populaire.)

Gigolo

L’amoureux de la gigolette. Un vieux refrain très populaire, dit :

Si tu veux être ma gigolette
Moi, je serai ton gigolo.

Gigolo s’applique aussi à un individu peu aimable.
— Qu’est-ce qui nous a foutu un gigolo aussi bassinant que toi (Argot du peuple).

Gigolo

Homme, amant.

J’ai rencontré Julie au bras de son gigolo.

Gigolo, lotte

Amant, maîtresse.

Gigon

À l’École Polytechnique toute espèce de supplément a reçu le nom de gigon, en souvenir d’un certain Gigon, le premier admis dans une liste supplémentaire. Ainsi on dit indistinctement : un gigon de frites et un gigon d’argent. (Gaulois du 23 mars 1881.)

Gigot

Jambe humaine.

Elle n’allait plus que d’un gigot.

(Scarron, Gigantomanie.)

Gigot

Oui ! Compris ! Bravo ! Signifie aussi cuisse et main large.

Gigot

Oui. Gigots, les cuisses.

Gigot sans manche

Les cuisses et les fesses d’une femme, qui n’ont de manche que le vit que l’on peut y mettre.

De Montrouge un noir habitant
Repoussant la jeune Glycère
Qui veut le conduire à Cythère,
Lui dit : — À Sodome on m’attend.
Vous avez la peau fine et blanche ;
Mais un certain défaut vous nuit :
Apprenez qu’un gigot sans manche
A notre four n’a jamais cuit.

Blondel.

Gigots

Cuisses. — Mains larges, épaisses et rouges. On dit également pour désigner ce genre de mains : « Des épaules de mouton ».

Gigots

Les cuisses.
— Mon cher elle a des gigots épastrouillants, c’est de la bidoche première catégorie (Argot du peuple). V. Boudinots.

Gigots (les)

Les cuisses.

Gigotter

Remuer, saccader, osciller et jouer des reins ; danser la gigue sur les reins, ayant un homme entre les cuisses. — Dans un autre cas, on dit gigotter, pour manger du gigot. D’où cette facétie :

J’aime le lapin ; ma femme préfère le gigot. Or, quand nous dînons dehors, chacun son goût : je prends mon plat de chat, mon lapin et elle son gigot. — Quand je lapine ; ma femme gigotte.

Gigue

Jambe. — Gigot est resté. — Au moyen âge, gigue signifiait cuisse.

Je me jette sur tous les deux en empoignant le Maître d’École par une gigue.

E. Suc.

De là gigoter : remuer les jambes.

Ils gigotaient sous l’archet de Musard.

Chauvelot aîné.

Gigue

Jambe. — Femme grande et maigre, femme toute en jambes. Grande gigue.

Gigue

Jambe. Femme maigre.

Gigues

Les jambes.

Gilbocque

Billard.

Gilboque

Billard (Bailly). — Onomatopée.

Gilboque

Billard, — dans l’ancien argot.

Gilboque

Billard.

Gilet

La poitrine. On dit d’une femme qui en possède une copieuse :
— La nature à rien été généreuse, pige donc le bath devant de gilet.
On dit également :
— Elle a un rude plastron.
Cela a donné naissance à un jeu de mots que les farceurs ne manquent jamais de faire. À l’époque des élections, ils arrêtent une fille dans la rue et lui demandent :
— Mademoiselle, pour qui vos tétons ?
Une autre plaisanterie est encore commune :
— Mademoiselle qu’avez-vous donc dans votre corset ?
— Du foin pour amuser les ânes ? (Argot du peuple). N.

Gilet (le)

La poitrine chez la femme.

Gilet en cœur

Élégant. Le surnom a été donné aux élégants qui portaient, vers 1865-66, des gilets très échancrés dits « gilets en cœur », boutonnés à deux boutons et qui montraient la chemise en grand étalage sur la poitrine. Le mot a passé, mais non la mode. Aujourd’hui les gilets en cœur bâillent sur la poitrine des gommeux.

Gileton

Gilet.

Gilmont

Gilet, — dans l’ancien argot.

Gilmont

Gibet.

Gilquin

Coup de poing.

Gilquin

Coup de poing.

Gimblette (faire la)

Se donner mutuellement des douceurs, entre pensionnaires : — se masturber. — Dans le tableau de Frago, c’est une jeune fille qui se fait lécher le con par un chien qu’elle attire avec une gimblette (petite patisserie appelée ainsi).

Ginginer

Faire une œillade.

Elle gingine à mon endroit…

Gavarni.

Ginginer

Cligner des yeux. — Regarder quelqu’un amoureusement.

Ginglard

Piquette. — Diminutif du vieux mot ginguet : petit vin fort aigre. V. Roquefort.

Nous avons arrosé le tout avec un petit ginglard à six qui nous a fait éternuer… oh ! mais, c’était ça.

Voizo, Chanson.

Ginglard, guinglet ou reginglard

Petit vin aigre, il faut se cramponner à la table pour le boire. Une vieille chanson dit :

C’est un nectar, un vrai chasselas
Ça vous coupe la gueule à quinze pas.

Ce petit vin tire son nom d’un clos très ancien qui était situe sur les hauteurs du Mesnil-Montant : il appartenait au XVIe siècle à un nommé Guinguet (Argot du peuple). N.

Ginglet, Ginglard, Ginguet

Par altération de guinguet qu’on appelait vulgairement au XVIIe siècle

chasse-cousin

.

En avalant du vin délicieux, tandis que vous ne buvez que du gin-guet.

(P. d’Ablancourt, Dialogues de Lucien, 1637.)

Guinguette est un dérivé de guinguet — Les vins de Suresnes et d’Argenteuil sont les types du ginglard. Au XVIe siècle, on disait ginguet, pour désigner un vin vert ; le dictionnaire de l’Académie donne à ginguet la signification de petit vin faible.

Giries

Manières, embarras. — Faire des giries.

Giries

Manières, fausse modestie.

Girofle

Jolie, aimable, bonne.

Montron drogue à sa largue : Bonnis-moi donc, girofle.

Vidocq.

V. Coquer. — Giroflerie : Amabilité. — De girolle : très-bien.

Girofle

Beau, belle, joli, aimable. — Largue girofle, belle femme, — dans le jargon des voleurs.

Girofle

Beau, belle, aimable.

Girofle (clous de)

Chicots ; dents noires et cassées.

Eh bien ! qu’as-tu donc à me regarder si j’ai dans la bouche des clous de girofle au lieu de dents ?

(Balzac, Splendeurs et Misères des courtisanes.)

Giroflée

Gifle.

Si tu continues a m’embêter, je vais t’envoyer une giroflée à 5 branches.

Giroflée à cinq feuilles

Soufflet.

Oui, qu’on le peut, à preuve que v’là une giroflée à cinq feuilles que j’applique sur ta joue gauche !

(Jacques Arago, Comme on dîne à Paris.)

J’ai appliqué une giroflée à cinq feuilles sur le bec du singe,

sur la figure du patron. (Le Sublime.)

Vers la fin du XVIIIe siècle, l’expression n’était pas moins usitée que de nos jours, parmi le peuple.

Giroflée à cinq feuilles

Gifle. Allusion aux cinq doigts (Argot du peuple). V. Salsifits.

Giroflerie

Amabilité, galanterie, — dans l’ancien argot.

Giroflerie

Amabilité, galanterie.

Girofletter

Souffleter. — De giroflée à plusieurs feuilles : soufflet.

Ah ! l’a-t-elle giroflettée !

Balzac.

Je vous lui donnai une giroflée a cinq feuilles sur le musiau.

Rétif, I783.

Girofletter

Souffleter ; mot créé par Balzac. Je ne l’ai relevé que dans la Cousine Bette.

Girole

Soit.

Girole, Gy

Oui, — dans l’ancien argot ; revenu depuis peu dans le courant argotique.

Girole, gy

Oui, soit.

Girolle

Très-bien. V. Gy.

Girolle

Soit, volontiers, je marche. Par abréviation on dit simplement :
— Gy, mon ange (Argot des voleurs).

Girolle

Entendu, convenu.

Girond

Bien mis. Être girond, faire son girond, faire le beau, poser. C’est un diminutif de girondin, dans le sens de beau. (Jargon des voyous.)

Girond

Beau, synonyme de chatte. Une belle fille est gironde. Tout ce qui est beau est girond. Dans les régiments de zouaves, on nomme un girond le jeune soldat, beau garçon, qui campe avec un vieux. En route, le vieux a toutes les prévenances pour lui, il lui lave son linge, lui fait ses guêtres, lui porte ses cartouches et lui astique son fourbi. Un jour, un zouave faisait une réclamation parce que l’on voulait que le campement fût par trois et non par deux. « Laissez-les donc, dit le général qui entendait, la réclamation, camper comme bon leur semblera ; on sait bien ce que c’est que les petits ménages. » Voir Chatte.

Girond, gironde

Beau, belle.

Gironde

Fille perdue, jolie, terme de mépris énergique.

Gironde

Jolie fille. — Terme de mépris (Bailly).

Gironde

Jolie femme, belle femme.

Gironde

Jolie femme.

Gironde

Belle femme (Argot des souteneurs). Le souteneur qui se lamente lorsqu’elle vieillit, lui chante :

Dans ce temps-là t’étais rien gironde.
Maint’nant tu toquardes de la frime
T’es comme une planche toujours en bombe,
T’es même des mois sans changer de lime.

Gironde

Belle.

Girondin

Dupe, imbécile, — dans le jargon des camelots et des truqueurs. — Le girondin a donné, l’imbécile s’est laissé plumer.

Girondin

Dupe.

Girouette

Homme politique dont les opinions changent selon le vent de la fortune. — On a publié depuis 1815 quatre ou cinq Dictionnaires de Girouettes.

Gîto (dans le)

Dans le soigné. — Ouvrage fait dans le gîte, ouvrage très bien fait, — dans le jargon des ouvriers qui savent que le morceau du gite-à-la-noix est le morceau le plus délicat du bœuf.

Giton

Fils d’Hermès et d’Aphrodite, d’après M. de Chompré — qui avait lu le Satyricon de Pétrone ; nom du jeune homme qui est devenu celui de tous les jeunes hommes — du même sexe que celui qui servait aux plaisirs d’Ascylte et d’Encolpe.

Pour dérouter mon amant
Du gout qui l’attache
De son giton prudemment
Je prends quelquefois la tâche,
Quoiqu’il soit bien dur au con
Qu’on foute son compagnon
Jusque sous sa moustache !

Collé.

Gitre

J’ai.

Gitre

J’ai.

Gitrer

Posséder (Vidocq). — Au moyen âge, on trouve gie pour j’ai. V. Roquefort.

Gitrer

Avoir, posséder, — dans le jargon des voleurs.

Gitrer

Avoir, posséder. Gitre, j’ai.

Giverner

Vagabonder pendant la nuit.

Giverner

Vagabonder. Giverneur, rôdeur.

Giverneur

Vagabond couchant dans la rue (Vidocq).

Giverneur

Rôdeur de barrière, vagabond nocturne.

Giverneur

Vagabond habitué des refuges municipaux et de la bouchée de pain. Quand le giverneur ne trouve pas à coucher, il file la comète (Argot des voleurs).

Giverneur

Vagabond.

Giverneur de refroidis

Cocher de corbillard, — dans le jargon des voleurs.

Givier de bordel

Petite drôlesse qui fréquente avec les polissons de son âge, en attendant que les vieux polissons fréquentent avec elle, — ce qui la conduira fatalement au bordel.

Glace

Verre à boire.

Glace

Verre à boire.

Glace

Verre à boire. On dit aussi glaci.

Glace

Verre. On dit également glacis.
— Allons-nous sucer un glacis ? (Argot du peuple).

Glace (passer devant la)

Perdre au jeu des consommations dans un café. Autrefois on annonçait les consommations et on payait soi-même au comptoir. Allusion à la glace qui est derrière la dame de comptoir, et devant laquelle le consommateur était forcé de passer. — C’est à tort, je crois, que dans la Fille Elisa, M. E. de Goncourt a donné à l’expression le sens contraire. D’après lui, passer devant la glace, c’est « une expression qui désigne l’entrée de faveur accordée, par la maîtresse d’une maison, à l’amant d’une fille. » Personne n’ignore que ces demoiselles corrompent bien des choses, mais cette expression n’a pas été corrompue jusqu’ici, même en passant par leur bouche.

Glace (passer devant la)

Passer devant le tribunal. Perdre au jeu dos consommations. Partir sans payer une fille parce qu’on est son amant de cœur.

Glace, glacis

Verre à boire.

Glace, glacis, gobbe

Verre à boire (Vidocq). — Le nom de la matière est appliqué à l’objet dans glace. — Glacis est un diminutif. — Gobbe est une abréviation de gobelet.

Glaci

Verre à boire.

Glacière pendue

Réverbère, — dans l’ancien argot. Les voleurs disent également glacis refroidi.

Glacière pendue, glacis refroidi

Réverbère.

Glacière-pendue

Réverbère.

Glacis

Un verre.

Glacis

Verre à boire. Vitre.

Glacis ou Glace

Le contenu d’un verre. Prendre une consommation est sucer un glacis.

Glacis, Glassis

Verre à boire, — dans l’ancien argot.

Glaçon

Personne à l’aspect froid et sévère.

Gladiateurs

Souliers.

Glaire

Sperme qui sort du membre viril, et qui ressemble, en effet, à une spermosité crachée par le trou de la pine. — On dit aussi : Pousser son glaire, pour introduire son membre dans la nature de la femme.

Glaive

Guillotine, — dans le jargon des voleurs. — Passer sa bille au glaive, être guillotiné. La variante est : Être glaivé ; en souvenir du fameux et vieux cliché : « Le glaive de la justice », si prodigué sous les voûtes de la Cour d’assises.

Glaive

Guillotine.

Gland

La partie supérieure du membre viril, — ainsi nommée à cause de son exacte ressemblance avec le fruit du chêne et du hêtre. On prend souvent cette partie du membre pour le membre lui-même.

Comme le gland d’un vieux qui baise
Flotte son téton ravagé.

Anonyme.

Glaviau

Crachat.

Glaviot

Crachat. — Le Dictionnaire d’Hautel dit Claviot. — De gaviau : gosier. V. Du Cange.

Glaviot

Crachat très épais.

Glaviot

Crachat. Un poitrinaire qui crache ses poumons lâche son glaviot. Dans les ateliers, par plaisanterie, on compte les glaviots ; arrivés à onze, les ouvriers, sans pitié, disent an malheureux :
— Il n’en faut plus qu’un pour faire la douzaine de Portugaises.
Pas ragoûtant pour les amateurs d’huîtres (Argot du peuple). N.

Glaviot

Crachat.

Glavioter

Se livrer à une longue et pénible expectoration matinale.

Glier, boulanger ou glinet

Diable.

Glier, glinet

Le Diable.

Glier, Glinet

Diable, — dans l’ancien argot.

Glierr

Le diable. Quand quelqu’un vous embête par trop, on dit dans le peuple :
— Va-t’en aux cinq cents diables,
— Que le diable t’emporte.
— Que le diable te patafiole.
Dans le monde des prisons on dit :
— Que le glier t’entôle en son patelin.
Patelin (l’enfer), le pays du diable (Argot des voleurs).

Glissade

Faute que commet une demoiselle en glissant dans les bras d’un amoureux. Faire des glissades, se laisser tomber dans une foule de bras tout prêts à vous recevoir simultanément ou les uns après les autres.

Glissant

Savon (Vidocq). — Allusion d’effet.

Glissant

Savon, — dans le jargon des voleurs.

Glissant

Savon.

Glisser

Mourir, succomber.

Glisser

Mourir.

Glisser (se laisser)

Mourir. Mot à mot : se laisser glisser de ce monde dans l’autre.

Glisser (se laisser)

Mourir (Argot du peuple).

Glissoire

Patinage dans le ruisseau. — Ruisseau gelé sur lequel le voyou se livre au patinage. C’est son lac du Bois de Boulogne.

Globe

La tête. Allusion de forme (Argot des voleurs).

Globe (s’être fait arrondir le)

Être enceinte, — dans le jargon des voyous.

On s’a fait arrondir el’globe,
On a sa p’tit’ batte, à ce que je vois…
Eh ! ben, ça prouv’ qu’on est pas de bois.

(La Muse à Bibi, Nocturne.)

Globes (les)

Les tétons, sur lesquels les lèvres voyagent sans se lasser ; — quelquefois les fesses ou les testicule.

Et sa gorge charmante, au lieu d’être enfermée
Dans un affreux corset qui l’aurait déformée,
Montrant à découvert ses deux globes polis.
Se tenait d’elle-même et sans faire aucuns plis.

L. Protat.

Lequel montrait deux globes faits au tour,
Qu’on aurait pris pour ceux du tendre Amour.

Voltaire.

Deux petits globes au dessous,
Pour fortifier le mystère,
Donnent le contrepoids aux coups,
Et rendent le jeu moins austère.

(Cabinet satyrique.)

Glochette

Poche.

Gloria

Petit verre d’eau-de-vie versé dans une tasse de café.

À la chaleur d’une demi-tasse de café bénie par un gloria quelconque.

Balzac.

De même que le gloria patri se dit à la fin des psaumes, ce gloria d’un autre genre est la fin obligée d’un régal populaire.

Encyclopédiana.

Gloria

Demi-demi-tasse.

Ne fût-ce qu’une absinthe ou un gloria.

About.

Glouglou

Œil poché.

Gluant

Enfant à la mamelle. (A. Delvau) Il est attaché au sein de la mère comme de la glu.

Gluant

Enfant à la mamelle.

Gluau (en poser un)

Quand les agents tendent un piège pour prendre des voleurs, ils posent un gluau. Allusion au chasseur qui pose des gluaux dans les arbres pour prendre les petits oiseaux.
— Ne va pas rôder avec la Tine, vous allez vous faire poser un gluau.
Mot à mot : ne va pas avec les autres, vous allez vous faire mettre en prison (Argot des voleurs).

Gluau (lâcher son)

Expectorer bruyamment.

Gluau (lâcher son)

Déballer. Pisser son gluau : accoucher. Allusion à l’aspect gélatineux du nouveau-né (Argot du peuple).

Gluau (poser un)

Tendre un piège à un malfaiteur. Se faire poser un gluau, se faire arrêter.

Mes anciens compagnons de vol s’étaient fait poser un gluau.

(Mémoires de Lacenaire, 1836.)

Gluau (poser un)

Tendre un piège à un malfaiteur.

Glueau

Jeune enfant qui se tient constamment aux jupes de sa mère.

Gnaf

Cordonnier, savetier.

Gnaf, Gniaf

Savetier. La corporation des portiers fournit un nombreux contingent de gnafs. — Gnaf du drap, tailleur à façon, tailleur qui fait les raccommodages, autre industrie à la mode parmi MM. les portiers.

Gnan-gnan

Personnage mou, sans consistance. — Redoublement du vieux mot niant : rien. V. Roquefort. — Gnolle et Gnognote sont des diminutifs. — Talma écrivait à Mme Bourgoin, le 19 septembre 1825 :

Vous avez prouvé au public et à vos camarades que vous êtes en état de jouer autre chose que des gnans-gnans.

Gnangnan, Gnagne

Mou, molle, sans énergie. Gnangnan est pour fainéant, que le peuple prononce feignant, avec suppression de la première syllabe et redoublement de la dernière.

Gnare, Guenard

Porte-carnier, rabatteur, en terme de chasseur.

Gnasse

(Mon) moi, (ton) toi, (son) lui, elle.

Gniaf

Ouvrier cordonnier. Savetier.

Gniaf

Plusieurs degrés au-dessous du savetier. On appelle gniaf tout individu qui gâte un ouvrage. Se conduire comme un gniaf : commettre des bassesses (Argot du peuple).

Gniaf

Cordonnier.

Gniaf

Cordonnier, savetier.

Gniaffe

Cordonnier en vieux.

C’est le cordonnier gniaffe que nous nous sommes proposé surtout de peindre.

P. Borel.

Gniafferie (en faire une)

Faire une malpropreté à un camarade. Mot à mot : se conduire vis à vis de lui comme un goujat.

Gnias ou gniasse

Soi-même.
— Pas mèche de me gerber, il n’y a que nib sur mon gniasse (Argot des voleurs).

Gniasse

Moi, lui. Mon gniasse, moi. Son gniasse, lui.

Gnient et bigore

Rien du tout.

Gninte

Rien. Celui qui n’a que gninte, n’a rien.

Gniole

Bête, imbécile, niais.

Gniolle

Imbécile.

Gniolle, Gnolle

Taloche. — Propre à rien.

Gnognote

Chose sans valeur.

Josepha… c’est de la gnognote.

Balzac.

Gnognotte

Rien qui vaille.

Gnognotte (de la)

Pas grand’ ! chose, rien de bon.

Gnole

Coup.

Gnolle

Mou, sans force.

Mais il est si gnole ce gouvernement ! il est si feignant ! si propre à rien.

Montépin.

Pas si gnolle, c’est des gosses

Rousseliana, 1805.

Gnolle ou gnole

Imbécile aussi niais qu’il est possible de l’être.
— Si ton point de côté savait que nous pagnotons ensemble, il te carderait le cuir.
— Y a pas de pet, il est trop gnolle, il a de la merde dans les chasses (Argot du peuple).

Gnon

Contusion ; coup qui marque.

Gnon

Donner un coup ou le recevoir.
— Ce pauvre Léon, il est crapsé du gnon que lui a foutu sa pouffiace (Argot des souteneurs).

Gnon

Coup. Recevoir un gnon, c’est recevoir un coup.

Gnon

Coup de poing.

Gnougnoutte

Cette expression est employée par les filles dont ce n’est pas la profession d’aimer à crédit. Pas de galette, pas de gnougnoutte. L’expression est claire : pas d’argent, pas de viande (Argot des filles).

Pou.

Go (parler en)

« Quand les termes qu’il s’agit d’altérer (en argot) sont trop courts pour pouvoir être abrégés, ils reçoivent seulement une terminaison qui en change la physionomie ; là devient lago ; là-bas, labago ; ici, icigo ; Versailles, Versigo. » — Marty Laveau. — (V. Mar, Man, Rama, Lem.)

Gob, Gobin

Bossu. Vieux mot emprunté au patois picard.

Gobage

Amour. Fort gobage, amour passionné.

Gobage

Amour. Gober, aimer.

Gobbe, Gobelot

Calice, — dans le jargon des voleurs.

Gobe mouche

Flâneur qui s’arrête à chaque boutique. Allusion à ce qu’il baille ébahi (Argot du peuple).

Gobe-mouche

Espion.

Gobe-mouche

Espion, — dans l’ancien argot.

Gobe-prune

Tailleur.

Gobe-son

Le calice. À l’élévation le prêtre gobe son hostie (Argot des voleurs). V. Baignoire à bondieu.

Gobelin

Gobelet d’escamoteur. — Petit gobelet dont se servent les robignoleurs pour escamoter la muscade et faire des dupes.

Gobelin

Crochet. Dé à coudre.

Gobelius (le docteur)

Recruteur de dupes, pour les maisons de jeu, — dans l’argot des joueurs du XVIIIe siècle. (Fr. Michel.)

Gobelottage

Plaisir, amusement.

Gobelotter

S’amuser, rire, boire et chanter. — Le dictionnaire de l’Académie le donne dans le sens de boire à plusieurs petits coups.

Gobelotter, gobichonner, godailler

S’amuser, faire la noce, faire des bons repas. Rire, plaisanter.

Gobelotteur

Celui qui aime à s’amuser, ami du plaisir.

Gober

Aimer, affectionner.

Gober

v. a. Avoir de la sympathie pour : C’est un bon compagnon, je le gobe. Se gober, être infatué de sa personne.

Gober

Trouver bien ; trouver à son goût. Se dit principalement des personnes. Gober quelqu’un. — Ils se gobent, ils s’aiment, ils se plaisent mutuellement. — Se gober, avoir une haute opinion de sa personne, être infatué de soi-même.

Gober

Aimer quelqu’un. Gober : croire à quelque chose, même à une chose fausse.

Gober

la pilule. Gober une aventure extraordinaire. Gober (se) : s’imaginer valoir plus que les autres (Argot du peuple).

Gober

Aimer.

Gober (la)

Mourir, avaler une bourde, être victime d’un accident. — V. Esbigner.

Ce poltron-là, c’est lui qui la gobe le premier.

L. Desnoyer

Si bien que j’suis dupé, C’est moi qui la gobe.

Chanson, 1854.

Gober (la)

Être dupe ; être victime, ne pas avoir de chance dans une affaire, perdre de l’argent dans une entreprise.

Gober la chèvre

Être furieux d’une chose qui va de travers. On dit aussi pour exprimer la même idée : bouffer son bœuf. Ce que font souvent les typographes quand les casses sont embrouillées et que les lettres de différents corps y sont mélangés. Ils gobent aussi la chèvre quand un auteur méticuleux, qui ne connaît pas le métier, se mêle de leur donner des conseils (Argot d’imprimerie).

Gober le merlan

Sucer un homme jusqu’à l’éjaculation inclusivement, et boire le sperme qui sort de son membre frémissant, — par allusion au merlan roulé dans la farine et à sa forme allongée.

Gober sa chèvre, son bœuf

Être en colère.

Gober son bœuf

Être furieux d’une chose ou contre quelqu’un. (A. Delvau)

Gober un homme

Avoir envie de coucher avec lui.

Mon cher Arthur, Emma te gobe.

A. François.

Gobeson

Calice (Vidocq). — Diminutif de Gobbe.

Gobeson, Gobette

Verre à boire, — dans l’ancien argot.

Gobet

Quartier de viande, — dans le jargon des bouchers.

Gobet

Vaurien. C’est-à-dire individu qui gobe, qui trouve bon… à prendre tout ce qu’il voit.

Gobet

Morceau de viande, bœuf ou mouton entier.
— Je ne veux pas de cette viande coupée, elle a été tripotée.
— Je vais vous en couper dans un gobet, répond le boucher (Argot des bouchers).

Gobette

Gobelet de fer-blanc qui mesure 33 centilitres. Ce gobelet sert aux détenus dans les prisons pour prendre une ration de vin à la cantine où ils ont droit à trois gobettes par jour, en payant, bien entendu. Passer à la gohelte, c’est prendre une tournée chez le marchand de vin (Argot des voleurs). N.

Gobette

Gobelet.

Gobette (un)

Un verre de vin de prison.

Gobeur

Crédule.

Gobeur

Individu qui avale tout, même les bourdes les plus impossibles (Argot du peuple).

Gobeur, Gobeuse

Naïf, naïve, crédule. Mot à mot : celui qui gobe, avale tout ce qu’on lui dit.

Gobichonnade, nage

Régal, festin. V. Bitture.

En avant la gobichonnade !

Labiche.

Gobichonnage

Amusement, plaisirs variés. — Gobichonner, s’amuser, faire un bon repas. — Gobichonneur, gobichonneuse, celui, celle qui aime à rire ; plaisant, plaisante, gourmand, gourmande.

Gobichonner

Se régaler. — Diminutif du vieux mot gobiner qui avait le même sens. V. Roquefort.

Il se sentit capable des plus grandes lâchetés pour continuer à bien vivre… à gobichonner de bons petits plats soignés.

Balzac.

Gobichonneur

Gourmand.

Le roi, le triomphateur des gobichonneurs.

La Bédollière.

Gobilleur

Juge d’instruction.

Gobilleur

Juge d’instruction, — dans l’ancien argot.

Gobseck

Usurier, avare. Nom d’un des personnages de La Comédie humaine de Balzac. Le nom seul est une trouvaille, surtout venant après l’Harpagon de Molière.

Godaille, Godaillerie

Badinage, badinerie. — Godailler, rire, faire des farces, aimer à plaisanter. — Godailleur, celui qui aime la plaisanterie. — Flâneur. — Godailler, gobelotter, et gobichonner sont de la même famille et ont à peu près la même signification.

Godailler

Courir les cabarets. Ce verbe est un souvenir de l’occupation de Paris par les Anglais, amateurs de good ale. A. D. Godailler est synonyme d’être en patrouille et aussi de flâner. Manquer un travail, c’est le godailler. Godailler, c’est ne jamais se trouver bien nulle part.
— On n’en fera jamais rien, c’est un mauvais ouvrier, il godaille sans cesse (Argot du peuple). N.

Godailler

Flâner.

Godan

Piège ; mensonge, mensonge inventé pour faire patienter un créancier. — Monteur de godans, menteur. Mercadet de Balzac, est un monteur de godans. C’est un dérivé de goder, se réjouir, gaudere, en latin. Le débiteur qui trompe son créancier se donne la comédie à lui-même, il se réjouit des bonnes plaisanteries qu’il débite sérieusement.

Godan

Piège, mensonge, tromperie.

Godan (donner dans le)

Croire à un mensonge. Synonyme de couper dans le pont (Argot du peuple).

Godan (le connaître)

Éventer le mensonge et ne pas se laisser tromper (Argot du peuple).

Godant

Mensonge.

Godard

Mari d’une femme qui accouche. (L. Larchey)

Godasse

Chaussures.

Goddem

Anglais.

Un gros Auvergnat piqué jusqu’au vif, Au Goddem mettant le poing sous le pif.

Festeau.

M. Fr. Michel trouve godon dans les Poésies de Crétin, 1513.

Cryant qui vive aux godons d’Angleterre.

Mais Godon signifie là glouton et non goddem. V. Du Cange.

Godemichet

Phallus de cuir ou de velours avec ou sans ressorts, que les femmes libertines ou pusillanimes substituent au véritable phallus de chair et d’os que la prévoyante nature nous a soudé à tous au bas du ventre pour nous reproduire, et surtout pour jouir. Ce mot vient du latin : Gaude mihi, fais-moi plaisir. Cet engin, aussi singulier qu’ingénieux, — le rival sérieux de l’homme, dont la vigueur est malheureusement limitée, — cet engin est en usage depuis que le monde est monde, c’est-à-dire livré à la corruption. Les dames romaines s’en servaient bien avant les dames françaises, comme l’indique le Satyricon, où l’on voit le pauvre Encolpe-Polyænos étrangement arrangé par Œnathée, la vieille prêtresse. — Une autre preuve, c’est le passage suivant de l’École des Filles, où Suzanne la délurée dit à Fanchon, à peine déniaisée par son ami Robinet :

J’ai leu dans un livre l’histoire d’une fille de roy, qui se servoit d’une plaisante invention, au défaut du véritable masle. Elle avoit une statue d’homme de bronze, peinte en couleur de chair et fournie d’un puissant engin d’une matière moins dure que le reste. Cest engin estoit droit et creux, il avoit la teste rouge et un petit trou par le bout, avec deux pendants en forme de couillons, le tout imité au naturel. Et quand la fille avoit l’imagination eschauffée de la présence de ce corps, elle s’approchoit de cest engin, qu’elle se fourroit dedans le con, elle empoignoit les fesses de cette statue et les trémoussoit vers elle ; et quand ce venoit à descharger elle tournoit un certain ressort qui luy sortoit derrière les fesses, et la statue jettoit incontinent par l’engin une certaine liqueur chaude et espaisse, blanche comme bouillie, dans le con de la fille, dont elle estoit arrosée et satisfaite pour le coup.

Les anciens écrivains gaillards avaient donc raison d’écrire gaudemichi — qui se rapproche plus, étyinologiquement, de gaude mihi que godemichet.

L’une se trouva saisie et accommodée d’un gros godemichet entre les jambes, si gentiment attaché avec de petites bandelettes autour du corps, qu’il semblait un membre naturel.

Brantôme.

Il ne reste plus rien du bien de mon partage
Qu’un seul godemichi, c’est tout mon héritage.

Théophile.

Et feignant de prier en fermant son volet,
Pour un godemichet quitte son chapelet.

Piron.

Goder

(?)

Godets

Les yeux (Argot des voleurs). V. Boule de loto.

Godiche (être ou n’être pas)

Se laisser ou ne pas se laisser facilement duper par les femmes, ces éternelles monteuses de coups.

Ça me rappellera… le temps où j’étais si godiche avec le sexe, où les femmes m’allumaient si facilement.

Lemercier de Neuville.

Godiller

Frétiller, être en joie, en plaisirs.

Godiller

Arriver au paroxysme du désir. — Diminutif de gaudir : se réjouir. V. Roquefort. — Louis Festeau a chanté Monsieur Godillard.

Godiller

Donner des preuves de virilité.

Godiller

Se réjouir, s’amuser.

Godiller

Se réjouir, être content. A. D. Godiller veut dire convoiter une femme. Ce couplet de la célèbre chanson d’Alphonse du Gros Caillou me dispensera d’explication :

Pourtant, des fois, fallait être solide
Le 15 août, fête de l’empereur.
C’était chez nous tout rempli d’invalides,
De fantassins, de dragons, d’artilleurs,
Dame ! Ce jour-là, ce que le soldat godille !
Eh bien tout ça sortait content de chez nous.

Godille vient du mot ancien gaudille (Argot du peuple).

Godiller

(?)

Godiller (faire)

Faire jouir une femme ou un homme. — Éprouver un accès de priapisme ; bander.

Je veux qu’on me paie pour me faire godiller, moi !

Lemercier de Neuville.

Godiller ou gaudiller

Jouir en baisant. — Cette expression a passé du dictionnaire des matelots dans celui des Parisiens, gens amphibies, moitié canotiers et moitié l’autre chose. Godiller, pour un homme de mer, c’est se servir d’un aviron appelé godille ou goudille, qui placé dans une entaille arrondie sur l’arrière d’une embarcation, lui sert à la diriger.

Puissé-je, en passant l’onde
Du fleuve au roi cornu,
Godiller ferme et dru,
Et cramper dans le cul
De ma blonde.

E. Debraux.

Godilleur

Celui qui godille souvent.

Godillot

Conscrit, — dans le jargon des troupiers.

Godillot

Soulier. Allusion au nom du fabricant d’habillements militaires.

C’est pas moi qui userais les clous de mes godillots pour une poupée pareille.

(P. Beyle.)

Godillot

Soulier d’ordonnance, — du nom du fabricant. Godillot est aussi un terme de mépris ayant la même signification que bleu, conscrit.

Godillot

Conscrit. Soulier.

Godinette

Grisette. Elle gode pour tous les hommes (Argot du peuple).

Goffeur

Serrurier, — dans l’ancien argot, du celte goff, forgeron.

Goffeur

Serrurier.

Gogo

Dupe, homme crédule, facile à duper. — Abréviation du vieux mot gogoyé : raillé, plaisanté. V. Roquefort. — Villon paraît déjà connaître ce mot dans la ballade où il chante les charmes de la grosse Margot qui…Riant, m’assit le point sur le sommet, Gogo me dit, et me lâche un gros pet.

C’est en encore ces gogos-là qui seront les dindons de la farce.

E. Sue.

Avec le monde des agioteurs, il allèche le gogo par l’espoir du dividende.

F. Deriège.

Gogo

Niais, nigaud ; abréviation et redoublement de la dernière syllabe de nigaud. Gogo pour gaudgaud. — Quelques écrivains l’ont, par raillerie, employé comme synonyme d’actionnaire. C’est le nom d’un actionnaire récalcitrant dans la pièce de Robert-Macaire.

Gogo

Niais, dupe.

Gogoles

Traces scrofuleuses sur le visage.

Gogoter

Puer, — dans le jargon des barrières. — Qu’est-ce qui gogote comme ça ?

Gogotte

Le membre viril, lorsqu’il manque de virilité ; vit d’enfant.

Tirez parti de ces tristes gogottes.
Vous en viendrez à pisser dans vos bottes.

(Chanson d’étudiant.)

Goguenau

Récipient en fer-blanc remplissant, au régiment, l’office de tinette ; latrines portatives. — Par ironie, les troupiers apellent aussi « goguenaux » leurs gobelets en fer-blanc et leurs marmites de campagne. Par extension, sorte de valet de chambre dans une prison.

Le goguenau est un homme nommé par le concierge pour maintenir la propreté dans le corridor… et porter en certain lieu les objets odorants de la nuit.

(Em. Debraux, Voyage à Sainte-Pélagie, 1823.)

Goguenau, gogsis

Tinette. Vase et baquet de nuit.

Goguenaux

Lieux d’aisance.

Il fumera dans les goguenaux aux jours de pluie.

La Cassagne.

Gogueneau

Pot de nuit.

Goguenot

« Grand quart, vase de fer-blanc de la contenance d’un litre dont se munissent les troupiers d’Afrique. Il va au feu, sert à prendre le café, s’utilise comme casserole et comme gobelet. » — De Vauvineux.

Goguenot

Baquet servant de latrines portatives.

La meilleure place, la plus éloignée de la porte, des vents coulis et du goguenot ou thomas.

La Bédollière.

Goguenot

Gobelet, marmite en Afrique ; baquet, latrine, en France ; dans l’artillerie, les mortiers.

Goguenot

Pot de chambre. Le locataire de la table de nuit (Argot du peuple).

Goguenot

Pot de chambre.

Goguetier

Ami de la goguette, ami de la chanson bachique.

Goguette

Société chantante. — Au moyen âge, ce mot signifiait Amusement, réjouissance.

Il y a environ trois cents goguettes à Paris, ayant chacune ses affiliés connus et ses visiteurs. L’entrée de la goguette est libre.

Berthaud.

L’affilié de la goguette est un goguettier.

Goguette

Cabaret où l’on, cultive la chanson inter pocula, en dînant et après dîner.

Goinfre

Chantre.

Goinfre

Chantre. Il ouvre la bouche comme s’il allait avaler tout le monde.

Goinfre

Gourmand qui mange à en crever. On dit aussi : goulaffe (Argot du peuple).

Goinfre

Chantre. Sans doute parce qu’ils ouvrent, pour chanter, des bouches aussi grandes que des fours. On y engamerait un pain de deux livres (Argot des voleurs). N.

Goinfre

Gourmand.

Goitreux

Imbécile.

Goitreux

Imbécile.

Golgothe

Martyr imaginaire. Ceux qui sont atteints du délire de la persécution golgothent sans cesse (Argot du peuple).

Gomme (faire de la)

Faire du genre, faire l’élégant.

Si vous allez faire, quand même, de la gomme chez l’ouvrier, au moins ne grognez pas si on vous calotte.

(L’art de se conduire dans la société des pauvres bougres.)

Gomme (la)

Manière d’être, état, genre du gommeux. Classification des élégants surnommés gommeux. Il y a la haute et la petite gomme. Les commis de magasin, les seconds clercs de notaires, les collégiens en rupture de bancs… de collège, qui veulent singer les gommeux du High-Life, font partie de la petite gomme.

Gommeux

Fashionable qui se trouve charmant, et que le bon gros public avec son gros bon sens trouve ridicule. Le Figaro a beaucoup contribué à mettre le mot à la mode.

Le gommeux succède au petit crevé, qui avait succédé au gandin, qui avait succédé au fashionable, qui avait succédé au lion. qui avait succédé au dandy, qui avait succédé au freluquet, qui avait succédé au merveilleux, à l’incroyable, au muscadin, qui avait succédé au petit-maître.

(Bernadille, Esquisses et Croquis parisiens.)

J’ai rencontré tout à l’heure un gommeux de la plus belle pâte, ridiculement prétentieux de ton, de manières, d’allures.

(Maxime Rude.)

Quant à l’étymologie, les opinions sont partagées. Pour les uns, ils sont empesés, gommés dans leur toilette, dans leurs cols, d’où leur surnom. — D’autres veulent que l’état misérable de leur santé, à la suite d’une série d’orgies, en les réduisant à l’usage du sirop de gomme, soit la source du sobriquet. Déjà, avant que le mot eût fait fortune, les étudiants appelaient « amis de la gomme, gommeux », ceux de leurs camarades qui mettaient du sirop de gomme dans leur absinthe.

Gommeux

Pris adjectivement a le sens de joli, agréable. (L. Larchey)

Gommeux

Voir Copurchic.

Gonce

Un jeune homme, un individu quelconque.

Gonce, goncier

Bourgeois facile à tromper (Argot des voleurs).

Gonce, goncier

Individu quelconque.

Gonce, Gonsse

Individu, le premier venu, homme, passant. Avait primitivement le sens d’entreteneur.

Une femme entretenue appelle son entre teneur un gonsse.

(Les Voleurs et les volés, 1840.)

Cette acception de gonsse donnerait à penser que ce mot a été également pris dans le sens d’imbécile.

Goncesse

Femme, fille.

Goncier

Corps.

Gondolé (air)

Mauvaise mine. Avoir l’air gondolé, avoir le visage boursouflé ; allusion au bois gondolé.

Gondoler (se)

Rire avec excès.

Gondoler (se)

Se tordre de rire. Rire à s’en mordre l’œil. C’est gondolant (Argot du peuple). N.

Gondoler (se)

Rire.

Gonfle-bougres

Haricots blancs.

Gonfler (faire) son andouille

Se masturber.

Ça m’ trifouille,
Ça m’ gargouille,
Ça fait gonfler mon andouille.

L. L.

Gongonner

Terme employé dans les ménages d’ouvriers lyonnais et aussi par Gnaffron dans les Guignols :
— Ma vieille colombe gongonne toujours quand je liche une chopine.
— Tais-toi donc, vieux gongon.
Gongonner, synonyme de bougonner et de ronchonner (Argot du peuple). N.

Gons

Un homme.

Gons de c.

Une homme com-il faut.

Gonse

Homme, individu dont il s’agit ; le gonse, lui ; une gonsesse est une femme.

Gonsesse

Une femme.

Gonsesse de c.

Une femme id. (com-il faut).

Gonsier

Voir gonse.

Gonsier de pain d’épice

Individu sans valeur, bon à rien.

Ma p’tite Suzon, il faut gue j’te bonisse
Que tes manières commencent à m’rendre arnaud ;
J’t’ai démarrée d’un gonsier de pain d’épice
Qui n’savait pas t’arranger comme il faut.

Gonsse, gossier, gonzesse

Homme ; femme.

Gonsser

Manger.

Gonze

Dupe.

Gonze

Homme.

Gonze, gonzesse

Homme, femme. V Regout, Raleur. — Pris souvent dans le sens de Bourgeois à dépouiller.

Mais votre orange est fichée. Elle n’a point de queue ? — Allez donc, gonze.

Vadé, 1788.

Gonzesse

Fille on femme de mœurs beaucoup trop légères ; fille publique même.

Allumer tous les soirs la chandelle de l’hyménée en faveur d’un tas de gonzesses…

Lemercier de Neuville.

Ils entretienn’nt des gonzesses
Qui loge’ à la Patt’ de Chat.

Guichardet.

Gonzesse

Femme, la première venue. — Amante.

Gonzesse

Maîtresse, catin, — de l’argot parisien.

Gonzesse

Femme.

Goret

Coupeur de chaussures ; premier ouvrier cordonnier.

Gorge

Étui, — dans le jargon des voleurs.

Gorge

Étui.

Gorge (avoir de la)

Posséder de plantureux tétons, — la seule richesse dont les femmes soient fières : c’est comme si elles avaient pignon sur rue.

Dis donc, a-t-elle autant de gorge que moi, ta madame !

Henry Monnier.

Je nuis sûre qu’elle ne se tient pas comme la mienne, sa gorge.

Henry Monnier.

A voir sa gorge toute nue
Son corps tout du long étendu,
L’on jugeait qu’elle avait perdu
Sa pudeur et sa retenue.

Grécourt.

Ma gorge se tient mieux qu’un militaire,
Mon con est boisé comme l’est Meudon,
Afin de cacher l’autel du mystère
Où l’on officie en toute saison.

Anonyme.

Gorgniat

Homme malpropre, mal élevé.

Gorinfle

Masure de campagne.

Gos (des)

Des pous.

Gose

Gosier, par apocope.

Gosier pavé

Gosier supportant des boissons très-fortes ou très-chaudes.

Gosse

Enfant.

Gosse

s. m. Gamin. Dans l’imprimerie, les gosses sont les apprentis ou les receveurs.

Gosse

Enfant, — dans le jargon du peuple, qui dit tantôt le gosse, tantôt la gosse, selon le sexe. — Dans le jargon des voyous, une gosse, une gosseline, c’est une fillette de quinze à seize ans ; sert encore à désigner une amante. Il est à remarquer que mion de gonesse signifiait, autrefois, petit jeune homme. (V. Oudin, Cur. franc.) Gosse pourrait bien être un diminutif de mion de gonesse.

Gosse

Mensonge, plaisanterie, mauvaise farce.

Gosse

Femme. Enfant. Mensonge.

Gosse, gosselin

Enfant, enfant mort-né. Quelquefois aussi, c’est un synonyme de jésus.

Gosselin

Petit garçon.

Gosselin, Gosseline

Nouveau-né, petite-fille au maillot, — dans le jargon du peuple.

Gosselin, ine

Jeune garçon, jeune fille.

Gosselinage

Enfance — Gosselin. Enfant.

Gosseline

Petite fille.

Gosser

Mentir, — dans le jargon des collégiens.

Gosseur

Menteur, hâbleur.

Gossier, Gonssier

Homme, individu. C’est une forme nouvelle de gonsse, — dans l’argot des barrières.

Got

Certainement.

Goteur

Paillard.

Goteur

Libertin qui se plaît avec des souillons de cuisine et des souillons de tous genres, vulgo : Gothons.

Gothon

Abréviation de Margoton, qui signifie fille de mauvaise vie.

Gothon

Maîtresse, catin, comme ci-dessus. — Gothon est un prénom comme Margot.

Gouache

Figure, — dans l’argot des barrières ; les voyous prononcent couache, mais ce doit être une allusion aux portraits à la gouache.

Gouache

Figure.

Goualante

Chanson. Goualer, chanter. Goualeur, goualeuse, chanteur, chanteuse. Vient de gueuler. Goualer à la chienlit, crier au voleur.

Goualante

Chanson. Goualer, gueuliber, chanter. Signifie aussi avouer à la justice.

Goualante

Chanson.

Goualantes

Chansons.

Goualer

Chanter.

Goualer

Chanter.

Goualer

Chanter. — Vient, comme gueuler, du vieux mot goule (gula) : gosier. — Goualeur, leuse : Chanteur, teuse.

Goualer

Chanter. On se souvient de la goualeuse des Mystères de Paris. La goualante signifiant chanson, la chanter, goualer, cela va de soi (Argot du peuple).

Goualer

Chanter.

Goualer

Chanter.

Goualeur

Chanteur des rues.

Goualeur

Chanteur.

Goualeur, goualeuse

Chanteur, chanteuse.

Goualeuse

Chanteuse.

Goualeuse

Chanteuse.

Goualeuse

Chanteuse.

Gouape

Débauche.

Mes amis, unissons nos voix pour le triomphe de la gouape.

L. Reybaud.

J’aime mieux jouer la poule. — Parce que t’es un gouêpeur, mais ceux qui préfèrent le sentiment la gouape, c’est pas ça.

Monselet.

Gouape

Vagabond, fainéant, débauché, filou.

Gouape (la)

Vagabondage, paresse, débauche et filouterie mêlés. — Vagabond, vaurien : Une gouape.

Gouape, Gouaper

Loustic, blagueur. — Ridiculiser quelqu’un, se moquer de lui (argot parisien).

Gouape, peur, peuse

Débauché, coureur. — On trouve dans Horace vappa, avec le sens de vaurien. — Vigneul-Marville (dix-septième siècle) dit qu’il y a en Espagne de jeunes seigneurs appelés guaps qui ont rapport à nos petits-maîtres.

Pauvre Depuis, marchand de vin malheureux, que de gouapeurs trompèrent ta confiance !

Monselet.

En 1836, J.-E. Aubry a fait une chanson intitulée : le Gouappeur, très complète comme physiologie.

Gouaper

Coucher dehors.

Gouapeur

Homme sans asile.

Gouapeur

Individu mal mis, déguenillé.

Gouapeur

Vaurien ; gouapeuse, vaurienne.

Gouapeur

Individu qui ne travaille jamais (Argot du peuple). V. Loupeur.

Gouapeuse

Petite drôlesse qui préfère la rue à l’atelier, le vagabondage au travail, et qui s’amuse avac les quéquettes des polissons de son âge en attendant l’occasion d’amuser les pines des messieurs plus âgés.

Gouapper

Flâner, ne rien faire.

Gouêper

« J’ai comme un brouillard d’avoir gouêpé (vagabondé) dans mon enfance avec un vieux chiffonnier. » — E. Sue.

Gouêpeur

Vagabond.

Sans paffes, sans lime, plein de crotte, aussi rupin qu’un plongeur, un soir un gouêpeur en ribotte tombe en frime avec un voleur.

Vidocq.

Quant aux vagabonds adultes qu’on désigne en style d’argot des goêpeurs.

M. Christophe.

Je couchais les bonnes nuits dans les fours à plâtre de Clichy en vrai gouêpeur.

E. Sue.

Gouffre secret

Grand et vieux con. — Engouffrez-vous, messieurs, voilà l’plaisir !

Ces femmes aident autant qu’elles peuvent à la méprise par les toilettes préparatoires : … elles compriment leurs tétons mollasses et pendants, elles réarent par des locions astringentes les hiatus trop énormes de leurs gouffres secrets.

(Anecd. sur la comtesse du Barry.)

Gouge

Femme de mauvaise vie, mal élevée. C’est la femelle du goujat.

Gouge

Femme.

Gouge, gouine

Vile prostituée.

Gougniotte

Tribade.

Gougnottage

Honteux commerce, honteuse cohabitation d’une femme avec une autre femme.

Gougnotte

« Fille ou femme qui abuse des personnes de son sexe », dit M. Francisque Michel — qui, par pudeur, manque de clarté ; la gougnotte est une fille qui ne jouit qu’avec les filles, qu’elle gamahuche ou qui la branlent ; une gougnotte préfère Sapho à Phaon, le clitoris de sa voisine à la pine de son voisin.

Gougnotte

Lesbienne, disciple de Sapho. Femme dégradée qui recherche les individus de son sexe. Synomymes : Gusse ou gousse, magnuce, chipette, puce travailleuse ponifle, satin, etc.

Gougnotte

Femme qui déteste les hommes et qui a des mœurs à part. On dit aussi gousse (Argot des filles). V. Accouplées.

Gougnotte, Gougne

Tribade ; femme qui joue les travesties à huis clos.

Gougnotte, gousse

Tribade. — D’où les verbes gougnotter et gousser.

Gougnotter

Se livrer au dévergondage entre femmes.

Gouille (envoyer à la)

Envoyer promener.

Gouine

Nom qu’on donne à toute fille ou femme de mœurs trop légères, et que le Pornographe fait venir de l’anglais queen, reine — de l’immoralité ; mais qui vient plutôt de Neily Gwinn, célèbre actrice anglaise qui avait commencé par être bouquetière, et qui, d’amant en amant, est devenue la maîtresse favorite de Charles II.

Gouine

Guenon. Méchante femme.

Gouine

Prostituée.

Goujon

Le membre viril, — qui frétille dans le con de la femme comme poisson dans l’eau.

Mais surtout prenez ce goujon,
Et mettez-le dans la fontaine
Qu’on voit tout le long, le long de la bedaine.

(Chanson anonyme moderne.)

Goujon

Jeune voyou qui vit aux crochets d’une pierreuse ou de toute autre prostituée ignoble. « Petit poisson deviendra grand / Pourvu que Dieu lui prête vie. »

Goujon

Petit morceau de fil de zinc dont les marbriers se servent, en guise de clou, pour ajuster les plaques de marbre.

Goujon

Petit souteneur. Homme facile à duper.

Goujon (avaler le)

Mourir.

Quoi qu’on dise et quoi qu’on fasse, il faut avaler le goujon.

1815, Francis.

Se dit aussi pour Tomber dans un piège.

Goujon (lâcher son)

Vomir.

T’as lâché ton goujon
Sur mon baluchon.

(Chans. pop.)

Goujon d’hôpital

Sangsue, — dans le jargon des voyous.

Goule

Gueule (patois normand).

Gouline

Une valise.

Goulot

Bouche, gosier. Repousser du goulot, sentir mauvais de la bouche.

Goulu

Puits.

Goulu

Poêle (Vidocq). Il avale beaucoup de bois.

Goulu

Puits. — Poêle à chauffer.

Goulu

Puits. Poêle.

Goulu

Dévorer ses aliments (Argot du peuple). V. Baffrer.

Goupillon

Commis au pair, — dans le jargon des employés de la nouveauté. C’est, sans doute, une altération de gouspillon, gouspin.

Goupillon (le)

Le membre viril — avec lequel on asperge de sperme les femmes, heureuses d’être ainsi aspergées.

En priant pour la sainte Vierge,
Vous prîtes votre goupillon,
Et le tenant droit comme un cierge,
Il semblait que le cotillon
Vous donnai certain aiguillon.

(Parnasse satyrique.)

Goupine

Mise étrange.

Goupine

Tête, allure de voleur ; mise dans le goût de celle de Robert-Macaire.

Goupiner

Travailler.

Goupiner

Faire quelque chose. Un objet bien goupiné est un objet bien fait.

Goupiner

Voler. V. Estourbir, Butter.

Voilà donc une classe d’individus réduite à la dure extrémité de travailler sur le grand trimar, de goupiner

Cinquante mille voleurs de plus à Paris, Paris, 1830, in-8.

J’ai roulé de vergne en vergne pour apprendre à goupiner.

Vidocq.

Goupiner

Voler, s’ingénier à faire le mal.

En goupinant seul et dans un pays étranger, on n’a à craindre ni les moutons ni les reluqueurs.

(J. Richepin, l’Assassin nu.)

Goupiner les poivriers, voler les ivrognes.

Goupiner

Voler. Travailler.

Goupiner

Voler. On applique également ce mot à quelqu’un de mal habillé.
—Est-il goupiné ? (Argot des voleurs).

Goupiner

Travailler.

Goupiner

Arranger, apprêter un vol.

Goupineurs

Voleurs qui ont la spécialité de dévaliser les pochards qui s’endorment sur la voie publique. Ils goupinent les profondes (Argot des voleurs).

Goupline

Pinte.

Goupline

Pinte.

Goupline

Une pinte.

Goupline

Litre de vin, — dans le jargon des voleurs.

Goupline

Litre de vin.

Goupline

Litre de vin.
— C’est pas malin que nous étions chlasse ; à quatre, nous avons étranglé douze gouplines de ginglard à Charonne, au Petit Bonhomme qui chie (Argot du peuple). N.

Gour plein de pivois

Un pot de vin.

Gourd

Tromperie, mensonge, filouterie. D’où l’ancien verbe gourrer.

Pour gourrer les pauvres gens
Qui leur babil veulent croira.

(Parnasse des Muses.)

Gourd

Pot.

Gourde

Boucle d’oreille. Benêt.

Gourde

Homme pâteux, paysan mal dégrossi. Au superlatif : crème de gourde (Argot du peuple). N.

Gourde ou Gourdée

Bête, imbécile.

Gourde, goudiflot

Simple, naïf.

Gourdement

Beaucoup, bien.

Gourdement

Beaucoup, bien.

Gourdement

Beaucoup.

Gourdement

Bien, beaucoup. V. Pavillonner, Artie.

Gourdement

Beaucoup, très bien, — dans l’ancien argot.

Gourdement

Beaucoup.

Gourdes (les)

Les testicules, dans lesquels il y a une provision du cordial qui réchauffe les femmes malades de langueur.

Le troupier : mes roustons, le cocher : mes roupettes ;
Le marchand de coco : des gourdes ; les grisettes :
Des machines…

Louis Protat.

Gourdifflot

Petite gourde (Argot du peuple).

Gourdiflot

Synonyme de gourde.

Gouré, ée

Trompé, trompée.

Gourer

Tromper.

Gourer

Duper, filouter.

Gourer

Tromper. Goure, friponnerie.

Gourer

Tromper, se gourer — douter.

Gourer (se)

Ne pas observer la couleur locale, commettre un anachronisme, — dans le jargon des comédiens.

Les actrices de mélodrame se gourent quand elles courent à travers la montagne avec de petits souliers de satin blanc. À Chartres, j’ai vu Abraham mettre le feu au bûcher avec un briquet de M. Fumade.

(Petit Dict. des coulisses.)

Gourer (se)

Se méfier, se tromper. Celui qui craint d’être suivi par un agent pour le surveiller, se goure.

Tu te goures, si tu crois que c’est Jules qui m’a dit cela.

Goureur

« Les goureurs sont de faux marchands qui vendent de mauvaises marchandises sous prétexte de bon marché. — Le faux marin qui vend dix francs des rasoirs anglais de quinze sous… goureur. — Le chasseur d’Afrique qui rapporte d’Alger des cachemires… goureur. — L’ouvrier qui a trouvé une montre d’or et qui veut la vendre aux passants… goureur. »

H. Monnier.

Goureur

Escroc qui exploite la crédulité ou la bêtise de quelqu’un pour lui vendre fort cher un objet de peu de valeur. — Goureur de la haute, celui qui fait des dupes en émettant des actions d’une entreprise imaginaire, comme, par exemple, les actions de mines de pains à cacheter.

Goureur, euse

Trompeur, trompeuse.

Goureurs

Les goureurs sont des individus qui se déguisent en marins étrangers venant des pays lointains. Ils offrent au public des marchandises qu’ils ont soi-disant rapportées de l’Inde ou de la Perse, et qui proviennent tout bonnement d’un bazar quelconque (Argot des voleurs).

Gourgandinage

Débauche, plaisirs crapuleux.

Gourgandine

Fille ou femme qui se laisse baiser par le premier homme venu, militaire ou pékin, gros ou petit, riche ou pauvre, qui lui offre un dîner, une robe, ou seulement un verre de jaune.

Toujours il a eu le même public mâle et femelle, les mêmes faubouriens et les mêmes faubouriennes, les mêmes voyous et les mêmes petites gourgandines.

A. Delvau.

Gourgandine

Femme de mauvaise vie ; coureuse. Au XVe siècle le mot avait le sens qu’il a aujourd’hui. On disait encore gourdine et gourdane. Les gourgandines habitaient l’île de la Gourdaine dans la Cité, anciennement (au XIIIe siècle) l’île aux Vaches. C’est dans l’île aux Vaches que furent brûlés les Templiers. (P. Dufour. Hist, de la prostitution, 1852.) « S’il pouvait devenir cocu / Épousant une gourgandine. » (Scarron, Poésies.) « Et sans sourdines, / Mener joyeuse vie avec des gourgandines. » (V. Hugo, Châtiments.)

Gourgandine

Coureuse. Fille de mauvaise vie.

Gourgandiner

Hanter les mauvais lieux et les drôlesses qui les habitent.

Gourgandiner

Courir les bals, les soupers et les hommes. — Des drôlesses qui ne font que gourgandiner.

Gourgousser

v. intr. Se répandre en jérémiades, en récriminations de toute sorte et à propos de tout.

Gourgousser

Se plaindre sans cesse, se répandre en jérémiades, — dans le jargon des typographes.

Gourgousseur

s. m. Celui qui gourgousse. Nous avons défini ce type dans la première partie de cette Étude.

Gourgousseur

Celui qui se plaint sans cesse et à propos de rien. C’est une allusion au bruit produit par les borborygmes, ces plaintes que font entendre les boyaux incommodés ou en détresse.

Gourmande

Femme trop portée sur la queue, et difficile à satisfaire à cause de cela.

Gourmande

Bouche.

Gourpline

Plainte.

Gouspin

Mauvais gamin. — Diminutif du vieux mot gous : chien.

Quarante ou cinquante jeunes gouspins bruyants et rageurs.

Commerson.

Gouspin

Petit polisson ; pauvre diable.

Gouspin

Voyou. Apprenti voleur.

Gouspiner

Vagabonder.

Gousse

Voir Gougnotte. — Mot à mot chienne.

Gousse

Tribade. On dit aussi vrille, gougniotte, marchande d’ail.

Gousse, Gaupe

Fille publique, — dans le jargon des voyous.

Goussepin

Enfant.

Gousset

Aisselle. — Rifler du gousset, transpirer de dessous les bras.

Gousset

Aisselle.

Gousset percé (avoir le)

N’avoir pas un sou en poche.

Comment faire quand on a le gousset percé

Letellier, Chanson, 1839.

Gousset percé (avoir le)

Être prodigue, ne pas savoir garder un sou en poche. — Ne pas avoir d’argent dans sa poche.

Gousset, Gouffier

Manger, — dans le jargon des voleurs.

Goût du pain (faire passer le)

Tuer.

Goût du pain (paire passer le)

Tuer.

Gout particulier

La pédérastie ou le gougnottisme, selon le sexe ; ainsi nommé parce que c’est un goût presque général chez les filles galantes de Paris.

Ne croyez pas que je contracte
Ce goût, déjà trop répandu ;
C’est bon pour amuser l’entr’acte
Quand le grand acteur est rendu.

Béranger.

Gout pour quelqu’un (avoir du)

Avoir envie de coucher avec telle femme plutôt qu’avec telle autre lorsqu’on est homme, ou avec tel homme plutôt qu’avec tel autre lorsqu’on est femme.

Elle en tombera à la renverse si elle a autant de goût pour moi que vous le dites.

La Popelinière.

Dit-on à présent : Je vous aime ?
Non, l’on dit : j’ai du goût pour vous.

Collé.

Gouter les plaisirs, les ébats, les joies, etc.

Baiser, ce qui est la félicité suprême.

Mais qu’importe, si l’on goûte
Le doux plaisir de la chair ?
Qu’importe, pourvu qu’on foute ?
Cela vous paraît-il clair ?

Collé.

Eh bien ! mon petit cœur, eh bien ! ma mignonnette,
Ne voulez-vous pas bien vous marier un jour
Pour goûter les ébats du petit dieu d’amour.

Trotterel

Quand elle eut commencé à goûter un peu les joies de ce monde, elle sentit que son mari ne la faisait que mettre en appétit.

Bonaventure Desperriers.

Gouts contre nature (avoir des)

Être pédéraste, si l’on est homme, — ou gougnotte, si l’on est femme.

On ne le lui met plus !… On le lui a donc déjà mis ? L’homme que j’ai honoré de mes faveurs aurait donc des goûts contre nature ?

Jean Du Boys.

Gouts lubriques (avoir des)

Être très corrompu en amour.

On l’accusa d’avoir des goûts lubriques,
Dont le récit fait dresser les cheveux ;
De dédaîgner Les amours platoniques
Et de boucher des trous incestueux.

Ch. Boyle.

Goutte

Employé dans un sens obscène pour désigner le sperme.

Elle sucerait bien la goutte
De quelque gros vit raboulé,
Mais je veux qu’un goujat la foute
Avecun concombre pelé.

Théophile.

Goutte

Ration d’eau-de-vie que les soldats boivent habituellement le matin avant l’appel, et les ouvriers avant l’heure du travail. — Allusion à la petite dose (goutte) d’alcool qu’on prend ou qu’on est censé prendre.

J’appelis ma mère qui buvait sa goutte au P’tit trou.

Rétif, 1783.

Mais pourvu qu’on paie la goutte aux anciens, N’est-ce pas, colonel ?

Gavarni.

Goutte

Mesure d’eau-de-vie de la capacité d’un décilitre. Prendre la goutte, boire un verre d’eau-de-vie. — Bonne goutte, bonne eau-de-vie. — Pour le peuple tout bon cognac, fût-il à vingt francs la bouteille, est de la bonne goutte.

Goutte (donner la)

Donner à téter. — Demander la goutte, demander à téter en piaillant ou à haute et intelligible voix, comme font les enfants qui ne sont pas encore sevrés à deux ans. La mère dont les mamelles sont presque taries, ne peut plus donner qu’une pauvre goutte à son nourrisson.

Goutte militaire

Sécrétion gonorrhéique qui vient chaque matin au bout du membre viril qui a été à la guerre amoureuse et qui y a été blessé — sans daigner se guérir.

Goutte militaire

Souvenir persistant d’un coup de pied de Vénus.

Goutte militaire

Voir plombé.

Gouttière (lapin de)

Chat, — dans le jargon du peuple qui, chaque fois qu’on lui sert du lapin à la gargote, renouvelle la plaisanterie, parce qu’il faut bien rire un peu.

Gouttière à merde

Derrière, — dans le jargon des voyous. Va donc te laver ta gouttière à merde aura crevé, tu foisonnes trop. — Faudra faire mettre un bèquet à ta gouttière à merde.

Gouvernement

Dans la bouche de l’ouvrier, ce mot est synonyme de « ma bourgeoise, mon gendarme. » Quand un ouvrier parle de sa femme, il dit volontiers « mon gouvernement ». — Hier, j’ai pris un fameux bain avec des camaros, je me suis cuité dans le gîte, reuse-ment que mon gouvernement m’a pas entendu rentrer.

Gouvernement

Épée d’ordonnance des polytechniciens. Mot à mot : épée fournie par le gouvernement.

Gouvernement

Épée à l’École Polytechnique. A. D. Gouvernement : La femme dans les ménages d’ouvriers.
— Mon vieux, pas mèche d’aller gouaper avec toi, mon gouvernement est tellement rosse que je serais engueulé toute la semaine (Argot du peuple). N.

Goy, Goym

Chrétien, — dans le patois des marchands juifs. Râler le goye, tromper le chrétien. — Les marchands forains, mais principalement ceux du Midi, ont donné le nom de goye à l’acheteur doté d’une bonne tête d’imbécile.

Goy, goym

Chrétien, dans l’argot des juifs. Râler le goye, tromper le chrétien.

Goye

Dupe, niais. — Signifie depuis longtemps Chrétien chez les juifs.

Le goye te mire, le pante te regarde.

Monselet.

Goye

Boiteux, — dans le jargon des méridionaux de Paris.

Graffagnade

Commerce de mauvais tableaux. — Tableau de commerce, — dans le jargon des marchands de bric-à-brac.

Grafin

Chiffonnier ; par allusion au crochet qui agrafe les épaves échouées le long des trottoirs.

Graillon

Cuisinière, laveuse de vaisselle. Fille sale qui pue la mauvaise graisse (Argot du peuple).

Graillon

Mauvais cuisinier. La ménagère qui lave son linge est aussi un graillon.

Graillonner

Parler (Vidocq). — Diminutif du vieux mot grailler : croasser. V. Roquefort.

Graillonner

Converser à haute voix, d’une cour de prison à l’autre, du dortoir à la cour.

Graillonner

Cracher avec effort, tousser gras.

Graillonner

Écrire. Cracher. Parler d’une fenêtre à l’autre, dans une prison.

Graillonner

Mal laver une chose ou un objet, c’est le graillonner.

Graillonneur

Homme qui expectore souvent.

Comme c’est ragoûtant d’avoir affaire avant son déjeuner à un graillonneur pareil !

H. Monnier.

Graillonneur, Graillonneuse

Celui, celle qui graillonne.

Comme c’est ragoûtant d’avoir affaire avant son déjeuner à un graillonneur pareil !

(H. Monnier, Scènes populaires.)

Graillonneuse

Blanchisseuse par occasion. C’est le nom que donnent les blanchisseuses de profession aux ménagères qui vont au lavoir laver le linge de leur famille, parce que, ne possédant pas très bien le maniement du battoir, elles éclaboussent tout le monde autour d’elles.

Graillonneuse

Ménagère qui va laver accidentellement son linge au lavoir (Argot des blanchisseuses). V. Baquet.

Grain

Écu.

Grain

Écu.

Grain

Écu.

Grain

Pièce de dix sous, — dans l’argot du Temple.

Grain (avoir un)

Avoir l’esprit un peu dérangé. Mot à mot : un grain de folie.

Grain (écraser un)

Boire la goutte. Plus applicable à l’alcool dans lequel on conserve quelques grains de verjus.

Est-ce que nous n’écrasons pas un grain ?

La Bédollière.

Grain (écraser un)

v. Boire, s’enivrer.

Grain de brune, saute-cou, terre-à-terre

Foulard. Il sert au voleur, le soir, pour étrangler et terrasser sa victime.

Grain, petit grain

Animation causée par un commencement d’ivresse.

Graine d’épinards

Épaulette d’officier supérieur. — Avant d’avoir quitté la branche, ces graines ressemblent en effet assez aux grosses torsades d’épaulettes.

Les grands qui viennent au monde avec des épinards d’amiral sur l’épaule.

L. Desnoyer.

Graine d’épinards à part, les officiers du 101e sont tous supérieurs.

Noriac.

Graisse

Argent. — Il y a gras, il y a de la graisse : Il y a un bon butin à faire.

Il n’y a pas gras !

Gavarni.

Graisse

Argent. L’huile et le beurre ont également eu la même signification ; aujourd’hui ces mots ne sont plus employés que par quelques vieux débris des anciens bagnes.

Graisse (se plaindre de trop de)

Se plaindre mal à propos, se plaindre quand on ne manque de rien. Encore un qui se plaint de trop de graisse.

Graisser

Gratter.

Graisser

Je vais te graisser, te battre. Graisser les poches de quelqu’un : y mettre de l’argent. Graisser sa femme : allusion au graissage de l’essieu pour que la voiture roule mieux (Argot des souteneurs).

Graisser

Celui qui, enjouant, arrange les cartes de façon à avoir tout le jeu pour lui, fait de la graisse ; c’est un graisseur. On dit aussi faire du suif. Quand on dit à quelqu’un : J’te vas graisser, c’est lui dire : Je vais te flanquer des coups.

Graisser la marmite

Payer sa bienvenue.

À mon régiment, M’fallut graisser la marmite, Et j’n’ai plus d’argent.

Vachelot, Chansons, 1855.

Graisser la marmite

Payer sa bienvenue, — dans le jargon des troupiers. — Battre sa maîtresse, — dans le jargon des souteneurs.

Graisser la patte

Remettre une somme de la main à la main, corrompre.

Graisser le train

Battre, donner des coups de pied au derrière. Mot à mot : graisser le train de derrière, — dans le jargon des voyous.

Graisser le vagin (se)

Se faire baiser, s’oindre le con de sperme.

C’était ma femme au retour d’un voyage,
Et qui devait n’arriver que demain ;
Elle venait consoler mon veuvage,
Et pour cela se graissait le vagin.

Anonyme.

Graisser les bottes

Mourir. L. L. Graisser les bottes : l’extrême-onction. Mot à mot : graisser les bottes pour le voyage lointain (Argot du peuple). N.

Graisser les roues

Boire, — dans le jargon du peuple. Quand on graisse les roues, ça accélère le mouvement… des ivrognes.

Graisser sa punaise

Baiser sa maîtresse.

Je lui en veux : il a graissé ma punaise.

A. Pothey.

Graisser ses bottes

Se préparer au départ, et au figuré : Être près de mourir.

Graisser ses bottes

Être à l’article de la mort. Mot à mot : graisser ses bottes pour accomplir le grand voyage.

Graisser ses bottes

Mourir.

Grand chef

Préfet de police, — dans le jargon des agents de police.

Allons ! allons ! le grand chef a parlé ; filez et plus vite que ça !

(L’Univers du 1er juillet 1880.)

Grand coësre

Chef de bande.

Grand dabe

Roi.

Mais grand dabe qui se fâche dit : Par mon caloquet.

Vidocq.

Grand flanc (du)

Parole d’honneur.

Grand jeu (le)

Toutes les polissonneries qui sont la ressource des filles savantes pour faire jouir les débauchés usés.

J’veux que mes cinq sens soient satisfaits : c’est c’que j’appelle le grand jeu, moi ! Le toucher ? tu m’as branlé. L’odorat ? tu m’as fait une langue à l’absinthe. La vue ? j’ai contemplé ces ordures, et toi. Il ne ne manqué plus que les satisfactions de l’ouïe et du goût.

Lemercier De Neuville.

Grand meg (le)

Un président.

Grand meg des meg (le)

Dieu.

Grand pré

Le bagne.

Grand pré (le)

Bagne. Les voleurs, autrefois, appelaient ainsi Toulon et Brest ; depuis ils disent la Nouvelle (Argot des voleurs).

Grand ressort

Le cœur. C’est en effet le grand ressort de la vie. Quand un individu meurt on dit : le grand ressort est cassé (Argot du peuple).

Grand soulasse

Assassinat.

Grand trimar

Grand’ route.

Grand turc

Le Grand Turc et Le roi de Prusse jouissent d’un égal degré de la faveur d’être employés lorsqu’il s’agit d’une fin de non-recevoir.

Ma chère, il pense à toi comme au Grand Turc.

Balzac.

A qui voulez vous que je le dise donc ? au Grand Turc ?

Murger.

Grand-bonnet

Évêque.

Grand-mecque

Président.

Grand-papa

Surnom donné par les élèves de l’École Polytechnique au général commandant l’École.

Grande (la)

La prison de la Roquette.

Grande (la)

La grande Roquette.

Grande boutique (la)

La préfecture.

Grande confrérie

Celle des cocus, qui est, en effet, la plus nombreuse.

Quand Joseph épousa Marie,
Le grand-prêtre lui dit : Mon vieux,
Te voilà de la confrérie
Des époux et des… bienheureux !
Que près du lit de ta poulette
Vienne un ange avec un moineau…
Et qu’il lui mette, mette, mette,
Mette le doigt dans cet anneau.

Béranger.

Grande-sorgue

La mort.

Grandes capotes

Soldats de la ligne, ainsi nommés par les Arabes.

Grandes lèvres

Orifice du vagin de la femme ; tentacules s’emparant de tout priape qui vient regarder à l’entrée et ne le rendant à la liberté qu’après en avoir exprimé toute la moelle.

Grange (la)

Le con.

Un jour ma Jeannette
Me dit : Robinet
Ma grange est bien nette,
Mets-y ton boquet.

(Chansons folastres.)

Granp dicime condé

Le maire ou le préfet.

Graoudjem

Charcutier, — dans le jargon des voleurs. — C’est gras-double estropié et doté de la terminaison jem. — Faire un graoudjem à la dure, voler un charcutier, voler du saucisson.

Gras

s. m. Réprimande. Recevoir un gras. Recevoir des reproches de la part du patron, du prote ou du metteur en pages, pour un manquement quelconque. On dit encore dans le même sens savon et suif. L’analogie est visible entre cette dernière expression et gras. Les Allemands emploient un autre terme : Recevoir son hareng hæhring.

Gras

Semonce, réprimande, — dans le jargon des ouvriers. C’est un frère qu’on a donné au suif et au savon pris dans le même sens. Attraper un gras du contre-coup en aboulant à la boite, recevoir des réprimandes du contre-maître en arrivant à l’atelier.

Gras

Argent. Latrines. Avoir son gras, être tué.

Gras

Beaucoup. Voilà tout ce qui me revient sur mon mois d’appointements, il n’y a pas gras.

J’ai trouve un porte-monnaie où il y avait gras.

Gras (avoir son)

Être tué. (L. Larchey)

Gras (il y a)

Voir Graisse, Train.

Faire tant d’embarras, Quand dans le gousset y n’i a pas gras.

Metay, Chansons.

Gras (il y a)

Il y a de l’argent.

M. Vervelle présentait un diamant de mille écus à sa chemise. Fougères regarda Magus et dit : — Il y a gras !

(Balzac.)

Gras (il y a)

Il y a beaucoup d’argent.
— Nous pouvons nettoyer le gonce, il y a gras dans sa cambrousse.
C’est de cette expression, gras, qu’est née celle de dégraisseur (le garçon de banque), pour exprimer qu’il enlève le gras (Argot des voleurs). N.

Gras (parler)

Tenir des propos grivois (1808, d’Hautel).

Gras (recevoir un)

Recevoir des reproches, des réprimandes.

Gras double

Plomb (Argot des voleurs). V. Limousinier.

Gras double

Plomb.

Gras-bœuf

La soupe et le bœuf, l’ordinaire de l’École Polytechnique, — dans le jargon des élèves de cette école.

Gras-double

Feuille de plomb (Vidocq). — Allusion à la facilité avec laquelle on la roule. — Gras-doublier : Voleur de plomb. C’est sur les toits qu’il exerce ordinairement. V. Limousineur.

Gras-double

Feuille de plomb, — dans le jargon des voleurs.

Gras-double

Seins aussi vastes que fugitifs, — dans le jargon des voyous.

Gras-double

Plomb en feuille volé sur les toits. Le voleur l’enroule autour de lui.

Gras-double

Plomb.

Gras-double (déjeuner du)

Déjeuner de charcuterie institué le vendredi-saint par les libres-penseurs, ou mieux panseurs, qui regrettent qu’il n’y ait pas de gras-triple, pour mieux protester.

Gras-doublier

Voleur de plomb.

Grashou

Charcutier.

Grasse

Coffre-fort, — dans le jargon des voleurs. Esquinter, estourbir la grasse, forcer un coffre-fort.

Grasse

Coffre-fort.

Grate

s. f. Abréviation de gratification. La journée des typographes, dans les ateliers de Paris, est de dix heures. Quand un ouvrage est pressé, le prote fait quelquefois travailler un ou plusieurs ouvriers en dehors des heures réglementaires ou les jours fériés. Ces heures supplémentaires donnent droit à une gratification que le Tarif fixe à 25 centimes par heure. C’est ce qu’on appelle la grate. Elle a été établie surtout en vue de provoquer le maître imprimeur à occuper le plus possible d’ouvriers. Il a, on le comprend, un moyen facile d’échapper à la gratification : c’est de mettre sur le même ouvrage un nombre d’hommes suffisant pour qu’il ne soit pas nécessaire d’avoir recours aux heures supplémentaires. Tous le feraient assurément, si trop souvent l’espace ne leur manquait.

Grate

Gratification obtenue pour travail supplémentaire, — dans le jargon des typographes.

Grate, gratouille

Gale.

Grater les pavés

Vivre dans la misère.

Gratin

L’ensemble du monde à la mode.

Gratin

Il y a du gratin, il y a de quoi. Il est gratin : il est à la mode. Pour un homme du monde, on dit : C’est un homme du gratin. On traduit dans le peuple : personna grata par personne gratinée, du gratin. Les moutards préfèrent manger le gratin qui s’attache à la casserole, quand la mère prépare la bouillie du petit frère (Argot du peuple). N.

Gratin (du)

Des coups, — dans le jargon du peuple.

Un grand sec, en bras de chemise, ouvre la porte, saute sur l’homme et lui fout un gratin à le tuer.

(La petite Lune, 1879.)

Refiler un gratin, donner une gifle formidable.

Gratis

Crédit, — dans l’argot des marchands de vin. Pour eux, faire crédit, c’est, souvent, donner la marchandise gratis.

Gratou

Rasoir.

Gratouille

La gale (Argot du peuple). V. Charmante.

Gratouille

La gale.

Gratouse

Dentelle.

Gratouse

Dentelle.

Gratouse

Dentelle.

Gratouse

Dentelle, — dans l’ancien argot.

Gratouse

Dentelle.

Gratte

Abus de confiance.

Il y a de la gratte là-dessous.

la Correctionnelle.

Gratte

Gale. — Avoir pincé la gratte, avoir attrapé la gale.

Gratte

Excédant d’une marchandise confiée à un ouvrier à façon, et qu’il croit devoir s’approprier.

Gratte

Bénéfice. Faire danser l’anse du panier, c’est faire de la gratte. Lorsqu’un patron donne à un ouvrier la matière première pour confectionner douze objets, et que l’ouvrier en tire quatorze, s’il garde le surplus, il fait de la gratte. Aucun ne se doute que cela constitue un vol.

Gratte (en faire)

Chiper sa patronne en majorant les achats (Argot du peuple). V. Gratter.

Gratte (faire de la)

Bénéfice malhonnête.

Gratte (la)

La gale.

Gratte-couenne

Perruquier.

Gratte-couenne

Barbier. — Mot à mot : gratte-peau.

Gratte-couenne

Barbier.

Gratte-cul

Femme qui n’est plus bonne au service amoureux.

Dans c’ siècle-ci, plus d’un mauvais sujet
Change en gratte-cul la rose la plus belle.

E. Debraux.

Gratte-cul

Vieille femme repoussante, laide à faire peur.
— Elle est laide comme un cul gratté à deux mains (Argot du peuple).

Gratte-papier

Fourrier. — Allusion à ses fonctions de scribe. V. Rogneur.

Gratte-papier

Fourrier.

Gratte-papier

Employé aux écritures (Argot du peuple). V. Chieur d’encre.

Gratte-poux

Coiffeur.

Gratter

Raser.

Gratter

Voler.

Au diable la gloire ! il n’y a plus rien à gratter.

M. Saint-Hilaire.

Gratter

Arrêter (Vidocq). V. Raclette.

Gratter

Arrêter, — dans l’ancien argot. — Garder l’excédant d’une marchandise confiée pour un travail à façon. — Chiper, retirer un profit illicite. — Il n’y a rien a gratter dans cette baraque, il n’y a pas de bénéfices à faire dans cette maison.

Gratter

Rouer de coups. Gratter le pavé, vivre misérablement.

Gratter

Battre quelqu’un.
— Je vais te gratter.
Gratter : prendre, grapiller sur tout pour grossir son lopin (Argot du peuple).

Gratter

Raser.

J’ai la barbe longue, je vais me faire gratter.

Gratter

Donner des coups à quelqu’un, c’est le gratter.

Gratter

Prendre.

Je lui ai gratté son tabac.

Gratter (se faire)

Se faire raser, se faire battre ; travailler.

Gratter (se)

Ne rien recevoir est se gratter. — « Tu as pris tout le fricot, moi, je me gratte. » On dit aussi : je me tape.

Gratter à la corbeille

Dans le jargon de la Bourse, c’est ne plus pouvoir jouer sur les fonds publics, parce qu’on est dans l’impossibilité de fournir une couverture (provisions) à l’agent de change.

Gratter au foyer

En terme de théâtre, c’est, pour un auteur, attendre le tour de sa pièce ; pour un acteur, c’est attendre un rôle.

Gratter dans la main

Déclaration muette. Sorte de pantomime, qui se joue discrètement dans le monde des filles. — Qu’un homme désire une femme ou… vice-versa, il lui suffit, profitant de la poignée de main d’adieu, de gratter légèrement du médium la paume de la main qu’il presse. Si la réponse a lieu de la même manière, l’affaire est dans le sac, — demande et réponse affranchie.

Gratter la couenne (se faire)

Se faire raser (Argot du peuple).

Gratter les pavés

Vivre dans une grande misère.

Gratter son devant

Se masturber.

Si j’eusse pensé que ma fille eût été si vite en besogne, je lui eusse laissé gratter son devant jusqu’à l’âge de vingt-quatre ans.

(Les Caquets de l’accouchée.)

Grattoir

Rasoir (Vidocq). — Il gratte l’épiderme. — Grattouse : Dentelle. — Elle gratte aussi légèrement la peau.

Grattoir

Rasoir, — Passer au grattoir, se faire raser.

Grattou (un)

Un rasoir.

Grattouse

La gale.

Gravelures

Obscénités dites ou chantées, comme il s’en dit et chante — principalement dans les réunions bourgeoises, chez les gens honnêtes, devant les grands parents et les petites filles.

Si j’ n’ons point d’gravelures,
C’n’est point, sur notre honneur,
Par pudeur.

Collé.

Graveur en cuir

Savetier.

Gravonner

Patiner les testicules de l’homme pendant qu’il baise.

Afin que la femme pût lui toucher, mettre la main dessus, gravonner pendant le temps de la conjonction.

Mililot.

Grebige ou Grehiche

s. f. Cette expression, usitée seulement dans quelques ateliers, au Moniteur universel, par exemple, désigne la ligne de pied qui contient le nom d’imprimerie suivi ou précédé d’un numéro d’ordre ; c’est sans doute le nom même de celui qui fit cette petite innovation. Ex. : PARIS, IMP. LAROUSSE. — 1872.

Grec

Tricheur. — Dans le jargon des cochers de fiacre, un grec est un bourgeois, un voyageur qui manque de générosité ou qui ne donne pas de pourboire. Il floue le cocher.

Grec

Tricheur au jeu.

Grèce (la)

Classification des tricheurs, art de tricher. — Tomber dans la Grèce, devenir tricheur après avoir été dupe au jeu.

Grécer, Graisser

Tricher. Être grécé, être volé au jeu.

Grecque

La femelle du grec.

Il y a également à Paris beaucoup de grecques qui fréquentent certains tripots clandestins.

(L. Paillet.)

Grecque (vol à la)

Il consiste à offrir un gros bénéfice pour change de monnaie, de l’or contre de l’argent, par exemple. Au cours de l’opération, on substitue du plomb au rouleau d’or.

Grecs

Individus qui ne vivent que d’escroqueries aux jeux de cartes, soit dans les cercles soit aux villes d’eaux.

Greffer

Manquer de nourriture.

Greffer

Souffrir de la faim.

Greffer

Souffrir de la faim.

Greffer

Attendre (Argot des voleurs).

Greffer

Jeûner faute d’argent.

Greffer

Ne pas manger.

Greffer un tendron

Prendre une jeune fille pour un arbre, la grimper et lui faire un enfant.

Lorsque la charmille pousse,
D’une main légère et douce
Je lui donne une façon
Souvent je plante et je sème,
Mais, mon plaisir est extrême,
Lorsque je greffe un tendron.

(Vieille chanson anonyme.)

Greffier

Chat.

Greffier

Chat.

Greffier

Chat (Argot du peuple).

Greffier

Chat.

Greffier

Chat.

Greffier, Griffard

Chat, — dans le jargon des voleurs.

Greffier, griffard

Chat.

Greffier, griffon

Chat. — Mot à mot : qui griffe.

Greffiers (les)

Les fantassins, — par allusion à la cartouchière comparée à la sacoche en cuir que portaient autrefois tous les hommes de justice et de plume et qui renfermait ce qu’il faut pour écrire.

Greffir

Dérober finement.

Greffir

Dérober finement.

Greffir

Dérober finement.

Greffir, Griffer

Dérober adroitement, comme fait le chat.

Grêle

Tapage (Bailly) — Allusion au bruit de la grêle.

Grêle

Marques de petite vérole. — Ne s’être pas fait assurer contre la grêle, être marqué de la petite vérole.

Grêle

Patron, dans l’argot des tailleurs.

Grêle

Patron. Il tombe souvent sur le dos des ouvriers comme la grêle sur les vignes.
— Attention, gare la grêle.
Signal pour prévenir les camarades (Argot du peuple). N.

Grêle (de la)

Du tapage.

Grêle, Grelesse

Patron, patronne d’une petite maison de tailleur, — dans le jargon des tailleurs. — Grelasson, patron d’une maison de dernier ordre.

Grelot

Langue bien affilée. — Beau parleur dans les réunions publiques.

Grelot

La voix (Argot du peuple). V. Affaler son grelot.

Grelot

La parole. Celui qui parle beaucoup a le grelot bien attaché. On dit aussi : Il fait claquer son fouet.

Grelot (faire péter son)

Parler. Autrefois, c’était « faire péter la goule » (la gueule).

Car avant que le jour s’écoule
Nous en ferons péler la goule
Peut-être à monsieur l’avocat.

(Poisson, Zig-Zag.)

Grelot (mettre une sourdine à son)

Se taire.

Greluchon

Homme qui tient le milieu entre l’amant de cœur et le monsieur, entre celui qui paie et celui qui est payé.

Greluchon

Jeune niais, oisif ne s’occupant que de toilette et de plaisirs (1855).

Ces créatures attirent nécessairement une nuée de jeunes lions, de greluchons aimables, etc.

(Paris-Faublas.)

Autrefois greluchon avait le sens de souteneur, jeune souteneur.

Greluchonner

Synonyme de Paillassonner. Appliqué à un homme, signifierait : faire le greluchon. — Ce verbe s’applique plus logiquement à une femme galante, qui, lorsqu’elle ne travaille pas avec le miché sérieux, s’amuse avec un ami : elle greluchonne.

Greluchonner

Faire le métier de greluchon.

Grenadier

Pou. V. Négresse.

Grenadier

Pou de forte taille.

Grenadier

Pou.

Grenadier

Pou énorme. Allusion à l’expression populaire qui dit d’un enfant pouilleux : il a une rude garnison. Grenadier : pou d’élite. (Argot du peuple).

Grenadier

Pou.

Grenadier (tirer au)

Découcher.

Grenadiers (tirer aux)

Voir tirer.

Grenafe

Grange. Les mendiants qui voyagent couchent dans les grenafes. Cela vient de ce que la grange abrite les grenailles (Argot des voleurs).

Grenafe

Grange.

Grenasse

Grange.

Grenasse

Grange.

Grenasse

Grange.

Grenasse

Grenier. — Grenu : Blé. — Grenuche : Avoine. — Grenuse : Farine (Vidocq). — Tous ces mots dérivent de grain, comme les mots usuels de grenier, grenaille, etc. Le choix des désinences est remarquable par une sorte d’harmonie imitative. Grenuche indique bien les petites aspérités de l’avoine, et grenuse fait sentir la douceur de la farine.

Grenasse

Grange, — dans l’ancien argot.

Grenier à coups de sabre

Fille à soldats.

Grenier à lentilles

Visage marqué de petite vérole.

Grenouillard

Grand amateur de bains froids.

A Paris, durant tout l’été, le grenouillard se voit dans les écoles de natation.

(Ph. Audebrand.)

Grenouille

Caisse, trésor.

Il tenait la grenouille.

Vidal, 1833.

Grenouille

Femme stupide et bavarde, — dans le jargon du peuple.

Des propres à rien Qui ne savent faire que courir la grenouille.

(Le Sans-Culotte, 1879.)

Grenouille

Somme d’argent d’une certaine importance. — Manger la grenouille, dépenser l’argent confié, soustraire un dépôt d’argent. On a tant mangé de grenouilles, il y a tant eu de mangeurs de grenouilles depuis une vingtaine d’années, que l’expression, toute militaire, d’abord, s’est généralisée. Elle s’applique à tous ceux qui s’approprient un dépôt, et principalement aux caissiers infidèles.

Grenouille

La caisse. Prostituée vulgaire, coureuse de bals publics. Grenouillage, vol de caissier. Manger la grenouille, voler la caisse.

Grenouille

Femme de rien (Argot du peuple).

Grenouille

Femme.

Grenouille (manger la)

Enlever la fin. caisse ; dissiper l’argent qui vous est confié.

Grenouiller

Boire beaucoup d’eau.

Grenouiller

Boire de l’eau.

Grenouiller

Boire de l’eau.

Grenouillère

Bains froids dans l’île de Croissy. La Grenouillère a été très fréquentée par les grandes pécheresses qui y allaient laver leurs péchés.

Grenouse

De l’avoine.

Grenu

Blé.

Grenu

Blé.

Grenu

Blé.

Grenu

Blé. — Grenuche, avoine. — Grenue farine, — dans le jargon des voleurs.

Grenuche

Avoine.

Grenuche

Avoine.

Grenuche

Avoine.

Grenuche

Avoine.

Grenue

Farine.

Grenue

Farine.

Grenue

Farine.

Grès

Cheval, — dans l’ancien argot.

Grès

Cheval.

Gressier

Synonyme de greffier.

Grève (prendre un ouvrier à la)

Prendre le premier venu.

Grézillon

Prise de tabac. (A. Belot.) Les synonymes sont : nasée, muffetée.

Griaches

Baquet aux excréments, — dans le jargon des prisons. (Hist. des prisons, 1797.)

Griaches

La tinette, dans les prisons.

Griaches

Seaux qui étaient dans les cellules des prisonniers et dans lesquels ils faisaient leurs ordures. Ce terme était employé dans les prisons vers 1790 ; on le trouve dans un rapport sur la Conciergerie, adressé au roi, qui voulait détruire l’horrible infection qui empoisonnait les malheureux (Argot des prisons).

Grib’loge

Individu qui se plaint lorsqu’il est battu (Argot des voleurs).

Gribier

Soldat.

Grie, gris

Froid. Vent.

Griffard

Chat.

Griffard

Chat.

Griffarde

Plume.

Griffarde, Griffonnante

Plume à écrire, — dans le jargon des voleurs.

Griffarder

Écrire.

Griffe

Plume.

Griffer

Prendre.

Griffer

Prendre.

Griffer

Voler. Prendre. Saisir.

Griffeton

Soldat ; pour griveton, — dans le jargon des voyous.

Griffeton, grivier

Soldat.

Griffleur

Brigadier de prison.

Griffon

Chat.

Griffonner

Jurer.

Griffonner

Jurer, — dans l’ancien argot.

Griffonneur

Jureur.

Grighou

Juge, — dans le jargon des voleurs. La physionomie du juge n’a rien d’aimable pour ces messieurs.

Grigne

Grimace. C’est un dérivé de grigner. On dit qu’un chien grigne, quand les dents de la mâchoire inférieure font saillie.

Gril

Premier plancher général au-dessus de la scène, après les corridors du cintre. Son nom vient de ce qu’il est fait effectivement comme un gril. (A. Bouchard.)

Grillade

Infidélité conjugale, — dans le jargon des ouvriers.

Grillante (une)

Cigarette de tabac.

Grillé

Une affaire est grillée quand on n’en peut plus rien tirer. Un agent est grillé quand il est démasqué par ceux qu’il est chaîné de poursuivre (Argot des voleurs). V. Brûlé.

Grillé

Voir brûlé.

Grillé (être)

Être en prison. Allusion à la grille de la prison. Jadis on disait d’une femme qui prenait le voile : Elle a épousé la grille.

Vous souhaitez qu’elle épouse une grille.

(Hauteroche, Crispin musicien.)

Grillé (être)

Être devancé par un autre.

Grille (jeter de la)

Arrêter un individu au nom de la loi.
— Il n’y a pas de grille (il n’y a pas de danger) (Argot du peuple).

Griller

Faire une infidélité conjugale. — C’est moi qui ai grillé la bourgeoise hier soir.

Griller

Fumer. Dénoncer.

Griller une (en)

Fumer une cigarette.

Passe-moi du tabac que j’en grille une.

Lem. de Neuville.

Griller une (en)

Fumer une pipe. — Griller une sèche, fumer une cigarette.

Grilleuse de blanc

Repasseuse.

Grilleuse de blanc

Repasseuse.

Grilleuses de blanc

Les repasseuses sont souvent distraites par les passants qui admirent leurs bras blancs ; alors, si le fer est trop chaud, tant pis pour la chemise elle est grillée (Argot du peuple).

Grillou

Un étameur.

Grime

Arrêté, ou qui a la figure noircie.

Grimé

Arrêté.

Grimer (se)

Se griser ; avec changement d’une lettre.

Grimoire mouchique

Code pénal. — Dossier judiciaire.

Grimoire mouchique

Code pénal. Dossier judiciaire.

Grimpant

Pantalon.

Mon grimpant se détraque et mes bottes sont blettes.

(Huysmans, Marthe.)

Grimpant

Pantalon.

Grimpant

Pantalon (Argot du peuple). V. Falzar.

Grimpant

Pantalon.

Grimpant

Pantalon.

Grimpart (le)

L’escalier.

Grimper

Baiser une femme, monter sur la cavale qui doit conduire au bonheur.

Neptune au fond des eaux y grimpe
Nymphes, sirènes et tritons.

Piron.

Tu t’es laissé grimper avaat que… j’t’aie donné tes gants.

Lemercier de Neuville.

Les uns vont au bordel. Les autres
Grimpent les femmes des voisins,
Et de Priape heureux apôtres,
Vendagent les divins raisins.

(Parnasse satyrique.)

Grinchage

Vol, friponnerie ; pour grinchissage.

Un journal racontait hier que T’Kindt était, du reste, un vrai artiste en matière de grinchage, appliqué au high-life.

(Pierre Yéron, Evénement du 9 novembre 1878.)

Grinchage, grinchissage

Vol.

Grinche

Petit voleur.

Grinche

Voleur, escroc.

Grinche

Filou. C’est le terme générique des voleurs adroits.

Grinche

Voleur. Grinchir, voler. La grinche, le monde des voleurs.

Grinche

Voler (Argot des voleurs).

Grinche

Voleur. Une femme est une grincheuse ; c’est aussi une grincheuse lorsqu’elle a mauvais caractère.

Grinche

Voleur.

Grinche de la haute pègre

Voleur de distinction.

Grinche, chisseur

Voleur.

Après avoir choisi l’écrin, Le grinche paie le joaillier.

Paillet.

Grinche, grinchisseur

Voleur.

Grincher

Voler.

Grincher

Voler.

Grincher, Grinchir

Voler. — Grinchir au prix courant, voler à l’étalage. Les variantes sont : Grinchir en plein trèpe, piocher dans le tas.

Grincheur

Petit filou, apprenti voleur.

Grinchir

Voler, prendre.

Grinchir

Voler à l’étalage.

Grinchir

Voler (Vidocq). V. Turbinement, Plan, Douille, Affranchir. — Grinchissage, Vol. V. Parrain.

Grinchire

Voler.

Grinchissage

Filouterie. — Art de filouter ; métier du voleur, pratique du vol. — Maronner un grinchissage, manquer un vol. (Colombey.)

Grinchisseur

Voleur (Argot des voleurs).

Grinchisseuse à la mitaine

Voler avec les pieds. La voleuse laisse tomber un objet qu’elle cache prestement dans son soulier sans empeigne (Argot des voleurs).

Gringal

Pain.

Gringale

Pain (Argot des voleurs). V. Bricheton.

Gringalet

Individu chétif.

Gringalet

Mièvre, malingre, enfant pas réussi (Argot du peuple). V. Avorton.

Gringue

Pain, — dans le jargon des ouvriers.

Gringue

Pain.

Gringue

Pain.

Grinte

Figure désagréable. — Italianisme : de grinta, ride.

Gripis

Meunier.

Gripis

Meunier.

Gripis

Meunier.

Grippard

(et non Griffard) Chat (Argot du peuple). V. Greffier.

Grippard

Chat.

Grippard (?)

Si vous dites à un ami qui n’est pas poli : « Les gens mal élevés sont ceux de Tarascon », c’est une façon moins grossière que de l’appeler du qualificatif que l’on entend journellement dans les rues et qui est synonyme de grippard.

Grippe-jésus

Gendarmes. — Le jésus n’est ici qu’un homme garrotté comme le Christ, lorsqu’il fut conduit devant Pilate.

Grippe-Jésus

Gendarme. — Mot à mot : celui qui prend un innocent. À l’entendre, le malfaiteur est toujours une victime, un petit saint, un petit Jésus.

Grippe-Jésus

Gendarme.

Grippe-saucisses

Apprenti qui va chercher le déjeuner des ouvriers et qui en chemin égratigne un petit morceau de chaque saucisse (Argot du peuple). N.

Grippe-sous

Avare qui pousse sa passion jusqu’à se relover la nuit pour mettre un bouchon dans la douille de son soufflet pour en économiser le vent (Argot du peuple). N.

Grippette

Plus jeune que grippard.

Gris

Vent froid (Bailly). — Mot de la langue romane. V. Roquefort. — La bise est la sœur du gris. On dit encore souvent : un froid noir.

Gris (du)

Étain.

Gris (le)

Le vent, le froid.

Gris (le)

Vent, froid.

Gris (le)

Le vent, le froid.

Gris (le)

Le vent, — dans le jargon des voleurs.

Gris comme un cordelier

Saoul à n’en plus pouvoir, incapable de retrouver sa maison et être obligé de s’asseoir sur une borne pour attendre qu’elle passe. Gris, allusion à la couleur de la robe de ces religieux (Argot du peuple).

Gris d’officier

Légère ivresse. (Dr Danet, Moniteur universel, 10 août 1868.)

Gris, Grise

Cher, chère, aimable.

Gris, grise

Cher, chère. Aimable.

Grisaille

Sœur de charité.

Grisaille

Sœur de charité (Argot des voleurs). V. Pampine.

Grisaille, la Grise

Sœur grise, sœur de charité ; par allusion à la couleur de la robe.

Grise

Patrouille, soldat. Avant l’annexion des barrières de Paris, vers 1860, il y avait, à presque toutes les portes, un poste de militaires, même un place de la Bastille, ou se trouve actuellement le bureau des tramways de Charenton. Celui qui voulait du secours criait à la garde, et un caporal venait avec quatre hommes : c’était la grise.

Grises (en faire voir de)

Se jouer de quelqu’un, lui faire voir des choses qu’il ne peut démêler.

Ma tante Aurélie qui disait l’autre jour à maman qu’elle t’en ferait voir des grises…

Gavarni.

Grisette

Jeune fille, ouvrière plumassière, fleuriste, modiste ou polisseuse qui fit la joie de nos pères et le désespoir des leurs. Depuis qu’elle a passé les ponts, ce n’est plus qu’une vulgaire cocotte.

Type charmant, grisette sémilliante,
Au frais minois, sous un piquant bonnet
Où donc es-tu, genlille étudiante
Reine sans fard de nos bals sans apprêts.

Ainsi s’exprime la chanson en vogue autrefois au quartier latin (Argot du peuple).

Grispin

Meunier.

Grispis

Meunier. — Du vieux mot griper : prendre. — Les meuniers ont souvent passé pour des accapareurs.

Grive

Troupe, soldats, police.

Grive

La garde, la guerre.

Grive

Garde, patrouille (Bailly). — Grivier : Soldat. — Dans le vieil argot, grive signifiait armée comme on le voit ici.

Les drilles ou les narquois, en revenant de la grive, en trimardant, quelquefois basourdissent les ornies.

Vidocq.

Grive est donné par Roquefort comme synonyme de méchante, fâcheuse (on dit encore Griève). — Mot à mot, un grivier est donc pour les voleurs un vrai fâcheux. V. Cigogne.

Grive

Guerre. — Patrouille. — Garde républicaine.

Grive

La garde. La guerre. Cribler à la grive, crier à la garde.

Grive (la)

La guerre.

Grive (la)

Guerre.

Grivier

Soldat.

Grivier

Soldat.

Grivier

Soldat municipal.

Grivier

Soldat.

Grivier

Soldat. — Grivier de gaffe, sentinelle, soldat en faction.

Grivier

Soldat de la ligne (Argot du peuple). V. Lignard.

Grivier

Soldat d’infanterie.

Grivier de parquois

Soldat déserteur.

Grivière

Soldat.

Grivois

Libertin en paroles ou en actions ; peloteur et, conséquemment, fouteur.

Mon grivois ne voit pas plus tôt un couillon mettre un pied dans sa chambre que, s’élançant par la ligne droite et franchissant la table, il me joint, me saisit avant que j’aie le temps d’ouvrir la bouche.

A. de Nerciat.

Grofin

Chiffonnier.

Grognard

« Le grognard d’aujourd’hui et le vieux grognard d’autrefois, ce vieux de la vieille, comme on dit encore en parlant des nestors de la garde impériale. » — M. Saint-Hilaire. — Allusion à l’humeur grognonne des vétérans.

Grognard (vieux)

Vieux soldat.

Grogou

Signifiait autrefois : lépreux, vieux grec. — Aujourd’hui, ce mot veut, dire : époux vieux, laid, avare et jaloux : — Othello et Bartholo réunis.

Il était un femme,
Femme d’un vieux grigou,
Toujours fermant porte et verrou.
Quand il allait en ville,
Pour plus de sureté,
Il emportait la clé.

(Vieille chanson anonyme.)

Grondin

Porc, — dans le jargon des voleurs.

Groom

Petit valet.

Savez-vous ce que c’est qu’un petit groom ? Eh bien ! c’est un petit bas des reins qu’est pas plus haut que ma botte, et qui trotte comme une ablette.

Festeau.

Gros (le)

Le point de neuf au jeu de baccarat, — dans le jargon des joueurs.

Gros (mon)

Nom d’amitié qu’une femme mal élevée donne à son amant. C’est-à-dire mon gros chéri.

Gros frère

Cuirassier.

Gros joufflu

Le second visage d’une personne chargée d’embonpoint.

Gros légume

Officier supérieur.

Gros lolo

Cuirassier, carabinier.

Gros lot

Syphilis.

Gros lot (avoir, donner ou gagner le)

Avoir, donner la vérole, — le plus gros lot qu’on puisse gagner à la loterie de l’amour.

Gros numéro

Bordel.

Gros numéro

Maison de tolérance.

Gros pointu

Archevêque, — dans le jargon des voleurs.

Gros-cul

Chiffonnier à son aise. Les gros-culs possèdent un âne et une petite voiture pour les besoins de leur industrie. Ils habitent en grande partie le passage Saint-Charles à Levallois.

Groseille de vidangeur

Demi-setier. Le contenu d’un verre de vin rouge de 25 centilitres est une groseille de vidangeur.

Grosse caisse

Prison, — dans le jargon du régiment.

Grosse cavalerie

Égoutiers. — Figurantes de la danse à l’Opéra. — L’élite, le dessus du panier des bagnes, la fleur des scélérats en villégiature à Cayenne. Ainsi nommés parce qu’ils chargent à fond de train sur leurs victimes.

Grosse cavalerie

Les plus grands scélérats.

Grosse culotte

Ouvrier ivrogne et beau parleur. Ouvrier qui pérore chez le marchand de vin.

Grosse culotte

Ivrogne, beau parleur. L. L. Grosse culotte est encore en usage dans les ateliers de forgerons. C’est une expression connue. Chez les compagnons forgerons depuis la création du compagnonnage, on l’applique à l’ouvrier le plus habile de la partie, à celui qui était appelé à tenir les grosses pièces avant l’invention des marteaux pilons. Deux d’entre eux furent célèbres, on s’en souvient, encore dans les ateliers ; ils se nommaient Dany et Pierre Virmaître, dit Bourguignon. Grosse culotte est toujours un terme consacré (Argot des ouvriers). N.

Grosse tôle

Prison, — dans l’argot des marins.

Grosses légumes

Gens millionnaires, magistrats élevés, généraux, etc. Quand, sous la Commune, un voyou demandait à être nommé général, à entrer dans les grosses légumes, il donnait pour raison qu’une de plus ou de moins dans le tas ça ne paraîtrait pas (Argot du peuple). N.

Grosses lèvres

La tinette. Allusion aux rebords (Argot des voleurs). N.

Grotte

Prison (Argot des voleurs). V. Gerbe.

Grouchy (petit)

« Article arrivé en retard à l’imprimerie. » — Balzac. — Allusion à la tradition populaire, mais contestable, qui impute à Grouchy le retard de sa marche sur Waterloo.

Grouiller (se)

Se dépêcher.

Groule, Groulasse

Vaurienne ; petite fille malpropre. Les marchandes à la toilette, les revendeuses, appellent leurs apprenties « des groules ».

Groule, Groulasse

Apprentie, souillon.

Groumer

Ne pas être content. Être fâché, c’est groumer.

Grouper

Arrêter, saisir, — dans le jargon des voleurs. — Se faire grouper, se faire arrêter.

Grue

Fille entretenue, parce que les filles de cette espèce sont souvent plus bêtes que belles — ce qui fait qu’on ne s’explique pas les folies que les gandins font pour elles.

Dans certains théâtres, on voit de jeunes aspirantes qui se font des yeux jusqu’aux oreilles et des veines d’azur du corset jusqu’aux tempes ; ce ne sont pas des femmes, ce sont des pastels ; cette première catégorie de grues s’appelle les maquillées.

Joachim Duflot.

Grue

« Pour qualifier une fille aux jambes maigres aux gros yeux à fleur de tête, à l’intelligence épaisse, on dit : C’est une grue. » — Scholl. — « Mme Croquoison : Nous sommes tous des grues. » — Le Rapatriage, parade du dix-huitième siècle.

Grue

Femme sotte et prétentieuse. — Dans le dictionnaire de l’Académie, grue est donné dans le sens de niais. — Dans le jargon des comédiens, c’est une demoiselle qui possède de la beauté, de l’argent et ‘des toilettes en quantité suffisante pour obtenir un bout de rôle où elle montre ses épaules, ses diamants et sa bêtise. Elle lève les gentilshommes de l’orchestre, comme la grue lève les fardeaux ; d’où son surnom.

Grue

Bête. Femme entretenue. V. Biche.

Grue

Fille publique, jolie mais bête à manger du foin. De cette allusion est né un mauvais calembourg : Les camelots crient : Demandez l’Indicateur des grues de Paris pour rues (Argot du peuple).

Grue

Fille de bas étage.

Grue

Fille publique.

Grugeur

Parasite. Celui qui vit aux dépens de quelqu’un ou de plusieurs.

Guadeloupe

Bouche, — dans l’argot des barrières. Le mot « guadeloupe » rappelle vaguement le mot « gueule ». Charger pour la Guadeloupe, manger.

Guédouze

La mort, — dans l’ancien argot. — Du celte guenn-du, blanche-noire. (V. Hugo.)

Guelte

Bénéfice accordé à un placier, à un commis en nouveautés sur la vente d’un article.

Carpentier a touché ses deux mille cinq cents balles de guelte

(P. Mahalin.)

Guelter

Réaliser un bénéfice sur une vente, — dans le jargon des employés de commerce.

Guenaud

Sorcier.

Guenaude

Sorcière.

Guenilles (les)

Les testicules de l’homme, que dédaignent les femmes — qui ne peuvent plus s’en servir.

Guenillon

Femme mal habillée. Traîneuse des rues. On dit aussi : vieille guenipe (Argot du peuple).

Guenippe

Femme de mauvaise vie ; guenon.

Mais présentement que l’on grippe,
Et Lise, et toute autre guenippe.

(La France Galante.)

Sus donc, gentilles guenippes,
Prenez vos plus belles nippes,
Sans vos attiffets laisser…
Et vous faites enchâsser.

Le Sr De Sygognes.

Guenon

Femme de mauvaise vie, qui sa trousse et écarte les jambes au profit du premier orang-outang venu.

Le temps où les femmes m’allumaient si facilement que la première guenon venue qui me mettait la main dessus me f’sait faire bâton pendant quinze jours.

Lemercier de Neuville.

Guenon

Femme du patron, — dans le jargon des ouvriers quand ils ne l’appellent pas« la singesse ».

Guenuche

Variété de guenon.

Elle est sèche comme une criche,
Mal faite comme une guenuche,
Éloquente comme un Gascon, etc.

(Cabinet satyrique.)

Guérite à calotins

Confessionnal, — dans le jargon du peuple. Elle est toujours fourrée dans les guérites à calotins. — Moi, j’y ficherais des calottes à ta place.

Guêtres (tirer ses)

Détaler.

Cadet, tire au loin tes guêtres, au lieu de m’approcher.

Cabassol.

Fuyons, tirons nos guêtres.

Le Rapatriage.

Guette (bonne)

Bonne garde, en parlant d’un chien. Cabot rup pour la guette, bon chien de garde.

Guette au trou

Sage-femme (Argot du peuple).

Guette-au-trou

Sage-femme.

Gueulard

Bissac.

Gueulard

Bissac.

Gueulard

Un sac.

Gueulard

Braillard. — Gueulard : Gourmand.

La gourmandise a aussi une place d’honneur dans le cœur de l’écolier ; mais comme c’est un vice réclamé par les moutards, la honte de paraître gueulard comme eux en arrête la manifestation.

H. Rolland.

Gueulardise : Friandise. — Gueulard : poêle (Vidocq). V. Goulu. — Gueulard : Sac (id.). — Du vieux mot gueulle : gibecière, bourse (Roquefort). — Ce dernier sens confirme encore ce que nous avançons pour chanter. V. ce mot. L’homme qui chante ouvre sa gueule.

Gueulard

Poêle. — Bissac.

Gueulard

Poêle. Bissac. Poche.

Gueulard, de

Bissac, poche.

Gueularde

Poche, — dans le jargon des voleurs. La poche est la gueule, la bouche du paletot.

Gueule

Bouche.

Il faudrait avoir une gueule de fer-blanc pour prononcer ce mot.

P. Borel, 1833.

Gueule fine : Palais délicat.

Un régime diététique tellement en horreur avec sa gueule fine.

Balzac.

Fort en gueule : Insulteur. — Sur sa gueule : Friand.

L’on est beaucoup sur sa gueule.

Ricard.

Faire sa gueule : Faire le dédaigneux. — Casser, crever la gueule : Frapper à la tête.

Tu me fais aller, je te vas crever la gueule.

Alph. Karr.

Gueuler : Crier.

Leurs femmes laborieuses, De vieux chapeaux fières crieuses, En gueulant arpentent Paris.

Vadé, 1788.

Gueule

Bouche. — Fine gueule, gourmet. — Porté sur la gueule, amateur de bonne chère. — Fort, forte en gueule, celui, celle qui crie des injures. — Gueule de travers, mauvais visage, mine allongée. — Gueule de raie, visage affreux. — Gueule d’empeigne, palais habitué aux liqueurs fortes et aux mets épicés ; laideur repoussante, bouche de travers, dans le jargon des dames de la halle au XVIIIe siècle, qui, pour donner plus de brio à l’image, ajoutaient : garnie de clous de girofle enchâssés dans du pain d’épice. — Gueule de bois, ivresse. — Roulement de la gueule, signal du repas, — dans le jargon du troupier. — Taire sa gueule, se taire. — Faire sa gueule, être de mauvaise humeur, bouder. Se chiquer la gueule, se battre à coups de poing sur le visage. — Crever la gueule à quelqu’un, lui mettre le visage en sang. — La gueule lui en pète, il a la bouche en feu pour avoir mangé trop épicé.

Gueule d’empeigne

Palais habitué aux liqueurs fortes. L. L. Dans tous les ateliers de de France, gueule d’empeigne signifie bavard intarissable qui a le verbe haut, qui gueule constamment. C’est un sobriquet généralement donné aux Parisiens qui font partie du compagnonnage (Argot du peuple). K.

Gueule d’empeigne

Celui qui parle beaucoup et qui a la repartie facile a une gueule d’empeigne. On dit aussi de celui qui mange sa soupe bouillante ou qui avale des liqueurs fortes sans sourciller, qu’il a une gueule d’empeigne.

Gueule de bois

Malaise spécial des lendemains d’ivresse. Va de pair avec le mal aux cheveux.

Gueule de bois

Malaise à la suite d’excès de boisson.

Gueule en coup de sabre

Bouche fendue jusqu’aux oreilles.
— Il peut manger la soupe avec une cuiller à pot (Argot du peuple).

Gueule en cul de poule

Individu mâle ou femelle qui en faisant la moue serre les lèvres (Argot du peuple).

Gueulent (les soupapes)

Terme des ouvriers du fer, des mécaniciens, lorsqu’ils veulent dire que la vapeur s’échappe par les soupapes. Au figuré, c’est lorsqu’un ivrogne donne congé aux flots de liquide qu’il a absorbés.

Gueuleton

Repas plantureux, dont on a plein la gueule. — Gueuletonner : Faire un gueuleton.

Je ne vous parle pas des bons gueuletons qu’elle se permet, car elle n’est pas grasse à lécher les murs.

Vidal, 1833.

Chacun d’eux suivi de sa femme, À l’Image de Notre-Dame, firent un ample gueuleton.

Vadé, 1788.

Gueuleton

Dîner fin, dîner de fines gueules.

De temps en temps, je me donne la fantaisie d’un petit gueuleton.

(Cogniard frères, La Chatte blanche.)

Gueuleton à chier partout, dîner succulent et copieux.

Gueuleton

Bon repas.

Gueusard

Petit gueux, amicalement parlant.

Appelle-moi gueusard, scélérat, lui dis-je.

Amours de Mathieu, chanson, 1832.

Et vous flânez souvent, gueusard

E. Sue.

Pris aussi en mauvaise part :

Les gueusards ! ils n’ont pas seulement le courage de faire leurs mauvais coups.

E. Sue.

Gueusard

Rideau (Argot des voleurs). N.

Gueusards

Seins.

Gueuse

Femme de mœurs beaucoup trop légères, qui n’est pas la femelle du gueux, — au contraire.

Quand d’un air tout de franchise
Une gueuse m’aborda

Piron.

Gueuse

Fille publique, maîtresse qui vous trompe avec tous vos amis et même avec vos ennemis.

Monsieur est encore ennuyé à cause de sa gueuse.

(G. Lafosse.)

Courir la gueuse, courir les filles.

Gueuse

Fille publique. Drôlesse sans cœur.

Gueuse

Voir chatte.

Gueux

« Que j’en ai gagné de c’te gueuse d’argent ! » — H. Monnier. — Pris en bonne part.

Gueux

« Les dames des halles se servent toutes de chaufferettes et de ces horribles petits pots en grès qu’on nomme des gueux. Elles les posent sur leurs genoux pour se réchauffer les doigts. » — Privat d’Anglemont.

Gueux

Chaufferette en grès ; la chaufferette des pauvres femmes.

Gueux

Coquin. Malheureux. Le froid.

Gueux

Misérable (Argot du peuple). Tout le monde connaît la chanson de Béranger :

Les gueux, les gueux
Sont des gens heureux,
Ils s’aident entre eux,
Vivent les gueux !

Gueux

Coquin, canaille, gredin.
— Vous êtes un gueux d’avoir commis une aussi mauvaise action (Argot du peuple).

Gueux

Petit vase en argile qui sert de chaufferette aux portières ou aux marchandes des halles. C’est la chaufferette primitive. Le gueux a donné naissance à une plaisanterie assez drôle. À la foire de Saint-Romain, qui a lieu à Rouen tous les ans le ler novembre, une marchande, pour utiliser son feu, fait cuire des harengs ; elle a son gueux sous ses jupons, un gamin lui crie :
— Hé ? la mère, tes harengs vont brûler.
— A pas peur, petit, j’ai l’œil dessus (Argot du peuple).

Gueux (le)

Le froid, — dans le jargon du peuple. Le gueux pince dur ; le gueux pince comme un crabe.

Guibe, guibolle, guiche

Jambe.

Guibe, Guibon, Guibolle

Jambe. — Guibe de satou, jambe de bois. — Guibe à la manque, boiteux. — Jouer des guibolles, décamper.

Guibes (les)

Les jambes.

Guibolle, guibbe

« Guibolles, c’est ce que vous nommez jambettes, petites jambes. » — Mélesville. — Du vieux mot guiber : se débattre des pieds.

Guibolles

Jambes.

Guibolles

Jambes (Argot du peuple). V. Brancards.

Guibolles

Jambes.

Guibolles

Jambes.

Guibolles italiques

Jambes tordues. Se dit des jambes d’un bancal, — dans le jargon des typographes. Le caractère dit italique est un caractère penché, d’où guibolles italiques pour désigner des jambes qui ne sont pas droites.

Guibons

Jambes.

Guibons

Jambes.

Guibons de satou

Jambes de bois.

Guibons de satou

Jambes de bois.

Guibons de satou

Jambes de bois.

Guibons ou guibes

Jambes.

Guiche

Souteneur. Bal.

Guichemar

Guichetier (Vidocq). V. Mar.

Guichemard

Guichetier. Et les variantes inévitables : Guichemuche, guichemince et guichemincemar, et guichemincemuche.

Guiches

Cheveux, — dans le jargon des voleurs, et principalement cheveux collés sur les tempes. — De là le surnom de « mecs de la guiche » ou simplement de « guiches » donné aux souteneurs. — « Ohé ! la guiche ! tu fais rien tongirond ! T’as passé aux épinards ? Ohé, le souteneur ! tu fais bien des embarras ! tu as reçu de l’argent de ta maîtresse ? » — Trifouiller les guiches, peigner.

Guiches

Cheveux. Accroche-cœurs.

Guiches

Les cheveux que les souteneurs ramènent sur les tempes. On dit aussi roufflaquettes (Argot du peuple).

Guiches

Mèches de cheveux ramenées en pointes ou en crocs sur les tempes. Dans le temps, on disait des accroche-cœurs ; il n’y avait guère que les souteneurs ou rôdeurs de bals de barrière qui se coiffaient de la sorte.

Guiches

Accroche-cœurs.

Guignard

Voué au guignon, au malheur.

Et semblait, entre les deux tableaux d’une taille, choisir toujours le plus guignard.

(Vast-Ricouard, Le Tripot.)

Guigne

Guignon. — Guignasse, guignonénorme. — Guignolant, guignolante, désespérant, désespérante.

Guigne

Avoir la guigne est ne pas avoir de réussite. Il est né sous une mauvaise étoile, il a une guigne insensée : tout ce qu’il entreprend ne lui réussit pas.

Guigne à gauche

Borgne.

Guigne à gauche

Se dit d’une personne qui louche. Dans le peuple, on dit de celui qui est affligé d’une semblable infirmité, qu’il trempe la soupe et renverse les légumes dans les cendres, ou bien qu’il regarde en Bourgogne si la Champagne brûle (Argot du peuple). N.

Guigne à gauche

Celui qui louche.

Guigner

Regarder.

Guigner les vits

Porter souvent des regards à l’endroit du pantalon où se trahit le mieux le sexe de l’homme et par lequel on sait ainsi ce qu’il pense — des femmes présentes.

J’ai des cheveux roux comme des carottes,
Des yeux de faunesse, émerillonés,
Qui guignent les vits au fond des culottes
Et des pantalons les mieux boutonnés.

Anonyme.

Guignes

Les testicules — à cause de leur forme.

Ma cousine… empoigne-le bien fort… Tu sais si bien frotter, frotte-moi de l’autre main mes guignes.

Guignolant

Malheureux.

Ce n’est t’y pas guignolant, Rien qu’en balais Je me ruine en frais.

Ch. Voizo, Chanson.

Vient de Guignon.

Guigui

Le membre viril.

Ah ! petit coquin ! tu t’en vas… tu me quittes… ta pauvre guigui n’a ni force ni vertu.

La Popelinière.

Guiguitte

Priape enfant.

Guilledou

Vieux mot hors d’usage signifiant un mauvais lieu.

Je suis bien fait, car j’ai des cornes,
Puisque tu cours le guilledou.

La Fontaine.

Car Pallas, bien que la déesse
Du bons sens et de la sagesse,
Courait partout le guilledou.

Chapelle.

Guimbard

Voiture cellulaire ; synonyme de panier à salade.

Guimbarde

Vieille voiture, grosse voiture a quatre roues.

Monsieur, pourquoi votre guimbarde n’est-elle pas prête ?

Cormon.

Guimbarde

Voix, parole, — dans le jargon des halles. — Couper la guimbarde, imposer silence.

Mon gesse et surtout mon n’harangue
Coupent la guimbarde aux plus forts.

(L. Festeau, Le Tapageur.)

Guimbarde

Horloge, — dans le jargon des voyous.

Au moment juste où douze plombes se sont décrochées à la guimbarde de la tôle.

(Le Père Duchéne, 1879.)

Guimbarde

Porte, — dans le jargon des ouvriers. — Bousculer la guimbarde, faire claquer la porte.

Guimbarde

Porte. Guitare.

Guimbarde

Mauvaise ou vieille voiture.

Guimbarde

Fiacre.

Guinal

Juif.

Guinal

Juif (Vidocq). — Mot à mot : circoncis. — Guinaliser : Circoncir. — Du latin inguen, inguinis : partie située entre les deux aines. — Allusion à l’opération de la circoncision.

Guinal

Juif. Usurier. Le Grand-Guinal, le Mont-de-piété.

Guinal

Juif (Argot des voleurs). V. Bout coupé.

Guinal

Juif. On dit plutôt le mot hébreu yite, ou alors youtre.

Guinal

Juif.

Guinal, Guignal

Juif ; usurier. — Le grand guinal, le Mont-de-Piété. — Les chiffonniers appellent guinal, guignal, le marchand de chiffons en gros ou encore ogre, Abraham, Jouarez.

Guinaliser, Guignaliser

Faire l’usure. — Acheter à vil prix, — dans le jargon des chiffonniers. — Dans l’ancien argot guinaliser, avait le sens de circoncire.

Guinche

Barrière.

Guinche

Bal public, — Cabaret mal famé, — dans le jargon des voyous.

A la porte de cette guinehe, un municipal se dressait sur ses ergots de cuir.

(Huysmans, Les Sœurs Vatard.)

Guinche est une altération de guinguette. Le mot n’est pas moderne, mais il est très usité depuis quelque temps.

Guinche

Bal public mal famé. Guincher, danser.

Guinche

Bal de barrière (Argot du peuple).

Guinche

Bal.

Guincher

Danser dans un bal public. Guinche, guincharde, danseuse de bals publics.

Guincher

(et non Guinguer) Danser, fréquenter la guinche (Argot du peuple).

Guincher

Danser.

Guincher

Danser.

Guindal

Verre, — dans l’ancien argot.

Guindal

Verre.

Guindal

Verre.

Guitare

Rengaine. — Terme inventé par les Romantiques qui voulurent réagir contre l’école des Troubadours classiques de 1820. Chaque volume de vers était alors précédé du portrait de l’auteur drapé dans un manteau à grand collet et faisant vibrer son luth (guitare classique) au milieu de ruines éclairées par la lune.

On désigne au théâtre sous le nom de guitare une sorte de plainte incessante, revenant comme une mélopée, le son monotone d’une guitare modulant un rhythme triste et sans fin

Duflot.

Guitare

Redite, rabâchage, doléances. — Jouer de la guitare, rabâcher. — Pincer, jouer de la guitare, être en prison.

Guitare

Soufflet dont se servent les plombiers. Allusion de forme (Argot du peuple).

Guitare (avoir une sauterelle dans la)

V. Avoir le cerveau un peu détraqué. V. hanneton.

Guitariste

Rabâcheur ; importun.

Guitoune

Mot arabe qui veut dire la tente. En argot, guitoune signifie maison. « Où vas-tu ? — Je rentre à la guitoune. » Ce mot a certainement été rapporté par les zéphirs.

Gy

Oui, ça va.

Gy, girolle

Oui.

Gy, girolle

Oui.

Gy, girolle

Oui.

Gy, girolle

Oui, bien, très-bien (Vidocq). — Il est à noter qu’autrefois giz voulait dire non. V. Roquefort.





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