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F

F (être de F)

Être perdu, ruiné. C’est-à-dire être flambé, frit, fricassé, fichu, foutu, fumé, au choix, l’F étant la première lettre de chacun de ces mots qui expriment la même idée.

Fabe

Poche.

Fabe

Poches (Argot des voleurs). V. Fouilleuse.

Fabes

Poches.

Fabricant de tabatières

L’homme, lorsqu’il fait une restitution d’aliments par les voies légales. Allusion délicate aux tabatières en carton dont la vue fait pousser des cris d’horreur aux personnes qui ne croient pas que ça porte bonheur… en imitation. — Fabricant de moutarde, enfant qui opère la même restitution.

Fabrication (passer à la)

Être arrêté. Variantes : Être fabriqué, être ferré, — dans le jargon des voleurs. — Être trompé, être exploité par un maître chiffonnier, — dans le jargon des chiffonniers.

Fabrication (passer à la)

Être arrêté. Signifie aussi être volé.

Fabriqué

Fait, cuit, pris. Fabriquer quelqu’un : le prendre dans un piège sans qu’il s’en doute. Fabriquer est synonyme de voler (Argot du peuple). N.

Fabriqué

Pris, arrêté.

Fabriquer

Faire, dans le sens général. Qu’est-ce que tu fabriques là ?

Fabriquer

Voler. Synonyme de travailler.

Fabriquer

Arrêter, prendre. L’agent qui arrête fabrique ; l’arrêté est fabriqué. Fabriquer veut aussi dire voler : on fabrique aux étalages.

Fabriquer

Dévaliser.

Fabriquer

Faire.

Façade

Figure, — dans le jargon des voyous. Démolir la façade, porter des coups au visage. — Un coup de tampon à démolir la façade.

Façade (faire sa)

Se maquiller, — dans le jargon des filles. — Quand t’auras fini de faire ta façade.

Face

Monnaie. J’ai des faces, je ne manque pas d’argent.

Face

Écu à l’effigie (face) royale.

Je n’ai plus de faces. La drôlesse me chasse.

Decourcelle.

Face

s. f. Pièce de cinq centimes, — dans l’argot des faubouriens, qui peuvent ainsi contempler à peu de frais la figure du monarque régnant.

Face

Argent. Allusion à l’effigie des pièces de monnaie.
— As-tu des faces, nous irons voir jouer la misloque (Argot des voleurs).

Face !

Exclamation de l’argot des ouvriers, qui la font entendre lorsqu’au cabaret ou au café quelque chose tombe et se casse.

Face de carême

s. f. Mine fatiguée, pâlie par l’étude ou les veilles malsaines. Argot du peuple.

Face du Grand Turc

s. f. Un des nombreux pseudonymes de messire Luc, — dans le même argot [du peuple].

Face du grand Turc

Derrière ; par allusion au nez camus des petits chiens dits turquets ; on disait, autrefois : camus comme un turquet.

Faces

s. f. pl. Joues, — dans l’argot des bourgeois.

Faces

Argent monnayé et principalement pièces de cinq francs. Il parait qu’il a des faces. Les faces sont les effigies des pièces d’argent.

Faces

Argent monnayé.

Faces (avoir des)

v. Avoir de l’argent sans doute parce que la monnaie, qu’elle soit d’or ou de billon porte le plus souvent l’effigie, la face d’un souverain.

Faciès

Figure.

C’est mon épouse… Un assez beau faciès, hein ?

Labiche.

Faciès

s. m. Visage, — dans l’argot du peuple, qui parle sans s’en douter comme Cicéron.

Facile à la détente

Généreux.

Mon mari, dit une marquise,
Hier s’est généreusement
Fendu d’une parure exquise.
— C’est fort aimable, assurément,
Dit une comtesse charmante ;
Mon époux, malheureusement,
Est moins facile à la détente.

(Marcellus : Le langage d’aujourd’hui.)

Façon (faire une)

Il parait qu’Abélard en était incapable.

Façon à une femme (faire une)

La baiser, la remuer du tranchant de la pine, comme le laboureur remue la terre du tranchant de sa charrue — pour la rendre féconde.

Oui, je connais ça : c’est madame
Qui prend son p’tit air polisson :
Elle a besoin, la chère femme,
D’une façon de ma façon.

Jean Du Boys.

Façonner une femme

La baiser, lui faire une ou plusieurs façons, selon que l’on est bon ou mauvais laboureur.

Quand dans mes bras
Je tiens une nonne,
Je la façonne
Mieux que personne.

Collé.

Factionnaire

Excrément déposé aux abords de certains lieux, et semblant crier aux souliers aventureux : On ne passe pas ici.

Dans les escaliers à chaque instant, Elle vous pose des factionnaires Qui ne Crient pas : Qui vive ! aux passants.

Le Portier, chanson, 1856.

Factionnaire

s. m. Insurgé de Romilly. (V. ce mot.) Poser un factionnaire. Alvum deponere.

Factionnaire (relever un)

Courir de l’atelier chez le marchand de vin, boire à la hâte un verre de n’importe quoi qu’un camarade a fait verser à votre intention, et retourner au travail.

Factionnaires

File de tabatières naturelles alignées le long des murs de ronde, le long des fossés des fortifications. — Elles semblent monter la garde.

Factionnaires (en relever un)

Aux Halles, les porteurs ne peuvent abandonner leur poste tous à la fois pour aller boire chez le marchand de vin, ils laissent le verre de chaque camarade au comptoir, le bistro donne un jeton ; quand le camarade vient boire son verre, il relève le factionnaire. À la fin de la journée le jeton souvent répété devient une contremarque pour la sorgue car la soulographie est complète (Argot du peuple). N.

Factoton

s. m. Valet, homme à tout faire, — (factotum), — dans l’argot du peuple, qui n’emploie jamais cette expression qu’en mauvaise part.

Facturier

s. m. Vaudevilliste qui a la spécialité des couplets de facture.

Fadage

Partage de vol. — Fade : Part de vol. V. Vioque.

Ruffart a son fade chez la gonore, dans la chambre de la pauvre femme.

Balzac.

Fadage

s. m. Partage, — dans l’argot des voleurs.

Fadage

Partage, — dans l’ancien argot.

Fadard

Élégant.

Fadard

Meilleur, convenable, agréable.

Fadard

adj. et s. Bon, beau, agréable, — dans l’argot des faubouriens.

Fadasse

Fade.

Le carnaval est bien fadasse cette année.

1844, Cat. poissard.

Fadasse

s. f. Femme trop blonde, — dans l’argot du peuple, qui ne sait pas que ses grand mères, les Gauloises, avaient les cheveux flaves.

Fade

s. m. Quote-part de chacun dans une dépense générale ; Écot que l’on paye dans un pique-nique. Mot de l’argot des voleurs qui a passé dans l’argot des ouvriers. Mais, avant d’appartenir au cant, il appartenait à notre vieille langue : « Saciés bien que se je en muir, faide vos en sera demandée », dit Aucassin au vicomte de Beaucaire, qui lui a enlevé Nicolette. Or faide ici signifie compte et ne peut venir que de fœdus, accord particulier, règlement, compte.

Fade

s. m. Fat, — dans l’argot du peuple, qui trouve que ce mot exprime bien le dégoût que lui causent les gens amoureux de leur personne. Les deux mots ont d’ailleurs la même étymologie, fatuus, insipide.

Fade

s. m. Avoir son fade, c’est, dans une distribution de liqueurs ou de comestibles, être bien servi. Dans d’autres argots le même mot signifie argent. Avoir son fade veut dire alors : recevoir son compte.

Fade

Part ; paye, — dans le jargon des ouvriers. — Fader, partager, faire la paye, compter. — Toucher son fade, toucher sa paye. C’est un mot de l’ancien argot des voleurs, passé dans le vocabulaire des ouvriers. — M. Fr. Michel veut qu’il vienne indubitablement au fourbesque far de sei, quand il serait si simple et bien plus naturel de voir une apocope de fardeau ; fade, pour farde, charge, part.

Fade

Part, paye. Écot. Fadage. Partage. Payer le fade, subir sa peine.

Fade

Part. Le voleur qui a reçu sa part du produit d’un vol a eu son fade. Fader est partager.

Fadé

Bien servi, avoir largement son compte.

Fadé (être)

Être soûl. Mot à mot : avoir son compte, sa charge de boisson.

Fade, fadard

Personne de mine ou de parler prétentieux. — Mot à mot : débitant de fadeurs.

Eh va donc, grand fade !

Ricard.

Est-il devenu fadard ?

Labiche.

Fade, fademuche

Partage, part.

Fader

Partager le butin provenant d’un vol.

Fader

Partager.

Fader

Partager.

Fader

Partager. — V. Coquer. — De l’ancien verbe fadiar : assigner. V. Roquefort.

Fader

v. n. et a. Partager des objets volés.

Fader

Partager.

Fader ensemble

Partager.

Fadeurs

s. m. pl. Mensonges ordinaires de la conversation, — dans l’argot du peuple, payé pour être sceptique. Il n’emploie ordinairement cette expression que pour se moquer, et à propos de n’importe quoi. On lui raconte que le roi d’Araucanie est monté sur son trône « Des fadeurs ! » dit-il. On lui assure que la France va avoir la guerre avec l’Angleterre à propos de Madagascar : « Des fadeurs ! » On lui apprend une mauvaise nouvelle : « Des fadeurs ! » Une bonne : « Des fadeurs ! » etc.

Fadeurs (des)

« C’est Anna. — Avec qui est-elle ? — Avec son premier amour, je crois. — Des fadeurs ! » Monselet. — Cet exemple explique le mot. C’est comme si on disait : À d’autres ! Nous savons à quoi nous en tenir sur ces fadeurs.

Faf

Papier de sureté.

Faffe

Papier — Onomatopée. — Faffiot : Papier blanc, billet de banque.

On invente les billets de banque ; le bagne les appelle des fafiots garatés du nom de Garat, le caissier qui les signe. Fafiot ! n’entendez-vous pas le bruissement du papier de soie ? Le billet de mille francs est un fafiot mâle, le billet de cinq cents un fafiot femelle.

Balzac.

Faffiot sec : Bon certificat. — Faffiot lophe : Faux certificat. — Faffioteur : Papetier (Vidocq).

Faffe à la manque

Billet faux.

Faffe à roulotter

Papier à cigarette. Mot à mot : papier à rouler. (A. Belot.)

Faffe lof

Billets faux.

Faffe ou Fafiot

s. m. Papier blanc ou imprimé, — dans argot des voleurs. Fafiot garaté. Billet de banque autrefois signé Garat et aujourd’hui Soleil. Fafiot mâle. Billet de mille francs. Fafiot femelle. Billet de cinq cents francs. Fafiot loff. Faux certificat ou faux passeport. Fafiot sec. Bon certificat ou bon passeport.

Faffe, fafiot

Papier. Livret. Fafiot sec, passe-port en règle. Faffe à roulotter, papier à cigarette. Fafiot garaté, billet de banque. Fafiot à piper, mandat d’arrêt.

Faffes

Billets de banque.

Faffes

Faux papiers.

Faffes

Papiers d’identité, billets de banque.

Faffes (des)

Des papiers.

Faffes à l’estorgue

Faux papiers. Il faut que les filles aient vingt-et-un ans pour être admises dans les maisons de tolérance ; il existe des fabriques de faux papiers pour maquiller les états civils ; d’une brune on en fait une blonde, d’une Marseillaise on en fait une Lilloise (Argot des souteneurs). V. Lopheur. N.

Fafflard d’emballage

Même signification que fafiot à piper (Argot des voleurs).

Fafio-de-sec

Vrai certificat.

Fafio-lophe

Faux certificat.

Fafiot

Papier. — Fafiot sec, passe-port en règle.

Fafiot

Soulier d’occasion. (L. Larchey)

Fafiot à piper

Mandat d’amener délivré par le juge d’instruction. Ce sont les agents de la sûreté qui sont chargés du mandat à prendre. Mot à mot : fafiot, papier ; pipé, pris (Argot des voleurs).

Fafiot garaté

Billet de banque, — dans le jargon des voleurs. Mot à mot : papier de Garat, l’un des signataires des billets de banque. — Fafiot mâle, billet de banque de mille francs. — Fafiot femelle, billet de banque de cinq cents francs. — Fafiot en bas âge, billet de banque de cent francs.

Fafiot sec

Livret. Fafiot à roulotter : papier pour circuler. Fafiot à roulotter : papier à cigarettes. Fafiot garaté : billet de banque, quand c’était M. Garat qui les signait. Fafiot du Bourguignon : quand il était signé Soleil (Argot des voleurs). V. Talbin d’altèque.

Fafioteur

s. m. Marchand de papiers ; Banquier. Signifie aussi Écrivain.

Fafioteur

Papetier. — Nom d’amitié que les savetiers se donnent entre eux. En effet le cuir qui sort de leurs boutiques n’a guère plus de consistance que le fafiot.

Fafioteur

Banquier. Allusion aux billets de banque ou à ordre qu’il manie sans cesse (Argot des voleurs).

Fafiots

s. m. pl. Souliers, — dans l’argot des revendeuses du Temple.

Fafiots

Papiers divers, billets de banque.

Fafiots à parer

Papiers en règle. Il est à remarquer qu’il n’y a que les gens qui n’ont pas la conscience nette qui sont toujours munis des meilleurs papiers (Argot des voleurs).

Faflard

Passe-port, papiers. — Faflard d’emballage, mandat d’amener, mot à mot : papier d’arrestation, — dans le jargon des voleurs.

Fafs

Papiers, notes, documents. On dit aussi fafiots.

Fagot

Forçat.

Fagot

Forçat libéré.

Fagot

Forçat.

Fagot

Aspirant à l’École des eaux et forêts. — C’est dans ces dernières qu’on doit aller chercher la raison de ce sobriquet.

Fagot

Ancien forçat.

Eh ! mais ! je connais cet homme-là. C’est un fagot

V. Hugo.

Fagot

s. m. Forçat, — Homme qui est lié à un autre homme : en liberté, par une complicité de sentiments mauvais ; au bagne, par des manicles. Fagot à perte de vue. Condamné aux travaux forcés à perpétuité. Fagot affranchi. Forçat libéré.

Fagot

s. m. Vieillard, — dans l’argot des marbriers de cimetière, qui savent mieux que personne ce qu’on fait du bois mort.

Fagot

s. m. Élève de l’École des eaux et forêts, — dans l’argot des Polytechniciens.

Fagot

Vieillard. — Forçat. (Vidocq, F. Michel, Colombey.) — Ancien forçat. (V. Hugo, L. Larchey.) — Élève des eaux et forêts. — Femme habillée sans goût, comme est lié un fagot. Dans la langue régulière fagoter exprime la même idée.

Fagot

Vieillard. Forçat. Camarade. Homme mené en prison.

Fagot

Forçat.

Fagot

Récidiviste.

Fagot à perte de vue

Condamné aux travaux forcés à perpétuité. Par abréviation on dit : gerbé à perpète (Argot des voleurs).

Fagot affranchi

Forçat libéré. Mot à mot : il est affranchi de ses fers (Argot des voleurs).

Fagoté

adj. Habillé, arrangé, — dans l’argot des bourgeois, qui n’emploient jamais ce mot qu’en mauvaise part.

Fagoter

v. a. Travailler sans soin, sans goût, maladroitement, — dans l’argot des ouvriers.

Fagoter

Travailler sans goût.

Fagoter (se)

v. réfl. S’habiller extravagamment, grotesquement. A signifié autrefois Se moquer.

Fagots

s. m. pl. Contes à dormir debout, niaiseries, — dans l’argot du peuple. Débiter des fagots. Dire des fadaises, des sottises.

Fagots

Niaiseries.

Fagots (en débiter)

Passer son temps à dire des niaiseries, à raconter des histoires de grand’mères (Argot du peuple).

Faiblard

Faible, dans le sens de médiocre.

Faiblard

Un homme en convalescence après une longue maladie, est faiblard. Un article de journal mal conçu, mal écrit, sans conclusion, est faiblard. Faiblard : synonyme de rachitique. On dit aussi quelquefois, pour exprimer la même pensée.
— C’est faiblot (Argot du peuple). N.

Faible

s. m. Penchant, tendresse particulière et souvent injuste, — dans l’argot des bourgeois. Prendre quelqu’un par son faible. Caresser sa marotte, flatter son vice dominant.

Faïence, Poterie

Tuile, — dans le jargon des couvreurs.

Faignant

Fainéant, — dans le jargon du peuple.

Il existe dans la musique un poste fort envié, c’est celui de porteur de grosse caisse. Le faignant qui l’obtient espère, etc.

(J. Noriac, Le 101e régiment.)

Faillouse

s. f. Le jeu de la bloquette, — dans l’argot des écoliers.

Faine

Sou. Fainin, liard.

Faîne

s. f. Pièce de cinq centimes, — dans l’argot des ouvriers, qui pour trouver cette analogie, ont dû se reposer sub tegmine fagi.

Fainéant

Paletot.

Fainin

s. m. Liard, — qui est une petite faîne.

Faire

Nouer une intrigue galante.

Est-ce qu’un homme qui a la main large peut prétendre à faire des femmes ?

Ed. Lemoine.

Dans une bouche féminine, le mot faire indique de plus une arrière-pensée de lucre. c’est l’amour uni au commerce.

Et toi, ma petite, où donc as-tu volé les boutons de diamant que tu as aux oreilles ? As-tu fait un prince indien ?

Balzac.

Tu as donc fait ton journaliste ? répondit Florine. — Non, ma chère, je l’aime, répliqua Coralie.

id.

Faire

Faire la place, commercialement parlant.

De tous les points de Paris, une fille de joie accourait rait faire son Palais-Royal.

Balzac.

Je suis heureux d’avoir pris ce jour-ci pour faire la vallée de l’Oise.

Id.

Faire

Voler.

Nous sommes arrivés à faire les montres avec la plus grande facilité.

Bertall.

Son fils qui fait le foulard à ses moments perdus.

Commerson.

Faire

Risquer au jeu.

Nous faisions l’absinthe au piquet à trois.

, — Noriac.

Faire dans la quincaillerie, l’épicerie, la banque, etc. : Faire des affaires dans la quincaillerie, etc.

Faire

s. m. Façon d’écrire ou de peindre, — dans l’argot des gens de lettres et des artistes.

Faire

v. a. Dépecer un animal, — dans l’argot des bouchers, qui font un veau, comme les vaudevillistes un ours.

Faire

v. a. Visiter tel quartier commerçant, telle ville commerçante, pour y offrir des marchandises, — dans l’argot des commis voyageurs et des petits marchands.

Faire

v. n. Cacare, — dans l’argot à moitié chaste des bourgeois. Faire dans ses bas. Se conduire en enfant, ou comme un vieillard en enfance ; ne plus savoir ce qu’on fait.

Faire

v. n. Jouer, — dans l’argot des bohèmes. Faire son absinthe. Jouer son absinthe contre quelqu’un, afin de la boire sans la payer. On fait de même son dîner, son café, le billard, et le reste.

Faire

v. n. Travailler, être ceci ou cela, — dans l’argot des bourgeois. Faire dans l’épicerie. Être épicier. Faire dans la banque. Travailler chez un banquier.

Faire

v. a. Voler, et même Tuer, — dans l’argot des prisons. Faire le foulard. Voler des mouchoirs de poche. Faire des poivrots ou des gavés. Voler des gens ivres. Faire une maison entière. En assassiner tous les habitants sans exception et y voler tout ce qui s’y trouve.

Faire

Exploiter, duper. — Faire faire, trahir. Il m’a fait faire, — dans le jargon des voleurs.

Faire

Séduire.

La puissante étreinte de la misère qui mordait au sang Valérie, le jour où, selon l’expression de Marneffe, elle avait fait Hulot.

(Balzac, La Cousine Bette.)

L’artiste qui, la veille, avait voulu faire madame Marneffe.

(Idem.)

Faire une femme, c’est mot à mot : faire la conquête d’une femme.

Le temps de faire deux bébés que nous ramènerons souper ; j’ai le sac.

(Jean Rousseau, Paris-Dansant.)

Quand une femme dit qu’elle a fait un homme, cela veut dire qu’elle fonde des espérances pécuniaires sur celui qu’elle a séduit, qu’elle a fait une affaire avec un homme. — Les bals publics sont des lieux où les femmes vont faire des hommes, mot à mot : le commerce des hommes.

Faire

Parcourir un quartier au point de vue de la clientèle, — dans l’argot des filles. Elles font le Boulevard, le Bois, les Champs-Elysées, comme les placières font la place.

Faire

Dérober. — Faire le mouchoir, faire la montre. L’expression date de loin. M. Ch. Nisard l’a relevée dans Apulée.

Vous êtes de ces discrets voleurs, bons pour les filouteries domestiques, qui se glissent dans les taudis des vieilles femmes pour faire quelque méchante loque. (Scutariam facitis)

Faire

Distribuer les cartes, — dans le jargon des joueurs de whist. — Jouer des consommations, soit aux cartes, soit au billard. Faire le café en vingt points, — dans le jargon des piliers de café.

Faire

Tuer, — dans le jargon des bouchers : faire un bœuf, tuer un bœuf et le dépecer.

Faire

Vaincre, terrasser, — dans l’argot des lutteurs.

Il ajouta qu’en se glorifiant d’avoir fait le Crâne-des-Crânes, certains saltimbanques en avaient menti.

(Cladel, Ompdrailles, Le Tombeau des lutteurs.)

Faire

Guillotiner, — dans le langage de l’exécuteur des hautes-œuvres.

M. Roch (le bourreau de Paris) se sert d’une expression très pittoresque pour définir son opération. Les criminels qu’il exécute, il les fait.

(Imbert.)

Faire

Faire le commerce de ; être employé dans une branche quelconque du commerce. — Faire les huiles, les cafés, les cotons. Mot à mot : faire le commerce des huiles, des cotons, etc.

Faire

Arrêter. Argot des voleurs. Être fait, être arrêté.

Le lendemain matin, il questionne la Lie-de-Vin… puis il part. Dans l’après-midi il était fait.

(Gil Blas, juin, 1886.)

Faire

Exploiter, duper. Arrêter. Jouer. Trahir. Séduire : faire une femme, faire un homme. Raccrocher. Dérober. Tuer. Vaincre, terrasser. Guillotiner.

Faire

Les bouchers font un animal à l’abattoir. Faire : tuer, voler. Faire quelqu’un : le lever. Faire : synonyme de fabriquer (Argot du peuple et des voleurs).

Faire (celle-là il ne faut pas me la)

C’est-à-dire mot à mot : cette plaisanterie il ne faut pas me la faire.

Faire (la)

S’applique à une infinité de choses, dans le sens de chercher à en imposer par une attitude, un sentiment, vouloir faire croire à tel sentiment. Ainsi, on la fait à la dignité, à l’insolence, à la vertu, à la modestie, à la tendresse, etc.

Faire (le)

Faire l’amour — façon bégueule de parler d’une chose toute naturelle.

Le faire, ma mie, c’est décharger.

Henry Monnier.

Sexe charmant à qui l’on fait
Ce qu’il est si joli de faire,
Je voudrais vous avoir au fait
Pour vous montrer mon savoir-faire ;
Car avec vous quand on le fait,
On a tant de plaisir à faire,
Qu’on voudrait ne pas l’avoir fait
Pour pouvoir encor vous le faire.

(Parnasse satyrique.)

Faire (le)

v. a. Réussir, — dans l’argot du peuple, qui emploie ordinairement ce verbe avec la négative, quand il veut défier ou se moquer. Ainsi : Tu ne peux pas le faire, signifie : Tu ne me supplanteras pas, — tu ne peux pas lutter de force et d’esprit avec moi, — tu ne te feras jamais aimer de ma femme, — tu ne deviendras jamais riche, ni beau, — etc., etc. Comme quelques autres du même argot, ce verbe, essentiellement parisien, est une selle à tous chevaux.

Faire (se)

v. réfl. S’habituer, — dans l’argot des bourgeois. Se faire à quelque chose. Y prendre goût. Se faire à quelqu’un. Perdre de la répugnance qu’on avait eue d’abord à le voir.

Faire (se)

Se bonifier, — dans l’argot des marchands de vin.

Faire (se)

Sebonifier, en parlant du vin, de l’eau-de-vie. Le vin se fait en bouteille, l’eau-de-vie se fait en fût.

Faire à l’œil

À crédit.

Faire à l’oseille (la)

v. a. Jouer un tour désagréable à quelqu’un, — dans l’argot des vaudevillistes. L’expression sort d’une petite gargote de cabotins de la rue de Malte, derrière le boulevard du Temple, et n’a que quelques années. La maîtresse de cette gargote servait souvent à ses habitués des œufs à l’oseille, où il y avait souvent plus d’oseille que d’œufs. Un jour elle servit une omelette… sans œufs. — « Ah ! cette fois, tu nous la fais trop à l’oseille, » s’écria un cabotin. Le mot circula dans l’établissement, puis dans le quartier ; il est aujourd’hui dans la circulation générale.

Faire à l’oseille (la)

Faire une plaisanterie de mauvais goût, une mauvaise charge, se moquer de quelqu’un.

D’abord les pions sont en vacance, et s’ils ne sont pas contents, on la leur fait à l’oseille.

(Bertall, Les Courses de la saison.)

D’après M. Jules Richard (Journal l’Époque, 1866, cité par M. L. Larchey), cette expression aurait vu le jour dans un gargot du boulevard du Temple, à la suite d’une contestation culinaire entre la patronne et un client. Ce dernier ne trouvant pas assez verte une omelette aux fines herbes, la nymphe du gargot s’écria : « Fallait-il pas vous la faire à Voseille ? » Sans compter qu’il faut accueillir avec beaucoup de réserve les étymologies anecdotiques, l’expression « la faire à l’oseille » ne ferait-elle pas plutôt allusion à l’acidité de l’oseille qui, pour beaucoup de personnes, n’a rien d’agréable au goût.

Faire à la fenêtre (la)

Appeler les hommes par la fenêtre, — dans le monde des filles.

Faire à la main

Pratiquer l’onanisme. Terme de métier des filles de joie.

Faire à la raideur (la)

Se montrer raide, exigeant, dédaigneux, — dans l’argot des petites dames. Elles disent de même : La faire à la dignité, ou à la bonhommie, ou à la méchanceté, etc.

Faire accrocher (se)

Se faire mettre à la salle de police, — dans l’argot des soldats.

Faire aller

v. a. Se moquer de quelqu’un, le berner, — dans l’argot du peuple.

Faire aller

Se moquer, mystifier.

Faire aller en rateau

Trimballer quelqu’un et le remettre toujours au lendemain (Argot du peuple).

Faire au cold-cream (le)

Tromper, séduire quelqu’un en le flattant. (Jargon des filles.) Le mot a un autre sens trop intime pour que nous puissions le préciser.

Faire au même

v. a. Tromper, prendre sa revanche de quelque chose, — dans l’argot du peuple. Il dit aussi Refaire au même.

Faire au même

Tromper. — Se faire baiser, se laisser tromper, se faire remettre à sa place.

Faire au même

Tromper.

Faire aux cabinets (la)

Certaines habituées des bals publics, dans le but de réaliser une petite recette en dehors de celle que pourront leur procurer leurs charmes, vont de ! un à l’autre en demandant 50 centimes pour un besoin urgent. C’est ce qu’on appelle « la faire aux cabinets. » Il y en a qui récoltent ainsi leur pièce de cinq francs par soirée.

Faire baiser (se)

Se faire arrêter ou engueuler, — dans le même argot [du peuple]. On dit aussi Se faire choper.

Faire balai neuf

v. n. Montrer un zèle exagéré qui ne pourra pas se soutenir, — dans le même argot [du peuple].

Faire balai neuf

v. Changer de conduite… quand celle qu’on a laisse à désirer. Il est rare que le balai neuf soit bien solide.

Faire ballon

Avoir faim.

Faire belle (la)

Être heureux ; avoir une bonne situation, à n’importe quel degré de l’échelle sociale on appartienne. D’un grec heureux, les grecs disent : Il la fait belle ; d’un souteneur qui nage dans de hautes eaux, les souteneurs disent : Il la fait belle. D’un ouvrier qui gagne de bonnes journées, ses camarades disent : Il la fait belle. C’est une dés locutions les plus répandues pour le moment, et qui s’applique à n’importe qui réussit dans n’importe quoi.

Faire boum

Sacrifier à Vénus, — dans le jargon des ouvrières.

Il n’ignorait certainement pas comment se pratique cette agréable chose que les petites ouvrières appellent : « faire boum. »

(Huysmans, les Sœurs Vatard.)

Faire brûler Moscou

Faire un punch monstre, — dans l’argot des soldats, qui connaissent tous, par ouï-dire, les belles flammes qui s’échappaient, le 29 septembre 1812, de l’antique cité des czars, brûlée par Rostopchin.

Faire ça ou cela

Faire l’acte vénérien, — le péché dont on n’ose pas prononcer le nom et auquel on fait sans cesse allusion. Cela, c’est l’amour.

Que moyennant vingt écus à la rose
Je fis cela, que chacun bien suppose.

F. Villon.

Veux-tu donc me faire cela ?
Promptement me coucherai là.

Théophile.

Je crois bien qu’ils firent cela,
Puisque les amours qui les virent
Me dirent que le lit branla.

Grécourt.

C’est que les grandes dames font ça par poids et mesures, et que, nous autres, c’est cul par-dessus tête.

La Popelinière.

Tout le monde à peu près, putain et femme honnête,
Ministre ou chiffonier, marquise ou bien grisette,
Dit : faire ça.

Louis Protat.

Ah ! maman, maman, que c’est bon !… Comme tu fais bien ça, mon chéri.

Henry Monnier.

Ça n’t’empechera pas de me faire ça, n’est ce pas ? Aux p’tits oignons, mon infante !

Lemercier de Neuville.

Faire cabriolet

Se traîner sur le cul, comme les chiens lorsqu’ils veulent se torcher. Argot du peuple.

Faire cascader la vertu

v. a. Obtenir d’une femme l’aveu de son amour et en abuser, — dans l’argot de Breda-Street, d’après la Belle Hélène.

Faire celui qui…

Faire semblant de faire une chose, — dans l’argot du peuple.

Faire chanter un Pété

Faire donner de l’argent d’autorité à un rivette.

Faire chapelle

Il existe une catégorie d’individus certainement malades du cerveau, car leur passion idiote ne peut autrement s’expliquer. Ils s’arrêtent devant la devanture des magasins ou travaillent les jeunes filles, généralement des modistes, ils entr’ouvrent leur paletot, en tenant un pan de chaque main et font voir ce que contient leur culotte déboutonnée. Ces cochons opèrent également dans les jardins publics ou jouent les petites filles. Ce n’est pas la police correctionnelle qu’il leur faudrait mais bien un cabanon à Charenton. On les nomme aussi des exhibitionnistes, de ce qu’ils font une exhibition (Argot du peuple).

Faire chapelle

Écarter les jambes et retrousser ses jupes pour se chauffer devant le feu. Une accouplée se chauffe de cette manière, l’autre qui la regarde lui dit :
— Fais-le assez cuire car je ne l’aime pas saignant (Argot des filles). N.

Faire Charlemagne

Se retirer du jeu après y avoir gagné, sans vouloir donner de revanche, — dans l’argot des joueurs, qui savent ou ne savent pas leur histoire de France. « Charlemagne (dit Génin en ses Récréations philologiques) garda jusqu’à la fin toutes ses conquêtes, et quitta le jeu de la vie sans avoir rien rendu du fruit de ses victoires ; » le joueur qui se retire les mains pleines fait comme Charlemagne : il fait Charlemagne :
Se non è vero… Je ne demande pas mieux d’en croire Génin, mais jusqu’ici il m’avait semblé que Charlemagne n’avait pas autant fait Charlemagne que le dit le spirituel et regrettable érudit, et qu’il y avait, vers les dernières pages de son histoire, une certaine défaite de Roncevaux qui en avait été le Waterloo. Et puis… Mais le chevalier de Cailly avait raison !

Faire chauffer de l’eau chaude

Expression ironique que l’on adresse au compagnon qui, restant longtemps penché sur le marbre pour corriger une composition chargée, semble y être collé. Un frère charitable lui propose alors de faire chauffer de l’eau chaude. Le plâtre, déjà mécontent de sa situation, gobe alors un bœuf pyramidal. Ce montage manque rarement son but et devient quelquefois l’occasion d’attrapances plus ou moins vives ; la victime en effet réplique souvent : « Imbécile, comment veux-tu faire chauffer de l’eau chaude ? » À cette réponse prévue, les rires augmentent… et le bœuf s’accroît.

Faire chibis

Se sauver de prison.

Faire chibis

S’enfuir d’une prison avec le concours d’un camarade, sans prévenir le gardien. C’est brûler la politesse au directeur (Argot des voleurs).

Faire chibis, faire un peigne

Se sauver de prison. Faire des yeux de hareng. Crever les yeux.

Faire chou blanc

Rater une femme.

Faire compter les solives à une femme

La renverser sur le dos et la baiser vivement, — acte pendant lequel, tout en jouissant, elle regarde au plafond et non ailleurs.

Faire comptoir

C’est, dans le jargon des saltimbanques, une forme nouvelle de : faire comtois.

Le soir ensuite vous avez « fait comptoir, » c’est-à-dire que vous entriez dans la loge foraine et en ressortiez encore pour « allumer » les spectateurs récalcitrants.

(Cours d’assises de la Seine, aud. du 29 août 1879, interrog. de M. le Prés, de Vienne.)

Faire corps neuf

v. a. Alvum deponere, — et le remplir ensuite de nouveaux aliments.

Faire coucou

Jouer à se cacher, — dans l’argot des enfants.

Faire couler un enfant

v. a. Prendre un médicament abortif, — dans l’argot des filles.

Faire cuire sa toile

v. a. Employer les tons rissolés, les grattages, les ponçages, — dans l’argot des critiques d’art, qui n’ont pas encore digéré la peinture de Decamps.

Faire cuire son homard

v. a. Rougir d’émotion ou d’autre chose, — dans l’argot des faubouriens. On dit aussi Faire cuire son écrevisse.

Faire cuire son homard

Rougir subitement. Synonyme de piquer son fard (Argot du peuple).

Faire danser

Battre.

Tu vas me payer l’eau d’aff, ou je te fais danser sans violons.

E. Sue.

Faire danser

Dissiper.

Et je me mets à faire danser mes 300 francs. Ça été mon grand tort.

Id.

Faire danser l’anse du panier

Une bonne qui compte 5 francs à ses maîtres ce qui lui coûte 4 fr. 50, fait danser l’anse du panier.

Faire danser la polka

Battre.

Ce grand empereur, On lui fera danser la polka.

Layale, Ch.

On a dit un moment à la polka, pour dire très-bien.

Faire danser un homme sur la pelle à feu

Exiger sans cesse de l’argent de lui, le ruiner, — dans l’argot des petites dames. On dit aussi Faire danser sur la poêle à frire.

Faire de cent sous quatre francs

v. a. Dépenser follement son argent, — dans l’argot des bourgeois, qui ajoutent quelquefois : Et de quatre francs rien.

Faire de l’eau

v. a. Meiere, — dans l’argot des bourgeois. Ils disent aussi Épancher de l’eau, Pencher de l’eau et Lâcher de l’eau.

Faire de l’épate

v. Faire des embarras : affecter de grands airs de grandes prétentions. Cette expression fréquemment employée dans l’atelier typographique, vient sans doute du verbe épater, dans le sens de étonner, ébahir.

Faire de l’harmone

Parler bruyamment dans un lieu public. Abréviation d’harmonie (Argot du peuple).

Faire de l’harmone

Faire du bruit.

Faire de l’œil

Provoquer un passant, par un coup d’œil, à monter tirer un coup de cul.

Aussi, je le dis sans orgueil,
Le beau sexe me fait de l’œil.

Jules Moineaux.

Faire de l’œil

On fait de l’œil à une femme pour tâcher de la posséder.

Faire de l’or

Gagner beaucoup d’argent. Le peuple, lui, dit Chier de l’or.

Faire de la musique

Se livrer à des conversations intempestives sur les coups. Argot des joueurs.

Faire de la musique

Se gratter au point de se faire saigner, ce qui rend la chair assez semblable à une page de musique. (Argot des hôpitaux).

Faire de la poussière

v. a. Faire des embarras, — dans l’argot des petites dames, qui recommandent toujours à leurs cochers d’aller grand train quand il s’agit de couper une rivale sur le boulevard, ou dans l’avenue des Champs-Elysées, ou dans les allées du bois de Boulogne.

Faire de la toile

Perdre la mémoire, oublier le texte et improviser, en attendant le secours du souffleur, — dans le jargon des coulisses. Frédérick Lemaître faisait souvent de la toile, et il faut avouer que, presque toujours, sa version était préférable à celle de l’auteur. Un jour, à la répétition générale d’une pièce de Barrière, comme il faisait de la toile : « Faites attention, lui dit le collaborateur de madame de Prébois, vous marchez dans ma prose. » Frédérick s’arrête, le toise, et avec cette ampleur de geste qui le caractérisait : « On prétend, répond-il, que ça porte bonheur. »

Faire de vieux os (ne pas)

v. a. Ne pas demeurer longtemps dans un emploi, dans un logement, etc. Signifie aussi : N’être pas destiné à mourir de vieillesse, par suite de maladie héréditaire ou de santé débile.

Faire dégraisser (se)

Faire l’acte vénérien. Les bons coqs sont maigres, en effet.

Faire des affaires

v. a. Faire beaucoup de bruit pour rien, exagérer l’importance des gens et la gravité des choses, — dans l’argot du peuple, qui se gausse volontiers des M. Prudomme. On dit aussi Faire des affaires de rien.

Faire des affaires (se)

v. réfl. S’attirer des désagréments, des querelles, des embarras.

Faire des choux et des raves

v. a. Faire n’importe quoi d’une chose, s’en soucier médiocrement, — dans l’argot des bourgeois.

Faire des cordes

v. a. Difficilimè excernere, — dans l’argot du peuple, qui emploie là une expression déjà vieille : Tu funem cacas ? dit à son camarade un personnage d’une comédie grecque traduite en latin.

Faire des crêpes

v. a. S’amuser comme il est de tradition de le faire au Mardi-Gras, — dans l’argot des artistes, gouailleurs de leur nature. Se dit volontiers pour retenir quelqu’un : « Restez donc ; nous ferons des crêpes. »

Faire des fonctions

Aider à la mise en pages, — dans le jargon des typographes.

Faire des gaufres

S’embrasser entre grêlés, — dans l’argot du peuple.

Faire des grâces

v. a. Minauder ridiculement. Signifie aussi : S’étendre paresseusement au lieu de travailler.

Faire des heures en bois

v. n. Faire des heures non rétribuées. Dis donc, compagnon est-ce que tu fais des heures en bois ? est une question que l’on adresse à un camarade qui s’attarde à l’atelier, quand l’heure du départ a sonné.

Faire des horreurs

En venir des paroles à l’action.

Puis, sur un lit je la jette, Et nous faisons des horreurs.

Les Amours de Mahieu, chanson, 1832.

Faire des manières, des simagrées

Hésiter à prendre le cœur — et le membre — d’un homme ; refuser son bonheur.

Ça fait des manières, et ça a dansé dans les chœurs.

Gavarni.

Et comme elle se vantait d’être pucelle, elle croyait devoir encore faire quelques petites simagrées avant que de se rendre.

Boursault.

Faire des parades

Voir postiche.

Faire des petits pains

Courtiser avec attouchements, genre Tartuffe. — Qu’est-ce que tu faisais avec la bonne du capiston, tu faisais des petits pains ? — Probable.

Faire des petits pains

Faire des manières. Prendre des airs mystérieux pour causer avec quelqu’un, lui dire des riens et avoir l’air de lui parler de choses intéressantes. Faire la cour à une femme c’est faire des petits pains (Argot du peuple). N.

Faire des petits pains

Faire la cour à quelqu’un, c’est lui faire des petits pains.

Faire des poivrots, des gavés

Dévaliser des ivrognes. La variante est : La faire au père François. Les voleurs secouent l’ivrogne endormi sur un banc. Ils l’appellent « père François. » — « Hé ! père François, réveillez-vous. » Et tout en lui parlant, ils le dépouillent.

Faire des postiches

Voir postiche.

Faire des siennes

v. a. Faire des folies ou des sottises, — dans l’argot des bourgeois.

Faire des yeux de carpe frite

Contourner les yeux à la manière des gens qui se pâment.

Faire des yeux de hareng

v. a. Crever les yeux à quelqu’un, — dans l’argot des voleurs.

Faire des yeux de hareng

Crever les yeux à quelqu’un, — dans le jargon des voleurs.

Faire des yeux de harengs

Crever les yeux à quelqu’un au moyen d’un coup bien connu des voleurs. Allusion à l’œil vide du hareng quand il arrive des ports de mer sur nos marchés (Argot du peuple).

Faire descendre le polonais

Expression usitée dans les bordels, lorsque les hôtes momentanés, les michés, font trop de vacarme : au lieu de menacer les perturbateurs d’aller chercher la garde, on les menace de faire descendre le Polonais — qui n’est autre, souvent, qu’un pauvre diable sans feu ni lieu recueilli par charité et logé dans les combles de la maison, — et les perturbateurs se taisent, effrayés par cette mystérieuse menace, — par cette épée de Damoclès.

Faire dessous (se)

Tomber en enfance, radoter. — Faire sous soi, même signification.

Faire dodo

Dormir.

Faire du bruit

Faire des embarras.

Faire du foin

Faire du bruit ; danser, — dans le jargon des voyous, qui ne sont pas précisément silencieux durant cet exercice.

Faire du genou, faire du pied

Frotter son genou, frotter son pied, contre le genou, contre le pied d’une femme. Petite polissonnerie innocente, quelque chose comme les bagatelles de la porte en espérant le lever du rideau.

Faire du gros

Voir débourrer.

Faire du lard

v. a. Dormir ; se prélasser au lit, — dans l’argot du peuple, à qui les exigences du travail ne permettront jamais d’engraisser. Aller faire du lard. Aller se coucher.

Faire du métier

Écrire, peindre ou sculpter dans le seul but de gagner de l’argent et non de la gloire.

Faire du papier marbré

v. a. Avoir la mauvaise habitude de se réchauffer les pieds avec un gueux, — dans l’argot du peuple, qui a eu maintes fois l’occasion de constater les inconvénients variqueux de cette habitude famimilière aux marchandes en plein vent, aux portières, et généralement à toutes les femmes trop pauvres pour pouvoir employer un autre mode de chauffage que celui-là.

Faire du pet

Se plaindre.

Faire du petit

Uriner.

Faire du plan de couillet

De la prison pour rien ou pour un autre.

Faire du plat

Voir Faire des petits pains.

Faire du potin

Faire du bruit, du tapage (Argot du peuple).

Faire du ressaut

Faire de la résistance, se gendarmer, se fâcher. Le voleur que l’agent arrête, s’il se fâche ou résiste, fait du ressaut. Celui qui se fâche fait du ressaut. Celui qui dit à un créancier qu’il ne le payera jamais, le fait ressauter.

Faire du schproum veut aussi dire être en colère

Crier, parler fort.

Faire du suif

Tricher, — dans le jargon des grecs.

Faire durer le plaisir

Branler savamment un homme, et, au moment où l’on devine à ses yeux tournés et à ses spasmes, que le sperme monte dans la colonne et qu’il va se jeter par-dessus le parapet, poser le doigt sur l’ouverture et ne le laisser s’échapper que par petits filets.

Faire éclater le péritoine (s’en)

Manger ou boire avec excès, — dans l’argot des étudiants.

Faire en levrette (le)

Baiser une femme par derrière, cul contre ventre au lieu de ventre contre ventre, à la façon des chiens et non à la façon des bons chrétiens. — Voir aussi Foutre en levrette.

Des baisers il vint aux attouchements et des attouchements à me mettre le vit au con, et me le fit encore une fois en lévrier, le con derrière.

Mililot.

Pour ne pas voir sa défaite,
Et se cacher au vainqueur,
Elle voulut qu’en levrette
Je lui fisse cet honneur.

Collé

J’ai, lui dit-il, avec un tendre objet
Depuis longtemps une intrigue secrète ;
Ce n’est là tout ; item je suis sujet…
— A quoi ? voyons. — À le faire en levrette.

Piron.

Faire ensemble

v. n. Jouer ou manger ensemble, — dans l’argot des écoliers, qui prêtent quelquefois cette expression aux grandes personnes.

Faire éternuer son cyclope

Inscrire cent sous sur son carnet de dépenses sous cette rubrique significative ; On n’est pas de bois ! (Argot du peuple). N.

Faire faux-bond à l’échéance

Manquer à un rendez-vous, ne pas payer une traite (Argot du peuple).

Faire faux-col

Laisser passer un bout du col de la chemise, — en terme de régiment.

Faire femme

Au régiment, le troupier qui a l’habitude de sortir avec la même femme, celui qui, dans une maison de tolérance, consomme habituellement avec la même Dulcinée, « fait femme ». La variante est : Avoir une femme en consigne.

Faire feu

v. a. Boire, — dans l’argot des francs-maçons, qui ont des canons pour verres.

Faire feu des dents

Manger gloutonnement. (XVIIe siècle.) Une très pittoresque image dont on ne se sert plus aujourd’hui.

Faire flanelle

Rester des heures dans un débit, devant la même consommation, c’est faire flanelle.

Faire flotter

Noyer.

Faire gaffe

Faire le guet.

Faire gasfre

Surveiller.

Faire Godard

Crever de faim, — dans le jargon des voleurs. C’est la variante de s’enlever cher. Allusion au ballon Godard qui s’enlève dans l’air.

Faire Godard

Mourir de faim. On dit aussi s’enlever (comme un ballon) parce que le corps, vide de nourriture, est léger.

Faire Jacques déloge

v. n. Partir précipitamment sans payer son terme ou sans prendre congé de la compagnie, — dans l’argot du peuple.

Faire Jacques Déloge

S’enfuir. — Déménager en oubliant de payer son propriétaire. L’expression est démodée.

Faire l’amour

Accomplir le plus impérieux des devoirs et le plus sacré des besoins physiques et intellectuels.

Ferons-nous l’amour, cette nuit ?

Ch. Sorel.

Si tu veux, nous allons faire l’amour… c’est meilleur… Ote ton pantalon.
Il faut s’aimer toujours
Et ne s’épouser guère ;
Il faut faire l’amour
Sans curé ni notaire.

Collé.

Faire l’arçon

Avertir.

Faire l’article

v. a. Vanter sa marchandise, — dans l’argot des marchands. Parler de ses titres littéraires, — dans l’argot des gens de lettres. Faire étalage de ses vices, — dans l’argot des petites dames.

Faire l’écureuil

Faire une besogne inutile, marcher sans avancer, — dans le même argot [du peuple].

Faire l’égard

Détourner à son profit partie d’un vol. On disait autrefois Écarter, — ce qui est faire son écart.

Faire l’égard

Garder la part d’un vol qui revient à un complice. Ce devrait être plutôt faire l’écart, à moins que ce ne soit pris dans le sens de manquer d’égard en ne partageant pas (Argot des voleurs).

Faire l’esque, l’esgard

S’approprier la part de vol d’un complice. C’est manquer de délicatesse entre voleurs.

On disait autrefois escarter, dans le sens de s’approprier le bien d’autrui.

(F. Michel.)

Faire l’harmonie

Se fâcher.

Faire l’homme

« Parfois la femme aussi veux faire l’homme ; C’est un plaisir que l’on renomme ! Elle monte à cheval sur vous Pour tirer ses deux ou trois coups, Sa motte agit sur votre ventre ; Plus elle pousse, mieux ça rentre ; Et son foutre mouillant les draps, Elle se pâme entre vos bras. »

Marc-Constantin.

Faire l’œil de carpe

Jouer de la prunelle d’un air langoureux, pour allumer, soit les hommes quand on est femme, soit les femmes quand on est homme.

Un petit coup d’épée à porter en écharpe,
De quoi traîner la jambe et faire l’œil de carpe.

E. Augier.

Faire l’œil de carpe

Rouler les yeux de façon à n’en montrer que le blanc, — dans l’argot des petites dames, qui croient ainsi donner fort à penser aux hommes.

Faire la balle élastique

Manquer de vivres, — dans l’argot des voleurs, que cela doit faire bondir.

Faire la barbe

v. a. Se moquer de quelqu’un, lui jouer un vilain tour, — dans l’argot du peuple.

Faire la barbe

Railler ; tromper.

Faire la bête

v. a. Faire des façons. On dit aussi Faire l’âne pour avoir du son.

Faire la carpe

S’évanouir sous l’homme, dans l’excès de la jouissance qu’il procure au moment de l’introït. Voir faire l’œil de carpe.

Faire la chambre

Faire le compte-rendu des débats de la Chambre dans un journal.

Je fais la Chambre comme adjoint à un vieux rédacteur sténographe nommé Millot.

(Figaro du 8 janvier 1879.)

Faire la culbute

Faire faillite. Un objet quelconque fait la culbute lorsqu’il est vendu le double de son prix d’achat.

Faire la fenêtre

Se dit d’une prostituée qui a son logement donnant sur la rue et qui toute la journée, est derrière le rideau entr’ouvert, faisant signe aux passants de monter chez elle.

Faire la grande soulasse

Assassiner.

Faire la grande soulasse

v. a. Assassiner, — dans l’argot des voleurs.

Faire la grande soulasse

Assassiner tous les habitants d’une maison (Argot des voleurs).

Faire la grande soûlasse

Assassiner par profession.

Faire la grasse matinée

v. a. Rester longtemps au lit à dormir ou à rêvasser, — dans l’argot des bourgeois, à qui leurs moyens permettent ce luxe.

Faire la manche

Demander quelque chose.

Faire la manche

v. a. Faire la quête, — dans l’argot des saltimbanques.

Faire la manche

Mendier, quêter, faire souscription.

Faire la nique

Se moquer de quelqu’un au moyen d’un geste familier aux voyous (Argot du peuple). V. Battre une basane.

Faire la paire

Se sauver, — dans l’argot du peuple. Mot à mot : faire la paire de jambes. — Faire la paire en fringue, se sauver d’une maison de tolérance en emportant les hardes prêtées par la matrone.

Faire la paire

S’en aller, se sauver.

Faire la paire

Se sauver.

Faire la paire (se)

Se sauver.

Faire la paire (se)

Se sauver à toutes jambes. Ou dit aussi : se tirer des deux (Argot du peuple).

Faire la partie

Se battre.

Faire la place pour les pavés à ressorts

Faire semblant de chercher de l’ouvrage et prier le bon Dieu de ne pas en trouver, — dans l’argot des ouvriers, ennemis-nés des paresseux.

Faire la pluie et le beau temps

Être le maître quelque part ; avoir une grande influence dans une compagnie, dans un atelier. Argot des bourgeois.

Faire la queue

Tromper.

Il faut se contraindre et vous avez un fameux toupet si vous parvenez à lui faire la queue.

Phys. de la Chaumière. 1841.

Faire la queue de cervelas

Le condamné a plus d’une année de prison subit sa peine dans une maison centrale, où pendant les heures de promenade il lui est défendu de s’asseoir et de parler. Ils se suivent à la queue leu leu faisant le tour de la cour : c’est ce qu’ils appellent faire la queue de cervelas.

Faire la retape

Aller se promener sur les boulevards, pour y raccrocher des hommes et les amener baiser au bordel.

Faire la retape

v. a. Aller se promener sur le trottoir des rues ou des boulevards, en toilette tapageuse et voyante, bien retapée en un mot, pour y faire la chasse à l’homme. Argot des filles et des souteneurs.

Faire la révision

Tous les brocanteurs, ou autres marchands, dans les ventes par autorité de justice ou du mont-de-piété, font la révision ; il y en a qui ne font absolument que cela et qui gagnent de l’argent sans avoir de marchandises. Ils sont par groupes de cinq ou six, jamais ils ne poussent les enchères et achètent pour leur compte personnel. Ils sont tellement connus par les commissaires-priseurs que lorsqu’un lot est adjugé à l’un d’eux on ne lui demande pas son nom pour le transcrire sur le procès verbal, La vente terminée, on fait la révision et la marchandise reste au plus enchérisseur d’entre eux ; le surplus qu’a produit la surenchère est à partager entre le groupe. Dans les monts-de-piété, notamment dans la salle de vente des bijoux, il y a plusieurs groupes qui sont toujours les mêmes marchands, qui ont une place attitrée ; chacun prend note de l’objet acheté, du prix et de la valeur approximative. La révision se fait ensuite le plus souvent d’une autre façon que les brocanteurs ; chacun inscrit en cachette, sur un morceau de papier qu’il plie, ce qu’il offre de tout le lot ; chacun dépose son papier, on en fait le dépouillement et le lot reste au plus enchérisseur, et alors chacun touche au prorata de ce qu’il a offert. Cela se passe rarement en présence des commissaires-priseurs qui n’interviennent pas, quoique cela constitue une escroquerie.

Faire la riboule

Vendre a l’époque de la conscription et du conseil de révision des rubans et numéros pour conscrits. Voir Riboulet.

Faire la salle

Chercher, un soir de première représentation, à se rendre le public favorable en semant des billets de faveur au ban et à l’arrière-ban de ses amis et connaissances, de ses fournisseurs, de ses créanciers ; chercher à composer une salle d’amis et de gens bienveillants. Il y a encore des auteurs assez naïfs pour compter sur l’enthousiasme des camarades. Il n’y a encore rien de tel que le zèle et la conviction et l’enthousiasme des créanciers. L’auteur qui pourrait en bonder’une salle obtiendrait un rude succès… le premier soir.

Faire la serre

Faire le guet.

Faire la simone

Quêtes faites à l’époque du jour de l’an chez les particuliers par des individus se disant vidangeurs, et qui ne travaillent que rarement ; il y a escroquerie.

Faire la souris

v. n. Enlever délicatement et sans bruit son argent à un homme au moment où il doit y penser le moins, — dans l’argot des petites dames qui ne craignent pas d’ajouter le vol au vice.

Faire la souris

Dévaliser un client dans le feu de la conversation, — dans le jargon des filles.

Faire la souris

Fille qui vole son client pendant qu’il dort (Argot des filles). Albert Glatigny a dit à ce sujet :

En robes plus ou moins pompeuses,
Elles vont comme des souris.
Ce sont les jeunes retapeuses
Qui font la gloire de Paris.

Faire la tortue

Jeûner.

Faire la tortue

Jeûner (Vidocq). — On connaît la sobriété de la tortue.

Faire la tortue

Jeûner, — dans l’argot des voleurs et des faubouriens, qui font allusion à l’abstinence volontaire ou forcée à laquelle l’intéressant testudo est astreint pendant des mois entiers.

Faire la tortue

Jeûner ; imiter, contraint et forcé, la sobriété de la tortue.

Faire la tortue

Ne rien manger. Jeûner volontairement ou par la force des choses (Argot des voleurs). N.

Faire la vie

Mener une vie débauchée, coucher tous les jours avec un nouvel amant lorsqu’on est femme, avec une nouvelle maîtresse lorsqu’on est homme.

Faire la vie

v. n. Se débaucher, courir les gueuses, ou avoir de nombreux amants, selon le sexe, — dans l’argot des bourgeois, qui pensent peut-être que c’est plutôt défaire sa vie.

Faire la vie

Faire de la vie une noce perpétuelle. Racine a dit pour exprimer la même idée :

De fleurs en fleurs, de plaisirs en plaisirs,
Promenons nos désirs.

Faire le balancier

Aller et venir sur un trottoir en attendant quelqu’un.

Faire le benjamin

Substituer une chose à une autre.

Faire le bon fourrier

v. n. C’est, dans un repas, servir ou découper de façon à ne pas s’oublier soi-même. Faire le mauvais fourrier. Servir ou découper de façon à contenter tout le monde excepté soi-même.

Faire le bon fourrier

Faire les portions égales, dans un repas.

Faire le boulevard

Se promener sur le boulevard des Italiens, ou sur le boulevard Montmartre, à l’heure où les hommes abondent, pour en raccrocher un ou plusieurs. — Se dit des lorettes, dans l’intervalle d’un entreteneur à l’autre.

Faire le boulevard

v. n. Se promener, en toilette provocante et en tournure exagérée, sur les boulevards élégants, — dans l’argot de Breda-Street, qui est l’écurie d’où sortent chaque soir, vers quatre heures, de si jolis pur-sang, miss Arabella, miss Love, etc. On dit aussi Faire la rue ou Faire le trottoir.

Faire le cas

Se masturber.

Lorsque j’y pense, et même encore ici,
Je fais le cas. — Pardieu, lui dit le moine,
Je le crois bien, car je le fais aussi.

Piron.

Faire le chapeau du commissaire

Faire jouir un homme en lui suçant la pine et, en même temps, en lui pelotant doucement les couilles.

Tu me f’ras l’chapeau du commissaire ?

Lemercier de Neuville.

En même temps elle peut faire
Aussi chapeau du commissaire.
Ce doux jeux qu’inventa l’amour
Est aussi simple que bonjour !
Tant que sa petite menotte
Avec adresse vous pelote,
Sa bouche vous suce le dard
Pour en obtenir le nectar…

Marc-Constantin.

Faire le con cocu

Enculer une femme, ou un homme.

Il déconne et s’adresse au cul,
Puis zeste !… il fait le con cocu,
En et avant merde et foire.

(Parnasse satyrique.)

Faire le cul de poule

v. n. Faire la moue en avançant les lèvres et en les pressant, — dans l’argot du peuple.

Faire le dessus

Se placer dessus dans le duo amoureux, avec la femme dessous. Quelquefois, c’est la femme qui fait le dessus et l’homme le dessous. Voir la Diligence de Lyon.

Mais cette fille trop pensante
Qu’amour d’innover consumait,
Prit le dessus, tant elle aimait
La philosophie agissante.

Béranger.

Faire le garçon, faire la fille (pour)

Avoir de l’argent mignon pour s’amuser.

Faire le grand

v. a. Alvum deponere, — dans l’argot des pensionnaires. Elles disent aussi Faire le grand tour.

Faire le gros

Faire ses nécessités. — Faire le petit, uriner.

Faire le Jacques

Faire l’imbécile, faire quelque chose d’humiliant, de pénible, — dans le jargon du régiment. Jacques exprime la même idée que l’ancien Jeannot. As-tu fini de faire le Jacques ? Pendant trois heures nous avons fait les Jacques dans la cour, nous avons fait l’exercice ; expression surtout employée par les cavaliers pour les classes à pied.

Faire le Jacques

Faire l’imbécile. On fait le Jacques auprès d’une femme pendant qu’elle est la maîtresse d’un autre (Argot du peuple). N.

Faire le Jacques

Faire l’imbécile.

Faire le Jacques

Faire l’imbécile.

Faire le jaja

S’en aller, se sauver.

Faire le lézard

v. n. S’étendre au soleil et y dormir ou y rêver, — dans l’argot des bohèmes et du peuple.

Faire le lézard

Battre sa flemme sur l’herbe, le ventre au soleil. On dit aussi : manger une soupe à l’herbe (Argot du peuple). V. Loupeur.

Faire le lézard

Se coucher sur l’herbe au soleil.

Faire le métier

Sous-entendu de putain.

Qu’ils sont jolis tes tétons ! qu’ils sont ronds et fermes ! je vois bien qu’il n’y a pas longtemps que tu fais le métier.

La Popelinière.

Faire le monôme

Marcher dans les rues à la queue-leu-leu et aller prendre des prunes chez la mère Moreau, à l’issue d’un des examens d’admission à l’École polytechnique, — dans le jargon des candidats à cette école.

Hier, à une heure de l’après-midi, a eu lieu la promenade annuelle, le monôme traditionnel, des candidats de l’École polytechnique.

(Petit Journal du 2 juillet 1880.)

La variante est : File indienne.

Faire le monsieur

Trancher du maître, du fashionable.

Sa suffisance le fait haïr, il fait le monsieur.

Hilpert.

Faire le mouchoir

v. a. Voler une idée de drame, de vaudeville ou de roman, — dans l’argot des gens de lettres.

Faire le mouchoir

Voler l’idée d’une pièce de théâtre, d’une œuvre littéraire, sorte de vol trop pratiqué par les gens de lettres sans aucune espèce de scrupule.

Faire le pet

Donner l’alerte.

Faire le pet

Faire le guet. Pendant qu’un vol se commet, le complice qui regarde s’il ne voit venir personne fait le pet.

Faire le petit

v. a. Meiere ; — dans l’argot des pensionnaires. Blés disent aussi Faire le petit tour.

Faire le plongeon

v. a. Se confesser in extremis — dans l’argot du peuple, qui a horreur de l’eau. C’est le mot de Condorcet parlant des derniers moments d’Alembert : « Sans moi, dit-il, il faisait le plongeon. »

Faire le plongeon

Faire faillite. — Renier ses principes, se parjurer.

Faire le poil

Surpasser. — Mot à mot : raser.

Personne n’a fait le poil à Gaudissart.

Balzac.

Il n’y a pas moyen de me faire le poil.

Vidal, 1833.

Faire le poireau

Attendre longtemps quelqu’ un, si la personne ne vient pas, celui qui attend est planté là pour reverdir. On dit aussi : poiroter. Synonyme de : Attends-moi sous l’orme (Argot du peuple).

Faire le poireau

Attendre.

Faire le poireau

Attendre.

Faire le proute

Avertir la police, crier à la garde.

Faire le quart

On dit qu’un mac est un entier dont la moitie fait le quart. Ce mot quart vient de ce que les filles des maisons de tolérance de province font, à tour de rôle, une faction d’un quart d’heure à une porte à claire-voie, pour appeler les clients.

Faire le rade

Voler de l’argent dans le tiroir-caisse d’un comptoir.

Faire le saut

Se dit d’une femme que l’insistance passionnée d’un homme oblige à se laisser baiser par lui.

De ces brebis à peine la première
A fait le saut, qu’il suit une autre sœur.

La Fontaine.

Faire le serrurier

Frotter longtemps son membre contre les parois du vagin d’une femme sans parvenir à éjaculer. Voir limer.

Faire le sert, le serre

Faire le guet. En argot de voleur, sert veut dire « signal. » C’est une abréviation, sans doute, de service. Faire le sert ou le serre, c’est donc faire le service, surveiller.

Faire le singe

Attendre.

Faire le tape

Être exposé sur l’échafaud.

Faire le trottoir

Sa promener, décolletée, dans les rues, à la nuit tombante, en remuant habilement les fesses, pour allumer les hommes et les engager à venir au bordel voisin.

Mon cher, j’descends dans la rue ; a y était qui f’sait l’trottoir.

Henry Monnier.

Commèr’ vaut compère :
Il fait le mouchoir,
Elle le trottoir.

(Chanson anonyme moderne.)

Faire les cabinets

Aller de cabinet en cabinet particulier à la recherche du client, — dans le jargon des soupeuses.

Ça m’amuse ensuite de faire les cabinets.

(Ces Petites dames, 1862.)

Faire les cours

Être parquées par catégories dans des quartiers séparés avec défense de communiquer, — dans le jargon des détenues de Saint-Lazare.

Faire les poches

Fouiller quelqu’un.

Faire les yeux en coulisse

Regarder une femme amoureusement comme pour lui dire : Veux-tu ?

Faire lesse (se)

Se tromper.

Faire mal

Faire pitié, — dans l’argot des faubouriens et des filles, qui disent cela avec le plus grand mépris possible. Ah ! tu me fais mal ! est d’une éloquence à nulle autre pareille : on a tout dit quand on a dit cela.

Faire mettre (se le)

Sous-entendu : le membre viril dans le vagin ou dans le cul.

Le Florentin lui dit :
Ne m’en fais pas reproche,
Car dans une bamboche
Tu te l’ fais mettre aussi.

Joachim Duflot.

Faire minon minette

Branler une femme avec la langue.

— Comment, ma mie, ça s’appelle quand on branle avec sa langue ? — Faire minon-minette.

Henry Monnier.

Elle vous fait minette
Et puis avale tout.

Joachim Duflot.

Faire mouche

Tirer assez juste pour que la balle s’applatisse sur un point noir (mouche), au centre de la cible.

Elles font mouche à tout coup et tuent les hirondelles au vol.

Second.

Faire mouiller la fesse (se)

Se faire baiser, — parce que dans l’averse de sperme qui tombe tout à coup sur elle, la femme n’a pas le temps d’ouvrir son parapluie et de préserver son ventre et ses fesses de l’inondation.

Par un député ce mac
A fait repasser sa nièce,
Qui s’est fait mouiller la fesse
Pour un bureau de tabac.

Dumoulin.

Faire mourir (s’en)

Désirer ardemment une chose, — dans l’argot du peuple. S’emploie d’ordinaire comme formule de refus à une demande indiscrète ou exagérée : Ah ! tu t’en ferais mourir ! C’est le refrain d’une chanson récente qui a fait son tour de Paris comme le drapeau rouge, et qui est en train de faire son tour du monde comme le drapeau tricolore.

Faire mousser

Louer immodérément.

Celui-ci commande de longs articles dans lesquels il faut faire mousser les modistes en dix lignes.

Roqueplan.

Mousser : Écumer de rage.

Ne moussez donc pas comme ça.

Labiche.

Mousseux : Faisant de l’effet redondant.

J’estime et j’honore celui qui est un peu mousseux dans sa façon de parler.

La Bédollière.

Faire nonne

Prêter la main à un vol, — dans l’argot des prisons.

Faire nonne

Être complice d’un vol, faciliter un vol.

Faire nonne

Être complice d’un vol.

Faire nonne

Se rendre le complice d’un vol préparé de longue main par le nonneur lui-même (Argot des voleurs).

Faire pallas

Faire des manières, faire du genre.

Faire pan pan

Baiser une femme, imiter avec la queue dans le vagin le bruit sourd du marteau de cordonnier frappant pour l’assouplir sur un morceau de cuir.

Si du paon dépend
Mon plaisir, c’est qu’un paon,
Cet animal pimpant,
A Vénus fit pan pan !

J. Du Boys.

Faire papa, maman

Apprendre à battre du tambour, — dans le jargon des élèves-tambours. Onomatopée des baguettes frappant à tour de rôle la caisse.

Faire passer le goût du pain

Tuer. On trouve Perdre le goût du pain (Mourir) dans le Dictionnaire comique de Leroux. V. Claquer.

Tous les jean-f…… qui voulaient faire perdre le goût du pain aux braves montagnards.

1793, Hébert.

V’là la guillotine qui se met à jouer. On enlève le goût du pain au monde.

H. Monnier.

Faire passer le goût du pain

Tuer quelqu’un, — dans l’argot du peuple. On dit aussi Perdre le goût du pain, pour Mourir.

Faire patatro

Se sauver, s’en aller.

Faire patrouille

Se débaucher de compagnie, courir les rues après minuit avec des libertins et des ivrognes.

Faire peau neuve

S’habiller à neuf.

Faire péter le cylindre (s’en)

Se dit, dans l’argot des aubouriens, de toute chose faite avec excès, comme de manger, de boire, etc., et qui pourrait faire éclater un homme, — c’està-dire le tuer. On dit aussi S’en faire péter la sous-ventrière.

Faire petite chapelle

v. n. Se chauffer comme ont la pernicieuse habitude de le faire les femmes du peuple, qui s’exposent ainsi à des maladies variqueuses.

Faire pieds neufs

v. a. Accoucher d’un enfant, — dans l’argot du peuple, qui se souvient, sans l’avoir lu, du livre Ier, chap. VI, de Gargantua.

Faire piler du poivre

Terrasser quelqu’un plusieurs fois en le laissant retomber aussi lourdement qu’un pilon. — Poivre indique la cuisson qu’en ressent la partie contuse.

Faire pisser des lames de rasoir en travers

Ennuyer.

Faire plaisir

Faire jouir, soit en branlant, soit en baisant une personne.

Ah ! petite bougresse ! que tu me fais de plaisir !… Ahi ! ahi ! je décharge ! je décharge !…

La Popelinière.

C’est un homme qui trop s’ingère
A faire plaisir aux femmes.

(Farces et moralités.)

S’ils font plaisir à nos commères,
Ils aiment ainsi les maris.

F. Villon.

Faire pleurer son aveugle

Meiere, — dans l’argot des faubouriens.

Faire pleurer son aveugle

Uriner.

Faire pleurer un simple

Escroquer, voler, ou gagner quelqu’un.

Faire postillon

Introduire son doigt dans le cul d’un homme, lorsqu’il vous baise, afin de le faire jouir plus vite.

Avec mon nez, bien qu’il soit long,
Je ne puis me fair’ postillon.
Et voilà ce qui me chagrine :
Avant ma mort j’aurais voulu
Foutre mon nez dans l’ trou d’ mon cul.

Dumoulin.

— Rendre le même servira à la femme, lorsqu’elle fait le dessus et vous le dessous, dans le duo vénérien.

L’homme, de sa main droite, ou lui fait postillon,
Ou la glisse en dessous et lui branle le con.

L. Protat.

Faire prier (se)

Se dit d’une femme qui refuse, ou fait semblant de refuser l’offre qu’un homme lui fait de son membre, — ce qui est refuser son bonheur.

Dans le siècle où les dames
Ne se font pas prier,
Avoir toutes les femmes
Afin de varier.

Collé.

Faire quatre chiffres

Argot de théâtre. Faire une recette d’au moins mille francs.

On se frottait les mains au théâtre, le soir, quand, par hasard, on avait atteint ce qu’on appelait les quatre chiffres. Les quatre chiffres cabalistiques, c’était mille francs.

(F. Sarcey : Temps, 1882.)

Faire ramasser (se)

Se faire arrêter par les agents de police pour avoir excité les passants à la débauche ; après onze heures du soir.

Si bien qu’eune nuit, c’était hors barrière, on m’ramasse… De là, au dépôt… Quand j’ai sorti, j’étais putain…

Henry Monnier.

Faire ramasser (se)

Se faire arrêter, — dans l’argot des voleurs et des filles.

Faire relâche

Se refuser à toute conjonction, par maladie mensuelle ou par fantaisie pure, — ce qui est assez rare, qui a bu voulant toujours boire.

Il faut que tous les mois l’artiste se repose…
Une affiche à la porte, affiche de couleur,
Sur laquelle en travers, une bande s’attache,
Avertit le public qu’ici l’on fait relâche.

Aug. Roussel.

Faire remplir (se)

Se faire faire un enfant.

L’un me remplit, l’autre me bourre…
Que puis-je désirer de plus ?

Marcillac.

Faire river son clou

Employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.

La petite savequière
Qui demeure en ce carquié,
Va faire river son clou
Tous les dimanches à Saint-Cloud.

(La Comédie des Chansons.)

Faire sa balle

v. a. Suivre les instructions ou les conseils de quelqu’un, — dans l’argot des prisons.

Faire sa dame

L’expression était fort en usage parmi le peuple au commencement du XVIIIe siècle, et signifiait comme aujourd’hui : prendre du bon temps, se prélasser, s’amuser.

Faire sa gueule

Faire une figure renfrognée. Être mécontent sans en rien dire (Argot du peuple). N.

Faire sa merde

Faire des façons, des cérémonies — en parlant d’une femme qui ne veut pas être baisée.

Mais tu ne l’aimes pas. Avec moi tu veux faire
Ta merde, voilà tout…..

Louis Protat.

Faire sa merde

Faiseur d’embarras. Les gascons ont ce privilège (Argot du peuple).

Faire sa nouveauté

C’est, dans le jargon des filles, se produire sur un nouveau trottoir, montrer un nouveau visage aux dilettanti de la prostitution.

Faire sa poire

Faire des façons, — en parlant d’une femme qui hésite à se laisser baiser.

Faire sa poire

Sa tête, sa Sophie, son Joseph, son étroite, ses embarras, faire suisse. V. ces mots.

Faire sa poire

Ne jamais rien trouver de bien ; s’imaginer être au-dessus de tout et de tous (Argot du peuple). N.

Faire sa poire

Être difficile.

Faire sa sophie

Se dit de toute femme qui fait la sage quand il ne le faut pas.

A quoi ça m’aurait avancé de faire ma Sophie ?

Charles Monselet.

Faire sa Sophie

v. n. Se scandaliser à propos d’une conversation un peu libre, montrer plus de sagesse qu’il ne convient. On dit aussi Faire sa poire, Faire sa merde, et Faire son étroite, — dans l’argot des voyous.

Faire sa Sophie

Faire le dégoûté, à table ne manger que du bout des lèvres. Mot à mot : faire des manières. Synonyme de chipie (Argot du peuple). N.

Faire sa toilette

Se laver après le coït, le cul lorsqu’on est femme, la queue quand on est homme, pour éviter les dangers qui résulteraient infailliblement d’une accumulation de sperme — et par amour de propreté, lorsqu’on s’est habitué des l’enfance à être propre.

N’entre pas, mon chéri ; attends que j’aie fini ma toilette.

Lemercier de Neuville.

Faire saigner

Faire de la peine à quelqu’un.

Faire saluer le polichinelle

Réussir, faire mieux que les autres, — dans l’argot des faubouriens. C’est une allusion aux tirs à l’arbalète des fêtes publiques, où, quand on met dans le mille, on voit sortir et saluer une tête de Turc quelconque.

Faire sauter la coupe

Battre à l’écarté de façon à retourner le roi, en neutralisant la coupe.

Faire sauter la coupe

Battre les cartes de façon à toujours amener le roi, — dans l’argot des grecs.

Faire sauter le bouchon

Branler un homme, ou baiser avec lui, — ce qui, naturellement, provoque l’éjaculation du sperme.

Il se sent déjà des velléités pour cette friponne de Célestine, dont il est voisin, et qui joue avec lui de la prunelle à faire sauter le bouchon.

A. de Nerciat.

Vous êtes gai comme un sermon,
L’abbé, le diable vous conseille ;
Faites sauter votre bouchon
Sans ma bouteille.

H. Cantel.

Faire sauter le système (se)

v. réfl. Se brûler la cervelle, — dans l’argot des faubouriens.

Faire ses choux gras de quelque chose

En faire ses délices, s’en arranger, — dans l’argot des bourgeois.

Faire ses frais

v. a. Emmener un homme du Casino, — dans l’argot des petites dames, à qui leur toilette de combat coûterait bien cher si elles étaient forcées de la payer.

Faire ses frais

v. a. Réussir à plaire à une jolie femme un peu légère, — dans l’argot des libertins, qui sèmeraient en vain leur esprit et leur amabilité s’ils ne semaient en même temps quelques gouttes de « boue jaune ».

Faire ses orges

v. a. Faire des profits illicites, — dans l’argot du peuple.

Faire ses orges

Gratter. Faire danser l’anse du panier. Engraisser ses poches aux dépens de celles des autres (Argot du peuple).

Faire ses petites affaires

Employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.

Ils se firent allumer du feu dans une chambre où ils firent leurs petites affaires.

Tallemant des Réaux.

Faire ses petits paquets

v. a. Être à l’agonie, — dans l’argot des infirmiers, qui ont remarqué que les malades ramassent leurs draps, les ramènent vers eux instinctivement, à mesure que le froid de la mort les gagne.

Faire siphon

Argot des voyous. Vomir.

Faire soixante-neuf

Gamahucher une femme pendant qu’elle vous suce la pine, — ce qui ne peut se faire qu’en intervertissant mutuellement la position ordinaire au coït, c’est-à-dire en faisant d’un 6 un 9. et d’un 9 un 6 : 69.

Soixante-neuf et son vit se redresse !
Soixante-neuf ferait bander un mort !

(Chanson anonyme moderne.)

Faire son beurre

à la même signification. V. Faire ses orges.

Faire son beurre

Gagner de l’argent. Un domestique fait aussi son beurre lorsqu’il fait danser l’anse du panier.

Faire son Cambronne

Cacare, — dans l’argot dédaigneux des duchesses du faubourg Saint-Germain, qui disent cela depuis l’apparition des Misérables de Victor Hugo.

Faire son cheval de corbillard

Faire le malin. Poser.

Faire son deuil

Se passer.

Tu vas faire ton deuil de me voir avant deux ou trois heures.

L. Reybaud.

Faire son deuil d’une chose

La considérer comme perdue, s’en passer, — dans l’argot du peuple.

Faire son devoir

Employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.

Et si l’époux avait fait son devoir.

Cl. Marot.

Il y vint tout apprêté en chemise pour faire son devoir.

Brantôme.

Quand le mari fut couché et qu’il eut fait son devoir.

Tallemant des Réaux.

Faire son étroite

Faire la dégoûtée, en parlant d’une femme à qui un homme propose de la baiser.

…Homme de qui la femme…
Fait l’étroite avec lui, même lorsqu’elle est large.

L. Protat.

Faire son gaz

Aller à la garde-robe (Dict. d’Argot, 1827).

Faire son joseph

Résister aux avances d’une femme, comme le fils aîné de Jacob à madame Putiphar.

Faire son michaud

v. a. Dormir, — dans le même argot [du peuple].

Faire son palais-royal

Se promener dans les galeries du Palais-Royal pour y raccrocher des hommes, — ce qui avait lieu surtout lorsque le Palais-Royal était un immense bordel où se donnaient rendez-vous, pour jouir, les membres virils des cinq parties du monde.

De tous les points de Paris une fille de joie accourait faire son Palais-Royal.

H. De Balzac.

Faire son temps

v. a. Rester en prison ou au bagne pendant un nombre déterminé de mois ou d’années, à l’expiration duquel on est libre. — Se dit aussi du Service militaire auquel on est astreint lorsqu’on est tombé à la conscription.

Faire suer

Tuer.

Faire suer

Assassiner. — Mot à mot : Faire suer du sang. — V. Chêne.

Faire suer

v. a. Tuer. — dans l’argot des escarpes, qui d’un coup de surin, procurent immédiatement à un homme des sueurs de sang. — Faire suer un chêne. Tuer un homme.

Faire suer

Faire suer une affaire, lui faire rendre l’impossible. Faire suer, expression employée par les cuisiniers pour faire revenir certaines viandes très légèrement dans la casserole. Dire à quelqu’un : Vous me faites suer, signifie : Vous m’embêtez (Argot du peuple).

Faire suer le chêne

Assassiner.

Faire suer le chêne

Tuer un homme (Argot des voleurs).

Faire suer le chêne

Tuer quelqu’un.

Faire suer un chêne

Assassiner un homme.

Faire suer un chêne

Assassiner un homme.

Faire suisse

Ouvrier qui boit seul et ne fraternise jamais avec ses camarades (Argot du peuple). V. Ours.

Faire Suisse

Boire seul.

Faire suisse

Boire seul.

Faire tête-bêche

Se placer mutuellement de façon que la pine de l’homme soit à la hauteur de la bouche de la femme qui la suce, et que le con de la femme soit à la hauteur de la langue de l’homme qui s’y introduit. De même, naturellement, entre tribades qui veulent jouir ensemble.

A leurs côtés j’entends
Des cris intermittents ;
Géraudon et Tautin
Font tête-bêche un repas clandestin.

J. Duflot.

Mais, parfois, quand il trouve une motte bien fraîche,
Ce qu’il aime avant tout, c’est faire tête-bêche.

L. Protat.

Faire tomber le rouge

Avoir l’inconvénient de la bouche — dans l’argot des comédiens, à qui l’émotion inséparable donne souvent cette infirmité passagère.

Faire tout

Ce qu’une fille qui raccroche un homme dans la rue lui promet de faire quand ils seront seuls dans une chambre du bordel ; cela consiste à se mettre nue, à le branler, à le sucer, etc., etc.

J’te collerai cent sous… Mais tu m’f’ras tout !

Lemercier de Neuville.

Faire trêve du cul

S’arrêter dans l’acte vénérien.

Pourquoi fais-tu, dit la garce affolée,
Trêve du cul ?

Régnier.

La garce après maintes secousses,
Lui dit : Faisons trêve du cu.

Théophile.

Faire un cran

Tenir bonne note d’une chose.

Faire un dieu de son ventre

v. a. Ne songer qu’à bien manger et à bien boire, — dans l’argot des bourgeois.

Faire un homme

Jeter son hameçon dans une foule masculine, au Casino ou ailleurs, et le retirer avec un goujon au bout.

Les lorettes ne vont pas dans les réunions publiques pour autre chose que pour faire des hommes.

Seigneurgens.

Faire un homme

v. n. Se faire emmener du bal par un noble inconnu, coiffeur ou banquier. Argot des petites dames.

Faire un homme

Action de lever au bal ou ailleurs un individu à la recherche d’une bonne ou d’une mauvaise fortune, à l’heure, à la course ou à la nuit (Argot des filles).

Faire un homme

Une prostituée fait un homme lorsqu’elle va avec lui quelques minutes, soit chez elle, soit en hôtel.

Faire un loup

Un ouvrier qui a mal débité son bois pour fabriquer un meuble a fait un loup.

Faire un miche

Attraper un simple.

Faire un peigne, faire le peigne

Prendre la clef des champs, — dans l’ancien jargon du peuple. Peigne ou pigne, signifie clef.

Faire un pli (ne pas)

Aller tout seul, — dans l’argot du peuple.

Faire un poulain

Tomber de cheval, — dans le jargon des régiments de cavalerie ; jeu de mot hippique ; c’est-à-dire : mettre bas son cavalier.

Faire un revers

Tricher entre grecs, faute de mieux. La lutte s’engage, ordinairement, dans les villes d’eaux entre grecs du Midi et grecs du Nord qui se détestent et se font une grande concurrence. Naturellement l’un d’eux, le plus souvent un grec de première année, ignore à qui il a affaire. Au lieu d’une dupe facile à plumer, il trouve son maître, un vieux professeur aussi rompu aux tricheries que Mithridate aux poisons.

Faire un rigolo

Vol identique à celui que l’on nomme l’embrassade. L’homme volé n’a guère envie de rigoler et ne trouve pas rigolo le vol dont il est victime (Argot des voleurs).

Faire un serpent

Courir dans la cour de récréation en se tenant à la queue leu-leu, — dans le jargon des collégiens. (L. Larchey)

Faire un tassement

v. a. Boire un verre de cognac ou de madère au milieu d’un repas, — dans l’argot des bohèmes. On dit aussi Faire un trou.

Faire un trou

Prendre un verre d’eau-de-vie au milieu du repas, pour précipiter la digestion, faire un trou destiné à l’ingestion de nouveaux aliments.

Faire un trou à la lune

Décamper par un trou à la clarté de la lune.

Mazarin a fait un trou à la lune, comme font ordinairement les larrons.

Le Ministre fugitif, Paris, 1651.

Faire un trou à la lune

Faire faillite, enlever la caisse de son patron et se réfugier en Belgique. Argot du peuple.

Faire un trou dans la lune

Faire banqueroute (Argot du peuple).

Faire une affaire

Commettre un vol.

Faire une belle jambe

Ne servir à rien, — dans l’argot du peuple, qui emploie cette expression ironiquement et à propos de n’importe quoi. Ça lui fait une belle jambe ! La « Belle Heaulmière » de François Villon disait dans le même sens : J’en suis bien plus grasse !

Faire une cavalcade

La femme sur le dos et le vit dans le con, l’homme, au lieu de rester entre les cuisses de la dame, les serre l’une contre l’autre afin de jouir davantage et passe ses genoux par-dessus elle, comme s’il allait à cheval.

Ça fait des manières, un porte-maillot comme ça !… et qui en a vu, des cavalcades !

Gavarni.

Faire une commission

v. a. Levare ventris onus, — dans l’argot des bourgeoises.

Faire une conquête

Débaucher une femme, une fille ; l’emmener coucher.

Faire une coquille de Bergerac

v. a. Se dit, — dans l’argot des tailleurs, quand un ouvrier a fait une pièce dont les pointes de collet ou de revers, au lieu de se courber en dessous, relèvent le nez en l’air et poignardent le ciel. C’est une plaisanterie de Gascon, maintenant parisiennée.

Faire une entrée de ballet

v. a. Entrer quelque part sans saluer, — dans l’argot des bourgeois, amis des bienséances.

Faire une fausse couche

Éjaculer en dormant, soit parce qu’on est couché sur le dos et que cette position vous met toujours en érection, soit parce qu’on a un songe libertin dans lequel on croit foutre réellement une femme.

.. Je bandais, et si fort, sur ma couche étendue,
Que j’en fis une fausse…

Louis Protat.

Faire une femme

Distinguer parmi la foule, au bal ou au théâtre, une femme quelconque, qui vous porte à la peau, et l’emmener coucher.

En attendant, il a fait une femme superbe, dit un autre en voyant Rodolphe s’enfuir avec la danseuse.

Henry Murger.

— On dit aussi dans le même sens : Lever une femme.

Faire une femme

v. n. Nouer une intrigue amoureuse avec elle, — dans l’argot des étudiants.

Faire une fin

Se marier. — Après avoir bien vécu, bien fait la noce, devenir épicier, maître de bordel et… cocu, comme X, Y et Z, que tout le monde connaît. — Ces dames font également une fin.

Quoique l’état ne manque pas
D’appas,
Foi de Margot, si ça ne reprend pas,
Je m’expatrie.
Ou bien je me marie ;
Il faut enfin
Que je fasse une fin.

F. Seré.

Faire une fin

v. n. Se marier, — dans l’argot des viveurs, qui finissent par où les gens rangés commencent, et qui ont lieu de s’en repentir.

Faire une grosse dépense

Faire de suite un grand nombre de fois l’acte vénérien.

Le duc de Saux avait fait la nuit une grosse dépense avec Louise d’Arquien, fameuse courtisane.

(La France galante.)

Faire une heure

Dormir une heure, — dans le jargon du régiment. Mot à mot : faire une heure de sommeil. — Faire une sacrée heure, dormir longtemps.

Faire une maison entière

Assassiner tous les habitants d’une maison, et faire main basse sur tout ce qui s’y trouve, — dans le jargon des voleurs.

Faire une moulure

v. a. Levare ventris onus, — dans l’argot des menuisiers.

Faire une pince au bonnet de grenadier

Se dit des femmes qui, lorsqu’on les baise, se placent de façon à rendre l’introduction du membre moins facile et à faire supposer — aux imbéciles — qu’elles sont étroites.

V’là pourtant qu’un jeune vélite,
Malgré sa taille tout’ petite,
Un soir voulut en essayer.
A ses désirs je m’ prête
Mais je n’ perds pas la tête :
Pour qu’il n’y entr’ pas tout entier,
Je fis un’ pince — au bonnet d’ guernadier.

Henri Simon.

Faire une queue

Faire une infidélité à sa femme ou à sa maîtresse est lui faire une queue.

Faire une scène, un air

Faire réussir, souligner par des applaudissements un air, une scène, en terme de théâtre.

On peut faire tous les airs et presque tous les duos des Huguenots.

(Ch. de Boigne.)

Faire une tête (se)

Se grimer d’une manière caractéristique, suivant le type du personnage à représenter. Argot des coulisses. Got, Mounet-Sully, Paulin Ménier excellent dans cet art difficile.

Faire une tête dans la filasse

Aller se coucher.

Faire valser

Accabler de coups.

Nous ferons valser les Prussiens.

Henry, Ch., 1838.

Faire venir l’eau à la bouche

Donner soif de fouterie à une vierge où à un puceau, en faisant devant eux un tableau éloquent des béatitudes amoureuses.

Elle lui sait si bien représenter les douceurs de l’amour, avec des instructions et des naïvetés si plaidantes, qu’elle lui en fait venir l’eau à la bouche.

Mililot.

Faire venir le foutre à la bouche

Mettre une femme ou un homme en appétit d’amour, en patinant l’une ou en polissonnant avec l’autre.

T’es bien monté… mâtin ! Ça vous fait venir la foutre à la bouche.

Lemercier de Neuville.

Faire vit qui dure

Être avare de son sperme, ne le dépenser qu’à bon escient, avec sa propre femme ou avec celles des autres, mais sans furie, sans extravagance, en homme qui tient à jouir jusqu’aux confins extrêmes de l’âge mûr.

Puis sentant le bouillon monter
Et voulant fair’ vit qui dure,
Je me retrouve en posture,
Un’ chandelle où vous savez.

(Parnasse satyrique.)

Faire voir la feuille à l’envers

Baiser une femme dans les bois, parce qu’étant sur le dos et levant les yeux au ciel elle ne peut apercevoir que le dessous des feuilles d’arbre.

Bientôt, par un doux badinage,
Il la jette sur le gazon.
— Ne fais pas, dit-il, la sauvage,
Jouis de la belle saison…
Ne faut-il pas, dans le bel âge
Voir un peu la feuille à l’envers ?

Rétif De La Bretonne.

Faire voir la lune

Montrer son cul.

Parlez-moi d’une planète
Qu’on examine à l’œil nu
Chaque soir, me dit ma brune,
Si tu veux être discret,
Je te ferai voir la lune
A dada sur mon bidet.

A. Jacquemart.

Faire zague, zague

Branler un homme.

Comtesse, empoigne-le par le milieu… La ! là !… à merveille ! Promène ta main d’un bout à l’autre, et serre-le-moi fort, de peur qu’il n’échappe… Fais zague, zague… Ah !…

La Popelinière.

Faire zizi, panpan

Faire l’acte vénérien — si plein d’onomatopées.

Près d’Ève, Satan déguisé,
Avec deux mots fit sa conquête ;
En les prononçant, le rusé
Brandillait la queue et la tête.
Voici les deux mots du serpent :
Zizi, panpan.

Louis Festeau.

Faire, refaire au même

Tromper.

Je me suis engagé tantôt, et les racoleurs qui croient m’avoir fait me retiennent.

Garde-moi le secret, brûle ma lettre ; je veux faire ces drôles-ci…

Rétif, 1776.

Les soldats s’imaginent toujours que les sergents majors les refont au même.

La Bédollière.

Fais (j’y)

Je le veux bien, — dans le jargon du peuple.

Fais mal (comme tu me) !

Comme tu me fais pitié avec tes raisonnements, comme tu m’agaces !

Faisan

On appelle ainsi, dans le commerce parisien, des filous qui ont cette spécialité : exploiter des fonds de commerce qu’ils se repassent entre eux tous les trois mois, au moment de l’échéance des traites, soldant les marchandises qu’ils se sont procurées à crédit. Le faisan est proche parent du fouilleur. (V. ce mot.)

Certains inculpés, tels que Colson, ont joué le rôle de faisans.

(Droit, août, 1886.)

Faisan

Escroc qui solde les marchandises qu’il s’est procurées à crédit.

Faisander (se)

v. réfl. Vieillir, — dans l’argot des faubouriens, qui ne se font aucun scrupule d’assimiler l’homme au gibier. Ils disent aussi S’avarier.

Faisanderie

Escroquer de la marchandise est faire de la faisanderie.

Faisans

Escrocs qui font venir à crédit des marchandises qu’ils revendent au comptant, à des fusilleurs, meilleur marche que le prix d’achat. Voir Fusilleurs.

Faisant

s. m. Camarade, copain, — dans l’argot du collège, où l’on éprouve le besoin d’avoir un second soi-même, un confident des premières joies et des premières douleurs, un ami qui fasse vos thèmes et de qui l’on fasse les billes et les confitures.

Faiseur

Commerçant.

Faiseur

« On entend par faiseur l’homme qui crée trop, qui tente cent affaires sans en réussir une seule, et rend souvent la confiance publique victime de ses entraînements. En général, le faiseur n’est point un malhonnête homme ; la preuve en est facile à déduire ; c’est un homme de travail, d’activité et d’illusions ; il est plus dangereux que coupable, il se trompe le premier en trompant autrui. » — Léo Lespès. On connaît la pièce de balzac, mercadet le faiseur. son succès a été tel, qu’elle a doté le mot faiseur d’un synonyme nouveau. on dit un mercadet. — pour vidocq, le faiseur n’est qu’un escroc et un chevalier d’industrie. — on dit aussi c’est un faiseur, d’un écrivain qui travaille plus pour son profit que pour sa gloire.

Faiseur

s. m. Type essentiellement parisien, à double face comme Janus, moitié escroc et moitié brasseur d’affaires, Mercadet en haut et Robert Macaire en bas, justiciable de la police correctionnelle ici et gibier de Clichy là — coquin quand il échoue, et seulement audacieux quand il réussit. Argot des bourgeois.

Faiseur

Terme générique servant à qualifier tout commerçant qui brasse toutes sortes d’affaires, qui se jette à tort et à travers dans toutes sortes d’entreprises. — Exploiteur, banquiste raffiné. Le vrai faiseur trompe en général tout le monde ; il fait argent de tout ; un jour il est à la tête du pavage en guttapercha, le lendemain il a obtenu la concession des chemins de fer sous-marins ou celles des mines de pains à cacheter. Les gogos sont les vaches laitières des faiseurs. Dans la finance, ils sont les saltimbanques de la banque. Ils font des affaires comme au besoin ils feraient le mouchoir. Il existe des faiseurs dans tous les métiers qui touchent au commerce, à l’art, à l’industrie, à la finance.

Il a été dernièrement commandé à Lélioux un roman par un faiseur ; j’y travaille avec lui.

(H. Murger, Lettres.)

On a l’exemple de faiseurs parvenus à la fortune, à une très grande fortune : décorés, administrateurs de chemin de fer, députés, plusieurs fois millionnaires. Féroce alors pour ses anciens confrères, le faiseur les traite comme Je sous-officier qui a obtenu l’épaulette traite le soldat, comme traite ses servantes la domestique qui a épousé son maître.

Faiseur

Exploiteur. Escroc.

Faiseur

Escroc.

Faiseur d’œil

s. m. Lovelace qui jette l’hameçon de son regard amorcé d’amour sur toutes les femmes qu’il suppose appelées à y mordre. L’expression est de Nestor Roqueplan.

Faiseurs

Voir faisans.

Faiseuse d’anges

Femme qui détermine des avortements. — Elle fait des anges pour le ciel.

Faiseuse d’anges

Nourrice qui, de propos délibéré, laisse mourir les enfants qu’on lui confie.

Fait

Arrêté. Celui qui a été arrêté a été fait.

Fait (le)

L’acte vénérien.

Un mari goguelu,
Trouva sa femme sur le fait.

G. Coquillart.

Cela ne plut pas au valet,
Qui, les ayant pris sur le fait,
Vendiqua son bien de couchette.

La Fontaine.

Fait pas (ça n’y)

Ça n’y fait rien, — dans le jargon du peuple. — Ça n’y fait pas, nous sommes amis tout de même.

Fait soldat

Ne pas recevoir ce qui vous revient d’un vol. Un voleur est fait soldat lorsqu’il ne touche rien du produit d’un vol auquel il a participé.

Faites-la passer, qu’on la voie !

Locution particulière aux gommeux. — Dans un dîner, au bal, lorsqu’une femme fait sa tête, lorsqu’une femme vient de dire une grosse bêtise, ces messieurs ne manquent pas de s’écrier : Faites-la passer qu’on la voie ! comme s’il s’agissait d’un objet mis en vente sur la table des enchères à l’hôtel Drouot.

Faitré (être)

Être perdu, — dans le jargon des voleurs.

Fallophage

Argot des savants. (V. Avale-tout.)

Falot

Képi d’ordonnance.

Falot (passer au)

Voyez Tourniquet.

Falot (souffler son)

Mourir.

Falourde

s. f. Le double-six, — dans l’argot des joueurs de dominos. On l’appelle aussi le Bateau à charbon et l’Ami.

Falourde

Double six d’un jeu de dominos.

Falourde

Repris de justice, malfaiteur. — Falourde engourdie, cadavre d’un malfaiteur.

Falourde

Réclusionnaire. Argot des malfaiteurs.

Tous ces filous font partie d’une bande parfaitement organisée, embrigadée ; une véritable association avec ses chefs, ses banquiers, ses professeurs dont le maître suprême est un falourde répondant au surnom de Dragon.

(Temps, 1886.)

Falourde

Malfaiteur. Réclusionnaire. Forçat libéré. Falourde engourdie, cadavre.

Falourde

Imbécile.

Falourde engourdie

Cadavre.

Falourde engourdie

s. f. Cadavre, — dans l’argot des voyous.

Falourde engourdie

Un cadavre. Allusion à la rigidité (Argot du peuple).

Falzar

Cotte, pantalon de travail. Le falzar est le pantalon de toile que l’ouvrier met par-dessus son autre pantalon. Ce dernier est plus ordinairement désigné sous le nom de dalzar.

Falzar

Pantalon.

Falzar

Pantalon (Argot des voleurs).

Falzar

Pantalon.

Falzar

Pantalon.

Fameux

s. m. Homme solide de bras et de cœur, — dans l’argot du peuple.

Fameux

Excellent, supérieur. Fameux vin, fameuse soupe.

Fameux, euse

adj. Excessif, énorme, dans le sens péjoratif. Un fameux paillard. Un paillard consommé. Une fameuse bévue. Une bévue colossale.
Quelquefois aussi ce mot est employé dans le sens d’Excellent, en parlant des choses et des gens, et il n’est pas rare alors de l’entendre prononcer ainsi : P, h, a, pha, fameux ! C’est le nec plus ultra de l’admiration populaire.

Fanal

Estomac. — Comparaison de l’estomac à une lanterne.

Ces deux dames se fourraient par le fanal Petit vin, superbe hareng.

Chansonnier, impr. Stahl.

Se bourrer le fanal de bouillon de rata.

Wado.

On dit de même : Mettre de l’huile dans la lampe.

Fanal

s. m. La gorge, — dans l’argot des faubouriens. S’éclairer le fanal. Boire un verre de vin ou d’eau-de-vie. On dit aussi Fanon, afin qu’aucune injure ne soit épargnée à l’homme par l’homme.

Fanal

La gorge.
— Viens-tu nous arroser le fanal. L’ivrogne, en buvant son premier verre de vin, s’écrie :
— Place-toi bien, mon vieux, il y aura foule ce soir (Argot du peuple). N.

Fanal

Ventre. Ne pas avoir de quoi manger est ne rien avoir à se mettre dans le fanal.

Fanal (le)

La gorge, l’estomac.

Fanande, del

Ami.

Fanandel

Camarade.

Fanandel

Camarade.

Fanandel

Camarade.

Fanandel

s. m. Frère, ami, compagnon, — dans l’argot des prisons. Grands fanandels. Association de malfaiteurs de la haute pègre, formée en 1816, « à la suite d’une paix qui mettait tant d’existences en question », d’après Honoré de Balzac.

Fanandel

Camarade, collègue en vol, — dans l’ancien argot. — Entre eux les voleurs se donnaient du fanandel, comme les hommes de lettres, les notaires, les avocats se traitent de « cher confrère, d’illustre et cher confrère. »

Fanandel

Camarade de voleur. Tous les voleurs et les prisonniers sont fanandels.

Fanandel

Ami. Expression usitée dans les prisons (Argot des voleurs).

Fanandel, fanande

« Ce mot de fanandel veut dire à la fois frères, amis, camarades. Tous les voleurs, les forçats, les prisonniers sont fanandels. »

Balzac.

Fanaudel

Camarade.

Fane (le verre se)

Le verre est vide ; et, par abréviation, il se fane, en désignant un verre vide. Les ivrognes poétiques comparent le verre à une fleur que la sécheresse fane.

Fanfan

s. f. Jeune fille, — dans l’argot du peuple, qui a parfois la parole caressante, s’il a la main rude. Se dit aussi d’un enfant quelconque.

Fanfan Benoiton

s. m. Petit garçon de manières et d’un langage au-dessus de son âge, — dans l’argot des gens de lettres, par allusion au petit personnage de la comédie de M. Victorien Sardou (1865-1866). C’est le pendant de Fouyou.

Fanfarer

v. n. et a. Faire des réclames à une pièce ou à un livre, à une danseuse ou à un chien savant, — dans l’argot des gens de lettres.

Fanfe

s. f. Tabatière, — dans l’argot des voleurs. On dit aussi Fonfe.

Fanfe

Tabatière.

Fanfe

Tabatière (Argot des voleurs).

Fanfe, Fonfière

Tabatière. — Fanfouiner, priser, fanfouineur, priseur ; fanfouineuse, priseuse.

Fanffe

Tabatière (Vidocq). — Fanfouiner : Priser. — Onomatopée qui rend assez bien le bruit produit par l’aspiration du tabac dans les narines. Fanfouineur : Priseur.

Fanfouiner

v. n. Priser, — dans l’argot dos voyous.

Fanfouineur

s. m. Priseur.

Fantaboche

Fantassin (Argot du peuple).

Fantabosse

Dans les régiments, on ne désigne pas autrement les troupiers n’ayant pas d’éperons. Fantabosse ou fente à bosse est un aimable jeu de mots pour dire fantassin : fente à sein, un jeu de mots de la force de quatre hommes et d’un caporal.

Fantabosse

Fantassin.

Fantabosse

Soldat d’infanterie.

Fantaisie

s. f. Caprice amoureux, — dans l’argot de Breda-Street, où l’on est très fantaisiste.

Fantaisie (faire)

N’être pas habillé suivant l’ordonnance, — dans le jargon des troupiers.

Fantaisie sur la tringle

V. Bataille des Jésuites. N.

Fantaisien

Commis en nouveautés chargé de la vente de l’article fantaisie.

Fantaisisme

s. m. École littéraire antagoniste du Réalisme. C’est le dévergondage à la quinzième puissance, c’est l’extravagance chauffée à une douzaine atmosphères. La littérature d’autrefois a connu cette infirmité de l’esprit, cette maladie de l’imagination, mais à l’état d’exception ; la littérature d’aujourd’hui a moins de santé, mais il faut espérer qu’elle n’en mourra pas.

Fantaisiste

s. et adj. Écrivain pyrotechnicien, plus fier de parler aux yeux que de s’adresser à l’esprit, plus amoureux des fulgurants effets de style que bon observateur des règles du bien dire, et, comme tel, destiné à durer autant qu’un feu d’artifice : fusées tombées, fusées mortes !

Fantasboche

Fantassin.

Fantasia

s. f. Caprice, lubie, fantaisie, — dans l’argot du peuple.

Fantasia (faire)

Porter des effets de fantaisie et contraires à l’ordonnance.

Fantassin

Traversin, — dans le jargon des soldats de cavalerie ; par allusion à la petite taille des fantassins.

Fantassin (faire le)

Expression familière aux cavaliers pour désigner un camarade qui simule l’ivresse.

Far-Far

adv. Vite, promptement, — dans l’argot des voleurs.

Faraud

Monsieur comme il faut.

Faraud

Monsieur.

Faraud

Amant de cœur, maquereau.

Monsieur, il faut vous déclarer
Que c’est une femme effrontée.
Qui fit assassiner son homme
Par son faraud…

dit l’auteur de la chanson sur le supplice de la Lescombat.

Faraud

s. m. Monsieur, — dans l’argot des voleurs et du peuple, qui ont remarqué que les messieurs avaient assez ordinairement l’air fiérot. A signifié aussi, à l’origine, souteneur de filles, comme le prouvent ces vers cités par rancisque Michel :

Monsieur, faut vous déclarer
Que c’est une femme effrontée
Qui fit son homme assassiner
Par son faraud…

Faire son faraud. Se donner des airs de gandin quand on est simple garçon tailleur, ou s’endimancher en bourgeois quand on est ouvrier.

Faraud

Monsieur, — dans l’ancien argot. — En patois provençal, faraud désigne un homme bien mis. — Faraude, faraudesse, madame. — Faraudette, mademoiselle.

Faraud

Monsieur. Faraudec, mademoiselle. Faraudène, madame.

Faraude

Madame, mademoiselle.

Faraude

Une dame ou demoiselle.

Faraude

Madame, mademoiselle.

Faraude

Madame ou mademoiselle.

Faraudec

s. f. Mademoiselle, — dans l’argot des voleurs.

Faraudec

Mademoiselle. Ce mot vient de faraude ; c’est un simple changement de finale (Argot des voleurs).

Faraudene

Madame (Argot des voleurs).

Faraudène

s. f. Madame, — dans l’argot des voleurs, qui disaient autrefois faraude.

Farce

Comique.

C’est farce ! Mais vous faites de moi ce que vous voulez.

E. Sue.

Farce

adj. Amusant, grotesque, — dans l’argot du peuple. Chose farce. Chose amusante. Homme farce. Homme grotesque. Être farce. Avoir le caractère joyeux ; être ridicule.

Farce

s. f. Plaisanterie en paroles ou en action, — dans l’argot du peuple, qui a été souvent la victime de farces sérieuses de la part de farceurs sinistres.

Farces

Infidélités galantes.

On ne peut pas faire de farces à sa Nini… v’là ce qui v vous chiffonne.

Gavarni.

Farces

s. f. pl. Actions plus ou moins répréhensibles, justiciables de la Morale ou de la Police correctionnelle. Faire des farces. Faire des dupes ; tromper des actionnaires par des dividendes fallacieux. Avoir fait ses farces. Avoir eu beaucoup de maîtresses ou un grand nombre d’amants.

Farceur

Homme sur lequel on ne peut compter.

Farceur

s. m. Homme d’une moralité équivoque, qui jongle avec les choses les plus sacrées et se joue des sentiments les plus respectables ; débiteur qui restera toujours volontairement insolvable ; amant qui exploitera toujours la crédulité — et la bourse — de ses maîtresses, etc., etc.

Farceuse

Gourgandine, femme dont, le métier est de faire des farces aux hommes, c’est-à-dire de prendre leur argent et leur queue, et de se foutre d’eux après en avoir été foutue.

Farceuse

Femme galante.

Lorsqu’une farceuse voudra me séduire, je lui dirai : Impossible !

Amours de Mahieu, chanson, 1832.

Farceuse

s. f. Femme ou fille qui ne prend au sérieux rien ou personne, pas plus l’amour que la vertu, pas plus les hommes que les femmes, et qui se dit, comme Louis XV : « Après moi le déluge ! »

Farcher dans le point

Tomber dans un piége.

Farcher dans le pont

Tomber dans un piège tendu par les agents (Argot des voleurs).

Farcher, Faucher dans le pont

Tomber dans un piège. Mot à mot : couper dans le pont.

Farcy (la)

Nom d’une maîtresse de bordel très connue à Paris, et qui n’a dans son troupeau que de très belles putains.

Je vous aime ainsi, divine salope
La Farcy n’a pas de telles Vénus.

Anonyme.

Fard

s. m. Mensonge, broderie ajoutée à un récit, — dans l’argot du peuple. Sans fard. De bonne foi.

Fard

s. m. Rougeur naturelle du visage. Avoir un coup de fard. Rougir subitement, sous le coup d’une émotion ou de l’ébriété.

Farder (se)

v. réfl. Se griser, — par allusion aux rougeurs que l’ivresse amène sur le visage en congestionnant le cerveau.

Farfadet

Nom qu’on donnait au XVIIIe siècle à une variété de maquereaux ; témoin ce passage du Colporteur de Chevrier :

Croirait-on que quand ce guerluchon ne suffit pas, il est dupé lui-même par une troisième espèce appelée farfadet ?

Voir Milord Pot-au-feu.

Farfouillard pour farfouilleur

Individu obstiné et méticuleux qui cherche sans cesse ce qu’il ne trouve jamais, excepté quand il farfouille les poches d’un homme cossu. On dit également ; il cherche la petite-bête. (Argot du peuple).

Farfouiller

v. n. Chercher quelque chose avec la main, remuer tout pour le trouver. Argot du peuple.

Farfouiller

Chercher. Celui qui se met le doigt dans les narines se farfouille dans l’nez.

Farfouiller dans le tympan (se le)

Se communiquer quelque chose. — Qu’on se le farfouille dans le tympan, qu’on se le communique.

Farfouiller dans les buissons

Invoquer Vénus polyglotte.

Farfouiller dans ses esgourdes (se)

Nettoyer ses oreilles pour en enlever les mucosités (Argot du peuple).

Farfouiller une femme

La baiser, ou quelquefois la peloter seulement.

Il était las de baiser, manier, fouiller et farfouiller.

Mililot.

Comme celle qui disait que Claude lui avait farfouillé dans son cul de devant.

(Moyen de parvenir.)

Farfouilleur

adj. et s. Homme qui se plaît, comme Tartufe, à s’approcher plus qu’il ne convient des robes des femmes, afin de s’assurer que l’étoffe en est moelleuse.

Fargné (être)

Être muni, pourvu.

Fargue

Charge. — Farguer : Charger. V. Escracher. — Fargueur : Témoin à charge.

Fargue

s. f. Charge, poids, — dans l’argot des voleurs, qui doivent avoir emprunté cette expression aux marins.

Fargue

Charge contre un accusé. — Farguement, témoignage à charge. — Rougeur causée par la honte.

Fargue

Charge contre un accusé.

Fargué

Plein.

Fargué

Rougir.

Fargué

Être porteur d’un paquet ou fardeau quelconque.

Fargue (être)

Être muni.

Farguement

s. m. Chargement.

Farguer

Devenir rouge.

Farguer

Rougir, rouge qui monte au front.

Farguer

Rougir.

Farguer

v. a. Charger. Signifie aussi Rougir.

Farguer

Rougir. — Charger devant la justice. Fargueur, témoin à charge.

Farguer

Rougir. Charger devant la justice. Avouer.

Farguer

Rougir (Argot des voleurs).

Farguer

Charger. Un témoin à charge qui dépose contre un voleur le fargue. Un voleur est fargué par son complice lorsque celui-ci l’accuse. Le ministère public fargue un accusé, et l’accusé fargue (rougit) en entendant ce dont en l’accuse.

Farguer

Rougir.

Farguer

Rougir.

Fargueur

s. m. Chargeur.

Faribole

s. f. Farce, plaisanterie, gaminerie, — dans l’argot du peuple. Signifie aussi : Chose sans importance, objet de peu de valeur. On disait autrefois et on dit encore quelquefois Falibourde.

Faridon

Misère. — Être à la faridon, être sans le sou, — dans le jargon des voyous.

J’peux pas t’camionner à la Reine-Blanche, j’suis c’soir à la faridon.

(Journal des Abrutis, du 10 oct. 1878.)

Faridon

Misère, dénûment.

Faridon (être à la)

Être malheureux.

Faridondaine (être à la)

Être dans la purée la plus complète. Par abréviation, on dit être à la faridon (Argot du peuple).

Farineux

adj. Excellent parfait, — dans l’argot des faubouriens, pour qui il n’y a rien au-dessus du pain, si ce n’est la brioche.

Farot

Monsieur.

Farot

Monsieur.

Farre

Vite.

Farre, farre, la marcandière, car nous serions béquillés.

Vidocq.

Faste-en-poil

Jardin du Luxembourg. Jeu de mots par synonymie. — Faire son petit ourson au faste-en-poil, faire son ourson au faste-en-poil, faire son petit tour, faire son tour au Luxembourg, — dans l’argot des Écoles.

Fatigue

Travail des forçats.

Fatigue

s. f. Le travail du bagne.

Fatiguer

v. n. et act. Salir un livre à force de le consulter, — dans l’argot des relieurs.

Faubert

Épaulette, — dans le jargon des soldats d’infanterie de marine. Allusion aux fauberts, paquets de ficelles qui servent à éponger les navires.

Faubourg

Derrière, dans le jargon du peuple. — Détruire le faubourg, donner des coups de pieds au derrière.

Si vous ne me payez pas, je vous ficherai une couleur sur la figure, je vous détruirai le faubourg à coups de botte.

(Huysmans, les Sœurs Vatard.)

Faubourg (le)

Le faubourg Saint-Antoine, et, plus démocratiquement, le faubourg Antoine, le faubourg par excellence. — Le noble faubourg, le faubourg Saint-Germain.

Faubourg souffrant

Arrondissement où réside la population indigente de Paris. Le douzième arrondissement avait primitivement reçu ce surnom.

Faubourien

Ouvrier des faubourgs de Palis.

Ces combats que la jeunesse dorée livrait non sans succès aux farouches faubouriens, aux septembriseurs endurcis.

Roqueplan.

Faubourien

s. m. Homme mal élevé, grossier, dans l’argot des bourgeois, qui voudraient bien être un peu plus respectés du peuple qu’ils ne le sont.

Fauchans

Paire de ciseaux, on dit aussi un sabre fauchant.

Fauchant un gonce

Tuant un homme.

Fauchant, faucheux

Ciseaux (Vidocq). — Les ciseaux fauchent. — Fauche-ardent : Mouchettes. — Mot à mot : coupe-lumière.

Fauchante

Scie.

Fauchants

Ciseaux.

Fauchants

s. m. pl. Ciseaux, — dans l’argot des voleurs. Ils disent aussi Faucheux.

Fauchants

Ciseaux.

Fauchants

Les ciseaux (Argot des voleurs).

Fauchants

Ciseaux.

Fauchants, Faucheux

Ciseaux, — dans l’ancien argot.

Fauché

Pauvre.

Fauché

Guillotiné. Par allusion au supplicié qui est sans tête, on dit d’un homme sans le sou, qui n’a pas de faces dans ses poches :
— Il est fauché (Argot des voleurs).

Fauché

Celui qui perd tout son argent au jeu s’est fait faucher. Fauché veut aussi dire ne plus rien posséder.

Fauché

Sans le sou.

Fauché (être)

Être mis à mort.

Fauché (être)

Être guillotiné au bagne.

Fauche-ardant

Mouchettes, — dans l’ancien argot.

Fauche-ardent

s. m. Mouchettes, — dans l’argot des voleurs.

Fauche-ardents

Les mouchettes. Les mouchettes coupent, en effet, la mèche de la chandelle (Argot des voleurs).

Fauchemann

Fauché.
— Je suis fauchemann (Argot des souteneurs). N.

Faucher

Couper. Être fauché, être guillotiné. Faucher le pré, être aux galères.

Faucher

Guillotiner.

Faucher

Couper.

Faucher

Guillotiner.

Faucher

Tuer, guillotiner.

Faucher

Couper.

Faucher, dans leur langage veut dire l’exécution de la peine de mort.

Balzac.

V. Colas. Terrer. — Faucher dans le pont : Couper dans le pont. V. ce mot. — Faucheur : Voleur coupant (fauchant) les chaînes de montre. — Faucheur : Bourreau.

Faucher

v. a. Couper, — dans le même argot [des voleurs], où on emploie ce verbe au propre et au figuré. Faucher le colas. Couper le cou. Faucher dans le pont. Donner aveuglément dans un piège. Faucher le grand pré. Être au bagne.

Faucher

Guillotiner. — Couper. — Faucher le grand pré, être aux galères, — dans l’ancien argot.

Faucher

Tromper ; voler, — dans l’argot des camelots et des truqueurs. Le mec est fauché, l’individu est dépouillé.

Faucher

Guillotiner. Couper. Tromper, voler. Être au bagne.

Faucher

Guillotiner. Un supplicié a été fauché.

Faucher

Voler.

Faucher le colas

Couper le col.

Faucher le persil

v. a. Se promener, en toilette « esbroufiante », sur les trottoirs les plus et les mieux fréquentés. Argot des filles et de leurs souteneurs. On dit aussi Cueillir le persil, Aller au persil, et Persiller.

Faucher les brèmes

Préparer un jeu de cartes propre à tromper.

Faucher les douilles

Couper les cheveux.

Faucher une valade

Couper une poche.

Faucheur

Bourreau.

Faucheur

Bourreau.

Faucheur

s. m. Le bourreau, — dans l’argot des prisons où l’allégorie du Temps est une sinistre réalité.

Faucheur

Bourreau. — Coupe-bourse, — dans l’ancien argot. — La faucheuse, la guillotine, — dans l’argot moderne.

Faucheur

Type de l’homme à la mode qui a fleuri en l’an de grâce 1885. Ça a été le successeur du grelotteux.

Paris a eu ses dandys, ses lions, ses gommeux, ses pschutteux. Il a maintenant un type nouveau qui s’appelle le faucheur. Le faucheur est cet individu, situé entre vingt et vingt-cinq ans, que vous rencontrez sur les boulevards une canne à la main et qui représente à vos yeux la quintessence du chic parisien. Le faucheur est ainsi nommé à cause de sa façon de marcher et surtout de porter sa canne. Il la tient par le petit bout, laissant traîner la pomme à terre ; le bras droit qui se balance énergiquement de gauche à droite ou bien du nord-ouest au sud-est, rappelle l’allure des gens de la campagne fauchant les blés murs et les foins odorants. De là le sobriquet.

(Figaro, 1885.)

Faucheur

Le bourreau (Argot des voleurs).

Faucheur (le)

Le bourreau.

Faucheux

s. m. Homme à jambes longues et grêles comme les pattes du Phalangium, — dans l’argot du peuple, qui ne laisse passer devant lui aucune infirmité grave ou légère, sans la saluer d’une injure ou tout au moins d’une épigramme.

Faucheux (des)

Des ciseaux.

Fauchure

s. f. Coupure.

Fauconnier

ou mieux Grec Fauconnier. Grec qui taille des banques pour le compte d’un gérant ou d’un président de cercle véreux.

Fauf

Tabatière.

Fauffe

Tabatière.

Fauffe

Tabatière.

Faussante (une)

Un faux nom.

Fausse couche

Homme petit, chétif, qui n’a pas été terminé. Terme de mépris employé dans les ateliers (Argot du peuple). V. Avorton.

Fausse-couche

s. f. Homme raté, sans courage, sans vertu, sans talent, sans quoi que ce soit, — dans l’argot du peuple.

Fausse-couche

Avorton, individu débile, — dans le jargon du peuple.

Fausse-manche

Sorte de blouse en grosse toile bleue que portent à l’étude les élèves de l’école de Saint-Cyr. (Saint-Patrice.)

Fauter

v. n. Commettre une faute, — dans le même argot [du peuple].

Fauter

Faire une faute. Le peuple dit d’une fille qui a pris un amant qu’elle « a fauté ».

Fauve

Tabatière.

Fauve

Tabatière.

Fauvette à tête noire

Gendarme, — dans l’argot moderne ; allusion aux tricornes noirs des gendarmes. — Être filé par les fauvettes à tète noire, être conduit par les gendarmes.

Fauvette à tête noire

Gendarme. Allusion au chapeau bicorne (Argot des voleurs). V. Hirondelle de Potence.

Faux (être à la)

Même sens — Le bourreau.

Faux pas (faire un)

Badiner imprudemment avec un homme, et, au moment où l’on y pense le moins, glisser et tomber, le vagin entr’ouvert, sur sa pine en arrêt.

Je fuis… Ciel ! j’ai fait un faux pas !
Ah ! le juif en profite !
Comment me dérober des bras
De ce chien de lévite ?
L’abbé, de grâce ! holâ ! holâ !
La chose est monstrueuse !
Ah ! malgré moi, que sens-je là ?
Je suis vertueuse !

Collé.

Faux-blaze

Donner un faux numéro (Argot des voleurs).

Faux-bond

s. m. Manque de parole, — dans l’argot des bourgeois. Faire faux-bond à l’échéance… N’être pas en mesure de payer.

Faux-col

s. m. La mousse d’une chope de bière, — dans l’argot des faubouriens.

Faux-col

Mousse qui se produit au-dessus d’un verre de bière, lorsque le garçon n’a pas eu la précaution de le remplir doucement. Le faux-col est un trompe-l’œil, moins sale que le soulier de l’Auvergnat, mais qui tient, lui aussi, de la place. Le faux-col fait le désespoir des amateurs de bière. Aussi, dans toutes les brasseries, entend-on cette recommandation plus de cent fois répétée par jour : « Un bock et sans faux-col ! »

Faveurs

s. f. pl. La preuve matérielle qu’une femme donne de son amour à un homme, — dans l’argot des bourgeois, qui ne se contenteraient pas, comme les galants d’autrefois, de rubans, de boucles et de nœuds d’épée. Avoir eu les faveurs d’une femme. Avoir été son amant.

Faveurs d’une femme (obtenir les)

Être reçu à cuisses ouvertes par elle.

Après cela, on peut bien juger que la dame ne fut pas longtemps sans donner ses dernières faveurs au cavalier.

Bussy-Rabutin.

Ah ! bien, dit-il, n’est-ce donc qu’avec moi
Que vous avez la fureur d’être sage ?
Et vos faveurs seront le seul partage
De l’étourdi qui ravit votre foi ?

Voltaire.

Apprenez qu’en amour, bien souvent le divorce
Naît de la dernière faveur.

Grécourt.

Me faudra-t-il, pour complaire à l’usage,
Du seul devoir attendre les faveurs,
Qui de l’amour doivent être le gage.

Parny.

Céphise est lubrique à la rage.
Et favorise chaque nuit
Gnaton, en qui le sexe est à moitié détruit.

Bruzen De La Martinière.

Judith me fait horreur ;
Je renonce à l’honneur
D’obtenir ses faveurs.

Félix Bovie.

Favori

Amant, greluchon ; maquereau, le mâle de toute sultane favorite.

Et les maris, de même
Qu’ messieurs les favoris,
Y sont pris.

Collé.

Favori d’Apollon

s. m. Poète estimable, — dans l’argot des académiciens. Ils disent aussi Favori des Muses.

Favori d’Esculape

s. m. Médecin heureux en malades, — dans le même argot [des académiciens].

Favori de Mars

s. m. Guerrier heureux en batailles, — dans le même argot [des académiciens]. On dit aussi Favori de Bellone.

Fayots

s. m. pl. Légumes en général, haricots, lentilles, ou fèves, fayots, — dans l’argot des ouvriers qui ont servi dans l’infanterie de marine. Le cap Fayot. Moment de la traversée où l’équipage, ayant épuisé les provisions fraîches, est bien forcé d’entamer les légumes secs. C’est ce qu’on appelle alors Naviguer sous le cap Fayot.

Fayots

Haricots.

Fayots (avoir bouffé des)

Être enceinte, — dans l’argot des marins. C’est une locution provençale répandue parmi les matelots. Mot à mot : avoir mangé des haricots. Allusion à la réputation qu’ont les haricots de gonfler celui qui en mange.

Fécalités

s. f. pl. Laideurs sociales, ordures morales, — dans l’argot des gens de lettres. Le mot a été employé pour la première fois par Charles Bataille.

Fédéré dans la casemate (avoir un)

Être enceinte.

Fée

Amour, maîtresse.

Fée

s. f. Maîtresse, — dans l’argot des ouvriers, qui ne savent pas dire si vrai en disant si poétiquement.

Fée

Jeune fille, demoiselle, — dans le jargon des voleurs. — Ma fée, ma fille.

Fée

Jeune fille. Amour. Féesant, amoureux.

Fée aux yeux verts (la)

Absinthe. Elle charme les buveurs, qui ne savent se soustraire à son influence (Argot du boulevard).

Fée-bosse

s. f. Femme vieille, laide, acariâtre. On dit aussi Fée Carabosse.

Féesant

Amoureux.

Féesante

Amoureuse.

Feignant

s. et adj. Fainéant, — dans l’argot du peuple, qui parle plus correctement qu on ne serait tenté à première vue, de le supposer, feignant venant du verbe feindre, racine de fainéantise, qu’on écrivait autrefois faintise. Signifie aussi Poltron, lâche, et c’est alors une suprême injure, — l’ignavus de Cicéron, Barbarisme nécessaire, car fainéant ne rendrait pas du tout la même idée, parce qu’il n’a pas la même énergie et ne contient pas autant de mépris.

Feignant

Propre à rien. Lâche, poltron, paresseux.

Descends-donc de ton cheval, eh ! Feignant !

Apostrophe d’un voyou charitable à Henri IV sur le Pont-Neuf pour lui offrir un canon. On dit également feignasse (Argot du peuple).

Feignasse

Fainéant.

Feinte

s. f. Défaut qui résulte dans une page de la feuille imprimée d’une touche plus faible qu’elle ne l’est dans le reste de la feuille.

Félé

Toqué, un peu fou.
— Il a le coco fêlé. Allusion à une marmite fêlée, elle fuit ; par la fêlure de la tête, la mémoire s’en va (Argot du peuple).

Fêlé

Toque, fou.

Fêlé (avoir le coco)

Avoir le cerveau dérangé.

Fêler (se)

v. réfl. Donner des preuves de folie, faire des excentricités, — dans l’argot des faubouriens, qui prennent la boite osseuse pour une faïence. On dit aussi Avoir la tête fêlée.

Felouse

Poche.

Felouse

Poche.

Felouse

Poche.

Felouse

s. f. Prairie, — dans l’argot des voleurs, qui ont seulement démarqué la première lettre du mot généralement employé.

Femelle

s. f. Femme, épouse, — dans l’argot des ouvriers, qui se considèrent comme des mâles et non comme des hommes. L’expression, — toujours employée péjorativement, — a des chevrons, puisqu’on la retrouve dans Clément Marot, qui, s’adressant à sa maîtresse, la petite lingère du Palais, dit :

Incontinent, desloyalle femelle,
Que j’auray faict et escrit ton libelle,
Entre les mains le mettray d’une femme
Qui appelée est Renommée, ou Fame,
Et qui ne sert qu’à dire par le monde
Le bien on mal de ceux où il abonde.

Féminiser

Ôter la virginité.

Allons, Priape, allons, il faut enfin
Féminiser ces onze mille vierges,
Pour qui Cologne a brûlé tant de cierges.

Parny.

Femme

Fusil, — dans l’argot des soldats d’infanterie de marine.

Le temps de donner un coup d’astiqué à ma femme.

Femme à la mendicité

Femme dont les faveurs sont cotées à bas prix, — dans le jargon des élégantes de la prostitution.

Femme au petit pot

Concubine. Argot des chiffonniers.

Femme chaste

Le merle blanc du sexe féminin. Casta, quia nemo rogavit, parbleu !

Femme chaude

Femme ayant les foies chauds, femme qui aime l’homme, et jouit avec lui, quel qu’il soit, goujat ou roi, homme de peine ou de lettres, pourvu qu’il soit bon fouteur. — Femme qui bande et voudrait être baisée. Cela se dit, à propos du sexe auquel nous devons le jour — et la vérole, — comme à propos des chiennes, auxquelles nous devons des puces ; avec cette différence, cependant, — toute en faveur de la race canine, — que les chiennes, une fois qu’elles ne sont plus en chaleur, ne se laissent plus grimper par les mâles, et que les femmes se font baiser en toute saison.

Femme de carême

Femme outrageusement maigre. Un hareng saur en jupons (Argot du peuple). N.

Femme de l’adjudant

Salle de police, — dans le jargon des soldats de cavalerie. — Coucher avec la femme de l’adjudant, coucher à la salle de police. Les soldats désignent aussi la salle de police sous le sobriquet de la jument de l’adjudant, et ils trouvent qu’elle trotte sec, cette jument.

Femme de la troisième catégorie

s. f. Fille de mauvaise vie, — dans l’argot des faubouriens, qui ont saisi avec empressement, il y a quelques années, les analogies que leur offraient les divisions officielles de la viande de boucherie.

Femme de Régiment

Grosse caisse, — dans le jargon des troupiers.

Femme de terrain

Prostituée de dernier ordre.

Les pierreuses ou femmes de terrain sont des créatures repoussantes de laideur ; elles ne sortent que la nuit et rôdent dans les lieux sombres et retirés… Elles pratiquent l’onanisme.

(Paris-vivant, La Fille.)

Femme du quartier

s. f. Grisette qui a la spécialité de l’étudiant et qui se garderait bien de frayer avec les bourgeois ou les militaires, de peur de déplaire à Paul de Kock. On dit aussi Femme de l’autre côté (sous-entendu : de la Seine).

Femme du régiment

s. f. La grosse caisse, — dans l’argot des soldats.

Femme en carte

Femme à laquelle la police impose une carte de fille soumise.

La fille en carte est libre, peut demeurer où bon lui semble, pourvu qu’elle se présente exactement aux visites des médecins.

F. Béraud.

Femme entretenue

s. f. Fille ou femme qui croit que la vertu est un « meuble inutile » et qui préfère acheter les siens à tant par amant. Les Belges disent Une entretenue.

Femme étroite

Femme dont le vagin a l’étroitesse convenable et désirable pour retenir prisonnier le membre viril qui s’y est aventuré, jusqu’à ce qu’il s’avoue vaincu.

Le lit est imprégné de cette sueur moite
Qui fait toujours trouver large la plus étroite.

L. Protat.

Femme facile

Femme qui accueille volontiers les propositions libertines des hommes.

Femme froide

Qui, en apparence, n’éprouve pas de plaisir dans la conjonction amoureuse et fait jouir les hommes sans paraître jouir elle-même.

Mais comme elle est naturellement froide, apparemment que le jeune seigneur n’y trouva pas son compte, car Mme Copen ne le revit plus.

La Popelinière.

Femme galante

Femme dont le métier est de faire jouir les hommes — qui en ont les moyens.

Femme honnête

Femme mariée, — selon toutes les femmes mariées.

La femme honnête la plus folle,
Aujourd’hui, le fait est certain,
N’a plus que six fois la vérole,
Je ne veux plus être catin.

E. Debraux.

Es-tu lass’ d’amourette ?
Enfin, dis-moi, veux-tu,
Pour dev’nir femme honnête,
Épouser un cocu ?
Encore un coup d’cu, Jeannette !

E. Debraux.

Femme inconséquente

Façon polie de dire qu’elle est putain.

Lorsque, dans le monde, une jeune dame n’a pas très bien su étendre le voile par lequel une femme honnête ouvre sa conduite, là où nos aïeux auraient rudement tout expliqué par un seul mot, vous, comme une foule de belles dames à réticences, vous vous contentez de dire : — Ah ! oui, elle est fort aimable, mais… — Mais quoi ? — Mais elle est souvent bien inconséquente.

H. De Balzac.

Femme laborieuse

Femme qui ne refuse jamais de conduire un miché au bonheur.

Ah ! monsieur, me dit cet homme avec des larmes d’admiration dans la voix, à quelque heure de la nuit qu’on frappe, si nous sommes couchés, elle se lève sans rechigner, va ouvrir au monsieur, reste avec lui le temps qu’il faut et remonte se coucher jusqu’à ce qu’un nouveau coup de sonnette la fasse relever et redescendre : c’est une femme bien laborieuse !

A. François.

Femme large

Femme dont le vagin est d’une laxité à faire croire au membre imprudent qui s’y aventure qu’il entre dans une motte de beurre. — Voir Femme étroite.

Femme lascive

Qui possède, dans ses regards, dans ses gestes, dans ses mouvements, dans ses paroles, l’art d’allumer les désirs des hommes. — On dit aussi, mais moins fréquemment, homme lascif, parce que la lasciveté est l’apanage spécial de la femme.

Si ces jeunes gens s’offrent à vous, ne les refusez pas : ils sont si beaux, si vifs et si lascifs.

La Popeliniêre.

Femme légère comme chausson

Extrêmement putain. — L’expression, très spirituelle et décente, a été employée pour la première fois par M. Aurélien Scholl dans un de ses échos du Figaro.

Femme lubrique

Savante en l’art d’aimer — et de faire jouir les hommes.

Voici ce qu’il y avait : Minois de fantaisie ; joli corps, créature lubrique.

La Popelinière.

Femme sage

Femme honnête, selon toutes les femmes mariées — qui sont plus ou moins sages.

Il était une dame
Fraîche, ayant des couleurs
Et des mœurs ;
Elle était sage-femme
Et femme sage autant
Qu’à présent
On l’est, Dieu merci !…

Scribe.

Femme sérieuse

Femme galante qui pense à l’avenir, que la pensée de l’hôpital effraye et qui thésaurise.

Femmelette

Femme chétive, douillette, délicate, qui a des goûts futiles, etc… !

Que le bout du médium fait tomber en faiblesse,
Qu’un vit fait passer au carmin…
Elle ne jouait que l’ombre, le trictrac et les échecs, parce qu’ils sont savants et sérieux ; tous les autres (jeux) étaient au-dessous d’elle, et ne pouvaient amuser que des femmelettes…

A. de Nerciat.

Fenasse

Mou, paresseux. — Du vieux mot fenassil : tas de foin. V. Roquefort.

Fendant

Faiseur d’embarras. V. Fignoler.

Ne fais donc pas tant ta fendante.

1844, Catéch. poissard.

Fendant

s. m. Homme qui marche d’un air conquérant, le chapeau sur le coin de l’oreille, les moustaches relevées en crocs, la main gauche sur la hanche, et de la droite manœuvrant une canne, — qui n’effraie personne. Il y a longtemps que le peuple emploie cette expression, comme le prouve ce passage de la Macette de Mathurin Régnier :

N’estant passe-volant, soldat ny capitaine,
Depuis les plus chétifs jusques aux plus fendants,
Qu’elle n’ait desconfits et mis dessus les dents.

Faire son fendant. Se donner des allures de matamore. Ou dit aussi Fendart.

Fendante

Porte, — dans le jargon des voleurs.

Entrez ou n’entrez pas, mais refermez la fendante.

(P. Mahalin, Les Monstres de Paris, 1880.)

Fendasse

La nature de la femme — à soldats.

Le plus vieux trou ; la plus sale fendasse,
Rien n’échappait à ton vit furieux.

(Parnasse satyrique.)

Fendeur de naseaux

s. m. Faux brave, qui fait plus de bruit que de besogne. On dit aussi, et plus élégamment, Casse-gueule.

Fendre (se)

Commettre une prodigalité peu habituelle.

Descends huit bouteilles. — Puisque vous vous fendez, dit le peintre, je paie un cent de marrons. — Oh ! oh !

Balzac.

Le mot indique bien un jour de largesses inaccoutumées. Ce n’est pas la bourse de l’avare qui se fend, ce sont ses propres entrailles.

Fendre (se)

v. réfl. Montrer de la générosité, dépenser beaucoup d’argent, s’ouvrir, — dans l’argot des faubouriens. Signifie aussi : Se dévouer. Se fendre à s’écorcher. Pousser à l’excès la prodigalité.

Fendre (se)

Faire de la dépense en dehors de ses habitudes ; se livrer à une prodigalité inusitée. Les avares se fendent lorsqu’ils offrent quelque chose.

Je vous paye un exemplaire de ce groupe mille écus. Ohl oui, sapristiI mille écus, je me fends.

(Balzac.)

Fendre (se)

Offrir.

Joseph a fait des largesses, il s’est fendu d’un cigare.

Fendre à s’écorcher (se)

Dépenser tout son argent sans profit.
— Allons fends toi d’une tournée (Argot du peuple).

Fendre l’arche

v. a. Importuner, ennuyer, — dans le même argot [des faubouriens]. Tu me fends l’arche ! est une des exclamations que les étrangers sont exposés à entendre le plus fréquemment en allant aux Gobelins.

Fendre l’arche

Quand un homme pressé marche vite, les voyous lui crient :
— Prends garde, tu vas te fendre l’arche.
Couper une carte de son adversaire, c’est lui fendre l’arche (Argot du peuple).

Fendre l’arche

Couper une carte avec l’atout.

Fendre l’ergot

S’enfuir, — dans l’argot du peuple, fidèle aux vieilles traditions. On dit aussi, mais moins, Bander l’ergot.

Fendre l’oreille

Mettre à la retraite dans le jargon des troupiers.

Dire qu’ils vont lui fendre l’oreille ! un crâne soldat, qui vous vernit un meuble comme un garçon ébéniste.

(Fr. de Reiffenberg, La Vie de garnison, 1863.)

Allusion aux chevaux réformés auxquels on fend l’oreille. — On dit également couper l’oreille.

Fendre l’oreille

Mise à la retraite de quelqu’un, fonctionnaire, officier ou employé avant l’âge révolu.
— Sacré nom de Dieu, les cochons m’ont fendu l’oreille : J’ai pourtant encore du sang.
Allusion à la coutume de fendre l’oreille aux chevaux mis à la réforme (Argot des troupiers).

Fendre le cul

Primer une carte, — dans l’argot des joueurs d’écarté. Quand une carte est supérieure à celle de l’adversaire, au lieu de dire : Je la prends, quelques joueurs disent, dans l’intimité, je lui fends le cul.

Fenêtre

Œil, — dans le jargon des voyous. Boucher une fenêtre, crever un œil.

Fenêtre

V. Carreau.

Fenêtre (mettre la tête à la)

Être guillotiné. — Allusion au passage de la tête dans la lunette. V. Raccourcir.

Fenêtre (mettre la tête à la)

Monter à l’échafaud.

Fenêtres

Jeux. On dit d’un borgne qu’il n’a qu’une fenêtre d’ouverte.

Fenêtrière

s. f. Fille qui fait le trottoir par sa fenêtre.

Fenin

Centime, — dans l’ancien argot.

Fenouse

Prairie (Vidocq). — Du vieux mot fen : foin. V. Roquefort.

Fenouse

s. f. Prairie, — dans l’argot des voleurs.

Fenouse

Prairie, — dans le jargon des voleurs.

Fenouse

Prairie.

Fente

La nature de la femme, destinée à être fendue.

Rien ne fut soustrait à mes regards… Lucette, couchée sur lui, les fesses en l’air, les jambes écartées, me laissait apercevoir toute l’ouverture de sa fente, entre deux petites éminences grasses et rebondies.

Mirabeau.

Toutes filles, en cas pareil,
Dérsireraient à leur réveil
Qu’un tel que moi leur fît de rente
Un bon vit pour boucher leur fente.

(Cabinet satyrique.)

Et puis après il se vante
D’avoir bouché votre fente.

Gautier-Garguille.

Pontgibaut se vante
D’avoir vu la fente
De la comtesse d’Alaïs.

Tallemant des Réaux.

Féodec

Arbitraire (Vidocq). Corruption de féodal.

Fer à repasser

Soulier.

Fer chaud

s. m. Le pyrosis, — dans l’argot du peuple, qui, ne connaissant pas le nom grec à donner à cette affection, emploie une expression fort simple et très caractéristique de la douleur cruelle qu’elle occasionne à l’estomac.

Ferblanc (les collets de)

Les intendants.

Ferblanc et Ferblanterie

Décorations.

Ferblanterie

Brochette de décorations.

Ferblantier

Commissaire de la marine. Ainsi nommé à cause de ses galons d’argent.

Une amertume gâtait toujours ses satisfactions d’employé : l’accès des commissaires de marine, des ferblantiers, comme on disait à cause de leurs galons d’argent, aux emplois de sous-chef et de chef.

(Guy de Maupassant.)

On désigne aussi de ce nom, depuis la révélation de scandales qu’on n’a point oubliés les individus qui se livrent au trafic des décorations. Pendant que les ferblantiers et les ferblantières continuent à accaparer l’attention publique…

(National, octobre 1887.)

Ferlampier

Prisonnier habile à couper ses fers.

Ferlampier

Condamné habile à couper ses fers.

Ferlampier

Bandit.

Ferlampier

s. m. Homme à tout faire, excepté le bien, — dans l’argot des voleurs, qui ont emprunté là un des vieux mots du vocabulaire des honnêtes gens, en le dénaturant un peu.

Ferlampier

s. m. Pauvre diable, misérable. — dans l’argot du peuple.

Ferlampier

Pauvre diable ; misérable à perpétuité. — Voleur du plus bas étage. Le ferlampier est au voleur de la haute pègre ce que la pierreuse est à la cocotte. C’est une altération de frélampier ou frère lampier.

Autrefois, celui qui avait la charge d’entretenir et d’allumer les lampes dans les églises s’appelait frère lampier ; et comme cette charge était dévolue à des hommes de bas étage, quand on voulait parler d’un homme de peu, on disait : C’est un frélampier ou un frère lampier.

(Le Roux de Lincv, Le Livre des Proverbes français.)

Ferlampier

Voleur de bas étage. Malheureux. Détenu habile à se déferrer.

Ferlampier

Homme à qui tous les métiers sont bons. Mendiant, voleur, souteneur (Argot des voleurs).

Ferlampier

Malfaiteur en tout genres.

Ferlingante

Faïence, verre, cristal (Vidocq). — Diminutif du vieux mot frêle : fragile. V. Roquefort.

Ferlingante

s. f. Verrerie, faïencerie, — dans l’argot des voleurs.

Ferlingante

Objet en verre ; objet fragile.

Ferloque

Loque dans toute sa dégradation, — dans le jargon des brocanteurs.

Ah ! je ne m’étonne plus à présent que vous m’apportiez des ferloques.

(Champfleury, La Mascarade de la vie parisienne.)

Ferme

s. f. Décor de fond, dans la composition duquel entre une charpente légère qui permet d’y établir des portes praticables. Argot des machinistes.

Ferme

Décor de fond, avec portes, — en terme de théâtre.

Ferme ! (la)

Tais-toi.

Ferme ça

Ferme ta bouche (Argot du peuple).

Ferme de rogons (être)

Être solide au combat amoureux ; faire durer longtemps l’affaire, comme l’Ascyte du Satyricon, dont le membre était si bien bâti.

Fermé son vasistas (avoir)

Mourir (Argot du peuple).

Ferme ta gueule ou je saute dedans

Ou dit cela à un individu qui baille à se démantibuler la mâchoire, ou qui braille à vous assourdir (Argot du peuple). N.

Fermer

v. a. et n. Attacher solidement, rendre ferme, — dans l’argot des coulisses, où l’on emploie ce verbe à propos de décors.

Fermer Maillard

Dormir ; avoir envie de dormir.

Fermer son parapluie

Mourir, — dans le jargon des chiffonniers, qui disent encore « ployer son jonc. »

Fermer son plomb

Se taire.

Fermeture Maillard

Sommeil. — Être terrassé par Maillard, tomber de sommeil ; par allusion au nom de l’inventeur des fermetures en fer à coulisses.

Féroce

Laborieux, capable. — C’est un féroce : C’est un homme tout entier à son devoir, féroce sur l’exactitude avec laquelle il entend le remplir. — Il n’est pas féroce : Il n’est pas capable. V. Méchant.

Ferraille

Monnaie de cuivre. — Faire crosser sa ferraille, faire sonner un régiment de gros sous. — Le peuple désigne encore sous ce nom quelques petites pièces d’argent perdues au milieu d’un tas de sous.

Ferré

Instruit, connaître son affaire.

Ferré (être)

Argot des écoles : connaître parfaitement les matières qui figurent au programme d’un examen ; être instruit.

Ferré à glace

Sachant parfaitement ce qu’il doit savoir. A. D. Dans le peuple, cette expression signifie être affranchi, ne rien craindre. C’est la conséquence d’un vieux proverbe :
— Il est ferré à glace, il ne craint ni putain ni garce (Argot du peuple). N.

Ferré à glace (être)

Savoir parfaitement son métier ou sa leçon, — dans l’argot des bourgeois.

Fers

s. m. pl. Le forceps, — dans l’argot du peuple, qui ne connaît pas le nom latin de l’instrument inventé par Palfyn.

Fertance

Paille.

Fertance ou fertille

La paille.
— Dans mon garno à quatre ronds la sorgue, y a des pégoces dans la fertance (Argot des voleurs).

Fertange

La paille.

Fertange

Paille.

Fertange

Paille.

Fertange

Paille.

Fertange ou Fertille

s. f. Paille, — dans l’argot des voleurs.

Ferte (bonne)

Bonne aventure.

Fertilé

Paille, blé.

Fertillante

Plume, — dans l’ancien argot.

Fertille

Paille.

Fertille

De la paille.

Fertille, Fertanche

Paille. — Fertanche appartient à l’ancien argot.

Fertille, fertange

Paille.

Fertilliante

Queue (Vidocq). Allusion à son frétillement.

Fertilliers

s. m. pl. Blés, — les graminées fertiles par excellence.

Fesse

s. f. Femme, moitié, — dans l’argot des faubouriens.

Fesse

Femme, — dans le jargon des voyous.

Fesse

Argot des voyous. Prostituée.

Fesse

Femme.

Fesse-Mathieu

s. m. Avare, usurier, — dans l’argot du penpie.

Fessée

s. f. Correction paternelle ou maternelle comme celle dont Jean-Jacques Rousseau avait conservé un si agréable souvenir.

Fesser

v. a. et n. Fouetter avec des verges ou avec la main les parties charnues que l’homme a le plus sensibles et sur lesquelles il ne manque jamais de tomber quand il glisse. Le verbe est vieux. On trouve dans les Chansons de Gautier Garguille :

Fessez, fesses, ce dist la mère,
La peau du cul revient toujours.

Signifie aussi, par analogie au peu de durée de cette correction maternelle : Faire promptement une chose. Fesser la messe. La dire promptement.

Fesser la messe

Prêtre qui expédie à la vapeur une messe d’enterrement de dernière classe.
— Le ratichon a fessé sa messe en cinq secs (Argot du peuple).

Fesser le Champagne

v. n. Boire des bouteilles de vin de Champagne, — dans l’argot des viveurs. Du temps de Rabelais on disait Fouetter un verre.

Fesses

s. f. pl. Grosses joues, — dans l’argot des faubouriens.

Fesses (les)

Les deux hémisphères qui jouent un si grand rôle dans la comédie à deux personnages intitulée : La Fouterie. Ce sont les tétons du derrière, comme les tétons sont les fesses du devant.

Et puis me tournant par derrière, il contemplait tantôt mes épaules, tantôt mes deux fesses.

Mililot.

Langues de chatte et langues de serpent,
Dans un monceau de tétons et de fesses,
Vont se croiser, et derrière, et devant.

Joachim Duflot.

Fesses (s’en battre les)

S’en moquer. — V. Miché.

Va, je m’en bats les fesses, et n’en fais pas le fin.

Parodie de Zaïre, dix-huitième siècle.

Fessier

s. m. Les nates, — dans l’argot du peuple, qui a l’honneur de parler comme Mathurin Régnier :

Dieu sçait comme on le veid et derrière et devant,
Le nez sur les carreaux et le fessier au vent,

a dit le grand satirique.

Fessier

Derrière, — dans le jargon du peuple.

Celui-là lui gaula le fessier à coups de botte.

(Huysmans, les Sœurs Vatard.)

Fessier (le)

Le cul, qui porte des fesses comme le pommier des pommes. Tu es si fraîche que tu as sans doute le corps fort beau, et surtout le fessier.

La Popelinière.

Dans le sapin je plongeai mon regard
Et j’aperçus un fessier magnifique
Qu’il me semblait avoir vu quelque part.

Anonyme.

Fessu

adj. Qui a de grosses fesses.

Festillante

s. f. Queue d’animal, — par exemple du chien, qui fait fête à son maître en remuant la sienne. Le mot est de l’argot des voleurs.

Festillante

Queue. Allusion à la queue du chien qui fait fête à son maître.

Festillante

La queue du chien ; il la remue pour témoigner sa joie à son maître. Elle frétille. Festillante est la corruption de frétillante (Argot des voleurs).

Festiner

v. n. Boire et manger à ventre déboutonné, — dans l’argot du peuple.

Festonnage

Manière de marcher particulière aux ivrognes.

Festonner

Avoir une démarche que l’ivresse accidente comme des festons de broderie.

Il va encore, ma foi, très-droit… c’est à peine s’il festonne.

E. Sue.

Festonner

v. n. Être en état d’ivresse et décrire en marchant des zigzags dont s’amusent les gamins, et dont rougissent les hommes au nom de la Raison et de la Dignité humaine outragées.

Festonner

Marcher en faisant des zigzags, à la manière des ivrognes. — Voir tout tourner autour de soi.

Festonner

Pochard qui ne tient pas sur ses jambes. Il festonne en marchant pour essayer de maintenir son équilibre (Argot du peuple).

Festoyer

Faire l’acte vénérien.

Il s’efforçait de trouver manière de la festoyer, comme il avait fait avant que monseigneur fût sop mari.

(Les Cent Nouvelles nouvelles.)

Il ajoutait que, même à la sourdine,
Plus d’un damné festoyait Proserpine.

Voltaire.

Un cordelier faisait l’œuvre de chair,
Et s’ébattait, en festoyant sa mie.

Piron.

Festoyer

v. n. Dîner copieusement en joyeuse compagnie.

Fêtard

Le langage populaire qui avait déjà fêteur a trouvé que cela ne suffisait pas. Fêtard, fèteur, qui fait la fête, la noce, en un mot qui passe son temps à s’amuser.

Le fêtard est un être particulier dont toute l’occupation en ce monde est de se divertir. Le fêtard ne se met jamais martel en tête que lorsque le grand H… ou la petite Valérie se font excuser au prochain souper.

(Illustration, nov. 1885.)

Fête

Aisance. Je suis de la fête, j’ai beaucoup d’argent.

Fête (être de la)

Être riche, avoir les moyens de festoyer.

Moi je suis toujours de la fête, j’ai toujours bogue et bon radin.

Vidocq.

Fête (être de la)

Être en belle humeur. — Fête du boudin, La Noël.

Fête (la), fêter

Faire l’acte vénérien. Elle n’eut dit ces mots entre ses dents Que le galant recommence la fête.

La Fontaine.

Je fêtai son milieu,
Nom de Dieu !
Trois fois avant que je n’en sorte.

F. De Calonne.

Fête du boudin

s. f. Le 25 décembre, fête de Noël, — dans l’argot du peuple, qui, ce jour-là, fait réveillon à grands renforts de charcuterie.

Fêter la saint-priape

Faire l’acte vénérien, qui est faire une œuvre pie.

Or, un jour que Sa Sainteté
Solennisait la Saint-Priape.

B. de Maurice.

Fêteur, Fêteuse

Celui, celle qui fête un anniversaire, qui souhaite une fête.

Et quel spectacle joyeux que tout ce monde de fêteurs pressés, sillonnant le boulevard avec des bouquets éclatants, des joujoux enluminés et des paquets soigneusement ficelés.

(Petit Parisien du 17 août 1877.)

Fétu

Le membre viril.

De son fétu neuf pouces sont l’aunage.

Piron.

Feu (avoir du)

Argot des enfants qui se servent, dans un sens ironique, de cette locution au jeu dit des quatre-coins. Astu du feu ? signifie : Es-tu prêt à échanger ton coin contre le mien. Voici, je suppose, l’origine de cette expression : on sait que les gamins ne se gênent pas pour fumer. Or, l’un d’eux ayant un jour une cigarette éteinte, voulut prendre du feu à la cigarette allumée d’un des trois autres joueurs et, pendant ce temps se vit prendre sa place par le cinquième, le patient, le pot.

Feu (faire)

Terme de la vieille école au mélodrame et de la tragédie, signifiant et exprimant le geste de l’acteur qui marque la fin de chaque phrase d’un coup de talon vigoureusement frappé sur les planches ; l’acteur qui faisait feu à la plus grande satisfaction du public, fut sans contredit le célèbre Tautin. (Petit dict. des coulisses.)

Feu (n’y voir que du)

Être ébloui, aveuglé.

Et tu n’y verras que du feu.

Cogniard, 1831.

Feu à la cheminée (avoir mis le)

S’être mis le gosier en feu pour avoir mangé des viandes trop épicées, pour avoir bu des liqueurs trop fortes.

Feu au cul (avoir le)

Être ardent aux exercices vénériens.

C’est plus d’un coup par heure ; il avait donc le feu au cul ?

Mililot.

Feu de paille

Fouterie de pauvre ou de poète, qui commence en flambant de façon à faire espérer vingt coups, et qui s’éteint net après le premier.

Feuille

« Les filles d’Ève ont reçu différents noms, suivant les époques, les règnes et les modes… À Saumur, leur nom ne varie plus. On les appelle des Feuilles. »

(Théo-Critt : Nos farces à Saumur.)

Feuille à l’envers (voir la)

« Sitôt, par un doux badinage, Il la jeta sur le gazon. Ne fais pas, dit-il, la sauvage ; Jouis de la belle saison. Ne faut-il pas dans le bel âge Voir un peu la feuille à l’envers ? » — Cet exemple est pris dans la 177e Contemporaine de Rétif (édit. 1783) ; mais la chanson est plus ancienne, car ses auditeurs ajoutent dans le texte : Charmante quoique vieille !.

Feuille à l’envers (voir la)

S’asseoir avec une dame, à la campagne, au pied d’un arbre, et deviser des choses les plus tendres à la manière de Jasion et de Cérès.

Attendez-moi, n’avez-vous jamais vu les feuilles à l’envers ?

(Ane. Théâtre Italien.)

Feuille de chou

Guêtre militaire, mauvais journal, titre non valable.

Feuille de chou

s. f. Journal littéraire sans autorité, — dans l’argot des gens de lettres. On dit aussi Carré de papier.

Feuille de chou

s. f. Guêtre de cuir, — dans l’argot des troupiers.

Feuille de chou

s. f. Petit journal de peu d’importance.

Feuille de chou

Méchant petit journal, journal sans importance.

Feuille de chou

Guêtre, — dans le jargon des troupiers.

Feuille de chou

Oreille, — dans l’argot des rôdeurs de barrière. — Je l’ai pris par ses feuilles de chou et je l’ai sonné.

Feuille de chou

Surnom donné au marin, par les soldats des autres armes. Allusion aux grands cols des marins.

Feuille de chou

Mauvais journal qui ne se vend qu’au poids (Argot d’imprimerie).

Feuille de chou

Journal de petit format. On dit aussi, de celui qui a de grandes oreilles, qu’il a des feuilles de choux.

Feuille de chou, Feuille de platane

Mauvais cigare, cigare d’un sou.

Feuille de rose

« On voit bien que vous n’avez pas accoutumé de parler à des visages. » (Molière, Le Malade imaginaire.)

Feuillées

Latrines, Argot du régiment. Allusion aux branches d’arbres que l’on place, au camp, autour des cabinets pour les dissimuler.

Feuilles (bonnes)

Les passages les plus remarquables d’un livre, d’une brochure.

Feuilles de chou

s. f. pl. Les oreilles, — dans l’argot des bouchers. On dit aussi Esgourdes et Maquantes.

Feuilles de chou

Oreilles, journal sans importance.

Feuilles de choux

Guêtres de cuir.

Feuilles de choux

Oreilles (Argot du peuple). V. Esgourdes.

Feuilleton

Supplément écrit à la main que quelques restau-rateurs ajoutent à la liste des plats indiqués sur la carte imprimée. Ce supplément s’appelle on ne sait pourquoi : Feuilleton. (Ch. Monselet, La Cuisinière poétique.)

Feux de file (ne pas s’embêter dans les)

Être indépendant. — Mot à mot : faire feu à volonté.

Pour lors ! not’colonel, qui ne s’embête pas dans les feux de file…

Ancien Figno, 1827.

Feux de file (ne pas s’embrouiller dans les)

Conserver son sang-froid.

Fia

Une des notes du tambour. Il y a le fia, le ra et le roulement.

Votre fia est si moelleux, si séduisant, si doux ! c’est du miel !

(H. Berlioz, Les Grotesques de la musique.)

Et il n’y en a pas un pour pincer un roulement comme moi. Ce n’est pas moi qui prendrai un ffla pour un rrra.

(Scribe et Poirson, Une Nuit de la Garde nationale, se. 111, 1815.)

Fiacre

Train de chemin de fer, — dans le jargon des mécaniciens.

Fiacre (jouer comme un)

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, fiacre désignait un cocher de carrosse public. Jouer comme un fiacre était donc jouer comme un cocher.

Et les fiacres qui mènent ces carrosses sontla plupart des maquereaux, qui connaissent tous les lieux de débauche de Paris.

(Le Roux, Dict. comique, 1750.)

L’expression jouer comme un fiacre s’est conservée jusqu’à ce jour.

Fiacre (remiser son)

Se ranger ; mener une vie plus régulière.

Fiasco

Insuccès amoureux. — Faire fiasco. Ne pas pouvoir bander au moment où il le faut.

Fiasco

s. m. Insuccès, — dans l’argot des coulisses et des petits journaux. Faire fiasco. Échouer dans une entreprise amoureuse ; avoir sa pièce sifflée ; faire un mauvais article. Se dit aussi pour Manquer de parole.

Fiâsses (les)

Éux.

Ficelé

Se dit de quelqu’un bien habillé, tiré à quatre épingles (Argot du peuple).

Ficelé

Celui qui est correctement vêtu est bien ficelé.

Ficelé. Habillé

Bien ficelé, mal ficelé, bien mis, mal mis ; par allusion à la ficelle qui habille les saucissons.

Ficeler

v. a. et n. Faire avec soin, — dans l’argot du peuple. Signifie aussi : S’habiller correctement, « se tirer à quatre épingles ».

Ficeler

Suivre, — dans le jargon des voleurs ; c’est une variante de filer.

Ficeler

Suivre, filer. Faire un travail avec soin.

Ficeler (se)

Soigner sa tenue. — Les carottes de tabac étaient autrefois ficelées avec beaucoup de soin. V. Chic.

Voilà maman Vauquer belle comme un astre, ficelée comme une carotte.

Balzac.

Ficeler (se)

S’habiller avec soin, se vêtir de ses plus beaux habits. — Suis-je assez proprement ficelé ?

Ficeleuse

La ceinture (Argot du peuple). V. Anguille.

Ficelle

Procédé de convention, acte de charlatanisme. M. Reboux a publié, en 1864, Les Ficelles de Paris.

M. M…, pour animer la statuaire, emprunte a la peinture quelques-uns de ses procédés ; je n’oserais l’en blâmer, si l’austérité naturelle de ce grand art ne repoussait point les ficelles.

Ch. Blanc.

Mais il n’est pas en relation avec les directeurs, et d’ailleurs il n’est pas outillé pour le théâtre ; il ne connaît pas les ficelles de la scène.

Privat d’Anglemont.

Ferdinand lui indiqua plusieurs recettes et ficelles pour différents styles, tant en prose qu’en vers.

Th. Gautier, 1833.

Ficelle

Chevalier d’industrie.

Cadet Roussel a trois garçons : L’un est voleur, l’autre est fripon. Le troisième est un peu ficelle.

Cadet Roussel, chanson, 1793, Paris, impr. Daniel.

Ficelle

s. f. Secret de métier, procédé particulier pour arriver à tel ou tel résultat, — dans l’argot des artistes et des ouvriers.

Ficelle

adj. et s. Malin, rusé, habile à se tirer d’affaire, — dans l’argot du peuple, qui a gardé le souvenir de la chanson de Cadet-Rousselle :

Cadet Rousselle a trois garçons,
L’un est voleur, l’autre est fripon,
Le troisième est un peu ficelle…

Cheval ficelle. Cheval qui « emballe » volontiers son monde, — dans l’argot des maquignons.

Ficelle

Filou prudent. Un homme ficelle se prête à toutes les malhonnêtetés qui échappent à l’action de la loi.

Ficelle

Mensonge transparent, petite ruse. — Ruses d’un métier.

A la ville, ficelle signifie une ruse combinée maladroitement. — Au théâtre, ficelle exprime un moyen déjà employé, connu, usé, qui sert à amener une situation ou un dénoûment quelconque mais prévu.

(J. Noriac, Un Paquet de ficelles.)

Tous les métiers ont leurs ficelles. Connaître toutes les ficelles d’un métier, c’est le connaître à fond, en connaître toutes les ruses, tous les fils qui le font mouvoir.

Ficelle

Ruse, malice. Secret de métier.

Ficelle

Être ficelle, malin, rusé, employer toutes sortes de ficelles pour réussir dans une affaire.
— Je la connais, vous êtes trop ficelle pour ma cuisine.
— Vous ne me tromperez pas, je vois la ficelle (Argot du peuple).

Ficelle

Rusé.

Ficelle (être)

Être mâlin, rusé.

Ficelles

s. f. pl. Ruses, imaginations pour tromper, — dans l’argot du peuple.

Ficelles

s. f. pl. « Les procédés épuisés et les conventions classiques, » — dans l’argot des gens de lettres.

Ficellier

s. m. Homme rusé, retors, qui vit d’expédients.

Fichaise

Niaiserie, chose dont on peut se ficher.

Le passé n’est qu’un songe, Une fichaise, un rien.

Vadé, 1756.

Fichaise

s. f. Chose de peu d’importance, — dans l’argot des bourgeois, qui n’osent pas dire Foutaise.

Fichant

Navrant.

N’est-ce pas, mon vieux, c’est tout de même fichant de se dire !…

E. Sue.

Fichant

adj. Ennuyeux, désagréable, — en parlant des choses et des gens.

Fichant

Extrêmement contrariant. (L. Larchey) — Très fâcheux.

Fichard (va-t’en au)

Va te faire fiche.

Fiche de consolation

Dédommagement. — Terme de whist.

Fiche de consolation

s. f. Compensation, dédommagement.

Ficher

Donner.

Ficher

Donner.

Ficher

Faire. — Il est à remarquer que la finale de cet infinitif s’élide presque toujours.

Mais voyons, Limousin, avec un méchant budget d’une cinquantaine de millions, qu’est-ce que tu peux fiche ?

Gavarni.

Ficher

Donner, flanquer.

Je l’ai fichue à l’eau.

E. Sue,

J’lui fiche un soufflet.

1750, Cailleau.

Fiche-moi la paix.

Jaime.

Dès la fin du quatorzième siècle, ficher se trouve souvent dans le livre des faicts du mareschal de boucicaut (édit. michaud). — à une déroute de sarrasins, il est dit que les jardins favorisèrent beaucoup leur retraite, car s’y fichèrent ceulx qui eschapper peurent (p. 276). — la même année (1399), on nous représente les vénitiens après un combat maritime s’en allant ficher en leur ville de modon (p. 283). — enfin,

quand chateaumorant, avec la compaignée des autres prisonniers feurent arrivez à venise, adonc on les ficha en forte prison.

(édit. petitot, t. II, p. 83).

Ficher

Fourrer.

Ne vas pas te ficher cela dans la cervelle.

Le Rapatriage, parade du dix-huitième siècle.

Ficher

v. n. Faire, convenir, importer. Une remarque en passant : On écrit Ficher, mais on prononce Fiche, à l’infinitif.

Ficher

v. a. Donner. Signifie aussi : Appliquer, envoyer, jeter.

Ficher (se)

S’habiller.

Faut-y que ça soit chiche de ne pas se fiche en sauvage.

Gavarni.

Ficher (se)

Se moquer.

Vous vous fichez du monde.

Vadé, 1755.

Ah bah ! je t’en fiche, il m’embrassait toujours.

L. Beauvallet.

Ficher (se)

v. réfl. S’habiller de telle ou telle façon. Se ficher en débardeur. Se costumer en débardeur.

Ficher (se)

v. réfl. Se moquer. Se ficher du monde. N’avoir aucune retenue, aucune pudeur. Je t’en fiche ! Se dit comme pour défier quelqu’un de faire telle ou telle chose.

Ficher (se)

v. réfl. Se mettre dans l’esprit.

Ficher comme de coller un tampon (s’en)

S’en moquer complètement ; c’est la variante de « s’en ficher comme de colin tampon. »

Ficher dans la douane (s’en)

S’ennuyer énormément. Argot de ces messieurs de la douane.

Ficher dedans

Tromper. V. Dedans.

Ficher la colle

Mentir adroitement.

Ficher la colle gourdement

Être bon trucheur en perfection.

Ficher la misère par quartiers

Être pauvre.

Ficher le camp

Décamper.

Mon enfant, fiche moi le camp.

Rétif, 177e Contemporaine, 1783.

Ficher le camp

v. a. S’en aller, s’enfuir. Le peuple dit : Foutre le camp.

Ficher ou deficher

Bailler.

Ficher ou déficher

Bailler.

Ficher son billet (en)

Donner mieux que sa parole, faire croire qu’on y engagerait même sa signature. Le peuple dit En foutre son billet.

Ficher une colle

Conter un mensonge. — V. Colle.

Pour mieux duper les innocents, Être adroit à ficher la colle.

1651, la Juliade.

Ficher une colle

Débiter un mensonge. — Ficher s’emploie honnêtement à la place du verbe qui commence par la même lettre et dont a tant abusé le père Duchêne.

Fichtre !

Exclamation de l’argot des bourgeois, qui remplace Foutre ! et marque l’étonnement, quand elle ne marque pas la colère.

Fichu

Capable.

Eh ! là-bas… y sont fichus de ne point ouvrir… y faut donc enfoncer la porte…

H. Monnier.

Fichu

Détestable.

Cette fichue traduction l’avait pourtant fait secrétaire interprète de la langue anglaise,

dit Tallemant des Réaux en parlant de Maugars.

C’est là l’éloquence salote et le fichu raisonnement de ce burlesque jugement.

La Juliade, Paris, 1651, in-4.

Un fichu temps comme ça, c’est bon pour une grenouille.

Delange, Chansons.

Toinon, je ne vaux rien quand on m’ostine ; je m’connais ! — Une fichue connaissance que t’as là.

Gavarni.

Fichu

adj. Perdu, en parlant des choses ; à l’agonie, en parlant des gens. Même argot [des bourgeois]. Madame de Sévigné a donné des lettres de noblesse à cette expression trop bourgeoise, en parlant quelque part de « l’esprit fichu de mademoiselle Du Plessis ! »

Fichu

adj. Détestable, archi-mauvais, — en parlant des choses et des gens. Fichu livre. Livre mal écrit. Fichu raisonnement. Raisonnement faux. Fichue connaissance. Triste amant ou désagréable maîtresse.

Fichu

adj. Capable de.

Fichu

adj. Habillé. Être mal fichu. Être habillé sans soin, sans grâce. On dit aussi Être fichu comme un paquet de sottises ou comme un paquet de linge sale. Signifie quelquefois : Être mal fait, mal bâti, et même malade.

Fichu, mal fichu

Mal accoutré. — Tallemant des Réaux dit dans son historiette sur Marville :

Le voylà tout aussi fichu que du temps de Richelieu.

Fichumacer

Diminutif de ficher.

D’mandez moi donc où c’qu’est Allé c’flaneux d’ Cadet ! C’qu’il peut fichumacer À l’heure qu’il est.

Désaugiers.

Fidibus

Longue bande de papier pliée ou roulée tout exprès pour allumer la pipe. Jeu de mots basé sur le pluriel de fides. — Un fidibus sert à plusieurs fois ; il est assez long pour allumer plusieurs pipes.

Un roman de G. Sand dont il fera un fidibus après l’avoir lu.

Ch. Rouget.

Fienter

v. n. Cacare, — dans l’argot du peuple, toujours rabelaisien.

Fier

Grand. V. Blagueur.

Ça lui portera un fier coup.

Lubize.

C’est la mère Burette, une fière femme pour les cartes.

E. Sue.

Fier

adj. Gris, un peu raide, — dans l’argot des faubouriens.

Fier

adj. Étonnant, inouï, — dans l’argot du peuple, qui prend ce mot plutôt dans le sens virgilien (Sœvus Hector : le redoutable Hector) que dans le sens cicéronien (Superbus).

La véissiés un fier abateis ;
Il n’a el monde païen ne sarasin,
S’il les veist, cui pitié n’en prisist, »

dit un poème du moyen âge. Signifie aussi Habile, malin.

Fier-à-bras

s. m. Fanfaron, bravache, qui menace de tout casser, — et qui est souvent obligé de se la casser.

Fièrement

Grandement. — V. Dégoûté, Tomber.

Que demain je lâche ma place, on me tomberait fièrement dessus.

De Goncourt.

Y aura fièrement de monde. Venez-y.

Vadé, 1788.

Fièrement

adv. Beaucoup, étonnamment.

Fiérot

adj. et s. Homme un peu fier.

Fieu

s. m. Enfant, — dans l’argot des nourrices.

Fièvre cérébrale

Accusation entraînant la perte de la tête (Vidocq). — Jeu de mots.

Fièvre cérébrale

s. f. Condamnation à mort, — dans l’argot des assassins, à qui cela doit donner en effet le transport au cerveau, et même le delirium tremens.

Fièvre cérébrale

Accusation capitale, — dans l’ancien argot. — Aujourd’hui dans le monde des voleurs, fièvre typhoïde et vérole noire ont le même sens. — Redoublement de fièvre cérébrale, nouveau témoignage très grave à la charge de l’accusé.

Fièvre cérébrale

Accusation entraînant la peine capitale.

Fièvre cérébrale

Condamné à mort. Il meurt en effet subitement (Argot des voleurs).

Fiferlin

Soldat, — dans le jargon des voyous. — Faire la paire au fiferlin, être tombé au sort.

Fiferlin

Canotier novice, — dans le jargon des canotiers.

Fifi

s. m. Vidangeur, — dans l’argot ironique du peuple, qui tire aussi bien sur ses propres troupes que sur les autres, le Bourgeois et le Monsieur.

Fifi

Vidangeur. Le mot a plus d’un siècle de circulation dans la bouche du peuple.

Fifi-lolo

s. m. Homme qui fait la bête ou l’enfant, — dans l’argot des faubouriens.

Fifine

Réduplication caressante de Joséphine.

Fiflot

Fantassin.

Fifre

Terme de mépris. Il joue comme un fifre, c’est-à-dire comme un maladroit.

Fifrelin

s. m. Monnaie imaginaire fabriquée par le peuple et valant pour lui cent fois moins que rien.

Fifrelin

Presque rien. Valeur presque nulle. Signifie aussi soldat.

Figariste

Rédacteur du journal le Figaro, celui qui appartient à la rédaction de ce journal, — dans le jargon des petits journaux que le succès du Figaro empêche de dormir.

Figaro

s. m. Coiffeur, — dans l’argot des bourgeois qui ont gardé bon souvenir du Barbier de Séville, le premier coup de pioche de la Révolution.

Figé

Juge.

Figer (se)

v. réfl. Avoir froid, — dans l’argot du peuple.

Figer (se)

Faire une station prolongée n’importe où, soit chez le marchand de vin, soit sur l’autel de Domange, — dans le jargon des voyous.

Figer (se)

Avoir froid.

Fignard

Le cul (inusité).

Il écouta la vieille et lui laissa tout dire,
Pencha son front rêveur ; puis, avec un sourire,
Lui foutit sa botte au fignard.

Dumoulin.

Fignard

s. m. Le podex, — dans l’argot des voyous.

Fignard

Le fondement ; c’est troufignard, par abréviation.

Fignard

Postérieur.

Figne

Le podex (Argot des voleurs).

Figne

Anus.

Figne (le)

Postérieur.

Fignol

Joli (Argot des voleurs).

Fignolade

s. f. Roulade à perte de vue, vocalise infiniment prolongée, — dans l’argot des coulisses.

Fignole

Joli. (Richepin.) V. Delvau, Fignoler.

Fignoler

Exécuter avec fion.

C’est qu’vous fignolait (la contredanse). Dame, il y allait de tête et de queue.

Rétif, 1783.

Quel style ! comme c’est fignolé.

Labiche.

C’est un fignoleux, mais il fait trop le fendant à cause qu’il a du bec.

Vadé, 1788.

Fignoler

v. a. Achever avec soin, finir avec amour, — dans l’argot des ouvriers et des artistes. Certain étymologiste veut que ce mot signifie : « Exécuter avec fions. » C’est possible, mais j’ai entendu souvent prononcer Finioler : or, la première personne du verbe finire n’est-elle pas finio ? — V. aussi Fionner.

Fignoler

Polir une pièce d’ouvrage, l’achever avec un soin tout particulier (Argot du peuple).

Fignoler

Un travail fait avec soin est fignolé.

Fignoleur, Fignoleuse

Celui, celle qui cherche à se distinguer par sa mise, par ses manières.

Fignoton

Derrière (Argot du peuple). N.

Figue

La nature de la femme, qui est de la nature de ce fruit, un peu plissée, un peu mole, — et savoureuse comme lui. — Les Italiens ne jurent que par là : Per la fica ! disent-ils.

De ton figuier mange le fruit,
Et ne va pas durant la nuit
Du voisin grignotter la figue.

Parny.

Figurant à l’huile

Figurant de théâtre qui n’est pas rétribué.

Figurant au beurre

Le contraire de à l’huile.

Figurant de la morgue

Cadavre.

Figurants du salon

Certaines maîtresses de maisons de tolérance pour faire croire à une clientèle choisie, paient chaque soir plusieurs individus qui figurent au Salon. Rue Sainte-Appoline, une de ces maisons eut pour figurants pendant plusieurs années deux acteurs devenus très célèbres (Argot du peuple). N.

Figuration

s. f. Les figurants, — dans l’argot des coulisses.

Figure

s. f. Tête de mouton, bonne pour le pot-au-feu, — dans l’argot des faubouriens. Demi-figure. Moitié de tête de mouton achetée chez le tripier.

Figure

Tête de veau dans le baquet du boucher.

Figure

Personne, individu. — Ce n’est pas pour ta figure, ce n’est pas pour toi. — C’est pour ma figure, c’est pour moi.

Figure (ma)

pron. pers. Moi, ma personne, — dans le même argot [des faubouriens].

Figure à baignes

Celui qui a une physionomie antipathique a une figure à recevoir des baignes.

Figure à claque

L’intendant, à cause de sa coiffure.

Figure à claques

Visage ingrat, pas précisément laid, mais antipathique de prime abord. Dans le peuple, tout individu qui ne vous regarde pas en face, franchement, comme on dit l’œil dans l’œil, est une figure à claques.
— Tiens, tu me dégoûtes, ta gueule appelle la claque (Argot du peuple).

Figure à hommes

Figure qui plaît aux hommes. C’est pour ces dames un excellent capital qui rapporte de bonnes rentes dans le monde de la galanterie.

Figure comme le cul d’un pauvre homme (avoir une)

Montrer un visage rouge, animé, pétillant de graisse et de santé. Des physionomistes ont, paraît-il, été jusqu’à observer que c’était au derrière des pauvres gens que se réfugiait la santé.

Figure d’écumoire

Homme affreusement grêlé (Argot du peuple). V. Poêle à marrons.

Figure de campagne

s. f. Celle qu’on ne montre, ou plutôt qu on ne découvre, qu’à la campagne, au coin d’une haie bien fournie, ou à l’ombre d’un hêtre touffu, lorsqu’on se croit bien seul dans la nature. Argot du peuple. (V. Pleine lune et Visage.)

Figure de campagne

Faire ses nécessités en plein air. On comprend quelle figure est au vent (Argot du peuple).

Figure de culotte

Visage gros et rouge. — Délicate allusion au visage que cache la culotte.

Figure de papier maché

Personne sans couleur, aux joues creuses et à visage pâle. Le peuple, sans pitié, ne manque jamais d’employer cette expression pour un malheureux qui meurt de consomption.
— Il ne tient pas debout avec sa figure de papier mâché (Argot du peuple).

Figure de papier mâché

Avoir mauvaise mine.

Figure de prospérité

s. f. Visage qui annonce la santé.

Figure de vesse

Figure pâle et boursouflée ; physionomie de chlorotique.

Figurer

Être au carcan.

Figurer

v. n. Paraître comme comparse sur un théâtre, à raison de vingt sous par soirée quand on est homme et pauvre, et pour rien quand on est femme et jolie.

Figurer

v. n. Être exposé au poteau d’infamie, — dans l’argot des voleurs, qui paraissent là comme des figurants sur un théâtre.

Figuristes

Italiens que l’on rencontre sur la voie publique et à la porte des cafés offrant en vente des sujets en plâtre.

Fil

s. m. Adresse, habileté, — dans l’argot du peuple, qui assimile l’homme à un couteau et l’estime en proportion de son acuité. Avoir le fil. Savoir comment s’y prendre pour conduire une affaire. Connaître le fil. Connaître le truc. On dit aussi d’une personne médisante ou d’un beau parleur : C’est une langue qui a le fil.

Fil

Au théâtre, toutes les cordes ont reçu le nom de fils. — Descendre un fil, descendre une corde qui supporte les amours dans les féeries.

Fil

Cheveu. Fil bis. Cheveu blanc.

Fil (avoir le)

Être rompu à tel ou tel exercice. — Allusion au fil qui donne à une arme ou à un outil le dernier degré de perfection.

Voyez comm’elle avait le fil Pour tramer la guerre civile.

Chansons, 1830.

Quand le jean-jean est passé de l’école du soldat à l’école de peloton, il possède ce qu’on appelle le fil.

M. Saint-Hilaire.

Une langue qui a le fil est une langue médisante, acérée comme une lame fraîchement émoulue.

Fil (avoir le)

Être adroit, finaud, rusé, — dans le jargon des voyous ; allusion au fil d’un couteau, d’un rasoir.

Je suis nabot, mais j’ai le fil.

(P. Mahalin, Les Monstres de Paris.)

Fil (avoir le)

Être adroit, rusé.

Fil (prendre un)

Prendre un verre d’eau-de-vie. Mot à mot : un verre de fil-en-quatre.

Fil à couper le beurre (n’avoir pas inventé le)

Être naïf, être niais. Les amis d’une douce plaisanterie disent également : N’avoir pas découvert la mine de pains à cacheter.

Fil à la patte (en avoir un)

Être gêné par quelqu’un. Être entravé dans ses affaires, n’avoir pas ses coudées franches. Une femme crampon est un rude fil à la patte (Argot du peuple).

Fil à retordre (avoir du)

Peiner pour réussir une affaire. Essayer de convenir un incrédule.
— Pas moyen de venir à bout de cette mauvaise tête d’Alfred. En voilà un enfant qui m’a donné du fil à retordre (Argot du peuple).

Fil dans la trousse

Être poilu.

Fil de soie

Voleur.

Fil de soie

Filou, voleur (Argot du peuple).

Fil de soie

Voleur.

Fil en aiguille (de)

adv. De propos en propos, — dans l’argot du peuple, qui a eu l’honneur de prêter cette expression à Mathurin Régnier :

Enfin, comme en caquets ce vieux sexe fourmille,
De propos en propos et de fil en esquille,
Se laissant emporter au flus de ses discours,
Je pense qu’il falloit que le mal eust son cours,

dit le vieux poète en sa Macette.

Fil en double

Bon vin.

Fil en double

Le vin s’appelle du fil en double.

Grandval, 1827.

Fil en quatre

Eau-de-vie.

Fil en quatre

« Voulez-vous une gorgée de fil en quatre ? — Je veux bien… Elle est bonne, votre eau-de-vie. » — H. Monnier, 1836. — « Allons, Auguste, un petit verre de fil en quatre, histoire de se velouter et de se rebomber le torse. » — Th. Gautier. Fil en quatre signifie plus fort que le vin, car celui ci s’appelle aussi fil en deux.

Fil en quatre

Eau-de-vie.

Fil en quatre

Eau-de-vie supérieure (Argot du peuple).

Fil sur la bobine

Cheveux sur la tête.

Fil sur la bobine (ne plus avoir de)

Ne plus avoir de cheveux sur la tête.

Fil-en-quatre

s. m. Eau-de-vie très forte, — dans l’argot du peuple. On dit aussi Fil-en-trois.

Fil-en-quatre

Apprenti commis mercier.

Fil-en-quatre

Eau-de-vie.

Filage

Action, art de filer la carte, de ne pas engager le jeu, à la bouillotte.

Filage, filature

Action de suivre quelqu’un.

Filage, File, Filature

Action de suivre quelqu’un, — en terme de police. — Lâcher de la filature, suivre. — Les voleurs disent : Ces messes nous lâchent de la filature, ces messieurs nous suivent.

Filard

Terme de joueur de bouillotte. Celui qui file chaque fois qu’il n’a pas un très beau jeu, comme trente-un en main, ou quarante de face ou vingtun et as premier.

Filasse

Chevelure blonde (Vidocq). — Filasse : Matelas. On y trouve souvent plus de filasse que de crins. — Piquer une tête dans la filasse : Dormir.

Filasse

s. f. Cheveux trop blonds, — dans l’argot des faubouriens. Saint-Simon a employé cette expression à propos des cheveux de la duchesse d’Harcourt, et, avant Saint-Simon, le poète Rutebeuf.

Au deable soit tel filace,
Fet li vallés, comme la vostre !

Filasse

s. f. Matelas, et même lit, — dans l’argot des faubouriens. Se fourrer dans la filasse. Se mettre au lit.

Filasse

Morceau de bœuf bouilli. — La variante est : Balle élastique.

Filateur, Fileur

Tricheur qui opère au moyen du filage de la carte, c’est-à-dire en distribuant une carte pour une autre.

Filature

Terme employé par les agents de la sûreté pour indiquer qu’ils filent un voleur (Argot des voleurs).

Filature

Suivre. Un agent de police fait une filature, lorsqu’il suit un voleur pour savoir ce qu’il fait.

Filature

Occupation d’un agent qui suit quelqu’un.

Filature (être en)

Suivre quelqu’un.

File

Mettre une file de gauche en arrière, se moucher avec les doigts.

Filer

Suivre, préparer. Filer une affaire, faire les dispositions d’un vol.

Filer

Suivre, espionner.

Filer

Suivre un individu.

Filer

Suivre.

Un voleur se charge de filer la personne.

Vidocq.

Être filé signifie, dans le langage des débiteurs, que le recors vous suit à la piste.

Montépin.

Dans le même vocabulaire, Être fumé signifie être arrêté.

Filer

v. a. Suivre un malfaiteur, — dans l’argot des agents de police. Suivre un débiteur, — dans l’argot des gardes du commerce.

Filer

v. a. Voler, — dans l’argot des voyous. Filer une pelure. Voler un paletot.

Filer

v. n. S’en aller, s’enfuir, — dans l’argot des faubouriens.

Filer

v. n. Levare ventris onus, — dans le même argot [des faubouriens].

Filer

Sacrifier à la compagnie Lesage.

Filer

Suivre à la piste. La police file à pied, en voiture et en chemin de fer.

Filer

Ne pas engager le jeu, — dans le jargon des joueurs de bouillotte. Faire filer, intimider son adversaire qui, alors, n’engage pas le jeu, ou qui paye son premier engagement.

Filer

Faire l’école buissonnière, — dans le jargon des collégiens.

Les elèves de Louis-le-Grand filent, soit aux Ours, (le jardin des Plantes) soit au Luxembourg.

(Albanès, Mystères du collège.)

Filer

Suivre. Pour organiser une filature, les agents se mettent deux, l’un devant le filé, l’autre derrière, de façon à ce qu’il ne puisse échapper. Il y a des filatures qui sont extrêmement mouvementées, c’est une véritable chasse où toutes les ruses sont mises en œuvre. Le gibier cherche toutes les occasions de se dérober pour éviter le sapement (Argot des voleurs).

Filer

Suivre. Pour suivre un malfaiteur, il y a toujours deux agents de la sûreté, l’un suit le filé et l’autre son collègue. Lorsque le premier agent croit avoir été remarqué par le filé, il change de rôle avec son collègue. Un bon agent, qui fait le service dit de la voie publique, avait dans le temps toujours une blouse enroulée autour du corps, en guise de ceinture et une casquette dessous son gilet. Lorsque le premier agent croyait avoir été remarqué, et qu’il prenait la place de son collègue, il mettait tout en marchant sa blouse par-dessus son vêtement et sa casquette ; dans cette tenue, il pouvait reprendre sa place primitive, sans être reconnu. À une époque, j’avais un binocle sur lequel se trouvait collée une toute petite glace sur chaque verre, ce qui me permettait de voir quelqu’un eh lui tournant le dos.

Filer

Suivre.

Filer (faire)

Dérober. Mot à mot : faire filer un objet de la poche de quelqu’un.

Filer doux

v. n. Ne pas protester, — même lorsqu’il y a lieu ; souffrir ce qu’on ne peut empêcher. Argot des bourgeois.

Comme son lict est feict : que ne vous couchez-vous,
Monsieur n’est-il pas temps ? Et moi, de filer dous,

dit Mathurin Régnier en sa satire XIe.

Filer doux

Se montrer soumis, obéissant.

Filer la carte

« Changer la première carte qui est dessus le jeu, celle qu’on doit donner à son adversaire, contre la deuxième carte. Le filage de carie est une opération très délicate et difficile à exécuter. » (A., de Caston.) Les joueurs honnêtes du baccarat se servent de l’expression filer la carte, filer pour désigner l’action de découvrir par degrés, très lentement, une des deux cartes qu’ils ont en main ; c’est un moyen comme un autre de se procurer une émotion, et l’on sait que le joueur vit d’émotions.

Filer la comète

Coucher en piein air, coucher à la belle étoile, — dans le jargon des voleurs.

Filer la comète

Être vagabond.

Filer la comète

Malheureux qui n’a pas de domicile et qui marche toute la nuit pour éviter d’être emballé par les agents. Quand il n’y a pas de comète il file les étoiles quand il n’est pas filé lui-même (Argot du peuple).

Filer la comète

Celui qui est sans domicile, qui ne sait où coucher, file la comète.

Filer la comète

Coucher dehors, à la belle étoile.

Filer la pipe

Voir Passer à la plume.

Filer le parfait

S’abandonner aux chastes douceurs du véritable amour.

Filer le parfait amour

v. n. S’abandonner aux douceurs de l’amour platonique, — dans l’argot du peuple, qui a des tendresses particulières pour Estelle et Némorin.

Filer ou Refiler

Suivre à la piste, surveiller. Donner de la filature ; suivre quelqu’un, donner, faire passer.

Filer raide

Marcher très vite.

Filer son cable par le bout

v. a. S’enfuir, et, par extension, Mourir, — dans l’argot des ouvriers qui ont servi dans l’infanterie de marine.

Filer son nœud

v. a. S’en aller, s’enfuir, — dans le même argot [des ouvriers qui ont servi dans l’infanterie de marine].

Filer un mauvais coton

Être malade et sur le point de mourir, — dans l’argot du peuple. Signifie aussi : Faire de mauvaises affaires ; mener une vie déréglée.

Filer un sinve

v. a. Suivre quelqu’un, — dans l’argot des voleurs. On dit aussi Faire la filature.

Filer un sinve

Filer, suivre, sinve, homme facile à duper. Mot à mot : le filer jusqu’au moment favorable pour le dévaliser sans danger (Argot des voleurs).

Filer une

Repousser, culbuter, — dans le jargon des voyous. — Y veut m’coller un coup de sorlot dans les accessoires, je l’y file une pousse et l’envoie dinguer sur le trime où il prend un potage à la julienne.

Filer une affaire

Combiner un vol.

Filer une affaire

Combiner un vol.

Filer une purge

Battre, rouer de coups. Argot des rôdeurs.

Les inculpés reconnaissent qu’ils ont été chargés par l’inconnu de frapper M. L…, de lui filer une purge, dit Baylac (un inculpé).

(Autorité, janvier 1888.)

Filer une purge

Battre, rouer de coups.

Filer une scène

La conduire avec art, — dans l’argot des vaudevillistes. On dit de même Filer une intrigue, une reconnaissance, etc.

Filet

Nuance délicate.

Peut-être aussi y a-t-il un filet de concetti shakspearien, mais c’est peu de chose.

Th. Gautier.

Filet bien coupé (avoir le)

Parler beaucoup. On dit proverbialement, en parlant de quelqu’un qui parle beaucoup :

Celle qui lui a coupé le filet a bien gagné ses cinq sous.

Filet coupé (avoir le)

Être extrêmement bavard, — dans l’argot du peuple, qui, en entendant certains avocats, souhaiterait qu’on ne leur eût pas incisé le repli triangulaire de la membrane muqueuse de la bouche. On dit de même : Il n’a pas le filet.

Filet de vinaigre

s. m. Voix aigre et fausse, — dans l’argot des coulisses.

Filets (tendre les)

« Cette besogne consiste à étaler sur les comptoirs les pièces (d’étoffe) qui ont de l’œil et qui doivent attirer l’attention, forcer le regard des clientes passant d’un rayon à la caisse. »

(L. Noir, Le Pavé de Paris.)

Fileur

s. m., ou Fileuse,s. f. Chevalier dont l’industrie consiste à suivre les floueurs et les emporteurs, et à prélever un impôt de trois francs par chaque louis escroqué à un sinve.

Fileur

« On nomme fileur, un homme qui, du matin au soir, un pinceau à la main, fait, au moyen d’un tour lancé avec rapidité, ces filets d’or, azur ou chocolat, qui entourent les assiettes, les tasses ou les bols. » (J. Noriac.)

Fileur

Élève qui a l’habitude de suivre ses classes en jouant aux billes ou en allant faire de petites excursions extra-muros.

Fileur

Celui qui file, qui suit. Pour être bon fileur, il faut du talent, surtout pour suivre la même personne pendant plusieurs jours, même des mois, sans, se faire remarquer par elle. Il y a eu à une époque, à la Sûreté, une brigade spéciale de fileurs.

Fileur de plato

Second et troisième amoureux, — dans le jargon des coulisses. Mot à mot : fileur d’amour platonique.

Fileuse

« Chanteur suivant les voleurs et les prenant en flagrant délit, dans le seul but de faire payer son silence par une remise de 15 p.100. »

Vidocq.

Fileuse

Exploiteur de filous. La fileuse fait chanter le voleur qu’elle a suivi et vu à l’œuvre. Sous menace de révélations, elle se fait remettre soit une petite part du vol, soit une somme correspondante en argent, probablement en vertu de l’axiome qu’il faut que tout le monde vive.

Fileuse

Celui qui fait chanter les filous en menaçant de les dénoncer.

Fillasse

Femme qui a vieilli dans la prostitution ; c’est le superlatif de fille de joie.

Fille

Mot injurieux pour désigner une femme qui fait métier et marchandise de l’amour.

Le mot fille signifie, ad libitum, ce qu’il y a de plus pur, ce qu’il y a de plus doux, ce qu’il y a de plus bas, ce qu’il y a de plus vil dans le sexe féminin. — Il est sage et timide comme une fille. — Il aime tendrement sa fille. — En quittant l’auberge, il a donné quelque chose à la fille. — Il a eu l’imprudence de se montrer au spectacle avec une fille.

E. Jouy.

Prenez les intérêts des filles de Cypris,
Et ne permettez pas qu’on en fasse mépris.

(La France galante.)

Le ramage des filles est cent fois préférable à l’argot des boursiers.

A. Delvau.

Nos ingénues à sentiments,
En fait d’amants,
Ruin’nt plus d’jeun’s gens
En quinze jours,
Qu’une fille en douze ans.

E. Debraux.

Fille

s. f. Servante, — dans l’argot des bourgeois.

Fille

s. f. Femme folle de son corps, — dans l’argot du peuple. Fille d’amour. Femme qui exerce par goût et qui n’appartient pas à la maison où elle exerce. Fille en carte. Femme qui, par l’autorisation de la préfecture de police, exerce chez elle ou dans une maison. Fille à parties. Variété de précédente. Fille soumise. Fille en carte. Fille insoumise. Femme qui exerce en fraude, sans s’assujettir aux règlements et aux obligations de police, — une contrebandière galante.

Fille

s. f. Femme qui vit maritalement avec un homme, — dans l’argot des bourgeoises, implacables pour les fautes qu’elles n’ont pas le droit de commettre.

Fille

Dans le jargon des joueurs de rams, ce sont les cartes du talon qui restent sur le tapis à la disposition du premier en cartes. — Quand un ramseur échange son jeu contre celui qui est sur le tapis, il a coutume de dire :

Voyons le cul de la fille ou voyons le derrière de la fille.

Fille

Bouteille. Fillette, demi-bouteille.

Fille (petite)

Demi-bouteille de vin.

Fille à parties

« Prostituée en carte ou isolée, mais avec plus de formes. Si elle se fait suivre par sa tournure élégante ou par un coup d’œil furtif, on la voit suivant son chemin, les yeux baissés, le maintien modeste : rien ne décèle sa vie déréglée. Elle s’arrête à la porte d’une maison ordinairement de belle apparence ; là, elle attend son monsieur, elle s’explique ouvertement avec lui ; et, s’il entre dans ses vues, il est introduit dans un appartement élégant ou même riche, où l’on ne rencontre ordinairement que la dame de la maison. »

Béraud.

Fille d’amour

Fille de bordel, qui fait de l’amour un métier et de son cul une marchandise.

J’apprends qu’tu veux, monsieur d’Belleyme,
Numéroter les fill’s d’amour.

Béranger.

Fille d’amour

Prostituée.

Fille de joie

Femme qui exerce un triste métier, celui qui consiste à être à la disposition du premier venu.

D’une fille de joie
Il fut enfin la proie.

Théophile.

Le major l’avait fait mener au refuge où on enferme les filles de joie.

D’Ouville.

Soupant, couchant chez des filles de joie.

Voltaire.

Mais ce refrain banal rarement apitoie,
Hormis l’adolescent, qui ne peut croire au mal
Et cherche encor l’amour dans la fille de joie,
Ignorant que la rouille a rongé le métal.

Henry Murger.

Fille de maison

s. f. Pensionnaire du prostibulum.

Fille de marbre

Courtisane. — Une pièce de M. Barrière a consacré les Filles de marbre, comme celle de Dumas fils a créé les Camélias, avec cette différence toutefois que Camélia se prend en meilleure part.

C’est à Paris que les filles de marbre apprennent péniblement le métier qui les fait riches en une heure.

J. Janin.

Fille de marbre

s. f. Petite dame qui a un caillou à la place du cœur, — dans l’argot des gens de lettres, qui emploient cette expression en souvenir de la pièce de Théodore Barrière et de Lambert Thiboust jouée au Vaudeville il y a une trentaine d’années.

Fille de marbre, fille de platre

Fille galante, dont le cœur est plus dur que les tétons.

C’est à Paris que les filles de marbre apprennent péniblement le métier qui les fait riches en une heure.

Jules Janin.

Fille de plâtre

Lorette. Vient du roman écrit sous ce nom par M. de Montépin, pour servir de contre-partie à la pièce des Filles de Marbre.

Ces femmes ne sont que des filles de plâtre.

1860 les Étudiants du quartier latin.

Fille de tourneur

s. f. Femme de mauvaise vie, — dans l’argot du peuple, qui a voulu jouer sur le mot toupie.

Fille insoumise

Fille qui exerce la prostitution sans privilège ni estampille de la police. — On dit, par abréviation : Insoumise.

Fille publique

Femme qui livre son corps au premier passant venu, moyennant un salaire qui varie suivant les quartiers dans lesquels elle exerce.

La première ordonnance concernait les filles publiques et imposait à ces malheureuses des heures de sortie et d’autres mesures que la décence publique réclamait depuis longtemps.

H. Raisson.

Renonçant pour toujours à la fille publique,
Vous seule auriez eu part aux faveurs de mon vit.

Louis Protat.

Fille remisée

Fille retirée de la prostitution. Ancienne fille qui a acheté un fonds de commerce.

Fille soumise

Fille ou femme à laquelle la préfecture de police impose une carte, dans l’intérêt de la santé publique — que compromettent tant les coureuses insoumises.

Fille, Grande fille

Bouteille de vin.

Allons étrangler une grande fille, ce qui signifie : Allons boire une bouteille.

(Petit Parisien, du 16 août 1877.)

Fillette

Petite bouteille de vin cacheté, demi-bouteille.

Filoche

Bourse.

Filoche

Une bourse.

Filoche

Bourse d’argent.

Filoche

Bourse.

Filoche

Bourse (Vidocq). — Diminutif de filet.

Si ta filoche est à jeun (si ta bourse est à vide).

E. Sue.

Filoche

s. f. Bourse, — dans l’argot des voleurs, qui devraient bien changer d’expression, aujourd’hui qu’on a remplacé les bourses en filet, à glands et à anneaux, par des porte-monnaie en cuir. Avoir sa filoche à jeun. N’avoir pas un sou en poche.

Filoche

Bourse. — Filoche à jeun, bourse vide. — Filoche du trêpe, la Bourse de Paris. Mot à mot : bourse de la foule.

Filoche

Bourse.

Filoche

Bourse. Avoir sa filoche à jeun, c’est être sans le sou (Argot du peuple).

Filoche

Bourse, cravate.

Filou

s. et adj. Malin, rusé, — dans l’argot du peuple, qui, quoi qu’en dise M. Francisque Michel, continue à employer ce mot avec le même sens qu’au XVIIe siècle.

Filou

Rusé, malin.

Fils d’Archevêque

Argot des élèves des écoles spéciales qui nomment ainsi ceux de leurs camarades qui sont les fils de leur père, c’est-à-dire dont la famille est haut placée et pour lesquels protection et passe-droits ne font pas défaut.

Une promotion (à l’École navale) aussi forte que celle qui était annoncée ne se justifiait… que par le nécessité de faire une position à quelque fils d’archevêque.

(Mot d’ordre, 1887.)

Fils de fer

Jambes très-minces.

Fils de l’autre

Nom donné par les bonapartistes, sous la Restauration, au duc de Reichstadt, fils de Napoléon, dont il était défendu de parler.

Fils de putain !

Injure du vocabulaire populaire que les mères adressent souvent naïvement à leurs propres fils.

Fils-de-fer

s. m. pl. Jambes grêles, — dans l’argot des ouvriers.

Fils-de-fer

Jambes longues et maigres.

Filsange

s. f. Filoselle, — dans l’argot des voleurs.

Filsange

Filoselle, — dans le jargon des voleurs.

Fin (faire une)

Se ranger, en finir avec la vie de jeune homme.

Cependant il faut absolument faire une fin. — Dame, le siècle est positif, et l’on trouve si difficilement à tailler un homme utile dans la peau d’un vieux lion.

Deriège.

Fin (faire une)

Se marier, en parlant d’un homme. C’est souvent une triste fin.

Fin de la soupe

Guillotine.

Fin-de-siècle

Cette expression nouvelle veut dire bien des choses. Un chapeau excentrique est fin-de-siècle. Une chanteuse comme Yvette, une danseuse comme la Goulue, un livre ou une pièce où les expressions sont ce qu’il y a de plus réaliste, tout cela est fin-de-siècle (Argots divers). N.

Finance

s. f. Argent, — dans l’argot du peuple.

Financer

v. n. Payer.

Financer

Payer, payer pour un autre. — l’entreteneur finance.

Finasser

v. n. Ruser, niaiser.

Finasserie

s. f. Finesse grossière, procédé de mauvaise foi.

Finasseur

s. m. Homme méticuleux, qui épilogue sur des riens. On dit plutôt Finassier.

Finasseuse

s. f. Femme rusée, qui sait faire jouer les fils du pantin-homme.

Finaud

adj. et s. Homme trop malin et pas assez loyal.

Fine

Excrément. — Allusion a la fine moutarde.

Un vidangeur de mes amis Nous a chanté la plus fine.

Aubry, Chanson. 1836.

Fine

Fine Champagne, par abréviation. — Un verre de fine.

Fine pégrenne

Agonie.

Fine pégrenne (être en)

Être au plus mal, — être perdu sans ressources, dans le jargon des voleurs.

Fine-galette

Élève sans galons, — dans le jargon des Saint-Cyriens.

Fine-lame

s. f. Homme habile à l’escrime, — dans l’argot des salles d’armes.

Fine-mouche

s. f. Femme rusée, experte ; homme « malin », — dans l’argot des bourgeois.

Finesses cousues de fil blanc

s. f. pl. Finesses grossières, farces qui sont facilement devinées, trahisons qui sont facilement éventées.

Fini

adj. Qui atteint le plus haut degré en bien ou en mal. Troupier fini. Soldat parfait. Coquin fini. Drôle fieffé.

Fini (homme)

Homme ruiné, perdu moralement ou matériellement.

Moi fini et pleuré de vos beaux yeux, l’ermite, mon père, pourrait bien vous réclamer.

(Maynard de Queilhe, Outre-Mer, 1835.)

Finir en queue de poisson

v. n. Finir désagréablement, fâcheusement, tristement, platement, bêtement, — dans l’argot du peuple, qui cependant ne connaît pas le desinat in piscem d’Horace.

Finir en queue de poisson

Chose qui commence bien et finit mal ou pas du tout. Un livre qui commence en empoignant ses lecteurs et se termine bêtement, c’est finir en queue de poisson (Argot du peuple).

Finir en queue de rat

v. n. finir fâcheusement, tristement, bêtement, — dans l’argot des ouvriers qui ont servi dans l’infanterie de marine.

Finition

Achèvement. — Finition du Louvre. (Balzac.)

Fiole

Figure. On dit aussi fertille.

Fiole

Bouteille de vin.

Nous avons presque entièrement vidé nos fioles.

Frémy.

Fioler, c’est boire avec excès.

d’Hautel, 1808.

C’est un mot de langue romane. V. Roquefort.

Fiole

s. f. Bouteille de vin, — dans l’argot du peuple, qui ne sait pas être si près de la véritable étymologie : φιάλη, (vase à boire).

Fiole

Tête, figure, — dans le jargon des voleurs. Fiole à cubèbe, à copahu, physionomie malsaine, figure de syphilitique.

Fiole

Souper de la fiole de quelqu’un, en être fatigué, importuné.

Fiole

Physionomie. Fioler, dévisager.

Fiole

Visage.

Je ne veux plus de toi comme maîtresse, j’ai soupé de ta fiole.

Fiole (souper de la)

J’ai soupé de votre fiole. Expression qui signifie : Je sais à quoi m’en tenir sur votre compte, ce que valent vos paroles ou vos actes ; donc, brisons là ! Se ficher de la fiole de quelqu’un, veut dire se moquer de lui.

Fioler

v. a. Boire, vider une ou plusieurs fioles de vin. Fioler le rogome. Boire de l’eau-de-vie.

Fioler

Envisager. — Qu’est-ce qu’il a ce pante, à me fioler ?

Fioler

Boire.

Fioler

Dévisager.

Fioleur

s. m. Ivrogne.

Fion

Élégance.

Un François enseignoit à des mains royales à faire des boutons, quand le bouton étoit fait, l’artiste disoit : À présent, Sire, il faut lui donner le fion. À quelques mois de là, ce mot revint dans la tête du roi ; il se mit à compulser tous les Dictionnaires françois, Richelet, Trévoux, Furetière, l’Académie françoise, et il n’y trouva pas le mot dont il cherchoit l’explication. Il appela un Neuchatelois qui était alors à sa cour, et lui dit : Dites-moi ce que c’est que le fion dans la langue françoise ? — Sire, reprit le Neuchatelois, le fion c’est la bonne grâce… Graves auteurs, graves penseurs, naturalistes, politiques. historiens, vous n’êtes pas dispensés de donner le fion à vos livres ; sans le fion vous ne serez pas lus. Le fion peut s’imprimer dans une page de métaphysique, comme dans un madrigal à Glycère. Académiciens qui parlez de goût, étudiez le fion, et placez ce mot dans votre Dictionnaire qui ne s’achève point.

Mercier, 1783.

Fion

s. m. Dernière main mise à un ouvrage, — dans l’argot des ouvriers et des artistes. Coup de fion. Soins de propreté, et même de coquetterie.

Fion

Élégance. — Coup de fion, dernier coup de main donné à un ouvrage.

Fion

Postérieur.

Fionner

Faire du fion.

Ça s’fionne, ça se pavane et ça se carre.

Bourget.

Fionner

v. a. et n. Donner le dernier coup de lime ou de rabot ; mettre la dernière main à une chose ; avoir du fion.

Fionner

Faire le fat ; être coquet, — dans le jargon du collège.

Depuis qu’Ernest a une paire de bottes, regarde un peu comme il fïonne 1

(Albanès, Mystères du collège, 1845.)

Fionneur

Homme recherché dans sa tenue

Le fionneur possède une glace, huile antique, pommade du lion et cire à moustaches.

Bertall.

Fionneur

s. m. Ouvrier qui s’habille en monsieur, qui fait le bourgeois.

Fionneur

Ouvrier, collégien endimanché.

Fioritures

s. f. pl. Choses ajoutées à un récit pour l’embellir et souvent pour le dénaturer, — dans l’argot des gens de lettres, qui ont emprunté cette expression aux chanteurs et en font le même abus que ces derniers.

Fiotte

s. f. Petite fille, — dans l’argot caressant du peuple. On dit aussi Fillotte.

Fiotte

Voir chatte.

Fiquer

Donner.

Fiquer

v. a. Enfoncer, ficher, — dans l’argot des voleurs.

Fiquer

Frapper à coups de poignard, à coups de couteau, — dans le jargon des voleurs.

Fiquer

Enfoncer. Frapper à coups de couteau.

Fiquer

Prêter.

Firts

s. m. Nates, — dans l’argot des faubouriens.

Fiscal

Riche. — Allusion aux revenus du fisc ( ?).

À des favoris côt’lettes… À son costume fiscal…

Léonard, parodie, 1863.

Fish

Souteneur. — Un mot qui a passé la Manche et qui veut dire poisson en anglais.

Fiston

Terme amical. — Diminutif de fils.

Par ma fé, mon doux ami, mon fiston.

Contes d’Eutrapel, seizième siècle.

Fiston

s. m. Fils, enfant. Signifie aussi Ami.

Fiston

Pour fils ; terme d’amitié.

Tu t’es laissé embobeliner, voilà tout… tu es jeune, mon fiston.

(A. Theuriet, La Revanche du mari.)

Fistot

Élève de première année à l’École navale.

Les anciens attendaient leurs fistots pour les piloter et commencer leur éducation maritime.

(Illustration, octobre 1885.)

Fixé

Assez, — dans le jargon des voyous qui disent aussi : Marré, par abréviation d’amarré.

Flac

Boni quelconque.

Flac

Argent.

Flac

s. m. Sac, — dans l’argot des voleurs, qui ont voulu rendre la flaccidité de cette enveloppe. Flac d’al. Sacoche à argent. Ils disent aussi Flacul.

Flac d’al

Sacoche à argent. Flac sac, d’al argent : abréviation d’altèque. Pour flaquer, on dit anssi je vais à flacdal (Argot du peuple).

Flac, Flacul

Sac. — Lit. — Argent, — dans le jargon des voleurs.

Flac, flacul

Lit. Sac. Argent.

Flache

Plaisanterie.

Flacon

Botte, et particulièrement botte de vidangeur ou de cureur d’égouts. Des flacons qui renferment « l’essence de chaussette ». — Déboucher ses flacons, ôter ses bottes.

Ça doit rien schelmguer quand il débouche ses flacons.

(Réflexion d’un voyou à la vue d’un cureur d’égouts.)

Flacons

s. m. pl. Souliers, — dans l’argot des faubouriens, qui en font des réservoirs à essences.

Flacu

Sac.

Flacul

Sac d’argent. — Diminutif du vieux mot Flac : flacon. V. Roquefort. — Il y a ressemblance de forme.

Le vioque a des flaculs pleins de bille ; s’il va à Niort, il faut lui riffauder les paturons.

Vidocq.

Flacul

Lit.

Je raplique au flacul qui m’attend.

Vidocq.

Jeu de mots ; c’est sur le lit qu’on faque son c-l.

Flafla

Grand étalage. — Onomatopée.

Flafla

s. m. Étalage pompeux, en paroles ou en actions, — dans l’argot du peuple, très onomatopéique. Car je ne pense pas qu’il faille voir autre chose qu’une onomatopée dans ce mot, qui est une imitation, soit d’une batterie de tambour bien connue, soit du fracas de l’éclair.
Comme Parisien, ayant emboîté le pas aux tapins de mon quartier, lorsque j’étais enfant, je pencherais volontiers pour la première hypothèse ; comme étymologiste, j’inclinerais à croire que la seconde vaut mieux, — d’autant plus que les Anglais emploient le même mot dans le même sens. Flash (éclair), disent-ils ; flash-flash (embarras, manières.)
Faire du fla-fla. Faire des embarras.

Flafla

Embarras, manières. — Faire du flafla, faire des embarras. — Un objet qui a du flafla, c’est du clinquant.

Flageoler

v. n. Trembloter, — dans l’argot du peuple, qui emploie ce verbe à propos clés jambes des ivrognes et des poltrons, et fait sans doute allusion aux trémolos ordinaires du flageolet des aveugles.

Flageolet

Le membre viril, dont les femmes savent si bien jouer et jouir, et dont elles se gardent bien de boucher la patte d’où sort cette précieuse musique qui leur chatouille si agréablement le vagin.

Elle n’est pas musicienne,
Mais elle est foll’ du flageolet
Et veux que chaqu’ jour de la s’maine
Je fredonne au moins un couplet.

E. Debraux.

Je voudrais, ma belle brunette,
Voyant votre sein rondelet,
Jouer dessus de l’épinette
Et au-dessous du flageolet.

Théophile.

Si tu veux danser, dispose
Du flageolet que voilà.

Collé.

Flageolets

Longues jambes flageolantes.

Il est monté sur des flageolets.

d’Hautel, 1808.

Flageolets

s. m. pl. Jambes, — dans le même argot [du peuple]. On dit aussi Flûtes.

Flageolets

Jambes maigres. (L. Larchey) Allusion au chétif instrument de musique de ce nom.

Flagorner

Flatter quelqu’un bassement. Trouver une croûte, une œuvre de maître. Comparer un mauvais vaudevilliste à Molière ou à Legouvé. Mot à mot : prodiguer des éloges tarifés ou intéressés (Argot du peuple).

Flagorneur

Flatteur, Race assez commune. Il y en a toujours au moins un dans un atelier. Le flagorneur descend sans vergogne au rôle de mouchard (Argot du peuple).

Flairer au foyer

Se dit indistinctement d’un auteur ou d’un acteur.

L’acteur vient le soir au foyer pour regarder si le tableaud’annoncesporte son nom sur une distribution de rôles. L’auteur vient savoir si on joue le lendemain ou si on répète.

(J. Duflot, Les Secrets des coulisses, 1865.)

Par extension, signifie faire de la diplomatie auprès des directeurs et des artistes pour obtenir des représentations fréquentes ou nouvelles d’un ouvrage. (Petit Dict. des coulisses.)

Flamand

Amis (Argot des voleurs). V. Aminche.

Flambant

Neuf.

Flambant

s. m. Artilleur à cheval, — dans l’argot des troupiers.

Flambant

adj. et s. Propre, net, beau, superbe, — dans l’argot du peuple, qui a eu longtemps les yeux éblouis par les magnificences des costumes des gentilshommes et des nobles dames, lesquels

… Riches en draps de soye, alloient
Faisant flamber toute la voye.

Flambant

Artilleur à cheval.

Flambant

Neuf, luisant de propreté.

Flambant

Beau.

Flambant neuf (être tout)

Porter des vêtements neufs. Toute flambante neuve. Pièce de monnaie nouvellement frappée.

Flambant, bard

Superbe.

Les caporaux y trouvent une table un peu flambarde.

La Bédollière.

T’es flambante comme une Vénus.

E. Sue.

Flambant : Artilleur à cheval. — Flambard : Matelot.

Eugène Sue est cause que la plupart des canotiers s’appellent flambards.

Roqueplan.

Flambard

Poignard ; couteau-poignard.

Flambarde

Chandelle.

Flambarde

Lampe ; chandelle.

Flambarde

« La flambarde est la pipe du canotier. » (Paris-Fumeur.)

Flambards (les)

Chasseurs à cheval et hussards.

Flambart

s. m. Canotier de la Seine. Par extension : Joyeux compagnon, loustic.

Flambe

Épée.

Flambe

Épée.

Flambe

Épée (Vidocq) — Allusion au flamboiement de la lame. — Flambart : Poignard.

Flambe

s. f. Epée, — dans l’argot des voleurs, qui connaissent l’archange Michel, ce Préfet de Police de la capitale du ciel. Petite flambe. Couteau.

Flambé

Perdu en un moment. — Usité dès 1808. V. Brûlé.

V’là mon mariage flambé.

Cormon.

Flambé (être)

Être ruiné ou atteint de maladie mortelle, — dans l’argot des faubouriens. Se dit aussi à propos d’une affaire dont on ne peut plus rien espérer.

Flambé (être)

Être perdu. (V. Delvau.)

Avec votre loi, mes cent écus auraient été flambés !

(Journal officiel, juin 1882.)

Flambe, Flamberge

Épée, sabre de cavalerie.

Flambeau

Factionnaire. Argot des soldats.

Flambeau

Affaire. Métier. Aventure. Bath flambeau, belle invention. Avoir le flambeau, être habile.

Flambeau

Jeu. — « fait voir ton flambeau, je vais te dire si tu as gagné. » Flambeau veut aussi dire la chose, l’affaire : ce qu’il a fait n’est pas un chouette flambeau.

Flambeau (en avoir un)

— Je connais le flambeau, c’est-à-dire je connais la chose. Faire une belle. invention c’est avoir un chouette flambeau.
— Tu ne me monteras pas le coup, mon vieux, je sais ou est le flambeau.
Être très habile dans un métier c’est avoir le flambeau. Flambeau, dans le peuple, veut dire être supérieur aux gens de sa profession.
Francisque Sarcey, Bouguereau, Ambroise Thomas, Clovis Hugues, sont des flambeaux. Émile de Girardin, Victor Hugo, Lamartine, Diaz, etc., étaient des flambeaux (Argot du peuple). N.

Flambeau, flanche

Chose quelconque que l’on connaît.

Flamber

Briller entre tous.

Des raretés qu’on offre à des filles qui aiment à flamber.

Balzac.

Flamber

Jouer la comédie, — dans le jargon des saltimbanques.

De quoi pouvais-tu avoir peur, lui dis-je… tu n’avais jamais mieux flambé.

(E. Sue, Les Misères des Enfants trouvés.)

Briller.

Ces créatures aiment à flamber.

(Balzac, Splendeurs et Misères des courtisanes.)

Flamber (un)

Un poignard.

Flamberge

s. f. Épée, — dans l’argot du peuple, qui a conservé bon souvenir du fameux bran d’acier de Renaud de Montauban. Mettre flamberge au vent. Dégainer. Se dit aussi pour Montrer « la figure de campagne », et pour Jeter au vent l’aniterge dont on vient de se servir.

Flamboter

Jouer.

Flame

Épée.

Flamme

s. f. Amour, — dans l’argot des Académiciens. Peindre sa flamme. Déclarer son amour.

Flamsik

s. m. Flamand, — dans l’argot des voleurs, qui ne s’éloignent pas trop du vlaemsch des honnêtes gens.

Flamsik

Flamand. C’est une corruption du mot flahut (Argot des voleurs).

Flan (à la)

adj. Au hasard, à l’aventure. Même argot [des voleurs].

Flan (à la)

Sans préméditation. Vol à la flan, par occasion. C’est du flan, c’est permis. Donner du flan, jouer au flanc, jouer honnêtement.

Flan (à la)

Sans chercher, à l’aventure. Un voleur commet un vol à la flan, en montant au hasard dans une maison. Commettre un vol sans qu’il soit étudié c’est un vol à la flan. Celui qui fait l’objet d’une pièce de justice et qui se fait arrêter par l’effet du hasard est arrêté à la flan.

Flan (du)

Non.

Si on leur présentait zut, du flan et des navets comme le fonds de la langue des vaudevillistes.

Villemot.

V. Zut. — C’est du flan : C’est bon

J’aime mieux gouêper, c’est du flan.

Vidocq.

À la flan : Sans préméditation. V. Caroubleur. — Abréviation de à la bonne flanquette.

Flan (du) !

Expression de l’argot des faubouriens, qu’ils emploient à propos de rien, comme formule de refus ou pour se débarrasser d’un ennuyeux. Ce flan-là est de la même famille que les navets, les emblèmes, et autres zut consacrés par un long usage. Cette expression a signifié quelquefois, au contraire : « C’est du nanan ! » comme le prouve cet extrait d’une chanson publiée par le National de 1835 :

J’dout’qu’à grinchir on s’enrichisse ;
J’aime mieux gouaper : c’est du flan.

Flan (du) !

Non, jamais. — Exclamation particulière aux gamins qui ajoutent souvent et de la galette. Du flan ! et de la galette ! sans doute en souvenir des pâtisseries populaires mais indigestes de ce nom.

Flan (être à la)

Être bonne nature, sans cérémonie et sans manières.

Flanc (du)

Donner sa parole.

Flanche

Pas.

Flanche

Chose mauvaise, de mauvais goût.

Flanche

Jeu de roulette. — Flancher : Jouer franchement (Vidocq). — Flancher, Flacher : Plaisanter (Bailly). — Flanche : Plaisanterie.

Flanche

s. f. La roulette et le trente-et-un, — dans l’argot des voleurs. Grande flanche. Grand jeu.

Flanche

s. m. Affaire, — dans le même argot [des voleurs]. S’emploie ordinairement avec l’adjectif comparatif mauvais. « C’est un mauvais flanche », pour : C’est une mauvaise affaire.

Flanche

s. m. Truc, secret, ruse, — dans l’argot des faubouriens.

Flanche

Jeu ; ruse ; plaisanterie. — Affaire. — Reculade. — Grande flanche, jeu de la roulette, jeu du trente et quarante.

Flanche

Jeu, ruse, plaisanterie. Affaire. Peur, reculade. Pas. Flancher, jouer, se moquer, reculer, s’effrayer, tricher.

Flanche

Affaire.
— Si tu veux, mon vieil aminche, nous avons un rude flanche en vue ?
— Je le connais ton flanche à la manque (Argot des voleurs).

Flanche (être marlou au)

Être adroit au jeu.

Flancher

Blaguer, parler, etc.

Flancher

v. n. Jouer franchement.

Flancher

v. n. Se moquer, — dans l’argot des voyous.

Flancher

Jouer aux cartes.

Est-ce que des pantes à la manque ont flanché au bègue avec ces brèmes ? Est-ce que de faux honnêtes joueurs ont joué au bezi-gue avec ces cartes ?

(A. de Caston, Les Tricheurs.)

Flancher

Plaisanter. — Parles-tu sérieusement ou flanches-tu ?

Flancher

Faiblir, reculer, avoir peur.

Tu flanches, pitchou !

(L. Cladel, Ompdrailles.)

Flancher

Avoir peur (Argot du peuple).

Flancher

Jouer sur les places publiques au bouchon (radin) on à l’anglaise (monac). En général de tous jeux on dit flancher (Argot du peuple).

Flancher

Jouer aux cartes ou à tout autre jeu. Flancher veut aussi dire plaisanter.

Ce que tu me dis est une plaisanterie, tu flanches.

Flancher veut aussi dire : avoir peur, ne pas oser faire une chose.

Tu hésites, tu flanches.

Flancher

Avoir peur.

Flanchet

s. m. Part, lot, — dans l’argot des voleurs.

Flanchet

Part, participation, — dans le jargon des voleurs.

Flanchet

Part dans une affaire.

Flanchet

Part de vol. Lot qui échoit à un brocanteur. Morceau de viande qui forme la pointe dans l’intérieur du bœuf (Divers Argots).

Flancheur

Qui flanche (Argot du peuple).

Flancheur, Flanchard

Joueur. — Flancheuse, flancharde, joueuse.

Flandrin

Paresseux.

Flandrin

s. m. Imbécile ; grand dadais, — dans l’argot du peuple, qui constate ainsi, à son insu, la haute taille des Flamands. Les Anglais disent aussi dans le même sens Lanky fellow.

Flâne. Flâneur

C’est une flâne. — Flânerie. Faire flâne, flâner.

Flanelle

Flâneur galant qui se borne, près des femmes dont l’amour se paie, à des frais de conversation.

Lèves-tu ce soir ? — Ah ouiche ! tous rapiats. — Et celui-là qui t’allume ! — Flanelle !

Lem. de Neuville.

Flanelle

adj. et s. Flâneur amoureux, — dans l’argot des filles, qui préfèrent les gens sérieux. C’est de la flanelle ! disent-elles en voyant entrer un ou plusieurs de ces platoniciens et en quittant aussitôt le salon. Faire flanelle. Aller de prostibulum en prostibulum, comme un amateur d’atelier en atelier, pour lorgner les modèles.

Flanelle

Flâneur, — dans le jargon des filles de maison. Faire flanelle, perdre son temps à flâner.

Flanelle

Flâneur amoureux.

Flanelle (faire)

Entrer dans une maison de tolérance, peloter le personnel sans consommer (Argot des souteneurs).

Flanelle (faire)

Entrer dans un établissement et en sortir sans rien acheter ni consommer.

Flâneur

Fainéant.

Flanger

Jouer à n’importe quel jeu.

Flangeur

Joueur.

Flanocher

v. n. Flâner timidement, sans en avoir le droit, à une heure qui devrait être consacrée au travail. Argot des ouvriers. On dit aussi Flanotter.

Flânocher

Flâner un peu, diminutif de flâner. Flânocheur, celui qui flâne un moment, par instant.

Flanocher, notter

Flâner tout doucement.

Il fit la rencontre d’un beau page de Marie-Thérèse qui flanochait en rêvant.

Commerson.

Nous flanottons depuis quinze heures.

M. Michel.

Flanquage à la porte

Congé.

Flanquer

Mettre.

Flanquer

v. a. Lancer un coup, jeter, — dans l’argot des bourgeois, qui n’osent pas employer le verbe énergique des faubouriens. Se flanquer. Se jeter, s’envoyer. On disait autrefois Flaquer pour Lancer, jeter avec force un liquide.

Flanquer

Mentir.

Flaoust

Flamand.

Flaquader

v. n. Cacare, — dans l’argot des faubouriens. On dit aussi Aller à flaquada.

Flaquadin

s. m. Poltron, homme mou, irrésolu, sur lequel on ne peut compter, parce que la peur produit sur lui un effet physique désagréable.

Flaque

Sac de femme, ridicule.

Flaque

Sac de femme, — dans l’ancien argot.

Flaquer

Mettre bas, déposer.

Flaquer

Aller à la selle (Vidocq) — Onomatopée.

Flaquer

v. n. Alvum deponere, — dans l’argot des voyous. Se dit aussi pour Accoucher, mettre un enfant au monde.

Flaquer

V. Déballer.

Flaquer

Satisfaire ses besoins.

Flaquer, Flasquer

Faire ses nécessités. — Accoucher, dans l’ancien argot. — Flaquer des châsses, pleurer. — Faire flasquer, Synonyme de faire ch…r ; c’est-à-dire ennuyer, horripiler.

Flaquet

s. m. Gousset de montre, poche de gilet, — dans l’argot des voleurs.

Flaquet

Gousset.

Flaquet

Gousset. Plafond.

Flaquet

L’endroit ou le dos change de nom. Dans le peuple on ne prend pas de mitaine pour donner au flaquet son vrai nom (Argot du peuple).

Flaquet

Le gousset du pantalon, ou la poche du gilet. C’est là généralement ou on met son argent. Flac, sac ou argent, de là flaquet (Argot des voleurs).

Flaquin

Recherché dans sa mise.

Flasquer

Le contraire du verbe manger.

Flatar

Fiacre.

Flauper

Battre.

Flauper

Battre.

Flauper

Donner des coups.

Flèche

s. f. Ligne droite tracée à l’encre sur une épreuve et conduisant de l’endroit à corriger à l’indication de la faute marquée sur l’une des marges. Les flèches ont pour but de rendre la correction plus claire ; elles produisent souvent le résultat opposé. On fera donc bien de s’en abstenir.

Flèche

Sou, dans le jargon des ouvriers. — Deux flèches de semper, deux sous de tabac.

Flèche, flèchard

Sou.

Flémard

adj. Atteint de cette maladie qu’on appelle la flème. Le flémard se distingue du paresseux en ce qu’il n’est atteint du vice de ce dernier que par intermittences.

Flémard

Paresseux, mou, lâche. — Flémer, paresser ; dérivés de flemme, mot du patois d’Auvergne acclimaté à Paris.

Ce flémard ne viendra pas aujourd’hui, parce qu’il a peur de moi ; c’est un lâche !

(L. Cladel, Ompdrailles.)

Flêmard

Paresseux.

Flème

Paresse invincible. Un jour de flème est un jour où il est impossible de travailler.

Lundi, la flemm’ m’accroche !

A. Cahen, Chansons.

En argot, battre sa flème veut dire flâner.

Flème

s. f. Sans doute altération du mot flegme. Paresse passagère. Avoir la flème, c’est ne travailler qu’à contre-cœur. Cet état est fréquent dans tous les ateliers le lendemain des fêtes carillonnées ou non. Le mot — et surtout la chose — ne sont pas particuliers aux typographes.

Flème

Ne pas avoir de courage au travail.

J’ai la flème, je ne vais pas à l’atelier.

Flême

s. f. Lassitude d’esprit et de corps, — dans l’argot des faubouriens, qui, sans s’en douter, emploient là un des plus vieux mots de notre langue. Qu’est-ce en effet que la flême, si ce n’est une exagération du flegme, sa conséquence même, comme la rêverie celle d’un tempérament lymphatique ? Or, dès le XIIe siècle, flegme s’écrivait flemme. Avoir la flême. Être plus en train de flâner que de travailler. Jour de flême. Où l’on déserte l’atelier pour le cabaret.

Flême

Paresse, ennui. — C’est aussi la sonnerie annonçant le repos pendant la journée, en été.

Flémer

v. intr. Ne pas travailler ; flâner.

Flemme

Paresse. — Paresseux.

Tas de flemmes ! va ! pas même l’courage d’s’déranger pour venir boire un coup !

(Grévin.)

Flemme

Paresse, flânerie.

Flemme

Maladie que la plupart des ouvriers ont les lundis. On dit : battre une flemme (Argot du peuple).

Bien souvent la flemme, la flemme.
Bien souvent la flemme me prend.
En hiver comme en été,
Elle ne m’a jamais quitté.

Flemme

Fainéant.

Fleur

Pucelage, — que la femme est censée donner à son époux la première nuit des noces.

Qu’au dernier cri de douleur,
Je suis maître de la fleur
Qui pour moi seul est éclose,
Je suppose,
Je suppose,
Irma, je suppose.

L. Festeau.

Cessez donc de pleurer un sort digne d’envie,
Et ne regrettez plus la plus belle des fleurs ;
Si ne la garder pas, c’est faire une folie,
On goûte en la perdant mille et mille douceurs.

Bussy-Rabutin.

Te laisser vierge, c’est te faire sentir de la façon la plus cruelle que ta fleur ne vaut pas la peine qu’on se donnerait pour la cueillir.

Louvet.

Il est bon de garder sa fleur,
Mais pour l’avoir perdue, il ne faut pas se pendre.

La Fontaine.

Cette fleur, qui avait été réservée pour le beau prince de Massa-Carrera, me fut ravie par le capitaine corsaire.

Voltaire.

Pour eux ne brille cette fleur,
Qu’amour, diligent moissonneur,
Sait recueillir avant la fête
Que le tardif hymen s’apprête.

Piron.

Fleur d’oranger

Fleurs blanches qu’une fille porte sur la tête le jour de son mariage, pour dire à tout le monde : Je n’ai pas encore été baisée ; j’ai toujours gardé ma fleur et mon fruit… défendu. — Laissons passer et disons avec Commerson :

Le bouquet de fleurs d’oranger est le cynisme de la vertu.

Fleur de connerie

Suprême imbécile, crème de crétin. Mot à mot : le roi des gaffeurs (Argot du peuple). N.

Fleur de macadam

Fille galante qui bat le trottoir.

Encore eût-elle (madame de Metternich) éclipsé cette fleur de macadam par la crânerie de sa désinvolture.

(Événement, 1880.)

Fleur de mari

s. f. Ce que pleurait sur la montagne la fille de Jephté, — dans l’argot des voleurs, qui ont rarement autant de délicatesse.

Fleur de mari

Virginité. Mot à mot : fleur dont on fait présent au mari.

Elle gardait sa fleur de mari, très décidée à ne la laisser prendre que pour le bon motif.

(Huysmans, les Sœurs Vatard.)

Fleur de marie

Vierge.

Fleur de marie

Virginité (Vidocq). — Allusion a l’Immaculée Conception. — Fleur des pois : Homme à la mode.

Fleur de sacristie

Calotin qui fréquente les églises sans en croire un mot. C’est un commerce comme un autre. On dit aussi : rat de sacristie (Argot du peuple). N.

Fleur des pois

s. f. Le plus brillant causeur d’une compagnie, — dans l’argot des gens de lettres. Le plus vaillant compagnon d’un atelier, — dans l’argot des ouvriers. La plus belle fille d’un bal, — dans l’argot des gandins.

Fleur du mal

s. f. Femme à propos de laquelle on peut dire ce que, dans une de ses épigrammes, Martial dit d’une nommée Bassa, chez laquelle on ne voyait jamais venir d’hommes : Hic ubi vir non est, ut sit adulterium.
Fleur du mal est une expression toute moderne ; elle appartient à l’argot des gens de lettres depuis l’apparition du volume de poésies de Charles Baudelaire.

Fleurant

Bouquet.

Fleure fesses

Mouchard, espion.

Fleure-fesses

Homme qui moucharde ses compagnons d’atelier et est sans cesse derrière le patron (Argot du peuple). V. Lèche-cul.

Fleurer

v. a. et n. Respirer, sentir, — dans l’argot du peuple, qui trouve que flairer n’emporte pas assez avec soi l’idée d’odeurs, de parfums. C’était aussi l’opinion de Mathurin Régnier, qui a dit :

Je sentis à son nez, à ses lèvres décloses,
Qu’il fleuroit bien plus fort mais non pas mieux que roses.

Fleurettes

Petites fleurs du langage amoureux, douceurs que les galants débitent aux jeunes personnes qui y prêtent volontiers l’oreille, — faute de prêter autre chose à quelque chose de mieux. On dit aussi : Conter fleurettes, pour : parler d’amour.

Je ne cessais de me retracer mon gentil Belval, allant au fait, et commençant par où les autres me semblaient ne devoir finir d’un siècle. Aussi, leurs fleurettes n’étaient-elles honorées d’aucune attention.

Félicia

Des abbés coquets sont venus ;
Ils m’offraient pour me plaire
Des fleurettes au lieu d’écus,
Je les envoyai faire… vois-tu…

Gallet.

Fleurettes

s. m. pl. Galanteries, — dans l’argot des bourgeois. Conter fleurettes. Faire la cour à une femme. Conteur de fleurettes. Libertin.

Fleurons de vénus

Accidents vénériens qui forment sur le front du malade une sorte d’auréole.

Les fleurons de Vénus te servent d’auréole ;
Comme un vase trop plein tu répands la vérole
Sur tout un peuple frémissant.

Dumoulin.

Fleurs blanches

Nom que, par corruption, on donne à un écoulement blanchâtre particulier aux femmes blondes, lymphatiques, chlorotiques, mal nourries, — parisiennes, en un mot. Mulierum vulvæ fluores, stillationes morbosæ, d’où, conséquemment, on devrait dire : flueurs blanches, du verbe latin fluere, couler.

La marquise a bien des appas,
Ses traits sont vifs, ses grâces franches,
Et les fleurs naissent sous ses pas ;
Mais, hélas ! ce sont des fleurs blanches.

Comte De Maurepas.

Fleurs blanches

s. f. pl. Blennorrhée spéciale aux femmes, — dans le même argot [des bourgeois], qui n’est pas la bonne langue. C’est Flueurs (de fluere, couler) qu’on devrait dire, à ce qu’il me semble du moins, — contrairement à l’opinion de Littré.

Fleurs du mal

Tribade — qui se fait respirer par une autre femme, qu’elle respire à son tour. — L’expression date de 1856, époque de la publication du livre de poésies de M. Charles Baudelaire, dans lequel les gougnottes sont chantées sur la mode ionien.

Fleurs rouges

s. f. pl. Les menstrues féminines, — dans l’argot du peuple.

Fleurs rouges

Menstrues.

Flibocheuse

Variété de fille publique, fille publique du genre rapace. C’est un dérivé de flibustier.

Les flibocheuses, êtres hybrides, moitié femmes, moitié éponges, qui sont de tous les dîners, de tous les soupers et de tous les réveillons, chipant tout, rinçant tout, lavant tout.

(Paris à vol de canard.)

Flibuster

v. a. Filouter, — dans le même argot [du peuple].

Flibustier

s. m. Escroc.

Flic à dard

Sergent de ville. Allusion à ce que dans les manifestations, ils mettent sabre au clair, ils lardent les manifestants. Dans le peuple, le mot est soudé, on dit flicadard (Argot du peuple). N.

Flic flac (faire le)

Forcer une serrure.

Flic-à-dard, fliquot

Gardien de la paix.

Flic-flaquer

Marcher en savates.

Flicarts

Gardiens de la paix.

Flick

Sergent de ville.

Flics

Gardiens de la paix.

Fligadier

s. m. Pièce de cinq centimes, — dans l’argot des voleurs.

Flingart

Soldat d’infanterie de ligne. Il porte le flingot, fusil. Les flingarts sont de bons zigs.

Flingol

Fusil.

Flingot

s. m. Couteau, — dans l’argot des bouchers. Fusil, — dans l’argot des troupiers.

Flingot

Fusil de boucher.

Flingot

Fusil, — dans le jargon des troupiers.

On lui mettait un flingot entre les doigts et là, au soleil, à la pluie, au vent, il devait s’évertuer à jongler avec.

(Huysmans, les Sœurs Vatard.)

Ricornot, navré, faisait l’exercice dans la cour, ayant le sac au dos et le flingot sur l’épaule.

(Vicomte Richard, Les Femmes des autres.)

Flingot

Fusil.

Flingot

Fusil. Couteau, dans l’argot des bouchers. Ventre.

Flingot

Fusil (Argot des troupiers). V. Bottoche.

Flingot

Fusil.

Flingot (cinq ans de forcés au)

Cinq ans de service militaire, — dans le jargon du peuple. Et par abréviation : cinq ans de flingot, c’est-à-dire cinq ans de fusil.

Flingue

Fusil. Cette dernière forme est particulière aux marins.

Flippe

Fripouille.

Fliquadard

s. m. Sergent de ville, — dans l’argot des faubouriens.

Flique ou flick

Sergent de ville (Argot du peuple). V. Bec de gaz.

Flique, Flique à dard

Commissaire de police, agent de police, — dans le jargon des filles.

Flirtation

Action de filer, ou mieux de filtrer le sentiment, de raffiner l’art de faire la cour.

Dans les affaires de cœur, les Françaises ne connaissent pas de milieu entre l’amour et l’indifférence ; elles peuvent avoir des hommes pour amis, mais la flirtation leur est inconnue.

(Lady Morgan, la France, 1817.)

Le mot n’est guère répandu que depuis 1875. C’est M. Sardou qui l’a lancé dans la circulation parisienne :

ROBERT : — Ah !… je la connais maintenant leur flirtation ; mais pour la pratiquer sans s’y brûler… juste Dieu ! ces Américaines… en quoi sont-elles ?

(L’Oncle Sam, acte III, sc. VII.)

Flirter

Filtrer le sentiment ; courtiser avec raffinement ; mot ; d’importation américaine.

On ! commence par flirter avec une jolie fille.

(E. Augier, Les Fours hambault.)

Flome

Femme. Cette expression est nouvelle dans les faubourgs. D’où vient-elle ? Probablement de ce que les femmes d’ouvriers, pendant que leurs maris travaillent, flemment chez les voisines. Flome est une corruption de flemme, comme flemmard pour paresseux, et une adjonction de finale à flemme (Argot du peuple).

Flôme

Femme légitime.

Flôme

Femme légitime.

Flonflons

s. m. pl. Chansons, — dans l’argot du peuple. Faiseur de flonflons. Vaudevilliste.

Flopée

s. f. Foule, — dans l’argot des faubouriens, qui disent cela à propos des choses comme à propos des gens.

Flopée

s. f. Coups de poing et coups de pieds nombreux.

Flôpée

Raclée, volée.

Flopée, Flou

Foule. — Grêle de coups.

Floper

Donner une raclée, frapper.

Floppée

En donner une ou la recevoir. Être battu ou battre violemment. Quand la marmite du souteneur ne rapporte pas, elle reçoit une floppée. Allusion au cordonnier qui bat son cuir pour l’assouplir : il le floppe (Argot des souteneurs).

Floppée (une)

Une volée.

Floquot

Tiroir, — dans le jargon des voleurs.

Floquot

Tiroir.

Flottant

Poisson (Vidocq). — Flotter : Nager. — Faire flotter : Noyer.

Flottant

s. m. Poisson, — dans l’argot des voleurs.

Flottant

Poisson.

Flottant

Bal de souteneurs.

Flottant

Poisson. Bal de souteneurs.

Flottant

Bal où se réunissent les souteneurs du quartier. Toute la flotte s’y donne rendez-vous. Les souteneurs n’ont pas de préjugés, une expression même injurieuse glisse sur les oreilles de ces messieurs. Ils savent très bien que le mot flottant vient de flotte, eau, or les poissons sont dans leur élément (Argot des souteneurs). N.

Flottard

Aspirant à l’école navale. (L. Larchey)

Flotte

s. f. Argent paternel ou avunculaire, — dans l’argot des étudiants. Recevoir sa flotte. Toucher sa pension.

Flotte

s. f. Grande quantité de monde ou de choses, — dans l’argot du peuple, fidèle à l’étymologie (fluctus, flot, chose abondante) et à la tradition :

As noces vint bien atornée,
Et des autres i ot grand flote,
Et Renart lor chante une note.

dit le Roman du Renard.
Être de la flotte. Être de la compagnie.

Flotte

Provision d’argent du mois, du semestre, arrérages.

La flotte est arrivée, pour dire qu’on a reçu de l’argent, après avoir attendu quelque temps. Par allusion aux flottes des Indes.

(Le Roux, Dict. comique.)

Le mot n’est plus guère usité depuis une vingtaine d’années.

Flotte

Nombreuse société.

Flotte

Argent paternel des étudiants, leur mois. Bain. Réunion d’individus. Grande quantité.

Flotte

Eau. La rivière flotte. On dit d’une personne mince dans des vêtements trop larges :
— Ses membres flottent.
Toute la flotte (l’atelier en entier) a été manger une friture.
Nous étions une flotte pour nous étions un tas (Argot du peuple). N.

Flotte

Eau.

Flotte

Eau.

Flotter

v. n. Se baigner, nager.

Flotter

Nager. — Faire flotter, noyer.

Flotter

Nager. Celui qui sait flotter sait nager.

Flotteur

s. m. Nageur.

Flou

Douceur, légèreté (fluidus). — C’est un mot de langue romane. V. Roquefort.

Tu as dans le style on ne saurait dire quel moelleux, quelle grâce, quel flou.

L. Reybaud.

Pris quelquefois adjectivement.

Flou

s. m. Variété de morbidesse, de douceur de touche, de coloris vaporeux, — dans l’argot des artistes. J’aurais volontiers été tenté de croire ce mot moderne et qu’il n’était qu’une onomatopée de l’œil et de l’oreille, si je n’avais pas lu dans François Villon :

Item je donne à Jean Lelou.
Homme de bien et bon marchant,
Pour ce qu’il est linget et flou,
Un beau petit chiennet couchant.

Flou, c’est flo, et flo, c’est faible.
Faire flou. Dessiner ou peindre sans arrêter suffisamment les contours, en laissant flotter autour des objets une sorte de brume agréable. Se dit aussi à propos de la sculpture ; car Puget ne craignait pas de faire flou.

Flou

Rien. Faire le flou, ne rien trouver.

Flou (le)

Rien.

Flou (le) Floutiere

Rien.

Flou (le), floutière

Rien.

Flou-chipe

Floueur-chipeur. On dit flou-chipe, comme on dit : démoc-soc.

Flou, Flotière

Rien, — dans l’ancien argot.

Flou, floutière

Rien (Le Bailly).

Flouan

Jeu d’argent où l’on vole.

Flouant

Jeu de hasard.

Flouant

Jeu.

Flouchipe

s. m. Filou, macaire, — dans l’argot des faubouriens. On dit aussi Monsieur de Flouchipe.

Floue

s. f. Foule, — dans l’argot des voleurs, qui peuvent s’y fluer et y flouer à leur aise.

Floue

La foule. Quand la foule est nombreuse, les voleurs peuvent travailler à leur aise (Argot des voleurs).

Flouer

Voler au jeu.

Flouer

Jouer.

Flouer

Jouer.

Flouer

Jouer.

Flouer

Flouer n’est pas voler brutalement, c’est plutôt escroquer. On dit Flouer des actionnaires mais on ne dit jamais Flouer un couvert d’argent. — Flouerie : Escroquerie.

Tous les frères flouent plus ou moins leur sœur.

Balzac.

Du vieux mot fluer (couler) pris dans le sens actif. V. Roquefort. — Flouer : Voler au jeu (Vidocq).Flouerie : Escroquerie. — Floueur : Escroc.

Bien que notre époque ait donné naissance à une effrayante quantité de floueurs de toute espèce.

A. Dubuisson.

Floueur : Grec (Vidocq).

Flouer

v. a. et n. Jouer, — dans le même argot [des voleurs]. Flouer grand flouant. Jouer gros jeu, risquer sa liberté ou sa vie.

Flouer

v. a. Tricher au jeu ; voler, — dans l’argot du peuple.

Flouer

Jouer, en terme de grecs. — Filouter au jeu.

Flouer

Jouer. Voler au jeu ou autrement.

Flouer

Voler, tricher au jeu.

Flouerie

s. f. Tricherie ; escroquerie, vol pour ainsi dire légal. Signifie aussi dans le sens figuré : Duperie.

Flouerie

Vol adroit ; espièglerie doublée de vol.

Floueur

Escroc aux jeux.

Floueur

Qui vole au jeu.

Floueur

Escroc au jeu.

Floueur

Celui qui tient des jeux défendus.

Floueur

Escroc au jeu.

Floueur

s. m. Tricheur ; escroc ; voleur.

Floueur

Terme générique servant à désigner tout escroc, tout voleur qui exerce adroitement et sans employer la violence. — Dans le jargon des filles, c’est l’individu qui, après avoir promis beaucoup, ne donne rien.

Floumann

Floueur, filou. Mann, en allemand veut dire homme. Mot à mot, en retournant la finale, cela fait homme floueur. Être floué, est synonyme d’être trompé. Ainsi, un homme épouse une femme qu’il croyait vierge, elle sort de la maternité.
— Il est floué (Argot du peuple). N.

Floumann

Voleur.

Floume

Femme (Vidocq). — Au dix-huitième siècle, on disait Fumelle pour Femelle.

Floume

s. f. Femme, — dans l’argot des voleurs et des troupiers.

Floume

Femme.

Floumons

Un violon.

Floupin

Diminutif de floumann, comme pégriot l’est de pègre. Un floupin est un petit filou qui travaille dans les bas prix.
— Il vole un mouchoir ; le floumann vole des millions (Argot du peuple). N.

Floutière

Rien. Au XVIe siècle on crtiquait les archi-suppôts chargés de réformer le langage (l’argot) en usage dans les cours des Miracles ; on disait d’eux… sans ficher floutière. Le mot est resté en usage (Argot du peuple).

Floutière ou flou

Rien. J’ai fait le flou, je n’ai rien trouvé à prendre.

Flube

Peur.

Flume

s. m. Résultat, expectoré ou non, de la pituite, — dans l’argot du peuple, qui parle comme écrivait le poète Eustache Deschamps :

Dieux scet que ma vieillesse endure
De froit et reume jour et nuict,
De fleume, de toux et d’ordure.

Fleume ou flume, c’est tout un. Avoir des flumes. Être d’un tempérament pituiteux. On dit de même Avoir la poitrine grasse.

Flut

Non. — Mot à mot : C’est comme si tu flûtais ; — locution dont on use aussi pour refuser quelqu’un.

Flut’ !

Expression de l’argot de Breda-Street, où l’on dédaigne d’employer le zut traditionnel, comme trop populaire.

Flûte

s. f. Bouteille de vin, — dans l’argot des ouvriers.

Flûte

s. f. L’instrument avec lequel les matassins poursuivent M. de Pourceaugnac, — dans l’argot du peuple, Tulou médiocre. Avoir toujours la flûte au cul. Abuser des détersifs.

Flûte

Verre de bière.

Flûte !

Je m’en moque.

Flûte (jouer de la)

Prendre un clystère. — Joueur de flûte, flûtiste, infirmier. C’était autrefois flûtencul, qui avait également le sens d’apothicaire.

Peste du courtaud de boutique et du flûtencul !

(Pièces comiques.)

Flutenc…

Pharmacien.

Flutencul

Pharmacien (Argot du peuple).

Bonjour Mam’zelle Zirzabelle
J’vous apporte un p’tit lavement,
Ça Vous r’fra le tempérament.
Allons, tournez-vous, mam’zelle.
Fi ! Monsieur, pas tant d’raideur,
Car jamais apothicaire
Ne verra c’que par pudeur
Je n’fais voir qu’à ma chère mère !

Flûtencul

s. m. Pharmacien.

Fluter

Boire.

C’est un gaillard qui flute joliment, un buveur intrépide.

1808, id.

Allusion au bruit produit par l’aspiration de chaque gorgée.

Flûter

v. a. et n. Boire beaucoup.

Flûter

v. n. Parler inutilement. Le peuple n’emploie ordinairement ce verbe que dans cette phrase, qui est une formule de refus : C’est comme si tu flûtais !

Flûter (envoyer)

Envoyer promener.

Ah ! elle envoyait joliment flûter le monde.

(E. Zola.)

Flûter (se faire)

Se faire administrer un détersif dans le gros intestin.

Flutes

Jambes minces. — Mot à mot : fluettes.

Arranger ses flutes : Se disposer, prendre ses mesures.

1808, d’Hautel.

Flutes

Jambes. On dit d’une femme maigre : Elle a volé les flutes du boulanger. Flute, synonyme de zut (Je ne veux pas) (Argot du peuple).

Flûtes

s. f. pl. Jambes. Jouer des flûtes. Courir, se sauver. Astiquer ses flûtes. Danser.

Flûtes

Jambes et principalement jambes maigres. — Se tirer des flûtes, se sauver.

Faut s’ tirer des flûtes.

(G. Marot, L’Enfant de la Morgue, 1880.)

Flûtes

Jambes.

Flûtes

Jambes.

Flûteur

s. m. Ivrogne.

Flûtiez (c’est comme si vous)

C’est comme si vous ne disiez rien. C’est la variante de : C’est comme si vous chantiez.

Flux (avoir le)

Avoir peur.

Fluxion

Peur, — dans le jargon des voleurs. — Pincer une fluxion, avoir peur.

Fluxion

Peur.

Fluxion de pavés

Pochard qui tombe et s’abime la figure : elle enfle comme s’il avait mal aux dents. De là l’expression (Argot du peuple).

Focard

Fou.

Fœtus

Élève de première année à l’école de chirurgie militaire. (L. Larchey)

Fogner

Alvum deponere,, — dans l’argot des ouvriers, qui parlent comme écrivait Bonaventure Des Périers.

Foie blanc

Voleur disposé à quitter sa bande on à la dénoncer.

Foies blancs (avoir les)

Être timide, manquer de courage, d’audace.

Foin

s. m. Synonyme d’argent, — dans l’argot du peuple. Avoir du foin au râtelier. Avoir de la fortune. Mettre du foin dans ses bottes. Amasser de l’argent, faire des économies. On dit aussi Avoir du foin dans ses bottes.

Foin (faire du)

Bruit, crier, faire des épates.

Vous faites tellement de foin qu’on ne s’entend plus.

Foirade, Foire

Peur. — Foirer, avoir peur. — Foireux, foireuse, poltron, poltronne.

Foire

s. f. Diarrhée, — dans l’argot du people, fidèle à l’étymologie (foria) et à la tradition :

Renart fait comme pute beste :
Quand il li fu desus la teste,
Drece la queüe et aler lesse
Tot contre val une grant lesse
De foire clere a cul overt,
Tout le vilain en a covert,

dit le Roman du Renard.

Foire d’empoigne

s. f. Vol. Aller à la foire d’empoigne. Voler. On disait autrefois: Passer à l’île des Gripes.

Foire d’empoigne

Vol. Acheté à la foire d’empoigne, volé.

Foire d’empoigne

Voler à la force du poignet (Argot des voleurs).

Foire d’empoigne

Voler.

J’ai acheté mon tabac a la foire d’empoigne.

Foire d’empoigne (acheter à la)

Voler. Revenir de la foire d’empoigne, rentrer les poches pleines d’objets volés.

Foirer

Défaillir au moment de l’action. Mot à mot : faire une cacade. On connaît l’action du danger sur les intestins. Une mazarinade nous donne l’équivalent de Foirer dans cet extrait :

On en alloit voir escamper qui, pour rendre un prétexte honneste, auroient dit : J’ay mal à la teste. Que de pisseurs, que de chieurs s’alloient séparer de Messieurs et dont le lendemain l’absence fit voir le crime et la prudence.

Courrier burlesque, 1650, 2e pièce.

Foireux : Poltron. V. Du Cange (d’Hautel, 1808). — Foirou : Derrière (Vidocq).

Foirer

v. n. Avoir peur, — dans l’argot des faubouriens. Par extension, Mourir. On dit aussi Avoir la foire.

Foirer

Avoir la dysenterie. Expression très triviale. (V. Foire au Dictionnaire.)

Foirer

Avoir la foire.

Foireux

s. et adj. Poltron, homme dont le cœur est débilite et l’esprit dévoyé. Foireux comme un geai. Extrêmement poltron. On dit aussi Foirard.

Foireux

Poltron. On dit aussi : foireux comme un geai. L’ami Mac-Nab nous a laissé une chanson connue, à ce sujet :

Il reste les Napoléon,
Des muff’s qu’a toujours la colique
Et qui foire dans ses pantalons
Pour em… bèter la République.

Allusion à la fuite de Craint-plomb, pendant la guerre de Crimée (Argot du peuple).

Foireux

Poltron.

Foiron

Derrière.

Foiron

Le derrière (Argot du peuple).

Foiron

Voir foirpette.

Foirpette

Le derrière.

Foisonner

Répandre une odeur infecte soit personnellement, soit impersonnellement, — dans le jargon des voyous. Ce doit être quelque fioriture du mot foiré, faire, ou encore une déformation du mot « empoisonner » par le retranchement des deux premières lettres et la substitution de l’F au P.

Foler

Projeter.

Folichon

« Homme d’une humeur folâtre qui fait le farceur et le falot. »

1808, d’Hautel.

Folichon

s. et adj. Homme amusant, chose agréable, — dans l’argot du peuple, qui dit cela depuis plus d’un siècle. Être folichon. Commencer à se griser. Signifie aussi : Dire des gaudrioles aux dames.

Folichon, folichonne, folichonneuse, folichonnette, folichonner, folichonnades, folichonneries

Rieurs, bons vivants, folâtreries, gaillardises.

Mariette était si folichonne,
Qu’elle embrassait les cuisiniers.

Martial O…

Je fus épris comme un toqué d’une aimable folichonnette.

J. Kelm.

Une folichonneuse,
Cancane et me plaît mieux.

J.-E. Aubry.

Folichons et folichonnettes,
Rigolons et folichonnons.

F. Vergeron.

M. M…, pour avoir lu des livres entachés de folichonnerie, copiera cent versets de la Bible.

Ch. Joliet.

Folichonnade

s. f. Amusement plus ou moins décent ; farce plus ou moins drôle. On dit aussi Folicbonnerie.

Folichonne

s. f. Femme qui n’est pas assez bégueule ; bastringueuse. On dit aussi Folichonnette.

Folichonner

Folâtrer.

Puis nous irons retrouver Florine et Coralie au Panorama dramatique où nous folichonnerons avec elles dans leurs loges.

Balzac.

Folichonner

v. n. Folâtrer avec plus ou moins de décence. Signifie aussi : Courir les bals et les cabarets.

Folichonneuse, nette

Fille réjouie et aimant le plaisir.

Je fus épris, comme un toqué, D’une aimable folichonnette.

J. Kelm.

Une folichonnerie cancane et me plaît mieux.

Aubry. 1842.

Folie

Poche.

Folle du logis

Imagination ; caprice. Le mot est de sainte Thérèse.

Foncé

adj. Riche, en fonds.

Foncée

Une mariée est en blanc le matin, le soir elle change de costume, les loustics disent qu’elle est en foncée (Argot du peuple). N.

Foncer

Donner.

Foncer

Donner.

Foncer

Se précipiter. — Abrév. d’enfoncer.

Trois coquins de railles sur mesigue ont foncé.

Vidocq.

Foncer, foncer à l’appointement : Payer. — Foncer : Donner. V. Dardant. — Foncer un babillard : Adresser une pétition. V. Babillard.

Foncer

v. n. Donner de l’argent, fournir des fonds.

S’il plaist, s’il est beau, il suffit.
S’il est prodigue de ses biens,
Que pour le plaisir et déduit
Il fonce et qu’il n’espargne rien.

trouve-t-on dans G. Coquillard, poète du xve siècle. Les bourgeois disent, eux : Foncer à l’appointement.

Foncer

v. n. Courir, s’abattre, se précipiter, — dans l’argot des écoliers.

Foncer

Payer, compter. On disait autrefois pour exprimer la même idée : Foncer à l’appointement.

C’est une coutume fort établie à Paris, où la plupart des femmes coquettes font foncer leurs maris vieux et goutteux à l’appointernent, pour entretenir de jeunes godelureaux qui leur repassent le bufle.

(Le Roux, Dict. comique, 1750.)

Foncer

Payer. Donner.

Foncer (se)

Commencer à se griser, — dans l’argot des ouvriers.

Foncer, fouquer

Donner.

Foncer, fouquer

Donner.

Fonctions (faire des)

v. Distribuer, corriger ; aider spécialement un metteur en pages.

Fond d’estomac

s. m. Potage épais, — dans l’argot du peuple.

Fond de cale (être à)

Ne plus avoir le sou.

Fond de peche

Le nombril (Argot des voleurs). N.

Fond de-pêche

Nombril.

Fondant

Du beurre.

Fondant

s. m. Beurre, — dans l’argot des voyous.

Fondant

Beurre, — dans l’ancien argot.

Fondant

Beurre.

Fondant (du)

Du plomb.

Fondante

Sir à emprunt.

Fondante

Une beurrée.

Fondants

Des bonbons pustuleux qui suintent sans cesse. On dit : il a des bonbons fondants (Argot du peuple). N.

Fondants (des)

Voir Bonbons à liqueurs.

Fondement

s. m. Le podex, — dans l’argot des bourgeois, qui parlent comme écrivait Ambroise Paré.

Fondement (le)

Les parties sexuelles, dont le fondement n’est cependant qu’une partie.

Craignez, craignez fort la vérole !
Il faut garder son fondement
Propre, avec tout son fourniment,
Pour suivre les cours de l’école.

A. Watripon.

Fondre

v. n. Maigrir.

Fondre

Disparaître, se sauver, — dans le jargon des voyous.

Fondre la cloche

Terminer une affaire, en arriver à ce qu’elle a d’essentiel, de difficile. Signifie aussi : Vendre une chose et s’en partager l’argent entre plusieurs.

Fondre la cloche

Vendre un objet dont on partage le prix entre camarades ; avait aux XVIIe et XVIIIe siècles le sens de terminer une affaire en train.

Fondre la trappe (faire)

C’est, en terme de coulisses, ouvrir et baisser une trappe.

Fondrière

s. f. Poche, — dans l’argot des voleurs, qui ne craignent pas d’y descendre avec la main.

Fondrière

Poche, — dans le jargon des voleurs.

Fondrière

Poche.

Fondrières

Les poches. Allusion à leur profondeur (Argot du peuple).

Fonds (être en)

Avoir de l’argent dans son porte-monnaie. Les fonds sont bas. N’avoir presque plus d’argent ; être dans la gêne.

Fonds de baptême (se mettre sur les)

Avoir l’intention de se retirer d’une affaire dans laquelle on est engagé.

Fonfe

s. f. Tabatière, — dans le même argot [des voleurs]. On dit aussi Fonfière.

Fontaine

La nature de la femme, où s’abreuve l’humanité — altérée de jouissance.

Le vin est inventé pour vous :
Il fait rejaillir la fontaine
Qu’on voit tout le long, le long de la bedaine.

(Chanson anonyme moderne.)

Nous fûmes aussitôt tous les trois près d’elle lui faire les caresses qu’elle montrait désirer ; à peine avions-nous posé nos mains sur ses fesses, qu’après deux ou trois mouvements de reins, nous l’aperçûmes tourner de l’œil, et nous vîmes couler la fontaine du plaisir.

Mirabeau.

— On le dit aussi d’une femme qui a des flueurs ou un écoulement vénérien. De là le surnom d’une célèbre habituée de bals, Clara Fontaine :

Coule, coule toujours,
Fontaine des amours.

G. Nadaud.

Fonts de baptême (se mettre sur les)

Être engagé dans une affaire dont on voudrait bien sortir.

Forage (vol au)

Vol qui consiste à enlever une certaine quantité d’or aux bijoux et à la remplacer par du plomb ou du cuivre, en laissant intactes l’enveloppe et les marques du poinçon. — Ce genre de vol est particulier aux chineurs qui lui ont donné le nom de vol à la graisse.

Forcer la barricade

Déchirer la membrane de l’hymen d’une vierge en la dépucelant, la baïonnette en avant.

Il poussa et m’entr’ouvrit avec plus de facilité que devant, et fit tant à la fin, se remuant de cul et de tête, qu’il força la barricade.

Mililot.

Forcer une femme

La baiser malgré elle.

Je vous ai forcée, je vous ai violée ; mais je n’ai pu faire autrement, et je vous en demande pardon.

La Popelinière.

Forcir

v. n. Engraisser, devenir fort et grand, — dans l’argot des bourgeois, qui disent cela surtout à propos des enfants.

Forcir

Grandir, se renforcer, — en parlant d’un enfant, — dans le jargon du peuple. Il forcit à vue d’œil.

Foresque

Marchand forain, dans le jargon des voleurs ; changement de la dernière syllabe.

Foresque

Forains.

Forêt humide (la)

La motte de la femme, qu’arrosent si fréquemment la sueur, l’urine, les menstrues, le sperme, les ablutions, etc.

Notre morpion se hâta
De gagner la forêt humide
Qui devant lui se présenta.

B. de Maurice.

Forêt noire

Nom d’un des anciens carrés du Temple. On désignait ainsi le quatrième carré affecté aux marchands de savates et aux fripiers. — Les trois autres se nommaient : Le Carré du Palais-Royal, et comprenait les objets de toilette à l’usage des femmes ; le Pavillon de Flore : literie et hardes ; enfin le Pou-Volant : chilfons, vieille ferraille et friperies sans nom.

Forêt-mont-rubin

Un cloaque de ville.

Forfante

Charlatan, fourbe, hâbleur. (F. Michel.) C’est un dérivé de forfanterie. Le mot appartient à l’ancien argot.

Forger

Terme de maréchal-ferrant ; se dit d’un cheval qui, en marchant, frappe les extrémités du fer de devant avec la pointe des pieds de derrière.

Forgerie

Mensonge. — Faux ; faux document ; c’est-à-dire pièce forgée.

Formes

s. f. pl. Les parties saillantes du corps de la femme. Dessiner ses formes. Se serrer dans son corset et à la taille, de façon à accuser davantage les reliefs naturels.

Formiste

Peintre ou sculpteur qui soigne la forme, — dans le jargon des artistes.

Fornicateur

Homme qui se plaît à commettre le doux péché de fornication.

Grand gesticulateur,
Hardi fornicateur,
Et dont l’incontinence
S’attaque à l’honneur
De ma sœur.

Collé.

Un jeune capucin,
Qui fornique et qui prie,
Allait passer sa vie
Dans un couvent lointain.

J. Cabassol.

Notre grand’maman Ève elle-même n’a-t-elle pas commencé à mettre la fornication en honneur ?

Pigault-Lebrun.

Puis la virant, preste sur la croupière,
Se huche. Hélas ! quel taon vous a piqué ?
Serrant le cul, s’écria la commère ;
Par là jamais nous n’avons forniqué.

Piron.

Fort

adv. Étonnant, inouï, incroyable, — dans l’argot du peuple, qui dit cela à propos de tout ce qui lui semble amer ou difficile à avaler. On dit aussi Fort de café, fort de moka et fort de chicorée.
C’est plus fort que de jouer au bouchon. C’est extrêmement étonnant.
L’expression ne date pas d’hier: « Vous m’avouerez que cela est fort, locution de la Cour, » dit de Caillières (1690). Dans un sens ironique : Cela n’est pas fort ! pour Cela n’est pas très spirituel, très gai, très aimable, ou très honnête.

Fort

Pour fort de la halle. C’est ainsi qu’on dit par abréviation encore : fort aux poissons, fort aux blés, fort au beurre.

Je descends les barqu’s, j’vends des contre-marques, Et je suis fort au beurre.

(A. Remy, L’homme incomparable, chans.)

Fort en gueule

Crier beaucoup. Les poissardes bavardes et insolentes sont fortes en gueule (Argot du peuple).

Fort en gueule

Avoir la parole facile.

Fort pour… (être)

Avoir du goût pour une chose ; avoir tendance à faire une chose. Argot des bourgeois.

Fort que de jouer au bouchon (c’est plus)

Se dit ironiquement d’une chose dont l’exécution ne demande ni force ni adresse.

Fort-en-gueule

adj. et s. Insolent, bavard ; homme qui crie plus qu’il n’agit. On connait l’apostrophe de madame Pernelle à la soubrette de sa bru :

… Vous êtes, ma mie, une fille suivante
Un peu trop forte en gueule et fort impertinente.

Fort-en-mie

s. m. Homme très gras, — dans l’argot des faubouriens, qui prennent les os pour la croûte du corps. Les voyous anglais ont la même expression : Crummy.

Fort-en-thème

s. m. Jeune homme qui obtient de brillants succès au collège. Argot des gens de lettres.

Fortanche

Fortune, — dans le jargon des voleurs. — Bonne fortanche, bonne fortune.

Fortanche

Fortune.

Fortanche

Fortune. C’est un changement de finale comme boutanche pour boutique, dorancher pour dorer, brodancher pour broder, etc., etc.
— Turbiner, c’est bon pour les pantes, j’ai fait ma fortanche à la foire d’empoigne (Argot des voleurs). N.

Fortanche

Fortune.

Forte

s. f. Chose inouïe, incroyable. En dire de fortes. Raconter des histoires invraisemblables ; mentir. En faire de fortes. Se rendre coupable d’actions délictueuses.

Fortifes

Fortifications.

C’est tout en haut de la rue d’Allemagne, près des fortifes, comme dit le voyou.

(Événement, juillet 1887.)

Fortification

Bande de billard ; allusion de forme. — Être protégé par les fortifications, être collé sous bande.

Fortin

Poivre.

Fortin

Poivre (Bailly). — Diminutif de fort. — Vidocq donne Fretin.

Fortin

s. m. Poivre, — dans l’argot des voleurs.

Fortin

Poivre. — Fortinière, poivrière, — dans l’ancien argot.

Fortin

Poivre.

Fortinière

Poivrière.

Fortinière

s. f. Poivrière.

Fortune du pot (à la)

adv. Au hasard, au petit bonheur, — perdrix aux choux ou choux sans perdrix.

Fosse à Bidel

C’est un endroit assez obscur (à la préfecture de police) où il y a des prisonniers. (Lanterne du 26 janvier 1879.) Allusion aux fauves du dompteur Bidel.

Fosse aux lions

s. f. Loge d’avant-scène, à l’Opéra, où se tenaient, il y a une trentaine d’années, les élégants du jour, les lions. On disait aussi La loge infernale.

Fosse commune

Table d’hôte à bon marché, l’arche de Noé du XIXe siècle.

Il sort de la table d’hôte à quarante sous. En gastronomie on appelle cela, en terme de métier, la fosse commune.

(L. Lespès.)

Fossile

s. m. Académicien, — dans l’argot des Romantiques, qui prenaient Népomucène Le mercier pour un Megatherium et Andrieux pour un Ichthyosaurus.

Fou

Marteau (Argot du peuple). V. Balançon.

Fou (être)

Être perdu, — dans le jargon des voleurs qui ne se donnent pas la peine de prononcer le tu final.

Fouailler

Manquer son coup.

Fouailler

v. n. Manquer d’énergie, de courage, — dans l’argot du peuple.

Fouailler

v. n. Échapper, éclater, manquer, — en panant des choses. Signifie aussi Faire faillite.

Fouailler

v. intr. Lâcher, reculer.

Fouailler

Manquer d’énergie, craindre, manquer son effet.

Fouailler

Manquer d’énergie. Reculer au moment d’agir.

Fouailler une femme

La baiser, se servir avec elle du fouet qui cingle si bien.

Elles savent donc qu’il y a des moines qui fouaillent.

(Moyen de parvenir.)

La fille de taverne, dit Auguste Barbier,
…N’a d’amour chaud et libertin
Que pour l’homme hardi qui la bat et la fouaille
Depuis le soir jusqu’au matin.

Fouailleur

Coureur de filles, bordelier. — « Un T de plus dans ce mot, et on a son étymologie, » dit l’auteur des Excentricités du langage, M. Lorédan Larchey.

Fouailleur

s. m. Homme irrésolu et même lâche.

Fouataison

Canne, — dans le jargon des voleurs. — Fouataison lingrée, canne à épée. — Fouataison mastarée, canne plombée.

Fouataison

Canne. Fouataison lingrée, canne à épée. Fouataison mastarée, canne plombée.

Fouatter

Puer. — Fouatter du goulot, sentir mauvais de la bouche.

Foucade

s. f. Lubie, envie subite, fougue d’un moment, coup de tête. Travailler par foucades. Irrégulièrement. On prétend qu’il faut dire fougade, et même fougasse. Je le crois aussi, mais le peuple dit foucade, — comme l’écrivait Agrippa d’Aubigné.

Foucade

Caprice amoureux.

Fouette-cul

s. m. Magister, maître d’école.

Fouetter

Puer.

Fouetter

Puer.

Fouetter du bec

Avoir une haleine fétide qui exhale une odeur d’égout (Argot du peuple).

Fouetter un homme

afin d’amener l’érection de son membre.

Si son vit impuissant n’a pas encor bandé…
On saisit le bouquet de verges à deux mains.
On fustige le vieux sur la chute des reins :
La douleur qu’il éprouve est quelquefois bien grande,
Mais il ne se plaint pas, il est heureux… il bande !

Louis Protat.

Fouetteux de chats

s. m. Homme-femme, sans énergie sans virilité morale.

Foufière

Tabatière.

Fougue, fourgat

Recéleur.

Fouille

Poêle. Delvau donne Fouillouse et Littré fouilleuse.

Fouille

Poche.

Fouille au pot

Petit cuisinier qui sert les ouvriers dans les gargotes.
— Il fouille au pot pour en retirer les légumes (Argot du peuple).

Fouille merde

Tatillon qui fourre son nez partout (Argot du peuple).

Fouille-au-pot

s. m. Homme qui s’occupe plus qu’il ne le devrait des soins du ménage, qui fait la cuisine au lieu de la laisser faire par sa femme. Signifie aussi : Marmiton, cuisinier.

Fouille-m… Iel

Celui qui met son nez partout, qui s’occupe de tout ce que l’on peut dire et faire.

Fouille-merde

s. m. L’escarbot. Se dit aussi des gens qui « travaillent sur le tard », et surtout la nuit, comme les goldfinders.

Fouille-tout

Adjudant de service.

Fouiller (se)

Chercher inutilement, — dans l’argot des faubouriens, qui n’emploient ce verbe que dans cette phrase : Tu peux te fouiller. C’est-à-dire : Tout ce que tu diras et feras sera inutile.

Fouiller (tu peux te)

Tu n’auras rien. — Mot à mot : Si tu veux avoir mon argent, tu peux fouiller dans ta poche et te payer toi-même.

Justement mon propriétaire Vint me réclamer mon loyer. Je lui dis, feignant la colère : Tu peux te fouiller.

Hardy, Chanson.

Fouiller (tu peux te)

Tu n’obtiendras rien, il n’y a rien pour toi.

Veux-tu me rendre un service ? — Tu peux te fouiller.

Mot à mot : tu peux regarder dans tes poches pour voir si tu peux te le rendre. — Cette expression est encore prise dans le sens de : tu te trompes ; s’il croit que je l’aime, il peut se fouiller.

Et Champlleury, Sarcey, Scholl, Zola, etc… etc… peuvent se fouiller.

(L’Étrille, janvier 1879.)

Fouiller (tu peux te)

Tu n’auras rien, ou il ne reste rien (Argot du peuple).

Fouilles (des)

Des bêtises ! — Non ; jamais.

Fouilles (les)

Poches.

Fouilleuse

Argot de police. Femme chargée de fouiller dans les prisons soit les détenues soit les visiteuses qui les viennent voir.

Le soir, la Fouilleuse du Dépôt explore les poches et les vêtements de la femme…

(Gazette des Tribunaux, 1875.)

Fouilleuses

Poches (Argot du peuple).

Fouillouse

Poche.

Fouillouse

Poche.

Fouillouse

Poche.

Fouillouse

Poche. — Mot à mot : endroit où l’on fouille.

Et vous aurez, sçavez-vous quoy ? force d’aubert en la follouse.

Vie de Saint Christophe, Grenoble, 1530.

Fouillouse

s. f. Poche, — dans l’argot des voleurs. Le mot est contemporain de François Villon.

Fouillouse

Poche. — Bourse. — Vieux mot en usage au XIVe siècle. La poche est l’endroit où l’on fouille.

Fouillouse

Poche.

Fouillousses

Poches.

Fouinard

Individu qui fouine partout, qui fourre son nez dans les affaires des autres. Fouinard date de la pièce de Lesurques ; c’était l’acteur Alexandre qui jouait le rôle de ce personnage (Argot du peuple).

Fouinard

Celui qui est chercheur, qui sait aussi se faufiler partout.

Fouinard

Chercheur, curieux.

Fouinard, Fouine

Poltron ; fuyard.

Fouiner

S’échapper. — Mot de la langue romane. V. Roquefort.

S’il est pressé, qué qui l’empêche de fouiner ?

Vadé, 1755.

Allons, il faut fouiner, la queue entre les jambes.

P. Lacroix, 1832.

Fouiner

v. n. S’occuper de ce qui ne vous regarde pas, — dans l’argot du peuple. Signifie aussi S’enfuir.

Fouiner

Avoir peur ; décamper. — Espionner.

Fouinette

Juge. Diminutif de fouinard, malin, rusé, chercheur (Argot des voleurs). V. Palpeur.

Fouineur ou Fouinard

s. m. Homme qui se mêle des affaires des autres, et rapporte chez lui ce qui se passe chez ses voisins. Même argot [du peuple]. Signifie aussi : Malin, et même Lâche.

Fouineur, Fouinard

Rapporteur ; petit espion de collège.

Fouitenard

Pantalon.

Foulage

s. m. Besogne pressée, — dans l’argot des ouvriers. Il y a du foulage. Les travaux arrivent en foule.

Foulage

Travail pressé. — Foulage de la rate, ardeur au travail. — Il y a du foulage, la besogne marche.

Foule (faire)

Avoir du succès ; attirer la foule.

Fouler

Faire l’acte vénérien.

Ne foulez point son mausolée,
La pauvre fut assez foulée
Durant le temps qu’elle a vécu.

(Cabinet Satyrique.)

Fouler (ne pas se la)

En prendre à son aise. C’est mot à mot : ne pas se fouler la rate.

Fouler (ne pas se)

Ouvrier ou employé jamais pressé, plus exact à la soupe qu’au travail.
— Tu vas te fouler la rate.
— Prends garde de te casser. Même signification (Argot du peuple).

Fouler la rate (ne pas se)

En prendre à son aise, ne pas se donner beaucoup de mal. On dit aussi absolument : Ne pas se fouler.

Fouletitude

s. f. Grande quantité de gens ou de choses.

Foultitude

Multitude ; foule. — Foultitude de monde.

Four

Employé dans un sens obscène pour désigner la nature de la femme.

Avec sa pâte qui fut levée aussitôt que le four fut chaud.

(Moyen de parvenir.)

S’il vous plaist nous prester vos fours,
Nous sommes à vostre service.
Il est défendu par nos loix
De travailler dans un four large.

(La Fleur des chansons amoureuses.)

Four

s. m. L’amphithéâtre, — dans l’argot des coulisses.

Four

s. m. « Fausse poche dans laquelle les enquilleuses cachent les produits de leurs vols. » Argot des voleurs.

Four

s. m. Insuccès, chute complète, — dans l’argot des coulisses et des petits journaux.
M. Littré dit à ce propos : « Rochefort, dans ses Souvenirs d’un Vaudevilliste, à l’article Théaulon, attribue l’origine de cette expression à ce que cet auteur comique avait voulu faire éclore des poulets dans des fours, à la manière des anciens Égyptiens, et que son père, s’étant chargé de surveiller l’opération, n’avait réussi qu’à avoir des œufs durs. Cette origine n’est pas exacte, puisque l’expression, dans le sens ancien, est antérieure à Théaulon. Il est possible qu’elle ait été remise à la mode depuis quelques années et avec un sens nouveau, qui peut avoir été déterminé par le four de Théaulon ; mais c’est ailleurs qu’il faut en chercher l’explication : les comédiens refusant de jouer et renvoyant les spectateurs (quand la recette ne couvrait pas les frais), c’est là le sens primitif, faisaient four, c’est-à-dire rendaient la salle aussi noire qu’un four. »

Four

Avant-scène des quatrièmes à l’Opéra. Elle est exclusivement réservée aux figurantes et il y fait, chaud comme dans un four.

Four

Gosier. — Chauffer le four, boire.

Four

Omnibus ; parce qu’on y enfourne les gens comme des pains.

Four

Insuccès ; chute d’une pièce de théâtre. — M. J. Duflot écrit fourre, du verbe se fourrer dedans. — Faire four, ne pas réussir, en être pour ses frais. Au théâtre une pièce fait four lorsqu’elle ne réussit pas. — Un homme fait four auprès d’une femme, lorsqu’il en est pour ses frais d’amabilité et même pour ses frais d’argent. Celui qui s’est flatté de raconter une histoire bien amusante et qui ne fait rire personne, fait four.

Four

Ne pas réussir une chose est faire four.

Je croyais trouver telle chose, j’ai fait four. — J’ai demande une avance d’argent à mon patron, j’ai fait four (il me l’a refusée.)

Four (en faire un)

Manquer une affaire (Argot du peuple).

Four (faire)

Ne pas réussir. — Se disait autrefois des comédiens qui renvoyaient les spectateurs parce qu’ils n’avaient pas assez de monde pour couvrir leurs frais. La salle, privée de l’éclairage ordinaire, ressemblait à un four.

Nous faisons four, dit Lousteau, en parlant à son compatriote la langue des coulisses.

Balzac.

Four (faire)

Manquer une affaire.

Four à bachot

« Déjà, dès cette époque, il s’était créé à Paris et même en province des établissements spéciaux que l’on connaissait alors sous îe nom pittoresque de fours à bachots ; leur spécialité, c’était de gaver en quelques mois les jeunes gens de toutes les connaissances que comportait un programme qui devait se répartir sur dix années d’études. »

(XIXe siècle, mai 1884.)

Le Four à bachot existe encore aujourd’hui sous cette appellation plaisante et vraie.

Four banal

s. m. Omnibus, — dans l’argot des voleurs.

Fouraillis

Lieu de recel.

Fourbi

Poste, emploi ; on le dit assez aussi quand on a un mauvais jeu : Quel mauvais fourbi !

Fourbi

s. m. Piège ; malice, — dans l’argot du peuple, qui ne sait pourtant pas que le fourby (le Trompé) était un des 214 jeux de Gargantua. Connaître le fourbi. Être malin. Connaître son fourbi. Être aguerri contre les malices des hommes et des choses.

Fourbi

Petite filouterie ; peccadille ; maraudage ; pour fourberie. — Connaître le fourbi, connaître une foule de petites ficelles, de trucs à l’usage des militaires peu scrupuleux, — en terme de troupiers.

Fourbi

Du vieux mot français fourby, espèce de jeu. Fourbi a deux acceptions : tantôt il veut dire : détournement, gain illicite ; tantôt : choses, travaux, matériel, etc.

Fourbi

Piège, malice. Métier. Jeu. Ficelle. Truc. Petit bénéfice plus ou moins licite.

Fourbi

Piège, malice. A. D. C’est une erreur. Cette expression très usitée vient du régiment, où le caporal chargé de l’ordinaire gratte sur la nourriture des hommes. Fourbi signifie bénéfice (Argot du peuple). N.

Fourbi

Ce que l’on possède.

J’ai mis tout mon fourbi dans une malle.

Fourbi

Voir flambeau et flanche.

Fourbir une femme

La baiser, frotter de la queue les parois de son vagin pour les dérouiller, — ce qui la rend non-seulement polie, mais très contente.

Comme s’il fallait que je lui donnasse du salaire pour avoir fourbi cette gaupe.

Ch. Sorel.

Puis vous fourbit l’agréable femelle
Qui l’occupait.

Grécourt.

Fourbis

Métier. — Jeu.

A c’fourbis-là, mon vieux garçon, — Qu’vous m’direz — on n fait pas fortune, Faut une marmite, — et n’en faut qu’une ; Y a pas d’fix’ pour un paillasson.

(La Muse à Bibi, Le Paillasson.)

Fourche

Pick-pocket.

Fourche à faner

Soldat de cavalerie ; ainsi nommé dans le jargon des voleurs, parce que les soldats de cavalerie marchent ordinairement les jambes écartées par suite de l’habitude du cheval.

Fourchette

Doigts de la main.

Fourchette

Homme de grand appétit, sachant bien jouer de la fourchette.

Fourchette

Réunion des doigts de la main (Bailly).

Fourchette

s. f. Baïonnette, — dans l’argot des soldats. Travailler à la fourchette. Se battre à l’arme blanche.

Fourchette

s. f. Mangeur, — dans l’argot des bourgeois. Belle fourchette ou Joli coup de fourchette. Beau mangeur, homme de grand appétit.

Fourchette

Voleur à la tire.

Fourchette

Baïonnette, — dans le jargon des troupiers. — Fourchette du père Adam, les doigts. — Se servir de la fourchette du père Adam, manger avec les doigts.

Fourchette

Voyez Déjeuner.

Fourchette

Voleur à la tire. Mangeur. Doigt. Donner le coup de fourchette, crever les yeux avec deux doigts écartés.

Fourchette

Voleur à la tire. Allusion à ce que les voleurs qui ont cette spécialité, ne se servent que des deux doigts de la main droite qui forment fourchette pour extraire les porte-monnaies des poches des badauds (Argot des voleurs). N.

Fourchette

Pick-pocket.

Fourchette (avaler sa)

Mourir, — dans le jargon du peuple.

Et comme on dit vulgairement,
L’pauvre homme avala sa fourchette.

(A. Dalès, Les trois maris de madame Gobillard, chans.)

Fourchette (belle)

Convive de bel appétit.

Belle fourchette !… Mes compliments !

(Sardou. Daniel Rochat, acte III, sc. 1.)

Fourchette (lancer un coup de)

Porter à l’adversaire avec lequel on se bat un coup dans les deux yeux à la fois en y enfonçant, d’un mouvement rapide, l’index et le doigt majeur écartés.

Fourchette (marquer à la)

Enfler un compte, comme si on l’inscrivait avec les quatre dents d’une fourchette.

Fourchette d’Adam

s. f. Les doigts.

Fourchu

Bœuf (Vidocq). — Ses cornes font fourche.

Fourchu

s. m. Bœuf, — dans l’argot des voleurs.

Fourchu

Bœuf, — dans le jargon des voleurs.

Fourchue

Receleuse.

Fourga

Recéleur. Mettre au fourga, porter chez le recéleur.

Fourgaine

Canne en jonc.

Fourgasse

Recéleuse.

Fourgat

s. m. Receleur, — dans le même argot [des voleurs].

Fourgat

Receleur qui achète les objets volés (Argot des voleurs). V. Meunier.

Fourgat

Recéleur.

Fourgat, Fourgue

Receleur.

Fourgat, fourgue

Receleur.

Fourgat, fourgue, fourgasse

Recéleur, recéleuse.

Chenàtre fourgat litreras afin de solir surement.

Vidocq.

Fourguer : Vendre à un recéleur. — Du vieux mot fourgager : placer dehors à moitié profit. V. Roquefort.

Fourgature

Objet volé dont on fait de l’argent.

Fourgonner

v. a. et n. Remuer le feu avec la pelle ou la pincette, comme les ouvriers des forges avec le fourgon. Argot des bourgeois. On n’emploie guère ce verbe que dans un sens péjoratif. Signifie aussi : Remuer les tiroirs d’une commode ou d’une armoire pour y chercher quelque chose.

Fourgonner une femme

La baiser, en introduisant dans son petit foyer la pine en guise de poker.

Fourgue

Receleur.

Fourgue

Receleur.

Fourgue

Receleur d’objets volés.

Fourgue

Recéleur.

Fourgue, fourgat

Recéleur.

Fourguer

Vendre des obj. vol.

Fourguer

Receler.

Fourguer

v. a. Vendre à un receleur des objets volés.

Fourguer

Vendre à un recéleur.

Fourguer

Vendre des objets volés (Argot des voleurs).

Fourguer

Vendre.

Fourligner

v. a. Voler, détourner « tirer hors de la ligne droite ».

Fourline

Coupeur de bourses.

Fourline

Voleur qui fouille dans les poches.

Fourline

Filou, fouille-poche.

Fourline

Filou. — Fourliner : Voler (Vidocq). — Du vieux mot fourloignier : écarter. V. Litrer. — Fourlineur : Tireur volant dans les foules (Bailly).

Fourline

s. f. Association de meurtriers, on seulement de voleurs.

Fourline

Voleur habile. — Association de malfaiteurs.

Fourline

Voleur habile. Meurtrier.

Fourline

Vient de fourloureur. Ce mot signitie à la fois voleur et asssassin (Argot des voleurs).

Fourline

Voleuse.

Fourline ou Fourlineur

s. m. Meurtrier, — dans l’argot des prisons. Signifie aussi Voleur.

Fourliner

Voler avec adresse.

Fourlines

Voleurs et meurtriers à l’occasion (Argot des voleurs).

Fourlineur

Homme qui vole dans les foules.

Fourlineur

Voleur à la tire. Ce sont les successeurs des anciens tirelaines. (Canler, 1862.)

Fourlourd

s. m. Malade, — dans l’argot des prisons.

Fourlourd

Malade, — dans le jargon des forçats. — Ces messieurs appelaient fourlourde l’infirmerie du bagne.

Fourlourd

Malade.

Fourloure

Malade. — Fourloureur : Assassin (Vidocq).

Fourlourer

Assassiner. — Fourloureur, assassin, — dans le jargon des voleurs.

Fourlourer

Assassiner.

Fourloureur

Assassin.

Fourloureur

s. m. Assassin.

Fourmilion

Marché. — Fourmilion à gayets, marché aux chevaux, fourmilion à cabots, marché aux chiens, fourmilion au beurre, la Bourse.

Fourmilion

Marché.

Fourmillante

Foule. — Fourmiller, marcher dans la foule.

Fourmiller

Courir.

Fourmiller

Marcher. — Fourmillon : Marché public. — Mot expressif qui peint bien le fourmillement des vendeurs et des acheteurs. V. Parrain.

Fourmillon

s. m. Marché, qui fourmille de monde. Même argot. Fourmillon à gayets. Marché aux chevaux.

Fourmillon

Marché. La foule fourmille : endroit propice pour les voleurs.
— Il y a un riche coup à faire sur la placarde du fourmillon (Argot des voleurs).

Fournaise

« Ils fabriquaient des pièces de deux francs à l’effigie de la République qu’ils vendaient soixante-quinze centimes à des fournaises ; c’est ainsi qu’on désigne ceux qui écoulent de la fausse monnaie. »

(Figaro, mars 1884.)

Fournaise

Celui qui écoule la fausse monnaie.

Fournaise

On sait que les mornifleurs-tarte sont réunis en tierce (par trois). Le mornifleur, le faux monnayeur, le gaffe qui détient la réserve des pièces fausses, et l’émetteur qui écoule les pièces chez les commerçants. L’émetteur se nomme la fournaise. L’allusion est juste, car il est dans le feu, courant à chaque minute le risque d’être pincé. Mot à mot : il est dans la gueule du loup (Argot des voleurs). N.

Fournaise

Émetteur de fausse monnaie.

Fournaise

Emetteur de fausse monnaie.

Fournaliste

Ouvrier confiseur qui travaille au fourneau et fabrique pralines, sucres d’orge et sirops.

Fourneau

Imbécile, — dans le jargon des voyous.

Fourneau

Vagabond, — dans l’argot des saltimbanques.

Fourneau

Vagabond.

Fourneau

Vagabond, mendiant habitué du fourneau de charité. L. L. Fourneau, signifie crétin, imbécile. Quand on imprime dans les journaux que nos ministres et nos députés sont des fourneaux ils ne sont pas je pense habitués des asiles de nuit (Argot du peuple). N.

Fourneau

Naïf, imbécile.

Fourneau ou Fourneautin

Bon à rien. Fourneau veut aussi dire : individu malheureux, mal vêtu, sans asile.

Fourneau, Fourneau philanthropique

Misérable, — dans le jargon des voyous, qui ont remarqué que ce n’étaient pas précisément les millionnaires, qui faisaient la queue devant la porte des fourneaux économiques.

Fourneautin

Diminutif de fourneau (Argot du peuple). N.

Fournée

s. f. Promotions périodiques à des grades on à des distinctions honorifiques. Argot des troupiers. Le mot a deux cents ans de noblesse : Saint-Siméon parle quelque part de « l’étrange fournée » de ducs et pairs de 1663.

Fournier

s. m. Garçon chargé de verser le café aux consommateurs. Argot des limonadiers.

Fournier

Chef de cuisine dans un café.

Il faut savoir bien manipuler le café et faire la cuisine. On est chargé de préparer les déjeuners, d’apprêter et servir le café aux consommateurs.

(Le Livre des métiers faciles, 1855.)

Fournil

s. m. Lit, — dans l’argot des faubouriens, par allusion à la chaleur qu’on y trouve ordinairement.

Fournil

Lit, — dans le jargon des voleurs.

Fournil

Lit.

Fournion

s. m. Insecte, de fournil ou d’ailleurs, — dans l’argot des voyous.

Fournir Martin

Porter une grande pèlerine de fourrure à l’usage des cochers et des valets de pied de grandes maisons. — Quand les voyous rencontrent un de ces domestiques ainsi couverts, ils disent : Encore un qui fournit Martin, c’est-à-dire, qui fournit à l’ours Martin sa fourrure.

Fournir sa carrière

Achever de jouir en baisant.

Tu aurais été ravie en extase en voyant seulement comme il se tourmentait sur moi dans le temps que nous achevions de fournir notre carrière.

Mililot.

Fourniture

s. f. Les fines herbes d’une salade, cerfeuil, estragon, pimprenelle, civette, ciboulette et cresson alénois. Argot des ménagères.

Fourniture

Allusion aux fines herbes que l’on met dans la salade pour lui donner du goût et la parer (Argot du peuple). V. As de pique.

Fourobe

s. f. Fouille, — dans l’argot des bagnes.

Fourober

v. a. Fouiller les effets des forçats.

Fourober

Fouiller.

Fourrachon

Le lit (Argot des voleurs). V. Juge de paix.

Fourrager

Patiner une femme ; essayer d’introduire son membre dans son aimable hiatus.

Eh bien ! eh bien ! ou vas-tu comme ça ?… Qu’est-ce que tu fourrages là-dedans.

Henry Monnier.

Fourrager

v. a. et n. Chiffonner de la main la robe d’une femme, — sa doublure surtout. Argot des bourgeoises.

Fourrager

Chiffonner… la collerette.

Fourrageur

adj. et s. Homme qui aime à chiffonner les robes des femmes.

Fourrageur

Particulier qui aime à chiffonner… la collerette.

Fourrer

Coïter.

Fourrer (le)

Introduire le membre viril dans la nature de la femme.

Je me le figure toujours tel que s’il me le fourrait dedans le con avec force et qu’il eût de la peine à entrer.

Mililot.

Fourrer (s’en)

Se bourrer de nourriture. — S’en fourrer jusqu’au coude, manger outre mesure. — Se fourrer de bons morceaux par le bec, faire bonne chère.

Fourrer dans le gilet (s’en)

Boire à tire-larigot. Argot du peuple.

Fourrer le doigt dans l’œil (se)

S’illusionner, se faire une fausse idée des choses, des hommes et des femmes. Argot des faubouriens. Superlativement, ils disent aussi Se fourrer le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Les faubouriens qui tiennent à se rapprocher de la bonne compagnie par le langage disent, eux ; Se mettre le doigt dans l’œil.

Fourrer son nez

v. a. Se mêler de ce qui ne vous regarde pas, — dans l’argot des bourgeois. On dit aussi Fourrer son nez partout.

Fourrer tout dans son ventre

Manger sa fortune.

Fourrier

Être mauvais fourrier c’est s’acquitter de la distribution de certaines choses de manière à satisfaire tout ayant droit. — Être bon fourrier veut dire le contraire. — On saisit facilement l’ironie de cette locution toute militaire.

Fourrier

Élève reçu dans les premiers numéros à l’École polytechnique.

Fourrier

Garçon de café préposé aux demi-tasses ; ganymède en tablier blanc.

Foutaise

s. f. Chose de peu d’importance, morceau de peu de valeur, — dans l’argot du peuple. Dire des foutaises. Dire des niaiseries.

Foutaise

Rien.
— Tu m’offres cent sous d’acomple sur mille francs la la belle foutaise.
— Tu nous en raconte des foutaises. On dit aussi :
— C’est de la fouterie de pauvre (Argot du peuple).

Foutaise

Rien.

Foutaise, fichaise

Chose de peu d’importance.

Foutaises

« Bagatelles de peu d’importance. On dit moins incivilement fichaise. » — 1808, d’Hautel. pour le verbe d’où dérive ce substantif, voir également ficher, dont il est en tout le synonyme. — quelques exemples suffiront à prouver que son usage est général. Il signifie tour à tour perdre « Et bien, dit-elle, soit !… ce qui est fait est fait, il n’y a point de remède, qui est outu est outu. (Quelques docteurs disent qu’elle adjoucta une F). » — Contes d’Eutrapel (seizième siècle). — « Certes on peut dire que tout est foutu pour eux (les mazarins), puisque dans le festin des princes, le libérateur et les délivrez ont beu, disant : À la santé du Roy et foutre du Mazarin ! » — Les Trois Masques de bouc, ou la Savonette, 1651. se moquer Une des brochures les plus violentes de la révolution de 1789 porte pour titre : Et je m’en fouts. — « Ils ne s’en foutront plus les coquins. » — Hébert, 1793. — « Je me fouts de la guillotine. » — P. Lacroix, 1832. frapper « Nos Parisiens portent moustaches ; Ils te foutront sur la … »

Foutaises

Niaiseries, propos en l’air, objets sans valeur.

Fouterie

Action de foutre une femme, ou d’être foutue par un homme, — du verbe futuo, qui a la même signification.

Ceux-la qui sont bien fournis d’instruments à fouterie et qui sont propres à donner un plaisir partout.

Mililot.

Tu brûlais pour moi d’un amour immense
Dans des vers fort beaux — que je n’ai pas lus ;
Notre fouterie à peine commence,
Et déjà, mon cher, tu ne bandes plus !

Anonyme.

Fouterie de pauvre

Pauvre fouterie ; mauvais coup.

Fouteur

Homme qui satisfait les femmes, au lit ou en fiacre, à pied ou à cheval.

Veuve de son fouteur, la gloire,
La nuit, dans son con souverain,
Enfonce — tirage illusoire !—
Ce grand godemichet d’airain !

(Parnasse satyrique.)

Et mandons à tous nos fouteurs,
Fussent-ils un peu plus à l’aise,
De prendre au con seul leurs ébats.

Collé.

Je veux dire que tu es un crâne fouteur, que tu me chausses comme jamais en effet je n’ai été chaussée.

Lemercier de Neuville.

Fouteuse

Femme qui aime à être baisée, ou qui met son art à bien faire jouir les hommes qui la baisent. Tu es une belle fouteuse, ma mie.

La Popelinière.

Car on peut devenir une bonne fouteuse,
Mais on ne devient pas, il faut naître branleuse.

L. Protat.

Homme goulu, femme fouteuse
Ne désirent rien de petit.

Théophile.

Foutimacer

Dire des niaiseries ; ne rien faire qui vaille.

Foutimacier, Foutimasseur

Diseur de niaiseries. Mauvais ouvrier. — Et foutimacière au féminin.

Foutimasser

Baiser dans un grand con, avec un vit trop petit, ou ne pas assez bander : en somme, ne faire rien qui vaille.

Ton vit plus froid que glace
Reste molasse,
Il foutimasse ;
Quel bougre d’engin !

Piron.

Un ribaud, quelquefois, trop plein de son objet,
Fatigue, échauffe en vain un aimable sujet ;
Sans cesse auprès de lui, le paillard foutimasse
Et sur ses nudités sa main passe et repasse.

(L’Art priapique.)

Loin ces foutimaceurs qui gastent le métier…
Ne foutimacez plus les oreilles des dames.

(Paroles grasses de Caresme-prenant.)

Foutimasser

Ne faire rien qui vaille.

1808, d’Hautel.

Foutimasser

v. n. Ne rien faire qui vaille.

Foutimasser

S’applatir sur un ouvrage, le faire traîner en longueur. C’est une corruption de deux mots accouplés foutu, mauvais, rnasseur, travailleur (Argot du peuple). N.

Foutimasseur

s. m. Homme qui fait semblant de travailler.

Foutoir

Nom que les libertins donnent au boudoir, lieu où il ne s’agit pas de bouder, en effet, mais bien de foutre. — (V. Boudoir).

Foutoir

Petite maison ou petite chambre réservée et discrète. Se dit aussi d’un lieu public ou d’une maison privée qui admettent une grande licence.

Foutre ! Fichtre ! fouchtra !

Juron.

Foutre (se)

Se moquer, — dans l’argot du peuple, qui ne mâche pas ses mots, et, d’ailleurs, n’attache pas à celui-ci d’autre sens que les bourgeois au verbe se ficher. D’un autre côté aussi, n’est-il pas autorisé à dire ce que le bibliophile Jacob n’a pas craint d’écrire dans Vertu et tempérament, — un roman fort curieux et fort intéressant sur les mœurs de la Restauration, où on lit : « Quand un lâche nous trahirait, nous nous en foutons ! »

Foutre (se)

Se moquer. Le mot est grossier. Se ficher est une atténuation. Signifie aussi jeter, placer, donner, faire, s’habiller. Ficher au poste (on prononce fich’), ficher sa montre au clou, ficher une gifle, mal fichu (mal habillé), ne rien fiche. Allez vous faire ficher (allez au diable), ficher dedans (tromper) ; ficher la paix (laisser tranquille) ; ficher le camp (partir).

Foutre du peuple (se)

Se moquer du public, braver l’opinion du monde.

Foutre du peuple (se)

Se moquer du monde. Quand quelqu’un dit une grosse bêtise avec assurance, ou débite un gros mensonge, quand quelqu’un livre un ouvrage par trop mal fait, il court le risque de s’entendre dire : « Est-ce que vous vous foutez du peuple ? »

Foutre la paix

Laisser tranquille.

Foutre le camp

Déguerpir, s’enfuir au plus vite. Signifie aussi : Disparaître, — en parlant des choses, « Le torchon blanc a foutu le camp ! » s’écrie le concierge de la comtesse Dorand dans le roman cité plus haut.

Foutre par l’oreille

Faire répandre à quelqu’un les pleurs du désir, soit en lui lisant, soit en lui récitant des vers lubriques. L’expression est du poète Maynard.

Gardez-vous de lire ces vers :
Ils foutent les gens par l’oreille.

(Les Priapées.)

Foutre son billet (en)

Donner sa parole qu’une chose sera faite, parce qu’on y tient beaucoup. Quand un ouvrier a dit à quelqu’un : Je t’en fous mon billet ! c’est comme s’il avait juré par le Styx.

Foutre un coup (n’en pas)

Fainéanter, ne pas faire œuvre de ses dix doigts, — dans le jargon des ouvriers. Il n’en fout pas un coup depuis deux jours.

Foutre un coup de pied à quelqu’un

Lui faire un emprunt, — le taper d’une somme quelconque. On dit aussi Lui foutre un coup de pied dans les jambes, — mais seulement lorsqu’il s’agit d’un emprunt plus important. Une nuance !

Foutreau

Combat, action de se foutre des coups.

Oh ! il va y avoir du foutreau, le commandant s’est frotté les mains.

Balzac.

Foutriquet

Homme nul.

Tous les foutriquets à culottes serrées et aux habits carrés.

1793, Hébert.

Je serais la première à t’aider de mes conseils maternels… mais correspondre à la passion d’un foutriquet, fi !

Festeau.

Foutriquet

s. m. Homme de petite taille. A signifié, il y a soixante-dix ans, Fat, ridicule, intrigant. On dit aussi Foutriot.

Foutriquet

Homme nul ; homme de très petite taille. « Petit foutriquet », sobriquet donné par le maréchal Soult en pleine Chambre, à un de nos plus petits hommes d’État, sous le rapport de la taille.

Foutu

Mauvais.

À toy, foutu esprit, je fais ces foutus vers.

Paroles grasses de Carême Prenant, 1589.

Chasser cette foutue canaille.

Hébert, 1793.

V. Fichu dont toutes les acceptions sont les mêmes.

Foutu

adj. Mauvais, détestable, exécrable. Foutue besogne. Triste besogne. Foutue canaille. Canaille parfaite.

Foutu

adj. Mal habillé. Foutu comme quatre sous. Habillé sans goût et même grotesquement.

Foutu

Perdu, ruiné. Mauvais. — Mal foutu, mal fait, mal habillé.

Foutu (être)

Être ruiné, ou sur le point de mourir.

Foutue (être bien ou mal)

Bonheur, ou malheur.

Non, tu n’es que foutue, et tu l’es bien.

La Popelinière.

Je l’y donne un croc-en-jambe,
All’ tombe sur son cu,
Puis ell’ devint si tendre
Qu’ ça fut autant d’foutu.

Cabassol.

Fouyou

s. m. Gamin, — dans l’argot des coulisses, où l’on a gardé le souvenir de la pièce des Variétés (le Maître d’École) où jouait un enfant de ce nom.

Frac

Paletot, redingote, — dans le jargon des voleurs. Tout ce qui n’est pas une blouse est un frac pour eux.

Fracassé

Vêtu d’un paletot, — dans le même jargon.

Fracassé

Habillé d’un paletot (d’un frac).

Fracassé

Être vêtu d’un habit, d’un frac. C’est un mauvais calembour.
— J’en ai du frac assez.
Il me rappelle la célèbre scie d’atelier sur le mot Afrique :
— J’ai de la fricassée, du fracandeau, de la fripouille, de la friture, etc., etc. (Argot des ateliers).

Fracturer (se la)

S’en aller de quelque part, s’enfuir, — dans l’argot des faubouriens.

Fraîche

Cave, — dans le jargon des voleurs.

Fraiche (aller à la)

Avoir froid, subir une température très froide. — Nous avons été bien à la fraîche l’hiver dernier.

Frais (arrêter les)

Ne pas aller plus loin dans une entreprise, arrêter, réduire ses dépenses. Allusion au terme « d’arrêter les frais » emprunté au langage des huissiers.

Frais (être)

Être dans une situation fâcheuse, à ne pas savoir comment s’en tirer. Argot du peuple.

Frais (être)

Être dans une mauvaise situation ; craindre un danger.

Frais (être)

Être dans une situation mauvaise ou dangereuse.

Frais (faire ses)

Percevoir le dédommagement qu’on croit dû à des frais d’esprit, d’amabilité ou de toilette.

J’en obtiens un rendez-vous, et quoi qu’il arrive maintenant… j’ai fait mes frais.

E. Sue.

La littérature, primée en ce moment par la peinture, ne fait pas ses frais.

Villemot.

Frais (mettre au)

Emprisonner.

Frais (mettre au)

Emprisonner. On dit aussi Mettre à l’ombre.

Fraise

Le bout des tétons d’une femme, à cause de sa couleur.

Fralin ou frangin

Frère.

Fralin, fraline

Frère, sœur (Vidocq).

Franc

Faux. Franc mitou, faux malade.

Franc

Celui qui voit tout, et ne dit rien.

Franc

Bas.

Franc

s. m. Complice, — dans l’argot des voleurs. Franc bourgeois. Escroc du grand monde. Franc de maison. Receleur d’objets volés — et même de voleurs.

Franc

Complice. — Endroit fréquenté par des voleurs. Tapis franc, cabaret fréquenté par des voleurs. — Franc de campagne, affilié à une bande de voleurs et chargé d’aller aux renseignements, à la découverte des affaires.

Franc

Argot militaire. Bon, agréable. Pas d’exercice, demain ! cest franc ! (Ginisty : Manuel du parfait réserviste.)

Franc

Bas, sans préjugé. Complice. Mensonge. Voleur sûr, éprouvé ou affilié à une bande. Tapis-franc, lieu hanté par les affranchis (voleurs). C’est franc, c’est silencieux (ce n’est pas suspect).

Franc carreau

Quand un prisonnier est incorrigible il est mis au cachot. On lui enlève sa literie, il couche alors sur le franc carreau (Argot des voleurs). N.

Franc de campagne

Affilié de voleur.

Franc de collier

Cheval qui remplit sa besogne en conscience. Homme franc, ouvert, loyal.
— Il est franc du collier (Argot du peuple). N.

Franc de maison

Logeur de voleurs. C’est un recéleur qui tient une sorte de bureau de placement à l’usage des filous et des escarpes. Dans les grandes occasions, il met la main à la pâte et va travailler avec ses pensionnaires.

Franc du collier

adj. Homme ouvert, loyal, comme on n’en fait plus assez. Argot du peuple.

Franc-bourgeois

Voleur qui exploite les hautes classes de la société.

Franc-carreau

La cellule de correction en prison.

Franc-fileur

Nom donné à celui qui, pour échapper au siège, avait quitté Paris pendant la guerre de 1870. Par opposition à franc-tireur.

Franc-mijou ou mitou

Faux malade.

France qui pleure (cheveux à la)

Coilfure adoptée par les femmes après la guerre de 1870-71 : cheveux coupés de manière à couvrir presque entièrement le front, en figurant la calotte.

Franche

Femme qui se laisser aller.

Franche

Basse.

Franchie

Baiser.

Franchir

Baiser.

Francillon

Français.

Francillon

Français.

Francillon

Français.

Francillon

Français.

Francillon

s. m. Français, — dans l’argot des voleurs. Les Belges nous appellent Fransquillons.

Francillon

Français ; francillonne, française.

Francs mitoux

Faux malades.

Frangeuse

Nécromancienne.

Il apprit que le mot frangeuse voulait dire magicienne et que Mme Bailly lisait l’avenir dans le marc de café.

(Gil Blas, juillet 1884.)

Frangin

Le frère.

Frangin

s. m. Frère, — dans l’argot des voleurs. On dit aussi fralin. Frangin-Dab. Oncle.

Frangin

s. m. Altération et synonyme du mot frère, pris au sens naturel. Cette expression est usitée dans d’autres argots parisiens.

Frangin

Frère (Argot du peuple).

Frangin

Frère.

Frangin, frangine

Frère, sœur. V. Servir, Altèque. — Frangin dabe : Oncle. — Frangine dabusche : Tante. — Mot à mot : frère, père, sœur, mère.

Frangin, Frangine

Frère, sœur. — Frangine, sœur de charité, — dans le jargon des détenues qui les appellent encore : « Nonnes ». — Frangin dab, oncle ; frangine dabesse, dabusche, tante.

Frangin, Frangine

Frère, camarade, sœur (argot parisien).

Frangin, frangine

Frère, sœur. Frangin dabe, oncle.

Frangin, ine

Frère, sœur.

Frangine

Sœur.

Frangine

La sœur.

Frangine

Sœur.

Frangine

s. f. Sœur. Frangine-Dabuche. Tante.

Frangine

Sœur (Argot des voleurs).

Frangine

Sœur.

Frangir

Casser.

Franjin

Frère.

Franjine

Sœur.

Franquette (à la)

Franchement, tout uniment, loyalement, — dans l’argot du peuple. On dit plutôt À la bonne franquette.

Frappart (pére)

Marteau.

Frappe-devant

Marteau de forgeron.

Bras nus et le frappe-devant à la main, des ouvriers forgent des vélocipèdes.

(Maxime du Camp, Paris, t. III, 1875.)

Frappeur (esprit)

Ce mot sert, depuis 1857 environ, à désigner la cause de certains coups qu’on prétend frappés par des esprits invisibles et qu’on s’est imaginé de traduire en langue vulgaire au moyen d’un alphabet de convention. Les esprits frappeurs ont leurs sociétés, leurs journaux et leurs souscripteurs.

Frasque

s. f. Folie aimable, coup de tête, — dans l’argot des bourgeois. Faire des frasques. Faire des folies, des escapades.

Fraternellados, Inséparables

Cigares à trois sous les deux. La régie les appelle des esquichados parce qu’ils sont aplatis.

Frayer

v. n. Convenir, s’accorder, vivre ensemble. Argot du peuple.

Fredaine

s. f. Intrigue amoureuse, — dans l’argot des bourgeois. Faire ses fredaines. Aimer « le cotillon ».

Frégate

Jeune forçat.

Frégate

Émigré de Gomorrhe, — dans le jargon des voleurs.

Frégate (une)

Chapeau à deux cornes.

Frégate, corvette

C’est le jésus de la marine (Vidocq). — Allusion au genre féminin de ces deux substantifs. Le masculin est représenté par un brick, par le vaisseau et par l’aviso.

Frégate, corvette

Éphestion de trottoir.

Freloche

s. f. Filet à prendre les papillons, — dans l’argot des écoliers.

Freluquet

s. m. Jeune homme, gandin, — dans l’argot du peuple, probablement par allusion au parler frelu d’autrefois.

Frémillante

Assemblée.

Frémillante

Assemblée.

Fremion

Violon.

Frémion

Violon, — dans l’ancien argot.

Frémion

Violon.

Frêne

Toupie de deux sous, — dans le jargon des enfants.

Fréquentée

Femme galante et à la mode.

Le baccarat, les belles fréquentées, le krack ont réduit à la misère un nombre considérable de viveurs et de boursiers.

(Événement, septembre 1884.)

Fréquenter (se)

Avoir avec soi-même des relations habituelles, — condamnées par le livre de Tissot.

Fréquenter (se)

Se livrer à l’onanisme.

Frère

s. m. Initié, — dans l’argot des francs-maçons. Faux frère. Franc-maçon qui joue de la franc-maçonnerie comme d’un instrument.

Frère

s. m. Philosophe, — dans l’argot des encyclopédistes. On sait que Diderot était, en religion philosophique, frère Platon, Frédéric II, roi de Prusse, frère Luc, etc.

Frère

s. m. Citoyen, — dans l’argot des Jacobins de la première révolution.

Frère

s. m. Typographe qui fait partie de la Société typographique. Un vrai frère est aussi celui qui ne refuse jamais de prendre une tasse, et qui ne laisse jamais un autre vrai frère dans l’embarras.

Frère

Typographe qui fait partie de la société typographique.

Frère de lit

s. m. Homme à qui l’on a succédé dans le cœur d’une femme, épouse ou maîtresse. Argot du peuple.
Sœur de lit. Femme qui a succédé à une autre femme dans le cœur d’un homme, amant ou mari.

Frère et ami

s. m. Camarade, — dans l’argot des démocrates de 1848.

Frère et ami

Coreligionnaire en démocratie. — Faubourien, — dans le jargon des bourgeois réactionnaires.

Quelquefois un frère et ami, possédant déjà un plumet bien senti, s’égare dans un de ces cafés.

(F. d’Urville, Les Ordures de Paris.)

Aussi les frères et amis veulent essayer, le soir, d’y opposer la leur (leur manifestation).

(L’Univers, 1er juillet 1880.)

Frère frappart

Marteau. L’allusion est frappante (Argot des forgerons). V. Balançon.

Frère jacques

Pince (Argot des voleurs). V. Monseigneur.

Frère Jacques, jacobin

Pince d’effraction.

Frères (gros)

Les cuirassiers.

Frères de la côte

Individus qui se tiennent le matin au coin des boulevards Saint-Germain et Saint-Michel et qui, moyennant quelques sous, aident dans les montées rapides en poussant derrière les voitures à bras trop chargées.

Frérot

s. m. Frère, — dans l’argot du peuple, qui parle comme écrivait Bonaventure Des Périers.

Frérot de la caque

s. m. Filou, — dans l’argot des prisons.

Frérot de la caque

Filou (Argot des voleurs).

Frérot de la cuque

Frère en vol ; terme d’amitié de voleur à voleur ; frérot est pour petit frère.

Fressure

Le siège des désirs amoureux, la nature de la femme.

De ma fressure
Dame Luxure
Ja s’emparait.

La Fontaine.

Fressure

s. f. Le cœur et ses dépendances, siège des désirs, — dans l’argot du peuple, qui parle comme écrivait La fontaine :

Telle censure
Ne fut si sûre
Qu’elle espéroit ;
De ma fressure
Dame Luxure
Ja s’emparoit.

Fretillante

Queue.

Frétillante

La queue.

Frétillante

Queue.

Frétillante

Danse.

Frétillante

s. f. Plume, — dans l’argot des voleurs.

Fretille

Paille.

Frétille

Paille.

Frétille

Paille.

Fretiller

Danser.

Frétiller

Danser.

Frétiller

Danser.

Frétillon

s. f. Grisette. bonne fille, amoureuse garantie bon teint par feu Béranger. Argot des bourgeois.

Frétillon

Grisette chantée par Béranger. L’expression est heureuse, rien de plus frétillant en effet qu’une fille du peuple qui s’amuse et aime pour son compte (Argot des bourgeois). V. Grisette.

Fretin

s. m. Poivre, — dans l’argot des voleurs. On dit aussi Fortin.

Friau

Froid.

Friauche

s. m. Condamné à mort qui s’est pourvu en cassation. Même argot [des voleurs].

Friauche

Condamné à mort qui s’est pourvu en cassation.

Friauche

Condamné à mort pourvu en cassation. Assassin.

Friauche

V. Aller au rebectage.

Fric

Argent monnayé.

Fric ou fricot

Argent.

Fric-frac

Effraction. — Onomatopée. V. Caroubleur.

Fric-frac

s. m. Effraction de meuble ou de porte, — dans l’argot des voleurs. Faire fric-frac. Voler avec effraction.

Fric-Frac

Effraction.

Fric-frac

Effraction.

Fric-frac

Effraction.

Fric-frac

Effraction.

Fric-frac (vol au)

Ainsi nommé à cause du bruit que produit l’outil en fracturant les portes (Argot des voleurs).

Fricadier

Un sou. C’était l’expression favorite de Pradier, le célèbre bâtonniste qui travaillait devant l’Institut (sur la place) (Argot du peuple).

Fricarelle (la)

Le Lesbicus amor, qui tend de plus en plus à faire des ravages parmi les Parisiennes.

Je te verrai…
Poursuivant les Saphos à l’œil cave, au teint noir,
Ivre de fricarelle, et ne pouvant avoir
L’attouchement d’une tribade.

Emm. Des Essarts.

Fricassé

Ruiné, perdu.

Fricassé

Arrêtés.

Ne passons pas de ce côté, je crains d’être reconnu et de me faire fricasser.

Fricassé (être)

Être ruiné, perdu, déshonoré, à l’agonie. Argot des faubouriens. Ils disent aussi Être cuit.

Fricasse (on t’en) !

Ce n’est pas pour toi ! Terme de refus ironique.

Fricassée

s. f. Coups donnés ou reçus.

Fricassée

Volée de coups.

Fricassée de museau

S’embrasser mutuellement. Cela indique bien le frottement de deux visages. Mot à mot : s’embrasser avec effusion (Argot du peuple).

Fricassée de museaux

S’embrasser.

Fricassée, Fricassée de museaux

Embrassade, — dans le jargon des paysans de la banlieue de Paris.

Fricasser

Dépenser, ruiner.

J’ai fricassé ma masse les yeux fermés.

E. Sue.

La ruyne généralle dont le royaume est menacé si Paris estoit fricassé.

Second Courrier françois, Paris, 1649.

Fricasser

v. a. Dépenser. Fricasser ses meubles. Les vendre.

Fricasser

Dépenser. — Fricasser tout son argent.

Fricasseur

s. m. Dépensier, ivrogne, libertin.

Fricasseur

Celui qui mange sa fortune, son patrimoine. Celui qui fricasse sa fortune dans la casserole des plaisirs parisiens.

Fricfrac

Casser une porte.

Frichbi

Froid.

Frichlu

Froid.

Frichti

Régal. — Corruption du mot allemand frühstück, déjeuner.

Voilà ce que je te conseille ; c’est de payer un petit frichti.

Champfleury.

Frichti

s. m. Ragoût aux pommes de terre, — dans l’argot des ouvriers, qui prononcent à leur manière le frühstück allemand.

Frichti

Repas de famille. — Ragoût de ménage. Les gens qui n’ont pas d’argot emploient à tort frichti dans le sens de grand dîner.

Fricmart

Met quelconque.

Fricot

s. m. Ragoût ; mets quelconque, — dans l’argot du peuple, qui dit cela depuis plus d’un siècle. Le mot se trouve dans Restif de La Bretonne.

Fricot

Argent monnayé.

Fricoter

v. a. et n. Dépenser de l’argent, le boire ou le manger ; faire la noce ; se régaler.

Fricoter

v. n. Se mêler d’affaires véreuses ; pêcher en eau trouble.

Fricoter

v. a. Prendre des sortes dans la casse de ses compagnons ; synonyme de piller.

Fricoter

S’amuser ; tripoter à la Bourse, dans le commerce. — Dans le jargon des typographes, c’est le synonyme de chiquer des sortes. — Fricoter de l’argent, dépenser de l’argent.

Fricoter

« Les secrétaires, les commis d’état-major qu’on appelle fricoteurs au régiment, sont assis dans une salle au rezde-chaussée, autour d’une immense table. »

(Constitutionnel, août 1882.)

Fricoter

Tripoter. Celui qui a la conscience élastique, qui fait argent de tout, fricote ; c’est un fricoteur.

Fricoteur

Parasite, maraudeur.

Ces mauvais troupiers pillaient tout sur leur passage. On les appelait des fricoteurs.

M. Saint-Hilaire.

Quant a vos écuyers, chambellans et autres fricoteurs de même espèce.

Van der Burch.

Fricoteur

s. m. Homme qui aime les bons repas. Signifie aussi Agent d’affaires véreuses.
Le bataillon des fricoteurs. « S’est dit, pendant la retraite de Moscou, d’une agrégation de soldats de toutes armes qui, s’écartant de l’armée, se cantonnaient pour vivre de pillage et fricotaient au lieu de se battre. » (Littré.)

Fricoteur

s. m. Celui qui fricote, c’est-à-dire qui pille la casse de ses compagnons. Les fricoteurs sont heureusement assez rares.

Fricoteur

Typographe qui prend des lettres dans la casse des autres.

Fricoteur

Soldat qui aime à faire bombance aux dépens des autres, à manger et à boire avec l’argent des camarades, — dans le jargon des troupiers.

Fricoteur

Celui qui cherche à bien vivre, à ne rien faire, à éviter les corvées.

Fricoteur

Agent d’affaires, synonyme de tripoteur. Au régiment, les troupiers qui coupent aux exercices, aux corvées, en un mot au service, sont des fricoteurs (Argot du peuple).

Fricoteur

L’employé qui fait le moins possible de travail et qui évite les corvées est un fricoteur.

Fricotter

Faire, travailler.

Frigousse

s. m. Cuisine, ou plutôt chose cuisinée, — dans l’argot des faubouriens. Signifie spécialement : Ragoût de pommes de terre.

Frigousse

Fricot ; cuisine ; repas. — Frigousser, faire la cuisine ; manger.

Frigousser

v. a. et n. Cuisiner ; préparer un ragoût quelconque.

Frileux

Poltron. — On dit aussi d’un brave qu’il n’a pas froid aux yeux.

Il va sans dire qu’il n’a pas froid aux yeux.

Noriac.

Je suis un ferlampier qui n’est pas frileux.

E. Sue.

Frileux

adj. et s. Poltron, homme qui a froid aux yeux et au cœur, — dans l’argot du peuple. S’emploie surtout avec la négative.

Frileux

Poltron.

Frileux (être)

Poltron sans courage.

Frileux, Frileuse

Poltron, poltronne.

Frimage

Passer devant les autorités.

Frimage

Confrontation.

Frimager

Passer devant les autorités.

Frimas

s. m. pl. Le froid, la neige, l’hiver, — dans l’argot des académiciens.

Frimassard

Le froid (Argot des voleurs). V. Frisbi.

Frime

Figure.

Frime

Figure.

Frime

Visage. V. Coquer, Altèque.Tomber en frime : Tomber en face de. V. Gouêpeur.

Frime

s. f. Mensonge, hypocrisie, fausse alerte, — dans l’argot des faubouriens. C’est pour la frime. C’est pour rire. Le mot a quelques siècles de bouteille :

Renart qui scet de toutes frumes
Luy esracha quatre des plumes !

dit le Roman du Renard.

Frime

s. f. Apocope de Frimousse, — dans l’argot des voyous et des voleurs. Tomber en frime. Se rencontrer nez à nez avec quelqu’un.

Sans paffs, sans lime et plein de crotte
Aussi rupin qu’un plongeur,
Un jour un gouapeur en ribote
Tombe en frime avec un voleur.

(National de 1835.)

Frime

Physionomie. Mensonge, hypocrisie. Fausse alerte.

Frime

La figure. Tomber en frime, se rencontrer face à face avec quelqu’un (Argot du peuple).

Frime

Visage.

Frime (la)

La figure.

Frime (pour la)

Pour rien. Faire semblant (Argot du peuple). Frimer : Faire de l’embarras.
— Il est bien mis, il frime (Argot du peuple).

Frime (pour la)

Faire semblant de plaisanter.

Si j’ai fait telle chose, c’était pour la frime. Si on t’a fait cela, c’était pour la frime.

Frime (pour la)

Pour donner le change.

Frime, Frimousse

Figure, physionomie. — Frime à la manque, borgne, défiguré.

Frimer

Dévisager (Vidocq). — Du vieux mot frume : grimace, air de visage. V. Roquefort.

Frimer

v. a. Envisager et dévisager.

Frimer

Regarder. — Faire figure. (L. Larchey) Faire frimer, confronter, — dans le jargon des voleurs.

Frimer

Regarder.

Frimer

Regarder.

Frime a môme, si elle est gironde.

Frimer

Une chose qui ne vaut rien, et qui a de l’apparence, frime. Un individu bien vêtu, qui représente bien, frime.

Frimion

Le marché.

Frimion

Marché.

Frimouse

Physionomie.

Frimousse

Visage.

Frimousse

Visage. — Diminutif de Frime.

C’est bien là le son du grelot, si ce n’est pas la frimousse.

Balzac.

On a dit aussi firlimousse :

Je voy bien à leur physionomie ou firlimousse, mine et trogne, que l’une est subjecte au vin.

Parlement nouveau, par D. Martin, Strasbourg, 1660.

Frimousse

s. f. Visage, — dans l’argot des faubouriens. C’est pour ma frimousse. C’est pour moi. L’expression a des cheveux blancs :

«… De tartes et de talmouses,
On se barbouille les frimouses. »

a écrit l’auteur de la Henriade travestie.

Frimousse

Visage (de jeune femme, d’enfant).

Frimousse

Vieille expression qui veut dire visage. On la trouve dans la Henriade travestie (Argot du peuple).

Frimousse

Visage.

Frimousser

Tricher (Vidocq). — Mot à mot : faire des signes de tête révélateurs. — Frimousseur : Tricheur.

Frimousser

v. n. Tricher au jeu en se donnant les figures à chaque coup, — dans l’argot des voleurs.

Frimousseur

s. m. Tricheur.

Frimousseur

Tricheur. — Frimousser, tricher. C’est mot à mot : se donner les figures, « frimousses, » du jeu.

Fringue

Toilette, vêtement de luxe, — dans le jargon des voleurs.

Fringue

Toilette. Beau vêtement. Fringué, habillé.

Fringué

Habillé.

Je suis invité à diner, je vais me fringuer.

Fringuer

Habiller. — Se fringuer, s’habiller. — Bien fringué, bien mis. — Lèsebombe bien fringuée, fille publique bien mise, — dans le jargon des voleurs.

Fringuer

S’habiller. Rabelais dans Pantagruel écrit fringuez (Argot du peuple).

Fringuer, fringasser une femme

La baiser.

Volontiers je vous fringasse,
Madame, si j’osasse,
Fringue, valet, hardiment ;
Mon mary est à Rouen.

(Chantons folastres.)

Car s’il a prêté son levain,
On fringue votre chambrière.

(Farces et moralités.)

Quand Polidor fringua la dame putassière,
De qui le nom fameux s’appelle Sarprisi.

Théophile.

Fringues

Vêtements.

Fringues

Vêtements.

Fripe

s. f. Action de manger ou de cuisiner, — dans l’argot du peuple. Signifie aussi : Dépense, écot de chacun.

Fripe

s. f. Nourriture. Ce mot est aussi employé dans le langage populaire.

Fripe

Cuisine. — Pique-nique. — Fripe sauce, marmiton. — Faire la fripe, faire la cuisine ; c’est cuisiner dans une poêle ou dans un poêlon.

Fripe

Cuisine. Pique-nique. Mauvais vêtement.

Fripe

Nourriture.
— L’heure de la fripe va sonner (Argot d’imprimerie).

Fripe

Mauvais sujet.

Fripe

Nourriture.

Fripe-sauce

s. m. Cuisinier, marmiton. Signifie aussi Goinfre.

Friper

v. a. et n. Manger. L’expression se trouve dans Saint-Amant, un goinfre fameux :

Les dieux du liquide élément,
Conviés chez un de leur troupe,
Sur le point de friper la soupe,
Seront saisis d’étonnement.

S’emploie aussi, au figuré, dans le sens de Dissiper.

Friper

Manger. — Dépenser mal à propos.

Friperie

L’ensemble des vêtements qui couvrent une personne et, par extension, le corps lui-même.

Gare une irruption sur notre friperie !

(Molière, Dépit amoureux.)

Se jeter sur la friperie de quelqu’un, battre, maltraiter quelqu’un ; particulièrement usité au XVIIe siècle.

Fripes

Mauvais vêtements que revendent les fripiers sur le carreau du Temple (Argot du peuple). V. Loques.

Fripier

Verre. (Fr. Michel.)

Fripouille

s. f. Homme malhonnête et même canaille. On dit aussi Frapouille.

Fripouille

Vaurien. — C’est de la fripouille, se dit d’un objet sans valeur. — Dérivé de fripe, friperie.

Fripouille

Rien de bon. Dans le peuple, quand on a dit d’un homme c’est une fripouille, c’est tout dire. Fripouille est certainement une corruption de friperie, donc on avait fait fripaille (Argot du peuple).

Fripouille

Voir fripe.

Fripouille

Canaille.

Friques

Vieilles hardes, — dans l’ancien argot, pour frusques.

Friquet

s. m. Mouchard, — dans l’argot des voleurs.

Friquet

Mouchard.

Friquet

Mouchard.

Friquet

Mouchard. A. D., L. L. C’est une erreur, friquet est un moineau, c’est une variété du pierrot parisien, l’effronté gavroche de la gent ailée (Argot du peuple).

Frire

v. a. et n. Faire ; Manger, — dans l’argot du peuple, dont la cuisine se fait en plein vent, sur le fourneau portatif des friturières. N’avoir rien à frire. N’avoir pas un sou pour manger ou boire. L’expression est vieille, car elle se trouve en latin et en français dans Mathurin Cordier : Il n’a que frire ; il n’a de quoy se frapper aux dez. Nullam habet rem familiarem. Est pauperio Codro. (qui est le « pauvre comme Job » de Juvénal).

Frire

Manger. — Rien à frire, rien à manger.

Frire des œufs

Préparer un méchant tour. (L. Larchey)

Frire des œufs à quelqu’un

Lui préparer une mauvaise affaire ; s’apprêter à lui jouer un méchant tour. J’ai souvent entendu : Prends garde, Jean, on te frit des œufs.

Frire un rigolo

Voler à l’accolade, voler à la méprise.

Eh ! ce cher ami, comment va-t-il, que je l’embrasse… Ah ! pardon, monsieur, je vous prenais pour un tel.

A la faveur d’une étreinte bien sentie, la dupe est volée, le rigolo est frit.

Frire un rigolo

Voler à l’accolade, à la méprise.

Frisbi

Froid. Ou dit aussi : il fait friot, frisquet, et comme superlatif :
— Nom de Dieu, que ça pince il gèle à pierre fente (pour fendre) (Argot du peuple).

Frisbi

Froid.

Frisbi, frimasson, friod

Froid.

Frischti

De l’allemand Frühstück, déjeuner. Mets succulent, friand. Les cuisiniers se font en cachette du frischti.

Frisé

Juif (Vidocq). — Allusion à un signe de race.

Frisé

s. m. Juif, — dans l’argot des voleurs.

Frisé

Juif, — dans l’ancien argot. Allusion aux cheveux de la race hébraïque qui frisent naturellement.

Frisé

Juif (Argot des voleurs).

Frisé

Juif.

Friser

Briser, casser.

Friser

Voler. Friser un pègre : Voler un voleur.

Friser

Briser, casser. Voler.

Friser

Passer près.

Friser à plat

Ne pas friser du tout ; porter les cheveux longs et plats.

Friser comme un paquet de chandelles

Ne pas friser du tout, en parlant des cheveux. Argot du peuple.

Friser son naz

Être mécontent. Friser son naz est une variante de la vieille expression, même adressée à un chauve :
— Ça te défrise, mon vieux (Argot du peuple). N.

Friser son naze

Être mécontent.

Friser un simple

Gagner un niais au jeu.

Frises

s. f. pl. Bandes de toiles pendantes qui figurent le haut des décors en scène. Argot des machinistes.

Frises (toucher les)

Déployer un très grand talent dans une scène. C’est le sic itur ad astra. Les frises sont les bandes de toile qui figurent soit des nuages, soit un plafond. Frédérick Lemaître touchait souvent les frises.

Frisons

s. m. pl. Boucles de cheveux frisés à la chien, que les femmes à la mode portent aujourd’hui sur les tempes. Ces cheveux-là au moins leur appartiennent tandis que les frisons en soie qu’elles portent en chignon ne leur ont jamais appartenu.

Frisquet

Froid.

Frisquet

Avoir froid.

Frisquet

s. m. Froid vif. Il fait frisquet. Il fait froid.

Frisquet

Froid.

Cet hiver, il n’a pas fait frisquet.

Frisquette

adj. s. f. Fille jeune, fraîche et avenante. Le vieux français avait l’adjectif frisque.

Frisser un glacis

Casser un carreau.

Frisser une lourde

Casser une porte.

Frit

Perdu, condamné — Rien à frire : Rien à manger.

La guerre en tous lieux si amère… tellement que plus rien à frire n’entrèrent à Paris.

La Miliade, 1651.

Frit

adj. Perdu, compromis, arrêté, atteint d’une maladie mortelle.

Frit (être)

Être condamné. — Être perdu, ruiné. — Allusion aux flammes éternelles dontlesprédicateurs effrayaient le peuple.

Vecy deux dyables qui portent une poëlle, afin que je sois frit dedans en pardurableté.

(La Fleur des commandements de Dieu, extrait d’un sermon de Pierre de Ciuny, cité par Ch. Nisard.)

Frites

s. f. pl. Pommes de terre frites.

Frites

Pommes de terre frites. — Pour deux ronds de frites.

Friturer

v. a. Manger ; cuisiner.

Friturier, ère

s. Marchand, marchande de pommes de terre frites ou de gras-double à la poêle.

Frivoliste

s. m. Littérateur léger, écrivain de journal de modes, — dans l’argot des gens de lettres. Ce mot a été créé par Mercier.

Frocard

Congréganiste.

Quatre gendarmes pour mettre les frocards dehors et fermer la porte, cela suffit.

(Lanterne du 5 mai 1880.)

Froid aux yeux

s. m. Manque de courage, — dans l’argot du peuple. Avoir froid aux yeux. Avoir peur. N’avoir pas froid aux yeux. Être résolu à tout.

Froid aux yeux (ne pas avoir)

Avoir du courage.

Froidureux

adj. Sujet à avoir froid.

Froisseux

Calomniateur.

Froisseux, Frolland

Médisant, traître.

Frolant

Traître.

Froler

Médire.

Froler sur la balle

Médire de quelqu’un.

Frollant

Traître.

Frollant

Traître.

Frollau

s. m. Traître, médisant, — dans l’argot des voleurs. On dit aussi Froller sur la balle.

Froller

Médire. — Du vieux mot froler : frotter. V. Du Cange. — Frollaux : Traître (Vidocq). — De là, le nom donné par Victor Hugo à un personnage de sa Notre-Dame.

Froller sur la balle

Médire de quel qu’un.

Froller sur la balle

Médire de quelqu’un.

Froller, Froller sur la balle

Médire ; maltraiter.

From

Fromage. — Abréviation.

Fromage

Sperme de l’homme ou de la femme ; caséum produit par les parties basses, ayant l’aspect du caséum produit par les parties hautes. D’où, à propos d’une fille qui s’est laissé dépuceler, l’expression proverbiale : laisser aller son chat au fromage.

Fromage (il nous fera manger du)

Il est à toute extrémité : nous irons à son enterrement. Allusion à lacollation que prend, chez le marchand de vin, le peuple, au sortir du cimetière, collation composée de pain et de fromage arrosés de quelques litres.

Fromage (manger du)

Bisquer, rager. Les enfants disent entre eux en ratissant un de leurs doigts sur l’autre : Tu bisques, tu rages, tu manges du fromage.

Victoire ! foutre ! victoire ! aristocrates, que vous allez manger du fromage !

(Le père Duchêne.)

Fromages (faire des)

Se dit — dans l’argot des petites filles, d’un jeu particulier qui consiste à imprimer un mouvement de rotation à leur robe et à se baisser rapidement de façon à former par terre « une bette cloche ».

Frome

s. m. Apocope de Fromage, — dans l’argot des voyous.

Fromgi

Fromage, — dans le jargon du peuple.

Fromgi

Fromage.

Fromgy

Fromage (Argot du peuple).

Fromgy

Fromage.

Front

« Le front, ce n’est point de la hardiesse. C’est la faculté de faire bon visage en tremblant tout bas. L’effronté se force à oser. — Ce qui distinguait M. Burot, c’était le front. »

P. Féval.

Il faut avoir du front pour faire de pareilles propositions.

d’Hautel, 1808.

Front dans le cou (avoir le)

Ne pas avoir de cheveux.

Frontin

s. m. Valet habile, fripon, spirituel, — dans l’argot des gens de lettres.

Froteska

s. f. Correction, frottée, — dans l’argot du peuple, qui a saisi cette occasion de donner un nom de plus à la danse qu’il a inventée pour son plaisir et pour sa défense.

Froteskant

Dansant la froteska.

Mazourkant et froteskant sans trêve ni relâche.

Montépin.

Frotin

Billard.

Frotin

Billard.

Frotin

s. m. Billard, — dans l’argot des faubouriens. Coup de frotin. Partie de billard.

Frotin

Billard. — Coup de frotin, partie de billard.

Frottant

Traître.

Frottant, frollaux

Traître.

Frotte (la)

La gale, — qu’on guérit en frottant énergiquement le corps.

Frotte (la)

Traitement de la gale à l’hôpital Saint-Louis où les galeux se frottent mutuellement avec de la pommade soufrée, suivant le précepte de la maison : « Frottez-vous les uns les autres ». Passer à la frotte, suivre le traitement antigaleux.

Frotte (la)

Gale.

Frotte (la)

Gale.

Frotte-bottes

Domestique (Argot du peuple).

Frottée

s. f. Coups donnés ou reçus, — dans l’argot du peuple.

Frottée

Recevoir une bonne frottée ou la donner. Se battre (Argot du peuple).

Frottée

Donner des coups a quelqu’un, c’est lui flanquer une frottée.

Frotter

« Battre, rosser. » — d’Hautel, 1808. — On dit aussi : Donner une frottée.

Frotter

v. a. Battre, donner des coups. On dit aussi Frotter les reins et Frotter le dos.

Frotter

Faire la cour à une femme.
— Elle est rien raide, faut pas s’y frotter (Argot du peuple). N.

Frotter le lard (se)

Faire l’acte copulatif, qui consiste en effet dans le frottement des chairs de ces deux cochons qui s’appellent deux amants.

Toutes les fois qu’on t’a frottée,
Tu ne me l’es pas venu dire.

(Ancien théâtre français.)

Jean, ce frotteur invaincu,
Un soir dans une taverne
Frottait Lise à la moderne,
C’est-à-dire par le cu.

(Cabinet satyrique.)

Joyeusement se frottant leur lard.

Rabelais.

Quand tu voudras, je frotterai ma coine contre ton lard.

(La Comédie des Proverbes.)

Frotter sur la balle

Médire de quelqu’un.

Frotteur

Argot de Police.

Maniaques qui suivent la foule pour se frotter à elle ; pour toucher d’une main frémissante les femmes de toutes catégories qui se pressent autour d’eux.

(Giflard : Les grands bazars.)

Frottin

Billard.

Frottin

Billard.
— Viens-tu faire une partie de frottin ? (Argot du peuple).

Frottin

Billard.

Frottin

Billard.

Frou-Frou

Passe-partout, — dans le jargon des voleurs.

Frou-frou

Passe-partout. Bruit de la soie frottée.

Froufrou

Bruit produit par le froissement d’une robe. — Onomatopée.

Son oreille recueille précieusement le froufrou que fait la soie de sa robe.

Ricard.

Froufrou

s. m. Bruissement d’une robe de soie, — dans l’argot des amoureux, à qui cette onomatopée fait toujours bondir le cœur. Au XVIIe siècle, c’était une autre onomatopée, frifilis, mais qui ne valait pas celle-ci, — n’en déplaise à saint François de Sales.

Froufrou

s. m. Embarras, manières ; effet de crinoline, — dans l’argot du peuple. Faire du froufrou. Faire de « l’épate ».

Froufrou

s. m. Onomatopée par laquelle les voleurs désignent un Passe-partout.

Froussard

Individu qui a peur (Argot du peuple). N.

Froussard

Peureux.

Frousse

Peur, frisson. — Du vieux mot frillouseté : sensibilité au froid. V. Frileux.

Frousse

s. m. Peur, frissonnement, — dans l’argot du peuple.

Frousse

Peur, — dans l’ancien argot.

Frousse

Peur.

Frousse

V. Taf.

Frousse

Peur.

Frousse (la)

Peur. Il n’ose y aller, il a la frousse.

Fruche

Objet disqualifié. Argot des commis de nouveautés.

Fruges

s. f. pl. Bénéfices plus ou moins licites sur la vente — dans l’argot des commis de nouveautés.

Fruges

Bénéfices, prélèvements sur la vente, — dans le jargon des employés de commerce.

Fruit

s. m. Enfant nouveau-né, — dans l’argot des faubouriens, qui, tout en gouaillant, font ainsi une allusion philosophique au fameux pommier du Paradis de nos pères.

Fruit sec

« Les fruits secs sont ceux qui, après leur examen de sortie, ne sont pas déclarés admissibles dans les services publics. » — La Bédollière. — Le mot s’explique de lui-même. Un fruit sec est un sujet dont les aptitudes n’ont pu mûrir. — L’intermédiaire (mai 1865) le fait remonter au premier polytechnicien déclaré non admissible (1800), et appelé fruit sec parce que sa famille lui envoyait beaucoup de provisions.

Fruit sec

s. m. Jeune homme qui sort bredouille du lycée ou d’une école spéciale. Se dit aussi, par extension, d’un mauvais écrivain ou d’un artiste médiocre. « Cette appellation, — dit Legoarant, vient de l’École polytechnique, où un jeune homme de Tours qui travaillait peu fut interpellé par ses camarades pour savoir quelles étaient ses intentions s’il n’était pas classé. Il répondit : Je ferai comme mon père le commerce des fruits secs. Et en effet ce fut son lot. »
Les fruits secs de la vie. Les gens qui, malgré leurs efforts ambitieux, n’arrivent à rien, — qu’au cimetière.

Fruit sec

Élève d’une école spéciale qui n’a pas réussi à ses derniers examens. — Sortir fruit sec de l’École Polytechnique. — Fruit sec se dit par extension pour désigner celui qui, n’ayant pas réussi dans une profession libérale, en a embrassé une autre, ou qui est allé grossir le bataillon des déclassés.

Fruscqs

Effets, habits, etc.

Frusque

s. f. Habit ou redingote, — dans l’argot des marchandes du Temple.

Frusque, Frusquin

Vêtement. — Frusques boulinées, vêtements usés, déchirés. — Planquer ses frusques, engager ses effets au Mont-de-Piété.

Frusquer

Vêtir.

Frusques

Habillement.

Frusques

Habillements.

Frusques

« Les vêtements, en terme générique, sont des frusques ; une pelure est un habit ou une redingote ; le pantalon est un montant. » — Mornand. Vient de l’ancien mot frusquin : bien mobilier. V. Roquefort. — Frusquineur : Tailleur.

Frusques

s. f. pl. Vêtements en général, — dans l’argot des faubouriens. Frusques boulinées. Habits en mauvais état.

Frusques

s. f. pl. Vêtements : On a gardé ses frusques au garni. Commun aux autres argots parisiens.

Frusques

Vêtements.

Frusques

Vêtements. Pour indiquer des habits en mauvais état, on dit des frusques boulinées. Quand ils sont tout à fait effilochés, on dit que l’on pourrait y accrocher toute une batterie de cuisine (Argot du peuple).

Frusques

Vêtements.

Passez-moi mes frusques, que je me fringue.

Frusques

Vêtements.

Frusqueur

Tailleur.

Frusquin

Habit.

Frusquin

Habit.

Frusquin

Habit.

Frusquin

Coquetterie.

Frusquin (Saint)

s. m. Vêtements ; économies serrées dans une armoire, a même le linge et les habits. L’expression n’est pas d’hier :

J’étois parfois trop bête
D’aimer ce libertin,
Qui venait tête-à-tête
Manger mon saint frusquin,

dit Vadé.

Frusquiner

Habiller.

Frusquiner

Habiller.

Frusquiner

Habiller.

Frusquiner

Habiller.

Frusquiner (se)

v. réfl. S’habiller.

Frusquiner (se)

S’habiller. — Frusquineur, tailleur.

Frusquineur

s. m. Tailleur.

Fuir

v. n. Mourir, s’en aller, — comme le vin d’un tonneau défoncé.

Fuite de gaz (en avoir une)

Laisser échapper un pet en sourdine ; si on ne l’entend pas, on le sent. Allusion à l’odeur insupportable du gaz, quand un conduit est crevé (Argot du peuple).

Fumante (une)

Une cigarette de tabac de cantine.

Fumé

Perdu sans ressources. V. Filer.

Trahison ! nous sommes fumés.

Mélesville.

Fumé

adj. Pris, perdu, ruiné, mort.

Fumé (être)

Ne plus rien posséder ; être volé.

Faut pas accorder ta confiance au premier venu ! le second serait fumé.

(Gavarni.)

Fume et qui ne crache pas (un qui)

Tabatière humaine sortant du four.

Fumé une pipe neuve (avoir)

Être malade par suite d’ivresse.

Fumelle

s. f. Femme. Les faubouriens parlent comme écrivait Jean Marot.

Le masle n’a la fumelleen mépris,

dit le père du valet de chambre de François Ier.

Fumelle, Fume

Femme ; par altération pour femelle.

Fumer

v. n. Enrager, s’impatienter, s’ennuyer. On dit aussi Fumer sans pipe et sans tabac.

Fumer

Être en colère ou mécontent.

Fumer à froid

Aspirer, souffler dans une pipe culottée dont le tabac est absent. — Faire le simulacre de fumer, quand on n’a pas de quoi acheter du tabac.

Fumer sa pipe

Se dit, — dans l’argot des infirmiers, — « d’un symptôme qui se présente quelquefois dans les apoplexies : le malade, dont un côté de la face est paralysé, a ce côté gonflé passivement à chaque expiration ; mouvement qui a quelque ressemblance avec celui d’un fumeur. »

Fumer sans tabac

Être en colère ; s’impatienter.

Fumer sans tabac

Être furieux, fumer de colère (Argot du peuple). N.

Fumer ses terres

Être enterré dans sa propriété. Argot des bourgeois. Voltaire a employé cette expression.

Fumer ses terres

Épouser, noble et pauvre, une fille de vilain, riche, — laquelle selon l’expression de Montesquieu, « est comme une espèce de fumier qui engraisse une terre montagneuse et aride ».

Fumer ses terres

Être enterré dans sa propriété. Épouser une fille riche quand on n’a pas le sou. Déposer dans son jardin ce que l’on dépose pour trois sous dans un châlet de nécessité (Argot du peuple). N.

Fumer, fumer sans tabac

Bouillir d’impatience. Qui bout fume.

J’ai cent mille fois, étant au bivouac, Fumé sans tabac.

Duverny, 1815.

L’époux dit : Ma femme entêtée À la mod’ va se conformer, Et cela va me faire fumer.

Metay, Chansons.

Fumerie

s. f. Science du fumeur, action de fumer.

Fumeron

s. m. Fumeur acharné, — dans l’argot des bourgeoises, que la fumée de la pipe incommode et qui ne pardonnent qu’à celle du cigare. Se dit aussi pour Gamin qui s’essaye à fumer.

Fumeron

Hypocrite.

Fumeron

Repasseuse.

Fumeron

Hypocrite. Jambe. Fumeur. Mulâtre.

Fumeron

Galopin qui fume dans la rue en allant à l’école.
— Comment tu fumes sale crapaud ?
— Mais oui.
— Tu as raison les étrons fument bien ! (Argot du peuple). N.

Fumeron

Jeune fumeur.

Fumerons

s. m. pl. Jambes, — dans l’argot des faubouriens, qui disent cela surtout quand elles sont maigres.

Fumerons

Jambes.

Fumerons

Les jambes.
— Il est à moitié décati, il ne tient plus sur ses fumerons.
Pour exprimer la même idée, on dit aussi :
— Il tremble sur ses fils de fer (Argot du peuple).

Fumerons

Les jambes.

Fumerons, fuseaux

Jambes maigres. — Le fumeron est un gros brin de fagot encore vert et fumant plus qu’il ne chauffe.

Fumeuse

Siège où l’on s’assied pour fumer commodément. — Chandelier.

Fumeux

Sobriquet donné en 1884 pour désigner les jeunes gens du monde où l’on s’amuse.

Tout le monde pschutteux s’était donné rendez-vous à cette solennité parisienne entre toutes : les petits fumeux et les horizontales de toutes marques s’écrasaient dans le promenoir. » (Événement, juillet 1884.)

Fumier

Sale femme ; horrible créature. Va donc, fumier !

Fumier de lapin

Bon à rien, individu inutile. On dit aussi : il ne vaut pas un pet de lapin (Argot du peuple). N.

Fumion

Marché.

Fumiste

Trompeur, mystificateur, homme qui fait fumer les gens.

Fumiste

Mauvais plaisant. — Farce de fumiste, plaisanterie de mauvais goût.

Fumiste

Tout individu qui ne porte pas un uniforme, — dans l’argot des polytechniciens. — Être en fumiste, être habillé en civil, avoir endossé des habits de ville.

Fumiste

Mauvais plaisant.

Fumiste

Farceur, mystificateur, qui cherche toutes les occasions possibles de faire des blagues. Les plus grands fumistes des temps passés furent Romieu et Sapeck. Ils sont remplacés par Lemice-Terrieux. À propos de Sapeck dont la réputation est encore grande au quartier latin ; la fameuse farce des bougies coupées ne lui appartient pas, elle fut faite quarante ans avant lui. on la raconte dans nue brochure intitulée : Les mystères de la Tour de Nesles (Paris 1835). (Argot du peuple). N.

Fumiste

Farceur, mystificateur.

Fumister

Mentir.

Fumisterie

Mauvaise farce, plaisanterie de fumiste. Les fumistes n’étant pas en général parfaitement éduqués, il s’ensuit que leurs plaisanteries ne sont pas toujours d’un goût très délicat.

Fumisterie

Mauvaise plaisanterie.

Fumisterie

Mauvaise plaisanterie.

Funiculé (être)

Refuser de marcher ou de travailler. Allusion au funiculaire de Belleville, qui marche quand il veut. Funiculé remplace le mot capricieux et modifiera le dicton : capricieux comme une jolie femme.
— Cette jolie femme est funiculée (Argot du peuple). N.

Furet

« Une des grèves les plus curieuses de Paris est celle qui se tient rue Vaucanson. Les hommes qui la composent se nomment furets. C’est à cette grève que les personnes qui ont besoin d’un individu pour porter un fardeau ou oui désirent faire faire un grossier ouvrage, se rendent et choisissent un de ces malheureux… »

(Rappel, octobre 1884.)

Fureur d’amour

La voluptueuse démence que ressentent mutuellement un homme et une femme dans l’accouplement.

Autrement il faudrait dire : ce qui n’a point de nom, un membre viril, le membre génital, et autres telles expressions sottes et longues, que la fureur d’amour ne donne point le temps de prononcer.

Mililot.

Fureur utérine

« Outre le terme de nymphomanie que nous adoptons pour exprimer cette maladie, on lui donne encore différentes dénominations. Mosohio, médecin grec, l’appelle satyriasis, d’autres métromanie, d’autres érotomanie, qui signifie manie d’amour ; mais tous ces noms étant arbitraires, nous nous en tiendrons à celui de nymphomanie, toutes les fois qu’il sera question de la fureur utérine. »

Dr De Bienville.

Voir Nymphomanie.

Fusain

Curé. Allusion au vêtement noir (Argot du peuple).

Fusain

Curé.

Fuseau

Le vit, qui pour celles qui ont de l’haleine sert à enfiler.

Le fuseau dont filait Hercule,
Noir et tortu…

Piron.

Prends ce fuseau, ma tendre amie.
— Il est si gros, quelle folie !
A peine tient-il dans mes doigts ;
Mon lin va se rompre vingt fois,
Ah ! mon Dieu, que dira ma mère !
Elle est si sévère !
Finissez donc, mon cher Lucas,
De grâce, ne m’enfilez pas !

F. Dauphin.

Fuseaux

s. m. pl. Jambes grêles, — dans l’argot du peuple, qui parle comme a écrit Voltaire.

Fuseaux

Jambes de femme, minces du bas et fines du haut.

Fuseaux

Jambes minces comme des baguettes de fusil. Dans le peuple, on dit : Minces du bas, fines du haut. On dit également : Mince d’aiguilles à tricoler (Argot du peuple). N.

Fuseaux

Jambes.

Fusée

s. f. Jet de vin qui sort de la bouche d’un homme qui en a trop bu. Lâcher une fusée. Vomir.

Fusée

Résultat de l’indigestion. Violente projection de la nourriture congédiée par l’estomac ; elle part au loin comme une fusée.

Fusée

Argot des gens de Bourse. La fusée est l’enlevée en hausse d’une valeur. On entend dire couramment à la Bourse : Le Trois vient de faire une fusée de quinze sous.

Fusée

Vomissement. — Celui qui a trop bu lâche une fusée.

Fusée

Déjection d’ivrogne.

Fusée (en lâcher une)

Quand un ivrogne a trop bu, il soulage son estomac en lâchant une fusée. Allusion à ce que la déjection retombe en gerbe. Quand elles se suivent, on dit dans le peuple :
— Quel riche feu d’artifice, voilà le bouquet (Argot du peuple).

Fusée (lâcher une)

Vomir. — Mot imagé.

Fuser

s. m. Levare ventri onus, — dans l’argot des troupiers.

Fuser

Restituer un purgatif.

Fuseu

Fusée d’un autre genre qui ne s’envole pas par le même côté.
— Où donc qu’il est, Dumanet ?
— Il est en train de fuser (Argot des troupiers).

Fusil

Estomac.

Fusil

s. m. Estomac, — dans l’argot des faubouriens. Se coller quelque chose dans le fusil. Manger ou Boire. Écarter du fusil. Cracher une pluie de salive en parlant à quelqu’un.

Fusil

Gosier. — Se rincer le fusil, boire. N’avoir rien à se mettre dans le fusil, n’avoir rien à manger.

Fusil

Chasseur.

Ils (les reporters) n’appellent pas un chat, un chat ; ils ne disent pas d’un chasseur, un chasseur, ils disent un fusil. J’ai lu, cette semaine, à propos d’une battue chez une demi-mondaine fort célèbre, cette phrase étonnante : « Invités : douze fusils des deux sexes. »

(Claretie.)

Fusil

Gosier. Estomac. Chasseur.

Fusil

Estomac.

Je n’ai pas le sou et j’ai faim, je ne peux rien me mettre dans le fusil.

Fusil

Estomac.

Fusil à deux coups

Pantalon garni de basane, se tenant raide, droit commis un canon de fusil.

Fusil à deux coups

Pantalon.

Fusil d’épaule (changer son)

Changer d’opinion politique. — Tenir un langage opposé à celui qu’on avait tenu.

Fusil de toile

Sac à argent. — Aller à la chasse avec un fusil de toile, aller à l’encaissement.

Fusil de toile

Bissac. Aller à la chasse avec un fusil de toile. Mendier.

Fusillé

Lorsque l’on a perdu au jeu tout ce que l’on possédait d’argent, on est fusillé.

Fusiller

Donner un mauvais dîner. — Usité dans l’armée.

Fusiller

v. n. Donner un mauvais dîner — dans l’argot des troupiers.

Fusiller

Dépenser. Fusiller le fade, dépenser le produit d’un vol, — dans le jargon des voleurs. Fusiller son pèse, dépenser son argent, — dans le jargon des ouvriers.

Fusiller

Faire pleuvoir de petits jets de salive en parlant. — Donner un mauvais dîner. Il a fusillé ses invités.

Fusiller

Dépenser.

Fusiller

Donner un mauvais dîner. A. D. Fusiller se dit des soldeurs qui fusillent des marchandises volées. Ils les vendent à n’importe quel prix. On les nomme des fusilleurs (Argot des camelots). N.

Fusiller le pavé

Se moucher en comprimant alternativement l’une et l’autre narine avec l’index.

Fusilleur

On appelle ainsi, dans l’argot des commerçants, les filous qui achètent argent comptant, mais à vil prix, des marchandises à des escrocs qui, eux-mêmes, les ont obtenues à crédit avec l’intention de ne jamais les payer.

Les fusilleurs ont été certainement de mauvaise foi, mais les précautions prises par eux pour masquer leurs agissements n’ont point permis de relever contre eux des faits assez précis pour établir leur entière culpabilité.

(Droit, août 1886.)

Fusilleur

Celui qui achète aux faisans. Les faisans ou faisandiers se font livrer des marchandises payables à quatre-vingt-dix jours ; arrivées en gare, ils les vendent au comptant meilleur marche que le prix d’achat, et bien au-dessous de la valeur, au fusilleur à qui il est fait une facture dont le montant est plus élevé que la somme donnée. Cela se nomme un coup de fusil ; l’acquéreur, qui est le fusilleur, n’ignore pas la provenance de la marchandise qu’il a achetée et il n’a pas à craindre d’être poursuivi pour complicité d’escroquerie. Il est regrettable que ces sortes d’affaires soient plus souvent du ressort du Tribunal de commerce que de celui de la Correctionnelle.

Fusiu

Fusil.

Futé

adj. et s. Malin, rusé, habile, — dans l’argot du peuple qui emploie souvent ce mot en bonne part.


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